On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata. Cette fois, on se retrouve dans une représentation de « Allumer le feu » de Johnny Hallyday, par Pascal Obispo, Superbus, Cali et Yarol Poupaud. On commencera avec Pascal Obispo.

J’ai fait la connaissance de M. Obispo en décembre 2020, quand il a apparu dans le tout premier épisode de Taratata que j’ai vu, en duo avec Olivia Ruiz. Je voulais regarder l’épisode car Indochine allait y jouer, ainsi que Catherine Ringer. Si vous cliquez le lien, vous remarquerez aussi le début d’une signature du blog, mon habitude de mettre des mots dans la bouche de vous les lecteurs. Un mois plus tard, grâce aux efforts d’un ami belge qui m’a présenté Nostalgie Belgique, j’ai découvert ma préférée de ses chansons. On en parlera en bas.
Deux sourcils énormes, ainsi que le reste de Pascal Michel Obispo, sont nés en 1965 à Bergerac, mais en quelque sorte ne portent pas le nom Cyrano. Pourtant, à partir de ses 13 ans, il grandit à Rennes, où sa mère (qui ne venait pas de Bretagne) a décidé de s’installer après son divorce. C’est là, pendant ses années lycéennes, qu’il intègre à son premier groupe, dit « Words of Goethe » (Paroles de Goethe). Plus tard, il sera bassiste d’un autre groupe, « Evening Legions » (Légions du Soir). De cette période, on n’a que deux enregistrements — « Deux fois une vie », un extrait d’un album de groupes locaux pour le premier groupe, et un disque de 4 pistes pour le dernier. Il y a quelques idées intéressantes dans ces enregistrements, mais rien ne suggère une idole de la chanson française.
En 1988, il rejoint Senso, encore un autre groupe. Cette fois, plutôt que sortir son propre album, ils décident de faire partie du premier album solo de Pascal, Le long du fleuve. Cet album pue les années 80, même s’il est sorti en 1990, mais la France ne sait pas encore qu’un jour, la meilleure décennie de tous les temps lui manquera, et l’album est un échec. Voici un extrait, « Jeune révolution » :
EMI, sa maison de disques, vivement critiqué par les Sex Pistols dans une chanson éponyme, le vire après cet album, mais il signe chez Epic, où il sort Plus que tout au monde en 1991. La chanson éponyme est un petit succès ; un autre single, « Tu vas me manquer » (rien à voir avec la chanson de même nom de Téléphone), est classé 16e :
1994 voit son troisième album, Un jour comme aujourd’hui, son premier grand succès. J’aime bien la piste éponyme, mais c’est le single « Tombé pour elle » qui fait décoller les ventes avec un classement en 8e place. Le disque finira deux fois platine, avec plus de 500 000 exemplaires vendus.
Je ne peux pas mentir ; je trouve cette chanson agréable, mais pas plus. C’est bizarre d’être « puriste » pour les premiers travaux d’un artiste que l’on n’a pas écouté longtemps, mais je préfère son premier album.
Il est confirmé comme star avec son 4e album, Superflu, qui contient une belle dose de Zazie (qui est co-autrice de 3 chansons et chante en duo avec lui pour une). Cet album se vend à plus d’un million d’exemplaires grâce à de tels tubes que « Personne » et « Les meilleurs ennemis », avec Zazie. Il écrit une chanson pour elle. « Zen », classée #9 cette année-là.
En 1997, Zazie et Pascal travaillent ensemble sur « Allumer le feu » pour Johnny — elle écrit les paroles ; lui, la musique. Pascal participe aussi à l’album Savoir aimer de Florent Pagny, une réussite qui s’écoule à 2 millions d’exemplaires. Malheureusement, cette même année, un connard lui tire dessus en plein concert. Il lui faudra 22 pour retourner en Corse ; je le salue, car après ça, je n’y reviendrais jamais.
Pendant les quelques années suivantes, il se concentre sur une carrière de producteur, travaillant sur des albums de M. Pagny, Patricia Kaas et Natasha St-Pier. C’est donc un peu de sa faute que l’on a dû vivre les conflits stupides entre cette dame et Inès Reg. Il remporte une Victoire de la musique en 2004 pour son album Studio Fan – Live Fan, et le tour qui va avec, des homages à Michel Polnareff. (Ce dernier sera mieux connu plus tard comme personnage de dessin animé.) Cet album lui vaudra son seul classement #1, pour la chanson « Fan ».
2006 voit son 7e album, Les fleurs du bien — haha, même les anglophones connaissent Les fleurs du mal. Cet album, co-écrit avec le parolier Lionel Florence, contient de loin ma chanson préférée d’Obispo, 1980, avec un clip qui ressemble à un Rubik’s Cube :
Avec des saxophones — mon instrument — je pourrais pleurer, car ils ont largement disparus de la musique populaire. Je pourrais aussi faire sans ses grimaces dans le clip, mais je les pardonne, car j’adore vraiment ce clip. Ce sera son deuxième plus grand tube pour lui-même, classé #5 en France — cette même année, il écrira un #2 pour Natasha St-Pier, « Un ange frappé à ma porte ».
En 2007, il écrira une chanson classée #1 pour le parodiste Fatal Bazooka, Mauvaise foi nocturne, à laquelle il participe sous le pseudonyme « Vitoo ». Au-delà de « DJ Chris Prolls, » une bonne blague même en anglais, Fatal ne m’intéresse pas. Son 8e album, Welcome to the Magic World of Captain Samouraï Flower, sorti en 2009, n’est pas un succès, mais « Le Drapeau » est classé 6e.
Cet album marque la fin du grand succès de Pascal Obispo. De 2009 jusqu’au Covid, il aura une chanson classée 33e, « D’un Avé Maria », de son album de 2013, Le grand amour. Mais au-delà de ça, ses chansons sont désormais classées largement entre 100 et 200, hors le top 40 chacune. Cependant, en 2020, exactement au pire moment du monde, il revient avec une dernière chanson classée #1, « Pour les gens du secours », avec Pagny et Marc Lavoine :
Je ne sais pas si celle-ci compte comme retour, car il s’agit évidemment d’un moment et un message très particulier. Il a sorti deux albums de plus depuis ce temps, France et Le Beau qui pleut, mais malgré être classés #2 et #4, ni l’un ni l’autre a vendu plus de 50 000 exemplaires, pas comme ses millions d’avant.
Que penser enfin de Pascal Obispo ? Il a de bon goût musical, et a écrit au moins une contribution de légende à la chanson française, « Allumer le feu ». Cependant, à part ses liens étroits avec le son des années 80 au début de sa carrière, c’est difficile d’identifier un moment de sa carrière où il a atteint le niveau d’un Eddy Mitchell ou un Julien Clerc. Il n’y a rien de honteux là ; c’est clairement un musicien apprécié par ses collègues, un artiste capable.
Ma note : J’irais au concert si vous avez une place de trop.




























