Dimanche avec M. Jupien

On reprend maintenant « Le Côté de Guermantes » (dites-donc, pourquoi est-ce que c’est « de », non « des » ? Il y a beaucoup de Guermantes.). J’aurais aimé plus avancer, mais je suis horriblement malade à ce point, et j’ai les yeux qui piquent. J’ai quand même atteint la page 21.

Le narrateur nous dit quelque chose qui me rend perplexe :

Dans la maison que nous étions venus habiter, la grande dame du fond de la cour était une duchesse, élégante et encore jeune. C’était Mme de Guermantes…

Attendez, s’agit-il de la même duchesse du premier tome, celle de qui sa mère avait dit que ce même narrateur avait été obsédé pendant les bons vieux jours à Combray ? Il ne la connaît déjà ? (Ce ne serait pas la première erreur de la Recherche. La mal-aimé Tante Léonie était parfois sa tante, parfois sa grand-tante.)

En parlant de Combray, ça manque à Françoise :

— Ah ! Combray, Combray, s’écriait-elle. (Et le ton presque chanté sur lequel elle déclamait cette invocation eût pu, chez Françoise, autant que l’arlésienne pureté de son visage, faire soupçonner une origine méridionale et que la patrie perdue qu’elle pleurait n’était qu’une patrie d’adoption… Ah ! Combray, quand est-ce que je te reverrai, pauvre terre !

Le 30 février, peut-être. Mais pour elle, j’espère que non, car ça devient sombre :

Hélas ! pauvre Combray ! peut-être que je ne te reverrai que morte, quand on me jettera comme une pierre dans le trou de la tombe.

Vous savez que vous pouvez le visiter, oui ? C’est en Eure-et-Loir. De Versailles, on est à 102 km ; oups, j’aurais dû passer par là pour voir la maison de tante Léonie. Sans déconner !

Le traducteur a inventé quelque chose de bizarre qui n’apparaît pas dans le texte français. L’original dit :

« Du bien bon monde, ces Jupien, de bien braves gens et ils le portent sur la figure. »

M. Jupien est giletier, et visite souvent l Hôtel de Guermantes. Dans la version anglaise, il dit « Julien », avec une note entre parenthèses que Françoise confonde souvent les noms avec d’autres qu’elle connaît plus. La version anglaise réunit plusieurs éditions ; peut-être que Proust avait fait ce changement dans un autre brouillon.

Moi aussi, j’ai des connaissances françaises qui m’appellent Julien pour la même raison.

M. Jupien aime taquiner Françoise, et pour sa part :

La coquetterie de la jeune fille qu’avait été Françoise affinait alors pour M. Jupien le visage ronchonneur de notre vieille cuisinière alourdie par l’âge, par la mauvaise humeur et par la chaleur du fourneau, et c’est avec un mélange charmant de réserve, de familiarité et de pudeur qu’elle adressait au giletier un gracieux salut

Le narrateur étant toujours lui-même, on n’avance pas loin sans qu’il s’en plaigne :

D’ailleurs, sans méconnaître l’utilité qu’il eut ainsi pour Françoise à titre de « médicament de transition », je dois reconnaître que Jupien ne m’avait pas plu beaucoup au premier abord… dès qu’il parlait, parfaitement bien d’ailleurs, il était plutôt froid et railleur.

J’ai l’impression qu’il ne va pas faire grande partie de ce tome, car ça arrive une page plus tard :

Son rôle dans la vie de Françoise avait vite cessé d’être indispensable. Elle avait appris à le doubler.

Quelque chose a certainement changé chez Françoise, car le parler à table tourne vers les Guermantes, et on apprend que :

« Je me demande si ce serait pas euss qui ont leur château à Guermantes, à dix lieues de Combray, alors ça doit être parent aussi à leur cousine d’Alger. (Nous nous demandâmes longtemps ma mère et moi qui pouvait être cette cousine d’Alger, mais nous comprîmes enfin que Françoise entendait par le nom d’Alger la ville d’Angers. Ce qui est lointain peut nous être plus connu que ce qui est proche. Françoise, qui savait le nom d’Alger à cause d’affreuses dattes que nous recevions au jour de l’an, ignorait celui d’Angers. Son langage, comme la langue française elle-même, et surtout la toponymie, était parsemé d’erreurs.)

Honnêtement, je doute que la Françoise du premier tome ne fasse une telle erreur. Mais avec ça, les yeux piquent trop pour lire plus loin. Ça dit, sérieusement, Marcel ? Je connais Angers depuis le lycée, même si je trompais gravement de la prononciation !

Les tartelettes Saint-Valentin aux fruits rouges

([Aujourd’hui, c’est M. Descarottes qui prend la parole. Je n’en peux plus.. — Justin])

Le gros avait un problème pour cette Saint-Valentin. Non, je veux dire encore plus que d’hab. C’est la sixième Saint-Valentin depuis le début du blog, et trois fois, il a fait des versions de son macaron Saint-Valentin (original, à partager, grand format). D’accord, beaucoup de monde le croit la plus grande réussite du blog, dont La Fille et de nombreux membres de l’OCA, mais honnêtement, c’est assez avec cette recette, au moins comme si c’était une nouveauté. Puis il y avait un échec total — non, je sais, mais je voulais dire en cuisine — et l’année dernière, pour des raisons mystérieuses, il a refait le dessert qu’il a raté pendant sa première Saint-Valentin comme marié. Cette fois, rien d’américain, ni de macaron non plus. VOILÀ :

C'est une tartelette en forme de cœur sur une assiette juste un peu plus large que la tartelette (qui fait environ 13 cm de large). Il y a une bande de framboises et de myrtilles aux bords, puis des mûres à l'intérieur, et juste un petit cercle de confiture de framboises visible au centre
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Allons les préparer !

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Ici et ma-là-de

Je n’avais pas planifié grand-chose pour aujourd’hui. J’ai six onglets du navigateur ouverts pour « Je découvre Sylvie Vartan » depuis un mois sans avancer. Je travaille toujours sur un dessert pour la Saint-Valentin ([Pour qui, exactement ? — M. Descarottes]). Puis, hier je me suis réveillé avec le nez qui coule, et j’ai su qu’aucun de ces projets n’allait trouver sa fin.

Alors, comme je m’en plains souvent à chaque fois oǔ on me pose la question de pourquoi j’ai appris le français, voici une pub que j’ai reçu sur Facebook. Ça se traduit : « L’addition ne l’impressionnera pas. Tes mots le feront. » Et en bas : « Apprends sa langue, pas juste oǔ elle aime manger. »

C'est une photo d'un couple à table dans un resto. L'homme est blanc et son dos est tourné vers l'appareil photo. On voit le visage de la femme asiatique assise face à lui.

Je crois que je comprends finalement pourquoi cette question m’embête autant. Ça fait presque 6 ans (le 29 mars approche à grands pas), presque 1,2 millions de mots, un manuscrit de 268 pages, plus de 110 films… et si c’était ça mon but, il faudrait dire que tout ça était un échec complet. Pas étonnant que je n’aime pas ce genre d’analyse.

Au moins cette pub est logique. Celle-ci est impossible. Ça dit : « Rencontre de gens qui aiment jouer aux jeux vidéo comme toi. »

Écran partagé dans la pub. À gauche, un homme tient une manette dans les mains, porte un casque audio et s'assied seul. La légende dit « Avant ».  À droit, avec la légende « Après », le même homme est assis à côté d'une jolie rousse qui porte aussi un casque audio et regarde la télé avec lui.

NOPENOPENOPE. Ce que l’on voit dans la photo est clairement une escroquerie. Ni l’homme ni la dame est en surpoids, personne n’est recouverte de poudre à Cheetos, et la chambre semble bien rangée. Je ne crois pas du tout que ce sont de vrais utilisateurs du site en question.

Dans mon supermarché hier, j’ai trouvé quelque chose d’inattendu, des biscuits « Kinderini » :

Deux paquets de Kinderini côté à côté sur une étagère.

C’est un peu drôle : jusqu’à il y a 5 ou 6 ans, il n’y avait pas de produits Kinder chez moi, car les œufs Kinder Sutprise étaient bannis (à cause des jouets jugés dangereux). Puis les œufs Kinder Joy ont apparu, qui étaient légaux, et tout à coup, Kinder commence à devenir une marque populaire ici.

Après la fin de la série Transformers aux États-Unis en 1988, nous n’avons pas reçu la suite japonaise, aussi produite dans les années 80. J’ai vu un clip cette semaine, avec un détail hilarant :

C'est un Transformer inconnu pour moi qui tient dans la main une disquette de 3,5 pouces, mais apparemment plus grande vu sa taille par rapport au robot.

Ces robots géants vivants, venant de tout autre planète, utilisaient apparemment des disquettes exactement pareilles aux nôtres de l’époque. Quelle coïncidence !

Je ne connais pas le dramaturge français Eugène Labiche, mais j’ai récemment vu cette citation très drôle — trop bon pour vérifier, comme on dit en anglais :

C'est une photo en noir et blanc de Monsieur, avec la légende : « Eugène Labiche avait une épouse si autoritaire qu'il rédigea son testament en commençant par ces mots :
- Voici mes premières volontés.»

Une dernière chose ? Un chocolatier italien, Venchi (lien en français), vient d’ouvrir une boutique à South Coast Plaza. Les chocolats coûtent environ 110 € le kg — je n’ai acheté qu’environ 120 grammes pour La Fille et moi, pour les goûter. Ils sont excellents. Mais quelle jolie boutique, hein ?

La fin du monde approche

C’est la semaine que je déteste la plus au monde, celle avant la Saint-Valentin, avec des courriels sans cesse pour me vendre des offres de dîner pour 2, ainsi que d’autres bibelots pour me faire honte à cause d’être célibataire. Mais cette année, j’ai vu quelque chose de si choquant qu’à votre place, je commencerais à paniquer à l’idée que l’Apocalypse approche de sa fin.

Mettons la scène. En 2023, je vous ai parlé de l’impôt célibataire, l’idée états-unienne que les célibataires devraient payer deux fois ce qui payent les couples, et ne pas avoir le droit de manger dans certains restos non plus. (« Mais Justin », me dites-vous, « vous détestez le mot ‘états-unien’. Que se passe-t-il ? » Ben oui, et je déteste les gens qui me prennent pour une piñata et veulent m’exclure comme ça.) À l’époque, je vous ai même montré cet exemple, de comment je suis barré du resto BOA Steakhouse à Santa Monica, car célibataire :

Je me cite pour l’expliquer :

À gauche, ça dit « Plus on est de fous, plus on rit : BOA exige 2+ personnes pour réserver une table ». À droite, même temps, même resto. Ils ne manquent pas de tables ; ils préfèrent juste les laisser vides qu’accepter des clients célibataires.

Pour info, j’ai vérifié, et ça reste le cas chez BOA. Mais Fleming’s, un concurrent de menu et de prix très similaire, fait tout autre chose cette année :

Capture d’écran

Le gros-titre dit « Réservez la Saint-Valentin 3 plats ». Le début de la phrase suivante a failli me faire une crise cardiaque. « Que vous leviez un verre soit à la romance soit à l’amitié soit juste à votre amour de la bonne nourriture et du bon vin… » Quoi ? Vous voulez me dire que pour la Saint-Valentin, je ne suis pas être obligé d’y aller en couple ? Mais ça continue : « Notre carte pour une personne met en vedette un filet et une queue de homard farcie au crabe… »

Désolé, mais quoi ? Vous voulez me dire non seulement que vous accepteriez une réservation de ma part, mais qu’il y a une carte spéciale en plus ? On est toujours aux États-Unis ? Non, pas les États-Unis mexicains, les autres. Au nord. SÉRIEUSEMENT ?

Dès que j’ai vu ce courriel, j’ai appelé un ami pour lui dire : « Je ne sais pas si je devrais pleurer de rires, car après 16 ans seul, je suis enfin accepté quelque part, ou pleurer car les restos sont évidemment sur le point de mourir. Mais il y aura des larmes en tout cas ! »

Il faut ajouter que je ne vais pas y aller. Ce menu coûte 108 $, et je ne dépense pas de telles sommes pour moi-même. Mais l’idée que ça existe tout court, c’est sincèrement choquant. Les choses doivent aller très mal pour que l’on pense à accueillir des clients célibataires. Je vais vous montrer une dernière preuve à cet égard :

Vous pouvez voir qu’il ne reste que deux places le 14 pour 1 personne, à 20h45 et à 21h. Mais nous ne sommes pas limités au bar ou à la terrasse — la capture d’écran à droit montre que je peux choisir la salle à manger, non seulement la terrasse !

Je ne sais même pas comment réagir. Tout ça me semble impossible. Je vous ai rappelé BOA pour vous montrer que ce n’est pas juste mon imagination, que les restos préféreraient laisser des tables vides plutôt que d’accepter un client célibataire. C’est sincèrement la première fois dans mes souvenirs — même avant mon mariage — où on fait de la publicité pour dire que les clients célibataires sont bienvenus. Si c’est vraiment où nous sommes, soit il n’y a plus assez de couples soit il n y a plus assez de personnes avec assez d’argent pour payer deux places.

Mais peut-être qu’il n’y a pas de crise. Peut-être que le resto veut juste sauver les femmes du Comté d’Orange des Dilbert du monde, dont moi :

C'est la BD Dilbert, qui montre l'ingénieur Dilbert et une femme à table en 3 cases. La traduction est dans l'article.

Dans la première case, Dilbert dit à la femme à table avec lui : « Personne ne veut prendre plus que la moitié de ce qui reste du dernier donut. » Dans la deuxième, il y a la chute de sa blague : « C’est pour ça que je l’appelle le donut de Zénon ! Hihi ! », référence à la paradoxe de Zénon, où on n’arrive jamais à parcourir toute une distance, car à chaque moment, il reste la moitié. Dans la dernière case, une serveuse dit « J’ai entendu un peu de ça. Tu veux changer en alcool fort ? » et madame répond « Dépêche-toi ! »

Mais nous étions tous là avant sans que ça n’arrive. Pour autant que je plaisante ici, si les restos n’ont plus envie de discriminer les célibataires, l’économie doit aller très, très mal, peu importe la raison.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Moustache de méchant

Juste à temps pour la Saint-Valentin, c’est une Langue de Molière sur un sujet très important pour moi. Malgré le fait que je ne me suis jamais une fois de ma vie laissé pousser une moustache. Trois jours sans me raser, c’en est deux de trop. Ça dit, il y a une expression que j’utilise sans cesse en anglais et que le français m’a cruellement subtilisée pendant ces 5 dernières années. Il s’agit de moustaches.

Voici un méchant que tout élève des dessins animés devrait connaître, Dick Dastardly, où comme il s’appelle en français, Satanas :

Vous reconnaissez certainement ce moustachu de nombreuses apparitions dans de telles choses que Satanas et Diabolo et Les fous du volant (une traduction très loin de l’anglais, « Courses délirantes » selon Wikipédia).

Parmi les comportements les plus connus de Satanas se trouve ce qu’il fait avec sa moustache. Afin de ne pas vous influencer vos réponses, je vais vous le montrer avant d’en parler :

Dick Dastardly, son visage en gros-plan, prend sa moustache entre son pouce et son index
Capture d’écran, ©️Hanna-Barbers et Warner Brothers Animation

Alors, voici un méchant presque identique, Snidely Whiplash, d’une série de la même époque, les années 60s, que personne d’entre vous ne connaît :

C'est un grand homme, mince, avec un visage vert, un haut-de-forme noir et des gants blancs, avec une moustache très fine qui s'étend dans l'air, et qu'il prend entre son pouce et son index
Snidely Whiplash, ©️Jay Ward et Universal Studios

Ce type vient des Aventures de Rocky et Bullwinkle ; selon Wikipédia, « Cette série est inédite dans les pays francophones. » Honnêtement, vous ne ratez pas grand-chose. L’humour est très… particulier. Mais c’est maintenant évident de quoi je parle.

Mon dictionnaire bilingue Oxford rend ce qu’il fait avec sa moustache comme « tortiller » :

Mais les résultats sur Internet sont beaucoup plus incertains que ça. On peut rechercher soit « tortille sa moustache » soit « tournoie sa moustache » soit « tourne sa moustache », et les résultats comprendront des exemples de chacun. Pire que ça, il me semble que beaucoup de ces exemples viennent de la traduction automatique, car ils se trouvent sur des sites qui vendent des ressources de stock, dont des photos (tourne, tournoyant, tortille). Ça dit, j’ai trouvé plus d’exemples pour « tortiller » que pour les autres dans des sources fiables :

A ce dernier nom, le petit vieux tortille sa moustache joyeusement :

Souvenirs de la vie de plaisir sous le second Empire, Gaston Jollivet

Et comme elle n’avait plus de travail, elle avait tricoté un gros cache-nez pour le Père Noël, qui avait été très ému et avait tortillé sa moustache en grommelant.

On a détourné l’avion du Père Noël, André Laude dans Le Monde

Le poète tortille sa moustache, et sa jambe suspendue bat la mesure.

Le Vingneron dans sa vigne, Jules Renard

Meme avec ces infos, il y a un problème : chacune de ces références a plus de 50 ans, et deux ont 100 ans. J’ai donc l’impression qu’il ne s’agit plus de la langue courante. Et aucune des trois ne traite d’un méchant.

Je dirais que j’ai l’impression que cette métaphore pour un méchant, qui fait son entrée en jouant avec sa moustache, n’est pas aussi commune en France qu’aux États-Unis. Et là, j’ai une théorie. Voici encore une fois l’un de mes acteurs préférés dans de seconds rôles, Noël Roquevert :

M. Roquevert à ses 52 ans, avec un chapeau Borsalino et une moustache fine et noire
Noël Roquevert, Photo par Studio Harcourt, Domaine public

Plus récemment, il y a Pierre Niney :

Pierre Niney, Photo par Georges Biard, CC BY-SA 3.0

Ce genre de moustache fine est beaucoup plus à la mode en France, et c’est le cas depuis longtemps — il y a plus de 60 ans entre ces photos d’acteurs. Ce n’est pas donc le genre de moustache lié aux méchants.

Mais ça me pose un problème. Ça fait plus de 15 ans où je me décris comme un « mustache-twirling villain », c’est-à-dire un méchant selon le modèle de Messrs Satanas et Whiplash. Et il me semble que ça ne marche pas très bien en français. Que faire ?

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine avec une question intéressante posée par La Fille.

Les madeleines à la framboise et au chocolat

Il y a une semaine, j’ai acheté plusieurs boîtes de framboises, car il y avait une solde chez Ralphs. Je ne savais pas ce que j’allais faire avec, mais je les avais sous la main. Puis, j’ai dit à La Fille : « Je ne sais toujours pas quoi faire pour les prochaines madeleines de Proust. » Et elle m’a répondu : « À la framboise, évidemment. » J’ai dû penser à comment faire ça sans ajouter trop de liquide à la pâte. Mais entre ça et mon obsession chocolat-framboise, voici, à mon avis, les meilleures madeleines du blog :

Assiette de madeleines en gros-plan afin de voir les morceaux de framboise et les pépites de chocolat visibles sous la surface de chaque madeleine
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Allons les préparer !

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Saison 4, Épisode 45 — Du Sang et Des Grillons

Ça fait belle lurette, mais c’est le retour des Bonnes Nouvelles cette semaine. Pas comme d’habitude ces derniers mois, il y a 3 articles au lieu de 2 dans l’enregistrement, pour une longueur plus proche de mes 22 minutes souhaitées.

Je suis ravi encore une fois d’avoir complètement raté le Bol Moyen, ou comme on le connaît ailleurs, le Super Bowl. Je n’aurai rien d’autre à dire, mais mon souhait pour la NFL, ses sponsors et ses joueurs reste celui du documentaire The Dark Knight Rises.

La Fille et moi étions avec mes parents hier pour fêter leur 52e anniversaire. Nous sommes allés dans un resto dont le propriétaire est un ancien joueur de hockey sur glace finlandais, qui a fait sa carrière aux États-Unis, Teemu Selanne. Le resto s’appelle Selanne Steak Tavern (lien en anglais), mais n’a rien de finlandais sur la carte. (Dommage, je goûterais quelque chose.) J’ai pris quelques photos :

Voici la carte :

Carte de Selanne Steak Tavern -- des steaks, 3 choix de poissons, et une dizaine d'accompagnements typiquement américains, dont des frites, des haricots verts et des macaronis au fromage

Et la nourriture elle-même. La Fille a insisté que j’éteigne le flash après la première photo, alors mes excuses pour la lumière :

Honnêtement, le steak est pas mal, mais je préfère le Capital Grill, le resto de mes anniversaires.

Comme je l’ai dit samedi, je suis allé à la soirée de jeux de l’OCA avec non seulement une galette des rois au citron mais 6 de mes nouvelles madeleines. Mais le croiriez-vous ? J’ai dû partir avant la pause pour le dessert, pour chercher La Fille, alors je ne sais pas ce que les autres ont pensé de ces deux nouveautés ! Et en parlant de La Fille, il s’est avéré que j’avais assez de restes de la pâte feuilletée et de la garniture pour lui préparer une galette de 15 cm. Alors elle pouvait finalement goûter la galette au citron. Son jugement ? « Tu as eu toute la plus grande galette ? JE VOUS DÉTESTE ! » (On change entre le tutoiement et le vouvoiement sans cesse.)

Toujours ravi d’être apprécié, je vous dis.

On se lance maintenant dans ma semaine la moins préférée de l’année entière. Si mes parents ont encore une fois l’idée de m’inviter au resto le 14 « afin que tu ne sois pas seul », je vous promets, vous pourrez entendre les cris de mon côté en France. Et je veux dire l’Hexagone, pas Clipperton.

Notre blague traite d’une brûlure. Nos articles sont :

Les Bonnes Nouvelles — finalement ! — traitent d’un héros lorrain de l’incendie de Crans-Montana. Les gros-titres sont Ail, Délit et Saint-Valentin.

Sur le blog, il y a aussi Train à négligeable vitesse, l’histoire de la SNCF en Californie, Libellé, la récompense de mes recherches pour Langue de Californie, et Ici et là, des nouvelles personnelles.

Si vous aimez cette balado, abonnez-vous sur AppleGoogle PlayAmazonSpotify, ou encore Deezer. J’apprécie aussi les notes et les avis laissés sur ces sites. Et le saviez-vous ? Vous pouvez laisser des commentaires audio sur Spotify for Podcasters, qui abrite la balado. Bonne écoute !

Dimanche avec les Guermantes

Nous voilà, dans le troisième tome de la Recherche, « Le Côté de Guermantes », ou comme dit ma traduction en anglais « The Guermantes’ Way ». Voici le pavé :

The Guermantes Way en traduction anglaise, avec une photo de Proust assis.

Chaque tome est plus gros que celui d’avant : on est passés de 606 pages à 730, et maintenant à 818 pages. OMD. Si je croyais déjà que c’était une farce de la part de mon frère, ça ne fait rien pour changer mon avis !

Ça dit, on a les meilleures madeleines pour aller avec. Voici mes madeleines à la framboise et au chocolat. Vous aurez la recette mardi — ce sont 100 % à moi, et La Fille et moi sommes d’accord — ce sont une tuerie.

16 madeleines avec des pépites de chocolat et des morceaux de framboise partout. Elles sont arrangées en 4 rangs de 4 chacun, où la moitié ont la bosse en haut, et l'autre moitié, le côté coquillage.

Je ne suis pas avancé loin cette fois, car entre le bal de La Fille et mon propre événement, j’avais d’autres chats à fouetter. Mais pour vous, je ne pouvais pas tout plaquer.

Le pépiement matinal des oiseaux semblait insipide à Françoise.

Tout au début, on sait qui va jouer un rôle important dans ce tome.

Chaque parole des « bonnes » la faisait sursauter ; incommodée par tous leurs pas, elle s’interrogeait sur eux ; c’est que nous avions déménagé.

Ah, on a quelque chose en commun ! Moi aussi ! Cependant, il n’y a pas de domestiques chez moi.

Or, il est temps de dire que celle-ci — et nous étions venus y habiter parce que ma grand’mère ne se portant pas très bien, raison que nous nous étions gardés de lui donner, avait besoin d’un air plus pur — était un appartement qui dépendait de l’hôtel de Guermantes.

Ah, déménager chez une famille noble, ça nous n’avons pas en commun. J’ai tout genre de question en le lisant — pour une chose, j’avais l’impression que l’ancienne maison familiale à Combray était plutôt grande. Parle-t-on donc d’un appartement comme le mien, d’environ 100 mètres carrés ? Y a-t-il beaucoup d’autres colocataires ? Les Guermantes, ont-ils besoin de l’argent ?

Le narrateur ne va pas déranger Mme de Guermantes, non ? J’espère que non. Je me souviens que :

La mère du narrateur lui dit qu’il est obsédé par Mme de Guermantes — un fait inconnu à ceux qui ont lu les 240 premières pages — alors il faudra assister au mariage de la fille du docteur du village, car elle sera là.

Dimanche avec Mme de Guermantes

Ettttttttttttt… punaise :

Parfois, cachée au fond de son nom, la fée se transforme au gré de la vie de notre imagination qui la nourrit ; c’est ainsi que l’atmosphère où Mme de Guermantes existait en moi, après n’avoir été pendant des années que le reflet d’un verre de lanterne magique et d’un vitrail d’église, commençait à éteindre ses couleurs, quand des rêves tout autres l’imprégnèrent de l’écumeuse humidité des torrents.

Dites-donc, on vient de passer un tome entier sans parler de madame, car on avait entendu parler que Mme de Villeparisis était une cousine, et Saint-Loup et le baron de Charlus aussi, mais sûrement le mariage, il ne s’agissait pas d’une idée fixe, non ? Etttttttttt… non :

le nom de Guermantes ayant repris pour un instant après tant d’années le son, si différent de celui d’aujourd’hui, qu’il avait pour moi le jour du mariage de Mlle Percepied

Super. Au moins il ne s’agit pas d’une obsession malsaine depuis sa plus jeune enfance. Etttttttt :

Sans doute quelque forme se découpait à mes yeux en ce nom de Guermantes, quand ma nourrice… me berçait de cette vieille chanson : Gloire à la Marquise de Guermantes

Ah bon, alors il s’agit de cette obsession infantile et n’a rien à voir avec Balbec. Etttt :

Mais cette dernière demeure s’était elle-même évanouie quand nous étions venus habiter tout près de Mme de Villeparisis un des appartements voisins de celui de Mme de Guermantes dans une aile de son hôtel. 

Je suis tout perplexe pour l’instant. Mais on va reprendre ses obsessions la prochaine fois. Quoi, comme si cette histoire traite d’autre chose !

Ici et là

Ce soir, La Fille fera quelque chose que je n’ai jamais fait en deuxième. Ou comme on l’appelle aux États-Unis, dixième (lien en anglais). Elle va assister à un bal scolaire, avec des amies. Moi, je ne l’ai jamais fait qu’en 1ère — et je n’aurais jamais dû y aller. Je soupçonne que j’ai mentionné ça avant, mais je n’arrive pas à le trouver dans les archives. Alors :

Il y a au moins deux bals scolaires importants aux lycées américaines chaque année, celui en automne, dit « Homecoming » (Retour à la maison) et celui au printemps, « Promenade ». Pour des raisons qui m’échappent, en 1ère, je suis allé à Homecoming sans personne pour sortir avec. Des garçons — j’hésite à dire copains de classe, car je ne les considérais pas comme des amis — ont décidé de faire une farce contre moi et une fille qui était là. Ils ont dit au disc jockey d’annoncer une chanson dédiée à « Justin et C ». Jusqu’à nos jours, j’ai du mal à dire qui ils voulaient humilier le plus — elle était plutôt grosse, et moi… 6 rejets en 6 essais au fil des années lycéennes. Nous sommes quand même sortis sur la piste de danse ensemble pour ne pas les laisser gagner.

Il ne me dérange pas que La Fille va avec des amies plutôt qu’un garçon. Mais elle est certainement malheureuse à cause du fait qu’aucun garçon ne lui a pas demandé de sortir ensemble. D’autre part, je n’ai pas entendu parler d’un garçon où je serais heureux de le voir. Tout ça aura lieu dans une salle louée par le lycée, et il y aura plein de profs là en tant que chaperons.

Alors qu’elle sera là, je sera à une soirée de jeux de l’OCA. J’apporterai une galette au citron et peut-être les prochaines madeleines de Dimanche avec Marcel. Il y aura 12 personnes, et la galette, même à 23 cm, n’est pas assez pour 12 personnes. C’est quoi le prochain parfum de madeleines ? Il faudra attendre jusqu’à dimanche pour en savoir plus !

J’ai essayé de rechercher M. Descarottes sur Google il y a deux jours. Même avec des guillemets, ça ne marche pas bien, car Google « sait » que je veux vraiment rechercher juste le mot « carottes » et jeter le « M. ». Avec le mot entier, j’ai toujours eu de mauvais résultats, mais un sommaire intéressant venant de l’IA :

« Monsieur Descarottes » (parfois orthographié « Des Carottes ») est un personnage ironique et cynique mentionné dans le contexte du blog de Justin Busch. e
• Contexte : Il fait partie des personnages cités dans les écrits de ce blog, connu pour son ton cynique.
• Orthographe : Une hésitation est mentionnée sur l'orthographe du nom :
Descarottes ou Des Carottes.
Il s'agit d'un personnage de fiction ou de chronique, et non d'une figure publique largement connue en dehors de ce contexte spécifique.

Mais « un personnage de fiction » ? Espèce d’ordi, il était bien réel et j’ai les factures de vétérinaire pour le prouver ! Ça dit, il faudrait ajouter que Bernard a eu de meilleurs résultats avec ChatGPT.

Je suis bien au courant qu’il fait entre 6 et 12 degrés partout en France en ce moment, alors je dois partager deux captures d’écran de mon appli Météo, prises mercredi :

Il y a un marché à conclure si on veut traiter avec mon ex pendant jusqu’en mi-2028. J’échangerai de place sans plainte n’importe où en France, et vos févriers peuvent ressembler à ça !

Je commence à recevoir un nouveau genre de SMS inquiétant :

Ça dit « Justin Busch, hé, ça fait belle lurette ! Comment vas-tu ? » Je ne connais pas le numéro, et je ne connais personne dans le Connecticut (l’endroit lié au code 860). Mais les arnaqueurs deviennent évidemment plus sophistiqués, avec des données personnelles.

Dimanche, le Bol Moyen — désolé, Super Bowl — aura lieu. Le saviez-vous ? C’est illégal de le mentionner aux États-Unis si vous n’avez pas payé la NFL pour le droit, alors les publicitaires disent tous « The Big Game », Le Grand Match. Mais selon ce cabinet d’avocats (lien en anglais), la ligue ne peut rien faire contre moi pour le mentionner, car c’est toujours légal de faire des commentaires. Alors voici le mien : je m’en fous du Super Bowl et lirai du Proust à sa place !

Libellé

J’ai un épilogue malheureux pour mes recherches sur la mystérieuse sauterelle du gouverneur californien. D’une part, je suis peu enclin à l’aider quand les gros titres se moquent de lui, comme celui-ci :

Gros titre du New York Post qui dit en anglais : Gavin Newsom attacks Trump’s wildfire rebuild order in bizarre rant: ‘Piss on the grasshoppers to hear them sing’
Capture d’écran

En français, ça dit :

Gavin Newsom s’en prend à l’ordre de reconstruction des zones incendiées de Trump dans un discours décousu : « Pisser sur les sauterelles pour les entendre chanter. » [Traduction de Google ; je me sentais paresseux]

D’autre part, j’ai fait mes devoirs et je sais que c’est injuste à dire que c’était un « discours décousu », ou comme beaucoup d’internautes ont dit, un mensonge de sa part. Et je dois vous dire avant de continuer que ce type ne me rendrait JAMAIS le service — il a trompé son meilleur ami avec la femme de ce dernier quand il était maire de San Francisco et l’ami était le gérant de sa campagne pour un second mandat ! Mais je crois quand même à défendre la vérité, et la vérité est qu’il était maladroit mais pas menteur (cette fois).

Alors, même avant d’écrire mon post pour le blog, j’ai écrit un tweet avec une capture d’écran de ma découverte sur Wikipédia, et j’ai répondu à plusieurs comptes avec une copie dudit tweet. Par exemple, en réponse à cette expatriée française qui dit en anglais que « C’est probablement du dialecte de The French Laundry. Nous les autochtones français n’ont jamais entendu parler de cette plaisanterie. » :

Cependant, même deux jours plus tard, personne ne m’a répondu. Et je sais pourquoi. Pour me récompenser, j’ai reçu la notification suivante de Twitter :

Nous avons ajouté à votre compte un libellé temporaire susceptible d'impacter sa visibilité. En savoir plus ici.

J’ai donc cliqué sur ici pour en savoir plus. Voici l’explication :

Pourquoi mon compte comporte-t-il un libellé ?
La transparence est très importante sur X. C'est la raison pour laquelle nous vous informons que nous avons constaté que votre compte contient potentiellement des spams ou qu'il est impliqué dans d'autres formes de comportements inauthentiques. Il est interdit de se livrer à des comportements qui manipulent X ou impactent de manière artificielle la découverte et l'amplification des contenus.

Et en plus :

Qu'est-ce que cela signifie pour mon compte ?
La visibilité de votre compte peut être limitée et l'accès à son contenu peut aussi être temporairement restreint. Il peut, par exemple, être exclu des tendances, des réponses et des notifications de recommandations. Vous trouverez plus d'informations au sujet de cet impact temporaire sur votre compte ici. Nos systèmes automatisés font parfois des erreurs et nous travaillons à leur amélioration.

J’ai cliqué sur les liens internes visibles dans ces captures d’écran, et il s’avère que je ne peux rien contester, car mon compte n’a pas été suspendu.

Je suis déçu, car l’une de mes réponses était au journal d’où est venue la capture d’écran en haut. J’aurais aimé au moins l’expliquer au journaliste, même s’il n’y avait pas de correction. J’aurais aussi aimé le discuter avec les bilingues qui ont fait partie de ce fil — qu’ils acceptent mes recherches ou pas, j’aurais au moins aimé entendre leurs raisons. La seule personne qui m’a répondu du, avant que je n’ai posté les copies qui ont produit ce résultat, m’a dit qu’à son avis, M. Newsom se trompait de « pisser dans un violon ». Mais ça me semble peu probable, car il a aussi dit « chanter », et ça ne fait partie que de l’expression du Sud-Ouest, même s’il s’est trompé d’insecte.

À vrai dire, Twitter ne sert plus à rien de mon point de vue. Il n’y a eu que 144 clics pour visiter ce blog pendant tout 2025 venant de ce site-là. Je suis là pour ne pas perdre quelques connaissances. Mais évidemment, inutile de m’y engager, car il cache déjà tous mes posts qui partagent des liens, raison pour laquelle j’ai créé le compte !

Mais sincèrement, c’est dommage. Je croyais que j’avais quelque chose à ajouter à cette nouvelle.