Archives pour la catégorie Le tour des départements

Je découvre l’Orne

On continue maintenant le Tour avec le 61, l’Orne. C’est le département le vingt-troisième moins peuplé, et les habitants se nomment ornais. C’est notre quatrième séjour en Normandie ; il ne nous reste qu’un département normand de plus. Ça me rend triste, parce que comme je vous ai dit, la Normandie aura toujours un avantage injuste chez moi. Et oh là là, vous allez voir exactement à quel point cet avantage existe aujourd’hui !

On commence à la préfecture, Alençon, et surtout avec exactement le genre de renseignement que j’adore, quand les Français m’aident à trouver des pépites. C’est un M. Brisavoine, connaissance de Mme Moutet, qui m’a parlé sur Twitter des vitraux, surtout de l’Arbre de Jesse, de la Basilique de Notre-Dame (1 étoile Michelin). Cette église de la Guerre de Cent Ans, récemment devenue basilique, est aussi remarquable pour ses reliquaires des 3 saints de la famille Martin, Louis, Zélie, et leur fille, Sainte-Thérèse de Lisieux. Avec une telle richesse spirituelle, on passe aussi par la maison natale de Sainte-Thérèse, de nos jours le Sanctuaire Louis et Zélie.

Au Musée des Beaux-Arts et de la Dentelle (1 étoile), on arrête pour les deux collections nommées, dont des œuvres de Courbet et Watteau, ainsi que pour leur collection d’art cambodgien. Aux alentours de la ville, on visite Saint-Céneri-le-Gérei (1 étoile), l’un des Plus Beaux Villages de France, connu pour sa chapelle du XIVe siècle, ses ateliers d’artistes, et son ancienne auberge des sœurs Moisy, dont sa « salle de décapités ». Ce sont des dessins de profils, rien à voir avec Mme Guillotine. ([Dommage, j’avais envie d’en ajouter un. — Mon ex])

Notre prochain arrêt est Carrouges, pour son château (2 étoiles) très inhabituel en briques au lieu de pierres, avec un escalier d’honneur impressionnant, et le site du dernier duel judiciaire de l’histoire en 1386. Je vous conseille ces deux posts du Chat Voyageur pour explorer l’extérieur et l’intérieur en détail. Puis c’est la vieille ville (1 étoile) de Domfront, où on y trouve les ruines des vieux remparts, le donjon de l’ancien château et son jardin public (1 étoile), ainsi que l’Église Saint-Julien (1 étoile), une église en béton du XXe siècle. On part vers l’est, à Argentan, pour deux sites remarqués par Louloute au Chat Voyageur : le Musée Fernand Léger, consacré à l’artiste qui y est né, et le Mémorial de Montormel, (site officiel) où l’armée allemande a bien perdu la Bataille de Normandie en août 1944.

D’Argentan, on tourne un peu au sud-est pour Sées, à ne pas confondre avec See’s, le chocolatier californien célèbre. Mais en passant, on pourrait s’arrêter au Château de Sassy (site officiel), avec un spectaculaire jardin à la française selon les photos de Louloute. À Sées, on visite d’abord la Cathédrale (2 étoiles), érigée du XIIIe au XIVe siècle, avec encore plus de merveilleux vitraux et un autel en marbre du temps de Louis XVI. Puis on visite la Forêt d’Écouves (2 étoiles), pour faire de la randonnée parmi les « chênes, hêtres, sapins, pins sylvestres, et épicéas ».

Un peu à l’est de Sées, on va arrêter à un endroit très important à moi personnellement, l’Abbaye de La Trappe à Soligny-la-Trappe. Les Trappistes sont l’ordre du moine américain Thomas Merton, dont son autobiographie m’a mené aux pensées de Saint-John-Henry-Newman, le modèle pour toute ma personnalité (j’échoue, évidemment, n’étant pas saint).Le reste des américains veulent y passer car notre meilleur gâteau de fruits de Noël est fabriqué par les Trappistes. Si vous ne voulez pas m’accompagner par là, essayez le Musée de l’émigration française au Canada, très proche à Tourouvre-au-Perche. Nous n’avons que deux arrêts de plus. D’abord, le Haras national du Pin (2 étoiles), surnommé le « Versailles du cheval », où on peut assister à des spectacles de chevaux ou découvrir les écuries (ces deux derniers liens sont aussi au Chat Voyageur). On finit à Camembert, village de naissance du fromage célèbre, pour visiter la Maison du Camembert ou la fromagerie Durand, la seule qui reste dans le village lui-même.

Qui sont les personnages les plus connus de l’Orne ? Il y a l’écrivain célèbre, André Breton, né à Tinchebray malgré son nom de famille et fils d’un père des Vosges. Quelle famille perplexe sur la géographie ! Le philosophe et mouche du coche Michel Onfray (je le connais depuis les années 90) est né à Argentan, ainsi que le peintre Fernand Léger (consultez le Chat Voyageur pour plus d’infos) et le linguiste Paul Teyssier. Héroïne du blog et cauchemar des fabricants de baignoires Charlotte Corday est née à Ligneries. Sainte-Thérèse de Lisieux, de qui nous avons aussi parlé dans le Calvados, est née à Alençon, ainsi que le chanteur tragiquement décédé Daniel Balavoine. Marie Harel, inventrice du camembert — le fromage le plus important de la série Miraculous ! — est née à Crouttes.

Quoi manger dans l’Orne ? Est-ce une question ? Le camembert ! Il faut que nous distinguions entre le camembert AOP et le truc vendu aux États-Unis, même importé de la France. Disons-le ensemble : « fromage au lait cru ». Des plats locaux comprennent les tripes en brochette de La Ferté-Macé (à vous), le boudin blanc d’Essay, le boudin noir de Montagne, et la poule au blanc. En dessert, on y trouve la tarte normande, la crêpe à la normande et d’autres spécialités aux pommes. Pour boire, il y a du calvados et du cidre, comme partout en Normandie, ainsi que le poiré, un cidre à base de poires.

Mon dîner oisien

Il y a des fois où j’ai franchement aucune idée de ce que je cuisinerai pour un département après son « Je découvre », pourtant le dîner finit par devenir un vrai coup de cœur. Je pense surtout à la Corse-du-Sud, à l’Eure, à l’Isère… et désormais, à l’Oise. J’adore les deux plats de ce dîner, qui feront partie de ma quotidienne. Tous les deux sont plutôt faciles, mais ont l’air d’un million de dollars, comme on dirait en anglais. Voici le potage Crécy et la mousse au chocolat et au Cointreau avec de la crème Chantilly :

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Je découvre l’Oise

On continue maintenant le Tour avec le 60, l’Oise. C’est le département le vingt-sixième plus peuplé et les habitants se nomment oiseaux oisiens. C’est notre troisième séjour dans les Hauts-de-France.

L’Oise abrite un site extrêmement important dans l’histoire de ce blog, le Château de Chantilly. Peut-être que vous pensez que c’est à cause de son rôle dans le roman de Laura Rahme, The Secret of Chantilly. Peut-être à cause du Musée Condé, où se trouve Les Très Riches Heures du Duc de Berry, mon œuvre d’art préféré. Mais vous auriez TORT ! Le truc qui rend l’Oise aussi important, c’est son apparition dans le patrimoine des anglophones, la série de films James Bond — en ce cas, en tant que le repaire du méchant Max Zorin dans Dangereusement vôtre (la traduction insensée de « A View to a Kill »). N’imaginez jamais que mes priorités sont dans le désordre. ([Pas besoin d’imaginer ce que l’on sait. — M. Descarottes])

Commençons donc au Château de Chantilly (3 étoiles Michelin). Construit sous sa forme présente au XVIe siècle par Anne de Montmorency — qui ne ressemble vraiment pas aux autres Anne — le château a atteint son statut important sous les soins du duc d’Aumale, collectionneur d’art responsable de la restauration du château au XIXe siècle. Le musée Condé (2 étoiles) fait référence aux collections du duc, et est nommé à l’honneur de ses prédécesseurs, les princes de Condé. On y trouve de nombreux tableaux d’artistes comme Fra Angelico et Raphaël, ainsi que des manuscrits et objets d’art. À l’extérieur du château, il y a la Grandes Écuries (2 étoiles), dont le Musée du Cheval (2 étoiles), où on trouve des spectacles équestres et une collection d’équipements, des sculptures ou bien des chevaux de manège. Finalement, ne ratez pas les trois jardins au parc du château (2 étoiles) – à la française, à l’anglaise, et l’anglo-chinois, tous datant du XVIIe au XIXe siècle.

Quelques kilomètres à l’est, on trouve la ville de Senlis. et son joyau, la Cathédrale Notre-Dame (2 étoiles), construit à partir du XIIe siècle. Son portail de la Vierge est un incontournable de la sculpture gothique. Êtes-vous prêt pour quelque chose d’inhabituel pour ce blog ? On est très proche du Parc Astérix (2 étoiles), et moi, je suis horriblement curieux des gens qui montrent des dessins animés sur des bureaucrates aux enfants. ([Il veut dire vous, les amis. — M. Descarottes]) Il y a deux autres parcs d’attraction pas trop loin, La Mer de Sable et le Parc Saint-Paul, mais c’est Astérix qui « pue la France ». En route à Compiègne, on passe par Fontaine-Chaalis pour son Abbaye royale (2 étoiles), avec sa chapelle spectaculaire. Dès que l’on arrive à Compiègne, on visite son château (3 étoiles), avec quatre appartements pour l’Empereur, l’Impératrice, et des autres ; un théâtre d’opéra ; et l’escalier d’honneur, celui de mes rêves. (Je suis fou de grands escaliers, comme ceux-ci à Chicago.) Le château abrite deux musées exceptionnels, de la Voiture (1 étoile) et du Second Empire (2 étoiles).

Êtes-vous ennuyés de tout ce patrimoine 2 ou 3 fois étoilé ? Trop dur ; notre prochain arrêt est le la Clairière et mémorial de l’Armistice (2 étoiles), monument à la Première Guerre mondiale, avec une reconstitution du wagon du maréchal Foch où l’armistice a été signé (et dans lequel un certain leader allemand a convoqué un deuxième armistice). Envie d’une balade dans la nature ? On la prendra dans la Forêt de Compiègne (2 étoiles), avec 1 500 kilomètres de chemins ; consultez l’office de tourisme pour des idées. En quittant Compiègne, on passe au Château de Pierrefonds (2 étoiles), rue Viollet-le-Duc. Et maintenant vous savez qui a restauré ce château à huit tours du XIVe siècle. On finit dans la préfecture, Beauvais, pour visiter la Cathédrale Saint-Pierre (3 étoiles) pour son chœur avec « la voûte la plus élevée des chœurs gothiques : 46,7 m », ses nombreuses sculptures, et ses vitraux impressionnants.

Qui sont les personnages les plus connus de l’Oise ? Le théologien protestant Jean Calvin est né à Noyon. Le couturier Hubert de Givenchy, connu chez moi pour être apparu dans les paroles de la version anglaise de La Cage Aux Folles, est né à Beauvais, ainsi que le mathématicien Henri Lebesgue, l’industriel Jean-Claude Decaux (son nom est partout aux États-Unis), et le comédien Guy Grosso. La grande actrice Claude Gensac, l’une de deux personnes à apparaître ici dès le début, est née à Acy-en-Multien. Jean-Jacques Rousseau, pire père au monde, est décédé à Ermenonville. François Vatel, inventeur de la crème Chantilly, y est décédé. Marcel Dassault, ingénieur aéronautique, était député oisien pendant 28 ans.

Quoi manger dans l’Oise ? La chantilly, bien sûr, mais c’est vraiment pas un plat en soi. Cependant, on a deux traditions qui se relient dans l’Oise, la normande et la picarde (à ne pas confondre avec soit Picard soit Picard). C’est donc une cuisine riche en pommes — des crêpes à la normande, le flan normand, ou bien les aguignettes (fait ici l’année dernière pour l’Épiphanie). Mais c’est pas seulement des pommes normandes ! On est au pays des pommes picardes, avec des produits typiques comme le cidre briard et la rabote picarde (fait ici pour notre séjour dans l’Aisne). Autres produits typiques de l’Oise comprennent la moutarde picarde (parfumée au cidre, au miel, ou à la bière), et le fromage tomme (soit au cidre ou au foin). ([Au foin ? C’est pour moi ! — M. Descarottes]) Pour boire, on y trouve les bières et cidres de Milly-sur-Thérain, les bières Saint-Rieul de Trumilly, et la frënette, une boisson un peu comme un cidre parfumé à la chicorée.

Mon dîner nordiste

Je vous ai dit qu’il y a certaines choses que j’ai gardées depuis le début du blog, en attendant les bons moments. Aujourd’hui, c’est l’un d’entre eux. Très peu de temps après avoir trouvé Laurène Lefèvre, j’ai vu sa vidéo sur les merveilleux, un dessert lillois. Dès que j’ai créé le Tour, j’ai su que les merveilleux seraient mon dessert nordiste. Pour aller avec, voici le waterzooi de poulet :

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Je découvre le Nord

On continue maintenant le Tour avec le 59, le Nord. C’est le département le plus peuplé, et les habitants se nomment nordistes. C’est notre deuxième séjour dans les Hauts-de-France, après l’Aisne (02), bien avant que j’ai même établi mon format.

Je vous rappelle que dans le bilan de la première moitié, j’ai appelé Lille « la ville de mes rêves ». Pourquoi une si forte déclaration pour une ville que j’ai jamais visitée ? On est chez Laurène Lefèvre, Madame Cook&Record elle-même, mais merci de ne pas avoir de mauvaises pensées. Pendant le confinement, elle faisait des vidéos de sa ville sur Facebook, plutôt façon France with Véro. C’était la toute première fois où j’ai vu des choses comme les maisons à pans de bois, ou les bâtiments illuminés. Maintenant, je sais que l’on trouve tout ça ailleurs. Mais même à l’époque, j’ai découvert que Lille avait presque exactement la même taille que San Diego pendant mon enfance. Cette situation me semble idéale.

On commence donc à Lille, et rien de mieux pour me convaincre que j’ai raison que le Palais des Beaux-Arts de Lille (3 étoiles). Vous allez craquer pour leurs collections d’art d’antiquité (égyptien, romain et grec), du Moyen-Âge, et des sculptures (ne ratez pas Le chevalier errant !), et plus — tous ces liens ont plein de belles photos. D’ici, on se promène vers la Grand’Place de Lille (2 étoiles). Ici, on trouve de nombreuses attractions, dont la Vieille Bourse (2 étoiles), un centre commercial du XVIIe siècle avec ses frontons « ornés de cartouches, de guirlandes et de fruits charnus » et la Colonne de la Déesse, érigée en souvenir du siège de 1792. (Chantez avec moi : Pas d’oignon aux autrichiens…) Ne ratez pas le Furet du Nord, le fleuron de cette chaîne de librairies, avec 25 000 m2 de livres, dont un espace pour les mangas. (Ne ratez pas non plus les horoscopes du Gorafi qui a une signe de furet pour ceux comme moi, nés le jour du passage du Scorpion au Sagittaire.) On fait une pause à la Maison du Donut, recommandée par Laurène elle-même — il n’y a pas trop de donuts fait avec du chocolat Valrhona !

D’ici, on continue vers la Place du Lion d’Or, qui nous met au milieu du Vieux Lille (3 étoiles). Ses maisons viennent du XVIIe au CIXe siècles, et les meilleures préservées sont celles de la Place Louise-de-Bettignies. D’ici, on passe par la Cathédrale Notre-Dame de la Treille (1 étoile). Cette cathédrale d’extérieur ul-trop moderne, achevée en 1999, vaut la visite pour son Centre d’Art Sacré et sa collection d’œuvres sur la Passion. Puis, on fait un pèlerinage à la maison natale de Charles de Gaulle (1 étoile), de nos jours musée à l’enfance du général. On termine notre parcours de Lille lui-même à la Citadelle de Lille (1 étoile), construite sous les ordres de Vauban. Ce bâtiment en forme de pentagone est entouré par un parc, dont un monument aux martyres de la Première Guerre mondiale.

Avant de quitter Lille, faut mentionner un événement annuel. La Grande Braderie est un marché aux puces le premier week-end de septembre qui est aussi une grande fête, où les moules sont mangées par des millions. Des tas de coquillages sont partout !

Moules de la Grande Braderie, Photo par
Jiel Beaumadier
, CC BY-SA 3.0,

On part de Lille mais reste dans la Métropole pour visiter la Villa Cavrois (2 étoiles) à Croix, un grand exemple de l’architecture moderne, où le créateur, Robert Mallet-Stevens, était responsable de tout — l’architecture, les meubles, le jardin, etc. À Roubaix, on visite La Piscine (2 étoiles), un musée consacré à l’art et l’industrie dans une ancienne piscine municipale. Essayez leurs collections très inhabituelles de textiles et dessins industriels.

Au sud, on visite Douai, en passant par Wavrin, où les Silpats sont fabriqués (mais rien à visiter). Peut-être qu’il vous surprendra, mais Douai est bien connu chez les anglophones en tant que la source de la Bible de Douai, la traduction en anglais préférée des Catholiques pendant des siècles (sous le nom Douay-Rheims). De nos jours, le Collège anglais n’existe plus, mais il reste le Musée de la Chartreuse (2 étoiles), un musée de beaux-arts où il reste des anciens jardins monastiques. Très proche, il y a le Centre Historique Minier de Lewarde (2 étoiles), le plus grand musée de la mine en France, ancienne fosse de charbon où on peut vraiment descendre sous terre pour expérimenter la vie des mineurs.

On finit à Dunkerque, site d’une bataille héroïque de la Seconde Guerre mondiale et lieu de tournage d’un film traumatisant, Week-end à Zuydcoote, ce que je recommande fortement malgré son histoire sombre. Le Musée Portuaire (1 étoile) traite de l’histoire du port, avec trois bateaux importants, dont le trois-mâts Duchesse Anne, le plus grand voilier visitable de France. Le parcours d’Operation. Dynamo vaut le coup, dont le Musée Dunkerque 1940.

Qui sont les personnages les plus connus du Nord ? Bien sûr, il faut absolument commencer avec le général Charles de Gaulle, né à Lille, ainsi que le grand acteur Philippe Noiret. Le PDG de Louis Vuitton Moët Hennessy, Bernard Arnault, et né à Roubaix. L’évêque très controversé, Marcel Lefebvre, fondateur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, vient de Tourcoing. Ministre préféré des supporters de foot britanniques et vedette du Canard Gérald Darmanin, est né à Valenciennes, puis est député du Nord. Ne me demandez pas d’où vient l’ancienne star des Grosses Têtes, M. Schraen de Dunkerque. (Rien n’est trop obscure pour ce blog !) Plus surprenant, Charles de Batz, mieux connu en tant que le gascon D’Artagnan, était gouverneur de Lille pendant 8 mois vers la fin de sa vie. Louis Pasteur était professeur à l’Université de Lille pendant 3 ans.

Quoi manger dans le Nord ? On se régalera. La cuisine nordiste partage de nombreux plats avec les voisins belges, dont les moules-frites, exactement ce que le nom dit, la carbonade flamande, du bœuf mijoté en bière avec du pain d’épices et de la moutarde, et le potjevleesch, qui veut dire « pot de viande » en flamand, des viandes froides en gelée. D’autres plats locaux comprennent la flamiche au Maroilles, une tarte aux poireaux ou aux oignons avec le fromage de son nom, et les chicons gratinés, dont vous ne devez pas vous soucier de voir ici car ma mère ne peut plus me faire manger des endives.

Il y a de nombreux fromages locaux, dont le Maroilles AOP, le Mont des Cats, la Tome de Cambrai, et le Vieux-Lille pour les amants de fromages forts. En dessert, il y a les merveilleux, des meringues recouvertes de chocolat ; la tarte au sucre, plutôt comme la galette à suc ardennais ; la tarte à la rhubarbe (jamais sans des fraises aux États-Unis), et de nombreuses confiseries, dont les célèbres bêtises de Cambrai et les sottises de Valenciennes. Le Nord est aussi la maison du Carambar, un genre de blague pourrie emballée autour d’un caramel trop dur, parfois parfumé aux goûts de fruits (ce que j’ai acheté). Pour boire, il y a de nombreuses bières locales, dont la Grain d’Orge, la Ch’ti, la Jenlain, la Cambier, et la 3 Monts.

Je ne finis jamais ces colonnes avec une note personnelle, mais je suis dépassé par le Nord. Désolé pour le longueur de cet article, mais il aurait pu avoir deux fois les contenus. J’ai même pas touché l’industrie de dentelles à Caudry et les randonnées sur la Côte d’Opale. Je suis juste absolument bouleversé, car je rêvais d’écrire cet article depuis le moment où j’ai créé ce blog, et j’ai du mal à arrêter !

La flamusse aux pommes

On penserait qu’avec un tel titre, on serait en Normandie (❤️), mais en fait, c’est notre dessert nivernais, 100 % bourguignon. Excusez-moi un moment…(allez-vous-en, M. le moniteur de glycémie, il n’y a que 50 grammes de sucre dans cette recette, alors taisez-vous !). Comme je vous disais, c’est une recette très bonne pour la santé — lisez la fin, je plaisante pas pour une fois — même si pas autant pour nos amis chez Béghin Say ou C&H (mon sucre habituel). Voilà, notre flamusse aux pommes :

Je dois cette recette au site 750g. Il y en a plein sur Internet, mais elles ont toutes quelques choses en commun : environ 50 grammes de sucre et de farine, beaucoup d’œufs, et une belle quantité de lait. La plupart demandent de faire cuire les pommes avant de verser l’appareil ; voici une version qui ne le fait pas.

Mes seuls changements sont moins de pommes et plus de temps de cuisson (j’ai oublié de le saupoudrer avec du sucre vanillé à la fin, mais c’est pas un changement exprès). La recette originale demande 4 pommes, mais 2 pommes Gala étaient assez pour complètement remplir ma poêle (avant la cuisson). On sait jamais la taille, alors je vous recommande de tester votre poêle contre les pommes jusqu’à ce que ce soit assez.

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Mon dîner nivernais

Ça fait longtemps depuis la dernière fois où il y a eu une bouteille de vin sur ma table. D’une part, je déteste boire seul. D’autre part, on a passé par de nombreux départements où leurs vins ne sont pas disponibles chez moi. Avec la Nièvre, j’ai trouvé une recette sur leur site de tourisme qui m’a donné envie, et je dois vous dire, ce Pouilly-Fumé, c’est super. Alors, voilà, le saumon braisé au Pouilly-Fumé.

On va apprendre une nouvelle technique cette fois. Il y a un risque que j’ai mal compris, car franchement, elle m’a fait peur. Ma seule vraie erreur avec cette recette, c’est que j’étais terrifié de mettre le feu à mon appartement ([Je m’en fichait, car je suis en vacances chez ses parents, qui me donnent plus de légumes — M. Descarottes]), alors j’ai arrêté une partie de la cuisson trop vite. Mais je crois que cette recette est quand même bonne, et tout sera expliqué. Il est bien possible que je me sois gravement trompé d’une instruction. Vous allez me dire.

Je dois la recette à Nièvre Tourisme, qui la doit à leur tour au chef Dominique Fonseca du Coq Hardi à Pouilly-sur-Loire. Bien que je ne recommande jamais des restos où j’ai jamais visité, ses prix me semblent très raisonnables, surtout pour un Meilleur Ouvrier de France.

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Je découvre la Nièvre

On continue maintenant le Tour avec le 58, la Nièvre. C’est le département le douzième moins peuplé et les habitants se nomment nivernais. C’est notre quatrième séjour en Bourgogne-Franche-Comté, et ça fait 19 départements depuis la dernière fois !

La Nièvre fait des problèmes pour les anglophones comme moi, avec sa préfecture de Jamaiss. Vous ne comprenez pas ? Bon, ma carte en anglais dit « Nevers », évidemment le pluriel de « Never, » et ça veut dire « Jamais ». C’est vraiment pas compliqué, et pourquoi est-ce que vous appelez tous le 15 en même temps ? ([Vous n’avez même pas commencé à grogner, les amis. J’ai déjà entendu ses autres. — M. Descarottes.])

On commence à la préfecture, Nevers. C’est de loin la ville la plus grande du département avec plus de 30 000 habitants. Au centre historique de la ville, on visite d’abord la Cathédrale Saint-Cyr et Sainte-Julitte (2 étoiles Michelin). Parmi les raisons de visiter est la tour Bohier, de 52 mètres de hauteur, avec de nombreuses statues géantes de personnages de la Sainte-Bible. Après 285 marches, vous aurez une vue spectaculaire de la Loire. Seulement 2 minutes plus loin, on y trouve le Palais ducal (1 étoile), château du XVe siècle devenu Palais de Justice puis de nos jours espace culturel et salle de mariages. Le Musée de la Faïence et des Beaux-Arts (1 étoile) est fermé jusqu’en avril 2023, mais quand il rouvrira, vous y trouverez la plus grande collection de verre émaillé de l’Europe, tout made in fabriqué à Nevers. (Sérieusement, qu’est-ce qu’il y a ?) Finalement, juste au coin de la rue, on trouve la Porte du Croux (1 étoile), ancienne fortification du XIVe siècle, maintenant la maison du Musée archéologique du Nivernais. Pour les croyants, ne ratez pas non plus le Sanctuaire Sainte-Bernardette de Nevers. On parlera plus d’elle à Lourdes, mais son corps préservé se trouve ici ; c’est donc un site de pèlerinage.

Pour plus d’infos sur Nevers, je vous recommande fortement ce post du Chat Voyageur, surtout pour son explication détaillée de la Cathédrale.

Juste au nord de Nevers, on trouve La Charité-sur-Loire, et surtout son Église prieurale Notre-Dame (2 étoiles). La prieuré était anciennement l’un des monastères les plus riches de la France, et on le voit toujours dans ses 5 nefs et capacité d’accueillir 5 000 personnes malgré son origine du XIIe siècle. De nos jours, elle abrite la Cité du Mot — attention, les blogueurs littéraires ! — membre de l’Association de Centres culturels de rencontre, qui abrite de son tour un festival annuel, Aux Quatre Coins du Mot, consacré aux livres, avec des lectures, des concerts, et de nombreuses autres activités. Partout dans la ville, on trouvera des citations sur les murs, comme en bas.

On continue vers le nord, à Saint-Amand-en-Puisaye. Ici, on trouve un beau château de la Renaissance, le château de Saint-Amand, qui abrite le Musée du Grès, consacré à quatre siècles de cet art dans le village. Mais en plus des vaisseaux eux-mêmes, on peut visiter — avec le même billet ! — la Maison de la Mémoire Potière, une ancienne poterie du XIXe siècle où les équipements restent presque complètement intacts. On tourne vers l’est pour découvrir le Canal du Nivernais, creusé du XVIIIe au XIXe siècles, qui relie Nevers et la Loire avec Auxerre et l’Yonne. Il y a de nombreuses opportunités pour faire de la randonnée ou prendre un bateau le long du Canal ; consultez le site de tourisme pour des idées.

Très proche du Canal, on trouve notre dernier arrêt, le Parc Naturel Régional du Morvan. Ici on trouve le Lac de Pannecière (1 étoile) et le Lac des Settons (1 étoile), deux endroits plein de belles vues et d’opportunités pour la randonnée et la pêche.

Qui sont les personnages les plus connus de la Nièvre ? De nos jours, l’ancienne Ministre de la Culture et Grosse Tête actuelle Roselyne Bachelot vient de Nevers, ainsi que le célèbre chef Guy Savoy (qui a un resto prestigieux à Las Vegas). Sainte-Bernadette Soubirous, témoin des apparitions mariales à Lourdes, y est décédée, ainsi que l’acteur Paul Frankeur, connu chez moi pour Un singe en hiver, Touchez pas au grisbi, et Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages. Romain Rolland, lauréat du prix Nobel littéraire, est né à Clamecy.

Quoi manger en Nièvre ? Le département est au carrefour de plusieurs que nous avons déjà visités — le Cher, l’Allier, le Loiret, la Côte-d’Or — et certaines choses nous sont familières. On y trouve le bœuf charolais, le bœuf bourguignon, et les escargots de Bourgogne (à vous !). Il y a de plats locaux, surtout du Morvan, comme le crêpiau (soit salé soit sucré), la râpée du Morvan (une galette de pommes de terre ; ça me rappelle la crique ardéchoise), et les œufs en Meurette. En dessert il y a la flamusse aux pommes, un gâteau un peu comme un clafoutis ou une flognarde, et le piquenchâgne, une tourte garnie de « fruits macérés dans un appareil de sucre, de crème, d’alcool) posés debout sur le fond ». Pour boire, il y a le Pouilly-Fumé AOC, un vin blanc, les vins Coteaux-du-giennois AOC et AOP, de plusieurs cépages blancs et rouges, et les Côtes de la Charité, avec de nombreux cépages, dont des vins mousseux.

Les macarons de Boulay

On finit notre séjour en Moselle avec un dessert très rare, encore une fois une recette propriétaire trouvé chez exactement une boulangerie au monde entier (cf. les chichis frégis, le frescati, les macarons de Cormery). Une connaissance d’origine messine (de Metz) m’a demandé d’essayer de les faire. Après des recherches, voilà :

C’est pas du tout une recette compliquée, mais voici quelques observations : la bonne poudre d’amande devrait venir d’amandes fraîches ; c’est-à-dire toujours vertes. Étant impossible à trouver car c’est hors de saison, j’ai utilisé de la poudre d’amande ordinaire. Mais avec une saison de seulement 2-3 semaines par an, je me demande comment ça marche toute l’année. Aussi, il y a plusieurs recettes sur Internet. C’est difficile à dire quelle est « la » recette.

J’ai tiré ma recette du site Tout Metz. Les autres que j’ai trouvées sont ici (moins de poudre d’amande), ici (presque identique), et ici (du sucre blond au lieu de sucre en poudre). Toutes dépendent d’un sirop d’eau et de sucre. Je suis bien satisfait que la mienne est un juste milieu. Comme souvent, j’ai coupé la recette par deux.

Les ingrédients des macarons de Boulay :

  • 100 grammes de poudre d’amande
  • 100 grammes de sucre en poudre
  • 1 blanc d’oeuf (30-35 grammes)
  • 1 cuillère à soupe d’eau

Les instructions des macarons de Boulay :

  1. Dans un saladier, mélanger la poudre d’amandes avec le blanc d’oeuf. Ne battez pas le blanc ; faites ça avec une cuillère.
  1. Mettre 25 grammes de sucre et une cuillère à soupe d’eau dans une casserole, sur un feu vif. Faire bouillir pendant environ 1 minute après les premières bulles, jusqu’à l’obtention d’un sirop.
  1. Verser le sirop sur le mélange d’amandes/et de blancs d’oeufs. Une fois que le sirop est entièrement absorbé par le mélange, ajouter le sucre restant (75 grammes). Après un certain point avec de grosses miettes, j’ai travaillé la pâte à la main.
  1. Prendre une plaque de cuisson et y mettre un tapis en silicone. A l’aide d’une petite cuillère, faire des tas de pâte (suffisamment espacés) sur le tapis, puis laissez reposer pendant environ 15 min. J’ai écrasé les tas avec le dos de la cuillère, puis fait des disques plus ronds à la main.
  1. Pendant ce temps-là, préchauffer votre four à 175°C.
  2. Enfourner pendant 15 minutes, puis vérifier. Les macarons devraient être dorés et croustillants. Sinon, continuer. Les miens étaient prêts après 20 minutes au four. La photo à gauche est après 15 minutes ; à droite, après 20.

Laisser refroidir avant de servir.

Mon dîner mosellan

Ce dîner n’est pas comme les autres. Pour la deuxième fois, il y a quelque chose ici pas fait maison (voilà l’autre). En revanche, le fromage blanc nature dont j’aurais eu besoin n’est pas disponible du tout chez moi. Alors, voilà, le bretzel et le Bibeleskäs au saumon fumé.

Les deux recettes viennent du blog d’une cuisinière mosellane, Eva Cuisine. Elle est bien experte en cuisine alsacienne, et a publié plusieurs livres de recettes avec Hachette, une édition connue aux deux côtés de l’Atlantique, donc des œuvres sérieux.

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