Archives de l’auteur : jeliotb

A propos jeliotb

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Le voyage fou

Je vous ai promis que l’on va parler de certaines choses malheureuses de ce dernier week-end. Mais pas aujourd’hui ! Cette fois sera donc un récit des bonnes parties du voyage. Plus ou moins. Je vous préviens, c’est LONG.

Vendredi matin, j’ai dit « au revoir » à M. Descarottes. Il ne m’a même pas regardé ! ([Pas besoin de le faire pour les serviteurs, garçon. — M. Descarottes])

J’ai entré par Amsterdam, dans un vol de KLM. Comment est-il arrivé qu’Air France et KLM font partie de la même entreprise, mais les repas chez KLM sont autant horribles que ceux d’Air France sont bons ?

Je suis arrivé à Schiphol vers 8h30. Je n’ai rien contre les Néerlandais — l’équipe sur l’avion était toute sympa — mais à mes oreilles, leur langue sonne comme le chef suédois des Muppets sous méthamphétamine. Au contrôle des passeports, la police des frontières m’a presque refusé l’entrée, parce qu’elle ne croyait pas que j’étais là juste pour le concert !

Dès que je suis arrivé en France, je cherchais le bureau de poste à l’aéroport. J’avais apporté un cadeau pour l’amie qui m’avait envoyé le livre de Cook&Record. Un ami m’a aidé à le trouver — mais malheureusement, les horaires d’ouverture n’étaient pas ce dont ils avaient posté en ligne. Tous les autres bureaux à Paris étaient déjà fermés pour le week-end. J’ai donc quitté le pays sans envoyer le cadeau.

Puis je me suis rendu à l’hôtel, l’Hôtel du Parc Roissy. Je le recommande ! C’est très proche de l’aéroport, et m’a coûté seulement 45 €. Il n’y a pas d’équipements, mais c’était bien propre et je n’ai pas de plaintes. C’est loin de tout ce dont on aimerait voir à Paris, mais si le RER B marche, c’est un bon rapport qualité prix.

Mon plus grand regret de la dernière fois était n’avoir pas visité le tombeau de Napoléon. C’était très gentil à votre part que personne ne m’a dit que je restait debout devant sa porte la dernière fois, mais c’était pour le meilleur. Je n’avais pas un billet et si je l’avais eu, je n’aurais pas eu le temps pour visiter La Grande Arche. Alors, après m’être enregistré à l’hôtel, je suis allé aux Invalides. J’ai passé par l’Opéra Garnier, une pâtisserie Lenôtre — sans l’entrer car je suis con — la Tour Eiffel, et très proche aux Invalides, un panneau en souvenir de la Shoah. (Voilà, mon vieux article sur d’autres panneaux.)

Je suis enfin arrivé pour payer mes respects à l’Empereur. Je ne savais pas qu’il y aurait autant d’autres grands généraux là-bas, surtout le Maréchal Foch. Cette fois, nous nous concentrerons sur Napoléon. Autour du tombeau, il y a dix bas-reliefs qui parlent des réalisations du Consulat et du Premier Empire. Pour moi, c’est le Code civil — on dit « Napoleonic code » en anglais pour ne pas le confondre avec notre « civil code » — qui est sa plus grande réussite. Je sais, en version originale, il aurait pu mieux respecter les droits des femmes. Mais à l’époque, c’était une grande avancée, et en plus, la meilleure chose qui se soit jamais passé pour mes voisins d’Amérique du Sud, qui l’ont adopté partout.

Après un test antigénique pour retourner aux États-Unis (nous n’acceptons pas nos propres cartes de vaccination ; ouais, moi, je ne ferais pas confiance à ces types non plus), je suis allé dans un resto fortement recommandé par l’une de mes lectrices l’année dernière, Le Procope. Peut-être que vous vous souvenez de ma recette de gelato où je vous ai raconté leur histoire. Il n’y a jamais des coïncidences chez moi. La nourriture était bonne, surtout la soupe à l’oignon. Mais vous allez beaucoup entendre sur mon expérience demain. Avant, demandez-vous comment est-il arrivé que moi, l’obsédé des desserts, suis parti sans un dessert, vu que j’en ai fait un en leur honneur.

Après le dîner, j’ai dû revenir dans la pharmacie car il y avait des problèmes avec les résultats du test. C’était négatif, mais je ne pouvais pas les retrouver. Puis, c’était le concert, la fin de ma nuit.

Le lendemain, je voulais : aller aux Galeries Lafayette Haussmann et au Temps des Cerises, faire des achats chez Carrefour, visiter un Monoprix, et acheter des films chez FNAC. Grâce à la fermeture inattendue du RER B, j’ai dû prendre un bus, et j’ai fini par visiter seulement les Galeries Lafayette. J’espérais que je pourrais au moins déjeuner dans le magasin, mais même ça aurait pris trop de temps. J’ai acheté une ceinture pour avoir quelque chose de français que je peux porter tous les jours :

J’adore que le ticket dit « designed in Paris » — dessiné à Paris — seulement en anglais, bien qu’elle soit fabriquée en Chine. On ne peut pas tromper un californien comme ça — nous venons de chez Apple, qui a inventé ce mensonge-là. De toute façon, j’ai aussi acheté du nougat, du chocolat Pierre Marcolini et des macarons Pierre Hermé pour ma fille…et deux choses pour manger dans l’avion — un éclair de Christophe Adam, et une petite tarte framboise estragon de Yann Couvreur. Moi, je tuerais pour en avoir UN ici, et je m’en fiche duquel. ([Voilà ! Il est terroriste ! Je prends tout ce qu’il dit littéralement car il n’a aucun sens de l’humour ! Ce n’est que lui qui fait partie de l’Équipe 1er Degré ! — Mon ex])

Mais cette fois-ci, j’ai exploré plus La Coupole. Il y a des vues époustouflantes sur le toit, et une collection vraiment impressionnante de souvenirs au 5e étage. J’ai failli acheter l’un de leurs affiches, mais ils n’avaient pas celle dont j’ai eu vraiment envie. (Et non, je ne l’avais pas vue — c’est juste que j’aurais pris n’importe quelle affiche de Rouen, en souvenir du meilleur jour de ma vie.)

Après ça, j’ai dû quitter le pays. Si je n’ai pas eu besoin des bus, j’en aurais fait plus. Mais comme je vous ai dit, la cuisine chez Air France est la meilleure, et si j’ai dû rentrer retourner sur mon Île d’Elbe personnelle, au moins j’ai eu deux bons repas sur la route. Je regrette tellement avoir fait ce voyage, et je ne l’échangerais pour rien au monde.

Les preneurs

J’aurais aimé commencer cette édition de notre revue hebdomadaire du Canard enchaîné avec une photo de la version actuelle des Dossiers du Canard. Mais malheureusement, je n’ai pas arrivé à le trouver chez Relay à l’aéroport. Ouais, j’ai même pris le risque de perdre ma carte d’homme en leur demandant s’il y avait une copie en stock. Dommage, mais j’y ai quand même trouvé des trucs passionnants. (Dites-moi, existe-t-il aussi en France l’idée que les hommes ne sont jamais censés demander de l’aide ?) De toute façon…

Notre premier dessin parle du plus gros scandale de la semaine, ce qui concerne M. Damien Abad. Il est accusé d’avoir commis un viol, mais la plainte principale a été classée sans suite. Une autre plainte n’était jamais le sujet d’une enquête, il me semble. Je n’ai aucun avis sur les faits, car je ne peux pas mener une enquête, mais le gouvernement n’était pas suffisamment au courant.

En cherchant les nouvelles sur M. Abad, je me suis trompé en lisant ce gros titre :

Je croyais qu’il y avait une manif contre Messrs Abad et Springsteen en même temps. Il faut toujours tout lire attentivement !

L’autre grande nouvelle de la semaine, c’est qu’un footballeur aime apparemment l’argent. Désolé, j’ai vraiment pas envie de me moquer des fans de foot. Ça n’a rien à voir la polémique genre pain au chocolat ou chocolatine entre le football et le football américain. C’est juste qu’après avoir perdu mon équipe préféré il y a six ans, je ne m’intéresse vraiment plus aux sports. Le baseball, oui. Le hockey, parfois. Mais il était une fois, je regarderais tout et n’importe quoi à la télé tant que c’était un sport, et pas plus. Je ne m’intéresse pas non plus aux discours magistraux des athlètes qui prennent de l’argent à des monstres, puis me disent quel genre de sale type je suis. Ai-je dit LeBron James ? Oui.

Le festival de Cannes se déroule en ce moment. Tant que ni de Funès ni Bourvil ni Gensac sont là, peu importe. Mais c’est une jolie opportunité pour les soi-disant « influenceuses » de se faire connaître. En parlant de ceux qui prennent de l’argent de n’importe qui, c’est TikTok qui les paye pour être là, selon le lien ici.

Finalement, êtes-vous prêt pour une nouvelle pandémie ? Voilà la variole du singe.

Moi, j’ai déjà mon stock de masques français, car j’ai dû acheter une boîte l’année dernière en France, et je les utilise aussi lentement que mes films. (J’en avais déjà beaucoup trop AVANT ce voyage-là ; j’utilise juste d’autre stock.)

Comme toujours, si vous avez aimé ces dessins, abonnez-vous !

Mes 90 000 amis les plus proches

Je dois gagner au moins deux posts après un voyage en France, peu importe la durée (ou Ladurée). En plus, le concert était LA raison pour faire quelque chose de complètement fou. Alors, valait-il la peine ? D’abord, voilà une petite vidéo que j’ai fait avec mes moments préférés. Je dois vous prévenir qu’il y aura des publicités car YouTube reconnaît qu’Indochine a les droits. Sur la page YouTube, vous trouverez de nombreux liens vers tous les moments dans la description.

On va parler de ça en détail. Mais d’abord, une histoire dingue. Vous souvenez-vous de l’américaine qui m’a volé mon deuxième billet ? Elle m’a écrit jeudi pour demander si j’allais voyager. On dirait en anglais qu’elle a des couilles en laiton ! Non, je ne lui ai pas répondu. Je suppose qu’elle s’inquiétait que les sièges étaient côté à côte. C’était pas le cas.

On reprend le concert. D’abord, j’arrive au stade. C’est IMPRESSIONNANT, mais je suis au point de découvrir une grosse différence entre vos stades et les nôtres. On peut seulement entrer par la porte sur son billet. Aux États-Unis, on peut entrer les stades par n’importe quelle porte et marcher vers le bon bloc. Moi et les gardes de sécurité, nous avions un petit malentendu culturel sur ce sujet. Mais ils m’ont enfin fait comprendre. J’apprécie que malgré mon accent, comme le comédien anglais Paul Taylor, ils pensaient que j’étais Français mais con.

La vidéo commence avec le début du concert, quand le groupe monte sur scène. Il y avait une première partie, mais je l’ai ratée pour acheter un t-shirt (aussi à cause d’une autre raison, mais laissez-la tomber pour l’instant). Quelle queue !

Voici la vue en haut de l’escalier quand j’ai atteint le bon bloc.

La première chanson qu’ils jouent, c’est Nos Célébrations. Vu que la chanson est sortie le 26 mai 2020, après le début du confinement, je crois que c’est la première fois où cette chanson est joué devant une véritable foule. Il y avait le « concert très très privé », le « concert test », et un concert gratuit à Bruxelles — alors pas la première fois devant des spectateurs — mais la première fois dans un stade. Avez-vous remarqué qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas avec ma voix dans la vidéo ? Je sanglotais. Ce ne sera pas la seule fois. Pas du tout.

Je n’aime pas le clip officiel pour Station 13, mais j’adore la chanson. Quand ils l’ont joué, il y avait des explosions de confetti :

Y a-t-il autant que deux chansons d’Indochine que l’on reconnaît sans délai à cause de la batterie ? Non, c’est juste Miss Paramount. On trouve ce moment dans la vidéo aussi, mais ça m’a rappelé le jour magique, le 20 juin 2020, où je l’ai écoutée pour la première fois. Sauf pour Nos Célébrations, mes souvenirs d’Indochine ne sont pas les vôtres, mais ils sont également forts.

Dans la vidéo, les prochains moments sont Les Tzars, La Chevauchée des Champs de Blé et 3SEX. J’ai eu besoin de presque un an entier pour aimer vraiment Les Tzars. Je me suis trompé que la chanson fêtait Che Guevara, un homme que je n’admire pas du tout. Il fallait que je comprenne mieux le sens des paroles. Je trouve que ça reste une opportunité pour moi — il y a plein de chansons, de tous les groupes que j’écoute, où je suis toujours en train d’atteindre tout ce dont j’ai besoin pour les comprendre. C’est en fait la raison pour laquelle j’appelle Un Jour Dans Notre Vie « ma générique ». Mais on discutera ce sujet dans un autre post.

Mon avis sur 3SEX n’a pas changé. Mais c’est la seule version que l’on aura dans l’avenir, je crois. Dommage. Au fait, je préfère la version du clip officiel à la version de l’album.

Après ça, on passe à Alice et June. Il n’y a pas de June dans les paroles de cette chanson, et pas de Françoise dans la chanson de ce nom. Qu’est-ce qu’il y a, Nico ? De toute façon, si vous aviez écouté l’épisode 10 du balado, vous auriez déjà su pourquoi le moment à 4:05 dans la vidéo est précieux pour moi. Encore une fois, j’étais dépassé par le moment.

Je sais que certains d’entre vous n’étaient pas heureux que j’ai lancé la chaîne YouTube avec La Marseillaise. Je l’ai appris sur la suggestion d’un ami, mais le choix et la responsabilité restent chez moi. Mais je ne regrette pas que je la connais, parce que j’ai rejoint la foule quand la version de Mireille Mathieu a été jouée avant Un Été Français. Vous n’avez aucune idée à quel point j’ai lutté pour avoir le droit d’y être. C’est la première fois en 12 ans où j’ai reçu un échange de garde de ma fille de mon ex. Il y a eu des mois d’effort et des frais d’avocat pour avoir le week-end. On peut douter que je sois sain d’esprit ([Pas besoin du subjonctif ici, bien compris. — M. Descarottes]). Mais jamais que l’envie et les larmes sont réelles. Le Coup de Foudre, ça vient du cœur.

C’était un plaisir complètement inattendu d’écouter Dizzidence Politik et en plus avec Dimitri Bodianski lui-même au saxophone. « Ici Moscou », effectivement.

Moi, je ne partage pas l’affection des Français pour J’ai demandé à la lune, apparemment la deuxième chanson préférée des Français. Honnêtement, l’album Paradize pas non plus. Mais je comprends que ça existe, alors c’est dans la vidéo.

Mais on conclut avec la deuxième dernière chanson du concert, la vraie raison pourquoi je voulais y être, L’Aventurier. Comme je vous ai dit, la performance dans Putain de Stade me fait pleurer à chaque fois, à cause de la foule. Je n’ai pas grandi avec Indochine, avec Bob Morane, avec L’Aventurier. Mais quand on écoute cette foule, on entend tous leurs souvenirs, tout leur bonheur. J’ai raté cette époque, mais je comprends parfaitement le sentiment. En ce moment, je n’étais plus l’étranger dingue. Je suis rentré chez moi pour partager un moment avec 90 000 de mes amis les plus proches.

Épisode 10

Cette semaine, j’ai appris que le pays du second degré n’a pas mal de gens qui croient vraiment que je prendrais un avion pour des bonbons. Mais je le mérite bien — je suis certainement la même personne qui vous ai dit que j’ai conduit 120 km pour du beurre. Et c’était rien que la vérité.

Mais en fait, ça ne me dérange pas du tout. Au moins ça dit que vous me trouvez sincère. Bon, nos articles de la semaine, en plus de la blague habituelle :

Si vous aimez ce balado, abonnez-vous sur Apple, Google Play, Amazon, Spotify, ou encore Stitcher. Bonne écoute !

Il faudra qu’on parle

En ce moment, je suis dans un bus. C’était inattendu, mais c’est le Système D — tous genres de trucs sont toujours soit fermés soit annulés soit emballés par un escroc. À cause d’avoir perdu environ deux heures aux buses au lieu de trains, je partirai sans avoir mangé aujourd’hui. J’aurais tellement aimé revenir au Temps des Cerises et faire des achats chez Carrefour ou encore Monoprix. (Je veux visiter un Monoprix comme vous voulez visiter Hawaï.)

Mais ça devra attendre. Disons que si la leçon de la dernière fois était que les stéréotypes ont tort, la leçon de cette fois est qu’ils ne viennent de nulle part. Je dois bien réfléchir avant de vous raconter ce voyage, parce que je sais très bien que vous êtes tous mes amis, et vous ne méritez pas du tout ma colère d’hier. Ou, franchement, d’aujourd’hui pas non plus.

Alors en ce moment, je vais partager juste deux choses. D’abord, un souvenir du meilleur concert de ma vie :

Puis, un œuvre d’art que j’appelle « Avant et après » :

Je vous ai dit que je suis arrivé pour nettoyer les étagères de nougat !

Puisque je suis ici

Bonjour, les amis ! Je suis arrivé pour faire mes achats chez Carrefour. Comme on dit, après moi, la pénurie de nougat de Montélimar.

Oh ! Il se passe que je suis en France, à Paris en fait. Bon, puisque je suis là (faut fredonner le meilleur moment d’Alice et June ici), je suppose que je pourrais peut-être passer par le Stade de France pour le concert d’Indochine ce soir. Mais, vraiment, ce serait assez pour moi.

Alors, vous êtes tous malins, et vous comprenez maintenant que je plaisantais — un peu — sur le nougat. (C’est un sujet gravement sérieux, le nougat.) Je suis en fait ici principalement pour le concert. Je n’ai pas du temps pour en faire plus — je dois reprendre ma fille lundi. C’était une décision très difficile à prendre, mais le choix cette année n’était pas entre le concert et une semaine entière. C’était plutôt entre le concert et rien.

Je veux être CLAIR sur quelque chose : je ne suis pas du tout devenu le genre d’étranger qui est tombé amoureux de Paris et rien d’autre. Si j’avais encore une semaine, je n’aurais passé qu’un jour à Paris pour entrer et sortir — j’irais plutôt à Lille. Ou Lyon. Ou Caen. Ou Quimper — comme je suis tombé amoureux de Quimper ! Ou faire le tour révolutionnaire en Gironde et en Vendée. Je ne veux offenser aucune de mes connaissances en oubliant leur ville !

Alors pourquoi tout ça pour un concert ? Car ce n’est pas la première fois où un groupe que j’adore fête son 40e anniversaire. La dernière fois, c’était Rush et dès que cette tournée-là est terminée, ils ont pris leur retraite. Plus tard, il s’est avéré que leur batteur avait un cancer du cerveau. Il est mort en janvier 2020, et il me manque tous les jours. J’ai peur de rater Nico comme j’ai raté la dernière tournée de Rush, comme j’ai complètement raté Genesis et The Police.

Mais en plus, ce concert sera l’un des plus grands de tous les temps. Selon les statistiques :

  • Plus de 97 000 spectateurs
  • Un écran vidéo de plus de 2 500 m^2, le plus grand jamais utilisé pour un concert
  • Une tour qui fait 45 mètres de hauteur au milieu du stade
  • Une scène de 850 m^2

Je n’ai jamais fait partie d’un concert dans n’importe quel stade pendant ma vie entière. Les plus grands pour moi sont Fleetwood Mac et Rush à Los Angeles, avec peut-être 13 000 spectateurs. Même si Indochine ne prend pas sa retraite, je ne répéterai jamais cette exercice. Mais je voulais, juste une fois, vivre un tel moment avec les gens que j’aime le plus au monde.

Le boucher de Nantes

Quand j’écris les posts « Je découvre », j’essaie de présenter les départements selon leurs meilleures qualités. Mais l’histoire a aussi des ombres, et aujourd’hui, on parle d’un chapitre malheureux de l’histoire nantaise. Cette fois, je parle d’une histoire dont j’ai entendu parler d’un ami il y a longtemps, l’histoire de Jean-Baptiste Carrier et les noyades de Nantes. Je suis ici la narration du site France Pittoresque et de Wikipédia.

Les noyades de Nantes par Joseph Aubert, Photo par Musée d’art et d’histoire de Cholet, Domaine public

Je vous ai dit en Gironde que les deux départements que tout le monde connaissent aux États-Unis sont la Gironde et la Vendée, à cause de leurs rôles pendant la Révolution. On parle des révoltes vendéennes, mais cet épisode est un moment de la Terreur qui est peu connu chez moi car il s’est passé en dehors de Paris. (L’histoire de la Terreur aux États-Unis est plus ou moins : les États-Généraux arrêtent le roi, la Montagne devient de plus en plus sanguinaire, Marie-Antoinette mange de la brioche, M. Robespierre prend la parole, puis tout le monde est guillotiné, le homard Thermidor est créé et le mot « tricoteuse » entre la langue anglaise à cause du livre « Le Conte de deux cités » par Charles Dickens. On passe directement à Waterloo pour reprendre ce qui compte, la glorieuse histoire anglophone.)

D’abord, on doit établir pourquoi Carrier voulait tuer des prêtres en plus que les rebelles vendéennes. C’est à cause de la Constitution civile du clergé de 1790, selon laquelle il fallait que les prêtres abandonnent l’Église catholique pour une nouvelle Église constitutionnelle. Les prêtres qui ont refusé étaient labellisés réfractaires ; c’est-à-dire des ennemis de la Révolution et du pouvoir séculaire.

Les rebelles vendéennes ont formé une armée catholique et royale ; les prêtres étaient donc pire que juste des hérétiques qui n’étaient pas d’accord avec les révolutionnaires — ils étaient les symboles d’une cause opposée. En octobre 1793, le Comité révolutionnaire de Nantes a rendu 90 prêtres sur un bateau ancré dans la Loire, pour servir en tant que prison. Mais Carrier est arrivé pour se charger des affaires et il veut écraser complètement la révolte. Il décide donc de les tuer tous. Mais sans un procès, il ne veut pas de témoins, alors il ne dit pas au commandant du bateau qu’il va noyer les prêtres. Il leur dit qu’ils seront transférés à un autre prison.

Mais son adjutant, Lamberty, demande aux prêtres de lui rendre leurs objets de valeur. Puis, les prêtres sont attachés deux par deux et mis dans une gabare avec des trou en bas. Selon France Pittoresque :

L’eau envahit la cale, où les prêtres, commençant à se rendre compte qu’ils vont bientôt rencontrer le Créateur, se mettent à hurler de désespoir, à supplier pour qu’on leur porte secours. Un des bourreaux a l’idée de leur faire une bonne blague, il grimpe sur le chaland en train de couler pour faire semblant de vider l’eau au moyen d’une poêle à châtaignes percée de trous. Que c’est amusant ! Mais les prêtres, qui ont déjà de l’eau à mi-cuisse, ne goûtent pas la plaisanterie.

Mais c’est une façon efficace de tuer un grand nombre d’hommes en même temps. Carrier, qui a un sens de l’humour vraiment macabre, appelle ça « la déportation verticale » dans la « baignoire nationale » ; c’est-à-dire, la Loire. Il profite tellement de cette expérience qu’il a fait noyé entre 1 800 et 4 800 victimes — les historiens ne sont pas d’accord sur un chiffre exact.

En plus des noyades, Carrier a ordonné des fusillades qui ont tués environ 3 000 prisonniers, dont des civils, des femmes, et des enfants. Carrier est un homme impitoyable ; selon Wikipédia :

Francastel, Tréhouart et Prieur de la Marne, membre du comité de salut public, sont dénoncés par Jean-Baptiste Carrier pour leur modérantisme. Il exhortait à la répression la plus féroce : « Il vous est ordonné, écrit-il au général Haxo, d’incendier toutes les maisons des rebelles, d’en massacrer tous les habitants et d’en enlever toutes les subsistances ».

Carrier fait partie de la chute de M. Robespierre. Mais après l’acquittement d’une centaine de nantais, il y a de nombreux témoins contre lui et il est mis en accusation. Il est un criminel sans doute, mais peut-être qu’il n’avait complètement tort quand il a dit :

« Tout est coupable ici, jusqu’à la sonnette du président. Vous serez tous enveloppés dans une proscription inévitable »

Il est guillotiné le 16 décembre 1794, mettant fin à la Terreur de Nantes.

Je m’en vais

Je n’en peux plus.

Vous savez tous que je suis 100 % accro au nougat de Montélimar. J’en ai acheté à Paris l’année dernière, puis j’ai écrit sur la Drôme, d’où il vient. Mais le stock de nougat tendre chez myPanier est en rupture depuis février, et il s’est avéré que je n’aime pas le nougat dur. J’en ai trouvé un peu en avril quand j’ai commandé le chocolat en forme de couteau suisse, mais Yummy Bazaar coûte beaucoup trop cher pour être la bonne source.

Connaissez-vous les contes de C.S. Lewis sur le pays de Narnia, surtout Le Lion, la Sorcière blanche et l’Armoire magique ? Dans ce livre, il y a un garçon, Edmund, qui trahit sa famille et les narniens pour une boîte de loukoum. Moi, j’ai toujours trouvé cette histoire trop ridicule. Le problème n’est pas vendre sa famille et tous ses amis à une sorcière. C’est pas grand-chose. Mais pour du loukoum ? Non, c’est à rire. En revanche, pour du nougat de Montélimar ? Ça, je pourrais comprendre.

Alors, je vais régler cette situation à tout prix bientôt. Le nougat me manque, et je suis prêt à faire une vraie connerie pour en avoir plus. Demain, je vais vous raconter une dernière histoire nantaise avant notre dîner départemental. Mais après, vous allez voir à quel point je souffrira pour avoir la meilleure chose au monde, le nougat de Montélimar.

(N’imaginez pas que j’ai perdu la tête. Il y a toujours de la méthode derrière mes folies.)

Mes erreurs de géographie

Pendant la vie de ce blog, j’ai fait — et je continue de faire — quelques erreurs géographiques. Parfois, je peux au moins plaider que mes sources m’ont trompé. Il y avait le temps où j’ai pensé que la Cité du Chocolat était en Ardèche — car leur site de tourisme l’a mentionnée. Il y avait le temps où j’ai mis le ZooParc de Beauval en Indre-et-Loire, car le Guide Vert m’a dit que c’était proche du Château de Chenonceau, et je n’ai pas remarqué que le code postal l’a mis dans le Loir-et-Cher. Je fais ATTENTION maintenant aux codes postals de chacun des trucs dans mes articles.

Mais cette semaine, je me suis VRAIMENT banané dans mon article sur la Loire-Atlantique. Quelques minutes après avoir partagé l’article, j’ai reçu des commentaires des amis sur Facebook : « Comment es-tu arrivé à oublier que Louis de Funès y est enterré ? » Et ils avaient complètement raison. Ça ne sert à rien de dire que je me souviens seulement du fait qu’il est né à Courbevoie, car il l’a mentionné dans Le gendarme et les gendarmettes (et c’est un vrai fait biographique) :

Une commentatrice m’a gentiment suggéré que c’était pas ma faute, mais après plus de 30 films de ce monsieur, il faut demander quel genre de fan je suis !

Mais je peux UN PEU plaider la même chose sur mes sources. Quand je fais mes recherches sur les personnages connus, j’ai toujours deux sources. D’abord, je garde un tableur avec une ligne pour chaque département. Si j’entends parler de quelqu’un avant d’arriver dans leur département, je me laisse une note. L’autre chose, c’est que Wikipédia — avec un accent, je parle SEULEMENT de la version française — a toujours un titre « Personnalités liées au département ». On trouve souvent la même chose pour les communes les plus grandes. Je vérifie toujours les pages des dix communes les plus grandes en plus de la page départementale. D’habitude, je recherche environ deux cents personnes pour ce paragraphe !

Voilà la page du département sur Wikipédia. Il y a un lien vers une autre page, Liste de personnalités nées à Nantes. Louis de Funès n’y est pas né, alors pas surprenant qu’il n’est pas là. Mais sur la page de Nantes lui-même, on trouve un lien vers une autre page, Liste de personnalités liées à Nantes dont « Les Nantais d’adoption ». Mais de Funès vivait juste en dehors de Nantes, au Cellie, alors il n’apparaît pas non plus dans cette dernière liste. Et Le Cellier n’est pas l’une des communes les plus grandes du département.

Je n’ai aucune idée où est enterré Roger Moore, mon James Bond préféré. Même chose pour G.K. Chesterton, mon auteur préféré. Mais Louis de Funès a changé ma vie plus que n’importe qui, alors même si mes amis me taquinaient, ils ont quand même raison.

Bienvenue au Canard, Mme Borne

La nouvelle la plus importante de la semaine, c’est quelque chose qui ressemble un peu à la sélection d’un Pape. Le conclave — en ce cas, M. le Président tout seul — débat pendant quelques semaines, les médias font des spéculations à la télé, puis un peu de fumée sort de la chapelle Sixtine l’Élysée et hop ! Habemus première ministre ! Personne ne peut dire qu’Élisabeth Borne ait reçu autre chose que l’accueil chaleureux réservé à… (je vérifie mes notes)… exactement personne dans cette affaire.

Il y a un autre dessin qui l’appelle un robot dessiné selon « l’algorithme Macronien ». Franchement, j’admire ça. C’est de l’égalité. Mais je dois avouer que j’étais bien surpris par le choix. Elle n’a reçu aucune mention dans le Canard la semaine dernière, et seulement 3 dans les deux numéros précédents.

Mais Le Canard a un cadeau pour moi :

Voyez-vous ? Il n’y a absolument aucune différence entre les attitudes des deux dessins ! J’ai été bien surpris d’apprendre qu’il y avait un fait derrière celui-ci. Selon actu.fr :

Dans une interview accordée au Parisien, l’ex locataire de Matignon a déjà indiqué qu’il retournerait dans ses Pyrénées (il était maire de Prades, dans les Pyrénées orientales) et qu’il profiterait de vacances en famille. « Il faut que je repeigne mes volets et ma rambarde qui ont pris un coup pendant deux ans », a-t-il indiqué.

Actu.fr

Il y a deux autres nouvelles controversées cette semaine. D’abord, il y avait le concours Eurovision. Saviez-vous que même nos journaux le couvre en direct ? Voilà le site du New York Times. De toute façon, je dirais que beaucoup de mes amis ne sont pas d’accord avec les résultats, d’où vient ce dessin :

J’ai appris une nouvelle expression en lisant celui-ci. Il n’y a vraiment pas une telle chose comme un « trouillomètre ». Mais ça marche, apparement, de même façon que les mesures de bruit dans les équipements hi-fi — zéro est le maximum, et les autres nombres sont tous négatifs.

Finalement, j’ai un peu de peur de même poster celui-ci. La ville de Grenoble a décidé de ne plus interdire le « burkini ». Cette polémique est un peu difficile à comprendre aux États-Unis, car en général ici, il n’y a pas de lois contre porter des vêtements de ce genre (lien en anglais). Ce n’est pas du tout à dire que ce genre de polémique n’existe pas ici. Certains états interdisent les photos d’identité où les visages sont cachés (lien en anglais).

Je dirai simplement qu’il est impossible de dire quand c’est un choix libre.

Comme toujours, si vous avez aimé ces dessins, abonnez-vous !