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Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Mon dîner héraultais

Je ne vais pas vous mentir — la recette de ce soir n’est pas trop compliquée, mais j’ai eu du mal en la choisissant. La cuisine héraultais est pleine de trucs que je ne peux pas trouver. Des poissons indisponibles, de la chair à saucisse, etc. J’ai fini par faire un remplacement — de la viande hachée au lieu de la chair à saucisse — et après des problèmes en trouvant des moules, voilà les moules farcies à la sétoise.

Je dois la recette à Hérault Tourisme. Il y a une version différente à Keldelice, où j’ai choisi la recette, mais je vous ai conseillé avant d’utiliser Keldelice pour des idées, pas des recettes particulières. Quelques astuces — j’ai acheté trop de viande, alors j’ai fait quelques petites boulettes avec le reste de la farce, j’ai ajouté de l’origan à la sauce, et je vous conseillerais d’utiliser encore moins d’oignon et plus d’ail. Je n’ai fait pas l’aïoli qui va avec cette recette — d’habitude, je n’aime ni l’aïoli ni la mayonnaise, et c’est moi qui dois tout manger !

Les ingrédients pour les moules (1 personne):

  • 100 grammes de chair à saucisse ou de viande hachée
  • 1 gousse d’ail
  • 1 oeuf
  • 1 tranche de pain dur
  • Persil, sel, poivre
  • 1 boite de tomates concassées
  • 1/2 oignon (ou moins)
  • 1 petit verre de vin blanc

Voilà, mon vin blanc et mes tomates :

Les instructions pour les moules :

  1. Hachez finement le persil et l’ail.
  1. Faites gonfler le pain dans l’eau, puis essorez-le à la main. Il y a 3 tranches de pain ici parce que j’étais pas sûr de la taille d’une tranche selon eux. 1 tranche d’une baguette typique suffit.
  1. Mélangez la chair à saucisse ou viande hachée, l’ail et le persil, puis l’oeuf et le pain. Salez et poivrez. Le mélange se doit d’être bien homogène.
  1. Enlever la « barbe » des moules (la tirer vers l’arrière de la moule). Mes moules n’avaient pas de barbes.
  2. Lavez et grattez les coquilles pour y enlever les impuretés.
    Bien sûr ne garder que les moules fermées et non-cassées.
  1. Ouvrez les moules à l’aide d’un couteau (décalez légèrement la coquille supérieure, insérez le couteau et suivez l’intérieur de la coquille pour couper le muscle sans abimer la possibilité de refermer la moule pour la cuisson. — BONNE CHANCE AVEC ÇA ! Je peux vous dire que mes moules ont fini par être assez cuites. Mais c’était impossible de les garnir et aussi les refermer complètement.
  2. Avec la farce, garnissez la moule, et refermez-la délicatement.
  1. Réservez le temps de préparer la sauce.
  2. Faites revenir dans une casserole l’oignon et l’ail haché.
  1. Si vous avez trop de viande, faire des petites boulettes. Faites-les revenir avec un peu d’huile d’olive.
  1. Ajoutez les tomates concassées, le verre de vin blanc et laissez mijoter quelques minutes en mélangeant. Moi, j’ai ajouté aussi de l’origan. Je vous conseille d’utiliser n’importe quelles épices que vous aimez, façon italiennes, mais ne faites pas une sauce complètement sans épices. Ce serait ennuyeuse.
  1. Répartissez les moules à plat dans un grand faitout. On peut créer 2 étages si vous avez plus que 6 moules. J’ai ajouté aussi les boulettes, pour les faire mijoter dans la sauce.
  1. Versez la sauce. Les moules doivent être immergées. Rajoutez de l’eau le cas échéant.
  1. Faites cuire 20 à 30 minutes à feu doux. La sauce doit devenir progressivement plus épaisse. Pendant ce temps, préparez du riz ou des pâtes pour accompagner les moules. Pour moi, c’est du riz de Camargue — J’ADORE !

Le dîner de Noël avec l’Alliance Française

Hier soir, j’ai assisté à un dîner sponsorisé par mon Alliance Française locale. Ce post est deux choses : 1) une mise à jour de mon article sur Moulin, parce qu’ils ont agrandi leur espace et servent des repas à table maintenant, et 2) une plainte sur le mauvais comportement de certains qui ont complètement gâché ma nuit.

D’abord, le nouveau espace de Moulin (à côté de la boulangerie) est tellement beau. Comme leur boulangerie, il est plein de vieux panneaux et affiches. Nuit, c’est un régal pour les yeux.

Je ne vais pas vous dire que leur pain est mieux que ce qu’on trove en France, mais ça ne manque rien.

Voilà la carte — puisque le dîner a été pour un grand groupe, il n’y avait pas trop de choix. Mais ils ont aussi un plus grand menu. Quant au vin, je sais seulement que c’était un Côtes-du-Rhône, et c’était 8 $ le verre. Un peu cher pour un vin inconnu, mais habituel ici.

J’ai commandé la salade frisée, le poulet au champagne, et la tarte aux pommes. J’ai complètement oublié de prendre une photo de la salade. ([Ignorez le gros con. Il n’avouera jamais qu’on mange les mêmes trucs. — M. Descarottes.]) Tout était très bien. Pour 45 $, le prix fixe pour ce soir-là, c’est pas un bon marché, mais ça vaut l’argent.

Je souhaite que je pourrais vous dire que la compagnie pour la soirée était également bonne. Mais ce serait un mensonge. À un côté de moi, une Française passait son temps en envoyant des SMS avec son portable. J’avoue, elle me connaît déjà un peu, et je crois qu’elle ne m’aime pas parce qu’on est des opposés. Elle travaille dur pour ne pas avoir aucun accent (au fait, c’est une réussite), et elle dit à n’importe qui que c’est parce qu’elle ne veut que personne sache qu’elle vient de France. Elle n’est pas la seule de ce genre que je connais, mais ces personnes ne comprennent pas que je ne les déteste pas du tout. Je les comprends parfaitement. C’est juste que l’on a envie de voyager dans la direction opposée. On dirait en anglais que l’herbe est toujours plus verte ailleurs.

Mais l’insulte de l’année est venue de l’homme en face de moi. Je dois vous expliquer que je suis, comme on dirait en anglais, « un poisson en dehors de l’eau ». D’habitude, ceux qui rejoignent l’Alliance Française sont soit des jeunes qui veulent voyager, soit des retraités qui veulent revivre de vieux souvenirs. Je n’y connais personne dans la quarantaine. Mais quand l’homme de 60 ans a dit à la femme d’environ 30 ans à mon autre côté qu’il n’y avait pas de célibataires à la table, en me regardant, je voulais dire à cette espèce de ([censuré pour garder un blog tous publics — M. Descarottes]). C’est pas sa faute que je me suis marié avec la seule femme qui a accepté un premier rendez-vous avec moi. Mais il m’a déjà rencontré. Et après ce moment-là dans la conversation, c’était bien évident que cette femme ne voulait plus me parler bien que je n’aie pas essayé de la draguer. Pas du tout. Merci beaucoup à ce monsieur pour m’avoir rendu invisible. C’est toujours comme ça, et je n’apprécie pas l’aide.

Mais finalement, cette note est pour le nouveau resto de Moulin, pas mes « compagnons » du soir.

La qualité : Au-dessus de la moyenne.

Rapport qualité-prix : Au-dessus de la moyenne.

Recommandation : J’ARRIVE !

Le frescati

Cette fois, je ferai quelque chose d’inhabituel. Je fais toujours mon dîner avant mon dessert, ou les deux en même temps, mais pour l’Hérault, je vous présenterai le dessert avant le dîner. C’est parce qu’il y a une pénurie de moules (le fruit de mer, pas l’autre chose) dans mes supermarchés, mais j’ai déjà fait mon dessert. Alors, voilà un dessert héraultais depuis 1890, fabriqué dans exactement une pâtisserie à Sète, et maintenant chez moi — le frescati :

Le frescati est composé de 4 choses : une base de pâte sucrée, une couche de génoise aux raisins engorgée de rhum, de la meringue italienne, et couvert avec un fondant au café. Il n’y a pas trop de recettes sur Internet pour ce dessert — juste cette vidéo et quelques descriptions sur les sites touristiques de la région, sauf celle-ci en néerlandais — mais c’est ma mission de vous présenter la France insolite, le quotidien de ceux qui habitent en dehors de Paris. Dès que j’ai trouvé des infos sur ce dessert, il n’y avait pas de choix. Vous comprenez maintenant pourquoi je ne voulais pas écrire toutes les recettes de ces trucs dans juste un article !

Avant de vous donner ma recette, quelques astuces : 1) C’est bien clair que je n’ai pas fait assez de fondant. Dans la vidéo, vous pouvez voir ce qu’ils utilisent — c’en est beaucoup. 2) C’est également clair que je devrais couper la génoise en deux. La vraie chose a des couches de génoise et de meringue de la même hauteur. 3) Je devrais faire encore plus de meringue italienne, pour la même raison.

Pour la base de pâte sucrée, on aura besoin de 1/4 de notre recette de pâte sucrée. Voilà le reste des instructions :

  1. Préchauffer votre four à 180°C.
  2. Fariner votre tapis de cuisson.
  1. Étaler votre pâte pour qu’il puisse faire couper par un cercle de pâtisserie. Le mien est de 15 cm.
  1. Piquer avec une fourchette, puis enfourner pendant 15-18 minutes. Vous pouvez voir que la galette est bien plate, sauf où je pouvais la piquer encore plus. (C’était pas un problème à la fin, mais attention quand même.)

Pour la génoise aux raisins, utilisez un cercle de pâtisserie de même taille que pour votre galette de pâte sucrée. Pour 15 cm, ma recette de génoise suffit. Pour 22 cm, doublez les ingrédients et hop ! Ça suffira. Encore une fois, le reste des instructions :

  1. Couper votre génoise en deux parts dans le sens de la largeur.
  2. Dans un plus grand moule à gâteau, mettre assez de rhum pour couvrir la moitié du gâteau.
  3. Mettre votre génoise dans le rhum et laisser macérer. Après une heure, faites la même chose à l’autre côté.

Je dois la recette de la meringue italienne au blog Il était une fois la pâtisserie. Elle a une bonne vidéo pour vous montrer comment suivre la recette. J’ai fait 1/3 plus de meringue que sa recette.

Les ingrédients pour la meringue :

  • 4 blancs d’œuf
  • 240 grammes de sucre en poudre
  • 40 grammes d’eau

Les instructions pour la meringue :

  1. Mettre le sucre et l’eau dans une casserole. Faire bouillir à 114°C — utilisez un thermomètre.
  1. Mettre les blancs d’œuf dans le bol d’un robot pâtissier. Dès que votre thermomètre dit 114, commencer à battre les blancs à grande vitesse.
  1. Dès que votre thermomètre dit 118°C, verser le sucre dans le bol du robot. Désolé pour la manque de photos, mais quand on verse du sirop bouillant dans un robot, on ne s’inquiète pas trop des photos. De toute façon, votre meringue est prêt après environ 5 minutes. Il devrait être un joli « bec de oiseau », comme ici, quand on retire le fouet.

Dernièrement, le fondant au café. Je dois ma recette de fondant à cette vidéo de Cook&Record. Pour une version au café, j’ai dû un peu deviner — une bonne cuillère à soupe de café a été suffisant pour un bon goût de café, pas trop fort.

Les ingrédients pour le fondant au café :

  • 225 grammes de sucre
  • 25 grammes de glucose en poudre OU 25 grammes de plus de sucre
  • 75 grammes d’eau
  • 1 cuillère à soupe de café à température ambiante

Je n’ai pas de machine à café parce que je ne le bois pas, alors j’ai utilisé du café instantané. Je vous demande pardon. Mais mon glucose est au moins un vrai produit belge !

Les instructions pour le fondant au café ;

  1. Mettre le sucre, le glucose, et l’eau dans une casserole. Porter à ébullition à 114°C.
  1. Retirer du feu, et mettre la casserole dans un bol d’eau froid. Laisser descendre jusqu’à 75°C.
  2. Verser le fondant dans le bol d’un robot pâtissier. Battre à moyenne-grande vitesse pendant environ 10 minutes. Le fondant devrait blanchir.
  1. Verser le café sur le fondant. Battre pendant quelques instants, juste assez pour devenir homogène.

Finalement, on passe au montage. Comprenez-vous pourquoi je suis É-PUI-SÉ ?

  1. Mettre la génoise au-dessus de la galette de pâte sucrée.
  1. Mettre de la meringue au-dessus de la génoise. Étaler avec une spatule à glaçage. Couvrir également le dessus et les côtés.
  1. Verser le fondant sur le gâteau.
  2. Décorer avec des cerises confits.

La génoise

OK, une base de plus avant notre dîner héraultais. Je vous promets que les deux sont liées.

Pour faire une génoise, j’ai choisi une autre recette du livre « Desserts by Pierre Hermé ». Celle-ci est aux raisins, pour des raisons qui vous comprendrez bientôt, mais d’habitude, elle est faite nature et trempée avec des divers liqueurs ou des sirops. Voilà la nôtre :

Sa recette originale fait un gâteau de 22 cm. Je l’ai coupé par deux pour faire un gâteau de 15 cm.

Les ingrédients :

  • 28 grammes de beurre
  • 3 gros œufs
  • 100 grammes de sucre
  • 83 grammes de farine

Les instructions :

  1. Préchauffer votre four à 180°C.
  2. Mettre de l’eau dans une casserole assez grande pour faire un bain-marie avec le bol de votre robot pâtissier. Faire fondre le beurre et laisser reposer. Mettre la casserole sur un feu moyen.
  1. Tamiser votre farine.
  1. Fouetter les œufs et le sucre ensemble dans le bol du robot. Mettre le bol sur la casserole et fouetter sans cesse, jusqu’à obtenir une température de 55°C. Retirer le bol du robot et le mettre dans le robot. Fouetter avec le robot jusqu’à ce que la température a baissé à la température ambiante et le volume a triplé.
  1. Mettre une cuillère des œufs dans le bol du beurre. Avec une maryse, commencer à replier la farine dans les œufs. Faites ça en deux tranches, pas toute la farine en même temps. Ajouter le beurre et faire la même chose.
  1. Beurrer soit un moule à gâteau soit un cercle de pâtisserie (si c’est le dernier, le mettre sur une plaque à cuisson avec un tapis en silicone. Si vous allez ajouter quelque chose comme des raisins ou des pépites au chocolat, les mettre dans le fond du moule. Verser la pâte dans le moule. Enfourner pendant 28 minutes. Tester avec un cure-dent avant de sortir du four. Laisser reposer au moins 5 minutes avant de démouler.

Le retour de l’ancien régime

J’avoue, je ne comprends rien au statut des descendants des nobles. Mais cette nouvelle, selon l’article qui accompagne ce dessin, dit que le comte de Paris veut reprendre le château de Chantilly. Ça me surprend beaucoup ! (Je ne peux pas trouver aucun article sur un autre site avec la même nouvelle — seulement cet article qui mentionne l’état grave du château.)

Il y a beaucoup de parler sur des intrigues chez l’EÉLV. D’habitude, je ne m’occupe des partis politiques ici, mais il y a plusieurs articles sur le même sujet dans ce numéro. C’est carrément un sujet qui intéresse le public. Il me semble que celui-ci traite de cette nouvelle à propos d’un certain Matthieu Orphelin (qui je ne connais pas), qui était peut-être malhonnête en tant que porte-parole.

Mais ce qui est plus étonnant, c’est ce dessin sur le même sujet, qui fait une blague de deux films de Jacques Tati, Les Vacances de M. Hulot et Mon Oncle :

Et notre dernier dessin parle encore une fois de Joséphine Baker, de laquelle on a parlé en août. Je doute fortement que M. le Président Macron aurait vraiment dansé comme ça, mais j’ai quand même ri :

Finalement, mes excuses s’il vous semble que je vous pose un lapin avec le dîner héraultais. À cause d’avoir ma fille avec moi pendant la semaine dernière, je ne pouvais pas le faire. Ça apparaîtra jeudi.

Comme toujours, si vous avez aimé ces dessins, abonnez-vous !

La pâte sucrée de Pierre Hermé

Avec ce post, on commence une série de recettes appelée « les bases » pour ne pas devoir tout répéter quand je fais quelque chose de commun, comme la pâte brisée ou la crème pâtissière. Et oui, on aura besoin de la pâte sucrée tout de suite.

Cette version est la recette dans le livre « Desserts by Pierre Hermé », et oui, c’est inhabituel d’utiliser de la poudre d’amande dans ce genre de pâte. Mais j’essaye toujours d’élever les normes ici — faites-moi une faveur et ne revisitez jamais mon dessert aindinois — et autant que j’adore Cook&Record, elle serait d’accord que Pierre Hermé est le ne plus ultra (une expression anglaise qui veut dire qu’il n’y a rien de meilleur).

Les ingrédients :

  • 280 grammes de beurre ramolli, coupés en morceaux
  • 150 grammes de sucre glace, tamisé
  • 50 grammes de poudre d’amande
  • 1 pincée sel
  • 1/4 cuillère à soupe de vanille liquide
  • 2 œufs
  • 500 grammes de farine de blé

Les instructions :

  1. Dans le bol d’un robot pâtissier, ajouter le sucre glace et le beurre. Mélanger à faible vitesse jusqu’à ce que le mélange devienne crémeux.
  1. Battre les œufs légèrement avec une fourchette. Ajouter la poudre d’amande, les œufs, la vanille, et le sel, et mélanger à faible vitesse.
  1. Ajouter la farine par tiers et mélanger à faible vitesse à chaque fois. Arrêter dès que la pâte se rassemble.
  1. Former une boule et la peser. Ça devrait mesurer environ un kilogramme. Couper en trois boules pour 3 tartes de 26 cm ou quatre boules pour 4 tartes de 22 cm. Utiliser votre balance pour assurer que les boules ont toutes des tailles similaires. Emballer les boules au film de contact. Mettre la pâte dans le frigo et laisser reposer la nuit si vous voulez l’utiliser immédiatement ; sinon, la mettre au congélateur jusqu’à deux mois.

Cette fois, c’est pas de notre faute !

L’année dernière, je vous ai parlé du mensonge de Black Friday, un fête avec une fausse origine. Mais à l’époque, je n’étais pas encore abonné à beaucoup de listes de diffusion en français. Cette année, c’est toute autre chose, et maintenant, je me sens comme c’est encore une fois une question de l’impérialisme linguistique des anglophones français. Ah bon, c’est peut-être que je suis obsédé. Mais j’ai reçu tout ça pendant les dernières 24 heures :

Je préfère la traduction du Chef Michel Dumas :

Selon cette enseignante de français pour les anglophones, « Vendredi fou » est surtout trouvé au Québec. Et voilà, leur gouvernement nous dit que c’est l’un des « termes privilégiés » alors que Black Friday est « déconseillé ». C’est certainement le cas que je ne l’ai pas encore trouvé dans un site .fr.

Mais il y a une entreprise française qui m’a envoyé une pub aujourd’hui sans mentionner « Black Friday ». Et quand on considère la langue du courriel, c’est encore plus ironique :

Mais de tous ces courriels, seulement un a réussi :

Ah bon, c’est vraiment une entreprise californienne. Mais c’est aussi mon herbe à chat, alors j’y suis allé. Et c’était difficile de résister :

Ils me connaissent un peu maintenant, alors avec mes achats, ils m’ont gentiment donné quelques échantillons de nougat de Montélimar. Dois-je vous dire qu’ils sont déjà disparus ?

La tarte à la citrouille pour Thanksgiving

Aujourd’hui (et ce week-end) est le jour férié américain de Thanksgiving. (Nos voisins canadiens fêtent quelque chose de similaire, l’Action de Grâce, en octobre.) L’année dernière, j’étais tout seul à cause du virus, alors j’ai fait mon premier dîner pour la fête. Cette année, ma fille et moi avons dîné en famille avec mes parents, mais je voulais quand même adopter une autre recette de Thanksgiving à la façon française. On n’a jamais assez de desserts ici, alors cette fois, je vous présente mon cauchemar préféré, la tarte à la citrouille.

Cauchemar ? Pourquoi ? Eh bien, chaque 5-6 ans, mon anniversaire se passe au même jour que Thanksgiving. Quand ça arrive, mes amis et parents pensent qu’il suffit de mettre une bougie dans la tarte qu’ils allaient quand même manger. Quel effort ! Je suppose que c’est mieux qu’un anniversaire pendant le Carême. En tout cas, voilà :

Notre tarte est presque cent pour cent française. La pâte est une pâte brisée. La garniture est plus ou moins une crème pâtissière à la citrouille. (C’est à dire que c’est presque un flan pâtissier.) Le seul ingrédient dont vous aurez du mal à trouver est la purée de citrouille, mais j’ai trouvé un fournisseur pour vous en Europe. Le mélange d’épices appelé « pumpkin spice » (épices de citrouille) n’existe pas en France sous ce nom, mais il n’y a rien dans la boîte que vous ne pouvez pas trouver. C’est juste des clous de girofle, de la muscade, de la cannelle, du gingembre, du piment de la Jamaïque, et du macis. D’accord, je ne connais personne qui garde du macis dans sa cuisine non plus.

Les ingrédients pour la tarte à la citrouille :

  • 100 grammes de beurre
  • 200 grammes de farine
  • 1 pincée de sel
  • 100 + 25 grammes de sucre
  • 1 jaune d’œuf
  • 50 ml d’eau
  • 3 œufs entiers
  • 300 ml de lait
  • 60 grammes de maïzena
  • 1 boîte à conserve (425 grammes) de purée de citrouille
  • 1-2 cuillères à café d’épices de citrouille

Les instructions pour la tarte à la citrouille :

  1. D’abord, on fait notre pâte brisée. Coupe le beurre en dès. Dans un saladier, sabler la farine et le beurre.
  1. Ajouter le sel, 25 grammes de sucre, le jaune d’œuf, et l’eau. Mélanger bien avec les mains, et faire une boule. Laisser reposer au frigo pendant 2 heures.
  1. On passe à la garniture. Dans un saladier, mélanger 3 œufs et 100 grammes de sucre et faire blanchir avec un fouet.
  1. Ajouter la maïzena et fouetter.
  1. Faire bouillir le lait dans une casserole. Quand il commence à bouillir, verser un peu de lait dans les œufs et fouetter, puis verser tout dans la casserole. Continuer à remuer jusqu’à ce que le mélange devienne épais.
  1. Sortir du feu et ajouter la purée de citrouille et les épices. Mélanger bien avec un batteur plongeant. C’est difficile de faire un mélange complètement homogène !
  1. Étaler votre pâte, puis la mettre dans un moule à tartes. Piquer le fond avec une fourchette. Verser la garniture dans le moule et étaler avec une maryse.
  1. Faire cuire à 180°C pendant 40-45 minutes. Vérifier avec la lumière mais n’ouvrez pas la porte du four. Laisser refroidir à température ambiante avant de servir.

Le gâteau « Riviera » de Pierre Hermé

Je vous ai promis la recette du gâteau que j’ai fait pour mon anniversaire. La recette vient du livre « Desserts by Pierre Hermé, » par M. Hermé et l’autrice américaine Dorie Greenspan. Vous pouvez lui faire confiance, mais elle a traduit les recettes de M. Hermé aux mesures américaines. J’essayerai de vous donner des mesures européennes.

D’abord, je vous rappellerai de quoi on parle :

Ça m’a donné la glycémie la plus haute DE MA VIE le lendemain, et je ne plaisante pas, alors arrêtez de lire ici, mes compatriotes diabétiques. Je suis vraiment désolé. Pour le reste d’entre vous, il faut qu’on fasse 3 choses : de la crème au citron, du gâteau au chocolat sans farine, et de la mousse au chocolat. Les quantités ici suffisent pour faire un gâteau de 22 cm, mais j’ai utilisé un cercle de pâtisserie de 15 cm. On commence avec la crème au citron :

Les ingrédients de la crème au citron :

  • 1 tasse (200 grammes) de sucre en poudre
  • Le zeste de 3 citrons
  • 4 gros œufs
  • 3/4 tasse jus de citron
  • 10.5 onces (150 grammes) de beurre ramolli

Les instructions de la crème au citron :

  1. Mettre une casserole à moitié pleine d’eau sur votre poêle et allumer le feu (on fera un bain-marie). Dans un bol en métal, mais hors du feu, mettre le sucre et le zeste et mélanger avec les doigts. Ajouter les œufs et le jus de citron et fouetter.
  1. Mettre le bol sur la casserole. Faire cuire en fouettant jusqu’à ce qu’on atteinte 82°C avec un thermomètre. N’arrêtez pas de fouetter pendant ce temps — ça pourrait prendre 10 minutes.
  2. Retirer du feu et tamiser tout de suite dans un saladier. Laisser reposer à température ambiante, en remuant parfois, jusqu’à 60° C.
  1. Fouetter le beurre dans le mélange jusqu’à ce que la crème devienne complètement homogène. Continue de fouetter pendant 3-4 minutes. C’est plus facile avec un batteur plongeant.
  1. Mettre du parchemin sur une plaque, puis un cercle de pâtisserie sur le parchemin. Verser environ 175 mL de la crème dans le cercle et étaler avec une maryse. Mettre tout dans le congélateur pendant une heure. Puis retirer le cercle, emballer la crème avec du film à contact, et mettre encore une fois la crème dans le congélateur.

Maintenant, on fait le gâteau au chocolat sans farine. Cette recette fera 4 couches de 22 cm. On n’aura besoin que de 3. Comme je vous ai dit en haut, j’ai utilisé un cercle de 15 cm.

Les ingrédients du gâteau :

  • 115 grammes de chocolat amer (il recommande Valrhona Manjari, et je l’ai utilisé)
  • 85 grammes de beurre
  • 1/2 tasse (100 grammes) de sucre en poudre
  • 1 cuillère à café de cacao en poudre
  • 2 jaunes d’œuf à température ambiante
  • 6 blancs d’œuf à température ambiante
  • 1 œuf entier à température ambiante

Les instructions du gâteau :

  1. Faire fondre le chocolat et laisser refroidir à 45°C. Préchauffer votre four à 180°C.
  2. Dans un robot pâtissier, battre le beurre, 35 grammes du sucre, et le cacao en poudre jusqu’à ce que le mélange devienne crémeux. Ajouter les jaunes et mélanger bien. Ajouter l’œuf entier et mélanger encore une fois.
  1. Ajouter le chocolat fondu et mélanger. J’ai utilisé une cuillère pour cette étape.
  1. Dans un saladier, fouetter les blancs avec un batteur plongeant. Ajouter le reste du sucre en fouettant, jusqu’à ce qu’il y ait des pics fermes. Ajouter les blancs au reste du mélange, peu à peu, en remuant avec une maryse.
  1. Mettre du parchemin sur deux plaques à cuisson. Avec votre cercle et un crayon, tracer des cercles sur le parchemin, puis retourner le parchemin. Mettre la pâte dans une poche à douille avec une douille simple. Déposer des escargots de pâte dans les cercles, puis enfourner pendant 25-30 minutes.

Les ingrédients pour la mousse au chocolat :

  • 415 mL de crème liquide entière
  • 4 jaunes d’œuf à température ambiante
  • 2 gros œufs à température ambiante
  • 280 grammes de chocolat amer (Valrhona Manjari préféré)
  • 100 grammes de sucre en poudre
  • 3 cuillères à soupe d’eau

Les instructions pour la mousse au chocolat :

  1. Mettre le bol de votre robot dans le congélateur pour qu’il devienne bien froid. Sortir le bol, puis battre la crème jusqu’à ce que ce soit bien ferme. Réserver la crème au frigo dans un autre bol.
  1. Nettoyer le bol de votre robot. Mettre les œufs et les jaunes dans le robot et fouetter juste un peu, puis les laisser pendant la prochaine étape.
  1. Faire fondre le chocolat et laisser refroidir à 45°C. Pendant que le chocolat refroidit, mettre le sucre et l’eau dans une casserole sur un feu vif. Faire bouillir, en remuant parfois, à 257°F/125°C. Sortir du feu.
  1. Battre les œufs à vitesse basse en versant le sirop dans le bol du robot. Augmenter à grande vitesse et battre pendant 5 minutes de plus.
  1. Avec une maryse, incorporer peu à peu la crème fouettée dans le chocolat. Faites la même chose avec les œufs.

Ma mousse était trop liquide après tout ça, alors je l’ai mis dans le congélateur pendant une heure pour devenir plus solide. Si vous n’avez pas ce problème, félicitations et allez directement au montage.

Montage :

  1. Avec votre cercle de pâtisserie et un couteau, couper les bords de vos couches de gâteau.
  1. Mettre la première couche de gâteau dans le cercle. Étaler de la mousse sur la couche.
  1. Mettre la deuxième couche de gâteau sur la mousse. Mettre un peu de mousse sur la deuxième couche afin de faire coller la crème au citron. Mettre la crème au citron en haut, et ajouter un peu de plus de mousse pour faire coller la dernière couche de gâteau.
  1. Mettre la dernière couche de gâteau en haut. Couvrir avec de la mousse et étaler. Réserver dans le frigo jusqu’à 15 minutes avant de servir.

Voilà, ce gâteau est sur la couverture du livre. Le mien n’est pas aussi beau, mais il a une coupe transversale très similaire. Je peux m’améliorer, surtout avec la mousse, mais je crois que c’est un bon premier essai.

Par courr-iel

J’ai peur de marcher dans un champ de mines, mais ce qui suit se passe également en anglais.

Cette semaine, j’imagine que la nouvelle la plus grande est la décision des éditeurs du Robert d’ajouter un nouveau mot à leur dictionnaire. Le Canard a 3 dessins et un article à propos du sujet sur la première page. Je dois vous dire, je n’ai jamais vu ce mot utilisé par personne, sauf dans les articles qui parle du Robert.

En tant que linguiste, je suis d’accord que les langues évoluent, mais ce n’est pas évolution quand un groupe décide d’imposer des changements. En anglais, peut-être l’effort le plus réussi était le décret que l’on ne peut pas séparer les verbes infinitifs. En français, c’est impossible, mais en anglais, où on écrit « to speak » pour parler, on pourrait mettre un adverbe entre les mots : « to loudly speak. » C’est ça que les doyens de la grammaire ont prononcé une faute au XIXe siècle. Quoi qu’il en soit, c’était pas un exemple d’évolution. En tout cas, selon l’article, personne n’est même pas d’accord que c’est le bon mot :

En anglais, il y a maintenant beaucoup de suggestions de ce genre, mais il me semble que la chose la plus courante est que chacun annonce leurs propres pronoms, et on peut être licencié au cas où on ne les utiliserait pas.

Vous avez peut-être remarqué que je m’intéresse à l’obsession du Canard avec M. Castex (ici, ici, et ici). Celui-ci ne fera pas plaisir à sa famille :

Je ne veux pas offenser mes lectrices, je dirai donc que je ne comprends pas celui-ci du tout :

Finalement, je suis content de voir que cette histoire est également connue en France :

Comme toujours, si vous avez aimé ces dessins, abonnez-vous !