Langue de Molière est annulée cette semaine, car je ne suis pas arrivé à choisir un sujet. Mais j’ai encore une fois 6 semaines de sujets dans mon fichier (en partie grâce à l’aide d’une lectrice diligente), et la colonne fera une pause pendant mes vacances, alors la semaine prochaine, elle sera de retour. Mais hier, on a eu le premier tour californien, pour le gouvernement de l’État. Je suis mécontent, comme prévu, même si certains des pires cas ne se sont pas passés.
Le plus important, c’était le choix d’un nouveau gouverneur, pour remplacer Gavin Newsom. Comme dit Le Canard enchaîné aujourd’hui :
Dans sept mois, le gouverneur, lui aussi il se casse. Et puisque c’était la première fois en 8 ans où il n’y a vraiment personne qui est « l’héritier », n’importe quel con pouvait se présenter — et beaucoup l’ont fait. Voici mon scrutin — juste pour le poste de gouverneur :
Je vous épargnerai de la tâche /- il y a 61 noms sur le scrutin. Originalement, j’allais vous donner une petite idée de pourquoi personne dans cette liste ne mérite le rôle, mais j’ai enfin décidé que ce serait contre l’esprit du blog, car je n’exprime pas officiellement d’avis. Mais sachez que je ne veux que personne sur cette liste gagne le poste.
J’ai quand même eu mon petit autocollant qui dit « j’ai voté », en anglais une fois, et deux fois en espagnol, coréen, chinois et vietnamien :
Oui, j’ai certainement fait des taches d’encre sur un bout de papier. Pauvre arbre qui est mort pour ça !
Je continue de copier Light & Smell avec des listes de mes articles préférés au premier du mois. Ça vient d’Allez vous faire lire, mais je ne suis pas exactement ses règles.
Il m’a fallu plus de temps que d’hab pour préparer cette édition car je ne peux guère lire en ce moment, à cause d’une infection oculaire.
Jours d’humeur est de retour avec des pensées typiquement tranchantes sur la polémique Canal+. (Pour ma part, je veux juste regarder Les Guignols et Broute, et peut-être Groland.)
Le Chat Voyageur a visité la ville de Saint-Maurice en Suisse (première et deuxième parties), avec une exploration détaillée de sa basilique et ,pour autant que je sache, ce Maurice n’a même pas poussé le bouchon trop loin. Au fait, Minouchette reprendra désormais la plume du blog.
Light & Smell dit qu’elle « n’a jamais été très Western » mais elle a tant aimé le premier tome de la BD Sinisterra qu’elle « lira avec plaisir la suite ».
Il y a une chanson célèbre sur la ville de San Francisco, « I Left My Heart in San Francisco » (J’ai laissé mon cœur à SF), par le chanteur Tony Bennett, quelque chose de romantique et de bébête. Ça date des années 50. S’il avait connu les prix modernes de la ville — 30 $ juste pour nous stationner pour aller au dîner ! 40 $ pour deux sundaes chez Ghirardelli ! — il aurait eu toute autre pensée.
Au moins, c’est le travail d’un vrai pro. Il y a des jours, j’ai recherché Mme Chantal Ladesou à cause des Grosses Têtes, et ça m’a mené à ce qui est, sans question, le pire clip que j’ai vu. « Big & Tasty », par un certain Maxime Torres. Elle apparaît juste à la fin, pour jouer à une « cougar ». Moins j’en dis, plus nous serons tous heureux.
Revenons à ces prix de folie. À l’aéroport, on a vu une boutique consacrée au chocolat — le produit local, bien sûr, mais aussi des trucs suisses, belges, etc. Les tablettes sont en général entre 15 et 20 $ pour 100 grammes ou moins ; les cartons frôlent 4 $ le bonbon, qu’ils viennent de la ville ou de Suisse. Voilà :
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Une autre boutique locale, Socola, était aussi de folie – 18 $ la tablette de 85 grammes, que ce soit aux fruits rouges ou au durian ! (À noter, ces mêmes barres ne coûtent qu’entre 15 et 17 $ si vous n’en achetez pas à l’aéroport.)
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Mais on a eu une sacrée surprise en revenant à la maison. Voici le programme de fidélité chez McDo ; la semaine dernière, ces mêmes choses ne coûtaient que 6000 points et c’est désormais 7000. C’est un sale tour vu que les prix augmentent 2-3 fois par année de nos jours !
Il y a longtemps, je me trompais que le « pouvoir d’achat » était « pouvoir d’un chat ». On a le chocolat vénézuélien dans les photos ci-dessus ; on aura bientôt leurs chats en plus.
J’ai entendu parler ce week-end que selon Mme Le Pen, « il n’y a qu’en France où chacun se sent obligé de s’enfermer chez soi un soir de victoire pour éviter d’être confronté à des violences. » Hahaha, qu’elle soit drôle ! J’aimerais l’inviter à Los Angeles après les championnats des Lakers, à Philadelphie après les championnats des Eagles, à Detroit après les championnats des Pistons (7 morts en 1990 !). On est les champions du monde de la violence au nom de « fêter » le sport, et la France ne nous arrachera pas si facilement la couronne !
Comme toujours, finissons sur une note positive. Je suis à 3 jours de finir (encore une fois) le cours de français de Duolingo, et les exemple sont tous là pour féliciter — et flatter — l’utilisateur. Voilà :
À vrai dire, si je peux vous comprendre à pleine vitesse, les remerciements sont à M. Ruquier et sa bande, et au ciné français, pas au hibou vert. Je reste quand même reconnaissant, car je ne serais pas ici sans lui.
Notre blague traite d’un chauffeur. Nos articles sont :
Désolé, j’ai oublié — sincèrement — « Le Côté de Guermantes » à la maison. Au lieu de ça, je vous présente des vues de notre journée à SF.
La fac qui nous a invité ici est au Texas, alors il faut comprendre que St. Patrick’s Seminary est à l’Église catholique, pas à eux. Cependant, il me semblait que ce séminaire serait intéressant de prendre en photo. Sans que je le dise, vous ne croiriez jamais que c’est en Californie.
À l’intérieur, il y a une chapelle. C’est presque complètement en chêne. Dix vitraux racontent la vie du Christ ; les quatre autres montrent les saints Patrick, Francis (d’où San Francisco), Charles Borromeo, et le Bon Pasteur.
Je n’ai pas pu y rester pendant le programme, ouvert uniquement aux élèves, alors je suis parti pour le domaine viticole Guglielmo, dont on a parlé pendant mon dernier voyage à la région :
Cette fois, c’était ouvert, alors j’ai payé 20 $ pour goûter les vins. Je regrette de vous dire que rien n’était à la hauteur de mes attentes — j’aurais toujours dit qu’il s’agissait d’un bon rapport qualité prix plutôt que de vins hauts de gamme, mais sauf pour le vin pétillant du début, tous étaient décevants. Je dirais que c’est pourtant pour le meilleur — c’est encore une autre preuve que ma Californie a bel et bien disparu, et je peux quitter le cadavre qui porte son nom sans regrets.
Vin pétillantPinot GrigioRosé à base de raisins GrignolinoVin rouge GrignolinoZinfandelPetit SyrahMenu des vins
Après son événement, La Fille et moi sommes partis pour Fisherman’s Wharf. Nous avons dîné chez Boudin comme avant, avec de jolies vues de l’île d’Alcatraz, avec son ancienne prison. Comme dirait sa mère, après avoir vu l’institution pour La Fille, on a vu la mienne.
Vue de notre table — Alcatraz est en arrière-plan à gaucheAutre vue de notre table, du resto voisin et les parapluies rouge de Boudin
Notre journée a fini chez Ghirardelli, mon fournisseur préféré de chocolat après Valrhona. Ils vendent maintenant un chocolat façon Dubaï :
Mais nous étions là pour des sundaes, et ça, ce n’est jamais décevant. Au chocolat pour moi, mais à la dubaiennre pour La Fille (vous pouvez apercevoir de la pâte à pistache dans la deuxième photo) :
L’approche de mes 50 ans m’a évidemment rendu lent et pas trop malin, car il y a 4 ans, je vous aurais dit « J’ai envie de pain au levain de la boulangerie Boudin » ou de chocolat Ghirardelli, ou quoi que ce soit. Puis les élèves attentifs du blog auraient pu dire « Oh non, pas encore », en devinant où j’allais. Cependant, je l’ai déjà divulgâché, alors jouer au naïf ?
Mais notre raison pour être ici est plutôt inhabituelle. La Fille a été invitée à écouter le baratin publicitaire d’une fav toute neuve, l’Université d’Austin. Ce soir, il n’y avait qu’un dîner pour accueillir les familles. Demain, elle fera partie d’un cours d’histoire comme ils l’enseignent, pour voir si elle s’y intéresse.
Je dois faire semblant de m’endormir bientôt, alors je vous donnerai juste quelques bonnes raisons pour y aller et pour ne pas le faire.
Les arguments pour :
Il y a des tas d’argent derrière ce projet, genre l’Oncle Picsou. En conséquence, ils rassemblent vite non seulement des profs de qualité et des bâtiments, mais on ne paye que pour y vivre — il n’y a pas de frais pédagogiques. Aux États-Unis, ça vaut quelque chose.
Au programme, ils se concentrent sur les Grands Livres de l’histoire. Ils parlent de former le caractère des élèves, non seulement de cocher les cases et des salaires éventuels. Ça m’intéresse beaucoup.
Les raisons contre :
Ayant ouvert les portes il y a deux ans, ils ne sont pas encore accrédité. C’est toujours un risque avec une nouvelle fac, mais quand on pense à devenir docteur, comme La Fille, ça pose des problèmes.
Certains noms liés au projet font la polémique rien qu’en les évoquant. Imaginez qu’il y avait une Université Bolloré ou une Hautes-Études Pigasse. C’est pareil avec l’homme d’affaires Joe Lonsdale.
En ce moment, je ne suis pas prêt à dire oui ou non. Mais le dîner d’accueil m’a au moins persuadé qu’il faut en savoir plus avant de prendre une décision. Je serai très curieux des avis de La Fille après le cours aujourd’hui !
Je dois me plaindre de quelque chose. Je sais, encore un jour qui se termine par une voyelle, mais ça m’a coûté 20 minutes de remplir des formulaires sur un site web cette semaine, et il n’y a aucune excuse.
Il était une fois, j’étais utilisateur fanatique des portables de la marque BlackBerry. Si je pouvais toujours porter un BlackBerry 8800 — mis à jour — je le ferais pour le reste de mes jours sans plaintes. Et vous savez que ne pas avoir de plaintes, c’est mon compliment le plus enthousiaste !
Ce qui m’a fait changer des BlackBerry aux iPhone, c’était « pinch-to-zoom », pincer pour zoomer. C’était un miracle pour lire les sites web à l’époque, qui avaient souvent 3 ou 4 colonnes, et un aspect très rétréci vu sur des portables. Puis, les graphistes ont mal rangé le bordel.
Il faut dire que je compatis énormément avec les graphistes. Je ne connais aucun autre métier où tant de « clients » s’attendent à du travail « gratuit » en échange de « se faire connaître ». Peut-être que c’est différent en Europe, mais aux États-Unis, ils sont maltraités comme personne d’autre.
Mais en revanche, ils ont ruiné l’idée de « pincer pour zoomer » comme technologie d’assistance. Il y a environ15 ans, on a eu la pire idée de l’histoire des ordinateurs, la soi-disant conception réactive. C’est l’idée qu’une page ou une appli devrait changer sa mise en page selon la taille disponible — si vous avez jamais remarqué une page qui change d’aspect quand vous tournez votre portable, vous avez l’idée.
Je peux comprendre ça d’exactement un point de vue. Il y a certainement plus d’espace sur l’écran d’un ordinateur de bureau qu’un portable. Alors, ben, ayez des pages différentes pour ces deux cas. Mais plus j’affine, plus je trouve ce qui font les graphistes simplement hostile aux utilisateurs. Des exemples :
Voici l’accueil d’ESPN, le plus grand site de sports américains. Dans cette vue, je tiens le portable en mode portrait :
On est d’accord que les liens pour les gros titres sont en caractères gras, oui ? Super. Alors, je change en mode paysage et…
Tout à coup, les gros titres ne sont plus en caractères gras, la police est plus petite, et il y a des kilomètres d’espace blanc absolument inutiles, avec des barres qui ne servent à rien aux côtés. Heureusement, on peut toujours pincer pour zoomer, comme ça :
Mais, à quoi sert de réduire la taille du texte comme ça, dès que l’on a plus d’espace ? C’est complètement sans logique !
Au moins pincer pour zoomer marche dans cette situation. Voici le mode portrait du site web des écoles d’Anguille-sous-Roche (je choisis une partie sans données personnelles) :
Et si je le mets en mode paysage ?
Tout l’espace est gaspillé, avec des barres énormes aux côtés. Mais pire, si je pince les données, la page est à largeur fixe. Je ne peux pas ajuster la taille pour la lire plus facilement ! Et ça, je trouve impardonnable, car les graphistes ne devraient pas avoir un avis sur mes souhaits à cet égard. Si je veux agrandir la page, ça les offense comment ?
En fait, ils ont laissé un moyen pour tricher. Si je pince les parties de la page avec des données, la largeur fixe est imposée. Mais si je pince l’espace blanc, je peux agrandir la page :
Pourquoi pas agrandir la page comme ça si on change de mode ? On a évidemment fait l’effort pour montrer un conception différente selon la taille de l’écran — mais le résultat est complètement inutile. Tout cet espace blanc ne sert à rien du tout.
Encore plus stupide, avec certains de ces sites, ainsi que celui de l’hôpital où travaille mon médecin — si je remplis un formulaire, puis change de taille, la page se recharge et je perds mon travail ! Ça n’a aucun sens. C’est une sorte de vengeance bizarre de la part des graphistes : « tu nous as offensé en n’aimant pas notre œuvre telle qu’elle, alors il faut que nous te punissions ! » Comment ça ? C’est où la logique ?
Je ne comprends pas la fétiche pour l’espace blanc. Je ne sais pas si vous avez la même tradition dans les lycées et les facs français que l’on a aux États-Unis, de produire des livres dits « yearbooks ». Mon dictionnaire bilingue le rend « album de promotion », mais note que c’est un usage américain. Ces livres offrent des photos de tous élèves d’une école, par promotion, ainsi que des photos des clubs, des bals scolaires, etc. J’ai travaillé sur 6 livres de ce genre à travers mes 4 années lycéennes ainsi que les deux premières à la fac. Tout ça, c’était imprimé, et on a bel et bien appris la tradition depuis Gutenberg — on cherche toujours à réduire l’espace blanc, à ne pas gaspiller d’espace. Apparemment, des siècles de sagesse ne comptent pour rien face aux graphistes modernes, mais surtout quand il s’agit de rendre le texte plus lisible.
C’est presque la fin de l’année scolaire pour La Fille. En fait, elle a déjà fini tous ses examens. Cependant, afin de recevoir leur argent de l’État, les écoles doivent entreposer les élèves pendant au moins 180 jours par année, alors elle doit s’asseoir sans rien faire jeudi et vendredi. Logique !
Vendredi après-midi, nous partons pour un week-end à San Francisco. La Fille participera à un séminaire en philosophie organisé par une fac qui l’intéresse. Nous ne serons pas là longtemps, mais j’aurai la plupart de samedi à moi-même. Je ne sais pas ce que je ferai avec le temps. Probablement juste lire Proust à l’hôtel, mais on verra.
Je dois partager quelque chose qui ne vous surprendra pas du tout, car à ce point, c’est juste attendu, mais j’en suis quand même fier. Voici la note qu’elle a reçu pour son examen final en lecture de français :
Vous pouvez voir dans la description que ça dit « final — lire ». En bas, ça dit « comment », le mot anglais pour « commentaire » — vous pouvez imaginer à quel point c’était un casse-tête pour moi au début — et le commentaire est « high score ». C’est-à-dire, la note la plus élevée. Permettez-moi à vous raconter une histoire étroitement liée à ce sujet.
Il y a deux mois, La Fille m’a demandé : « Apprends-moi quelque chose que les autres élèves ne connaîtront pas. » Je lui ai répondu : « Vous connaissez déjà le passé composé, l’imparfait et le futur simple. Je vais t’enseigner deux trucs amusants pour épater ta prof, qui ne sont que des combinaisons de tout ça. » Évidemment, je parle du futur antérieur et du plus-que-parfait. Au cours d’un dîner, on a pratiqué avec des exemples. Puis, je n’ai plus rien entendu pendant un mois.
Plus tôt ce mois, elle m’a dit, « Alors, j’ai dit à Madame B. que je voulais lui montrer quelque chose. Puis, j’ai démontré les conjugaisons que tu m’avais apprises. » Et ? « Et elle m’a dit : ‘Je ne sais pas comment te dire ça, mais je n’ai jamais entendu ces choses d’un élève. Tu n’en auras pas besoin même pour l’examen AP à la fin de l’année prochaine. Ce sont juste pour les élèves en français comme langue étrangère à la fac ! »
Elle me dit depuis une décennie : « Je veux te dépasser en tout. » Je l’encourage, car je veux qu’elle soit ambitieuse. Il me semble qu’elle réussira bien ce but. Je vous rappelle qu’il y a des années, quelqu’unvoulait l’interdire d’apprendre le français, car « Personne ne peut t’aider dans ta famille ! » Cette autre personne ne connaissait pas sa propre fille.
En parlant de cette personne ultra-charmante, je ne peux pas en dire beaucoup, mais on a passé une jolie heure ensemble chez le médiateur car je suis un sale type qui ai dit « oui » à toutes ses demandes récentes, mais pas de la façon souhaitée (« oui, ma reine-déesse, quoi que tu veuilles, ton serviteur con t’en prie pour l’opportunité de lécher tes bottes »). Elle n’a absolument rien gagné là-bas, mais ça faisait 3 années depuis notre dernier rendez-vous, et comme disent les avocats américains, « Le processus, c’est la punition. »
C’est un dénouement décevant pour le gouvernement californien, mais la crise à Garden Grove s’est terminée mardi soir ; à partir de mercredi, il n’y a plus d’évacuations dans le comté d’Orange. Pas de boule de feu, pas de grande fuite, et surtout, pas d’explications. Comme pense notre gouverneur, « Il faut rayer un quartier de la carte de temps en temps, pour encourager les autres », mais pas comme Pacific Palisades, Garden Grove est toujours là.
Finissons avec quelque chose de ridicule, tiré de Duolingo :
On continue les Langue de Molière consacrées à la vie quotidienne et ce que l’on n’enseigne pas aux étrangers. Cette fois, nous sommes chez le notaire. Je dois une certaine partie de ce qui suit au calvaire récemment subi par Il Est Quelle Heure pour acheter de l’immobilier. Je m’attends à chercher un appartement pour commencer, ce qui est sa propre façon de vivre dangereusement — j’ai fait une crise cardiaque en regardant les tribulations d’une amie qui devait déménager il y a deux ans — mais si je vais un jour acheter une petite maison décrépite aux Gourdiflots pour faire comme Le Glaude, je ne veux pas me faire avoir plus que nécessaire.
Tout ce que je sais qui ne vient pas d’Il Est Quelle Heure quant à l’immobilier vient de regarder Le Trou normand, avec Bourvil et Bardot, car le personnage joué par Bourvil a dû prendre rendez-vous chez le notaire plusieurs fois. Il me semble que les choses ont changé depuis cette époque. Du moins, je l’espère.
Alors, permettez-moi de citer les parties de son post qui semblent établir le processus d’acheter de l’immobilier :
À savoir que lorsqu’on achète un bien immobilier, il y a deux signatures chez le ou la notaire: cell de l’acte de la promesse de vente et celle de l’acte de la vente… il n’y a pas d’obligation de s’adresser à la même personne pour la seconde signature.
Pour l’achat de mon appartement, parce que ça semblait être « plus simple » de faire comme ça, j’ai pris le même notaire que le vendeur.
Une semaine avant le rendez-vous, le notaire a appelé Père (oui, déjà, pas moi) pour lui dire qu’il me fallait deux témoins pour la signature de la promesse de vente.
Alors, la distribution telle que je la comprends :
1 acheteur
1 vendeur
1-2 notaires
2 témoins le côté pour 2 documents ; 4-8 témoins au total entre les 2
Elle n’a mentionné ni de banquier ni de prêt dans l’affaire, mais j’imagine qu’il y en a souvent. Ça dit, ce processus me semble beaucoup trop simple par rapport au nôtre, alors je vais décrire comment on achète de l’immobilier aux États-Unis, et vous pouvez me corriger là où ce n’est pas pareil en France.
Pour commencer, presque tous les acheteurs et les vendeurs embauchent un agent immobilier, dit « realtor » en anglais. Cette personne est obligée de vous mentir sur tout selon son code déontologique, un document qui dit que les realtors ne savent rien et ne sont donc pas responsable de ce qu’ils vous disent. Vous pensez que je plaisante, raison pour laquelle je poste le lien. Je suis 100 % sérieux. Seule exception en Californie : si on a été tué dans le bâtiment que vous pensez à acheter, le realtor est obligé de vous le dire. Vive les superstitions !
Vous trouvez votre taudis idéal et dire à votre realtor, « Je le veux ». Votre realtor est donc censé faire un appel à l’autre et négocier pour vous. En réalité, il dit « Voilà, vous demandez 1 million de $ pour les 10 mètres carrés de cette niche à chien ; mon client veut offrir 900 mille, mais je peux le convaincre à accepter votre prix si vous laissez le grille-pain dans la cuisine. Quoi, vous pensiez que ce type travaillait pour vous ? Soyons réalistes !
Après avoir poignardé son client dans le dos, le realtor de l’acheteur prépare un contrat — il y a des formulaires bien standardisés dans chaque État, et l’envoie à l’agent du vendeur. Pas besoin de témoins. Si le vendeur accepte, l’acheteur doit embaucher des inspecteurs pour la structure et peut-être aussi pour la moisissure. Ils ont typiquement un maximum de 10 jours pour faire leur travail. Pendant ce temps…
Un acheteur malin aura déjà une relation avec un banquier, dit « mortgage broker », avant de faire une offre. Mais le banquier doit attendre l’offre afin de savoir combien d’argent sera prête et décider si l’acheteur pourra le faire. Il enverra aussi un évaluateur pour s’assurer que le prêt est vraiment nécessaire pour acheter le bâtiment (on ne veut pas prêter plus d’argent que la valeur du bâtiment, après tout). Tant que les inspections et l’évaluation vont bien, le banquier mettra l’argent dans un compte séquestre. Les deux côtés doivent être d’accord sur le bon agent pour ça, dit « escrow officer », qui ne travaille ni pour le vendeur ni pour l’acheteur.
Une fois que l’argent est là, les deux partis signent le contrat d’achat. C’est ici oǔ on embauche les notaires. Selon Wikipédia, en France, un notaire doit avoir un master en droit, puis soit un deuxième master en carrières notariales soit réussir un examen national suivi d’un stage. Aux États-Unis, pas besoin d’un diplôme — n’importe quel con peut le faire et beaucoup le font. Gargamel, le deuxième mari de mon ex, est notaire en plus de son autre boulot. On passe un examen, on paye 40 $ à l’État pour son livre et son tampon, puis on sert en tant que témoin pour tout document légal. C’est l’acheteur qui embauche le notaire, qui prend rendez-vous avec l’acheteur et le vendeur en même temps pour enregistrer l’existence du contrat. Après, l’agent du compte séquestre paye le vendeur, et les agents immobiliers transmettent un document, le titre constructif, à la préfecture du comté pour enregistrer la cession de la propriété. Puis les agents arrachent 6 % du prix total au vendeur, et se paient 3 % chacun !
Il est bien possible qu’aucune personne formée en droit ne touche jamais à l’achat. Les agents immobiliers ont souvent rien qu’un bac, les banquiers peut-être un diplôme d’une fac, l’agent du compte séquestre aussi, et le notaire peut être juste un caissier chez Api tant qu’il a le livre et le tampon.
C’est ici où vous pouvez m’aider.. Je vous ai donné des noms pour ces rôles en anglais, mais ne sais pas si tous les mêmes rôles existent en France, s’ils appartiennent à des gens aux mêmes niveaux d’éducation qu’ici, et surtout, si tous les mêmes documents existent et quels sont leur nom. Je ne serais pas surpris à apprendre que les choses marchaient différemment en France.
Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine mais je n’ai pas encore choisi le sujet.
J’ai une amie qui m’envoie tout genre de merveilles pour me donner des idées. Parfois, il faut des ingrédients indisponibles chez moi pour les préparer — le fromage blanc ou bien la faisselle. D’autres fois, elle m’envoie quelque chose où je me dis, « Voilà ! Exactement ce dont j’ai besoin ! » C’est comme ça que nous avons eu les mirlitons de Rouen, et aussi cette tarte fine aux pommes :
Je préfère fortement le début de cette semaine, avec la recette d’un gâteau d’anniversaire, à sa fin ! Gardez le gâteau en tête — c’est possible que vous n’ayez pas entendu le dernier mot sur ce sujet.
Ça dit, alors que je suis parti à San Diego dimanche matin, je vous écris encore une fois depuis Anguille-sous-Roche. Dimanche après-midi, il y avait deux mises à jour importantes : la première, c’est que l’on a découvert la raison pour laquelle le réservoir de stockage n’a pas explosé — il y a une fissure, et la fuite qui résulte empêche la pression d’augmenter assez pour une explosion. Si vous comprenez ce qui veut dire « PV = nRT » et pourquoi ça tient dans ce cas, veuillez remercier l’ingénieur Émile Clapeyron. Alors, l’autre mise à jour : l’on a publié le calcul du rayon de souffle au cas où il y aurait une explosion, et c’est seulement 1/4 km. Bien sûr, on craint plus la vapeur que la boule de feu, mais il semble que l’on n’a pas un désastre au niveau catastrophe de Bhopal.
Quelque chose de « drôle » de plus ? Quelques heures après mon arrivée à San Diego, un incendie s’est déclaré à Peñasquitos, pas loin de chez mes parents. On pouvait bien voir la fumée et la sentir aussi ! Ce n’était pas hyper-grave, mais c’était si typique de mon week-end. Croyez-vous maintenant qu’un Lakitu me suit partout ? J’en suis certain !
Puisque j’étais chez mes parents, mon père m’a demandé de « régler » son imprimante. Ça date de l’année dernière, et je l’ai installée personnellement. Je ne dis pas que je fais tout parfaitement, mais je ne quitte jamais jamais un boulot informatique sans le tester, alors j’étais… disons… sceptique. Mon père apporte le mène ordinateur portable entre San Diego et Elbe-en-Irvine, et a deux imprimantes identiques. J’ai laissé le nom de celle à Irvine « HP 9120 », mais l’autre, j’ai renommé à « San Diego HP 9120 ». Avez-vous déjà reconnu le problème ?
Ouaip. Il n’a pas choisi la bonne imprimante. Je me blâme pour ne pas avoir deviné il y a des semaines que c’était un tel problème.
Puisque j’ai dû passer par Milton’s, un deli (on dirait restaurant-traiteur) que j’adore, j’y ai arrêté pour déjeuner. Ils ont le meilleur « roast beef sandwich » (sandwich au bœuf rôti) de la Californie du Sud. Peut-être que j’ai fait une bêtise et commandé aussi un bout du gâteau German chocolate :
Je crois que je vous ai montré Milton’s au passé, mais au cas où je me tromperais, voici les vitrines de sa boulangerie-pâtisserie:
Photos disponibles à haute résolution en cliquant
Je crains que la France n’ait pas ce genre de bœuf rôti pour les sandwichs, mais je ferai sans si besoin — ça n’existe plus dans le comté d’Orange non plus :
Alors, finissons sur une bonne nouvelle ? Demain, vous aurez une super recette, très bien validée par des expatriés qui l’ont testée samedi soir. Je n’ai jamais vu ces réactions avant — et ce n’est même pas hyper-compliqué !
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