Il faudra qu’on parle

En ce moment, je suis dans un bus. C’était inattendu, mais c’est le Système D — tous genres de trucs sont toujours soit fermés soit annulés soit emballés par un escroc. À cause d’avoir perdu environ deux heures aux buses au lieu de trains, je partirai sans avoir mangé aujourd’hui. J’aurais tellement aimé revenir au Temps des Cerises et faire des achats chez Carrefour ou encore Monoprix. (Je veux visiter un Monoprix comme vous voulez visiter Hawaï.)

Mais ça devra attendre. Disons que si la leçon de la dernière fois était que les stéréotypes ont tort, la leçon de cette fois est qu’ils ne viennent de nulle part. Je dois bien réfléchir avant de vous raconter ce voyage, parce que je sais très bien que vous êtes tous mes amis, et vous ne méritez pas du tout ma colère d’hier. Ou, franchement, d’aujourd’hui pas non plus.

Alors en ce moment, je vais partager juste deux choses. D’abord, un souvenir du meilleur concert de ma vie :

Puis, un œuvre d’art que j’appelle « Avant et après » :

Je vous ai dit que je suis arrivé pour nettoyer les étagères de nougat !

Puisque je suis ici

Bonjour, les amis ! Je suis arrivé pour faire mes achats chez Carrefour. Comme on dit, après moi, la pénurie de nougat de Montélimar.

Oh ! Il se passe que je suis en France, à Paris en fait. Bon, puisque je suis là (faute fredonner le meilleur moment d’Alice et June ici), je suppose que je pourrais peut-être passer par le Stade de France pour le concert d’Indochine ce soir. Mais, vraiment, ce serait assez pour moi.

Alors, vous êtes tous malins, et vous comprenez maintenant que je plaisantais — un peu — sur le nougat. (C’est un sujet gravement sérieux, le nougat.) Je suis en fait ici principalement pour le concert. Je n’ai pas du temps pour en faire plus — je dois reprendre ma fille lundi. C’était une décision très difficile à prendre, mais le choix cette année n’était pas entre le concert et une semaine entière. C’était plutôt entre le concert et rien.

Je veux être CLAIR sur quelque chose : je ne suis pas du tout devenu le genre d’étranger qui est tombé amoureux de Paris et rien d’autre. Si j’avais encore une semaine, je n’aurais passé qu’un jour à Paris pour entrer et sortir — j’irais plutôt à Lille. Ou Lyon. Ou Caen. Ou Quimper — comme je suis tombé amoureux de Quimper ! Ou faire le tour révolutionnaire en Gironde et en Vendée. Je ne veux offenser aucune de mes connaissances en oubliant leur ville !

Alors pourquoi tout ça pour un concert ? Car ce n’est pas la première fois où un groupe que j’adore fête son 40e anniversaire. La dernière fois, c’était Rush et dès que cette tournée-là est terminée, ils ont pris leur retraite. Plus tard, il s’est avéré que leur batteur avait un cancer du cerveau. Il est mort en janvier 2020, et il me manque tous les jours. J’ai peur de rater Nico comme j’ai raté la dernière tournée de Rush, comme j’ai complètement raté Genesis et The Police.

Mais en plus, ce concert sera l’un des plus grands de tous les temps. Selon les statistiques :

  • Plus de 97 000 spectateurs
  • Un écran vidéo de plus de 2 500 m^2, le plus grand jamais utilisé pour un concert
  • Une tour qui fait 45 mètres de hauteur au milieu du stade
  • Une scène de 850 m^2

Je n’ai jamais fait partie d’un concert dans n’importe quel stade pendant ma vie entière. Les plus grands pour moi sont Fleetwood Mac et Rush à Los Angeles, avec peut-être 13 000 spectateurs. Même si Indochine ne prend pas sa retraite, je ne répéterai jamais cette exercice. Mais je voulais, juste une fois, vivre un tel moment avec les gens que j’aime le plus au monde.

Le boucher de Nantes

Quand j’écris les posts « Je découvre », j’essaie de présenter les départements selon leurs meilleures qualités. Mais l’histoire a aussi des ombres, et aujourd’hui, on parle d’un chapitre malheureux de l’histoire nantaise. Cette fois, je parle d’une histoire dont j’ai entendu parler d’un ami il y a longtemps, l’histoire de Jean-Baptiste Carrier et les noyades de Nantes. Je suis ici la narration du site France Pittoresque et de Wikipédia.

Les noyades de Nantes par Joseph Aubert, Photo par Musée d’art et d’histoire de Cholet, Domaine public

Je vous ai dit en Gironde que les deux départements que tout le monde connaissent aux États-Unis sont la Gironde et la Vendée, à cause de leurs rôles pendant la Révolution. On parle des révoltes vendéennes, mais cet épisode est un moment de la Terreur qui est peu connu chez moi car il s’est passé en dehors de Paris. (L’histoire de la Terreur aux États-Unis est plus ou moins : les États-Généraux arrêtent le roi, la Montagne devient de plus en plus sanguinaire, Marie-Antoinette mange de la brioche, M. Robespierre prend la parole, puis tout le monde est guillotiné, le homard Thermidor est créé et le mot « tricoteuse » entre la langue anglaise à cause du livre « Le Conte de deux cités » par Charles Dickens. On passe directement à Waterloo pour reprendre ce qui compte, la glorieuse histoire anglophone.)

D’abord, on doit établir pourquoi Carrier voulait tuer des prêtres en plus que les rebelles vendéennes. C’est à cause de la Constitution civile du clergé de 1790, selon laquelle il fallait que les prêtres abandonnent l’Église catholique pour une nouvelle Église constitutionnelle. Les prêtres qui ont refusé étaient labellisés réfractaires ; c’est-à-dire des ennemis de la Révolution et du pouvoir séculaire.

Les rebelles vendéennes ont formé une armée catholique et royale ; les prêtres étaient donc pire que juste des hérétiques qui n’étaient pas d’accord avec les révolutionnaires — ils étaient les symboles d’une cause opposée. En octobre 1793, le Comité révolutionnaire de Nantes a rendu 90 prêtres sur un bateau ancré dans la Loire, pour servir en tant que prison. Mais Carrier est arrivé pour se charger des affaires et il veut écraser complètement la révolte. Il décide donc de les tuer tous. Mais sans un procès, il ne veut pas de témoins, alors il ne dit pas au commandant du bateau qu’il va noyer les prêtres. Il leur dit qu’ils seront transférés à un autre prison.

Mais son adjutant, Lamberty, demande aux prêtres de lui rendre leurs objets de valeur. Puis, les prêtres sont attachés deux par deux et mis dans une gabare avec des trou en bas. Selon France Pittoresque :

L’eau envahit la cale, où les prêtres, commençant à se rendre compte qu’ils vont bientôt rencontrer le Créateur, se mettent à hurler de désespoir, à supplier pour qu’on leur porte secours. Un des bourreaux a l’idée de leur faire une bonne blague, il grimpe sur le chaland en train de couler pour faire semblant de vider l’eau au moyen d’une poêle à châtaignes percée de trous. Que c’est amusant ! Mais les prêtres, qui ont déjà de l’eau à mi-cuisse, ne goûtent pas la plaisanterie.

Mais c’est une façon efficace de tuer un grand nombre d’hommes en même temps. Carrier, qui a un sens de l’humour vraiment macabre, appelle ça « la déportation verticale » dans la « baignoire nationale » ; c’est-à-dire, la Loire. Il profite tellement de cette expérience qu’il a fait noyé entre 1 800 et 4 800 victimes — les historiens ne sont pas d’accord sur un chiffre exact.

En plus des noyades, Carrier a ordonné des fusillades qui ont tués environ 3 000 prisonniers, dont des civils, des femmes, et des enfants. Carrier est un homme impitoyable ; selon Wikipédia :

Francastel, Tréhouart et Prieur de la Marne, membre du comité de salut public, sont dénoncés par Jean-Baptiste Carrier pour leur modérantisme. Il exhortait à la répression la plus féroce : « Il vous est ordonné, écrit-il au général Haxo, d’incendier toutes les maisons des rebelles, d’en massacrer tous les habitants et d’en enlever toutes les subsistances ».

Carrier fait partie de la chute de M. Robespierre. Mais après l’acquittement d’une centaine de nantais, il y a de nombreux témoins contre lui et il est mis en accusation. Il est un criminel sans doute, mais peut-être qu’il n’avait complètement tort quand il a dit :

« Tout est coupable ici, jusqu’à la sonnette du président. Vous serez tous enveloppés dans une proscription inévitable »

Il est guillotiné le 16 décembre 1794, mettant fin à la Terreur de Nantes.

Je m’en vais

Je n’en peux plus.

Vous savez tous que je suis 100 % accro au nougat de Montélimar. J’en ai acheté à Paris l’année dernière, puis j’ai écrit sur la Drôme, d’où il vient. Mais le stock de nougat tendre chez myPanier est en rupture depuis février, et il s’est avéré que je n’aime pas le nougat dur. J’en ai trouvé un peu en avril quand j’ai commandé le chocolat en forme de couteau suisse, mais Yummy Bazaar coûte beaucoup trop cher pour être la bonne source.

Connaissez-vous les contes de C.S. Lewis sur le pays de Narnia, surtout Le Lion, la Sorcière blanche et l’Armoire magique ? Dans ce livre, il y a un garçon, Edmund, qui trahit sa famille et les narniens pour une boîte de loukoum. Moi, j’ai toujours trouvé cette histoire trop ridicule. Le problème n’est pas vendre sa famille et tous ses amis à une sorcière. C’est pas grand-chose. Mais pour du loukoum ? Non, c’est à rire. En revanche, pour du nougat de Montélimar ? Ça, je pourrais comprendre.

Alors, je vais régler cette situation à tout prix bientôt. Le nougat me manque, et je suis prêt à faire une vraie connerie pour en avoir plus. Demain, je vais vous raconter une dernière histoire nantaise avant notre dîner départemental. Mais après, vous allez voir à quel point je souffrira pour avoir la meilleure chose au monde, le nougat de Montélimar.

(N’imaginez pas que j’ai perdu la tête. Il y a toujours de la méthode derrière mes folies.)

Mes erreurs de géographie

Pendant la vie de ce blog, j’ai fait — et je continue de faire — quelques erreurs géographiques. Parfois, je peux au moins plaider que mes sources m’ont trompé. Il y avait le temps où j’ai pensé que la Cité du Chocolat était en Ardèche — car leur site de tourisme l’a mentionnée. Il y avait le temps où j’ai mis le ZooParc de Beauval en Indre-et-Loire, car le Guide Vert m’a dit que c’était proche du Château de Chenonceau, et je n’ai pas remarqué que le code postal l’a mis dans le Loir-et-Cher. Je fais ATTENTION maintenant aux codes postals de chacun des trucs dans mes articles.

Mais cette semaine, je me suis VRAIMENT banané dans mon article sur la Loire-Atlantique. Quelques minutes après avoir partagé l’article, j’ai reçu des commentaires des amis sur Facebook : « Comment es-tu arrivé à oublier que Louis de Funès y est enterré ? » Et ils avaient complètement raison. Ça ne sert à rien de dire que je me souviens seulement du fait qu’il est né à Courbevoie, car il l’a mentionné dans Le gendarme et les gendarmettes (et c’est un vrai fait biographique) :

Une commentatrice m’a gentiment suggéré que c’était pas ma faute, mais après plus de 30 films de ce monsieur, il faut demander quel genre de fan je suis !

Mais je peux UN PEU plaider la même chose sur mes sources. Quand je fais mes recherches sur les personnages connus, j’ai toujours deux sources. D’abord, je garde un tableur avec une ligne pour chaque département. Si j’entends parler de quelqu’un avant d’arriver dans leur département, je me laisse une note. L’autre chose, c’est que Wikipédia — avec un accent, je parle SEULEMENT de la version française — a toujours un titre « Personnalités liées au département ». On trouve souvent la même chose pour les communes les plus grandes. Je vérifie toujours les pages des dix communes les plus grandes en plus de la page départementale. D’habitude, je recherche environ deux cents personnes pour ce paragraphe !

Voilà la page du département sur Wikipédia. Il y a un lien vers une autre page, Liste de personnalités nées à Nantes. Louis de Funès n’y est pas né, alors pas surprenant qu’il n’est pas là. Mais sur la page de Nantes lui-même, on trouve un lien vers une autre page, Liste de personnalités liées à Nantes dont « Les Nantais d’adoption ». Mais de Funès vivait juste en dehors de Nantes, au Cellie, alors il n’apparaît pas non plus dans cette dernière liste. Et Le Cellier n’est pas l’une des communes les plus grandes du département.

Je n’ai aucune idée où est enterré Roger Moore, mon James Bond préféré. Même chose pour G.K. Chesterton, mon auteur préféré. Mais Louis de Funès a changé ma vie plus que n’importe qui, alors même si mes amis me taquinaient, ils ont quand même raison.

Bienvenue au Canard, Mme Borne

La nouvelle la plus importante de la semaine, c’est quelque chose qui ressemble un peu à la sélection d’un Pape. Le conclave — en ce cas, M. le Président tout seul — débat pendant quelques semaines, les médias font des spéculations à la télé, puis un peu de fumée sort de la chapelle Sixtine l’Élysée et hop ! Habemus première ministre ! Personne ne peut dire qu’Élisabeth Borne ait reçu autre chose que l’accueil chaleureux réservé à… (je vérifie mes notes)… exactement personne dans cette affaire.

Il y a un autre dessin qui l’appelle un robot dessiné selon « l’algorithme Macronien ». Franchement, j’admire ça. C’est de l’égalité. Mais je dois avouer que j’étais bien surpris par le choix. Elle n’a reçu aucune mention dans le Canard la semaine dernière, et seulement 3 dans les deux numéros précédents.

Mais Le Canard a un cadeau pour moi :

Voyez-vous ? Il n’y a absolument aucune différence entre les attitudes des deux dessins ! J’ai été bien surpris d’apprendre qu’il y avait un fait derrière celui-ci. Selon actu.fr :

Dans une interview accordée au Parisien, l’ex locataire de Matignon a déjà indiqué qu’il retournerait dans ses Pyrénées (il était maire de Prades, dans les Pyrénées orientales) et qu’il profiterait de vacances en famille. « Il faut que je repeigne mes volets et ma rambarde qui ont pris un coup pendant deux ans », a-t-il indiqué.

Actu.fr

Il y a deux autres nouvelles controversées cette semaine. D’abord, il y avait le concours Eurovision. Saviez-vous que même nos journaux le couvre en direct ? Voilà le site du New York Times. De toute façon, je dirais que beaucoup de mes amis ne sont pas d’accord avec les résultats, d’où vient ce dessin :

J’ai appris une nouvelle expression en lisant celui-ci. Il n’y a vraiment pas une telle chose comme un « trouillomètre ». Mais ça marche, apparement, de même façon que les mesures de bruit dans les équipements hi-fi — zéro est le maximum, et les autres nombres sont tous négatifs.

Finalement, j’ai un peu de peur de même poster celui-ci. La ville de Grenoble a décidé de ne plus interdire le « burkini ». Cette polémique est un peu difficile à comprendre aux États-Unis, car en général ici, il n’y a pas de lois contre porter des vêtements de ce genre (lien en anglais). Ce n’est pas du tout à dire que ce genre de polémique n’existe pas ici. Certains états interdisent les photos d’identité où les visages sont cachés (lien en anglais).

Je dirai simplement qu’il est impossible de dire quand c’est un choix libre.

Comme toujours, si vous avez aimé ces dessins, abonnez-vous !

Je découvre la Loire-Atlantique

On continue maintenant le Tour avec le 44, la Loire-Atlantique. C’est le département le douzième plus peuplé, et les habitants se nomment les rien-d’officielliens. Non, mais sérieusement, c’est le seul département sans un gentilé officiel, car après cet article a été publié, les habitants de l’Ain ont choisi « andinois ». Félicitations aux gars, ils auront gâché mon modèle pour nommer mes posts pour les dîners départementaux. Je les taquine car je les aime, bien sûr. Continuons.

Je pourrais dire que c’est notre premier séjour dans le Pays de la Loire. C’est ça selon le gouvernement. Mais on est d’accord que Nantes est la préfecture, non ? Voilà ce qui dit le Guide Vert, version anglaise : « Nantes est la plus grande ville en Bretagne ».

Je ne suis pas ici pour faire la polémique, mais j’ai déjà parlé de ce sujet avec un ami qui adore la Bretagne. On dirait qu’il est bien d’accord avec le Guide Vert. Avec enthousiasme. Il y a certainement des nantais qui sont aussi d’accord. Je sais que vous comprenez.

De toute façon, pourquoi pas commencer avec Nantes ? Vous venez de voir que cette ville a gagné 3 étoiles Michelin. Et pour les élèves américains d’histoire, surtout des guerres de Religion, on est arrivés dans les pages de nos manuels, le site de l’édit de Nantes. Même si le Roi Henri IV n’a vraiment pas dit « Paris vaut bien une messe », c’est la citation que l’on connaît tous sur cette époque. (Vous ne voyez pas les larmes aux yeux en ce moment ; nous sommes revenus dans la France de mes rêves.)

Il faut donc absolument commencer avec la Cathédrale de Saint-Pierre et Saint-Paul (1 étoile Michelin). Selon le Guide Vert, c’était ici où l’édit a été signé, mais selon Wikipédia, personne ne sait vraiment où ça s’est passé. Peu importe — ce qui compte est d’être immergé dans la bonne époque, et quoi de mieux que les tombeaux du Roi François II (2 étoiles) et sa fille Anne de Bretagne ? On continue avec le château des ducs de Bretagne, où Henri IV séjournait quand l’édit a été publié. De nos jours, le château abrite le Musée d’histoire de Nantes (1 étoile), qui nous parle de nombreux sujets, dont la traite Atlantique et l’esclavage, les deux Guerres mondiales, l’industrialisation, et surtout leur collection d’objets de la biscuiterie LU.. Pendant que l’on reste près du château, on visite aussi le Musée d’Arts (2 étoiles), où on trouve plus de 13 000 œuvres, dont ceux du peintre Le Pérugin. Après ça, on visite le Vieux Nantes pour le Passage Pommeraye (1 étoile), une galerie marchande couverte du XIXe siècle qui est aussi un chef d’œuvre de l’architecture néoclassique.

Mais on n’est pas fini avec Nantes ! Du Passage Pommeraye, on traverse le Quartier Graslin (1 étoile) en passant par le Palais de la Bourse, un beau vieux bâtiment du XIXe siècle — devenu une FNAC de nos jours — pour arriver sur l’Île de Nantes, au milieu de la Loire. Étant de grands fans de Laurence Manning (qui sortira bientôt un nouvel album consacré à la musique de la série Zelda), on est là pour les Machines de l’Île, des animaux géants mécaniques, dont un éléphant qui me rappelle fortement Vah Ruta du meilleur jeu de tous les temps, Breath of the Wild. (Ma fille, qui adore ce jeu autant que moi, n’est pas d’accord sur l’éléphant nantais, mais tout le monde a le droit d’avoir tort.) On va prendre une chevauchée à dos d’éléphant ! Si vous êtes plus local, essayez aussi le Musée d’Histoire naturelle (2 étoiles), mais moi, j’aimerais plutôt visiter le Musée Jules-Verne, qui raconte sa vie et abrite de nombreux souvenirs de ses livres et pièces de théâtre. J’aurais aimé vous recommander une visite chez LU ou chez BN, mais il me semble que les usines ne proposent plus de visites. On peut visiter l’ancienne usine LU, devenue un espace culturel, le Lieu Unique (quel calembour, hein !).

En dehors de Nantes, on trouve la Planète Sauvage (3 étoiles), avec 1 500 animaux, et où on peut dormir face aux tigres, mais moi, je vous laisse aux tigres. Je continue à Saint-Nazaire (1 étoile) pour voir la construction des paquebots, et la base sous-marine. Là-bas, on peut prendre un tour du sous-marin Espadon, en service de 1960 à 1985. On continue vers La Baule (2 étoiles), une station balnéaire où on va faire une balade le long de la Côte Sauvage. Puis on continue vers la Presqu’île de Guérande (1 étoile), maison de la célèbre fleur de sel. On prendra une visite guidée des marais salants.

On est presque finis. Au sud de Saint-Nazaire, on visitera le Château de Pornic. Au début du Xe siècle, c’était un simple donjon en bois construit par Alain Barbetorte. Mais les seigneurs de Rais l’a converti en château, et le plus célèbre d’entre eux est le Dracula français, Gilles de Rais. Peut-être qu’il est l’inspiration du conte La Barbe bleue de Charles Perrault. On parlera beaucoup plus de lui quand on arrive dans le Maine-et-Loire. On finit à l’est, dans la ville de Clisson, pour son ambiance Toscane et visiter le vignoble de la Loire-Atlantique, d’où vient le vin Muscadet AOP.

Qui sont les habitants de la Loire-Atlantique les plus connus ? L’ancien moi aurait peut-être dit François II ou Anne de Bretagne, mais le moi des derniers deux ans sait que c’est un personnage fictif, Lulu la Nantaise des Tontons Flingueurs. Nantes a fêté les 50 ans du film en 2013 pour cette raison. Le peintre Jean-Hilaire Belloc est né à Nantes ; il est en plus le père de l’un de mes auteurs préférés, Hilaire Belloc, ce dernier étant ami de mon auteur préféré de tous les temps, G.K. Chesterton. Aristide Briand, l’un des deux hommes les plus naïfs au monde (avec son collègue américain Frank Kellogg) est venu de Nantes aussi. L’ornithologue américain John James Audubon, né Jean-Jacques Audubon, vivait à Couëron. Parmi les vedettes du département, on trouve l’écrivain Jules Verne, le réalisateur du Tatoué, Denys de La Patellière, et la famille Lefèvre-Utile, fondateurs de la meilleure marque de biscuits au monde. Il n’est vraiment pas célèbre, mais Dominique Raimbourg, fils de Bourvil, était député de la Loire-Atlantique pendant dix ans.

Quoi manger en Loire-Atlantique ? Eh bien, j’ai ma boîte de Chamonix et je suis bien content, alors pas besoin d’autres choses. Désolé, quoi ? Les règles du blog ne me permettent pas de présenter ma boîte comme mon dîner de la Loire-Atlantique ? Même pas les Pim’s, le biscuit par excellence de mon enfance ? Oh, je sais, la Biscuiterie nantaise, ce serait mieux ? Non ? Peut-être les galettes Saint-Michel, originalement de Saint-Brévin-les-Pins ? Les biscuits de Saint-Guénolé, fabriqués à Batz-sur-Mer ? Vous voyez sûrement, on est dans la capitale des biscuits industriels français !

Bon, on y trouve plein d’autres choses — c’est toujours la France ! En plats principaux, on trouve l’alose farcie à l’oseille, un poisson indisponible chez moi farci avec une plante également indisponible ; la bardatte, un chou au lapin ; la bouilleture de la Loire, un plat d’anguilles aux champignons ; la quiche bretonne, pleine de fruits de mer ; et le filet de sandre au beurre blanc. En dessert, il y a le gâteau nantais (déjà fait avec l’Alliance Française), engorgé de rhum ; le quatre-quart, comme un gâteau au yaourt, sauf avec du beurre demi-sel ; et les françoises de Foix, un genre de chocolat fourré avec des raisins macérés dans le rhum, nommées pour l’ancienne maîtresse du Roi François Ier. Pour boire, n’oubliez pas le vin Muscadet AOP !

Épisode 9

Cette dernière semaine, quelque chose de remarquable est arrivé chez mon balado. Je ne comprends pas comment, mais j’ai maintenant un public de 101 auditeurs sans un seul abonné. Peut-être qu’ils n’existent pas, comme ce qui se passe chez certains de nos sites de rencontres. Juste avant la fin de son abonnement, on reçoit souvent des mentions j’aime des comptes qui n’existent vraiment pas. C’est une arnaque pour garder le faux espoir. Peu importe. Il y a un nouvel épisode, dont une nouvelle blague de la semaine, pour partager !

Cette semaine, nos articles sont :

Il y avait aussi mon dîner altiligérien, mais les recettes ne font pas partie du balado.

Saviez-vous qu’il y a des chapitres dans le balado ? Avec les logiciels d’Apple, Google Play, Amazon, Spotify, ou encore Stitcher, on peut sauter directement vers n’importe quel chapitre. Pas besoin de chercher la blague de la semaine 15 secondes à la fois !

La carrière francophone d’Ingrid Alberini

Il était une fois — en 2003, pour préciser — il y avait une chanteuse italienne qui a connu un succès incroyable aux États-Unis. Mais elle chantait… en français. Son nom était Ingrid Alberini, mais sur scène, elle était surnommée In-Grid. Sa chanson, « Tu es foutu », était en fait une plus grande réussite ici qu’en France. Son meilleur classement en France était #47, mais aux États-Unis, c’était #2 aux discothèques. À l’époque, cette chanson était disponible également en français et en anglais intitulé « You Promised Me. » Ce dernier est une traduction d’une parole, « Tu m’as promis ».

En fait, j’ai acheté une copie de la chanson à l’époque bien que je n’aie rien compris. Il y avait un album entier appelé Rendez-vous, et toutes les chansons étaient en français. Et oui, l’album est sorti mondialement, même aux États-Unis, de cette façon. Mais je n’exagèrerai pas ; je n’ai acheté que la seule chanson. Maintenant je vous dirais qu’elle se trompe de sa prononciation, mais je trouve sa voix toujours agréable.

In-grid continuait à sortir des albums en français jusqu’en 2010 — 5 en total. Mais elle n’a pas eu d’autres réussîtes sauf dans un pays inattendu — la Pologne, où elle avait 6 chansons classées dans leur top 10. Et 4 de ces 6 étaient en français. Les autres étaient en anglais et en italien. C’est un drôle de monde.

Pourquoi est-ce que je vous raconte cette histoire maintenant ? Eh bien, il y a quelques jours, j’écoutais Tu es foutu et j’étais curieux si elle avait connu du succès en France. Mais quand j’ai fait des recherches sur Google, j’ai découvert qu’elle a sorti une nouvelle chanson en 2020. Et c’est peut-être la chanson la plus bizarre de sa carrière. C’est intitulé « Be Italian » (Soyez italien), c’est complètement en anglais, et bien que les paroles n’aient rien à voir avec le Covid, la vidéo est toute autre chose. Il faut la voir pour la croire.

La banque de l’Inspecteur Gadget

Quand j’étais gamin, mes deux séries préférées étaient les Transformers et GI Joe. Désolé, mais la France n’avait rien à voir avec ces deux chefs d’œuvre de la télé. Mais APRÈS ces dessins animés, beaucoup de mes autres séries préférées se sont produites par la société Diffusion information communication, mieux connue par ses initiales, DIC. Les Entrechats, MASK, les Mystérieuses Cités d’Or (de laquelle on doit parler plus une autre fois), et surtout Inspecteur Gadget — tous les fruits des collaborations franco-américain-japonaises.

Depuis que j’étais un bébé, je regarde toujours les crédits des films et des émissions. C’est une question de respect pour les créateurs. Et quand je regardais les crédits de ces émissions, je remarquais les mêmes noms encore et encore : Andy Heyward, Bruno Bianchi, et Jean Chalopin. C’est M. Chalopin duquel on parle aujourd’hui.

Avant de continuer, je vais vous raconter deux renseignements biographiques. D’abord, je vous rappelle que j’ai toujours refusé de vous vendre aux réseaux de publicités, et ça continue. Bien sûr, je sais que tous mes lecteurs (et moi en plus) sont des terroristes du Mouvement Escoffieriste, mais au-delà de ça, je travaillais pendant des années dans plusieurs rôles qui traitaient de la sécurité. Je connais certains des gens qui achètent vos données. Aucun de ces gars-là méritent votre confiance.

On penserait donc que je suis grand fan des crypto-monnaies. Rien n’est plus loin de la vérité. Dans une autre vie, j’étais fondateur d’une entreprise qui utilisait les avis des expertes pour produire des modèles prédictifs des bourses. Les modèles étaient plutôt bons, mais il s’est avéré qu’on ne peut pas vendre de tels modèles. Il y a beaucoup de raisons, mais l’échec de cette entreprise était ma contribution à l’effondrement de mon mariage et je n’ai plus envie d’y travailler. Je vous dis ça pour établir que je sais un peu sur les actions et les bourses, et à mon avis, les crypto-monnaies sont des arnaques sans exception. Je ne suis pas conseiller en investissement, et surtout pas le vôtre, alors ne comptez pas sur cet article pour prendre des décisions fiscales.

Mais tout ce parler des bourses et de crypto-monnaies n’a rien à voir avec l’Inspecteur Gadget, vous dites ? C’est exactement où on doit parler de M. Chalopin. Ici, je suis une histoire en anglais publié par Bloomberg Businessweek, l’un des plus grandes sources de nouvelles financières aux États-Unis. On peut trouver certaines infos traduites en français ici sur Crypto News, mais c’est un site de propagande.

Ça fait 35 ans depuis qu’il a vendu DIC. Après ça, M. Chalopin est déménagé dans les Bahamas, où il a commencé à garder son argent dans une banque locale appelé Deltec. Les Bahamas, comme la Suisse et le Grand Caïman, sont bien connus pour leurs lois financières très strictes. Je plaisante, bien sûr, et ce n’est vraiment plus le cas chez les Suisses, mais si on veut éviter les comptables et les impôts, la Caraïbe reste l’endroit où s’installer.

Après 30 ans comme client, M. Chalopin a acheté Deltec. Il a décidé de pousser l’entreprise en servant des industries où il reste difficile d’attirer l’attention des banques traditionnelles, comme la biotechnologie. Et la crypto-monnaie. En 2017, il a rencontré Giancarlo Devasini, un ancien chirurgien plastique italien qui est devenu le PDG d’une entreprise appelée Tether.

Tether est un genre de crypto-monnaie qui dit que l’on peut échanger des Bitcoin contre des dollars américains sans vendre les Bitcoins en empruntant des Tether. L’idée est que pour chaque Tether, il y a 1 $ américain dans une banque quelque part. Mais les grandes questions : où est l’argent derrière cette promesse ? C’est dans quelles banques ? Qui l’a mis dans ces banques ?

Et la réponse, selon Bloomberg Businessweek, c’est qu’environ un quart des dollars — 15 milliards de 69 en total — restent avec Deltec, la banque de M. Chalopin. Il dit qu’il ne sait pas où est le reste de l’argent, mais que l’on peut dire au moins que sa banque a du vrai argent. Il y a des raisons pour croire que le reste de l’argent est investi dans des investissements risqués, comme des obligations d’immobiliers chinois. Pourquoi est-ce un problème ?

Disons qu’il ne dit que la vérité, qu’il y a en fait 15 milliards de dollars dans sa banque liés à Tether. Mais supposons que c’est pas vrai partout. S’il y a une chute du prix de Bitcoin, et que les prêts libellés en Tether sont annulés, il faut les payer avec les dollars derrière Tether. Ça pourrait commencer une ruée bancaire qui épuise les réserves de dollars chez la banque de l’Inspecteur Gadget. Et pour garder contre ce risque, il faut que tout le monde fait confiance à un réalisateur de dessins animés et un chirurgien plastique.