L’approche de mes 50 ans m’a évidemment rendu lent et pas trop malin, car il y a 4 ans, je vous aurais dit « J’ai envie de pain au levain de la boulangerie Boudin » ou de chocolat Ghirardelli, ou quoi que ce soit. Puis les élèves attentifs du blog auraient pu dire « Oh non, pas encore », en devinant où j’allais. Cependant, je l’ai déjà divulgâché, alors jouer au naïf ?
Mais notre raison pour être ici est plutôt inhabituel. La Fille a été invitée à écouter le baratin publicitaire d’une fav toute neuve, l’Université d’Austin. Ce soir, il n’y avait qu’un dîner pour accueillir les familles. Demain, elle fera partie d’un cours d’histoire comme ils l’enseignent, pour voir si elle s’y intéresse.
Je dois faire semblant de m’endormir bientôt, alors je vous donnerai juste quelques bonnes raisons pour y aller et pour ne pas le faire.
Les arguments pour :
Il y a des tas d’argent derrière ce projet, genre l’Oncle Picsou. En conséquence, ils rassemblent vite non seulement des profs de qualité et des bâtiments, mais on ne paye que pour y vivre — il n’y a pas de frais pédagogiques. Aux États-Unis, ça vaut quelque chose.
Au programme, ils se concentrent sur les Grands Livres de l’histoire. Ils parlent de former le caractère des élèves, non seulement de cocher les cases et des salaires éventuels. Ça m’intéresse beaucoup.
Les raisons contre :
Ayant ouvert les portes il y a deux ans, ils ne sont pas encore accrédité. C’est toujours un risque avec une nouvelle fac, mais quand on pense à devenir docteur, comme La Fille, ça pose des problèmes.
Certains noms liés au projet font la polémique rien qu’en les évoquant. Imaginez qu’il y avait une Université Bolloré ou une Hautes-Études Pigasse. C’est pareil avec l’homme d’affaires Joe Lonsdale.
En ce moment, je ne suis pas prêt à dire oui ou non. Mais le dîner d’accueil m’a au moins persuadé qu’il faut en savoir plus avant de prendre une décision. Je serai très curieux des avis de La Fille après le cours aujourd’hui !
Je dois me plaindre de quelque chose. Je sais, encore un jour qui se termine par une voyelle, mais ça m’a coûté 20 minutes de remplir des formulaires sur un site web cette semaine, et il n’y a aucune excuse.
Il était une fois, j’étais utilisateur fanatique des portables de la marque BlackBerry. Si je pouvais toujours porter un BlackBerry 8800 — mis à jour — je le ferais pour le reste de mes jours sans plaintes. Et vous savez que ne pas avoir de plaintes, c’est mon compliment le plus enthousiaste !
Ce qui m’a fait changer des BlackBerry aux iPhone, c’était « pinch-to-zoom », pincer pour zoomer. C’était un miracle pour lire les sites web à l’époque, qui avaient souvent 3 ou 4 colonnes, et un aspect très rétréci vu sur des portables. Puis, les graphistes ont mal rangé le bordel.
Il faut dire que je compatis énormément avec les graphistes. Je ne connais aucun autre métier où tant de « clients » s’attendent à du travail « gratuit » en échange de « se faire connaître ». Peut-être que c’est différent en Europe, mais aux États-Unis, ils sont maltraités comme personne d’autre.
Mais en revanche, ils ont ruiné l’idée de « pincer pour zoomer » comme technologie d’assistance. Il y a environ15 ans, on a eu la pire idée de l’histoire des ordinateurs, la soi-disant conception réactive. C’est l’idée qu’une page ou une appli devrait changer sa mise en page selon la taille disponible — si vous avez jamais remarqué une page qui change d’aspect quand vous tournez votre portable, vous avez l’idée.
Je peux comprendre ça d’exactement un point de vue. Il y a certainement plus d’espace sur l’écran d’un ordinateur de bureau qu’un portable. Alors, ben, ayez des pages différentes pour ces deux cas. Mais plus j’affine, plus je trouve ce qui font les graphistes simplement hostile aux utilisateurs. Des exemples :
Voici l’accueil d’ESPN, le plus grand site de sports américains. Dans cette vue, je tiens le portable en mode portrait :
On est d’accord que les liens pour les gros titres sont en caractères gras, oui ? Super. Alors, je change en mode paysage et…
Tout à coup, les gros titres ne sont plus en caractères gras, la police est plus petite, et il y a des kilomètres d’espace blanc absolument inutiles, avec des barres qui ne servent à rien aux côtés. Heureusement, on peut toujours pincer pour zoomer, comme ça :
Mais, à quoi sert de réduire la taille du texte comme ça, dès que l’on a plus d’espace ? C’est complètement sans logique !
Au moins pincer pour zoomer marche dans cette situation. Voici le mode portrait du site web des écoles d’Anguille-sous-Roche (je choisis une partie sans données personnelles) :
Et si je le mets en mode paysage ?
Tout l’espace est gaspillé, avec des barres énormes aux côtés. Mais pire, si je pince les données, la page est à largeur fixe. Je ne peux pas ajuster la taille pour la lire plus facilement ! Et ça, je trouve impardonnable, car les graphistes ne devraient pas avoir un avis sur mes souhaits à cet égard. Si je veux agrandir la page, ça les offense comment ?
En fait, ils ont laissé un moyen pour tricher. Si je pince les parties de la page avec des données, la largeur fixe est imposée. Mais si je pince l’espace blanc, je peux agrandir la page :
Pourquoi pas agrandir la page comme ça si on change de mode ? On a évidemment fait l’effort pour montrer un conception différente selon la taille de l’écran — mais le résultat est complètement inutile. Tout cet espace blanc ne sert à rien du tout.
Encore plus stupide, avec certains de ces sites, ainsi que celui de l’hôpital où travaille mon médecin — si je remplis un formulaire, puis change de taille, la page se recharge et je perds mon travail ! Ça n’a aucun sens. C’est une sorte de vengeance bizarre de la part des graphistes : « tu nous as offensé en n’aimant pas notre œuvre telle qu’elle, alors il faut que nous te punissions ! » Comment ça ? C’est où la logique ?
Je ne comprends pas la fétiche pour l’espace blanc. Je ne sais pas si vous avez la même tradition dans les lycées et les facs français que l’on a aux États-Unis, de produire des livres dits « yearbooks ». Mon dictionnaire bilingue le rend « album de promotion », mais note que c’est un usage américain. Ces livres offrent des photos de tous élèves d’une école, par promotion, ainsi que des photos des clubs, des bals scolaires, etc. J’ai travaillé sur 6 livres de ce genre à travers mes 4 années lycéennes ainsi que les deux premières à la fac. Tout ça, c’était imprimé, et on a bel et bien appris la tradition depuis Gutenberg — on cherche toujours à réduire l’espace blanc, à ne pas gaspiller d’espace. Apparemment, des siècles de sagesse ne comptent pour rien face aux graphistes modernes, mais surtout quand il s’agit de rendre le texte plus lisible.
C’est presque la fin de l’année scolaire pour La Fille. En fait, elle a déjà fini tous ses examens. Cependant, afin de recevoir leur argent de l’État, les écoles doivent entreposer les élèves pendant au moins 180 jours par année, alors elle doit s’asseoir sans rien faire jeudi et vendredi. Logique !
Vendredi après-midi, nous partons pour un week-end à San Francisco. La Fille participera à un séminaire en philosophie organisé par une fac qui l’intéresse. Nous ne serons pas là longtemps, mais j’aurai la plupart de samedi à moi-même. Je ne sais pas ce que je ferai avec le temps. Probablement juste lire Proust à l’hôtel, mais on verra.
Je dois partager quelque chose qui ne vous surprendra pas du tout, car à ce point, c’est juste attendu, mais j’en suis quand même fier. Voici la note qu’elle a reçu pour son examen final en lecture de français :
Vous pouvez voir dans la description que ça dit « final — lire ». En bas, ça dit « comment », le mot anglais pour « commentaire » — vous pouvez imaginer à quel point c’était un casse-tête pour moi au début — et le commentaire est « high score ». C’est-à-dire, la note la plus élevée. Permettez-moi à vous raconter une histoire étroitement liée à ce sujet.
Il y a deux mois, La Fille m’a demandé : « Apprends-moi quelque chose que les autres élèves ne connaîtront pas. » Je lui ai répondu : « Vous connaissez déjà le passé composé, l’imparfait et le futur simple. Je vais t’enseigner deux trucs amusants pour épater ta prof, qui ne sont que des combinaisons de tout ça. » Évidemment, je parle du futur antérieur et du plus-que-parfait. Au cours d’un dîner, on a pratiqué avec des exemples. Puis, je n’ai plus rien entendu pendant un mois.
Plus tôt ce mois, elle m’a dit, « Alors, j’ai dit à Madame B. que je voulais lui montrer quelque chose. Puis, j’ai démontré les conjugaisons que tu m’avais apprises. » Et ? « Et elle m’a dit : ‘Je ne sais pas comment te dire ça, mais je n’ai jamais entendu ces choses d’un élève. Tu n’en auras pas besoin même pour l’examen AP à la fin de l’année prochaine. Ce sont juste pour les élèves en français comme langue étrangère à la fac ! »
Elle me dit depuis une décennie : « Je veux te dépasser en tout. » Je l’encourage, car je veux qu’elle soit ambitieuse. Il me semble qu’elle réussira bien ce but. Je vous rappelle qu’il y a des années, quelqu’unvoulait l’interdire d’apprendre le français, car « Personne ne peut t’aider dans ta famille ! » Cette autre personne ne connaissait pas sa propre fille.
En parlant de cette personne ultra-charmante, je ne peux pas en dire beaucoup, mais on a passé une jolie heure ensemble chez le médiateur car je suis un sale type qui ai dit « oui » à toutes ses demandes récentes, mais pas de la façon souhaitée (« oui, ma reine-déesse, quoi que tu veuilles, ton serviteur con t’en prie pour l’opportunité de lécher tes bottes »). Elle n’a absolument rien gagné là-bas, mais ça faisait 3 années depuis notre dernier rendez-vous, et comme disent les avocats américains, « Le processus, c’est la punition. »
C’est un dénouement décevant pour le gouvernement californien, mais la crise à Garden Grove s’est terminée mardi soir ; à partir de mercredi, il n’y a plus d’évacuations dans le comté d’Orange. Pas de boule de feu, pas de grande fuite, et surtout, pas d’explications. Comme pense notre gouverneur, « Il faut rayer un quartier de la carte de temps en temps, pour encourager les autres », mais pas comme Pacific Palisades, Garden Grove est toujours là.
Finissons avec quelque chose de ridicule, tiré de Duolingo :
On continue les Langue de Molière consacrées à la vie quotidienne et ce que l’on n’enseigne pas aux étrangers. Cette fois, nous sommes chez le notaire. Je dois une certaine partie de ce qui suit au calvaire récemment subi par Il Est Quelle Heure pour acheter de l’immobilier. Je m’attends à chercher un appartement pour commencer, ce qui est sa propre façon de vivre dangereusement — j’ai fait une crise cardiaque en regardant les tribulations d’une amie qui devait déménager il y a deux ans — mais si je vais un jour acheter une petite maison décrépite aux Gourdiflots pour faire comme Le Glaude, je ne veux pas me faire avoir plus que nécessaire.
Tout ce que je sais qui ne vient pas d’Il Est Quelle Heure quant à l’immobilier vient de regarder Le Trou normand, avec Bourvil et Bardot, car le personnage joué par Bourvil a dû prendre rendez-vous chez le notaire plusieurs fois. Il me semble que les choses ont changé depuis cette époque. Du moins, je l’espère.
Alors, permettez-moi de citer les parties de son post qui semblent établir le processus d’acheter de l’immobilier :
À savoir que lorsqu’on achète un bien immobilier, il y a deux signatures chez le ou la notaire: cell de l’acte de la promesse de vente et celle de l’acte de la vente… il n’y a pas d’obligation de s’adresser à la même personne pour la seconde signature.
Pour l’achat de mon appartement, parce que ça semblait être « plus simple » de faire comme ça, j’ai pris le même notaire que le vendeur.
Une semaine avant le rendez-vous, le notaire a appelé Père (oui, déjà, pas moi) pour lui dire qu’il me fallait deux témoins pour la signature de la promesse de vente.
Alors, la distribution telle que je la comprends :
1 acheteur
1 vendeur
1-2 notaires
2 témoins le côté pour 2 documents ; 4-8 témoins au total entre les 2
Elle n’a mentionné ni de banquier ni de prêt dans l’affaire, mais j’imagine qu’il y en a souvent. Ça dit, ce processus me semble beaucoup trop simple par rapport au nôtre, alors je vais décrire comment on achète de l’immobilier aux États-Unis, et vous pouvez me corriger là où ce n’est pas pareil en France.
Pour commencer, presque tous les acheteurs et les vendeurs embauchent un agent immobilier, dit « realtor » en anglais. Cette personne est obligée de vous mentir sur tout selon son code déontologique, un document qui dit que les realtors ne savent rien et ne sont donc pas responsable de ce qu’ils vous disent. Vous pensez que je plaisante, raison pour laquelle je poste le lien. Je suis 100 % sérieux. Seule exception en Californie : si on a été tué dans le bâtiment que vous pensez à acheter, le realtor est obligé de vous le dire. Vive les superstitions !
Vous trouvez votre taudis idéal et dire à votre realtor, « Je le veux ». Votre realtor est donc censé faire un appel à l’autre et négocier pour vous. En réalité, il dit « Voilà, vous demandez 1 million de $ pour les 10 mètres carrés de cette niche à chien ; mon client veut offrir 900 mille, mais je peux le convaincre à accepter votre prix si vous laissez le grille-pain dans la cuisine. Quoi, vous pensiez que ce type travaillait pour vous ? Soyons réalistes !
Après avoir poignardé son client dans le dos, le realtor de l’acheteur prépare un contrat — il y a des formulaires bien standardisés dans chaque État, et l’envoie à l’agent du vendeur. Pas besoin de témoins. Si le vendeur accepte, l’acheteur doit embaucher des inspecteurs pour la structure et peut-être aussi pour la moisissure. Ils ont typiquement un maximum de 10 jours pour faire leur travail. Pendant ce temps…
Un acheteur malin aura déjà une relation avec un banquier, dit « mortgage broker », avant de faire une offre. Mais le banquier doit attendre l’offre afin de savoir combien d’argent sera prête et décider si l’acheteur pourra le faire. Il enverra aussi un évaluateur pour s’assurer que le prêt est vraiment nécessaire pour acheter le bâtiment (on ne veut pas prêter plus d’argent que la valeur du bâtiment, après tout). Tant que les inspections et l’évaluation vont bien, le banquier mettra l’argent dans un compte séquestre. Les deux côtés doivent être d’accord sur le bon agent pour ça, dit « escrow officer », qui ne travaille ni pour le vendeur ni pour l’acheteur.
Une fois que l’argent est là, les deux partis signent le contrat d’achat. C’est ici oǔ on embauche les notaires. Selon Wikipédia, en France, un notaire doit avoir un master en droit, puis soit un deuxième master en carrières notariales soit réussir un examen national suivi d’un stage. Aux États-Unis, pas besoin d’un diplôme — n’importe quel con peut le faire et beaucoup le font. Gargamel, le deuxième mari de mon ex, est notaire en plus de son autre boulot. On passe un examen, on paye 40 $ à l’État pour son livre et son tampon, puis on sert en tant que témoin pour tout document légal. C’est l’acheteur qui embauche le notaire, qui prend rendez-vous avec l’acheteur et le vendeur en même temps pour enregistrer l’existence du contrat. Après, l’agent du compte séquestre paye le vendeur, et les agents immobiliers transmettent un document, le titre constructif, à la préfecture du comté pour enregistrer la cession de la propriété. Puis les agents arrachent 6 % du prix total au vendeur, et se paient 3 % chacun !
Il est bien possible qu’aucune personne formée en droit ne touche jamais à l’achat. Les agents immobiliers ont souvent rien qu’un bac, les banquiers peut-être un diplôme d’une fac, l’agent du compte séquestre aussi, et le notaire peut être juste un caissier chez Api tant qu’il a le livre et le tampon.
C’est ici où vous pouvez m’aider.. Je vous ai donné des noms pour ces rôles en anglais, mais ne sais pas si tous les mêmes rôles existent en France, s’ils appartiennent à des gens aux mêmes niveaux d’éducation qu’ici, et surtout, si tous les mêmes documents existent et quels sont leur nom. Je ne serais pas surpris à apprendre que les choses marchaient différemment en France.
Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine mais je n’ai pas encore choisi le sujet.
J’ai une amie qui m’envoie tout genre de merveilles pour me donner des idées. Parfois, il faut des ingrédients indisponibles chez moi pour les préparer — le fromage blanc ou bien la faisselle. D’autres fois, elle m’envoie quelque chose où je me dis, « Voilà ! Exactement ce dont j’ai besoin ! » C’est comme ça que nous avons eu les mirlitons de Rouen, et aussi cette tarte fine aux pommes :
Je préfère fortement le début de cette semaine, avec la recette d’un gâteau d’anniversaire, à sa fin ! Gardez le gâteau en tête — c’est possible que vous n’ayez pas entendu le dernier mot sur ce sujet.
Ça dit, alors que je suis parti à San Diego dimanche matin, je vous écris encore une fois depuis Anguille-sous-Roche. Dimanche après-midi, il y avait deux mises à jour importantes : la première, c’est que l’on a découvert la raison pour laquelle le réservoir de stockage n’a pas explosé — il y a une fissure, et la fuite qui résulte empêche la pression d’augmenter assez pour une explosion. Si vous comprenez ce qui veut dire « PV = nRT » et pourquoi ça tient dans ce cas, veuillez remercier l’ingénieur Émile Clapeyron. Alors, l’autre mise à jour : l’on a publié le calcul du rayon de souffle au cas où il y aurait une explosion, et c’est seulement 1/4 km. Bien sûr, on craint plus la vapeur que la boule de feu, mais il semble que l’on n’a pas un désastre au niveau catastrophe de Bhopal.
Quelque chose de « drôle » de plus ? Quelques heures après mon arrivée à San Diego, un incendie s’est déclaré à Peñasquitos, pas loin de chez mes parents. On pouvait bien voir la fumée et la sentir aussi ! Ce n’était pas hyper-grave, mais c’était si typique de mon week-end. Croyez-vous maintenant qu’un Lakitu me suit partout ? J’en suis certain !
Puisque j’étais chez mes parents, mon père m’a demandé de « régler » son imprimante. Ça date de l’année dernière, et je l’ai installée personnellement. Je ne dis pas que je fais tout parfaitement, mais je ne quitte jamais jamais un boulot informatique sans le tester, alors j’étais… disons… sceptique. Mon père apporte le mène ordinateur portable entre San Diego et Elbe-en-Irvine, et a deux imprimantes identiques. J’ai laissé le nom de celle à Irvine « HP 9120 », mais l’autre, j’ai renommé à « San Diego HP 9120 ». Avez-vous déjà reconnu le problème ?
Ouaip. Il n’a pas choisi la bonne imprimante. Je me blâme pour ne pas avoir deviné il y a des semaines que c’était un tel problème.
Puisque j’ai dû passer par Milton’s, un deli (on dirait restaurant-traiteur) que j’adore, j’y ai arrêté pour déjeuner. Ils ont le meilleur « roast beef sandwich » (sandwich au bœuf rôti) de la Californie du Sud. Peut-être que j’ai fait une bêtise et commandé aussi un bout du gâteau German chocolate :
Je crois que je vous ai montré Milton’s au passé, mais au cas où je me tromperais, voici les vitrines de sa boulangerie-pâtisserie:
Photos disponibles à haute résolution en cliquant
Je crains que la France n’ait pas ce genre de bœuf rôti pour les sandwichs, mais je ferai sans si besoin — ça n’existe plus dans le comté d’Orange non plus :
Alors, finissons sur une bonne nouvelle ? Demain, vous aurez une super recette, très bien validée par des expatriés qui l’ont testée samedi soir. Je n’ai jamais vu ces réactions avant — et ce n’est même pas hyper-compliqué !
Notre blague traite d’un cuirassé. Nos articles sont :
Pas de Proust cette semaine, parce que j’ai des nouvelles, et elles ne sont pas bonnes.
Vous savez tous que j’ai quitté Elbe-en-Irvine pour la ville voisine d’Anguille-sous-Roche (nommée d’après son habitante la plus célèbre, mon ex). Ça nous a amené plus proche d’une autre ville, Garden Grove (littéralement, Bosquet de Jardins — un nom hyper-ironique vu le manque de plantes vertes là-bas).
Nous sommes très, très malins en Californie, de façon que vous galérez à comprendre vraiment, alors dans un accès de génie, on a mis une fabrique aérospatiale au milieu d’un grand lotissement plein de milliers de maisons. Ne me croyez pas sur parole, voici une carte ; l’épingle rouge est où se trouve GKN Aerospace, une entreprise britannique qui trace ses racines au Pays de Galles, et à Fokker — oui, la même entreprise qui a fabriqué des avions pour la Luftwaffe pendant la Première Guerre mondiale. (Nous sommes tous en colère contre ces types en ce moment, alors je cherche des faits comme ça — et je m’en fous du fait que les Allemands ne disaient pas le mot « Luftwaffe » jusqu’en 1935.)
Connaissez-vous le produit chimique « méthacrylate de méthyle » ? Super, personne dans le Comté d’Orange non plus jusqu’à vendredi. Il s’avère que GKN fabrique des tonnes de ce produit au milieu de toutes ces maisons. C’est un produit qui peut exploser à partir de 100°. Celsius ? Ah non — Fahrenheit. Ça veut dire environ 37,8 °C.
Ce que l’on sait, c’est qu’il y a environ 26 000 litres de ce truc dans des réservoirs de stockage, et normalement, on garde une température d’environ 50 °F. Vendredi, on s’est rendu compte que la température avait augmenté jusqu’à 77 °F. À partir de ce moment, 40 000 personnes ont été évacuées. Ce chiffre continue d’augmenter, au fait. L’article est déjà dépassé par des événements, mais voici un sommaire en français par 20 Minutes.
Les pompiers arrosent les réservoirs avec de l’eau depuis vendredi soir — mais la température continue de hausser. Il faisait 90 °F dans les réservoirs samedi soir. On dirait que cette stratégie est un échec.
On nous dit que ça finira par un de deux résultats — soit une explosion géante, soit une fuite qui pourrait atteindre chez moi.
Il est fort probable que je pars pour San Diego demain matin si rien ne change ce soir. Peut-être que j’aurais dû faire ça déjà. Ne vous inquiétez pas pour moi — ça cause des rougeurs et de la peau irritée, mais pas de cancer pour autant que l’on sache.
Franchement, je préférerais l’explosion. Tant pis pour les maisons, mais ça voudrait dire qu’il serait moins probable que l’on soit tous empoisonnés. Je n’ai vraiment pas envie de faire partie d’une expérience pour vérifier le lien entre ce produit et le cancer, d’accord ?
On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata. Cette fois, on se retrouve dans une représentation de « Allumer le feu » de Johnny Hallyday, par Pascal Obispo, Superbus, Cali et Yarol Poupaud. On commencera avec Pascal Obispo.
Pascal Obispo (à gauche) avec Bénabar, Photo par Georges Biard, CC BY-SA 3.0
J’ai fait la connaissance de M. Obispo en décembre 2020, quand il a apparu dans le tout premier épisode de Taratata que j’ai vu, en duo avec Olivia Ruiz. Je voulais regarder l’épisode car Indochine allait y jouer, ainsi que Catherine Ringer. Si vous cliquez le lien, vous remarquerez aussi le début d’une signature du blog, mon habitude de mettre des mots dans la bouche de vous les lecteurs. Un mois plus tard, grâce aux efforts d’un ami belge qui m’a présenté Nostalgie Belgique, j’ai découvert ma préférée de ses chansons. On en parlera en bas.
Deux sourcils énormes, ainsi que le reste de Pascal Michel Obispo, sont nés en 1965 à Bergerac, mais en quelque sorte ne portent pas le nom Cyrano. Pourtant, à partir de ses 13 ans, il grandit à Rennes, où sa mère (qui ne venait pas de Bretagne) a décidé de s’installer après son divorce. C’est là, pendant ses années lycéennes, qu’il intègre à son premier groupe, dit « Words of Goethe » (Paroles de Goethe). Plus tard, il sera bassiste d’un autre groupe, « Evening Legions » (Légions du Soir). De cette période, on n’a que deux enregistrements — « Deux fois une vie », un extrait d’un album de groupes locaux pour le premier groupe, et un disque de 4 pistes pour le dernier. Il y a quelques idées intéressantes dans ces enregistrements, mais rien ne suggère une idole de la chanson française.
En 1988, il rejoint Senso, encore un autre groupe. Cette fois, plutôt que sortir son propre album, ils décident de faire partie du premier album solo de Pascal, Le long du fleuve. Cet album pue les années 80, même s’il est sorti en 1990, mais la France ne sait pas encore qu’un jour, la meilleure décennie de tous les temps lui manquera, et l’album est un échec. Voici un extrait, « Jeune révolution » :
EMI, sa maison de disques, vivement critiqué par les Sex Pistols dans une chanson éponyme, le vire après cet album, mais il signe chez Epic, où il sort Plus que tout au monde en 1991. La chanson éponyme est un petit succès ; un autre single, « Tu vas me manquer » (rien à voir avec la chanson de même nom de Téléphone), est classé 16e :
1994 voit son troisième album, Un jour comme aujourd’hui, son premier grand succès. J’aime bien la piste éponyme, mais c’est le single « Tombé pour elle » qui fait décoller les ventes avec un classement en 8e place. Le disque finira deux fois platine, avec plus de 500 000 exemplaires vendus.
Je ne peux pas mentir ; je trouve cette chanson agréable, mais pas plus. C’est bizarre d’être « puriste » pour les premiers travaux d’un artiste que l’on n’a pas écouté longtemps, mais je préfère son premier album.
Il est confirmé comme star avec son 4e album, Superflu, qui contient une belle dose de Zazie (qui est co-autrice de 3 chansons et chante en duo avec lui pour une). Cet album se vend à plus d’un million d’exemplaires grâce à de tels tubes que « Personne » et « Les meilleurs ennemis », avec Zazie. Il écrit une chanson pour elle. « Zen », classée #9 cette année-là.
En 1997, Zazie et Pascal travaillent ensemble sur « Allumer le feu » pour Johnny — elle écrit les paroles ; lui, la musique. Pascal participe aussi à l’album Savoir aimer de Florent Pagny, une réussite qui s’écoule à 2 millions d’exemplaires. Malheureusement, cette même année, un connard lui tire dessus en plein concert. Il lui faudra 22 pour retourner en Corse ; je le salue, car après ça, je n’y reviendrais jamais.
Pendant les quelques années suivantes, il se concentre sur une carrière de producteur, travaillant sur des albums de M. Pagny, Patricia Kaas et Natasha St-Pier. C’est donc un peu de sa faute que l’on a dû vivre les conflits stupides entre cette dame et Inès Reg. Il remporte une Victoire de la musique en 2004 pour son album Studio Fan – Live Fan, et le tour qui va avec, des homages à Michel Polnareff. (Ce dernier sera mieux connu plus tard comme personnage de dessin animé.) Cet album lui vaudra son seul classement #1, pour la chanson « Fan ».
2006 voit son 7e album, Les fleurs du bien — haha, même les anglophones connaissent Les fleurs du mal. Cet album, co-écrit avec le parolier Lionel Florence, contient de loin ma chanson préférée d’Obispo, 1980, avec un clip qui ressemble à un Rubik’s Cube :
Avec des saxophones — mon instrument — je pourrais pleurer, car ils ont largement disparus de la musique populaire. Je pourrais aussi faire sans ses grimaces dans le clip, mais je les pardonne, car j’adore vraiment ce clip. Ce sera son deuxième plus grand tube pour lui-même, classé #5 en France — cette même année, il écrira un #2 pour Natasha St-Pier, « Un ange frappé à ma porte ».
En 2007, il écrira une chanson classée #1 pour le parodiste Fatal Bazooka, Mauvaise foi nocturne, à laquelle il participe sous le pseudonyme « Vitoo ». Au-delà de « DJ Chris Prolls, » une bonne blague même en anglais, Fatal ne m’intéresse pas. Son 8e album, Welcome to the Magic World of Captain Samouraï Flower, sorti en 2009, n’est pas un succès, mais « Le Drapeau » est classé 6e.
Cet album marque la fin du grand succès de Pascal Obispo. De 2009 jusqu’au Covid, il aura une chanson classée 33e, « D’un Avé Maria », de son album de 2013, Le grand amour. Mais au-delà de ça, ses chansons sont désormais classées largement entre 100 et 200, hors le top 40 chacune. Cependant, en 2020, exactement au pire moment du monde, il revient avec une dernière chanson classée #1, « Pour les gens du secours », avec Pagny et Marc Lavoine :
Je ne sais pas si celle-ci compte comme retour, car il s’agit évidemment d’un moment et un message très particulier. Il a sorti deux albums de plus depuis ce temps, Franceet Le Beau qui pleut, mais malgré être classés #2 et #4, ni l’un ni l’autre a vendu plus de 50 000 exemplaires, pas comme ses millions d’avant.
Que penser enfin de Pascal Obispo ? Il a de bon goût musical, et a écrit au moins une contribution de légende à la chanson française, « Allumer le feu ». Cependant, à part ses liens étroits avec le son des années 80 au début de sa carrière, c’est difficile d’identifier un moment de sa carrière où il a atteint le niveau d’un Eddy Mitchell ou un Julien Clerc. Il n’y a rien de honteux là ; c’est clairement un musicien apprécié par ses collègues, un artiste capable.
Ma note : J’irais au concert si vous avez une place de trop.
Peut-être que c’est difficile à croire, mais j’aime critiquer les États-Unis moins que vous ne le pensez. Comme j’ai écrit dans un certain manuscrit :
[T]out comme moi, les Français n’ont pas de critiques plus sévères qu’eux-mêmes. (À moins qu’il ne s’agisse d’un étranger qui se lance dans l’affaire – puis ils n’ont pas de défenseurs plus passionnés.)
Nous sommes pareils à cet égard — l’une des raisons pour lesquelles j’aime tant la France. Il y a certaines choses dont j’adore me plaindre — les âneries de grammaire anglaise de mes compatriotes, le manque de distance sociale — mais en fin de compte, ce ne sont pas graves en soi. Et je suis souvent le premier à vous dire qu’il ne faut pas croire aux plaintes hystériques sur le fascisme du pays, car j’ai toujours la même question : les camps, où sont-ils ?
Je regrette de vous dire que ce n’est plus de la hystérie sur Twitter, même s’ils restent théoriques. Ce qui suit n’apparaît ni dans Le Monde ni dans Le Figaro au moment où j’écris, mais c’est assez logique — il s’agit du premier tour d’une législative.
Le premier tour texan a eu lieu en mars. Mais c’est juste pour élire les candidats de chaque parti pour un deuxième tour en novembre. Si personne ne réussit avec 50 % des voix au premier tour, il y a un deuxième tour au printemps et l’élection de novembre est un troisième tour entre les partis. Dans ce cas, ce sera la semaine prochaine.
Pendant le premier tour, le 3 mai, le parti Républicain avait 3 candidats et les résultats ont été les suivants :
C’est donc les candidats avec les meilleurs résultats, Maureen Galindo et Johnny Garcia qui s’affronteront mardi prochain pour sélectionner qui affrontera un Démocrate en novembre.
Le 13 mai, Mme Galindo a publié un clip sur Instagram pour livrer un message dégoûtant, mais à quoi peut-on s’attendre ? C’est le Texas, et on sait, non ?
C’est une occupation musulmane des États-Unis. En fait, je pensais ce matin, peut-être que Johnny Garcia et les autres qui le soutiennent ou n’importe qui soutenu par le Qatar devrait être jugé pour trahison… Je m’inquiète du génocide des juifs payé par le Qatar, et je m’inquiète qu’il va l’apporter ici en plus.
Personne ne s’inquiétait de ces propos. Aucun membre de son parti n’a condamné ce propos d’une occupation musulmane. Le Texas, après tout. Puis, dans un autre clip le 19 mai sur son compte Insta, maintenant supprimé, elle a enfin abordé le sujet de créer des camps, façon Nazi. Mais juste ceux de concentration, pas ceux de la mort comme Auschwitz. On n’est pas de monstres ! Je traduis une citation :
Je transformerai le centre de détention de Karnes en prison pour musulmans américains et anciens membres des Frères musulmans impliqués dans le trafic d’êtres humains. (Ce sera également un centre de castration pour pédophiles, qui seront probablement la plupart des musulmans.)
Ça a enfin provoqué des condemnations tardives, d’autres candidats locaux au Texas, jusqu’au leader du parti Républicain dans le Congrès. Mais je vous rappelle que personne n’avait eu rien à dire plus tôt sur les propos d’une occupation par les musulmans ou l’idée de les juger pour trahison et…
Quoi ? Je viens de recevoir une note…
Je vous dois tous mes excuses les plus sincères pour les erreurs de traduction dans mes citations ci-dessus. En fait, Maureen Galindo et Johnny Garcia sont du parti Démocrate. Et il n’y avait aucune mention de musulmans dans ses propos. Elle a plutôt dit que les États-Unis étaient sous occupation israélienne, qu’il fallait emprisonner les « sionistes américains » et les membres de l’ICE, et que c’était « la plupart des sionistes qui sont des pédophiles ».
Elle fait la distinction que les « vrais juifs » ne soutiennent pas Israël et sont « des victimes des faux juifs (les sionistes) » :
J’ai dû le rechercher, mais selon un sondage de février 2026, 9 sur 10 juifs américains disent qu’ils soutiennent le droit d’Israël d’être un « état juif », mais seulement un tiers se disent « sionistes ». J’ai du mal à voir la différence entre ces propos, mais il me semble que la différence, c’est que c’est maintenant acceptable de dire que le pays est « sous occupation » dans un des deux cas. On le sait parce que ce propos est passé sans plainte. Et que fait-on pour résister à une occupation ?
J’ai écrit tout ça pour surprendre, bien sûr. Mais sachez que ce mardi a vu le défait d’un député Républicain dans le Kentucky, M. Thomas Massie. Et quand il a donné un discours ce soir-là, il a dit qu’il lui fallait du temps pour apparaître sur le plateau car « il me fallait du temps pour trouver Ed Gallrein [son adversaire, pas juif] à Tel Aviv ». M. Massie a perdu, mais il a quand même récolté 45 % des voix.
J’écris souvent sur la SGM car je la crois, comme a dit le général Eisenhower, « la Grande Croisade ». Mais c’était grand exactement parce que c’était contre une puissance diabolique. Ce que je vois ici, c’est la croissance d’exactement le même complotisme qu’en Allemagne. Ce discours de « qui sont les vrais et les faux » me rappelle les lois de Nuremberg : combien de temps reste-t-il avant que l’on parle des « Deutschblütiger » (1/8 ou moins juif par sang), les « Mischling » (1/2 juif) et bien sûr, les « Juden » qui devront porter des étoiles jaunes ? (Je vous conseille encore une fois le Mémorial de Caen.)
Je croyais jusqu’à cette semaine que l’on n’était pas les années 30 aux États-Unis. Je me suis trompé. En même temps, j’espère que vous serez d’accord que la raison est bien plus compliquée que l’on n’aimerait la penser.
J’ai une liste de tous les films de Louis de Funès que je n’ai pas encore vus, selon la probabilité de trouver un disque (aucun n’étant disponible chez la FNAC de ce qui me reste). En tête d’affiche, il y a « Sur un arbre perché », « Des pissenlits par la racine », et bien sûr, « Nous irons à Deauville ».
C’est ma façon d’évoquer la triste nouvelle que cette année, nous n’irons pas à Deauville. Et nulle part ailleurs en France non plus. (Je sais, vous vous attendiez tous à BalbecCabourg. Je n’y irais pas sans trouver quelqu’un pour jouer dans la peau de Mlle de Stermaria.) Cependant, si vous vous souvenez de ce que « L’Homme orchestre » et « L’Aile ou la cuisse » ont en commun, vous devinerez peut-être notre destination.
Oui, vous l’avez bien deviné, nous allons au Japon. Pendant une semaine uniquement. C’est mieux que rien, mais c’est ça la vie quand on doit négocier avec quelqu’un qui a le droit de vous limiter à 7 jours de vacances. On en aura 9, dont 2 jours de vols. Ça s’appelle « la victoire ».
Alors, on va faire quoi ? Croiriez-vous que je n’en sais pas trop sur ce sujet ? Ça fait 30 ans — presqu’au jour — depuis ma seule autre visite, et franchement, je ne m’en attends pas à une troisième. Mais La Fille a envie de voir des trucs de Nintendo et quant à mon père… ben, il nous faut en parler.
En 2023, quand nous sommes allés en France, j’ai eu un sacré travail pour le convaincre qu’il n’y avait pas de voitures brûlantes partout en France. Je ne pardonnerai jamais les médias américains pour cette fausse impression, ni les banlieues parisiennes pour fournir de si belles vidéos pour faire plaisir à nos chaînes de télé. Heureusement, à l’époque, j’avais une amie gendarme qui m’a aidé à le convaincre. Elle n’est plus sur Internet, malheureusement, ce qui rendait ma tâche encore plus compliquée.
Mon père n’a plus peur de marcher par la lumière des Renault, mais encore une fois, grâce aux médias hystériques, il craint d’autres choses peu probables. Par exemple, qu’un missile qui peut atteindre Diego Garcia de l’Iran peut également atteindre le sol français ou britannique, ou bien l’italien. On a perdu assez de temps en discutant ça, et il fallait enfin prendre une décision.
Je peux vous donner quelques idées de ce que l’on va faire. Connaissez-vous la série de dessins animés avec les pires noms « anglais » de tous les temps, Gundam ? (Pour autant que je vous taquine, aucun Français n’inventera jamais de tels noms que « South Burning » (Sud Brûlant) et « Char Aznable ».) Il y a un robot de grandeur nature, presque 20 m, et comme Lidl, ça vaut le coup.
Unicorn Gundam à Tokyo, Photo par Pelpinosas R. Justin James, Domaine public
On ira certainement au sanctuaire d’Asakusa, un site important du Shintô :
Nous irons aussi à Kyoto. Impossible de voir le nouveau musée Nintendo, car il faut gagner un tirage à sort pour des places trois mois avant son voyage. Mais c’est l’ancienne capitale, et il y a plein de palais et de sanctuaires là-bas.
On a parlé à plusieurs fois des influences françaises sur la culture japonaise (notamment aux supermarchés, mais aussi dans les jeux vidéo), mais je ne sais pas si je vais écrire autant sur ce sujet que pendant notre voyage à Boston. Quant à l’horaire, je dirai seulement que le voyage aura lieu en juin — pas besoin de donner des dates exactes pour faire plaisir aux cambrioleurs. Même Carottin.