Devrais-je rester ou devrais-je partir ?

Peut-être que vous connaissez la chanson « Should I Stay or Should I Go? » par The Clash (ma traduction du titre est notre gros-titre du jour). C’est un classique de la musique « punk », mais il me semble que c’est peut-être très peu connu en France, car à sa première sortie en 1982, il n’a même pas atteint les classements, et sa ressortie en 1991 ne valait que la 25e place. Ça dit, son titre est la question que je me pose depuis dimanche matin.

C'est une peinture japonaise qui montre un samouraï à torse nue, avec une épée devant son ventre. Il va se suicider car il a échoué quelque chose.
Détail de Guerrier sur le point de commettre seppuku par Kunikazu Utagawa, Domaine public

Mettons la scène. Alors que je fais mon appel pour les plaquettes en janvier ou février de chaque année, je fais des dons de sang entier au fil de l’année. Le dernier numéro de La Dépêche ayant été publié vendredi, je ne croyais pas qu’il y aurait un problème si j’ai fait un don samedi matin. Cependant, je ne savais pas qu’il y aurait une plainte. Gardez ça en tête.

Le bureau de l’OCA a une réunion tous les deux mois, pour planifier les activités des deux mois à venir. Tous les bénévoles doivent mettre leurs dates dans un tableur partagé en ligne, puis m’envoyer les textes de leurs annonces, en général avant le 20 du mois. C’est toujours mon but d’envoyer un brouillon au bureau pas plus tard que le 25 pour des corrections, et un ou deux jours plus tard, je publie. Tout s’est passé exactement comme je viens de décrire. Au moins, en théorie.

Mon premier numéro était celui de mai-juin en 2024, alors avec mars-avril de cette année, je viens de terminer 2 ans comme responsable. Pendant tout ce temps, certains bénévoles ne m’ont jamais une fois envoyé leurs annonces. Dans certains cas, ça ne me dérange… pas trop… parce que tout ce qui change est la date. D’autres personnes planifient quelque chose de nouveau à chaque fois, et dessiner des annonces pour eux fait mal à la tête. Mais même si ces personnes ne m’aident pas à savoir ce qu’elles veulent, elles doivent toujours envoyer quelque chose à la responsable du site web, pour la page pour s’inscrire à l’activité. En général, je peux emprunter le texte au site web.

C’est habituellement le cas que les pages pour le site web sont prêtes en même temps que je reçois les textes. C’est logique, car en général, les bénévoles veulent dire la même chose partout. Mais une personne impose des dates limites pour s’inscrire à ses événement beaucoup plus tôt que le reste du monde, car il s’agit d’activités culturelles où il faut acheter des billets à l’avance. Alors j’ai publié des annonces pour 2 de ses 3 événements en mars-avril dans le numéro novembre-décembre de 2025, car elle voulait fermer les inscriptions en décembre. De mon point de vue, La Dépêche est pour annoncer les événements auxquels on peut s’abonner, alors je ne voyais pas de raison pour les republier deux numéros plus tard.

Alors, réunissons enfin les deux fils. Comme j’ai dit, il y avait 3 événements appartenant à cette personne, mais je n’avais jamais annoncé le troisième. Mais samedi matin, après le don de sang, j’étais bien crevé — tout à fait normal — et je ne me suis pas rendu compte que cette personne m’avait envoyé une plainte que je n’avais pas annoncé ses événements (qui apparaissaient dans le calendrier, mais pas sur leurs propres pages). J’ai fait une sieste, puis je me suis mis à la tâche de préparer des dizé milé pour la soirée.

C’est comment je me suis réveillé dimanche matin à la découverte d’un courriel très malheureux envoyé à tout le bureau pour se plaindre de moi. Des heures plus tard, après l’avoir discuté avec la présidente, j’ai préparé un nouveau numéro, qui a été distribué lundi matin.

C’est ce courriel la raison pour laquelle je pense à démissionner. La bénévole en question est l’une des fondatrices de l’OCA. Je n’avais pas envie de l’énerver, mais en même temps, bien que je sois gêné au maximum, elle n’a jamais collaboré à la préparation des annonces pour ses événements. Je n’avais aucune idée qu’elle s’attendait à la publication d’événements auxquels personne ne pouvait s’inscrire. La faute est absolument à moi pour l’autre, mais me gronder devant tout le monde (surtout sans savoir que je n’étais pas disponible samedi),, ça me rend très mal à l’aise.

Je n’ai rien dit à ce point ici, mais en général, je ne reçois pas de réponses quand je demande de l’aide à la communauté. J’ai cherché leurs recettes de Noël l’année dernière ? Même pas une réponse. Je demande des recommandations pour mettre à jour le Guide Pratique ? On peut bien entendre les mouches. Je crois que c’est par paresse, rien à voir avec moi personnellement. Mais c’était déjà écœurant en tant que bénévole, et maintenant je suis pleinement humilié devant tous mes collègues. C’est déprimant.

Saison 4, Épisode 48 — Sous l’océan

J’ai brièvement pensé à appeler cet épisode « Celui de la catastrophe » ou « Le temps de tout plaquer ». Il y a deux jours, tout allait assez bien (il y a des limites quand on dort comme moi), et maintenant, je pense très sérieusement à démissionner de mon poste de responsable du bulletin de l’OCA. J’ai pris une décision éditoriale qui a vraiment fâché l’une des fondatrices de notre chapitre. Ce n’était pas mon but, mais je n’avais pas pensé aux conséquences. On en parlera plus demain.

Samedi soir, j’étais à une soirée de belote et l’un des habitués a fait quelque chose de génial. Il a utilisé l’impression 3D pour créer des antisèches pour les scores, comme ça :

Il y a des lettres noires sur une surface blanche. À gauche, il y a une liste de valeurs pour les atouts, et à droite, une autre liste de « pas atouts ».

La lumière était nulle — la surface est complètement blanche et n’a pas de taches marron. Mais on avait anciennement l’habitude d’imprimer des antisèches avant les soirées, et maintenant, il n’y aura plus besoin. J’aime très bien ça.

Pour ma part, sachant qu’il allait y avoir un invité guadeloupéen, j’ai fait des dizé milé guyanais pour avoir quelque chose des Antilles. Je sais, la Guyane n’est pas une île, mais la cuisine partage beaucoup avec les Antilles elles-mêmes. Tout le monde les a aimés — c’est une recette que j’ai bien maîtrisée à ce point.

En parlant de la belote, l’une de nos habituées n’a pas renouvelé sa cotisation. J’ai raté la belote en janvier, alors je ne m’en suis pas rendu compte jusqu’à ce que

Sans vouloir me mêler dans l’actualité française autour de M. Jeffrey Epstein, j’aimerais juste vous dire que la prononciation de « -stein » n’est pas bien prévisible en anglais. On dit « stein » comme les allemands pour « Frankenstein » et « Eisenstein« , mais « stine » comme « chocolatine » pour « Edelstein » ou « Weinstein« . Bien sûr, si un nom de famille commence par « Stein », comme « Steinbrenner » ou « Steinman« , ça se prononce toujours à l’allemande. Ça dit, personne ne prononce « Epstein » comme « Frankenstein » en anglais. Il y a un autre Epstein bien connu, Theo Epstein (aucune relation), un cadre de baseball, et son nom de famille se prononce comme « chocolatine » aussi.

En cherchant sans succès de bonnes nouvelles pour cette semaine, j’ai appris que M. Kylian Mbappé n’a pas déjà son permis de conduire à ses 27 ans. Je n’arrive pas à le comprendre. D’accord, on peut se débrouiller facilement sans voiture à Paris ou à Madrid, mais c’est une compétence comme savoir envoyer des courriels ou gérer un budget. Il faut le savoir au cas où !

Notre blague traite des billets de train. Nos articles sont :

Il n’y a pas de Bonnes Nouvelles cette semaine. Les gros-titres sont Épinards et D’Isigny.

Sur le blog, il y a aussi Trop stressé, sur mes travaux avec le dernier numéro du bulletin de l’OCA, Je découvre Sylvie Vartan, la dernière entrée du Projet 30 Ans de Taratata, Ici et là, des nouvelles personnelles, et C’est pas le 1er, version mars 2026, ma revue mensuelle de mes blogs préférés.

Si vous aimez cette balado, abonnez-vous sur AppleGoogle PlayAmazonSpotify, ou encore Deezer. J’apprécie aussi les notes et les avis laissés sur ces sites. Et le saviez-vous ? Vous pouvez laisser des commentaires audio sur Spotify for Podcasters, qui abrite la balado. Bonne écoute !

Dimanche avec Sébastien le crabe

On reprend maintenant « Le Côté de Guermantes ». Cette fois, j’ai avancé de 31 pages.

Le narrateur se plaint que d’autres personnes ont acheté des billets pour côtoyer les riches, pas comme lui, bien sûr :

Un certain nombre de fauteuils d’orchestre avaient été mis en vente au bureau et achetés par des snobs ou des curieux qui voulaient contempler des gens qu’ils n’auraient pas d’autre occasion de voir de près.

Il y a un mot dans la traduction qui m’échappe complètement. C’est pareil dans le français original. Je ne vais même pas le chercher :

des tritons barbus pendus aux anfractuosités de l’abîme

Je soupçonne que le traducteur ne le connaissait pas non plus. Quel m’as-tu-vu, notre Marcel.

Il me faudrait citer deux pages entière pour le prouver, mais tout ce parler du public comme si c’est une grotte sous-marine me semble un brouillon pour la maquette préparatoire de La Petite Sirène. Je m’attends à ce que La Berma chante « Sous l’océan ».

Heureusement pour nous, le spectacle commence enfin, et il suite de nombreuses réflexions où le narrateur semble être déçu par le fait que les comédiens sont des êtres humains, et non des abstractions. Heureusement pour lui, une personne fait exception. :

Leurs intonations commandaient à cette voix : « Sois douce, chante comme un rossignol, caresse » ; ou au contraire : « Fais-toi furieuse », et alors se précipitaient sur elle pour tâcher de l’emporter dans leur frénésie. Mais elle, rebelle, extérieure à leur diction, restait irréductiblement leur voix naturelle, avec ses défauts ou ses charmes matériels…

le talent de la Berma qui m’avait fui quand je cherchais si avidement à en saisir l’essence, maintenant, après ces années d’oubli, dans cette heure d’indifférence, s’imposait avec la force de l’évidence à mon admiration.

Puis il se pose la question :

Ce génie dont l’interprétation de la Berma n’était seulement que la révélation, était-ce bien seulement le génie de Racine ?

(C’est ici où j’avoue que pendant longtemps, j’ai confondu Racine le dramaturge avec la seule autre Racine de ma connaissance, l’ancien joueur de hockey sur glace.)

Mais il reconnaît finalement que le talent vaut quelque chose :

Je compris alors que l’œuvre de l’écrivain n’était pour la tragédienne qu’une matière, à peu près indifférente en soi-même, pour la création de son chef-d’œuvre d’interprétation, comme le grand peintre que j’avais connu à Balbec, Elstir…

Naturellement, ça se relie à ses autres erreurs de jugement :

c’est quand j’admirais trop pour ne pas être déçu par l’objet de mon admiration, que cet objet fût Gilberte ou la Berma, que je demandais d’avance à l’impression du lendemain le plaisir que m’avait refusé l’impression de la veille. 

Tout ça dit, j’ai eu tort la dernière fois. Je croyais que l’opéra ne serait que l’excuse pour une rencontre entre le narrateur et la duchesse de Guermantes. Mais à la fin de 31 pages, on apprend que :

la duchesse m’avait bien vu une fois avec son mari, mais ne devait certainement pas s’en souvenir…

la duchesse, de déesse devenue femme et me semblant tout d’un coup mille fois plus belle, leva vers moi la main gantée de blanc qu’elle tenait appuyée sur le rebord de la loge, l’agita en signe d’amitié…

celle-ci, qui m’avait reconnu, fit pleuvoir sur moi l’averse étincelante et céleste de son sourire.

Tout ça pour ça, comme on dit. Incroyable.

Bannière qui dit « C'est le 1er » avec des dessins de 3 desserts : bûche de Noël, religieuse, macaron à la framboise

C’est pas le 1er, version mars 2026

Je continue de copier Light & Smell avec des listes de mes articles préférés au premier du mois. Ça vient d’Allez vous faire lire, mais je ne suis pas exactement ses règles.

Le billet apparaît un jour à l’avance car le 1er serait autrement Dimanche avec Marcel, et le 2 serait la balado, et la balado ne bouge pas.

Bannière qui dit « C'est le 1er » avec des dessins de 3 desserts : bûche de Noël, religieuse, macaron à la framboise

Nouveaux à moi :

  • Crevette de Mars est largement un blog littéraire, par une autrice qui est surtout grand fan des « Mercredi’incipit » de Roz. Voici un exemple. Et tout comme Roz, ça veut dire une grande gamme d’intérêts, que ce soit les romans fantastiques de Christopher Paolini ou des romans coréens.

Les habituels :

Actif ailleurs :

Mathilde’s little things n’a rien de nouveau.

À encourager :

Rien de nouveau chez Manonpatis, Le Stylo sous la Gorge, Jours d’humeur, La triade littéraire de Velaris, Le site du Shifâ’, Phrenssynnes, Carnets d’une plume, Bonheur des yeux et du palais, Thriller Addict , La lectrice en robe jaune, Un déjeuner en Provence, Et si Facebook disparaissait?, Bessie’s Bazaar, Maman Lyonnaise, L’Atelier du Phoenix, La bibliothécaire, et Bonheurs culinaires. Laissez-leur de gentils commentaires pour les encourager à reprendre !

Ici et là

Je rate l’humour d’un clip du Gorafi que j’ai vu hier, basé sur cet article sur son site web. Ça s’intitule « La nouvelle ligne de TGV Lyon-Bordeaux ne passera pas par Lyon », et explique que « les voyageurs en partance de Lyon devront d’abord rallier Paris puis prendre le train en gare de Massy TGV pour aller à Bordeaux. » C’est assez facile à consulter une carte ; Massy se trouve en Essonne. Je n’ai pas oublié notre conversation récente sur ce sujet, mais l’article continue :

Beaucoup avaient pensé que cette nouvelle ligne comblerait la fermeture, en 2014, de la ligne Intercités reliant Lyon à Bordeaux (Gironde), en passant par Limoges (Haute-Vienne), Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) et Saint-Étienne (Loire)… A noter enfin que les trains n’arriveront pas tout à fait en gare de Bordeaux mais à Bergerac.

Ça doit être un peu exagéré par rapport à la réalité, non ? Enfin… j’espère !

J’ai vu un post sur Facebook il y a deux jours avec une photo du bâtiment de TF1 à Paris, surmonté d’une affiche géante qui dit « Indochine Arena Tour, Paris – Accor Arena, Nouvelles Dates 27 et 28 février ». Et voilà, La Fille n’est pas chez moi le 27 ou le 28. Ou le 1er mars ! Mais j’ai fait une promesse, et en plus, l’argent pour un tel voyage n’est pas là en ce moment. Mais n’en doutez pas — j’y ai pensé pendant un instant !

En parlant des spectacles, mardi, Arnaud Demanche était en live sur Facebook, et il a lu mon commentaire à haute voix à 11:03 ! Mais il faut ajouter qu’il ne s’est pas souvenu de moi. Dommage. C’était quand même un bon moment — vous n’avez aucune idée à quel point je vis pour ces petits morceaux. Le moi de 2019 ne l’aurait jamais cru.

Je vous ai mentionné que j’ai repris Duolingo afin d’aider une amie. Mais voici ce que l’appli vient de « m’apprendre » cette semaine :

Pensez-vous que je ne connais pas les mots « faire revenir » et « émincer » ?

On a posé une question importante dans le groupe privé de l’OCA : où trouver du cidre dans le comté d’Orange (ou comme disent les Français du groupe, Orange County). D’autres personnes ont récemment demandé où trouver des saucissons de Montbéliard et de Morteau, ou des pralines roses. Alors, j’ai annoncé un nouveau projet pour le Guide Pratique dont je suis responsable : une liste de produits et où les trouver. La réponse ?

Des grillons, comme on dit en anglais. (Ça veut dire que c’est si silencieux autour de vous que vous pouvez entendre les grillons.)

Je ne sais pas vous, mais j’aurais espéré que ça intéresserait à quelqu’un ou autre ! Après tout, je le fais pour qui ? ([Vous-même. J’étais là quand vous cherchiez des saucissons pour une potée comtoise. — M. Descarottes]) Ben, je m’attends à en profiter aussi, mais je suis plus habitué à vivre sans qu’eux. D’autre part, ils ont choisi de déménager où ces trucs sont difficiles à trouver, alors peut-être que ça me dérange plus que ça ne les dérange.

Je ne l’ai pas dit, mais j’offrirais mes services en tant que tueur à gages contre un sac de Savaroises de Saint-Michel en ce moment. Et je ne suis même pas dans ce secteur ! Pour autant que vous sachiez. Mais si vous pensez que les Savaroises ne me manquent pas, voici la fois où j’étais prêt à commander 25 sacs à MyPanier — sauf que la limite n’en était que 2.

Quelque chose de spécial pour La Fille et moi s’est passé aux César. Peut-être que vous aviez vu le discours de Jim Carrey. Mais j’imagine que très peu d’entre vous ont reconnu la musique qui jouait au début. C’était la signature de Sega pour les films venant de leurs jeux. Moi, je connais Jim Carrey comme Ace Ventura ou Truman Burbank. Mais La Fille le connaît comme le docteur Robotnik des films de Sonic le hérisson. J’ai envoyé le clip de son discours à La Fille — elle va l’adorer.

Je vais publier « C’est le 1er » le 28 afin de ne pas le reporter jusqu’au 3. Mais le soir du 28, je serai à une soirée de belote. Il y aura un nouveau membre de l’OCA qui vient des Antilles à cet événement. Alors je vais le surprendre avec un dessert de cette partie du Tour. On ne sait jamais quand ce sera utile de connaître ce genre de chose !

Je découvre Sylvie Vartan

On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata avec Sylvie Vartan, car Julie Zenatti avait chanté sa « La plus belle pour aller danser ». Les élèves les plus studieux du blog se souviendront que j’aime parfois laisser des références à cette chanson, même dans des recettes. Ça fait des mois depuis la dernière entrée dans cette série — j’espère la terminer avant les 35 Ans de Taratata !

Sylvie Vartan, Photo par
Eric Koch pour Anefo, Domaine public

Ceci est l’un des articles les plus difficiles à écrire du Projet, parce que selon Wikipédia, Mme Vartan a enregistré plus de 1 500 chansons en dix langues. Je ne garde pas de statistiques, mais je crois que le plus grand nombre de chansons que j’ai écoutées pour un artiste dans cette série est environ 70, pour Eddy Mitchell. Je me limite à ses œuvres en français et en anglais, et principalement à sa carrière des années 60 et 70.

Sylvie Vartan est née Силви Жорж Вартан en Bulgarie en 1944 — personne sauf Agathe ne sait lire ça, moi absolument compris. Pourtant, elle est aussi bulgare que moi ou vous — son père est arménien et sa mère est hongroise, mais les deux parents se retrouvaient en Bulgarie à cause de travail. Son père était là en tant qu’attaché de presse à l’ambassade française, et sa mère y est née à cause du travail de son père. C’est à Sofia où elle a son premier rôle d’actrice au ciné, à l’âge de 7 ans. Les critiques sont nulles, et la famille doit fuir en France. Non, je plaisante sur ça — la famille quitte la Bulgarie à cause de la vie sous l’emprise soviétique.

Sylvie fait son début en 1961 avec « La panne d’essence » en duo avec Frankie Jordan. C’est une chanson qui sent bien l’arnaque, avec des paroles qui suggèrent que le jeune couple qui est en panne d’essence l’est parce que le garçon du couple l’a planifié, si vous me suivez. Moi, je montrerai mon bloc à couteaux au premier garçon qui veut conduire La Fille quelque part. Il y a une quinzaine là-dedans, tous bien aiguisés.

C’est un tube, alors notre Sylvie fait ce qui lui semble bon et quitte le lycée deux mois avant de passer les examens pour son bac.

En 1962, elle sort son premier album, Sylvie. Ça marque le début d’une longue histoire d’adapter des chansons américaines au marché francophone. Parmi ses premiers tubes est « Moi je pense encore à toi », pas exactement une traduction de « Breaking Up Is Hard To Do » par Neil Sedaka, mais sur le même air :

Cette même année, Sylvie Vartan rencontre un certain Johnny Hallyday, qui l’invite de faire la première partie de son tour. Il est déjà évident que les deux sont en couple, même si le mariage n’aura lieu qu’en 1965.

En 1963, elle sort un autre album, intitulé Twiste et chante, un titre si évidemment une traduction du tube des Beatles que j’ai presque sauté écouter la piste phare. En automne de cette année, elle et Johnny enregistrent des albums à Nashville, aux États-Unis (malgré ayant un nom qui se termine par -ville ; je sais, c’est bizarre). Son album, À Nashville. La première piste, « Si je chante » est encore une autre reprise américaine, mais un nommé Charles Aznavour lui en écrit une autre, « La plus belle pour aller danser », originalement pour son rôle dans le film Cherchez l’idole :

En 1965, elle sort un album en anglais, Gift-wrapped from Paris (littéralement, Emballé en cadeau de Paris — toujours Paris, bande d’obsédés), un album de reprises sauf pour ce duo avec Johnny écrit en franglais :

Cet album est… une expérience bizarre. Ses voyelles sont bonnes, mais il n’y a pas de liaison en anglais. ‘My Boyfriend’s Back » et « I Heard Somebody Say » sont intéressantes, mais je n’ai pas envie d’acheter cet album.

On saute Il y a deux filles en moi de 1966 pour le plus intéressant 2’35 de bonheur de 1967. Je croyais le titre quelque chose de Gainsbourg, mais en fait, c’est plutôt doux, une chanson sur garder un enregistrement de son amour pour écouter quand l’autre est loin :

L’homme du duo n’est pas Johnny, mais Carlos, qui fait son début avec cette chanson.

1967 voit aussi l’album Comme un garçon, avec une piste phare classée #2 en France :

1968 voit une tragédie — Sylvie est percutée par une camionnette, qui tue son amie Mercedes Mendès et renvoie Sylvie à l’hôpital. Mais l’année voit aussi une réussite — l’album Sylvie Vartan est plus connu sous le nom La Maritza, d’après son tube de légende :

Comme les premiers mots me parlent : « La Maritza, c’est ma rivière, comme la Seine est la tienne ». Il y a un paragraphe sur exactement ça dans mon livre.

Et ce n’est même pas le plus grand tube par ventes de l’album — ce titre est remporté par Irrésistiblement, un autre #2 en France. Mais c’est « La Maritza » qui aura la plus d’importance au fil des décennies.

1970 voit un accident encore plus grave, avec Johnny au volant de la voiture. Sylvie doit aller à New York pour subir de nombreuses interventions chirurgicales. Elle passera la moitié de l’année à l’étranger et Johnny, lui, il rencontre une certaine Nanette Workman, chanteuse canadienne qui fera partie de son album de 1971, mais avec qui il poursuit une liaison. En 1972, le couple réconcilie, mais selon Johnny, ce sera la raison de leur divorce en 1980.

En 1973, Sylvie sort l’album J’ai un problème, avec deux duos avec Johnny, dont la piste phare. Quand Johnny chante « On récolte la vie que l’on sème », il faut le dire — il savait déjà.

1974 voit un retour au début des années 60, avec un autre album plein de reprises américaines traduites en français, Shang shang a lang. Il faut dire qui Sylvie apporte à la piste phare plus de talent vocal que les Bay City Rollers.

En 1976, elle sort Qu’est-ce qui fait pleurer les blondes ?, avec une piste phare beaucoup plus optimiste que le titre ne le suggère. Mais en 1977, elle revisite un autre tube des Bay City Rollers, ce qui lui vaut un classement #4 pour « Petit rainbow » :

On finira sur son premier tube des années 80, « Nicolas », adapté d’une chanson hongroise. Au fil de sa carrière jusqu’à ce point, il y avait souvent des orchestres derrière elle, typiques du « Mur de son » des années 60 et 70. Voici un morceau beaucoup plus personnel, avec moins de production. Des mois plus tard, elle sortira un autre album, Bienvenue Solitude, un clin d’œil vers une nouvelle vie sans Johnny — une vie qui sera, il faut ajouter, sa propre réussite, mais comme la carrière de Julien Clerc, devra autant au fait qu’elle était déjà une star qu’autre chose.

Que penser de Sylvie Vartan ? La comparaison avec Julien Clerc est exactement la bonne. C’est une carrière remplie de reprises de chansons étrangères, mais si je trouve ça un peu trop commercial, ça lui permettait le temps et les opportunités pour enregistrer une belle poignée des meilleurs exemples de la chanson française. C’est un monstre de la scène française, et si je dois ajouter qu’elle méritait mieux dans sa vie privée, il faut aussi dire que l’Histoire se souviendra d’elle pour ses contributions à la musique, pas à la presse populaire.

Ma note : J’achète l’intégrale.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Poopeye le marin

Aujourd’hui, Langue de Molière est fière de vous présenter la réponse à une question que vous avez depuis longtemps, sans même le savoir. C’est très court, mais j’espère amusant.

« Mais Justin », me dites-vous, « c’est Popeye, pas Poopeye. Un ‘o’, c’est tout. » Et là, vous auriez tort. En fait, Popeye avait 4 neveux : Pipeye, Peepeye, Poopeye et Pupeye. Et deux de ces noms sont de l’humour des toilettes. Mais de l’humour qui trouve ses racines dans la langue française.

Popeye le marin, Dessin par Elzie Crisler Segar, Domaine public

« Pee » et « Poop », les préfixes de deux de ces 4 noms, sont des mots vulgaires qui veulent dire « faire pipi » et « faire caca » en anglais. Cependant, vu les liens nautiques de cette bande-dessinée, je croyais le nom « Poopeye » dérivé d’autre chose, le « poop deck », le pont en arrière d’un bateau. Et il y a une bonne raison pour le croire — le père de Popeye s’appelle Poopdeck (lien en anglais), alors il semble être un nom familial.

Mais récemment, j’ai vu un article en français sur tout autre chose, et j’ai enfin fait le bon lien. Sur le site du magazine Biba (je ne le connais pas, c’était dans mon fil sur Facebook), j’ai lu un article intitulé « Adieu les sushis ! Cette spécialité Picard venue de Corée est le nouveau met asiatique incontournable ». Et la première phrase de cet article ?

La Corée a le vent en poupe, y compris sa cuisine. 

Je me suis posé la question, « C’est quoi la poupe ? », mais sûrement vous le voyez déjà. C’est le mot français pour le « poop deck » en anglais, alors ça n’a rien du tout à voir avec la caca, étant un emprunt au français.

De son tour, c’est un emprunt à l’italien, et remonte finalement au latin. Le Trésor nous dit que :

Emprunt au génois popa (popa en 1246, latin médiéval de Gênes… l’italien est attesté depuis 1218 à Modène, pope d’apr. DEI; poppa, 1300-13, Dante ds Tomm.-Bell.), du latin *puppa, altér. de puppis sous l’inflection du genre féminin de celui-ci ou de celle de prora (proue*). 

Poupe

On voit donc que loin d’être une blague vulgaire, « Poopeye » est en fait un prénom qui trace ses racines jusqu’à l’Antiquité — donc acceptable sous la loi du 1er avril 1803 ! — et nous les anglophones le doivent au français !

Trop stressé

Je n’ai rien préparé pour aujourd’hui, car j’ai dû sortir le brouillon du prochain numéro du bulletin de l’OCA. Et juste quand j’allais finalement envoyer le fichier à la présidente, il y avait un nouveau courriel avec des changements de la dernière minute, envoyé une demi-heure plus tôt par la seule personne au monde entier pour qui je me soucierais de corriger le brouillon même à 0h30. Disons qu’elle a toujours des souhaits très particuliers, mais elle est aussi la seule personne qui me fournit tout ce dont j’ai besoin. Les autres comptent sur « Ah, toi, tu sais où trouver de l’art pour ma page ».

De toute façon, j’ai galéré plus que d’hab avec ce numéro. Pour une chose, je n’avais pas pensé aux recettes pour le numéro avant hier soir. Et je me suis dit « Ce sera pour le printemps, alors rien de lourd avec des kilos de pommes de terre et de pâté brisée, vous. » J’ai donc fini par choisir la salade lyonnaise du blog, toujours avec du lard, de l’huile d’olive et des œufs. C’est sain — pour Un Coup de Foudre. Et pour le dessert, le flan coco guadeloupéen — j’allais publier les dizé milé, mais impossible de faire rentrer toute la recette sur une page sans une police de caractères trop petite.

Mais j’ai eu une autre crise, et celle-ci, c’est de votre faute, à vous tous. Il y a un nouvel événement, donc une nouvelle page, géré par une certaine Séverine. Ou est-elle Severine ? Ou Sévérine ? Politologue indique qu’il y a 4 façons acceptées de l’écrire :

Moteur de recherche sur Politologue avec Severine, Séverine, Sévérine et même Sèverine !
Capture d’écran

L’annuaire en ligne de l’association a tendance à supprimer les accents, alors c’est inutile pour cette question. 20 Minutes constate :

Le Journal de MickeyLibérationL’Express et même Le Monde (pourtant réputé pour sa rigueur orthographique) écrivent « Etats-Unis ». En revanche, MarianneLe FigaroL’Humanité et Mediapart accentuent bien leurs majuscules. Quant à 20 Minutes… c’est au choix du rédacteur.

Les majuscules, prennent-elles un accent ?

Je ne savais pas que Le Journal de Mickey était une référence, mais comme ajoute 20 Minutes :

Certes, Le Monde est une référence, mais si Le Monde décidait de se jeter dans la Seine, en feriez-vous autant ?

Non, mais si Le Gorafi en faisait, vous me trouveriez sans doute flottant sous le Petit Pont. Alors veuillez régler les prénoms — un choix d’accents par nom suffira !

J’ai donc passé une belle demi-heure en cherchant une photo de cette personne portant une étiquette, mais sans succès.

Heureusement, ce n’est plus sur mon assiette, comme on dit en anglais, au moins jusqu’au moment où je reçois un tas de corrections. Et avec ça, c’est assez pour ce numéro du bulletin !

Saison 4, Épisode 47 — Du latin pour Toto

Il y a des fois où je ne suis pas surpris que mes amis expatriés ne connaissent pas tel ou tel dessert que j’apporte aux événements. Le fénétra n’est pas bien connu, et le Robinson non plus. Mais on peut acheter la teurgoule chez Carrefour — même une nommée Cambremer pour les fous de Proust — alors elle ne me semble pas aussi obscur que ça. Pourtant, j’en ai apporté une à une soirée de tarot samedi, et personne ne l’a connue. Ni l’a mangée non plus — voici les photos avant/après :

Je ne suis pas sûr de pourquoi la croûte a noirci — la photo à gauche a été prise environ 10 minutes après l’avoir sortie du four, et elle ressemble presque exactement à celle du Tour.

J’ai envoyé les deux photos à mon amie rouennaise, et elle m’a tout de suite répondu : « C’est un riz au lait caramel », exactement comme Carrefour décrit les teurgoules sur leur site. Elle en était ravie, car c’était l’un des desserts préférés de son père. Je ne le referai certainement pas pour ce groupe, mais c’est l’un de mes préférés aussi.

Et vous vous demandez pourquoi j’ai envie de vivre en Normandie ? Je pourrais manger du normand et rien d’autre tous les jours, et je ne m’en plaindrais jamais.

En parlant du tarot, j’ai une nouvelle (pour moi) appli pour garder les scores. J’ai eu la deuxième meilleur score de ma table. La gagnante a pris une garde avec tous les trois bouts, et a réussi à jouer le petit au dernier tour, d’où son score de folie. Heureusement pour moi, j’ai été son partenaire pour ce jeu-là !

Capture des scores de 5 joueurs -- la gagnante a eu 377 points, moi 163, et les trois autres étaient tous négatifs.

J’ai vu cette publicité sur Facebook, et je crois que ça doit être la plus grande escroquerie que j’aie vu, sauf pour celles des brouteurs :

C'est une appli, « Read2Speak », qui promet « de zéro à C2 en une année ».
Screenshot

Je considère que « de zéro à B2 » en une année était déjà un truc de fou de ma part, mais C2 en une année — désolé, mais je ne le crois pas du tout. Je crois que C1 aurait été possible — mais C2 exige trop de connaissances culturelles sans y vivre. Et moi, j’ai regardé une cinquantaine de films pendant ma première année — ce programme fait pareil ? J’en doute !

Je suis sûr que vous êtes tous curieux de ma réunion avec l’éditrice. J’ai reçu beaucoup de bons conseils pour des changements pour le texte, mais elle m’a prévenu qu’il me faudra un agent pour ce genre de livre. Elle est côté technique plutôt qu’acheteur, alors elle n’a pas de personnes pour ça, mais elle m’a mis en contact avec quelqu’un qui pourra m’aider. Cette histoire est loin d’être terminée.

Notre blague dépend de votre latin. Nos articles sont :

Les Bonnes Nouvelles traitent encore une fois du sport. Les gros-titres sont Kansas et Fantômas.

Sur le blog, il y a aussi Sans avoir vu, sur des expatriés non préparés, La question de La Fille, sur une question de prononciation, Traduction complète, sur la fin de ma traduction du livre du blog en anglais, et Ici et là, des nouvelles personnelles.

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Dimanche avec le Duc de Guermantes

On reprend maintenant « Le Côté de Guermantes ». Cette fois j’ai avancé de 20 pages.

Les mésaventures de Françoise avec les noms continuent, mais de façon hilarante :

« Mais on peut bien dire que c’est un vrai feignant que cet Antoine, et son « Antoinesse » ne vaut pas mieux que lui », ajoutait Françoise qui, pour trouver au nom d’Antoine un féminin qui désignât la femme du maître d’hôtel…

Je meurs — c’est comme Paul et Paula des années 60, ou « Jean » par Jeanne Cherhal ! (La Fille fait des blagues sans cesse que je suis en fait une « Justine », à cause de la façon de certains expatriés français de prononcer mon prénom. Je peux bien imaginer sa réaction à cette partie.)

Il s’avère que la famille du narrateur a un nouveau valet (pas digne de son propre nom), et Françoise lui parle de sa nostalgie pour Combray, dont un avis plutôt élevé de la disparue Tante Léonie que ce que j’aurais cru ;

— Oui, chez Mme Octave [Léonie], ah ! une bien sainte femme, mes pauvres enfants, et où il y avait toujours de quoi, et du beau et du bon, une bonne femme… Tout était toujours à ses dépens, même si la famille, elle restait des mois et an-nées. (Cette réflexion n’avait rien de désobligeant pour nous, car Françoise était d’un temps où « dépens » n’était pas réservé au style judiciaire et signifiait seulement dépense.)

Je note que cette note sur « dépens » par Proust ne se comporte pas très bien avec mon dictionnaire bilingue, où le premier sens est juste « dépense » (le sens légal en est le 3e).

Notre petit arriviste blâme maintenant d’autres personnes pour son obsession avec Mme de Guermantes :

je me disais que si j’avais été reçu chez Mme de Guermantes, si j’étais de ses amis, si je pénétrais dans son existence, je connaîtrais ce que sous son enveloppe orangée et brillante son nom enfermait réellement, objectivement, pour les autres, puisque enfin l’ami de mon père avait dit que le milieu des Guermantes était quelque chose d’à part dans le faubourg Saint-Germain.

Apparemment, quoi qu’on pense de la duchesse, M. le duc de Guermantes est une belle ordure :

Mais si l’hôtel de Guermantes commençait pour moi à la porte de son vestibule, ses dépendances devaient s’étendre beaucoup plus loin au jugement du duc qui, tenant tous les locataires pour fermiers, manants, acquéreurs de biens nationaux, dont l’opinion ne compte pas…

Plus d’une fois même le cheval [du duc] abîma la devanture de Jupien, lequel indigna le duc en demandant une indemnité. « Quand ce ne serait qu’en considération de tout le bien que madame la Duchesse fait dans la maison et dans la paroisse, disait M. de Guermantes, c’est une infamie de la part de ce quidam de nous réclamer quelque chose. »

Il y avait, je ne sais pas, on dirait… une Révolution, ça vous parle ?… pour établir l’égalité des nobles aux paysans, non ?

Naturellement, qu’est-ce que l’opportuniste voit en M. le duc ? Si vous disait « un moyen d’approcher sa femme », ayez un Bon Point pour avoir bien compris son caractère !

il avait dû lui dire mon nom, mais quelle chance y avait-il pour qu’elle se le fût rappelé, ni mon visage ? Et puis quelle piètre recommandation que d’être désigné seulement comme étant un de ses locataires !

Le récit tourne évidemment vers les complots du narrateur pour rencontrer Mme de Guermantes — qu’il avait connu jeune à Combray. C’est donc comment on apprend que :

Mon père avait au ministère un ami, un certain A. J. Moreau, lequel, pour se distinguer des autres Moreau, avait soin de toujours faire précéder son nom de ces deux initiales, de sorte qu’on l’appelait, pour abréger, A. J. Or, je ne sais comment cet A. J. se trouva possesseur d’un fauteuil pour une soirée de gala à l’Opéra ; il l’envoya à mon père et, comme la Berma que je n’avais plus vue jouer depuis ma première déception devait jouer un acte de Phèdre, ma grand’mère obtint que mon père me donnât cette place.

C’est ici où on arrête, car c’est évident que la suite sera, comme aurait dit les Frères Marx, Une nuit à l’opéra, mais probablement moins drôle. Mais la Berma ? Encore ? Vraiment ? Ce monde est en quelque sorte trop petit — il ne contient qu’une actrice (Berma), un peintre (Elstir), un compositeur (M. Vinteuil), etc. Il y a trop de coïncidences ! Je suis prêt à voir le narrateur rencontrer une deuxième personne qui exerce même l’un de ces métiers !