La vérité est ailleurs

Je sais à quoi vous vous attendiez, mais j’ai hâte de partager un nouvel développement que je crois m’aidera tellement avec l’écriture de ce blog. Pendant des années, j’ai cru que je devais lire une diversité de sources pour comprendre la France — Le Canard, bien sûr, mais aussi Le Monde, Le Figaro, Ouest-France, Le Dauphiné libéré, BFM, Libé, et surtout le journal avec toutes les actualités les plus importantes, Le Journal du Centre. Mais il s’avère que je n’ai jamais eu besoin de tout ça — tout ce dont j’ai besoin, je peux le trouver dans un seul podcast. En en anglais en plus !

Je parle, bien sûr, de la plus grande experte américaine sur la France, Mme Candace Owens. À vrai dire, je n’ai jamais fait attention à elle pendant une belle décennie, parce qu’il n’y avait aucune preuve qu’elle savait de quoi elle parlait. ([Et vos qualifications pour écrire sur la France, quelles sont-elles ? — M. Descarottes]) Puis, quelque chose s’est passé pour attraper mon œil.

J’essaie d’être respectueux envers presque tous les hommes politiques français, car je dis souvent que je me considère un invité. Les habitués se souviendront peut-être que M. Darmanin fait exception à cette règle, car il m’a vraiment énervé avec son comportement en ce qui concerne le Stade de France. De toute façon, quand j’ai entendu parler que Mme Owens disait des trucs négatifs sur Mme Macron, dont l’idée qu’elle était en fait son frère, je me suis dit, « C’est bête ; elle a déjà eu des enfants. » Mais après, quelque chose m’a fait changer d’avis. Il s’est avéré qu’elle avait des sources françaises. Et la Cour d’appel de Paris a jugé ces sources non-coupables de diffamation ! Alors, Candace Owens doit savoir de quoi elle parle !

Puis, il y avait l’assassinat tragique de Charlie Kirk. Alors que des naïfs comme moi pensaient que le type qui l’avait avoué à sa famille, et qui avait envoyé des textos à son copain sur son plan, l’avait fait, c’était Candace seule qui a trouvé les vrais coupables. L’Égypte, l’Israël — et la France !

Tout a commencé en octobre 2025 quand madame était la seule à nous dire qu’en fait, l’armée égyptienne avait un avion qui suivait Charlie Kirk autour des États-Unis. Ce tweet dit qu’elle a reçu un tuyau sur un avion militaire égyptien parti de Provo, Utah le 10 septembre, le jour avant le meurtre, et que le directeur du FBI protège l’Égypte :

Capture d’écran

Puis, elle était la seule à découvrir que « nos ‘Égyptiens’ avaient séjourné à un hôtel dans l’Utah entre le 4 et le 13 septembre. Peu importe que leur avion était parti le 10 :

Capture d’écran

« Mais Justin », me dites-vous, « rien à voir avec la France ! » Attendez. Vous voyez, qui s’intéresse à l’empêcher de découvrir ce complot de l’Égypte à tuer Charlie Kirk ? Les Macron. Selon elle, « j’ai été contacté par un fonctionnaire de haut rang du gouvernement français… cette personne prétend que les Macron ont commandé et payé mon assassinat » :

Capture d’écran

Elle a donc des sources très bien placées dans le gouvernement français !

C’est ici qu’Israël entre dans notre histoire. Cette même personne lui a dit qu’une équipe du GIGN, qui comprend un israélien, a reçu les ordres. Mais en plus, « l’assassin de Charlie Kirk s’est entraîné avec le 13e brigade de la « légion française’ » :

Capture d’écran

Bien sûr, le GIGN a dit à 20 Minutes que c’était « ridicule », mais c’est ce à quoi on s’attendrait, n’est-ce pas ? Qui vais-je croire, une podcasteuse américaine qui ne parle pas français, ou le gouverne-ment ? Ouaip.

À ce point, je faisais déjà toute confiance à Mme Owens. Puis, elle a ajouté qu’il y avait aussi des franc-maçons dans le complot, ce qui implique une famille normande, les D’Isigny, ou comme vous les connaissez, les Disney. D’abord, elle explique :

Ces franc-maçons contrôlent le gouvernement français et ont fondé l’Amérique. Rien de ça n’est imaginaire. Ça date de plus d’un millénaire.

Sur ce point, le meurtre de Charlie Kirk était un meurtre rituel et des soldats de la Légion étrangère étaient sur le sol.

Capture d’écran

Mais les Disney ? Voilà :

Le complot de meurtre franc-maçon en France ce qui prouve, je disais la vérité sur les bérets bordeaux…

Le club « 33 » passe une mauvaise semaine

Capture d’écran

C’est quoi le club 33 ? Le 33e degré est le rang le plus haut dans la franc-maçonnerie. Et à presque chaque Disneyland autour du monde se trouve un resto très cher dont il faut être membre, le Club 33. Ben, il n’y en a pas un à Disneyland Paris, mais laissez tomber. Tous les meilleurs complotistes savent que Walt a choisi ce numéro car il était franc-maçon. Ils le nient, mais encore une fois, diraient-ils exactement ça, n’est-ce pas ?

Alors, c’est comme ça que je sais maintenant que je ne peux plus faire confiance à mes sources françaises. Mais ça va, car Candace Owens seule sait la vérité sur la France. Aux États-Unis, nous sachons.

Ô, j’ai oublié un dernier détail. Malheureusement, Candace ne le comprendra pas car elle ne parle pas français :

Photo d'un panneau de jumelage entre Poissons en Marne, et Avril en Meurthe-et-Moselle. Oui, ça existe vraiment.
Poisson d’Avril !, Photo par
René Hourdry
, CC BY-SA 4.0
Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Crique-craque

Le 1er étant également le jour de C’est le 1er et Langue de Molière cette semaine, vous avez droit à « Momo » un jour à l’avance.

Il y a longtemps, assez longtemps pour écrire il était une fois, ma grand-mère avait l’habitude d’amener mon frère et moi à l’opéra. Alors j’ai vu pas mal d’opéras en italien et en français bien avant d’avoir la moindre idée de parler l’un ou l’autre. Et parmi mes préférés était Les Contes d’Hoffmann par Jacques Offenbach. Là se trouve la « Chanson de Kleinzach », un air plutôt grossier sur un nain, le nommé Kleinzach (qui n’apparaît pas sur scène). Depuis des décennies, j’ai le refrain dans la tête, « Cric-crac, cric-crac, voilà Kleinzach ». (C’est seulement en écrivant ce billet que j’ai enfin appris comment l’écrire.)

Je n’avais pas tort en le confondant avec « crique » ; Wikipédia note que les deux sont des homonymes. Mais jusqu’au mois dernier, je croyais que le mot « crique » ne voulait dire que la galette aux pommes de terre de ce nom. On l’a rencontrée en Ardèche.

C’était en lisant ce post de Feuilles de Choux que j’ai appris que la crique n’appartenait pas uniquement à l’Ardèche. Ça m’a renvoyé à Wikipédia, où j’ai appris que c’est aussi une baie. Mais comme j’ai écrit dans mes notes, quelle baie ? Genre « de Boysen » ou « de Somme » ? Le français réutilise trop les mêmes mots ! Dans ce cas, c’est le dernier : une crique de ce genre est « une petite baie enserrée dans les rochers et pouvant donc servir d’abri pour les bateaux. » Cette crique vient du scandinave « krik », l’origine aussi d’un mot anglais, « creek », un cours d’eau plus petit qu’une rivière, avec un débit réduit. Et il semble porter aussi cette signification en Guyane.

Mais ce ne sont pas les seules criques ! Il y a aussi la « crique saisonnière », un défaut dans des pièces métalliques, le résultat d’une combinaison de corrosion et de problèmes mécaniques. Wikipédia l’explique :

Plus fréquemment rencontrée dans les alliages à base de cuivre, elle doit son nom au fait que les changements de température accélèrant le processus, la rupture de la pièce peut survenir lors d’un changement de saison.

Et si ce n’était pas assez, La Crique est aussi un petit village de moins de 400 personnes près de Dieppe !

Il n’y a pas de grande leçon qui va avec tout ça. C’est juste étonnant que ce mot signifie tant de choses qui n’ont rien à voir, les unes avec les autres !

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine avec la question que je voulais poser en regardant La Soupe Aux Choux.

Saison 5, Épisode 2 — Six ans de français

Nous venons de parler de six ans de français, mais à vrai dire, je peux toujours me voir allongé sur le canapé en disant encore et encore « un chat et un cheval », comme si c’était le premier jour. Il m’aide que j’ai toujours le même canapé, je suppose, mais vraiment, tout ça s’est vite passé.

Cette semaine verra enfin le film de l’année, Super Mario Galaxy. J’en ai parlé avant. On vient d’apprendre qu’il y aura un personnage qui ne fait pas du tout partie de l’univers Mario, Fox McCloud. Peut-être que c’est juste parce que le film se déroulera dans l’espace — mais peut-être que ce sera pour mettre en place ce dont on a besoin pour un film de Super Smash Bros., la série qui réunit tous les univers de Nintendo. C’est injuste — moi, j’avais l’Atari 2600, et La Fille a tout ça. On va le voir le 2 avril, car elle ne sera pas chez moi jusqu’à là.

De toutes les choses que je m’attendais à lire ce week-end — ou n’importe quand pendant ma vie — « TikTok: qui se cache derrière ces vidéos virales de fruits et légumes sexualisés générées par IA ? » n’en était pas une. Mais nous voilà.

Je ne m’attendais pas à lire du vol de 12 tonnes de barres KitKat non plus — je me croyais plus discret que ça. Euh… je veux dire… il y aura des KitKats gratuits pour tous les lecteurs qui ne font pas d’enquêtes sur où j’étais vendredi.

Au fait, j’ai mentionné cette histoire à La Fille en disant que j’étais peut-être là, et elle m’a dit « Je sais que tu mens. » Je lui ai posé la question, « Et si j’étais en Autriche pour récupérer une livraison pendant son trajet d’Italie en Pologne ? » Elle m’a répondu : « Tu ne ferais jamais ça, car c’est pratiquement l’Allemagne. La Suisse serait autre chose. »

Vous voyez ? Je ne peux rien faire chez moi, car elle sait tout.

J’ai reçu cette publicité sur Instagram pour une lycée privée sur la Côte Est. Je ne sais pas pourquoi, car Insta sait que j’habite beaucoup trop loin. Mais le nom va vous tuer tous :

Le gros titre demande : « Ferasatu partie de notre Famille Prout ? »

Oui, comme vous pouvez voir au fond, c’est pour l’École Prout. Évidemment, ça ne veut pas dire la même chose en anglais qu’en français — c’est probablement juste un nom de famille — mais quand même !

Notre blague traite d’un comptable sourd. Nos articles sont :

Il n’y a pas de Bonnes Nouvelles cette semaine. Les gros-titres sont Loi, Collégien et Indo.

Sur le blog, il y a aussi Deux adieux, en souvenir d’Isabelle Mergault et Lionel Jospin, Français sans Fautes, ma critique du logiciel nommé et Le portfolio et la peluche, la petite histoire de retrouver une peluche bien-aimée.

Si vous aimez cette balado, abonnez-vous sur AppleGoogle PlayAmazonSpotify, ou encore Deezer. J’apprécie aussi les notes et les avis laissés sur ces sites. Et le saviez-vous ? Vous pouvez laisser des commentaires audio sur Spotify for Podcasters, qui abrite la balado. Bonne écoute !

Un sixième jour dans notre vie

C’est le 29 mars, ce que je considère mon « anniversaire français », parce que c’était la date de ma première leçon en 2020 (2021, 2022, 2023, 2024, 2025). Chaque fois, c’est le moment pour un peu de recul, de regarder autour de moi (lien vers une chanson de Rush) et voir où je suis dans ce projet.

Carrot cake d’une autre époque

Depuis le début, je dis encore et encore que mon plus grand rêve, au-delà de vivre en France, est simplement de m’intégrer, de ne pas être une petite célébrité comme pendant cette première année-là dans le groupe Génération 80s — « Regardez-moi ça ! C’est l’Américain ! » Mais qu’est-ce que ça veut dire vraiment ?

C’est certainement à dire que la France devait arrêter d’être Disneyland pour moi. Je crois que je n’arrêterai jamais de voir Carrefour comme une sorte de caverne d’Ali Baba — après des décennies de me sentir de plus en plus comme un extra-terrestre chez moi, l’idée qu’ailleurs dans le monde, il existe des marchés pour des gens comme moi, c’est un conte de fées. Mais mes relations avec les autres devaient devenir plus « normales », moins comme une visite au zoo (dans les deux sens, pour être clair). Où suis-je sur ce chemin ?

J’ai été très honnête en vous disant que j’espérais que devenir rédacteur du bulletin de l’OCA aiderait certaines personnes à se méfier moins de moi. En général, je crois que j’ai réussi ce but. Il n’y a plus personne qui exprime des doutes que j’en sois capable. Si ma relation avec la présidente a été tendue pendant la première année, à cause d’être exclu du bureau, tout va très bien maintenant. De sa propre façon, « Devrais-je rester ou devrais-je partir ? » a montré que je peux avoir des malentendus importants avec les Français autant qu’avec les Américains. Peut-être que c’est ironique de le dire, mais c’est aussi un signe que la vie devient de plus en plus « normale ».

Avoir enfin des invités francophones à la maison, c’était une étape importante à cet égard. C’est impossible d’exprimer vraiment à quel point être toujours l’invité, jamais l’hôte, me met mal à l’aise. Je ne vous ai pas dit qu’après toutes les préparations soigneuses, j’avais oublié d’avoir des serviettes ! (D’habitude, on utilise juste des essuie-touts en papier chez nous.) C’était gênant, mais peut-être aussi bon de voir que je pouvais faire une erreur sans que tout parte en vrille.

Alors, le projet de « normalisation » va assez bien. ([La dédiabolisation, pas autant. — M. Descarottes]) Mais peut-être que j’ai perdu un atout important en la cherchant. Si j’avais essayé de vendre l’image « Regardez, l’explorateur étranger, venu pour tourner des clips Insta pour réagir à notre cuisine et nos monuments ! », j’ai l’impression que mon manuscrit serait déjà mon livre publié. Je ne voulais pas vivre comme ça, mais ma bibliographie est plein de citations de personnes qui font leur vie en faisant exactement ça.

Tout ça dit, alors que j’ai toujours la matière pour une décennie de posts, je me sens de plus en plus inquiet pour le grand projet de déménagement. Il me semble que cette année, je dois vraiment me concentrer sur certaines questions : me faire embaucher, même si c’est toujours trop tôt ; faire des enquêtes sur un titre de séjour ; décider quoi faire avec tous les meubles et les biens d’une vie, car je ne peux pas tout envoyer. Hâte de voir la réaction de mes parents qui n’ont toujours aucune idée. Ils s’attendent à ce que je reste pour m’occuper d’eux à jamais alors que mon frère reste libre à vivre sa vie. On s’amusera bien fin 2028.

Mais toutes ces pensées ne seraient jamais venues à l’esprit si un jour en 2020, je n’avais pas ouvert Duolingo. Pour autant que je m’inquiète sur telle ou telle chose liée à ce chemin, il reste absolument dingue que j’y pense tout court.

Samedi avec le capitaine Dreyfus

C’est un autre de ces moments où plusieurs choses habituelles arrivent en même temps. Le 29 est mon « anniversaire français », alors pour ne pas avoir un conflit avec Dimanche avec Marcel, je lis Proust un jour à l’avance cette semaine. L’année prochaine, je devrais être dans le 5e tome, et j’aurai un conflit avec la balado. Je brûlerai ce pont-là quand j’y arriverai (la citation habituelle en anglais est « on croisera ce pont-là quand on y arrivera » ; c’est mon détournement).

On reprend donc Le Côté de Guermantes. Cette fois, j’ai avancé de 35 pages.

Je m’ennuie de parler du comportement inapproprié du narrateur envers les femmes, mais encore une fois il réussit à me choquer :

Je reprenais mon chemin, et souvent dans la ruelle noire qui passe devant la cathédrale, comme jadis dans le chemin de Méséglise, la force de mon désir m’arrêtait ; il me semblait qu’une femme allait surgir pour le satisfaire ; si dans l’obscurité je sentais tout d’un coup passer une robe, la violence même du plaisir que j’éprouvais m’empêchait de croire que ce frôlement fût fortuit et j’essayais d’enfermer dans mes bras une passante effrayée.

Le monde a certainement changé à cet égard ; comme j’ai raconté il y a 3 ans, je n’oserais même pas dire bonjour dans une telle rencontre en plein jour. Mais ce n’est pas la première fois où il nous a dit qu’il prendrait des libertés rien qu’en croisant le chemin d’une dame, et je dois vraiment me demander si c’était l’époque où s’il avait un sens du bon comportement très mal formé. ([Croyez au pouvoir de « et ». — M. Descarottes])

Cette pensée nous a été donnée sur la route vers un dîner avec Saint-Loup. Il y arrive pour voir que :

des homards encore vivants étaient jetés dans ce que l’hôtelier appelait le « feu éternel »

Et vous vous demandez pourquoi je n’achète que des queues.

Il évoque finalement Mme de Guermantes à Saint-Loup. On apprend un point de grammaire proustien de ça :

— Vous la connaissez, cette brave Oriane ? 

Cette « brave Oriane », comme il eût dit cette « bonne Oriane », ne signifiait pas que Saint-Loup considérât Mme de Guermantes comme particulièrement bonne. Dans ce cas, bonne, excellente, brave, sont de simples renforcements de « cette », désignant une personne qu’on connaît…

Le narrateur dit ce que j’avais envie d’entendre :

— C’est que je vais vous dire, on m’a assuré qu’elle me croit tout à fait idiot.

— Cela, je ne le crois pas : Oriane n’est pas un aigle, mais elle n’est tout de même pas stupide.

Ô, Saint-Loup, vous ne connaissez pas votre tante comme nous la connaissons ! Tout de même, le narrateur fait une demande :

Mais pour Mme de Guermantes, si vous pouviez lui faire savoir, même avec un peu d’exagération, ce que vous pensez de moi, vous me feriez un grand plaisir.

En quelque sorte, ça nous amène à la conversation. Non, pas celle-là. Non, celle-là non plus.

— Mais voilà qu’il faut rejoindre les autres et je ne vous ai demandé que l’une des deux choses, la moins importante, l’autre l’est plus pour moi, mais je crains que vous ne me la refusiez ; cela vous ennuierait-il que nous nous tutoyions ?

— Comment m’ennuyer, mais voyons ! joie ! pleurs de joie ! félicité inconnue !

Ça fait, il demande la photo, mais Saint-Loup lui répond :

— Non, il faudrait que je lui demande la permission d’abord, me répondit-il.

Vous souvenez-vous que Saint-Loup était censé épouser une certaine Mlle d’Ambresac ? Le narrateur lui pose cette question, d’après ce qu’il avait entendu de la bande d’Albertine :

Je ne pus me tenir de demander à Robert, comme il me parlait de Balbec, s’il était vraiment décidé qu’il épousât Mlle d’Ambresac. Il me déclara que non seulement ce n’était pas décidé, mais qu’il n’en avait jamais été question, qu’il ne l’avait jamais vue, qu’il ne savait pas qui c’était.

Je ne sais pas s’il ment.

La conversation saut à l’affaire Dreyfus (Saint-Loup est pour ; le narrateur… plus sceptique que contre), puis à une comparaison de Balzac et Stendhal. Saint-Loup dit au narrateur :

Ah ! bien, je vois que tu es de mon avis, Bloch déteste Stendhal, je trouve cela idiot de sa part.

#JeSuisBloch.

On finit sur un long discours par Saint-Loup sur ses études militaires. Je vous rappelle que puisque l’on est dans l’affaire Dreyfus, on est avant la Première Guerre mondiale. Ce tome est apparu en 1920, alors Proust peut mettre dans sa bouche certaines choses qui pourraient être plus évidentes rétrospectivement :

Je ne sais s’il y aura encore des guerres ni entre quels peuples ; mais s’il y en a, sois sûr qu’il y aura (et sciemment de la part du chef) un Cannes, un Austerlitz, un Rosbach, un Waterloo, sans parler des autres, quelques-uns ne se gênent pas pour le dire. Le maréchal von Schieffer [sic] et le général de Falkenhausen ont d’avance préparé contre la France une bataille de Cannes, genre Annibal, avec fixation de l’adversaire sur tout le front et avance par les deux ailes, surtout par la droite en Belgique…

Il parlait du plan Schlieffen, mais se trompait de nom. Que la France ait eu Saint-Loup au pouvoir en 1914 !

Le portfolio et la peluche

Je vais vous raconter une histoire absolument ridicule qui s’est déroulée mardi soir, qui ne touche que très légèrement aux sujets de blog, dans ce cas l’apprentissage de français. Mais pour ceux qui l’aiment quand je cafarde sur moi-même, ce sera un bijou.

Remontons le temps jusqu’en septembre 2010. Après des négociations tendues entre nos avocats, j’avais 10 jours pour quitter la maison familiale et trouver un nouvel appartement. Je devais tout emballer le plus vite possible, et des cartons ont été remplis dans l’espoir qu’un jour, je me souviendrais de les examiner. Dans le chaos, je croyais que j’ai perdu la seule peluche que j’ai achetée adulte, un monstre de la série Final Fantasy dit Tomberry en français (c’est plutôt Tonberry en anglais).

Mardi, La Fille m’a dit « Papa, il faut que je trouve mes devoirs de français du début de l’année scolaire, car je dois assembler un portfolio pour montrer mes progrès. » Alors, c’est quoi le problème ? « Je ne sais pas ce que l’on en a fait ! » Oh, super.

On a passé une jolie heure en ouvrant chaque carton dans sa chambre ou les placards pour chercher les devoirs. On n’a rien trouvé… sauf pour le Tomberry disparu ! Ça fait presque 16 ans que l’on ne s’est pas vus !

Il est adorable, n’est-ce pas ? Il faut faire attention, car un Tomberry marche lentement, mais a l’attaque la plus puissante du jeu, « Everybody’s Grudge, » traduite dans les jeux comme « Rancune » — mais une traduction plus exacte serait « La Rancune de chacun/tous ». Plus le joueur tue des ennemis, plus cette attaque devient forte, car les dégâts sont calculés selon une formule qui comprend le nombre d’ennemis déjà tués. D’habitude, le temps que l’on rencontre un Tomberry, il peut tuer vos personnages en un seul coup.

Ça lui rend le monstre le plus terrifiant de ces jeux. Mais on s’en fout, car il est mignon ! (Et tout le monde pense que les hommes n’aiment pas Hello Kitty — nan, c’est juste que l’on cherche une Hello Kitty tueuse !)

Quant aux devoirs ? Il s’est avéré que La Fille les avait tous rendus fin décembre, alors nous ne les avions plus !

Français sans Fautes

Cette semaine, je teste une appli non seulement pour enseigner le français aux étrangers, mais à tous les Français de souche qui n’ont réussi qu’un 8/20 dans leur cours de langue. Ce n’est pas seulement mieux que Duolingo, mais comme on va voir, c’est une appli avec une ambiance extrêmement française. Je parle de Français sans Fautes.

« Mais Justin », me dites-vous, « selon vous, les applis ne sont vraiment pas utiles au-delà du niveau B2. Et vous étiez récemment de retour sur Duolingo, alors que se passe-t-il ? » Super, content de voir que vous êtes tous si attentifs ! Ce qui s’est passé, c’est d’abord que j’ai commencé à voir des pubs pour cette appli partout — mais je ne fais rien jamais à cause de pubs, exprès. Mais la semaine dernière, on a posé des questions sur cette appli dans mon groupe d’utilisateurs de Duolingo, et ça a piqué ma curiosité. Alors, je me suis abonné pour un essai gratuit de 7 jours. Il ne m’en a fallu que 2 pour tout essayer, et je suis très enthousiaste.

Commençons avec le début. Qui d’autre pour nous accompagner en explorant notre belle langue que Molière lui-même ? J’entends parler que l’on écrit une colonne hebdomadaire en son honneur. Mais il y a un problème :

Bienvenue !
Je suis Molière, mais on m'appelle aussi Momo. Je serai à tes côtés pour combattre les fautes les plus difficiles.

Momo ?!? Ça, c’est un Mohammed ou un Mamadou, pas l’auteur de L’Avare ! Mais à vrai dire, ce sera ma dernière plainte hormis le prix.

Il suit des questions pour établir qui est l’utilisateur. Je regrette un peu d’avoir donné mon âge, car selon les agences de publicités américaines, je mourrai en novembre (on considère que seulement ceux entre 18-49 comptent).

On peut choisir un surnom. Si je savais ce qui suivrait, je n’aurais pas choisi « Justin » :

Choisis ton nom (Par exemple, Victor Hugo)

Pour mes priorités, j’ai choisi « Maîtriser la grammaire », mais je n’étais pas d’accord avec la description proposée après, et j’ai dit « non ». Je crois que je suis mieux que ça !

Ils font des promesses aussi extravagantes que celles de Duolingo. 5 minutes par jour n’est pas assez, mais c’est la concurrence, je comprends.

Tes futurs résultats en seulement 5 minutes par jour : Les bases en place en quelques jours, Plus à l'aise en quelques semaines, Français fluide en quelques mois

Ça coûte cher; c’est moins par mois pour un abonnement annuel, mais il faut tout payer d’un coup :

On passe à ce qui rend l’appli hyper-française. Plutôt que construire des phrases en choisissant des mots comme Duolingo, il faut chercher les fautes. Seulement l’allemand contient le bon mot pour la joie du développeur derrière ce système. C’est brutalement efficace, et je me suis senti très idiot une fois éliminé.

Il y a un calendrier pour vous encourager à ne pas rater un jour qui apparaît après cet examen, exactement comme Duolingo :

C’est à ce point où on choisit enfin un avatar. Pas comme Duolingo, il n’y a que quelques choix, mais tous ont une signification. J’approuve — cette appli cible l’intégration culturelle autant que l’apprentissage, et si je crois que si ce blog a des fans pour une raison, c’est que j’insiste sur ce point sans arrière-pensée.

Sélection de 8 personnages : de Beauvoir, Brel, Camus, Dumas père, Hugo, Sand, Leïla Slimani et MC Solaar

Comme Duolingo, il y a des badges à gagner, encore une fois avec des significations réelles :

Mais attendez — c’est juste « chocolatine », et non « pain de chocolatine », n’est-ce pas ? Peu importe, ce sont des symboles importants, et il y a des explications utiles :

Quant aux symboles à côté des scores, ce sont des macarons, la « monnaie » de l’appli. Je me sens vu.

Il y a plein d’autres exercices que chercher les fautes. Voici la liste de défis pour connaître l’appli :

Jouer une partie classée, Valider une notion, Faire une partie révision, Faire une dictée, Écriture libre

On doit parfois donner des synonymes de mémoire. Ce n’est pas l’un de mes points forts :

Synonymes de sympa -- j'ai gagné 7 points pour en avoir donné 2, mais j'en ai raté 10 autres.

Les « notions » sont des explications de règles de grammaire. Voici un exemple :

J’ai fait une dictée. Mon score était pire qu’attendu :

L’écriture libre est un peu mieux allée :

J’ai fini par débloquer le képi du général :

Symbole du Général de Gaulle, le képi incarne la résistance, la grandeur et la parole ferme. Il évoque une figure historique à l'autorité incontestée.* Obtenir ce badge montre que tu avances avec audace et stratégie.

Ayant tout testé, c’était assez pour moi pour me forger mon avis. C’est un niveau bien au-delà de Duolingo, j’apprécie tellement les faits divers culturels et le manque de trucs trop mignons, et en plus, ce n’est pas du tout répétitif comme Duolingo non plus. Le système de chercher les fautes fait faire attention à l’utilisateur, et c’est en fait quelque chose où Duolingo est nul, car il ignore les majuscules ainsi que toute ponctuation sauf pour les apostrophes.

Je vais quand même l’annuler car avril se prononce « impôts » aux États-Unis, et j’aurai d’autres dépenses en plus. Duolingo n’a jamais eu un centime de moi, juste de l’attention aux pubs. Français sans Fautes est un meilleur produit pour l’élève sérieux, et le budget est la seule raison pour laquelle je ne garderai pas l’abonnement.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Langue de municipales

Je vous jure, j’allais revisiter le sujet originalement planifié pour Langue de Molière la semaine dernière, mais je ne veux — je ne peux — pas résister à la une du Canard enchaîné cette semaine. Et il n’y aurait pas de Langue de Molière s’il n’y avait pas de Canard !

Alors, voici la une en question :

©️Le Canard enchaîné

Chaque semaine, je poste la une sur Facebook, mais pas publiquement — uniquement où seulement des amis peuvent la voir — et pose des questions si j’en ai. Cette semaine, il y avait deux questions.

La première concerne le dialogue des canards. Ça dit :

Titre : Bayrou battu

Canard gauche : C’est dans les vieux d’Pau qu’on fait…

Canard droite : …les meilleures déconfitures !

Alors, il s’agit de M. Francis Bayrou, brièvement premier ministre et plus longtemps maire de Pau. À vrai dire, je n’étais pas complètement sûr de comment prononcer « Pau », car je croyais que ça pourrait être du basque, comme Riez est du provençal et ne vient pas du verbe « rire ». Mais vu la référence à la confiture, c’est évidemment identique à « pot ». Cependant, je ne connaissais pas le calembour, alors, j’ai posé la question à des amis. Voici la réponse :

Le vrai dicton : « C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes / confitures. »

Cette expression remonte au temps où l'on préparait les soupes et les confitures dans des pots qu'on ne lavait jamais (et donc, des résidus des plats précédents y restaient). On recommençait à cuisiner et des résidus se mélangeaient aux résidus précédents, etc. Ainsi, la soupe prenait de plus en plus de goût

Mais la soupe et la confiture ne sont pas la même chose ! Est-ce que l’une est plus correcte que l’autre ? Non, selon Louise Pointu d’Imbleval, journaliste pour Femme Actuelle, qui nous explique que :

Selon le site J’aime les mots, cette phrase signifie simplement que « les vieilles méthodes qui ont fait leurs preuves sont parfois plus efficaces que les nouvelles, encore non rodées ».

Néanmoins, avec cette expression, les becs salés ne sont pas en reste ! En effet, il est en réalité possible de dire les deux

C’est dans les vieux pots qu’on fait « les meilleures confitures » ou « les meilleures soupes » : quelle est la bonne expression ?

Mais l’autre question, c’était sur le gros titre. Ici, j’avoue que pour le meilleur ainsi que pour le pire, j’aurai 12 ans à jamais. Pour rappeler, ça dit :

Et maintenant la course à la présidentielle : Plus qu’un a pour soigner les troubles de l’élection !

J’ai lu ça avec des fous rires. Était-il possible que la France était exactement pareille aux États-Unis à cet égard ? Vous voyez, si on écoute les chaînes consacrées au sport à la radio, vu que le public est presque entièrement des hommes d’un certain âge, la plupart des publicités sont pour des produits ciblant la « santé masculine » ou la « performance masculine ». C’est très délicat, car ça implique de nombreuses lois sur les traitements médicaux, ainsi que la publicité mensongère. Mais curieusement, on sait tous que la « santé masculine » n’a rien à voir avec le cancer de la prostate ou l’hypertension. Nope. Il s’agit uniquement d’un sujet, qui rime avec « élection », également en français qu’en anglais. Je ne connais pas les publicités sur RMC Sport, ou Radio Sports, mais c’était suffisant pour poser la question. Et la réponse de la même amie ?

Tu as visé juste quant au gros titre !

Hihihihihihi ! 12 ans à jamais, les amis !

Et pour rappeler les bons vieux jours, si vous avez profité de cette colonne, abonnez-vous au Canard enchaîné.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour parler finalement de la crique. Mais vous allez revoir M. Molière lui-même demain pour un billet bien inattendu !

Deux adieux

Hier, Les Grosses Têtes ont diffusé un hommage à Isabelle Mergault. J’ai écouté pas mal de l’épisode, mais je ne vais pas écrire un long sommaire. Pour une chose, et ce n’est pas la première fois où je le dis, malgré le fait que ça fait 4 ans que j’écoute Les Grosses Têtes, je ne reconnais toujours personne avec certitude à part Laurent Ruquier. Sans images, je n’ai pas de contexte, et à vrai dire, je n’ai jamais pu distinguer Mme Mergault de Caroline Diamant quand les deux étaient sur le plateau ensemble. Alors, je peux dire qu’Isabelle Mergault a fait une partie importante de ma vie pendant ces 4 dernières années, mais j’ai du mal à préciser comment.

Collage de deux photos : Isabelle Mergault en 2019 et Lionel Jospin en 2014
Isabelle Mergault, Photo par Bernard Grychowski, CC BY-SA 4.0, Lionel Jospin, Photo par Édouard Hue, CC BY-SA 4.0

Ça dit, je recommanderai une pépite que RTL a préparé pour lui rendre hommage, ses 10 meilleures blagues. L’une d’entre elles apparaîtra dans le prochain épisode de la balado.

Mais l’autre adieu du jour, c’était l’ancien premier ministre, Lionel Jospin. On penserait que je ne le connaissais pas bien, car je dis parfois que nous ne connaissons que les présidents français aux États-Unjs, et tous les présidents avant M. Macron étaient François Mitterand. (Il y a une plus longue explication dans le livre — avec des preuves.) Ça dit, j’ai vu un clip que j’ai vraiment envie de le partager, un échange entre Messrs Jospin et Chirac pendant un débat en 1995 quand ils croyaient que les micros étaient éteints :

C’est un moment de vrai respect, même amitié, entre les deux. M. Jospin dit que pendant les meetings, c’est « l’agressivité tout le temps » et que l’on lui a dit, à propos de M. Chirac, que « tu vas le plier ». M. Chirac montre qu’il est d’accord, que c’est pareil de son côté, et que « ça, c’est les militants ». La vérité, peu importe ce qui s’est passé lors du débat, c’est que les deux ne se haïssaient pas.

Cet échange m’a rappelé le meilleur débat que j’ai jamais vu à la télé américaine, presque de la même époque. C’était en 2000, entre les deux candidats pour vice-président, Joe Lieberman pour les Démocrates et Dick Cheney pour les Républicains. Je suis sûr que vous êtes tous de grands fans de M. Cheney vu les années suivantes, mais je suis complètement sincère que pendant 90 minutes, ça a été un échange respectueux, sans insultes, avec de vraies idées et un manque de haine. Je n’ai jamais rien vu comme ça avant, et certainement pas après.

Disons que l’image de M. Chirac dans la presse américaine des années 2000 n’était pas la plus flatteuse. Pas dans le film français Mystère à Saint-Tropez, qui a reçu une très bonne note ici, non plus. Et je ne savais vraiment rien de M. Jospin, sauf qu’il était anciennement premier ministre, et ça, sous ce même Chirac ! Mais ce petit clip d’une minute parle très bien des deux. J’ai certainement une impression très positive de M. Jospin après l’avoir regardé.

Alors, si les nouvelles de ces derniers jours sont à regretter, quelle chance pour la France d’avoir connu Mme Mergault et M. Jospin !

Saison 5, Épisode 1 — Recommencer de zéro

Vous avez bien profité du deuxième tour des municipales ? Pas autant que les Balkany — je suis mort à cause de cet extrait des Guignols !

C’est le début d’une nouvelle saison de la balado, car je l’ai lancée pour fêter le 500e post il y a 4 ans, alors les saisons finissent vers le 20 mars. Mais je me sens comme si cette fois, je dois vraiment recommencer, et comme si ce n’est pas seulement une question de rembobiner le compteur. Le nombre de pages pas plus indexées par Google vient d’exploser. Plus de 500 pages jetées de l’indice en deux semaines. Je peux faire des demandes pour les restaurer, 10 pages par jour. Il me faudra des mois pour reconstruire ce que je viens de perdre. Mais j’essaierai de garder espoir — après tout, « Un jour dans notre vie », la chanson du blog, commence avec quoi ? Un coup de feu. On a pris une balle ici, mais je refuse que ce soit la fin.

On a de vraies Bonnes Nouvelles dans cet épisode, et rien d’ironique comme « les municipales sont terminées » (les Bonnes Nouvelles ne sont jamais ironiques comme ça). C’est un conte inspirateur d’un garçon de 6 ans.

Mon appli Facebook est en français et presque tous mes groupes le sont aussi. Alors pourquoi est-ce que Facebook me montre des publicités pour le prochain film de Mario en espagnol ? Voici la preuve :

Capture d'écran qui dit : « Solo en cines 1 de Abril » -- c'est-à-dire « Uniquement aux cinémas 1er d'avril »

Si jamais vous m’entendez dire « J’ai fait cette pâtisserie et je vais en partager avec mes parents », veuillez me cogner sur la tête avec une batte de baseball. Si vous n’en avez pas, il y en a une dans notre placard à manteaux (je ne plaisante pas). J’ai donné deux mirlitons à mes parents, et le retour le plus gentil est venu de mon père, qui m’a dit « J’aurais préféré quelque chose au chocolat. » L’autre, je ne vais même pas le répéter, mais c’était blessant.

Je suis content de vous dire que la vitesse de livraison de courriers entre nos pays en ce moment est la plus vite que j’ai vue. J’ai envoyé une carte de vœux à mon ami dans la Somme le 13 ; il l’a reçue ce week-end, en 9 jours, bien avant son anniversaire. Je m’attendais à un délai de 2 semaines entières. Je n’ai pas payé une livraison express, juste un timbre de 3,40 $. C’était une carte avec du son et de la lumière — on a tourné une vidéo avec la même carte, et je la recommande fortement. C’est tellement mon genre de carte !

La Fille et moi étions chez Costco samedi et je lui ai dit « Attends, je dois prendre des photos de ces deux trucs dans la boulangerie, car les Français deviendront fous rien qu’en les voyant ! » HIHIHIHI :

À gauche, ce sont les « barres dessert du printemps » selon l’étiquette — si ultra-transformées que même moi, j’hésiterais à les acheter ! À droite, je dois traduire l’étiquette littéralement, car je vais profiter des réactions : « Croissants caramélisés au cheesecake aux myrtilles ». Il y a certainement de la pâte feuilletée là, mais ce ne sont pas en forme de croissants. Pour commencer !

Notre blague traite d’un espion de Napoléon. Nos articles sont :

Les Bonnes Nouvelles traitent d’un jeune héros de 6 ans dans le Lot-et-Garonne. Les gros-titres sont Boîte à outils et Zenith.

Sur le blog, il y a aussi Municipales, sur le premier tour de la semaine dernière. On a tué Un Coup de Foudre, sur la dévalorisation du blog sur Google, L’enquête la plus française, sur l’Affaire Omar Raddad et Ici et là, des nouvelles personnelles.

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