Hier soir, j’ai enfin envoyé la version anglaise de mon manuscrit à mon premier bénévole qui va le lire. Pas comme en français, je ne considère pas que j’ai besoin de lecteurs pour critiquer la grammaire. J’ai une tâche différente pour ces gens — et peut-être que j’aurais dû poser la même question aux lecteurs français.

Je veux simplement savoir : Est-ce que ça vous intéresse ?
(Au fait, si vous êtes curieux, contactez-moi par courriel pour une copie.)
Honnêtement, à mon avis personnel, c’est le truc le plus franchouillard jamais produit par quelqu’un qui n’a jamais eu une carte d’identité française. Ceux qui ont vu le manuscrit complet savent que le cadre du livre est de suivre deux chemins, dits « d’Eddy Mitchell » et « de Maïté ». Comment vendre cette idée à des étrangers tout court, peu importe des Américains ? Je ne voulais même pas tenter ce projet il y a 6 mois, car je croyais que ça ne valait pas la peine. Mais le truc que j’entends encore et encore des expatriés, c’est « Il faut le traduire ! », et même si ma préférence reste de le voir en français, je veux surtout le voir imprimé.
Pour vous donner une idée du boulot, il y a 268 pages dans la version originale — mais 341 dans la version anglaise. Cette statistique est un peu trompeuse pour 2 raisons : 1) le format A4 est plus long que la « lettre » américaine, alors un certain nombre de pages ne contiennent que 4-5 lignes qui ne rentrent pas dans 1 page à l’américaine; et 2) j’ai fait moins d’un effort à couper les chapitres pour éviter ce phénomène. Je dirais quand même qu’il y a entre 30 et 40 pages de nouveaux contenus.
Est-ce que je devrais traduire ces nouveaux contenus en français ? La plupart, non. Voici un exemple :
Two ducks face each other on opposite sides of the title on the front page, and have a dialogue every week based on wordplay that depends very heavily on particularities of French. To give you a sense of it, “Le slogan des indépendantistes en Écosse : Le Royaume-Uni, tu l’aimes… ou tu le kilt !” – “The slogan of the Scottish independence movement: the UK, love it… or leave it!” (Editors of Le Canard enchaîné, 2021a). The humor here depends on a French rhyme. One of several verbs for “to leave” is “quitter,” which is distinguished in this case by being the leave you take from a relationship or a job, rather than from a restaurant. The conjugation of that verb normally would be “tu le quittes,” and quittes rhymes exactly with how they pronounce “kilt.”
La première phrase explique qu’il y a deux canards qui parlent, l’un à l’autre, en haut de la une de chaque numéro du Canard enchaîné. Puis, je traduis une phrase du texte original, l’un des dialogues : « Le slogan des indépendantistes en Écosse : Le Royaume-Uni, tu l’aimes… ou tu le kilt ! » Après ça, il y a 3 phrases pour expliquer le rime entre « kilt » et « quittes », et pourquoi c’est drôle. J’imagine que la moitié de pays connaît les canards, et que personne n’a besoin d’une explication de l’humour.
Mais il y a certaines parties où je dirais que j’aurais dû peut-être faire moins d’un effort de garder exactement une page. En parlant de La Grande Vadrouille, j’explique que Louis de Funès a appris le métier de chef d’orchestre — je ne sais pas si tout le monde le sait en France, et ça donne une meilleure idée de pourquoi je trouve son interprétation si convaincante. Je penserai à quels changements seraient les bons.
Je peux au moins dire que j’ai trouvé toutes les erreurs dans les recettes (une vingtaine, même s’il n’y a pas autant que deux aussi gênantes que « j’ai oublié une ligne »). Toutes sont corrigées dans les fichiers en français pour le prochain tour.
Encore une fois, même si moins qu’en juin, je me retrouve épuisé à la fin du projet. C’est une tâche énorme, et je la comprends tellement mieux qu’avant. Mais pour autant que j’espère que le livre trouvera un public américain, je crois que vous comprenez tous ce que je veux dire que je préférerais de loin qu’il trouve d’abord un public français.






























