Mes plaintes, édition soleil levant

Je sais qu’à la fin de chacune de mes vacances, ce à quoi vous vous attendiez le plus, c’est que je râle. Mais la plus vieille partie de cette tradition, c’est que je râle sur la France. Et vu que je viens de passer une semaine entière dans un pays où les traditions datent d’un millénaire, même plus, il faut respecter les traditions, non ?

C'est l'entrée au hall où les passeports sont contrôlés à Los Angeles -- le panneau sur la porte dit « Bienvenue aux États-Unis d'Amérique ».
Le retour malheureux

Commençons donc avec ce que l’on appelle « l’éléphant dans la pièce » en anglais, la question de la langue. J’ai étudié le japonais pendant 2 années — il y a 30 ans. Et franchement, j’ai réussi toutes mes leçons de Duolingo en juin avec des scores de 98 %, non parce que je suis un génie, mais parce que j’ai raté l’examen au début, et l’appli m’a mis dans une unité trop facile en conséquence. Je connaissais déjà tout ce que j’ai fait avec Duolingo avant le voyage. Pourtant

Savez-vous où je vais ?

Je suis arrivé au Japon avec un niveau tellement pire que mon premier voyage en France, un niveau qui aurait faire pleurer ma chère Miyake-sensei à la fac… mais avec seulement deux ou trois exceptions, les japonais ont vraiment apprécié mes efforts, même s’attendant à un niveau que, franchement, je n’ai jamais possédé de la vie. Partout où je suis allé, je commençais les conversations avec un « Ohayō gozaimasu » (bonjour avant environ 11h), « Konnichi wa » (bonjour jusqu’au coucher du soleil) ou « Konban wa » (bonsoir), je m’inclinais, et ça suffirait pour que la conversation se déroule presque entièrement en japonais. Parfois, j’ajoutais même un « Sumimasen, sukoshi nihongo ga dekimasu, ne » (Désolé, je ne parle qu’un peu le japonais ») et ça provoquait presqu’un sens de gratitude, suivi par des inondations de japonais à un niveau qui dépassait mes compétences. J’étais, comme on dit en anglais, « aussi content qu’une palourde » (veuillez ne pas me demander pourquoi, je n’ai aucune idée — mais c’est une bonne chose).

Que les Français fassent attention à cet exemple !

Cependant, je suis bien au courant que ça vient d’un fond de… comment dire ça… pas racisme, exactement, mais d’attentes si basses que même un koi pourrait les dépasser. Pendant le mois dernier, plus mon compte Insta a reconnu que je cherchais des contenus japonais, plus j’ai vu des clips amers tournés par des Américains d’origine asiatique pour se plaindre qu’en Asie (non seulement au Japon), les locaux flagornaient les blancs qui montraient la moindre compétence en japonais ou en chinois, alors qu’ils pouvaient connaître tres bien les langues et étaient quand même méprisés pour ne pas avoir un niveau natif. C’est-à-dire que cette appréciation est un peu de tricherie de ma part, car j’ai l’air étranger.

Peut-être que c’est un peu mon problème en France ?

Je ne veux pas du tout suggérer que c’était insincère. Il y a eu un moment presque touchant à Kyoto, dans le parc Uzumasa, quand j’ai fait mes excuses pour mon niveau et la femme qui prenait ma commande m’a répondu « Eigo ga dekimasen » (Je ne parle pas anglais). Il n’y avait que très peu de touristes non-japonais dans le parc — c’est vraiment pour les autochtones — et je suis certain qu’elle était vraiment reconnaissant. J’étais sûr d’ajouter « Oishii deshita, arigatō gozaimashita » en partant, « C’était délicieux, merci tellement », et je sais que c’était apprécié.

Ça nous amène à l’autre problème de langue. J’entends souvent des Français, « Bah, notre niveau en anglais, c’est gênant. » Pourtant, même aux stations-service en Normandie, presque tout le monde pouvait changer en anglais dès qu’ils ont entendu mon accent. Au Japon, le niveau d’anglais est tellement pire qu’en France. Même à Tokyo, c’était souvent le cas que le personnel aux grandes surfaces et aux restos ne connaissait que quelques mots. Naturellement, mon père, comment a-t-il réagi ? En « anglaissant » plus lentement et plus fort aux pauvres (La Fille et moi avons fini par adopter le mot « English » comme verbe). Encore pire, il insistait sur utiliser des mots certainement inconnus. Aux États-Unis, si vous buvez soit du café soit du thé dans un resto, il y aura au moins 3, souvent 4 ou 5, couleurs de petits paquets sur la table, chacune avec un genre différent d’édulcorant artificiel (ainsi que du sucre). En anglais, ceux qui ne sont pas de sucre se disent « sweetener ». Et il ne prend jamais du sucre, alors il utilisait ce mot avec tout le monde — je vous promets, personne ne l’a jamais compris.

Il y avait pire. L’une des choses que je déteste le plus en Europe, c’est les lecteurs de cartes de crédit apportés à la table. Dans un pays comme le mien où on ajoute un pourboire, c’est inacceptable que le serveur reste debout et vous regarde en train de le calculer. Ici, le serveur apporte l’addition à la table, et si vous payez par carte, il l’apporte à la caisse et revient avec un ticket que vous signez en ajoutant le pourboire, avec un stylo, sans le serveur. Au moins, c’était comment on faisait avant d’adopter le système européen partout ces 5 dernières années. Je mentionne tout ça car au Japon, en fait vous êtes censé aller à la caisse après avoir lu l’addition, puis le caissier l’entre dans le lecteur, où vous vous occupez de la transaction. Ils ne veulent pas toucher à votre carte.

Mon père insistait encore et encore sur donner la carte aux serveurs, ce qui les rendait visiblement inconfortables. Après plusieurs fois, je lui ai dit, « Arrête de faire ça, c’est bien évidemment pas comment on fait dans ce pays. » Sa réponse ? « C’est comment on fait dans mon pays. »

Je n’en peux plus de ça. Je ne devrais pas partager cette anecdote, je le sais, mais c’était l’expression de tout ce qui énerve le monde entier quant aux Américains. Avez-vous remarqué que j’apprends la langue de chaque pays que je visite, sauf l’Italie ? Ce n’est pas par hasard — on dit en anglais, « Quand on est à Rome, il faut faire comme les Romains. » On sait mieux que notre réputation. Après un certain point, je dois croire que c’est pour me montrer qu’il ne va jamais me laisser mener les choses.

J’ai une petite plainte qu’il faut avoir des billets pour utiliser des cartes. Partout, on n’accepte pas de cartes bancaires, juste des billets ou — de préférence — des « cartes IC ». Une carte IC s’utilise exactement comme une carte bancaire, mais il faut l’acheter uniquement avec des billets. Je n’avais apporté aucun billet, car j’avais entendu parler que l’on utilisait des cartes partout. Comme Humphrey Bogart dans le film Casablanca, j’ai été mal informé.

Vous avez sûrement remarqué que mes plaintes cette fois ne sont guère sur les japonais eux-mêmes. Ce n’est pas par hasard. Demain, il y aura un dernier billet avec mes réflexions sur la grande tristesse derrière ce voyage. Puis, j’ai un cadeau pour vous tous, et après ça, on quittera enfin le Japon.

Les achats des vacances

Comme chaque fois où je pars en vacances, je suis arrivé au Japon avec quelques buts, mais seulement une idée claire de ce que je voulais ramener à la maison. Et il s’est avéré que cette fois, j’ai échoué mon rêve — juste pour finir par le réussir après le retour ! On en parlera la semaine prochaine dans un billet inattendu.

Alors, si en France, je savais que je devais trouver du nougat de Montélimar (mais pas qu’il deviendrait une obsession), je savais qu’au Japon, je voulais découvrir les bonbons locaux. Je savais que je voulais acheter quelque chose d’artisanal, un objet pour le quotidien, sans savoir vraiment quoi. Et bien sûr, il devait y avoir un aimant, car il y a toujours un aimant (j’ai une petite Tour Eiffel, des détails de la Tapisserie de Bayeux, le Musée de la Mafia, etc.).

Comment je m’en suis sorti ?

Le premier jour, pendant notre visite chez Mitsukoshi, il y avait un étage plein d’objets bien japonais — des bols à riz, des boîtes urushi, et bien sûr, des hashi, ou comme vous dites, des baguettes. J’ai fini par dépenser environ 15 $ pour cette paire ; j’aurais facilement pu en dépenser 200 :

Voici une meilleure vue des poignées :

J’aurais tellement aimé vous montrer cet étage-là, mais les photos étaient interdites.

Chez Nintendo, La Fille voulait cette poupée de son personnage préféré de la série Pikmin, le chien Otchin :

Ce que j’aurais vraiment aimé, c’était un t-shirt de Metroid. J’ai fini avec ce t-shirt de Nintendo :

(C’est toute la décoration, même s’il reste dans la boîte.)

Mais ce bac à glaçons produit des Metroids !

Voici une vue de plus proche :

Le dos du carton promet qu’avec un peu de colorant rouge et bleu, on peut produire de vrais Metroids, mais ça prendra bien un jour et demi, car il faut d’abord mettre juste un peu d’eau rouge au fond, puis plus d’eau bleue une fois que la rouge est congelée.

Chez le Kirby Café, j’achète un CD de la musique qui y jouait :

Et chez Tower Records, j’ai acheté un disque des 30 premières années de Zelda :

Hélas, Tower n’a pas eu ce dont je voulais vraiment.

Et l’aimant, acheté au Musée national :

Mais les bonbons, c’était la partie la plus intéressante. Au Japon, les KitKat sont une obsession. Il y a une vingtaine de parfums. On en a acheté deux, au cheesecake aux myrtilles et à la pêche :

Les KitKats étaient les seules choses achetées à l’aéroport. Mais maintenant, je veux vous donner une vraie idée du terminal international !

L’un des premiers magasins que l’on a trouvés, c’était plein de souvenirs japonais. Cet étalage dit « Jouets japonais » — et c’est plein de Gundam et de Pokémon :

Ailleurs, il y a des maillots de foot d’après l’équipe japonaise. Vivement que ce concours quitte les États-Unis — les embouteillages vers LA sont encore pires que d’hab !

Je ne veux pas entendre « Faut pas porter un kimono si l’on n’est pas japonais », car ils sont heureux de les vendre aux touristes. Cependant, remarquez combien de pancartes disent « fabriqués en Chine/au Myanmar » :

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Aimez-vous les coquilles Saint-Jacques ? Séchées ? Voici l’étagère en haut !

Très proche, il y avait une boutique d’une marque de perles, Tasaki, concurrent de Mikimoto. Ces deux bijoux coûtent environ 25 000 € chacun (les étiquettes sont en bas à droite). J’ai failli vous raconter une histoire horrible sur mon ex et des perles de Mikimoto pour le Jour de la Catastrophe. C’était si horrible que vous diriez que je dois être un sale menteur. Mais La Fille lit parfois ce blog.

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Il y avait aussi des pâtisseries à l’européenne dans ce magasin, des gâteaux roulés et langues de chat — au matcha :

Dans un autre magasin, plus d’une épicerie, on a trouvé un étalage énorme de KitKats :

Il y a de tels parfums que wasabi et matcha :

Un panneau proclame « Marque de chocolat #1 au Japon ! » et il a raison :

Vous ne le saviez pas, mais vous voulez un sac Pilachu (personnage emblématique de Pokémon) pour cet achat :

Ce magasin a aussi une collection de porte-clés et d’aimants. Je m’en suis mieux sorti au musée :

Il y a une décennie, La Fille a acheté un maneki-neko, un chat chanceux, chez Mitsukoshi à Disney World en Floride. Le sien ne bougeait pas. Ceux-ci, oui :

Les boissons portent aussi des dessins de Pokémon :

J’ai vu cette pub pour une liqueur que je n’avais pas goûté, choya, à base d’un fruit dit ume (abricot japonais). Ça m’intrigue :

La pub promet qu’un verre de choya a le même effet que manger un ume. Pas sûr.

Dans un magasin « hors taxes » (mais à prix élevés !), on trouve des gâteaux et des bonbons intéressants. Une gamme dit « Tokyo Banana » offre des gâteaux fourrés de crème avec une variété de parfums : banane, bien sûr, mais au chocolat, au rhum et raisin sec, au miel, etc. Ceux-ci sont décorés avec Rilakkuma (un ours) et Doraemon :

Des amandes au chocolat au goût de matcha sont là :

Quelque chose qui m’étonne — n’importe qui peut atteindre le tabac, même s’il faut avoir 16 ans pour l’acheter. Essayez ça en Californie !

Le cognac Louis XIII s’y vend, dont en bouteilles de 10 ml pour 50 000 ¥ (270 €) :

Mon seul regret dans ce magasin, c’est que mon Scotch préféré est Glenomrangie, et il y avait une version limitée au Japon, « Un Conte de Tokyo ». À environ 81 $, le prix n’est même pas pire qu’aux États-Unis. Je n’en bois qu’une ou deux fois par an, alors impossible à justifier. Mais il y avait une larme :

Les distributeurs au Japon sont comme nulle part ailleurs. Au dernier rang de celui-ci, il y a un boisson au chocolat froide, Georgia Ice Cocoa. Disons que j’ai déjà fait de nombreuses enquêtes, mais personne ne l’importe aux États-Unis :

Voici un autre magasin avec de vrais kimonos locaux — tout là est garanti fabriqué au Japon :

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On finira dans une épicerie 7-11, une marque américaine encore plus réussie au Japon qu’aux États-Unis, au point où la société américaine est désormais la filiale, pas l’autre sens.

Les biscuits Pocky se trouvent chez moi, mais pas ces cartons géants à 5 parfums !

Plus de biscuits en forme de Pokémon, les personnages Pikachu et Évoli

Il y a une gamme de chocolats en forme de champignons, au goût de matcha :

Les coquilles Saint-Jacques séchées sont là :

Je ne sais pas pourquoi on achèterait du café moulu juste avant de voler, mais je suppose si ces marques vont vous manquer :

La marque de chocolat qui va nous manquer s’appelle « Crunky ». L’anglais sur les cartons est horriblesnacky n’est pas un mot — mais le chocolat est très bon :

7-11 a sa propre version du chocolat froid :

Souvenez-vous du sandwich aux œufs que j’ai détesté chez Mitsukoshi ? C’est là à emporter :

Il y a toute une gamme de pâtisseries japonaises :

Parmi les plus intéressantes, de petits pains à la sauce soja :

Et des baumkuchen, une pâtisserie allemande très bien aimée au Japon :

J’ai failli acheter ces bâtonnets de poisson au goût de crabe juste pour dire que je l’ai fait dans un 7-11 — il n’y a rien comme ça dans les nôtres !

Il y a toute une étagère consacrée aux produits au goût de matcha :

Et peut-être que ça m’amuse que moi, mais ce chocolat produits en partenariat avec la chaîne de glaceries américaines Baskin-Robbins me tuepourquoi ne peut-on pas avoir pareil ?

Vous pouvez le voir — j’aurais ramené le pays entier dans mon sac à cabine si je le pouvais !

Bannière qui dit « C'est le 1er » avec des dessins de 3 desserts : bûche de Noël, religieuse, macaron à la framboise

C’est le 1er, version juillet 2026

Je continue de copier Light & Smell avec des listes de mes articles préférés au premier du mois. Ça vient d’Allez vous faire lire, mais je ne suis pas exactement ses règles.

J’essaie d’éviter les billets sur la canicule ici. Ce n’est pas à dire que je ne la prends pas au sérieux, mais si on commence déjà avec ça, que ferai-je pour le billet de août ?

Bannière qui dit « C'est le 1er » avec des dessins de 3 desserts : bûche de Noël, religieuse, macaron à la framboise

Nouveaux à moi :

  • Mon p’tit nid, un blog que je suis depuis quelques mois, publie entre 2-4 fois par mois, sur tout genre de sujet, dont les commentaires loufoques au-dessous des recettes sur Internet, la malchance, et ses avis impopulaires. Ses billets ont tendance d’être longs et de faire des digressions, mais toujours dans un sens intéressant. Ça vous rappelle quelqu’un ? Oui, si vous aimez ce blog, laissez tout tomber et aller le lire !

Les habituels :

Actif ailleurs :

Mathilde’s little things n’a rien de nouveau.

À encourager :

Rien de nouveau chez Un Esprit Sain Dans Un Corsage, Petits plats entre amis, Les souris de Paris, Bonheur des yeux et du palais, Madame Radio, Maman Lyonnaise, La tête dans le panier, Carnets d’une plume, Manonpatis, Le site du Shifâ’, Thriller Addict , La lectrice en robe jaune, Et si Facebook disparaissait?, Bessie’s Bazaar, L’Atelier du Phoenix, et Bonheurs culinaires. Laissez-leur de gentils commentaires pour les encourager à reprendre !

La cuisine japonaise

J’imagine que certains d’entre vous mourraient de curiosité sur ce que l’on a mangé pendant ce voyage. Surtout puisque pendant notre voyage en France, je vous ai dit que l’on a mangé trop de trucs américains. Et je vous ai dit tout au début que nous sommes passés par chez McDo.

Parlons d’abord des repas à bord l’avion d’ANA, une compagnie aérienne japonaise. On y a mangé le dîner et le petit-déjeuner. Pour le dîner, ils nous a servi du poulet grillé avec du riz blanc, du tofu, et 3 trucs au vinaigre dont je n’ai eu aucune envie.

Dîner dans l'avion -- poulet grillé avec 3 petites boîtes de légumes au vinaigre inconnus

Le petit-déjeuner contenait une leçon :

Curry de bœuf avec un muffin aux myrtilles

Sous les œufs, il y a un curry de bœuf sur un lit de riz blanc. Il y a aussi un muffin sur le plateau, mais il s’est avéré que c’était plutôt typique des japonais.

Tournons maintenant à un sujet que j’ai évité en France il y a 3 ans, le petit-déjeuner quotidien. Pendant oute ma vie, alors probablement avant en plus, mon père a insisté sur manger dans l’hôtel chaque matin. Moi, qui ai abandonné le petit-déjeuner en 2006 à cause de la diabète, je n’ai jamais eu cette attitude même quand je mangeais ce repas, mais en France, c’était particulièrement ridicule, à cause de toutes les excellentes boulangeries et pâtisseries que nous n’avons pas visitées.

Mais au Japon, c’est tout autre chose. On a passé les 4 premières nuits, ainsi que la dernière, chez Villa Fontaine Grand Shiodome. On n’aurait jamais trouvé quelque chose comme ça à prix raisonnable ailleurs. En plus du yakitori (poulet grillé) et les pommes de terre en forme de visage souriant (en haut à gauche) et les pruneaux au vinaigre (en haut à droite), il y avait du curry de bœuf tous les jours, ainsi que des gâteaux roulés :

J’étais bien surpris à trouver ce panneau qui disait que les viennoiseries étaient fabriquées à base de beurre de Charentes-Poitou AOP ! Les pâtisseries elles-mêmes n’étaient même pas au niveau de ce qui vend Carrefour sous son propre nom, mais si vous pensez que je me plaignais, vous n’avez pas remarqué la longue durée depuis mon dernier voyage en France :

Je me suis vite adapté à l’habitude de manger du curry tous les matins — j’adore le curry japonais, très peu à voir avec ce que l’on mange en Inde — ainsi que du tamago, l’omelette japonaise :

À vrai dire, j’adopterais le curry au riz tous les matins avec plaisir, sauf que le riz blanc monte mon taux de glycémie en flèche encore plus que les viennoiseries !

Et si je vous disais que le petit-déjeuner était encore plus impressionnant à l’hôtel DoubleTree à Kyoto ? D’abord, je vous présenterai des choses qui n’ont pas besoin d’explication :

Je soupçonne que les viennoiseries et petits pains de la dernière photo venaient du même fournisseur que ceux de la Villa Fontaine. La baguette était très bonne, au fait.

Il y avait tout genre de trucs au vinaigre ou au tofu que j’ai pu sauter sans difficulté :

Mais il y avait aussi des choses familières faites avec du thé matcha. Il me faudra essayer de copier le cake au matcha, et peut-être les brownies au matcha — meme les mochis au matcha étaient excellents !

Des assiettes de cake au matcha, brownies au matcha, mochis au matcha et des cônes pour la glace

Les cônes ? Oui, il y avait de la glace au matcha !

Petit cône de glace au matcha

Mais le plus grand coup de cœur, c’était une spécialité locale, les onigiris kujo miso. Ce sont des boules de riz blanc, parfois fourrées d’algue, parfois assaisonnées avec du miso. Je doute que j’achète les bons équipements, mais je les ai adorés.

À Shinjuku, on a mangé chez Kakaya, un resto qui ne sert que des nouilles udon — c’est très typique pour les restos japonais de ne servir qu’un genre de plat. J’ai eu un plat dont je refuse de taper le nom, car c’est un mot qui a un sens brutalement pornographique et je ne veux pas apparaître dans les résultats pour ça, même pas par hasard. Mais il y a une photo de la carte ici, où les 3 genres d’udon sont expliqués à droite. Le mien, c’était le dernier des trois. Cette photo est à plus haute résolution pour aider à la lisibilité.

J’ai honte de vous dire que nos deux dîners à Kyoto ont été dans des restos de deux hôtels, avec des menus hyper-américains/européens. La première nuit, j’ai eu du poisson et frites :

Poisson et frites -- l'emballage des frites est en français

Cependant, il faut que je partage le papier pour emballer les frites. Aux États-Unis, ce genre de truc est habituellement imprimé avec des images de vieux journaux britanniques. Ici, c’est autre chose :

Je n’ai pas de photo de l’autre dîner ; j’étais franchement en colère.

Mais juste avant de partir de Kyoto, entre nos visites à Kyoto-Gyoen et la Tour de Kyoto, on a eu un repas spectaculaire, dans un resto avec exactement une chose sur la carte (les choix sont la taille et les boissons). Il s’appelle Gyukatsu Motomura, dans la Gare de Kyoto. Gyulatsu veut dire gyu, bœuf, et katsu, escalope. C’est du bœuf (ici faux-filet ; d’autres restos proposent plus de choix), pané avec un peu d’œuf et de la chapelure panko, frit dans de l’huile neutre jusqu’à mi-saignant. Si vous n’aimez pas cette température, il y a une petite grille sur la table pour le faire cuire plus longtemps. Mais il sortira toujours de la cuisine mi-saignant. Ce sont mes gens. Dans le bol avec le couvercle, il y a de la soupe miso.

Gyukatsu sur une assiette avec du chou blanc râpé, un bol de soupe miso, et un bol de riz blanc
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Si vous ne pouvez pas trouver quelque chose à manger à la Gare de Kyoto, c’est de votre faute — regardez tous ces choix (il y en a 40) !

Liste de restos dans la gare -- 5 rangs de 7 et un rang de 5
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Revenus à Tokyo, j’ai goûté le dashi-chazuke, une sorte de soupe au riz, ici avec des crevettes et un légume inconnu à la tempura. Le bouillon est sert séparément, dans une théière ; vous pouvez ajouter autant que souhaité.

Notre dernier repas « officiel » était chez McDo. J’ai enfin goûté le burger local, un « Samouraï Makku » — c’est au fromage et à la sauce soja, mais une sauce soja forte. Il y a autant de sel dans ce burger que dans les salines de Salins-les-Bains. Je n’ai aucune restriction, mais aucune boisson est assez grande pour aller avec. Vous pouvez voir que le ticket dit « Samurai Mac » en anglais dans la première photo.

À l’aéroport, encore une fois avec 3 heures pour rien faire, La Fille et moi avons quitté mon père pour explorer. Nous avons trouvé un bar à sushis. Il n’y a eu plus de thon, mais ces kappa maki (roulades au concombre) étaient magnifiques. Et tout ça, avec deux thés chauds compris et deux thés glacés, n’a coûté que 14 $. Dans un aéroport ! Je voulais pleurer.

Roulades de concombre avec deux tasses de thé chaud, deux verres de thé glacé

Demain, on aura C’est le 1er, suivi de mes achats avec un compte rendu des merveilles du terminal international à Haneda, puis nos deux colonnes de réflexions, et ce sera enfin la fin des aventures japonaises. Jusqu’à ce que je maîtrise plusieurs recettes pour partager !

Saison 5, Épisode 13 — Au pays du soleil levant

Après deux semaines d’absence, la balado est de retour. J’ai galéré avec quoi faire car tous les posts étaient pleins de photos, ce qui rend des enregistrements très difficile. À la fin, j’ai décidé d’enregistrer un sommaire plutôt qu’utiliser les articles directement. C’est édité à un millimètre de sa vie, mais c’est le truc le plus proche que vous trouverez d’un épisode en direct.

Depuis mon retour, c’est dingue à quel point les pubs que je reçois sur Facebook avons changé :

Je ne suis pas sûr pendant combien de temps ça va durer. Mais ça fait une semaine déjà !

Je vis des symptômes de sevrage aussi sévères qu’après n’importe quel voyage en France. Le lendemain de notre vol, je suis allé chez Mitsuwa (un supermarché) pour chercher nos boissons et bonbons préférés du voyage. Zen-zen. Euh, je veux dire, je n’y ai absolument rien trouvé. Je me suis fait une promesse d’arrêter avec Duolingo en japonais après le voyage. Je suis encore une fois un menteur.

Parlons de l’exemple de Duolingo le plus Justin du mois dernier ? Ceci dit Mainichi, kēki o tabemasu, « Je mange du gâteau tous les jours. » Je vous jure, ce n’est même pas vrai pendant mes semaines de tricherie sana honte après les prises de sang !

Il va falloir que j’arrête de manger du gohan — euh, du riz — avant qu’il ne me tue. Je n’ai pas tant mangé de riz blanc pendant un mois depuis une décennie, je crois. Mais avant de me faire arrêter, il y aura au moins deux recettes qu’il me faudra présenter

En parlant de recettes, j’ai fait quelque chose de Péla ce week-end, mais il attend le retour de La Fille demain ainsi que la fin de mes sommaires pour le publier. Langue de Molière sera de retour la semaine prochaine ; Proust sera de retour dimanche.

Certains d’entre vous savent déjà où j’étais vendredi dernier. L’organisateur des « soirées mecs » de l’OCA a organisé un séance de visionnage du match France-Norvège à un resto français, Crème de la Crêpe. C’est pas mal, mais très cher pour ce que c’est. Je n’ai toujours pas décidé si j’écrirai une critique. La crêpe dans ces photos s’appelait « Marine » — après les fruits de mer, pas l’autre ! — avec des coquilles Saint-Jacques, des champignons, et une sauce au vin blanc.

Quant au match, évidemment tout le monde était heureux car la France a gagné. Au début, quand l’hymne national a été joué, tout le monde autour des tables se sont levés pour chanter avec. J’ai hésité un moment, puis les ai rejoint. Mais à vrai dire, ça fait 12 ans depuis la dernière fois où j’ai regardé un match de FIFA (États-Unis contre Belgique).

Notre blague traite de Saint-Pierre. Plutôt que des articles cette semaine, il y a un court sommaire — sans notes ! — du voyage.

Il n’y a pas de Bonnes Nouvelles ni de gros-titres satiriques cette semaine.

Sur le blog, il y a aussi Chez Kirby, en haut du monde, le récit de notre visite au Kirby Café et la Skytree, À Kyoto avec le Bouddha, notre visite au temple Higashi Hongan-ji, Kyoto, le pays de Mario, notre visite à la boutique Nintendo, Le château de Nijo, notre visite au château nommé, Uzumasa Kyoto Village, le récit d’un studio en activité et Le jardin de Kyoto-Gyoen et la Tour de Kyoto, des visites au palais impérial et à la tour nommée.

Si vous aimez cette balado, abonnez-vous sur AppleGoogle PlayAmazonSpotify, ou encore Deezer. J’apprécie aussi les notes et les avis laissés sur ces sites. Et le saviez-vous ? Vous pouvez laisser des commentaires audio sur Spotify for Podcasters, qui abrite la balado. Bonne écoute !

Le jardin de Kyoto-Gyoen et la Tour de Kyoto

On finit notre séjour à Kyoto avec deux activités que l’on a faites après avoir quitté l’hôtel, mais avant de partir pour Tokyo. D’abord, on a visité Kyoto-Gyoen, le jardin où se trouve l’ancien palais impérial. Puis, juste à côté de la Gare de Kyoto, on a visité la Tour de Kyoto (environ 1/3 la taille de la Tour Eiffel).

La chanson du jour, c’est « Le jardin de Balamb » par Nobuo Uematsu :

Je n’ai pas beaucoup parlé de la météo pendant ce voyage. Avant de partir, on nous a prévu qu’il pleuvrait tous les jours. La vérité, c’est qu’il n’a plu que notre premier jour — et celui-ci. Il y aura quelques défauts visibles dans les photos où il y avait de l’eau sur les objectifs de mon portable.

Si vous vous rendez à Kyoto Gyoen par métro, vous allez finir par sortir de la station Marutamachi. Ça veut dire que peu importe votre choix de porte, vous allez marcher plus d’un kilomètre pour arriver au palais impérial. Ceci était trop pour mon père, qui a fini par ne pas nous accompagner dans le palais. L’accessibilité n’est pas un point fort du Japon, et c’est souvent le cas que dans les stations de métro, ceux en fauteuil roulant auront des problèmes, en raison de l’absence d’erebetaas… désolé, d’ascenseurs.

Nous sommes entrés par le portail Sakaimachi-gomon, l’entrée au sud :

Sur le chemin, il y a beaucoup de plantes vertes, au long d’un petit ruisseau :

Après presque 3/4 d’un kilomètre, on atteint enfin le coin du palais. On n’est toujours pas arrivés ! Mais ici, il y a un arbre intéressant, un muku (espèce trouvée uniquement en Asie) de plus de 300 ans :

Ce bâtiment s’appelle un okurumayose (lien en anglais). C’est une entrée réservée uniquement aux nobles et leurs carrosses.

Le Shodaibu-no-ma (lien en anglais) est une série de 3 salles d’attente, utilisées selon le rang du visiteur. On peut les voir par les fenêtres, mais comme partout au palais, défense d’entrer. La première, c’est la salle de sakura, cerisiers. La deuxième, de tsuru, grues. La troisième, de tora, tigres. C est en ordre de rang croissant.

On aimait tant les carrosses qu’après les salles d’attente se trouve le Shin-mikurumayose, le nouveau okurumayose (shin étant l’une de deux prononciations pour le kanji qui veut dire « nouveau »). Ce bâtiment ne date qu’en 1915 :

Comme je vous ai dit, on ne peut rien entrer, alors j’ai dû prendre cette photo du Shishinden (lien en anglais) derrière un portail. Ce bâtiment servait anciennement comme salon, mais de nos jours, c’est principalement pour les couronnements. Le bâtiment actuel date de 1855, mais le site sert le même but depuis des siècles.

Voici le Shunkoden (lien en anglais), construit en 1915 pour garder le Miroir divin, l’un des trois grands trésors de la famille impériale. Selon le lien, le bâtiment a été construit dans le but d’être permanent, et ça, c’était apparemment inhabituel pour les bâtiments cérémoniels.

Puis, on atteint le jardin Oikeniwa (lien en anglais), autour d’un étang. J’ai tourné un clip pour vous montrer tout :

Ce petit pont se trouve juste avant l’étang, et offre un chemin pour en prendre une balade autour. Dois-je vous dire vraiment si nous les paysans sont permis de le faire ?

Le sens de la visite se termine sur le jardin Gonaitei (lien en anglais), après lequel on est le bienvenu de quitter le palais directement. (Les japonais ne sont rien d’autre qu’efficaces.) C’est pourtant peut-être le plus spectaculaire de tous les jardins que l’on a vus, même si loin du plus grand.

Puis on était de retour à Kyoto Station. Là, on a mangé l’un des meilleurs repas du voyage, mais il faudra atteindre mon post sur la ryõri… désolé, cuisine… pour en savoir plus.

Après le déjeuner, on est allés à la Tour de Kyoto, construit au milieu d’un gratte-ciel :

Les premiers étages sont un marché, avec de nombreux restos et boutiques ; puis, il y a des bureaux. On achète un billet au 2e étage (les Français diraient le 1er), puis on prend l’ascenseur au 11e, et change d’ascenseur pour aller jusqu’à la plate-forme visible dans la photo.

Je n’ai pas pu trop prendre en photo, car c’était nuageux, mais voici quelques photos de trucs pas loin. D’abord, le temple de Higashi Hongan-ji, notre première visite après notre arrivée :

Juste à gauche du centre, vous pouvez voir la pagode de Yasaka, et derrière ça, le Ryozen Kannon, une statue d’un bouddha. Les deux sont à environ 2,5 km, ce qui vous donne une idée des limites de l’iPhone 15 Pro, ainsi que la visibilité.

Pas sûr de quels sont ces bâtiments, mais ils sont à la même distance que la pagode. Ce bord de Kyoto est plein de temples, alors c’en est probablement un.

Je ne suis pas sûr de quel est ce bâtiment, mais ce n’est pas Higashi Hongan-ji. Je vous ai dit, Kyoto est plein de temples !

Je ne peux pas résister à partager ce moment hyper-japonais : un cadre kawaii (ultra-mignon) pour prendre vos jouets en photo. C’est littéralement ce qui dit le panneau.

Finalement, le bureau de poste de la ville était très proche (logique, on est à quelques pas de la gare) :

Finalement, on a pris le Shinkansen pour notre retour. Celui qui est arrivé sur le quai avant le nôtre était décoré avec des personnages de Disney : Mickey et Minnie dans le premier cas, Donald et Daisy dans le deuxième. C’était pour fêter les 25 ans de Tokyo DisneySea, le deuxième parc de Disney à Tokyo.

Pour finir, je veux partager quelque chose de spécial. Pendant toute la semaine, j’ai entendu encore et encore la musique de Japan Rail chaque fois où nous sommes descendus des trains. Mais c’était seulement à bord le Shinkansen où j’ai enfin tourné un clip pour l’enregistrer, car nous ne descendions pas à cet arrêt. Si c’est moins cher à mon cœur que la musique de la SNCF, ce n’est pas moins joli :

C’est la fin de mes récits des endroits. Demain, il y aura un épisode de la balado, puis on finira mes posts sur le Japon selon l’horaire mentionné plus tôt.

Uzumasa Kyoto Village

Et si je vous disais que nous avons choisi de passer une demi-journée dans un parc d’attractions ? Oui, la fin de notre seule journée entière à Kyoto s’est déroulée dans un parc consacré aux films japonais. Mais on est très loin d’Universal Studios Japan (pas vraiment — c’est à seulement 57 km). Uzumasa Kyoto Village (lien en anglais) est une expérience culturelle que j’ai soigneusement choisi pour être quelque chose d’unique, pas l’énième temple ou musée.

La chanson du jour, c’est « Œilvert » par Nobuo Uematsu :

Comme les films de cape et d’épée, les japonais ont un nom pour les films fictifs qui traitent de leur histoire, jidaigeki. Littéralement, ça veut dire « drame historique », mais c’est particulièrement un genre qui traite de l’époque avant 1868 et la restauration de Meiji, ce qui a mis un terme aux shoguns, samouraïs et ainsi de suite. Le quartier d’Uzumasa est la capitale des films jidaigeki, et le « village » est en fait un plateau de tournage en activité, où plus de 200 films sont tournés chaque année par son propriétaire, Toei Studios (Toei = Tokyo Eiga, eiga étant le mot pour « film »). Toei est aussi l’actionnaire principal de Toei Animation, connu pour Goldorak et Capitaine Flam, parmi des centaines de choses.

C’est pas Disneyland ici — quand on voit l’entrée, rien ne donne l’impression que c’est un parc d’attractions :

Mais juste après le guichet, les décorations donnent un indice que l’on n’est plus au Japon du XXIe siècle :

Voici la rue que l’on voit en quittant le bâtiment du guichet. C’est tout un village décoré pour ressembler à un du XVIe siècle :

Il y a des statues comme on a vu ailleurs, par exemple à Ninenzaka :

Notre premier arrêt a été un bâtiment de 3 étages pour voir un spectacle dit « Ninja Mission ». La description en anglais donne une fausse impression qu’il n’y a pas de mots — en fait, il y a des descriptions projetées sur un grand écran. Mais l’idée n’était pas difficile à suivre — il y avait un seigneur qui devait voyager entre deux royaumes, un méchant et 4 sbires ninjas qui essayaient de l’empêcher, et un ninja dit Hayate qui était là pour protéger le seigneur. Les cascades étaient très impressionnantes, avec des sautes de 7 ou 8 mètres par les ninjas, des combats à l’épée, et des effets pour donner l’impression que les ninjas pouvaient jeter des sorts. Les photos étant interdites, ma description doit suffire.

Dans le même bâtiment, il y a un musée consacré à deux séries de télé par Toei, Masked Rider Kamen (avec des héros qui portent des masques en forme d’insecte) et une autre que vous devriez reconnaître, Super Sentai, connue en France sous les titres Turbo Ranger et encore plus, Power Rangers. Je ne vais pas mentir, je ne connaissais pas du tout Masked Rider Kamen, et très peu Power Rangers, mais les costumes étaient impressionnantes.

Voici des « Super Sentai » à travers les années :

Il y avait des affiches des films liés à ces séries :

On pouvait aussi voir une collection de motos utilisées dans Kamen :

Vous ne verrez plus jamais une telle photo car j’ai peur des motos, mais on pouvait se prendre en photo à moto, alors je l’ai fait. La Fille et moi avons copié ce que l’on a vu des japonais dans la queue devant nous.

Il y avait aussi des affiches d’un dessin animé shojo — c’est-à-dire ciblant les filles — dit PreCure :

Dans cette rue, il y avait des restos rapides (le musée et le spectacle étaient dans le gros bâtiment en arrière-plan à droite) :

La Fille et moi voulions tester ce resto, Shuiro Maguro, consacré complètement au thon (maguro = thon) :

Voici la carte. Je suis complètement Seiryu… euh, sérieux. Il y a des nigiris et des sashimis, mais ce qui a attrapé mon œil, c’était le « thon frit et frites au goût de thon ».

Voici nos commandes ; La Fille a goûté la croquette de thon :

Les frites au goût de thon n’avaient rien de spécial (même si la promesse a été livrée), mais le thon frit a changé ma vie. Je ferai mon tout pour dupliquer cette recette. Je crois qu’il s’agit de la chapelure japonaise dit panko, alors je crois que je sais déjà quoi faire. Mais il faudra le tester avant d’en dire plus.

On a aussi visité Zarame, une spécialiste en barbe à papa. C’était super — notre commande était aux goûts de fraise et de cerise. Voici la carte, la salle, une version de son logo avec un personnage apparemment bien connu des films jidaigeki à la place de sa geisha habituelle, et La Fille avec la barbe à papa. Vous ne pouvez rien voir d’elle derrière tout ça !

Connaissez-vous la série d’anime de robots géants dit Neon Genesis Evangelion ? Il y a un robot de 4 étages là, et on peut le monter de l’intérieur en jouant à de petits jeux liés à l’histoire. Ne me demandez pas pourquoi je n’ai pas pris une photo de l’extérieur. Heureusement, ils m’ont pris en photo dans sa main, et si c’est un peu édité, c’est à base de la réalité :

On prend un « examen psychologique » pour voir si vous êtes prêt à être pilote. Il y avait un petit souci :

Le système a décidé que j’étais plus proche de ce personnage. Elle serait dégoûtée, j’en suis sûr :

Voici d’autres trucs que l’on rencontre dans la queue :

Au sommet, on se prend en photo dans le cockpit :

Près du robot, il y a une silhouette des personnages d’Evangeliom, et un distributeur de verrines d’après eux :

Il y a un magasin de ninjas, Shinobiya, et on peut payer pour tirer des shurikens. On reçoit un shuriken en caoutchouc comme souvenir :

La dernière rue du village contient plusieurs lieux de tournage :

Tout à la fin, juste avant la sortie, il y a une exposition spectaculaire sur l’histoire de jidaigeki à Uzumasa. Seulement la première partie est traduit en anglais (et pas d’autres langues là-bas), mais on apprend que ça fait 100 années depuis le début en 1925, et que c’était le développement des rails, ainsi qu’assez d’espace ouvert, qui y a attiré les studios — exactement comme à Hollywood.

Meme si on ne comprend pas le japonais, l’exposition d’accessoires de théâtre et de costumes vaut la peine. On sait que Star Wars est dérivé de La Forteresse cachée d’Akira Kurosawa, et quand on voit ce gusoku, on sait exactement d’où venait Dark Vador :

Deux clichés d’accessoires pour finir :

Il faut dire que beaucoup de choses sont traduits en anglais dans le parc, mais il n’y avait guère d’autres touristes non-japonais. L’équipe était accueillant, mais il n’y a eu nulle part ailleurs dans ce voyage où connaître même un peu de japonais a autant amélioré l’expérience. On en parlera.

Le château de Nijo

Nous n’avons eu qu’une journée entière à Kyoto, mais nous avions planifié deux choses qui utiliseraient tout ce temps. Le matin, nous avons visité le château de Nijo. Permettez-moi de remonter le temps pour expliquer son importance.

Les empereurs n’étaient pas toujours les chefs de l’État. Du XIIe au XIXe siècle, des seigneurs dits daimyo — à peu près au niveau d’un duc européen — contrôlaient le pays, et le daimyo qui contrôlait l’armée se disait shogun — on dirait un prince, mais effectivement le vrai pouvoir. En 1603, TOKUGAWA Ieyasu a fini la tâche de son maître, ODA Nobunaga, de conquérir les autres daimyos, et a établi sa famille comme les chefs de l’État, ce qui dura pendant 265 ans. Ieyasu a fait déménager la capitale de Kyoto à Tokyo ; cependant, afin de démontrer son pouvoir, il a commandé la construction de Nijo, parce que si la famille impériale avait un palais à Kyoto, puis, sa famille devait en avoir un aussi. Nijo n’a été achevé que jusqu’en 1626, et Ieyasu est mort en 1616, mais pendant le shogunat Tokugawa, le château de Nijo a été un siège important du pouvoir.

La chanson du jour, c’est « Le château de Cornelia » par Nobuo Uematsu. Cette version a quelque chose de spécial :

Si on prend le métro jusqu’à Nijo-jo (le jo après le trait d’union veut dire « château »), c’est bien évident pourquoi vous êtes là, alors il y a une pancarte pour vous montrer la bonne (et unique) direction :

Pancarte avec une flèche en rouge et les mots « Nijo-jo par ici : Sortie No. 1 »

La Fille et moi avons bien ri de voir cette affiche avec son plus vieux ami, Tomasu to nakamatachi — désolé, Thomas et ses amis. Au fait, -tachi, c’est le pluriel en japonais. « Moi », c’est watashi ; « nous », c’est watashitachi.

Affiche avec un dessin de Thomas, le petit train bleu bien aimé des enfants et détesté des parents. C'est autrement complément en japonais, mais une phrase traduite en anglais indique qu'il s'agit de la sécurité des enfants dans le métro.

À vrai dire, vu ce que vous voyez en montant l’escalier et atteignant la sortie, si vous ne savez que vous êtes devant le château, vous êtes un peu con :

Tour blanche de 2 étages au coin d'un fossé

Ben, j’ai croisé la rue pour prendre cette photo, mais c’était déjà visible. Il y avait un fossé juste au-dessous du mur en pierre, rempli d’eau si sale, si verte, je ne me croyais plus au Japon. Vraiment, l’état de l’eau était choquante vu le niveau de propriété de ce pays.

Après avoir payé son billet, juste à droite de la photo suivante, on entre par le portail Higashi Ote-mon (grand portail de l’est). Notez que le premier étage est en pierre, mais le deuxième en bois. Ça permet de détruire facilement le deuxième étage, ce qui a été fait pour une visite de l’empereur au XIXe siècle, car il ne faut absolument pas que n’importe qui regarde l’empereur d’en haut. Je suis 100 % sérieux.

Grand portail autour d'un pont en pierre. Il y a un mur de pierre, avec une structure en bois au-dessus.

Il y a un petit panneau temporaire juste devant l’entrée — vous pouvez l’apercevoir dans la dernière photo. Le voilà — il annoncé le 400e anniversaire de la visite de l’empereur Go-Mizuno :

Écran jaune décoré avec des dessins des paysans, et un message sur les 400 ans de la visite impériale.

Une fois à l’intérieur, on passe sous un deuxième portail, Kara-mon, pour atteindre le palais principal, Ninomaru-goten :

Grand portail en bois noir avec des décorations dorées

Voici un détail d’un dragon que l’on ne remarque qu’en marchant sous le portail :

Détail du grand portail, avec un bas-relief d'un dragon

Et voici l’entrée de Ninomaru-goten. Je ne peux pas vous montrer l’intérieur, car les photos sont interdites. Vous savez que c’est sérieux quand les japonais ne veulent pas prendre des photos ! Où la foule entre, il y a un espace où tout le monde doit enlever ses chaussures.

Grande cour recouverte de cailloux gris. En arrière-plan, il y a un grand bâtiment avec des toits courbés, du style japonais traditionnel

Dans la cour, il y a une grande cloche, pas plus utilisée. Il faut la frapper de l’extérieur ; les cloches japonaises n’ont pas de battant au-dedans.

Cloche en métal vert -- probablement du cuivre. C'est en forme cylindrique, avec des inscriptions en japonais sur les côtés

Derrière le palais se trouve le jardin Ninomaru. Ce jardin est petit, mais digne d’un shogun :

J’ai trouvé la traduction française de ce panneau intéressante. « Prière de ne pas marcher sur la pelouse » au lieu de « Défense de » ou « Veuillez ». C’est un choix très japonais, il me semble.

Panneau avec un message pour interdire marcher sur la pelouse, traduire en 7 langues

On arrive au fossé intérieur. Ici, l’eau est bonne et il y a plein de koi :

Le pont nous amène au jardin et au palais dits Honmaru-goten. Le jardin est aussi beau que Ninomaru :

Le billet de la visite ne comprend pas le palais de Honmaru. On avait déjà passé presque 2 heures au château, alors on a décidé de sauter ce palais ( 1 000 ¥ de plus ; environ 6 €). Voici l’entrée :

Entrée d'un palais de deux étages

Il y a les ruines d’un ancien donjon, Tenshukaku. On n’est pas monté par l’escalier :

Escalier qui mène jusqu'à une tour rectangulaire en pierre. Seulement une partie plate attend le visiteur

Près de la fin, on passe par les Sept rochers de la Kamo, sept rochers choisis pour représenter la Kamo, la rivière locale. Voici 3 ; je n’ai pas compris jusqu’à plus tard.

Lit de cailloux blancs, avec une petite pelouse au centre, et 3 rochers posés sur l'herbe.

On est maintenant dans le dernier jardin, Seiryu-en, construit en 1965. Seiryu est l’un des 4 animaux du ciel : Seiryu, le dragon bleu ; Genbu, la tortue noire ; Byak-ko, le tigre blanc ; et Suzaku, l’oiseau rouge. Vous sauriez ça si, comme moi, vous aviez joué à The Final Fantasy Legend. Ne me dites pas qu’il n’y a rien à apprendre des jeux vidéo !

Il y a un café, Sabo Maeda, au milieu de Seiryu-en :

Café Sabo Maeda, un bâtiment en bois d'un étage. Il y a un ruisseau devant.

Il vend des glaces pilées, parfaites pour des températures supérieur à 30 °C. La Fille en a commandé une à la mangue. C’était énorme.

Sabo Maeda a son propre petit jardin :

La dernière partie de Seiryu-en est construite dans un style européen :

On passe par un dernier portail avant de sortir, Kita Ote-mon (grand portail du nord) :

Gros portail aux murs blancs

Juste à la sortie, un bon rappel que l’on toujours au Japon moderne — une machine à capsules !

Machine à capsules devant des affiches

Notre tour est presque fini. Il y aura deux jours de plus consacrés à Kyoto, un jour pour parler de la nourriture, peut-être un autre pour nos achats, la colonne traditionnelle après chacune de mes vacances, et un dernier billet pour mes réflexions.

Kyoto, le pays de Mario

Après le temple Higashi Hongan-ji, c’était avec une certaine peur que l’on ait pris le bus vers le centre-ville. Je prends en moyenne un bus par décennie, après tout. Je suis donc la mauvaise personne pour savoir si je vais dans le bon sens ! Cette peur a commencé par le fait que Google m’avait dit de prendre le bus 206 de cet arrêt — voyez-vous un 206 ? Moi non plus ! (Il y en a eu un.)

C'est un écran avec les numéros des bus qui viendront à l'arrêt. Il y a un 26, mais pas de 206.

La chanson du jour, c’est « Super Bell Hill » (Colline aux super clochettes), du jeu Super Mario 3D World, par Mahito Yokota. Dans une série absolument légendaire pour la qualité de sa musique — tout le monde reconnaît le générique de Super Mario Bros. — cette piste est ma préférée de toutes.

Le bus nous a apporté à une grande surface, Takashimaya SC (lien en anglais).

Photo du bâtiment de Takashimaya, largement des fenêtres.

Au rez-de-chaussée, ou comme disent les japonais, le 1er étage, on est accueilli par Mario en train de sortir d’un tuyau vert :

C'est la tête de Mario qui sort d'un tuyau. Je devinerais que la largeur du tuyau est d'environ 5 mètres, et la hauteur de la statue, environ 4 mètres.

Au 7e étage — comptant du 1er, sinon, vous vous trouverez sur le toit — se trouve le magasin Nintendo Kyoto. Les bureaux de Nintendo sont aussi à Kyoto, mais sans être employé, vous ne pouvez pas y entrer. Il y a aussi d’autres magasins Nintendo au Japon, notamment à Tokyo, mais tout le monde est d’accord que celui-ci est le meilleur.

Dès que l’on sort de l’escalier mécanique, on se retrouve au milieu du magasin. Il y a tout genre de produits dérivés consacrés à Yoshi le dinosaure sur cette table :

Table plein de tabliers, d'aimants, de tasses et de chemises, largement colorés rouge

Nintendo a presque l’étage entier. Il y a des surprises cachées partout, comme cette petite princesse Harmonie, en train de lire un livre à deux Lumas :

Petite figurine de la princesse Harmonie, assise pour lire à deux Lumas

Nous voulions surtout voir les produits dérivés des jeux Zelda. Ces petites bêtes s’appellent Korogus. Il y en a plus de 900 cachés autour d’Hyrule dans les jeux Breath of the Wild et Tears of the Kingdom. C’est l’origine de l’expression : « T’es pas le Korogu le mieux caché d’Hyrule. »

Une douzaine de patères avec de petites poupées de Korogus

Une autre petite surprise cachée, un modèle d’un camp d’ennemis de Breath of the Wild :

Très petit modèle d'une tour des camps de Moblins de Breath of the Wild -- c'est une petite structure en bois avec une échelle pour monter à la plate-forme en haut, avec un coffre au trésor

Comme partout au Japon, il y a des machines à capsule. Nintendo Kyoto est le seul endroit où vous pouvez tenter votre chance pour une capsule de Tears of the Kingdom. Une fois coûte 600 ¥, environ 3,25 €.

Machine avec des centaines de sphères en plastique, colorées vert, qui contiennent l'un de 6 jouets du jeu vidéo Tears of the Kingdom

Voici une vue de plus proche des capsules ; ce sont des artéfacts Soneaus :

Gros-plan d'une vitrine qui montre les 6 jouets disponibles

« Mais Justin », me dites-vous, « il y a évidemment une autre machine avec des capsules différentes, visible à gauche dans la photo précédente ! Qu’est-ce que c’est que ça ? » Bonne question ! Peut-être que vous vous souvenez qu’il y a deux ans, j’ai payé 30 $ pour importer deux porte-clés en forme de manettes de Nintendo pour Noël ? En fait, il y a deux machines pour ça chez Nintendo Kyoto, une consacrée à la NES/Famicom et l’autre à la Super NES, la Nintendo 64 et la GameCube. C’était seulement cette dernière qui m’intéressait :

Gros-plan des 6 porte-clés disponibles de cette ma hine

Ce que je voulais PLUS QUE TOUT, c’était le deuxième de gauche, avec les 4 boutons violets. C’est d’après la manette de la Super NES comme je la connaissais, ma console préférée de tous les temps (oui, même par rapport à la Switch). J’aurais été aussi content avec le premier de gauche, la version japonaise de la même console. Ou bien celui de droite, venant de la GameCube, ou le troisième de droite, de la N64. Vraiment, tout ce que je ne voulais pas, c’était soit la manette grise, la pire chose liée à la N64, soit le bouton jaune de la GameCube (ce que j’ai reçu dans ma commande par courrier il y a deux ans). J’ai essayé deux fois avant de décider que je n’allais pas vider mes poches. Qu’est-ce que j’ai reçu ?

Vous l’avez déjà deviné ?

Non, c’est encore plus injuste que vous ne le pensez.

C'est deux capsules avec le même porte-clés, un seul bouton jaune de GameCube, exactement comme celui que j'avais acheté il y a deux ans.

Quand je n’ai même pas eu deux porte-clés différents, j’ai compris que l’univers m’envoyait un message : si j’ai vraiment envie de quelque chose du Japon, la réponse est iie (non).

Je ne sais même pas quel est ce t-shirt, mais c’est cool :

T-shirt gris et jaune avec un gros kanji

J’aurais tellement aimé un t-shirt de Metroid — il n’y en avait pas — mais La Fille m’a pris en photo avec le canon de Samus :

Moi avec le bras gauche levé, portant le canon de Samus

Vous souvenez-vous que La Fille a joué à Pikmin 4 en français ? À gauche, il y a des peluches des Bulborbes, l’ennemi phare de la série, et à droite, Otchin, le chien de ce jeu.

Il y avait plein d’autres choix de l’univers Pikmin (gauche) ainsi que de Kirby (droite) :

Puisqu’il n’y avait pas de t-shirt de Metroid, j’ai acheté un t-shirt Nintendo Kyoto :

Deux t-shirts rouges avec le logo de Nintendo et le mot KYOTO en majuscules au-dessous

À la caisse, il y avait une autre surprise. La grande majorité de numéro au-dessus des caisses n’avaient pas de décoration :

Une cuve blanche avec le numéro 4 en noir

Mais il y avait une exception avec des Pikmin :

Une cuve blanche avec le numéro 5 en noir -- des Pikmin rouge et bleu marchent au-dessus

Après nos achats, nous sommes passés au toit, réservé uniquement aux clients de Nintendo. Là, on trouve d’abord des dessins des personnages sur les vitrines :

En haut, quelqu'un de Splatoon. En bas, Link et Yoshi.

La Fille a pris cette photo pour sa mère, intitulée « Le plus gros méchant d’Hyrule et Ganondorf aussi » :

C'est Justin, avec un polo violet, devant un dessin de Ganondorf

Il y a aussi des blocs POW et ? des jeux Mario pour se prendre en photo :

Moi assis sur un banc de 3 blocs, de gauche à droite : ?, brique, POW

Pour finir la journée (il faisait 18h30 à la fin de notre visite chez Nintendo), nous sommes allés au quartier de Ninenzaka. Ni = deux, nen = ans et zaka = pente. Selon la légende (lien en anglais), si vous vous trébuchez en marchant dans cette rue, vous mourrez pendant les deux prochaines années. Mieux vaut vous trébucher sur Sanenzaka, car san = trois, alors vous aurez une année de plus. Vous pensez que je plaisante. Soyez le bienvenu à lire le lien. J’espère que ce ne sera pas grave que je me suis trébuché.

Voici l’entrée à Ninenzaka :

Un torii en bois -- c'est deux montants verticaux, supportant deux linteaux horizontaux : un linteau supérieur, et un linteau inférieur (description de Wikipédia).

Et voici la raison principale pour y aller, la pagode de Yasaka-no-To :

Pagode de 5 étages en bois. C'est marron, et une clôture empêche les piétonnes d'entrer

La pagode date des années 1440, et est ce qui reste d’un plus grand temple. Au centre de la pagode, il y a 5 statues de bouddhas, et au-dessous des statues, il y a un reliquaire censé contenir des reliques du Bouddha original, Siddhartha Gautama.

On ne peut pas y entrer, mais j’ai pu prendre la porte en photo de plus proche :

Gros-plan de la porte de la pagode

Ailleurs dans le quartier se trouve ce monument intéressant, mais il n’y avait aucune explication de sa signification :

Un rocher avec un cercle coupé du centre

J’avais espéré que nous y mangerions, mais tout était fermé, alors nous sommes revenus dans l’hôtel pour dîner. Je parlerai de nos repas à la fin, alors ce récit continuera demain avec le palais des shoguns.

À Kyoto avec le Bouddha

Après notre journée avec le Gundam et Kirby, c’était enfin le temps pour découvrir le Shinkansen, les trains à grand vitesse japonais, qui nous a apporté à Kyoto. Il faut partager ce que j’ai écrit sur Facebook du train :

Je croyais qu'il n'y avait pas de meilleurs trains que ceux de la SNCF. Je suis dans le Shinkansen « Nozomi » allant vers Kyoto. Je sais maintenant que je me trompais. Gravement. C'est ABSOLUMENT silencieux, l'équipe s'incline en entrant et en sortant des voitures, il n'y a pas de question de passagers qui n'ont pas payé, et l'idée d'une grève est simplement hors question.

C’est vrai. J’apprécie tellement la SNCF par rapport aux trains d’Amtrak (le « service » américain), mais le Shinkansen est vraiment le nec plus ultra des trains. Même en 1966, James Bond a compris que les trains étaient à tout autre niveau au Japon (lien en anglais).

La chanson du jour, c’est « Onsen Yunohana » par ryo pour le jeu Bravely Second. Un onsen est un bain thermal, et Yunohana, un pays fictif dans le jeu, est basé sur un vrai onsen près de Kyoto (lien en français !). Cette chanson sera pour vous ce qui « Paris in Crimson » est pour moi.

Dans le train, j’ai commandé — on lance une commande par WiFi sur son sumaho (portable), puis une hôtesse l’apporte à votre place — une boîte de deux pâtisseries d’une marque nommée « Qu’il fait beau ». Quoi, vous allez vous plaindre d’une faute ? Regardez l’emballage :

Haute résolution en cliquant

C’est un peu difficile à lire, mais les deux emballages disent « Livre Gâteaux » à gauche, « Pâtisserie Qu’il fait beau » en haut à droite et « Le samedi après midi, sous un beau soleil, je suis impatiente de prendre un café avec… » en bas à droite. J’ai énormément profité de celle en haut, une sorte de barre de tarte aux noix de pécans ; celle en bas était un peu comme un financier. J’ai partagé la moitié de ces deux trucs avec ma famille ; ce sera important.

Après 2 heures et demi, nous sommes arrivés à la Gare de Kyoto. Notre hôtel, le DoubleTree (une chaîne américaine), était à 500 mètres de la gare. Nous avons donc apporté nos valises à l’hôtel nous-mêmes. Puis, on est revenus dans la gare. Il y a un grand centre commercial souterrain là-bas — pour distraire mon père du fait qu’il venait de marcher 1 km, j’ai proposé d’arrêter à cette boulangerie :

Couloir du centre commercial, en face de l'entrée de la boulangerie Grandir.

Oui, le panneau au-dessus de la porte dit « Boulangerie Pâtisserie Grandir » (lien en japonais et anglais en même temps). Voici un exemple de la vitrine — on est loin de la France malgré le nom :

5 genres de pâtisseries dans une vitrine. Rien n'est exactement comme en France, mais il y a des couronnes de petits pains, de petites brioches, et des beignets à la farine de riz.

J’ai commandé une « Kyoto brûlée ». Je ne suis pas sûr de la pâte — c’était quelque chose de japonais, pas une pâte traditionnelle française — mais je ferai mon tout pour la reproduire sur ce blog. C’était ex-cell-ent. Le haut est caramélisé grosso modo de même façon que les petits kouign-amanns faits dans un moule à muffins.

« Mais Justin », me dites-vous, « la diabète ? » Chut, vous. Ce truc était petit, et j’ai partagé beaucoup de ma commande dans le train avec d’autres personnes !

Après cette pause, on a pris le métro pour aller au temple bouddhiste le plus important de Kyoto, Higashi Hongan-ji (lien en anglais). Il date du XIIe siècle, mais comme les cathédrales européennes, il a été construit à travers plusieurs siècles, et certaines parties devaient être reconstruites après des incendies.

Il y a un fossé autour du temple, plein de koi :

4 koi visibles près du bord du fossé -- orange, blanc, noir, et jaune

À l’extérieur, on y trouve aussi des enseignements sur des panneaux bilingues, en japonais et en anglais. Celui-ci dit : « On souffre parce que l’on n’est pas clairement au courant de notre véritable aspiration. »

J’ai presque effondré en larmes en le lisant, parce que j’étais déjà au courant du retour de certains sentiments que j’avais cru laisser derrière moi. Peut-être que vous les avez déjà remarqués dans cette série de récits.

On entre par un portail dit Amida-do mon, le portail de la salle Amida, consacré au bouddha du même nom. Ce portail ne date qu’à 1911 :

Portail en bois noir, avec des accents dorés

Voici la salle Amida de l’extérieur :

Grande salle japonaise dans le style traditionnel Ave. Un toit courbé et des tuiles bleues

Et de l’intérieur :

Intérieur de la salle -- plafond en bois noir, des tapis de prière partout, et des lanternes suspendues du plafond

Il y a une autre salle, encore plus grande, dite Goei-do, la salle du fondateur, consacré à Shinran, le fondateur du bouddhisme Jodo Shinshu. Voici l’extérieur :

Plus grande salle avec deux toits

C’est plus grand qu’Amida, plus évident de l’intérieur :

Plus grand intérieur de la salle Goei-do, toujours en bois noir

Comme les cathédrales, les salles bouddhistes sont divisées en deux — ce que vous voyez ici est le gejin, comme le nef dans une cathédrale, où s’assoient les fidèles. En arrière-plan, on voit l’écran qui sépare le gejin du majin, comme le chœur, où seulement les prêtres passent. Puisqu’il n’y a pas eu d’événement pendant notre visite, je pouvais apercevoir le majin :

Aperçu de l'autel, un écran doré

Dans la cour, il y a une fontaine rituelle, une chozu yakata, pour laver les mains, en forme de ryu — désolé, dragon :

Puisque l’on est au Japon, il y a une machine à capsules même dans cet espace :

Deux machines vertes

On a quitté le temple par le portail devant Goei-do. Dans la rue, il y a une fontaine :

Fontaine en forme de fleur, d'une espèce inconnue pour moi

Mais le portail, dit Goei-do mon, est encore plus impressionnant que celui de notre entrée :

Vue du portail Goei-do mon, avec ses deux toits.

J’ai atteint ma limite pour la longueur de ce post, mais on n’est pas finis avec cette journée. Il nous reste le site de pèlerinage le plus important de tout le Japon pour La Fille. Ça, c’est notre histoire de demain.