On continue les Langue de Molière consacrées à la vie quotidienne et ce que l’on n’enseigne pas aux étrangers. Cette fois, nous sommes chez le notaire. Je dois une certaine partie de ce qui suit au calvaire récemment subi par Il Est Quelle Heure pour acheter de l’immobilier. Je m’attends à chercher un appartement pour commencer, ce qui est sa propre façon de vivre dangereusement — j’ai fait une crise cardiaque en regardant les tribulations d’une amie qui devait déménager il y a deux ans — mais si je vais un jour acheter une petite maison décrépite aux Gourdiflots pour faire comme Le Glaude, je ne veux pas me faire avoir plus que nécessaire.
Tout ce que je sais qui ne vient pas d’Il Est Quelle Heure quant à l’immobilier vient de regarder Le Trou normand, avec Bourvil et Bardot, car le personnage joué par Bourvil a dû prendre rendez-vous chez le notaire plusieurs fois. Il me semble que les choses ont changé depuis cette époque. Du moins, je l’espère.
Alors, permettez-moi de citer les parties de son post qui semblent établir le processus d’acheter de l’immobilier :
À savoir que lorsqu’on achète un bien immobilier, il y a deux signatures chez le ou la notaire: cell de l’acte de la promesse de vente et celle de l’acte de la vente… il n’y a pas d’obligation de s’adresser à la même personne pour la seconde signature.
Pour l’achat de mon appartement, parce que ça semblait être « plus simple » de faire comme ça, j’ai pris le même notaire que le vendeur.
Une semaine avant le rendez-vous, le notaire a appelé Père (oui, déjà, pas moi) pour lui dire qu’il me fallait deux témoins pour la signature de la promesse de vente.
Alors, la distribution telle que je la comprends :
- 1 acheteur
- 1 vendeur
- 1-2 notaires
- 2 témoins le côté pour 2 documents ; 4-8 témoins au total entre les 2
Elle n’a mentionné ni de banquier ni de prêt dans l’affaire, mais j’imagine qu’il y en a souvent. Ça dit, ce processus me semble beaucoup trop simple par rapport au nôtre, alors je vais décrire comment on achète de l’immobilier aux États-Unis, et vous pouvez me corriger là où ce n’est pas pareil en France.
Pour commencer, presque tous les acheteurs et les vendeurs embauchent un agent immobilier, dit « realtor » en anglais. Cette personne est obligée de vous mentir sur tout selon son code déontologique, un document qui dit que les realtors ne savent rien et ne sont donc pas responsable de ce qu’ils vous disent. Vous pensez que je plaisante, raison pour laquelle je poste le lien. Je suis 100 % sérieux. Seule exception en Californie : si on a été tué dans le bâtiment que vous pensez à acheter, le realtor est obligé de vous le dire. Vive les superstitions !
Vous trouvez votre taudis idéal et dire à votre realtor, « Je le veux ». Votre realtor est donc censé faire un appel à l’autre et négocier pour vous. En réalité, il dit « Voilà, vous demandez 1 million de $ pour les 10 mètres carrés de cette niche à chien ; mon client veut offrir 900 mille, mais je peux le convaincre à accepter votre prix si vous laissez le grille-pain dans la cuisine. Quoi, vous pensiez que ce type travaillait pour vous ? Soyons réalistes !
Après avoir poignardé son client dans le dos, le realtor de l’acheteur prépare un contrat — il y a des formulaires bien standardisés dans chaque État, et l’envoie à l’agent du vendeur. Pas besoin de témoins. Si le vendeur accepte, l’acheteur doit embaucher des inspecteurs pour la structure et peut-être aussi pour la moisissure. Ils ont typiquement un maximum de 10 jours pour faire leur travail. Pendant ce temps…
Un acheteur malin aura déjà une relation avec un banquier, dit « mortgage broker », avant de faire une offre. Mais le banquier doit attendre l’offre afin de savoir combien d’argent sera prête et décider si l’acheteur pourra le faire. Il enverra aussi un évaluateur pour s’assurer que le prêt est vraiment nécessaire pour acheter le bâtiment (on ne veut pas prêter plus d’argent que la valeur du bâtiment, après tout). Tant que les inspections et l’évaluation vont bien, le banquier mettra l’argent dans un compte séquestre. Les deux côtés doivent être d’accord sur le bon agent pour ça, dit « escrow officer », qui ne travaille ni pour le vendeur ni pour l’acheteur.
Une fois que l’argent est là, les deux partis signent le contrat d’achat. C’est ici oǔ on embauche les notaires. Selon Wikipédia, en France, un notaire doit avoir un master en droit, puis soit un deuxième master en carrières notariales soit réussir un examen national suivi d’un stage. Aux États-Unis, pas besoin d’un diplôme — n’importe quel con peut le faire et beaucoup le font. Gargamel, le deuxième mari de mon ex, est notaire en plus de son autre boulot. On passe un examen, on paye 40 $ à l’État pour son livre et son tampon, puis on sert en tant que témoin pour tout document légal. C’est l’acheteur qui embauche le notaire, qui prend rendez-vous avec l’acheteur et le vendeur en même temps pour enregistrer l’existence du contrat. Après, l’agent du compte séquestre paye le vendeur, et les agents immobiliers transmettent un document, le titre constructif, à la préfecture du comté pour enregistrer la cession de la propriété. Puis les agents arrachent 6 % du prix total au vendeur, et se paient 3 % chacun !
Il est bien possible qu’aucune personne formée en droit ne touche jamais à l’achat. Les agents immobiliers ont souvent rien qu’un bac, les banquiers peut-être un diplôme d’une fac, l’agent du compte séquestre aussi, et le notaire peut être juste un caissier chez Api tant qu’il a le livre et le tampon.
C’est ici où vous pouvez m’aider.. Je vous ai donné des noms pour ces rôles en anglais, mais ne sais pas si tous les mêmes rôles existent en France, s’ils appartiennent à des gens aux mêmes niveaux d’éducation qu’ici, et surtout, si tous les mêmes documents existent et quels sont leur nom. Je ne serais pas surpris à apprendre que les choses marchaient différemment en France.
Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine mais je n’ai pas encore choisi le sujet.
































