La paella et l’espionnage

Langue de Molière est reportée d’un jour parce que je cherche quelques autorités de plus pour mon sujet. Au lieu de ça, je vais vous présenter un rappel de pourquoi il n’y a absolument pas de cookies de suivi sur ce site.

J’ai reçu un courriel absolument écœurant d’un centre commercial ici, Fashion Island. Vous n’entendez jamais parler que de South Coast Plaza sur ce blog, car en plus d’être le centre commercial le plus rentable du pays, c’est où se trouve mon resto italien préféré. Mais Fashion Island est « l’autre » — c’est en fait dans un quartier plus prestigieux, Newport Beach, et pendant une décennie, La Fille et moi l’a visité chaque mardi. Un jour, je vous dirai pourquoi. Mais l’important, c’est qu’ils voulaient annoncer l’ouverture d’un nouveau resto espagnol :

Vous pouvez tout de suite voir ce qui m’a attiré. C’est la paella. Quand je suis allé en Espagne en 1993, ma prof a amené notre groupe dans l’un des meilleurs restos de ma vie (rien à voir les étoiles Michelin ; il n’y en a pas dans ce cas), La Paella Real (lien en espagnol). Je n’avais jamais goûté une paella même une fois de la vie ; je suis parti convaincu que c’était l’un des 10 meilleurs plats au monde. Un de ces quatre, il me faudra publier un vrai classement.

De toute façon, malgré le fait que je suis complètement entouré par la cuisine mexicaine, pensez-vous que l’espagnole existe ici ? Presque pas du tout. Il y a une chaîne ici et là, Café Sevilla (lien en anglais), pas la pire, mais je déteste son ambiance de bar. Et hélas, c’est tout. Mais si vous connaissez la paella, vous savez que c’est en général un grand plat, préparé pour plusieurs personnes en même temps. Tout à coup, comprenez-vous pourquoi j’ai dit que ce courriel était écœurant ?

J’ai quand même cliqué sur le menu, et il m’a dit exactement ce que je craignais :

« Nos paellas sont fabriquées sur commande. Un rituel espagnol, fait pour être partagé »

S’il y a des restes pires que le riz après une nuit au frigo, je ne les connais pas. J’ai donc besoin d’au moins une autre personne pour y aller. Et je vais vous dire très franchement qu’il n’y a même pas besoin de demander — ni mes parents ni La Fille ne goûteraient ces plats. La Fille déteste tout fruit de mer sauf les palourdes, mon père ne mange rien venant de la mer sauf le fish and chips, et ma mère ne touchera pas à un plat où les crevettes ont toujours leur tête. Il est possible que l’un des trois décide de jouer le martyr, mais faites-moi confiance — je veux éviter la suite à tout prix. Alors, si je veux aller chez Telefèric…

… j’ai besoin d’un rendez-vous.

Je fais une pause pour que vous puissiez tous aller aux urgences. Je sais que la moitié d’entre vous vient de faire une crise cardiaque à cause des rires et le reste devrait au moins consulter un médecin au cas où.

J’ai donc pensé au plan B plutôt qu’attendre la fin de l’univers. Je ne veux vraiment pas ajouter des poêles à ma collection — la seule à laquelle je pensais était une crêpière — mais si je veux une paella, il va me falloir la faire moi-même. Je me suis assis devant mon ordinateur et j’ai recherché une « paella pan » (poêlé à paella). Voici deux captures d’écran qui comprennent toute l’histoire dans mon navigateur :

Pour résumer, après avoir visité le site du resto et OpenTable, le site pour réserver une table, j’ai visité les sites de Williams-Sonoma (boutique culinaire), Google Shopping, World Market et La Tienda (deux boutiques trouvées par Google), les sites de Smithey, El Cid, All-Clad et Mauviel (tous des fabricants des bonnes poêles) et deux sites de critiques pour faire des comparaisons. Aussi Amazon. Tout est là pour les curieux.

Il faut ajouter que j’utilise un bloqueur de publicités sur mon navigateur, Firefox, que je refuse tout cookie de publicité quand il y a un choix d’après la loi RGPD et que je refuse tout cookie venant d’un tiers.

Plus tard, j’étais sur Facebook, sur mon portable. Voici des publicités que j’ai reçues :

Ce n’est même pas tout. J’ai fait tout ce que je pouvais pour éviter exactement ce genre d’espionnage, et pourtant c’était plus agressif que jamais. La protection des bloqueurs ne vaut évidemment rien.

Je suis déjà client d’All-Clad depuis des décennies et je ne veux pas dire non à Cristel, car c’est une bonne marque française. Mais je vous promets qu’aucun du reste ne verra jamais un centime de ma part, car je trouve ça absolument dégoûtant. Je ne suis pas sûr que les marques — et certainement pas les agences de publicité — aient compris : quand on a l’impression d’être surveillé sans cesse, ça ne suscite pas de sentiments chaleureux.

Tout ça dit, je ne suis rien que pragmatique, alors j’offre un accord à tous ces annonceurs : j’achèterai l’une de leurs poêles un jour après mon rendez-vous chez Telefèric. J’attends.

(Il n’y a pas assez d’argent dans leur budget de marketing pour que ça arrive.)

Une farce avec mon plus vieil ami

Si vous avez écouté les fins des deux derniers épisodes de la balado, vous savez déjà que la rentrée de La Fille était la semaine dernière. Avant ça, elle voulait complètement nettoyer sa chambre, car elle suivra 4 cours « AP » (placement avancé) et n’aura pas beaucoup de temps pour le ménage.

Oui, elle voulait faire ça. Je n’y suis pour rien. Était-ce censé être si facile de vivre avec une ado ? Mais si vous cherchez une arrière-pensée, c’est arrivé en forme de me faire honte : « Si j’ai enfin fini de déballer les cartons et tout ranger, pas plus d’excuses chez toi, papy. » (Oui, elle connaît la différence entre « papa » et « papy ». Vraiment, si c’est le pire, je n’ai rien pour m’en plaindre.)

Alors moi aussi, j’étais très occupé par le nettoyage dans les coulisses. Je suis derrière elle, car j’ai beaucoup plus de trucs, mais l’important, c’est qu’il y avait une réunion du bureau de l’OCA hier soir, et pour la première fois depuis notre déménagement, j’étais assez confortable avec l’état de ma chambre (qui est aussi mon bureau) que je n’ai pas utilisé ma photo habituelle comme arrière-plan sur Zoom.

« Mais Justin », me dites-vous, « quelle photo ? » Celle-ci, évidemment :

C'est un café Pierre Hermé. La porte est ouverte et il y a un chariot à glaces juste à gauche, aussi de Pierre Hermé.

Vous vous attendiez à autre chose ? (C’est le café Pierre Hermé, 126 Bd Saint-Germain, 75006. J’ai pris cette photo au début de la dernière journée de mon premier voyage.)

Quand on peut voir dans ma chambre, impossible d’éviter que l’on va voir mon lit. Dans mon ancien appartement, mon bureau était grosso modo en face du centre du lit ; dans le nouveau, on aperçoit juste un peu du bord. Alors — et je croyais que ce serait hyper-drôle, parce que jusqu’à ce mois, j’étais le seul homme du bureau — j’ai décidé de faire une farce avec mon plus vieil ami, qui vit avec moi depuis mes 4 ans. Je vous présente Crocker Spaniel :

C'est un petit chien marron en peluche. Il a un gros nez noir, et deux petits yeux noirs, et s'assied sur ses deux pattes arrière.

Je sais, vous penser que je viens de faire une faute de frappe. L’espèce de chien s’appelle cocker spaniel, pas de « r », ou comme on dit en français, « Cocker anaglais ». (Pourquoi on ne dit pas « épagneul », la traduction habituelle de « spaniel », aucune idée.) Mais voici deux photos qui expliquent tout :

Celle-ci montrent les deux faces d’une plaque qu’il porte autour de son cou. La première dit « Crocket Spaniel » ; la deuxième est le logo d’une ancienne banque californienne, Crocker Bank (lien en anglais), racheté par le géant national Wells Fargo dans les années 80. Alors oui, Crocker était un cadeau de la banque quand on ouvrait un compte pour les enfants. Au fait, il avait anciennement une petite sœur, Crocker Spanielette, mais ça fait 30 ans que l’on ne sait pas ce qu’elle est devenue. (Je crois que mon frère l’a jetée, malheureusement.)

La farce, et je l’ai soigneusement testée avant le début de la réunion, c’était que Crocker était pleinement visible sur mon lit, mais bien en arrière-plan. Il fallait faire attention à ma chambre pour le remarquer. Puisque personne n’a rien dit, je suppose que c’est passé inaperçu.

Voici une dernière photo de lui pour le voir en entier :

Meilleure vue de tout Crocker. On peut plus facilement voir sa bouche, avec une petite langue rouge. Il sourit.

« Alors Justin », me dites-vous, « vous voulez nous dire que vous dormez avec une peluche depuis tout ce temps ? » Ah non, pas du tout. En fait, il n’était même pas chez nous jusqu’en 2020, car ma mère m’avait interdit de le retirer de la maison de mes parents, au cas où mon frère aurait des enfants. (Super, maman, merci de l’interdire à votre petite-fille réelle en faveur d’un enfant théorique.) Mais cette année-là, au nom de commencer à vider ma chambre, elle m’a laissé le donner à La Fille.

Après un certain temps, elle m’a dit : « Nous nous en sommes parlés, et Crocker veut reprendre te veiller. » Alors il a pris une place à côté de mon bureau jusqu’au déménagement. Mais non, je ne dormais pas avec une peluche !

Ça dit, Crocker pose mon plus grand problème quant à déménager en France. Je veux qu’il soit présent pour la prochaine génération, les enfants de La Fille, et surtout qu’il ne soit pas jeté quelque part en France quand je partirai pour Saint-Sever. Je ne sais pas quoi faire avec lui quand La Fille sera à la fac.

Mais ça, c’est pour 2029. Pour l’instant, Crocker reste chez moi, et personne ne me connaît mieux.

Saison 5, Épisode 20 — Le narrateur, c’est moi

En enregistrant cet épisode, il m’est venu à l’esprit — pas pour la première fois — que je me reconnais beaucoup trop dans le narrateur de Proust. Le cœur d’artichaut, les rêves d’être écrivain professionnel en français, les châteaux en Espagne… qui se ressemble se rassemble, non ? Je ne peux guère dire que je suis plus concis que lui — même si c’est vrai que la longueur moyenne des billets ici a atteint son apogée il y a deux ans.

La concurrence entre moi et La Fille dans Pikmin Bloom est devenue rude. Voici les pas depuis la dernière balado — ouais, il y a 3 jours supérieur à 7 000 pas. Et devinez qui était chez moi pendant les deux jours nuls. Ouaip. Je soupçonne un effort de sabotage !

Graphique qui montre 7 135 pas pour dimanche, et entre 6 000 et 7 4000 pour chacun des 5 derniers jours. Les deux avant sont chacun inférieur à 3 000 pas.

Pour répondre à la question sur vos lèvres, je ne marche plus à partir de chez moi. Je roule au centre commercial le plus proche (à environ 1 km), et je fais des tours autour d’un bâtiment. Je ne m’intéresse plus à croiser les rues après mes expériences sans voiture il y a trois semaines.

C’est la saison (mi-juillet à mi-octobre) de « Hatch chiles » au sud-ouest des États-Unis, des piments verts qui poussent dans la vallée de Hatch au Nouveau-Mexique :

Les bons supermarchés les faire rôtir pour les clients au moment de l’achat. Naturellement, chez Ralphs ça veut dire « Fais-les rôtir toi-même. »

J’aimerais vous tenir au courant d’un projet que j’ai lancé fin juillet. Je soupçonne depuis longtemps que l’espérance de vie des cartouches HP n’a absolument rien à voir avec la quantité de pages imprimées et tout à voir avec leur droit à un loyer annuel. Dit autrement, vous allez être abonné de leur programme de remplacement sur un horaire que vous vous soyez abonné ou pas. Le 28 juillet, j’ai remplacé les 3 cartouches couleur. Depuis ce temps-là, on a imprimé exactement une page, en noir et blanc. Je garde un journal ; je vais mettre à jour cette annonce mensuellement.

J’ai vu un clip étonnant sur Instagram cette semaine, sur le Büchmesser de Strasbourg. Vous n’êtes ni Oth ni Sév et ça ne vous parle pas ? Il s’agit d’une colonne en marbre en face de la cathédrale, tout près du coin de son bâtiment — il ne fait que 35 cm d’espace entre les deux. Je vous laisse cliquer le lien ci-dessus ou lire l’article de Wikipédia sur pourquoi, mais à partir de 1567, une fois par année les bourgeois devaient se montrer capables de passer entre les deux. 70 % des Américains étant en surpoids (lien en anglais), pas surprenant que nous ne quittions jamais Paris, où de tels que Philippe Conticini et Pierre Hermé n’osent pas nous donner des leçons, juste des macarons. (Et oh là là, ce Paris-Brest !)

Vous savez qui se moquait de ces 35 cm ? Maître-espionne et héroïne du blog Marie-Madeleine Fourcade, qui a dû glisser entre les barreaux d’une prison pour s’échapper aux Nazis.

Selon un reportage de RMC, la Banque de France estime que le compte courant moyen des Français a un encours de 6 617 €. Cependant, si on supprime Arnault et Bolloré, ça ne fait que mille euros. Je plaisante, mais en fait, la banque précise que la médiane est à 1 000 €. Une leçon importante sur utiliser les bonnes statistiques !

Il y avait une annonce d’un plombier local dans mes courriers cette semaine. Si j’étais Nintendo, je poursuivrais cette entreprise en justice :

Il y a un dessin qui ressemble TELLEMENT à Luigi des Mario Bros., au milieu du nom "Broke Plumbing".

Et pour finir sur un sourire, voici un mème que j’ai vu cette semaine, avec une traduction hyper-littérale du nom de l’écrivain américain Truman Capote :

C'est le roman « Petit déjeuner chez Tiffany », mais attribué à "Vraihomme Préservatif"

Notre blague traite d’incendies en Belgique — pour être clair, c’est une blague belge, on ne se moque jamais de la souffrance ici (sauf pour les fans des Los Angeles Dodgers). Nos articles sont :

Il n’y a pas de Bonnes Nouvelles cette semaine. Les gros-titres sont HP et LCP.

Sur le blog, il y a aussi Le brookie cheesecake de Péla, dessert si bon que c’est déjà refait, Les mésaventures de La Fille au pays du travail, où elle découvre les bêtises des adultes, Le coup de foudre du con, sur ma plus grande erreur de la semaine et Je découvre Cali, la dernière entrée du Projet 30 Ans de Taratata.

Si vous aimez cette balado, abonnez-vous sur AppleGoogle PlayAmazonSpotify, ou encore Deezer. J’apprécie aussi les notes et les avis laissés sur ces sites. Et le saviez-vous ? Vous pouvez laisser des commentaires audio sur Spotify for Podcasters, qui abrite la balado. Bonne écoute !

Dimanche avec Poullein

On reprend maintenant « Le Côté de Guermantes ». Cette fois j’ai avancé de 40 pages. Il nous reste 130 dans ce tome, et je vais le finir avant septembre à tout prix. C’est plus long que les deux précédents, mais j’en ai assez des Guermantes, même s’ils sont moins insupportables que les Verdurin !

Vous vous demandez pourquoi cette tâche passe si lentement ? Parce qu’il faut souvent déchiffrer des pages comme ça :

Quant aux actions mondaines, c’était encore un autre plaisir arbitrairement théâtral que Mme de Guermantes éprouvait à émettre sur elles de ces jugements imprévus qui fouettaient de surprises incessantes et délicieuses la princesse de Parme. Mais ce plaisir de la duchesse, ce fut moins à l’aide de la critique littéraire que d’après la vie politique et la chronique parlementaire…

(200 mots de rien)

…On sait que quand un ministre explique à la Chambre qu’il a cru bien faire en suivant une ligne de conduite qui semble en effet toute simple à l’homme de bon sens… ce lecteur de bon sens se sent pourtant remué tout d’un coup, et commence à douter d’avoir eu raison d’approuver le ministre, en voyant que le discours de celui-ci a été écouté au milieu d’une vive agitation et ponctué par des expressions de blâme telles que : « C’est très grave », prononcées par un député dont le nom et les titres sont si longs et suivis de mouvements si accentués que, dans l’interruption tout entière, les mots « c’est très grave ! » tiennent moins de place qu’un hémistiche dans un alexandrin. 

Il suit des exemples d’un tel texte, dignes du Journal officiel de la République. Si seulement Proust avait vu ce site, le docteur Cottard l’aurait ordonné pour la grand-mère du narrateur, pour l’aider à dormir !

Incroyablement, il y a une raison pour ça — c’est pour avoir une métaphore pour madame :

Pour en revenir à ces décisions artificielles et émouvantes comme celles des politiciens, Mme de Guermantes ne déconcertait pas moins les Guermantes, les Courvoisier, tout le faubourg et plus que personne la princesse de Parme, par des décrets inattendus sous lesquels on sentait des principes qui frappaient d’autant plus qu’on s’en était moins avisé.

C’est pour établir que comme certains qui vivent pour surprendre (toux, mon frère, toux toux):

Et de la « dernière d’Oriane », comme du dernier « mot » d’Oriane, on répétait : « C’est bien d’Oriane » ; « c’est de l’Oriane tout pur. »

Proust fait une digression pour se vanter d’avoir visité le Louvre :

le duc avait le goût des femmes grandes, à la fois majestueuses et désinvoltes, d’un genre intermédiaire entre la Vénus de Milo et la Victoire de Samothrace

On dirait que le duc avait le goût des femmes dépourvues de bras, à juger par ces éléments !

Pourquoi est-ce que l’on apprend ça ? Car Mme de Guermantes a l’habitude d’inviter les anciennes amantes du duc à ses salons ! (Raison pour laquelle il fallait savoir qu’elle ne faisait pas comme le reste du monde, je suppose.)

Il s’avère que j’ai lu ces trois tomes juste pour cette phrase :

cet Hercule en « smoking » (puisqu’en France on donne à toute chose plus ou moins britannique le nom qu’elle ne porte pas en Angleterre)

HAHAHAHAHAHAHAHA !

Au cas où vous commenceriez à éprouver de la sympathie envers la duchesse, elle est aussi cruelle que son mari :

— Poullein, dit-elle, vous irez chercher les faisans de M. le comte et vous les rapporterez de suite…

Poullein était devenu blanc ; son rendez-vous avec sa fiancée était manqué. Cela suffisait pour la distraction de la duchesse qui tenait à ce que tout gardât un air humain.

— Je sais que c’est votre jour de sortie, dit-elle à Poullein, vous n’aurez qu’à changer avec Georges…

Mais le lendemain la fiancée de Poullein ne serait pas libre. Il lui était bien égal de sortir. Dès que Poullein eut quitté la pièce, chacun complimenta la duchesse de sa bonté avec ses gens.

On passe à une conversation où Mme de Guermantes méprise sa cousine Mme d’Heudicourt :

c’est un cas pour un médecin, cela a quelque chose de pathologique, c’est une espèce d’« innocente », de crétine, de « demeurée »

Elle a comme invitée à sa table une Mme d’Arpajon, amante récente de son mari. Après une conversation sur Hugo en tant que poète, elle en parle à la princesse de Parme :

— Mais… pardon de vous dire cela à vous… cependant elle l’aime vraiment !

— Mais pas du tout, elle en est incapable, elle croit qu’elle l’aime comme elle croit en ce moment qu’elle cite du Victor Hugo parce qu’elle dit un vers de Musset. 

Je ne sais pas vous, mais Mme de Guermantes a un mot critique à dire sur tout le monde derrière son dos, et je trouve ça loin d’être admirable.

Je découvre Cali

On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata avec un autre chanteur sur scène avec Pascal Obispo. Cette fois, il s’agit de Cali.

Cali à la Pause Guitare en 2015, Photo par Gyrostat, CC BY-SA 4.0

Je dois dire au début que je ne l’ai vraiment pas remarqué dans l’ensemble pour « Allumer le feu », mais il est revenu sur scène deux fois de plus — une fois en tant que soliste pour « Pour un flirt » de Michel Delpech, et une fois pour « Super Nana », un de 5 chanteurs derrière Michel Jonasz. Dans les gros groupes, il a un peu disparu, car sa voix n’a rien de spécial — mais j’étais sérieusement impressionné par son énergie et présence en tant que soliste. (Voici le clip officiel, mais ça n’a pas marché quand j’ai essayé de le vérifier.)

J’étais donc étonné d’apprendre que Cali, de son vrai nom Bruno Caliciuri, est né en 1968 — je l’avais pris pour un homme de 30 ans. (Je suis vraiment nul avec les âges des autres.) De son côté paternel, sa famille est italien et espagnol ; du côté maternel, italien et français. Il a grandi à Perpignan, l’un de 5 enfants, et a perdu sa mère à cancer à ses 6 ans, et son père à ses 16 ans. C’était donc une enfance très difficile.

Après son bac, il s’est lancé en tant que musicien dans des groupes locaux, Indy et Tom Scarlett (voici un clip). Ce dernier group a fait la première partie pour Dionysos et Bénabar, mais est autrement peu connu. Cependant, une diffusion de sa piste solo, « Tout va bien », sur France Inter suffit pour le gagner un contrat chez EMI. Écoutez-la si vous voulez, mais je dirais que rien n’allait bien en écoutant cette piste plutôt lourde :

Cependant, en tant qu’une piste de son premier album, L’Amour parfait, c’est une réussite — l’album s’écoule à 550 000 d’exemplaires, un album platine. « C’est quand le bonheur ? » est meilleure comme chanson, mais toujours avec des paroles déprimantes :

« Le grand jour » mérite une place dans un bar quelque part, alors que la chanson éponyme, « L’Amour parfait », euh… ai-je mentionné sa vie difficile ? Vu la popularité de cet album, la bonne comparaison est le roman Les Souffrances du jeune Werther, de Goethe. Mais pour autant que je sache, personne ne s’est tué à cause de cet album.

La suite, Menteur, sort en 2005, se vend à 330 000 exemplaires, juste après la baisse de la signification de platine, de 500 000 à 300 000. C’est donc toujours platine !

« Qui se soucie de moi ? », la première piste, est une chanson presque positive — jusqu’à ce que l’on l’entende chanter :

« Pauvre garçon » est plus « métal », et « Menteur » plus… baroque ? (Il y a un clavecin.) « Je te souhaite à mon pire ennemi » évoque exactement les sentiments promis par le titre.

Son troisième album, L’Espoir, sort en 2008 et est accueilli comme plus positif. Il est brièvement classé numéro 1 en France. « Je ne te reconnais plus », avec Olivia Ruiz, ne somme pas comme Cali d’avant, avec des samples comme dans le rap :

Ses paroles me laissent un peu perplexe : « tu écoutes le jazz juste pour être accepté ». Croyez-moi, j’ai toute une collection de jazz, mais aucune idée de quoi il parle ! « 1000 cœurs débout » a des paroles bien Cali, mais ne le sonne pas. J’apprécie tellement le sentiment du « Droit des pères », mais c’est plus un discours qu’une chanson. Je note que Cali a aidé la création d’une association, Les Papas = Les Mamans, qui travaille pour exactement le droit des pères de rester actifs dans la vie des enfants après un divorce, et vous savez que rien n’est plus important pour moi.

Son quatrième album, La vie est une truite arc-en-ciel qui nage dans mon cœur, est jugé « plus rock, moins engagé » par les critiques — qui ne l’aiment pas. Il ne se vend qu’à 80 000 exemplaires. Moi, j’aime bien « L’amour fou », moins d’un discours que beaucoup de sa musique d’avant :

Mais on veut engagé ? Il y a « Lettre au Ministre du saccage des familles et des jeunes existences dévastées ». Je ne plaisante pas. « Je regarde mes dix-sept ans » me rappelle un peu « A Pirate Looks at Forty » de Jimmy Buffett — pas la musique, mais le même thème mélancolique de vieillir.

Son cinquième album, Vernet-les-Bains, est un hommage à son village aux alentours de Perpignan. Télérama dit de cet album que c’est « comme quand on se réveille avec une gueule de bois ». Je ne sais pas — « Ce soir je te laisse partir » n’est pas plus déprimant que son œuvre du passé !

« La grotte des amoureux » a plus l’air « gueule de bois ».

L’âge d’or, sorti en 2015, n’a pas connu de succès même si les critiques l’aimaient. « La vie quoi ! » profite de techniques de production plus modernes que d’hab chez Cali. Je l’aime bien :

Je me demande s’il écoutait « Fields of Gold » de Sting juste avant d’écrire « Le grand chemin ». Je l’aime bien aussi.

Il y a deux albums de plus, sortis en 2016 et 2020, mais à vrai dire, j’ai assez entendu pour avoir mon avis. J’ai écouté juste « Annie Girardot », mais il n’y avait qu’une référence à l’un de ses films et je ne sais même pas lequel.

Que penser de Cali ? Il n’est pas un grand chanteur, mais je veux être gentil. Il n’a pas de voix particulièrement forte, sa musique est toujours compétente mais n’a que rarement des mélodies intéressantes, et ses textes font souvent envie de pleurer. Pourtant, je sais ce que j’ai vu sur le plateau de Taratata. J’ai l’impression que Cali est plus sympa sur scène que dans le studio. Si je n’ai pas particulièrement envie de l’ajouter à ma collection, j’aimerais toujours le voir en live si possible.

Ma note : J’irais au concert.

Le coup de foudre du con

Je vais vous raconter une histoire 100 % vraie. Tout s’est passé mercredi soir. Elle réunit toutes les idées fixes du blog d’un coup. Vraiment, c’est un peu étonnant.

Mercredi après-midi, je me suis dit, « La Fille est partie, alors vous êtes libre non seulement d’aller chez Miguel’s Jr. pour une quesadilla, mais de marcher autant que souhaité pour Pikmin Bloom. N’oubliez pas d’aller acheter un billet pour la loterie Mega Millions, car le jackpot vient d’atteindre un milliard. » C’est important à savoir qu’il y a deux loteries nationales aux États-Unis. L’heure limite pour acheter un billet de Mega Millions est 19h45, mais l’heure limite pour Powerball est 19h.

Et c’est exactement ce que j’ai fait. Je suis arrivé chez Miguel’s vers 17h30, dans l’attente d’y rester environ 45 minutes. En m’asseyant, il m’est arrivé à l’esprit que sans l’avoir planifié, j’avais fait le choix idéal pour tous mes buts : Miguel’s est juste au coin de la rue d’une station-service où j’ai l’habitude d’acheter les billets quand la loterie devient assez intéressante. En plus, ça pourrait être le début d’une belle balade de 5 km si je continuais vers la prochaine rue et faisait un aller-retour.

Cependant, je n’avais pas compté sur quelque chose que vous allez devoir croire sur parole. L’un des gags récurrents de ce blog est la série d’annonces que telle ou telle personnalité médiatique est désormais mon coup de cœur. J’avoue avoir un cœur d’artichaut, mais la raison plus sérieuse pour ça, c’est que c’est aussi ma seule façon d’exprimer de tels sentiments, dans un contexte où, franchement, il n’y aucune chance que quoi que ce soit arrive. Je suis au courant que certaines personnes préféreraient que ça arrête — mais vu ce qui se passe quand soit des connaissances soit des inconnues pensent que j’ai dit la moindre chose, et vu que j’ai définitivement quitté les applis de rencontre, vraiment, je garde la bouche fermée autrement.

« Que diable, Justin », me dites-vous, « qu’est-ce que ça a à voir avec Miguel’s ou la loterie ? » Tout ça est une longue explication de pourquoi je n’ai absolument rien dit quand une jolie femme s’est assise seule à deux tables de moi. J’ai pensé pendant une éternité à lui demander s’il la dérangerait à dîner ensemble. Mais en fait, seulement 5 minutes étaient écoulées. Puis, j’ai eu ma commande et elle la sienne, et j’ai décidé que le moment était passé, que c’était trop tard. Pourtant, je restais curieux, même si elle n’a jamais une fois arraché les yeux de son portable. (C’est malpoli de fixer les yeux ; je crois que j’ai évité ça.) Je n’ai pas quitté Miguel’s jusqu’au moment où elle s’est levée.

C’est ainsi que je ne suis pas arrivé à la station-service qu’à 19h05, et le caissier m’a dit que je viens de rater l’heure limite. J’ai quand même acheté deux billets pour le prochain tirage, le samedi, me disant que peut-être que personne ne gagne.

Vous savez déjà ce qui s’est passé, non ?

Gros titre du journal The Detroit News pour annoncer le résultat.
Capture d’écran

Ça dit : « Le gagnant de Powerball dans le Midwest aura 1 milliard de dollars ; 2 billets dans le Michigan valent 50K $. »

Bon travail, Justin. Au moins j’ai eu une bonne balade d’une heure :

C'est une carte qui montre ma route avec des fleurs virtuelles « plantées » pendant mon trajet.

J’ai l’impression que je vais regretter mercredi soir pendant longtemps, et je ne sais même pas si je parle des billets ratés.

Les mésaventures de La Fille au pays du travail

Je n’ai pas demandé le droit de publier ce qui suit, mais aucun vrai nom sera utilisé, sauf le mien.

Entre les deux tomes de Lewis Carroll sur son personnage Alice, je préfère Les Aventures d’Alice au pays des merveilles. Mais c’est le titre de la suite, « Through the Looking-Glass », De l’autre côté du miroir, qui est devenu une expression en anglais pour une situation apparemment surréaliste pourtant réelle.

C'est le roi (en forme d'une pièce d'échecs) avec Alice et le Lapin blanc
Dessin du roi pour De l’autre côté du miroir par John Tenniel, 1871, Domaine public

Il y a deux semaines, La Fille a passé son tout premier entretien d’embauche pour un boulot. À vrai dire, j’étais contre cette idée. La onzième année, ou comme on l’appelle en français, première, se considère l’année la plus importante pour les candidatures aux facs américaines. Je préférerais qu’elle se concentre sur ses études, mais quelqu’un insiste autrement. Et cette personne ne me parle plus du tout sur ce qui se passe dans la vie de La Fille.

Et oui, vous allez dire, « Vous êtes quoi, un saucisson ? Les parents doivent être d’accord, non ? » Bien sûr, je pourrais insister sur mes droits et prendre rendez-vous chez l’arbitre. Ce serait cher, et il n’y a aucune garantie quant au résultat.

Alors, l’entretien. C’était chez une entreprise consacrée au soutien scolaire pour les élèves des écoles primaires et des collèges. J’ai fait de mon mieux pour préparer La Fille — j’ai trouvé des questions mentionnées par des anciens candidats sur des sites consacrés à l’emploi, et on a fait des répétitions. Je n’étais pas présent, mais selon La Fille, l’entretien semblait bien passer, et elle a entendu qu’elle aurait une décision d’ici une semaine.

Ça nous amène à mon vrai sujet, le manque total de professionnalisme dans ce pays. Seulement une entreprise m’a jamais contacté après un entretien pour me dire non, Google. Je vous ai raconté l’histoire de ce qui s’est passé chez Samsung — il valait mieux que ce gérant-là se taise, au lieu de ce qu’il a fait. Mais autrement, alors qu’il vous faut faire attention à écrire des notes après un entretien, remercier tous concernés pour leur temps, etc., si l’entreprise ne vous veut pas, elle laisse tomber sans un mot. C’est pour ça que j’ai évoqué De l’autre côté du miroir — comment ose-t-on insister que le reste du monde ait des qualités que l’on ne possède pas du tout ?

Il me semble que l’on a donc la décision dans ce cas. Mais La Fille n’accepte pas cette situation, et je l’ai aidé à écrire une courte note pour relancer avec le gérant. Je la traduis :

Bonjour Monsieur,

J’aimerais relancer après mon entretien récent pour un poste au sein de votre entreprise. Y a-t-il d’autres questions que vous avez pour moi ?

J’ai profité de l’opportunité pour en savoir plus sur cette opportunité et j’espère prendre des nouvelles bientôt. Merci encore de votre temps.

Sincèrement, La Fille

En tant que parent, la lettre que j’écrirais à sa place, en sachant que l’on sait vraiment déjà, elle serait tout autre chose :

Cher Connard,

Vous avez plein à dire sur l’importance d’être fiable et responsable, mais il n’y a évidemment pas de miroirs chez vous.

Je vous prie d’accepter, Monsieur, mes salutations les plus distinguées d’un bon voyage pour vous faire voir chez les Grecs.

Sincèrement, Justin

Je regrette tellement que ce soit ainsi que La Fille commence à apprendre vraiment comment marche le travail aux États-Unis. Mais après tout ça, je dois poser la question intéressée : puis-je m’attendre à mieux en France ?

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Sur les traces des points

Parfois, c’est le fait d’écrire une Langue de Molière qui me mène à une autre, et c’est exactement notre sujet du jour.

Il y a des semaines, j’ai écrit sur Raiponce, comme font tous les hommes d’âge moyen. Il y avait un mot anglais que j’avais vraiment envie d’utiliser, mais je ne suis pas arrivé à trouver la bonne traduction. En particulier, je voulais l’expression pour ce qui s’appelle « plot point » en anglais, les détails d’un scénario qui avancent l’histoire. Pour donner un exemple du niveau de détail souhaité, si on parlait des Trois Mousquetaires, on voudrait mentionner :

  • Le Comte de Rochefort lutte contre d’Artagnan et vole sa lettre d’introduction
  • D’Artagnan rencontre les Mousquetaires
  • La reine donne son collier à son amant
  • Etc.

Mon dictionnaire bilingue n’a eu rien d’utile pour cette expression absolument banale et quotidienne. Je suppose que c’est parce qu’il vient du Royaume-Uni, et selon les preuves des émissions britanniques qui passent à notre télé, le seul point à mentionner est que des aristocrates prennent du thé toute la journée. Pas besoin d’un mot pour ça.

J’ai donc posé la question à Google Traduction, qui a rendu « point de trace ». Ah oui, évidemment, je voulais dire une imprimante grand format, un truc qui trace (« plot ») des points :

C'est un traceur, une imprimante pour des feuilles A0 ou A1, souvent utilisé par des ingénieurs ou des architectes.
Traceur couleur, Photo par UnderwhelmingToaster, Domaine public

Il faut que j’ajoute que juste avant de publier cet article, j’ai répété l’expérience, et Google m’a enfin rendu une bonne réponse, à ne pas dire la seule et unique. Mais c’est trop hilarant pour laisser tomber !

Il me semblait un peu incroyable que cette expression ne serait pas connue pour Google, alors j’ai vérifié le dictionnaire d’anglais américain, Merriam-Webster. J’étais étonné de découvrir que cette expression n’existe pas selon eux. Et le dictionnaire Collins ? Pareil. Peut-être que mon anglais est trop « britannisé » ? J’ai donc vérifié le dictionnaire Cambridge, qui ne l’a pas, mais m’a recommandé « plot line » :

Capture d’écran

Ça dit « l’histoire d’un livre, film, etc. » Si on se souvient de sa géométrie, c’est quoi une « line », une ligne ? L’objet défini par deux ou plus de points ! Quel sens de l’humour, les britanniques.

J’ai donc cherché Wikipedia en anglais, juste pour me rassurer que cette expression existe quelque part. Voilà :

Capture d’écran

C’est ça qui m’a enfin donné la clé. L’article en anglais parle de l’écrivain Syd Field, anciennement professeur d’écriture de scénario à l’Université de la Californie du Sud (sans pourtant jamais avoir vu l’un de ses scénarios réalisés !). Il s’avère que ce monsieur a une page sur Wikipédia en français. Et là, on lit :

Auteur de Screenplay: The Foundations of Screenwriting, Syd Field a popularisé les concepts de « point d’intrigue[2] » (événement à partir duquel l’action de l’intrigue s’oriente dans une nouvelle direction) et de structure en trois actes.

Voilà, l’expression que je cherchais, c’est apparemment « point d’intrigue ». Je vous ai dit ci-dessus que Google a eu une bonne réponse la deuxième fois : c’était « élément de l’intrigue ».

Est-ce que c’est vraiment le dernier mot ? J’ai mis « point d’intrigue » dans Google pour rechercher des exemples, et ça m’a mené à cet article sur un site francophone, Plotiar :

Un point de basculement (plot point) est tout événement qui modifie significativement la trajectoire de l’histoire. Bien que chaque scène doive faire avancer le récit, les points de basculement sont les moments où l’histoire pivote : une nouvelle information est révélée, une décision est prise, ou les circonstances changent d’une manière qui ne peut être défaite. Ce sont les murs porteurs de votre structure narrative.

Point de basculement

Pourtant, une recherche pour cette expression m’a rendu des centaines de résultats pour l’écologie, pas les livres ou les films ! Voici un exemple d’un site du gouvernement français :

Le rapport Global Tipping Points Report 2025 alerte sur des seuils écologiques et climatiques déjà franchis ou imminents. Fonte des glaciers, disparition des récifs coralliens, perturbation des courants océaniques… Ces points de bascule risquent de déclencher des changements irréversibles.

Comprendre les points de bascule

Vous aurez remarqué que Google a triché ici, car « bascule » est lié à, mais pas le même mot que, « basculement ». Mais s’il y avait beaucoup de résultats exacts, on les aurait eu à la place de ces autres.

Il me semble donc que cette recherche a terminé sur le fait qu’il n’y a pas de traduction acceptée, peut-être parce que cette idée ne fait pas partie du discours autour de ce sujet en français. Et ça va ! S’il y a une leçon derrière toutes ces recherches, c’est que tout le monde ne voit pas le monde de même façon.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine avec un fait surprenant sur les accords.

Le brookie cheesecake de Péla

J’ai eu une soirée de tarot samedi dernier, et comme j’essaye de ne jamais apporter deux fois le même dessert, il me fallait quelque chose de nouveau. En même temps, La Fille m’avait demandé d’avoir un peu moins de sucreries à la maison, alors je n’avais pas testé cette recette mercredi dernier comme prévu. Mais il s’est avéré qu’attendre l’événement était le bon choix — ce brookie était très bien accueilli par les expatriés, et on a fini par manger seulement la moitié à la maison, mieux pour juste deux personnes. Le voilà :

Brookie cheesecake entier

Vous ne voulez pas resister, je le sais. Allons le préparer !

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Saison 5, Épisode 19 — Tarquin la salade

Je vous laisse d’abord deux pépites sur les coulisses du blog. D’abord, si vous recevez la version courriel du blog, vous avez sûrement remarqué que le gros-titre disait seulement « Dimanche avec », sans nom après. Quand je commence à écrire, je mets ça comme titre en planifiant de choisir un nom selon ce que je lis. Ce n’est pas la première fois où j’ai oublié. L’autre chose, c’est que pour comprendre les gros-titres de la balado, c’est important de savoir que la salade César a été créée à Tijuana, juste à travers la frontière mexicaine de ma maison natale.

Demain, vous aurez une recette de Péla avec quelques petits changements. Je lui ai écrit un message privé hier pour dire que les expatriés ont tellement apprécié ce dessert. La Fille l’aime tant qu’elle m’a déjà dit que je devrai le refaire quand une de ses amies nous rendra visite plus tard en août.

Ce week-end, j’étais déçu d’apprendre que Pikmin Bloom avait un défi de marcher 10 000 pas soit samedi soit dimanche. On était en pleine canicule de 34 °C chez moi ! Mais je voulais vraiment le réussir et j’aime faire souffrir La Fille, alors voilà :

Capture d'écran pour me féliciter d'avoir dépassé 10 000 pas.

« Mais Justin », me dites-vous. « quel genre de parent êtes-vous ? Et depuis quand aimez-vous prendre du soleil à ce point ? » Depuis jamais. Vous devriez déjà connaître exactement le genre de personne que je suis. Nous sommes allés chez South Coast Plaza pour rester dans un intérieur bien climatisé pendant 4 heures et aller dans l’un des restos préférés de La Fille, Ruby’s Diner. Et parce que je suis un vrai saligaud, nous sommes passés par chez Läderach pour des échantillons gratuits de leur chocolat. Comme dit mon ex, « L’Enfer, c’est Justin. »

J’ai reçu un petit cadeau sur Twitter ce week-end. Mon journaliste préférée, Anne-Élisabeth Moutet, a remarqué mon billet sur les burritos et a laissé cette réponse :

Ça dit : « Et c’est avant le pourboire. »

J’ai tout de suite envoyé une capture d’écran à un ami anglophone pour lui dire, « Tu ne comprends pas pourquoi, mais je vivrai jusqu’à mes 100 ans de ce tweet. » Pour autant que j’aime me plaindre du narrateur proustien, on partage le soif d’être remarqué.

Au fait, Facebook m’a tarquiné — euh, taquiné — cette semaine à cause d’avoir un nouvel abonné à la page du blog, pour la première fois cette année :

C'est un graphique qui montre zéro abonnés pendant deux semaines, puis un bref pic à 1, puis 0 encore. La légende dit : « Vous avez obtenu moins de followers la semaine dernière. Publier tous les jours peut vous aider à développer votre audience. »

Ah oui, je ne publie pas quotidiennement, merci Facebook.

J’ai donné du sang entier cette semaine. Je suis ravi de vous dire que je n’étais pas anémique. Les comprimés de fer ont évidemment leur effet.

Notre blague traite d’un sermon. Nos articles sont :

Les Bonnes Nouvelles racontent une mesure pour protéger les animaux à Nice. Les gros-titres sont Jamais et Salade.

Sur le blog, il y a aussi Piéton, une plainte sur les chauffeurs agressifs, Je découvre Superbus, la dernière entrée du Projet 30 Ans de Taratata, Ici et là, des nouvelles personnelles et Burrito, sur la polémique aux États-Unis autour du prix de ce plat.

Si vous aimez cette balado, abonnez-vous sur AppleGoogle PlayAmazonSpotify, ou encore Deezer. J’apprécie aussi les notes et les avis laissés sur ces sites. Et le saviez-vous ? Vous pouvez laisser des commentaires audio sur Spotify for Podcasters, qui abrite la balado. Bonne écoute !