Dimanche avec Mme de Marsantes

On reprend maintenant « Le Côté de Guermantes ». Cette fois, j’ai avancé de 20 pages.

Pouvons-nous dire que Proust a fait une blague belge ? (À vrai dire, même 6 ans après le début, je ne sais toujours pas s’il s’agit d’une blague sur les Belges ou par les Belges.)

— Vous parliez des Sept Princesses, duchesse, vous savez (je n’en suis pas plus fier pour ça) que l’auteur de ce… comment dirai-je, de ce factum, est un de mes compatriotes, dit M. d’Argencourt… Oui, il est belge de son état, ajouta-t-il.

La mère de Robert de Saint-Loup, Mme de Marsantes, rejoint enfin cette soirée sans fin. Elle est la sœur du duc de Guermantes, alors la belle-sœur de la duchesse qui rend si fou le narrateur. Elle n’est donc pas lié par sang à Mme de Villeparisis, la hôtesse (les personnages se multiplient sans cesse). Alors que le narrateur nous dit qu’elle est une personne exceptionnelle, on n’a pas besoin d’attendre les 10 pages habituelles pour le rebondissement :

Mme de Marsantes était considérée dans le faubourg Saint-Germain comme un être supérieur, d’une bonté, d’une résignation angéliques…

Mme de Marsantes agaçait un peu dans la conversation parce que, chaque fois qu’il s’agissait d’un roturier, par exemple de Bergotte, d’Elstir, elle disait en détachant le mot, en le faisant valoir, et en le psalmodiant sur deux tons différents en une modulation qui était particulière aux Guermantes : « J’ai eu l’honneur, le grand hon-neur de rencontrer Monsieur Bergotte… » soit pour faire admirer son humilité, soit par le même goût qu’avait M. de Guermantes de revenir aux formes désuètes…

Je ne sais pas vous, cher lecteur — oups, mauvais blog ! — mais la fausse humilité ne m’impressionne pas trop. Il me semble que c’est donc avec le plus grand sarcasme qu’il nous dit que :

la pureté d’un sang où depuis plusieurs générations on ne rencontrait que ce qu’il y a de plus grand dans l’histoire de France avait ôté à sa manière d’être tout ce que les gens du peuple appellent « des manières » et lui avait donné la parfaite simplicité.

Si seulement « Les Aventures du docteur McNinja » (lien en français !) était toujours en ligne — j’aurais le dessin parfait pour ce moment.

On ne peut pas s’échapper à l’affaire Dreyfus, qui revient encore une fois. Mme de Villeparisis prévient à la duchesse que Mme Swann viendra bientôt, signe pour elle qu’il est temps de partir. On apprend que Mme Swann est particulièrement anti-Dreyfus, « craignant que les origines de son mari ne se tournassent contre elle ». Pour sa part, Mme de Marsantes dit à la duchesse de Guermantes que : « Je ne fréquenterai plus personne de cette nation. »

On apprend aussi que parmi les qualités de Mme de Marsantes :

Chaque fois que le duc avait délaissé trop ouvertement sa femme, Mme de Marsantes avait pris avec éclat contre son propre frère le parti de sa belle-sœur.

Il y a un moment gênant où la duchesse doit s’asseoir à côté du narrateur. Si les mots étaient des glaçons…

Nous nous tûmes tous deux.

— Je vous aperçois quelquefois le matin, me dit-elle comme si ce fût une nouvelle qu’elle m’eût apprise, et comme si moi je ne la voyais pas. Ça fait beaucoup de bien à la santé.

Puis la soirée est gâchée par l’arrivée de l’une de ces personnes :

On vint annoncer que le prince de Faffenheim-Munsterburg-Weinigen faisait dire à M. de Norpois qu’il était là.

Le prince n’est pas alsacien, mais du Saint-Empire. Malgré ça, il est là pour demander à M. de Norpois de l’aider à être élu à l’Académie des Sciences morales et politiques. Il s’avère qu’il « avait fait avoir à M. de Norpois le cordon de Saint-André. » Cependant, cet honneur ne produit pas le résultat souhaité ; de Norpois lui dit :

Tant que les idées de mes collègues resteront aussi arriérées, j’estime que la sagesse est de s’abstenir.

C’est ça la diplomatie.

On apprend qu’en fait, la raison pour laquelle le prince est venu est qu’il y a tout un jeu d’échecs entre lui et M. de Norpois à propos de cette Académie. Il a offert plusieurs choses à de Norpois en échange de son soutien, à chaque fois sans succès. Mais quand il dit enfin :

Elles vont donner quelques dîners, notamment en l’honneur du roi et de la reine d’Angleterre, et leur rêve aurait été de pouvoir offrir à leurs convives une personne pour laquelle, sans la connaître, elles éprouventtoutes deux une grande admiration… Cette personne s’appelle la marquise de Villeparisis.

Ça intéresse assez de Norpois (j’ai du mal à comprendre pourquoi), et il arrange enfin l’élection du prince. De son tour, il est venu inviter Mme de Villeparisis au dîner.

C’est comme ça que le monde tourne, et si à votre avis, c’est ridicule de faire de si elliptique demandes pour tout, désolé, mais vous n’êtes pas assez snob pour accéder à ce monde. D’autre part, c’est pour le mieux, je vous rassure.

Le Système D en action

Juste un petit mot avant Proust, car je suis à une soirée de jeux après un après-midi pas comme les autres. J’allais faire des éclairs au chocolat. J’ai préparé ma pâte à choux et j’ai essayé de pocher des éclairs plus fins que d’hab, façon L’Éclair de Génie :

Mais entre ça et mon four trop imprévisible quand la température est supérieure à 180 °C, c’était la catastrophe :

Mais j’avais déjà préparé de la crème pâtissière ! Quoi faire quand il ne reste que 2 heures avant l’événement ? On ne panique pas, on fait de la pâte sucrée, on la met au frigo, et on part au supermarché pour des fraises. Le temps que je suis revenu, c’était toujours un peu plus mou que souhaité, mais on fait ce que l’on peut. Voici le résultat final :

Je n’ai pas eu le temps de dîner, mais quand tout le monde s’attend à vos pâtisseries, il faut faire des sacrifices, n’est-ce pas ?

Re-adieu, hibou vert

Je suis malgré moi-même un gros menteur au sujet de Duolingo. En 2022, je vous ai dit « C’est fini ». En 2023, j’ai dit « Adieu, hibou vert ». Et oui, j’étais de retour en 2025 d’abord pour aider une utilisatrice aveugle, mais quand une chère amie m’a demandé d’y rester pour l’aider avec un « friend streak » (une séquence de jours de suite en partenaire avec un ami), je ne pouvais pas lui dire non. ([Voulais et pouvais sont parfois des synonymes. — M. Descarottes]) J’aurais dû apprendre la leçon de Sean Connery devant un assez grand tas d’argent pour reprendre le rôle de James Bond : « Jamais plus jamais ». Ou comme on a dit dans Le Secret de Brokebacl Mountain, « J’aimerais savoir comment te quitter. » (Hyper-romantique, ça ; je vous jure que je ne l’ai pas écrit !)

Mais j’ai trouvé une « bonne » raison pour retourner. À l’époque quand j’ai fini le cours la première fois, il n’y avait pas de « Duolingo score », un chiffre entre 1 et 130 censé montrer le niveau de l’utilisateur. Avec mes vieilles données, Duolingo a décidé que le mien n’était que 108. Je n’accepte pas ça. Je reste un membre de mon groupe d’utilisateurs, je sais donc ce qui veut dire un 130, et croyez-moi, si une personne qui pose des questions telles que « là ne peut pas signifier ‘ici’, non ? » a un 130, l’échelle ne vaut rien — mais je ne suis pas derrière ce type. Alors, voilà, je ne le suis plus :

C’est mignon, ce champignon atomique, hein ? Je suis sǔr que les utilisateurs japonais l’apprécient vraiment. Mais la légende m’a fait rire : « Je peux communiquer au travail ! » Pas si vous ne savez pas comment utiliser ‘là’, les amis. Et pour aller avec, ce graphique pour partager, qui dit : « J’ai terminé le cours de français sur Duolingo. »

Comme à chaque autre fois, revisitons ce que l’on appelle en français le « best-of » de ce retour.

On dit que la flatterie ne mène à rien. Chez moi, c’est absolument le contraire ! On dirait que Duolingo a bien compris le tout premier post de ce blog :

Pourtant, l’appli n’a pas bien compris que parler aux animaux est exactement ce que l’on fait ici :

À quoi bon parler français à mon chat ?

([Cobaye. Pas chat. Et je ne suis pas le tien. C’est l’envers. — M. Descarottes])

On sait apparemment que j’ai presque suivi un chemin italien :

Allez, finies les siestes et fini le repos, je me mets à l'italien !

Finies les histoires stupides sur Eddy, le personnage que je déteste le plus, qui rate tous ses rendez-vous et est complètement nul en cuisine. On dirait qu’il est exactement ce que les Américaines pensent des pères célibataires :

Vraiment, cette appli aime taquiner les célibataires de façon cruelle ; au moins, pas gentille — qui veut ceci ?

C'est l'association de ceux qui aiment être seuls.

Ce qui me manquera le moins, c’est les erreurs. Dans cet exemple, Duolingo dit que j’ai tort car j’ai choisi « him » (pronom pour un homme ; d’habitude, « lui ») au lieu de « her » (pronom pour une femme ; « elle » comme sujet, mais « lui » en français comme COI). Dans ce cas, les deux sont également possibles car le français ne donne aucune idée du genre :

Exercice de traduire : « Il put lui parler sur le parvis. » J'ai reçu une mauvaise note pour traduire « lui » comme homme plutôt que femme.

Mais l’appli a bien compris ce qui compte :

Ça en vaudra la peine quand je mangerai des croissants.

Peut-être que certains d’entre vous se souviendront que c’est comment j’ai redécouvert Moulin — après quelques leçons, je voulais manger un vrai croissant pour la première fois en une décennie !

Et pour conclure avec le hibou vert ([Pour l’instant. — M. Descarottes]), ce que je désire toujours le plus, même si c’est dans la bouche d’Eddy :

Je vais en France pour approfondir ce que j'ai appris.

Ici et là

Alors, le rythme ici est tel que je rate un jour et ça « fait le buzz » ailleurs ! Sachez que mercredi a été une journée difficile et non seulement à cause des yeux, qui continuent à poser des problèmes. (Vous saurez que ce sera grave si je remplace « continuer à » par « continuer de ». De l’humour Langue de Molière, dirait-on.)

Mais pour ce qu’il vaut, de mon point de vue, et celui de WordPress, je n’ai rien raté. Comme j’ai dit il y a des années, j’essaie de publier juste après minuit dans mon fuseau horaire afin d’avoir jusqu’au 23h59 du lendemain pour garder la séquence de jours de suite. Et là, j’ai réussi, même si d’un point de vue français, j’ai croisé deux jours. ([On dirait qu’il rate souvent ce but de publier à 00h01. 03h00, peut-être. — M. Descarottes])

Qu’est-ce qui s’est passé mercredi ? J’ai dit à La Fille, « Avant de partir en vacances avec ta mère, tu vas m’aider à nettoyer ces taches mystérieuses sur la moquette autour de la table à manger. » Puis la ceinture noire m’a donné un coup de pied à la tête, et après, je ne m’en souviens de rien. Non, je plaisante. En fait, on est allés chez Home Depot (prononcez ça « Leroy Merlin ») pour louer un aspirateur de la marque Rug Doctor, des aspirateurs à eau commerciaux. Ce truc pesait une tonne, et j’ai dû le porter à l’étage, ainsi qu’au rez-de-chaussée :

Aspirateur Rug Doctor, Photo par Ingolfson, Domaine public

Je suis ravi de vous dire que sauf pour une petite tache, le truc a marché à merveille, et la moquette ressemble autrement au jour de notre arrivée. Mon dos, cependant, n’a pas du tout apprécié ce développement.

En quelque sorte, c’est la première fois de mes 49 ans où j’ai loué un tel aspirateur. Elle sera aussi la dernière fois. Je n’ai jamais su que Rug Doctor faisait partie de la marque Bissell. Moins cher d’acheter une machine Bissell — et beaucoup moins lourd, car pas industriel ! — pour le même but. Je regrette de ne jamais avoir fait ça dans notre appartement précédent.

Pour « fêter » l’occasion, je voulais que nous allions dîner chez Corner Bakery. C’est comme ça que j’ai découvert encore un autre cadeau de vivre en Californie. Jusqu’en juin, il y avait une offre disponible par le biais de son compte Facebook, où on pouvait choisir 2 choses de la carte pour 6,99 — quelque chose qui coûte 15 $ si vous ne savez pas où chercher ! Il y a désormais la version californienne et la version « reste du pays », et je paie un dollar de plus que les veinards :

Mercredi soir, après le dîner, La Fille est partie chez sa mère, qui veut des échanges la nuit de la veille avant ses voyages, pour partir dès l’aube, et parfois plus tôt que ça. J’entends parler que la famille est partie à 03h50 hier matin.

Je reçu un texto d’une personne qui est aussi partie en vacances familiales hier. Je ne peux pas veux dire s’il s’agit de la même famille, afin de garder la confidentialité de toute personne impliquée dans l’affaire. Mais selon ce texto, « Quelqu’une a apporté un sac à cabine rempli uniquement de récipients vides afin de ramener de la nourriture de notre croisière à la fin du voyage. » Le texto a été écrit en anglais, mais oui, cette personne a écrit « quelqu’une ».

Disons que j’ai envoyé ce texto à une chère amie française, qui m’a répondu qu’elle devait mal comprendre, car elle ne pouvait pas croire aux yeux !

Moi non plus, les amis, moi non plus.

Demain, vous aurez droit à mon second adieu à Duolingo en français. Mais je la garderai deux semaines de plus cette fois, pour réviser mon japonais. Je m’attends à ce que vous ayez quelques recettes japonaises après nos vacances.

Lundi, j’ai enfin ma prochaine prise de sang — alors le temps des salades, c’est presque fini. Cependant, samedi, j’ai une soirée de jeux et je dois préparer un dessert, comme d’hab. Afin de ne pas avoir un taux de glycémie élevé pour lundi, il est fort probable que je ne mange rien de ce que je prépare. À vrai dire, je m’attends à ne pas être trop content des résultats. Mai est très bien allé, mais avril, pas vraiment.

Comme toujours, finissons sur une note positive. Ce lundi, je suis passé par chez Surfas car j’étais à Los Angeles, et j’ai fait des achats :

Haute résolution en cliquant

Assez de petites poches à douille pour remplir tous les macarons jusqu’à ce que La Fille parte pour la fac, de ma poudre de cacao préférée, deux pots de moutarde Fallot en graines, des feuilles de gélatine, une douille spéciale pour remplir correctement les éclairs et les beignets et… deux douilles Ateco 806 pour les macarons, car j’en ai cassé deux dans le broyeur d’évier par hasard, un truc que j’entends parler est heureusement inconnu en France. Je ne peux pas m’en plaindre — tout jour qui m’apporte un pot de ma moutarde préférée est un bon jour !

Premier tour californien

Langue de Molière est annulée cette semaine, car je ne suis pas arrivé à choisir un sujet. Mais j’ai encore une fois 6 semaines de sujets dans mon fichier (en partie grâce à l’aide d’une lectrice diligente), et la colonne fera une pause pendant mes vacances, alors la semaine prochaine, elle sera de retour. Mais hier, on a eu le premier tour californien, pour le gouvernement de l’État. Je suis mécontent, comme prévu, même si certains des pires cas ne se sont pas passés.

Le plus important, c’était le choix d’un nouveau gouverneur, pour remplacer Gavin Newsom. Comme dit Le Canard enchaîné aujourd’hui :

Gros titre du Canard enchaîné : « Les violences après la victoire du PSG ne l'impressionnent pas. Macron : 'Dans un an, moi aussi je me casse !' »

Dans sept mois, le gouverneur, lui aussi il se casse. Et puisque c’était la première fois en 8 ans où il n’y a vraiment personne qui est « l’héritier », n’importe quel con pouvait se présenter — et beaucoup l’ont fait. Voici mon scrutin — juste pour le poste de gouverneur :

Scrutin californien, page 1 de 3, avec 3 colonnes de choix pour le poste de gouverneur.

Je vous épargnerai de la tâche — il y a 61 noms sur le scrutin. Originalement, j’allais vous donner une petite idée de pourquoi personne dans cette liste ne mérite le rôle, mais j’ai enfin décidé que ce serait contre l’esprit du blog, car je n’exprime pas officiellement d’avis. Mais sachez que je ne veux que personne sur cette liste gagne le poste.

J’ai quand même eu mon petit autocollant qui dit « j’ai voté », en anglais une fois, et deux fois en espagnol, coréen, chinois et vietnamien :

Autocollant blanc avec un petit drapeau américain et les mots "j'ai voté" en anglais, espagnol, coréen, chinois et vietnamien.

Oui, j’ai certainement fait des taches d’encre sur un bout de papier. Pauvre arbre qui est mort pour ça !

Bannière qui dit « C'est le 1er » avec des dessins de 3 desserts : bûche de Noël, religieuse, macaron à la framboise

C’est pas le 1er, version juin 2026

Je continue de copier Light & Smell avec des listes de mes articles préférés au premier du mois. Ça vient d’Allez vous faire lire, mais je ne suis pas exactement ses règles.

Il m’a fallu plus de temps que d’hab pour préparer cette édition car je ne peux guère lire en ce moment, à cause d’une infection oculaire.

Bannière qui dit « C'est le 1er » avec des dessins de 3 desserts : bûche de Noël, religieuse, macaron à la framboise

Nouveaux à moi :

  • Rien.

Les habituels :

Actif ailleurs :

Mathilde’s little things n’a rien de nouveau.

À encourager :

Rien de nouveau chez Madame Radio, La bibliothécaire, La triade littéraire de Velaris, Crevette de Mars, Maman Lyonnaise, Le journal des Jum’s, La tête dans le panier, Les Dédexpressions, Grain de Sable, Carnets d’une plume, Manonpatis, Le site du Shifâ’, Thriller Addict , La lectrice en robe jaune, Et si Facebook disparaissait?, Bessie’s Bazaar, L’Atelier du Phoenix, et Bonheurs culinaires. Laissez-leur de gentils commentaires pour les encourager à reprendre !

Saison 5, Épisode 11 — J’ai laissé mon portefeuille à San Francisco

Tout d’abord, bonne Saint-Justin !

Il y a une chanson célèbre sur la ville de San Francisco, « I Left My Heart in San Francisco » (J’ai laissé mon cœur à SF), par le chanteur Tony Bennett, quelque chose de romantique et de bébête. Ça date des années 50. S’il avait connu les prix modernes de la ville — 30 $ juste pour nous stationner pour aller au dîner ! 40 $ pour deux sundaes chez Ghirardelli ! — il aurait eu toute autre pensée.

Au moins, c’est le travail d’un vrai pro. Il y a des jours, j’ai recherché Mme Chantal Ladesou à cause des Grosses Têtes, et ça m’a mené à ce qui est, sans question, le pire clip que j’ai vu. « Big & Tasty », par un certain Maxime Torres. Elle apparaît juste à la fin, pour jouer à une « cougar ». Moins j’en dis, plus nous serons tous heureux.

Revenons à ces prix de folie. À l’aéroport, on a vu une boutique consacrée au chocolat — le produit local, bien sûr, mais aussi des trucs suisses, belges, etc. Les tablettes sont en général entre 15 et 20 $ pour 100 grammes ou moins ; les cartons frôlent 4 $ le bonbon, qu’ils viennent de la ville ou de Suisse. Voilà :

Une autre boutique locale, Socola, était aussi de folie – 18 $ la tablette de 85 grammes, que ce soit aux fruits rouges ou au durian ! (À noter, ces mêmes barres ne coûtent qu’entre 15 et 17 $ si vous n’en achetez pas à l’aéroport.)

Mais on a eu une sacrée surprise en revenant à la maison. Voici le programme de fidélité chez McDo ; la semaine dernière, ces mêmes choses ne coûtaient que 6000 points et c’est désormais 7000. C’est un sale tour vu que les prix augmentent 2-3 fois par année de nos jours !

Carte de chez McDp, avec une liste de 6 choses que l'on peut acheter avec des points du programme de fidélité, tous à 7000 points. Pour ce qu'il vaut, j'achète toujours un cheeseburger "Quarter Pounder" (1/4 de livre)

Il y a longtemps, je me trompais que le « pouvoir d’achat » était « pouvoir d’un chat ». On a le chocolat vénézuélien dans les photos ci-dessus ; on aura bientôt leurs chats en plus.

J’ai entendu parler ce week-end que selon Mme Le Pen, « il n’y a qu’en France où chacun se sent obligé de s’enfermer chez soi un soir de victoire pour éviter d’être confronté à des violences. » Hahaha, qu’elle soit drôle ! J’aimerais l’inviter à Los Angeles après les championnats des Lakers, à Philadelphie après les championnats des Eagles, à Detroit après les championnats des Pistons (7 morts en 1990 !). On est les champions du monde de la violence au nom de « fêter » le sport, et la France ne nous arrachera pas si facilement la couronne !

Comme toujours, finissons sur une note positive. Je suis à 3 jours de finir (encore une fois) le cours de français de Duolingo, et les exemple sont tous là pour féliciter — et flatter — l’utilisateur. Voilà :

L'exercice dit : « J'ai accompli le plus dur et maintenant, à moi les Français ! Même s'ils parlent vite, je comprendrai tout ! Le monde m'appartient. »

À vrai dire, si je peux vous comprendre à pleine vitesse, les remerciements sont à M. Ruquier et sa bande, et au ciné français, pas au hibou vert. Je reste quand même reconnaissant, car je ne serais pas ici sans lui.

Notre blague traite d’un chauffeur. Nos articles sont :

Il n’y a pas de Bonnes Nouvelles cette semaine. Les gros-titres sont Guacamole et Papeete.

Sur le blog, il y a aussi La tarte fine aux pommes, la dernière recette du blog, Plainte sur l’accessibilité, sur les obstacles à « pincer pour zoom », Bonjour de San Francisco, une courte note sur nos raisons pour y aller pendant le week-end et Autour de San Francisco, le récit de notre visite.

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Autour de San Francisco

Désolé, j’ai oublié — sincèrement — « Le Côté de Guermantes » à la maison. Au lieu de ça, je vous présente des vues de notre journée à SF.

La fac qui nous a invité ici est au Texas, alors il faut comprendre que St. Patrick’s Seminary est à l’Église catholique, pas à eux. Cependant, il me semblait que ce séminaire serait intéressant de prendre en photo. Sans que je le dise, vous ne croiriez jamais que c’est en Californie.

À l’intérieur, il y a une chapelle. C’est presque complètement en chêne. Dix vitraux racontent la vie du Christ ; les quatre autres montrent les saints Patrick, Francis (d’où San Francisco), Charles Borromeo, et le Bon Pasteur.

Je n’ai pas pu y rester pendant le programme, ouvert uniquement aux élèves, alors je suis parti pour le domaine viticole Guglielmo, dont on a parlé pendant mon dernier voyage à la région :

Cette fois, c’était ouvert, alors j’ai payé 20 $ pour goûter les vins. Je regrette de vous dire que rien n’était à la hauteur de mes attentes — j’aurais toujours dit qu’il s’agissait d’un bon rapport qualité prix plutôt que de vins hauts de gamme, mais sauf pour le vin pétillant du début, tous étaient décevants. Je dirais que c’est pourtant pour le meilleur — c’est encore une autre preuve que ma Californie a bel et bien disparu, et je peux quitter le cadavre qui porte son nom sans regrets.

Après son événement, La Fille et moi sommes partis pour Fisherman’s Wharf. Nous avons dîné chez Boudin comme avant, avec de jolies vues de l’île d’Alcatraz, avec son ancienne prison. Comme dirait sa mère, après avoir vu l’institution pour La Fille, on a vu la mienne.

Notre journée a fini chez Ghirardelli, mon fournisseur préféré de chocolat après Valrhona. Ils vendent maintenant un chocolat façon Dubaï :

Des sacs de bonbons Ghirardelli, tous verts, avec la légende « façon Dubaï » (mais en anglais)

Mais nous étions là pour des sundaes, et ça, ce n’est jamais décevant. Au chocolat pour moi, mais à la dubaiennre pour La Fille (vous pouvez apercevoir de la pâte à pistache dans la deuxième photo) :

Bonjour de San Francisco

L’approche de mes 50 ans m’a évidemment rendu lent et pas trop malin, car il y a 4 ans, je vous aurais dit « J’ai envie de pain au levain de la boulangerie Boudin » ou de chocolat Ghirardelli, ou quoi que ce soit. Puis les élèves attentifs du blog auraient pu dire « Oh non, pas encore », en devinant où j’allais. Cependant, je l’ai déjà divulgâché, alors jouer au naïf ?

Mais notre raison pour être ici est plutôt inhabituelle. La Fille a été invitée à écouter le baratin publicitaire d’une fav toute neuve, l’Université d’Austin. Ce soir, il n’y avait qu’un dîner pour accueillir les familles. Demain, elle fera partie d’un cours d’histoire comme ils l’enseignent, pour voir si elle s’y intéresse.

Je dois faire semblant de m’endormir bientôt, alors je vous donnerai juste quelques bonnes raisons pour y aller et pour ne pas le faire.

Les arguments pour :

  • Il y a des tas d’argent derrière ce projet, genre l’Oncle Picsou. En conséquence, ils rassemblent vite non seulement des profs de qualité et des bâtiments, mais on ne paye que pour y vivre — il n’y a pas de frais pédagogiques. Aux États-Unis, ça vaut quelque chose.
  • Au programme, ils se concentrent sur les Grands Livres de l’histoire. Ils parlent de former le caractère des élèves, non seulement de cocher les cases et des salaires éventuels. Ça m’intéresse beaucoup.

Les raisons contre :

  • Ayant ouvert les portes il y a deux ans, ils ne sont pas encore accrédité. C’est toujours un risque avec une nouvelle fac, mais quand on pense à devenir docteur, comme La Fille, ça pose des problèmes.
  • Certains noms liés au projet font la polémique rien qu’en les évoquant. Imaginez qu’il y avait une Université Bolloré ou une Hautes-Études Pigasse. C’est pareil avec l’homme d’affaires Joe Lonsdale.

En ce moment, je ne suis pas prêt à dire oui ou non. Mais le dîner d’accueil m’a au moins persuadé qu’il faut en savoir plus avant de prendre une décision. Je serai très curieux des avis de La Fille après le cours aujourd’hui !

Plainte sur l’accessibilité

Je dois me plaindre de quelque chose. Je sais, encore un jour qui se termine par une voyelle, mais ça m’a coûté 20 minutes de remplir des formulaires sur un site web cette semaine, et il n’y a aucune excuse.

Il était une fois, j’étais utilisateur fanatique des portables de la marque BlackBerry. Si je pouvais toujours porter un BlackBerry 8800 — mis à jour — je le ferais pour le reste de mes jours sans plaintes. Et vous savez que ne pas avoir de plaintes, c’est mon compliment le plus enthousiaste !

Photo d'un BlackBerry -- il y a un clavier physique, avec toutes les touches QWERTY, ainsi qu'un petit trackball pour naviguer.
BlackBerry 8820, Auteur inconnu, CC BY 4.0

Ce qui m’a fait changer des BlackBerry aux iPhone, c’était « pinch-to-zoom », pincer pour zoomer. C’était un miracle pour lire les sites web à l’époque, qui avaient souvent 3 ou 4 colonnes, et un aspect très rétréci vu sur des portables. Puis, les graphistes ont mal rangé le bordel.

Il faut dire que je compatis énormément avec les graphistes. Je ne connais aucun autre métier où tant de « clients » s’attendent à du travail « gratuit » en échange de « se faire connaître ». Peut-être que c’est différent en Europe, mais aux États-Unis, ils sont maltraités comme personne d’autre.

Mais en revanche, ils ont ruiné l’idée de « pincer pour zoomer » comme technologie d’assistance. Il y a environ15 ans, on a eu la pire idée de l’histoire des ordinateurs, la soi-disant conception réactive. C’est l’idée qu’une page ou une appli devrait changer sa mise en page selon la taille disponible — si vous avez jamais remarqué une page qui change d’aspect quand vous tournez votre portable, vous avez l’idée.

Je peux comprendre ça d’exactement un point de vue. Il y a certainement plus d’espace sur l’écran d’un ordinateur de bureau qu’un portable. Alors, ben, ayez des pages différentes pour ces deux cas. Mais plus j’affine, plus je trouve ce qui font les graphistes simplement hostile aux utilisateurs. Des exemples :

Voici l’accueil d’ESPN, le plus grand site de sports américains. Dans cette vue, je tiens le portable en mode portrait :

Capture d'écran qui montre les résultats d'un match de basket --il y a deux vidéos et deux gros titres.

On est d’accord que les liens pour les gros titres sont en caractères gras, oui ? Super. Alors, je change en mode paysage et…

Capture d'écran qui montre les résultats d'un match de basket --il y a quatre vidéos et deux gros titres, et la taille de tout le texte est bien réduite.

Tout à coup, les gros titres ne sont plus en caractères gras, la police est plus petite, et il y a des kilomètres d’espace blanc absolument inutiles, avec des barres qui ne servent à rien aux côtés. Heureusement, on peut toujours pincer pour zoomer, comme ça :

Même page que la dernière photo, mais agrandi -- seulement 3 vidéos sont visibles et le texte est plus grand.

Mais, à quoi sert de réduire la taille du texte comme ça, dès que l’on a plus d’espace ? C’est complètement sans logique !

Au moins pincer pour zoomer marche dans cette situation. Voici le mode portrait du site web des écoles d’Anguille-sous-Roche (je choisis une partie sans données personnelles) :

Capture d'écran d'une fenêtre avec la légende "Resources"

Et si je le mets en mode paysage ?

Même fenêtre "Resources", mais maintenant avec de grosses barres grises aux deux côtés.

Tout l’espace est gaspillé, avec des barres énormes aux côtés. Mais pire, si je pince les données, la page est à largeur fixe. Je ne peux pas ajuster la taille pour la lire plus facilement ! Et ça, je trouve impardonnable, car les graphistes ne devraient pas avoir un avis sur mes souhaits à cet égard. Si je veux agrandir la page, ça les offense comment ?

En fait, ils ont laissé un moyen pour tricher. Si je pince les parties de la page avec des données, la largeur fixe est imposée. Mais si je pince l’espace blanc, je peux agrandir la page :

Fenêtre "Resources" après avoir grandi la page

Pourquoi pas agrandir la page comme ça si on change de mode ? On a évidemment fait l’effort pour montrer un conception différente selon la taille de l’écran — mais le résultat est complètement inutile. Tout cet espace blanc ne sert à rien du tout.

Encore plus stupide, avec certains de ces sites, ainsi que celui de l’hôpital où travaille mon médecin — si je remplis un formulaire, puis change de taille, la page se recharge et je perds mon travail ! Ça n’a aucun sens. C’est une sorte de vengeance bizarre de la part des graphistes : « tu nous as offensé en n’aimant pas notre œuvre telle qu’elle, alors il faut que nous te punissions ! » Comment ça ? C’est où la logique ?

Je ne comprends pas la fétiche pour l’espace blanc. Je ne sais pas si vous avez la même tradition dans les lycées et les facs français que l’on a aux États-Unis, de produire des livres dits « yearbooks ». Mon dictionnaire bilingue le rend « album de promotion », mais note que c’est un usage américain. Ces livres offrent des photos de tous élèves d’une école, par promotion, ainsi que des photos des clubs, des bals scolaires, etc. J’ai travaillé sur 6 livres de ce genre à travers mes 4 années lycéennes ainsi que les deux premières à la fac. Tout ça, c’était imprimé, et on a bel et bien appris la tradition depuis Gutenberg — on cherche toujours à réduire l’espace blanc, à ne pas gaspiller d’espace. Apparemment, des siècles de sagesse ne comptent pour rien face aux graphistes modernes, mais surtout quand il s’agit de rendre le texte plus lisible.