Portrait de Molière par Nicolas Mignard

La vérité, c’est où ?

C’est le retour de Langue de Molière avec quelque chose de court que je garde depuis quelques mois. Pour le 1er avril, j’ai écrit un petit fantasme complotiste, et je l’ai intitulé « La vérité est ailleurs », la traduction fournie par Wikipédia du slogan célèbre de la série X-Files, en anglais « The truth is out there. »

Juste après, j’ai vu ce moment absolument hilarant en VF :

Tourné en 1995 et diffusé en VO en novembre de cette année, l’agent Scully dit quelque chose d’absolument ridicule en français : « Je vais appeler Internet. » En soi, ça n’a aucun sens : je me souviens d’un journaliste à l’époque, mais j’oublie qui, qui a dit — en anglais, évidemment — « J’ai posté un courriel à Internet. » On peut excuser un peu ces bêtises, car très peu de monde comprenait comment marchait ces choses. ([Nous, on conjuguons ça plutôt au présent. — Mes parents])

Cependant, c’était un peu moins stupide en VO. En VF, la phrase entière était :

Je vais appeler Internet et leur demander de me faxer les numéros de téléphone de toutes ces femmes.

J’ai trouvé le bon moment en VO dans ce clip de « réactions » par un type qui se croit un influenceur. Ça n’arrivera pas, mon gars. Mais l’important, c’est qu’elle dit plutôt « on-line service » — une bonne traduction littérale serait « le service en ligne ». Malheureusement pour le public français, c’est évident que l’on a mis l’expression originale dans un dictionnaire et à trouvé soit « fournisseur d’accès Internet » (le choix de mon dictionnaire Oxford pour « Internet service provider ») soit juste « Internet » ou « en ligne ». Ne vous méprenez pas — ce n’était pas super en anglais, mais on pouvait imaginer qu’il s’agissait d’un centre d’appels.

Mais dans les commentaires, du clip d’Instagram, j’ai vu une explication éclaircissante :

Mauvaise traduction ! (La pire étant : la vérité est ailleurs quand out there veut dire « à portée »)

Ça a provoqué de nombreuses critiques que j’ai trouvées… mal placées. D’abord, on s’est plaint que « out there » voulait dire « au dehors » [sic], mais que « à portée » voulait dire assez proche pour tenir. Un autre s’est plaint que l’idée est peut-être que c’est proche, mais c’est inaccessible, alors « ailleurs » marche mieux.

Naturellement, ça m’a rendu très curieux car, à vrai dire, je n’ai jamais entendu « à portée » avant. J’ai consulté mon dictionnaire Oxford pour des exemples :

Ça a suffi pour me convaincre que le premier commentaire avait raison. On peut dire « arme de longue/courte portée » pour faire la différence entre une lance et un obusier. On peut également dire « à portée de canon » ou « missile d’une portée de 900 km » — ces distances dépassent clairement ce que l’on peut atteindre avec les deux mains.

Et c’est exactement ça le sens de la phrase originale. Les agents Mulder et Scully cherchent la vérité, et ça veut dire qu’elle existe quelque part et est en principe joignable, même si le moyen pour l’atteindre n’est pas évident. Ça ne veut pas dire que c’est dans l’espace avec les extra-terrestres, mais vu les sujets de la série, je peux comprendre si on en tire cette conclusion.

J’ai donc laissé un commentaire pour en dire autant. Naturellement, tous les experts en anglais m’ont ignoré.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine avec un conte de Toy Story.

Le Japon vous aime

J’avais promis que la fin de nos explorations japonaises serait un cadeau pour vous tous. Le voilà. Tout au début du blog, j’ai écrit un petit billet intitulé « Tout le monde veut être français ». À l’époque, j’ai mentionné des boulangeries asiatiques et britanniques aux États-Unis qui faisaient semblant d’être français. Mais aujourd’hui, je vais vous montrer à quel point la France est populaire au Japon. Vraiment, je n’avais aucune idée que je trouverais tant de preuves !

Toutes les photos dans ce post sont à haute résolution en cliquant.

Notre toute première journée a commencé à Ginza, un quartier plein de boutiques de mode ainsi les grandes surfaces, dont Mitsukoshi. Mais pour y aller nous avons dû prendre un train de la Gare de Shimbashi jusqu’à la Gare de Yurakucho. Et qu’est-ce que l’on voit en sortant de Yurakucho ?

C’est la carte de « Kougnané » (lien en japonais), une pâtisserie à la fois japonaise et française. « Mais Justin », me dites-vous, « ces trucs en forme de hot-dog, même si sucrés, ne ressemblent à rien en France. » Pourtant, ce sont deux spécialités françaises adaptées aux goûts japonais — des kouign-amanns, fourrés sur commande avec de la crème pâtissière ! On ne les trouve pas partout — c’est l’emplacement local d’une pâtisserie à Kyoto.

Regardez Mitsukoshi de plus proche qu’avant. Ils font la publicité des marques Chanel et Goyard :

Dans la rue, toujours à Ginza, se trouve une boutique de Vacheron Constantin, l’horloger suisse :

La Suisse n’est pas la France, je le sais. Mais regardez les vitrines de plus proche :

Tout est en français — les étalages disent « Sud, plein Sud », « L’Essence de l’Orient » et « Les Grands Vents de l’Ouest ». Ce ne sont pas traduits en japonais, car le français est prestigieux.

Peut-être que vous ne me croyez pas : « Mais Justin, c’est juste la campagne du moment. » Descendons au sous-sol de Mitsukoshi. C’est grosso modo un supermarché, comme le sous-sol du Gourmet chez Galeries Lafayette Haussmann. Je vous rassure que tout ce qui suit est 100 % réel ; afin de vous épargner de magnifier les images, des transcriptions suivent.

Première photo : Que désirez-vous ? Vous pouvez en choisir un, pour le manger ce soir ? Voilà mademoiselle, c’est le meilleur. Il est magnifique.

Deuxième photo : Bonjour, monsieur. J’ai goûté un vin de Loire que vous m’avez proposé l’autre jour, il était excellent ! Aujourd’hui, je voudrais un vin riche et puissant. J’ai ce qu’il vous faut !

Troisième photo : Voulez-vous le goûter ? Oui, merci. C’est doux et très bon !

Et ailleurs, sur les fromages, se trouve ce panneau. Je ne pouvais pas prendre les fromages individuels en photo, car j’ai attiré l’attention d’une vendeuse, mais il y avait de la mimoretto sur l’étagère — ou comme on dit en Normandie, de la mimolette.

L'ardoise au-dessus des fromages dit : « Je préfère plus salé. Ça me plaît bien, ce goût. C'est délicieux. » Puis, il y a une liste : « Boutargue, canette rôtie, haricots cuits, pâtes ».

Il n’y a qu’une ardoise dans tout l’étage avec de telles expressions qui n’est pas en français. Elle se trouve en haut d’un étalage de plats préparés :

Ça dit en espagnol : « ¡ Hola ! ¿ Cómo está ? Estoy bien, gracias. » (Allo. Comment allez-vous ? Je vais bien, merci.) Puis en anglais : "Are you hungry? I'm starving. Is there a house specialty?" (Avez-vous faim ? Je meurs de faim. Y a-t-il une spécialité de la maison ?)

Puisque nous sommes chez Mitsukoshi, je dois faire un aparté sur un phénomène japonais — les fruits hyper-ultra-chers. On ne paye pas ces prix pour des fruits typiques. Mais les japonais sont ob-sé-dés par des objets « parfaits », et ils sont prêts à payer des sommes de folie pour des fruits sans fautes. Voici des exemples avec les prix comme légendes :

Ailleurs dans le supermarché de Mitsukoshi, on trouve de nombreuses marques japonaises qui ont pris des noms français et offrent des produits de façon française, si à la japonaise. J’avais deux personnes avec moi qui en avaient déjà eu marre de toutes mes photos, alors je n’ai pu prendre qu’un comptoir en photos, mais vous aurez l’idée. Cette marque, « Galette au Beurre » est fière d’afficher ses liens avec les produits d’Isigny-Sainte-Mère :

Très proche de Mitsukoshi, toujours à Ginza, on a peint les couleurs du drapeau français sur des conduits de climatisation, avec la légende « Aux Amis » :

Retournons à Shimbashi-eki, la Gare de Shimbashi. Là, vous trouverez cette boulangerie, Délifrance, avec ses panneaux qui évoquent la France, même si les petits pains en forme d’oiseau ne sont pas exactement ce qui se trouve là-bas :

N’oubliez pas que c’était dans cette même gare que nous sommes passés par chez Paul !

À la Gare de Komagome se trouve une pâtisserie très française. Malheureusement, j’ai oublié de prendre la pancarte en photo et n’ai pas de nom. Mais vous pouvez voir un choix de 5 parfums de madeleines, ainsi que de nombreuses coupes de sorbets. On a goûté une madeleine au chocolat — je vous dirai que ce n’était pas exactement comme les miennes, mais pas mal.

Vitrine d'une pâtisserie dans la gare. En premier plan, il y a 5 parfums de madeleine : nature, matcha, chocolat, orange et fraise. Pas sûr des parfums des sorbets à gauche, où de l'identité des pâtisseries emballées à droite.

Dans le même quartier, très proche du jardin de Rikugien, se trouve un resto français, Le Lutin (lien en japonais). J’ai franchement très peu d’idées de ce qui dit l’affiche dans sa vitrine, mais il y a une liste de noms en français et japonais sous la date septembre 1989 — L’Aubergade, Le crocodile, Michel Guérard, etc. — et je peux vous dire que le chef s’appelle Takashi ISOGAI (ce qui apparaît en haut de la page avec la liste). Peut-être qu’il s’agit de son CV.

On a dîné un soir au resto de l’hôtel Villa Fontaine. La carte est plutôt « générique asiatique et américain » — poulet tandoori, porc d’Okinawa, burgers, etc. :

Mais en dessert ?

Capture d'écran d'un dessert avec la légende : « Dessert du jour : chiboust à l'orange de Setoka »

À vrai dire, je ne suis même pas sûr de quel est ce « chiboust à l’orange de Setoka ». Il semble être une sorte de biscuit avec une couche de crème (chiboust ? Peut-être), et une couche de sucre caramélisé. Ce qui compte, c’est que le resto cherchait un dessert français pour la carte.

Dans la Gare de Kyoto, en plus de la pâtisserie Grandir, on a trouvé cette pâtisserie, spécialiste en cheesecakes, qui s’appelle « Frais Frais Bon » (lien en japonais). Le nom est écrit en caractères katakana pour les japonais dans les points sur les « i » et sous le point d’exclamation :

Dans une grande surface à Tokyo, Lumine (lien en japonais et anglais), on trouve des douzaines de boutiques de marques différentes. On était là le dernier jour pour chercher un cadeau pour ma mère. On ne l’a pas trouvé dans cette boutique, mais encore une fois, les japonais choisissent un nom français pour avoir l’air chic :

L'enseigne dit « Deuxième Classe »

À Akihabara, nous sommes passés par cette boulangerie, anciennement bien-aimée de moi quand c’était à South Coast Plaza avec un menu plus authentiquement français, Vie de France. C’est en fait une chaîne fondée sur la Côte Est des États-Unis, mais achetée en 1991 par Yamazaki, une grande société de boulangeries au Japon — tout s’explique sur son site américain. Dans les vitrines, encore une fois on voit que la gamme est très loin de ce qui se trouve en France :

Et pour finir, quelques choses que j’ai gardées du magasin 7-Eleven à l’aéroport — car elles montrent une forte influence française. À gauche, oui c’est un Mont Blanc, et le paquet à droite dit « custard cream puff » en anglais — choux à la crème — mais en japonais, ça dit clairement shyū, certainement un effort d’écrire « choux ».

J’espère que ce tour du Japon à la française vous aura convaincu — le Japon vous aime !

Saison 5, Épisode 14 — Au revoir, le Japon

Cette semaine, c’est enfin un pas vers la normalité. Je vous ai promis un cadeau à la fin des histoires japonaises — ça arrive demain. Puis, il y aura le retour de Langue de Molière, et après ça, une recette de Péla. Mais après ça, il y aura une histoire des retombées de nos vacances.

J’ai tenté de faire une recette japonaise ce week-end ; on pouvait manger les résultats, mais ils n’étaient pas à la hauteur de mes attentes pour une publication. Il y aura plus d’expériences. Mais je dois vous raconter le truc le plus ridicule. Mon thermomètre est mort à cause de cette recette. Il y a un mois, il avait déjà commencé à avoir des problèmes. Mais cette fois, le fil qui reliait la sonde à l’écran est tombé dans de l’huile chaude. Je l’ai vu se faire frire, et avec ça, le truc ne s’allume plus.

J’ai eu un moment très inconfortable dimanche à cause du groupe WhatsApp lié aux soirées mecs de l’OCA. Il n’a pas d’événement prévu jusqu’au 23, mais à cause de la Coupe du monde, tout le monde restait actif. Et le sujet du moment était la nouvelle sur Monsieur Balogun et son carton rouge. Disons que je ne suis pas le seul américain du groupe, car il y a quelques maris de françaises, mais je suis certainement le seul prêt à défendre ce qui s’est passé, car à mon avis — et celui d’Andy Davies (lien en anglais), ancien arbitre du championnat d’Angleterre — le contact n’a pas mérité le carton, et en plus (selon M. Davies), l’utilisation d’un clip ralenti pour prendre la décision était contre les règles. Mais à vrai dire, la discussion n’a eu rien à voir avec le carton en soi. Il s’agissait du président américain. Je me suis tu, mais disons que j’étais mécontent de me trouver dans une telle conversation pour les mêmes raisons que je préfère ne pas exprimer d’avis sur la politique française — mais cette fois, ce n’était pas moi l’invité.

Juste à temps pour le pire anniversaire de ma vie, le 50e, Indochine sortira un film de l’Arena Tour, et il y aura 3 concerts à Paris les 26, 27 et 28 novembre. Je sais ce que vous pensez. Cependant, le 26 est Thanksgiving et cette année, La Fille sera chez moi. Ça n’arrivera pas.

Je suis sûr que vous avez tous entendu parler des mésaventures de Lidl quant aux climatiseurs. Profitez donc de cette parodie de Martine vu dans un groupe privé sur Facebook :

Ça dit « Martine à Lidl », et l'image est d'une émeute où Martine lutte contre une femme adulte pour un climatiseur mobile.

Studiocanal est au centre d’un beau scandale mondial, car beaucoup de films de chez eux seront bientôt supprimés des médiathèques des pauvre cons qui ont fait confiance à Sony que le mot « acheter » voulait dire « appartenir ». Tout le monde se moque de moi pour ne pas utiliser de streaming. Mais le 1er septembre, j’aurai toujours tous les films Studiocanal de ma collection dont La Grande Vadrouille, La Cité de la peur et L’Aile ou la cuisse.

La Fille m’a convaincu à télécharger une appli, Pikmin Bloom, pour que nous marchions plus ensemble. Moi voilà dans l’appli (je n’ai pas changé mon « Mii » depuis 10 ans déjà ; je sais qu’il ne me resemble plus, surtout à cause des lunettes) :

C'est un peu moi, avec plus de cheveux blonds qu'au présent, des lunettes rectangulaires, une veste noir, une chemise blanche et un jean bleu.

Notre blague traite d’un concessionnaire automobile. Nos articles sont :

Il n’y a pas de Bonnes Nouvelles cette semaine. Les gros-titres sont Traductions et Première Fois.

Sur le blog, il y a aussi La cuisine japonaise, sur les plats goûtés en vacances, C’est le 1er, version juillet 2026, ma revue mensuelle de mes blogs préférés, Les achats des vacances, sur les souvenirs achetés pendant le voyage et Mes plaintes, édition soleil levant, la traditionnelle liste de plaintes après chaque voyage.

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Dimanche avec un bon

On reprend maintenant « Le Côté de Guermantes ». Cette fois, j’ai avancé de 30 pages.

Quand nous avions quitté le livre la dernière fois, la grand-mère du narrateur était en train de mourir. Les Guermantes ont insisté sur faire un appel à un certain docteur Dieulafoy, qui arrive maintenant :

 Le docteur Dieulafoy a pu en effet être un grand médecin, un professeur merveilleux ; à ces rôles divers où il excella, il en joignait un autre… qui était de venir constater l’agonie ou la mort.

Il excelle surtout à reconnaître l’évident :

Après avoir regardé ma grand’mère sans la fatiguer, et avec un excès de réserve qui était une politesse au médecin traitant, il dit à voix basse quelques mots à mon père… Mais déjà celui-ci avait détourné la tête, ne voulant pas importuner, et sortit de la plus belle façon du monde, en prenant simplement le cachet qu’on lui remit.

Finalement, après des douzaines de pages, la grand-mère n’est plus :

Françoise ne put résister à cette vue et éclata en sanglots. Me rappelant ce que le médecin avait dit, je voulus la faire sortir de la chambre. À ce moment, ma grand’mère ouvrit les yeux… Ma grand’mère était morte.

On passe maintenant au deuxième chapitre, intitulé ainsi :

CHAPITRE DEUXIÈME

VISITE D’ALBERTINE. PERSPECTIVE D’UN RICHE MARIAGE POUR QUELQUES AMIS DE SAINT-LOUP. L’ESPRIT DES GUERMANTES DEVANT LA PRINCESSE DE PARME. ÉTRANGE VISITE À M. DE CHARLUS. JE COMPRENDS DE MOINS EN MOINS SON CARACTÈRE. LES SOULIERS ROUGES DE LA DUCHESSE.

Le narrateur décide de rendre visite encore une fois à Mme de Villeparisis :

je comptais ce soir même aller entendre une petite pièce qu’on jouait chez Mme de Villeparisis. 

Un détail qui parle de l’époque :

Depuis le matin on avait allumé le nouveau calorifère à eau.

Êtes-vous prêts pour une surprise ?

Il me pesait d’autant plus d’être seul ce dimanche-là que j’avais fait porter le matin une lettre à Mlle de Stermaria. 

Quoi ? Il avait quitté Balbec il y a un tome sans jamais lui parler ! Mais la raison est assez surprenante :

Robert de Saint-Loup, que sa mère avait réussi à faire rompre, après de douloureuses tentatives avortées, avec sa maîtresse, et qui depuis ce moment avait été envoyé au Maroc pour oublier celle qu’il n’aimait déjà plus depuis quelque temps… il avait rencontré à Tanger Mlle ou plutôt Mme de Stermaria, car elle avait divorcé après trois mois de mariage. Et Robert se souvenant de ce que je lui avais dit à Balbec avait demandé de ma part un rendez-vous à la jeune femme.

J’imagine que dans les coulisses, elle a dû faire quelque chose d’horrible à Saint-Loup pour mériter cette punition. Mais je ne comprends pas bien Saint-Loup, car :

La rupture de Saint-Loup avec Rachel lui était très vite devenue moins douloureuse, grâce au plaisir apaisant que lui apportaient les incessantes demandes d’argent de son amie.

Hein ? Le narrateur explique, mais je ne le trouve guère éclaircissant, que :

Aussi chaque demande est-elle accueillie avec la joie que produit une accalmie dans la souffrance du jaloux, et suivie immédiatement d’envois d’argent, car on veut qu’elle ne manque de rien, sauf d’amants…

Ça dit, ce n’est pas Mme de Stermaria qui rend visite au narrateur :

Tout d’un coup, sans que j’eusse entendu sonner, Françoise vint ouvrir la porte, introduisant Albertine qui entra souriante, silencieuse, replète, contenant dans la plénitude de son corps, préparés pour que je continuasse à les vivre, venus vers moi, les jours passés dans ce Balbec où je n’étais jamais retourné.

Notre génie des relations amoureuses nous dit que :

Certes, il est plus raisonnable de sacrifier sa vie aux femmes qu’aux timbres-poste, aux vieilles tabatières, même aux tableaux et aux statues. Seulement l’exemple des autres collections devrait nous avertir de changer, de n’avoir pas une seule femme, mais beaucoup. 

Les vieilles habitudes d’instrumentaliser les autres reviennent vite :

Voulant et n’osant m’assurer si maintenant elle se laisserait embrasser, chaque fois qu’elle se levait pour partir, je lui demandais de rester encore… Certes je n’aimais nullement Albertine… il me faisait rêver à la fois de mêler à ma chair une matière différente et chaude, et d’attacher par quelque point à mon corps étendu un corps divergent…

Mais après une intrusion de Françoise, on entend :

Quand Françoise fut sortie de la chambre et Albertine rassise sur mon lit :

— Savez-vous ce dont j’ai peur, lui dis-je, c’est que si nous continuons comme cela, je ne puisse pas m’empêcher de vous embrasser.

— Ce serait un beau malheur.

Ah oui, est-ce que ça arrive enfin ?

— Si vraiment vous permettez que je vous embrasse, j’aimerais mieux remettre cela à plus tard et bien choisir mon moment. Seulement il ne faudrait pas que vous oubliiez alors que vous m’avez permis. Il me faut un « bon pour un baiser ».

C’est une façon de dire que « non ».

La porte fermée

Au passé, j’ai parlé de ma curiosité sur une autre vie, celle où j’ai appris le français au lycée au lieu de l’espagnol. En fait, ce n’était pas le seul tel rêve. À la fac, j’ai dû apprendre une langue asiatique en tant que linguiste, et le japonais a été le choix évident. En partie à cause d’une certaine Dana (qui n’était pas japonaise elle-même), en partie à cause de mes passions pour les jeux vidéo et l’anime — et en partie, pour une autre raison souvent méprisée.

En 2022, je vous ai parlé d’un t-shirt, un souvenir de mon premier cours de japonais, avec 10 raisons pour le suivre, dont :

Numéro 8 : « Nihonjin no kanojo ga dekiru » — « Être capable d’avoir une copine japonaise ». Aux États-Unis, tout le monde croit que c’est la seule et unique raison pour laquelle un homme étudie le japonais. Je dirais deux choses : 1) Ce cours est arrivé 3 ans après le lycée, où j’ai demandé de sortir deux fois avec la mémé japonaise sans succès. C’était donc trop tard. 2) Vu qu’il y a presque 2 fois plus de japonais que de français (124 M versus 68 M), si c’est vrai, je suis bien incapable de compter.

Parlons en japonais

En fait, j’ai minimisé le mépris lié à cette raison. Pour autant que je sache après des recherches, il n’y a pas de page sur Wikipédia en français avec un article équivalent. En anglais, on a tout un vocabulaire pour mépriser un homme s’il apprend n’importe quelle langue asiatique : « yellow fever », littéralement, fièvre jaune, considéré une fétiche (lien en anglais) ; « weeaboo » ou « wapanese », des mots particulièrement pour un homme blanc si on le juge trop intéressé au Japon en particulier ; même « egg », littéralement, œuf — blanc à l’extérieur, jaune à l’intérieur.

Ça dit, Mireille Dumas en était bien au courant en 1989, et l’INA est revenu sur le sujet en 2023. L’interview est professionnelle, mais… disons que M. Jarry montre toutes les qualités (ou défauts, selon votre point de vue) de cette personnalité :

Je suppose que j’ai avoué une certaine culpabilité avec ma bibliothèque de musique, mais je nie absolument tout ressemblance à ce type, même à la fac.

J’ai une grande faiblesse pour la culture, pour de nombreuses raisons. Si je suis grand fan auto-proclamé du vouvoiement, que penser d’une culture où tout le monde s’incline en remerciant les autres, ou bien en entrant dans la voiture d’un train ? Que penser d’un pays qui utilise mes jeux préférés comme des pubs pour visiter ses propres régions, comme ça :

Si c’est vrai que je n’aime pas une belle partie de la cuisine japonaise — notamment tous les trucs fermentés, le natto et les tsukemono — ben, c’est également le cas que je n’aime pas la choucroute. Pourtant, vous avez vu au fil du voyage que je n’ai pas hésité à goûter des choses nouvelles pour moi, et que je les ai aimées. Il aurait été très facile pour moi d’adopter cette culture-là de même façon que sur ce blog.

Or, il y a longtemps, j’ai fait un choix exprès de ne pas la poursuivre, et c’est parce que je suis arrivé à croire qu’il y aurait toujours des limites au point où je serais accepté, et pire, que je ne comprendrais vraiment jamais quand on n’était pas honnête avec moi, de peur de donner offense. Je vous ai donné un peu de l’histoire de cette fille au lycée, mais ce que je n’ai pas dit, c’est que bien qu’elle soit l’une des deux personnes les plus brillantes que j’ai connues, et peut-être encore plus naïve que moi, elle m’a donné l’excuse la plus stupide que j’aie jamais entendue de la vie. Au début, je croyais que c’était simplement qu’elle m’a pris pour un con (pas sans raison). Cependant, au fil des années, je suis arrivé à reconnaître que les rejets des japonaises n’étaient pas comme les autres. Ce n’est pas une réflexion originale à moi, mais c’est vraiment difficile de dire simplement « non » dans cette culture. Pour être bien clair, je parle strictement de laisser de faux espoirs. Mais ça apporte son propre genre de malentendus.

Alors, après un certain temps, j’ai décidé qu’il me fallait quitter cette culture, et fermer la porte à clé. J’ai abandonné l’anime tout court un ou deux ans après la naissance de La Fille, j’ai laissé tomber mes connaissances de la langue bien que le japonais soit le sujet de mon mémoire de master, et j’ai limité les jeux vidéos pour moi-même aux classiques du passé, même avant les problèmes de mes mains à tenir des manettes. Ce n’est pas par hasard que j’ai joué à Final Fantasy V en français, au lieu de Final Fantasy XVI.

Je ne comptais pas sur revoir le Japon — cette année marque 30 ans depuis mon autre visite. Cependant, La Fille voulait le voir, et je n’ai jamais oublié ce que j’aimais. Je n’ai jamais jeté mes collections de musique ou de cassettes VHS non plus (même si je n’ai plus de magnétoscope). J’étais bien choqué par quel point je me suis senti à la maison pendant ce voyage, entouré par des affiches où la compagnie ferroviaire fait le lien avec Détective Conan, une série que j’aimais tellement :

Affiche qui annonce une promotion de Japan Rail, utilisant les personnages de la série Détective Conan

Depuis notre retour, je trouve que c’est encore une fois difficile à lâcher prise. Je continue toujours avec Duolingo en japonais, même si ça ne sert à rien, et je viens d’acheter les ingrédients pour l’une des recettes du voyage que je veux tester. C’est une affaire amoureuse qui ne m’a jamais apporté que des chagrins ; pourtant, j’ai encore du mal à la quitter.

Mes plaintes, édition soleil levant

Je sais qu’à la fin de chacune de mes vacances, ce à quoi vous vous attendiez le plus, c’est que je râle. Mais la plus vieille partie de cette tradition, c’est que je râle sur la France. Et vu que je viens de passer une semaine entière dans un pays où les traditions datent d’un millénaire, même plus, il faut respecter les traditions, non ?

C'est l'entrée au hall où les passeports sont contrôlés à Los Angeles -- le panneau sur la porte dit « Bienvenue aux États-Unis d'Amérique ».
Le retour malheureux

Commençons donc avec ce que l’on appelle « l’éléphant dans la pièce » en anglais, la question de la langue. J’ai étudié le japonais pendant 2 années — il y a 30 ans. Et franchement, j’ai réussi toutes mes leçons de Duolingo en juin avec des scores de 98 %, non parce que je suis un génie, mais parce que j’ai raté l’examen au début, et l’appli m’a mis dans une unité trop facile en conséquence. Je connaissais déjà tout ce que j’ai fait avec Duolingo avant le voyage. Pourtant

Savez-vous où je vais ?

Je suis arrivé au Japon avec un niveau tellement pire que mon premier voyage en France, un niveau qui aurait faire pleurer ma chère Miyake-sensei à la fac… mais avec seulement deux ou trois exceptions, les japonais ont vraiment apprécié mes efforts, même s’attendant à un niveau que, franchement, je n’ai jamais possédé de la vie. Partout où je suis allé, je commençais les conversations avec un « Ohayō gozaimasu » (bonjour avant environ 11h), « Konnichi wa » (bonjour jusqu’au coucher du soleil) ou « Konban wa » (bonsoir), je m’inclinais, et ça suffirait pour que la conversation se déroule presque entièrement en japonais. Parfois, j’ajoutais même un « Sumimasen, sukoshi nihongo ga dekimasu, ne » (Désolé, je ne parle qu’un peu le japonais ») et ça provoquait presqu’un sens de gratitude, suivi par des inondations de japonais à un niveau qui dépassait mes compétences. J’étais, comme on dit en anglais, « aussi content qu’une palourde » (veuillez ne pas me demander pourquoi, je n’ai aucune idée — mais c’est une bonne chose).

Que les Français fassent attention à cet exemple !

Cependant, je suis bien au courant que ça vient d’un fond de… comment dire ça… pas racisme, exactement, mais d’attentes si basses que même un koi pourrait les dépasser. Pendant le mois dernier, plus mon compte Insta a reconnu que je cherchais des contenus japonais, plus j’ai vu des clips amers tournés par des Américains d’origine asiatique pour se plaindre qu’en Asie (non seulement au Japon), les locaux flagornaient les blancs qui montraient la moindre compétence en japonais ou en chinois, alors qu’ils pouvaient connaître tres bien les langues et étaient quand même méprisés pour ne pas avoir un niveau natif. C’est-à-dire que cette appréciation est un peu de tricherie de ma part, car j’ai l’air étranger.

Peut-être que c’est un peu mon problème en France ?

Je ne veux pas du tout suggérer que c’était insincère. Il y a eu un moment presque touchant à Kyoto, dans le parc Uzumasa, quand j’ai fait mes excuses pour mon niveau et la femme qui prenait ma commande m’a répondu « Eigo ga dekimasen » (Je ne parle pas anglais). Il n’y avait que très peu de touristes non-japonais dans le parc — c’est vraiment pour les autochtones — et je suis certain qu’elle était vraiment reconnaissant. J’étais sûr d’ajouter « Oishii deshita, arigatō gozaimashita » en partant, « C’était délicieux, merci tellement », et je sais que c’était apprécié.

Ça nous amène à l’autre problème de langue. J’entends souvent des Français, « Bah, notre niveau en anglais, c’est gênant. » Pourtant, même aux stations-service en Normandie, presque tout le monde pouvait changer en anglais dès qu’ils ont entendu mon accent. Au Japon, le niveau d’anglais est tellement pire qu’en France. Même à Tokyo, c’était souvent le cas que le personnel aux grandes surfaces et aux restos ne connaissait que quelques mots. Naturellement, mon père, comment a-t-il réagi ? En « anglaissant » plus lentement et plus fort aux pauvres (La Fille et moi avons fini par adopter le mot « English » comme verbe). Encore pire, il insistait sur utiliser des mots certainement inconnus. Aux États-Unis, si vous buvez soit du café soit du thé dans un resto, il y aura au moins 3, souvent 4 ou 5, couleurs de petits paquets sur la table, chacune avec un genre différent d’édulcorant artificiel (ainsi que du sucre). En anglais, ceux qui ne sont pas de sucre se disent « sweetener ». Et il ne prend jamais du sucre, alors il utilisait ce mot avec tout le monde — je vous promets, personne ne l’a jamais compris.

Il y avait pire. L’une des choses que je déteste le plus en Europe, c’est les lecteurs de cartes de crédit apportés à la table. Dans un pays comme le mien où on ajoute un pourboire, c’est inacceptable que le serveur reste debout et vous regarde en train de le calculer. Ici, le serveur apporte l’addition à la table, et si vous payez par carte, il l’apporte à la caisse et revient avec un ticket que vous signez en ajoutant le pourboire, avec un stylo, sans le serveur. Au moins, c’était comment on faisait avant d’adopter le système européen partout ces 5 dernières années. Je mentionne tout ça car au Japon, en fait vous êtes censé aller à la caisse après avoir lu l’addition, puis le caissier l’entre dans le lecteur, où vous vous occupez de la transaction. Ils ne veulent pas toucher à votre carte.

Mon père insistait encore et encore sur donner la carte aux serveurs, ce qui les rendait visiblement inconfortables. Après plusieurs fois, je lui ai dit, « Arrête de faire ça, c’est bien évidemment pas comment on fait dans ce pays. » Sa réponse ? « C’est comment on fait dans mon pays. »

Je n’en peux plus de ça. Je ne devrais pas partager cette anecdote, je le sais, mais c’était l’expression de tout ce qui énerve le monde entier quant aux Américains. Avez-vous remarqué que j’apprends la langue de chaque pays que je visite, sauf l’Italie ? Ce n’est pas par hasard — on dit en anglais, « Quand on est à Rome, il faut faire comme les Romains. » On sait mieux que notre réputation. Après un certain point, je dois croire que c’est pour me montrer qu’il ne va jamais me laisser mener les choses.

J’ai une petite plainte qu’il faut avoir des billets pour utiliser des cartes. Partout, on n’accepte pas de cartes bancaires, juste des billets ou — de préférence — des « cartes IC ». Une carte IC s’utilise exactement comme une carte bancaire, mais il faut l’acheter uniquement avec des billets. Je n’avais apporté aucun billet, car j’avais entendu parler que l’on utilisait des cartes partout. Comme Humphrey Bogart dans le film Casablanca, j’ai été mal informé.

Vous avez sûrement remarqué que mes plaintes cette fois ne sont guère sur les japonais eux-mêmes. Ce n’est pas par hasard. Demain, il y aura un dernier billet avec mes réflexions sur la grande tristesse derrière ce voyage. Puis, j’ai un cadeau pour vous tous, et après ça, on quittera enfin le Japon.

Les achats des vacances

Comme chaque fois où je pars en vacances, je suis arrivé au Japon avec quelques buts, mais seulement une idée claire de ce que je voulais ramener à la maison. Et il s’est avéré que cette fois, j’ai échoué mon rêve — juste pour finir par le réussir après le retour ! On en parlera la semaine prochaine dans un billet inattendu.

Alors, si en France, je savais que je devais trouver du nougat de Montélimar (mais pas qu’il deviendrait une obsession), je savais qu’au Japon, je voulais découvrir les bonbons locaux. Je savais que je voulais acheter quelque chose d’artisanal, un objet pour le quotidien, sans savoir vraiment quoi. Et bien sûr, il devait y avoir un aimant, car il y a toujours un aimant (j’ai une petite Tour Eiffel, des détails de la Tapisserie de Bayeux, le Musée de la Mafia, etc.).

Comment je m’en suis sorti ?

Le premier jour, pendant notre visite chez Mitsukoshi, il y avait un étage plein d’objets bien japonais — des bols à riz, des boîtes urushi, et bien sûr, des hashi, ou comme vous dites, des baguettes. J’ai fini par dépenser environ 15 $ pour cette paire ; j’aurais facilement pu en dépenser 200 :

Voici une meilleure vue des poignées :

J’aurais tellement aimé vous montrer cet étage-là, mais les photos étaient interdites.

Chez Nintendo, La Fille voulait cette poupée de son personnage préféré de la série Pikmin, le chien Otchin :

Ce que j’aurais vraiment aimé, c’était un t-shirt de Metroid. J’ai fini avec ce t-shirt de Nintendo :

(C’est toute la décoration, même s’il reste dans la boîte.)

Mais ce bac à glaçons produit des Metroids !

Voici une vue de plus proche :

Le dos du carton promet qu’avec un peu de colorant rouge et bleu, on peut produire de vrais Metroids, mais ça prendra bien un jour et demi, car il faut d’abord mettre juste un peu d’eau rouge au fond, puis plus d’eau bleue une fois que la rouge est congelée.

Chez le Kirby Café, j’achète un CD de la musique qui y jouait :

Et chez Tower Records, j’ai acheté un disque des 30 premières années de Zelda :

Hélas, Tower n’a pas eu ce dont je voulais vraiment.

Et l’aimant, acheté au Musée national :

Mais les bonbons, c’était la partie la plus intéressante. Au Japon, les KitKat sont une obsession. Il y a une vingtaine de parfums. On en a acheté deux, au cheesecake aux myrtilles et à la pêche :

Les KitKats étaient les seules choses achetées à l’aéroport. Mais maintenant, je veux vous donner une vraie idée du terminal international !

L’un des premiers magasins que l’on a trouvés, c’était plein de souvenirs japonais. Cet étalage dit « Jouets japonais » — et c’est plein de Gundam et de Pokémon :

Ailleurs, il y a des maillots de foot d’après l’équipe japonaise. Vivement que ce concours quitte les États-Unis — les embouteillages vers LA sont encore pires que d’hab !

Je ne veux pas entendre « Faut pas porter un kimono si l’on n’est pas japonais », car ils sont heureux de les vendre aux touristes. Cependant, remarquez combien de pancartes disent « fabriqués en Chine/au Myanmar » :

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Aimez-vous les coquilles Saint-Jacques ? Séchées ? Voici l’étagère en haut !

Très proche, il y avait une boutique d’une marque de perles, Tasaki, concurrent de Mikimoto. Ces deux bijoux coûtent environ 25 000 € chacun (les étiquettes sont en bas à droite). J’ai failli vous raconter une histoire horrible sur mon ex et des perles de Mikimoto pour le Jour de la Catastrophe. C’était si horrible que vous diriez que je dois être un sale menteur. Mais La Fille lit parfois ce blog.

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Il y avait aussi des pâtisseries à l’européenne dans ce magasin, des gâteaux roulés et langues de chat — au matcha :

Dans un autre magasin, plus d’une épicerie, on a trouvé un étalage énorme de KitKats :

Il y a de tels parfums que wasabi et matcha :

Un panneau proclame « Marque de chocolat #1 au Japon ! » et il a raison :

Vous ne le saviez pas, mais vous voulez un sac Pilachu (personnage emblématique de Pokémon) pour cet achat :

Ce magasin a aussi une collection de porte-clés et d’aimants. Je m’en suis mieux sorti au musée :

Il y a une décennie, La Fille a acheté un maneki-neko, un chat chanceux, chez Mitsukoshi à Disney World en Floride. Le sien ne bougeait pas. Ceux-ci, oui :

Les boissons portent aussi des dessins de Pokémon :

J’ai vu cette pub pour une liqueur que je n’avais pas goûté, choya, à base d’un fruit dit ume (abricot japonais). Ça m’intrigue :

La pub promet qu’un verre de choya a le même effet que manger un ume. Pas sûr.

Dans un magasin « hors taxes » (mais à prix élevés !), on trouve des gâteaux et des bonbons intéressants. Une gamme dit « Tokyo Banana » offre des gâteaux fourrés de crème avec une variété de parfums : banane, bien sûr, mais au chocolat, au rhum et raisin sec, au miel, etc. Ceux-ci sont décorés avec Rilakkuma (un ours) et Doraemon :

Des amandes au chocolat au goût de matcha sont là :

Quelque chose qui m’étonne — n’importe qui peut atteindre le tabac, même s’il faut avoir 16 ans pour l’acheter. Essayez ça en Californie !

Le cognac Louis XIII s’y vend, dont en bouteilles de 10 ml pour 50 000 ¥ (270 €) :

Mon seul regret dans ce magasin, c’est que mon Scotch préféré est Glenomrangie, et il y avait une version limitée au Japon, « Un Conte de Tokyo ». À environ 81 $, le prix n’est même pas pire qu’aux États-Unis. Je n’en bois qu’une ou deux fois par an, alors impossible à justifier. Mais il y avait une larme :

Les distributeurs au Japon sont comme nulle part ailleurs. Au dernier rang de celui-ci, il y a un boisson au chocolat froide, Georgia Ice Cocoa. Disons que j’ai déjà fait de nombreuses enquêtes, mais personne ne l’importe aux États-Unis :

Voici un autre magasin avec de vrais kimonos locaux — tout là est garanti fabriqué au Japon :

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On finira dans une épicerie 7-11, une marque américaine encore plus réussie au Japon qu’aux États-Unis, au point où la société américaine est désormais la filiale, pas l’autre sens.

Les biscuits Pocky se trouvent chez moi, mais pas ces cartons géants à 5 parfums !

Plus de biscuits en forme de Pokémon, les personnages Pikachu et Évoli

Il y a une gamme de chocolats en forme de champignons, au goût de matcha :

Les coquilles Saint-Jacques séchées sont là :

Je ne sais pas pourquoi on achèterait du café moulu juste avant de voler, mais je suppose si ces marques vont vous manquer :

La marque de chocolat qui va nous manquer s’appelle « Crunky ». L’anglais sur les cartons est horriblesnacky n’est pas un mot — mais le chocolat est très bon :

7-11 a sa propre version du chocolat froid :

Souvenez-vous du sandwich aux œufs que j’ai détesté chez Mitsukoshi ? C’est là à emporter :

Il y a toute une gamme de pâtisseries japonaises :

Parmi les plus intéressantes, de petits pains à la sauce soja :

Et des baumkuchen, une pâtisserie allemande très bien aimée au Japon :

J’ai failli acheter ces bâtonnets de poisson au goût de crabe juste pour dire que je l’ai fait dans un 7-11 — il n’y a rien comme ça dans les nôtres !

Il y a toute une étagère consacrée aux produits au goût de matcha :

Et peut-être que ça m’amuse que moi, mais ce chocolat produits en partenariat avec la chaîne de glaceries américaines Baskin-Robbins me tuepourquoi ne peut-on pas avoir pareil ?

Vous pouvez le voir — j’aurais ramené le pays entier dans mon sac à cabine si je le pouvais !

Bannière qui dit « C'est le 1er » avec des dessins de 3 desserts : bûche de Noël, religieuse, macaron à la framboise

C’est le 1er, version juillet 2026

Je continue de copier Light & Smell avec des listes de mes articles préférés au premier du mois. Ça vient d’Allez vous faire lire, mais je ne suis pas exactement ses règles.

J’essaie d’éviter les billets sur la canicule ici. Ce n’est pas à dire que je ne la prends pas au sérieux, mais si on commence déjà avec ça, que ferai-je pour le billet de août ?

Bannière qui dit « C'est le 1er » avec des dessins de 3 desserts : bûche de Noël, religieuse, macaron à la framboise

Nouveaux à moi :

  • Mon p’tit nid, un blog que je suis depuis quelques mois, publie entre 2-4 fois par mois, sur tout genre de sujet, dont les commentaires loufoques au-dessous des recettes sur Internet, la malchance, et ses avis impopulaires. Ses billets ont tendance d’être longs et de faire des digressions, mais toujours dans un sens intéressant. Ça vous rappelle quelqu’un ? Oui, si vous aimez ce blog, laissez tout tomber et aller le lire !

Les habituels :

Actif ailleurs :

Mathilde’s little things n’a rien de nouveau.

À encourager :

Rien de nouveau chez Un Esprit Sain Dans Un Corsage, Petits plats entre amis, Les souris de Paris, Bonheur des yeux et du palais, Madame Radio, Maman Lyonnaise, La tête dans le panier, Carnets d’une plume, Manonpatis, Le site du Shifâ’, Thriller Addict , La lectrice en robe jaune, Et si Facebook disparaissait?, Bessie’s Bazaar, L’Atelier du Phoenix, et Bonheurs culinaires. Laissez-leur de gentils commentaires pour les encourager à reprendre !

La cuisine japonaise

J’imagine que certains d’entre vous mourraient de curiosité sur ce que l’on a mangé pendant ce voyage. Surtout puisque pendant notre voyage en France, je vous ai dit que l’on a mangé trop de trucs américains. Et je vous ai dit tout au début que nous sommes passés par chez McDo.

Parlons d’abord des repas à bord l’avion d’ANA, une compagnie aérienne japonaise. On y a mangé le dîner et le petit-déjeuner. Pour le dîner, ils nous a servi du poulet grillé avec du riz blanc, du tofu, et 3 trucs au vinaigre dont je n’ai eu aucune envie.

Dîner dans l'avion -- poulet grillé avec 3 petites boîtes de légumes au vinaigre inconnus

Le petit-déjeuner contenait une leçon :

Curry de bœuf avec un muffin aux myrtilles

Sous les œufs, il y a un curry de bœuf sur un lit de riz blanc. Il y a aussi un muffin sur le plateau, mais il s’est avéré que c’était plutôt typique des japonais.

Tournons maintenant à un sujet que j’ai évité en France il y a 3 ans, le petit-déjeuner quotidien. Pendant oute ma vie, alors probablement avant en plus, mon père a insisté sur manger dans l’hôtel chaque matin. Moi, qui ai abandonné le petit-déjeuner en 2006 à cause de la diabète, je n’ai jamais eu cette attitude même quand je mangeais ce repas, mais en France, c’était particulièrement ridicule, à cause de toutes les excellentes boulangeries et pâtisseries que nous n’avons pas visitées.

Mais au Japon, c’est tout autre chose. On a passé les 4 premières nuits, ainsi que la dernière, chez Villa Fontaine Grand Shiodome. On n’aurait jamais trouvé quelque chose comme ça à prix raisonnable ailleurs. En plus du yakitori (poulet grillé) et les pommes de terre en forme de visage souriant (en haut à gauche) et les pruneaux au vinaigre (en haut à droite), il y avait du curry de bœuf tous les jours, ainsi que des gâteaux roulés :

J’étais bien surpris à trouver ce panneau qui disait que les viennoiseries étaient fabriquées à base de beurre de Charentes-Poitou AOP ! Les pâtisseries elles-mêmes n’étaient même pas au niveau de ce qui vend Carrefour sous son propre nom, mais si vous pensez que je me plaignais, vous n’avez pas remarqué la longue durée depuis mon dernier voyage en France :

Je me suis vite adapté à l’habitude de manger du curry tous les matins — j’adore le curry japonais, très peu à voir avec ce que l’on mange en Inde — ainsi que du tamago, l’omelette japonaise :

À vrai dire, j’adopterais le curry au riz tous les matins avec plaisir, sauf que le riz blanc monte mon taux de glycémie en flèche encore plus que les viennoiseries !

Et si je vous disais que le petit-déjeuner était encore plus impressionnant à l’hôtel DoubleTree à Kyoto ? D’abord, je vous présenterai des choses qui n’ont pas besoin d’explication :

Je soupçonne que les viennoiseries et petits pains de la dernière photo venaient du même fournisseur que ceux de la Villa Fontaine. La baguette était très bonne, au fait.

Il y avait tout genre de trucs au vinaigre ou au tofu que j’ai pu sauter sans difficulté :

Mais il y avait aussi des choses familières faites avec du thé matcha. Il me faudra essayer de copier le cake au matcha, et peut-être les brownies au matcha — meme les mochis au matcha étaient excellents !

Des assiettes de cake au matcha, brownies au matcha, mochis au matcha et des cônes pour la glace

Les cônes ? Oui, il y avait de la glace au matcha !

Petit cône de glace au matcha

Mais le plus grand coup de cœur, c’était une spécialité locale, les onigiris kujo miso. Ce sont des boules de riz blanc, parfois fourrées d’algue, parfois assaisonnées avec du miso. Je doute que j’achète les bons équipements, mais je les ai adorés.

À Shinjuku, on a mangé chez Kakaya, un resto qui ne sert que des nouilles udon — c’est très typique pour les restos japonais de ne servir qu’un genre de plat. J’ai eu un plat dont je refuse de taper le nom, car c’est un mot qui a un sens brutalement pornographique et je ne veux pas apparaître dans les résultats pour ça, même pas par hasard. Mais il y a une photo de la carte ici, où les 3 genres d’udon sont expliqués à droite. Le mien, c’était le dernier des trois. Cette photo est à plus haute résolution pour aider à la lisibilité.

J’ai honte de vous dire que nos deux dîners à Kyoto ont été dans des restos de deux hôtels, avec des menus hyper-américains/européens. La première nuit, j’ai eu du poisson et frites :

Poisson et frites -- l'emballage des frites est en français

Cependant, il faut que je partage le papier pour emballer les frites. Aux États-Unis, ce genre de truc est habituellement imprimé avec des images de vieux journaux britanniques. Ici, c’est autre chose :

Je n’ai pas de photo de l’autre dîner ; j’étais franchement en colère.

Mais juste avant de partir de Kyoto, entre nos visites à Kyoto-Gyoen et la Tour de Kyoto, on a eu un repas spectaculaire, dans un resto avec exactement une chose sur la carte (les choix sont la taille et les boissons). Il s’appelle Gyukatsu Motomura, dans la Gare de Kyoto. Gyulatsu veut dire gyu, bœuf, et katsu, escalope. C’est du bœuf (ici faux-filet ; d’autres restos proposent plus de choix), pané avec un peu d’œuf et de la chapelure panko, frit dans de l’huile neutre jusqu’à mi-saignant. Si vous n’aimez pas cette température, il y a une petite grille sur la table pour le faire cuire plus longtemps. Mais il sortira toujours de la cuisine mi-saignant. Ce sont mes gens. Dans le bol avec le couvercle, il y a de la soupe miso.

Gyukatsu sur une assiette avec du chou blanc râpé, un bol de soupe miso, et un bol de riz blanc
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Si vous ne pouvez pas trouver quelque chose à manger à la Gare de Kyoto, c’est de votre faute — regardez tous ces choix (il y en a 40) !

Liste de restos dans la gare -- 5 rangs de 7 et un rang de 5
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Revenus à Tokyo, j’ai goûté le dashi-chazuke, une sorte de soupe au riz, ici avec des crevettes et un légume inconnu à la tempura. Le bouillon est sert séparément, dans une théière ; vous pouvez ajouter autant que souhaité.

Notre dernier repas « officiel » était chez McDo. J’ai enfin goûté le burger local, un « Samouraï Makku » — c’est au fromage et à la sauce soja, mais une sauce soja forte. Il y a autant de sel dans ce burger que dans les salines de Salins-les-Bains. Je n’ai aucune restriction, mais aucune boisson est assez grande pour aller avec. Vous pouvez voir que le ticket dit « Samurai Mac » en anglais dans la première photo.

À l’aéroport, encore une fois avec 3 heures pour rien faire, La Fille et moi avons quitté mon père pour explorer. Nous avons trouvé un bar à sushis. Il n’y a eu plus de thon, mais ces kappa maki (roulades au concombre) étaient magnifiques. Et tout ça, avec deux thés chauds compris et deux thés glacés, n’a coûté que 14 $. Dans un aéroport ! Je voulais pleurer.

Roulades de concombre avec deux tasses de thé chaud, deux verres de thé glacé

Demain, on aura C’est le 1er, suivi de mes achats avec un compte rendu des merveilles du terminal international à Haneda, puis nos deux colonnes de réflexions, et ce sera enfin la fin des aventures japonaises. Jusqu’à ce que je maîtrise plusieurs recettes pour partager !

Saison 5, Épisode 13 — Au pays du soleil levant

Après deux semaines d’absence, la balado est de retour. J’ai galéré avec quoi faire car tous les posts étaient pleins de photos, ce qui rend des enregistrements très difficile. À la fin, j’ai décidé d’enregistrer un sommaire plutôt qu’utiliser les articles directement. C’est édité à un millimètre de sa vie, mais c’est le truc le plus proche que vous trouverez d’un épisode en direct.

Depuis mon retour, c’est dingue à quel point les pubs que je reçois sur Facebook avons changé :

Je ne suis pas sûr pendant combien de temps ça va durer. Mais ça fait une semaine déjà !

Je vis des symptômes de sevrage aussi sévères qu’après n’importe quel voyage en France. Le lendemain de notre vol, je suis allé chez Mitsuwa (un supermarché) pour chercher nos boissons et bonbons préférés du voyage. Zen-zen. Euh, je veux dire, je n’y ai absolument rien trouvé. Je me suis fait une promesse d’arrêter avec Duolingo en japonais après le voyage. Je suis encore une fois un menteur.

Parlons de l’exemple de Duolingo le plus Justin du mois dernier ? Ceci dit Mainichi, kēki o tabemasu, « Je mange du gâteau tous les jours. » Je vous jure, ce n’est même pas vrai pendant mes semaines de tricherie sana honte après les prises de sang !

Il va falloir que j’arrête de manger du gohan — euh, du riz — avant qu’il ne me tue. Je n’ai pas tant mangé de riz blanc pendant un mois depuis une décennie, je crois. Mais avant de me faire arrêter, il y aura au moins deux recettes qu’il me faudra présenter

En parlant de recettes, j’ai fait quelque chose de Péla ce week-end, mais il attend le retour de La Fille demain ainsi que la fin de mes sommaires pour le publier. Langue de Molière sera de retour la semaine prochaine ; Proust sera de retour dimanche.

Certains d’entre vous savent déjà où j’étais vendredi dernier. L’organisateur des « soirées mecs » de l’OCA a organisé un séance de visionnage du match France-Norvège à un resto français, Crème de la Crêpe. C’est pas mal, mais très cher pour ce que c’est. Je n’ai toujours pas décidé si j’écrirai une critique. La crêpe dans ces photos s’appelait « Marine » — après les fruits de mer, pas l’autre ! — avec des coquilles Saint-Jacques, des champignons, et une sauce au vin blanc.

Quant au match, évidemment tout le monde était heureux car la France a gagné. Au début, quand l’hymne national a été joué, tout le monde autour des tables se sont levés pour chanter avec. J’ai hésité un moment, puis les ai rejoint. Mais à vrai dire, ça fait 12 ans depuis la dernière fois où j’ai regardé un match de FIFA (États-Unis contre Belgique).

Notre blague traite de Saint-Pierre. Plutôt que des articles cette semaine, il y a un court sommaire — sans notes ! — du voyage.

Il n’y a pas de Bonnes Nouvelles ni de gros-titres satiriques cette semaine.

Sur le blog, il y a aussi Chez Kirby, en haut du monde, le récit de notre visite au Kirby Café et la Skytree, À Kyoto avec le Bouddha, notre visite au temple Higashi Hongan-ji, Kyoto, le pays de Mario, notre visite à la boutique Nintendo, Le château de Nijo, notre visite au château nommé, Uzumasa Kyoto Village, le récit d’un studio en activité et Le jardin de Kyoto-Gyoen et la Tour de Kyoto, des visites au palais impérial et à la tour nommée.

Si vous aimez cette balado, abonnez-vous sur AppleGoogle PlayAmazonSpotify, ou encore Deezer. J’apprécie aussi les notes et les avis laissés sur ces sites. Et le saviez-vous ? Vous pouvez laisser des commentaires audio sur Spotify for Podcasters, qui abrite la balado. Bonne écoute !