Hunters of Sheydim

Je n’ai pas l’habitude de faire de la publicité pour quoi que ce soit. Comme j’ai dit tout au début, il n’y a pas de ça ici afin que je puisse vous donner mes avis honnêtes sur tout. (Ça dit, si les gens chez Valrhona voulaient me passer des produits gratuits — et surtout du Dulcey — je ne dirais pas non. Je dis déjà que c’est le meilleur chocolat.) Aujourd’hui ne fait pas exception : je n’ai pas pris d’argent, je ne l’accepterais pas, et mon cousin l’auteur ne sait même pas que j’écris sur lui (je le lui dirai). Mais il est en train de lancer un projet que j’adore sur Kickstarter, et puisque je veux qu’il réussisse, je vais en parler. Il y a même un lien français pour justifier sa présence ici ! (Tout petit, mais quand même.)

Au collège, j’ai découvert Donjons et Dragons, et comme je vous ai dit en écrivant sur le film, tout ce que je sais vient de D&D. En particulier, je suis tombé amoureux du livre dit « Monster Manual » (Le Manuel des monstres), ou comme le connaît mon ex, mon arbre généalogique. Parmi les choses que j’ai appris de ce livre était la tradition judéo-chrétienne de démonologie. D&D prend beaucoup de libertés avec ses sources, et a créé deux catégories de démons et de diables avec ces personnages, mais ce n’est pas trop important pour notre histoire. Ce qui compte, c’est que j’étais très impressionné par le roi des diables, ce type charmant, Asmodeus (connu en français sous le nom Asmodée) :

Dessin d'Asmodée originalement du Manuel des Monstres. Il a un visage un peu comme un elfe, avec des oreilles pointues, deux petits cornus sur les sourcils et une barbe et une moustache comme dans le portrait célèbre du cardinal Richelieu. Il porte un collier en forme de grosse chaîne, avec un pendentif qui ressemble à un dés, et tient un sceptre dans la main gauche.
Source, ©️Wizards of the Coast

La barbe et la moustache ressemblent un peu trop au cardinal Richelieu, mais dites-donc, il y a une raison pour laquelle on a l’expression « handsome devil » (littéralement, beau diable) en anglais. De toute façon

Quel rapport avec mon sujet ? Mon cousin Jeff Marvin est écrivain, et avec sa femme Tamar et une équipe d’artistes expérimentés dans l’industrie de bandes-dessinées, il a écrit une BD de 92 pages qu’il espère sera le début d’une plus grande histoire. L’histoire s’appelle « Hunters of Sheydim« , « hunters » étant chasseurs en anglais, et « sheydim » étant démons en hébreu. Plutôt qu’utiliser la cosmologie de D&D, c’est un retour aux sources, avec un traitement d’Asmodée plus proche du Livre de Tobie (pas officiellement partie de l’Ancien Testament, mais de son époque). Plus tard, dans des légendes juives, il était considéré le roi des démons. Lesdits chasseurs, ses héros, suivent ce cadre juif, étant deux descendantes de « conversos », les juifs devenus catholiques pour rester en Espagne sous le roi Ferdinand et la reine Isabelle.

Je vais partager quelques pages que Jeff a déjà partagées sur Kickstarter ; je crois que ça ne le dérangera pas. Le livre ouvre en Pologne, où des hommes habillés en costumes avec des cravates, mais portant des masques de chèvres et d’autres démons, sacrifient un homme à Asmodée :

Première page de Hunters de Sheydim.

Après ça, il y a une illustration trop cool, l’une des deux raisons pour lesquelles j’ai décidé de partager son projet. Le gros titre dit : « La fin du triumvirat ». J’imagine que ça fait référence aux trois types masqués au centre.

Deuxième page, un dessin qui couvre la page entière. De gauche à droite, il y a trois hommes qui portent un masque de chèvre, de taureau et de serpent. Ils sont entourés par des flammes. Devant eux, une foules d'hommes cagoulés chantent à Asmodée.

Finalement, après ça, il s’avère que le but du sacrifice était d’offrir un corps à Asmodée pour posséder. Un homme déguisé en chèvre enlève son masque et demande : « Seigneur Asmodée, est-ce bien vous ? » Le cadavre ouvre ses yeux, regarde autour de lui, et dit : « Azazel, Lucifer, Moloch, mes amis, ça me fait du bien de vous revoir. Ça fait… quoi, une décennie depuis la dernière fois où j’ai eu quelque chose de sucré ? J’ai le goût de cendres dans la bouche. » Il pause, puis ajoute : « A-t-on envie d’un croquembouche ? » Un serviteur l’interrompt « Mon seigneur ? Nous avions cru… » mais Asmodée finit : « Oui, oui, la vengeance d’abord. J’écorcherai ce foutu rabbin moi-même… mais maintenant, j’ai envie d’un croquembouche. »

Troisième page de Hunters of Sheydim.

C’est dingue, le point auquel Asmodée et moi nous comportons de même façon ! Y a-t-il un lecteur qui doute que si j’étais de retour après une décennie en enfer, la première chose dont j’aurais envie serait une pâtisserie française ? (Quelque part à Anguille-sous-Roche, il y en a une, pas une lectrice du blog mais quand même, qui hurle « Je le savais ! »)

Ils livreront partout au monde, alors je me sens à l’aise pour partager ce lien au projet (qui reste uniquement en anglais). Je veux être bien clair que je n’ai pas d’attentes, mais je crois que le sujet intéressera à certains lecteurs, et Jeff et sa famille sont vraiment de chics types. C’est un plaisir d’en parler.

2 réflexions au sujet de « Hunters of Sheydim »

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