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Adieu, Mme Ringer

En 2020, une fois que j’avais découvert Indochine, j’ai posé la question à mon groupe de nostalgiques des années 80 : « Quoi d’autre devrais-je écouter ? » Parmi les noms les plus cités était Les Rita Mitsouko. J’ai donc écouté « Les Histoires d’A », et je dois vous dire la vérité : je ne l’aimais pas du tout et je l’ai mise de côté. On est juillet de cette année-là, je crois ; je me souviens pas de ce qui s’est passé, mais je doute que je puisse trouver le bon post sur Génération 80s.

C'est Catherine Ringer dans une robe rouge, les cheveux en chignon. Elle tient un micro dans la main droite sous sa tête.
Catherine Ringer aux Vieilles Charrues en 2021, Photo par Thesupermat, CC BY-SA 2.0

Je ne me souviens pas d’exactement ce qui a changé, mais en novembre 2020, j’ai commandé The No Comprendo de la FNAC. Je ne sais pas pourquoi je ne l’ai pas mentionné ici à l’époque — le blog avait moins de deux semaines au moment de la livraison, et je n’ai pas publié de critique. Mais j’ai certainement communiqué mon enthousiasme aux anglophones sur Facebook :

Ça dit :

J’écoute le disque qui est arrivé hier, The No Comprendo par Les Rita Mitsouko. C’est de 1986. Dites-moi que ça n’aurait pas convenu PARFAITEMENT sur la MTV de l’époque. Catherine Ringer, la chanteuse, sonne comme Annie Lennox après des leçons de chant avec Johnny Rotten. L’album a été produit par Tony Visconti, qui vous connaissez de David Bowie et Paul McCartney. Tout ce que j’espérais.

Même ça n’arrive pas à capturer mon admiration pour cet album, ce que j’appelle souvent l’un des deux albums parfaits de ma connaissance, l’autre étant Moving Pictures de Rush. Oui, il n’y a même pas un album d’Indochine où j’adore toutes les chansons sans exceptions.

Un mois plus tard, j’ai vu Catherine Ringer sur Taratata pour la première fois. Je ne l’avais pas planifié — j’étais là parce qu’Indochine allait avoir une demi-heure juste pour eux-mêmes. Cependant, j’étais ravi de découvrir l’émission. Encore une fois, c’était toujours Facebook où j’ai exprimé ça :

Capture d'écran d'un post sur Facebook où j'ai partagé un clip de Taratata en ajoutant la légende, « La grande dame, Catherine Ringer ! »

Heureusement, même si cette performance ne marche pas toujours sur le site de Taratata (ça marche pour moi dans l’appli de Facebook, mais pas dans un navigateur), il nous reste l’enregistrement officiel sur YouTube de « C’est Comme Ça » sur le plateau de Taratata en février 2020. Elle l’avait toujours, même à ses 63 ans.

Bourré de ce que j’entendais, j’ai profité du Covid pour la voir deux fois de plus pendant les mois suivants :

Le 17 décembre 2020, elle est apparue sur France Inter avec Benjamin Biolay et Alain Souchon. C'est une capture d'écran de l'annonce sur son compte FB.
Capture d'écran de l'annonce de son « Concert Très Très Privé » sur RTL2 le 26 février 2021.

Je dis souvent que 2020 n’était pas aussi mauvais pour moi que le reste du monde, et ça vous donne le goût de pourquoi, encore plus que les archives du blog. Tous les jours il y avait quelque chose de nouveau à découvrir, et Catherine Ringer faisait une grande partie de ça.

Au fil de 2021, j’ai commandé le reste des albums des Rita Mitsouko, d’abord Système D, puis les 4 autres d’un coup. « Y’a d’la haine » est devenue l’une de mes références préférées pendant les deux années suivantes (voilà et voilà). Si je dois avouer que je suis moins fan de Marc et Robert et Cool Frénésie que de leur autre travail, il faut aussi dire qu’avec Fred Chichin, Catherine Ringer n’a jamais cessé à prendre des risques.

Impossible de ne pas remarquer qu’elle n’a vraiment jamais guéri de cette perte. Il y avait beaucoup moins de nouveautés sous son propre nom après la mort de Fred, et elle chantait souvent sous le nom « Catherine Ringer chante Les Rita Mitsouko ». Quand j’ai visité le cimetière de Montmartre en 2021, j’ai dit du tombe : « On peut voir qu’il attend Catherine Ringer — ça m’a rendu triste. »

Pierre tombale de Fred Chichin avec son nom, les dates 1954-2007 et le mot « Musicien ». Il y a beaucoup d'espace sous son nom, assez pour plusieurs autres personnes.

Il faut vraiment connaître l’œuvre des Rita Mitsouko pour comprendre la France moderne. Sans connaître « Andy », je n’aurais jamais compris ce gros-titre du Canard, même si j’étais choqué à l’époque :

C'est un article sur un scandale dans l'handisport intitulé « Dis-moi oui, Handi ! ».

Elle était le sujet de l’une des premières Langues de Molière, à cause de sa chanson « Rendez-vous avec moi-même » — en partie à cause des verbes réfléchis, mais en partie car dans cette chanson, elle évoque la prononciation de son nom de famille polonais. Ça nous amène à mon dernier point.

J’ai fait des recherches dans des journaux étrangers pour voir si sa mort était remarquée de même façon que Belmondo. La réponse était non — sauf dans un pays, Israël :

C'est un article de The Times of Israël intitulé : « Décès de Catherine Ringer, célèbre voix juive du groupe rock des Rita Mitsouko »
Capture d’écran

Dans cet article, j’ai appris qu’elle y avait de la famille et y avait donné un concert en 2019. Ça dit aussi qu’elle n’avait pas grandi dans la religion, mais ce n’est pas mon sujet. C’est plutôt que ses origines n’ont jamais été un obstacle à son succès en France, à son statut d’icône de la chanson française. Je vous ai dit récemment que c’est 1934 aux États-Unis, et la situation serait très différente si elle était morte ici, mais dans les commentaires sous tous les articles que j’ai lus hier, il n’y avait que des hommages et des souvenirs d’une grande artiste française.

C’est la France à son meilleur, et c’est comme ça que je me souviendrai de Catherine Ringer.

Je découvre Yarol Poupaud

On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata. Cette fois, c’est Yarol Poupaud, le dernier musicien sur scène avec Pascal Obispo et d’autres pour « Allumer le feu ». (Pouvez-vous donc deviner qui est le prochain sujet ? Apportez du pop-corn !)

Yarol Poupaud (à gauche) et FFF aux Vieilles Charrues 2017, Photo par Thesupermat, CC BY-SA 4.0

Stanislas Poupaud est né en 1968 à Neuilly-sur-Seine, où l’état civil a fait son tout pour sauver le nouveau-né de ses parents, en refusant le nom « Yarol » pour son acte de naissance. Mais ses parents étaient tombés amoureux d’un recueil de science-fiction avec un personnage nommé Yarol, alors ils l’ont surnommé quand même. Le jeune Yarol a rencontré Marguerite Duras, ce qui rendait Nicolas Sirkis jaloux à jamais, car sa mère travaillait avec l’écrivaine célèbre. En 1987, à ses 20 ans, il fonde un groupe de rock, la Fédération française de fonck (FFF), avec deux amis, et en 1990, ils gagnent un contrat chez Sony. C’est ainsi que leur premier album, Blast Culture, sort en 1991. (À noter : Yarol est guitariste sur l’album mais aucune chanson ne porte son nom comme compositeur.)

La première piste, « New Funk Génération », et son clip officiel annoncent clairement leurs espoirs. Ça commence avec le musicien américain légendaire George Clinton, en train de les adouber sur les marches du Sacré-Cœur :

Les autres singles, « Devil in Me » et « Marco », sont très typiques du genre de « funk » lié à M. Clinton, au point où Marco cite son tube mondial, « Atomic Dog« . L’album s’écoule à 80 000 exemplaires, un modeste succès mais pas un album d’or à l’époque.

En 1993, le groupe sort son deuxième album, Free For Fever (Libre pour fièvre, ne me regardez pas comme ça). L’album est largement en anglais, mais… je ne peux rien comprendre de sa piste « Silver Groover » :

Ça dit, l’ouverture de cette chanson met Yarol en avant comme soliste et il est plutôt bon. « Stone to the Bone » me rappelle fortement le groupe Rage Against the Machine (lancé en même temps que FFF). « King of Party » est plus du premier album, mais encore plus bruyant.

1996 voit un album éponyme, FFF, ce qui gagne une Victoire de la musique, mais pour le meilleur concert plutôt que pour l’album lui-même. Cette fois, l’album est largement en français. Le seul single est « Le pire et le meilleur » ; c’est encore plus de la même chose, mais en français :

Le clip officiel était bien diffusé en France, car on y trouve une jeune Mélanie Thierry. (C’est sur Dailymotion, donc impossible à embarquer directement.) Puis… comment dire ça…

Vous souvenez-vous de ce qui est arrivé à Jaïn ? Que la presse américaine la détestait, car ils croyaient tous qu’elle se moquait de l’accent des noirs ? C’était ridicule, c’était dégoûtant, et ils ont écrasé sa personnalité avec de fausses accusations. Je ne peux pas dire pareil de « Niggalize It ». Je peux seulement dire que si j’ai prononcé ce titre à haute voix dans le bureau de n’importe quelle entreprise, ressources humaines assureraient que je trouvais la porte le plus vite possible. Un homme blanc est strictement interdit de dire soit ce mot soit la plupart des paroles (difficiles de trouver en ligne !) aux États-Unis. Les rappeurs, par contre, peuvent le répéter sans cesse et tout le monde les félicite pour leur courage. Pour un avis que si ce mot est offensif, personne ne devrait le dire, veuillez consulter l’écrivain noir Jason Whitlock (lien en anglais).

C’est donc là où j’arrête de parler de FFF. Cependant, M. Poupaud a aussi une petite carrière en tant qu’artiste solo, avec 4 albums sous son propre nom. On zappe le premier, sorti en 2008, car c’était un EP promotionnel. Mais en 2019, il a sorti un album éponyme, Yarol. Je ne peux pas vous donner un lien, même vers Wikipédia ; pour un si récent album, il y a très peu d’infos en ligne. J’ai trouvé ce single, « Girls » (Filles) :

Sa voix est assez bonne, et la musique révèle qu’il est exactement le guitariste que j’avais cru — très capable. J’ai aussi trouvé ce clip (avec seulement environ 200 vues) d’un concert où il a joué une autre chanson de l’album, « What Am I Supposed to Do? » (Que suis-je censé faire ?). Cette critique fait la comparaison avec Santana, et oui, moi aussi, j’entends « Oye como va » dans la mélodie.

Il y a deux autres albums solos, mais franchement, j’en ai entendu assez. Je ne parle pas de ses autres collaborations, avec Johnny ou Les Vieilles Canailles (Johnny avec Eddy Mitchell et Jacques Dutronc), car c’est déjà évident — il a assez de talent, mais ce n’est pas de sa propre musique.

Que penser de Yarol Poupaud ? C’est probablement évident du texte que je connaisse suffisamment ses sources, mais qu’elles ne soient pas ma tasse de thé. Yarol est assez compétent en tant que guitariste pour avoir une bonne carrière, et il l’a, mais il ne s’agit pas de classiques de la chanson française. Et vous n’avez vraiment aucune idée à quel point cette chanson-là m’a traumatisé. Je ne peux — et je ne veux — avoir rien à voir avec.

Ma note : JE CHANGE DE CHAÎNE AVANT QUE JE NE SOIS VIRÉ.

Je découvre Cali

On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata avec un autre chanteur sur scène avec Pascal Obispo. Cette fois, il s’agit de Cali.

Cali à la Pause Guitare en 2015, Photo par Gyrostat, CC BY-SA 4.0

Je dois dire au début que je ne l’ai vraiment pas remarqué dans l’ensemble pour « Allumer le feu », mais il est revenu sur scène deux fois de plus — une fois en tant que soliste pour « Pour un flirt » de Michel Delpech, et une fois pour « Super Nana », un de 5 chanteurs derrière Michel Jonasz. Dans les gros groupes, il a un peu disparu, car sa voix n’a rien de spécial — mais j’étais sérieusement impressionné par son énergie et présence en tant que soliste. (Voici le clip officiel, mais ça n’a pas marché quand j’ai essayé de le vérifier.)

J’étais donc étonné d’apprendre que Cali, de son vrai nom Bruno Caliciuri, est né en 1968 — je l’avais pris pour un homme de 30 ans. (Je suis vraiment nul avec les âges des autres.) De son côté paternel, sa famille est italien et espagnol ; du côté maternel, italien et français. Il a grandi à Perpignan, l’un de 5 enfants, et a perdu sa mère à cancer à ses 6 ans, et son père à ses 16 ans. C’était donc une enfance très difficile.

Après son bac, il s’est lancé en tant que musicien dans des groupes locaux, Indy et Tom Scarlett (voici un clip). Ce dernier group a fait la première partie pour Dionysos et Bénabar, mais est autrement peu connu. Cependant, une diffusion de sa piste solo, « Tout va bien », sur France Inter suffit pour le gagner un contrat chez EMI. Écoutez-la si vous voulez, mais je dirais que rien n’allait bien en écoutant cette piste plutôt lourde :

Cependant, en tant qu’une piste de son premier album, L’Amour parfait, c’est une réussite — l’album s’écoule à 550 000 d’exemplaires, un album platine. « C’est quand le bonheur ? » est meilleure comme chanson, mais toujours avec des paroles déprimantes :

« Le grand jour » mérite une place dans un bar quelque part, alors que la chanson éponyme, « L’Amour parfait », euh… ai-je mentionné sa vie difficile ? Vu la popularité de cet album, la bonne comparaison est le roman Les Souffrances du jeune Werther, de Goethe. Mais pour autant que je sache, personne ne s’est tué à cause de cet album.

La suite, Menteur, sort en 2005, se vend à 330 000 exemplaires, juste après la baisse de la signification de platine, de 500 000 à 300 000. C’est donc toujours platine !

« Qui se soucie de moi ? », la première piste, est une chanson presque positive — jusqu’à ce que l’on l’entende chanter :

« Pauvre garçon » est plus « métal », et « Menteur » plus… baroque ? (Il y a un clavecin.) « Je te souhaite à mon pire ennemi » évoque exactement les sentiments promis par le titre.

Son troisième album, L’Espoir, sort en 2008 et est accueilli comme plus positif. Il est brièvement classé numéro 1 en France. « Je ne te reconnais plus », avec Olivia Ruiz, ne somme pas comme Cali d’avant, avec des samples comme dans le rap :

Ses paroles me laissent un peu perplexe : « tu écoutes le jazz juste pour être accepté ». Croyez-moi, j’ai toute une collection de jazz, mais aucune idée de quoi il parle ! « 1000 cœurs débout » a des paroles bien Cali, mais ne le sonne pas. J’apprécie tellement le sentiment du « Droit des pères », mais c’est plus un discours qu’une chanson. Je note que Cali a aidé la création d’une association, Les Papas = Les Mamans, qui travaille pour exactement le droit des pères de rester actifs dans la vie des enfants après un divorce, et vous savez que rien n’est plus important pour moi.

Son quatrième album, La vie est une truite arc-en-ciel qui nage dans mon cœur, est jugé « plus rock, moins engagé » par les critiques — qui ne l’aiment pas. Il ne se vend qu’à 80 000 exemplaires. Moi, j’aime bien « L’amour fou », moins d’un discours que beaucoup de sa musique d’avant :

Mais on veut engagé ? Il y a « Lettre au Ministre du saccage des familles et des jeunes existences dévastées ». Je ne plaisante pas. « Je regarde mes dix-sept ans » me rappelle un peu « A Pirate Looks at Forty » de Jimmy Buffett — pas la musique, mais le même thème mélancolique de vieillir.

Son cinquième album, Vernet-les-Bains, est un hommage à son village aux alentours de Perpignan. Télérama dit de cet album que c’est « comme quand on se réveille avec une gueule de bois ». Je ne sais pas — « Ce soir je te laisse partir » n’est pas plus déprimant que son œuvre du passé !

« La grotte des amoureux » a plus l’air « gueule de bois ».

L’âge d’or, sorti en 2015, n’a pas connu de succès même si les critiques l’aimaient. « La vie quoi ! » profite de techniques de production plus modernes que d’hab chez Cali. Je l’aime bien :

Je me demande s’il écoutait « Fields of Gold » de Sting juste avant d’écrire « Le grand chemin ». Je l’aime bien aussi.

Il y a deux albums de plus, sortis en 2016 et 2020, mais à vrai dire, j’ai assez entendu pour avoir mon avis. J’ai écouté juste « Annie Girardot », mais il n’y avait qu’une référence à l’un de ses films et je ne sais même pas lequel.

Que penser de Cali ? Il n’est pas un grand chanteur, mais je veux être gentil. Il n’a pas de voix particulièrement forte, sa musique est toujours compétente mais n’a que rarement des mélodies intéressantes, et ses textes font souvent envie de pleurer. Pourtant, je sais ce que j’ai vu sur le plateau de Taratata. J’ai l’impression que Cali est plus sympa sur scène que dans le studio. Si je n’ai pas particulièrement envie de l’ajouter à ma collection, j’aimerais toujours le voir en live si possible.

Ma note : J’irais au concert.

Je découvre Superbus

On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata. Cette fois, c’est Superbus, représenté sur le plateau de Taratata par sa chanteuse, Jennifer Ayache, avec Pascal Obispo (le sujet de l’entrée précédente).

Le groupe Superbus sur scène. Le plateau est illuminé en vert, et il y a 5 projecteurs qui pointent tous à la chanteuse.
Superbus au Dôme de Marseille, Photo par Olarcadia, CC BY-SA 3.0

Selon Wikipédia, le nom a été choisi par Mme Ayache d’un dictionnaire de latin :

c’est le cognomen du dernier roi de Rome, qui signifie « orgueilleux », « fier », « superbe »

Superbus, Wikipédia

Cependant, Nagui l’a prononcé avec une pause entre « super » et « bus », de manière qu’il m’a fait penser que l’on parlait d’un bus très apprécié (pour des raisons inconnues).

Jennifer Ayache est la fille de Chantal Lauby, la célèbre actrice, et de Jean-Pierre Ayache, un inconnu, ce qui est particulièrement surprenant vu que sa mère faisait partie plutôt des Nuls. (Je serai ici toute la semaine, goûtez le veau.) À l’âge de 14 ans, sa mère l’a envoyé au Texas pour apprendre l’anglais (oups) et étudier la musique. En 1999 après son retour, à l’âge de 16 ans, elle a fondé Superbus avec le guitariste Michel Giovannetti.

En 2002, le groupe sort son premier album, Aéromusical, dont le premier single est « Tchi-Cum-Bah ». Le titre ne veut rien dire ; dans le clip, il sert dans le même rôle que des mots écrits sur les pages de BD des années 50 ou 60, pour donner des « effets sonores » à des bagarres :

C’est assez agréable. Les autres singles de l’album sont Superstar et Into the Groove, dont elle chante en anglais. Son accent est pas mal ; si je ne savais pas de qui il s’agissait, j’aurais cru la chanteuse américaine mais pas californienne. De toute façon, l’album s’écoule à 85 000 exemplaires — on disait un album d’argent à l’époque, mais de nos jours d’or.

Le deuxième album, Pop’n’Gum (anglais pour « soda et chewing-gum » ») sort en 2004. C’est moins bruyant que le premier album. Le premier single, « Sunshine » (lumière du soleil) est à moitié en anglais, à moitié en français, et 100 % mièvre — le refrain se traduit par « stp, bébé, dis-moi comment le soleil brille dans tes yeux » :

La chanson du titre semble avoir quelque chose à voir avec grandir (pas la pâtisserie à Kyoto), alors que son clip ressemble au film Monstres et Cie. « Radio Song », un autre single, continue l’habitude de passer de l’anglais en français, juste pour dire « nous sommes à la radio maintenant » en anglais. L’album se vend à 110 000 exemplaires, un vrai disque d’or. N’oubliez pas que ces musiciens ont 18 ans à ce point.

Wow, le troisième album, arrivé en 2006 et est enfin le grand succès avec 400 000 exemplaires vendus, ainsi que 5 singles sortis au fil d’un an et demi. Je le trouve pourtant plutôt mystérieux. Le morceau « Le Rock à Billy » est un calembour avec le mot « rockabilly », le genre d’Elvis Presley, mais la chanson parle d’un nommé Billy et ne sonne pas du tout comme Elvis :

« Travel the World » (Voyager autour du monde) est une chanson qui liste beaucoup de villes pour dire que le personnage de la chanson veut voyager avec vous. C’était nommé pour un NRJ Music Award comme chanson francophone de l’année, et franchement, je ne comprends pas du tout la raison pour ça.

Le quatrième album, Lova Lova est seulement la moitié du succès d’avant, mais 200 000 albums est toujours une réussite. Le titre parle d’une danseuse française qui travaillait sous le nom de scène Lova Moor dans des cabarets. C’est un grand changement de style, très électronique avec tout genre d’effet et moins de guitares :

Je préfère le dernier single de l’album, « Apprends-moi », mais à vrai dire, cet album n’est pas ma tasse de thé.

Le cinquième album, Sunset (Coucher du soleil) a été enregistré à Los Angeles en 2011 et est sorti en France début 2012. Sunset est le nom d’une rue très célèbre, surtout la partie qui traverse Hollywood. Il est possible que nous nous soyons croisés sans le savoir, car j’aimais parfois visiter ce quartier. (C’est où Arnaud Demanche a joué pendant sa visite.)

En fait, regardant le clip de « Smith’n’Wesson », dernier single de l’album (nommé pour un fabricant de pistolets), je sais que nous étions aux mêmes endroits, si pas en même temps. La colline de Hollywood est là, ainsi qu’une patinoire à roulettes que j’ai visitée pendant mes 3 ans de mort vivante à LA. (Ne soyez pas surpris ; on n’a qu’un choix dans ce quartier.)

Ce morceau est plus acoustique et mélodique que d’autres chansons de l’album, dont « All Alone ». Et ça, c’est un départ énorme pour Superbus.

Il y a deux albums de plus, mais j’arrêterai avec Sixtape (blague pourrie car c’est le 6e album, mais un calembour avec « sextape », des clips de l’acte sexuel censés être privés, mais évidemment sortis par des célébrités mineures qui espèrent trouver plus de notoriété, telles que Paris Hilton). J’arrête ici parce que selon de nombreuses sources, le groupe ne s’entendait plus, raison pour laquelle il fallait une décennie pour sortir un autre album. Sunset n’a pas connu de grand succès et leur travail après n’a presque rien vendu.

Le premier single de Sixtape, « Strong & Beautiful », sonne comme l’album précédent, mais sans les parties acoustiques :

« Jusqu’à la mer » est plus de la même chose. « Soul Sister » (Âme sœur) est une surprise agréable, un peu années 80.

Que penser de Superbus ? Le mot qui venait à l’esprit encore et encore était « agréable ». J’ai du mal à vous dire « Voilà, ceci est la partie que les fans chantent aux concerts ». Presque tout est facile à écouter, mais il n’y a pas de mélodies fortes et reconnaissables. Superbus est largement une véhiculé pour la voix de Mme Ayache et des clips bien tournés. J’ai l’impression qu’il y a des carrières solos qui les attendent, mais 20 ans ensemble est bien au-delà du groupe moyen.

Ma note : J’irais au concert si vous avez une place de trop.

La musique de mon Japon

Peut-être que vous pensez la plus grande nombre de pistes dans ma collection de musique vient de Rush. Après tout, ils ont sorti 19 albums studio, et je les ai tous. Si pas ça, Indochine, non ? Mais non. En fait, ce n’est pas proche du tout. Il y a 211 pistes de Rush et 197 d’Indochine (sans compter les albums Singles Collection et le Central Tour). Cependant, si je compte uniquement les pistes du plus grand compositeur de bandes-sonores de jeux vidéo, Nobuo Uematsu, il y en a 775. Et si j’ajoutais les contributions de ses collègues chez Square Enix — Masashi Hamauzu, Mitsuto Suzuki, Noriyasu Agematsu et Naoshi Mizuta, il y en aurait 174 de plus.

Il faut d’abord dire que puisqu’il s’agit de bandes-sonores, beaucoup de ces pistes ont été composées pour servir des buts très particuliers. C’est peut-être injuste de compter les airs très brefs pour sauvegarder les progrès ou dire « jeu terminé ». Mais même s’il me valait la peine de faire le tri, je suis sûr qu’il resterait deux fois la quantité des autres.

Évidemment, il doit y avoir quelque chose de valeur, au moins à mes yeux, pour acheter tout cette musique, un projet qui a commencé en 1995, avec l’achat de 3 disques pour la BO du jeu Final Fantasy III (de nos jours connu comme VI — plusieurs jeux sortis au Japon n’ont pas été commercialisés en Amérique du Nord ni en Europe).

C'est un arrière-plan très sombre, dans des nuances de violet. En bas, il y a un Moogle, une petite créature un peu comme un ours polaire qui marche sur deux pieds, avec des ailes de dragon. Le titre dit : « Kefka's Domain: la BO complète du jeu vidéo Final Fantasy III ».
Couverture de la BO de FF III pour les États-Unis, Source, ©️NTT Publishing

On pourrait dire, « Mais Justin, c’est un produit culturel, peut-être, mais ce n’est pas l’ongaku — désolé, la musique — que les Japonais écoutent eux-mêmes, non ? » Or, même si ça semble un peu ringard ([Plus qu’un peu. — M. Descarottes]), les compositeurs des BO pour les jeux et les animes sont des célébrités là, de façon impossible d’imaginer dans l’Ouest, sauf peut-être pour un John Williams ou un Vladimir Cosma. Il y a des concerts de cette musique au Japon, souvent joués par des orchestres de qualité.

Impossible de séparer la musique de Nobuo Uematsu des jeux Final Fantasy, mais il y a certaines choses que l’on peut dire qui ne comptent pas sur une connaissance de la série. Chaque nombre a lieu dans un monde différent (FF I se déroule dans un monde qui n’a rien à voir avec celui de FF II, etc. — mais tous les jeux dont le titre comprend « FF VII » se déroulent dans le même monde). Cependant, il y a certaines choses devenues traditionnelles au fil des 39 ans de la série, qui représentent un dialogue avec les fans.

Voici, par exemple « Le prélude », le générique du premier jeu. Malgré ses racines dans la NES, on reconnaît que c’est une série d’arpèges sur une harpe :

3 jeux plus tard, c’était toujours là, plus élaboré avec plus d’instruments :

Meme dans le neuvième volet, c’était toujours là — plus triste que jamais, un signe que ce jeu a marqué la fin d’une époque, et ne se dérouleraient plus dans des mondes médiévaux :

Après, les formes sont devenues différentes, mais c’est une signature aussi sûre qu’un blogueur qui écrit souvent « On continue maintenant le Tour… ».

L’esthétique appelée steampunk est fortement identifiée avec la culture japonaise, un mélange de haute technologie et de magie avec l’aspect de l’Europe du XIXe siècle. On le voit dans les navires volants dits « airships », à ne pas confondre avec les dirigeables, souvent appelés par ce mot en anglais. On parle de trucs comme ça :

C'est un navire avec 3 mâts et une hélice à la proue, volant dans un ciel bleu et un peu nuageux
Capture d’écran de l’introduction de Final Fantasy IV 3D, Source, ©️Square Enix

M. Uematsu a créé de la musique bien digne de ces merveilles fictives :

Pendant des décennies, il n’y a eu rien auquel les fans s’attendaient plus que découvrir le prochain air que M. Uematsu avait écrit pour les scènes de combat. J’oserais dire que la plupart d’entre nous est d’accord que le nec plus ultra vient de Final Fantasy VII :

« Mais Justin », me dites-vous, « quel rapport avec la musique traditionnelle japonaise, avec les kotos et les shamisens ? » Ça s’y trouve aussi :

Mais Uematsu-sama (le terme pour indiquer le plus profond respect) serait le premier à vous dire que ce n’est pas la grandeur de Final Fantasy, ni de la musique des jeux vidéo japonais. Un maître tel que lui est confortable avec l’orgue, même au point de citer Bach, pour le thème d’un méchant :

Mais aussi d’écrire dans un mode cinématique pour mon moment préféré de toute la série, quand les magiciennes Grenat et Eiko invoquent la chimère gardienne Alexandre pour protéger leur ville du dragon Bahamut :

La musique de mon Japon n’est pas celle des restos japonais, ou des palais des shoguns. C’est celle qui permet l’auditeur d’échapper à tout autre monde, qui pourrait être n’importe où dans l’univers. Même, n’oublions pas, la France.

Je découvre Pascal Obispo

On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata. Cette fois, on se retrouve dans une représentation de « Allumer le feu » de Johnny Hallyday, par Pascal Obispo, Superbus, Cali et Yarol Poupaud. On commencera avec Pascal Obispo.

Pascal Obispo (à gauche) avec Bénabar, Photo par Georges Biard, CC BY-SA 3.0

J’ai fait la connaissance de M. Obispo en décembre 2020, quand il a apparu dans le tout premier épisode de Taratata que j’ai vu, en duo avec Olivia Ruiz. Je voulais regarder l’épisode car Indochine allait y jouer, ainsi que Catherine Ringer. Si vous cliquez le lien, vous remarquerez aussi le début d’une signature du blog, mon habitude de mettre des mots dans la bouche de vous les lecteurs. Un mois plus tard, grâce aux efforts d’un ami belge qui m’a présenté Nostalgie Belgique, j’ai découvert ma préférée de ses chansons. On en parlera en bas.

Deux sourcils énormes, ainsi que le reste de Pascal Michel Obispo, sont nés en 1965 à Bergerac, mais en quelque sorte ne portent pas le nom Cyrano. Pourtant, à partir de ses 13 ans, il grandit à Rennes, où sa mère (qui ne venait pas de Bretagne) a décidé de s’installer après son divorce. C’est là, pendant ses années lycéennes, qu’il intègre à son premier groupe, dit « Words of Goethe » (Paroles de Goethe). Plus tard, il sera bassiste d’un autre groupe, « Evening Legions » (Légions du Soir). De cette période, on n’a que deux enregistrements — « Deux fois une vie », un extrait d’un album de groupes locaux pour le premier groupe, et un disque de 4 pistes pour le dernier. Il y a quelques idées intéressantes dans ces enregistrements, mais rien ne suggère une idole de la chanson française.

En 1988, il rejoint Senso, encore un autre groupe. Cette fois, plutôt que sortir son propre album, ils décident de faire partie du premier album solo de Pascal, Le long du fleuve. Cet album pue les années 80, même s’il est sorti en 1990, mais la France ne sait pas encore qu’un jour, la meilleure décennie de tous les temps lui manquera, et l’album est un échec. Voici un extrait, « Jeune révolution » :

EMI, sa maison de disques, vivement critiqué par les Sex Pistols dans une chanson éponyme, le vire après cet album, mais il signe chez Epic, où il sort Plus que tout au monde en 1991. La chanson éponyme est un petit succès ; un autre single, « Tu vas me manquer » (rien à voir avec la chanson de même nom de Téléphone), est classé 16e :

1994 voit son troisième album, Un jour comme aujourd’hui, son premier grand succès. J’aime bien la piste éponyme, mais c’est le single « Tombé pour elle » qui fait décoller les ventes avec un classement en 8e place. Le disque finira deux fois platine, avec plus de 500 000 exemplaires vendus.

Je ne peux pas mentir ; je trouve cette chanson agréable, mais pas plus. C’est bizarre d’être « puriste » pour les premiers travaux d’un artiste que l’on n’a pas écouté longtemps, mais je préfère son premier album.

Il est confirmé comme star avec son 4e album, Superflu, qui contient une belle dose de Zazie (qui est co-autrice de 3 chansons et chante en duo avec lui pour une). Cet album se vend à plus d’un million d’exemplaires grâce à de tels tubes que « Personne » et « Les meilleurs ennemis », avec Zazie. Il écrit une chanson pour elle. « Zen », classée #9 cette année-là.

En 1997, Zazie et Pascal travaillent ensemble sur « Allumer le feu » pour Johnny — elle écrit les paroles ; lui, la musique. Pascal participe aussi à l’album Savoir aimer de Florent Pagny, une réussite qui s’écoule à 2 millions d’exemplaires. Malheureusement, cette même année, un connard lui tire dessus en plein concert. Il lui faudra 22 pour retourner en Corse ; je le salue, car après ça, je n’y reviendrais jamais.

Pendant les quelques années suivantes, il se concentre sur une carrière de producteur, travaillant sur des albums de M. Pagny, Patricia Kaas et Natasha St-Pier. C’est donc un peu de sa faute que l’on a dû vivre les conflits stupides entre cette dame et Inès Reg. Il remporte une Victoire de la musique en 2004 pour son album Studio Fan – Live Fan, et le tour qui va avec, des homages à Michel Polnareff. (Ce dernier sera mieux connu plus tard comme personnage de dessin animé.) Cet album lui vaudra son seul classement #1, pour la chanson « Fan ».

2006 voit son 7e album, Les fleurs du bien — haha, même les anglophones connaissent Les fleurs du mal. Cet album, co-écrit avec le parolier Lionel Florence, contient de loin ma chanson préférée d’Obispo, 1980, avec un clip qui ressemble à un Rubik’s Cube :

Avec des saxophones — mon instrument — je pourrais pleurer, car ils ont largement disparus de la musique populaire. Je pourrais aussi faire sans ses grimaces dans le clip, mais je les pardonne, car j’adore vraiment ce clip. Ce sera son deuxième plus grand tube pour lui-même, classé #5 en France — cette même année, il écrira un #2 pour Natasha St-Pier, « Un ange frappé à ma porte ».

En 2007, il écrira une chanson classée #1 pour le parodiste Fatal Bazooka, Mauvaise foi nocturne, à laquelle il participe sous le pseudonyme « Vitoo ». Au-delà de « DJ Chris Prolls, » une bonne blague même en anglais, Fatal ne m’intéresse pas. Son 8e album, Welcome to the Magic World of Captain Samouraï Flower, sorti en 2009, n’est pas un succès, mais « Le Drapeau » est classé 6e.

Cet album marque la fin du grand succès de Pascal Obispo. De 2009 jusqu’au Covid, il aura une chanson classée 33e, « D’un Avé Maria », de son album de 2013, Le grand amour. Mais au-delà de ça, ses chansons sont désormais classées largement entre 100 et 200, hors le top 40 chacune. Cependant, en 2020, exactement au pire moment du monde, il revient avec une dernière chanson classée #1, « Pour les gens du secours », avec Pagny et Marc Lavoine :

Je ne sais pas si celle-ci compte comme retour, car il s’agit évidemment d’un moment et un message très particulier. Il a sorti deux albums de plus depuis ce temps, France et Le Beau qui pleut, mais malgré être classés #2 et #4, ni l’un ni l’autre a vendu plus de 50 000 exemplaires, pas comme ses millions d’avant.

Que penser enfin de Pascal Obispo ? Il a de bon goût musical, et a écrit au moins une contribution de légende à la chanson française, « Allumer le feu ». Cependant, à part ses liens étroits avec le son des années 80 au début de sa carrière, c’est difficile d’identifier un moment de sa carrière où il a atteint le niveau d’un Eddy Mitchell ou un Julien Clerc. Il n’y a rien de honteux là ; c’est clairement un musicien apprécié par ses collègues, un artiste capable.

Ma note : J’irais au concert si vous avez une place de trop.

Je découvre Françoise Hardy

On reprend maintenant le Projet 30 Ans de Taratata. Les 6 dernières entrées ont été consacrées à des artistes qui se sont réunis sur le plateau après leurs représentations individuelles pour chanter « Le temps de l’amour » de Françoise Hardy. Cette chanson a une longue histoire sur ce blog, et a joué un rôle important à plusieurs reprises. Mais au-delà de ça, je ne la connaissait que très peu avant d’écrire ce billet.

Françoise Hardy à Amsterdam en 1969, au bord d'une rivière. Elle porte un manteau lourd, en fourrure. La photo est en noir et blanc.
Françoise Hardy, Photo par Joost Evers / Anefo, Domaine public

Notre histoire ensemble a commencé en 2021, quand j’ai demandé de l’aide aux lecteurs pour trouver les sites dans une vidéo publiée par mon chapitre de l’Alliance française. Cette chanson était la bande-sonore. Plus tard, j’ai utilisé l’enregistrement de Taratata pour la grande finale du diaporama que j’avais préparé pour les 25 ans de l’OCA :

Le tout finit avec un dernier extrait de Taratata, où Sheila, Julie Zenatti et des autres chantent « Le Temps de l’amour », afin que mon diaporama finisse sur les paroles « On s’en souvient ».

Assemblée Générale

L’effet était électrique. Dans une salle pleine de gens âgés de 50 à 70 ans, j’avais déjà démontré que j’ai bien compris la culture — il y avait du Indochine, du Téléphone, du Patrick Bruel. Mais si je peux me vanter un peu, ce choix a remonté le temps beaucoup plus que les autres, et a montré une compréhension de qui ce public était au fond, l’histoire de tous avant de s’expatrier aux États/Unis.

Françoise Hardy est née en 1944 à Paris. Sa jeunesse était difficile, étant l’une de deux filles d’une mère célibataire (Hardy étant le nom de naissance de sa mère) et un père qui n’a pas reconnu ses filles jusqu’à beaucoup plus tard. Pire, elle passait beaucoup de ses années formatives auprès de ses grands-parents maternels, dont la grand-mère était très méchante. Mais jeune, elle montrait déjà de très bon goût en écoutant Radio Luxembourg, plus tard connue sous le nom RTL. Après avoir assisté à un concert de Johnny Hallyday, elle décide de tenter sa chance chez Pathé-Marconi ; les résultats sont mitigés, sans contrat, mais elle est encouragée à continuer. Plus tard en 1961, un deuxième essai chez Vogue, la maison de disques de Johnny, finit par lui gagner le contrat espéré.

Son premier 45 sort en avril 1962, avec 4 chansons, contient notamment « Oh, oh chéri », adapté d’une chanson américaine, « Uh oh » :

C’est un petit tube à l’époque — 2 000 exemplaires vendus en 3 mois — mais c’est la soirée du référendum sur le suffrage universel pour élire les présidents en octobre qui verra son premier grand succès. Cette élection vous a apporté l’affaire Bokassa, l’affaire Bismuth et un gouvernement avec Darmanin et Dupond-Moretti en même temps, alors je vous laisse décider si c’était une bonne idée. Mais c’était quand même une réussite pour la France — c’est-à-dire Françoise — car pendant la diffusion des résultats, elle apparaît dans un intermède musical pour chanter « Tous les garçons et les filles », aussi sur le 45. Le disque s’écoulera à 500 000 exemplaires en deux mois.

Étonnant que personne ne l’ait remarqué avant ! Ce 45 sera mélangé avec deux autres pour sortir son premier album studio en novembre, qui contient aussi « Le temps de l’amour », sur un air par un certain Jacques Dutronc pour son groupe, Les Fantômes.

En 1963, elle est choisie pour représenter Monaco au concours Eurovision, où elle joue aux côtés de Raymond Lefèvre, bientôt connu pour « La marche des gendarmes ». « L’amour s’en va » ne leur vaut que la 5e place, mais elle attrape l’œil du réalisateur Roger Vadim (ben, presque toute femme ayant un pouls faisait pareil chez lui), et elle fait son début cinématique dans un second rôle dans Château en Suède plus tard cette année.

À ce point, elle sort un disque 45 tous les 3 mois, et des traductions (chantées par elle) lui vaut de la renommée en Italie et en Angleterre. Sa « Catch a Falling Star » en anglais, sortie en 1964, ne fait pas grand-chose pour moi — sa voix est belle, mais pas comme Véronique Sanson ou Jeanne Added, elle a un fort accent :

Impossible d’écrire un petit sommaire de tous ses tubes de cette décennie. Parmi les plus grands se trouvent « Mon amie la rose », « L’amitié », « La maison où j’ai grandi », « Des ronds dans l’eau » et avec Serge Gainsbourg comme collaborateur, « Comment te dire adieu ». Ce dernier est important pour deux raisons : 1) c’est un grand changement de ses tubes entre 1963 et 1968, qui ont tous un certain son où elle chuchote au micro, et 2) c’est la fin de son temps chez Vogue, ce qu’elle poursuit en justice pour un contrat abusif.

L’autre grand changement de sa vie, c’est qu’en 1967, elle entre en couple avec Jacques Dutronc. Ce sera orageux, car il est tout sauf fidèle, notamment avec l’actrice Romy Schneider, mais vingt-quatre ans plus tard, en quelque sorte il sera un coup de foudre de la part de Françoise qui sera blâmé pour leur séparation.

Revenons à la musique. En 1970, elle a un tube modeste avec « Le Crabe », écrit par Étienne Roda-Gil, compositeur fréquent pour Julien Clerc. Mais les succès sont tout à coup rares, et elle est virée par sa nouvelle maison de disques après 2 ans. Thomas, son fils avec Jacques Dutronc, sera né en 1973, en même temps qu’elle aura son prochain grand succès, l’album Message personnel, produit par Michel Berger. La chanson éponyme, un grand tube, marque un changement pour elle, en interprète plutôt qu’autrice. Après, elle continue de servir comme son propre parolier, mais laisse la musique aux autres.

Fin 1974, elle sort Entr’acte, une sorte d’album-concept pour dire à Jacques que soit ils vivent ensemble à temps plein soit elle le quitte. Ils finissent par emménager ensemble. Mais il n’y aura pas de nouvel enregistrement de son côté jusqu’en 1977. Son 16e album, Star, met en vedette des collaborations avec Michel Jonasz, Catherine Lara et William Sheller. Le son de cet album est hyper-années 70 :

La fin de cette décennie, on la voit en plein mode disco avec « J’écoute de la musique saoule » :

Je vais beaucoup sauter, pourtant finir bien avant la fin de sa carrière. En 1988, elle sort son 21e album, Décalages, dont une collaboration avec Jacques, le premier en plus d’une décennie. Il avait écrit la musique, puis elle a écrit les paroles. Cette année-là verra le début de la fin de leur relation, mais pas le mariage, et c’est un peu d’une élégie :

En arrêtant ici, j’évite un reste de sa vie qui me met franchement mal à l’aise. L’histoire entre elle et Jacques est juste bizarre, le cancer qui l’a tué a fait toute une polémique sur l’euthanasie, et à vrai dire, sa souffrance méritait plus d’intimité que celle dont elle a bénéficié.

Que penser de Françoise Hardy ? Mettons de côté une vie qui cachait une longue série d’épreuves derrière un succès apparemment instantané. On a mentionné beaucoup moins de ventes que ce à quoi je m’attendais, parce qu’après les succès des années 60, les chiffres n’ont presque jamais atteint le niveau d’un disque d’or. Et beaucoup de ses chansons se ressemblaient, les unes aux autres, car elle ne s’est jamais consacrée à la tâche d’apprendre la musique comme une Zazie, peu importe Jeanne Added. Mais quelle voix, quel charisme, et en tant que symbole d’une décennie, elle était vraiment la reine de la chanson française des années 60. Si je dois finir par en conclure que « Le temps de l’amour » est son seul tube vraiment à la hauteur de « La dernière séance », de « New York avec toi », de « C’est comme ça » ou de « L’Aventurier », ça lui vaut quand même une place au Panthéon d’Un Coup de Foudre.

Ma note : J’achète l’intégrale.

Je découvre Sheila

On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata avec la chanteuse après Julie Zenatti, Sheila. Elle a chanté sa propre chanson sur le plateau, « Bang Bang ».

Sheila sur le plateau de l'émission 30 Ans de Taratata

Sheila est née Annie Yvonne Jeanne Gisèle Chancel en 1945 à Créteil. Ayant échoué des tentatives d’entrer l’Opéra national de Paris et la Maîtrise de Radio France pendant son adolescence, en 1960 elle entame une carrière de chanteuse avec un groupe amateur. Les Guitares Brothers. Ce groupe fait son début dans un casino breton, mais réussit enfin à passer une audition chez le Golf-Drouot. Là, le producteur Claude Carrère fait signer un contrat de 10 ans à ses parents, et lui donne le nom de scène « Sheila ». Carrère n’est pas un héros de cette histoire ; son plan d’affaires était de signer beaucoup de jeunes artistes pas chers et gagner les droits d’auteur — un modèle très commun dans ce secteur peu scrupuleux. Puisque elle a enregistré plus de 600 chansons, je me concentre sur sa carrière jusqu’au début des années 80.

Son premier tube est « L’école est finie » de 1963, écrit par Carrère et son partenaire commercial, Jacques Plait. C’est #1 en France ainsi qu’en Wallonie, une chanson très agréable et plein d’entrain.

D’autres singles — « Le Sifflet des copains » et « Papa t’es plus dans l’coup » suivent rapidement, et son premier album est une réussite. 1964 voit plus de singles à ce niveau, comme « Vous les copains, je ne vous oublierai jamais », une reprise de « Doo Wah Diddy Diddy », est un autre classé #1, et « Hello, petite fille », #5. Son deuxième album, Écoute ce disque, est encore un succès.

C’est ici où la tragédie frappe. Ce rythme de travail est épuisant : Sheila s’évanouit sur scène à l’âge de 18 ans et doit quitter les tournées pendant un an. Elle lâche pendant une interview avec France Dimanche que ses traitements pour l’anémie comprennent des hormones mâles et en conséquence, une rumeur la suivra pendant des décennies, qu’elle est en fait un homme. Même son accouchement en 1975 sera traité de faux pour cacher son sexe. Franchement, de toutes les choses que j’ai apprises en écrivant cette série, celle-ci est de loin la pire — elle n’a rien fait, et c’est injuste de façon qu’être méprisé pour infidélité (comme beaucoup de ces artistes) ne l’est pas.

Hors scène, Carrère hausse son rythme de travail dans le studio. 1965 voit 4 singles dans le top 10, dont le #1 « Le folklore américain ». J’aime très bien cette chanson avec son aire de cow-boy, même si à vrai dire, ça doit beaucoup plus à l’imagination française qu’à la musique américaine — ça ne me rappelle rien de mon côté de l’Atlantique :

1966 voit 3 tubes de plus, dont « L’heure de la sortie », qui s’écoule à plus de 300 000 exemplaires, et « Bang-bang », classé #2 et son choix pour Taratata. Le premier est très typique de Sheila. Le dernier est plus mélancolique que d’hab jusqu’à ce point, l’histoire d’un garçon avec qui la narratrice a grandi, le titre faisant référence au jeu de gendarmes et de voleurs.

1967 est aussi réussie que les années précédentes — « Adios amor », malgré le titre espagnol, est largement en français. C’est ce que vous les anglophones appelez un « slow », et atteint le #1 :

Avec plus de trois quarts d’un million d’albums vendus chaque année, il semble que Sheila est la reine de la chanson française. Mais on verra les premiers signes d’une chute. Son tube classé #1 de 1968, « Petite fille de français moyen » ne se vend qu’à 250 000 exemplaires, et n’a pas l’air d’un classique comme pas mal de ses autres jusqu’ici :

Apres 6 ans en haut des classements, Sheila n’aura rien dans les top 5 en 1969, « Arlequin » étant sa meilleure vente (#6, 200 000 exemplaires). 1970 est aussi une déception, même si « Reviens, je t’aime » atteint la 4e place. Franchement, c’est plus de la même chose et quelque chose doit changer.

1971 verra une sacrée rentrée. « Les Rois Mages » ne sera pas seulement #1 en France et en Wallonie, mais dans le top 10 en Espagne et en Argentine ! Ce n’est même pas un grand changement de style, mais de technique de production — avec ses effets de chorus, le son est hyper-moderne pour son époque.

En 1972, la tragédie frappera encore, mais lentement. Elle rencontre un chanteur nul et pas digne de son talent, Guy Bayle, dit Ringo. Les deux sortiront « Les gondoles à Venise » en duo en 1973, quand ils s’épouseront. Ce sera le dernier #1 pour Sheila en France (les Belges sont plus faciles). Ils vivront une histoire d’amour tendue jusqu’à leur divorce en 1979.

Même si Sheila n’aura plus jamais la première place, il y aura une dernière triomphe. Elle tournera vers le disco en 1975, quand « C’est le cœur » (une reprise de « Doctor’s Orders » en anglais) s’écoulera à 400 000 exemplaires, et « Quel tempérament de feu » à 500 000. La meilleure année de sa carrière suivra en 1977 avec plus de 1,6 millions de ventes, dont « Singin’ in the Rain », une reprise disco d’une chanson américaine, qui atteint le top 5 même en Suède :

Il faut que je ne mens pas. Cette chanson, dans sa version originale, était l’une de mes préférées jeune, au point où je l’ai même chantée dans un concours en primaire. Je trouve cette version disco horrible. Mais c’était l’époque, alors il faut lui pardonner.

En 1979, une collaboration avec Nile Rodgers — invité spécial pour ce Taratata de légende — donnera lieu au dernier single de sa carrière à dépasser 400 000 ventes, Spacer. Le clip sent bien Star Wars :

Son dernier tube de conséquence, Gloria, atteindra la 8e place et se vendra à 300 000 exemplaires en 1982, mais il n’est qu’une reprise — et traduction très fidèle — d’une chanson de même nom par Laura Branigan, chanteuse américaine. Après cette chanson, Sheila se rompra enfin avec Claude Carrère ; il y aura des procès entre eux, et elle considère qu’avec son influence, il a bien gâché sa carrière. Elle connaîtra encore plus de tragédie quand son deuxième mari souffrira deux crises AVC et son fils unique meurt d’une surdose de cocaïne.

Mais avec deux décennies de réussites sur la scène française, que penser de Sheila ? Elle n’a jamais eu l’habitude d’écrire ses propres chansons, alors c’est difficile de lui attribuer le même niveau de mérite qu’une Véronique Sanson ou bien une Zazie (Sheila a plus de talent vocal, mais c’est évident que Zazie a fait le maximum avec ses atouts). Pourtant, sa carrière des années 60 seule serait déjà assez pour l’assurer une place importante dans la chanson française, et même si les nouveautés des 30 dernières années n’ont rien de spécial, c’était bien évident en regardant Taratata qu’elle reste une artiste bien-aimée en live.

Ma note : j’irais au concert si vous avez une place de trop.

Manie Musicale

Je regrette de vous dire que ce billet fera mal aux oreilles, mais moi, j’ai souffert avant vous et je refuse de le faire seul !

Il y a une semaine, La Fille a commencé à me parler d’un concours annuel, Manie Musicale, comme si je devais le connaître. Je lui ai demandé si c’était comme les Victoires de la musique ou bien les NRJ Music Awards, mais elle ne les connaissait pas du tout. Il s’avère que dans un sens, Manie Musicale est beaucoup plus grande que ces autres concours plus connus en France. Pourtant, je soupçonne qu’il n’y a plus d’une lectrice habituelle qui la connaisse.

Vous voyez, Manie Musicale est un concours organisé par des profs de français dans 35 pays du monde pour faire connaître la musique française à leurs élèves. Et pas de classiques, car ce serait la même chose chaque année — il s’agit de nouveautés si obscures, la moitié des artistes n’ont même pas de pages sur Wikipédia !

Cependant, ce concours a une structure particulièrement américaine, un choix fait exprès. Heureusement pour vous, à moins que vous n’ayez vécu aux États-Unis, vous ne connaissez pas la tournée de basket de la NCAA, où les 64 universités qui payent le plus à leurs soi-disant « élèves » (qui s’en foutent de l’éducation ; ils sont là pour jouer au basket). Tout le pays sauf moi aime deviner qui sera le gagnant, quelque chose de très difficile — personne n’a jamais choisi tous les bons résultats. Voici le « bracket » de 2025 :

Ça montre le tournoi, 4 groupes de 16 équipes qui jouent dans des éliminatoires -- les gagnants des 4 groupes jouent dans 3 matchs pour couronner le champion national.
©️NCAA 2025

C’est un tournoi de 4 groupes de 16 — dans le premier tour, #1 jour un match contre #16, #2 contre #15 et ainsi de suite. On considère que c’est déjà très prestigieux de survivre jusqu’au groupe des 16 dernières équipes, les « Sweet Sixteen ». De toute façon, vous avez l’idée.

Manie Musicale fait pareil. Voici le « bracket » de 16 chansons :

©️Manie Musicale 2026

Tous lea jours, les élèves de la classe de La Fille écoutent deux de ces chansons, dans les paires montrées ici, puis votent pour leur préférée. Une fois qu’il y a 8 gagnants du premier tour, il y a un deuxième tour pour les réduire en 4 et ainsi de suite. Encore une fois, vous avez l’idée.

Ne me croyez sur parole, même après cette explication ; c’est les organisateurs qui font cette même comparaison dans une vidéo pour présenter le concours :

Mais quelle est cette musique ? Les chansons nommées pour les Victoires de la musique dans la catégorie « chanson originale » cette année étaient : « Fashion Designa » par Theodora, « Les filles, les meufs » par Marguerite, « Mauvais garçon » par Helena, « Soleil bleu » par Bleu Soleil et Luiza, et « Tant pis pour elle » par Charlotte Cardin. Luiza, qui je ne connais pas, est la seule artiste qui apparaît dans les deux listes, et non pour la même chanson.

Ces artistes sont largement inconnus. On a commencé avec « Extraordinaire » par un nommé Fredz. Monsieur est québécois et cette chanson vient d’atteindre la 24e place dans le classement québécois (uniquement de musique de la province) :

Au moins cette chanson a connu un classement ; son adversaire du premier tour, « Chapeau », par les Port-aux-Poutines, n’a pas fait ça — avec moins de mille abonnés à leur chaîne YouTube, la vraie question est comment ils font partie d’un tel concours :

La chaîne YouTube de la chanteuse Mahéva suggère qu’elle travaille en France, mais vous qui ne la connaît pas ? Purecharts, la référence pour ce sujet !

Résultats de rechercher Purecharts pour le nom Maheva ; il y en a 5, mais aucun n'est le bon
Capture d’écran

La Dépêche (le journal, pas mon bulletin) a écrit sur elle, mais Wikipédia ne la connaît pas non plus.

Je me suis trompé sur une chose. Il s’avère que l’Oli qui chante « Le musée imaginaire » est celui de Bigflo et Oli, alors il n’est pas du tout obscur. Soyez le bienvenu à chercher ce blog pour des articles sur le rap. Ouais, il n’y en a pas.

Boulevard des Airs existe depuis 2004 et est connu par Purecharts, mais pas son album de 2025 ni son single, « Je rentre à la maison » :

Billie du Page est apparemment une autre artiste québécoise, mais pas assez connue pour Wikipédia. Je ne suis pas arrivé à la trouver dans les classements québécois, mais avec 3 000 abonnés sur YouTube, il me semble que ce n’est pas une erreur de ma part.

Ni Purecharts ni Wikipédia connaît Lenaïg, qui me semble Tiktokeuse (est-ce un mot ?), mais avec 135 milliers d’abonnés sur YouTube, je peux au moins comprendre comment les profs derrière Manie Musicale l’ont trouvée. Son single « Aussi simple que toi » ne dérange pas, mais ne me fait pas avoir envie d’en écrire non plus.

Je finirai avec la seule artiste de Manie Musicale qui a connu un peu de succès chez les Victoires cette année. « Demain demain » de Luiza est vraiment pas mal, quelque chose des Caraïbes peut-être (ça semble au moins le lieu de tournage du clip) :

Mais vraiment, je dois demander, les profs, comment trouvent-ils ces artistes ? Est-ce que ça aidera à développer une vraie appréciation de la chanson française ?

Indochine à Paris

Avouez-le, en voyant le gros-titre, vous vous demandiez si j’étais sur un avion.

Hier, blogosth a publié un article sur la visite d’Indochine à Strasbourg pour l’Arena Tour. Alors que je suis évidemment si violet et vert de jalousie en même temps que je ressemble à un king cake de la Nouvelle-Orléans, je suis extrêmement reconnaissant qu’Oth m’a parlé dans ses commentaires de la diffusion dudit concert sur TMC. Heureusement que j’ai écrit « Mon guide à regarder la télé » avec toutes les infos nécessaires pour regarder les chaînes de TF1 aux États-Unis ! Alors, à 12h25, j’étais devant mon ordinateur pour regarder le concert. Malheureusement, un certain M. Kévin Drannoc (comme dit Il Est Quelle Heure) a réussi à gâcher mon aprèm en me distrayant pendant le concert . On en parlera demain. Pour l’instant, concentrons-nous sur le concert.

D’abord, voici un petit clip pour voir comment je le regardais ; c’est mon bureau, mais j’ai éteint la lumière afin de mieux voir l’écran. Je regrette que ces haut-parleurs ne fonctionnent en France, car ils sont vraiment parmi mes meilleurs équipements. J’ai tourné les clips qui suivent avec mon portable, car la leçon des 30 Ans de Taratata, c’est qu’enregistrer le streaming avec un VPN sur l’ordinateur ne marche pas très bien.

J’étais ravi de voir que Ludwig avait toujours toute sa batterie, car Babel Babel utilise beaucoup de batterie synthétisée :

Ludwig Dahlberg assis derrière la batterie, avec le logo TMC en haut à droite sur l'écran

Je dois — je n’aime pas faire ça — avouer que j’avais tort. Quand j’ai écouté Babel Babel, je vous ai dit qu’à mon avis, il n’y avait pas de refrain mémorable :

Chacune de ces paroles comptent sur des mélodies mémorables, et bien que beaucoup soient agréables, je galère à identifier celle que je fredonnerai demain.

Le bon refrain vient du Chant des cygnes, « Sois fort, plus fort encore ». Toute la foule la chante ensemble, presque autant que pour L’Aventurier ou Un été français.

Je trouve les images pour certaines choses inquiétantes, comme cette armée de singes avec des trompettes pour « La Belle et la Bête » :

Rang après rang de singes, chacun jouant une trompette (c'est de l'IA)

Quelque chose que j’aime chez Nico, qui est un modèle pour moi, c’est qu’il remercie souvent tous ceux qui rendent sa carrière possible — ici, il exprime sa reconnaissance pour être diffusé à la télé :

Oth m’avait écrit :

« Il n’y a guère besoin qu’il chante, car le public sait tout par cœur. » Cela s’est passé avec 3ème sexe, Nicola Sirkis a commencé la partie instrument au piano et a fait signe au public, waouh, je ne te dis pas l’impression que cela faisait !

Je suis raviraviRAVI d’avoir l’opportunité de voir ça pour moi-même, si seulement à travers l’écran. C’est ce que j’aime le plus chez les fans. J’ai essayé de me taire, mais vous pouvez m’entendre à 31 secondes. Oui, je pleure. J’aurais beaucoup donné pour être là. (Ou mieux, à Lyon, Rouen ou Strasbourg. Je suis prêt à voir plus du pays que Paris !)

Y a-t-il quelque chose que j’aime plus qu’Alice et June ? Seulement « La trinité » — Nos célébrations, Un été français et Un jour dans notre vie. Un jour, je dois écrire mon classement personnel du top 20 d’Indochine. Je ne pardonnerai jamais M. Drannoc pour son intervention ici.

Mais il faut finir avec ce qui reste pour moi la meilleure raison pour faire un aller-retour à travers l’Atlantique juste pour voir Indochine. Il y a toutes les autres chansons, puis il y a L’Aventurier. Il n’y rien qui réunit les fans comme celle-ci. Je suis heureux de l’avoir vue dans un stade plutôt qu’un Zénith ou même Accor Arena, car l’énergie d’une si grande foule n’a pas d’égale. Mais même avec moins de monde qu’au Stade de France, c’est facile de faire la comparaison avec les autres clips et reconnaître que même à la fin, c’est le moment auquel tout le monde s’attendait.