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Je découvre l’Indre

On continue le tour avec le 36, l’Indre. C’est le département le quinzième moins peuplé, et les habitants se nomment indriens. C’est notre troisième séjour dans la région du Centre-Val de Loire (si on ne compte pas que j’ai passé une belle journée dans le Loiret). En plus, c’est notre deuxième séjour dans l’ancienne province du Berry, et je dois vous dire — ils ont le meilleur site web touristique que j’ai vu. (Contrairement à tous les autres, on peut emprunter leurs photos !)

Encore une fois, on commence donc en dehors de la préfecture, cette fois au Château de Valençay (3 étoiles Michelin), l’ancienne maison du plus grand homme politique de tous les temps, Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, dit simplement Talleyrand chez les anglophones. Si vous n’êtes pas d’accord sur sa grandeur, considérez qu’il n’a perdu la tête ni sous l’ancien régime, ni sous Robespierre, ni sous Napoléon. C’est comme M. Machiavel — même si on n’est pas d’accord avec ses choix, impossible de nier son talent. Dans le château, on trouve les salons où M. Talleyrand accueillait des diplomates, des souvenirs du Congrès de Vienne, un parc et des jardins exceptionnels, et les cuisines où travaillait le chef légendaire Antonin Carême. (Un nom plutôt malheureux pour un chef, non ?)

Château de Valençay, Photo par Krzysztof Golik, CC BY-SA 4.0

Très peu au sud de Valençay, on trouve le Château de Bouges (2 étoiles), à Bouges-le-Château. J’ai failli le visiter juillet dernier. Comment ? Eh bien, c’est une réplique du Petit Trianon à Versailles ! Bien sûr, c’est pas une copie exacte — il y a leurs propres collections de meubles et d’art, mais à l’extérieur, c’est en fait Versailles ici ! Puis on conduit environ 60 km vers l’ouest pour visiter le Château d’Azay-le-Ferron (1 étoile), un château qui a eu de nombreux propriétaires entre le XVe et XXe siècles et a donc de nombreux styles architecturaux aussi.

Très proche à Azay-le-Ferron, on trouve le Parc naturel régional de La Brenne (2 étoiles), où on trouve plus de 3 000 étangs et 100 000 de tortues ! Après avoir passé un jour au parc, on conduit un peu vers l’est, pour visiter l’Abbaye de Fontgombault (1 étoile), du XIe siècle, avec une église du style roman. Leur communauté religieuse a même fondé un nouveau monastère aux États-Unis, Notre-Dame de Clear Creek dans l’Oklahoma. Notre plus long trajet — 90 km à l’est — nous amène à Nohant-Vic pour visiter la Maison de George Sand (1 étoile), consacré comme musée de l’écrivaine célèbre (de son vrai nom Aurore Dupin) et ses connaissances, comme Balzac, Delacroix, Liszt, et Chopin — à l’honneur de ce dernier, on y trouve le Festival Chopin tous les juins. Pendant que vous êtes là, ne ratez pas non plus les Fresques de Vic (2 étoiles), du XIIe siècle, dans l’Église Saint-Martin. On finit à Issoudun, pour visiter le Musée de l’Hospice Saint-Roch (2 étoiles), avec une collection très inhabituelle, dont deux sculptures de l’Arbre de Jessé, de l’art océanienne, et du patrimoine, dès l’époque gallo-romaine.

On a fait un tour autour de la préfecture, Châteauroux, sans la visiter. Ça n’arrive jamais ici, je veux donc vous dire que j’aime bien ce que j’ai trouvé de cette ville-là. Il me semble que je pourrais être très heureux d’y vivre. Mais en tant que destination touristique, je trouve que les bonnes addresses de l’Indre sont en dehors.

Qui sont les personnages les plus connus de l’Indre ? Il faut qu’on commence avec le prince Talleyrand et l’écrivaine George Sand. Le réalisateur Jacques Tati a tourné le film Jour de Fête à Saint-Sévère. L’acteur Gérard Dépardieu est né à Châteauroux, Le prince infâme italien César Borgia était seigneur d’Issoudun,

Quoi manger dans l’Indre ? Ils partagent leur cuisine avec leurs voisins berrichons du Cher, alors on y trouve le truffiat, une galette pleine de pommes de terre que nous avons déjà goutée — également pour le gâteau moelleux aux noix du Berry. La lentille verte est un produit local Label Rouge, et ça fait partie de nombreux plats, dont la crème de lentilles vertes et la velouté de lentilles vertes. Il y a deux fromages AOP de l’Indre, le fromage chèvre de Valençay, et le Pouligny-Saint-Pierre. Les vins de Châteaumeillant viennent également de l’Indre que du Cher, mais je ne peux pas les acheter ici. Parce que j’ai déjà fait un dîner très typique du Berry, peut-être qu’on fera des recettes du chef Carême. On verra.

Je découvre l’Ille-et-Vilaine

On continue finalement avec le 35, l’Ille-et-Vilaine. Pourquoi finalement ? Peut-être que vous avez vous rendu compte que le rythme du Tour a augmenté pendant ces derniers deux mois (avant le dîner héraultais quand même). C’est pourquoi j’ai un cher ami qui gère un groupe de fans de l’Ille-et-Vilaine. À chaque fois où je publie un nouveau « Je découvre », il me rappelle que je ne suis pas encore là. Ah bon, nous sommes enfin . Alors, c’est le département le vingt-et-unième plus peuplé et les habitants se nomment bretilliens. C’est notre troisième séjour en Bretagne.

On ne commence pas avec la préfecture, Rennes, cette fois. Pourquoi ? Parce que je ne veux rien rater, alors on va traverser de la côte dans un cercle vers Rennes. On commencera, puis, aux communes de Dinard et Saint-Malo, liés par le barrage de la Rance.

À Dinard, on commence avec une promenade sur la Pointe du Moulinet (2 étoiles Michelin) avec ses belles eaux turquoises. Il y a plusieurs promenades à découvrir avec l’aide de cette carte utile, dont la Pointe de la Vicomté (2 étoiles) et la Promenade du Claire-de-Lune (1 étoile), toutes pleines de belles villas et vues panoramiques. On passe par le barrage, et on commence notre tour de Saint-Malo avec les Remparts (3 étoiles), 2 km de murs qui fortifient la baie. Derrière les remparts, on trouve la cité intra-muros (2 étoiles), la plupart de laquelle avait dû être restaurée après une bataille en 1944. La cité abrite deux des monuments les plus importants, le château (2 étoiles), du XIVe siècle, et la cathédrale Saint-Vincent, du XIIe siècle. Dans le château, il y a un musée consacré à l’histoire de Saint-Malo (1 étoile). À moins d’un kilomètre du château, on ne veut pas rater la Tour Solidor, un bâtiment vraiment impressionnant du XIVe siècle.

On rentre dans notre voiture, et on continue un peu à l’est, à Cancale. On est ici pour être émerveillés par la nature. Vous souvenez-vous de la Côte d’Emeraude (3 étoiles), de laquelle on a parlé aux Côtes-d’Armor ? Ça continue ici, avec le Sentier des Douaniers (1 étoile, à ne pas confondre avec celui de Ploumanac’h), d’où on peut voir la célèbre Baie du Mont-Saint-Michel (on y reviendra en Manche, mais l’île ne fait pas partie de l’Ille-et-Vilaine). Ce qu’on ne veut pas rater plus que tout, c’est la Pointe du Grouin (2 étoiles), avec une vue qui « s’étend du cap Fréhel à Granville » selon le Guide Michelin (c’est presque 100 km). Ceux qui aiment les huîtres voudront visiter La Ferme Marine. Un peu au sud de Cancale, on passe par Dol-de-Bretagne pour visiter la cathédrale Saint-Samson (2 étoiles), un cathédrale gothique construite du XIIe au XVIe siècles, et le Menhir du Champ Dolent (les menhirs étant des mégalithes préhistoriques). Finalement t dans cette région, on passe par le Château de Combourg (1 étoile), ancienne maison de l’écrivain Chateaubriand.

On continue maintenant à Fougères, à 50 km à l’est de Combourg. Ici, on commence avec le Château de Fougères (2 étoiles), avec 3 enceintes et 13 tours. On penserait qu’une forteresse comme ça serait presque impossible à capturer, mais deux fois pendant la Guerre de Cent Ans, ça s’est arrivé, en 1449 par les Anglais et en 1488 par les Français. Son voisin, l’Église Saint-Sulpice (1 étoile), a de nombreux trésors architecturaux, comme « [un] nef charpentée en carène de bateau renversée, boiseries Louis XV, retables médiévaux en granit, vitraux du XVIème siècle, oeuvre du maître verrier fougerais Pierre Symon ».

On conduit maintenant 30 km au sud pour visiter Vitré. La rue de la Baudrairie (2 étoiles) est pleine de maisons à pans de bois et autres ornements intéressants. Leur château (2 étoiles) vient du XIe siècle, et abrite un musée d’art et de l’histoire de la ville. La nuit, on peut regarder les Lumières, qui racontent de l’histoire — on peut en savoir plus ici.

Maintenant, on tourne vers l’ouest pour aller à Rennes. On y trouve le centre historique (2 étoiles), dont la Place de l’Hôtel de Ville (1 étoile) et la Place du Champ-Jacquet (1 étoile), plein de maisons des XVe et XVIe siècles. Le Palais du parlement de Bretagne (2 étoiles) date du XVIIe siècle, où on y trouve la cour d’appel de Justice depuis 1804. On n’a pas visité trop de musées dans ce séjour, alors allons au Musée des Beaux-Arts de Rennes (2 étoiles) pour leur collection « très éclectique » (selon Michelin). Finalement, on visite le Parc du Thabor (2 étoiles) pour se détendre parmi 2 000 espèces florales après le séjour le plus long de ce blog ! Ceux qui ne sont pas tout épuisés peuvent visiter la forêt de Brocéliande (1 étoile) en dehors de la ville, liée aux légendes du Roi Arthur, mais moi, je préfère encore Cornwall à Cornouaille pour ça, si vous me comprenez.

Qui sont les bretilliens les plus connus ? Nous avons déjà mentionné Chateaubriand. Il y a aussi l’écrivain Alfred Jarry (influenceur des Beatles), le milliardaire François Pinault (auquel appartient Stade rennais FC), Jacques Cartier l’explorateur du Canada, Pierre Louis de Maupertuis, physicien qui a établi le principle scientifique le plus important chez moi, celui du moindre action, Bertrand du Guesclin, héros de la Guerre de Cent Ans, et Denys de La Patellière, réalisateur du Tatoué avec de Funès et Gabin.

Quoi manger dans l’Ille-et-Vilaine ? On est en Bretagne, c’est donc pas un problème ! Comme leurs voisins des Côtes-d’Armor, ils mangent les galettes à la farine de sarrasin, les galettes bretonnes (un genre de biscuit), le far breton (dont le mien a été aimé par le California Prune Board !), le kouign-amann, le gâteau breton…oh, je suppose qu’ils mangent aussi des plats principaux. Pour ça, il y a la tourte bretonne, le poulet au cidre breton, le rôti de porc au cidre, les moules marinières, la galette saucisse, et plein d’autres. Franchement, j’ai déjà su il y a des mois ce que je ferai à l’honneur de l’Ille-et-Vilaine — on va bien manger !

Je découvre l’Hérault

On retourne maintenant en Occitanie pour la septième fois, pour visiter le 34, l’Hérault. C’est le département le dix-huitième plus peuplé, et les habitants se nomment héraultais. C’est notre septième séjour en Occitanie, dont le quatrième des derniers cinq. Je dois vous dire — il y en a plein que je n’ai pas pu inclure, surtout la ville de Sète. (Peut-être que vous pouvez la connaître grâce à cette série documentaire sur TF1.)

On commence comme d’habitude dans la préfecture, Montpellier, à ne pas confondre avec la ville américaine de Montpelier. (Attendez, on a plein de Paris ici.) Dans le XIIe siècle, Montpellier faisait partie de la couronne d’Aragon, jusqu’en 1349, lors le roi Philippe VI de Valois l’a acheté pour la France. Puis il a vendu la ville à Charles le Mauvais, roi de Navarre. Je voulais juste mentionner ce roi-là. Avec tous les cons et incompétents de l’histoire, il faut être quelqu’un de spécial pour être dit « le Mauvais ».

En tout cas, notre premier arrêt, c’est le Vieux Montpellier (2 étoiles Michelin). On y trouve de l’architecture intéressante, dont la Place de la Comédie (2 étoiles) et l’Arc de Triomphe (1 étoile), qui célèbre des victoires de Louis XIV. (Et garanti de ne pas être emballé par un « artiste » !) On visite aussi le Musée Fabre (3 étoiles), avec une collection de plus de 7 000 œuvres, de la Renaissance à nos jours. Puis on visite l’incroyable château d’eau à la Place royale du Peyrou (2 étoiles), érigée en 1688 pour accueillir une statue du roi Louis XIV. On finit avec quelque chose de très inhabituel pour ce blog, le quartier Antigone (1 étoile), construit dans les années 70s — oui, les 1970s, pas les 1770s — dans un style néoclassique. J’adore les bâtiments de ce quartier !

Maintenant, on conduit au nord-ouest, environ 80 km, pour visiter le Cirque de Navacelles (3 étoiles), le plus large canyon d’Europe. Après avoir vu les panoramas, on descend pour voir la rivière Vis et visiter le tout petit village de Saint-Maurice-Navacelles au fond (189 personnes, 6 églises). À quelques kilomètres à l’ouest, on trouve les Gorges de la Vis (2 étoiles), avec des hautes falaises et des vallées vertes. On monte encore dans notre voiture pour conduire vers l’un des Grands Sites de France, Saint-Guilhem-Le-Désert. Moi, j’habite déjà dans un désert, et en plus, je suis d’accord avec notre personnage de la télé, Monk, qui a dit « La nature, c’est sale ». Mais ça vaut le coup, parce que l’on va visiter les Gorges de l’Hérault (2 étoiles) et la Grotte de Clamouse (3 étoiles), ce dernier célèbre pour ses cristaux appelés « aragonites » et « calcites ».

Après le paragraphe le plus inhabituel de l’histoire de ce blog, on conduit encore une fois vers le sud-ouest pour nos derniers arrêts, Colombiers et Béziers. Souvenez-vous qu’on a parlé du Canal du Midi pendant notre séjour dans l’Aude ? À Colombiers, on est là pour visiter l’Oppidum d’Ensérune (2 étoiles), les restes d’une ville gauloise. Mais ce qu’on veut voir là, c’est la vue panoramique des plaines languedociens, dont l’ancien étang de Montady (1 étoile), asséché depuis 1247 et le Canal du Midi. Pendant ce temps, on prend un bateau pour passer à travers du tunnel de Malpas, le premier tunnel navigable au monde. Puis, on arrive à Béziers, pour visiter l’ancienne cathédrale de Saint-Nazaire (1 étoile) avec un vue spectaculaire du Pont Vieux, et les Écluses de Fonséranes (1 étoile), « qui permet de rattraper une différence de niveau de 21,50 m » selon le Guide Michelin.

Qui sont les personnages les plus connus de l’Hérault ? Il y a l’écrivain Paul Valéry, le chanteur Georges Brassens, le résistant Jean Moulin, mon troisième moins préféré philosophe français Auguste Comte (après Messrs. Derrida et Foucault), la femme la plus controversée parmi les fans de Johnny Hallyday, Laeticia Boudou, et pendant que Johnny Depp et Vanessa Paradis étaient en couple, ils vivaient à Saint-Gely.

Finalement, quoi manger dans l’Hérault ? Tous genres de coquillages, les tielles, des petites tourtes remplies de poulpe et de sauce tomate, les petits pâtés, une spécialité de charcuterie qui est venue de l’Inde en 1768, et la macaronade, des macaronis à la viande de bœuf. En dessert, il y a l’escalette, une galette mince, et le frescati, un gâteau aux plusieurs saveurs en même temps dont raisins confits, rhum, et café. Il y a plusieurs genres de vin AOC dans l’Hérault, mais le seul disponible chez moi est le Minervois, un vin de dessert, genre Muscat.

Je découvre la Gironde

Si je vous dis qu’il n’y a que trois noms départementaux connus aux États-Unis, vous devineriez lesquels ? Paris, bien sûr, mais les autres ? Je vous dis qu’au moins pour ceux qui ont plus de trente ans, ce sont la Gironde et la Vendée. Pourquoi ? Parce que l’on avait la responsabilité de prendre un cours d’histoire européenne au lycée, où la Révolution faisait une grande partie. (Ne m’invite pas à m’exprimer sur les jeunes.) Donc, quand je vous dis que je m’attends ce post depuis longtemps, c’est rien que la vérité.

La Gironde, le 33, est le département le septième plus peuplé, et les habitants se nomment girondins, peut-être le seul gentilé départemental connu aux États-Unis (relisez en haut). C’est notre sixième séjour en Nouvelle-Aquitaine.

On commence avec la seule ville en France selon nos marchands de vin la préfecture, Bordeaux. Et le meilleur endroit pour commencer, c’est le Vieux Bordeaux (3 étoiles Michelin). On y trouve la Place de la Bourse (3 étoiles) avec son célèbre miroir d’eau (1 étoile) et fontaine des Trois Grâces. À côté de la Place, on trouve le Musée national des Douanes (0 étoiles), mais aussi le Grand Théâtre de Bordeaux (2 étoiles), la maison de leur opéra, un bâtiment des années 1770s. En face de la Garonne, il y a aussi la Porte Cailhau (1 étoile), un arc de triomphe de 1495. On finit notre séjour dans le Vieux Bordeaux avec la Cathédrale Saint-André (2 étoiles), érigée entre les XIe et XVe siècles.

Il n’y a vraiment pas de monuments aux Girondins comme je les connais, les révolutionnaires fédéralistes. (Vous pensiez que je parlais de leur équipe de foot ?) Au moins je ne les ai pas trouvés. Alors, on continue avec LE truc bordelais, la Cité du vin (2 étoiles). Après tout, qui dit Bordeaux dit forcément vin. On y trouve des expositions sur l’histoire de Bordeaux, les terroirs, l’élaboration du vin, et quelque chose dont j’ai vraiment pas envie, « le vin de l’amour ». (Ma fille a fait des bruits d’embrasser quand je lui ai mentionné ce truc.) Après, on continue au sud de la Gironde pour visiter le château de La Brède-Montesquieu (1 étoile), la maison du célèbre philosophe qui a beaucoup inspiré la Révolution américaine avec « De l’esprit des lois ». Selon sa théorie des climats, « certains climats sont supérieurs à d’autres, le climat tempéré de France étant l’idéal ».

Maintenant, on est dans la campagne. C’est le temps pour visiter les vignobles ! On commence avec l’un des plus prestigieux vignobles du monde, Saint-Émilion (3 étoiles). Le Guide Michelin ne mentionne qu’un château particulier, Château de Ferrand (0 étoiles), mais si je dois voler 15 000 km pour visiter, on ne rate pas du tout Château Figeac. La visite coûte 50 €. JE PAYE SANS QUESTION. Je n’achèterai même pas un « Petit-Figeac » pour notre dîner girondin, parce que je gaspillerais la moitié de la bouteille, un crime. Ensuite, on conduit à Pauillac. où les vignobles du Haut-Médoc (2 étoiles) nous attendent. Ici, on trouve les Châteaux Rothschild — une visite chez Mouton Rothschild coûte 65 €. On paye encore. Le Château Margaux y est aussi, et on peut prendre un rendez-vous pour un tour, mais pas de verre de vin chez eux. En « dessert », on visite la région de l’appellation Sauternes pour visiter le Château d’Yquem — les visites coûtent entre 84-300 €. À Sauternes, il y a aussi d’autres châteaux intéressants, le Château de Roquetaillade (2 étoiles), qui date de 1306, et le Château de Cazeneuve (2 étoiles), anciennement à Henri IV et Marguerite de Valois.

Qui sont les personnages connus de la Gironde ? D’abord le philosophe Montesquieu, mais aussi beaucoup de révolutionnaires comme Élie Guadet et Jean-François Ducos. Parmi les plus célèbres français aux États-Unis en 1999, l’héros de la Bataille de McDo, José Bové y est né, ainsi que le mercenaire Bob Denard. (Je ne plaisante pas, j’ai entendu parler de tous les deux !) Des plus grands crédits du département sont le théologien Jacques Ellul, la chanteuse Marie Laforêt, et le réalisateur Édouard Molinaro, auquel je dois deux de mes premiers cinq films de Louis de Funès, Oscar et Hibernatus.

Quoi manger en Gironde ? Il n’y a pas de question que leur plus célèbre plat est l’entrecôte à la bordelaise (et que l’on manque complètement de steaks dans notre collection de recettes…). Mais aussi la lamproie, dont j’ai pas envie. J’étais surpris à découvrir : il y a 57 appellations de vin, mais rien d’autre produits vraiment locaux. En dessert, ils mangent de la tourtière, la même chose que le pastis gascon, notre dessert gersois, et le fameux cannelé est lié à Bordeaux. Il y a aussi un genre de macaron, de Saint-Émilion, qui n’a pas trop à voir avec les macarons parisiens.

Je découvre le Gers

Pour la troisième semaine, on reste en Occitanie pour visiter le 32, le Gers. C’est le département le douzième moins peuplé, et les habitants se nomment Gersois. C’est notre sixième visite en Occitanie, et la troisième en l’ancienne Gascogne, mais seulement la première fois où je rends compte de ce dernier fait. La Gascogne faisait une grande partie de l’imagination des anglophones à propos de la France, à cause de Trois Mousquetaires, surtout d’Artagnan, et de Cyrano de Bergerac. En tout cas, leur site de tourisme nous promet des « Gerspériemces ». On verra.

On commence dans la préfecture, Auch, une petite ville de 22 000 personnes. Leur plus intéressante destination est la cathédrale Sainte-Marie (2 étoiles Michelin). Ne ratez surtout pas ce beau post de Flanel, plein de photos de l’intérieur de la cathédrale (et aussi d’autres lieux à Auch). À la cathédrale, on trouve un mélange des styles gothique et Renaissance. Dans le chœur, de 1552, on trouve plus de 1 500 sculptures en bois. Certains voudront visiter le Musée des Amériques (1 étoile), avec des collections de l’Amérique Centrale et du Sud, mais pour ma part, j’ai déjà eu 44 ans des Amériques. Ne ratez pas l’escalier monumental (1 étoile), qui lie les deux parts de la ville. Il y a aussi une statue de d’Artagnan, proche de l’escalier.

Il y a six des Plus Beaux Villages de France dans le Gers. À l’est d’Auch, on trouve le village médiéval de Sarrant. Le reste sont tous au nord/nord-ouest d’Auch. On commencerait par Lavardens, à environ 20 km d’Auch, où on trouve deux monuments classés historiques, le Château de Lavardens et l’église Saint-Michel. On continue vers les trois autres, Montréal-du-Gers, Fourcès, et Larressingle, tous à environ 50 km d’Auch et très proches les uns des autres. Ces villages font partie de la région d’Armagnac appelée Armagnac-Ténarèze (2 étoiles), l’une de trois régions où la boisson célèbre est produite. La ville de Condom est considérée comme la capitole de l’Armagnac-Ténarèze, et elle est au milieu de ces villages. On visite donc une distillerie comme le Domaine de Magnaut ou le Château de Courrejot. À Condom, on visite aussi la Cathédrale Saint-Pierre (1 étoile) et à Montréal-du-Gers, la villa gallo-romaine de Séviac (1 étoile)

Qui sont les gersois les plus connus ? Sans doute le D’Artagnan historique, Charles de Batz de Castelmore d’Artagnan, Saint-Bernard-de-Comminges (dont on a découvert sa cathédrale la semaine dernière), la chanteuse anglaise surnommée Siouxsie Sioux, et le cible fréquent du Canard enchaîné, Jean Castex lui-même !

Quoi manger dans le Gers ? En tant que département du Sud-ouest, il y a beaucoup de plats que l’on reconnaît de l’Ariège ou de la Haute-Garonne, comme le cassoulet ou la croustade aux pommes. Il y a une soupe bien locale, remplie de viandes confites, la garbure gersoise. En dessert, on y trouve aussi le gâteau à la brioche, un produit artisanal cuit au feu. Pour boire, il y a bien sûr l’armagnac, mais aussi de nombreux vins locaux, comme les vins de l’IGP Gers et le floc-de-Gascogne.

Je découvre la Haute-Garonne

On reste en Occitanie pour le prochain arrêt de notre tour, le 31, la Haute-Garonne. C’est le département le onzième plus peuplé et les habitants se nomment Haut-Garonnais. (Il n’y avait jamais une Basse-Garonne, alors pourquoi la Haute ? Personne ne me dit rien.) C’est notre cinquième tour en Occitanie.

La préfecture de la Haute-Garonne est Toulouse, bien connue pour son port sur la Méditerranée, le Terminal Maritime de Toulouse. Qu’est-ce que vous dites ? Que Toulouse est à 150 km de la mer ? Ben, le lien est bien réel, c’est donc pas la seule fois où on trouvera de la confusion géographique en France. En fait, c’est le résultat d’un accord entre Toulouse et Barcelone, et les services du « Terminal Matitime » sont en fait par chemin de fer.

Mais sérieusement, si vous pensiez que Nîmes était deja impressionnant, Toulouse est un autre régal. On commence à la Place du Capitole (2 étoiles Michelin), avec sa grande croix occitane et les signes du zodiaque dessinés en face du Capitole. Puisqu’on est là, prenez un tour du Capitole lui-même (1 étoile), si vous voulez. Mais on est là pour le Vieux Toulouse (3 étoiles), plein du grand patrimoine de la Haute-Garonne. On y trouve le Couvent des Jacobins (2 étoiles), avec son église en brique, la maison des reliques de Saint-Thomas-d’Aquin. Puis on continue au Musée des Augustins (2 étoiles), dans un ancien couvent, avec plus de 4 000 œuvres du Moyen-Âge au présent.

On continue maintenant vers un bâtiment extraordinaire, l’Hôtel d’Assézat (3 étoiles), de 1555. De même taille que le Louvre, on y trouve un autre musée extraordinaire, la Fondation Bemberg (3 étoiles), avec des collections de la Renaissance, et de peintures françaises des XIXe et XXe siècles. Êtes-vous épuisés après toutes ces merveilles ? Mauvaise chance, les amis, parce que l’on marche maintenant à la Basilique Saint-Sernin (3 étoiles), l’une des étapes du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle et, selon le Guide Michelin, « [la] plus grande et la plus belle église romane du Midi, élevée du 11e au 14e s., est aussi la plus riche de France en reliques ». Il y a 3 autres musées étoilés 2 fois à Toulouse, mais moi, je vous conseille de vous balader au long du Canal de Garonne (1 étoile). Si vous profitez des canaux, visitez aussi la péniche Maison Nougaro, consacré au chanteur Claude Nougaro, qui a chanté « Ô Toulouse ».

On quitte Toulouse maintenant et conduit vers le sud-ouest du département, près de la frontière espagnole, pour le village de Saint-Bertrand-de-Comminges. On y trouve la Cathédrale Sainte-Marie (1 étoile) et son cloître (2 étoiles). Les trésors du cloître valent la peine ; selon le Guide Michelin, ils comprennent « des tapisseries de Tournai du 16e s., des chapes brodées datant de 1309, des ornements épiscopaux et la crosse de saint Bertrand, prélat français mort en 1123 ». À côté à Valcabrère, on trouve la Basilique Saint-Just (1 étoile), du XIe siècle. Finalement, parce que l’on est si proche aux Pyrénées, pensez à faire de la randonnée dans les montagnes — le Comité du Tourisme vous propose de nombreuses idées.

Qui sont les personnages bien connus de la Haute-Garonne ? Nous avons déjà mentionné le chanteur Claude Nougaro, mais il y a aussi le philosophe thomasien Jacques Maritain, le chimiste Paul Sabatier (gagnant du Prix Nobel), le sculpteur Augustus Saint-Gaudens, et l’actrice Patricia Karim, qui a joué l’épouse de Pierre Mondy dans le dernier 7e Compagnie. Et au cas où elle lirait cet article, mon coup de cœur Émilie Mazoyer y étudiait.

Quoi manger en Haute-Garonne ? Nous sommes encore dans le Sud, alors le cassoulet, bien sûr. Il y a la saucisse de Toulouse, bien connue comme ingrédient principal dans le plat célèbre, le gloubi-boulga. On y trouve aussi le mounjetado, un plat comme le cassoulet qui vient de leurs voisins ariégeois. En dessert, il y a une croustade aux pommes, très similaire au plus célèbre dessert de ce blog, et la pescajoune, une sorte de crêpe aux pommes. Il y a 4 produits protégés du département, l’ail violet de Cadours (AOC), l’agneau des Pyrénées (IGP), le porc noir de Bigorre (AOC), et les vignerons du Frontonnais (AOP).

Je découvre le Gard

On continue maintenant avec le 30, le Gard. C’est le département le trente-et-unième plus peuplé, et les habitants se nomment gardois. C’est notre quatrième séjour en Occitanie. Il y a des fois où je dois travailler dur pour trouver assez de trucs à faire. Pas cette fois-ci. Préparez-vous, ce voyage sera extraordinaire !

On commence dans la préfecture, Nîmes, pleine d’antiquités. Et les plus grandes antiquités sont les Arènes (3 étoiles Michelin). Si vous connaissez déjà le Colisée à Rome, vous avez une idée de ce que vous trouverez ici. Les arènes fonctionnent toujours pour certains spectacles, surtout une reconstitution historique appelée Les Grands Jeux Romains — au moins quand il n’y a pas de Covid. (Avec une capacité de 20 000 spectateurs anciennement, c’est plus grand que leur stade actuel, avec 15 000.) Face aux Arènes, on y trouve le Musée de la Romanité (2 étoiles), consacré aux temps romains et l’histoire de Nîmes. On continue à la Maison Carrée (3 étoiles), le temple romain le mieux conservé du monde, qui date au Ier siècle avant J.-C. Puis on visite les Jardins de la Fontaine (2 étoiles), érigés à l’ordre de Louis XV par son ingénieur royal, Jacques Philippe Mareschal.

Au sud de Nîmes, à Saint-Gilles, on arrête pour visiter l’abbatiale, et surtout sa célèbre façade (2 étoiles) du XIIe siècle. Encore plus au sud, on y trouve Camargue (3 étoiles) — une grande territoire pleine de marais, partagée entre le Gard et les Bouches-du-Rhône. De la partie gardoise, on trouve le célèbre riz de Camargue et la station balnéaire de Port Camargue. Il y a aussi la ville d’Aigues-Mortes, avec leurs remparts (2 étoiles) et la Tour de Constance (2 étoiles), les restes d’une grande forteresse construite par Louis IX. Au nord de Nîmes, on trouve l’un des plus grands trésors du Gard, le Pont du Gard (3 étoiles). J’y visiterais juste pour voir cet aqueduc du Ier siècle. Après le Pont du Gard, on conduit vers l’ouest à Uzès pour passer une journée au Vieil Uzès (3 étoiles). Ceux qui aiment les bonbons Haribo voudront visiter le musée Haribo (les propriétaires Allemands ont acheté une ancienne entreprise locale, Zan). Pour ma part, je vous conseille de ne pas rater cette histoire ridicule qui parle de la Police de Paris et les fraises Tagada.

Avant de partir d’Uzès, on visite la Tour Fenestrelle (2 étoiles), le seul et unique clocher de plan circulaire en France. Puis on conduit vers l’ouest pour visiter l’un des sites les plus inhabituels, la Bambouseraie à Générargues (2 étoiles). C’est un parc exotique avec plus de 200 variétés de bambous. On finit en conduisant quelques minutes de plus vers le nord-ouest, à Mialet, et on y trouve la Grotte de Trabuc (2 étoiles), où les camisards (des Huguenots locaux) se cachaient.

Qui sont les personnages les plus connus du Gard ? Il y avait le pape Clément IV, Louis Perrier, un médécin connu pour son eau, le Général Montcalm (connu aux États-Unis pour son rôle dans la Guerre de Sept Ans), le chanteur Julien Doré, très populaire avec les jeunes, le rabbin et scientifique Levi ben Gershom, dit Ralbag, l’écrivain Jean Racine vivait à Uzès pendant plusieurs ans, et l’acteur Jean-Louis Trintignant y vit maintenant.

Quoi manger dans le Gard ? C’est un département très riche en produits de terroir, moins en plats originaux. Il y a 5 « Sites Remarquables du Goût » du Gard : les figues de Vézénobres, les oignons doux des Cévennes, l’olive et huile d’olive de Nîmes, les Taureaux de Camargue AOP, et les truffes noires du Pays d’Uzès. En plus à Camargue, on y trouve le fleur de sel (le mien est de Camargue, pas de Guérande) et le riz de Camargue IGP. Il y a aussi la fraise de Nîmes IGP, le fromage Pélardom AOP, et bien sûr, des vins. On y trouve l’AOC Costières de Nîmes et l’AOP Côtes du Rhône. Selon Keldelice, leurs plats typiques sont l’agrillade saint-gilloise, le manoul, et la pouteille. En dessert, il y a les croquignoles d’Uzès et la minerve. Heureusement, le département a un site excellent, Militant du Goût, qui propose beaucoup de bonnes idées pour utiliser tous ces produits.

Je découvre le Finistère

On continue maintenant avec le 29, le Finistère. Il faut que je fasse un maximum d’efforts, parce que c’est la maison de l’un de mes blogueurs préférés — si vous ne connaissez pas Jours d’humeur, visitez-le. Non, mais sérieusement — tout de suite ! En tout cas, le Finistère est le département le vingt-quatrième plus peuplé, et les habitants s’appellent finistériens. C’est notre deuxième séjour en Bretagne.

Le nom Finistère vient de « fin de la terre », et c’est carrément le cas vers l’Atlantique. Pour l’Hexagone. Tant que la Guadeloupe et la Martinique existent, c’est pas la longitude la plus à l’ouest, n’est-ce pas ?

En tout cas, on commence dans la préfecture, Quimper. Quelle chance pour nous — Quimper et ses alentours sont également intéressants ! D’abord, on visite la Cathédrale de Saint-Corentin (2 étoiles Michelin) dont je suis complètement bouleversé par leur collection de vitraux. Visitez Wikimedia pour en voir beaucoup plus que je peux vous montrer ici — c’est dingue ! Après, on visite le Musée de Beaux-Arts (2 étoiles) pour leurs collections d’art italien, espagnol, et flamand, et plus récemment, des décors des cafés bretons. Avant de partir, faites une balade le long des vire-court de l’Odet (2 étoiles, mais pas de photos sans droites). Au sud, on trouve la ville close de Concarmeau (2 étoiles), avec ses remparts du XIVe siècle. Au nord de Quimper, on trouve le beau village de Locronan, son église Saint-Ronan (2 étoiles) et la place en face de l’église (aussi 2 étoiles) , pleine de maisons de granit de la Renaissance.

On conduit maintenant vers le nord-ouest, jusqu’à la plus grande ville du Finistère, Brest. Mais avant d’y arriver, on arrêt à Crozon pour visiter le Pointe de Dinan (2 étoiles, à ne pas le confondre avec le Dinan dans les Côtes-d’Armor), avec son arche naturelle. On peut aussi visiter la presqu’île de Crozon (3 étoiles), mais à mon avis l’arche naturelle est plus intéressante. Nous sommes maintenant très proche à l’une des meilleures vues du Finistère, le Pointe de Penhir (3 étoiles). Ne ratez pas les trois rochers dans la baie.

Peut-être que l’on arrêt à Landerneau, pour visiter une exposition d’art contemporain au Fonds Hélène et Édouard Leclerc pour la culture (2 étoiles) — vérifie leur site pour l’horaire. On arrêt sans question au Calvaire de Plougastel (2 étoiles), une sculpture impressionnante du XVIIe siècle avec environ 180 personnages. À Plougastel, il y a aussi le Pointe de Kerdéniel (2 étoiles), mais j’ai envie de continuer à Brest. On y trouve un aquarium exceptionnel (3 étoiles) et un conservatoire botanique (2 étoiles) plein de plantes rares. On passe par le Château de Brest (0 étoiles), tout ce qui rest de la ville d’avant-guerre, à cause de nos amis allemands, et on conduit sur le Pont de Recouvrance (0 étoiles) avant de visiter le Musée national de la Marine (1 étoile) dans une part du château.

On suit la côte nord pour finir en visitant Roscoff et Morlaix. Roscoff est célèbre pour ses oignons AOP, et Morlaix est une commune qui date du temps romain. On visite la Maison des Johnnies à Roscoff pour apprendre l’histoire des fermiers qui voyageaient en Angleterre tous les ans pour vendre leurs oignons. À Plouezoc’h, on prend un bateau pour visiter le Château du Taureau (2 étoiles), située au milieu de la belle Baie de Morlaix (2 étoiles). Je suis toujours un corniaud pour tout ce qui concerne les viaducs, alors on finit à Morlaix avec une visite à leur viaduc du XIX siècle (1 étoile).

Qui sont les personnages les plus connus du Finistère ? Il y a le réalisateur Alain Robbe-Grillet, le footballeur Gonzalo Higuain, l’ancien Ministre de la Défense Charles Hernu (qui a coulé le bateau Rainbow Warrior de Greenpeace), et le fondateur d’E. Leclerc Édouard Leclerc.

Quoi manger dans le Finistère ? On se régale ! La Bretagne est très bien connue pour tous genres de crêpes, de blé noir ou de froment, ou même sucrées. En viandes, il y a le kig-ha-farz, un peu comme un pot-au-feu, et le ragoût bigouden, plein de lard, de saucisses, de chou, et de carottes. (M. Descarottes veut que je fasse ce plat, mais comme les cassoulets, il y a trop de viandes pour une personne.) En tant que département côtier, on y trouve tous genres de fruits de mer et de poissons, comme les cassolettes de Saint-Jacques et crevettes ou la soupe à la tête de congre (c’est pour vous). Mais les desserts — oh, je suis à la maison ! — le farz buan (comme le far breton), le gâteau breton, le kouign-amann, les palets bretons au caramel au beurre salé, les crêpes dentelles… punaise, j’ai un rendez-vous chez le médecin la semaine prochaine. Mais après les tests sanguins, on mange !

Je découvre l’Eure-et-Loir

On revient maintenant dans la région Centre-Val de Loire, dans le 28, l’Eure-et-Loir. C’est le département le cinquante-septième plus peuplé et les habitants se nomment euréliens. C’est notre deuxième visite dans la région après le Cher (au moins, dans le Tour — j’ai déjà visité le Loiret).

On commence encore dans la préfecture, Chartres. QUELLE CATHÉDRALE ! Notre-Dame de Chartres (3 étoiles Michelin) date du XIIe siècle, et est un magnifique exemple d’architecture gothique. Ne ratez surtout pas ses vitraux, appelés par Michelin « la plus importante collection de France ». Pendant que nous sommes là, nous visitons aussi le Centre international du vitrail (0 étoiles), le seul musée de son genre en France, consacré aux vitraux. Parce que l’on est toujours obsédés par la SGM, on arrête pour lire l’histoire de La Tondue de Chartres, symbole de la libération en 1944, et l’histoire de Jean Moulin, héros de la Résistance. En dehors de Chartres, on visite maintenant Maintenon, pour son beau château (1 étoile) et son aqueduc (1 étoile) de Louis XIV, qui voulait « parvenir les eaux de l’Eure jusqu’aux fontaines de Versailles ».

Après Chartres, on conduit vers le sud, à Châteaudun pour voir leur château des XVe-XVIe siècles (2 étoiles). C’est connu pour être chez Jean de Dunois, « le bâtard d’Orléans » et ami de Jeanne d’Arc. Ne ratez surtout pas les statues de sa Sainte-Chapelle (il y en a 15). Un peu plus loin au sud-ouest, on trouve la Domaine de Montigny-le-Gannelon (1 étoile), un château de la Renaissance, avec de jolis jardins. Puis, on conduit au nord pour visiter le village Illiers-Combray, où le jeune Marcel Proust a passé son enfance. Il y a un musée consacré à Proust dans l’ancienne maison de sa Tante Léonie.

Notre tour est presque fini. On continue vers l’ouest, à La Ferté-Bernard, pour visiter l’Église Notre-Dame-des-Marais (2 étoiles), avec de nombreux bustes en relief et des verrières du XVIe siècle. Au nord, on passe par le Manoir de Courboyer (1 étoile), qui fait partie du Parc Naturel Régional du Perche, et on finit par passer le reste de la journée dans le parc (1 étoile)

Qui sont les gens les plus connus de l’Eure-et-Loir ? Nous avons déjà parlé du soldat Jean de Dunois. L’Eure-et-Loir est aussi le lieu de décès de plusieurs rois de France (ou des Francs), dont Hugues Capet et Philippe VI. Henri IV, le premier roi Bourbon, fut sacré en la cathédrale de Chartres (le seul !). Le château de Maintenon appartenait à Françoise d’Aubigné, connu sous le nom Madame de Maintenon, dernière épouse de Louis XIV. C’est pas chez Marcel Proust, mais il y vivait pendant sa jeunesse. Françoise Rosay, l’une de mes actrices préférées, y est inhumée.

Quoi manger en Eure-et-Loir ? Il y a des plats locaux de Chartres, comme le rata beauceron, un ragoût de pommes de terre, de la poitrine de porc, et d’oignons, et la poule au pot, lié au roi Henri IV. La baguette retrodor, connue partout en France, est originalement de Chartres. En dessert, il y a le cochelin, une pâtisserie en forme de garçon, et le Mentchikoff, un bonbon au gianduja, après un prince russe. Il n’y a pas de produits AOP du département, mais il commence récemment à élever des vignes pour produire à nouveau des vins, dont du champagne. (Je plaisante — c’est carrément du vin pétillant !)

Je découvre l’Eure

J’avoue, rien ne me plait comme revenir en Normandie. On continue avec le 27, l’Eure. C’est le département le quarante-deuxième plus peuplé, et les habitants se nomment eurois. C’est seulement notre deuxième séjour en Normandie., mais je suppose que j’ai triché par ayant déjà visité la Seine-Maritime dans la vraie vie. Je ne m’excuse pas.

On commence comme souvent dans la préfecture, Évreux. Ils ont une cathédrale, Notre-Dame (2 étoiles Michelin) qui date au Xe siècle bien qu’elle ait eu besoin de plusieurs siècles pour construire ; on y trouve donc plusieurs styles d’architecture. On y trouve aussi le Musée d’art, histoire, et archéologie (2 étoiles), dans un ancien palais épiscopal de 1500, avec des collections gallo-romaines et d’art plus moderne. On remercie nos amis allemands pour avoir raté la Tour de l’Horloge (0 étoiles), du XVe siècle, quand ils ont détruit beaucoup de la ville. Finalement, on visite l’Église Saint-Taurin (0 étoiles) pour voir la châsse de Saint-Taurin, en argent et émaux

Mais on a hâte de voir le reste de l’Eure, parce que c’est plein de beaux villages et d’autres trésors. On commence au Plessis, au sud d’Évreux, pour voir la Côte des Deux-Amants (2 étoiles). Selon la légende :

Edmond, un jeune écuyer, sauve la belle Caliste, la fille de son maître le Baron Rulphe (Seigneur de Pont-Saint-Pierre) de l’attaque d’un sanglier. Edmond demande la main de celle qu’il aime. Le Seigneur y consent, à une condition : « Vois la hauteur de ce mont escarpé. Gravis-le en portant ta bien-aimée ». Edmond se soumet à l’épreuve. Mais, succombe à l’effort. La jeune fille, désespérée, succombe à son tour.

Source

Puis, on conduit vers l’est, au village de Giverny, chez Claude Monet. Sa maison et ses jardins (2 étoiles) sont les stars du village, mais il faut aussi visiter le Musée des impressionnismes (1 étoile) pour des expositions qui changent fréquemment. Puis on conduit à la ville de Vernon, pour voir la Collégiale Notre-Dame de Vernon (1 étoile) et sa façade impressionnante en forme de rose.

On est presque fini — dommage, parce que l’on peut continuer pendant des jours. On traverse la Seine vers Les Andelys, pour voir le Château-Gaillard (2 étoiles), ancien château du roi Richard Cœur de Lion (on a déjà trouvé son cœur à Rouen). Pendant que l’on est là, on visite aussi la Collégiale de Notre-Dame des Andelys (1 étoile), une église façon Renaissance. Au nord, on trouve les ruines de l’Abbaye de Fontaine-Guérard (1 étoile), et on finit par visiter la Forêt de Lyons (2 étoiles) à Lyons-la-Forêt — ne me regardez pas comme ça, c’est l’adresse ! — où on trouve 10 000 ha d’arbres avec souvent plus de 20 m de hauteur et des châteaux comme celui de Vascoeuil.

Qui sont les personnages les plus connus de l’Eure ? Bien sûr, le roi d’Angleterre Richard Cœur de Lion à cause de son château, et Claude Monet, le peintre célèbre. Mais aussi le peintre Nicolas Poussin, le compositeur Maurice Duruflé, mon héros le pâtissier Gaston Lenôtre, le journaliste Henri Gault (l’un des fondateurs du guide Gault et Millau), et le cible fréquent du Canard Enchaîné, Bruno Le Maire.

Quoi manger dans l’Eure ? Nous sommes toujours en Normandie, alors vous savez déjà que ça veut dire la pomme sous toutes ses formes — du jus, du cidre, du Calvados, et du pommeau. (J’entends parler que l’on peut aussi manger des pommes crues, mais c’est juste une rumeur.) Il y a plus de Calvados dans le Calvados, bien sûr, mais en fait, il y a aussi une distillerie dans l’Eure. On y trouve beaucoup de fromages AOP — Camembert, Livarot, Pont-l’évêque. On ne peut pas oublier la sole normande, un plat si célèbre qu’il est devenu le nom du resto dans La cuisine au beurre (et ce dernier, un livre pour les enfants). En dessert, la tarte normande, la teurgoule (une sorte de riz au lait), et le flan normand, comme le flan pâtissier, mais aux pommes. Oui, je ne manque PAS d’idées pour ce dîner !