Dimanche avec Poullein

On reprend maintenant « Le Côté de Guermantes ». Cette fois j’ai avancé de 40 pages. Il nous reste 130 dans ce tome, et je vais le finir avant septembre à tout prix. C’est plus long que les deux précédents, mais j’en ai assez des Guermantes, même s’ils sont moins insupportables que les Verdurin !

Vous vous demandez pourquoi cette tâche passe si lentement ? Parce qu’il faut souvent déchiffrer des pages comme ça :

Quant aux actions mondaines, c’était encore un autre plaisir arbitrairement théâtral que Mme de Guermantes éprouvait à émettre sur elles de ces jugements imprévus qui fouettaient de surprises incessantes et délicieuses la princesse de Parme. Mais ce plaisir de la duchesse, ce fut moins à l’aide de la critique littéraire que d’après la vie politique et la chronique parlementaire…

(200 mots de rien)

…On sait que quand un ministre explique à la Chambre qu’il a cru bien faire en suivant une ligne de conduite qui semble en effet toute simple à l’homme de bon sens… ce lecteur de bon sens se sent pourtant remué tout d’un coup, et commence à douter d’avoir eu raison d’approuver le ministre, en voyant que le discours de celui-ci a été écouté au milieu d’une vive agitation et ponctué par des expressions de blâme telles que : « C’est très grave », prononcées par un député dont le nom et les titres sont si longs et suivis de mouvements si accentués que, dans l’interruption tout entière, les mots « c’est très grave ! » tiennent moins de place qu’un hémistiche dans un alexandrin. 

Il suit des exemples d’un tel texte, dignes du Journal officiel de la République. Si seulement Proust avait vu ce site, le docteur Cottard l’aurait ordonné pour la grand-mère du narrateur, pour l’aider à dormir !

Incroyablement, il y a une raison pour ça — c’est pour avoir une métaphore pour madame :

Pour en revenir à ces décisions artificielles et émouvantes comme celles des politiciens, Mme de Guermantes ne déconcertait pas moins les Guermantes, les Courvoisier, tout le faubourg et plus que personne la princesse de Parme, par des décrets inattendus sous lesquels on sentait des principes qui frappaient d’autant plus qu’on s’en était moins avisé.

C’est pour établir que comme certains qui vivent pour surprendre (toux, mon frère, toux toux):

Et de la « dernière d’Oriane », comme du dernier « mot » d’Oriane, on répétait : « C’est bien d’Oriane » ; « c’est de l’Oriane tout pur. »

Proust fait une digression pour se vanter d’avoir visité le Louvre :

le duc avait le goût des femmes grandes, à la fois majestueuses et désinvoltes, d’un genre intermédiaire entre la Vénus de Milo et la Victoire de Samothrace

On dirait que le duc avait le goût des femmes dépourvues de bras, à juger par ces éléments !

Pourquoi est-ce que l’on apprend ça ? Car Mme de Guermantes a l’habitude d’inviter les anciennes amantes du duc à ses salons ! (Raison pour laquelle il fallait savoir qu’elle ne faisait pas comme le reste du monde, je suppose.)

Il s’avère que j’ai lu ces trois tomes juste pour cette phrase :

cet Hercule en « smoking » (puisqu’en France on donne à toute chose plus ou moins britannique le nom qu’elle ne porte pas en Angleterre)

HAHAHAHAHAHAHAHA !

Au cas où vous commenceriez à éprouver de la sympathie envers la duchesse, elle est aussi cruelle que son mari :

— Poullein, dit-elle, vous irez chercher les faisans de M. le comte et vous les rapporterez de suite…

Poullein était devenu blanc ; son rendez-vous avec sa fiancée était manqué. Cela suffisait pour la distraction de la duchesse qui tenait à ce que tout gardât un air humain.

— Je sais que c’est votre jour de sortie, dit-elle à Poullein, vous n’aurez qu’à changer avec Georges…

Mais le lendemain la fiancée de Poullein ne serait pas libre. Il lui était bien égal de sortir. Dès que Poullein eut quitté la pièce, chacun complimenta la duchesse de sa bonté avec ses gens.

On passe à une conversation où Mme de Guermantes méprise sa cousine Mme d’Heudicourt :

c’est un cas pour un médecin, cela a quelque chose de pathologique, c’est une espèce d’« innocente », de crétine, de « demeurée »

Elle a comme invitée à sa table une Mme d’Arpajon, amante récente de son mari. Après une conversation sur Hugo en tant que poète, elle en parle à la princesse de Parme :

— Mais… pardon de vous dire cela à vous… cependant elle l’aime vraiment !

— Mais pas du tout, elle en est incapable, elle croit qu’elle l’aime comme elle croit en ce moment qu’elle cite du Victor Hugo parce qu’elle dit un vers de Musset. 

Je ne sais pas vous, mais Mme de Guermantes a un mot critique à dire sur tout le monde derrière son dos, et je trouve ça loin d’être admirable.

Je découvre Cali

On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata avec un autre chanteur sur scène avec Pascal Obispo. Cette fois, il s’agit de Cali.

Cali à la Pause Guitare en 2015, Photo par Gyrostat, CC BY-SA 4.0

Je dois dire au début que je ne l’ai vraiment pas remarqué dans l’ensemble pour « Allumer le feu », mais il est revenu sur scène deux fois de plus — une fois en tant que soliste pour « Pour un flirt » de Michel Delpech, et une fois pour « Super Nana », un de 5 chanteurs derrière Michel Jonasz. Dans les gros groupes, il a un peu disparu, car sa voix n’a rien de spécial — mais j’étais sérieusement impressionné par son énergie et présence en tant que soliste. (Voici le clip officiel, mais ça n’a pas marché quand j’ai essayé de le vérifier.)

J’étais donc étonné d’apprendre que Cali, de son vrai nom Bruno Caliciuri, est né en 1968 — je l’avais pris pour un homme de 30 ans. (Je suis vraiment nul avec les âges des autres.) De son côté paternel, sa famille est italien et espagnol ; du côté maternel, italien et français. Il a grandi à Perpignan, l’un de 5 enfants, et a perdu sa mère à cancer à ses 6 ans, et son père à ses 16 ans. C’était donc une enfance très difficile.

Après son bac, il s’est lancé en tant que musicien dans des groupes locaux, Indy et Tom Scarlett (voici un clip). Ce dernier group a fait la première partie pour Dionysos et Bénabar, mais est autrement peu connu. Cependant, une diffusion de sa piste solo, « Tout va bien », sur France Inter suffit pour le gagner un contrat chez EMI. Écoutez-la si vous voulez, mais je dirais que rien n’allait bien en écoutant cette piste plutôt lourde :

Cependant, en tant qu’une piste de son premier album, L’Amour parfait, c’est une réussite — l’album s’écoule à 550 000 d’exemplaires, un album platine. « C’est quand le bonheur ? » est meilleure comme chanson, mais toujours avec des paroles déprimantes :

« Le grand jour » mérite une place dans un bar quelque part, alors que la chanson éponyme, « L’Amour parfait », euh… ai-je mentionné sa vie difficile ? Vu la popularité de cet album, la bonne comparaison est le roman Les Souffrances du jeune Werther, de Goethe. Mais pour autant que je sache, personne ne s’est tué à cause de cet album.

La suite, Menteur, sort en 2005, se vend à 330 000 exemplaires, juste après la baisse de la signification de platine, de 500 000 à 300 000. C’est donc toujours platine !

« Qui se soucie de moi ? », la première piste, est une chanson presque positive — jusqu’à ce que l’on l’entende chanter :

« Pauvre garçon » est plus « métal », et « Menteur » plus… baroque ? (Il y a un clavecin.) « Je te souhaite à mon pire ennemi » évoque exactement les sentiments promis par le titre.

Son troisième album, L’Espoir, sort en 2008 et est accueilli comme plus positif. Il est brièvement classé numéro 1 en France. « Je ne te reconnais plus », avec Olivia Ruiz, ne somme pas comme Cali d’avant, avec des samples comme dans le rap :

Ses paroles me laissent un peu perplexe : « tu écoutes le jazz juste pour être accepté ». Croyez-moi, j’ai toute une collection de jazz, mais aucune idée de quoi il parle ! « 1000 cœurs débout » a des paroles bien Cali, mais ne le sonne pas. J’apprécie tellement le sentiment du « Droit des pères », mais c’est plus un discours qu’une chanson. Je note que Cali a aidé la création d’une association, Les Papas = Les Mamans, qui travaille pour exactement le droit des pères de rester actifs dans la vie des enfants après un divorce, et vous savez que rien n’est plus important pour moi.

Son quatrième album, La vie est une truite arc-en-ciel qui nage dans mon cœur, est jugé « plus rock, moins engagé » par les critiques — qui ne l’aiment pas. Il ne se vend qu’à 80 000 exemplaires. Moi, j’aime bien « L’amour fou », moins d’un discours que beaucoup de sa musique d’avant :

Mais on veut engagé ? Il y a « Lettre au Ministre du saccage des familles et des jeunes existences dévastées ». Je ne plaisante pas. « Je regarde mes dix-sept ans » me rappelle un peu « A Pirate Looks at Forty » de Jimmy Buffett — pas la musique, mais le même thème mélancolique de vieillir.

Son cinquième album, Vernet-les-Bains, est un hommage à son village aux alentours de Perpignan. Télérama dit de cet album que c’est « comme quand on se réveille avec une gueule de bois ». Je ne sais pas — « Ce soir je te laisse partir » n’est pas plus déprimant que son œuvre du passé !

« La grotte des amoureux » a plus l’air « gueule de bois ».

L’âge d’or, sorti en 2015, n’a pas connu de succès même si les critiques l’aimaient. « La vie quoi ! » profite de techniques de production plus modernes que d’hab chez Cali. Je l’aime bien :

Je me demande s’il écoutait « Fields of Gold » de Sting juste avant d’écrire « Le grand chemin ». Je l’aime bien aussi.

Il y a deux albums de plus, sortis en 2016 et 2020, mais à vrai dire, j’ai assez entendu pour avoir mon avis. J’ai écouté juste « Annie Girardot », mais il n’y avait qu’une référence à l’un de ses films et je ne sais même pas lequel.

Que penser de Cali ? Il n’est pas un grand chanteur, mais je veux être gentil. Il n’a pas de voix particulièrement forte, sa musique est toujours compétente mais n’a que rarement des mélodies intéressantes, et ses textes font souvent envie de pleurer. Pourtant, je sais ce que j’ai vu sur le plateau de Taratata. J’ai l’impression que Cali est plus sympa sur scène que dans le studio. Si je n’ai pas particulièrement envie de l’ajouter à ma collection, j’aimerais toujours le voir en live si possible.

Ma note : J’irais au concert.

Le coup de foudre du con

Je vais vous raconter une histoire 100 % vraie. Tout s’est passé mercredi soir. Elle réunit toutes les idées fixes du blog d’un coup. Vraiment, c’est un peu étonnant.

Mercredi après-midi, je me suis dit, « La Fille est partie, alors vous êtes libre non seulement d’aller chez Miguel’s Jr. pour une quesadilla, mais de marcher autant que souhaité pour Pikmin Bloom. N’oubliez pas d’aller acheter un billet pour la loterie Mega Millions, car le jackpot vient d’atteindre un milliard. » C’est important à savoir qu’il y a deux loteries nationales aux États-Unis. L’heure limite pour acheter un billet de Mega Millions est 19h45, mais l’heure limite pour Powerball est 19h.

Et c’est exactement ce que j’ai fait. Je suis arrivé chez Miguel’s vers 17h30, dans l’attente d’y rester environ 45 minutes. En m’asseyant, il m’est arrivé à l’esprit que sans l’avoir planifié, j’avais fait le choix idéal pour tous mes buts : Miguel’s est juste au coin de la rue d’une station-service où j’ai l’habitude d’acheter les billets quand la loterie devient assez intéressante. En plus, ça pourrait être le début d’une belle balade de 5 km si je continuais vers la prochaine rue et faisait un aller-retour.

Cependant, je n’avais pas compté sur quelque chose que vous allez devoir croire sur parole. L’un des gags récurrents de ce blog est la série d’annonces que telle ou telle personnalité médiatique est désormais mon coup de cœur. J’avoue avoir un cœur d’artichaut, mais la raison plus sérieuse pour ça, c’est que c’est aussi ma seule façon d’exprimer de tels sentiments, dans un contexte où, franchement, il n’y aucune chance que quoi que ce soit arrive. Je suis au courant que certaines personnes préféreraient que ça arrête — mais vu ce qui se passe quand soit des connaissances soit des inconnues pensent que j’ai dit la moindre chose, et vu que j’ai définitivement quitté les applis de rencontre, vraiment, je garde la bouche fermée autrement.

« Que diable, Justin », me dites-vous, « qu’est-ce que ça a à voir avec Miguel’s ou la loterie ? » Tout ça est une longue explication de pourquoi je n’ai absolument rien dit quand une jolie femme s’est assise seule à deux tables de moi. J’ai pensé pendant une éternité à lui demander s’il la dérangerait à dîner ensemble. Mais en fait, seulement 5 minutes étaient écoulées. Puis, j’ai eu ma commande et elle la sienne, et j’ai décidé que le moment était passé, que c’était trop tard. Pourtant, je restais curieux, même si elle n’a jamais une fois arraché les yeux de son portable. (C’est malpoli de fixer les yeux ; je crois que j’ai évité ça.) Je n’ai pas quitté Miguel’s jusqu’au moment où elle s’est levée.

C’est ainsi que je ne suis pas arrivé à la station-service qu’à 19h05, et le caissier m’a dit que je viens de rater l’heure limite. J’ai quand même acheté deux billets pour le prochain tirage, le samedi, me disant que peut-être que personne ne gagne.

Vous savez déjà ce qui s’est passé, non ?

Gros titre du journal The Detroit News pour annoncer le résultat.
Capture d’écran

Ça dit : « Le gagnant de Powerball dans le Midwest aura 1 milliard de dollars ; 2 billets dans le Michigan valent 50K $. »

Bon travail, Justin. Au moins j’ai eu une bonne balade d’une heure :

C'est une carte qui montre ma route avec des fleurs virtuelles « plantées » pendant mon trajet.

J’ai l’impression que je vais regretter mercredi soir pendant longtemps, et je ne sais même pas si je parle des billets ratés.

Les mésaventures de La Fille au pays du travail

Je n’ai pas demandé le droit de publier ce qui suit, mais aucun vrai nom sera utilisé, sauf le mien.

Entre les deux tomes de Lewis Carroll sur son personnage Alice, je préfère Les Aventures d’Alice au pays des merveilles. Mais c’est le titre de la suite, « Through the Looking-Glass », De l’autre côté du miroir, qui est devenu une expression en anglais pour une situation apparemment surréaliste pourtant réelle.

C'est le roi (en forme d'une pièce d'échecs) avec Alice et le Lapin blanc
Dessin du roi pour De l’autre côté du miroir par John Tenniel, 1871, Domaine public

Il y a deux semaines, La Fille a passé son tout premier entretien d’embauche pour un boulot. À vrai dire, j’étais contre cette idée. La onzième année, ou comme on l’appelle en français, première, se considère l’année la plus importante pour les candidatures aux facs américaines. Je préférerais qu’elle se concentre sur ses études, mais quelqu’un insiste autrement. Et cette personne ne me parle plus du tout sur ce qui se passe dans la vie de La Fille.

Et oui, vous allez dire, « Vous êtes quoi, un saucisson ? Les parents doivent être d’accord, non ? » Bien sûr, je pourrais insister sur mes droits et prendre rendez-vous chez l’arbitre. Ce serait cher, et il n’y a aucune garantie quant au résultat.

Alors, l’entretien. C’était chez une entreprise consacrée au soutien scolaire pour les élèves des écoles primaires et des collèges. J’ai fait de mon mieux pour préparer La Fille — j’ai trouvé des questions mentionnées par des anciens candidats sur des sites consacrés à l’emploi, et on a fait des répétitions. Je n’étais pas présent, mais selon La Fille, l’entretien semblait bien passer, et elle a entendu qu’elle aurait une décision d’ici une semaine.

Ça nous amène à mon vrai sujet, le manque total de professionnalisme dans ce pays. Seulement une entreprise m’a jamais contacté après un entretien pour me dire non, Google. Je vous ai raconté l’histoire de ce qui s’est passé chez Samsung — il valait mieux que ce gérant-là se taise, au lieu de ce qu’il a fait. Mais autrement, alors qu’il vous faut faire attention à écrire des notes après un entretien, remercier tous concernés pour leur temps, etc., si l’entreprise ne vous veut pas, elle laisse tomber sans un mot. C’est pour ça que j’ai évoqué De l’autre côté du miroir — comment ose-t-on insister que le reste du monde ait des qualités que l’on ne possède pas du tout ?

Il me semble que l’on a donc la décision dans ce cas. Mais La Fille n’accepte pas cette situation, et je l’ai aidé à écrire une courte note pour relancer avec le gérant. Je la traduis :

Bonjour Monsieur,

J’aimerais relancer après mon entretien récent pour un poste au sein de votre entreprise. Y a-t-il d’autres questions que vous avez pour moi ?

J’ai profité de l’opportunité pour en savoir plus sur cette opportunité et j’espère prendre des nouvelles bientôt. Merci encore de votre temps.

Sincèrement, La Fille

En tant que parent, la lettre que j’écrirais à sa place, en sachant que l’on sait vraiment déjà, elle serait tout autre chose :

Cher Connard,

Vous avez plein à dire sur l’importance d’être fiable et responsable, mais il n’y a évidemment pas de miroirs chez vous.

Je vous prie d’accepter, Monsieur, mes salutations les plus distinguées d’un bon voyage pour vous faire voir chez les Grecs.

Sincèrement, Justin

Je regrette tellement que ce soit ainsi que La Fille commence à apprendre vraiment comment marche le travail aux États-Unis. Mais après tout ça, je dois poser la question intéressée : puis-je m’attendre à mieux en France ?

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Sur les traces des points

Parfois, c’est le fait d’écrire une Langue de Molière qui me mène à une autre, et c’est exactement notre sujet du jour.

Il y a des semaines, j’ai écrit sur Raiponce, comme font tous les hommes d’âge moyen. Il y avait un mot anglais que j’avais vraiment envie d’utiliser, mais je ne suis pas arrivé à trouver la bonne traduction. En particulier, je voulais l’expression pour ce qui s’appelle « plot point » en anglais, les détails d’un scénario qui avancent l’histoire. Pour donner un exemple du niveau de détail souhaité, si on parlait des Trois Mousquetaires, on voudrait mentionner :

  • Le Comte de Rochefort lutte contre d’Artagnan et vole sa lettre d’introduction
  • D’Artagnan rencontre les Mousquetaires
  • La reine donne son collier à son amant
  • Etc.

Mon dictionnaire bilingue n’a eu rien d’utile pour cette expression absolument banale et quotidienne. Je suppose que c’est parce qu’il vient du Royaume-Uni, et selon les preuves des émissions britanniques qui passent à notre télé, le seul point à mentionner est que des aristocrates prennent du thé toute la journée. Pas besoin d’un mot pour ça.

J’ai donc posé la question à Google Traduction, qui a rendu « point de trace ». Ah oui, évidemment, je voulais dire une imprimante grand format, un truc qui trace (« plot ») des points :

C'est un traceur, une imprimante pour des feuilles A0 ou A1, souvent utilisé par des ingénieurs ou des architectes.
Traceur couleur, Photo par UnderwhelmingToaster, Domaine public

Il faut que j’ajoute que juste avant de publier cet article, j’ai répété l’expérience, et Google m’a enfin rendu une bonne réponse, à ne pas dire la seule et unique. Mais c’est trop hilarant pour laisser tomber !

Il me semblait un peu incroyable que cette expression ne serait pas connue pour Google, alors j’ai vérifié le dictionnaire d’anglais américain, Merriam-Webster. J’étais étonné de découvrir que cette expression n’existe pas selon eux. Et le dictionnaire Collins ? Pareil. Peut-être que mon anglais est trop « britannisé » ? J’ai donc vérifié le dictionnaire Cambridge, qui ne l’a pas, mais m’a recommandé « plot line » :

Capture d’écran

Ça dit « l’histoire d’un livre, film, etc. » Si on se souvient de sa géométrie, c’est quoi une « line », une ligne ? L’objet défini par deux ou plus de points ! Quel sens de l’humour, les britanniques.

J’ai donc cherché Wikipedia en anglais, juste pour me rassurer que cette expression existe quelque part. Voilà :

Capture d’écran

C’est ça qui m’a enfin donné la clé. L’article en anglais parle de l’écrivain Syd Field, anciennement professeur d’écriture de scénario à l’Université de la Californie du Sud (sans pourtant jamais avoir vu l’un de ses scénarios réalisés !). Il s’avère que ce monsieur a une page sur Wikipédia en français. Et là, on lit :

Auteur de Screenplay: The Foundations of Screenwriting, Syd Field a popularisé les concepts de « point d’intrigue[2] » (événement à partir duquel l’action de l’intrigue s’oriente dans une nouvelle direction) et de structure en trois actes.

Voilà, l’expression que je cherchais, c’est apparemment « point d’intrigue ». Je vous ai dit ci-dessus que Google a eu une bonne réponse la deuxième fois : c’était « élément de l’intrigue ».

Est-ce que c’est vraiment le dernier mot ? J’ai mis « point d’intrigue » dans Google pour rechercher des exemples, et ça m’a mené à cet article sur un site francophone, Plotiar :

Un point de basculement (plot point) est tout événement qui modifie significativement la trajectoire de l’histoire. Bien que chaque scène doive faire avancer le récit, les points de basculement sont les moments où l’histoire pivote : une nouvelle information est révélée, une décision est prise, ou les circonstances changent d’une manière qui ne peut être défaite. Ce sont les murs porteurs de votre structure narrative.

Point de basculement

Pourtant, une recherche pour cette expression m’a rendu des centaines de résultats pour l’écologie, pas les livres ou les films ! Voici un exemple d’un site du gouvernement français :

Le rapport Global Tipping Points Report 2025 alerte sur des seuils écologiques et climatiques déjà franchis ou imminents. Fonte des glaciers, disparition des récifs coralliens, perturbation des courants océaniques… Ces points de bascule risquent de déclencher des changements irréversibles.

Comprendre les points de bascule

Vous aurez remarqué que Google a triché ici, car « bascule » est lié à, mais pas le même mot que, « basculement ». Mais s’il y avait beaucoup de résultats exacts, on les aurait eu à la place de ces autres.

Il me semble donc que cette recherche a terminé sur le fait qu’il n’y a pas de traduction acceptée, peut-être parce que cette idée ne fait pas partie du discours autour de ce sujet en français. Et ça va ! S’il y a une leçon derrière toutes ces recherches, c’est que tout le monde ne voit pas le monde de même façon.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine avec un fait surprenant sur les accords.

Le brookie cheesecake de Péla

J’ai eu une soirée de tarot samedi dernier, et comme j’essaye de ne jamais apporter deux fois le même dessert, il me fallait quelque chose de nouveau. En même temps, La Fille m’avait demandé d’avoir un peu moins de sucreries à la maison, alors je n’avais pas testé cette recette mercredi dernier comme prévu. Mais il s’est avéré qu’attendre l’événement était le bon choix — ce brookie était très bien accueilli par les expatriés, et on a fini par manger seulement la moitié à la maison, mieux pour juste deux personnes. Le voilà :

Brookie cheesecake entier

Vous ne voulez pas resister, je le sais. Allons le préparer !

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Saison 5, Épisode 19 — Tarquin la salade

Je vous laisse d’abord deux pépites sur les coulisses du blog. D’abord, si vous recevez la version courriel du blog, vous avez sûrement remarqué que le gros-titre disait seulement « Dimanche avec », sans nom après. Quand je commence à écrire, je mets ça comme titre en planifiant de choisir un nom selon ce que je lis. Ce n’est pas la première fois où j’ai oublié. L’autre chose, c’est que pour comprendre les gros-titres de la balado, c’est important de savoir que la salade César a été créée à Tijuana, juste à travers la frontière mexicaine de ma maison natale.

Demain, vous aurez une recette de Péla avec quelques petits changements. Je lui ai écrit un message privé hier pour dire que les expatriés ont tellement apprécié ce dessert. La Fille l’aime tant qu’elle m’a déjà dit que je devrai le refaire quand une de ses amies nous rendra visite plus tard en août.

Ce week-end, j’étais déçu d’apprendre que Pikmin Bloom avait un défi de marcher 10 000 pas soit samedi soit dimanche. On était en pleine canicule de 34 °C chez moi ! Mais je voulais vraiment le réussir et j’aime faire souffrir La Fille, alors voilà :

Capture d'écran pour me féliciter d'avoir dépassé 10 000 pas.

« Mais Justin », me dites-vous. « quel genre de parent êtes-vous ? Et depuis quand aimez-vous prendre du soleil à ce point ? » Depuis jamais. Vous devriez déjà connaître exactement le genre de personne que je suis. Nous sommes allés chez South Coast Plaza pour rester dans un intérieur bien climatisé pendant 4 heures et aller dans l’un des restos préférés de La Fille, Ruby’s Diner. Et parce que je suis un vrai saligaud, nous sommes passés par chez Läderach pour des échantillons gratuits de leur chocolat. Comme dit mon ex, « L’Enfer, c’est Justin. »

J’ai reçu un petit cadeau sur Twitter ce week-end. Mon journaliste préférée, Anne-Élisabeth Moutet, a remarqué mon billet sur les burritos et a laissé cette réponse :

Ça dit : « Et c’est avant le pourboire. »

J’ai tout de suite envoyé une capture d’écran à un ami anglophone pour lui dire, « Tu ne comprends pas pourquoi, mais je vivrai jusqu’à mes 100 ans de ce tweet. » Pour autant que j’aime me plaindre du narrateur proustien, on partage le soif d’être remarqué.

Au fait, Facebook m’a tarquiné — euh, taquiné — cette semaine à cause d’avoir un nouvel abonné à la page du blog, pour la première fois cette année :

C'est un graphique qui montre zéro abonnés pendant deux semaines, puis un bref pic à 1, puis 0 encore. La légende dit : « Vous avez obtenu moins de followers la semaine dernière. Publier tous les jours peut vous aider à développer votre audience. »

Ah oui, je ne publie pas quotidiennement, merci Facebook.

J’ai donné du sang entier cette semaine. Je suis ravi de vous dire que je n’étais pas anémique. Les comprimés de fer ont évidemment leur effet.

Notre blague traite d’un sermon. Nos articles sont :

Les Bonnes Nouvelles racontent une mesure pour protéger les animaux à Nice. Les gros-titres sont Jamais et Salade.

Sur le blog, il y a aussi Piéton, une plainte sur les chauffeurs agressifs, Je découvre Superbus, la dernière entrée du Projet 30 Ans de Taratata, Ici et là, des nouvelles personnelles et Burrito, sur la polémique aux États-Unis autour du prix de ce plat.

Si vous aimez cette balado, abonnez-vous sur AppleGoogle PlayAmazonSpotify, ou encore Deezer. J’apprécie aussi les notes et les avis laissés sur ces sites. Et le saviez-vous ? Vous pouvez laisser des commentaires audio sur Spotify for Podcasters, qui abrite la balado. Bonne écoute !

Dimanche avec Tarquin

On reprend maintenant « Le Côté de Guermantes ». Cette fois, j’ai avancé de 22 pages.

On continue avec toutes ces digressions sur le caractère de la famille Guermantes avec peut-être la phrase la plus Justin jamais écrit par un autre :

L’esprit des Guermantes — entité aussi inexistante que la quadrature du cercle, selon la duchesse, qui se jugeait la seule Guermantes à le posséder — était une réputation comme les rillettes de Tours ou les biscuits de Reims. 

Au fait, la traduction rend « rillettes » comme « porc ». Pas trop connues chez les anglophones.

Vraiment, ça fait une trentaine de pages sur ce que l’on peut résumer dans juste cette phrase :

ce que la duchesse de Guermantes plaçait au-dessus de tout, ce n’était pas l’intelligence, c’était, selon elle, cette forme supérieure, plus exquise, de l’intelligence élevée jusqu’à une variété verbale de talent — l’esprit.

Les Guermantes ne sont vraiment pas intéressants que tout ça, et Proust trouve un moyen après un autre pour répéter ce thème. Sérieusement, si dois souffrir de cette bêtise répétitive, qui ne fait que le tiers d’une phrase, vous aussi :

Or, ces Guermantes-là (sans même aller jusqu’à ceux tout à fait remarquables qui, lorsque la duchesse imitait le duc de Limoges, disaient avec admiration : « Ah ! on peut dire que vous le tenez » ou « que tu le tiens ») avaient beau ne pas avoir d’esprit, selon Mme de Guermantes (en quoi elle était dans le vrai)

J’ai l’idée, je promets.

Voici un exemple de cet soi-disant esprit après tout ça :

Aussi en entendant ce mot de taquin appliqué à Charlus parce qu’il donnait un si beau château, Oriane n’a pu s’empêcher de s’écrier, involontairement, je dois le confesser, elle n’y a pas mis de méchanceté, car c’est venu vite comme l’éclair, « Taquin… taquin… Alors c’est Taquin le Superbe ! »

La référence est à Tarquin le Superbe, dernier roi de Rome avant la République. Puisque ce calembour ne marche pas en anglais, le traducteur l’a remplacé avec « Teaser Augustus », César étant « Caesar » en anglais. La référence est donc à Auguste, 4 siècles plus tard, connu en anglais comme « Caesar Augustus ». Je suis un peu impressionné — la traduction est très loin d’être littérale, la référence est complètement différente, pourtant je suis 100 % d’accord que ça garde l’esprit de ce que Proust voulait dire. On apprend parfois quelque chose en lisant ce roman dans deux langues en même temps.

Tout ça, 6 pages de ce calembour maudit, est là juste pour nous dire que :

D’ailleurs tous les Courvoisier fussent-ils restés que les mots les eussent laissés d’autant plus insensibles que les incidents qui les faisaient généralement naître auraient été considérés par eux d’un point de vue tout à fait différent.

D’accord, les Courvoisier ne trouvent pas leur cousine drôle. J’en ai entendu parler.

On apprend en plus que la duchesse a un loisir énervant quant à la société :

Quand une femme intelligente, instruite, spirituelle, avait épousé un timide butor qu’on voyait rarement et qu’on n’entendait jamais, Mme de Guermantes s’inventait un beau jour une volupté spirituelle non pas seulement en décrivant la femme, mais en « découvrant » le mari. 

Ah super, elle élève les médiocres. Ça parle bien de son jugement. Ou pas.

Enfin, on voit un peu le vrai but — Proust utilise tout ça comme point de départ pour critiquer les critiques littéraires et artistiques de son époque :

Sans doute certains essayistes ont tort de mettre au-dessus des scènes les plus célèbres du Cid ou de Polyeucte telle tirade du Menteur qui donne, comme un plan ancien, des renseignements sur le Paris de l’époque, mais leur prédilection, justifiée sinon par des motifs de beauté, du moins par un intérêt documentaire, est encore trop rationnelle pour la critique folle.

Proust ne saura jamais à quel point il me rappelle l’un de mes parents (pas mon père ou ma mère), qui passe aussi de folles quantités du temps en construisant des châteaux dans les airs juste pour lâcher un tel commentaire.

Mais ça revient enfin à un jugement ironique sur la duchesse :

Les variations de jugement de la duchesse n’épargnaient personne, excepté son mari. Lui seul ne l’avait jamais aimée…

D’autre part M. de Guermantes poursuivant un même type de beauté féminine, mais le cherchant dans des maîtresses souvent renouvelées, n’avait, une fois qu’il les avait quittées, et pour se moquer d’elles, qu’une associée durable, identique, qui l’irritait souvent par son bavardage, mais dont il savait que tout le monde la tenait pour la plus belle, la plus vertueuse, la plus intelligente, la plus instruite de l’aristocratie

HAHAHAHAHAHAHAHA ! Après les deux dernières semaines, surtout les 40 dernières pages, j’apprécie que les deux sont dans leur propre Enfer, l’un face à l’autre, car franchement, les deux le méritent bien. Ni le duc ni la duchesse ne sont à la hauteur des avis des autres, et ça, c’est la réalité brutale derrière tout ce panégyrique.

Burrito

Aujourd’hui je mets mon grain de sel sur une polémique aux États-Unis cette semaine qui me met en colère.

Tout a commencé quand un militant de droite, M. Andrew Kolvet, a mentionné qu’un étudiant de sa connaissance lui avait dit « Un burrito ne devrait pas coûter 20 $ » :

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Il travaille pour Turning Point, l’ancienne organisation de Charlie Kirk, alors il habite probablement en Arizona.

Il faut que j’ajoute que si on parle d’un burrito, sans préciser d’où, on parle sans question de la chaîne nationale Chipotle, pas de Taco Bell ou d’un resto local. Chipotle est un resto rapide, mais le genre de chose qu’un Français approuverait — les légumes sont largement bio, et ils avaient anciennement un slogan « Nous n’avons pas de micro-ondes ». Ils se vantent toujours de ça, mais n’impriment plus ce slogan sur leur emballage.

Ça a provoqué une réponse aussi snob que fausse de Marc Thiessen, un écrivain pour le PQ vendu en forme de journal, le Washington Post : « Pleure-moi une rivière. Les burritos dans la cantine à la fac sont compris dans tes frais. »

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Au cas où vous penseriez qu’il s’agissait d’une différence partisane, M. Thiessen était anciennement rédacteur de discours dans la Maison Blanche du deuxième Président Bush. Peut-être qu’il ne sait pas — et j’y suis hyper-sensible, car La Fille sera bientôt élève dans une fac — que les cantines des facs ne sont plus à volonté. Quand nous avons visité USC l’année dernière, nous avons payé des prix effrayants pour manger dans la cantine, et selon ce que l’on a commandé.

Mais j’ai parlé de Chipotle. Pendant deux décennies, c’était mon burrito préféré. Ça fait 3 ans depuis ma dernière visite. Voici ce qui coûterait mon ancienne commande — mais sans chips et boisson :

Le montant est 18,20 avant les impôts, 19,61 $ après.

Aux États-Unis, l’impôt dit « sales tax » est toujours facturé à la fin, alors j’ai utilisé Photoshop pour combiner les captures d’écran du montant initial et après l’impôt.

Il y en a qui disent : « Ouais, avec des frais de livraison d’Uber Eats. » Ce prix est pour manger sur place.

« Mais Justin », me dites-vous, « vous avez clairement triché. Ça dit 2x la viande. » Je plaide coupable. Ça fait plus d’une décennie que les employés ne donnent presque aucune viande dans le burrito à moins que vous ne payiez pour la doubler — il n’y a pas de micro-ondes, et pas de balance de cuisine non plus. Et ça ajoute 6 $ au prix en Californie. Je remarque que c’est pareil à Washington, D.C., où travaille M. Thiessen. Mais à Texas, c’est 5 $.

Cependant, ce que je n’ai pas fait, c’était d’ajouter 3 $ de guacamole comme ferait le reste du pays. Ou 2 $ de « queso blanco », un fromage bien-aimé de beaucoup de monde. Ma commande est un peu plus cher que les autres, mais moins que vous ne le pensez.

J’ai fait des comparaisons avec cette commande dans d’autres villes. Sans captures d’écran :

  • Dallas, Texas : 18,46 $
  • Denver, Colorado : 18,80 $
  • Las Vegas, Nevada : 19,13 $
  • Kansas City, Missouri : 20,12 $
  • Indianapolis, Indiana : 19,24 $
  • Miami, Florida : 18,62 $

Les impôts à Kansas City sont presque 2x les autres !

Pour vous donner une idée des changements ici, anciennement — et je veux dire en 2020 — j’aurais eu ce burrito avec des chips et un boisson pour environ 15 $.

J’adore cette polémique. Rien ne me plaît autant que « Ne crois pas tes yeux menteurs. » Heureusement que j’ai découvert Oz-en-Isère cette semaine, car j’ai tout à coup envie d’y aller !

Ici et là

Je ne sais pas comment j’ai oublié de le mentionner, mais il y a deux semaines, La Fille et moi sommes allés au ciné pour voir Les Maîtres de l’univers, dont le personnage principal est connu en France sous le nom Musclor. Son nom en VO, « He-Man », se traduirait en français plutôt littéralement par « Lui-Homme », et ça manque de quelque chose. (Ce n’est pas du tout aussi ridicule en anglais, où c’était une expression pour quelqu’un de fort bien avant la série des années 80).

À vrai dire, c’était pas mal : je dirais 6,5/10. Le film se moquait des noms originaux des personnages et n’était pas très fidèle à ses sources. Mais en tant que film de fantasy ou d’action, c’était plutôt bon, et méritait le grand écran au lieu de la télé, ou pire, un portable (malheureusement, il n’est pas sorti au ciné en France, juste Prime Video). Je regrette que son montant au box-office était un échec, car j’aurais vraiment voulu voir un film de la même équipe de la suite, She-Ra, une meilleure série.

La Fille passe cette semaine au lycée, mais ce n’est toujours pas la rentrée — c’est jeudi prochain. Cette semaine, elle est là pour des répétitions de la fanfare, parce que tout doit être prêt pour le premier match de football — le vrai, pas le truc de FIFA — d’ici deux semaines.

Je vous ai dit en 2024 que j’avais dû vider mon ancienne chambre chez mes parents. Puisque je viens de mentionner le football américain, voici mon équipement de protection de mes jours lycéens ; je l’ai jeté :

C'est un truc en plastique qui va sur les épaules pour les protéger, ainsi que le cou et la poitrine. On porte un maillot au-dessus, alors personne ne voit jamais cet équipement sur le terrain.

On ne devinerait jamais que j’ai joué à 3 sports pendant mes 4 ans au lycée. En fait, le football dit « soccer » était mon meilleur sport de loin.

J’ai récemment mentionné que La Fille et moi avons téléchargé le jeu Pikmin Bloom sur nos portables afin de marcher plus. C’est devenu une compétition intense entre nous. Voici mes 7 derniers jours de pas selon l’iPhone :

Graphique à barres des pas par jour pour la semaine dernière -- six jours en sont supérieurs à 5 000, mais l'autre en est inférieur à 1 500.

Ouais, mercredi était nul, mais le moyen reste supérieur à 5 300 pas par jour. Plus on marche, plus on collectionne des Pikmins, de petites plantes qui marchent avec vous. Ici, ils sont déguisés en tant que des tournesols — adorable, non ?

Capture d'écran d'une trentaine de Pikmins avec des tournesols sur la tête.

Mais croiriez-vous que la barre la plus haute dans le graphique à barres ci-dessus vient d’un dîner avec mes parents ? Moi non plus ; pourtant, c’est rien que la vérité. Nous sommes allés dans un centre commercial pour tester un nouveau resto mexicain et ils ne savaient pas où stationner la voiture. C’est devenu de la randonnée. Voici le burrito qui m’attendait après ; assez bien, mais pour 20 $, je connais de meilleurs :

Burrito recouvert de crème fraîche et de ciboulette. Il y a du riz à la mexicaine (cuit avec des tomates et des oignons) en accompagnement.

Il s’avère que presque tous les expatriés de l’OCA sont des aoûtiens, alors on ne va avoir la prochaine réunion du bureau que juste avant ma date limite pour me donner des dates pour La Dépêche. Je vais donc être plus stressé que d’hab vers la fin du mois.

J’ai mentionné ce qui suit sur Facebook il y a des jours ; ça me dérange toujours :

Un ami qui me connaît depuis 1994 m’a appelé pendant le déjeuner pour me dire que je suis apparu dans son rêve. Apparemment, je suis sorti avec quelqu’un, puis j’ai écrit un article sur mon blog intitulé « Mon guide à trouver des rendez-vous ». (Il a dit ça en anglais.) Vu qu’il ne lit jamais mon blog, et ne parle pas français, — MAIS, j’écris parfois des articles dont les titres commencent par « Mon guide à » — et ne m’a jamais dit que j’étais dans un rêve, je trouve le tout plus qu’un peu déroutant.

Je l’adore comme un frère — on parle plusieurs fois par semaine — mais il n’est pas le genre de personne qui va rechercher sur ce blog juste pour faire une farce. Alors, yikes, comme on dit en anglais pour quelque chose de flippant.

Finissons sur quelque chose de français ? Je n’ai pas beaucoup écouté Les Grosses Têtes pendant l’été, car c’est principalement dans la voiture après avoir emmené La Fille au lycée. Hier matin, cette version de « Bonjour Tristesse » par Juliette Greco — en anglais pour un film américain de même nom — a fait le sujet d’une question. J’ai appris que Mylène Demongeot et David Niven faisaient partie de la distribution — peut-être que je le regarderai !