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Taratata fête le Zénith 1984, 2e partie

On reprend la critique de ce replay de Taratata.

Je n’ai pas parlé du chanteur avec Gaëtan Roussel à la fin du dernier billet, mais c’est un peu intéressant. Il s’appelle Édouard Bielle, et même s’il n’a pas connu du grand succès à ce point, Le Point le décrit comme « le chanteur qui fait aimer les années 1970 à la génération TikTok ». Intrigant.

Directement après, à 1h02:00 car vous allez vouloir le regarder, il y avait un autre de ces moments uniquement Taratata et Nagui. Cette fois, Julien Clerc est revenu sur scène avec Thomas Dutronc pour « Fais-moi une place », ce que M. Clerc avait écrit pour Françoise Hardy en 1989. S’il y avait un œil sec dans l’arène après ça, cette personne devait porter des boules Quies.

À gauche, Julien Clerc. À droite, Thomas Dutronc avec une chemise hyper-moche, noir avec des étoiles de 5 points en gris.

Les deux ont continué avec une chanson de Julien Clerc de 1984, « Mélissa ». Les paroles sont plus qu’un peu coquines, avec le refrain « Dites jamais que je vous ai dit ça ou Mélissa me tue ».

Après ces deux, deux chanteuses, Camille et Marguerite, sont venues sur scène pour « Karma Chameleon », tube britannique de 1983. Je crois que Camille Dalmais est la bonne Camille, mais je ne suis jamais sûr avec ces mononymes. Marguerite, malheureusement je la reconnaissais car « Je préfère les filles », c’était partout l’année dernière. Maintenant, il y a une pub à la radio que utilise évidemment cette chanson, mais c’est quelque chose comme « Je préfère le Maf ». Je n’ai jamais réussi à le trouver avec Google. C’est un nom d’entreprise aussi chiant que U — faut avoir plus de lettres !

Pour ce que ça vaut, Camille est presque aussi douée en anglais que Jeanne Added. Marguerite n’était pas à son niveau avec les voyelles, mais ses « r » sont bons.

Axel Bauer, qui m’a vraiment impressionné pour les 30 Ans de Taratata, est venu pour jouer son tube « Cargo », rejoint par une actrice tunisienne, Nawel ben Kraïem. Elle a apporté un aspect très Moyen-Orient à la chanson. Écoutez-les à partir de 1h12:55.

Ils ont été suivis par Alain Chamfort, accompagné par un DJ nommé Bob Sinclar (certainement un hommage au Magnifique de Belmondo), et un plus jeune chanteur, Voyou, pour son tube Manureva. Mon avis qu’Alain Chamfort n’a plus de voix pour ce genre de représentation n’a pas changé.

Je ne connais pas Pierre de Maere ; Mentissa, je n’en ai pas entendu parler depuis 2023. « Voyage Voyage » était assez bien dans leurs mains, mais je ne peux pas entendre cette chanson sans penser que Desireless était la sœur jumelle du personnage Guile de Street Fighter II.

Je ne connais pas Bertrand Belin, mais c’est une rare erreur de la part de Nagui de le mettre aux côtés de Jeanne Added pour « Sweet Dreams » des Eurythmics. Jeanne Added est pleinement capable de faire toute Annie Lennox toute seule et M. Belin a fait une grosse erreur dans la toute première phrase.

On ne pouvait pas s’échapper complètement au rap, mais Féfé, Tété et, euh. Neg’Marrons ne m’ont pas donné envie de revisiter « Pass the Dutchie », une ode à la marijuana.

Ils ont continué avec « Red, Red Wine » de UB40, une meilleure chanson, et ça, c’est bien allé. Même chose pour « Could You be Loved » de Bob Marley. « Reggae Night » était inconnue pour moi, mais c’était aussi trop de ce genre de musique.

Je ne connais pas la chanteuse belge qui se surnomme « Selah Sue », mais choisir de s’appeler « Sue », le surnom pour « Susan », exprès, c’est dégueulasse. Surtout venant d’un pays paradisiaque comme la Belgique, qui n’a connu que 5 naissances de nommées Susan dans son histoire. Pourquoi ferait-on un si mauvais choix ? ([Il essaie de vous dire quelque chose sans le dire, tout le monde. Veuillez lire entre les lignes. — M. Descarottes]) Ô, euh, elle a chanté du Michael Jackson, assez bien.

Je ne connais pas du tout l’actrice Béatrice Dalle, mais en duo avec Paul Personne pour « Vertige de l’amour », elle était merveilleuse. Cherchez-la à 1h49:30.

Veuillez sauter la représentation de « 3e sexe » par Hoshi, The Odds et Mademoiselle K. C’était horrible. Le chanteur de The Odds, Tarka, n’a aucune place proche d’un micro.

Mais Nagui est le meilleur producteur de télévision qui existe, alors la finale valait la peine. Pour la toute première fois sur Taratata, c’était le groupe Europe avec d’abord son nouveau tube « The Cult of Ignorance » — et pour finir, l’un des plus grands tubes de tous les temps, aussi par Europe, « The Final Countdown ». Je ne sais pas comment Nagui le fait, mais il n’y a pas de telle chose que quitter Taratata déçu. Il est le maître.

Taratata fête le Zénith 1984, 1ère partie

Je suis en train de regarder le Taratata du week-end, mais vu que ça fait plus de deux heures, je le fais en deux fois. Pas comme les 30 Ans, je ne vais pas faire un grand projet de rechercher tous les artistes. Pour une chose, le niveau est plus bas. Autre chose… on en parlera. Mais il y avait quand même des pépites intéressantes.

Titre de l'émission, Taratata fête le Zénith 1984

Comme toujours, notre hôte est Nagui, qui j’admire de plus en plus car l’âge ne semble le retarder même pas un peu.

Capture d'écran de Nagui en entrant sur scène.

L’émission a commencé avec Zazie, la toute première personne à apparaître dans le Projet 30 Ans de Taratata. Avec un type inconnu pour moi, Sam Sauvage, elle a chanté « Chacun fait c’qui lui plaît ». Je connais cette chanson car Patrick Bruel l’a chantée pour les 30 Ans. Je n’ai pas hâte d’écrire « Je découvre Patrick Bruel », un article dont Flavie Flament sera certainement la star, pour de mauvaises raisons. J’étais très surpris par cette représentation ; elle manquait d’énergie, et ce que j’ai dit de Zazie, c’était : « Elle a montré peut-être son plus grand talent sur scène, où elle avait vraiment le sens du spectacle. » Je blâme M. Sauvage, une créature de YouTube, peu importe s’il a remporté la Victoire de révélation de l’année.

L’émission a continué avec Gauvain Sers, Noé Preszow et Cali sur scène pour chanter « Marche à l’ombre » de Renaud. Très peu d’entre vous étaient ici quand j’ai publié sur Renaud après un cours avec l’Alliance française. Je ne suis pas fan de sa voix, trop râpeuse pour moi. Gauvain Sers était le chanteur préféré de mon amie regrettée Pascale. M. Preszow m’était inconnu. Cali reste une présence bienvenue sur scène. Je l’aime mieux sur Taratata qu’avec sa musique originale.

Gauvain Sers. Noé Preszow et Cali

Puis Renaud lui-même est allé sur scène avec Hoshi, pour « En cloque », ce qu’il a enregistrée en 1983. Je veux être gentil envers Renaud, alors je dirai simplement que c’est Hoshi qui porte cette représentation. En 2010, Little Richard, star du rock des années 50, est apparu sur le plateau du concert national pour le 4 juillet aux États-Unis. Il est allé exactement comme ici, mais ce Taratata est évidemment un hommage à Renaud comme ce concert-là était pour Little Richard. Et je ne vais jamais me plaindre de tels hommages.

Après ça, Renaud a été rejoint par Claudio Capéo, aussi inconnu pour moi, pour « Dans mon HLM ». M. Capéo est assez dynamique, et je penserai à écrire sur lui. Quant à la chanson, Le Figaro en dit que : « Le beauf, tendance facho, en prend pour son grade. » Sans vouloir faire la polémique — car je vais échouer à cette tâche en bas — ce sentiment frappe différemment quand je pense au monsieur au lance-flammes de la semaine dernière qu’en 1980.

Renaud et Claudio Capéo

Après cette chanson, héros du blog Julien Clerc est arrivé sur scène, et plusieurs musiciens d’en haut sont revenus, pour chanter « Dès que le vent soufflera », du Renaud de 1989 (un peu tard pour 1984, non ?) :

6 chanteurs dont Renaud et Julien Clerc

C’était principalement à M. Clerc, avec le groupe pour les refrains, probablement le bon choix.

Le moment le plus Taratata a suivi cet effort. Si vous ne regardez rien d’autre, avancez le clip jusqu’à 17:50 (vous n’avez qu’au 17/10) pour le « cadeau » à Renaud. Toute la foule chante « Mistral gagnant » ensemble. C’est exactement le genre de moment haut en émotion dont Nagui est le maître, et Renaud était visiblement ému :

Renaud avec des larmes dans les yeux

Je connais le nom Camélia Jordana, mais pas Ebony. Ces deux ont chanté « Like A Prayer », tube de Madonna de 1989. C’était competent, mais Taratata en anglais ne m’attire pas autant.

Ebony et Camélia Jordana

Je ne mentionne pas souvent Gilbert Montagné, mais il est toujours le bienvenu ici ; je le trouve très agréable. Il était là pour deux chansons avec Claudio Capéo, « Les sunlights des tropiques » et « On va s’aimer » :

J’étais bien surpris de voir M. Capéo lever M. Montagné pour danser sur le plateau, mais c’est un pro et rien de mal n’est arrivé. Tout de même, je n’aurais pas planifié ça.

Michael Jones, ancien associé de JJ Goldman, était là pour une chanson avec Michaël Gregorio, inconnu pour moi, « Je te donne ». Les deux valent la peine :

Michael Jones à gauche avec une guitare ; M. Gregorio à droite, tient un micro dans les mains

Je ne connais pas du tout M. Peter Kingsbery, mais il est apparemment aussi américain que moi. Son groupe Cock Robin a joué au Zénith pendant les années 80 selon Nagui. Mme Sila, avec lui, est un produit récent de The Voice, et aussi inconnue pour moi :

M. Peter Kingsbery sur le plateau avec Mme Anne Sila

Louis Bertignac, anciennement de Téléphone, est venu sur scène avec Cali pour jouer « Cendrillon ». C’était assez bon, mais l’année dernière, j’aurais pu le voir à Los Angeles, et sans Cali, je ne me sens pas que j’ai raté grand chose.

Louis Bertignac avec des lunettes de soleil et une guitare

Lio était là, d’abord avec Jenn Ayache de Superbus. Je connais Lio pour « La reine de pommes », ce que j’ai utilisé pour un clip sur Instagram pour montrer comment faire une tarte Tatin, ainsi qu’autre chose. Avec Mme Ayache, elle a chanté « Fallait pas commencer » de 1986. Lio de nos jours me rappelle un peu Catherine Ringer au même âge. C’est un compliment — la voix n’est peut-être pas aussi puissante qu’avant, mais son sens du spectacle reste superlatif :

Lio en gros plan avec un micro. Elle a des cheveux pleinement gris

Puis, Lio a été rejoint par M. Bilal Hassani, inconnu pour moi avant. M. Hassani s’est moqué des attentats de 2018 dans ce clip dont il prétendait après que c’était de la parodie, et ça après des propos pro-Hamas sur Twitter en 2014 qu’il nie avoir écrit sur son propre compte. Deux fois, c’est pas coïncidence et je ne m’intéresse pas à ses excuses. Je suis très déçu par ce choix de Nagui, une erreur de jugement, mais après l’affaire Julie Conti-Sophia Aram… je continue d’être fan de Nagui, mais inviter M. Hassani, c’est un choix.

Pour ce que ça vaut, la chanson des deux, c’était « Les brunes comptent pas pour des prunes », sans question le plus grand tube de Lio.

M. Bilal Hassani avec une robe rose et des cheveux longs teints blonds pour ressembler à une femme. C'est du drag.

Vous ne l’entendrez jamais deux fois sur ce blog, mais je n’ai jamais été aussi ravi de voir M. Gaëtan Roussel sur scène de ma vie. « Plus près des étoiles » était à un groupe toulousain des années 80, Gold, inconnu pour moi. C’était pas mal.

Gaétan Roussel avec Édouard Bielle

Il nous reste une heure de cette émission, le sujet de demain. Je ne l’ai pas encore vue, alors pas de divulgâcheurs, s’il vous plaît !

L’album de sa vie : Eddy Mitchell

Quand je vous ai parlé de mon dernier achat de la FNAC, Coucou Bonjour !, je n’ai pas mentionné qu’il y avait autre chose dans le colis. Il m’a fallu du temps pour tout écouter, car il y a presque 6 heures de musique sur les 5 disques de ce coffret, mais après 3 mois, j’ai enfin fini les 100 chansons de L’album de sa vie pour Eddy Mitchell (lien non-rémunéré vers la FNAC).

L’album de sa vie est en fait une série par Universal Music France ; il y a d’autres coffrets portant le même nom pour d’autres musiciens tels que Georges Brassens, Alain Bashung, Dalida, etc. Il y a souvent des versions plus courtes de 50 chansons et plus longues de 100, mais vu que l’on parle d’un type qui parle souvent de suivre « le chemin d’Eddy Mitchell » — j’entends parler qu’il y a un livre qui divise la France entre Eddy et Maïté — dois-je vraiment vous dire lequel j’ai acheté ? (Les 100, au cas où.) C’est la première fois où j’ai acheté un album de cette série — et à cause de DHL, la dernière — alors je ne peux pas faire la comparaison entre la qualité de ce coffret et les autres.

Ce que je peux vous dire pour commencer, c’est que le conditionnement, c’est de première classe. Voici la boîte :

Et le dos, avec sa liste de titres :

Il y a 5 disques, chacun dans sa propre housse en papier, ainsi qu’une brochure avec des notes de doublure. Malheureusement, cette dernière est juste la liste de crédits obligatoires pour les compositeurs et paroliers — un essai sur le contexte historique des contenus aurait été le bienvenu, même si les paroles étaient une attente irréaliste.

C’est souvent le cas que de telles collections sont remastérisées pour profiter d’avances dans les équipements, mais je ne pouvais rien trouver à cet égard. Ça dit, le niveau de bruits et de craquements ou clics est très bas dans les vieux enregistrements , même si certains ont toujours une qualité d’échos qui montre qu’il restait plus à savoir sur comment monter un studio.

L’ordre est juste chronologique par année de la sortie originale. Le Cimetière des éléphants, par exemple, apparaît sur le 3e et 5e disques, mais la première fois, c’est car on est en 1982, et la deuxième fois car Eddy a enregistré une reprise aux côtés de Véronique Sanson en 2018. (On y reviendra vers la fin.)

J’ai déjà beaucoup dit sur sa carrière pour le Projet 30 Ans de Taratata, alors ici je parlerai juste des pépites intéressantes que j’ai ratées la première fois.

Le premier disque traite largement de sa carrière des années 60, à commencer avec « Repose Beethoven » jusqu’à une version en live de « Be Bop A Lula ». C’est donc presque tout des reprises de musique américaine. Mais « L’épopée du rock », c’est original et puissant — Eddy ne manque de rien par rapport à « Twist and Shout » des Beatles, une bonne comparaison :

Je ne savais pas qu’en plus de « Eddy sois bon » (pas dans cette collection) il y avait aussi « Bye bye Johnny B. Good ». C’est trop de reprises de la même matière.

Le régal du deuxième disque est « Le parking maudit » de 1978. Si la musique rappelle une centaine de choses des années 60, c’est toujours à lui, et les paroles sont humoristiques, livrées avec un clin d’œil. J’adore :

« La Fille du motel » vaut aussi le coup, ainsi que « Pas de Boogie Woogie ». Il a tellement maîtrisé les formes américaines, mais ce sont à lui. Il a sa voix mature à ce point, et je la préfère fortement au premier disque.

Le troisième disque est peut-être mon préféré, même si « La dernière séance » est sur le deuxième. « Faut pas avoir le blues » est parfaite, une chanson qui aurait sa place dans n’importe quel bar à Chicago, la maison des blues :

« J’vous dérange ? » tire évidemment de l’inspiration de « Teddy Bear » d’Elvis, mais j’en ai profité énormément. « L’Idole chante au dessert » est purement un produit des années 80, et rappelle The Police, surtout « I’ll Be Watching You » avec la guitare. « Nashville ou Belleville » aurait pu être une chanson de Johnny Cash, une piste country avec une mélodie aussi simple que celle de « Folsom Prison Blues », mais avec des paroles émouvantes au maximum — j’ai pleuré à la fin. Si vous avez remarqué le point auquel je déteste Serge Gainsbourg, il sera très surprenant quand je vous dis que la piste que j’ai écoutée la plus à ce point est « Vieille Canaille », un duo avec les deux :

Le quatrième disque est presque aussi bon que le troisième. « Lèche-Botte Blues » est hilarante :

« Tell It Like It Is », un duo avec Aaron Neville, est vraiment au chanteur américain, mais Eddy tient bien sa place face à cette star. « Rio Grande » est à Eddy, et montre encore une fois qu’il est un maître du genre country. « J’aime pas les gens heureux » pourrait être mon générique avec 7 semaines restantes avant mon 50e. Cependant, j’étais amèrement déçu par « Ma Nouvelle-Orléans », en duo avec le pianiste de légende de cette ville, Dr. John. Enregistrée après l’ouragan Katrina, il fait des commentaires politiques à mon avis très mal placés. Je doute qu’Eddy sache qui étaient Mary Landrieu et Ray Nagin. Mais c’est ma seule plainte de ce genre au fil de 100 chansons.

Le dernier disque contient un meilleur hommage à la Nouvelle-Orléans, « Laisse le Bon Temps Rouler » :

« Les Vrais Héros » est la chanson parfaite pour notre époque de films de super-héros, un rappel qu’ils sont fictifs. Le disque se termine sur une série de duos avec d’autres stars telles que Véronique Sanson, Gregory Porter, Michel Jonasz et Christophe, tous tirés des deux albums dits La Même Tribu. Et c’est ça ma petite dernière plainte sur le coffret. Il n’y avait pas de problème de droits d’auteur avec ces deux albums, alors je ne sais pas comment la maison de disques aurait pu terminer ce coffret avec une chanson autre que « La Même Tribu », l’hommage ultime des plus grandes vedettes de la chanson française à Eddy. Elle n’est même pas sur le disque. Je trouve ça une erreur.

Pour le fan convaincu d’Eddy Mitchell, s’il n’a pas déjà une belle collection de ces chansons sur d’autres disques, ce coffret est un must. Mais même si on n’est pas aussi fan d’Eddy que ça — j’entends parler que ces gens existent — c’est une fenêtre ouverte sur toute la gamme de ses intérêts, qui sont impossibles à résumer en un ou même trois genres. Eddy Mitchell est un musicien par excellence, et si je n’aurai jamais l’opportunité de le voir en live, L’Album de Sa Vie est sans doute la deuxième meilleure option.

L’histoire française d’un tube américain

Il n’y a pas de question que ma chaîne préférée sur YouTube est celle de l’Institut national de l’audiovisuel, ou comme il est connu des internautes, INA. Je ne connais pas de meilleure ressource pour la culture générale française, et c’est lié ici trop de fois pour compter au fil des 6 dernières années. C’est grâce à eux que j’ai récemment découvert que l’un des tubes des années 70, une chanson si bien-aimée qu’elle se trouve à tout genre d’événement familial — les mariages, les quinceañeras (fêtes de 15 ans pour les filles mexicaines), même les bar-mitsva — est en fait un produit français. Je parle de « YMCA » du groupe Village People.

En ce qui suit, je suis largement le récit suivant d’INA, sauf que je corrige plusieurs malentendus dus à un manque de connaissance de la culture américaine :

INA ouvre le récit en 1977 à Greenwich Village, un quartier new-yorkais qu’il appelle « le quartier gay ». Ce n’est pas faux, mais ça réduit « the Village », comme il est connu même en dehors de New York City, à seulement une partie de sa réputation. C’était aussi connu comme le quartier artistique, et surtout un lieu important dans l’histoire du jazz, grâce au club « The Village Gate » (lien en anglais). Le journal « The Village Voice » (lien en anglais) occupait une place dans la culture américaine pas si différent des Cahiers du cinéma en France.

Peu importe le choix de description du quartier, ce qui compte le plus, c’est la présence d’un expatrié français, Jacques Morali, âgé de 30 ans à l’époque. Il avait envie de créer un groupe de disco autour des stéréotypes américains, d’où les célèbres costumes des Village People — un marin, un ouvrier du bâtiment, un amérindien, et ainsi de suite.

Les Village People en 1978, Photo par Mario Casciano, CC BY-SA 3.0

Pour cette affaire, M. Morali avait l’aide d’un autre expatrié français, Henri Belolo, avec qui il avait déjà créé un groupe de disco féminin, The Ritchie Family. Mais ce dont ils avaient besoin, c’était un single et une voix, et c’était comme ça que les deux ont fini par recruter un chanteur américain, Victor Willis. Messrs Morali et Willis ont écrit la chanson ensemble, avec le premier comme compositeur et le dernier comme parolier — INA suggère que M. Belolo était aussi un auteur de la chanson, mais après un procès légal tenté par M. Willis, son nom a été enlevé des crédits. Ça dit, M. Belolo a certainement écrit d’autres tubes du groupe, tels que « Macho Man » et « In the Navy ». Voici le clip tel que tout le monde le connaît :

Dans une interview de 2018, dont INA montre un extrait, la chanson se décrit comme « inspirée des auberges de jeunesse américaines ». Cette description rendrait perplexe, entre autres, La Fille, qui a appris à nager à notre YMCA local. Il y a environ 800 établissements YMCA partout aux États-Unis, et celui de Greenwich Village était l’un de très peu qui offrait des logements — la grande majorité offrent des salles de sport, des piscines, des camps et des activités périscolaires. J’ai été perplexe à cause de ça pendant toute ma jeunesse, car j’assistais à quelques programmes de la YMCA sans jamais voir où on pouvait passer la nuit.

M. Belolo ajoute, et la narratrice d’INA est bien d’accord, que « nous avons contribué à démystifier l’homosexualité ». Ici aussi, l’histoire est plus compliquée que ça. C’était certainement le cas que Messrs Morali et Belolo, comme beaucoup de monde travaillant dans le genre de disco, faisaient partie de cette communauté. Mais le chanteur principal, M. Willis, trois fois marié à des femmes (pas en même temps), a dit en 2024 que :

« Comme j’ai dit de nombreuses fois au passé, c’était une fausse hypothèse à cause du fait que mon partenaire d’écriture était gay, et certains, mais pas tous, des Village People étaient gay et que le premier album avait traité de la vie homosexuelle. »

Reportage de CNN

Les paroles étant à M. Willis, il saurait mieux que n’importe qui ce qu’il voulait dire, mais c’est certainement le cas qu’une fois sortie, une chanson a sa propre vie. Et il faut ajouter que le titre de l’album où cette chanson est parue, c’était Cruisin’, un mot qui veut dire en même temps rouler sans destination et ce qui faisaient le baron de Charlus et le duc de Châtellerault.

Ce que l’on peut dire avec certitude, c’est que le groupe Village People existait uniquement à cause des efforts de deux expatriés français, et si cette musique ne fait pas partie de la chanson française, c’est certainement une histoire qui n’aurait pas eu lieu sans la France.

Adieu, Mme Ringer

En 2020, une fois que j’avais découvert Indochine, j’ai posé la question à mon groupe de nostalgiques des années 80 : « Quoi d’autre devrais-je écouter ? » Parmi les noms les plus cités était Les Rita Mitsouko. J’ai donc écouté « Les Histoires d’A », et je dois vous dire la vérité : je ne l’aimais pas du tout et je l’ai mise de côté. On est juillet de cette année-là, je crois ; je me souviens pas de ce qui s’est passé, mais je doute que je puisse trouver le bon post sur Génération 80s.

C'est Catherine Ringer dans une robe rouge, les cheveux en chignon. Elle tient un micro dans la main droite sous sa tête.
Catherine Ringer aux Vieilles Charrues en 2021, Photo par Thesupermat, CC BY-SA 2.0

Je ne me souviens pas d’exactement ce qui a changé, mais en novembre 2020, j’ai commandé The No Comprendo de la FNAC. Je ne sais pas pourquoi je ne l’ai pas mentionné ici à l’époque — le blog avait moins de deux semaines au moment de la livraison, et je n’ai pas publié de critique. Mais j’ai certainement communiqué mon enthousiasme aux anglophones sur Facebook :

Ça dit :

J’écoute le disque qui est arrivé hier, The No Comprendo par Les Rita Mitsouko. C’est de 1986. Dites-moi que ça n’aurait pas convenu PARFAITEMENT sur la MTV de l’époque. Catherine Ringer, la chanteuse, sonne comme Annie Lennox après des leçons de chant avec Johnny Rotten. L’album a été produit par Tony Visconti, qui vous connaissez de David Bowie et Paul McCartney. Tout ce que j’espérais.

Même ça n’arrive pas à capturer mon admiration pour cet album, ce que j’appelle souvent l’un des deux albums parfaits de ma connaissance, l’autre étant Moving Pictures de Rush. Oui, il n’y a même pas un album d’Indochine où j’adore toutes les chansons sans exceptions.

Un mois plus tard, j’ai vu Catherine Ringer sur Taratata pour la première fois. Je ne l’avais pas planifié — j’étais là parce qu’Indochine allait avoir une demi-heure juste pour eux-mêmes. Cependant, j’étais ravi de découvrir l’émission. Encore une fois, c’était toujours Facebook où j’ai exprimé ça :

Capture d'écran d'un post sur Facebook où j'ai partagé un clip de Taratata en ajoutant la légende, « La grande dame, Catherine Ringer ! »

Heureusement, même si cette performance ne marche pas toujours sur le site de Taratata (ça marche pour moi dans l’appli de Facebook, mais pas dans un navigateur), il nous reste l’enregistrement officiel sur YouTube de « C’est Comme Ça » sur le plateau de Taratata en février 2020. Elle l’avait toujours, même à ses 63 ans.

Bourré de ce que j’entendais, j’ai profité du Covid pour la voir deux fois de plus pendant les mois suivants :

Le 17 décembre 2020, elle est apparue sur France Inter avec Benjamin Biolay et Alain Souchon. C'est une capture d'écran de l'annonce sur son compte FB.
Capture d'écran de l'annonce de son « Concert Très Très Privé » sur RTL2 le 26 février 2021.

Je dis souvent que 2020 n’était pas aussi mauvais pour moi que le reste du monde, et ça vous donne le goût de pourquoi, encore plus que les archives du blog. Tous les jours il y avait quelque chose de nouveau à découvrir, et Catherine Ringer faisait une grande partie de ça.

Au fil de 2021, j’ai commandé le reste des albums des Rita Mitsouko, d’abord Système D, puis les 4 autres d’un coup. « Y’a d’la haine » est devenue l’une de mes références préférées pendant les deux années suivantes (voilà et voilà). Si je dois avouer que je suis moins fan de Marc et Robert et Cool Frénésie que de leur autre travail, il faut aussi dire qu’avec Fred Chichin, Catherine Ringer n’a jamais cessé à prendre des risques.

Impossible de ne pas remarquer qu’elle n’a vraiment jamais guéri de cette perte. Il y avait beaucoup moins de nouveautés sous son propre nom après la mort de Fred, et elle chantait souvent sous le nom « Catherine Ringer chante Les Rita Mitsouko ». Quand j’ai visité le cimetière de Montmartre en 2021, j’ai dit du tombe : « On peut voir qu’il attend Catherine Ringer — ça m’a rendu triste. »

Pierre tombale de Fred Chichin avec son nom, les dates 1954-2007 et le mot « Musicien ». Il y a beaucoup d'espace sous son nom, assez pour plusieurs autres personnes.

Il faut vraiment connaître l’œuvre des Rita Mitsouko pour comprendre la France moderne. Sans connaître « Andy », je n’aurais jamais compris ce gros-titre du Canard, même si j’étais choqué à l’époque :

C'est un article sur un scandale dans l'handisport intitulé « Dis-moi oui, Handi ! ».

Elle était le sujet de l’une des premières Langues de Molière, à cause de sa chanson « Rendez-vous avec moi-même » — en partie à cause des verbes réfléchis, mais en partie car dans cette chanson, elle évoque la prononciation de son nom de famille polonais. Ça nous amène à mon dernier point.

J’ai fait des recherches dans des journaux étrangers pour voir si sa mort était remarquée de même façon que Belmondo. La réponse était non — sauf dans un pays, Israël :

C'est un article de The Times of Israël intitulé : « Décès de Catherine Ringer, célèbre voix juive du groupe rock des Rita Mitsouko »
Capture d’écran

Dans cet article, j’ai appris qu’elle y avait de la famille et y avait donné un concert en 2019. Ça dit aussi qu’elle n’avait pas grandi dans la religion, mais ce n’est pas mon sujet. C’est plutôt que ses origines n’ont jamais été un obstacle à son succès en France, à son statut d’icône de la chanson française. Je vous ai dit récemment que c’est 1934 aux États-Unis, et la situation serait très différente si elle était morte ici, mais dans les commentaires sous tous les articles que j’ai lus hier, il n’y avait que des hommages et des souvenirs d’une grande artiste française.

C’est la France à son meilleur, et c’est comme ça que je me souviendrai de Catherine Ringer.

Je découvre Yarol Poupaud

On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata. Cette fois, c’est Yarol Poupaud, le dernier musicien sur scène avec Pascal Obispo et d’autres pour « Allumer le feu ». (Pouvez-vous donc deviner qui est le prochain sujet ? Apportez du pop-corn !)

Yarol Poupaud (à gauche) et FFF aux Vieilles Charrues 2017, Photo par Thesupermat, CC BY-SA 4.0

Stanislas Poupaud est né en 1968 à Neuilly-sur-Seine, où l’état civil a fait son tout pour sauver le nouveau-né de ses parents, en refusant le nom « Yarol » pour son acte de naissance. Mais ses parents étaient tombés amoureux d’un recueil de science-fiction avec un personnage nommé Yarol, alors ils l’ont surnommé quand même. Le jeune Yarol a rencontré Marguerite Duras, ce qui rendait Nicolas Sirkis jaloux à jamais, car sa mère travaillait avec l’écrivaine célèbre. En 1987, à ses 20 ans, il fonde un groupe de rock, la Fédération française de fonck (FFF), avec deux amis, et en 1990, ils gagnent un contrat chez Sony. C’est ainsi que leur premier album, Blast Culture, sort en 1991. (À noter : Yarol est guitariste sur l’album mais aucune chanson ne porte son nom comme compositeur.)

La première piste, « New Funk Génération », et son clip officiel annoncent clairement leurs espoirs. Ça commence avec le musicien américain légendaire George Clinton, en train de les adouber sur les marches du Sacré-Cœur :

Les autres singles, « Devil in Me » et « Marco », sont très typiques du genre de « funk » lié à M. Clinton, au point où Marco cite son tube mondial, « Atomic Dog« . L’album s’écoule à 80 000 exemplaires, un modeste succès mais pas un album d’or à l’époque.

En 1993, le groupe sort son deuxième album, Free For Fever (Libre pour fièvre, ne me regardez pas comme ça). L’album est largement en anglais, mais… je ne peux rien comprendre de sa piste « Silver Groover » :

Ça dit, l’ouverture de cette chanson met Yarol en avant comme soliste et il est plutôt bon. « Stone to the Bone » me rappelle fortement le groupe Rage Against the Machine (lancé en même temps que FFF). « King of Party » est plus du premier album, mais encore plus bruyant.

1996 voit un album éponyme, FFF, ce qui gagne une Victoire de la musique, mais pour le meilleur concert plutôt que pour l’album lui-même. Cette fois, l’album est largement en français. Le seul single est « Le pire et le meilleur » ; c’est encore plus de la même chose, mais en français :

Le clip officiel était bien diffusé en France, car on y trouve une jeune Mélanie Thierry. (C’est sur Dailymotion, donc impossible à embarquer directement.) Puis… comment dire ça…

Vous souvenez-vous de ce qui est arrivé à Jaïn ? Que la presse américaine la détestait, car ils croyaient tous qu’elle se moquait de l’accent des noirs ? C’était ridicule, c’était dégoûtant, et ils ont écrasé sa personnalité avec de fausses accusations. Je ne peux pas dire pareil de « Niggalize It ». Je peux seulement dire que si j’ai prononcé ce titre à haute voix dans le bureau de n’importe quelle entreprise, ressources humaines assureraient que je trouvais la porte le plus vite possible. Un homme blanc est strictement interdit de dire soit ce mot soit la plupart des paroles (difficiles de trouver en ligne !) aux États-Unis. Les rappeurs, par contre, peuvent le répéter sans cesse et tout le monde les félicite pour leur courage. Pour un avis que si ce mot est offensif, personne ne devrait le dire, veuillez consulter l’écrivain noir Jason Whitlock (lien en anglais).

C’est donc là où j’arrête de parler de FFF. Cependant, M. Poupaud a aussi une petite carrière en tant qu’artiste solo, avec 4 albums sous son propre nom. On zappe le premier, sorti en 2008, car c’était un EP promotionnel. Mais en 2019, il a sorti un album éponyme, Yarol. Je ne peux pas vous donner un lien, même vers Wikipédia ; pour un si récent album, il y a très peu d’infos en ligne. J’ai trouvé ce single, « Girls » (Filles) :

Sa voix est assez bonne, et la musique révèle qu’il est exactement le guitariste que j’avais cru — très capable. J’ai aussi trouvé ce clip (avec seulement environ 200 vues) d’un concert où il a joué une autre chanson de l’album, « What Am I Supposed to Do? » (Que suis-je censé faire ?). Cette critique fait la comparaison avec Santana, et oui, moi aussi, j’entends « Oye como va » dans la mélodie.

Il y a deux autres albums solos, mais franchement, j’en ai entendu assez. Je ne parle pas de ses autres collaborations, avec Johnny ou Les Vieilles Canailles (Johnny avec Eddy Mitchell et Jacques Dutronc), car c’est déjà évident — il a assez de talent, mais ce n’est pas de sa propre musique.

Que penser de Yarol Poupaud ? C’est probablement évident du texte que je connaisse suffisamment ses sources, mais qu’elles ne soient pas ma tasse de thé. Yarol est assez compétent en tant que guitariste pour avoir une bonne carrière, et il l’a, mais il ne s’agit pas de classiques de la chanson française. Et vous n’avez vraiment aucune idée à quel point cette chanson-là m’a traumatisé. Je ne peux — et je ne veux — avoir rien à voir avec.

Ma note : JE CHANGE DE CHAÎNE AVANT QUE JE NE SOIS VIRÉ.

Je découvre Cali

On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata avec un autre chanteur sur scène avec Pascal Obispo. Cette fois, il s’agit de Cali.

Cali à la Pause Guitare en 2015, Photo par Gyrostat, CC BY-SA 4.0

Je dois dire au début que je ne l’ai vraiment pas remarqué dans l’ensemble pour « Allumer le feu », mais il est revenu sur scène deux fois de plus — une fois en tant que soliste pour « Pour un flirt » de Michel Delpech, et une fois pour « Super Nana », un de 5 chanteurs derrière Michel Jonasz. Dans les gros groupes, il a un peu disparu, car sa voix n’a rien de spécial — mais j’étais sérieusement impressionné par son énergie et présence en tant que soliste. (Voici le clip officiel, mais ça n’a pas marché quand j’ai essayé de le vérifier.)

J’étais donc étonné d’apprendre que Cali, de son vrai nom Bruno Caliciuri, est né en 1968 — je l’avais pris pour un homme de 30 ans. (Je suis vraiment nul avec les âges des autres.) De son côté paternel, sa famille est italien et espagnol ; du côté maternel, italien et français. Il a grandi à Perpignan, l’un de 5 enfants, et a perdu sa mère à cancer à ses 6 ans, et son père à ses 16 ans. C’était donc une enfance très difficile.

Après son bac, il s’est lancé en tant que musicien dans des groupes locaux, Indy et Tom Scarlett (voici un clip). Ce dernier group a fait la première partie pour Dionysos et Bénabar, mais est autrement peu connu. Cependant, une diffusion de sa piste solo, « Tout va bien », sur France Inter suffit pour le gagner un contrat chez EMI. Écoutez-la si vous voulez, mais je dirais que rien n’allait bien en écoutant cette piste plutôt lourde :

Cependant, en tant qu’une piste de son premier album, L’Amour parfait, c’est une réussite — l’album s’écoule à 550 000 d’exemplaires, un album platine. « C’est quand le bonheur ? » est meilleure comme chanson, mais toujours avec des paroles déprimantes :

« Le grand jour » mérite une place dans un bar quelque part, alors que la chanson éponyme, « L’Amour parfait », euh… ai-je mentionné sa vie difficile ? Vu la popularité de cet album, la bonne comparaison est le roman Les Souffrances du jeune Werther, de Goethe. Mais pour autant que je sache, personne ne s’est tué à cause de cet album.

La suite, Menteur, sort en 2005, se vend à 330 000 exemplaires, juste après la baisse de la signification de platine, de 500 000 à 300 000. C’est donc toujours platine !

« Qui se soucie de moi ? », la première piste, est une chanson presque positive — jusqu’à ce que l’on l’entende chanter :

« Pauvre garçon » est plus « métal », et « Menteur » plus… baroque ? (Il y a un clavecin.) « Je te souhaite à mon pire ennemi » évoque exactement les sentiments promis par le titre.

Son troisième album, L’Espoir, sort en 2008 et est accueilli comme plus positif. Il est brièvement classé numéro 1 en France. « Je ne te reconnais plus », avec Olivia Ruiz, ne somme pas comme Cali d’avant, avec des samples comme dans le rap :

Ses paroles me laissent un peu perplexe : « tu écoutes le jazz juste pour être accepté ». Croyez-moi, j’ai toute une collection de jazz, mais aucune idée de quoi il parle ! « 1000 cœurs débout » a des paroles bien Cali, mais ne le sonne pas. J’apprécie tellement le sentiment du « Droit des pères », mais c’est plus un discours qu’une chanson. Je note que Cali a aidé la création d’une association, Les Papas = Les Mamans, qui travaille pour exactement le droit des pères de rester actifs dans la vie des enfants après un divorce, et vous savez que rien n’est plus important pour moi.

Son quatrième album, La vie est une truite arc-en-ciel qui nage dans mon cœur, est jugé « plus rock, moins engagé » par les critiques — qui ne l’aiment pas. Il ne se vend qu’à 80 000 exemplaires. Moi, j’aime bien « L’amour fou », moins d’un discours que beaucoup de sa musique d’avant :

Mais on veut engagé ? Il y a « Lettre au Ministre du saccage des familles et des jeunes existences dévastées ». Je ne plaisante pas. « Je regarde mes dix-sept ans » me rappelle un peu « A Pirate Looks at Forty » de Jimmy Buffett — pas la musique, mais le même thème mélancolique de vieillir.

Son cinquième album, Vernet-les-Bains, est un hommage à son village aux alentours de Perpignan. Télérama dit de cet album que c’est « comme quand on se réveille avec une gueule de bois ». Je ne sais pas — « Ce soir je te laisse partir » n’est pas plus déprimant que son œuvre du passé !

« La grotte des amoureux » a plus l’air « gueule de bois ».

L’âge d’or, sorti en 2015, n’a pas connu de succès même si les critiques l’aimaient. « La vie quoi ! » profite de techniques de production plus modernes que d’hab chez Cali. Je l’aime bien :

Je me demande s’il écoutait « Fields of Gold » de Sting juste avant d’écrire « Le grand chemin ». Je l’aime bien aussi.

Il y a deux albums de plus, sortis en 2016 et 2020, mais à vrai dire, j’ai assez entendu pour avoir mon avis. J’ai écouté juste « Annie Girardot », mais il n’y avait qu’une référence à l’un de ses films et je ne sais même pas lequel.

Que penser de Cali ? Il n’est pas un grand chanteur, mais je veux être gentil. Il n’a pas de voix particulièrement forte, sa musique est toujours compétente mais n’a que rarement des mélodies intéressantes, et ses textes font souvent envie de pleurer. Pourtant, je sais ce que j’ai vu sur le plateau de Taratata. J’ai l’impression que Cali est plus sympa sur scène que dans le studio. Si je n’ai pas particulièrement envie de l’ajouter à ma collection, j’aimerais toujours le voir en live si possible.

Ma note : J’irais au concert.

Je découvre Superbus

On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata. Cette fois, c’est Superbus, représenté sur le plateau de Taratata par sa chanteuse, Jennifer Ayache, avec Pascal Obispo (le sujet de l’entrée précédente).

Le groupe Superbus sur scène. Le plateau est illuminé en vert, et il y a 5 projecteurs qui pointent tous à la chanteuse.
Superbus au Dôme de Marseille, Photo par Olarcadia, CC BY-SA 3.0

Selon Wikipédia, le nom a été choisi par Mme Ayache d’un dictionnaire de latin :

c’est le cognomen du dernier roi de Rome, qui signifie « orgueilleux », « fier », « superbe »

Superbus, Wikipédia

Cependant, Nagui l’a prononcé avec une pause entre « super » et « bus », de manière qu’il m’a fait penser que l’on parlait d’un bus très apprécié (pour des raisons inconnues).

Jennifer Ayache est la fille de Chantal Lauby, la célèbre actrice, et de Jean-Pierre Ayache, un inconnu, ce qui est particulièrement surprenant vu que sa mère faisait partie plutôt des Nuls. (Je serai ici toute la semaine, goûtez le veau.) À l’âge de 14 ans, sa mère l’a envoyé au Texas pour apprendre l’anglais (oups) et étudier la musique. En 1999 après son retour, à l’âge de 16 ans, elle a fondé Superbus avec le guitariste Michel Giovannetti.

En 2002, le groupe sort son premier album, Aéromusical, dont le premier single est « Tchi-Cum-Bah ». Le titre ne veut rien dire ; dans le clip, il sert dans le même rôle que des mots écrits sur les pages de BD des années 50 ou 60, pour donner des « effets sonores » à des bagarres :

C’est assez agréable. Les autres singles de l’album sont Superstar et Into the Groove, dont elle chante en anglais. Son accent est pas mal ; si je ne savais pas de qui il s’agissait, j’aurais cru la chanteuse américaine mais pas californienne. De toute façon, l’album s’écoule à 85 000 exemplaires — on disait un album d’argent à l’époque, mais de nos jours d’or.

Le deuxième album, Pop’n’Gum (anglais pour « soda et chewing-gum » ») sort en 2004. C’est moins bruyant que le premier album. Le premier single, « Sunshine » (lumière du soleil) est à moitié en anglais, à moitié en français, et 100 % mièvre — le refrain se traduit par « stp, bébé, dis-moi comment le soleil brille dans tes yeux » :

La chanson du titre semble avoir quelque chose à voir avec grandir (pas la pâtisserie à Kyoto), alors que son clip ressemble au film Monstres et Cie. « Radio Song », un autre single, continue l’habitude de passer de l’anglais en français, juste pour dire « nous sommes à la radio maintenant » en anglais. L’album se vend à 110 000 exemplaires, un vrai disque d’or. N’oubliez pas que ces musiciens ont 18 ans à ce point.

Wow, le troisième album, arrivé en 2006 et est enfin le grand succès avec 400 000 exemplaires vendus, ainsi que 5 singles sortis au fil d’un an et demi. Je le trouve pourtant plutôt mystérieux. Le morceau « Le Rock à Billy » est un calembour avec le mot « rockabilly », le genre d’Elvis Presley, mais la chanson parle d’un nommé Billy et ne sonne pas du tout comme Elvis :

« Travel the World » (Voyager autour du monde) est une chanson qui liste beaucoup de villes pour dire que le personnage de la chanson veut voyager avec vous. C’était nommé pour un NRJ Music Award comme chanson francophone de l’année, et franchement, je ne comprends pas du tout la raison pour ça.

Le quatrième album, Lova Lova est seulement la moitié du succès d’avant, mais 200 000 albums est toujours une réussite. Le titre parle d’une danseuse française qui travaillait sous le nom de scène Lova Moor dans des cabarets. C’est un grand changement de style, très électronique avec tout genre d’effet et moins de guitares :

Je préfère le dernier single de l’album, « Apprends-moi », mais à vrai dire, cet album n’est pas ma tasse de thé.

Le cinquième album, Sunset (Coucher du soleil) a été enregistré à Los Angeles en 2011 et est sorti en France début 2012. Sunset est le nom d’une rue très célèbre, surtout la partie qui traverse Hollywood. Il est possible que nous nous soyons croisés sans le savoir, car j’aimais parfois visiter ce quartier. (C’est où Arnaud Demanche a joué pendant sa visite.)

En fait, regardant le clip de « Smith’n’Wesson », dernier single de l’album (nommé pour un fabricant de pistolets), je sais que nous étions aux mêmes endroits, si pas en même temps. La colline de Hollywood est là, ainsi qu’une patinoire à roulettes que j’ai visitée pendant mes 3 ans de mort vivante à LA. (Ne soyez pas surpris ; on n’a qu’un choix dans ce quartier.)

Ce morceau est plus acoustique et mélodique que d’autres chansons de l’album, dont « All Alone ». Et ça, c’est un départ énorme pour Superbus.

Il y a deux albums de plus, mais j’arrêterai avec Sixtape (blague pourrie car c’est le 6e album, mais un calembour avec « sextape », des clips de l’acte sexuel censés être privés, mais évidemment sortis par des célébrités mineures qui espèrent trouver plus de notoriété, telles que Paris Hilton). J’arrête ici parce que selon de nombreuses sources, le groupe ne s’entendait plus, raison pour laquelle il fallait une décennie pour sortir un autre album. Sunset n’a pas connu de grand succès et leur travail après n’a presque rien vendu.

Le premier single de Sixtape, « Strong & Beautiful », sonne comme l’album précédent, mais sans les parties acoustiques :

« Jusqu’à la mer » est plus de la même chose. « Soul Sister » (Âme sœur) est une surprise agréable, un peu années 80.

Que penser de Superbus ? Le mot qui venait à l’esprit encore et encore était « agréable ». J’ai du mal à vous dire « Voilà, ceci est la partie que les fans chantent aux concerts ». Presque tout est facile à écouter, mais il n’y a pas de mélodies fortes et reconnaissables. Superbus est largement une véhiculé pour la voix de Mme Ayache et des clips bien tournés. J’ai l’impression qu’il y a des carrières solos qui les attendent, mais 20 ans ensemble est bien au-delà du groupe moyen.

Ma note : J’irais au concert si vous avez une place de trop.

La musique de mon Japon

Peut-être que vous pensez la plus grande nombre de pistes dans ma collection de musique vient de Rush. Après tout, ils ont sorti 19 albums studio, et je les ai tous. Si pas ça, Indochine, non ? Mais non. En fait, ce n’est pas proche du tout. Il y a 211 pistes de Rush et 197 d’Indochine (sans compter les albums Singles Collection et le Central Tour). Cependant, si je compte uniquement les pistes du plus grand compositeur de bandes-sonores de jeux vidéo, Nobuo Uematsu, il y en a 775. Et si j’ajoutais les contributions de ses collègues chez Square Enix — Masashi Hamauzu, Mitsuto Suzuki, Noriyasu Agematsu et Naoshi Mizuta, il y en aurait 174 de plus.

Il faut d’abord dire que puisqu’il s’agit de bandes-sonores, beaucoup de ces pistes ont été composées pour servir des buts très particuliers. C’est peut-être injuste de compter les airs très brefs pour sauvegarder les progrès ou dire « jeu terminé ». Mais même s’il me valait la peine de faire le tri, je suis sûr qu’il resterait deux fois la quantité des autres.

Évidemment, il doit y avoir quelque chose de valeur, au moins à mes yeux, pour acheter tout cette musique, un projet qui a commencé en 1995, avec l’achat de 3 disques pour la BO du jeu Final Fantasy III (de nos jours connu comme VI — plusieurs jeux sortis au Japon n’ont pas été commercialisés en Amérique du Nord ni en Europe).

C'est un arrière-plan très sombre, dans des nuances de violet. En bas, il y a un Moogle, une petite créature un peu comme un ours polaire qui marche sur deux pieds, avec des ailes de dragon. Le titre dit : « Kefka's Domain: la BO complète du jeu vidéo Final Fantasy III ».
Couverture de la BO de FF III pour les États-Unis, Source, ©️NTT Publishing

On pourrait dire, « Mais Justin, c’est un produit culturel, peut-être, mais ce n’est pas l’ongaku — désolé, la musique — que les Japonais écoutent eux-mêmes, non ? » Or, même si ça semble un peu ringard ([Plus qu’un peu. — M. Descarottes]), les compositeurs des BO pour les jeux et les animes sont des célébrités là, de façon impossible d’imaginer dans l’Ouest, sauf peut-être pour un John Williams ou un Vladimir Cosma. Il y a des concerts de cette musique au Japon, souvent joués par des orchestres de qualité.

Impossible de séparer la musique de Nobuo Uematsu des jeux Final Fantasy, mais il y a certaines choses que l’on peut dire qui ne comptent pas sur une connaissance de la série. Chaque nombre a lieu dans un monde différent (FF I se déroule dans un monde qui n’a rien à voir avec celui de FF II, etc. — mais tous les jeux dont le titre comprend « FF VII » se déroulent dans le même monde). Cependant, il y a certaines choses devenues traditionnelles au fil des 39 ans de la série, qui représentent un dialogue avec les fans.

Voici, par exemple « Le prélude », le générique du premier jeu. Malgré ses racines dans la NES, on reconnaît que c’est une série d’arpèges sur une harpe :

3 jeux plus tard, c’était toujours là, plus élaboré avec plus d’instruments :

Meme dans le neuvième volet, c’était toujours là — plus triste que jamais, un signe que ce jeu a marqué la fin d’une époque, et ne se dérouleraient plus dans des mondes médiévaux :

Après, les formes sont devenues différentes, mais c’est une signature aussi sûre qu’un blogueur qui écrit souvent « On continue maintenant le Tour… ».

L’esthétique appelée steampunk est fortement identifiée avec la culture japonaise, un mélange de haute technologie et de magie avec l’aspect de l’Europe du XIXe siècle. On le voit dans les navires volants dits « airships », à ne pas confondre avec les dirigeables, souvent appelés par ce mot en anglais. On parle de trucs comme ça :

C'est un navire avec 3 mâts et une hélice à la proue, volant dans un ciel bleu et un peu nuageux
Capture d’écran de l’introduction de Final Fantasy IV 3D, Source, ©️Square Enix

M. Uematsu a créé de la musique bien digne de ces merveilles fictives :

Pendant des décennies, il n’y a eu rien auquel les fans s’attendaient plus que découvrir le prochain air que M. Uematsu avait écrit pour les scènes de combat. J’oserais dire que la plupart d’entre nous est d’accord que le nec plus ultra vient de Final Fantasy VII :

« Mais Justin », me dites-vous, « quel rapport avec la musique traditionnelle japonaise, avec les kotos et les shamisens ? » Ça s’y trouve aussi :

Mais Uematsu-sama (le terme pour indiquer le plus profond respect) serait le premier à vous dire que ce n’est pas la grandeur de Final Fantasy, ni de la musique des jeux vidéo japonais. Un maître tel que lui est confortable avec l’orgue, même au point de citer Bach, pour le thème d’un méchant :

Mais aussi d’écrire dans un mode cinématique pour mon moment préféré de toute la série, quand les magiciennes Grenat et Eiko invoquent la chimère gardienne Alexandre pour protéger leur ville du dragon Bahamut :

La musique de mon Japon n’est pas celle des restos japonais, ou des palais des shoguns. C’est celle qui permet l’auditeur d’échapper à tout autre monde, qui pourrait être n’importe où dans l’univers. Même, n’oublions pas, la France.

Je découvre Pascal Obispo

On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata. Cette fois, on se retrouve dans une représentation de « Allumer le feu » de Johnny Hallyday, par Pascal Obispo, Superbus, Cali et Yarol Poupaud. On commencera avec Pascal Obispo.

Pascal Obispo (à gauche) avec Bénabar, Photo par Georges Biard, CC BY-SA 3.0

J’ai fait la connaissance de M. Obispo en décembre 2020, quand il a apparu dans le tout premier épisode de Taratata que j’ai vu, en duo avec Olivia Ruiz. Je voulais regarder l’épisode car Indochine allait y jouer, ainsi que Catherine Ringer. Si vous cliquez le lien, vous remarquerez aussi le début d’une signature du blog, mon habitude de mettre des mots dans la bouche de vous les lecteurs. Un mois plus tard, grâce aux efforts d’un ami belge qui m’a présenté Nostalgie Belgique, j’ai découvert ma préférée de ses chansons. On en parlera en bas.

Deux sourcils énormes, ainsi que le reste de Pascal Michel Obispo, sont nés en 1965 à Bergerac, mais en quelque sorte ne portent pas le nom Cyrano. Pourtant, à partir de ses 13 ans, il grandit à Rennes, où sa mère (qui ne venait pas de Bretagne) a décidé de s’installer après son divorce. C’est là, pendant ses années lycéennes, qu’il intègre à son premier groupe, dit « Words of Goethe » (Paroles de Goethe). Plus tard, il sera bassiste d’un autre groupe, « Evening Legions » (Légions du Soir). De cette période, on n’a que deux enregistrements — « Deux fois une vie », un extrait d’un album de groupes locaux pour le premier groupe, et un disque de 4 pistes pour le dernier. Il y a quelques idées intéressantes dans ces enregistrements, mais rien ne suggère une idole de la chanson française.

En 1988, il rejoint Senso, encore un autre groupe. Cette fois, plutôt que sortir son propre album, ils décident de faire partie du premier album solo de Pascal, Le long du fleuve. Cet album pue les années 80, même s’il est sorti en 1990, mais la France ne sait pas encore qu’un jour, la meilleure décennie de tous les temps lui manquera, et l’album est un échec. Voici un extrait, « Jeune révolution » :

EMI, sa maison de disques, vivement critiqué par les Sex Pistols dans une chanson éponyme, le vire après cet album, mais il signe chez Epic, où il sort Plus que tout au monde en 1991. La chanson éponyme est un petit succès ; un autre single, « Tu vas me manquer » (rien à voir avec la chanson de même nom de Téléphone), est classé 16e :

1994 voit son troisième album, Un jour comme aujourd’hui, son premier grand succès. J’aime bien la piste éponyme, mais c’est le single « Tombé pour elle » qui fait décoller les ventes avec un classement en 8e place. Le disque finira deux fois platine, avec plus de 500 000 exemplaires vendus.

Je ne peux pas mentir ; je trouve cette chanson agréable, mais pas plus. C’est bizarre d’être « puriste » pour les premiers travaux d’un artiste que l’on n’a pas écouté longtemps, mais je préfère son premier album.

Il est confirmé comme star avec son 4e album, Superflu, qui contient une belle dose de Zazie (qui est co-autrice de 3 chansons et chante en duo avec lui pour une). Cet album se vend à plus d’un million d’exemplaires grâce à de tels tubes que « Personne » et « Les meilleurs ennemis », avec Zazie. Il écrit une chanson pour elle. « Zen », classée #9 cette année-là.

En 1997, Zazie et Pascal travaillent ensemble sur « Allumer le feu » pour Johnny — elle écrit les paroles ; lui, la musique. Pascal participe aussi à l’album Savoir aimer de Florent Pagny, une réussite qui s’écoule à 2 millions d’exemplaires. Malheureusement, cette même année, un connard lui tire dessus en plein concert. Il lui faudra 22 pour retourner en Corse ; je le salue, car après ça, je n’y reviendrais jamais.

Pendant les quelques années suivantes, il se concentre sur une carrière de producteur, travaillant sur des albums de M. Pagny, Patricia Kaas et Natasha St-Pier. C’est donc un peu de sa faute que l’on a dû vivre les conflits stupides entre cette dame et Inès Reg. Il remporte une Victoire de la musique en 2004 pour son album Studio Fan – Live Fan, et le tour qui va avec, des homages à Michel Polnareff. (Ce dernier sera mieux connu plus tard comme personnage de dessin animé.) Cet album lui vaudra son seul classement #1, pour la chanson « Fan ».

2006 voit son 7e album, Les fleurs du bien — haha, même les anglophones connaissent Les fleurs du mal. Cet album, co-écrit avec le parolier Lionel Florence, contient de loin ma chanson préférée d’Obispo, 1980, avec un clip qui ressemble à un Rubik’s Cube :

Avec des saxophones — mon instrument — je pourrais pleurer, car ils ont largement disparus de la musique populaire. Je pourrais aussi faire sans ses grimaces dans le clip, mais je les pardonne, car j’adore vraiment ce clip. Ce sera son deuxième plus grand tube pour lui-même, classé #5 en France — cette même année, il écrira un #2 pour Natasha St-Pier, « Un ange frappé à ma porte ».

En 2007, il écrira une chanson classée #1 pour le parodiste Fatal Bazooka, Mauvaise foi nocturne, à laquelle il participe sous le pseudonyme « Vitoo ». Au-delà de « DJ Chris Prolls, » une bonne blague même en anglais, Fatal ne m’intéresse pas. Son 8e album, Welcome to the Magic World of Captain Samouraï Flower, sorti en 2009, n’est pas un succès, mais « Le Drapeau » est classé 6e.

Cet album marque la fin du grand succès de Pascal Obispo. De 2009 jusqu’au Covid, il aura une chanson classée 33e, « D’un Avé Maria », de son album de 2013, Le grand amour. Mais au-delà de ça, ses chansons sont désormais classées largement entre 100 et 200, hors le top 40 chacune. Cependant, en 2020, exactement au pire moment du monde, il revient avec une dernière chanson classée #1, « Pour les gens du secours », avec Pagny et Marc Lavoine :

Je ne sais pas si celle-ci compte comme retour, car il s’agit évidemment d’un moment et un message très particulier. Il a sorti deux albums de plus depuis ce temps, France et Le Beau qui pleut, mais malgré être classés #2 et #4, ni l’un ni l’autre a vendu plus de 50 000 exemplaires, pas comme ses millions d’avant.

Que penser enfin de Pascal Obispo ? Il a de bon goût musical, et a écrit au moins une contribution de légende à la chanson française, « Allumer le feu ». Cependant, à part ses liens étroits avec le son des années 80 au début de sa carrière, c’est difficile d’identifier un moment de sa carrière où il a atteint le niveau d’un Eddy Mitchell ou un Julien Clerc. Il n’y a rien de honteux là ; c’est clairement un musicien apprécié par ses collègues, un artiste capable.

Ma note : J’irais au concert si vous avez une place de trop.