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Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Filer à quoi ?

J’ai récemment entendu une expression où j’ai connu tous les mots, mais je ne pouvais pas du tout deviner le sens : filer à l’anglaise. J’ai immédiatement eu l’impression que cette expression ne viendrait pas d’une source d’affection, et je n’avais pas tort :

partir sans dire au revoir ; partir sans se faire remarquer ; se retirer discrètement ; filer rapidement ; s’échapper ; fuir discrètement ; filer en douce

Mais en cherchant cette expression, j’ai découvert que les anglais disent le contraire pour signifier exactement la même chose ! « French leave » ou « filer à la française » est l’expression en anglais. Je n’ai jamais entendu cette expression non plus. Selon Wikipédia, aux États-Unis on dit aussi soit les irlandais soit les hollandais. C’est une nouvelle chez moi, j’imagine donc que ces expressions viennent de notre Côte Est, où il y a plus de griefs historiques (selon ABC News, le choix d’irlandais en anglais vient des irlandais qui ont fui leur pays pendant la Grande famine).

Il s’avère que partout en Europe, tout le monde a la même idée. Ce que l’on dit est plus ou moins une question de contre qui on a lutté plus de guerres. Des exemples :

LangueDe qui ils ParlenT
AllemandLes français, les polonais
Anglais (É-U)Les français, les irlandais, les hollandais
EspagnolLes français
GrecLes français
HongroisLes anglais
ItalienLes anglais
PolonaisLes anglais
PortugaisLes français
RoumainLes anglais
RusseLes anglais
TchèqueLes anglais
UkrainienLes anglais
WallonLes anglais
Sources en anglais et en français

Pour ma part, je comprends pourquoi personne ne dit « filer à l’allemand » — quand les allemands arrivent, on a besoin d’une Guerre Mondiale pour les convaincre de partir ! On imagine que chez les Serbes, on dit « filer à la Croate », et chez les Croates, « filer à la Serbe ». Au fait, je ne trouvais pas de preuve pour ça — mais j’ai découvert que les Serbes ont emprunté « marche » aux Français pour dire « allez-vous-en » !

Sérénade au Texas

J’ai déjà regardé un film musical avec Louis de Funès, L’homme orchestre, alors pourquoi pas un avec Bourvil ? Personne ne me l’a pas recommandé, mais ce n’est plus si nécessaire — je découvre beaucoup de choses sans aide. Si mes connaissances ne connaissent pas ce film, ils ratent un film à la fois marrant et intéressant.

Dans le film, Bourvil joue un avocat qui aide un chanteur, joué par Luis Mariano, à prendre son héritage dans un village du Texas. En route, ils rencontrent une famille de comédiens qui veulent jouer un spectacle au même lieu. Avant que le spectacle puisse avoir lieu, ils devront arrêter des criminels qui font peur aux habitants.

Comme beaucoup de films musicaux, ne juge pas le scénario sur sa plausibilité. Il est impossible que les événements du film aient eu lieu. Par exemple, la famille voyage dans des wagons « Conestoga », un genre de véhicule au courant aux États-Unis des années 1750s aux 1870s. Mais ils ont aussi un phonographe à cylindre de cire, quelque chose que l’on ne pouvait pas acheter jusqu’à 1891 :

Et l’héritage de Gardel (le personnage de Mariano) est un gisement de pétrole — quelque chose qui n’a commencé au Texas qu’au XXe siècle (lien en anglais). Mais il y aussi des détails intéressants. Par exemple, le bar s’appelle « Last Chance Saloon » (Bar de Dernière Chance). C’est quelque chose d’historique ! C’était souvent le nom des bars à proximité des territoires où les ligues de tempérance avaient réussi à interdire l’alcool.

Il y a une fusillade où on découvre que ni Bourvil ni Mariano peut pas tirer un pistolet. C’est un moment beaucoup plus drôle que sérieux — regarde une petite vidéo où Bourvil perd son chapeau :

Il ne sait pas tenir un pistolet

À la fin, il y a une performance sous des lumières électriques — aussi impossible à l’époque, mais il faut ignorer ça et profiter du film :

Finalement, je vous conseille d’écouter la bande sonore. Luis Mariano est un excellent chanteur. Voici la chanson du titre :

Chef Josette à Los Angeles

Aujourd’hui, je suis allé à Los Angeles pour faire des achats chez Surfas. Puisque j’étais déjà dans le quartier, j’ai décidé de choisir une pâtisserie française locale pour critiquer. Alors que Chef Josette n’est pas trop loin de Surfas, c’est mon choix pour cette semaine.

D’abord, je dois vous dire, c’est très charmant, mais ne soyez pas là après qu’il fait nuit. Vous pouvez voir ce que je veux dire dans les photos :

Leur décor est complètement authentique mais leur voisin d’à côté, High Note (en haut à droite), est un magasin qui vend de la marijuana (oui, c’est légal ici). Et en face, vous pouvez voir du fil de rasoir en haute de la barrière. Je n’avais pas peur pendant que j’y étais. C’est juste que l’on devrait savoir où on va.

À l’intérieur, on trouve des merveilles. Par exemple, il y a beaucoup de genres de fromage que je ne connaissais pas ! Leurs macarons ont aussi l’air bons, et en haut, on peut voir un comptoir plein de belles tartes et pâtisseries.

J’ai choisi trois choses : un gâteau opéra, un tarte aux fraises, et un gâteau aux carottes :

Ces pâtisseries sont toutes bien faites, mais selon des goûts plus américains, moins authentiques. Par exemple, la tarte aux fraises est remplie avec de pudding à la vanille au lieu de crème pâtissière. Le gâteau aux carottes est rempli avec une garniture de fromage à tartiner nature, façon Philadelphia. C’est vrai que ce genre de truc est populaire ici, mais vous trouverez leurs recettes très inhabituelles.

Je dois ajouter, je crois que la caissière a été Josette elle-même. Et elle n’était pas heureuse que j’aie pris beaucoup de photos à l’intérieur. Je portais mon t-shirt avec les paroles de Nos Célébrations — peut-être qu’elle pensait que j’étais un concurrent !

En tout cas, mes achats m’ont coûté 18,50 $. C’est autant cher que Moulin ou Pandor, mais il est impossible que le loyer soit aussi cher. Et je préfère les autres, qui sont plus authentiques. Je ne conduirais pas 60 km seulement pour visiter, mais si j’étais déjà dans le quartier, comme aujourd’hui, j’y retournerais.

La qualité : Moyenne

Bon marché : Sous la moyenne

Recommandation : J’y retournerais

La Coca originale

Tout le monde connaît la réplique dans L’Aile ou La Cuisse — « Avec du Coca-Cola ? No, with Beaujolais Nouveau ! » :

Et beaucoup de monde savent qu’il était une fois, il y avait de la cocaïne dans le soda célèbre. Mais ce que tout le monde ne le sait pas ? Que le Coca-Cola n’était pas du tout la première boisson appelée « Coca » ! C’était un vin corse, et c’est le sujet de notre histoire, grâce au magazine France-Amérique.

Affiche par Jules Chéret, Domaine public

En 1863, un pharmacien corse, Angelo Mariani, avait l’idée de mélanger des feuilles de coca avec du vin blanc corse. En tant que je ne trouve aucun vin corse ici, je suppose qu’il a eu la bonne idée. Ce « Vin Mariani » a vite trouvé beaucoup de succès. 5 ans plus tard, en 1868, M. Mariani à déménagé à Paris, à remplacé le vin blanc corse par du vin bordeaux rouge, et le produit s’est appelé « Coca Mariani ».

En 1885 — un peu plus tard — un pharmacien américain, John Pemberton, a copié le vin Mariani. Selon France-Amérique :

Avec le succès vinrent les contrefaçons. Une vingtaine d’imitations seront commercialisées aux Etats-Unis, parmi lesquelles le French Wine Coca de John Pemberton, un pharmacien d’Atlanta. « Mariani & Co., à Paris, prépare un Vin de Coca extrêmement populaire », explique-t-il dans un entretien à la presse publié en mars 1885. « J’ai observé de très près la formule française la plus approuvée, ne m’en écartant que lorsque je me suis assuré par ma propre longue expérimentation et les informations directes de correspondants intelligents en Amérique du Sud que je pourrais [l’]améliorer […]. Je crois que je produis maintenant une meilleure préparation que celle de Mariani. »

Coca-Cola vs Coca Mariani : une querelle franco-américaine

Mais grâce aux ligues de tempérance, M. Pemberton ne pouvait pas vendre un vin — alors il a changé le vin pour des autres ingrédients :

John Pemberton remplace alors le vin dans sa boisson par un mélange d’huiles essentielles, de sucre et d’acide citrique : le sirop ainsi obtenu, dissout dans de l’eau gazeuse, est vendu dans les pharmacies de la ville à partir du mois de mai 1886. Le Coca-Cola était né. Selon le journaliste américain Mark Pendergrast, auteur d’une histoire (officieuse) de la marque, « Vin Mariani est en fait le grand-père de Coca-Cola ».

Alors, pas de question que Coca-Cola n’a pas les droits exclusifs au mot « Coca », n’est-ce pas ? Pas si vite. Le Vin Mariani a disparu après que plusieurs pays aient banni la coca. En 2014, un autre corse, Christophe Mariani — aucune relation — a eu l’dée de relancer le Coca Mariani. Mais la société Coca-Cola ne veut pas que quiconque nomme sa boisson « Coca ». Elle a poursuivi M. Mariani pour faire annuler sa marque, et il y aura une décision de l’Office de l’Union Européenne pour la propriété intellectuelle d’ici septembre.

Je ne suis pas avocat, mais j’ai quelques brevets, alors je connais un peu la loi de la propriété intellectuelle. C’est évident que la marque Mariani a été abandonnée. Mais c’est également évident que Coca-Cola n’a pas la priorité et que leur marque n’est pas du tout pour une boisson alcoolisée. En tant que M. Mariani ne veut vendre que du vin, je crois qu’il a le meilleur argument.

Mon dîner de Haute-Corse

Arrêtez n’importe quoi que vous faites. Vous n’êtes pas en train de faire une fiadone. Même si vous êtes chirurgien ou pompier, votre travail peut attendre. Qu’est-ce qui s’est passé ?

Les corses adorent le fromage brocciù, comme les aubois avec le Chaource. Alors, ce dîner est tout fait avec la ricotta, le plus proche fromage qu’on trouve dans le supermarché. (Le brocciù n’est pas disponible chez Carrefour ; ce n’est pas juste mon problème !) J’étais un peu choqué à me rendre compte qu’il n’y avait aucune recettes d’œufs ici, et je vous devais quand même quelque chose de plus facile. Alors je vous présente l’omelette au brocciù et à la menthe et ce que Dieu mange tous les jours, la fiadone :

La Corse n’est pas le premier lieu où j’ai trouvé une omelette à la menthe, mais je ne me souviens plus lequel. Selon Marie Claire, c’est un plat corse, et qui suis-je de dire le contraire ? C’est le brocciù qui la rend un plat corse, même si on doit substituer un autre fromage. Je dois la recette à Marie Claire.

Les ingrédients pour l’omelette au brocciù et à la menthe (pour une personne) :

  • 2 gros œufs
  • 50 grammes de brocciù ou de ricotta
  • Des feuilles de menthe
  • 1 cuillère à soupe de huile d’olive
  • Du sel et du poivre

Les instructions pour l’omelette au brocciù et à la menthe :

  1. Cassez les oeufs dans un saladier, ajoutez-y la moitié du brocciu, coupé en petits morceaux. Fouettez rapidement pour obtenir une préparation homogène.
  1. Prélevez les feuilles de menthe, rincez-les, séchez-les, hachez-les, ajoutez-les aux œufs. Salez, poivrez.
  1. Dans une grande poêle où chauffe l’huile, posée sur feu vif, versez les œufs. Dessus, répartissez le reste de brocciu, grossièrement émietté.
  1. Au bout de 2 min, baissez le feu, couvrez et laissez cuire jusqu’à ce que la surface de l’omelette soit presque prise mais encore légèrement baveuse. Pliez-la en deux sur elle-même, servez-la.

Je n’arrête pas de chanter les louanges de la fiadone. C’est FACILE (sauf la première instruction), et c’est si, si bon. On peut changer le goût avec un changement d’eau de vie de fruit. J’ai utilisé du Calvados. On peut également utiliser eau de vie de poire ou de framboise. Peu importe. Ce sera DÉLICIEUX quand même ! Je dois aussi cette recette à Marie Claire.

Les ingrédients pour la fiadone :

  • 450 grammes de brocciù ou de ricotta
  • 1 orange
  • 5 œufs
  • 80 grammes de sucre en poudre pour caraméliser
  • 300 g de sucre en poudre
  • 1 cuillère à soupe d’eau-de-vie de fruits
  • 1 cuillère à soupe de sirop d’orgeat
  • Du sel

Les instructions pour la fiadone :

  1. Mettez le sucre pour caraméliser et quelques gouttes d’eau dans un moule à manqué antiadhésif. Posez-le sur feu moyen en l’inclinant régulièrement pour répartir la chaleur. — J’ai fait ça dans une poêle ensuite essayé de le transférer. C’est trop difficile. Faites le caramel dans le même moule que vous utiliserez pour la suite.
  1. Dès que le caramel blondit, éteignez le feu et inclinez encore le moule pour qu’il soit uniformément nappé. Laissez refroidir puis placez 20 min au congélateur. Préchauffez le four à 170° (th 5-6). 
  1. Rincez l’orange et râpez finement son zeste. Cassez 3 œufs en séparant les blancs des jaunes (réservez les 3 blancs). 
  1. Dans une jatte, fouettez le sucre en poudre avec les 3 jaunes et les 2 œufs entiers. Ajoutez le brocciù et le zeste, mélangez. Incorporez l’eau-de-vie et le sirop d’orgeat. 
  1. Montez les 3 blancs en neige ferme avec 1 pincée de sel et incorporez-les délicatement à la préparation au brocciù. 
  1. Versez la pâte dans le moule caramélisé et enfournez pour 40 min en surveillant le dessus du gâteau. Laissez le fiadone refroidir avant de le servir. — C’est DIFFICILE de démouler. Coupez-la dans le moule.

Je découvre la Haute-Corse

On traverse maintenant l’île de Corse pour visiter le 2B, la Haute-Corse. D’habitude, je vous parle du nombre d’habitants, mais ça fait 3 jours depuis que le site INSEE ne marche pas. Il n’y a que 180 000 d’habitants, alors il y a plus de gens qu’en Corse-du-Sud (157 000), mais pas trop. Les habitants sont également nommés corses comme ceux de Corse-du-Sud.

Nous avons déjà parlé de l’histoire de l’île en tant que territoire français. Comme Corse-du-Sud est chez Napoléon, Haute-Corse est chez Pascal Paoli, qui a lutté pour l’indépendance de la corse. On parlera de lui ci-dessous.

On commence avec la ville de Bastia, la préfecture de Haute-Corse. Depuis des siècles, c’est le lis grand port de commerce sur l’île. Le Vieux Port (2 étoiles Michelin) n’est plus le site commercial, mais il reste encore des pêcheurs et des bateaux privés, ainsi que beaucoup de restos et sites touristiques. Le musée de Bastia (1 étoile) est situé dans l’ancien palais des Gouverneurs, et on y trouve de nombreuses expositions sur l’histoire corse. Juste en dehors de Bastia, on trouve l’ancienne cathédrale de Nebbio (2 étoiles) qui vient du XIIe siècle, et l’incroyable plage du Cap Corse (3 étoiles) où on peut faire de la plongée et visiter de beaux petits villages.

Si vous voulez faire le « tour Pascal Paoli », on commence à sa maison natale, à Morosaglia (0 étoiles) près de la belle vallée de La Castagniccia (2 étoiles). Visitez aussi sa statue à Corte, puis la Citadelle de Corte (1 étoile), où on se trouve le Musée de la Corse, l’office de tourisme, et le musée d’art FRAC. Finalement, visitez l’Île-Rousse, une cité fondée par Paoli lui-même pour avoir un port que les gênes ne contrôleraient pas. Pendant que vous êtes là, visitez le buste de Paoli en face de l’église de l’Imacculée-Conception (0 étoiles).

Il y a quelques autres joyaux de Haute-Corse. Juste en dehors de l’Île-Rousse, il y a la vallée de La Balagne (3 étoiles), où on trouve le parc naturel régional de Corse. Ne ratez pas la Citadelle de Calvi (2 étoiles), construit de 1483 au XVIIe siècle contre ce qui appelle Wikipédia « la menace franco-turque » (vous ne lirez pas trop souvent cette expression !). À la Citadelle, on se trouve la maison natale d’un navigateur, un Christophe Colomb. Vous avez peut-être entendu parler de lui ? (Il y a des doutes, mais j’accepte toujours les revendications français contre le reste du monde !) Finalement, si vous adorez faire de la randonnée, et votre colonne vertébrale ne ressemble pas du tout la mienne, faites une randonnée au Monte Renoso, le plus haut sommet de Corse (3 étoiles).

Vous savez que je demande toujours, qui sont les habitants les plus connus du département. On a une surprise — Henry Padovani, guitariste original de The Police — oui, avec Sting — né à Bastia. Joseph Bonaparte a été né à Corte, bien que sa famille soit plus liée à Corse-du-Sud. Antoine de Saint-Exupéry n’y a habité que pendant les deux dernières semaines de sa vie, mais son dernier vol en tant que pilote est sorti de l’aéroport de Bastia-Poretta.

Pour conclure, je parle toujours de la cuisine départementale, mais il n’y a aucune différence entre la Haute-Corse et la Corse-du-Sud. Demain, je ferai mon dîner départemental, puis j’ai une autre histoire sur une entreprise de Haute-Corse, ensuite on reviendra dans l’Hexagone.

Je vous dois mes excuses

Je suis vraiment, complètement embarrassé. Pendant longtemps, je ne comprenais pas du tout pourquoi je voyais « l’on » par-ci et par-là. Je le remarquerais dans des parole comme celles-ci d’Indochine :

Mais qui nous a fait croire que l’on y arriverait pas 

Paroles de « Nos célébrations »

et je me demanderais « Quoi est l’objet auquel « l » fait référence ? » Mais aucune de mes leçons ne m’a rien dit. Puis, aujourd’hui, j’ai vu ce dessin dans Le Canard Enchaîné :

Je n’en pouvais plus, je l’ai donc recherché. Vous savez déjà ce que j’ai appris, mais je le mettrai quand même ici :

Capture d’écran de ce site

Je n’ai utilisé ce mot que quatre fois sur ce site (et une fois de plus en citation), alors pourquoi ai-je honte ? Parce que j’ai aussi recherché sur mon propre site :

Bravo, Justin. Vous êtes « qu’on ». Mes excuses, et j’essayerai de ne plus le faire.

En tout cas, Le Canard est absolument plein de dessins sur M. Melechon cette semaine, et je ne dis rien sur les élections françaises. Comme le philosophe Wittgenstein aurait dû le dire : « Ce dont on n’a aucune idée, il faut le passer sous silence. » Il y avait un épisode avec M. Macron à Tain-l’Hermitage mardi, et je soupçonne que les éditeurs souhaiteraient qu’il s’était passé un jour plus tôt, parce qu’il n’y avait qu’un titre dans ce numéro. Mais il y a aussi celui-ci :

J’ai une idée folle pour voyager. Je ne veux pas en dire plus, au cas où elle n’arriverait pas, mais je suis en train d’y penser.

Comme toujours, si vous avez aimé ces dessins, abonnez-vous !

Les barres Nanaïmo

Ce qui suit n’est pas une recette française. En fait, c’est canadien. Et pas québécois , mais brittano-colombien ! Mais j’ai une raison pour l’avoir fait et elle a quelque chose à voir avec mon sujet habituel. D’abord, voici notre dessert :

Vous savez que j’appartiens à un groupe appelé Génération 80s sur Facebook. En tant que membre de ce groupe, j’essaye toujours de partager des choses nostalgiques. Eh bien, ma fille et moi conduisions sur une autoroute pas trop loin de chez moi, et nous avons aperçu une voiture DeLorean, exactement comme celle du film « Retour vers le futur » :

Nous avons suivi la voiture, et elle a pris des photos pour moi, j’ai donc pu les partager avec le groupe. Grâce à son aide, j’ai eu la plus populaire chose que j’ai jamais partagée. Pour la remercier, je lui ai promis de faire quelque chose de spécial, et elle m’a demandé de faire ce dessert que je n’ai goûté qu’une fois, à l’Exposition spécialisée de 1986.

Je lui parle souvent de mes souvenirs de ce dessert, et aussi de la première chose que j’ai jamais commandé en français, les Poulet McCroquettes (l’horreur !). Pour info, les menus de McDo au Canada sont bilingues, et j’ai trouvé ce nom absolument drôle. En tout cas, on parle maintenant des barres Nanaïmo, et j’ai découvert ce soir que je les adore encore, autant qu’à l’époque.

Je dois cette recette à ce journal-là 100 % authentique pour des choses canadiennes, le New York Times.

Les ingrédients :

Pour la base :

  • 115 grammes de beurre doux
  • 50 grammes de sucre en poudre
  • 1 gros œuf
  • 3 cuillères à soupe de poudre de cacao
  • 1 cuillère à café de vanille liquide
  • 235 grammes de miettes de biscuits Graham ou Speculoos
  • 85 grammes de noix de coco séchée râpée
  • 50 grammes de poudre d’amande

Pour la garniture :

  • 60 grammes de beurre doux
  • 3 cuillères à soupe de crème liquide entière
  • 2 cuillères à soupe de poudre à crème Bird’s OU 17 grammes de lait en poudre + 1 cuillère à café de vanille liquide
  • 245 grammes de sucre glace

Pour la ganache :

  • 115 grammes de chocolat amer
  • 30 grammes de beurre doux

Les instructions pour la base :

Cette recette s’attend un moule carré 20×20. Le mien est 22×22. Pour la base, c’est pas un problème ; mais pour les autres couches, peut-être.

  1. Tapisser votre moule de papier parchemin et de parchemin de beurre, réserver.
  2. Faire fondre le beurre dans un bain marie à feu moyen-doux.
  3. Retirer du feu, ajouter le sucre, et la poudre de cacao et fouetter jusqu’à ce que le tout soit bien mélangé.
  4. En fouettant vigoureusement, verser très lentement l’œuf battu en un mince filet.
  5. Remettre le mélange sur le feu et cuire jusqu’à ce que le mélange ait juste épaissi.
  6. Retirer du feu et ajouter les miettes de biscuits Graham ou Speculoos, la noix de coco et les amandes et mélanger jusqu’à ce qu’ils soient enrobés uniformément.
  7. Presser le mélange dans le plat de cuisson préparé.
  8. Réfrigérer au moins 15 minutes, pendant la préparation de la garniture. Il faut que le mélange soit solide avant d’ajouter la garniture.

Les instructions pour la garniture :

  1. Crémer le beurre dans un robot pâtissier avec la palette à vitesse moyenne.
  2. Ajouter le sucre en poudre, le beurre, la poudre à crème et la crème liquide.
  3. Fouetter jusqu’à ce qu’il soit très pâle et mousseux.
  4. Étendre le mélange en une couche uniforme sur la couche inférieure.
  5. Réfrigérer au moins 30 minutes

Les instructions pour la ganache :

  1. Faire fondre le beurre doux et le chocolat dans un bain marie à feu moyen-doux.
    Étendre le mélange sur la garniture.
    Réfrigérer au moins 30 minutes

Si votre moule est un peu trop grand, après avoir sorti les barres du frigo, couper les bords. Puis couper en plus petites barres. Vous êtes prêts à servir !


L’autre côté du Jour J

Aujourd’hui (c’est toujours le 6 juin aux États-Unis pendant que j’écris) est, à mon avis, le jour le plus important dans l’histoire du monde. Je suis tout à fait d’accord avec l’Ordre du Jour du Général Eisenhower, qui dit :

Archive.gov, Domaine public

En français, le premier paragraphe dit (on peut lire la suite au lien au-dessous):

Soldats, Marins et Aviateurs des Forces Expéditionnaires alliées !

Vous êtes sur le point de vous embarquer pour la grande croisade vers laquelle ont tendu tous nos efforts pendant de longs mois. Les yeux du monde sont fixés sur vous. Les espoirs, les prières de tous les peuples épris de liberté vous accompagnent. Avec nos valeureux alliés et nos frères d’armes des autres fronts, vous détruirez la machine de guerre allemande, vous anéantirez le joug de la tyrannie que les nazis exercent sur les peuples d’Europe et vous apporterez la sécurité dans un monde libre.

Site Dday-Overlord

C’est un document très bien connu en anglais. Mais malgré la confiance du général, il y avait un autre document qu’il a aussi préparé, et nous sommes tous chanceux de ne pas mieux connaître celui-ci :

National Archives

Ça dit en anglais :

Our landings in the Cherbourg-Havre area have failed to gain a satisfactory foothold and I have withdrawn the troops. My decision to attack at this time and place was based upon the best information available. The troops, the air and the Navy did all that Bravery and devotion to duty could do. If any blame or fault attaches to the attempt it is mine alone.

National Archives

En français :

Nos débarquements dans la région de Cherbourg-Havre n’ont pas réussi à prendre pied et j’ai retiré les troupes. Ma décision d’attaquer à ce moment et à cet endroit était basée sur les meilleures informations disponibles. Les troupes, l’air et la marine ont fait tout ce que la bravoure et le dévouement pouvaient faire. Si un blâme ou une faute s’attache à la tentative, c’est à moi seul.

Moi avec l’aide de Google Traduction

Le général Eisenhower connaissait bien le pouvoir des forces allemandes, et il était prêt pour la possibilité d’un échec. On peut tous être heureux que l’opération Bodyguard a trompé les allemands, qui s’attendaient à une attaque au Pas de Calais.

Beaucoup de ce blog n’existerait pas sans cette victoire. Pas du Mur de l’Atlantique, pas de Week-end à Zuydcoote, et franchement, avec un petit changement à la Bataille des Ardennes plus tard, pas de moi. Je vous ai promis de raconter le reste de cette histoire, et je le ferai maintenant.

Mon grand-père maternel, Milton Panzer, était conducteur d’ambulance pour l’armée américaine. En tant que médecin, il ne portait pas de pistolet. Pendant la bataille, il conduisait dans la forêt avec des soldats blessés, et il a été capturé par des barbares soldats allemands. On voit parfois dans des films comme La Grande Vadrouille ou L’As des As que quand les allemands bloquaient une route, les soldats ou les résistants passeraient le blocus, il y aurait une course poursuite, et tout finirait bien. Ce n’était pas du tout le cas à cet instant.

Les allemands n’avaient pas l’intention de faire des prisonniers. Un soldat allemand a crié à mon grand-père de sortir, puis il l’a fouillé. Il semblait à mon grand-père qu’ils souffriraient le même destin que des soldats polonais. Heureusement, il avait une surprise pour les allemands — une souricière, cachée dans sa poche de chemise. Quand l’allemand a mis sa main dans la poche de chemise, il a laissé tomber son pistolet et mon grand-père a réussi de remonter dans l’ambulance et à s’échapper.

Alors, je reste reconnaissant pour les héros du Jour J et tout ce qui a suivi.

Americannery à Balboa Island

Soutenir les entreprises françaises aux États-Unis est devenu une passion pour moi. C’est pas juste une question des sentiments — je trouve que c’est souvent le cas qu’elles sont de meilleure qualité que n’importe quoi d’autre. Et aujourd’hui, c’est mon grand plaisir de vous parler de quelque chose que vous pouvez aussi acheter en France ! C’est les rillettes de Groix et Nature, appelé Americannery pour leur début aux États-Unis. (Malgré le nom, les rillettes sont 100 % produites en France.)

J’étais là ce soir grâce à l’Alliance Française — ils ont organisé un événement gratuit pour goûter les rillettes. Vous savez que je n’accepte ni de l’argent ni des publicités pour que je puisse vous donner mes avis honnêtes. J’ai acheté deux « Balboettes », leur marque pour les rillettes, et des autres produits. J’ai reçu une Balboette de plus gratuite, parce qu’ils en offrent une avec vos achats à tous ceux qui visitent leur boutique. C’est gentil à leur part, mais c’est tout à dire que je n’ai rien reçu pour ce qui suit.

On trouve la boutique à la presque-île appelée « Balboa Island », d’où vient leur nom pour les rillettes. Balboa est le quartier le plus cher du comté d’Orange, mais il y a aussi une rue pleine de petites boutiques et restaurants. Elle est charmante ! Voici une église catholique, consacré au Curé d’Ars, et un resto qui vend des « barres de Balboa », une sorte de glace, près d’Americannery. (Au fait, « cannery » est un mot qui signifie « conserverie », d’où vient leur choix de nom en anglais.)

La boutique en elle-même est jolie et simple, avec beaucoup de produits français et surtout bretons :

En France, Groix et Nature vend 18 sortes de rillettes ; ici, on trouve 11 sortes. J’en ai goûté 8 : sardine au piment d’Espelette, maquereau au poivre de Sichuan, homard au Kari Gosse, saumon, noix de Saint-Jacques, crabe, thon à l’indienne, et dorade. Toutes sont faites avec de la crème liquide au lieu de la graisse de porc. Je vous montrerais des photos de chacune d’eux, mais franchement, sous les lumières LED de la boutique, c’est difficile à voir les différences. C’est plus facile de les goûter !

Je dois vous dire : trois de ces rillettes changeront ma vie — le thon à l’indienne, le maquereau, et la sardine. Ce sont parmi les choses les plus délicieuses que j’ai jamais goûtées ! Quant au reste, je l’ai aussi aimé, surtout le saumon et le homard, mais je ne veux plus jamais garder mon placard de cuisine sans les trois premiers. Je ne connaissais pas les rillettes avant — ça a été un autre coup de foudre !

Voici mes achats :

Les nonnettes viennent de France, mais Groix et Nature ne les fabriquent pas. Les propriétaires, Frédéric et Florence, m’ont dit que les craquelins viennent d’une boulangerie française en Californie-du-Nord. Je les aime, mais honnêtement, j’ai tellement de hâte de mettre les rillettes sur un croissant de Pandor ou de Moulin !

J’espère que c’est clair — Americannery est l’exemple parfait de pourquoi je soutiens les entreprises françaises. Leurs produits sont un peu chers (c’est pas le cas en France — ils coûtent 2x plus chers ici), mais j’y crois fortement, et je leur souhaite plein succès.

La qualité : Supérieure.

Bon marché : Aux É-U, au-dessus de la moyenne. En France, ben oui !

Recommandation : J’ARRIVE !