Dimanche avec les standardistes

On reprend maintenant « Le Côté de Guermantes ». Cette fois, j’ai avancé de 25 pages.

Ayant établi que le capitaine-prince de Borodino doit ses titres à son patrimoine napoléonien, Proust nous explique qu’il en tire aussi ses habitudes :

Mais comme l’esprit d’un artiste continue à modeler bien des années après qu’il est éteint la statue qu’il sculpta…

C’est avec, dans la voix, la vivacité du premier Empereur qu’il adressait un reproche à un brigadier…

Quand il choisissait l’étoffe d’un pantalon pour son escadron, il fixait sur le brigadier tailleur un regard capable de déjouer Talleyrand et tromper Alexandre

On va parler une autre fois de comment Proust a anticipé un méchant de GI Joe avec ça. Vous pensez que je plaisante, mais on sait que plus je dis quelque chose de ridicule, plus il est probable que je sois sérieux.

Qui parle plus à la grand-mère qui a payé les vacances du narrateur à Balbec, lui ou Saint-Loup ? Poser la question est y répondre :

Un matin, Saint-Loup m’avoua qu’il avait écrit à ma grand’mère pour lui donner de mes nouvelles…

Bref, le même jour, elle devait me faire appeler à l’appareil et il me conseilla d’être vers quatre heures moins un quart à la poste. 

Ah oui, on a vu exactement ça avec le téléphone dans Le Tatoué. On a tous regardé Le Tatoué, non ? Mais Proust nous dit quelque chose d’intéressant à cet égard — on sait que l’on est juste avant la Première Guerre mondiale dans ce récit, et ce tome a été publié 2 ans après. Pourtant :

Le téléphone n’était pas encore à cette époque d’un usage aussi courant qu’aujourd’hui. 

Notre idée de la vitesse des changements doit être très différente de la sienne, mais dans un sens, son époque en a vu de plus grands. Et il parle des standardistes d’une façon qui nous paraît grandiose, même marrante — mais c’était magique à l’époque :

les Vierges Vigilantes dont nous entendons chaque jour… les Toutes-Puissantes par qui les absents surgissent à notre côté… les Danaïdes de l’invisible… les ironiques Furies qui, au moment que nous murmurions une confidence à une amie, avec l’espoir que personne ne nous entendait, nous crient cruellement : « J’écoute »

Ne prends pas ça pour l’ironie ; j’ai un autre billet en cours sur Artemis-2 et la musique populaire, car nos ancêtres des années 60 ont compris l’espace d’exactement cette manière.

Je vous épargne les détails, mais il se passe que Mamie veut juste lui dire qu’il peut rester à Doncières avec Saint-Loup aussi longtemps que souhaité. Pourquoi est-ce que tout le monde a tant envie de tout payer pour ce type ? Mais pour des raisons mystérieuses, il décide de rentrer tout de suite à Paris.

Vous souvenez-vous que la maison familiale est désormais un appartement chez les Guermantes ? Le narrateur espérait voir les tableaux d’Elstir, ça vous parle ? Saint-Loup montre son bon sens :

À ma demande d’aller voir les Elstirs de Mme de Guermantes, Saint-Loup m’avait dit : « Je réponds pour elle. » Et malheureusement, en effet, pour elle ce n’était que lui qui avait répondu…

sa tante, à qui je ne doutai pas qu’il eût écrit pour la supplier de le faire, ne me demanda pas une fois de venir chez elle voir les tableaux d’Elstir.

Il pense autrement, mais je suis certain que Saint-Loup a agi pour protéger la duchesse de son ami. Mais, après un moment à Paris, il pense à reprendre les balades où il traquait Mme de Guermantes, et avec sa mauvaise foi typique se dit que :

je pensais tout le temps à ces sorties, ce qui me faisait trouver à chaque instant une raison nouvelle de les faire, laquelle n’avait aucun rapport avec Mme de Guermantes et me persuadait aisément que, n’eût-elle pas existé, je n’en eusse pas moins manqué de me promener à cette même heure.

Évidemment, c’est parti :

Elle avait maintenant des robes plus légères, ou du moins plus claires, et descendait la rue…

« Elle » est exactement la duchesse. Et on va finir cette fois avec une bêtise de la part de Saint-Loup à son égard. Il arrive à Paris (sans explication) et dit au narrateur :

« Elle n’est pas gentille du tout, Oriane, me dit-il, en se trahissant naïvement, ce n’est plus mon Oriane d’autrefois, on me l’a changée. Je t’assure qu’elle ne vaut pas la peine que tu t’occupes d’elle. Tu lui fais beaucoup trop d’honneur. Tu ne veux pas que je te présente à ma cousine Poictiers ?… Voilà une jeune femme intelligente et qui te plairait. Elle a épousé mon cousin, le duc de Poictiers, qui est un bon garçon, mais un peu simple pour elle. Je lui ai parlé de toi. Elle m’a demandé de t’amener. Elle est autrement jolie qu’Oriane et plus jeune. »

Je sais comment je lis tout ça. « Tu veux avoir une affaire avec une noble ? Ben, j’en ai plein dans ma famille mais laisse-moi choisir laquelle ! » Saint-Looooooooooooup ! Toi con !

Ici et là

Impossible de le rechercher facilement, mais je sais qu’une fois, je vous ai expliqué que si on dit « I had a day » (J’ai eu un jour) en anglais, et met un fort accent sur le mot pour jour, ça veut dire que les choses sont très mal allées. J’ai eu une semaine dans un jour hier.

Je suis allé chez Quattro Cafe, mon resto italien préféré depuis 2000 (quand il s’appelait Armani Cafe, et appartenait à Giorgio Armani). Quand j’ai commencé à y aller, une pizza Margherita coûtait 13 $ et les desserts étaient tous 6 $. Au fil des années, les prix ont augmenté, bien sûr, mais quand le Confinement a commencé, la pizza était 17 $ et les desserts 10 $. Ils me connaissent très bien, au point où personne ne m’apporte un menu pour les desserts, qui ne changent presque jamais — alors je ne vois que rarement les prix. Mais j’étais au courant qu’ils ont augmenté à 14 $ il y a deux ans (où j’ai arrêté de les commander) et 16 $ l’année dernière. Ce soir, j’ai vu la carte.

La crème brûlée est désormais 17 $. Tous les autres sont passés à 19 $. Désolé, mais les tailles n’ont pas augmenté — ce ne sont pas pour deux personnes plus qu’au passé ! J’ai dit au serveur (qui me connaît depuis 15 ans) que c’était ridicule et qu’à ces prix, aucune chance. Il m’a dit que le gérant allait au moins entendre exactement quel client avait dit ça. On n’est pas client pendant si longtemps sans devenir reconnu. Mais aucun changement probable ne changera pas mon avis. Il n’y aura pas de retour à 12 $, par exemple. (Je soupçonne que c’est exactement l’impôt célibataire, et que leurs données montrent que deux personnes n’achètent qu’un dessert. Mais je refuse d’être victime de cette taxe.)

Après avoir quitté le resto, certain que la seule autre fois où je commanderai un dessert chez eux sera la veille de quitter Orange County à jamais, je suis passé par chez Venchi pour profiter de la solde après-Pâques. Regardez ce qui attend le retour de La Fille mercredi :

Boîte qui contient deux gros œufs en chocolat, une poignée de dragées, et un autre truc en forme d'œuf où je ne sais pas ce qu'il est.

Je n’aurais jamais payé 40 $ pour ça (le tout fait environ 1/4 kg), mais 23 $ ? Voici ma carte !

Puis, la catastrophe. Notre immeuble fait partie d’un lotissement d’une trentaine d’immeubles, 16 appartements chacune, alors il y a une allée pour entrer dans le tout. Et juste au moment où j’ai allumé le clignotant pour entrer, le moteur de ma voiture a décidé qu’il était trop chaud — le message a dit « Moteur surchauffé — arrête maintenant ». (N’oubliez pas, la voiture est anglophone alors elle me tutoie.) C’était tout d’un coup — je n’avais remarqué une fuite nulle part, et la température était normal 1 minute plus tôt. Je resterai chez moi tout le week-end, puis irai chez le concessionnaire lundi matin. Grâce au déménagement, c’est à 1 km de chez moi !

Alors, je dois marcher 1,7 km pour atteindre le supermarché le plus proche. Dites-moi, est-ce typique en France ? Car Parce que tout à coup, le sujet m’intéresse comme rien d’autre ! (Je vais abandonner « car », parce que ça veut dire « voiture » en anglais, et « car » m’a certainement abandonné.)

Il me faut finir de calculer mes impôts ce week-end (le 15 est la Fête des impôts), alors je devrais être ravi de tout le temps libre, hein ?

Mercredi soir, j’ai eu une réunion du bureau de l’OCA. Jeudi prochain est le dîner annuel des bénévoles. Madame la présidente n’avait pas encore commandé le dessert, alors j’ai proposé de m’en occuper. Elle ne sait pas trop de quoi je suis capable, alors elle a rejeté ma suggestion de quelques tartes aux fruits comme trop compliquée. Sérieusement, la pâte est facile avec un robot, et je peux faire de la crème pâtissière les yeux bandés ! (Je ne le recommande pas sur une cuisinière chaude.) Au lieu de ça, je vais faire un gâteau Napolitain géant, comme pour l’une des pires soirées de ma vie ainsi qu’une fête d’anniversaire pour La Fille. Croyez-moi, c’est beaucoup plus compliqué !

J’imagine que ceux qui ne pâtissent pas évaluent la quantité de travail par la complexité visuelle. C’est logique. C’est absolument logique. C’est aussi 100 % trompeur. Poser tous les fruits, ça ne prend que 5 ou 10 minutes, mais a l’air spectaculaire. Une couche de fondant, c’est ennuyeux par rapport, mais le fondant est une <censuré par La Fille> et il me faudra commencer tôt au cas où il y aurait des problèmes. (Il y en aura.)

Heureusement que j’ai acheté tous mes ingrédients jeudi après la réunion, hein ?

Le roi des chips

Vous avez aimé l’histoire de Don Luis del Aliso ? J’en ai une autre, grâce à un ami américain qui savait que ceci serait exactement mon genre de truc. Je dois beaucoup de ce qui suit aux recherches d’Alan Miller pour le Projet de Biographies de l’Iowa.

« Le plus grand tas de pommes de terre au monde », Carte postale par la société J.R. Simplot, Domaine public

Il était une fois, en 1777 pour préciser, à Franois, dans le Doubs, est né un certain Jean-Claude Simplot, fils de un agriculteur, Philippe, et sa femme, Jeanne-Baptiste Côme. À l’âge de 26 ans, à Besançon, Jean-Claude a épousé une nommée Françoise Colard, de Scey-en-Varais, de nos jours Scey-Maisières. Les deux ont eu 3 enfants ensemble, puis Jeanne-Baptiste est morte en 1813. Un an et demi plus tard, Jean-Claude s’est remarié, cette fois à Susanne Simon, 6 ans plus jeune que lui. Les deux ont eu 6 enfants ensemble — apparemment pas trop découragé par toutes les couches, notre Jean-Claude ! Mais au milieu de tous ces ébats, quelque chose de nul s’est passé.

Vous voyez, Jean-Claude était admirateur de Napoléon, et il a rejoint l’armée. Et le Doubs en particulier était plein de gens mécontents de ça après Waterloo. Alors, en 1816, Jean-Claude et Susanne ont quitté la France — sans les 3 enfants du premier mariage, le salopard ! — pour le comté d’Oswego, dans le New York, où il s’est renommé John (version anglaise de Jean). 5 des 6 enfants de John et Susanne sont nés à Oswego. Susanne est morte juste après la naissance du dernier enfant, alors en 1828 ou 1829, John s’est remarié encore une fois à une Américaine, Mercy Simons. Ça l’a vite tué, et John est mort en 1831, à l’âge de 54 ans — mais pas avant d’avoir un dixième enfant avec femme #3.

Vous souvenez-vous des 3 enfants abandonnés en France ? Ils ont suivi en 1820 sur un bateau venant du Havre. Après la mort de leur père, ils sont partis pour Dubuque, dans l’Iowa, où comme dit la seule chanson jamais écrite sur l’état, « au pique-nique commun, tu peux manger toute la nourriture — que tu as apportée toi-même ! » (Le compositeur, Meredith Willson, venait de l’Iowa — il savait de quoi il parlait.)

L’aîné, Henry Simplot, a eu 6 enfants avec sa femme, Susan LeClare (on peut imaginer d’où venait sa famille avec un tel nom), mais seulement 4 qui ont vécu jusqu’à l’âge adulte. Henry était marchand de graines et gérant d’un abattoir. Leur deuxième fils était Charles LeClare Simplot, lui-même marié deux fois à des nommées Mary.

L’arbre familial est énorme, alors j’en passe, mais l’un des fils de Charles LeClare Simplot se nommait aussi Charles. Et ce deuxième Charles a eu un enfant, John Richard Simplot, né à Dubuque, Iowa en 1908. En 1910, la famille déménage dans l’Idaho, loin à l’ouest. John Richard quitte l’école à jamais après la quatrième, suite à un argument avec son père. J.R., comme il est connu, devient agriculteur spécialisé en pommes de terre. En fait, il devient une si grande réussite que le temps que la Seconde Guerre mondiale se termine, il est devenu le plus grand fournisseur de pommes de terre aux États-Unis. Encore plus l’attend.

En 1967, il fait la connaissance d’un type de la Californie du Sud, un certain Ray Kroc, qui venait d’acheter une chaîne de restos rapides à deux frères, les McDonald. M. Kroc et M. Simplot ont trouvé un accord que la compagnie Simplot serait le fournisseur exclusif de frites surgelées pour McDonald’s aux États-Unis. Pensez-vous que ce contrat valait un petit quelque chose ?

Avec ses milliards, J.R. Simplot devenait investisseur en tout genre d’autre chose, dont une entreprise fondée dans l’Idaho, Micron, aujourd’hui l’un des 3 plus grands producteurs de mémoire informatique au monde. Comme l’une des choses faites avec les patates, on les dit « chips ». Et c’est ici où nos chemins croisent un peu.

En 1995, un jeune Justin lit que Nintendo va utiliser la mémoire d’une société nommée Rambus dans la Nintendo 64. C’est beaucoup plus vite que toute autre mémoire à l’époque. Il utilise son argent pour acheter quelques actions, ce qui paraît une idée de génie quand Intel annonce en 2000 que leur technologie sera désormais le standard. Mais le vieux J.R. Simplot dirige Micron à poursuivre Rambus afin de ne pas payer des redevances, et c’est sa détermination qui coûtera ce même Justin tout l’argent qu’il avait gagné en tant qu’actionnaire. Pour sa part, J.R. Simplot meurt en 2008 à l’âge de 99 ans avec 3,6 milliards de dollars, l’homme le quarante-neuvième plus riche au monde à l’époque. Avec une éducation de quatrième.

Un jour, il me faudra voyager dans le Doubs, trouver la pierre tombale de Pierre Simplot et remercier la famille pour sa contribution à mon bonheur !

Il y a de la haine

Je ne voulais pas particulièrement écrire ce post. Pour une chose, j’essaie de garder un ton léger ici. Autre chose, ce n’est pas mon but de faire la polémique souvent. Mais il y a deux jours, j’ai vu quelque chose d’assez dégoûtant que j’ai enfin quitté l’un de mes groupes préférés sur Facebook. Pour être clair, son nom est « Final Fantasy Memes, Jokes, and Other Fun Stuff » — « Des Mèmes, Des Blagues, et D’Autres Trucs marrants sur Final Fantasy ».

Il y a un an et demi, je vous ai raconté mon histoire d’être banni pendant 3 semaines de ce même groupe, parce que j’avais trouvé un post sur la mort du chanteur Liam Payne d’être de mauvais goût. Et selon les règles de ce groupe, être offensé est une infraction. Ne me croyez pas sur parole :

Capture d'écran des règles

La troisième règle dit :

Ne sois pas offensé (pas négociable). Si vous n’aimez pas le post d’un autre, puis ignore-le ou bloque-le. En plus, tu peux juste quitter le groupe.

La quatrième règle dit :

Infractions qui résultent en être banni. 1) Racisme. 2) Commentaires sexistes. 3) Anti-LGBTQ+. 4) Traquer un autre sur Facebook/Publier les infos personnelles d’un autre. 5) Bloquer les admins ou les modérateurs.

Heureusement pour l’admin bien-pensant, il n’a rien dit sur la religion. Après tout, il doit approuver chaque post, et celui-ci était évidemment important pour lui :

Mème qui montre le dos du personnage principal en parlant avec un joueur de blitzball, jeu fictif dans le jeu Final Fantasy X. Un autre personnage a son visage couvert par le drapeau israélien.

Il faut divulgâcher Final Fantasy X pour l’expliquer, mais ça fait 24 ans depuis sa sortie. Vous avez eu votre chance. Le type aux cheveux blonds, Tidus, est votre personnage principal. Il parle avec Wakka, le roux au bandeau bleu. Dans le jeu original, Wakka est croyant fervent de Yevon, le dieu du jeu. Cependant, il s’avère qu’en fait, Yevon est un magicien qui habite au cœur de Sin (Péché), un monstre géant qui terrorise le monde entier. Ici, Wakka a originalement dit « Yevon soit loué ». On l’a remplacé avec « Yahweh », le nom hébreu pour Dieu dans l’Ancien Testament. La légende en haut dit : « Le rebondissement de l’intrigue, c’est qu’ils vénèrent l’incarnation même du mal. » Au cas où ce ne serait pas clair, le drapeau israélien sur un autre croyant de Yevon indique exactement de qui il parle.

J’avais récemment vu cet autre post dans le même groupe :

Capture d'écran d'un mème avec une photo de Der Richter, un méchant de Final Famtasy X.

La légende dit : « A-t-on des astuces pour vaincre Der Richter ? J’ai du mal. » Il n’y a rien de haineux ici. Mais on a répondu :

Commentaire sur la photo précédente

Ça dit : « Paye l’homme juif. » Il parle d’un samouraï dit Yojimbo, un personnage qui prend votre argent pour faire ses attaques. Yojimbo est un personnage bien japonais ; cet utilisateur veut simplement appeler aux stéréotypes.

Je m’inquiétais que ce groupe devenait comme beaucoup d’autres groupes consacrés aux loisirs sur Facebook depuis le 7/10. Alors j’ai fait des recherches et j’étais bien déçu — c’était déjà ça. Dans ce mème, Wakka (qui déteste toute technologie comme n’importe quel croyant de Yevon) dit : « Les gens jouaient toute la journée et laissait les machines faire le travail. »

Photo des personnages Tidus et Wakka, expliquée dans l'article.

Rien de haineux en soi, mais un utilisateur avec un nom arabe a écrit au-dessous :

Capture d'écran d'un commentaire en anglais, traduit dans l'article

Ça dit : « Ouais mais cette fois on n’aura pas de Péché, on aura un Juif géant. » Évidemment, ça ne pose pas de problèmes dans ce groupe. Mais il y en a pire.

Voici un post d’un utilisateur turc (selon son profil), à partir d’un méchant de Final Fantasy VII . En haut, une directrice de Meta, l’entreprise derrière Facebook, est citée pour dire : « On a banni des contenus qui disent que les Sionistes gèrent le monde ou contrôlent les médias. » L’utilisateur a ajouté deux photos du président Shinra, un méchant, déguisé comme Rabbi Jacob. À gauche, il dit : « Comment ose-toi dire que l’on a le pouvoir de te faire taire ? » À droite, il dit : « Pour l’avoir dit, on utilisera nos pouvoirs pour te faire taire. » La légende en haut est une expression argotique pour « C’est comme ça. »

Capture d'écran avec un même avec une femme en haut et deux photos du président Shinra en bas, déguisé comme un juif religieux avec un chapeau noir et de longs cheveux bouclés.

Tout ça n’a rien à voir avec la guerre actuelle. Il s’agit de stéréotypes haineux sur l’argent et le contrôle des médias, ainsi que dire que les Juifs adorent le diable. Je n’ai rien dit — c’est contre les règles ! — mais je ne soutiens pas ça du tout.

En décembre, une chère amie française a partagé avec moi une page consacrée aux Légos. Oui, les jouets. Elle savait que l’on est de grands fans chez moi. À l’époque, ce groupe — avec plus de 5 millions d’abonnés — partageait quelques menorahs fabriqués de Legos pour Hanoukka. Encore une fois, une fête religieuse et rien à voir avec la guerre. Voici un exemple :

Menorah avec 9 "bougies" dans les couleurs de l'arc-en-ciel. La base est rouge.

La légende dit : « J’ai fait un menorah de Hanoukka en Légos. On peut lever et baisser les bougies pour la bonne nuit. » Il n’y a pas d’étoile, pas de bleu et blanc, rien d’Israël. Maia les commentaires sont plein de :

Capture d'écran de deux commentaires

Premier commentaire : Vous tous n’avez aucune honte.

Deuxième commentaire : Que diable est toute cette merde sioniste sur cette page de Légos, pourquoi tout à coup tu postes des trucs sionistes ? Les Légos ne devraient pas être politique ou religieux.

Je n’y ai pas resté.

Je partage tout ça pour que vous voyiez exactement ce qui est devenu presque chaque groupe ou page consacré aux loisirs en anglais — je pourrais facilement multiplier les exemples par des douzaines juste avec ceux que je connais. Encore une fois, tout ça n’a rien à voir avec « critiquer le gouvernement », jamais mentionné dans ces exemples. C’est de la haine pure et dure, et pas la bienvenue ici.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Langue du Glaude

Ça fait belle lurette depuis la dernière fois où on a parlé d’une carte de Français de nos régions. Mais j’ai récemment vu l’une de leurs cartes qui m’a enfin expliqué quelque chose que je ne comprenais pas.

« La Soupe Aux Choux » se déroule quelque part dans le Bourbonnais, selon Wikipédia ; dit autrement, dans l’Allier. Je pause pour citer un livre peu connu :

Le département de l’Allier a été créé à l’époque de la Révolution, mais il a fallu presque 230 ans de plus pour que les habitants choisissent un gentilé, bourbonnais. Il ne faut pas mettre la pression aux Bourbonnais ! Que puis-je dire ? Certaines choses prennent du temps.

De toute façon, tous ceux qui ont vu savent que dans le film, tous les personnages principaux ne sont pas adressés juste <nom>, mais par « la/le <nom> » — le Glaude, le Bombé, la Francine. Quand j’ai vu le film, je n’avais jamais entendu cette forme d’adresse dans n’importe quelle langue, le français compris. (Moi, l’expert, avec mes 10 mois à ce point-là.)

J’ai un peu réfléchi sur quoi penser de cet usage, mais c’était difficile, car comme sait tout le monde, je suis obsédé par le docteur et « C’est une expansion économique ! ». J’ai enfin décidé que c’était juste une bizarrerie pour le film, une question de style. Pourquoi ? J’ai suivi les preuves : j’avais déjà vu une vingtaine de films sans rencontrer cette forme ; « Glaude » et « Bombé » ne sont pas de vrais prénoms, mais des surnoms ; j’avais déjà parlé avec une centaine de personnes différentes en ligne sans que personne ne me parle comme ça ni me dise de lui parler comme ça.

Tout à fait logique, tout à fait raisonnable — et tout à fait faux. C’est ici où entre la carte que j’ai mentionnée. Il s’avère que l’on dit « le <prénom > » partout dans l’est du pays. Comme on peut lire dans la description fournie par Français de nos régions, on trouve cet usage en allemand, mais aussi dans de nombreuses autres langues dérivées du latin. Il mentionne l’espagnol, mais en sept ans de cours d’espagnol, je n’ai jamais entendu ça, et je n’ai aucun souvenir de le lire dans n’importe quel roman (avec deux ans de littérature en espagnol, croyez-moi, j’ai lu des romans de partout).

Mais le truc bizarre ? On peut parfois trouver cet usage en anglais ! On entend certainement « He’s the Justin Busch, the one who writes Un Coup de Foudre » — « il est le Justin Busch, celui qui écrit Un Coup de Foudre » — quand on veut distinguer quelqu’un de célèbre qui porte un certain nom. C’est bien nécessaire dans ce cas quand on considère qu’il y a un avocat, un musicien, un ingénieur et même un chirurgien plasticien qui travaille à quelques km de chez moi, tous des imposteurs qui ont emprunté mon nom à moi sans autorisation ! Ça dit, à vrai dire, on ne l’entend pas de même façon que dans les exemples de la carte, « Je l’ai vu, il avait la main sur son épaule, le Paul » et « Quoi ? Le mari de la Marie ? » C’est ça l’usage de La Soupe Aux Choux, mais je ne l’ai toujours trouvé nulle part ailleurs.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine en criant « au secours ! ».

JO, mais pas celui-là

J’ai déjà publié ma critique du film nommé avec Louis de Funès et Claude Gensac en 2021, alors ce n’est pas ça de quoi je parle. (Veuillez ne pas cliquer à moins que vous n’aimiez vous moquer de mes fautes de grammaire.) Non, aujourd’hui, on parle d’un autre JO, les Jeux Olympiques.

Logo à 5 cercles des JO
Dessin par Denelson83, Domaine public

Je me souviens bien de 2024. Avant les JO, tout le parler était « Ce sera la catastrophe, la Seine est sale, ça coûte trop, bla-bla-bla. » Puis, « C’est pas aussi nul qu’attendu. », finissant par « Tout s’est bien passé exactement comme prévu, et on le savait tous. » Allez, maintenant c’est de notre tour. Les JO arrivent à Los Angeles en 2028. Au-delà des impôts écrasants, j’espère que ma petite histoire du jour marquera la fin de toute relation entre moi et l’un des deux événements qui m’énervent le plus au monde (l’autre, c’est la Coupe du Monde, aussi venant chez moi cette année).

Il y a des mois, un ami m’a fait enregistrer pour l’opportunité d’acheter des billets pour les JO. Voici la preuve que je l’ai fait :

Confirmé ! T'es abonné au Tirage pour les Billets JO.

Ça, c’était mi-janvier. Samedi, j’ai reçu une pareille notification pour me dire que ce serait mon tour lundi. Et voilà :

Ça dit que mon créneau serait entre 13h lundi et 13h mardi. Il s’est avéré que je n’ai eu besoin que de 10 minutes pour faire mes décisions.

J’étais loin d’être le premier — ça fait déjà une semaine que les billets sont en vente. Il y a une limite de 12 billets par personne, tous événements compris — sauf le foot. Pour des raisons que je ne comprends pas, on pouvait acheter 12 billets de foot ainsi que 12 autres. Mais on ne sait même pas quelles équipes joueront dans quels matchs !

De toute façon, sachez qu’en général, la catégorie la moins chère pour les billets est à 28 $. Voici les prix les plus bas pour 4 événements différents, de ce qui restait :

On peut payer 28 $ pour voir le premier tour du golf féminin, mais s’il y a un sport où je ne payerais pas pour le voir en personne peu importe les joueurs, c’est le golf — ils sont devant vous pour un coup, et c’est tout. Autrement, ça coûte presque 100 $ peu importe l’événement.

J’ai pris plusieurs captures d’écran pour vous montrer un événement en particulier, car les yeux sont sortis de ma tête, rien qu’en le regardant. Il s’agit du premier tour du badminton mixte :

Prix à partir de 204 $

Ouais, 204 $ le billet ! Voici les catégories de billet :

Désolé, mais ce n’est pas sérieux. Je ne suis pas si désespéré à dire que j’ai vu un match olympique que je payerais tout prix ! C’est le premier tour, et ce sont des inconnus absolus !

J’ai appelé mon ami en lisant le site web, et il était d’accord que ces prix étaient ridicules. Alors pas de JO pour moi, ce qui me convient assez bien. Après tout, je ne veux même pas que ces jeux aient lieu chez moi. On a certainement graissé les pattes à des dictateurs et leurs sbires juste pour avoir le droit d’accueillir les JO. Les « améliorations » des autoroutes étaient deja en cours il y a une décennie et ne seront pas prêtes, car c’est juste pour payer les syndicats (exactement comme notre train à zéro vitesse), pas pour améliorer l’état. Au moins il n’y aura pas beaucoup de nouveaux stades pour la Coupe du Monde ou les JO, ce qui aurait été insupportable.

Mais la pire chose, et je veux dire ça en toute sincérité, c’est que quand la presse internationale voit l’état de Californie — le prix d’essence 50 % plus élevé que le reste du pays, les prix de nourriture presque vénitiens. les fèces dans les rues, les ruines de l’incendie de l’année dernière où il n’y a toujours pas de travaux — elle va blâmer son croque-mitaine préféré, plutôt que le parti qui a contrôlé la Californie pendant 20 des 26 dernières années, dont les 16 dernières de suite. Le monde entier croira à leurs propos, car le fédéralisme américain est vraiment difficile à comprendre sans le vivre. Et rien ne changera.

Saison 5, Épisode 3 — Le Cheep Cheep d’avril

Les Cheep Cheep sont des poissons qui apparaissent dans les jeux Mario depuis le premier en 1985. C’est donc le bon titre pour cet épisode.

Je dois vous dire, j’avais espéré faire un poisson différent cette fois, mais mon premier poisson de l’année, c’était à mes dépens. J’avais laissé cette note dans mon calendrier :

En anglais, ça dit : "April Fool's prank -- see notes"
Capture d’écran

Ça dit : « Poisson d’avril — lisez les notes ». Mais quelles notes ? Les notes sous l’événement dans le calendrier étaient vides. Il n’y avait pas de fichier dans l’appli Notes. J’avais apparemment voulu me rappeler une bonne idée, mais je n’ai plus d’idée de ce que c’était. Alors, j’ai refait un brouillon déjà en cours sur Madame Owens — et j’espère que c’était clair que je la déteste — pour servir en tant que poisson. À mon avis, ce n’était pas à la hauteur des autres, mais surtout de celui de l’année dernière, ce que je crains restera le meilleur à jamais. (Si je faisais une liste des billets qui ont provoqué le plus de fous rires en les écrivant, ce serait en tête. Ça sent un article pour plus tard.)

Pour un meilleur poisson d’avril, je vous recommande ce reportage sur AIRATP — quant au site lui-même, il ne reste qu’un message que c’était une blague.

Je sais que beaucoup d’entre vous sont déjà au courant, mais j’ai quand même une triste nouvelle à partager. Ce week-end, on a dit adieu à Louloute, le chat qui avait repris la plume de Flanel, le chat voyageur. Parmi les souvenirs les plus précieux du blog sont ma rencontre avec sa maîtresse à Lisieux et l’essuie-main accroché dans ma cuisine. Il y a très peu de monde qui m’a autant influencé. Si vous n’avez pas encore laissé des condoléances chez elle, veuillez le faire ici.

C’est trop tard pour le mettre dans le billet original, mais je me suis enfin souvenu de la chanson que la dernière tranche de Proust me rappelle. Je ne la recommande pas trop, mais c’était partout aux États-Unis en 2003.

Pour finir, deux petites anecdotes de ma soirée de jeux de ce week-end. D’abord, il y avait un jeu qui dépend de ses connaissances en vocabulaire. Ma contribution cette fois était « farfadet » (un synonyme de lutin), car je l’avais récemment recherché et c’était toujours dans la liste de mots récents dans mon appli du dictionnaire Oxford. Il me semble que j’ai dû le rechercher car un habitué de ce blog l’avait utilisé, peut-être chez lui. Mais je n’ai plus d’idée de qui. Si vous le savez (ce serait quelque chose que j’ai lu entre le 1 et le 5), merci de me le dire ! Autre chose, j’ai refait des macarons au chocolat. Il y avait plusieurs nouveaux invités et l’un d’entre eux m’a demandé si j’avais fait un stage chez Pierre Hermé. Ha, je le souhaite ! Honnêtement, quand on considère que j’ai adopté la pâtisserie en partie afin de m’intégrer, je ne pouvais pas espérer un meilleur compliment. Qu’un jour je puisse livrer des macarons à chacun des abomnés, ça me ferait plaisir !

Notre blague traite d’une bougie. Nos articles sont :

Il n’y a pas de Bonnes Nouvelles cette semaine. Les gros-titres sont Air et Stacy’s Mom.

Sur le blog, il y a aussi La vérité est ailleurs, notre poisson d’avril, C’est pas le 1er, version avril 2026, ma revue mensuelle de mes blogs préférés, La pappardelle au ragoût de bœuf, l’une de mes pâtes préférées et Le meilleur film de tous les temps, sur le nommé Super Mario Galaxy, le film.

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Dimanche avec le prince de Borodino

On reprend maintenant « Le Côté de Guermantes ». Cette fois, c’est court car je suis allé à une soirée de jeu et était là jusqu’à très tard, mais j’ai avancé de 18 pages.

Après le discours de la dernière fois sur la Première Guerre mondiale à venir, on reprend le vrai sujet du livre — l’obsession éternelle du narrateur pour la dernière femme à croiser son chemin. On entend donc :

Il y avait des soirs où, en traversant la ville pour aller vers le restaurant, je regrettais tellement Mme de Guermantes, que j’avais peine à respirer : on aurait dit qu’une partie de ma poitrine avait été sectionnée par un anatomiste habile, enlevée, et remplacée par une partie égale de souffrance immatérielle

Je vous rappelle que l’on parle d’une dame assez vieille pour être sa mère. Et peut-être qu’on doit en tirer une conclusion horrifiante :

Sans doute de ce que je croyais reconnaître des tristesses que j’avais éprouvées à propos de Gilberte, ou bien quand le soir, à Combray, maman ne restait pas dans ma chambre

Je vous jure, je ne veux pas savoir quoi faire de cette comparaison. Il me semble que le pauvre ne comprend pas la différence entre l’amour maternel et l’amour romantique, et franchement, vu sa passion pour les nobles, j’ai envie de lui dire « Allez demander aux Habsbourg ce qui se passe quand on aime sa famille comme ça. » Si vous ne connaissez pas trop l’histoire de cette famille, disons que l’on parle moins de l’arbre familiale, plus de la vigne.

Mais quand Saint-Loup a enfin « des nouvelles de Paris », il s’avère que ça n’a rien à voir avec le narrateur ou la duchesse, et tout à voir avec sa maîtresse. (Peut-on m’expliquer, s’il n’avait pas de fiancée, pourquoi dirait-il qu’il a une maîtresse plutôt qu’une copine ? Je trouve ça bizarre.) Avec son empathie habituelle, le narrateur pense que :

Je respirai en comprenant que ce n’était que lui qui avait du chagrin et que les nouvelles étaient celles de sa maîtresse. Mais je vis bientôt qu’une de leurs conséquences serait d’empêcher Robert de me mener de longtemps chez sa tante.

Y a-t-il une personne — juste une personne, je ne demande pas beaucoup — qu’il ne traite pas d’instrument ? Juste une personne qu’il aime, bien ou autrement, sans chercher comment l’utiliser ?

Saint-Loup fait un cauchemar, où il imagine que sa maîtresse le trompe avec un certain lieutenant :

Il me dit qu’il venait de rêver qu’il était à la campagne chez le maréchal des logis chef… Saint-Loup avait deviné que le maréchal des logis avait chez lui un lieutenant très riche et très vicieux qu’il savait désirer beaucoup son amie. Et tout à coup dans son rêve il avait distinctement entendu les cris intermittents et réguliers qu’avait l’habitude de pousser sa maîtresse aux instants de volupté.

Super, je ne sais pas si j’avouerais une telle chose à un tel que le narrateur. Ça sent le chantage. Mais ça ne va nulle part, car on a autre chose à faire en ce qui concerne son idée fixe :

Je cherchai pendant tout le dîner un prétexte qui permît à Saint-Loup de demander à sa tante de me recevoir sans attendre qu’il vînt à Paris. Or, ce prétexte me fut fourni par le désir que j’avais de revoir des tableaux d’Elstir…

Elstir est le peintre dont les deux ont fait la connaissance à Balbec. Et il s’avère que :

trois œuvres importantes de mon peintre préféré étaient désignées, dans l’une de ces revues, comme appartenant à Mme de Guermantes.

On finira cette fois avec une observation sur les nobles. On apprend enfin que le capitaine que Robert n’aime pas trop s’appelle de Borodino, mais en particulier le prince de Borodino. On apprend un fait important sur pourquoi ils ne s’entendent pas.

C’est que le prince, dont le grand-père avait été fait maréchal et prince-duc par l’Empereur, à la famille de qui il s’était ensuite allié par son mariage, puis dont le père avait épousé une cousine de Napoléon III et avait été deux fois ministre après le coup d’État, sentait que malgré cela il n’était pas grand’chose pour Saint-Loup et la société des Guermantes, lesquels à leur tour, comme il ne se plaçait pas au même point de vue qu’eux, ne comptaient guère pour lui.

…[il] en revanche, considérait Saint-Loup comme le fils d’un homme dont le comté avait été confirmé par l’Empereur

Alors, pour les familles qui ont hérité leurs titres de l’ancien régime, ceux qui doivent leur titres à Napoléon et ses héritiers ne sont que des arrivistes. Et dans l’autre sens, ces derniers considèrent les nobles de l’ancien régime comme des hypocrites.

Toutes ces jalousies doivent être super pour le moral et le fonctionnement de l’armée !

Le meilleur film de tous les temps

La Fille est en vacances cette semaine, alors le 2, nous sommes allés au ciné pour regarder le nouveau film, Super Mario Galaxy, le film. Je vous ai déjà donné un avant-goût de ce que j’allais aimer chez ce film, mais il a quand même dépassé toutes mes attentes. Et n’oublions pas, ces films sont animés en France et génèrent des centaines de boulots français. Parlons-en plus.

Screenshot

J’espérais que le film aurait encore un pire accueil de la part des critiques que le premier, et je n’ai pas du tout été déçu. Il y a un site américain, Rotten Tomatoes (littéralement, Tomates pourries), qui crée des scores pour les films à base du pourcentage des critiques qui sont positives — ce qui a ses faiblesses, car un film peut avoir un score de 100 % où toutes les critiques sont 3/5, et ça donne sa propre fausse impression. Pour le premier film, les critiques l’ont détesté, mais la note du public a été beaucoup plus élevé. Voilà :

Le score des critiques est 59 % : celui du public est 95 %.
Capture d’écran

Moi, j’ai adoré ce film, le déclarant « Citizen Kane du Royaume Champignon ». À mon avis, le nouveau est encore meilleur. Les scores ?

Le score des critiques est 40 % : celui du public est 90 %.
Capture d’écran

Mon vœu a été bien exaucé, non ? Pourquoi est-ce que je voulais voir un plus bas score ? Parce que même avant de voir le film, j’ai déjà compris qu’il ne s’agissait pas des mérites du film, mais de leur hostilité envers certaines valeurs. Je faisais donc confiance que plus les critiques détestaient Super Mario Galaxy, plus j’aimerais ce film. J’avais raison.

Quelle est l’histoire de presque tout jeu Mario ? On — souvent, mais pas toujours Bowser — kidnappe une princesse — souvent, mais pas toujours Peach — et c’est à Mario et Luigi de la sauver. L’intéressant, c’est le monde qu’ils explorent sur le chemin, les ennemis qu’ils rencontrent, les bonus qu’ils trouvent. Ce que les critiques ne savent pas (ou oublient), c’est qu’à partir du deuxième volet, Peach est souvent un personnage jouable, et sa propre héroïne. Ce film explore ça, mais de façon qui énerve les critiques.

Au début du film, la princesse Rosalina est inconnue pour tous les autres personnages. Elle habite dans une sorte de station spatiale, et possède des pouvoirs magiques. Le fils de Bowser arrive pour la kidnapper, car il a besoin de ses pouvoirs pour ses propres buts. Rosalina arrive presque à gagner toute seule, mais ce n’est pas le moment « girlboss » qui souhaitent les critiques, parce que dans un moment de faiblesse où elle se soucie d’un Luma, les créatures qui vivent avec elle, Bowser Jr. réussit enfin à la capturer. Quand Peach apprend que c’est arrivé, elle quitte tout de suite son royaume pour essayer de la sauver toute seule. Peach se débrouille très bien, notamment face à Wart le crapaud et ses sbires (pour moi, un point fort, car il vient d’un jeu de mes 12 ans), mais il s’avère qu’elle a toujours besoin d’une équipe, et ça, c’est une faute impardonnable pour les critiques américains.

Mais il y en a encore pire à leurs yeux. Vous avez certainement remarqué que la relation entre moi et La Fille est truffé de commentaires piquants, que mademoiselle a du culot. Ce n’est pas par hasard. Depuis longtemps, je fais exprès des efforts pour cultiver un peu d’attitude chez elle, afin de l’aider à survivre chez sa mère et à ne craindre personne. Dit autrement, j’essaie de cultiver exactement la même relation entre nous qu’entre Bowser et Bowser Jr. C’est souvent remarqué par les joueurs, mais apparemment par aucun critique que Bowser est en fait un bon père, même s’il a des mœurs douteuses. Il se soucie sincèrement de son fils, essaie de cultiver de l’ambition et de bonnes habitudes, et fait l’éloge de son travail.

Alors, le point fort du film à mes yeux est la relation entre ces deux. Junior fait son tout pour sauver son père, prisonnier au Royaume Champignon depuis la fin du premier film, et il s’avère que tout qu’il a construit, c’est parce qu’il veut que son père soit fier de lui. Ils se souviennent ensemble de comment Bowser faisait des spectacles de marionnettes pour son fils pour lui enseigner comment être un bon méchant. Ça m’a rappelé des centaines d’heures de doubler des poupées de My Little Pony ou de Princesses Disney pour divertir La Fille. Mais un père qui n’est pas un clown, qui n’est pas humilié par tout le monde, c’est aussi impardonnable chez les critiques américains.

Je n’ai rien dit sur tous les personnages qui apparaissent dans ce film — il y a des hommages à une belle douzaine de jeux Mario, ainsi qu’aux Pikmin et à Star Fox. Pour un joueur expérimenté, ce sont un régal. Mais Super Mario Galaxy est le film que j’attends depuis le jour où j’ai changé une couche pour la première fois, l’hommage par excellence aux pères. Comme le premier film, nous le regarderons une deuxième fois au ciné.

Au fait, cette fois j’ai été prêt avec mon portable pour vous montrer une preuve que c’est presque un devoir patriotique français de le regarder. Voici un peu du générique :

Photo du générique du film, avec une trentaine de noms à l'écran, dont beaucoup qui sont uniquement français.

C’est flou, mais pensez-vous qu’il y a beaucoup de Jérémie, d’Élodie et de Clément aux États-Unis ? Bah non, ce film a été animé chez Illumination Paris !

La pappardelle au ragoût de bœuf

Pour notre deuxième recette italienne, j’ai choisi quelque chose que j’adore aux restos, mais n’ai jamais préparé à la maison. La mauvaise nouvelle, c’est que ça prend plus de 3 heures. La bonne nouvelle ? C’est follement bon. Sans plus attendre, voici la pappardelle au ragoût de bœuf :

Vue des pâtes en gros plan pour mieux voir la viande et les morceaux de carottes
Haute résolution en cliquant

Allons la préparer !

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