Ce n’est pas la Langue de Molière que j’avais planifiée pour aujourd’hui, mais avant de l’écrire, un ami m’a envoyé une petite histoire vue sur Twitter, et c’est tellement moi (dans le mauvais sens) que c’est notre sujet du jour à la place de l’originale.
Alors, on a posté une capture d’écran de ce post sur l’appli Threads :

Ça dit :
Je viens de voir un type dans le métro draguer une fille très respectueusement, elle lui a poliment montré sa bague de fiançailles et les deux ont partagé un petit rire. Il a haussé les épaules et a dit « I had to shoot my shot » (littéralement : « J’ai dû tirer ma balle »).
De nulle part, avec un fort accent français, tout le car entend, « Vous les Américains ! Toujours avec les fusillades. »
Je dois vous dire, j’ai lu un peu du fil de cet utilisateur, ainsi que les réponses, et c’est seulement mon honnêteté maudite qui m’a fait donner le bon lien. Car les réponses sont plein de trucs comme « Ah oui, la masculinité toxique », « Les hommes ne respectent pas les limites » et « Les hommes croient qu’ils ont le droit à un oui et refusent d’accepter un non ». Quoi, parce qu’il voulait sauver un peu la face ? Ce n’est pas vraiment la bonne colonne, mais ce sont les Américains que je voudrais le plus quitter.
Mais ce que j’ai dit à mon ami (qui n’avait pas lu le contexte original), c’était « Super, je viens de finir une leçon sur Duolingo sur exactement ce sujet, alors maintenant il s’agit de Langue de Molière. » (En anglais. Il ne parle pas français.) Alors, voici l’exemple que j’ai enregistré il y a une semaine, sans savoir pour quel moment je le gardais :

L’important ici, c’est la traduction donnée pour « se prendre un râteau ». C’est « to get shot down, » ce qui se traduit plus littéralement par : « se faire abattre », dans le sens d’un avion. Ce qui est un peu amusant ici, c’est qu’un râteau est un outil de jardinage, dit en anglais « rake », et on a une expression très similaire pour quelqu’un qui se fait ridiculiser, « step on a rake » ou « marcher sur un râteau » (l’idée étant qu’il agit comme un levier, et on finit par se faire frapper droit dans le visage). Mais dans ce contexte de rencontres, Duolingo donne une meilleure traduction, car pour nous, le râteau est plus typiquement un autre genre de faux pas, comme dire « Félicitations d’être tombée enceinte » à quelqu’un qui a pris du poids.
Alors oui, en anglais on parle de tirer et de fusillades aux deux côtés de cette activité. On tire sa balle en faisant une demande de sortir, et on est fusillé en recevant un « non ». Curieusement, il n’y a pas d’expression dans cette famille pour un essai qui réussite. Ça me rend curieux si, de l’autre côté, le français utilise d’autres expressions à base d’outils de jardinage. Je n’ai rien trouvé, mais sur une page consacrée aux synonymes, « tenter sa chance » a rendu des expressions comme « sauter dans le grand bain » et « mettre ses tripes ». À noter, quand on dit que l’on a pris un bain en anglais comme métaphore, c’est-à-dire que quelque chose est très mal allé.
Mais vous n’allez pas sortir de celle-ci aussi vite, car j’ai pris d’autres captures d’écran. Celle-ci m’a presque abattu, car il ne faut absolument pas faire comme ça aux États-Unis :

J’ai dû répéter celle-ci à haute voix plusieurs fois, ce que je n’ai pas aimé :

Et puisque Duolingo ne sait pas ce qui est écrit sur ce blog, l’appli pense à m’enseigner ce que j’ai déjà dit :

Mais croiriez-vous qu’après ces leçons, l’appli est passé au sujet des accouchements et des nouveaux-nés ? Je ne plaisante pas — je viens d’apprendre « faire ses nuits » et « faire ses dents » cette semaine, deux choses que je n’avais jamais appris autrement ! Super de ranger les choses comme ça, mais je suppose que la séquence est logique.
Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour parler finalement de la crique.






















