À la recherche du bon marché

La chanson du jour, c’est « Boutique » par Nobuo Uematsu :

J’avais planifié d’écrire sur toute une journée à la fois. Mais à vrai dire, avec plus de 600 mots juste pour décrire la moitié de notre première journée, c’est mieux de les diviser en deux. J’ai beaucoup à dire sur Akihabara tout seul quand même, alors ça va.

Pour une chose, la bonne prononciation selon ce que j’entends dans le métro, c’est a-ki-HA-ba-ra, l’accent sur la troisième syllabe. Moi, j’avais toujours dit A-ki-ha-BA-ra, et j’avais tort. Autre chose, j’avais toujours cru que c’était le paradis des appareils électroniques. Je manquais CRUELLEMENT d’imagination !

En allant à Akihabara, on est passés par Kenele Stand, une chaîne de boutiques dans les stations de métro où on peut tenter sa chance avec des distributeurs de capsules (j’espère que Google m’a donné le bon mot — on ne parle pas de café). Il y a tout genre de prix là-dedans : des auto-collants, des porte-clés, des bonbons, des jouets, et ainsi de suite. Les japonais sont absolument fous pour ce genre de truc — Kenele Stand est peut-être le plus grand, mais la concurrence est rude !

La décoration dans les stations de métro est plus moi que même les stations parisiennes. À gauche, il y a une pub pour le dernier jeu de Yoshi (le dinosaure de Mario). À droite, un BD avec deux personnages inconnus pour moi, Koro et Maru. C’est mignooooooon.

Une fois à la Gare d’Akihabara, on se trouve vite devant le Versailles de l’électronique, Yodobashi-Akiba. C’est la vedette d’une chaîne de magasins, Yodobashi Camera (lien en japonais), où se trouve tout ce qui m’intéresse de la vie qui n’a rien à voir avec la cuisine française. Ce bâtiment a plus de 9 étages ; Yodobashi est installé « uniquement » dans les 9 premiers.

Filimages se moquera de moi pour ça, et je sais qu’il a raison, mais je n’ai vraiment plus envie d’un appareil photo SLR. J’adorais mon Contax argentique comme rien d’autre, mais l’investissement en objectifs était déjà de la folie avant l’existence de tant de tailles de capteur. Je sais que l’objectif de mon Panasonic LUMIX regretté était nul par rapport à mes anciens objectifs Zeiss, mais j’ai payé beaucoup moins cher pour le petit Panasonic.

Tout ça, c’est à dire que puisque aucune Mizuho ou Sayaka ne tombera amoureuse de moi, voici le plus grand coup de cœur que j’aurai eu au Japon :

La Fille peut vous dire que je pleurais en testant ce LUMIX L10 — j’ai adoré le viseur, c’était naturel dans les mains comme jamais avec mon ancien appareil Panasonic, la bague de mise au point m’a rappelé mon vieux Contax — et le capteur 4/3 aurait été une amélioration merveilleuse par rapport au capteur 1″ de l’ancien Panasonic. Le prix était super aussi — 1300 $ contre les 1500 $ que je payerais aux États-Unis (c’est pareil en Europe). Ça dit, la vérité, c’est que j’ai dépensé cet argent juste pour aller au Japon. J’ai fait le bon choix en le laissant derrière moi. Mais quel étage de merveilles :

Avant de quitter l’étage d’appareils photos, regardez ces petits jouets :

Tous sont là taille d’un porte-clés, mais fonctionnent réellement !

L’étage consacré aux équipements stéréophoniques était aussi intéressant, avec des trucs inattendus. Il y a 35 ans, mes premiers équipements venaient de la marque Kenwood, mais elle a quitté les États-Unis juste après 2000. Voilà, elle existe toujours !

Tout genre d’enceinte de la marque danoise Bang & Olufsen est là — à des prix 10-15 % moins chers qu’aux États-Unis !

Mais le plus grand régal pour nous deux (mon père ne voulait pas visiter le magasin), c’était d’aller à l’étage avec les jeux vidéo. On n’a vraiment rien vu qui n’est pas disponible mondialement — l’époque des titres exclusifs au Japon appartient vraiment au passé — mais la décoration et les produits dérivés ont coupé le souffle ! Voici les escaliers mécaniques :

À gauche, on voit de l’art du dernier jeu de Sonic, le hérisson. à droite, c’est Kirby’s Air Riders (le japonais dit Kaabii no Ea Raidaa, une translittération plutôt qu’une traduction, encore un exemple de comment l’anglais a pris sa place au-dessus du japonais dans leur culture).

Sur l’étage, il y avait quelques produits liés à Final Fantasy, mais je ne suis pas arrivé à en acheter, car honnêtement, je n’étais pas sûr de quoi faire avec. Le truc à droite, je crois que c’était un sous-main pour le bureau, mais je ne travaille pas avec ce genre de chose. Ces personnages, des deux côtés, sont dans un style dit chibi — petit et mignon, mais une caricature des versions « réelles ».

Je devrais m’intéresser à ce jeu à venir, Les Aventures d’Elliot, car il y a très peu de personnages avec soit mon prénom soit mon deuxième prénom, mais à vrai dire, je n’ai pas les réflexes dont on a besoin. Heureusement, Square ne m’a pas oublié, et un nouveau Final Fantasy au combat tour par tour (qui permet au joueur de penser) sortira cette année après 20 ans d’attentes.

On a finalement quitté Yodobashi pour explorer ses alentours. Juste à côté, il y a un couloir avec beaucoup de petits restos et boulangeries. « Jack in the Donut » était un nom hilarant — un « Jack in the Box » est un diable à ressort. Les donuts avaient l’air excellents ! Le « croissant taiyaki » est une pâtisserie japonaise, le taiyaki, fourrée de pâte de haricots rouges, mais avec de la pâte feuilletée à la place de la pâte traditionnelle. Et « Manneken » vend des gaufres belges — sûrement vous avez la réf !

On a fini par dîner chez McDo, parce que tout comme en France, La Fille voulait l’expérimenter ailleurs. Le kiosque promet un « Samouraï Mac », deux galettes de bœuf avec du fromage et de la sauce soja. Je voulais pleurer — non seulement c’était le meilleur thé que j’aie jamais bu chez McDo, mais les prix : 770 ¥, c’est environ 5 $, contre les 13,50 $ que je payerais pour un burger, des frites et un thé chez moi !

L’attaque de Gojira

La chanson du jour, c’est « Les Opprimés » par Nobuo Uematsu. On l’entend en promenant dans « Wall Market », le marché aux puces de Midgar (la grande ville de FF VII qui est vraiment un Tokyo fictif et dystopique). Wall Market, c’est une blague sur Walmart.

J’ai eu une vraie expérience du côté Midgar de Tokyo en prenant le chikatetsu (métro) pour aller vers le quartier Hibiya. Il y a des passerelles piétonnes suspendues près de notre hôtel, qui passent par cette horloge géante créée par Hayao Miyazaki, le célèbre réalisateur :

C'est une grosse horloge comme un réveil au centre, mais avec de petits bâtiments aux côtés qui pourraient bien venir d'un film tel que Mon voisin Totoro ou Le voyage de Chihiro.
Haute rés en cliquant

Mais quand on quitte le métro, sous un pont, c’est un Tokyo un peu sale, un peu pauvre, mais qui tente d’attirer votre attention avec des panneaux géants entourés de lumières. Ce resto de ramen pourrait bien se trouver à Midgar :

Il y a un panneau géant, presque la taille d'un étage avec le mot "RAMEN" en anglais, ainsi que les kanjis. Les lumières autour du panneau sont rouges. Il y a des bols de ramen en néons verts et marrons. Le premier étage, c'est le resto lui-même -- les prix sont bas (5-10 €), mais ça n'a pas l'air d'un endroit accueillant aux touristes.

Sûrement, vous connaissez tous le kaiju (grand monstre) nommé Godzilla. Il est largement connu seulement parmi les otaku (obsédés d’anime ou autrement de la culture japonaise), qu’en fait, c’est une mauvaise prononciation de Gojira, mais « god » veut dire « dieu » en anglais, et l’idée qu’un tel monstre est au niveau d’un dieu, ça lui donne l’air plus puissant, non ?

C’est ainsi que notre tout premier arrêt planifié, c’était pour voir la statue de Gojira devant le bureau de Toho, le studio qui produit ses films. Vous pensez que je plaisante, mais c’était la seule demande de mon père pour ce voyage. Bienvenue sur la place Godzilla !

C'est un place recouverte de plantes vertes avec un panneau qui dit "Godzilla Square". La statue de Godzilla est en haut d'un bâtiment en pierre marron, et derrière ça, il y a un gratte-ciel largement en verre.

Voici deux vues de plus proche de la statue — c’est en haut de l’entrée d’un garage, et on ne peut pas l’atteindre directement. Dans la deuxième photo, vous pouvez clairement voir le nom Toho.

On a pris le métro environ 2 km pour aller à Ginza, la capitale du « shopping » de Tokyo, de même façon que Rodeo Drive à LA, ou les Champs-Élysées à Paris. Voici un petit clip qui termine par une vue de Mitsukoshi, la plus vieille grande surface du Japon. La seule bonne comparaison est aux Galeries Lafayette Haussmann.

Malheureusement, je n’ai pas beaucoup de photos de l’intérieur car il y a des panneaux partout pour l’interdire. Je fais une pause pour que vous puissiez arrêter de rire que le pays qui a donné les touristes japonais au monde pourrait se soucier de trop prendre en photo. C’est dommage, car il y a une super collection de produits artisanaux japonais au 7e étage. J’y ai fait un petit achat, mais c’est emballé jusqu’à ma rentrée.

Pour vous donner un peu de l’idée de Ginza, voici un autre clip du quartier. On peut y voir Coach, Boss, Prada et Cartier. On a aussi trouvé une boutique de Vacheron Constantin — vous comprenez maintenant à quel point c’est un quartier de luxe ?

Sur le toit de Mitsukoshi, il y a un petit jardin consacré au shintô. Là se trouve cette petite chapelle, dite Mimeguri. Il y en a une sur le toit de chaque Mitsukoshi.

C'est un petit autel avec un toit vert

Voici une vue de plus proche du panneau :

Panneau qui explique l'autel ; c'est une copie d'une chapelle ailleurs dans le pays

À côté, il y a une statue du genre « jizo », une icône de Dieu parallèle aux portraits de Jésus-Christ qui se trouvent dans les églises orthodoxes.

Statue "jizo"

Un moment émouvant pour nous se trouvait juste à gauche — une collection de petites statues jizo. J’expliquerai leur signification dans un billet à la fin du voyage. Disons qu’il s’agit de quelque chose d’important dans les jeux Zelda.

On a déjeuné chez Minori Cafe, aussi dans Mitsukoshi. Hélas, aucun prénom féminin ne m’a apporté plus de malheur de ma vie, mais La Fille voulait y manger. La soupe de kabocha (citrouille japonaise) et le thé étaient très bons ; le sandwich aux œufs et mayonnaise, beurk (il n’y avait que deux choix de sandwichs, et la formule comprenait un sandwich et une soupe).

Cette poubelle au café a une grosse faute d’anglais — c’est « comestibles » (nourriture), pas « combustibles » !

Notre prochain arrêt était la place Marunouchi, où se trouve la Gare de Tokyo. Moi voilà :

Et la gare, qui date de 1914 :

On est finalement passés par Akhibara, la capitale des trucs électroniques. Mais je finis ce post dans le métro en allant vers autre chose, et pour avoir assez de temps pour ça, on arrête ici.

Dépêchez-vous pour attendre

Bonjour de Tokyo ! Je suis à 7 heures en avance sur vous pendant ces vacances, mais pour garder ma séquence de jours de suite, je continuerai de publier au même moment par rapport au fuseau horaire californien. Alors, même si, le temps que vous vous réveillez, j’aurai déjà visité mes deux premiers arrêts. Plutôt que confondre les jours pour mes récits, le blog sera donc en retard d’où je suis.

La chanson du jour, c’est « Hurry! » (Dépêchez-vous) par Nobuo Uematsu :

Si vous avez un homme adulte dans votre famille, autre que moi, car je suis — je le crois presque 100 % sincèrement — le seul d’avoir atteint l’éclaircissement sur ce sujet et devenu le Bouddha du voyage ([Avec le ventre pour aller avec. — M. Descarottes])… il y a un obsédé dans votre famille qui croit qu’il faut non seulement arriver 3 heures à l’avance pour les vols domestiques, mais encore plus tôt pour les vols à l’étranger. « À cause de la sécurité, bla-bla-bla. » (On n’est plus 2002. Ça fait plus de deux décennies depuis la dernière fois où j’ai fait la queue pendant plus de 20 minutes, peu importe 1 heure.) C’est ainsi qu’à cause de mon père, nous sommes partis d’Elbe-en-Irvine à 11h pour aller à LAX (une distance de 50 km), pour un vol partant à 17h15.

Alors, quand nous sommes arrivés à LAX, il s’est avéré que le comptoir pour s’enregistrer chez All Nippon Airways (ANA) ne s’ouvre que jusqu’à 14h15. La bonne nouvelle et la mauvaise nouvelle ont donc été la même chose — nous ne pouvions pas déjeuner derrière la sécurité, mais la seule option devant la sécurité était quand même ce que l’on aurait choisi, W Pizza par Wolfgang Puck (pendant la grande majorité de ma vie, considère le meilleur chef aux États-Unis).

Les prix sont toujours de folie aux aéroports, mais cette fois, bien qu’une « cheese pizza » (au fromage et à la sauce tomate) coûte 22,09 $, le « spécial passager » était cette même pizza ainsi qu’un soda pour seulement 18,50 $. C’est le truc le plus proche d’un bon rapport qualité prix que vous trouverez dans un aéroport, et en fait, je suis grand fan des pizzas du chef Puck, même si j’aurais préféré la margherita. À vrai dire, deux pizzas entre nous 3 auraient suffi — nous nous attendions à de petits trucs insultants pour le prix, et ce n’est pas du tout ce qui s’est passé !

Moi voilà, assis chez W Pizza :

Moi dans un polo gris, avec la grande salle du terminal derrière moi. Il y a une plante vérité à ma gauche, et je ne regarde pas directement dans la photo car je me concentrais sur les contrôles pour la selfie.

Il y a tout genre de magasin intéressant dans le terminal international, à ne pas dire que les prix sont raisonnables si vous pouvez attendre. Par exemple, ce magasin ne stocke que du scotch Macallan, en général considéré le meilleur. La Fille ne m’a pas autorisé d’entrer.

Un resto rapide dit « Beecher’s Handmade Cheese » promet des sandwichs dont les fromage est « fait à la main » (d’où le nom). Selon son site, leur fromage dit « Flagship » passe 15 mois en cave. Peut-être que j’y serais allé si j’avais su — c’est mieux que les 2-3 heures de nos fromages typiques !

J’ai fait une crise cardiaque en voyant ceci :

Malgré étant une épicerie à LAX, pas en France, le panneau dit Relay.

C’est juste le nom ! Il n’y a aucun numéro du Canard ou sac de Savaroises là-dedans !

On peut y trouver des macarons de mauvaise qualité à des prix de folie — 4 $ chacun et la moitié sont brisés !

Les boutiques dites « Duty Free » sont sans impôts — mais vous payerez si cher là-dedans qu’il n’y a aucune économie ! Par exemple, les sacs de chocolats Ghirardelli à gauche coûtent 37 $ chacun, mais 25 $ au supermarché ! Ça dit, le panneau dit 2 achetés, 1 offert, alors avec 3, on réalise une petite économie. À droite, je ne connais pas le scotch Glengoyne. Mais 1150 $ pour une bouteille de 26 ans dans le fût ? Il fût vraiment l’aimer !

Dans l’avion, il y avait de belles vues de la Californie — à gauche, Los Angeles disparaît sous les nuages, à droite, on voit la côte près de San Francisco :

Voici nos deux repas ; le dîner, à gauche, était une sorte de poulet grillé ; le petit-déjeuner, à droite, était un curry au bœuf — on est loin de la viennoiserie ! Mais ke riz, c’est pire pour mon taux de glycémie qu’un croissant !

Nous sommes à un hôtel d’une chaîne nommée « Villa Fontaine ». Vous allez voir pendant les prochains jours exactement à quel point la France est prestigieuse ici — mais surtout, veuillez ne pas vous plaindre de l’authenticité. Sinon, vous risquez d’être gravement déçus !

Dimanche dans un hikooki

Pensiez-vous qu’il n’y aurait pas de Dimanche avec Marcel juste parce que j’étais dans un avion (hikooki en japonais) ? Mais non — j’ai apporté « Le Côté de Guermantes » dans mon sac à cabine. Cette fois, je n’ai pas eu la VO avec moi, parce que je n’ai pas eu d’Internet, alors pas de citations directes. Mais j’ai avancé beaucoup plus loin que d’hab — 110 pages.

Le narrateur reçoit la visite d’un certain Charles Morel, fils de l’ancien valet de son oncle Adolphe, dont on a entendu la mort dans le premier tome.. M. Morel est là pour livrer certaines affaires de l’oncle, dont des photos d’actrices (comme celle de la Berma qu’il avait acheté). Comme tout le monde, Morel se montre un arriviste et demande d’être présente à un poète inconnu aux lecteurs. Ça ne mène nulle part.

Le narrateur se retrouve en compagnie de Mme Swann avec qui il’n’a pas parlé depuis longtemps. Mme Swann lui dit qu’elle a récemment vu M. de Norpois, qui a dit du narrateur qu’il était « un petit flatteur hystérique ». Ô, M. de Norpois, comme vous avez raison !

Naturellement, des moments après ça, de Norpois est encore une fois avec le prince Gesundheit (mot allemand utilisé en anglais quand un autre vient de tousser), et lui présente le narrateur comme un exemplaire distingué de la société française. Après ça, le narrateur rattrape M. de Charlus en train de quitter la soirée (interminable !) avec le chapeau du duc de Guermantes. La lettre G est visible à l’intérieur mais de Charlus insiste que c’est le sien.

Il y a une conversation bizarre entre Mme de Marsantes (la mère de Saint-Loup) et le narrateur en voyant Saint-Loup quitter la soirée — elle semble regretter son rôle en faisant de Saint-Loup ce qu’il est, surtout quand il s’agit de sa relation avec sa maîtresse, Rachel. Le narrateur pense que pour sa part, il serait content de les aider à mettre un terme à ladite relation, mais il sait que ça ne plairait pas à Saint-Loup.

Puis, le narrateur lui-même quitte la soirée (ALLÉLUIA !), et part avec M. de Charlus. Tout est très elliptique, mais disons que j’ai l’impression que M. de Charlus veut recruter le narrateur pour une relation autre que l’amitié. Il parle de tous les secrets qu’il pourrait révéler au narrateur, qu’il fait partie d’une « sorte de franc-maçonnerie » qui ne compte moins de 4 rois européens parmi son nombre, qu’en entrant dans une relation où les deux se voient tous les jours, il pourrait l’aider à avancer dans la société. Il prend le narrateur par le bras pour cette conversation, mais le laisse tomber dès que les deux rencontrent M. d’Argencourt dans la rue. Pour sa part, M. d’A réagit de façon dégoûtée. Le narrateur est perplexe. Je crois que j’ai raison.

Avant de partir, M. de Charlus exige du narrateur « un sacrifice » — de ne plus sortir en société, de frayer uniquement chez les hommes avec ceux choisis par M. de Charlus. Il ajoute qu’il s’en fiche si le narrateur prend une maîtresse; ses règles concernent uniquement les hommes. Il dit que le narrateur devrait passer plusieurs jours en y pensant avant de répondre ; avec ça, il part enfin.

La grand-mère du narrateur tombe malade et avec une température de 101 °F (c’est ce qui dit le roman en anglais ; je ne peux pas vérifier si l’original dit °C, mais ce serait 38.3 °C), la famille a peur qu’elle meure. Cependant, un autre docteur, un certain de Boulhon, qui est psychologue, vient à la maison, et il lui dit que tout est dans sa tête, exactement comme la tante Léonie à Combray.

Mais quand la grand-mère sort avec le narrateur aux Champs-Élysées, elle reste très longtemps dans les toilettes. Quand elle revient enfin, le narrateur nous dit qu’elle avait eu « un petit AVC ». Il n’y en a pas vraiment de « petit », non ?

Ça, c’est la fin de la « première partie » selon la version finale, mais on est toujours dans la « deuxième partie » selon la version de Gallimard, alors continuons.

Le narrateur, en cherchant de l’aide, tombe sur un certain Professeur E——- (c’est ce qui y est écrit, ne me regardez pas comme ça) dans la rue. Il est pressé, mais consente à voir la grand-mère chez lui avant qu’il ne parte pour un dîner avec un ministre. Là, il dit au narrateur qu’elle est en train de mourir d’un AVC suite à une « urémie » (je ne la connais pas).

Il suite des pages sur ses traitements aux mains du docteur Cottard. Plus de morphine veut apparemment dire plus d’albumine, et on est censés comprendre que c’est pour le pire.

De divers parents refusent de venir de Combray pour visiter la grand-mère. Mais devinez qui vient tous les jours ? Bergotte. Le narrateur nous dit qu’il est lui-même devenu aveugle et ne peut plus écrire, et qu’il mourra aussi bientôt, mais que sa réputation littéraire est en train de croître. Une comparaison est faite entre lui et Renoir à cet égard.

Où j’ai enfin quitté le livre, la grand-mère est toujours en vie, mais par tours sourd, aveugle, ou sénile, selon les effets des divers traitements. Le docteur Cottard utilise de la morphine, mais aussi des sangsues, et on sait à quel point elles ne servent à rien. La prochaine fois sera sans doute la fin pour elle, mais aïe, quel cauchemar cette scène de maladie prolongée.

Ici et là

On est samedi, et vous n’avez toujours pas entendu ohayou gozaimasu ou konnichi wa de mon côté. Par processus d’élimination, c’est donc aujourd’hui le jour de notre départ. Je ne voulais pas annoncer une date exacte jusqu’au dernier moment, car en Californie, on a une tradition très spéciale. Tous les jours, les cambrioleurs lisent les nécrologies (lien en anglais) dans les journaux, et c’est comment ils choisissent où visiter pendant la journée. D’accord, c’est peu probable que l’on lise un blog français pour réussir ce but, mais j’étais l’animal de compagnie d’un cobaye, après tout. J’ai hérité ses tendances paranoïaques.

J’étais chez le médecin hier, et j’ai de bonnes et de très mauvaises nouvelles. Les bonnes nouvelles, c’est que sans aucun effort de ma part à part de prendre mes cachets, je n’ai jamais eu de si bons résultats quant au cholestérol. Et si les mauvaises nouvelles n’étaient pas arrivées, tout aurait suffi pour ne pas voir le médecin jusqu’en décembre.

Les mauvaises nouvelles, c’est le retour de l’anémie avec vengeance. J’ai fait attention à ne pas faire un don de sang trop proche à cette prise — le dernier a eu lieu environ 40 jours avant. J’ai quand même eu les pires chiffres de ma vie. Pour l’instant, je commence à prendre un supplément de fer. Mais à ce niveau, il faut penser à d’autres problèmes. Espérons que le supplément suffit pour régler l’anémie.

J’étais chez McDo avec La Fille hier après le rendez-vous, afin d’essayer d’augmenter le taux de fer avec de la viande rouge. Voici les décorations à cause de la Coupe du monde :

Des ballons verts, blancs et rouges, entourés de deux ballons en forme de ballon de foot.

Mignon, hein ? Mais on n’est pas au Mexique et ce ne sont pas les couleurs du logo de la Coupe :

Logo officiel, ©️FIFA

On aura une aventure à l’aéroport cet après-midi. Je nous ai enregistré pour le vol, mais pour des raisons inconnues, je suis le seul à avoir une carte d’embarquement, sans explication de la compagnie aérienne, All Nippon Airways. J’attends l’explication avec impatience.

Ça doit être assez pour cette fois, car je dois vraiment essayer de dormir — c’est moi qui va vous conduire à LA pour le vol !

La musique de mon Japon

Peut-être que vous pensez la plus grande nombre de pistes dans ma collection de musique vient de Rush. Après tout, ils ont sorti 19 albums studio, et je les ai tous. Si pas ça, Indochine, non ? Mais non. En fait, ce n’est pas proche du tout. Il y a 211 pistes de Rush et 197 d’Indochine (sans compter les albums Singles Collection et le Central Tour). Cependant, si je compte uniquement les pistes du plus grand compositeur de bandes-sonores de jeux vidéo, Nobuo Uematsu, il y en a 775. Et si j’ajoutais les contributions de ses collègues chez Square Enix — Masashi Hamauzu, Mitsuto Suzuki, Noriyasu Agematsu et Naoshi Mizuta, il y en aurait 174 de plus.

Il faut d’abord dire que puisqu’il s’agit de bandes-sonores, beaucoup de ces pistes ont été composées pour servir des buts très particuliers. C’est peut-être injuste de compter les airs très brefs pour sauvegarder les progrès ou dire « jeu terminé ». Mais même s’il me valait la peine de faire le tri, je suis sûr qu’il resterait deux fois la quantité des autres.

Évidemment, il doit y avoir quelque chose de valeur, au moins à mes yeux, pour acheter tout cette musique, un projet qui a commencé en 1995, avec l’achat de 3 disques pour la BO du jeu Final Fantasy III (de nos jours connu comme VI — plusieurs jeux sortis au Japon n’ont pas été commercialisés en Amérique du Nord ni en Europe).

C'est un arrière-plan très sombre, dans des nuances de violet. En bas, il y a un Moogle, une petite créature un peu comme un ours polaire qui marche sur deux pieds, avec des ailes de dragon. Le titre dit : « Kefka's Domain: la BO complète du jeu vidéo Final Fantasy III ».
Couverture de la BO de FF III pour les États-Unis, Source, ©️NTT Publishing

On pourrait dire, « Mais Justin, c’est un produit culturel, peut-être, mais ce n’est pas l’ongaku — désolé, la musique — que les Japonais écoutent eux-mêmes, non ? » Or, même si ça semble un peu ringard ([Plus qu’un peu. — M. Descarottes]), les compositeurs des BO pour les jeux et les animes sont des célébrités là, de façon impossible d’imaginer dans l’Ouest, sauf peut-être pour un John Williams ou un Vladimir Cosma. Il y a des concerts de cette musique au Japon, souvent joués par des orchestres de qualité.

Impossible de séparer la musique de Nobuo Uematsu des jeux Final Fantasy, mais il y a certaines choses que l’on peut dire qui ne comptent pas sur une connaissance de la série. Chaque nombre a lieu dans un monde différent (FF I se déroule dans un monde qui n’a rien à voir avec celui de FF II, etc. — mais tous les jeux dont le titre comprend « FF VII » se déroulent dans le même monde). Cependant, il y a certaines choses devenues traditionnelles au fil des 39 ans de la série, qui représentent un dialogue avec les fans.

Voici, par exemple « Le prélude », le générique du premier jeu. Malgré ses racines dans la NES, on reconnaît que c’est une série d’arpèges sur une harpe :

3 jeux plus tard, c’était toujours là, plus élaboré avec plus d’instruments :

Meme dans le neuvième volet, c’était toujours là — plus triste que jamais, un signe que ce jeu a marqué la fin d’une époque, et ne se dérouleraient plus dans des mondes médiévaux :

Après, les formes sont devenues différentes, mais c’est une signature aussi sûre qu’un blogueur qui écrit souvent « On continue maintenant le Tour… ».

L’esthétique appelée steampunk est fortement identifiée avec la culture japonaise, un mélange de haute technologie et de magie avec l’aspect de l’Europe du XIXe siècle. On le voit dans les navires volants dits « airships », à ne pas confondre avec les dirigeables, souvent appelés par ce mot en anglais. On parle de trucs comme ça :

C'est un navire avec 3 mâts et une hélice à la proue, volant dans un ciel bleu et un peu nuageux
Capture d’écran de l’introduction de Final Fantasy IV 3D, Source, ©️Square Enix

M. Uematsu a créé de la musique bien digne de ces merveilles fictives :

Pendant des décennies, il n’y a eu rien auquel les fans s’attendaient plus que découvrir le prochain air que M. Uematsu avait écrit pour les scènes de combat. J’oserais dire que la plupart d’entre nous est d’accord que le nec plus ultra vient de Final Fantasy VII :

« Mais Justin », me dites-vous, « quel rapport avec la musique traditionnelle japonaise, avec les kotos et les shamisens ? » Ça s’y trouve aussi :

Mais Uematsu-sama (le terme pour indiquer le plus profond respect) serait le premier à vous dire que ce n’est pas la grandeur de Final Fantasy, ni de la musique des jeux vidéo japonais. Un maître tel que lui est confortable avec l’orgue, même au point de citer Bach, pour le thème d’un méchant :

Mais aussi d’écrire dans un mode cinématique pour mon moment préféré de toute la série, quand les magiciennes Grenat et Eiko invoquent la chimère gardienne Alexandre pour protéger leur ville du dragon Bahamut :

La musique de mon Japon n’est pas celle des restos japonais, ou des palais des shoguns. C’est celle qui permet l’auditeur d’échapper à tout autre monde, qui pourrait être n’importe où dans l’univers. Même, n’oublions pas, la France.

Le japonais avec Duolingo

Je pars bientôt pour le Japon, alors on va se concentrer sur ce sujet pendant les deux semaines prochaines. Je vous promets que pas du tout comme mes mésaventures à Boston,quand je ne pouvais penser qu’à la France, vous n’entendrez parler que du Japon et de la culture japonaise. Il y aura quand même des liens — et si je vous disais que le mot japonais pour le pain, c’était « pan », pourriez-vous deviner d’où ça venait ?

Ah oui, je vous ai dit ça il y a trois ans. Alors je vous rappellerai l’autre truc que j’ai dit en même temps:

Mais on dit en japonais « arubaito » pour le boulot, d’après l’allemand « arbeit ». (Savez-vous où on trouve ce mot ? Je dis ça, je dis rien.)

En fait, je vais essayer de fermer la bouche sur la Seconde Guerre mondiale cette fois. J’avais un grand-oncle qui a servi dans le Pacifique à l’époque, et disons que j’ai des avis forts dans ce cas. Mais moi et ma grande gueule, nous nous sommes déjà trop coûtés à cet égard, à commencer par la fille de l’histoire du meurtrier que je connaissais. Elle avait plein d’autres raisons pour me haïr, racontées au lien, alors je dirai simplement : ne tombez jamais amoureux d’une fille venue d’un pays dont vous n’êtes pas prêt à chanter ses louanges. Parce que la vie est drôle comme ça, il y en a eu 3 autres par le passé, mais après la première, j’ai appris à fermer la bouche. Pourtant, ça n’a rien amélioré, donc moi voilà.

Pendant la semaine dernière, j’ai étudié furieusement avec Duolingo. Si je savais où trouver mes vieux manuels, ce serait une meilleure utilisation de mon temps — Duolingo épuise vite « l’énergie » dans chaque lesson alors même sans faire d’erreurs, il faut regarder beaucoup de pubs.

Alors, je vais vous donner un petit goût d’apprendre le japonais, façon hibou vert. C’est dommage qu’au contraire du français, Duolingo n’explique pas les formes des verbes. Où les verbes français se terminent tous en -er, -ir, -re, etc., il y a beaucoup plus de formes en japonais — -mu, -bu, -nu, -ru, -ku, etc. — mais beaucoup moins de conjugaisons. Par exemple :

Exercice pour lire les caractères du verbe "yomu", conjugué dans le présent

Ici, on voit le verbe « yomu », qui veut dire « lire ». Duolingo veut juste que l’on apprend à lire les caractère, mais ce n’est pas complètement évident comment ça se fait. En haut, il y a le kanji, prononcé « yo », suivi de 3 caractères dans l’alphabet hiragana : mi, ma, su. On prononce donc ce verbe « yomimasu ». « Mais Justin », me dites-vous, « où sont les romaji, les caractères de l’alphabet latin ? » Bonne question ! Alors que l’on tape sur le clavier latin, Duolingo remplace chaque paire de caractères par son équivalent en hiragana. Alors, j’ai tapé « yo », et sur l’écran a apparu le premier des 4 caractères que je pouvais taper. 3 en sont pareils à l’exemple car Duolingo teste ma connaissance de l’alphabet en faisant ça. Je n’ai jamais oublié la grande majorité des lettres.

Mais le verbe n’est pas « yomimasu » ; c’est « yomu ». -imasu, c’est la conjugaison du présent — pour toutes les personnes ! Dans ces deux exemples, on apprend à dire « Je joue au foot/basket », et le verbe est juste « shimasu », le présent de « suru ». Duolingo ne le mentionne pas.

Remarquez qu’il y a un caractère entre les noms et les verbes, prononcé « o ». Ça s’appelle une « particule » — on les utilise pour indiquer le rôle du nom précédent. Dans ce cas, c’est l’objet. Au fait, il n’y a pas de sujet dans ces phrases, alors on sait qu’il s’agit de la personne qui parle. On pourrait dire « watashi wa » pour indiquer ça (watashi = moi, et wa = sujet), mais c’est facultatif et aucun autochthon ferait pareil.

Quand plusieurs noms partagent le même rôle, on ajoute « to » entre les noms (« et »), et la particule apparaît après le dernier. Ici, Eddy dit « Oui, je regarde la télé et des films ». Sauf qu’il dit « terebi » (télé) et « eiga » (film) sans pluriel ni article. On n’utilise ni l’un ni l’autre dans de tels cas.

Il y a beaucoup de pratique pour les kanjis, dont le bon ordre pour les traits, mais sans expliquer que les parties comptent pour quelque chose. Voici des captures d’écran qui montre qu’il y a de moins en moins d’instructions à suivre. C’est le « yo » de « yomu » que l’on a déjà vu. Dans les deux premières captures, il y a des guides pour chaque trait, et l’appli vous montre où commencer. Dans la troisième, il y a juste où commencer. On finit par « Souvenez-vous de tout, tout seul ! »

Je ne suis pas sûr que Duolingo soit aussi efficace pour le japonais que le français. J’ai sauté 10 % du cours avec ce que je savais déjà. Mais il y a plein de règles très régulières en japonais, et l’appli ne fait rien pour apprendre ça aux élèves.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Des omelettes et du fromage

Voici une Langue de Molière pas comme les autres. Depuis des années, je veux partager une de ces deux histoires avec vous, mais je la jugeais trop courte pour être son propre billet. Grâce à La Fille, j’ai une deuxième, et les deux vont ensemble sous la rubrique du français comme point de départ dans un scénario.

Remontons le temps jusqu’en 1996. À l’époque, Cartoon Network est l’une des chaînes de télé les plus intéressantes, car la gestion permet l’équipe de faire des expériences avec beaucoup de nouvelles émissions ; si quelque n’est pas aimé du public, il meurt après une poignée d’épisodes. C’est l’époque qui nous a donné Les Super Nanas, Cléo et Chico, Johnny Bravo, Malices et Menaces et surtout Le Laboratoire de Dexter. Cette dernière a mis en vedette un petit garçon avec un fort accent russe (sans raison évidente — sa famille a des accents américains) qui est un génie — il inventé tout genre de truc, souvent avec des conséquences marrantes.

Ici, on parle d’un épisode en particulier, « The Big Cheese » (expression idiomatique qui se traduit par « le grand fromage », mais signifie quelqu’un d’important). Pendant les premières semaines de mon apprentissage de français, le plus grand choc a été certainement la découverte que cet épisode contenait une erreur de grammaire française — quand il n’y avait qu’une phrase en français qui se répétait encore et encore.

Je vais vous donner un clip en VO de 2 minutes qui contiennent toutes les parties importantes — c’est la moitié de l’épisode en tout cas :

Ce qui se passe, c’est que Dexter a beaucoup de tâches à faire avant de se coucher. Son ordinateur lui rappelle qu’il doit réviser pour un examen de français le lendemain, mais il grogne : « Il y a des choses plus importantes qu’un cours de français ! » Quand ses parents lui disent qu’il faut absolument se coucher, il décide d’utiliser l’une de ses inventions — une machine qui lui apprendra des choses pendant qu’il dort, avec un casque audio. La machine utilise des disques vinyle, et il en sélectionne un intitulé « Learn French » (Apprenez le français). Cependant, il y a une erreur — le disque saute, et il n’entend qu’une phrase toute la nuit :

« omelette du fromage »

Je sais, je sais. Le matin, quand il se réveille, il découvre qu’il ne peut plus dire que cette expression unique, peu importe ce qu’il veut dire. Sa sœur le reconnaît vite, et le taquine sans pitié (normal pour elle). C’est la fin du clip, mais l’épisode continue avec son arrivée à l’école — heureusement pour lui, la seule et unique question est de traduire « cheese omelette », alors il réussite à 100 %. En même temps, toutes les filles de l’école tombent amoureuses de lui car il ne parle qu’en français. Comme attendu, il faut l’ajouter.

Selon Wikipédia, l’épisode a été traduit comme « L’Omelette au fromage », alors les téléspectateurs français ne seraient pas au courant de l’erreur dans l’original. Puisque ce n’est pas reconnu comme erreur dans le scénario, la correction ne change rien d’autre. Au fait, voici un lien vers la VF sur TikTok, qui montre ses aventures à l’école.

L’autre chose vient de la série de Disney, Raiponce, la série. Cette série suit les aventures de Raiponce après le film de 2010. Notamment, il reste des questions à résoudre sur ses cheveux magiques. De toute façon, dans un épisode de la deuxième saison, Rapunzeltopia (Le Rêve de Raiponce en VF), le français joue un rôle non crédité — après tout, l’Europe n’existe pas dans le monde de Raiponce, ou au moins, elle n’apparaît jamais directement.

À 17s, on rencontre le méchant de l’épisode, un sorcier appelé Tromus, qui a jeté un sort sur Raiponce, de manière qu’elle hallucine une autre vie sans ses aventures. Tant qu’elle reste dans le monde du rêve, il peut contrôler ses pouvoirs. Ses paroles sont truffées de mots français : « Magnifique » et « mon ami ». À 1:10, sa mère, toujours dans le rêve, lui donne un journal intime. C’est similaire au sien dans la vraie vie, mais les pages sont vides. Il y a une inscription sur la couverture, prononcée à haute voix par la reine : « Sois satisfaite ». En VO, elle explique que ça veut dire « be satisfied » (qu’est-ce que vous voulez ? Que je la traduise par « Sois satisfaite » ?). La fausse reine veut persuader Raiponce à rester dans le château à jamais, à ne plus partir à l’aventure.

Avec l’aide de Disney Moins, j’ai trouvé la VF, mais ça empêche tout enregistrement. Alors, il va falloir me croire sur parole qu’exactement comme dans Le Laboratoire de Dexter, il y a des changements car le français n’a pas l’air exotique en français. Mais cette fois, certains sont bizarres — le sorcier dit « Merveilleux » et « Mon cher », même si les mots originaux suffisent ! Quand la reine donne le journal à Raiponce, il n’y a pas besoin d’expliquer la signification, alors elle dit plutôt « C’est ce qui compte ».

Comme dans les jeux vidéo, tels que Dragon Quest IV, où un monde francophone entier nommé « Layssez Fayre » est remplacé par une version anglophone dit « Teafortwo », ceux qui expérimentent ces choses en VF n’ont aucune idée que la culture française est bien présente dans ces œuvres. Tout parce que des traductions en anglais des mots français n’auraient aucun sens dans les mondes fictifs !

Des réflexions sur Lyhanna

Ce week-end, j’ai suivi les mêmes nouvelles que le reste d’entre vous. Je ne croyais pas que j’allais les mentionner, parce que ce n’est pas en général un blog d’actualités, sauf que j’ai vu quelque chose qui m’a fait pleurer. Je n’exagère pas du tout. Et après, j’ai décidé que c’était trop important pour laisser tomber.

Ne vous trompez pas à cause du fait que c’est l’humoriste Arnaud Demanche qui apparaît dans l’aperçu de ce clip. Il prête son compte Instagram à une jeune femme, Olympe, pour qu’elle puisse parler franchement de son propre cauchemar :

Ces histoires me brisent le cœur. J’ai lutté pour rester dans la vie de La Fille, une bataille qui m’a coûté comme vous ne le comprendrez vraiment. C’est pour ça que je pouvais bien comprendre quand plusieurs amies, des mères toutes, ont posté des appels pour la peine de mort pour les Jérôme Barrella du monde. Certainement, je comprends le père au Texas qui a surpris un inconnu en train de violer sa fille de 5 ans — et a tué ledit inconnu (lien en anglais) avec des coups de poing. Je ferais pareil sans regret.

Ça devient plus compliqué quand le parent décide plus tard de se venger du criminel. En 1984, en Louisiane, un certain Jeffrey Doucet a kidnappé un garçon de 11 ans, Jody Plauché, et l’a emmené en Californie, où il l’a violé. Heureusement, il a été reconnu par un citoyen qui a fait appel à la police, qui l’a renvoyé en Louisiane pour être jugé. Mais le père de Jody, Gary Plauché, est allé à l’aéroport local et a tiré sur M. Doucet, qui est mort un jour plus tard. Gary Plauché a été reconnu coupable, mais a reçu 7 ans de prison avec sursis, alors il n’est jamais allé en prison. Ça ne me dérange pas, mais il faut avouer que c’est imprudent de tirer sur d’autres personnes dans un espace public. Et s’il avait tué la mauvaise personne ?

Néanmoins, le temps que ces tragédies arrivent, c’est déjà trop tard pour les enfants. On ne manque pas d’histoires pareilles aux États-Unis où les soi-disant responsables pour protéger les enfants échouent horriblement. En Virginie-Occidentale en 2025, Miana Moran (lien en anglais), une fillette de même âge que Lyhanna, est morte pour manque de nourriture — car sa « belle »-mère refusait de la nourrir, et elle ne pesait que 20 kg au moment de sa mort. L’office dit « Child Protective Services » (Service de la protection des enfants) avait visité la famille sans rien faire. Dans le Michigan, il y a 3 mois, deux garçons ont été sauvés (lien en anglais) après que CPS a ignoré 8 plaintes pendant les 3 années précédentes — c’était seulement l’intervention d’un hôpital qui a enfin mis une terme aux mauvais traitements. Il y a 2 ans, à Baltimore, Gerald et Bernice Byrd (lien en anglais) ont été arrêtés après la mort de leur fille de 5 ans, Zona, qui ne pesait que 8 kg. 3 autres enfants mal nourris ont été trouvés à la maison en même temps. Cette histoire est particulièrement horrible parce que les parents gardaient plein de nourriture dans un coffre-fort dans leur chambre. Selon une députée, CPS était au courant des problèmes depuis 5 ans sans agir.

Je ne mentionne pas ces histoires pour dire « Voilà, c’est pire ici. » C’est plutôt parce que M. Darmanin lui-même a dit que c’était en même temps un « immense échec » mais pas « un manque de moyens ». Je suis mal placé à évaluer ces propos, ainsi que celui d’Olympe ci-dessus, qu’il y a 70 000 dossiers exactement comme le sien. Ce que je sais avec certitude, et je peux multiplier les exemples toute la journée sans problème, c’est que ce genre de problème, où les autorités en sont bien au courant, mais ne font rien jusqu’à ce que ce soit trop tard, c’est universel. Les britanniques ont certainement un mot à dire sur le sujet.

Puisque M. Barrella a été placé en garde à vue — et apparemment, son frère aussi — j’espère que la famille ne se débrouillera pas de façon Gary Plauché. Ça dit, si quelque chose arrive à ce monsieur et il meurt avant le début du procès, ce n’est pas moi qui posera des questions. Mais ce que l’on doit à Lyhanna, à Zona — à Olympe, pour qui il n’est pas trop tard — c’est d’exiger mieux partout.

Saison 5, Épisode 12 — Des fleurs pour Duolingo

Il faut fredonner le gros titre de cette semaine sur un air d’Indochine. Le clip officiel n’a absolument rien à voir avec la musique, encore moins que d’hab pour le genre.

Je dois vous dire, je suis encore une fois malade, avec le nez qui coule sans cesse. C’est venu juste à temps pour ma prise de sang, à 9h chez moi — donc ça va gâcher la fête traditionnelle chez Stonefire Grill pour le déjeuner, un sandwich de bœuf barbecue et un gâteau aux carottes. Mais toujours avec du thé sans sucre — faut pas manger trop de sucre, après tout.

Au fait, j’ai passé le nom anglais du sandwich — « tri-tip barbecue » — à Google Translate, curieux des résultats. Le site a rendu « trois conseils de barbecue », « tip » étant un mot anglais pour conseil ou astuce. Mais « tri-tip », selon Wikipedia en anglais, c’est en fait « aiguillette baronne » en France.

Je suis un peu inquiet. Si tous les trois mois étaient comme le dernier, je ferais vraiment la fête. Mais comme vous pouvez lire, les derniers 90 jours ne sont pas à la hauteur des 30 derniers. Avril a été une catastrophe.

Tableau de 4 moyens de taux de glycémie : 109 pendant les 7 derniers jours, 120 pendant les 14 derniers, 134 pendant les 30 derniers et 148 pendant les 90 derniers.

En lisant le post du jour d’Il Est Quelle Heure, j’ai fini par télécharger une appli nommée La Belle Vie, pour la livraison de courses en Île-de-France. Ensuite, j’ai dû créer un compte pour tester le panier, la seule chose dont j’avais envie. J’allais me désabonner après ça, mais il y avait un problème. Peut-être que vous le trouverez dans cette capture d’écran du courriel de confirmation.

Le sujet est « Bienvenue ». L'expéditrice est « Aurélie de La Belle Vie ».

Bof. Les élèves du blog auront remarqué au fil des années que j’ai une faiblesse pour le prénom Aurélie comme rien d’autre (voilà, voilà, voilà, voilà). Je n’arrive pas à le trouver, mais j’aurais juré que j’ai écrit une fois que la seule raison pour laquelle je reste abonné aux courriels du site Kwiziq, c’est qu’il me plaît de recevoir des courriels signés « Aurélie ». Voici un exemple :

Fin d'un courriel en anglais du site Kwiziq signé par son chef d'instruction, Aurélie Drouard.

Pour ce qu’il vaut, je n’en connais aucune, sauf pour une personne remerciée dans mon livre, rencontrée bien après l’écriture de presque tous ces posts. (Pour autant que je sache, aucune lectrice du blog porte ce prénom. Si je me trompe, merci de vous présenter, Aurélie.)

Sans mentionner des dates exactes, je pars pour le Japon cette semaine, alors il n’y aura pas de balado lundi prochain. Je suis toujours un peu perplexe sur les dates car on va croiser la Ligne de date internationale. Mais si je me souviens d’apporter Proust avec moi, vous aurez une sacrée mise à jour !

Notre blague traite d’une fleuriste. Nos articles sont :

Il n’y a pas de Bonnes Nouvelles cette semaine. Les gros-titres sont GIGN et WiFi.

Sur le blog, il y a aussi C’est pas le 1er, version juin 2026, ma revue mensuelle de mes blogs préférés, Premier tour californien, sur l’élection de mardi dernier, Re-adieu, hibou vert, sur la deuxième fois où j’ai épuisé les contenus de Duolingo et Le Système D en action, sur une urgence en cuisine.

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