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Je découvre la Moselle

On continue maintenant le Tour avec le 57, la Moselle. C’est le département le vingt-troisième plus peuplé, et les habitants se nomment mosellans. C’est notre septième séjour dans le Grand Est (et cinquième depuis le 51 !). La Moselle est distinguée en étant le seul « Eurodépartement », qui vient d’une idée, pas complètement réalisée, de partager certaines compétences gouvernementales entre Metz et la commune allemande de Sarrebruck.

On commence à la préfecture, Metz (3 étoiles Michelin). Comme beaucoup de l’ancienne région d’Alsace-Lorraine, cette ville a connu des périodes sous les Allemands et comme partie de France. Donc, quand on parle du Quartier impérial (1 étoile), c’est l’Empire allemand du Kaiser Wilhelm II, qui a construit des bâtiments en granit et en basalte à partir de 1870. De nos jours, on voit ces bâtiments autour de la gare (1 étoile) érigée par les allemands en 1908, avec une tour d’horloge impressionnante. Tout ça fait partie de la « nouvelle ville », où on trouve aussi le Centre Pompidou-Metz (3 étoiles), qui abrite des collections d’art moderne. (Est-ce que le Centre vous rappelle aussi le célèbre quartier général des méchants d’un certain dessin animé ?)

D’ici, on marche vers la vieille ville, et son plus grand trésor, la Cathédrale Saint-Étienne (3 étoiles). C’est une cathédrale gothique du XIIIe siècle, mais il y a 6 500 m2 de vitraux, du XIVe siècle jusqu’à Marc Chagall pendant le XXe siècle. Puis on traverse la rivière Moselle par le Moyen Pont, avec sa vue spectaculaire du Temple Neuf, un temple protestant construit par les Allemands en 1904. Une fois atteint, on retourne vers le quartier de la cathédrale pour aller au Musée de la Cour d’Or (2 étoiles), avec des collections Gallo-Romaines, Médiévales et de Beaux-Arts.

On suit la Moselle vers le nord-est, à Thionville. La suite de notre visite à Verdun, on visitera une partie de la Ligne Maginot, le Gros ouvrage du Hackenberg (1 étoile). N’ayez pas peur, mais on descend au sous-terrain. Il y a des tunnels partout, des casernes, et des casemates, ainsi qu’un musée avec des uniformes et des armes de l’époque. Mais je jure, je ne suis pas seulement votre guide aux boucheries, alors ensuite on visite le Château de Lagrange et ses jardins « Prairiales » (1 étoile). Les jardins doivent leur nom « aux larges bandes de prairies semées de fleurs de tous pays ».

Après ça, on va traverser vers l’Est. On est très proches de Sarrebruck, et le Guide Michelin vous conseillerez de visiter de nombreux sites là-bas. Mais c’est une frontière que je ne franchirai pas. Moi, j’irai plutôt à Saint-Avold où on trouve le plus grand cimetière américain de la SGM. On se retrouvera à Bliesbruck, pour le Parc archéologique européen (1 étoile), consacré à des ruines celtes ainsi qu’à des gallo-romains. Après, on continue à la Citadelle de Bitche (2 étoiles), une énorme forteresse sur une colline érigée par Vauban au XVIIe siècle (de ses travaux originaux, il ne reste qu’une chapelle). De nos jours, la citadelle abrite le Musée des Hommes dans la Guerre de 1870, dédié à la guerre franco-allemande de l’époque. Finalement, au sud-est, on va visiter deux centres de l’industrie du soufflage de verre : Saint-Louis pour la Cristallerie du même nom et son musée (dont une visite guidée des ateliers), et Meisenthal pour le Site Verrier Meisenthal, maison natale des boules de Noël depuis 1858 (c’est l’Alsace-Lorraine, après tout).

Qui sont les personnages les plus connus de la Moselle ? Le célèbre cardinal Mazarin était évêque de Metz de 1652 à 1658, et le maréchal Michel Ney, l’un de mes héros, a reçu sa formation militaire à Metz. Le mathématicien Charles Hermite, découvreur de nombreux résultats quant aux matrices, est né à Dieuze. Joachim von Ribbentrop…euh, pas français mais l’un des plus gros salopards de l’Histoire, il était lycéen à Metz lors de l’occupation de la Moselle par les voisins au nord.

Quoi manger en Moselle ? Encore une fois, c’est de la cuisine lorraine : les produits de mirabelles, la quiche lorraine, les spritz. Il y a aussi des confiseries comme les boulets de Metz (des boulets de canon de chocolat !) et la wagotine (des mini-wagons en nougatine récouverts de mirabelles et d’autres spécialités locales). Il y a un macaron local, celui de Boulay, avec seulement un producteur (hmmm, qu’est-ce qui se passe ici quand j’entends de telles choses ?). Pour boire, il y a la limonade Lorina, qui vient du Saulnois, et des vins AOC Moselle dont les cépages sont « l’auxerrois, le müller-thurgau, le pinot gris et le pinot noir ».

Je découvre le Morbihan

On continue maintenant le Tour avec le 56, le Morbihan. C’est le département le trente-est-unième plus peuplé, et les habitants se nomment morbihannais. C’est notre quatrième, et final, séjour en Bretagne.

C’est plutôt étonnant — tous les endroits dans le Morbihan sont deux fois étoilés par le Guide Vert ! Et c’est plus proche de moi que le reste de la France, Bretagne-en-Outre-Mer, je suppose :

En fait, ce Morbihan est en Louisiane, à l’ouest de la Nouvelle-Orléans. Non, je ne le connaissais pas avant de faire mes recherches, mais en fait il me semble que ce serait un endroit très agréable à visiter. Mais revenons à nos moutons.

On va commencer dans la préfecture, Vannes (2 étoiles). Il nous faudra absolument une voiture cette fois, parce que nos destinations sont pas proches les unes des autres. Au début, on visite la Vieille ville (2 étoiles Michelin) — c’est tout ce que j’aime en France, avec les maisons à pans de bois partout, une cathédrale (1 étoile) et des remparts du XIIIe siècle (2 étoiles). Puis on part à 8 km pour la Golfe du Morbihan (3 étoiles) — RÉGARDEZ CETTE PHOTO — avec soixante îles et îlots, le Château de Suscinio (1 étoile, du XIIIe siècle), de l’ostréiculture, et des sentiers pour faire du vélo et de la randonnée. De l’autre côté de la Golfe, on trouve quelque chose d’étonnant, l’Ensemble mégalithique de Locmariaquer (seulement 2 étoiles car le Guide Vert est bon pour la camisole de force, comme dirait Cruchot). Ce Stonehenge breton, construit il y a 4500 ans, comprend de nombreux dolmens, menhirs et le tombeau surnommé la Table des Marchand.

Pouvez-vous voir à quel point je profite d’écrire cet article ? Ça continue !

On continue vers Carnac, où on peut passer par le Musée de Préhistoire (2 étoiles) ou continuer directement à un vrai site de la préhistoire, les Alignements de Kermario (2 étoiles), un autre site de menhirs — un millier en des lignes parallèles ! (Il n’y a pas de Kerluigi, les fans de Nintendo.) C’est le plus spectaculaire de trois alignements, un circuit qui nous occupera pendant 2 heures. Puis on conduit à la Côte Sauvage de la Presqu’île de Quiberon (2 étoiles), pour faire une jolie balade parmi les falaises et les roches. De Quiberon (1 étoile) on prend un bateau vers la Belle-Île (3 étoiles) et sa propre Côte Sauvage (3 étoiles), dont les rochers dits les Aiguilles de Port Coton (2 étoiles), la plage de Port Donnant (2 étoiles) et dans le village de Sauzon, le Musée Sarah-Bernhardt (2 étoiles), consacré à l’actrice et abrité dans d’un ancien fort militaire.

On retourne vers le continent et conduit vers Lorient. Juste avant d’arriver, on passe par la Citadelle de Port-Louis (2 étoiles), érigée par les Espagnols au XVIe siècle, et maison de nos jours du musée de la Compagnie des Indes (2 étoiles). Quant à Lorient, souvenez-vous de Saint-Nazaire en Loire-Atlantique (bien sûr, car vous ne risqueriez de rien rater ici) ? Encore une fois, la star est une base de sous-marins, Lorient La Base (2 étoiles). Mais une base de qui, la Marine française ? Euh, non. Pensez plutôt à la Kriegsmarine. Je sais, je sais. Heureusement, c’est bien repris, alors on visite en gloussant « Reich de mille ans, mon pied ! » Nos sites d’intérêt sont la Cité de la Voile (2 étoiles), où on visite les voiliers exceptionnels d’Éric Tabarly et son musée de la voile, et la base de sous-marins de Keroman (1 étoile), où le sous-marin qu’on visitera est bien français, pas australien. Ou allemand. Après, on part pour l’Île de Groix (1 étoile) parce que je veux visiter l’atelier de production de Groix et Nature, qui produit les meilleures rillettes de poisson que j’ai eues. Finalement, au nord de Lorient, on visite l’Église Notre-Dame à Kernascléden (2 étoiles) pour ses arcades recouvertes de fresques du XVe siècle et ses murailles de l’enfer pour encourager les autres.

Qui sont les personnages les plus connus du Morbihan ? René Descartes, le célèbre philosophe, vivait à Saint-Avé pendant son enfance. Jean-Yves Le Drian, ministre sous plusieurs présidents, est né à Lorient, et y était maire. Bruno Cremer, l’interprète du commissaire Maigret, avait une maison à Hennebont.

Quoi manger dans le Morbihan ? On est en Bretagne ! C’est donc très similaire à l’Ille-et/-Vilaine ou la Finistère, avec les crêpes bretonnes, les galettes de blé noir, du beurre demi-sel partout (surtout dans le caramel au beurre salé). En produits locaux, on trouve les fromages trappiste de Campénéac et trappe de timadeuc, l’andouille de Guémené, les artichauts Camus, et une mélange d’épices, le kari gosse. Peut-être que vous souvenez-vous de notre visite à Americannery et leurs rillettes de poisson ? Tout ça vient de Morbihan ! D’autres plats bretons, il y a le kig-ha-farz (le pot-au-feu breton) et son pain le fars pod, le kouign patatez (un gâteau de pommes de terre), et les moules marinières. Les desserts sont typiquement bretons : le kouign-amann, le quatre-quarts, le far breton, les sablés bretons, etc. Pour boire, il y a une spécialité locale, le cervoise, une sorte de bière aromatisée avec des plantes comme la menthe et le genévrier.

Je découvre la Meuse

On continue maintenant le Tour avec le 55, la Meuse. C’est le département le dixième moins peuplé, et les habitants se nomment meusiens. C’est notre sixième séjour dans le Grand Est.

Ce post marque un retour au début du blog, et mon post le plus recherché qui ne se traite pas de recettes ni de brouteurs, La confiture la plus chère du monde. Cette confiture de groseilles vient de la Maison Dutriez à la préfecture, Bar-le-Duc. Un pot de 100 grammes me coûterait 71 € après le frais de livraison Pour vous — pas les Québécois, qui vont payer aussi cher — c’est « juste » 33 €. Je ne doute pas que c’est la meilleure confiture au monde, mais malgré ce qu’en pense mon ex, je ne suis pas Caligula, ni son cheval non plus.

Ce post marque aussi le retour du Guide Vert en ligne ! Après ce que j’appelle « La Catastrophe », mes recherches sont devenues beaucoup plus difficiles. Mais en cherchant Bar-le-Duc, j’ai découvert qu’il est réapparu. Je ne demande rien, mais merci de ne pas refaire ça, Bibendum.

On commence notre tour à Commercy, la maison d’une spécialité bien aimée partout en France, les madeleines de Commercy. Il faut absolument que l’on commence au Château Stanislas, l’une des résidences du duc Stanislas Leszczynski, et où (selon la légende) les madeleines ont reçu leur nom d’une servante, Madeleine Paulmier. On visite aussi le Musée de la Céramique et de l’Ivoire, pour sa collection « de la production des grands centres européens et chinois du 17ème au 20ème siècle », ainsi que des objets en ivoire de la même période. Aux alentours de Commercy, en tant que fans des Combattantes, il nous faut visiter Sampigny pour le Musée Raymond Poincaré, ancienne maison du président, et consacré à sa carrière. Il y a aussi le Château de Gombervaux, avec des histoires de fantômes et une herse mobile, la seule et unique en France (selon eux ; je ne peux pas le vérifier).

On continue vers Bar-le-Duc (1 étoile Michelin). Puisqu’il n’y a pas de frais de livraison, tout d’abord on passe par la Maison Dutriez pour acheter de la confiture. Mais de peur qu’il n’expire sans frigo, nous l’envoyons à notre ami aux États-Unis pour le sauvegarder. Désolé, mais j’ai dû essayer. En fait, on est là pour le Quartier Renaissance, aussi dit la Ville Haute (2 étoiles), avec de nombreuses maisons du XVIe siècle et l’Église Saint-Étienne. Au-dedans de l’église, on trouve une statue de la Renaissance qui vaut la visite toute seule, Le Transi de René de Chalon (2 étoiles).

De Bar-le-Duc, on va vers le nord, et Verdun (2 étoiles). Verdun entre l’Histoire-en-majuscule avec le traité de Verdun en 843, qui a divisé l’empire de Charlemagne en trois parties. C’est le royaume de l’ouest, Francie occidentale, qui donnera son nom à notre pays préféré. Mais de nos jours, Verdun est mieux connue pour être le site d’une bataille en 1916, gagné par un certain général Pétain. On n’est pas obligé d’utiliser son titre à cause de l’indignité nationale. Mais ce sera un quart de siècle au futur. Plus important, à cause de cette bataille, Verdun est la ville la plus décorée de la France, avec 26 médailles, dont la Légion d’honneur et deux Croix de guerre.

On commence par payer nos respects au Champs de bataille de Verdun (3 étoiles), où on trouve le cimetière des soldats (2 étoiles), un Mémorial (2 étoiles), et les forts de Douaumont (1 étoile) et de Vaux (1 étoile). De ce dernier, on dit :

Dès le début de la bataille de Verdun, le fort de Vaux est l’un des objectifs prioritaires de l’armée allemande. Bombardé par près de 8 000 obus par jour entre mars et juin 1916, sa garnison, isolée, sans soutien extérieur résiste et mène des combats héroïques à l’intérieur avant de se rendre, vaincue par l’épuisement et la soif. Ce fort devient alors le symbole de la résistance du soldat de Verdun.

Site du Mémorial

En ville, on visite aussi la Citadelle souterraine (1 étoile), construite originalement par le roi Henri II, et caserne importante pendant la Première Guerre mondiale. On finit à Verdun avec une visite au Centre mondial de la paix, des libertés et des droits de l’Homme, qui abrite de nombreuses expositions sur les conflits autour du monde. Le Centre lui-même occupe l’ancien Palais épiscopal (1 étoile),

On conduit au nord, jusqu’à Montmédy, por sa citadelle et ses musées, l’un de la fortification de la Meuse, et l’autre consacré à l’artiste Jules Bastien-Lepage. Finalement, un peu plus au nord, il y a la Basilique d’Avioth (2 étoiles). La Recevresse, où les pèlerins lassaient leurs offrandes, est un chef d’œuvre de l’architecture gothique.

Qui sont les personnages les plus connus de la Meuse ? Raymond Poincaré, ancien président de la République pendant l’époque des Combattantes (et qui est apparu dans le cinquième épisode), est né à Bar-le-Duc. André Maginot, son ministre des Colonies, plus tard de la Guerre, et architecte de l’infâme ligne Maginot, y vivait. Robert de Baudricourt, compagnon de Jeanne d’Arc, était gouverneur de Vaucouleurs. Le gendarme et héros de notre époque Arnaud Beltrame était officier militaire à Commercy.

Quoi manger en Meuse ? On est au milieu des Ardennes d’un côté, et la Meurthe-et-Moselle de l’autre, alors pas surprenant qu’ils mangent un mélange des deux. On y trouve également la cacasse à cul nu (notre plat ardennais) et la quiche lorraine (notre plat meurthois). Les mirabelles sont en vedette ici aussi — voici une tarte aux mirabelles sur leur site officiel. L’ambroisie des dieux, les Savaroises de St-Michel, est fabriquée à Commercy — je les ai goûtés pour la première fois à l’aéroport en quittant la France en mai, et il me tue tous les jours qu’il y ait plein de biscuits de St-Michel disponibles ici, mais pas ceux-ci. Les dragées, l’une des confiseries les plus importantes au monde entier (car je les adore), ont été créées à Verdun au XIIIe siècle.

Je découvre la Meurthe-et-Moselle

On continue maintenant le Tour avec le 54, la Meurthe-et-Moselle. C’est le département le trente-troisième plus peuplé et les habitants se nomment meurthois. C’est notre cinquième séjour dans le Grand Est, et notre première visite dans la région dite Lorraine, un mot lié fortement dans l’esprit américain avec une certaine quiche, au point où ça doit être mon dîner meurthois.

La Meurthe-et-Moselle a une forme très curieuse, due au passage du territoire entre la France et l’Allemagne.

Image par Marmelad, CC BY-SA 2.5

On doit commencer dans une ville très inhabituelle par comparaison avec nos autres points de départ, Baccarat. Pourquoi ? Parce que la cristallerie Baccarat est ici, et ça fait partie de la trinité de mes marques de luxe préférées (avec Christofle et Louis Vuitton). Quand ma fille n’avait que deux ans, je lui ai acheté un papillon en cristal. Il y a une chose d’autre venue de chez Baccarat dans mon appartement, mais cela restera un secret.

On peut pas visiter la manufacture elle-même, mais elle abrite le Musée Baccarat, avec une collection qui couvre l’histoire de plus de 250 ans. (Je leur ai demandé une meilleure photo, mais pas de réponse.) De Baccarat, on part pour Lunéville pour son château, « le petit Versailles Lorrain », avec une histoire comme rien d’autre. L’un des ducs, Stanislas Leszczynski, était anciennement Stanislas Ier, roi de Pologne. Son beau-fils, Louis XV, l’a choisi pour devenir duc après qu’il avait perdu la couronne polonaise.

On continue à la préfecture, Nancy (3 étoiles Michelin). Il faut absolument visiter la Place Stanislas (3 étoiles), construit au XVIIIe siècle, avec des fontaines impressionnantes ainsi que l’hôtel de ville et le Musée des Beaux-Arts (2 étoiles). Autour de la Place, on trouve aussi l’Arc Héré (1 étoile), un Arc de Triomphe érigé à l’honneur de Louis XV. Très proche, on trouve aussi la Place de la Carrière (1 étoile), renouvelée par Stanislas, avec le Palais du Gouvernement (1 étoile), où habitait le représentant du roi.

Avant de quitter Nancy, on a deux musées exceptionnels à visiter. Le Musée Lorrain (3 étoiles) abrite des collections historiques et archéologiques. Malheureusement, il est fermé depuis 2018 pour des travaux publics, mais n’étant pas une autoroute californienne, je refuse de croire que ça durera jusqu’à 20 ans. Pendant ce temps-là, on pourrait visiter l’Église des Cordeliers (1 étoile), liée au Musée Lorrain. L’autre musée est le Musée de l’École de Nancy (2 étoiles), consacré aux arts décoratifs liés à Nancy, ainsi que des artistes de la ville au début du XXe siècle.

On continue maintenant à l’ouest, vers Toul (1 étoile). Ici, on trouve la Cathédrale Saint-Étienne (2 étoiles), qui date au XIIIe siècle, avec de nombreuses gargouilles à l’extérieur et un chœur impressionnant. On visite aussi le Musée d’Art et d’Histoire (1 étoile), qui trace l’histoire de Toul dans un bâtiment anciennement un hôpital médiéval. Au nord, à Pont-à-Mousson, on visite une collection unique en France, d’objets laqués en papier mâché, au Musée au Fil du Papier. Finalement, au « cou d’oie » (rappelez-vous la forme du département), à Longwy, on visite le Musée des Emaux et Faïences de Longwy, avec une collection de ces arts produits pendant les trois derniers siècles dans la ville. On peut toujours y trouver de nombreux artisans.

Qui sont les personnages les plus connus de la Meurthe-et-Moselle ? René Duchez, le peintre et résistant qui a inspiré Le Mur de l’Atlantique, est né à Nancy. Le maréchal Hubert Lyautey, dont j’ai vu le tombeau aux Invalides, et le grand mathématicien Henri Poincaré, sont aussi nés à Nancy, et de nos jours il y a Yaël Braun-Pivet, cible occasionnel du Canard enchaîné et première femme présidente de l’Assemblée Nationale. L’ancien roi de Pologne, Stanislas Leszczynski, devenu duc de Lorraine, a régné à Lunéville jusqu’à sa mort. La princesse Marguerite d’Anjou, plus tard reine consort d’Angleterre, est née à Pont-à-Mousson.

Quoi manger en Meurthe-et-Moselle ? Surtout, les mirabelles ! On les trouve dans des spiritueux comme l’eau de vie de mirabelle et la liqueur de mirabelle, en confiture, et en dessert dans la crème aux mirabelles. D’autres produits locaux comprennent le miel de sapin des Vosges AOP et les abricots dits « pêche de Nancy ». En plats principaux, on trouve la quiche lorraine, mondialement connue, et l’omelette lorraine, presque la même chose sans croûte. En dessert, il y a les macarons de Nancy, fabriqués uniquement à la Maison des Sœurs depuis la Révolution, les bergamotes IGP (la première confiserie IGP de France), et le spritz, un biscuit fabriqué pour Noël.

Je découvre la Mayenne

On continue maintenant le Tour avec le 53, la Mayenne. C’est le département le vingt-sixième moins peuplé et les habitants se nomment les moutarde-et-tournesoliens mayonnaise mayennais. C’est notre troisième séjour dans le Pays de la Loire.

Voilà, même mon correcteur galère avec ce gentilé :

Le département doit son nom à l’ancien province du Maine, qui faisait de son tour partie de l’ancienne territoire angevine. On penserait qu’avec sa population francophone, notre état du Maine aurait été nommé à l’honneur du Maine, mais en fait, il n’y a aucune preuve écrite.

On commence à la préfecture, Laval. Ici, on trouve le Vieux Château, construit au fil du temps du XIe au XVIe siècle. On peut visiter le château lui-même, mais il abrite aussi un musée, le Musée d’Art Naïf et des Arts Singuliers. Laval est le lieu de naissance de Henri Rousseau, dit « Le Douanier » à cause de son métier, devenu peintre majeur de l’école naïve. Le groupe Lactalis vient de Laval et peut-être que leur musée, La Cité du Lait, vaut une visite aussi.

Au sud-ouest de Laval, on trouve le musée très inhabituel de Robert Tatin, un sculpteur et architecte contemporain. On finit notre séjour lavallois au Château de Craon, pour se promener dans son parc de 47 hectares avec de nombreux jardins. Le château lui-même est très beau et vient du XVIIIe siècle, fini en 1779, juste avant, disons, la fin de l’époque où les nobles construisaient des châteaux. D’habitude je ne fais pas de pubs pour personne, et ils ne m’a pas payé pour dire ça, mais on peut s’y marier, et je le trouve par-faite. (J’ai pas le droite à ces photos-là.)

Au nord du département, on visite le village de Pontmain, réputé d’être le lieu d’une apparition de la Sainte-Vierge en 1871. L’Église catholique la reconnaît (pas toujours le cas ; voyez Medjugorje), mais les croyants ne sont pas obligés d’accepter les apparitions modernes. De nos jours, il y a un sanctuaire consacré à l’apparition, et on le visite pour ses nombreux vitraux. Puis on visite le Mont des Avaloirs, le point le plus haut de la Mayenne (à 417 mètres ; c’est pas les Alpes ici), pour sa vue panoramique et un belvédère d’observation très intéressant. Notre prochain arrêt est le village de Château-Gontier-sur-Mayenne ; là, on trouve 15 monuments historiques, dont un château du XIIIe siècle, et un ancien couvent des Ursulines du XVIIe siècle. Puis on visite Sainte-Suzanne, malgré le nom un des Plus Beaux Villages de France. Ce village est réputé pour avoir défi Guillaume le Conquérant, mais avec ce nom, c’est un miracle qu’il a survécu la rencontre tout court ! Ne me laissez pas continuer de cette façon. Là, on se promène sur les remparts, visite le Centre d’Interprétation de l’Architecture et du Patrimoine, et visite aussi le dolmen des Erves, le plus vieux monument de la Mayenne.

À Évron, on visite la Basilique de Notre-Dame-de-l’Épine, un site religieux depuis le VIIe siècle, avec de l’architecture gothique. Une communauté de moines y habite toujours. À Jublains, on visite les ruines d’une ville gallo-romaine, Noviodunum, et leur Musée d’Archéologie pour du contexte. À Fontaine-Daniel, on apprend l’histoire du produit local, les Toiles de Mayenne, un tissu haut de gamme labellisé Entreprise du Patrimoine Vivant. On finît à Saint-Pierre-sur-Erve pour faire une balade sur leur pont du Moyen-Âge et explorer la Petite Cité de Caractère.

Qui sont les personnages les plus connus de la Mayenne ? Alfred Jarry, l’écrivain qui a inspiré la chanson des Beatles « Maxwell’s Silver Hammer, » est né à Laval. Le cardinal Mazarin était duc de la ville de Mayenne à partir de 1654 jusqu’en 1661. La famille Besnier, les fondateurs du groupe laitier Lactalis — j’ai du beurre Président dans mon frigo — vient de Laval. On a parlé en haut des artistes Henri Rousseau et Robert Tatin. De nos jours, c’est le Prince Albert II de Monaco qui porte le titre de duc de Mayenne.

Quoi manger en Mayenne ? Le fromage Port-Salut tire son nom de l’abbaye du Port du Salut. De nos jours, les droits au nom appartiennent au Groupe Bel. Le fromage Saint-Paulin a une histoire similaire, et les deux n’ont pas de origine protégée, alors on peut les trouver fabriqués ailleurs. Par contre, le fromage Chaussée aux Moines est produit uniquement à Craon. Le fromage Le Trappe de La Coudre vient de l’abbaye du même nom à Entrammes. Le département lui-même offre un guide avec 53 recettes locales, avec des produits locaux en vedette. En plats principaux, on trouve de tels plats que le pavé de truite de Parné-sur-Roc au beurre d’aneth et la cuisse de canette au miel. En dessert, il y a une spécialité, la bourdaine, une pomme emballée dans une pâte feuilletée. Ça me rappelle la rabote picarde, notre dessert de l’Aisne.

Je découvre la Haute-Marne

On continue maintenant le Tour avec le 52, la Haute-Marne. C’est le département le septième moins peuplé, et les habitants se nomment haut-marnais. C’est notre quatrième séjour dans le Grand Est.

On commence notre séjour à Chaumont, la préfecture. Mais attention aux cartes ! Si vous suivez le premier résultat de Google, vous vous tromperez et vous finirez par atterrir à Los Angeles !

Alors, après avoir vérifié que nous sommes au bon Chaumont, on commence à la Basilique Saint-Jean-Baptiste, érigée dans le XIIIe siècle, et décorée avec de nombreux tableaux du XVIIe au XIXe siècles. Puis on visite le Centre National du Graphisme, dit Le Signe, un nouvel espace pour abriter la collection d’arts graphiques de la ville qui fonctionne aussi en tant qu’atelier. On visite aussi le viaduc de Chaumont, construit au XIXe siècle pour les trains. De nos jours, il est illuminé par 430 LED la nuit, mais il n’y a plus de trains. Puis on part à l’ouest pour rendre hommage au général de Gaulle à son mémorial au pied de La Croix de Lorraine, à Colombey-les-Deux-Églises.

Au sud-est de Chaumont et Colombey, on va visiter deux villes. D’abord, Bourbonne-les-Bains. On s’attendrait à y trouver un spa thermal avec un tel nom, et voilà. Nous sommes là pour Notre-Dame-de-l’Assomption, leur église du XIIe siècle avec ses statues de la Vierge en marbre du XIVe siècle et en bois du XVe siècle. On fait aussi le parcours du Circuit Histoires d’Eaux, une promenade de 5 kilomètres pour découvrir le spa thermal, un étang de pêche, et le musée municipal. À Langres, on va suivre le Tour des Remparts de cette ville fortifiée. On est dans la ville natale de Denis Diderot, alors on peut visiter sa maison natale et aussi la Maison des Lumières, consacrée à son époque.

On tourne vers le nord-ouest pour visiter Wassy. Mes amis protestants sont probablement un peu contrariés par tous les sites catholiques sur ce blog, alors pour eux, on va visiter le Musée protestant de la grange de Wassy, sur le site d’un massacre qui a eu lieu en 1562. Juste à côté, à Joinville, on visite le Château du Grand Jardin, un château du XVIe siècle avec exactement le genre de parc auquel vous vous attendiez. On finit à Saint-Dizier, où on visite l’ancien château des Dampierre, les fondateurs de la ville. De nos jours, il accueille le sous-prefecture, mais on peut toujours visiter ses trois tours du XIIIe siècle. Finalement, on visite un bâtiment inattendu, le Tour Miko, ce qui reste de l’usine originale des glaces célèbres. Il est devenu un cinéma, et on doit acheter un billet pour un film pour se faire entrer, mais au-dedans, on trouve de nombreux objets divers, des souvenirs de la marque de glaces.

Qui sont les personnages les plus connus de la Haute-Marne ? Sans doute, le plus célèbre doit être Denis Diderot, l’encyclopédiste et philosophe. Le fondateur des Éditions Flammarion (qui m’a vendu deux de mes livres préférés), Ernest Flammarion, est né à Montigny-le-Roi. La famille Huot de Goncourt, célèbre pour les frères du même nom, et le Prix Goncourt, vient du département. Le général Charles de Gaulle, qui n’a pas besoin d’introduction, est enterré à Colombey-les-Deux-Églises. Luis Ortiz Martinez, fondateur de la marque de glaces Ortiz — devenu Miko chez vous et Good Humour chez moi — a fondé son entreprise à Saint-Dizier.

Quoi manger en Haute-Marne ? La grande spécialité du département est le fromage Langres AOP, qui est disponible chez myPanier (juste 80 €/kg ! Oh, mon cher Carrefour, comme tu me manques !). On l’utilise pour fabriquer la version salée de la tarte au quemeu ; on utilise plutôt un fromage blanc pour la sucrée. Sinon, la cuisine est très similaire à la Marne, avec le brochet au champagne (que j’ai déjà fait), les truffes grises, etc. Pour boire, on y trouve les vins Coteaux de Coiffy IGP, du champagne, et des bières locales.

Je découvre la Marne

On continue maintenant le Tour avec le 51, la Marne. C’est le département le quarante-cinquième plus peuplé, et les habitants se nomment marnais. C’est notre troisième séjour dans le Grand Est. Ce post marque une étape importante — après notre dîner départemental, je publierai enfin le bilan de la première moitié (et l’histoire vraie d’où est venue l’idée). C’est chanceux que l’on est ici, car ça mérite un verre de champagne !

Et oui, vous n’allez pas oublier que l’on parle de Champagne. Dès le départ, leur site de tourisme nous dit que la Marne est « un département qui pétille ». Alors on va commencer à Épernay, chez les grandes maisons de Champagne. Notre premier arrêt est les caves de Moët et Chandon, les plus grandes de Champagne. Soyez prêts à marcher ; il y a 28 kilomètres sous terre ! Ça va coûter — 50 € l’adulte — mais on a déjà payé jusqu’à 6 fois ça au Château d’Yquem, alors c’est un bon marché. Pas loin de leur château, on trouve la statue de Dom Pérignon, mais il me semble que l’on ne peut pas visiter ses caves. Peu importe, on va continuer sur l’Avenue de Champagne pour visiter la Maison Perrier-Jouët — et pas pou l’eau gazeuse Perrier. Il y a pas mal d’autres choix, mais il faut que l’on marche un peu après tout cet alcool, alors on va prendre un tour du vignoble. Ne touchez pas les raisins !

On suit la Route Touristique de Champagne jusqu’à Reims, avec l’aide de cette carte proposée par Marne Tourisme. Reims (3 étoiles Michelin) joue un rôle très important dans l’histoire française au-delà du champagne. Depuis la baptême du roi Clovis Ier, Reims est liée au pouvoir de la couronne française, et depuis Louis VIII, la cérémonie de couronnement avait toujours lieu à la Cathédrale Notre-Dame (3 étoiles). Sainte-Jeanne-d’Arc y était pour le sacre de Charles VII. On passe de la Cathédrale au Palais du Tau (2 étoiles) pour voir le reliquaire de la Sainte-Ampoule qui contenait l’huile pour la cérémonie. Mais ne ratez pas non plus leur tapisserie sur le roi Clovis. On visite aussi la Basilique Saint-Remi (2 étoiles pour l’extérieur, 3 pour l’intérieur, et pas d’accent) du XIe siècle, renommée surtout pour son architecture inhabituelle, 126 m de long et 26 m de large. Avez-vous envie de plus de champagne ? Bon, on passe par la Maison Veuve Cliquot ou bien Maison Ruinart — mais ON TOURNE LE DOS en passant par la Maison Charles Heidsieck. J’ai choisi sa boisson maudite pour le dîner où j’ai fait la plus grosse erreur de ma vie.

On part maintenant pour Châlons-en-Champagne (2 étoiles), la préfecture du département. Ici, on visite la Cathédrale Saint-Étienne (2 étoiles), qui date largement du XIIIe siècle, remarquable pour ses vitraux de la Renaissance. On visite aussi la Collégiale Notre-Dame-en-Vaux (1 étoile) pour son carillon impressionnant et ses vitraux aussi. Vous avez toujours soif ? On passe par la Maison Joseph Perrier, la seule à Châlons. On finit au sud-est, dans le village avec le plus long nom de France, Saint-Remy-en-Bouzemont-Saint-Genest-et-Isson. Ici, on visite le Musée champenois sur la Vigne et le Vin de Champagne. Mais on est également là pour prendre des égoportraits avec leur panneau. Pour ceux qui ont envie de retourner à Épernay pour plus de champagne, soyez les bienvenus, mais vous allez finir par visiter aussi le Mémorial des Batailles de la Marne 1914-1918, car la Marne est fortement liée à la Première Guerre mondiale.

Qui sont les personnages les plus connus de la Marne ? Sans doute, il faut mettre en vedette la star des vidéos de rap partout dans le monde (États-Unis, Allemagne et France — mais il vaut mieux de ne rien regarder), le moine Dom Pérignon, connu pour la boisson gaspillée dans ces vidéos. Le verrier René Lalique, connu mondialement pour ses sculptures, est né à Aÿ. Le dessinateur Cabu, martyrisé pour la liberté d’expression, est venu de Châlons-en-Champagne. (Et en fait, je le connais depuis les années 90s.) Il y a un nombre choquant de gens qui partagent les noms de célèbres champagnes, dont : Barbe-Nicole Cliquot-Ponsardin, dite la Veuve Cliquot, Pol Roger, la Famille Taittinger, Joseph Perrier, et Nicolas Ruinart. Les sociétés devraient les poursuivre ! Jean-Baptiste Colbert, célèbre ministre sous Louis XIV, est né à Reims. Pierre Bayen, découvreur de l’oxygène, est venu de Châlons. Le grand mathématicien Abraham de Moivre est né à Vitry-le-François, mais a passé la grande majorité de sa vie en Angleterre. La Marne est aussi la maison du Français le plus important à l’histoire américaine — encore plus que le Marquis de Lafayette ! — mais il recevra son propre article.

Quoi manger en Marne ? D’habitude on finit avec les boissons, mais le champagne est infusé dans tout et n’importe quoi. Il y a une belle cinquantaine de producteurs de champagne en Marne, et ils produisent aussi des boissons liées au champagne, le marc et le ratafia et avec l’excès, le vinaigre de Reims. (Ouais, aux États-Unis, certains boivent du vinaigre, censé pour la santé.) Ceux qui sont perplexes et pensent que c’est l’Écosse ici peuvent visiter la Distillerie Guillon pour du whisky. On a déjà fait des truffes et du sabayon au champagne, mais on y trouve aussi des bouchons en chocolat remplis de champagne, le brochet au champagne, même les escargots à la sauce champagne et le jambon de Reims, assaisonné avec vous-savez-quoi. Envie de ne pas manger quelque chose au champagne ? Goûtez les lentillons ou les pieds de porc de Sainte-Ménehould. En dessert, il y a les célèbres biscuits roses de Reims, et pour les trop très gourmands, on peut les rendre en poudre et l’utiliser pour faire le gâteau de Reims.

Je découvre la Manche

On continue maintenant le Tour avec le 50, la Manche. C’est le département le cinquante-troisième plus peuplé, et les habitants se nomment manchois ou manchots (lien pour que vous arrêtiez de me regarder comme ça). C’est notre troisième séjour en Normandie. Je me sens comme le compteur kilométrique de ma voiture vient d’atteindre un gros numéro. Je vous rappelle que notre bilan de la moitié sera après le 51, en raison du fait qu’il y 101 départements.

La Manche prend son nom de la mer entre la France et l’Angleterre, mais n’a rien à voir avec la région espagnole d’où vient Don Quichotte. En anglais, on l’appelle « English Channel » ou Canal anglais (à ne pas confondre avec la BBC). Il me surprend un peu que le nom en français n’est pas plutôt quelque chose comme « la mer française ». Mais c’est votre affaire.

Il n’y a vraiment pas de question où commencer — dans la Manche, bien sûr ! En particulier, sur l’îlôt de Mont-Saint-Michel (3 étoiles Michelin). Cette commune — l’une des plus petites de la France, avec seulement 29 habitants — est renommée pour son abbaye (3 étoiles), surtout la partie appelée la Merveille (3 étoiles), un bâtiment du style gothique du XIIIe siècle. Il faut aussi visiter l’église abbatiale (2 étoiles) et la cloître (3 étoiles). On peut passer la nuit dans un hôtel sur l’îlot, mais attention aux prix.

Puis on part pour la presqu’île de Cotentin. Après être passés par Marcey-les-Grèves pour faire la grève, on arrive à Coutances (2 étoiles). On est là principalement pour la Cathédrale Notre-Dame-de-Coutances (3 étoiles), un chef-d’œuvre du style gothique avec d’incroyables vitraux, mais aussi le Jardin des Plamtes (1 étoile). Quelques minutes au nord, on se retrouve à Lessay (2 étoiles) pour l’Abbatiale Sainte-Trinité (2 étoiles), originalement du XIe siècle et reconstruite après 1944. Si on est là entre juillet et août — c’est-à-dire à l’heure actuelle — on peut assister au festival annuel des Heures Musicales. On continue au nord vers le Nez de Jobourg (2 étoiles), de hautes falaises d’où on peut voir les îles de Jersey et de Guernsey. Les aficionados des falaises peuvent aussi visiter le Cap de la Hague (2 étoiles).

D’ici, on suit la côte jusqu’à Cherbourg (1 étoile)., une ville anciennement connue comme « la porte des Amériques », avec la plus grande rade artificielle du monde. La Cité de la Mer (2 étoiles) est un musée consacré à tous genres de sujets nautiques, dont les sous-marins, le Titanic, et les animaux. Il faut absolument qu’on visite Barfleur (1 étoile et un des Plus Beaux Villages de France) et Saint-Vaast-la-Hougue, des lieux de tournage du Mur de l’Atlantique, le dernier film de notre cher Bourvil. Le Jour le plus long a été tourné à Sainte-Mère-Église, et j’ai acheté le disque — car Bourvil y apparaît — mais je ne l’ai pas encore regardé car c’est aussi l’un des films les plus longs.

On finira dans la préfecture, Saint-Lô, mais juste à l’extérieur, il faut qu’on arrête au village le plus positif de France. Moi, j’aimerais bien avoir une photo sous ce panneau-là !

Saint-Lô existe depuis le Moyen-Âge, mais presque aucun bâtiment n’existe sauf depuis après la Seconde Guerre mondiale. Si je vous dis que cette ville a reçu la Légion d’Honneur en 1948, ça vous explique pourquoi ? Il n’y a rien de notre patrimoine habituel, mais je considère cette étape un devoir, un pèlerinage. Voici la liste des lieux de mémoire — on visite le Mémorial de Graignes et la Stèle de Saint-Clair-sur-L’Elle. Il y a un blasphème dans la ville, et si on y arrête pour se soulager, je ne vois rien. Pour une fin heureuse, on visite le Musée d’Art et d’Histoire pour leur Rotonde de Tapisseries.

Je vais m’interrompre pour partager une petite histoire. Mon souvenir le plus précieux de la France est une photo avec mon amie rouennaise, prise à la fin de cette journée-là. Je ne la partage pas ici car je garde les vies privées de mes amis, mais dans la photo, nous sommes devant les ruines de l’église où ses grands-parents se sont mariés. Le Mémorial de Graignes me rappelle fortement cette photo. S’il vous semble que je suis un peu plus caustique vers certains que d’habitude, sachez que je pleurais en faisant les recherches pour ce post.

Qui sont les personnages les plus connus de la Manche ? En premier, je dois mettre l’une des vraies stars du blog, Laure Saunier, dite Mme Leprieur d’Agon-Coutainville, de qui j’ai parlé dans mon post « Le cas curieux de Mme Leprieur ». Elle avait le record pour les plus de questions sur Les Grosses Têtes pendant les années Bouvard. L’acteur légendaire Jean Marais, qui me dérange le plus parmi mes acteurs préférés, est né à Cherbourg ; aussi l’escroc Roland Barthes. Le couturier Christian Dior est né à Granville, et le violoniste de jazz Jean-Luc Ponty à Avranches. L’écrivain Jules Barbey d’Aurevilly de Saint-Sauveur-le-Vicomte, était une grande influence sur la littérature surnaturelle et fantastique du XIXe siècle ; on peut tracer des liens de lui à Guy-Roger Duvert en passant par Joris-Karl Huysmans et H.P. Lovecraft.

Quoi manger en Manche ? Je pleure d’être revenu en Normandie pour manger — c’est mon héritage. La Manche est une mine d’or de recettes locales, et le conseil départemental a gentiment fourni des dizaines sur leur site. Vous serez bien surpris d’apprendre que les pommes sont en vedette ici. En plats principaux, il y a les Saint-Jacques aux pommes, les huîtres pochées au cidre, les escalopes à la normande — c’est-à-dire au cidre et au Calvados, comme le poulet à la normande — la gigue de chevreuil aux pommes et cassis, et la célèbre omelette de la Mère Poulard. Attention à l’omelette ; c’est apparemment très cher, et plusieurs connaissances le confirment. En dessert, il y a la tarte aux pommes, les crèmes à la confiture de lait, la fallue, une brioche plutôt similaire à la gâche, et la gelée au cidre. Les nombreuses produits locaux comprennent le beurre d’Isigny AOC, le cidre Cotentin, les Bulots de la Baie de Granville IGP, et le saumon de France (la seule ferme est à Cherbourg). Pour boire, il y a le cidre Cotentin AOC et le Meuh Cola, un soda local qui vous promet que c’est « vachement rafraîchissant ».

Je découvre le Maine-et-Loire

On continue maintenant le Tour avec le 49, le Maine-et-Loire. C’est le département le vingt-huitième plus peuplé et les habitants se nomment angevins. C’est notre deuxième séjour dans le Pays de la Loire.

Tout ce que l’on doit savoir sur ce département commence avec son gentilé, angevin. « Maine-et-Loire » n’est qu’un nom arbitraire choisi pendant la Révolution — on est dans l’ancien empire d’Anjou, la gloire des Plantagenêt ! Bien que ce soit Guillaume le Conquérant qui a établi le lien entre nos pays et nos langues, c’est les Plantagenêt, à partir d’Henri II jusqu’à Richard II qui l’ont régularisé. Ce ne serait qu’après 2 siècles de rois Plantagenêt que l’Angleterre aurait son premier roi, depuis Guillaume, qui parlait anglais au lieu de français, Henri IV.

On va donc commencer notre séjour à Angers (2 étoiles Michelin). Il faut absolument visiter le Château d’Angers (3 étoiles), construit originalement par Saint-Louis sur l’ancien site de la maison des Plantagenêt. Le site était toujours important pour la défense de la ville, mais le château actuel vaut le visite pour son enceinte et ses tours impressionnantes, ses jardins, et les nombreux logis et chapelles à l’intérieur. Peut-être que son plus grands trésor est la Tapisserie de l’Apocalypse (3 étoiles). En ville, on visite le Musée des Beaux-Arts (2 étoiles) pour ses collections d’objets inhabituels, dont des « ivoires, émaux, céramiques, [et] bronzes ». On finit dans le Musée Jean-Lurçat et de la Tapisserie contemporaine (2 étoiles), pour la spectaculaire collection de tapisseries Chant du Monde.

D’Angers, on conduit vers l’ouest pour visiter le Château de Serrant (3 étoiles). Ce château de Renaissance appartenait à une famille irlandaise pendant la Révolution, alors il a échappé au pire. De nos jours, on le visite pour sa bibliothèque à 12 000 livres, sa collection de meubles des derniers trois siècles, et sa cuisine énorme. On tourne vers le sud pour passer par deux villages classés « Petites Cités de Caractère », Savennières et Béhuard. Le vignoble de Savennières existe depuis le Ier siècle après J-C et produit trois vins AOP. Béhuard est un tout petit village d’une centaine de personnes dans une île au milieu de la Loire — suivez ce chemin pour apercevoir la confluence avec la Maine. Après avoir traversé la Loire, on conduit vers l’est pour visiter le Château de Brissac (2 étoiles), appartenant à la même famille depuis 1502. Le plus haut château en France, avec sept étages, est distingué par quelques caractéristiques inhabituels, dont une salle d’opéra de 200 places.

On conduit vers l’est à Saumur (2 étoiles), où on commence avec le château (2 étoiles), et ses musées municipal et du cheval. On y visite aussi l’Église Notre-Dame-de-Nantilly (1 étoile), de style romain, et la plus vieille de Saumur. Juste au sud-est de Saumur, on y trouve l’Abbaye Royale de Fontevraud (3 étoiles). Je me suis trompé en la décrivant en Indre-et-Loire, car j’avais trop hâte de partager des vidéos de Véro pour vérifier le code postal. Oups. Voilà, je la repartage en bas, mais puisqu’on a déjà parlé des Plantagenêt, on va visiter leur nécropole et finir à l’église abbatiale (2 étoiles) pour prier qu’un jour je fasse moins d’erreurs géographiques.

Qui sont les personnages les plus connus du Maine-et-Loire ? Il faut d’abord commencer avec les Plantagenêt, ducs d’Anjou et rois en Angleterre. On y trouve les frères Adolphe et Édouard-Jean Cointreau, créateurs de la liqueur Cointreau. Une créatrice, Gabrielle Chasnel, dite Coco Chanel, est née à Saumur. La vedette des Grosses Têtes et ministre occasionnelle Roselyne Bachelot y était députée pendant 14 ans. L’actrice Jeanne Moreau y a fondé une école de cinéma, Les Ateliers d’Angers.

Quoi manger dans le Maine-et-Loire ? Vous souvenez-vous de notre fouace de l’Indre-et-Loire ? Ici, c’est la fouée, ou fouace angevine. En plats principaux, il y a aussi la gouline, une tourte remplie de rillauds d’Anjou, et le cul de veau à l’angevine, un quasi de veau cuit avec du vin blanc et des légumes. En dessert, on trouve les bottereaux, une sorte de beignet, le crêmet d’Anjou, une crème Chantilly avec du coulis de fruits rouges, et les quernons d’ardoise, une confiserie à la nougatine et au chocolat bleu, ce dernier pour rappeler les toits d’Angers. Pour boire, il y a une belle douzaine d’appellations de vin, dont l’Anjou AOC, le saumur-champigny AOC, et le Coteaux-du-Layon AOC.

Je découvre la Lozère

On continue maintenant le Tour avec le 48, la Lozère. C’est le département le moins peuplé de toute la France, et les habitants se nomment lozériens. C’est notre neuvième séjour en Occitanie.

On commence en dehors de la préfecture, Mende, où on va visiter le lieu de tournage le plus important dans l’histoire des films français, l’aérodrome de Mende-Brenoux, où a été tournée la dernière scène de La Grande Vadrouille, avec des planeurs — c’est le Lourdes de ce blog ! J’ai du mal à trouver une photo gratuite de la bonne hélice, hélas. C’est là qu’est l’os. (Non, je ne m’excuse pas du tout pour ça.) Aux alentours de Mende, on visite aussi le village de Châteauneuf-de-Randon, site de la dernière bataille de l’un des plus grands guerriers de France, Bertrand du Guesclin, à qui il y a un musée consacré à sa vie. Un peu à l’est de Mende, on visite quelque chose de très inhabituel, le Parc des Loups du Gévaudan, le plus grand zoo-parc de son genre en Europe. À Mende, on visité la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Privat, fondée par le Pape Urbain V, né en Lozère en 1310.

Au sud de Mende, on trouve l’un des plus grands trésors de France, les Gorges du Tarn (3 étoiles Michelin). Ici, il y a de nombreux sites qui gagnent 3 étoiles pour chacun ! La meilleure vue des Gorges se trouve au Point Sublime (3 étoiles). L’autre idée géniale pour voir les Gorges est de commencer aux Détroits (2 étoiles) et conduire au Cirque des Baumes (3 étoiles). Dans le souterrain, ne ratez pas la Grotte de l’Aven Armand (3 étoiles), avec sa forêt de 400 stalagmites, unique au monde. Conduisez aussi sur le Viaduc de Millau (3 étoiles), le plus haut au monde — et lisez les chiffres étonnants !

Puisqu’on est déjà en Lozère, je vais vous recommander deux sites de plus. D’abord, le Château de la Baume, le « Petit Versailles du Gévaudan ». En 1708, le château a été renouvelé pour le faire ressembler plus à celui de Versailles. Moi, je trouve l’extérieur moins impressionnant, mais les intérieurs sont absolument incroyables. L’autre est le Parc Naturel régional des Grands Causses, qui fait partie du patrimoine mondial d’UNESCO. Au-dedans, on trouvera de nombreux petits villages avec des entreprises labellisées « Patrimoine Vivant », des mégalithes comme en Ille-et-Vilaine, et une partie de la Route des Moulins, qui s’étend de l’Espagne jusqu’aux Midi-Pyrenees en passant par l’ancien Languedoc-Roussillon.

Qui sont les personnages les plus connus de la Lozère ? Il faut d’abord commencer avec Bertrand du Guesclin. Puis il y a le seul Pape à Avignon qui est béatifié, Urbain V, né au Pont-de-Montvert. Après ces deux, il y a le chimiste Jean-Antoine Chaptal, connu pour le chaptalisation du vin, ajouter du sucre après la fermentation alcoolique pour augmenter le degré d’alcool. La famille d’hommes politiques Giscard d’Estaing vient de Marvejols, mais pas l’un le plus connu. La famille Dupont de Ligonnès vient de Gévaudan, et oui, le meurtrier en fait partie, mais il n’a jamais y vécu.

Que manger en Lozère ? Eh bien, si vous êtes à Paris, vous avez l’opportunité de visiter la Maison de la Lozère, une boutique et resto qui appartient au département pour vous faire découvrir leurs produits locaux et sites touristiques. Parmi ces produits locaux, on trouve les châtaignes des Cévennes, les truffes noires du Périgord, et de nombreuses sortes de miel. En plats principaux, on y trouve notamment la pouteille, un ragoût de pieds de porc et de bœuf, et le manoul, des tripes d’agneau farcies avec des légumes. Il y a une confrérie dédiée à ces deux plats. En dessert, il y a la coupétade, du pain perdu aux pruneaux, et le croquant de Mende, un gâteau sec aux amandes et aux noisettes.