Je vous ai dit la semaine dernière que je n’ai pas eu ma voiture pendant trois jours. Je ne suis pas trop impressionné par le pourquoi de la situation, mais ça m’a donné « l’opportunité » (ce que j’aurais rendu avec plaisir) de regarder de très proche le comportement de mes voisins envers les piétons.

D’abord, un mot sur ma voiture. Il y a un mois, le voyant sur le tableau de bord pour indiquer des problèmes avec les coussins gonflables (ce que vous les anglophones appelez « airbags ») s’est illuminé. Comme d’hab, j’ai tardé pendant deux semaines sans rien faire, car il m’a fallu un an entier la dernière fois où il y avait un problème là (pas de ma faute — manqué de disponibilité d’un remplacement). Je ne voulais pas relancer le concessionnaire pour la même chose. Mais après, le garagiste là m’a dit qu’il me fallait attendre une semaine pour un rendez-vous. Et après ça, il a fallu un jour et demi avant qu’un mécanicien n’a inspecté ma voiture.
Le garagiste m’a dit qu’il s’agissait d’un problème avec les fils qui connectaient l’airbag aux capteurs de collision. Et que la garantie n’avait rien à voir avec ce boulot, alors j’allais devoir payer 600 $ pour les travaux. Je ne suis pas sûr si je crois cette explication, mais je n’ai vraiment pas eu de choix car sinon, j’allais payer 300 $ juste pour le diagnostic. Faire pareil ailleurs me coûterait donc environ le même montant. Croyez-vous que c’est une coïncidence ? Moi non plus.
De toute façon, sans voiture pendant 3 jours, et ayant été trop stupide pour aller au supermarché avant le rendez-vous, j’ai dû quitter l’appartement au moins une fois par jour pour aller manger quelque chose. D’habitude, je ne stocke rien — je vais au supermarché deux ou trois fois par semaine car je ne planifie les repas à l’avance, et de cette façon, je ne gaspille pas de nourriture. Alors je n’avais que des céréales et quelques pots de Yoplait au frigo, ce qui voulait dire que j’allais marcher chez Miguel’s Jr. tous les jours, un aller-retour d’environ 2 1/4 km avec 4 feux rouges entre les deux points.
Il fait entre 29-31 °C ici tous les jours la semaine dernière, ainsi que celle-ci, alors j’ai pris un bon coup de soleil sur la tête. Ne me demandez pas pourquoi je n’ai pas pensé à porter un chapeau. Je ne le sais pas non plus.
Mais je suis ici pour me plaindre des voisins, pas de moi-même. À chaque feu rouge, il y a un passage clouté. Peu importe ce que vous pensez de croiser les rues quand la lumière vous signale d’arrêter — les new-yorkais et les « Angelenos » n’attendent pas, et il me semble que les parisiens non plus — ici, croiser contre la lumière est de prendre sa vie en main. Parce que si vous êtes piéton, vous êtes le seul. Personne ne s’attend à vous voir dans la rue.
Pas comme en France, c’est légal de tourner à droite quand le feu est rouge dans la grande majorité des États (pas tous). Mais à moins qu’il y ait une flèche verte, on est censé arrêter complètement et vérifier qu’il n’y a pas de piétons dans la rue avant de tourner. Censé.
Encore et encore, j’ai eu deux expériences pendant ces trois jours. Parfois, un chauffeur homicide m’apercevrait sur le trottoir et déciderait donc de prendre le virage à grande vitesse, dans l’espoir de me devancer. Mais plus souvent, les chauffeurs ralentissaient presqu‘au point d’arrêter, sans le faire vraiment. Ils avançaient donc vers moi alors que je traversais la rue. Il me semble que cette attitude est encore plus homicide que l’autre — il faut avoir des couilles pour pointer une machine de 1 500 kg vers un piéton sans arrêter, peu importe la vitesse.
La Fille et moi avons l’habitude de prendre des balades autour d’un parc près de notre appartement. Pour l’atteindre, il faut croiser une rue contrôlé par des panneaux d’arrêt plutôt que des feux rouge. Et quand on fait ça, les chauffeurs arrêtent vraiment. C’est aux feux rouges où on voit l’hostilité dans toute sa splendeur. Et franchement, je n’ai pas envie de continuer de tester ma chance ‘

















