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La musique de mon Japon

Peut-être que vous pensez la plus grande nombre de pistes dans ma collection de musique vient de Rush. Après tout, ils ont sorti 19 albums studio, et je les ai tous. Si pas ça, Indochine, non ? Mais non. En fait, ce n’est pas proche du tout. Il y a 211 pistes de Rush et 197 d’Indochine (sans compter les albums Singles Collection et le Central Tour). Cependant, si je compte uniquement les pistes du plus grand compositeur de bandes-sonores de jeux vidéo, Nobuo Uematsu, il y en a 775. Et si j’ajoutais les contributions de ses collègues chez Square Enix — Masashi Hamauzu, Mitsuto Suzuki, Noriyasu Agematsu et Naoshi Mizuta, il y en aurait 174 de plus.

Il faut d’abord dire que puisqu’il s’agit de bandes-sonores, beaucoup de ces pistes ont été composées pour servir des buts très particuliers. C’est peut-être injuste de compter les airs très brefs pour sauvegarder les progrès ou dire « jeu terminé ». Mais même s’il me valait la peine de faire le tri, je suis sûr qu’il resterait deux fois la quantité des autres.

Évidemment, il doit y avoir quelque chose de valeur, au moins à mes yeux, pour acheter tout cette musique, un projet qui a commencé en 1995, avec l’achat de 3 disques pour la BO du jeu Final Fantasy III (de nos jours connu comme VI — plusieurs jeux sortis au Japon n’ont pas été commercialisés en Amérique du Nord ni en Europe).

C'est un arrière-plan très sombre, dans des nuances de violet. En bas, il y a un Moogle, une petite créature un peu comme un ours polaire qui marche sur deux pieds, avec des ailes de dragon. Le titre dit : « Kefka's Domain: la BO complète du jeu vidéo Final Fantasy III ».
Couverture de la BO de FF III pour les États-Unis, Source, ©️NTT Publishing

On pourrait dire, « Mais Justin, c’est un produit culturel, peut-être, mais ce n’est pas l’ongaku — désolé, la musique — que les Japonais écoutent eux-mêmes, non ? » Or, même si ça semble un peu ringard ([Plus qu’un peu. — M. Descarottes]), les compositeurs des BO pour les jeux et les animes sont des célébrités là, de façon impossible d’imaginer dans l’Ouest, sauf peut-être pour un John Williams ou un Vladimir Cosma. Il y a des concerts de cette musique au Japon, souvent joués par des orchestres de qualité.

Impossible de séparer la musique de Nobuo Uematsu des jeux Final Fantasy, mais il y a certaines choses que l’on peut dire qui ne comptent pas sur une connaissance de la série. Chaque nombre a lieu dans un monde différent (FF I se déroule dans un monde qui n’a rien à voir avec celui de FF II, etc. — mais tous les jeux dont le titre comprend « FF VII » se déroulent dans le même monde). Cependant, il y a certaines choses devenues traditionnelles au fil des 39 ans de la série, qui représentent un dialogue avec les fans.

Voici, par exemple « Le prélude », le générique du premier jeu. Malgré ses racines dans la NES, on reconnaît que c’est une série d’arpèges sur une harpe :

3 jeux plus tard, c’était toujours là, plus élaboré avec plus d’instruments :

Meme dans le neuvième volet, c’était toujours là — plus triste que jamais, un signe que ce jeu a marqué la fin d’une époque, et ne se dérouleraient plus dans des mondes médiévaux :

Après, les formes sont devenues différentes, mais c’est une signature aussi sûre qu’un blogueur qui écrit souvent « On continue maintenant le Tour… ».

L’esthétique appelée steampunk est fortement identifiée avec la culture japonaise, un mélange de haute technologie et de magie avec l’aspect de l’Europe du XIXe siècle. On le voit dans les navires volants dits « airships », à ne pas confondre avec les dirigeables, souvent appelés par ce mot en anglais. On parle de trucs comme ça :

C'est un navire avec 3 mâts et une hélice à la proue, volant dans un ciel bleu et un peu nuageux
Capture d’écran de l’introduction de Final Fantasy IV 3D, Source, ©️Square Enix

M. Uematsu a créé de la musique bien digne de ces merveilles fictives :

Pendant des décennies, il n’y a eu rien auquel les fans s’attendaient plus que découvrir le prochain air que M. Uematsu avait écrit pour les scènes de combat. J’oserais dire que la plupart d’entre nous est d’accord que le nec plus ultra vient de Final Fantasy VII :

« Mais Justin », me dites-vous, « quel rapport avec la musique traditionnelle japonaise, avec les kotos et les shamisens ? » Ça s’y trouve aussi :

Mais Uematsu-sama (le terme pour indiquer le plus profond respect) serait le premier à vous dire que ce n’est pas la grandeur de Final Fantasy, ni de la musique des jeux vidéo japonais. Un maître tel que lui est confortable avec l’orgue, même au point de citer Bach, pour le thème d’un méchant :

Mais aussi d’écrire dans un mode cinématique pour mon moment préféré de toute la série, quand les magiciennes Grenat et Eiko invoquent la chimère gardienne Alexandre pour protéger leur ville du dragon Bahamut :

La musique de mon Japon n’est pas celle des restos japonais, ou des palais des shoguns. C’est celle qui permet l’auditeur d’échapper à tout autre monde, qui pourrait être n’importe où dans l’univers. Même, n’oublions pas, la France.

Je découvre Pascal Obispo

On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata. Cette fois, on se retrouve dans une représentation de « Allumer le feu » de Johnny Hallyday, par Pascal Obispo, Superbus, Cali et Yarol Poupaud. On commencera avec Pascal Obispo.

Pascal Obispo (à gauche) avec Bénabar, Photo par Georges Biard, CC BY-SA 3.0

J’ai fait la connaissance de M. Obispo en décembre 2020, quand il a apparu dans le tout premier épisode de Taratata que j’ai vu, en duo avec Olivia Ruiz. Je voulais regarder l’épisode car Indochine allait y jouer, ainsi que Catherine Ringer. Si vous cliquez le lien, vous remarquerez aussi le début d’une signature du blog, mon habitude de mettre des mots dans la bouche de vous les lecteurs. Un mois plus tard, grâce aux efforts d’un ami belge qui m’a présenté Nostalgie Belgique, j’ai découvert ma préférée de ses chansons. On en parlera en bas.

Deux sourcils énormes, ainsi que le reste de Pascal Michel Obispo, sont nés en 1965 à Bergerac, mais en quelque sorte ne portent pas le nom Cyrano. Pourtant, à partir de ses 13 ans, il grandit à Rennes, où sa mère (qui ne venait pas de Bretagne) a décidé de s’installer après son divorce. C’est là, pendant ses années lycéennes, qu’il intègre à son premier groupe, dit « Words of Goethe » (Paroles de Goethe). Plus tard, il sera bassiste d’un autre groupe, « Evening Legions » (Légions du Soir). De cette période, on n’a que deux enregistrements — « Deux fois une vie », un extrait d’un album de groupes locaux pour le premier groupe, et un disque de 4 pistes pour le dernier. Il y a quelques idées intéressantes dans ces enregistrements, mais rien ne suggère une idole de la chanson française.

En 1988, il rejoint Senso, encore un autre groupe. Cette fois, plutôt que sortir son propre album, ils décident de faire partie du premier album solo de Pascal, Le long du fleuve. Cet album pue les années 80, même s’il est sorti en 1990, mais la France ne sait pas encore qu’un jour, la meilleure décennie de tous les temps lui manquera, et l’album est un échec. Voici un extrait, « Jeune révolution » :

EMI, sa maison de disques, vivement critiqué par les Sex Pistols dans une chanson éponyme, le vire après cet album, mais il signe chez Epic, où il sort Plus que tout au monde en 1991. La chanson éponyme est un petit succès ; un autre single, « Tu vas me manquer » (rien à voir avec la chanson de même nom de Téléphone), est classé 16e :

1994 voit son troisième album, Un jour comme aujourd’hui, son premier grand succès. J’aime bien la piste éponyme, mais c’est le single « Tombé pour elle » qui fait décoller les ventes avec un classement en 8e place. Le disque finira deux fois platine, avec plus de 500 000 exemplaires vendus.

Je ne peux pas mentir ; je trouve cette chanson agréable, mais pas plus. C’est bizarre d’être « puriste » pour les premiers travaux d’un artiste que l’on n’a pas écouté longtemps, mais je préfère son premier album.

Il est confirmé comme star avec son 4e album, Superflu, qui contient une belle dose de Zazie (qui est co-autrice de 3 chansons et chante en duo avec lui pour une). Cet album se vend à plus d’un million d’exemplaires grâce à de tels tubes que « Personne » et « Les meilleurs ennemis », avec Zazie. Il écrit une chanson pour elle. « Zen », classée #9 cette année-là.

En 1997, Zazie et Pascal travaillent ensemble sur « Allumer le feu » pour Johnny — elle écrit les paroles ; lui, la musique. Pascal participe aussi à l’album Savoir aimer de Florent Pagny, une réussite qui s’écoule à 2 millions d’exemplaires. Malheureusement, cette même année, un connard lui tire dessus en plein concert. Il lui faudra 22 pour retourner en Corse ; je le salue, car après ça, je n’y reviendrais jamais.

Pendant les quelques années suivantes, il se concentre sur une carrière de producteur, travaillant sur des albums de M. Pagny, Patricia Kaas et Natasha St-Pier. C’est donc un peu de sa faute que l’on a dû vivre les conflits stupides entre cette dame et Inès Reg. Il remporte une Victoire de la musique en 2004 pour son album Studio Fan – Live Fan, et le tour qui va avec, des homages à Michel Polnareff. (Ce dernier sera mieux connu plus tard comme personnage de dessin animé.) Cet album lui vaudra son seul classement #1, pour la chanson « Fan ».

2006 voit son 7e album, Les fleurs du bien — haha, même les anglophones connaissent Les fleurs du mal. Cet album, co-écrit avec le parolier Lionel Florence, contient de loin ma chanson préférée d’Obispo, 1980, avec un clip qui ressemble à un Rubik’s Cube :

Avec des saxophones — mon instrument — je pourrais pleurer, car ils ont largement disparus de la musique populaire. Je pourrais aussi faire sans ses grimaces dans le clip, mais je les pardonne, car j’adore vraiment ce clip. Ce sera son deuxième plus grand tube pour lui-même, classé #5 en France — cette même année, il écrira un #2 pour Natasha St-Pier, « Un ange frappé à ma porte ».

En 2007, il écrira une chanson classée #1 pour le parodiste Fatal Bazooka, Mauvaise foi nocturne, à laquelle il participe sous le pseudonyme « Vitoo ». Au-delà de « DJ Chris Prolls, » une bonne blague même en anglais, Fatal ne m’intéresse pas. Son 8e album, Welcome to the Magic World of Captain Samouraï Flower, sorti en 2009, n’est pas un succès, mais « Le Drapeau » est classé 6e.

Cet album marque la fin du grand succès de Pascal Obispo. De 2009 jusqu’au Covid, il aura une chanson classée 33e, « D’un Avé Maria », de son album de 2013, Le grand amour. Mais au-delà de ça, ses chansons sont désormais classées largement entre 100 et 200, hors le top 40 chacune. Cependant, en 2020, exactement au pire moment du monde, il revient avec une dernière chanson classée #1, « Pour les gens du secours », avec Pagny et Marc Lavoine :

Je ne sais pas si celle-ci compte comme retour, car il s’agit évidemment d’un moment et un message très particulier. Il a sorti deux albums de plus depuis ce temps, France et Le Beau qui pleut, mais malgré être classés #2 et #4, ni l’un ni l’autre a vendu plus de 50 000 exemplaires, pas comme ses millions d’avant.

Que penser enfin de Pascal Obispo ? Il a de bon goût musical, et a écrit au moins une contribution de légende à la chanson française, « Allumer le feu ». Cependant, à part ses liens étroits avec le son des années 80 au début de sa carrière, c’est difficile d’identifier un moment de sa carrière où il a atteint le niveau d’un Eddy Mitchell ou un Julien Clerc. Il n’y a rien de honteux là ; c’est clairement un musicien apprécié par ses collègues, un artiste capable.

Ma note : J’irais au concert si vous avez une place de trop.

Je découvre Françoise Hardy

On reprend maintenant le Projet 30 Ans de Taratata. Les 6 dernières entrées ont été consacrées à des artistes qui se sont réunis sur le plateau après leurs représentations individuelles pour chanter « Le temps de l’amour » de Françoise Hardy. Cette chanson a une longue histoire sur ce blog, et a joué un rôle important à plusieurs reprises. Mais au-delà de ça, je ne la connaissait que très peu avant d’écrire ce billet.

Françoise Hardy à Amsterdam en 1969, au bord d'une rivière. Elle porte un manteau lourd, en fourrure. La photo est en noir et blanc.
Françoise Hardy, Photo par Joost Evers / Anefo, Domaine public

Notre histoire ensemble a commencé en 2021, quand j’ai demandé de l’aide aux lecteurs pour trouver les sites dans une vidéo publiée par mon chapitre de l’Alliance française. Cette chanson était la bande-sonore. Plus tard, j’ai utilisé l’enregistrement de Taratata pour la grande finale du diaporama que j’avais préparé pour les 25 ans de l’OCA :

Le tout finit avec un dernier extrait de Taratata, où Sheila, Julie Zenatti et des autres chantent « Le Temps de l’amour », afin que mon diaporama finisse sur les paroles « On s’en souvient ».

Assemblée Générale

L’effet était électrique. Dans une salle pleine de gens âgés de 50 à 70 ans, j’avais déjà démontré que j’ai bien compris la culture — il y avait du Indochine, du Téléphone, du Patrick Bruel. Mais si je peux me vanter un peu, ce choix a remonté le temps beaucoup plus que les autres, et a montré une compréhension de qui ce public était au fond, l’histoire de tous avant de s’expatrier aux États/Unis.

Françoise Hardy est née en 1944 à Paris. Sa jeunesse était difficile, étant l’une de deux filles d’une mère célibataire (Hardy étant le nom de naissance de sa mère) et un père qui n’a pas reconnu ses filles jusqu’à beaucoup plus tard. Pire, elle passait beaucoup de ses années formatives auprès de ses grands-parents maternels, dont la grand-mère était très méchante. Mais jeune, elle montrait déjà de très bon goût en écoutant Radio Luxembourg, plus tard connue sous le nom RTL. Après avoir assisté à un concert de Johnny Hallyday, elle décide de tenter sa chance chez Pathé-Marconi ; les résultats sont mitigés, sans contrat, mais elle est encouragée à continuer. Plus tard en 1961, un deuxième essai chez Vogue, la maison de disques de Johnny, finit par lui gagner le contrat espéré.

Son premier 45 sort en avril 1962, avec 4 chansons, contient notamment « Oh, oh chéri », adapté d’une chanson américaine, « Uh oh » :

C’est un petit tube à l’époque — 2 000 exemplaires vendus en 3 mois — mais c’est la soirée du référendum sur le suffrage universel pour élire les présidents en octobre qui verra son premier grand succès. Cette élection vous a apporté l’affaire Bokassa, l’affaire Bismuth et un gouvernement avec Darmanin et Dupond-Moretti en même temps, alors je vous laisse décider si c’était une bonne idée. Mais c’était quand même une réussite pour la France — c’est-à-dire Françoise — car pendant la diffusion des résultats, elle apparaît dans un intermède musical pour chanter « Tous les garçons et les filles », aussi sur le 45. Le disque s’écoulera à 500 000 exemplaires en deux mois.

Étonnant que personne ne l’ait remarqué avant ! Ce 45 sera mélangé avec deux autres pour sortir son premier album studio en novembre, qui contient aussi « Le temps de l’amour », sur un air par un certain Jacques Dutronc pour son groupe, Les Fantômes.

En 1963, elle est choisie pour représenter Monaco au concours Eurovision, où elle joue aux côtés de Raymond Lefèvre, bientôt connu pour « La marche des gendarmes ». « L’amour s’en va » ne leur vaut que la 5e place, mais elle attrape l’œil du réalisateur Roger Vadim (ben, presque toute femme ayant un pouls faisait pareil chez lui), et elle fait son début cinématique dans un second rôle dans Château en Suède plus tard cette année.

À ce point, elle sort un disque 45 tous les 3 mois, et des traductions (chantées par elle) lui vaut de la renommée en Italie et en Angleterre. Sa « Catch a Falling Star » en anglais, sortie en 1964, ne fait pas grand-chose pour moi — sa voix est belle, mais pas comme Véronique Sanson ou Jeanne Added, elle a un fort accent :

Impossible d’écrire un petit sommaire de tous ses tubes de cette décennie. Parmi les plus grands se trouvent « Mon amie la rose », « L’amitié », « La maison où j’ai grandi », « Des ronds dans l’eau » et avec Serge Gainsbourg comme collaborateur, « Comment te dire adieu ». Ce dernier est important pour deux raisons : 1) c’est un grand changement de ses tubes entre 1963 et 1968, qui ont tous un certain son où elle chuchote au micro, et 2) c’est la fin de son temps chez Vogue, ce qu’elle poursuit en justice pour un contrat abusif.

L’autre grand changement de sa vie, c’est qu’en 1967, elle entre en couple avec Jacques Dutronc. Ce sera orageux, car il est tout sauf fidèle, notamment avec l’actrice Romy Schneider, mais vingt-quatre ans plus tard, en quelque sorte il sera un coup de foudre de la part de Françoise qui sera blâmé pour leur séparation.

Revenons à la musique. En 1970, elle a un tube modeste avec « Le Crabe », écrit par Étienne Roda-Gil, compositeur fréquent pour Julien Clerc. Mais les succès sont tout à coup rares, et elle est virée par sa nouvelle maison de disques après 2 ans. Thomas, son fils avec Jacques Dutronc, sera né en 1973, en même temps qu’elle aura son prochain grand succès, l’album Message personnel, produit par Michel Berger. La chanson éponyme, un grand tube, marque un changement pour elle, en interprète plutôt qu’autrice. Après, elle continue de servir comme son propre parolier, mais laisse la musique aux autres.

Fin 1974, elle sort Entr’acte, une sorte d’album-concept pour dire à Jacques que soit ils vivent ensemble à temps plein soit elle le quitte. Ils finissent par emménager ensemble. Mais il n’y aura pas de nouvel enregistrement de son côté jusqu’en 1977. Son 16e album, Star, met en vedette des collaborations avec Michel Jonasz, Catherine Lara et William Sheller. Le son de cet album est hyper-années 70 :

La fin de cette décennie, on la voit en plein mode disco avec « J’écoute de la musique saoule » :

Je vais beaucoup sauter, pourtant finir bien avant la fin de sa carrière. En 1988, elle sort son 21e album, Décalages, dont une collaboration avec Jacques, le premier en plus d’une décennie. Il avait écrit la musique, puis elle a écrit les paroles. Cette année-là verra le début de la fin de leur relation, mais pas le mariage, et c’est un peu d’une élégie :

En arrêtant ici, j’évite un reste de sa vie qui me met franchement mal à l’aise. L’histoire entre elle et Jacques est juste bizarre, le cancer qui l’a tué a fait toute une polémique sur l’euthanasie, et à vrai dire, sa souffrance méritait plus d’intimité que celle dont elle a bénéficié.

Que penser de Françoise Hardy ? Mettons de côté une vie qui cachait une longue série d’épreuves derrière un succès apparemment instantané. On a mentionné beaucoup moins de ventes que ce à quoi je m’attendais, parce qu’après les succès des années 60, les chiffres n’ont presque jamais atteint le niveau d’un disque d’or. Et beaucoup de ses chansons se ressemblaient, les unes aux autres, car elle ne s’est jamais consacrée à la tâche d’apprendre la musique comme une Zazie, peu importe Jeanne Added. Mais quelle voix, quel charisme, et en tant que symbole d’une décennie, elle était vraiment la reine de la chanson française des années 60. Si je dois finir par en conclure que « Le temps de l’amour » est son seul tube vraiment à la hauteur de « La dernière séance », de « New York avec toi », de « C’est comme ça » ou de « L’Aventurier », ça lui vaut quand même une place au Panthéon d’Un Coup de Foudre.

Ma note : J’achète l’intégrale.

Je découvre Sheila

On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata avec la chanteuse après Julie Zenatti, Sheila. Elle a chanté sa propre chanson sur le plateau, « Bang Bang ».

Sheila sur le plateau de l'émission 30 Ans de Taratata

Sheila est née Annie Yvonne Jeanne Gisèle Chancel en 1945 à Créteil. Ayant échoué des tentatives d’entrer l’Opéra national de Paris et la Maîtrise de Radio France pendant son adolescence, en 1960 elle entame une carrière de chanteuse avec un groupe amateur. Les Guitares Brothers. Ce groupe fait son début dans un casino breton, mais réussit enfin à passer une audition chez le Golf-Drouot. Là, le producteur Claude Carrère fait signer un contrat de 10 ans à ses parents, et lui donne le nom de scène « Sheila ». Carrère n’est pas un héros de cette histoire ; son plan d’affaires était de signer beaucoup de jeunes artistes pas chers et gagner les droits d’auteur — un modèle très commun dans ce secteur peu scrupuleux. Puisque elle a enregistré plus de 600 chansons, je me concentre sur sa carrière jusqu’au début des années 80.

Son premier tube est « L’école est finie » de 1963, écrit par Carrère et son partenaire commercial, Jacques Plait. C’est #1 en France ainsi qu’en Wallonie, une chanson très agréable et plein d’entrain.

D’autres singles — « Le Sifflet des copains » et « Papa t’es plus dans l’coup » suivent rapidement, et son premier album est une réussite. 1964 voit plus de singles à ce niveau, comme « Vous les copains, je ne vous oublierai jamais », une reprise de « Doo Wah Diddy Diddy », est un autre classé #1, et « Hello, petite fille », #5. Son deuxième album, Écoute ce disque, est encore un succès.

C’est ici où la tragédie frappe. Ce rythme de travail est épuisant : Sheila s’évanouit sur scène à l’âge de 18 ans et doit quitter les tournées pendant un an. Elle lâche pendant une interview avec France Dimanche que ses traitements pour l’anémie comprennent des hormones mâles et en conséquence, une rumeur la suivra pendant des décennies, qu’elle est en fait un homme. Même son accouchement en 1975 sera traité de faux pour cacher son sexe. Franchement, de toutes les choses que j’ai apprises en écrivant cette série, celle-ci est de loin la pire — elle n’a rien fait, et c’est injuste de façon qu’être méprisé pour infidélité (comme beaucoup de ces artistes) ne l’est pas.

Hors scène, Carrère hausse son rythme de travail dans le studio. 1965 voit 4 singles dans le top 10, dont le #1 « Le folklore américain ». J’aime très bien cette chanson avec son aire de cow-boy, même si à vrai dire, ça doit beaucoup plus à l’imagination française qu’à la musique américaine — ça ne me rappelle rien de mon côté de l’Atlantique :

1966 voit 3 tubes de plus, dont « L’heure de la sortie », qui s’écoule à plus de 300 000 exemplaires, et « Bang-bang », classé #2 et son choix pour Taratata. Le premier est très typique de Sheila. Le dernier est plus mélancolique que d’hab jusqu’à ce point, l’histoire d’un garçon avec qui la narratrice a grandi, le titre faisant référence au jeu de gendarmes et de voleurs.

1967 est aussi réussie que les années précédentes — « Adios amor », malgré le titre espagnol, est largement en français. C’est ce que vous les anglophones appelez un « slow », et atteint le #1 :

Avec plus de trois quarts d’un million d’albums vendus chaque année, il semble que Sheila est la reine de la chanson française. Mais on verra les premiers signes d’une chute. Son tube classé #1 de 1968, « Petite fille de français moyen » ne se vend qu’à 250 000 exemplaires, et n’a pas l’air d’un classique comme pas mal de ses autres jusqu’ici :

Apres 6 ans en haut des classements, Sheila n’aura rien dans les top 5 en 1969, « Arlequin » étant sa meilleure vente (#6, 200 000 exemplaires). 1970 est aussi une déception, même si « Reviens, je t’aime » atteint la 4e place. Franchement, c’est plus de la même chose et quelque chose doit changer.

1971 verra une sacrée rentrée. « Les Rois Mages » ne sera pas seulement #1 en France et en Wallonie, mais dans le top 10 en Espagne et en Argentine ! Ce n’est même pas un grand changement de style, mais de technique de production — avec ses effets de chorus, le son est hyper-moderne pour son époque.

En 1972, la tragédie frappera encore, mais lentement. Elle rencontre un chanteur nul et pas digne de son talent, Guy Bayle, dit Ringo. Les deux sortiront « Les gondoles à Venise » en duo en 1973, quand ils s’épouseront. Ce sera le dernier #1 pour Sheila en France (les Belges sont plus faciles). Ils vivront une histoire d’amour tendue jusqu’à leur divorce en 1979.

Même si Sheila n’aura plus jamais la première place, il y aura une dernière triomphe. Elle tournera vers le disco en 1975, quand « C’est le cœur » (une reprise de « Doctor’s Orders » en anglais) s’écoulera à 400 000 exemplaires, et « Quel tempérament de feu » à 500 000. La meilleure année de sa carrière suivra en 1977 avec plus de 1,6 millions de ventes, dont « Singin’ in the Rain », une reprise disco d’une chanson américaine, qui atteint le top 5 même en Suède :

Il faut que je ne mens pas. Cette chanson, dans sa version originale, était l’une de mes préférées jeune, au point où je l’ai même chantée dans un concours en primaire. Je trouve cette version disco horrible. Mais c’était l’époque, alors il faut lui pardonner.

En 1979, une collaboration avec Nile Rodgers — invité spécial pour ce Taratata de légende — donnera lieu au dernier single de sa carrière à dépasser 400 000 ventes, Spacer. Le clip sent bien Star Wars :

Son dernier tube de conséquence, Gloria, atteindra la 8e place et se vendra à 300 000 exemplaires en 1982, mais il n’est qu’une reprise — et traduction très fidèle — d’une chanson de même nom par Laura Branigan, chanteuse américaine. Après cette chanson, Sheila se rompra enfin avec Claude Carrère ; il y aura des procès entre eux, et elle considère qu’avec son influence, il a bien gâché sa carrière. Elle connaîtra encore plus de tragédie quand son deuxième mari souffrira deux crises AVC et son fils unique meurt d’une surdose de cocaïne.

Mais avec deux décennies de réussites sur la scène française, que penser de Sheila ? Elle n’a jamais eu l’habitude d’écrire ses propres chansons, alors c’est difficile de lui attribuer le même niveau de mérite qu’une Véronique Sanson ou bien une Zazie (Sheila a plus de talent vocal, mais c’est évident que Zazie a fait le maximum avec ses atouts). Pourtant, sa carrière des années 60 seule serait déjà assez pour l’assurer une place importante dans la chanson française, et même si les nouveautés des 30 dernières années n’ont rien de spécial, c’était bien évident en regardant Taratata qu’elle reste une artiste bien-aimée en live.

Ma note : j’irais au concert si vous avez une place de trop.

Manie Musicale

Je regrette de vous dire que ce billet fera mal aux oreilles, mais moi, j’ai souffert avant vous et je refuse de le faire seul !

Il y a une semaine, La Fille a commencé à me parler d’un concours annuel, Manie Musicale, comme si je devais le connaître. Je lui ai demandé si c’était comme les Victoires de la musique ou bien les NRJ Music Awards, mais elle ne les connaissait pas du tout. Il s’avère que dans un sens, Manie Musicale est beaucoup plus grande que ces autres concours plus connus en France. Pourtant, je soupçonne qu’il n’y a plus d’une lectrice habituelle qui la connaisse.

Vous voyez, Manie Musicale est un concours organisé par des profs de français dans 35 pays du monde pour faire connaître la musique française à leurs élèves. Et pas de classiques, car ce serait la même chose chaque année — il s’agit de nouveautés si obscures, la moitié des artistes n’ont même pas de pages sur Wikipédia !

Cependant, ce concours a une structure particulièrement américaine, un choix fait exprès. Heureusement pour vous, à moins que vous n’ayez vécu aux États-Unis, vous ne connaissez pas la tournée de basket de la NCAA, où les 64 universités qui payent le plus à leurs soi-disant « élèves » (qui s’en foutent de l’éducation ; ils sont là pour jouer au basket). Tout le pays sauf moi aime deviner qui sera le gagnant, quelque chose de très difficile — personne n’a jamais choisi tous les bons résultats. Voici le « bracket » de 2025 :

Ça montre le tournoi, 4 groupes de 16 équipes qui jouent dans des éliminatoires -- les gagnants des 4 groupes jouent dans 3 matchs pour couronner le champion national.
©️NCAA 2025

C’est un tournoi de 4 groupes de 16 — dans le premier tour, #1 jour un match contre #16, #2 contre #15 et ainsi de suite. On considère que c’est déjà très prestigieux de survivre jusqu’au groupe des 16 dernières équipes, les « Sweet Sixteen ». De toute façon, vous avez l’idée.

Manie Musicale fait pareil. Voici le « bracket » de 16 chansons :

©️Manie Musicale 2026

Tous lea jours, les élèves de la classe de La Fille écoutent deux de ces chansons, dans les paires montrées ici, puis votent pour leur préférée. Une fois qu’il y a 8 gagnants du premier tour, il y a un deuxième tour pour les réduire en 4 et ainsi de suite. Encore une fois, vous avez l’idée.

Ne me croyez sur parole, même après cette explication ; c’est les organisateurs qui font cette même comparaison dans une vidéo pour présenter le concours :

Mais quelle est cette musique ? Les chansons nommées pour les Victoires de la musique dans la catégorie « chanson originale » cette année étaient : « Fashion Designa » par Theodora, « Les filles, les meufs » par Marguerite, « Mauvais garçon » par Helena, « Soleil bleu » par Bleu Soleil et Luiza, et « Tant pis pour elle » par Charlotte Cardin. Luiza, qui je ne connais pas, est la seule artiste qui apparaît dans les deux listes, et non pour la même chanson.

Ces artistes sont largement inconnus. On a commencé avec « Extraordinaire » par un nommé Fredz. Monsieur est québécois et cette chanson vient d’atteindre la 24e place dans le classement québécois (uniquement de musique de la province) :

Au moins cette chanson a connu un classement ; son adversaire du premier tour, « Chapeau », par les Port-aux-Poutines, n’a pas fait ça — avec moins de mille abonnés à leur chaîne YouTube, la vraie question est comment ils font partie d’un tel concours :

La chaîne YouTube de la chanteuse Mahéva suggère qu’elle travaille en France, mais vous qui ne la connaît pas ? Purecharts, la référence pour ce sujet !

Résultats de rechercher Purecharts pour le nom Maheva ; il y en a 5, mais aucun n'est le bon
Capture d’écran

La Dépêche (le journal, pas mon bulletin) a écrit sur elle, mais Wikipédia ne la connaît pas non plus.

Je me suis trompé sur une chose. Il s’avère que l’Oli qui chante « Le musée imaginaire » est celui de Bigflo et Oli, alors il n’est pas du tout obscur. Soyez le bienvenu à chercher ce blog pour des articles sur le rap. Ouais, il n’y en a pas.

Boulevard des Airs existe depuis 2004 et est connu par Purecharts, mais pas son album de 2025 ni son single, « Je rentre à la maison » :

Billie du Page est apparemment une autre artiste québécoise, mais pas assez connue pour Wikipédia. Je ne suis pas arrivé à la trouver dans les classements québécois, mais avec 3 000 abonnés sur YouTube, il me semble que ce n’est pas une erreur de ma part.

Ni Purecharts ni Wikipédia connaît Lenaïg, qui me semble Tiktokeuse (est-ce un mot ?), mais avec 135 milliers d’abonnés sur YouTube, je peux au moins comprendre comment les profs derrière Manie Musicale l’ont trouvée. Son single « Aussi simple que toi » ne dérange pas, mais ne me fait pas avoir envie d’en écrire non plus.

Je finirai avec la seule artiste de Manie Musicale qui a connu un peu de succès chez les Victoires cette année. « Demain demain » de Luiza est vraiment pas mal, quelque chose des Caraïbes peut-être (ça semble au moins le lieu de tournage du clip) :

Mais vraiment, je dois demander, les profs, comment trouvent-ils ces artistes ? Est-ce que ça aidera à développer une vraie appréciation de la chanson française ?

Indochine à Paris

Avouez-le, en voyant le gros-titre, vous vous demandiez si j’étais sur un avion.

Hier, blogosth a publié un article sur la visite d’Indochine à Strasbourg pour l’Arena Tour. Alors que je suis évidemment si violet et vert de jalousie en même temps que je ressemble à un king cake de la Nouvelle-Orléans, je suis extrêmement reconnaissant qu’Oth m’a parlé dans ses commentaires de la diffusion dudit concert sur TMC. Heureusement que j’ai écrit « Mon guide à regarder la télé » avec toutes les infos nécessaires pour regarder les chaînes de TF1 aux États-Unis ! Alors, à 12h25, j’étais devant mon ordinateur pour regarder le concert. Malheureusement, un certain M. Kévin Drannoc (comme dit Il Est Quelle Heure) a réussi à gâcher mon aprèm en me distrayant pendant le concert . On en parlera demain. Pour l’instant, concentrons-nous sur le concert.

D’abord, voici un petit clip pour voir comment je le regardais ; c’est mon bureau, mais j’ai éteint la lumière afin de mieux voir l’écran. Je regrette que ces haut-parleurs ne fonctionnent en France, car ils sont vraiment parmi mes meilleurs équipements. J’ai tourné les clips qui suivent avec mon portable, car la leçon des 30 Ans de Taratata, c’est qu’enregistrer le streaming avec un VPN sur l’ordinateur ne marche pas très bien.

J’étais ravi de voir que Ludwig avait toujours toute sa batterie, car Babel Babel utilise beaucoup de batterie synthétisée :

Ludwig Dahlberg assis derrière la batterie, avec le logo TMC en haut à droite sur l'écran

Je dois — je n’aime pas faire ça — avouer que j’avais tort. Quand j’ai écouté Babel Babel, je vous ai dit qu’à mon avis, il n’y avait pas de refrain mémorable :

Chacune de ces paroles comptent sur des mélodies mémorables, et bien que beaucoup soient agréables, je galère à identifier celle que je fredonnerai demain.

Le bon refrain vient du Chant des cygnes, « Sois fort, plus fort encore ». Toute la foule la chante ensemble, presque autant que pour L’Aventurier ou Un été français.

Je trouve les images pour certaines choses inquiétantes, comme cette armée de singes avec des trompettes pour « La Belle et la Bête » :

Rang après rang de singes, chacun jouant une trompette (c'est de l'IA)

Quelque chose que j’aime chez Nico, qui est un modèle pour moi, c’est qu’il remercie souvent tous ceux qui rendent sa carrière possible — ici, il exprime sa reconnaissance pour être diffusé à la télé :

Oth m’avait écrit :

« Il n’y a guère besoin qu’il chante, car le public sait tout par cœur. » Cela s’est passé avec 3ème sexe, Nicola Sirkis a commencé la partie instrument au piano et a fait signe au public, waouh, je ne te dis pas l’impression que cela faisait !

Je suis raviraviRAVI d’avoir l’opportunité de voir ça pour moi-même, si seulement à travers l’écran. C’est ce que j’aime le plus chez les fans. J’ai essayé de me taire, mais vous pouvez m’entendre à 31 secondes. Oui, je pleure. J’aurais beaucoup donné pour être là. (Ou mieux, à Lyon, Rouen ou Strasbourg. Je suis prêt à voir plus du pays que Paris !)

Y a-t-il quelque chose que j’aime plus qu’Alice et June ? Seulement « La trinité » — Nos célébrations, Un été français et Un jour dans notre vie. Un jour, je dois écrire mon classement personnel du top 20 d’Indochine. Je ne pardonnerai jamais M. Drannoc pour son intervention ici.

Mais il faut finir avec ce qui reste pour moi la meilleure raison pour faire un aller-retour à travers l’Atlantique juste pour voir Indochine. Il y a toutes les autres chansons, puis il y a L’Aventurier. Il n’y rien qui réunit les fans comme celle-ci. Je suis heureux de l’avoir vue dans un stade plutôt qu’un Zénith ou même Accor Arena, car l’énergie d’une si grande foule n’a pas d’égale. Mais même avec moins de monde qu’au Stade de France, c’est facile de faire la comparaison avec les autres clips et reconnaître que même à la fin, c’est le moment auquel tout le monde s’attendait.

Je découvre Sylvie Vartan

On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata avec Sylvie Vartan, car Julie Zenatti avait chanté sa « La plus belle pour aller danser ». Les élèves les plus studieux du blog se souviendront que j’aime parfois laisser des références à cette chanson, même dans des recettes. Ça fait des mois depuis la dernière entrée dans cette série — j’espère la terminer avant les 35 Ans de Taratata !

Sylvie Vartan, Photo par
Eric Koch pour Anefo, Domaine public

Ceci est l’un des articles les plus difficiles à écrire du Projet, parce que selon Wikipédia, Mme Vartan a enregistré plus de 1 500 chansons en dix langues. Je ne garde pas de statistiques, mais je crois que le plus grand nombre de chansons que j’ai écoutées pour un artiste dans cette série est environ 70, pour Eddy Mitchell. Je me limite à ses œuvres en français et en anglais, et principalement à sa carrière des années 60 et 70.

Sylvie Vartan est née Силви Жорж Вартан en Bulgarie en 1944 — personne sauf Agathe ne sait lire ça, moi absolument compris. Pourtant, elle est aussi bulgare que moi ou vous — son père est arménien et sa mère est hongroise, mais les deux parents se retrouvaient en Bulgarie à cause de travail. Son père était là en tant qu’attaché de presse à l’ambassade française, et sa mère y est née à cause du travail de son père. C’est à Sofia où elle a son premier rôle d’actrice au ciné, à l’âge de 7 ans. Les critiques sont nulles, et la famille doit fuir en France. Non, je plaisante sur ça — la famille quitte la Bulgarie à cause de la vie sous l’emprise soviétique.

Sylvie fait son début en 1961 avec « La panne d’essence » en duo avec Frankie Jordan. C’est une chanson qui sent bien l’arnaque, avec des paroles qui suggèrent que le jeune couple qui est en panne d’essence l’est parce que le garçon du couple l’a planifié, si vous me suivez. Moi, je montrerai mon bloc à couteaux au premier garçon qui veut conduire La Fille quelque part. Il y a une quinzaine là-dedans, tous bien aiguisés.

C’est un tube, alors notre Sylvie fait ce qui lui semble bon et quitte le lycée deux mois avant de passer les examens pour son bac.

En 1962, elle sort son premier album, Sylvie. Ça marque le début d’une longue histoire d’adapter des chansons américaines au marché francophone. Parmi ses premiers tubes est « Moi je pense encore à toi », pas exactement une traduction de « Breaking Up Is Hard To Do » par Neil Sedaka, mais sur le même air :

Cette même année, Sylvie Vartan rencontre un certain Johnny Hallyday, qui l’invite de faire la première partie de son tour. Il est déjà évident que les deux sont en couple, même si le mariage n’aura lieu qu’en 1965.

En 1963, elle sort un autre album, intitulé Twiste et chante, un titre si évidemment une traduction du tube des Beatles que j’ai presque sauté écouter la piste phare. En automne de cette année, elle et Johnny enregistrent des albums à Nashville, aux États-Unis (malgré ayant un nom qui se termine par -ville ; je sais, c’est bizarre). Son album, À Nashville. La première piste, « Si je chante » est encore une autre reprise américaine, mais un nommé Charles Aznavour lui en écrit une autre, « La plus belle pour aller danser », originalement pour son rôle dans le film Cherchez l’idole :

En 1965, elle sort un album en anglais, Gift-wrapped from Paris (littéralement, Emballé en cadeau de Paris — toujours Paris, bande d’obsédés), un album de reprises sauf pour ce duo avec Johnny écrit en franglais :

Cet album est… une expérience bizarre. Ses voyelles sont bonnes, mais il n’y a pas de liaison en anglais. ‘My Boyfriend’s Back » et « I Heard Somebody Say » sont intéressantes, mais je n’ai pas envie d’acheter cet album.

On saute Il y a deux filles en moi de 1966 pour le plus intéressant 2’35 de bonheur de 1967. Je croyais le titre quelque chose de Gainsbourg, mais en fait, c’est plutôt doux, une chanson sur garder un enregistrement de son amour pour écouter quand l’autre est loin :

L’homme du duo n’est pas Johnny, mais Carlos, qui fait son début avec cette chanson.

1967 voit aussi l’album Comme un garçon, avec une piste phare classée #2 en France :

1968 voit une tragédie — Sylvie est percutée par une camionnette, qui tue son amie Mercedes Mendès et renvoie Sylvie à l’hôpital. Mais l’année voit aussi une réussite — l’album Sylvie Vartan est plus connu sous le nom La Maritza, d’après son tube de légende :

Comme les premiers mots me parlent : « La Maritza, c’est ma rivière, comme la Seine est la tienne ». Il y a un paragraphe sur exactement ça dans mon livre.

Et ce n’est même pas le plus grand tube par ventes de l’album — ce titre est remporté par Irrésistiblement, un autre #2 en France. Mais c’est « La Maritza » qui aura la plus d’importance au fil des décennies.

1970 voit un accident encore plus grave, avec Johnny au volant de la voiture. Sylvie doit aller à New York pour subir de nombreuses interventions chirurgicales. Elle passera la moitié de l’année à l’étranger et Johnny, lui, il rencontre une certaine Nanette Workman, chanteuse canadienne qui fera partie de son album de 1971, mais avec qui il poursuit une liaison. En 1972, le couple réconcilie, mais selon Johnny, ce sera la raison de leur divorce en 1980.

En 1973, Sylvie sort l’album J’ai un problème, avec deux duos avec Johnny, dont la piste phare. Quand Johnny chante « On récolte la vie que l’on sème », il faut le dire — il savait déjà.

1974 voit un retour au début des années 60, avec un autre album plein de reprises américaines traduites en français, Shang shang a lang. Il faut dire que Sylvie apporte à la piste phare plus de talent vocal que les Bay City Rollers.

En 1976, elle sort Qu’est-ce qui fait pleurer les blondes ?, avec une piste phare beaucoup plus optimiste que le titre ne le suggère. Mais en 1977, elle revisite un autre tube des Bay City Rollers, ce qui lui vaut un classement #4 pour « Petit rainbow » :

On finira sur son premier tube des années 80, « Nicolas », adapté d’une chanson hongroise. Au fil de sa carrière jusqu’à ce point, il y avait souvent des orchestres derrière elle, typiques du « Mur de son » des années 60 et 70. Voici un morceau beaucoup plus personnel, avec moins de production. Des mois plus tard, elle sortira un autre album, Bienvenue Solitude, un clin d’œil vers une nouvelle vie sans Johnny — une vie qui sera, il faut ajouter, sa propre réussite, mais comme la carrière de Julien Clerc, devra autant au fait qu’elle était déjà une star qu’autre chose.

Que penser de Sylvie Vartan ? La comparaison avec Julien Clerc est exactement la bonne. C’est une carrière remplie de reprises de chansons étrangères, mais si je trouve ça un peu trop commercial, ça lui permettait le temps et les opportunités pour enregistrer une belle poignée des meilleurs exemples de la chanson française. C’est un monstre de la scène française, et si je dois ajouter qu’elle méritait mieux dans sa vie privée, il faut aussi dire que l’Histoire se souviendra d’elle pour ses contributions à la musique, pas à la presse populaire.

Ma note : J’achète l’intégrale.

J’ai eu envie de vous revoir

Les billets vont devenir plutôt courts jusqu’à mercredi prochain, car j’ai des choses à faire. Heureusement pour moi, hier héroïne du blog Véronique Sanson a décidé de faire quelque chose d’étonnant, et voilà, post sans effort.

En 2024, elle a embarqué sur un tour dit « Hasta Luego », ce qui m’inquiétait, parce que c’est de l’espagnol pour « À plus tard ». Je croyais que c’était donc son adieu, même si rien de la sorte n’a été annoncé.

Cependant, le 10, c’est-à-dire hier, elle a lancé une nouvelle tournée appelée « J’ai eu envie de vous revoir », et pour la fêter, elle a sorti une nouvelle chanson de même nom, sa premier single depuis « Et je l’appelle encore » en 2016. Le voilà :

J’ai du mal à transcrire toutes les paroles par oreille, mais j’ai au moins ça de la première moitié :

J’ai eu envie de vous revoir
<qqch>
Alors j’ai enfilé mes bottes
Pour venir vous retrouver
Et tout le monde, de ce qu’il reste
Je veux le partager
Avec le temps qui rit, qui laisse
De la <qqch> sur mon clavier
Et j’ai peur, si vous sachiez
Qu’avec le temps je vous oublie
Vous qu’aviez tant rempli ma vie
Je voulais vous dire… merci

Il y a une autre strophe de même taille, mais ça donne une assez bonne idée du thème. C’est impressionnant — sa voix est plus grave que pendant les années 70 ou 80, mais reste assez claire et pas du tout râpeuse. En tant que musique, ce n’est pas à la hauteur de sa « Drôle de vie », mais presque rien ne l’est.

C’est une note de remerciement en forme musicale, et j’imagine qu’elle ne planifie pas beaucoup d’autres nouveautés. Qui sait combien de temps reste dans sa carrière ? Pas moi, certainement. Mais de mon côté, je suis reconnaissant pour tout ce qu’elle m’a donné, surtout le vol magique vers la France pour la première fois, où j’écoutais « Drôle de vie » en boucle, et m’en foutais du fait que je portais une masque de taille enfant, trop serré, jusqu’à mon arrivée. C’était Véronique Sanson la bande-sonore de la meilleure semaine de ma vie, et pour ça, je voudrais lui dire merci.

Je découvre Julie Zenatti

On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata avec la chanteuse qui a suivi Cats on Trees, Julie Zenatti. S’il vous dérangeait ces dernières entrées que je n’étais pas très enthousiaste de mes sujets, cette fois, je vous rassure, vous allez finir par appeler le 17 ou le 114 à cause d’un excès d’enthousiasme !

Julie Zenatti sur Taratata, Capture d’écran, ©️Banijay

Julie Zenatti est née en 1981 à Paris, fille d’une famille italienne et juive algérienne. À ses 13 ans, un employé de la maison de disques EMI la découvre dans un karaoké, et lui fait signer son premier contrat. C’est ainsi qu’elle sort en 1995 son premier single, Il restera de toi :

Cependant, c’est trop de pression pour une si jeune fille — quoi, beaucoup de stars des années 60 se sont lancées à cet âge ! — et sa famille rompe le contrat pour qu’elle puisse aller au lycée. Ça ne l’empêche pas d’être considérée comme candidat pour représenter la France à l’Eurovision en 1996.

En 1997, elle joue dans le rôle de Fleur-de-Lys, dans la comédie musicale « Notre-Dane de Paris », qui connaît un si grand succès qu’elle quitte le lycée pour se consacrer à la musique. Avec un nouveau contrat chez Columbia, en 2000, elle sort son premier album, Fragile, un double disque d’or selon la vieille signification, 200 000 disques, pas les normes abaissées de nos jours. Parmi les singles de l’album se trouve « Si je m’en sors », ce qui montre qu’à ses 19 ans, elle est déjà un produit fini, sans jamais avoir assisté à un conservatoire :

Écoutez aussi « Why » ; son articulation est par-faite.

En 2002, elle sort son deuxième album, Dans les yeux d’un autre, pas aussi bien accueilli que le premier, même si toujours un disque d’or. Le plus grand tube de l’album est « La vie fait ce qu’elle veut », qui s’écoule à 42 000 exemplaires.

Vous savez quel était le plus grand tube de l’année aux États-Unis en même temps ? Freaking « How You Remind Me » de Nickelback, avec plus de 7 millions de ventes mondialement, dont 250 000 en France. Alors que vous aviez Julie Zenatti. Je n’ai même pas de mots. Allez, vous avez donc tous raté la chanson éponyme de l’album, avec l’une des rimes les plus parfaites de tous les temps.

Son prochain album, Comme vous…, sort en 2004. Avec de l’aide de J-J Goldman et Axel Bauer, cet album se vend à 200 000 exemplaires encore une fois. Le grand tube et unique single est « Je voudrais que tu me consoles ». À vos ordres, chérie.

C’est plus électrique que ses autres chansons à ce point, avec trop d’effets pour une voix qui n’a pas besoin de la tricherie à la sauce logiciel, mais très agréable quand même. « L’amour s’en fout » est plus de Julie comme on la connaissait avant ; « Rendez-moi le silence » aussi.

Après cet album, Julie Zenatti fait une pause pour doubler Barbie dans plusieurs films animés. Puis, la catastrophe. Son quatrième album, La Boîte de Pandore, sort en 2007 et ne se vend qu’à 30 000 exemplaires. Qu’est-ce qu’il y a, la France ? Avez-vous même écouté la première piste, « Je voudrais une chanson » ? Ne me répondez pas, je le sais déjà. Non. Et vous avez donc raté quelque chose de créatif et original, avec des cornemuses, des accordéons, même un gong. Écoutez et pleurez votre erreur :

Pire suivra. En 2010, son cinquième album, Plus de Diva, ne se vend qu’à 17 000 exemplaires, ce qui lui coûtera son contrat chez Columbia. C’est dommage ; « Comme une geisha » est plus bruyante que d’hab pour elle, mais je l’aime. « Sweden Syndrome », en revanche, est plus de Julie comme toute la France l’aimait, juste du piano et cette voix :

En 2015, elle est de retour sur Capitol Music avec Blanc, un album qui atteint brièvement la 13e place dans les classements, mais j’ai l’impression qu’il ne se vendait pas trop non plus. Le premier single de l’album est « D’où je viens ». Je l’adore, mais peut-être que le pays ne voulait pas être rappelé que « Je suis jolie, même démaquillée » :

Vous n’avez certainement pas entendu « Pars sans rien dire » et « Si tu veux savoir », et tant pis. Elle reste à la hauteur de son talent, et je peux l’écouter toute la journée.

En 2017, elle sort un album de reprises, « Méditerranéennes ». C’est difficile pour moi de dire quoi penser de cet album, car elle a choisi de travailler avec de nombreuses autres chanteurs et chanteuses, dont certaines que je ne peux pas distinguer d’elle. Je peux dire que « La Maritza » avec Élisa Tovati est bien faite, et que j’adore la guitare espagnole de « Adieu mon pays » avec Enrico Macias, et « L’Amoureuse de Casbah », avec 7 chanteuses au total, est une chanson bien arabe qui vaut bien l’écoute.

Ce dernier album marque la fin de son séjour chez Capitol, alors j’imagine que c’était encore un autre échec commercial. Son prochain album, Refaire danser les fleurs, sorti en 2021, est auto-édité et n’a même pas de page Wikipédia. Yikes. « Tout est plus pop » est un départ stylistique pour elle ; un commentaire sous le clip fait la comparaison avec France Gall, et je suis d’accord :

Cependant, la chanson éponyme est, encore une fois, Julie telle que tout le monde l’aimait au début.

Et c’est peut-être ça le problème. Elle a tout le talent d’une Véronique Sanson, mais pas les ventes. Mais pour autant que j’adore tout ce qu’elle fait, il n’y a ni un succès emblématique tel que « Chanson sur ma drôle de vie » ni une mélodie dont tout le monde a envie de la fredonner encore et encore.

En juin de cette année, Julie vient de sortir son dernier album, Le chemin, avec la maison Bayard Musique. Le premier clip, Païenne, a été tourné dans l’église parisienne Saint-Étienne-du-Mont, et elle s’est embarqué sur une série de concerts dans des églises. Je l’aime, mais vous le saviez déjà :

Que penser de Julie Zenatti ? Moi, j’adore sa voix comme seulement Véronique Sanson et Catherine Ringer avant, et peut-être Jeanne Added de plus. Et il y a eu un moment où il a semblé que la France serait d’accord. Mais quelque chose n’est pas bien allé du tout. Je pense au Temps d’Amour sur le plateau de Taratata où elle était sans conteste la chanteuse la plus douée du groupe, et je ne peux pas comprendre le fossé qui sépare mon avis de celui des Français.

Ma note : Épousez-moi, Julie ! Je vous apprécierez même si vos compatriotes ne le font pas. Et je cuisine ! Mais punaise, c’est qui ce Benjamin ?

Le mystère du mauvais disque

Avant de me lancer dans le sujet évident du gros-titre, il faut que je partage avec vous exactement pourquoi ce sujet est si important pour moi. J’étais chez Miguel’s Jr pour le déjeuner hier, comme trop souvent. Je l’aime peut-être à moitié autant que la fréquence de mes visites le suggère — c’est le seul resto rapide de mon quartier qui offre une réduction pour une seule personne, et l’absence de discrimination anti-célibataire fait de moi un client fidèle. À ne pas dire Fidel. De toute façon

Comme dans tous les restos mexicains, d’habitude ils ne jouent que de la musique mexicaine. Alors, j’étais choqué d’entendre une chanson française chez Miguel’s. J’ai même tourné un petit clip pour le prouver !

Mais de toutes les chansons possibles, pourquoi Aya Nakamura ? C’est ma blague du 7 août 2023 devenue réalité ! (Non, je ne m’en souviens pas de toutes — mais celle-ci était spéciale.) C’est un bon exemple de l’importance de non seulement chercher de la musique française, mais la bonne musique. Sinon, on risque une vie d’Aya et de Jul. (Un jour, ce dernier intentera un procès contre moi — ce blog ne manque pas de blagues sur lui.)

Alors, j’ai reçu une enveloppe aujourd’hui, envoyée de Bayonne :

Photo de l'adresse de retour sur l'enveloppe

Ah, vous reconnaissez le nom Agorila ? C’est la maison de disques derrière Bandas du Sud-Ouest, mais qui a mis complètement le mauvais disque sur iTunes sous ce nom. Et pourquoi est-ce que je voulais avoir ce disque ? Parce que je suis devenu obsédé par sa ressemblance avec la musique des mariachis après la recommandation d’Il Est Quelle Heure. Bien sûr, il y a de bonnes raisons historiques derrière ça, et on en parlera plus une autre fois. Parlons maintenant des contenus de l’enveloppe.

Comme vous pouvez deviner, c’est le disque, afin que je puisse avoir la bonne musique :

Malheureusement, c’était une enveloppe insuffisamment matelassée, et vous pouvez voir que le boîtier CD est fissuré des deux côtés. Pas très impressionnant, ça, surtout pour un disque vendu tout neuf. Heureusement, le disque est arrivé en bon état.

Il n’y a pas beaucoup de notes de doublure dans le boîtier, mais voici ce qui se trouve là-dedans :

Alors, je vous ai dit qu’Apple m’a remboursé quand il s’est avéré que les pistes achetées sur iTunes venaient du mauvais disque. Mais, et je suis bien surpris par ça, ils n’ont pas supprimé l’enregistrement de ma bibliothèque iTunes. Je n’aurais pas objecté — j’ai reçu mon argent, pas besoin de me laisser garder l’achat. J’ai donc décidé de faire plus de recherches, pour voir si je pouvais découvrir le bon album derrière mon achat raté.

J’avais deux indices : 1) évidemment, l’album allait venir de la même maison d’édition, et 2) il s’agissait de chansons liées à l’équipe de rugby Aviron Bayonnais. C’était franchement pas grand-chose :

Capture d'écran du site de la maison de disques Agorila -- 16 résultats en recherchant « Aviron ».

Heureusement — et c’est ainsi que j’ai pu découvrir que le premier album était le mauvais — Agorila offre un lecteur avec des extraits sur presque toutes les pages des albums. Par exemple :

Lecteur pour l'album Kant'AB
Capture d’écran

En écoutant des extraits de cet album, Kant’AB, je me suis dit : « Ça semble être le bon, mais il y a beaucoup de compilations dans leur catalogue. J’ai besoin d’une liste complète de pistes pour être sûr. » Et Google m’a vite amené à la page de streaming d’Amazon Prime. Vous savez, le truc que je viens d’annuler la veille en me félicitant. Préparez-vous à rigoler. D’abord, voici une capture d’écran des pistes sur Amazon :

4 premières pistes de l'album Kant'AB sur Amazon, avec leurs durées.
Capture d’écran

Maintenant, une capture d’écran de ces mêmes 4 pistes dans ma bibliothèque iTunes — ce sont les fichiers qui étaient intitulés comme s’ils venaient de Bandas du Sud-Ouest, sans l’être, mais je n’ai pas pensé à prendre une capture d’écran jusqu’à ce que j’aie déjà fait les changements.

Capture d'écran des vieux fichiers sur iTunes -- ils ont exactement les mêmes durées que les fichiers de l'album sur Amazon, sauf dans un cas, différent d'une seconde.

Avez-vous remarqué quelque chose ? Peut-être que… la durée de toutes ces pistes est à une seconde près des mêmes pistes sur Amazon ? Ouaip. J’ai trouvé le bon disque.

Mais il y avait une piste de trop — 22 sur le disque, mais 23 dans la collection sur iTunes. Avec l’aide de l’appli Shazam, j’ai découvert que c’était la seule et unique piste vendue avec le bon titre, juste sur le mauvais album. Alors voici les résultats finaux sur mon portable :

Capture d'écran des 4 derniers albums ajoutés à ma bibliothèque iTunes, dont les 3 venant de chez Agorila mentionnés dans ce post.

Je ne vais pas acheter le reste de « Top Bandas » pour finir la collection. Mais j’ai maintenant deux albums entiers, et l’important, Bandas du Sud-Ouest, est là sans pertes, exactement comme je le préfère.