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Les disques Central Tour

Mon colis est finalement arrivé le 18. Voici les contenus :

Et dès qu’ils sont arrivés, j’ai fait une bêtise. (C’est ma semaine.) J’ai dû conduire une distance assez longue pour écouter, disons, les vingt premières minutes. Le premier des 3 CDs commence avec Nos Célébrations, exactement comme au concert (extrait en bas). Mais ce n’est pas un enregistrement pris des micros sur scène juste aux moments où le groupe joue. C’est plutôt un documentaire de l’évènement, avec l’ambiance de la foule, et tout le parler de Nico entre les chansons. Et exactement comme au concert, j’étais dépassé par le souvenir d’avoir été là quand le groupe est monté sur scène, et j’ai commencé à pleurer. Faut pas pleurer en conduisant !

(Il y a certaines chansons qui marchent bien pour ça. Voici deux armes pour m’arrêter net, n’importe où.)

Je veux être bien clair : la raison d’être (désolé pour l’anglicisme) de ces disques, ce n’est pas écouter la musique, pour autant que je l’aime. Les albums servent le mieux à ce but. C’est plutôt le parler et la foule. C’est passer un moment absolument magique avec Dimitri Bodiansky, leur ancien saxophoniste, quand cette foule hurle son approbation pour le revoir. C’est écouter les « encore plus fort » pendant « Marilyn » ou les « woo » pendant « Miss Paramount ».

Les 3 CDs font 2h30 au total ; le film comprend une heure entière d’autres choses, dont un tour de la tour au centre du stade, et un enregistrement de la chanson « Atomic Sky », qui ne fait pas partie des CDs. C’est un petit truc qui ne m’aide même pas, parce que j’ai acheté le bon lecteur pour le Blu-Ray Zone B il y a longtemps, mais ce disque est pour tous les zones. Les fans au Pérou et au Québec n’auront pas besoin d’un lecteur spécial juste pour le jouer.

Honnêtement, je ne sais pas quand je le regarderai. En écoutant les CDs, je suis encore une fois au courant du point auquel j’ai dû prendre le voyage fou. Exactement au même point qu’avec Putain de Stade, on regarde pour expérimenter un peu être au milieu du spectacle. Mais cette fois, j’étais . Je pense aux mots que j’ai écrits au début — j’ai le mal du pays pour un pays que je n’ai jamais visité — et je les ressens à nouveau. Encore plus fort.

Le film du Central Tour

Mon anniversaire approche la semaine prochaine (nooooooon), en presque même temps que l’évènement le deuxième plus important de l’année. C’est à dire le film du Central Tour d’Indochine, à apparaître le 23 et le 24 novembre.

Et bien sûr, je pensais à écrire un post pour dire « on part pour faire nos achats de nougat », juste pour vous taquiner, mais honnêtement, même si je pouvais voler juste n’importe quand, le 24 novembre, c’est le Thanksgiving ici. Je serais mort si j’étais pas à table chez mes parents. (Pourquoi jamais l’inverse ? C’était quoi le problème avec mon Thanksgiving français ?)

Heureusement, le groupe a gentiment pensé à ses fans à l’étranger. Alors le film sortira dans des pays bien connus pour leurs grandes populations francophones, comme le Pérou, l’Australie, et l’Allemagne. (Au fait, j’ai pas de dent contre les péruviens — il y a de vrais fans là-bas, mais aucune visite du groupe depuis 1988 (lien en espagnol)). Bon, il sera aussi au ciné au Québec en décembre. Mais non, je ne vais pas vous dire « Je pars pour une assiette de poutine ».

J’entends parler que le même film sortira plus tard sur DVD. Je l’achèterai, bien sûr, mais l’expérience à la maison ne sera pas du tout comme au ciné. Si on peut avoir un festival de cinéma français à Los Angeles pendant 4 jours, pourquoi pas une séance une fois là-bas ?

Non, mais sérieusement, qui va le voir en Australie ? Des kangourous et des koalas ? Nous avons aussi de l’eucalyptus ici, Nico ! (Est-ce évident à quel point je suis jaloux ?)

Over There

C’est quoi, ça ? Un article chez Un Coup de Foudre intitulé en anglais ? Sûrement vous hallucinez. La prochaine fois, ne cueillez pas les mauvais champignons, hein ? Non, mais sérieusement, comme dit toujours M. Jours d’Humeur.

Aujourd’hui est le 11 novembre, connu en France sous le nom Jour de l’Armistice ou Jour du Souvenir. Également observée aux États-Unis comme Veteran’s Day, nous nous souvenons de la Grande Guerre, la Première Guerre mondiale. C’est à cause de cette guerre qu’il existe le tombeau du soldat inconnu à l’Arc de Triomphe (que j’ai visité l’année dernière). Vous connaissez mieux que moi les traditions françaises autour de ce jour, alors je vais vous partager une autre histoire, de la chanson patriotique américaine de l’époque et son compositeur, George M. Cohan.

D’abord, la chanson. Elle s’appelle « Over There, » ou en français, « Là-bas ». Dans ce contexte, là-bas veut dire l’Europe. Cette chanson a été écrite en 1917 pour inspirer le public américain de lutter contre les Huns, le nom des barbares qui étaient les ancêtres des Allemands modernes (en fait, on les a confondus avec les Goths, mais laissez tomber). Ne me regardez pas comme ça, j’ai rien ajouté ! ([On sait quand même ce à quoi vous pensiez. Les Boches. — M. Descarottes])

Voici ma traduction des paroles du refrain (la seule partie chantée toujours), encore une fois sans essayer (trop) de garder les rimes :

Là-bas ! Là-bas !
Envoie un mot, envoie un mot là-bas !
Que les Yanks viennent, les Yanks viennent,
Les tambours sonnant partout !
Attention, dit une prière,
Envoie un mot, envoie un mot pour se méfier,
Que nous serons là, que nous viendrons là,
Et que nous reviendrons pas jusqu’à ce qu’il finisse là-bas !

On ne chante plus les autres vers, car ils sont plutôt offensifs aux Huns Allemands. On peut facilement les trouver sur Wikipédia, et voici un petit goût. Souvenez-vous qu’en anglais, fusil veut dire « gun » et ça rime avec tous les deux « Hun » et « run » (courir, qui apparaît ailleurs dans la chanson) :

Johnny, prends ton fusil, ton fusil, ton fusil.
Johnny, montre aux Huns que t’es une vieille fripouille !*
Hisse le drapeau et laisse-le voler,
Yankee Doodle, faire ou mourir

*Selon Google, « vieille fripouille » est la bonne traduction pour « son-of-a-gun, » littéralement « fils d’un fusil », un terme affectueux qu’on utiliserait sinon un peu comme « fils de pute ». Je ne le connaissais pas du tout avant d’écrire cet article

Le compositeur et parolier, George M. Cohan, est un personnage passionnant dans l’histoire de notre musique populaire. Le fils d’immigrants irlandais, il était également connu pour ses comédies musicales que ses chansons patriotiques, et il y a de nombreux exemples de chacune. Il a presque inventé tout seul l’idée des comédies musicales avec un « livre » — le term de « show-business » pour un scénario qui se déroule entre les chansons. Lui, il est venu de la plus vieille tradition de ce qu’on appelle « vaudeville », des spectacles de variétés où il n’y avait aucune intrigue. Évidemment le mot existait en français, mais mon dictionnaire Oxford m’a conseillé plutôt « variétés ».

C’est M. Cohan qui est largement responsable pour populariser l’idée que l’on s’appelle les Yankees ou Yankee Doodle. Pour être clair, le nom est connu depuis au moins notre Révolution, où il faisait partie d’une chanson impolie des soldats britanniques. Naturellement, comme notre hymne national, nous l’avons adopté comme médaille d’honneur. Mais M. Cohan l’a élevé au rang d’œuvre d’art ! Parmi ses chansons des années 1910s jusqu’aux 1940s, on trouve You’re A Grand Old Flag (Vous êtes un grand vieux drapeau), Yankee Doodle Boy (Le garçon Yankee Doodle), et I Want to Hear a Yankee Doodle Tune (Je veux écouter une mélodie Yankee Doodle).

Il n’y a pas de meilleur exemple de ce que je veux dire que ces paroles de Yankee Doodle Boy, qui mélangent tous nos stéréotypes patriotiques en quelques mots :

I’m a Yankee Doodle dandy,
A Yankee Doodle, do or die;
A real live nephew of my Uncle Sam,
Born on the Fourth of July.

Je suis un dandy Yankee Doodle
Un Yankee Doodle faire ou mourir
Le neveu vivant de mon Oncle Sam
Né le 4 juillet

Les reprises

Il y a une longue tradition d’emprunter des chansons aux autres cultures partout dans le monde. Par exemple, nous deux avons également emprunté « Ô Tannenbaum » aux Allemands — en français, c’est « Mon beau sapin » et en anglais, c’est « Oh, Christmas Tree. » (Au fait, si vous cliquez les deux liens, « Mario Lanza » est la traduction en anglais de « Tino Rossi » en français — sérieusement, les deux occupaient exactement la même place dans les deux cultures.) La chanson de Claude François, « Comme d’habitude », est devenue « My Way » aux mains de Paul Anka et Frank Sinatra. Ces trucs sont bien connus.

©️2020 Polydor

Mais l’année dernière, quand j’ai acheté une collection de Marie Laforêt, j’étais bien surpris par deux chansons, « Il a neigé sur Yesterday » et « Marie douceur, Marie colère ». Le premier m’a rappelé « Yesterday », des Beatles, même si je ne pouvais pas mettre le doigt sur la bonne mélodie. Mais le second était exactement « Paint It Black » des Rolling Stones ! Qu’est-ce qui se passait ? Sans plus d’infos, je l’ai oublié jusqu’à cette semaine, quand on m’a partagé cette chanson de Sylvie Vartan :

C’est bien évidemment « Sweet Dreams » des Eurythmics, mais ces paroles :

Déprime à quoi tu rimes
Avec ton parfum d’aspirine

Paroles.net

viennent d’une autre galaxie ! (Plutôt comme Capitaine Flam.) L’anglais original, c’est :

Sweet dreams are made of this
Who am I to disagree?

Genius

On les a traduites en français sur le site tres utile LyricsTranslate comme ça :

Les beaux rêves sont faits de ça

Qui suis-je pour être en désaccord?

LyricsTranslate

C’est très littéral, ce qui n’est pas à dire que je pourrais faire mieux. Mais on est très, très loin d’aspirine. De toute façon, je l’ai mentionné à des amis, et l’une d’entre eux m’a répondu qu’il m’a fallu écouter ceci :

J’hallucine. C’est la seule explication possible. On parle de la chanson qui a lancé MTV :

La version de Ringo commence :

J’arrive de loin et ma fusée fuit de partout
Je cherche mon chemin pour aller à ton rendez-vous
Mais mon radar et mon moteur ont tourné fous…

Paroles.net

Encore une fois, LyricsTranslate nous aide avec la version originale :

Je t’ai entendu à la radio en 1952

Dans mon lit sans dormir, bien décidé à trouver ta fréquence

J’avais beau être jeune, je te captais très bien

LyricsTranslate

Mon dictionnaire Oxford me dit que « régler sur » aurait été un meilleur choix pour « tuning in » que « trouver » dans la deuxième phrase, mais peu importe. C’est bien évident qu’encore une fois, l’un n’a rien à voir avec l’autre.

Nom de Sam Hill, qu’est-ce qui arrive ? J’ai du mal à trouver une seule explication. Après avoir écouté les chansons de Marie Laforêt en haut, un ami m’a dit qu’à l’époque, sous l’influence du général de Gaulle, les radios français voulaient éviter la polémique. Mais la seule preuve que je suis arrivé à trouver en ce qui concerne la musique et le général, c’est que son gouvernement a « déconseillé » la chanson « Les Ricains » de Michel Sardou. Cette polémique n’a rien à voir les groupes britanniques ! Un long article du Point traite de la chanson de Sylvie Vartan et dit qu’elle avait vraiment besoin d’un nouveau titre à une époque où les reprises connaissaient beaucoup de succès en France. Mais rien suffit vraiment pour expliquer le manque de fidélité aux thèmes originaux, sauf pour les problèmes évidents des traductions littérales en ce qui concerne les mélodies.

Il me semble tout de même que c’est un phénomène du passé. De nos jours, j’écoute NRJ ou RTL sur Internet, et il y a toujours plein de musique en langues étrangères, surtout l’anglais et l’espagnol. Et c’est exactement à ces moments quand je me dis « C’est quoi, tout ça ? J’écoute toujours la radio d’ici ? » Dites donc, à chacun ses goûts, mais c’est exactement ce à quoi j’essayais d’échapper !

La relation inconnue entre le rap américain et le jazz français

Je ne vais pas vous dire qu’on parle d’un sujet où je suis expert. Mais cette semaine, j’ai lu un article dans Rolling Stone (lien en anglais) qui parle de la relation du rap américain avec un album en particulier, Troupeau Bleu, par un groupe de jazz français, Cortex, sorti en 1975. La thèse de l’article, c’est que les rappeurs américains samplent cet album depuis environ 2004 sans crédit propre (jusqu’à ces dernières années), et Cortex est donc un père fondateur du rap moderne.

©️Cortex

Si c’est vrai, vous nous devez vos excuses. D’autre part, il n’y aurait pas de Jul ni de Gims s’ils n’avaient jamais écouté du rap américain, alors… dites donc, des erreurs se sont produites, il y a de bonnes personnes des deux côtés, etc.

On peut écouter tout l’album Troupeau Bleu sur le site Bandcamp ou en bas :

Quoi dire de l’album lui-même ? Ils ont clairement écouté pas mal de jazz américain, dont Miles Davis et John Coltrane. Je dirais aussi que leur chanteuse à aussi écouté Lani Hall, qui travaillait avec Sergio Mendes, en boucle. À mon avis, l’album est plus compétent qu’intéressant — ils jouent avec plein d’idées, mais il ne m’attire pas assez pour l’acheter.

Mais ce qui nous intéresse, c’est le rap (catégorie : phrases que l’on ne relit pas deux fois ici). On peut voir à quel point les rappeurs ont adopté cet album avec l’aide du site WhoSampled, qui partage des listes des morceaux dans un album avec des liens vers tous les morceaux qui les ont copiés. Voici le lien de WhoSampled pour Cortex. En particulier, il y a 36 chansons qui utilisent leur chanson Huit décembre 1971 et autant de chansons qui utilisent Chanson d’un jour d’hiver.

Écoutons des exemples. Pour commencer, voici Huit décembre 1971 :

En 2004, on le trouve dans ce morceau du rappeur MF DOOM. Le clip commencera au bon moment :

Voici Chanson d’un Jour d’Hiver, qui commencera à 0:42, parce que c’est la partie…

…que l’on entend dans ce morceau de Lupe Fiasco :

En total, WhoSampled a 166 exemples de chansons qui réutilisent des morceaux de Troupeau Bleu. Avouez-le, vous ne saviez pas que ce site existait, et maintenant, vous avez peur de découvrir plus de horreurs. Et pas toujours des rappeurs. Allons-y !

Voici un tube de France Gall de 1964, Laisse tomber les filles :

Sa voix réapparaît dans ce morceau d’un type qui ne sait pas épeler, « The Weeknd » :

Vous connaissez sûrement « Le Temps de l’Amour », de Françoise Hardy, dernièrement vue ici en tant que la bande-sonore d’une vidéo de l’Alliance Française :

Mais qu’est-ce que ce gars californien a fait ?

Même Indochine est coupable ! Voilà, Punker de l’album Paradize :

Le début copie une chanson chinoise :

En fait, Nico est un si grand cambrioleur, il a même volé la musique d’une chanson de 1792 !

WhoSampled est un peu un trou noir, où on peut rester bloqué en recherchant tous genres de musique. Mais pour revenir finalement à nos moutons, vous devrez rechercher longtemps pour trouver un autre album français avec autant d’influence aux États-Unis que celui de Cortex.

Une coïncidence amusante

Je vous ai récemment mentionné l’expression anglaise « We’re all in the same boat » (Nous sommes tous dans le même bateau). Voilà, dans la nouvelle vidéo de Moby avec Saint-Nicola-Sirkis :

Quant à la chanson, bof. C’est Nico, et j’écouterai tout et n’importe quoi qu’il sort. Mais Moby, également que Christine and the Queens, n’est pas mon truc.

La vie en chansons

Je crois que je n’ai jamais participé aux « tags » de blogs ; en général, il y a autant de colonnes régulières ici pour me garder bien occupé. Mais j’ai récemment vu celui-ci — décrivez votre vie par des titres de chansons — à La lectrice en robe jaune et à L’autodidacte aux mille livres, et je me suis pensé « D’un côté, je pourrais juste citer les Singles Collections d’Indochine. D’autre côté, j’ai peut-être des trucs à partager que personne d’entre vous ne connaît déjà. » Alors j’ai décidé de l’essayer de ma façon.

Vous voyez ce dernier lien ? Il y a beaucoup de la langue française que j’entends dans la tête par le moyen de chansons. Ou de films. Ce sont souvent la seule fois où j’ai entendu des mots à haute voix. On écrit « C’est comme ça » ; je l’entends dans la voix de Catherine Ringer. On écrit « Qu’est-ce qu’il y a ? » ; j’entends Bourvil dans Le Corniaud. C’est une relation que je n’ai avec aucune autre langue. Alors, on y va :

Décris-toi : Un jour dans notre vie, Indochine

Je ne suis qu’un type. Mais j’appelle celle-ci mon générique car pour moi, le message est qu’en un instant, tout peut changer.

Comment te sens-tu : Roads to Madness, Queensrÿche

On traduirait ce titre comme Des chemins vers la folie. Pour moi, le blog est une évasion, une opportunité de ne pas penser au fait qu’on m’en veut pour tout et n’importe quoi.

Décris là où tu vis actuellement : Costa del Sol, Nobuo Uematsu

Ouais, je l’appelle Elbe-en-Irvine car ça m’amuse. Mais celle-ci est exactement tout ce dont tout le monde pense quand on parle de la Californie du Sud. En français, on dirait Côte du Soleil.

Si tu pouvais aller n’importe où, où irais-tu : Un été français, Indochine

Depuis le début, on est maintenant à 265 000 mots sur ce sujet et rien d’autre. J’ai même monté sur le toit de La Grande Arche de La Défense pour l’exprimer.

Ton moyen de transport préféré : Red Barchetta, Rush

L’une de leurs meilleures chansons de leur meilleur album, et basée sur une histoire qui est apparue dans le magazine Road & Track. (Une Barchetta est un vieux modèle de Ferrari.)

Ton / ta meilleur(e) ami(e) est : My Favorite Headache, Geddy Lee

Le titre signifie « Mon mal à tête préféré ». Je l’adore, et on parle tout le temps depuis 28 ans, mais…disons que l’on connaît très bien les conneries de l’autre !

Toi et tes amis, vous êtes : The In Crowd, Ramsey Lewis Trio

Hahahaha, je plaisante ! « The in crowd » est une expression qui veut dire les gens les plus « cool, » les plus populaires. On est vraiment des… tarés ? Intellos ? J’sais pas moi. Aux fêtes, on dirait « wallflower » en anglais, littéralement « fleur de mur ». Vous comprenez, sûrement, mais je voulais une excuse pour partager la chanson.

Comment est le temps : Hot, Hot, Hot, Buster Poindexter

« Hot » = chaud. Il fait 35°C pendant la journée cette semaine.

Ton moment préféré de la journée : Tonight, Tonight, Tonight, Genesis

Peut-être que vous connaissez celle-ci à cause de Phil Collins. « Tonight » veut dire « ce soir ». Le soleil et moi ne sont pas de grands amis car je suis pâle. Mais en fait ma chanson préférée de l’album est Invisible Touch.

Qu’est la vie pour toi : L’Aventurier, Indochine

J’ai fait tout ça juste pour l’écouter. J’ai au moins un peu le droit, même si à mon avis c’est mon amie rouennaise, expatriée deux fois, qui mérite vraiment le titre.

Ta peur : I’ll Sue Ya, « Weird Al » Yankovic

Le meilleur parodiste en anglais depuis les années 80s. Le titre veut dire « Je te poursuivrai ». Relis la deuxième entrée pour mieux comprendre.

Quel est le meilleur conseil que tu as à donner : Everybody Plays the Fool, Aaron Neville

C’est-à-dire littéralement « Tout le monde joue l’idiot ». J’en suis un expert.

Pensée du jour : Eat Steak, Reverend Horton Heat

« Mangez du steak ». Toujours un bon conseil. Aussi une chanson très drôle.

Comment aimerais-tu mourir : Everything Must Go, Steely Dan

On peut traduire ce titre comme « Tout doit partir », mais on dit ça en anglais surtout quand un magasin doit fermer et se débarrasse de tout. Je n’aimerai pas trop ce moment.

La condition actuelle de mon âme : Every Day I Have the Blues, Joe Williams

« Tous les jours j’ai les blues ». Mais il faut comprendre que l’on parle de la musique et son attitude, pas vraiment d’être dépressif. Et M. Williams est à mon avis notre meilleur chanteur du XXe siècle. Je pleure quand je considère que vos radios ne jouent que de nos cons comme Jay-Z et Eminem. Il y a une meilleure tradition musicale ici.

Vraiment, j’aurais pu écrire une liste avec seulement Indochine, Les Rita Mitsouko, Marie Laforêt, et Pascal Obispo, mais j’espère que celle-ci était plus intéressante !

Le Trio des Déesses

Aujourd’hui, on fête le lancement du nouvel album de Laurence Manning, bien connue aux lecteurs ici car ce blog n’existerait pas sans son influence. Cette fois-ci, c’est une occasion spéciale (bon, c’est toujours le cas quand il s’agit de la musique de Laurence) parce qu’elle est rejointe par deux collaboratrices pour la première fois. On souhaite la bienvenue à la violoniste Daphnée Sincennes Richard et la violoncelliste Lou Dunand-Vincent. Leur album, « Trio of the Goddesses » (Le trio des déesses) est disponible à partir de maintenant sur la boutique de son site et également sur le site Bandcamp. Avec l’autorisation de Laurence, il y aura en bas quelques petits extraits de l’album. (Pour être clair, j’étais supporter de la campagne Kickstarter qui a payé cet album, mais je n’ai aucun intérêt financier dans son succès.)

©️Laurence Manning Productions

D’abord quelques informations d’arrière-plan. Cet album est un hommage à la musique de la série de jeux vidéo « The Legend of Zelda. » Selon l’histoire de la série, il y a trois déesses — Din, Farore, et Nayru — qui sont chargées de la magie dans le monde d’Hyrule (où la série a lieu). Elles ont créé trois artefacts magiques, les Triforces du Pouvoir, du Courage, et de la Sagesse, et les intrigues se déroulent souvent autour de ces artefacts. Il y a d’autres versions de l’histoire avec seulement une déesse, Hylia, mais laissez tomber — même avec un livre de 276 pages, l’histoire d’Hyrule est bien compliquée. Pour l’instant, ce qui compte est la signification du numéro trois dans cette série et les déesses qui empruntent leurs noms au disque.

Il y a 17 morceaux sur l’album, tous composés originalement par des employés de Nintendo, mais adaptés pour le trio par Laurence. Elle a déjà sorti de nombreux morceaux de cette série en tant que pianiste soliste, mais pour ce disque elle a fait de tous nouveaux enregistrements, même quand elle a revisité certaines chansons. Par exemple, voici sa version originale de « Midna’s Lament » du jeu « Twilight Princess » :

Et voilà la version de la même chanson en trio :

Ce que j’ai toujours apprécié le plus chez Laurence, c’est son sens de ce qui servira la musique, de ce qu’on peut ajouter sans perdre son caractère. Ses arrangements sont toujours très fidèles aux originaux, peu importe à quel point ses compétences dépassent les structures simples des plus vieux morceaux. Voici un clip de la générique originale du tout premier jeu :

En ce cas, le tempo s’est ralenti, mais la musique va mieux avec l’idée d’une cour royale où on rencontrerait une princesse comme Zelda (qui a un destin beaucoup plus lourd que la Princesse Peach des jeux Mario) :

Ici, le trio joue « The Dark World » (Le Monde des Ténèbres) du jeu « A Link to the Past« . Le tempo est un peu plus lente que la version originale. Mais comme je vous ai dit, les arrangements de Laurence servent toujours la musique. Cet endroit dans le jeu est stressant pour le héros, et l’effet est obtenu dans la bande-sonore avec un tempo très rapide car franchement, les instruments synthétisés manquent la sonorité requise. Laurence comprend très bien ce qui est l’essentiel et réussit à obtenir le même effet par la puissance des cordes :

Un vrai régal dans ce disque, un morceau peu connu avant chez moi car j’ai raté « Twilight Princess, » c’est quand Daphnée Sincennes Richard est mise en vedette pour « Orchestra Piece #1 » (version originale). Même si vous ne l’avez jamais entendu, vous serez d’accord que c’est une performance époustouflante :

En résumé, ce disque est un grand tour de la musique de Zelda, où la moitié de la série est représentée, toute jouée à haut niveau. Bien que Laurence fasse toujours ses meilleurs efforts, il y a certaines séries pour lesquelles elle a clairement quelque chose de spécial — surtout Mario, Castlevania, et Zelda. Avec Daphnée et Lou, elle a trouvé une nouvelle formule qui lui servira très bien, j’attends donc avec impatience son prochain album. Disons qu’il y a déjà des indices.

Mes 90 000 amis les plus proches

Je dois gagner au moins deux posts après un voyage en France, peu importe la durée (ou Ladurée). En plus, le concert était LA raison pour faire quelque chose de complètement fou. Alors, valait-il la peine ? D’abord, voilà une petite vidéo que j’ai fait avec mes moments préférés. Je dois vous prévenir qu’il y aura des publicités car YouTube reconnaît qu’Indochine a les droits. Sur la page YouTube, vous trouverez de nombreux liens vers tous les moments dans la description.

On va parler de ça en détail. Mais d’abord, une histoire dingue. Vous souvenez-vous de l’américaine qui m’a volé mon deuxième billet ? Elle m’a écrit jeudi pour demander si j’allais voyager. On dirait en anglais qu’elle a des couilles en laiton ! Non, je ne lui ai pas répondu. Je suppose qu’elle s’inquiétait que les sièges étaient côté à côte. C’était pas le cas.

On reprend le concert. D’abord, j’arrive au stade. C’est IMPRESSIONNANT, mais je suis au point de découvrir une grosse différence entre vos stades et les nôtres. On peut seulement entrer par la porte sur son billet. Aux États-Unis, on peut entrer les stades par n’importe quelle porte et marcher vers le bon bloc. Moi et les gardes de sécurité, nous avions un petit malentendu culturel sur ce sujet. Mais ils m’ont enfin fait comprendre. J’apprécie que malgré mon accent, comme le comédien anglais Paul Taylor, ils pensaient que j’étais Français mais con.

La vidéo commence avec le début du concert, quand le groupe monte sur scène. Il y avait une première partie, mais je l’ai ratée pour acheter un t-shirt (aussi à cause d’une autre raison, mais laissez-la tomber pour l’instant). Quelle queue !

Voici la vue en haut de l’escalier quand j’ai atteint le bon bloc.

La première chanson qu’ils jouent, c’est Nos Célébrations. Vu que la chanson est sortie le 26 mai 2020, après le début du confinement, je crois que c’est la première fois où cette chanson est joué devant une véritable foule. Il y avait le « concert très très privé », le « concert test », et un concert gratuit à Bruxelles — alors pas la première fois devant des spectateurs — mais la première fois dans un stade. Avez-vous remarqué qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas avec ma voix dans la vidéo ? Je sanglotais. Ce ne sera pas la seule fois. Pas du tout.

Je n’aime pas le clip officiel pour Station 13, mais j’adore la chanson. Quand ils l’ont joué, il y avait des explosions de confetti :

Y a-t-il autant que deux chansons d’Indochine que l’on reconnaît sans délai à cause de la batterie ? Non, c’est juste Miss Paramount. On trouve ce moment dans la vidéo aussi, mais ça m’a rappelé le jour magique, le 20 juin 2020, où je l’ai écoutée pour la première fois. Sauf pour Nos Célébrations, mes souvenirs d’Indochine ne sont pas les vôtres, mais ils sont également forts.

Dans la vidéo, les prochains moments sont Les Tzars, La Chevauchée des Champs de Blé et 3SEX. J’ai eu besoin de presque un an entier pour aimer vraiment Les Tzars. Je me suis trompé que la chanson fêtait Che Guevara, un homme que je n’admire pas du tout. Il fallait que je comprenne mieux le sens des paroles. Je trouve que ça reste une opportunité pour moi — il y a plein de chansons, de tous les groupes que j’écoute, où je suis toujours en train d’atteindre tout ce dont j’ai besoin pour les comprendre. C’est en fait la raison pour laquelle j’appelle Un Jour Dans Notre Vie « ma générique ». Mais on discutera ce sujet dans un autre post.

Mon avis sur 3SEX n’a pas changé. Mais c’est la seule version que l’on aura dans l’avenir, je crois. Dommage. Au fait, je préfère la version du clip officiel à la version de l’album.

Après ça, on passe à Alice et June. Il n’y a pas de June dans les paroles de cette chanson, et pas de Françoise dans la chanson de ce nom. Qu’est-ce qu’il y a, Nico ? De toute façon, si vous aviez écouté l’épisode 10 du balado, vous auriez déjà su pourquoi le moment à 4:05 dans la vidéo est précieux pour moi. Encore une fois, j’étais dépassé par le moment.

Je sais que certains d’entre vous n’étaient pas heureux que j’ai lancé la chaîne YouTube avec La Marseillaise. Je l’ai appris sur la suggestion d’un ami, mais le choix et la responsabilité restent chez moi. Mais je ne regrette pas que je la connais, parce que j’ai rejoint la foule quand la version de Mireille Mathieu a été jouée avant Un Été Français. Vous n’avez aucune idée à quel point j’ai lutté pour avoir le droit d’y être. C’est la première fois en 12 ans où j’ai reçu un échange de garde de ma fille de mon ex. Il y a eu des mois d’effort et des frais d’avocat pour avoir le week-end. On peut douter que je sois sain d’esprit ([Pas besoin du subjonctif ici, bien compris. — M. Descarottes]). Mais jamais que l’envie et les larmes sont réelles. Le Coup de Foudre, ça vient du cœur.

C’était un plaisir complètement inattendu d’écouter Dizzidence Politik et en plus avec Dimitri Bodianski lui-même au saxophone. « Ici Moscou », effectivement.

Moi, je ne partage pas l’affection des Français pour J’ai demandé à la lune, apparemment la deuxième chanson préférée des Français. Honnêtement, l’album Paradize pas non plus. Mais je comprends que ça existe, alors c’est dans la vidéo.

Mais on conclut avec la deuxième dernière chanson du concert, la vraie raison pourquoi je voulais y être, L’Aventurier. Comme je vous ai dit, la performance dans Putain de Stade me fait pleurer à chaque fois, à cause de la foule. Je n’ai pas grandi avec Indochine, avec Bob Morane, avec L’Aventurier. Mais quand on écoute cette foule, on entend tous leurs souvenirs, tout leur bonheur. J’ai raté cette époque, mais je comprends parfaitement le sentiment. En ce moment, je n’étais plus l’étranger dingue. Je suis rentré chez moi pour partager un moment avec 90 000 de mes amis les plus proches.

La carrière francophone d’Ingrid Alberini

Il était une fois — en 2003, pour préciser — il y avait une chanteuse italienne qui a connu un succès incroyable aux États-Unis. Mais elle chantait… en français. Son nom était Ingrid Alberini, mais sur scène, elle était surnommée In-Grid. Sa chanson, « Tu es foutu », était en fait une plus grande réussite ici qu’en France. Son meilleur classement en France était #47, mais aux États-Unis, c’était #2 aux discothèques. À l’époque, cette chanson était disponible également en français et en anglais intitulé « You Promised Me. » Ce dernier est une traduction d’une parole, « Tu m’as promis ».

En fait, j’ai acheté une copie de la chanson à l’époque bien que je n’aie rien compris. Il y avait un album entier appelé Rendez-vous, et toutes les chansons étaient en français. Et oui, l’album est sorti mondialement, même aux États-Unis, de cette façon. Mais je n’exagèrerai pas ; je n’ai acheté que la seule chanson. Maintenant je vous dirais qu’elle se trompe de sa prononciation, mais je trouve sa voix toujours agréable.

In-grid continuait à sortir des albums en français jusqu’en 2010 — 5 en total. Mais elle n’a pas eu d’autres réussîtes sauf dans un pays inattendu — la Pologne, où elle avait 6 chansons classées dans leur top 10. Et 4 de ces 6 étaient en français. Les autres étaient en anglais et en italien. C’est un drôle de monde.

Pourquoi est-ce que je vous raconte cette histoire maintenant ? Eh bien, il y a quelques jours, j’écoutais Tu es foutu et j’étais curieux si elle avait connu du succès en France. Mais quand j’ai fait des recherches sur Google, j’ai découvert qu’elle a sorti une nouvelle chanson en 2020. Et c’est peut-être la chanson la plus bizarre de sa carrière. C’est intitulé « Be Italian » (Soyez italien), c’est complètement en anglais, et bien que les paroles n’aient rien à voir avec le Covid, la vidéo est toute autre chose. Il faut la voir pour la croire.