Sans doute la pire chose sur arriver avec tant de retard à la culture française, c’est que beaucoup de monde appartient déjà au passé. Eddy Mitchell avait déjà pris sa retraite — deux fois ! — avant ma toute première leçon. Belmondo est mort juste une année après. Michel Drucket… ben, nous sommes juste de brèves étincelles de son point de vue. Et ça nous amène au sujet malheureux du jour, l’adieu à Philippe Bouvard.

J’ai entendu la nouvelle en allumant la radio ce matin pour écouter Les Grosses Têtes, comme souvent pendant l’année scolaire. C’est comme ça que j’ai trouvé l’hommage à Bouvard en train de se diffuser. Au moment où j’ai commencé à écouter, déjà très tard dans l’épisode, c’était le chanteur Éric Laugérias au téléphone pour parler de ses souvenirs (il commence à 25:00 dans cet extrait). Là, j’ai appris une pépite que je n’avais pas connue — je savais que M. Bouvard avait été viré des Grosses Têtes par RTL afin de trouver quelqu’un de plus jeune, mais je ne savais pas que la première fois, c’était pour laisser place à Christophe Dechavanne en 2001 et non Laurent Ruquier en 2014. En plus, c’était l’intervention de M. Ruquier qui a restauré M. Bouvard à son poste pendant 13 ans de plus. J’avais toujours compris que M. Bouvard s’en voulait à M. Ruquier mais je n’ai jamais entendu le côté de M. Ruquier. Franchement, je trouve ce geste étonnant, et je suppose que personne n’aurait pu vraiment faire plaisir à M. Bouvard en tant que successeur. J’ai lu du parler sur Stéphane Bern, mais à vrai dire, c’est facile à dire de telles choses quand elles restent théoriques.
De toute façon, écoutez surtout M. Laugérias à partir de 26:00 dans le clip lié ci-dessus. Il mentionne qu’avec Karl Zéro, il avait produit des sketches pour M. Bouvard où il faisait semblant d’être « un général russe, un cuisinier italien », et alors que presque personne ne lisait ce blog à l’époque, en 2021 j’ai parlé d’une autre collaboration de Messrs Zéro et Laugérias que je connaissais en tant que fan des X-Files dans les années 2000. Il reprend brièvement cette matière, et ça vaut la peine.
Je dois dire que je trouve la couverture tous azimuts de RTL à cette occasion un peu trop, avec une chaîne tout Bouvard dans l’appli :

Après tout, si M. Ruquier a les mains propres, c’est certainement moins le cas pour la gestion qui l’a viré deux fois ! Il me semble que c’est plus apprécié après sa mort qu’à la fin de sa vie, et ça, je trouve dommage.
Si ce blog a un tout petit rôle dans les événements du jour, c’est qu’en quelque sorte, je suis devenu la référence pour l’histoire de Mme Leprieur d’Agon-Coutainville. Une centaine d’internautes l’a visitée hier :

Je ne l’aurais jamais cru, mais après Wikimanche, le site officiel de référence pour son département, je suis le deuxième résultat pour une recherche de « Madame Leprieur » :

C’est étonnant de relire cette histoire, aussi écrit en 2021, en se rendant compte qu’il me fallait une année de plus, et la recommandation d’une amie, pour découvrir Les Grosses Têtes — il ne m’est jamais arrivé à l’esprit que l’émission existait toujours !
Mais mon souvenir de Philippe Bouvard ne vient vraiment pas des Grosses Têtes. Pour moi, il sera toujours l’animateur de « Tous les coups sont permis », l’émission fictive où Charles Duchemin affronte enfin Jacques Tricatel à la fin de L’Aile ou la cuisse. Ici, on le voit en train d’organiser l’affaire :
On peut voir le débat sur Facebook, mais pas de façon intégrée ici. Je le recommande sans hésiter. C’est évidemment le trio de de Funès, Coluche et Julien Guiomar qui sont les stars, mais on voit clairement l’assurance de M. Bouvard dans son élément, le maître du plateau.
C’est impossible pour moi de parler profondément de sa carrière à la radio. Je savais où le trouver sur RTL à la fin, avec sa courte émission, À mon humble avis, le dimanche, mais il ne s’agissait pas du format qui a fait sa renommée. Et il faut dire que même Les Grosses Têtes telle que je la connais n’est plus la même émission — à partir du fait que l’on n’entend jamais des pseudos humoristiques pour les auditeurs, Mme Bellepaire de Loches ou M. Jules d’Orange. Mais on vit tous dans le monde médiatique qu’il a créé, ce qui m’a tout de suite séduit dès le premier jour, et pour ça, je remercie Philippe Bouvard.































