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Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Un troupeau de bêtes noires

Cette semaine, Le Canard a sorti un joli troupeau de mes bêtes noires, même si l’expression que je cherche vraiment est l’anglais « pet peeves ». (C’est-à-dire, des trucs desquels on adore se plaindre.)

On commence avec la sécheresse. (Pas celle du Mékong.) En Californie, on appelle ça « la quotidienne ». Quand j’étais ado, il y avait un resto dans le Vieux Quartier (Old Town) de San Diego avec des panneaux sur les tables : « On est dans la deuxième année d’une sécheresse de deux ans. » Ces panneaux restaient jusqu’à leur onzième anniversaire. Je ne me moque pas du tout de cette question de lait — je la comprends trop bien.

Mais savez-vous où les pelouses ne deviennent jamais marrons ici ? Les terrains de golf, les hôtels Ritz-Carlton, les maisons de Beverly Hills. En même temps, le gouvernement nous fait honte si on ne remplace pas nos pelouses par des cactus. Je comprends trop bien celui-ci aussi :

Tout ce que je pourrais ajouter serait de la polémique, alors je me tais maintenant.

L’une de mes bêtes noires préférées est l’art public. J’ai déjà méprisé le monument à Johnny Hallyday, mais même s’il n’a vraiment rien à voir avec les rodéos urbains, il ne me dérange pas quand Le Canard fait la comparaison.

Finalement, je ne pouvais pas trouver un article pour expliquer celui-ci, juste les trucs habituels pour se faire vomir. Mais j’ai déjà RÂLÉ du lien entre Paris et les conneries romantiques, alors qui s’en fiche ? Mais honnêtement, même si je n’ai jamais fait cette connerie, euh…laissez tomber.

Bon, j’ajouterai que ça sent la danse de Sadie Hawkins, une tradition américaine aux collèges. Mais ce n’arriverait jamais ici après l’université, les rôles inversés.

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Les fantômes de la Nouvelle-Orléans

Plus tard aujourd’hui, le nombre de visiteurs ici dépassera le total pour toute l’année 2021. Je vous remercie. Nous sommes presque finis avec la Nouvelle-Orléans, mais je vous promets, il y aura plusieurs recettes pendant le mois prochain.

Dimanche, on a visité le cimetière « Saint-Louis No. 1 », établi en 1789. PAS D’EXCUSES — vous pouvez lire les inscriptions sur les pierres tombales. Vous remarquerez qu’après le XVIIIe siècle, les noms sur les pierres commencent à changer. La langue des inscriptions aussi. Voici l’entrée :

Mais d’abord, je vais vous expliquer les traditions uniques des enterrements locaux. Comme on trouverait dans les cimetières français, il y a beaucoup de tombes élaborées. Mais à la Nouvelle-Orléans, même quand les corps ne sont pas incinérés — et ça n’arrivait jamais chez les catholiques avant le XXe siècle — la météo garantit que ça arrivera assez vite. En fait, on peut garantir que les corps se décomposeront complètement après un été entier. À cause de ce fait, les habitants ont créé un système pour réutiliser les tombes. Voici la première que l’on voit en entrant :

Remarquez le tout petit trou en haut de l’inscription. C’est en fait un trou de serrure. Avec la clé, on peut enlever la pierre tombale, et on trouvera deux étagères derrière. Chacune peut tenir un cercueil. On met le nouveau décédé dans le cercueil en haut, et vide le cercueil en bas. Puis on met le squelette du cercueil en bas dans un sac et le pousse vers l’arrière. (On enlève le cercueil en bas après, et ne le réutilise plus.) Il tombera dans un trou sous la pierre tombale, le caveau. Avec ce système, une tombe peut accueillir des centaines de squelettes. Mais la loi insiste que le cercueil en haut y reste pour au moins un an plus un jour. Si un membre de la famille meurt avant la fin de cette période ? Voilà la solution :

Les murs du cimetière ont de nombreuses étagères qui peuvent accueillir d’autres cercueils ! La même règle concernant le temps s’applique. Alors, voilà des tombes intéressantes.

D’abord, celle de l’acteur Nicolas Cage. « Mais Justin, » vous me dites « il n’est pas encore mort ! » C’est juste pour sa carrière en ce moment. Non, mais sérieusement, c’est à lui car il n’est apparemment pas trop tôt pour planifier.

Celle-ci à côté de M. Cage a attiré mon attention. Rappelez-vous de ce que j’ai dit sur la langue à travers le temps. Les parents sont nés et décédés ; leurs enfants et leur gendre sont « born » et « died ».

La « reine du vaudou », Marie Laveau, y est enterrée. Selon notre guide, on n’a vraiment pas besoin de pouvoirs de divination quand on est coiffeuse et entend déjà tous les potins de la ville. Mais la réputation aide à vendre des bibelots « magiques ».

Il y a des tombes de sociétés funéraires, avec beaucoup d’étagères. Voilà celle des portugais :

Un panneau qui vous intéressera sûrement, qui parle d’un général français (à plus haute résolution si vous voulez la amplifier) :

Finalement, puisque c’est difficile d’être sûr qui est enterré où dans les murs, il y a de nombreux panneaux comme celui-ci, qui parle d’une certaine Suzanne Douvillier, née à Dole (dans le Jura), la première chorégraphe aux États-Unis — et réputée d’y être enterrée.

Plus tard, on a pris un tour du Quartier français avec des histoires de meurtres et de fantômes. Honnêtement, il ne faut pas croire à beaucoup de ces histoires, autant à cause du fait qu’ils changent à chaque fois qu’à cause d’être surnaturelles. Par exemple, on entendrait parler dans le Garden District d’une clôture en forme de maïs et de blé, censé être arrivé en 1859. Mais dans le Quartier français, on entendra parler du même genre de clôture, cette fois censé être arrivé en 1829. Voilà la version dans le Quartier français :

Mais je vous raconterai brièvement l’histoire de Delphine Lalaurie, la tueuse en série de la Nouvelle-Orléans. À l’âge de 13 ans, elle s’est mariée avec un espagnol, un M. Lopez, et ils sont partis en Espagne. Mais elle revient seule en tant que veuve à l’âge de 18 ans, son mari étant mort à Havana pendant le retour.

En 1808, elle s’est remariée avec Jean Blanque, un avocat. Ils ont eu 4 enfants en 8 ans, puis son époux est aussi mort.

En 1825, elle s’est mariée une troisième fois avec le Docteur Louis Lalaurie. Elle acheta une maison sur la Rue Royale, où elle vivait en 1834 quand il y avait un incendie pendant une fête chez elle. Jusqu’à ce moment, elle avait une très mauvaise réputation pour le mauvais traitement de ses esclaves — c’était toujours illégal de les fouetter en Louisiane, et 12 esclaves sont morts chez elle pendant cette période-là. Quand les pompiers sont entrés au deuxième étage de sa maison, ils ont trouvé 7 esclaves enfermés dans une chambre, tous très malades et gravement blessés.

Une foule a entendu parler des découvertes des pompiers et est arrivée pour lui rendre la justice façon frontière. Mais elle s’est échappée par bateau à Paris où elle est morte. Sa maison a été détruite par la foule, et une nouvelle maison a été construite sur le site en 1838. Elle existe toujours — voilà la photo suivante — et est réputée d’être hantée par les âmes des esclaves assassinés.

Épisode 21, le jeu de cartes

Peut-être que vous avez entendu parler du jeu de cartes vingt-et-un. C’est une expression en anglais qui veut dire vingt-et-un — bon, je plaisante, en fait nous l’appelle « blackjack » bien que le nom vingt-et-un soit aussi connu. Mais en tout cas, c’est notre vingt-et-unième épisode.

Je sais, vous êtes choqué que ça apparaît vu que je suis en vacances, et j’avouerai que le son n’est pas à la hauteur de mes standards habituels. (Par exemple, j’éteins la climatisation à la maison pendant l’enregistrement, mais pas ici.) Vu que presque tous les auditeurs l’écoutent sur le web, j’ai décidé que c’était plus important de garder mon horaire.

On commence comme toujours avec la blague de la semaine. Nos articles sont :

Le Garden District apparaîtra la semaine prochaine.

Si vous aimez ce balado, abonnez-vous sur Apple, Google Play, Amazon, Spotify, ou encore Stitcher. Et maintenant, on commence. Bonne écoute !

Le Garden District et le musée de Mardi Gras

Aujourd’hui, on est allé dans le Garden District de la Nouvelle-Orléans. On pourrait traduire le nom comme Quartier des Jardins, mais il me semble que sur les sites francophones qui parlent de la Nouvelle-Orléans, ils utilisent tous le nom en anglais, alors je suivrai cette pratique. Et on verra que ce nom est plutôt historique, pas descriptif. Mais il reste l’autre partie de la ville la plus importante en dehors du Quartier français à cause de son architecture.

On a commencé en dehors d’un petit centre commercial, The Rink, avec une librairie charmante. Je sais que certains d’entre vous y auraient été rester scotchés. C’était plein de livres sur la ville, en plus des choix plus quotidiens.

Notre guide, un M. Robichaux, nous a mené autour du Garden District, et notre premier arrêt était la maison du Colonel Short, construit en 1859. M. le Colonel n’a jamais servi dans l’armée. Vous connaissez sûrement KFC, ce qui veut dire « Kentucky Fried Chicken. » Le fondateur, le Colonel Harland Sanders, n’a jamais servi non plus. L’état de Kentucky décerne le titre de « Kentucky Colonel » pour des citoyens exceptionnels. C’est un honneur, mais pas de genre militaire. De toute façon, cette maison est remarquable pour sa clôture de maïs et de blé (en fer), qui était très chère à l’époque. Remarquez surtout le panier de fruits sur le coin — il y a plusieurs exemples de cette clôture à la Nouvelle-Orléans, mais cette copie est la seule avec le panier.

Je pense toujours à vous tous n’importe où je vais, alors j’ai dû prendre des photos de cette maison. Le drapeau est un indice à l’identité du propriétaire.

L’UE, sérieusement ? Non, c’est la maison du consul de France. Ouais, j’étais à la frontière française aujourd’hui (car légalement, ces maisons font partie de leurs pays) ! Disons que j’ai battu mon propre record de cette année pour la visite la plus courte au pays. (Je plaisante, mais ça fait mal au cœur.) Voilà quelques panneaux affichés sur leur clôture — bilingues, bien sûr. La résolution est plus haute que d’habitude au cas où vous aimeriez les lire.

Connaissez-vous la série American Horror Story ? On l’a tous regardée sur Ciné+ Frisson, n’est-ce pas ? (Il le dit comme s’il ne vient pas de le vérifier sur Wikipédia.) La saison 3 a été tournée dans le Garden District ; voici « Miss Robichaux’s Academy » :

Finalement, je sais que certains d’entre vous sont de grands fans des contes de vampires, alors vous connaissez certainement l’autrice Howard Allen O’Brien, dite Anne Rice. Non, je ne vous déconne pas avec notre perplexité typique sur les genres — ses parents lui ont vraiment donné des prénoms masculins. Peut-être que vous avez entendu parler qu’elle vivait dans une maison avec des crânes sur la clôture. Voilà :

Mais en fait, ce ne sont pas de crânes — ce sont des rosiers ! Au moins c’est ce qui dit le guide. Moi, je dirais plutôt que ce sont des crânes.

Peut-être que vous êtes-vous dit « Mais où étaient les jardins ? ». En fait, les jardins n’existent plus car ils étaient là juste pour masquer l’odeur d’un abattoir. Après la fermeture de l’abattoir, plus de maisons ont été construites sur les vieilles places des jardins. Tout ce qui reste de l’époque est un nom pittoresque.

Dans l’après-midi, on a visité « Mardi Gras World, » l’usine et entrepôt d’où vient les chars des parades de Mardi Gras.

C’est une famille et ses employés qui fabriquent plus de 500 chars toutes les années. Le processus est tellement impressionnant. D’abord, un artiste dessin une esquisse. Puis elle est projeté sur un gros morceau de polystyrène. Ils coupent plusieurs copies de l’esquisse en polystyrène puis les collent ensemble pour faire un modèle.

Le modèle est sculpté avec des couteaux, puis il est balayé par des lasers. Ça permet de créer un modèle tridimensionnel dans un logiciel qui contrôle une fraiseuse CMC pour produire des versions beaucoup plus grosses en polystyrène ou en fibre de verre.

Après avoir été recouverts de papier mâché, les modèles sont peints. Au lieu de vous montrer toutes ces étapes — car on n’a pas pu toutes les voir — je vais vous montrer des exemples de produits finis.

On peut voir que certains modèles sont planifiés pour des chars beaucoup plus compliqués.

Encore une fois, pas de repas Cajun ce soir. Mais il nous reste deux jours d’aventures ici, alors qui sait ce qui nous arrivera ?

Tous à bord !

Aujourd’hui, on a pris une croisière du Mississippi, sur ce que l’on appelle un « paddle wheel steamer » (un bateau à vapeur). Ce genre de bateau était le moyen de transport le plus commun le long du fleuve pendant le XIXe siècle. (Voilà, un peu d’histoire avant la SGM de notre côté, finalement.) Pensez à des documentaires comme Tom Sawyer — après tout, le nom de plume « Mark Twain » voulait dire 2 mètres de profondeur, de l’eau assez profonde pour exactement ce genre de bateau.

J’ai tourné une courte vidéo de la roue à aubes (paddle wheel) pour que vous puissiez voir comment le bateau se propulse.

Dès que l’on part du quai, il y a une très bonne vue de Jackson Square, la place centrale du Quartier français. Le grand bâtiment est la Cathédrale Saint-Louis, la plus vieille à fonctionner jusqu’à nos jours aux États-Unis.

Juste après, on voit le « French Market » (Marché français), auquel on va revenir après la croisière. C’est le bâtiment bas juste derrière la levée, pas le grand bâtiment rouge.

La Louisiane est très connue pour la canne à sucre, et on peut voir l’usine Domino du fleuve. Mais avant que vous ne pensiez que je suis rentré à la maison, mon sucre est toujours de la marque C&H (qui veut dire Californie et Hawaï). C’est le seul que j’accepte !

Après avoir débarqué, on a marché vers le French Market. Franchement, il n’y a qu’un magasin qui compte là-bas — mais il est le plus important de toute la Nouvelle-Orléans. On est là pour Café du Monde, LA maison des beignets aux États-Unis.

Si je volerais peut-être pour le nougat de Montélimar, je volerais absolument pour des beignets et du café à la chicorée et au lait. Moi, étant béotien, je le prends glacé, comme si c’était un truc de Starbucks. Mais je ne ferai pas d’excuses — je n’aime pas les boissons chaudes, c’est donc celle-ci ou rien.

Au fait, je ne comprends pas du tout quand on dit « du monde » versus « au monde ». Je suis donc sûr que je fais de nombreuses erreurs avec ces expressions, mais personne ne me le dit jamais. Aidez-moi, s’il vous plaît !

Un renseignement sur le « Marché ». Je ne peux pas trouver des sources faisant autorité, mais je parierais tout et n’importe quoi que les français du XIXe siècle le connaissaient sous le nom « Les Halles ». Comment ? Regardez soigneusement le plus petit de ces deux panneaux — il dit « Halle des Boucheries, Built 1813, Restored 1975 ».

Mais j’ai quelque chose de spécial pour vous maintenant. Cette femme à cheval juste après le marché, qui est-elle ?

Peut-être que je devrais vous la montrer en face.

L’inscription dit en anglais « Joan of Arc, Maid of Orleans, 1412-1431, A gift from the people of France to the citizens of New Orleans » ; c’est-à-dire « Jeanne d’Arc, Pucelle d’Orléans, 1412-1431, Un cadeau du peuple français aux citoyens de la Nouvelle-Orléans ». Il y a de nombreuses plaquettes autour de la statue :

Une dernière plaquette indique que la statue a été érigée en 1972 :

Désolé, mais pas de repas Cajun pour vous montrer cette fois-ci. Ma fille avait eu assez de ce genre de cuisine, et on a mangé des pizzas ce soir. Il faut faire des sacrifices quand on a des enfants !

Laissez les alligators rouler

Peut-être que la caractéristique géographique la plus connue de la Nouvelle-Orléans est le marais, appelé le bayou, et les habitants des marais les plus connus sont les alligators. Aujourd’hui, on a navigué les eaux du fleuve Mississippi pour visiter les alligators.

Voici notre port d’embarquement :

Au-dedans le bâtiment, il y a un alligator albinos. Ce monsieur a 18 ans, mais ne peut pas survivre dans la nature, car le soleil est trop dangereux. Moi, je ne pourrais jamais prendre soin d’un alligator.

Le Mississippi est le deuxième plus grand fleuve des États-Unis — la différence entre le Missouri et le Mississippi étant moins de deux kilomètres ! — et le débit moyen est entre 5-15x celui du Loire, le plus long fleuve entièrement en France. Il coule vite, et c’est pour ça qu’il reste un moyen de transport très important.

Mais près du Golfe de Mexique, autour de la Nouvelle-Orléans, il y a une grande zone d’eau stagnante, ce que l’on appelle le bayou. Dans le bayou, on trouve les alligators, estimés pour leur viande — une spécialité Cajun — et leur cuir. (On a déjà parlé de la francophobie californienne, où mon état a essayé d’interdire ce cuir.) En fait, les alligators ainsi utilisés sont élevés dans des fermes.

Vos yeux ne vous trompent pas — on utilise des chamallows pour attirer les alligators !

Le soir, on a visité Preservation Hall pour un concert de jazz. Prendre des photos pendant la performance est interdite, mais les musiciens aujourd’hui étaient des légendes modernes — dont la trompette Wendell Brunious et le batteur Shannon Powell.

Ils ont joué 5 chansons pour nous — dans la musique jazz de la Nouvelle-Orléans, une chanson dure longtemps car chacun des musiciens a l’opportunité pour un solo — dont « When the Saints Go Marching In, » sans doute la chanson la plus célèbre de la ville. Voici une performance avec M. Brunious en tant que chanteur, qu’il a fait pour nous.

On a fini par dîner chez Galatoire’s, fondé par l’immigrant français Jean Galatoire, de Pardies dans les Pyrénées-Atlantiques. Je ne vais pas vous mentir, je préfère La Couronne à Rouen, avec six fois l’histoire (1345 versus 1905), mais celui-ci était le resto préféré de ma grand-mère, et je suis arrivé à le partager avec ma fille, alors c’est notre tradition.

Pour ma part, j’ai commandé le crabe au gratin, les pommes de terre façon Brabant (au beurre à l’ail, une spécialité locale), et la tarte aux noix de pécan.

Il y avait aussi plus de beignets aujourd’hui, mais demain je vais vous les montrer au café le plus célèbre de la Nouvelle-Orléans, alors il vous faut patienter un peu. Mais je vous promets, ils sont les meilleurs beignets au monde.

Le musée de la Guerre

Ce que vous arrive en ce moment :

Vous : Finalement, une semaine sans la SGM chez Un Coup de Foudre !

Moi : Pas si vite, les amis !

Ouais, aujourd’hui on a visité le Musée national de la Seconde Guerre mondiale, que l’on trouve dans le Quartier des Entrepôts (Warehouse District). Votre récompense à la fin du post sera un dîner au meilleur restaurant de la Nouvelle-Orléans, le temple de la gastronomie Cajun (Français de la Louisiane), Commander’s Palace. Je précise : un dîner que j’ai mangé. Mais au moins vous pouvez le voir.

Nous avons dû prendre le petit-déjeuner avant de partir. Seulement dans la Nouvelle-Orléans , on trouvera des beignets au lieu des donuts :

On commence à l’extérieur du musée :

Il y a quelque chose de spécial quand on y arrive — trois morceaux du VRAI Mur de l’Atlantique. On n’est plus dans le film de Bourvil, même si je me suis dit sous mon souffle « Il manque un ‘s’, là » :

Il y a une salle avec de nombreux avions et véhicules, dont le célèbre Jeep :

Dans cette salle on peut voir une partie d’un bombardier B-24, décoré selon le style de l’époque. Ma fille était scandalisée, mais quand on considère les risques…disons que je suis reconnaissant que nos officiers et nos hommes politiques ont choisi de se battre contre les Allemands, pas leurs soldats.

Après cette exposition, nous avons regardé un film, « Beyond All Boundaries, » qui raconte pendant 45 minutes l’histoire de la guerre. C’est un spectacle très impressionnant, avec de nombreuses citations de lettres et de discours. J’ai pas de photos, et j’ai pas trouvé des traductions en français, mais je le recommande fortement quand même. Voilà un petit aperçu :

On ne passera que brièvement par l’exposition de la guerre en Asie, pas à cause de ne pas être intéressant, mais parce que sinon ce post sera beaucoup trop long. Il y a une reconstitution de l’environnement que l’on aurait trouvé à Saïpan ou à Guadalcanal. On y trouve aussi un M-2 lance-flammes, l’une des armes les plus horrifiantes de l’époque.

On passe à la guerre en Europe. Voici des souvenirs français près de l’entrée :

Je veux attirer votre attention à deux objets à gauche. Le livret bleu est un guide à la langue française, duquel j’ai écrit l’année dernière. Au-dessus, il y a un message du général Eisenhower en français, publié à l’époque dans les journaux.

Voici une boîte à outils chirurgicaux utilisé en France à l’époque :

Puis il y a une machine à écrire utilisée par une résistante, Marie Lévi-Ménard, pour recevoir des diffusions de la BBC et les transcrire pour les Français en Normandie.

Voici une ceinture de soie présentée par des bretons au lieutenant Cecil Ellzey le 25 septembre 1944. Selon la plaque, à l’envers est écrite « Vive La Grande Libération » :

Et voici un drapeau américain fait par des Français pour fêter la libération. Il n’y a que 48 étoiles car l’Alaska et Hawaï n’étaient pas toujours des états à l’époque.

Je suis toujours corniaud pour un drapeau nazi capturé. Celui-ci est signé par les soldats qui l’ont capturé; j’ai pris une photo très proche pour que vous puissiez voir les signatures.

On finit le musée avec peut-être notre affiche la plus célèbre. Je sais que vous n’êtes pas tous de grands fans de l’Oncle Sam, mais cette image a recruté plus d’un million de soldats.

On passe maintenant à Commander’s Palace, depuis 1893 le meilleur restaurant Cajun au monde entier. Il appartient à la famille Brennan, les propriétaires de nombreux restos à la Nouvelle-Orleans, depuis les années 70s, et on parlera plus d’eux plus tard.

Il y a deux étages ; on a dîné à la deuxième. Désolé pour l’autoportrait de la gueule, mais c’est mon blog et je peux faire ça :

Peut-être les deux techniques les plus importantes dans la cuisine cajun sont les viandes noircies et les croûtes de noix de pécan. J’ai eu le poisson du Golfe à la croûte de noix de pécan, et en dessert, le soufflé au pain perdu avec de la sauce au whiskey. C’est le MUST de la Nouvelle-Orléans.

Darmanin à la rescousse !

J’essaye toujours de ne pas faire les polémiques en lisant Le Canard enchaîné, et surtout de ne pas critiquer les hommes politiques de peur d’apparaître partisan. Mais mon amour des blagues du Canard sur M. le Prenier Ministre Castex n’était pas un secret, et je vais avouer quelque chose : Il me semblait quand M. le Président Macron était en train de choisir un nouveau premier ministre que s’il avait choisi M. Darmanin, on aurait appelé son terme les « neuf mois glorieux du Canard ». Mais il me semble aussi que c’est mieux pour la France que ce n’est pas arrivé. Dans ce numéro, il est la vedette pour beaucoup de raisons — les incendies, la Corse, le Stade de France… j’ai eu trop de bons choix !

Presque toutes les années, un pyromane ou autre met la feu à la Californie (2022, 2021, 2020, 2019…). Alors je comprends trop bien cette histoire et j’espère que vous n’êtes pas gentils avec le(s) con(s) quand vous le(s) trouvez.

M. Darmanin va désormais visiter la Corse toutes les six semaines. Le FLNC a récemment revendiqué seize actions après une longue période sans beaucoup d’activité.

Peut-être que vous avez suivi les matchs de foot de l’Euro féminin, où les anglaises ont gagné. Les britanniques sont partis, mais pas assez pour les allemands.

Finalement, j’ai l’impression que pour beaucoup de monde, n’importe quel serpent est un boa constrictor :

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Bonjour de la Nouvelle-Orléans !

Aujourd’hui, je vous écris de la Nouvelle-Orléans, où je suis avec ma fille et mon père jusqu’à la semaine prochaine. La Nouvelle-Orléans est la ville la plus française aux États-Unis (il y a une communauté dans le comté d’Aroostook, dans le Maine, qui serait pas d’accord, mais elle est beaucoup plus petite). C’est ma ville préférée des États-Unis depuis toujours. Vous allez voir pourquoi, mais franchement vous le comprenez déjà.

Je savais que vous penseriez tous à la vieille Orléans quand j’ai mentionné les pralines, mais en fait, les pralines de la Nouvelle-Orléans sont l’un des joyaux de la cuisine américaine. Et parmi les premières choses que l’on voit en sortant de l’avion :

À cause des délais inattendus (peut-être attendus de nos jours, mais pas planifiés), on n’est pas arrivés jusqu’à 18h. Mais on a fait un petit tour aujourd’hui — sans trouver les bonnes pralines, hélas — et je vais le partager ici. (Votre revue du Canard apparaîtra plus tard aujourd’hui.)

On a commencé à l’Hôtel Roosevelt, juste à côté du « Quartier français » (on dit « French Quarter » en anglais). Cet hôtel date de 1893, et a été renommé pour l’ancien Président Theodore Roosevelt en 1923. En accord avec les années 20s, l’hôtel maintient une atmosphère Art Deco.

De l’hôtel, on est partis pour le célèbre « Bourbon Street », dit originalement Rue Bourbon. De nos jours, c’est plein de bars et de clubs, et c’est plutôt le Montmartre américain, mais c’est aussi le meilleur endroit pour voir de l’architecture coloniale française.

On est passés par Galatoire’s, l’un des trois restaurants les plus historiques de la ville, avec Antoine’s et Arnaud’s. Tous sont proches à Bourbon Street, mais Galatoire’s était le préféré de ma grand-mère quand elle était élève à Tulane University dans les années 40s. Galatoire’s est fermé le lundi et le mardi, alors on ne pouvait pas y aller, mais peut-être plus tard cette semaine.

L’histoire de la Nouvelle-Orléans compte une certaine période sous les espagnols, et on peut voir cet héritage dans certains panneaux dans le Quartier français. Celui-ci dit « Quand la Nouvelle-Orléans était la capitale de la province espagnole de Luisiana. 1762-1803, cette rue s’appelait « Calle de Borbon » » :

Si vous connaissez la musique jazz, sa salle la plus célèbre est « Preservation Hall », juste à côté de Bourbon Street. On y reviendra plus tard, mais voici l’extérieur.

C’est un vrai trou dans le mur. Ne le laisse pas vous tromper — c’est fait exprès car c’est très fidèle à l’esprit de ce genre de musique. On a parlé plus tôt de ma chanson préférée de la Nouvelle-Orléans, Eh Là Bas :

Beaucoup de restos sont fermés le mardi, alors on a dîné chez Café Maspero, un resto plutôt touristique. Notez bien le slogan de la Nouvelle-Orléans sur un mur, « Laissez les bons temps rouler ».

Moi, j’ai eu le « crawfish étouffée » (étouffée d’écrevisses), une soupe très épicée. Je l’ai bien aimée, mais c’est ma quatrième fois dans la ville, et je connais de meilleurs endroits. Vous les verrez plus tard cette semaine.

Je m’en vais encore

Peut-être que vous vous souvenez de la fois où j’avais envie du nougat de Montélimar, alors j’ai volé à Paris pour en acheter. La bonne nouvelle, c’est que j’ai toujours huit barres. (C’est le Fort Knox du nougat ici.) Alors pas besoin en ce moment. (Les nouveaux abonnés, veuillez cliquer ici.)

J’ai envie de pralines aujourd’hui.

😉