Archives de l’auteur : Justin Busch

A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Le Codex de Simon de Thuillières

Le grand problème avec des manuscrits comme mon cher Très riches heures du duc de Berry, c’est que personne ne fait plus de tels œuvres. Ou ai-je tort ?

J’ai récemment découvert la page d’un génie sur Facebook, Le Codex de Simon de Thuillières. Pour les fans de l’art médiéval, il n’y a rien de mieux. Ce qui suit est avec la permission de l’artiste, mais il n’a rien lu à l’avance, et j’ai aucun intérêt commercial, comme toujours.

Peut-être que vous vous souvenez de l’album de Laurence Manning avec la musique de la série Zelda ? C’est en fait comment j’ai découvert cet œuvre, dans un groupe de fans de jeux vidéo. En bas est une blague sur le jeu « Breath of the Wild », vendu même en France sous son nom anglais. Mais « Souffle de la sauvagerie » est pas mal comme traduction !

©️Société C.R.E.E., Publié sur Facebook, Avec la permission de l’auteur

Pour un fan du jeu, il y a de nombreux détails malins. Dans le jeu, le héros Link peut utiliser des courants d’air créés par les feux pour voler et lancer des flèches. Le monstre au milieu est un Gardien du jeu, mais d’un style médiéval plutôt qu’une copie du jeu. En bas à gauche, on trouve un Bokoblin, un ennemi commun de la série. Et tout ça avec une description dans un François médiéval que je ne comprends point. (J’ai au moins regardé Les Visiteurs.)

Mais oh là là, si vous n’avez jamais joué à Breath of the Wild, vous n’avez aucune idée à quel point les Gardiens sont effrayants. Ne l’imaginez pas :

Il s’adresse à tous genres de sujets culturels, pas seulement les jeux vidéo. Voici une parodie de la Bande à Picsou :

©️Société C.R.E.E., Publié sur Facebook, Avec la permission de l’auteur

Toute l’équipe est là, même si les noms sont inattendus pour moi. Je connais les trois neveux de Donald sous les noms de Huey, Dewey, et Louie. En français, ils sont devenus Riri, Fifi, et Loulou, et dans la version la plus récente — lui-même un chef-d’œuvre — ils sont maintenant Richard, Firmin, et Louis. (En VO, ils ont aussi reçu des prénoms plus officiels.) Je sais que les Beagle Boys sont les Rapetou en français, et les « Gras Petou » est un calembour sur ce dernier, mais même le Trésor de la Langue Française n’a pas pu m’aider.

Notre dernier exemple traite de l’actualité. On a récemment parlé de Black Friday, Vendredi noir, ou Vendredi fou, selon vos goûts — voici Ténébreux vendredi :

©️Société C.R.E.E., Publié sur Facebook, Avec la permission de l’auteur

Au passé — et pas si longtemps — il y avait en fait des morts aux États-Unis à cause de cette connerie chaque année. Pourtant, les magasins refusaient d’arrêter les promotions folles. C’est le virus qui a enfin empêché tout ça. Alors je trouve l’image d’une émeute pour l’occasion très pertinent. (Au fait, on dit aussi « tenebrous » en anglais, mais c’est considéré archaïque. J’adore donc ce dessin encore plus.)

Naturellement, il ne servirait à rien de parler d’un codex s’il n’y en avait vraiment pas. Il existe en deux versions, régulier et « Édition Reliquaire ». Il y a aussi un plus court « Cahier de jeux et d’esprit » qui promet également des mots « croisades » (croisés, j’espère) et une « grille géante de mots mêlés riche de 200 insultes » en moyen François. Il y a même un carnet de chasse afin de vous aider à la chasse de Pokémon. J’entends parfois des polémiques sur la chasse, mais d’habitude sur les sangliers — évidemment le droit à chasser les Pokémon est si bien établi que personne n’ose plus le contredire. J’adore son humour, et j’ai hâte de découvrir plus de son œuvre !

Épisode 38, des macarons au jardin

Je dois vous dire, j’ai bien aimé le rythme des posts de cette semaine. Un dîner et un dessert moins stressants que d’habitude, un bon nougat, un post sur des livres que j’ai déjà lus — j’adore mes recherches, mais il y a des fois où c’est bon de travailler moins dur. Et puisque Noël approche, je vais vite sauter de la poêle dans le feu, comme on dit en anglais, à cause des projets ici. Mais je vous promets, j’aurai des surprises.

Notre blague de la semaine traite d’une livraison très, très en retard. Par hasard, je viens à envoyer un colis à l’amie qui m’a aidé à obtenir le carnet de Cook & Record. Selon USPS, la poste américaine, des colis envoyés avant le 6 devraient tous arriver avant Noël. L’année dernière, ils ont dit la même chose, mais un cadeau de Noël est devenu cadeau d’Épiphanie. On verra. De toute façon, os articles sont :

Il y a aussi deux posts de recettes, Mon dîner mosellan et Les macarons de Boulay.

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Les macarons de Boulay

On finit notre séjour en Moselle avec un dessert très rare, encore une fois une recette propriétaire trouvé chez exactement une boulangerie au monde entier (cf. les chichis frégis, le frescati, les macarons de Cormery). Une connaissance d’origine messine (de Metz) m’a demandé d’essayer de les faire. Après des recherches, voilà :

C’est pas du tout une recette compliquée, mais voici quelques observations : la bonne poudre d’amande devrait venir d’amandes fraîches ; c’est-à-dire toujours vertes. Étant impossible à trouver car c’est hors de saison, j’ai utilisé de la poudre d’amande ordinaire. Mais avec une saison de seulement 2-3 semaines par an, je me demande comment ça marche toute l’année. Aussi, il y a plusieurs recettes sur Internet. C’est difficile à dire quelle est « la » recette.

J’ai tiré ma recette du site Tout Metz. Les autres que j’ai trouvées sont ici (moins de poudre d’amande), ici (presque identique), et ici (du sucre blond au lieu de sucre en poudre). Toutes dépendent d’un sirop d’eau et de sucre. Je suis bien satisfait que la mienne est un juste milieu. Comme souvent, j’ai coupé la recette par deux.

Les ingrédients des macarons de Boulay :

  • 100 grammes de poudre d’amande
  • 100 grammes de sucre en poudre
  • 1 blanc d’oeuf (30-35 grammes)
  • 1 cuillère à soupe d’eau

Les instructions des macarons de Boulay :

  1. Dans un saladier, mélanger la poudre d’amandes avec le blanc d’oeuf. Ne battez pas le blanc ; faites ça avec une cuillère.
  1. Mettre 25 grammes de sucre et une cuillère à soupe d’eau dans une casserole, sur un feu vif. Faire bouillir pendant environ 1 minute après les premières bulles, jusqu’à l’obtention d’un sirop.
  1. Verser le sirop sur le mélange d’amandes/et de blancs d’oeufs. Une fois que le sirop est entièrement absorbé par le mélange, ajouter le sucre restant (75 grammes). Après un certain point avec de grosses miettes, j’ai travaillé la pâte à la main.
  1. Prendre une plaque de cuisson et y mettre un tapis en silicone. A l’aide d’une petite cuillère, faire des tas de pâte (suffisamment espacés) sur le tapis, puis laissez reposer pendant environ 15 min. J’ai écrasé les tas avec le dos de la cuillère, puis fait des disques plus ronds à la main.
  1. Pendant ce temps-là, préchauffer votre four à 175°C.
  2. Enfourner pendant 15 minutes, puis vérifier. Les macarons devraient être dorés et croustillants. Sinon, continuer. Les miens étaient prêts après 20 minutes au four. La photo à gauche est après 15 minutes ; à droite, après 20.

Laisser refroidir avant de servir.

Le nougat breton

Si vous avez vu mon post avec mes derniers achats chez myPanier, vous savez que j’ai acheté un nougat bien français, mais pas de Montélimar. Est-ce une hérésie, ou une belle découverte ? On verra !

J’avoue, j’achèterais presque tout et n’importe quoi — au moins une fois — tant que la boîte dit « nougat » et est labellisée en français. (Attention vendeurs peu scrupuleux chez Cartier : je reconnais la différence entre le nougat et les bijoux. Et j’ai assez de Déclaration pour le reste de ma vie.) C’est-à-dire que j’allais goûter celui-ci peu importe sa région d’origine.

Je ne connaissais pas la nougaterie, « Le Bonheur des Ogres », et je suis sûr que je rate la signification de leur nom. Mais sur leur site, ils promettent que leur nougat « répond aux attentes d’un produit d’épicerie fine haute gamme ». Ils viennent du Morbihan, mais j’ai trouvé ce nougat trop tard pour le mentionner dans le bon post.

Voici leurs ingrédients :

C’est une liste impressionnante. On peut suivre toutes leurs sources. J’ai aucune idée si les œufs du Maine-et-Loire aient quelque chose de spécial, mais on paye cheeeeeer pour la vanille de Madagascar, c’est certain. Et c’est un produit bien cher — 8,65 $ la barre de 80 grammes aux États-Unis. Pour une fois, « l’impôt d’importer » n’est pas si grand — cette barre vous coûtera environ 7 €. En revanche, le nougat Soubeyran de Montélimar coûte 5,90 € la barre de 100 grammes chez Galeries Lafayette.

Je dois vous dire la vérité : j’adore ce nougat assez que je me sens un peu le traitre. C’est un produit d’une qualité extraordinaire, avec un prix égal à sa hauteur. J’ai exactement deux plaintes : le rapport qualité prix n’est pas proche du niveau des meilleurs nougats de Montélimar, et c’est collant — j’ai dû couper la plastique au fur et à mesure de manger, car c’était difficile de le retirer de l’emballage. D’autre part, on pourrait dire que c’est un bon régime pour votre portefeuille. On va pas trop acheter à ces prix !

Toute plaisanterie mis à côté, c’est un vrai plaisir, un pur bonheur de trouver un nougat à ce niveau. Plus que j’écris, plus que j’ai envie de nouveautés et de revenir. Une découverte comme celle-ci remonte la morale.

La « Coupe du monde littéraire »

Je vous ai mentionné que La bibliothèque Roz a écrit sur ce tag, originalement de la chaîne YouTube Bouquins & Books. (Vidéo en anglais.) L’idée est de choisir 11 auteurs — comme une équipe de foot — pour représenter votre pays. En plus, si on connaît assez bien les règles de foot, d’expliquer pourquoi les postes vont avec chacun. Franchement, bien que j’aie joué au foot pendant toute ma jeunesse, et j’aie été coach de l’équipe de ma fille, cette partie ne m’intéresse pas trop. Mais 11 auteurs, oui, ça m’intéresse beaucoup.

On commence avec notre Thierry Henry, notre Zidane, Herman Melville. On parle souvent de la question « Quel est le Grand Roman Anéricain ? ». Beaucoup de monde vous direz Gatsby le Magnifique. Même s’il était écrit en France, ils ont tort. C’est Moby-Dick. La moitié du livre n’avance même pas l’histoire, mais parle plutôt de la chasse à la baleine. Mais c’est son génie — on apprend à vivre la vie des personnages. Sa nouvelle Bartleby est considérée très importante, mais je la trouve déroutante.

Sûrement l’autre vedette de cette classe est Mark Twain. Vous pensez en ce moment au générique de Tom Sawyer, je sais déjà. Et oui, c’est un grand roman. Mais moi, je préfère la suite, Les Aventures de Huckleberry Finn, où Huck s’en va avec un esclave en fuite.

Peut-être que vous avez remarqué que tout ici est lié d’une façon ou autre. Mon prochain écrivain est John Dos Passos, pour sa trilogie des années 30s, U.S.A. C’est de la fiction expérimentale avec des petites biographies de vrais personnages historiques interpolées parmi la narration. U.S.A. a inspiré de nombreuses chansons du groupe Rush, mon préféré en anglais depuis le lycée. Essayez surtout The Big Money, d’après son roman traduit en français comme « La Grande Galette ».

Je ne vous déteste pas, alors je viens d’oublier le nom Theodore Dreiser. De rien.

Je me sens obligé de dire Ernest Hemingway, même si je ne l’aime pas. Il a une réputation pour écrire dans un style court et clair. C’est discutable. Lisez L’Heure triomphale de Francis Macomber ou Un endroit propre et bien éclairé, considérées comme des classiques. J’ai dû les lire au lycée. Hemingway et moi, nous n’avons pas parlé depuis ce temps-là.

On peut pas parler de la fiction speculative sans mentionner Isaac Asimov. Je l’estime plus pour ses idées que sa prose. Ses romans du cycle de Fondation (j’ai lu tous sauf le dernier, ce qui était un échec et presque impossible à trouver) et des robots ont formé toute la science-fiction des 60 dernières années aux États-Unis.

Mon auteur préféré de la science-fiction et du roman le plus important du genre (à mon avis), c’est Frank Herbert. Dune est le chef-d’œuvre des chefs-d’œuvre : un mélange de la philosophie, de la politique, de la science, et de l’aventure. Il sait quelque chose à propos de tout et n’importe quoi.

Je ne vous déteste pas, alors je viens d’oublier le nom Tennessee Williams aussi. Encore une fois, de rien.

Un autre auteur comme Herbert, qui sait beaucoup et l’utilise bien dans sa fiction, c’est Michael Crichton. Qu’il soit Jurassic Park, Soleil levant, Harcèlement ou bien Prisonniers du temps, il écrit toujours avec savoir-faire et une connaissance remarquable de ses sujets.

C’est mon équipe, il y a donc une place pour H.P. Lovecraft. Pas de Lovecraft, pas de Chroniques Occultes de Guy-Roger Duvert. C’est aussi simple que ça.

J’ai parlé avec un ami sur celui-ci, et je suis d’accord : faut inclure Joseph Heller pour son roman satirique sur la Seconde Guerre mondiale, Catch 22. Le nom fait référence à une règle fictive de l’armée, où on peut pas la quitter à moins que l’on soit jugé fou, mais vouloir quitter l’armée est une preuve que l’on n’est pas fou. C’est l’un de mes romans préférés, même si c’est devenu complètement réel de nos jours.

Je ne vous déteste pas, alors je viens d’oublier le nom William Faulkner aussi. Encore deux fois, de rien.

La meilleure série de romans de jeunesse que ce pays a produit est sans doute « À Wrinkle in Time, » sorti en France dès 1998 sous le nom Un raccourci dans le temps, par Madeleine L’Engle. Malgré le nom, elle est à nous, pas à vous. (Et ça fait mal au cœur d’écrire ça.) Mais elle vivait près de Chamonix pendant une année et assistait brièvement à l’école en Suisse. De toute façon, ses meilleurs livres traitent de voyages dans le temps, de mondes invisibles, et tous genres de créatures fantastiques. Je la recommande sans hésitation, mais absolument pas du tout la version Disney au ciné, une farce.

Finalement, j’adore les premiers romans d’Anne McCaffrey dans une série appelé La Ballade de Pern en version française. Elle y est restée trop longtemps pour mes goûts, mais pendant des décennies, elle a été l’une des autrices les plus célèbres aux États-Unis. Sa trilogie sur une femme qui vit sur une planète de cristal, et qui devient malade si elle part trop longtemps, La Transe du Crystal (lien non-affilié à Amazon.fr), est aussi excellente.

C’est mon XI américain, et contrairement à l’équipe de foot, j’aime ses chances contre les Pays-Bas !

(Crédit de photo pour les réseaux sociaux : Photo par Markbarnes, CC BY-SA 3.0)

C’est 1er, version décembre 2022

Je continue à copier Light & Smell avec des listes de mes articles préférés au premier du mois. Ça vient d’Allez vous faire lire, mais je ne suis pas exactement ses règles.

Mais avant, puis-je vous dire quelque chose ? Hier, j’ai rien compris sur la première page du Canard enchaîné. Je l’ai mentionné sur Facebook, et tout à coup, j’ai eu autant de réponses sur Messenger qu’à chaque fois où j’essayais de répondre, une autre m’interromprait. Vous ne cessez jamais de m’étonner.

Nouveaux à moi :

Les habituels :

Au jardin

Je vous ai fait une promesse que Langue de Molière serait de retour au jardin, et bien que je vous raconte parfois des salades, je ne vous mens complètement jamais. Alors, c’est parti ! (Pas en cacahuète, j’espère.)

On dit souvent qu’il faut casser le noyau pour avoir l’amande. C’est pourquoi je préfère acheter mes amandes déjà rendues en poudre. Non, mais sérieusement, c’est à dire qu’il faut travailler dur pour avoir une bonne récompense. C’est comment les anglophones savent que vous êtes une bande d’obsédés quant à la bouffe, parce que nous disons plutôt « Pas de peine, pas de gain » (« no pain, no gain »). Au moins elle rime, mais elle manque de l’imagination. (Au fait, après ce post, je ne m’intéresse plus à casser les noyaux où je peux l’éviter.)

Si je ne me banane pas, on dit « mi-figue, mi-raisin » pour dire que quelque chose est à moitié bonne, à moitié nulle. Mais pourquoi ? Quel est le problème chez les figues ? Ou les raisins ? Si on veut être clair sur lequel est nul, ça devrait être « mi figue, mi-raisin sec ». En anglais, « raisin » ne veut dire que « raisin sec » — on dit « grape » pour le pas-toujours-gaspillé. Mais en fait, le lien ici dit que c’est les figues qui ont été méprisées au XVe siècle. Ça ne va pas chez moi. J’adore les figues. Enfin, pas mal d’entre vous n’aiment pas le beurre d’arachide. À chacun ses goûts.

Il y a une expression végétale anglophone que j’ai apporté avec moi, et il s’est récemment avéré que pas tout le monde comprend le sens. On dit « mon herbe à chat » pour quelque chose que l’on peut pas résister ; ici j’ai appelé les montres, myPanier, et Louis de Funès tous « mon herbe à chat ». J’ai finalement eu une question sur cette expression, et j’ai appris que j’aurais dû dire « péché mignon » pour ça. Mais j’adore trop dire celle-ci, alors je continuerai et ce sera mon acte d’impérialisme linguistique, pour satisfaire notre obligation nationale. Oups, j’étais pas censé avouer que ça existe !

Je suppose que c’est bien la fin des haricots. J’ai plus d’expressions du jardin dans ma liste. Pourtant, je me sens comme on a raté une plante. Voilà, les graines de céréales. Mais nous savons tous où les trouver. Langue de Molière vous reverra à la boulangerie.

La toute première entrée végétale dans mon fichier d’expressions est « avoir un cœur d’artichaut », c’est-à-dire tomber amoureux plutôt trop facilement. On peut la trouver plusieurs fois ici (voilà et voilà), et c’est dans mon vocabulaire depuis longtemps. Mais…peut-être que je l’ai mal comprise. Je me souviens d’exactement où je l’ai trouvée, la page d’une prof particulière de français. Elle donne une signification qui ne mentionne pas être inconstant, mais son exemple traduit en anglais, le dit. L’article en haut, des Dédexpressions, parle d’être « presque Don Juan ». Parmi mes nombreux défauts ([IL L’AVOUE ! — Mon ex]), on ne trouve pas de Don Juan. Plutôt l’inverse. Oups.

Mon dîner mosellan

Ce dîner n’est pas comme les autres. Pour la deuxième fois, il y a quelque chose ici pas fait maison (voilà l’autre). En revanche, le fromage blanc nature dont j’aurais eu besoin n’est pas disponible du tout chez moi. Alors, voilà, le bretzel et le Bibeleskäs au saumon fumé.

Les deux recettes viennent du blog d’une cuisinière mosellane, Eva Cuisine. Elle est bien experte en cuisine alsacienne, et a publié plusieurs livres de recettes avec Hachette, une édition connue aux deux côtés de l’Atlantique, donc des œuvres sérieux.

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Épisode 37, des gâteaux sans cesse !

Je ne dois plus jamais avoir une semaine comme celle-ci. Vous connaissez sûrement l’histoire de la Sainte-Bible, où la femme de Lot regarde en arrière et devient une statue de sel. Bon, si je regarde à l’intérieur de mon frigo, je risque de devenir une statue de sucre ! Mon moniteur de glycémie me dit que c’est pas juste une blague.

D’habitude, je ne lis pas à haute voix les recettes, mais M. Descarottes voulait au moins son introduction à la recette du gâteau aux carottes. Alors j’ai peut-être chanté un peu de « Ça ira ». La version originale, vous comprenez. Au moins, il a choisi une chanson bien française pour moi.

Nos articles sont :

Il y a aussi Le pain de citrouille de Thanksgiving et Le gâteau « Red Velvet » de La Fille. Merci surtout pour vos mots gentils en réponse à ce dernier. Malgré ses avis parfois mitigés sur mes activités ici, et son besoin de me taquiner sans cesse, ma fille apprécie vraiment les mots encourageants.

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La Cuisine des mousquetaires et « une certaine idée de la France »

Aujourd’hui, on va parler d’une France différente, d’un temps au passé, même si pas si loin, mais je veux être clair — c’est pas pour le critiquer. Bien au contraire. En plus, il y a une certaine hypocrisie en disant que l’on désapprouve de la boucherie tandis que l’on mange des viandes, mais ce dont on va parler n’apparaîtrait pas à la télé de nos jours. Je parle, bien sûr, de la Cuisine des mousquetaires et l’animatrice Maïté.

J’ai rencontré Maïté à cause de mon groupe de nostalgiques des années 80s qui m’a lancé sur cette grande aventure. (Désolé, je sais que le grammaire de l’article lié pique les yeux.) Son émission, La Cuisine des mousquetaires, est l’une des émissions qui ont vraiment lancé la cuisine à la télé, avant Iron Chef, avant Gordon Ramsey, avant Philippe Etchebest.

La première fois où j’ai vu Maïté, elle a tué un canard sur scène :

Ce qui rend cet épisode un peu choquant n’est pas qu’elle nous montre une carcasse de canard où même qu’elle cuit le sang (bien que vous ne voyiez jamais une telle chose ici). Non, c’est plutôt la façon de parler sur le canard. En ouvrant le panier où le canard attend, Maïté dit à Micheline, son assistante « Regarde comme il est joli ! Il est beau, il est beau, il est magnifique ! ». Elle le met dans un appareil que je ne reconnais pas, inversé, puis dit à Micheline « Il ne souffre pas ; c’est impeccable ». On ne voit pas le moment exact, mais tout à coup, elle nous dit qu’elle saigne son canard, et il y a un bol de sang bien frais.

L’Obs nous montre un autre épisode en parlant de comment la cuisine a changé depuis son époque :

Elle parle directement à son anguille :

Ne bouge pas ma chérie, on va juste te heu… c’est rien, on va juste te tuer, te peler la peau, te découper en morceaux, t’éviscérer et te faire revenir des heures dans une marmite avec du vin rouge. C’est rien, ma chérie, c’est rien, ça passe…

Mais est-ce vraiment aussi choquant que ça ? Le chef américain Thomas Keller, le premier du pays avec deux restos trois fois étoilés, a écrit dans son premier livre de recettes (ma traduction) :

Un jour, j’ai demandé à mon fournisseur de lapins de me montrer comment tuer, écorcher et vider un lapin. Je ne l’avais jamais fait et il me semblait que si j’allais cuisiner des lapins, je devrais le connaître de l’état vivant, en passant par la tuerie et la boucherie, jusqu’au point de cuisiner. Le type est arrivé avec dix lapins vivants. Il en a cogné un sur la tête afin de le rendre inconscient, lui a tranché la gorge, l’a écorché — toute l’affaire. Puis il est parti.

Je sais pas ce à quoi je m’attendais…j’ai dû mal avec le premier. Il a hurlé. Les lapins hurlent, et celui-ci a hurlé fort. Puis il s’est cassé la jambe en essayant de s’échapper. C’était horrible.

The French Laundry Cookbook, p. 205

Il n’y a vraiment pas de différence entre ces deux. Maïté et le Chef Keller nous parle également d’un animal vivant qui finit par apparaître sur une assiette. C’est juste que nous — et j’en suis le premier — ne voulons pas le regarder.

Revenons à l’article de L’Obs. ils disent que « l’émission a bien mal vieilli ». Pourquoi ? Parce que « On y cuisinait avec les doigts, les proportions se mesuraient à l’œil, le respect de l’équilibre nutritionnel restait bien sagement au frigo, avec les légumes, qui ne sortaient qu’à de très rares occasions, et l’alcool était omniprésent. » Oh là là, c’était un problème si Mamie n’avait pas de Nutriscore ? Bien sûr, pour ma part je serais bien perdu sans ma balance.

Ils ont trouvé une académicienne, Virginie Spies de l’Université d’Avignon, pour élaborer l’argument : l’émission est « un miroir grossissant de la société » pour diffuser une cuisine à « base d’alcool, de gras et de viande » en service de « Une chaîne…qui parle de traditions et raconte une certaine idée de la France. L’émission de Maïté ne dit pas autre chose : elle met en avant des “valeurs françaises” et la nourriture des grands-parents ».

Mais qu’est-ce que l’on trouve ici chez Coup de Foudre ? Le poulet à la normande (Calvados et cidre), le bœuf bourguignon (vin rouge), les escalopes de saumon et des pêches au vin Monbazillac (vin blanc), le pastis gascon (Armagnac), et plein d’autres arrosés de l’alcool. Et alors ? Ne mettez pas de guillemets autour de ces valeurs !

J’ai commencé les recherches pour cette rédaction en pensant surtout aux moments choquants, la boucherie en direct. Mais Mme le professeur Spies a fini par éclairer mes pensées, bien que je sois sûr de façon inattendue. « Alcool, gras, viande », une certaine idée de la France — de laquelle j’ai pas honte, sauf qu’elle omet le sucre. (Aux États-Unis, on dit que nos valeurs sont « Maman, le baseball, et la tarte aux pommes », d’après une pub légendaire.) C’est pas Montaigne ici, mais ça suffit !