Ça y est !

Je viens de vérifier ma boîte aux lettres, où j’ai trouvé un petit colis. En dedans, un livre !

Oui, c’est enfin arrivé ! Selon l’enveloppe, il a été envoyé le 16 décembre. Plus qu’un mois ? Je blâme notre poste, pas La Poste. Il y avait un colis qui était envoyé de Los Angeles à moi — 60 km — et il a eu besoin de 15 jours pour arriver le mois dernier.

D’une part, je suis très heureux d’avoir enfin ce souvenir de la France. D’autre part, je suis un peu déçu. Vous vous souvenez peut-être de ces deux posts : Quand on veut soutenir les entreprises françaises et Merci Cook and Record. Tous les deux sont arrivés le 4 décembre. À l’époque, elle a dit :

Le 12 décembre, elle a ajouté :

Je m’attendais donc un livre signé. J’ai l’impression qu’elle a aussi dit plus tard qu’il y avait trop de commandes, alors elle ne pouvait plus signer tous les livres, mais j’ai commandé le mien le 4 décembre.

Hélas, pas de autographe. Mais je dois vous dire, à part ça, le livre est exactement ce que je m’attendais de Laurène. Voilà :

C’est très beau, les photos sont toutes belles, et son style est évident au long du livre. C’est vraiment «Cook and Record : Le Livre». Je reste grand fan de Laurène — presque tout ce que je sais de la pâtisserie est grâce à elle.

Le questionnaire de Proust

Hier soir, j’ai pris un cours avec l’Alliance Française sur le questionnaire de Proust. Il vient d’un jeu anglais nommé Confessions, et le questionnaire lui-même est nommé « An Album to Record Thoughts, Feelings, &c » (un album pour garder pensées, sentiments, etc.). Franchement, il me rappelle les sondages et des autres trucs sur Buzzfeed ou Topito. Plus ça change, plus c’est la même chose, hein ?

Ce qui est le plus intéressant dans ce questionnaire est les réponses du grand écrivain, pas celles de moi. Il y a des blagues idiotes, mais aussi des pensées philosophiques. Par exemple:

D: Le fait militaire que j’admire le plus.

R: Mon volontariat !

et

D: Le pays où je désirerais vivre.

R: Celui où certaines choses que je voudrais se réaliseraient comme par un enchantement et où les tendresses seraient toujours partagées.

Pour info, les miennes : «le 6 juin 1944» et «Regardez ce blog !»

L’humour se diffuse comme le virus

C’est encore le temps du dessin de la semaine, et cette fois, je souhaite que je pourrais coller le journal entier ! C’est absolument plein des titres amusants, pas juste les dessins.

On commence avec une blague sur le nom d’une société canadienne, Couche-Tard :

J’avoue que je n’avais aucune idée de qui était Couche-Tard jusqu’à la nouvelle qu’ils voulaient acheter Carrefour. Couche-Tard a deux chaînes de stations-service près de chez moi, «Circle K» et «On The Run», mais ils n’utilisent jamais le nom Couche-Tard aux États-Unis.

Celui-ci a une blague qui était populaire pendant la Guerre Froide, avec les lettres à l’envers pour dire «en Russe» :

Et celui-ci est une bonne blague sur qui obtient le vaccin :

Même le titre sur le page de garde ! Oui, tout le monde ici connaît «La vie en rose» :

Comme toujours, si vous avez aimé ces dessins, abonnez-vous !

Mon dîner aubois

J’hésite à vous dire que j’ai fait la recette locale «Coquilles Saint-Jacques à la crème Chaource» parce que j’ai essayé, mais je ne pouvais pas trouver le bon fromage. J’étais prêt à conduire à San Diego — la même distance que Paris à Reims — si je pouvais trouver du fromage Chaource dans l’un de leurs magasins. Quand je vous dis que toutes les recettes auboises ont besoin de Chaource, je ne plaisante pas du tout. DU. TOUT. MÊME LES DESSERTS.

Mais je dois vous dire — je suis très heureux des résultats quand même. Voilà !

Qu’est-ce que c’est que ça ? Du champagne ? «Justin,» je vous entends, «est-ce une escroquerie ? Savez-vous qu’il n’y a pas de ‘champagne’ sauf de la bonne région de la France ? Que vos pinards pétillants de Californie ne sert à rien, au moins rien de champagne ? Et que presque tous les vrais champagnes aux États-Unis proviennent de la Marne, pas d’Aube ?»

BIEN SÛR ! Ne me prenez pas pour quelqu’un qui ne respecte pas les droits ! Voilà !

Oui, c’est du vrai champagne aubois, de la village d’Urville (124 habitants !). C’est une petite bouteille de 375 mL, et elle m’a coûté 25 $ (environ 21 €). Je ne pouvais trouver que deux marques de champagne aubois au États-Unis, et l’autre coûte 4x celle-ci. Je ne bois pas souvent parce que je n’ai personne ici sauf ma fille (10 ans), donc je ne voulais pas acheter trop de vin. Mais c’était important pour moi de faire tout ce que je peux pour vous présenter un dîner authentique.

Dis donc, Justin, allez-vous donner la recette à vos lecteurs ce siècle ? Bien sûr. D’abord, j’ai trouvé cette recette en vidéo sur Internet grâce à Aube en Champagne Tourisme. Voici leur vidéo dans un Tweet :

https://mobile.twitter.com/aubechampagne/status/1113147887901343744

C’est très simple, mais je vais vous donner aussi la recette en texte. J’ai utilisé du fromage Brie au lieu de Chaource, mais en France, vous pouvez trouver du Chaource dans n’importe quel Carrefour (j’ai vérifié). Une astuce : couper la croûte du fromage avant de l’utiliser. Comme d’habitude, mes quantités sont pour une personne.

Les ingrédients :

  • 2 gros carottes
  • 1 courgette
  • 50 g Chaource
  • 5 cl lait
  • 3-4 coquilles Saint-Jacques
  • De l’huile d’olive
  • Du sel
  • Du poivre

Les instructions :

  1. Rincer et couper les carottes et les courgettes en petits cubes. Mettez les légumes dans une casserole avec un peu d’huile et faites-les cuire. Réserver les légumes
  2. Couper le fromage en petits morceaux. Mettez les morceaux, le lait, et du poivre dans une poêle et laissez faire fondre sur un feu moyen. Mélanger et réserver.
  3. Mettre plus d’huile dans une poêle. Ajouter les coquilles Saint-Jacques, du sel et du poivre selon vos goûts. Faire cuire jusqu’à ce que les coquilles deviennent un peu bruns.
  4. Mettre les légumes dans un bol. Mettre la crème Chaource sur le pourtour des légumes. Mettre les coquilles en haut des légumes. Servez !

Une énigme

Aujourd’hui, je vais vous apprendre juste un peu de linguistique. J’espère que vous me comprendrez mieux — je pense toujours comme ça.

Beaucoup de choses dans la cuisine française portent des noms de lieux . Par exemple : il y a de la sauce béarnaise — voici la ville de Berne (ajouté : j’ai reçu plusieurs commentaires et e-mails que c’est de Béarn, pas Berne — merci des corrections !). Il y a de la sauce hollandaise — voici la guerre de Hollande (un autre nom pour le Pays-Bas). Il y a du beurre nantais — voici la ville de Nantes. Il y a de la sauce grenobloise — voici la ville de Grenoble. Vous savez tous mieux que moi comment fonctionne la grammaire. Ce n’est pas du tout surprenant.

Je me demande si vous avez déjà deviné ma question.

Il y a de la sauce mayonnaise — mais où est Mayonne ? Il n’y a aucune ville qui porte ce nom.

Je sais déjà que vous pensez «Justin, c’est ridicule». Et je ne vais pas discuter. Mais cette question m’intéresse quand même à cause d’être linguiste. On parle en linguistique d’une «lacune», un mot qui peut exister selon les règles d’une langue, mais qui n’existe pas quand même. Par exemple, en français, le mot «oranges» peut exister. En fait, on dit «deux oranges» comme nom. Mais «oranges» n’existe pas en tant qu’adjectif pluriel. On dit «des chaussures orange», jamais «des chaussures oranges».

En ce cas, la lacune n’existe pas dans la langue. Le mot «mayonnaise» existe. La lacune est dans le monde réel — il n’y a jamais eu de Mayonne !

Plus de Rita Mitsouko, plus de bonheur

Avec mon dernier colis de la FNAC, il y avait aussi un autre album des Rita Mitsouko, Système D. Je suis encore en train de l’écouter. C’est difficile à finir parce que j’adore tellement cette chanson :

C’est plus qu’un peu bizarre — je passe beaucoup de temps à regarder des films et à écouter de la musique en français, et tout à coup, je ne peux pas m’arrêter d’écouter une chanson en anglais !

Mais c’est grâce à cette chanson et cet album que j’ai appris une expression intéressante. Le «D» du titre veut dire «débrouille». Pour mes lecteurs anglophones, voici une belle explication en anglais. Pour mes lecteurs francophones, cette chanson exprime bien en anglais l’idée de «système D» — plus d’années, moins d’excuses. Il faut avoir un sentiment d’urgence en vieillissant.

Je profite aussi d’écouter la prochaine chanson de l’album, celle-ci :

Je suppose que tous mes lecteurs francophones se rient de moi pendant des moments comme ça — «OMD, je viens de découvrir quelque chose d’ancien !» Je vous rassure qu’on fait la même chose en anglais chaque fois qu’un ado découvre Led Zeppelin !

L’homme de Rio

Hier soir, j’ai regardé L’homme de Rio, avec Jean-Paul Belmondo et Françoise Dorléac. Belmondo était déjà une star quand ce film est sorti en 1964, mais exactement comme Bruce Willis, qui était connu comme un comédien avant Piège de Cristal (lecteurs anglophones : Die Hard), ce film a fait de lui une star d’action.

Mais ce film n’est pas du tout comme Piège de Cristal. La bonne comparaison est la série Indiana Jones. Comme Les Aventuriers de l’arche perdue, le film commence avec une statue volée. Comme Indiana Jones et le Temple maudit, il y a un petit garçon qui devient l’acolyte de Belmondo. Et comme Indiana Jones et la Dernière Croisade, il y a une grande surprise sur l’identité du vrai méchant. Pour mes lecteurs anglophones, je ne parlerai plus de cette surprise — les anglophones, vous pouvez trouver ce film chez Amazon ou chez Apple (sous le titre « That Man From Rio ») si vous ne voulez pas le regarder en français.

Un triste fait sur ce film est qu’on n’a pas trop de films de Françoise Dorléac. Elle avait 22 ans quand ce film est sorti, et elle est décédée 3 ans plus tard dans un accident de voiture. Soyez heureux qu’au moins, nous avons ce magnifique film avec elle.

Shakespeare à Agincourt

Je vous ai promis que je vous donnerai la meilleure blague de Shakespeare. Ça vient de sa pièce de théâtre Henri V, qui traite de la bataille d’Agincourt. Les personnages sont le roi Henri V et Pistol, un soldat anglais. Ce que vous devez comprendre — Pistol ne comprend rien du tout en français, mais il a fait semblant de comprendre plus tôt dans la pièce de théâtre. Quand il rencontre le roi Henri V déguisé, il lui demande «Qui va là ?» parce qu’il sait qu’un soldat français répondra en français — mais il ne connaît pas la langue. J’ai ajouté des traductions en français derrière les symboles «//».

PISTOL

Qui va là ?

KING HENRY V

A friend // Un ami

PISTOL

Discuss unto me; art thou officer?

Or art thou base, common and popular?

//

Dites-moi; êtes-vous officier ?

Ou êtes-vous une personne ordinaire?

KING HENRY V

I am a gentleman of a company.

//

Je suis gentilhomme d’une compagnie.

PISTOL

Trail’st thou the puissant pike?

//

Suivez-vous la puissante pique ?

KING HENRY V

Even so. What are you?

//

Bien sûr. Qu’êtes-vous ?

PISTOL

As good a gentleman as the emperor.

//

Aussi gentilhomme que l’empereur.

KING HENRY V

Then you are a better than the king.

//

Puis vous êtes mieux que le roi.

PISTOL

The king’s a bawcock, and a heart of gold,

A lad of life, an imp of fame;

Of parents good, of fist most valiant.

I kiss his dirty shoe, and from heart-string

I love the lovely bully. What is thy name?

//

Le roi est con mais avec un cœur en or.

Un gars de la vie, un lutin célèbre;

De bons parents, de poing vaillant.

J’embrasse sa chaussure sale, et du fond de mon cœur, je l’aime. Quel est votre nom?

KING HENRY V

Harry Le Roy.

PISTOL

Le Roy! a Cornish name: art thou of Cornish crew?

//

Le Roy ! Un nom cornouaillais; êtes-vous d’origine cornouaillaise ?

KING HENRY V

No, I am a Welshman.

//

Non, je suis gallois.

J’ai vu cette pièce de théâtre quand j’étais au lycée, avec des copains de classe. Au moment où j’ai entendu « Le Roy » pour la première fois, je me suis perdu de rire ! Personne parmi mes amis n’a ri. Même à l’époque, j’ai connu au moins ce mot en français.

Je remercie notre université MIT pour le texte original. Toutes les fautes de traduction sont à moi.

Je découvre l’Aube

On continue le tour des départements avec 10, l’Aube. C’est notre premier visite au Grand Est. L’Aube est le département le vingtième moins peuplé et les habitants se nomment aubois.

L’Aube est très célèbre pour ses monastères qui viennent du XIIe siècle. L’un, l’abbaye de Clairvaux, est fondé en 1115 par Saint Bernard de Clairvaux, un docteur de l’Église Catholique. Pendant la Révolution, le bâtiment est devenu prison; aujourd’hui, c’est un musée. L’autre, le Paraclet, date de 1131, mais les bâtiments originaux n’existent plus. Le Paraclet est bien connu pour l’histoire d’Abelard et Héloïse, une histoire d’amour si bien connu aux États-Unis, qu’il y avait un film avec John Malkovich qui y faisait référence. (C’est l’un de mes préférés des années où je regardais des films en anglais — le dernier était en mai 2020.)

La plus grande ville de l’Aube est Troyes, avec environ 62,000 de personnes. On apprend quelque chose d’intéressant sur l’histoire de Troyes et de la région grâce à Wikipédia :

En 484, Clovis s’empare de Troyes et de ses alentours qui seront appelés Champagne (campania) à cause des plaines crayeuses immenses.

(Source)

Je n’avais aucune idée jusqu’à maintenant de l’origine du mot «Champagne». Quand même, plus tard Troyes était le lieu d’un événement très important dans l’histoire d’Angleterre :

En 1420, la signature du traité de Troyes désigne le roi anglais Henri V comme héritier de la couronne de France après que ce dernier épouse Catherine de Valois, l’une des filles de Charles VI.

(Source)

Ça m’intéresse parce qu’il y a une pièce de théâtre très célèbre par William Shakespeare appelé Henri V qui parle de la bataille d’Agincourt et ce traité. La MEILLEURE blague dans toutes les œuvres de Shakespeare est dans cette pièce de théâtre et ça dépend d’un mot en français ! Je vous l’expliquerai plus tard cette semaine.

L’Aube est plein des lieux intéressants. À Troyes, il y a une grande cathédrale, et un très beau Hôtel de Ville. Au petit village d’Essoyes, on se trouve l’ancienne maison de l’artiste Pierre-Auguste Renoir, ce qui est maintenant un espace culturel. Et l’église Saint-Laurent à Nogent-sur-Seine date au XVe siècle.

Il y a plein d’autres choses à faire en Aube. Il y a un mémorial à Charles de Gaulle, depuis 2006. Il y a un grand parc d’attraction pour les enfants appelé Nigloland, à Dolancourt. Si vous voulez visiter un parc naturel, il y a le Parc naturel régional de la forêt d’Orient. Le guide Michelin est fan du cœur historique de Troyes (2 étoiles !). Et enfin, même si ce n’est pas le cristal célèbre Baccarat, il y a encore un musée et atelier de cristal à Bayel.

Il y a de belles raisons pour avoir besoin du cristal en Aube. Pourquoi ? Pour boire de leur plus célèbre boisson, le champagne, bien sûr ! Le champagne vient de l’Aube et de la Marne, et les producteurs les plus connus se trouvent dans la Marne, mais il existe de nombreux champagnes qui viennent de l’Aube. Voici la liste de caves de la Route Touristique du Champagne dans l’Aube. Pour mes lecteurs anglophones, voici un article en anglais qui explique mieux l’histoire d’Aube.

La cuisine d’Aubes est compliqué de faire en dehors de la France. Il y beaucoup de recettes originales (voici 53 dans un fichier), mais leurs fromages et leur charcuterie sont difficiles à trouver près de chez moi. («Difficile» est un mot poli qui veut dire «absolument impossible».) Quand on peut trouver leurs ingrédients, surtout le fromage Chaource, il y a des dizaines de belles idées : huîtres au Chaource, noix de Saint-Jacques avec de la crème Chaource, velouté de topinambour au Chaource, croustillant de sandre et de Chaource… voit-on le problème ? Je rechercherai des recettes qui n’ont pas besoin de Chaource.

Enfin, qui sont les personnages bien connus de l’Aube ? Il y a le révolutionnaire Georges Danton, les écrivains les frères Goncourt (nés en dehors, mais les deux habitaient là-bas de 1834-78), le poète Chrétien de Troyes (connu pour la littérature arthurienne), le compositeur Olivier Messiaen, le rabbin Rachi, et bien sûr, les religieux qu’on a mentionné en haut.

J’espère que c’est clair — j’adore l’Aube !

Mes prochains films

Aujourd’hui, j’ai reçu un grand colis de la FNAC. Et je dois vous dire, il y a eu des surprises en dehors du contenu. Voilà !

Vous ne voyez pas de surprise, non ? C’était au dos des boîtes — de ces six films, il n’y a qu’un avec des sous-titres en anglais (D’eux Heures), un en espagnol (L’Avare), et quatre films n’ont pas de sous-titres (Les Grandes Vacances, La Cuisine au Beurre, Faites sauter la banque, Jo). Il n’y a pas de sourds ou malentendants qui veulent regarder ces films ? Je passerai de temps vraiment intéressants sans aide !

Je ne suis pas déçu. Dans la vraie vie, personne n’a des sous-titres quand il parle. Il faut que j’apprenne tôt ou tard. Et j’ai déjà vu un film entier sans sous-titres, L’as des as. C’était difficile, mais si Belmondo parle souvent rapidement, les autres dans ce film-là n’étaient pas trop difficile à comprendre. En tout cas, mon but reste de voir le plus de films de Louis de Funès possible !