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Je découvre la Dordogne

On retourne maintenant en Nouvelle-Aquitaine pour la cinquième fois, mais c’est drôlement notre première visite en la vieille Aquitaine. La Dordogne, le 24, est le département le cinquante-septième plus peuplé et les habitants se nomment également Périgourdins, Périgordins, Dordognots, et Dordognais.

D’où vient le nom « Périgourdins » ? Il y a deux mil ans, il y avait un peuple gaulois appelé les Pétrocores. Ils vivaient dans la territoire qui est devenue la Dordogne. On peut voir la relation entre Pétrocore et Périgord, mais c’est pas clair que le mot original signifie.

C’est difficile de choisir où commencer en Dordogne. Le département a 10 villages classés parmi les plus beaux villages de France ! Même Topito, qui se moque de tout, ne peut que l’admirer ! Mais on va quand même commencer avec la préfecture Périgueux, parce que c’est pas seulement la plus grande ville (environ 30 000 d’habitants), mais c’est aussi l’une de 3 villes classés « d’art et d’histoire » dans le département !

Les Pétrocores donnent à la ville un héritage gallo-romain, et on commence avec le musée Vesunna, après leur ancienne ville (3 étoiles Michelin). L’autre grand trésor de Périgueux est la cathédrale médiévale (XIIe siècle) de Saint-Front (2 étoiles), reconstruite pendant le XIXe siècle. Ne ratez pas également le quartier Saint-Front (2 étoiles), plein de façades Renaissance. Le Musée d’art et d’archéologie du Périgord (1 étoile) mérite une visite pour ses collections médiévales et de Beaux-Arts. Finissez par visiter le Temple de Vésone (1 étoile), une autre ruine gallo-romaine, du IIe siècle.

Les deux autres villes d’art et d’histoire sont Sarlat, une cité médiévale, et Bergerac, connu pour ses vins (et un certain Cyrano). Le guide Michelin pense au voisinage de Sarlat, appelé Périgord noir, comme un grand incontournable de 3 étoiles. Il y a beaucoup de beaux lieux, comme le Vieux Sarlat (3 étoiles), dont la Cathédrale Saint-Sacerdos (1 étoile), et la Vallée de la Dordogne (3 étoiles). Près de Sarlat, à 10 km, on trouve les ruines du Château de Commarque (3 étoiles), et du Château de Castelnaud, dont un musée (2 étoiles). À Bergerac, il y a une grande Route des Vins avec 130 domaines, alors on commence au Quai Cyrano, un espace dédié à tous les vins. Choisissez quelques vignerons pour visiter ; le Château de Monbazillac (1 étoile) est très charmant. Pour quelque chose de différent, essayez le Musée du Tabac (1 étoile) !

Je peux passer des semaines en parlant des villages, alors je ne mentionnerai que deux, Beynac-et-Cazenac, avec un château incontournable (2 étoiles) et Domme, où on trouve la Bastide de Domme (1 étoile), des vieilles fortifications du XVe siècle.

Il faut finir par mentionner la grotte de Lascaux, pleine de peintures préhistoriques. On ne peut pas visiter la grotte elle-même. Il y a un musée au village de Montignac, où on trouve des reproductions des peintures de la grotte.

Qui sont les personnages les plus connus de la Dordogne ? Sans doute, LE plus connu est l’écrivain et soldat Savinien de Cyrano de Bergerac, connu grâce à la pièce de théâtre d’Edmond Rostand. Le chanteur Pascal Obispo, connu chez moi pour 1980, est né à Bergerac. Aussi, la chanteuse américaine Joséphine Baker y vivait pendant des années. Il y en a des centaines que l’on trouve sur Wikipédia, mais je ne les connais pas du tout.

Qu’est-ce que l’on mange en Dordogne ? Il y a le pâté de Périgueux, à base de foie gras, de porc et de truffe ; le boudin périgourdin, fait avec de la tête de porc (merci, mais vous pouvez le déguster pour moi) ; et la sauce Périgueux, à base de truffe. Comme leurs voisins corréziens, ils mangent aussi de la mique. Il n’y a qu’un fromage local, le trappe d’Echourgnac. Il y a plein de produits locaux : les truffes, les noix du Périgord AOP, la fraise du Périgord, et la pomme du Limousin AOP.

Je découvre La Creuse

Je me demande si je devrais écrire le « Je découvre » pour le 75 avant de mon voyage, et peut-être le 45 et le 76 aussi. L’idée était de rechercher ce que je voulais voir sans avoir visité. Je sais qu’il y a beaucoup plus de choses que je peux faire, alors je continuerai au moins avec le 23, la Creuse. Il est le département le deuxième moins peuplé, et les habitants se nomment creusois. Ça fait notre quatrième séjour en Nouvelle-Aquitaine.

Comme le Cantal, la Creuse est RURALE. Il n’y a qu’une commune avec plus de 10 000 habitants, la préfecture de Guéret. Il n’y a qu’une autre commune avec plus de 5 000 habitants, La Souterraine. Mais il faut visiter les plus petites communes pour voir la vraie Creuse !

On commencerai avec les très intéressants villages d’Aubusson et Felletin, maison de la tapisserie. On s’y trouve la Cité internationale de la tapisserie (2 étoiles Michelin), également un musée consacré à l’art de la tapisserie et un atelier pour la formation de nouveaux lissiers. Il y a aussi le Château de Villemonteix (1 étoile), du XVe siècle, où on se trouve une intéressante collection de tapisseries et de porcelaine. On peut aussi visiter la Manufacture Royale Saint Jean, avec de nombreux ateliers, de tissage, de peinture, et de restauration.Et à Felletin, visitez la filature de laines Terrade, pour voir comment les fils sont faits. Et ne ratez pas l’Église de Saint-Quentin-la-Chabanne, du XIIIe siècle.

Dans le Nord-Est de Creuse, on trouve plusieurs autres intéressants endroits. Mon préféré est la Tour Belvédère à Toulx-Sainte-Croix — avec « une vue panoramique exceptionnelle de 100 km alentours s’étendant sur sept départements ». On y trouve aussi le Château de Boussac (1 étoile), où se déroule le roman Jeanne de l’auteur George Sand. L’abbatiale et église Sainte-Valérie (1 étoile), originaires du XIe siècle, sont pleins de trésors religieux.

Qui sont les personnages les plus connus de la Creuse ? George Sand est certainement la plus célèbre, mais elle n’y est pas née. Le cycliste Raymond Poulidor, et le général (et compagnon de Jeanne d’Arc) Jean de Brosse y ont vécu. Il y a le cas étrange du mathématicien Jean-Pierre Portmanteau, dont on a un théorème de probabilité — mais ce monsieur n’est qu’un canular dans un cahier de texte de mathématiques ! Il y a plein d’autres mentionnés dans Wikipédia, mais ils ne sont pas connus en dehors de France.

Finalement, qu’est-ce que l’on mange en Creuse ? Pour la deuxième fois, après leurs voisins en Corrèze, il n’y a aucune recette locale sur Keldelice. Ils ne manquent pas de produits locaux, comme les myrtilles, la viande limousine, la bière, des fromages limousins — mais il n’y a pas de produits AOP ou AOC qui viennent de la Creuse. Comme en Corrèze, il y a un dessert local où la recette est un secret des boulangers locaux, appelé le gâteau creusois. Selon les locaux, ce gâteau vient d’une recette du XVe siècle, mais la recette était perdue, puis redécouverte en 1969. Ça serait la seule recette départementale, j’ai donc mes doutes sur la vérité de cette histoire. En tout cas, Internet ne manque pas de versions de cette recette, alors je vous en ferai une !

Je découvre les Côtes-d’Armor

Notre prochain département est un retour à l’idée que les noms de département devraient avoir quelque chose à voir avec la géographie. Et c’est pour ça que le 22, les Côtes-d’Armor, était anciennement appelé les Côtes-du-Nord. À cause d’être en Normandie ou dans les Hauts-de-France, bien sûr. Ah non, c’est dans l’Ouest ? Je ne le comprendrai jamais. En tout cas, c’est le département le quarante-quatrième plus peuplé et les habitants se nomment Costarmoricains. C’est notre premier séjour en Bretagne.

En fait, je ne suis pas trop sûr d’où vient le nom « Armor ». Selon Wikipédia, ça veut dire « pays de la mer » en breton. Mais j’ai vérifié tous les dictionnaires bretons dans ce site, et il n’y avait rien avec le mot « armor ». D’autre part, ce site breton dit que c’est vrai, et aussi que le nom rappelle l’ancien nom de Bretagne, Armorica.

On commence notre tour du département à Ploumanac’h, un village élu en 2015 « Village Préféré des Français ». Ploumanac’h a des trésors naturels qu’il faut visiter, surtout le Sentier des Douaniers de Ploumanac’h (3 étoiles Michelin). C’est un long sentier dont on a besoin de 3-4 jours pour tout voir. Au long du sentier, on trouve la Côte de Granit Rose (2 étoiles), dont les Rochers de Ploumanac’h (2 étoiles) — qui ressemblent à des formes intéressantes, comme un lapin ou une tortue. Il y a aussi les Sept-Îles (2 étoiles), la plus grande réserve ornithologique de France, et quelque chose de vraiment différent, la Cité des Télécoms (2 étoiles), un musée consacré à l’histoire des inventions françaises pour les télécommunications.

La plus grande ville des Côtes-d’Armor est Saint-Brieuc, nommée pour un saint gallois. C’est connu pour avoir la deuxième plus belle gare en France, selon les passagers de SNCF. Ne me regardez pas comme ça, je ne suis que le messager ! Après être arrivé dans cette excellente gare, passer par les maisons anciennes du centre-ville (1 étoile) et la cathédrale Saint-Étienne (1 étoile). Mais on continue le long de la côte vers un site beaucoup plus spectaculaire.

Voilà l’un des Grands Sites de France, Cap d’Erquy et Cap Fréhel. Cap d’Erquy (2 étoiles) et Cap Fréhel (3 étoiles) sont parmi les plus belles plages de France. Le Fort La Latte (2 étoiles) est un grand château du XIVe siècle, et les pointes de Saint-Cast (2 étoiles) et de la Garde (2 étoiles) offrent de magnifiques vues. Tout ça sur environ 13 km !

Finalement, je veux mentionner la cité médiévale de Dinan. La vieille ville (2 étoiles) vaut le coup, et il y a de nombreuses attractions qui gagnent chacune une étoile, comme la Place des Merciers, la Basilique Saint-Sauveur, la Rue du Jerzual, et le Château de Dinan. Nos autres choix sont tous le long de la côte, mais considérez aussi une visite à Dinan.

Centre-ville de Dinan, Photo par Dinan Cap-Fréhel Tourisme, Droits réservés

Qui sont les personnages les plus connus de Côte-d’Armor ? L’écrivain et philosophe Ernest Renan, l’homme d’affaires milliardaire François Pinault, le cycliste Bernard Hinault. Il faut que j’ajoute le Marquis de La Fayette, héros de la Révolution américaine, parce que sa famille est liée à Saint-Brieuc, même s’il n’y a pas vécu lui-même. Il y a beaucoup d’autres qui sont connus en France, comme l’animateur Michel Drucker et l’actrice Danièle Évenou (j’adore Marie Pervenche !), mais comme toujours, je cherche ceux qui sont mondialement connus.

Qu’est-ce que l’on mange en Côtes-d’Armor ? Il y a surtout la crêpe bretonne, faite avec de la farine de froment ou de sarrasin. Il faut faire attention — parfois on dit « galette bretonne » pour une crêpe à la farine de sarrasin, et parfois « galette bretonne » veut dire un biscuit comme celui-ci. La « galette complète » est la version classique, avec un œuf, du jambon, et du fromage râpé. Tant que la Bretagne produit 55% du porc en France, c’est pas surprenant qu’ils mangent aussi du porc rôti au cidre. Parmi leurs produits locaux, le plus important est la coquille Saint-Jacques, où la baie de Saint-Brieuc a « le plus grand gisement naturel de coquilles Saint-Jacques de France », et aussi les huîtres et les moules. Pour boire, une dizaine de cidreries locales. En dessert, on trouve le far breton (un peu comme une flognarde ou un clafoutis, mais aux pruneaux), le quatre-quarts au sarrasin, le kouign-amann, et les palets bretons. On va bien manger en Côtes-d’Armor !

Je découvre la Côte-d’Or

Après deux semaines dans l’île de Corse, on continue le tour maintenant avec un autre département plein de plages, le 21, la Côte-d’Or. Je suis sûr que c’est le cas parce qu’il y a la Côte d’Azur, la Côte d’Ivoire, la Côte des Barbaresques… Attendez — c’est complètement enclavé et il n’y a pas de côtes ? Mais tous les départements sont nommés selon des faits géographiques, non ?

En fait, selon Wikipédia, avant la Révolution, les montagnes entre Beaune et Dijon s’appelaient déjà « La Coste » parce que, sur les cartes en relief, elles ressemblaient à une côte. Le mot « or » est une troncature du mot « orient », parce que les montagnes sont à l’est du département, et n’a rien à voir avec le métal.

En tout cas, c’est le département le cinquante-et-unième plus peuplé et les habitants se nomment Côte-d’Oriens ou Costaloriens. C’est notre premier séjour dans la région Bourgogne-Franche-Comté.

Hôtel-Dieu de Beaune Photo par Velvet CC BY-SA 3.0

On ne peut parler de la Côte d’Or sans parler du vin, mais aussi du festival moutarde et cinéma. Je plaisante sur le festival, une blague de La Cité de la Peur, mais les deux plus grandes villes sont Dijon, connu pour la moutarde, et Beaune, très bien connu pour le vin, surtout le pinot noir et le chardonnay.

Alors, on commence notre séjour en Côte-d’Or à Beaune. Le plus grand trésor de la ville est l’Hôtel-Dieu (3 étoiles Michelin, photo ci-dessus), à la fois musée et vignoble où on trouve le chef d’œuvre de Rogier van der Weyden, Le jugement dernier. Aussi dans la ville, ne ratez pas les Remparts (1 étoile), le vieux mur et des tours qui encerclent la ville. Il y a aussi des châteaux intéressants près de la ville, comme le Château de Savigny-les-Beaune, qui vient du XIVe siècle et fonctionne encore comme exploitation viticole, et le Château de la Rochepot, la maison des Carnot, où on trouve une salle très intéressante plein d’objets chinois, des cadeaux pour M. le Président Carnot pendant les années 1890s.


Mais si vous êtes à Beaune, il faut vraiment que vous visitez La Côte (3 étoiles) — la collection de vignobles et villages d’où viennent les meilleurs vins du monde. Je vous recommande fortement ce bel article sur cette région par l’une de mes blogueuses préférées et son chat, Flanel. L’Office de Tourisme Beaune vous propose des infos pour suivre la Route des Grands Crus.

Quelque chose de bizarre ? Si vous voulez visiter la dernière usine de moutarde familiale en toute Bourgogne, elle est à Beaune, pas à Dijon, la Moutarderie Fallot (1 étoile). (Voici leur recette de macarons à la moutarde. Si Pierre Hermé peut faire des macarons aux légumes, pourquoi pas ?)

Dijon est également plein de trésors — peut-être de plus que Beaune ! Il y a d’abord le Musée des Beaux-Arts (3 étoiles) ainsi que 3 autres musées étoilés — de la Vie bourguignonne, d’Art sacré, et d’Archéologie. Le Musée des Beaux-Arts fait partie du Palais des ducs (2 étoiles), en face de la Place de la Libération (anciennement la Place Royale, d’Armes, Impériale, du Maréchal Pétain, puis enfin Libération — voilà, la France !). La Cathédrale Saint-Bénigne (2 étoiles), du XIIIe siècle, est consacré au premier martyr bourguignon. Ne ratez pas les Puits de Moïse (3 étoiles) une énorme statue du XIVe siècle, dans un ancien monastère. Et juste pour l’architecture, passez par la Place François-Rude (pas d’étoiles, je m’en fiche).

On trouve aussi en Côte d’Or le village de Meursault, mieux connu comme le village où Louis de Funès, Bourvil, et les soldats anglais ont convenu de se rencontrer dans La Grande Vadrouille. Je dois mon amour des films français à Rabbi Jacob, mais c’était pour La Grande Vadrouille que j’ai acheté le bon lecteur DVD pour la région ! On peut prendre une visite guidée, mais si vous voulez voir tout le Meursault du film, il faut visiter aussi les villages de Vézelay et Noyers-sur-Serein. Hélas l’hôtel à Noyers-sur-Serein n’existe plus.

Je peux continuer pendant des semaines. Alors, j’arrêt avec les sites touristiques pour demander ma question habituelle : qui sont les personnes les plus connues du département ? Il y a d’abord une famille très proche aux cœurs des ingénieurs, les CarnotNicolas Sadi Carnot ayant découvert la thermodynamique, et son neveu Marie François Sadi Carnot, ingénieur puis Président de la République (1887-94). Il y a aussi le compositeur Jean-Philippe Rameau, l’architecte Gustave Eiffel, le cofondateur de Chevrolet, une marque de voiture américaine, Gaston Chevrolet, la chanteuse/artiste/modèle Alice Prin, dite Kiki de Montparnasse, et le saint catholique Bernard de Clairvaux — parmi des centaines. Quelle histoire !

Ne soyez pas stupide, Justin. Ne le dites pas…Qu’est-ce que l’on mange en Côte-d’Or ? (Soupirs.) Je vous ai dit de ne soyez pas stupide, Justin ! Après la soupe à l’oignon, y a-t-il un plat français plus connu dans le monde entier que le bœuf bourguignon ? Saviez-vous que la cuisine bourguignonne est si bien connue que l’UNESCO l’a inscrit au patrimoine mondial ? Le lapin à la moutarde ? Le coq au vin à la bourguignonne ? On parle de LA cuisine française ! En dessert, on trouve plus de vin aux poires pochées, et les nonettes, un genre de pain d’épices fourré à la confiture à l’orange. (Il me semble que la Côte-d’Or n’est pas connu pour ses desserts.)

Il y a aussi de nombreux produits locaux : les fromages époisses et cîteaux, la moutarde Dijon (bien sûr !), la truffe de Bourgogne, et quelque chose d’inhabituel, le pain d’épices de Dijon — dont il faut mélanger de la farine de blé, du miel, et du sucre, puis laisser rester pendant 1-3 semaines avant de cuisson. Carrément, on ne mourra pas de faim en Côte-d’Or !

Je découvre la Haute-Corse

On traverse maintenant l’île de Corse pour visiter le 2B, la Haute-Corse. D’habitude, je vous parle du nombre d’habitants, mais ça fait 3 jours depuis que le site INSEE ne marche pas. Il n’y a que 180 000 d’habitants, alors il y a plus de gens qu’en Corse-du-Sud (157 000), mais pas trop. Les habitants sont également nommés corses comme ceux de Corse-du-Sud.

Nous avons déjà parlé de l’histoire de l’île en tant que territoire français. Comme Corse-du-Sud est chez Napoléon, Haute-Corse est chez Pascal Paoli, qui a lutté pour l’indépendance de la corse. On parlera de lui ci-dessous.

On commence avec la ville de Bastia, la préfecture de Haute-Corse. Depuis des siècles, c’est le lis grand port de commerce sur l’île. Le Vieux Port (2 étoiles Michelin) n’est plus le site commercial, mais il reste encore des pêcheurs et des bateaux privés, ainsi que beaucoup de restos et sites touristiques. Le musée de Bastia (1 étoile) est situé dans l’ancien palais des Gouverneurs, et on y trouve de nombreuses expositions sur l’histoire corse. Juste en dehors de Bastia, on trouve l’ancienne cathédrale de Nebbio (2 étoiles) qui vient du XIIe siècle, et l’incroyable plage du Cap Corse (3 étoiles) où on peut faire de la plongée et visiter de beaux petits villages.

Si vous voulez faire le « tour Pascal Paoli », on commence à sa maison natale, à Morosaglia (0 étoiles) près de la belle vallée de La Castagniccia (2 étoiles). Visitez aussi sa statue à Corte, puis la Citadelle de Corte (1 étoile), où on se trouve le Musée de la Corse, l’office de tourisme, et le musée d’art FRAC. Finalement, visitez l’Île-Rousse, une cité fondée par Paoli lui-même pour avoir un port que les gênes ne contrôleraient pas. Pendant que vous êtes là, visitez le buste de Paoli en face de l’église de l’Imacculée-Conception (0 étoiles).

Il y a quelques autres joyaux de Haute-Corse. Juste en dehors de l’Île-Rousse, il y a la vallée de La Balagne (3 étoiles), où on trouve le parc naturel régional de Corse. Ne ratez pas la Citadelle de Calvi (2 étoiles), construit de 1483 au XVIIe siècle contre ce qui appelle Wikipédia « la menace franco-turque » (vous ne lirez pas trop souvent cette expression !). À la Citadelle, on se trouve la maison natale d’un navigateur, un Christophe Colomb. Vous avez peut-être entendu parler de lui ? (Il y a des doutes, mais j’accepte toujours les revendications français contre le reste du monde !) Finalement, si vous adorez faire de la randonnée, et votre colonne vertébrale ne ressemble pas du tout la mienne, faites une randonnée au Monte Renoso, le plus haut sommet de Corse (3 étoiles).

Vous savez que je demande toujours, qui sont les habitants les plus connus du département. On a une surprise — Henry Padovani, guitariste original de The Police — oui, avec Sting — né à Bastia. Joseph Bonaparte a été né à Corte, bien que sa famille soit plus liée à Corse-du-Sud. Antoine de Saint-Exupéry n’y a habité que pendant les deux dernières semaines de sa vie, mais son dernier vol en tant que pilote est sorti de l’aéroport de Bastia-Poretta.

Pour conclure, je parle toujours de la cuisine départementale, mais il n’y a aucune différence entre la Haute-Corse et la Corse-du-Sud. Demain, je ferai mon dîner départemental, puis j’ai une autre histoire sur une entreprise de Haute-Corse, ensuite on reviendra dans l’Hexagone.

Je découvre la Corse-du-Sud

On arrive maintenant dans le… 2A ? Où est le 20 ? Comment est-ce qu’on compte en français : 18, 19, 2A ? Même dans le système de nombres hexadécimaux, il faut comptoir 20 avant 2A ! J’entends parler que si on écrit 20 sur une enveloppe, La Poste la livrera quand même. En tout cas, je pourrais écrire soit un post soit deux sur la Corse, parce que les définitions ont changé plusieurs fois, mais j’en écrirai deux.

La Corse-du-Sud est le département le septième moins peuplé, et les habitants se nomment les corses. Mais ce qui leur manque en quantité, ils le regagnent en qualité, avec peut-être le Français le plus important de l’histoire. Oui, la Corse-du-Sud se vante de Napoléon Bonaparte, né dans leur préfecture, Ajaccio. Et je vous rassure, j’ai une histoire sur Napoléon et sa famille pour vous raconter que vous ne savez probablement pas. (Ça fera son propre article.) En parlant de sa famille, vous pouvez trouver beaucoup d’eux dans la chapelle impériale à Ajaccio :

Chapelle Impériale Photo par Eveha CC BY-SA 3.0

Mais l’histoire de Corse-du-Sud ne commence pas avec Napoléon. Comme de nombreuses îles de la Méditerranée, c’est un lieu stratégique et une voie de navigation précieuse. Dès l’âge Néolithique, il y a 9000 ans avant J-C, on trouve des preuves d’êtres humains. Il y a 3500 ans, on trouve la « culture torréenne », une civilisation qui nous a laissé des tours en pierre. Voici un exemple à Cucuruzzu :

Les ruines à Cucuruzzu, photo par DocteurCosmos CC BY-SA 3.0

Nous passons par les Phéniciens et les Romains et reprenons notre histoire pendant le Moyen-Âge, à commencer avec notre roi préféré, Charlemagne. En tant que roi des Lombards, avant de devenir roi des Francs, il donne l’île au Pape en 774. Après, en 1077, le Pape cède le contrôle aux Pisans, qui perdent l’île aux Génois en 1299. L’île reste sous le contrôle d’une sorte d’italien ou autre jusqu’en 1553 quand Sampiero Corso, un soldat de la Corse-du-Sud capture l’île en tant que mercenaire français. Ça ne dure longtemps, et en 1559 les Français rend encore l’île aux Génois. Après des émeutes en 1729, il y a une guerre civile, puis en 1735, la Corse gagne une brève indépendance. « Brève » veut dire moins que deux ans, après lesquels, les Français, les Génois, les Britanniques, et les Espagnols prennent tous leurs tours à se battre pour le contrôle. Ce qui se passe après, jusqu’à la Révolution Française, c’est compliqué, mais après une lutte entre le général corse Pascal Paoli (dit « Babbu di la Patria », ou Père de la Patrie) et la Convention, la Corse est sous le contrôle de la France depuis 1795.

La ville la plus importante de la Corse-du-Sud est carrément Ajaccio, la préfecture et le lieu de naissance de Napoléon. Et franchement, si vous allez en Corse-du-Sud, c’est pour faire le tour de sites Napoléoniens. (Également, si vous allez en Haute-Course, c’est pour faire le tour de sites Paoliens.) Alors, quels sont les incontournables Napoléoniens ?

Il y a deux musées appelés « Musée de France » consacrés à Napoléon, Le Musée national de la Maison Bonaparte (1 étoile Michelin) et Le Salon napoléonien de l’hôtel de ville d’Ajaccio (1 étoile). Ce dernier fait partie du Palais Fesch (3 étoiles), un musée de beaux-arts. Il y a plusieurs statues de Napoléon à Ajaccio ; il faut visiter le monument équestre à la Place du Général-de-Gaulle (0 étoiles), érigé sous le règne de Napoléon III, et la statue de Napoleon en consul romain à la place Foch (0 étoiles).

En dehors d’Ajaccio, on visite la Corse-du-Sud pour sa beauté naturelle et aussi les sites préhistoriques. On a déjà parlé de Cucuruzzu (2 étoiles). Ne ratez pas aussi la Golfe de Porto-Vecchio (2 étoiles), le site Néolithique de Filitosa (2 étoiles), la Vallée de la Gravona (2 étoiles) et la haute ville de Bonifacio (2 étoiles), une ville médiévale.

Qui sont… non, cette fois je ne peux pas. Si vous ne savez pas qui est le corse le plus célèbre, je ne peux pas vous aider. Eh bien, qui sont les autres corses bien connus ? Il y a le cardinal catholique, et oncle de Napoléon, Joseph Fesch, le médecin Jérôme Tarayre l’acteur Christian Clavier (qui y habité pendant une décennie), la chanteuse Mylène Farmer (qui y possède une maison) et c’est plus ou moins tout le monde qui est connu sans porter le nom Bonaparte. Mais je dois ajouter, j’ai trouvé beaucoup de résistants de la Seconde Guerre Mondiale et de Compagnons de la Libération. Ils ne sont pas connus ailleurs, mais c’est évidemment une population qui peut être fier d’elle-même.

Que mange-t-on en Corse-du-Sud ? Il faut que je vous dise la réalité horrible — ils mangent de la cuisine italienne. Je suis sûr que c’est une nouvelle choquante. Mais c’est vrai. Par exemple, la « soupe corse », appelée minestra, est faite avec des tomates, haricots rouges, et pommes de terre, exactement comme la soupe italienne, minestrone. Ils mangent aussi des pâtes comme le cannelloni et les lasagnes. Ils font tout ça avec un fromage appelé « brocciu » qui vient du lait de brebis, comme cette pâte appelée x. On trouve le brocciu partout dans la cuisine corse, même dans les pâtisseries, comme le fiadone (un brocciu mélangé avec du sucre et des œufs) et l’imbrucciata. Il y a plein de poissons et de fruits de mer, avec un plat qui ressemble beaucoup à la bouillabaisse, l’aziminu. Ils font beaucoup de spiritueux locaux, comme la cédratine (exactement comme la boisson italienne, le limoncello), l’acquavita (une sorte d’eau-de-vie), et la ratafia, « une liqueur résultant de la macération de fruits, frais ou secs, dans de l’alcool ». Ce n’est pas une cuisine compliquée, mais ils utilisent bien leurs produits locaux, et vous ne mourrez pas de faim pendant votre voyage.

Je découvre la Corrèze

On continue le tour des départements avec le 19, la Corrèze. Pouvez-vous croire que ça fait 20% des départements de France métropolitaine ? (Pour être clair, je n’oublierai pas les départements d’outre-mer.) Moi, je suis choqué — je me sens comme c’était juste hier quand j’ai commencé avec l’Ain. En même temps, selon mes plans originaux, cette semaine devrait être le 26. Mon but est de finir le tour dans deux ans, mais pas du tout de fermer le blog quand ça arrive. Savez-vous qu’il y a au moins 11 000 châteaux en France et selon un compte, plus que 45 000 ? Et je n’en ai écrit que des dizaines ? On pourrait écrire pendant un siècle sans épuiser le trésor appelé la France !

Ah bon, la Corrèze. C’est notre troisième visite en Nouvelle-Aquitaine après les deux Charentes, et c’est le département le dix-neuvième moins peuplé de France. Les habitants se nomment les corréziens.

L’histoire de la Corrèze commence au temps paléolithique, et comme beaucoup de France, on y trouve des ruines des habitants habituels :

Le territoire fut incorporé par la suite à l’Aquitaine après la conquête de la Gaule par les Romains, mais la romanisation y fut lente.

Ce fut ensuite la domination des Wisigoths, des Francs (ve et vie siècles), les ravages des Sarrasins (viiie siècle) et des Normands (ixe siècle).

Histoire de la Corrèze sur Wikipédia

Pour nous l’histoire de la Corrèze devint intéressante comme dans les Charentes, avec Aliénor d’Aquitaine et son mariage avec Henri II Plantagenêt. Corrèze a fait partie de la propriété des rois d’Angleterre jusqu’à la Guerre de Cent Ans. Pendant les guerres de Religion, les catholiques sous Louis de Pompadour ont lutté contre les protestants sous Gilbert III, duc de Ventadour. Vous verrez leurs châteaux ci-dessous et pourrez décider à vous-même qui a gagné. Plus tôt, pendant la guerre franco-allemande de 1870, beaucoup de corréziens se sont portées volontaires contre les allemands, quelque chose qui deviendra habituel quand leurs descendants feront une grande partie de la Résistance. Je vous conseille fortement de lire ce dernier lien ; j’ai des larmes aux yeux.

La plus grande ville de la Corrèze est Brive-la-Gaillarde, avec environ 46 000 habitants. Il n’y a qu’une autre ville, Tulle, avec plus que 10 000. Vous ne croirez pas d’où vient le nom Brive-la-Gaillarde :

On entre alors en ville d’un côté par une porte, de l’autre par un pont. Le pont fournit le nom de « Brive » (briva — autrement noté brīuā — et signifie « pont » en langue gauloise) et l’aspect fortifié avec enceinte hérissée de tours celui de « Gaillarde » (Galia désignant la force en latin).

Brive-la-Gaillarde, Wikipédia

Je vais vous dire quelque chose que vous n’imaginiez jamais que je dirais : Le Guide Vert Michelin peut avoir tort. Il y a beaucoup de choses étoilées en Corrèze, mais je crois vraiment que le guide sous-estime ce département. Par exemple, voici les Jardins de Colette, près de Brive-la-Gaillarde — 0 étoiles. Dites-moi que c’est juste quand vous apercevez leur labyrinthe dans cette vidéo :

Et c’est à Brive-la-Gaillarde ou près de la ville qu’on trouve beaucoup de trésors corréziens. Il y a la Collégiale Saint-Martin de Brive (1 étoile) et le Musée Labenche, dans un bâtiment du XVIe siècle (1 étoile), où on trouve des collections sur l’histoire gallo-romaine, les tapisseries, et les arts et traditions régionales. Près de Brive, il y a le Château de Turenne (0 étoiles) qui date du XIIIe au XVIIIe siècle et où on trouve un panorama de l’un des Plus Beaux Villages de France, Turenne. (J’ai des questions pour Michelin — 0 étoiles même pour cette vue ? C’est TRÈS inhabituel.) Aussi pas trop loin de Brive, on trouve la grotte de Gouffre de la Fage (1 étoile) où il y a des chauves-souris et des outils Cro-Magnon.

En dehors de Brive-la-Gaillarde et ses environs, il y a 5 des Plus Beaux Villages de France. En fait, cette organisation a été créée par le maire de l’un de ces villages Collonges-la-Rouge. Pour ma part, je trouve Collonges le plus beau des 5, avec ses bâtiments en pierre rouge. Ne ratez pas le Castel de Vassinhac (1 étoile) et l’Église Saint-Pierre (1 étoile).

Peut-être que le plus dur en Corrèze est de choisir parmi tous leurs magnifiques châteaux. Je vais vous en donner quelques de plus. Le Château de Pompadour était la maison de la célèbre Mme. de Pompadour, maîtresse du Roi Louis XV. Les Tours de Merle (2 étoiles) datent du XIIe au XVe siècle, et font un site unique parce que plusieurs seigneurs habitaient là-bas en même temps. La vue est spectaculaire ! Le Château de Val (1 étoile) est situé sur un joli lac, et le Château de Ventadour n’est que des ruines mais est un site historique, d’où vient le troubadour Bernard de Ventadour.

Qui sont les personnages les plus connus de la Corrèze ? Pour un si petit département, la liste est étonnante : le dernier Pape français. Grégoire XI,, le mathématicien Cédric Villani (gagnant du prix le plus prestigieux en mathématiques, la Médaille Fields), le physicien Louis Néel (gagnant du prix Nobel en physique), le réalisateur Éric Rohmer, et les anciens présidents de la République Jacques Chirac (en tant que député) et François Hollande (aussi député).

Et qu’est-ce qu’ils mangent en Corrèze ? Vous allez vous rendre compte d’un thème. Il y a la mique : « une boule de pâte levée pochée dans un bouillon qui se mange avec du petit salé, de l’andouille et des légumes ». Et la farcidure : « des boules de pommes de terre râpées qui se font cuire dans un bouillon de petit salé et d’andouilles ». Et le milassou : « une galette de pomme de terre râpée ». C’est tout des pommes de terre, du petit salé et de l’andouille ! Je sais déjà que je vous ferai une flognarde en dessert — c’est cher à mon cœur à cause d’une amie d’origine limousine, le deuxième dessert inconnu ici que j’ai jamais fait. J’aimerais faire un gâteau trépais, mais, euh, je n’ai pas le droit (ou la recette).

Ils sont fiers de leurs nombreux produits de terroir : le bœuf limousin label rouge, le veau de lait, le fromage Feuille de Limousin, les pommes AOP du Limousin (selon eux, les seules pommes AOP de France), et les noix du Périgord AOP. En général, ces produits ne sont pas disponibles près de chez moi. Mais c’est clair que c’est un joli département avec beaucoup de belles raisons pour visiter !

Je découvre le Cher

On continue maintenant avec le 18, le Cher. Il est le département le vingt-cinquième moins peuplé et les habitants se nomment — très exceptionnellement — deux choses : chérien et berrichon. Le Cher faisait autrefois partie de la province du Berry, d’où vient le nom berrichon. Ne les confondez pas avec les bonnychons, leurs voisins. C’est notre première visite dans la région Centre-Val de Loire.

J’ai un petit lien heureux et surprenant avec le Cher. Au lycée, quand j’ai suivi un cours d’histoire de l’art, mon œuvre préféré était le manuscrit Très Riches Heures du duc de Berry, un livre d’heures commandé par Jean 1er de Berry, premier duc de l’ancienne province du Berry. La ville de Bourges était sa capitale. Aujourd’hui, le livre fait partie de la collection du musée Condé à Chantilly. (On parlera plus sur ce musée plus tard — ça fait partie de l’un des plus grands trésors de France.) Pendant ce temps-là, tout ce qui reste de la province du Berry est un site pour tourisme, partagé par les départements qui en faisaient partie.

Extrait des Très Riches Heures du duc de Berry, domaine public

En parlant de Bourges, elle reste encore la plus grande ville du Cher, et elle est sa préfecture. Il était une fois, Bourges était la ville romaine Avaricum, et on y trouve encore des remparts romains (1 étoile Michelin). La chose la plus incontournable est la cathédrale Saint-Étienne (3 étoiles) qui date au XIIe siècle. Ne ratez pas aussi le Palais Jacques-Cœur (2 étoiles) construit au XVe siècle par l’argentier du roi Charles VII. Et dans les mois de mai à septembre (sauf l’août), on peut visiter le Jardin de Marie à Neuilly-en-Sancerre, près de Bourges. Il y a aussi des musées intéressants, comme le Musée des Meilleurs Ouvriers de France (0 étoiles, les cons) et L’Hôtel Lallemant (1 étoile) avec une collection de la Renaissance.

Bourges est célèbre pour quelque chose d’autre, le quartier général du sirop de Monin. Aux États-Unis, ils ont une usine en Floride, j’ai donc pensé que c’était un produit américain à cause de l’adresse dans l’étiquette. J’avais tort ! En 2018, on pourrait faire un tour de leur usine, mais je ne peux pas trouver aucune preuve que ça reste le cas. Mais je vous rassure, on verra bientôt ce sirop dans le blog !

En dehors de Bourges, il y a beaucoup d’autres trésors ! La village de Sancerre et ses environs (2 étoiles) est célèbre pour ses vins du cépage Sauvignon Blanc et le fromage AOP Crottin de Chavignol. À Meillant, il y a un magnifique château du XVe siècle (2 étoiles), à Bruère-Allichamps on trouve l’Abbaye de Noirlac (2 étoiles), et à Apremont-sur-Allier, il y a un joli parc floral (2 étoiles).

Qui sont les personnages les plus connus du Cher ? Selon le Lancelot-Graal, le roi Uther Pendragon, père du Roi Arthur de Grande-Bretagne, est né à Bourges, et qui suis-je pour discuter ? Plus récemment que le Ve siècle, il y a les rois de France Charles VII et Louis XI, le théologien Jean Calvin y vivait, la peintre Berthe Morisot, et l’écrivain très célèbre Antoine de Saint-Exupéry a passé « quelques mois à l’école militaire d’Avord ». On peut dire que les grands personnages du Cher viennent de son passé, mais on doit se souvenir que c’est maintenant un département agricole — et quel grand passé !

Qu’est-ce qu’ils mangent dans le Cher ? Nous avons de la chance cette semaine — le site Berry Province nous offre une jolie collection de recettes ! Il y a la blanquette de poule noire de Berry, les oeufs à la couille d’âne (pas vraiment, c’est juste un nom !), le coq en barbouille, et le pâté berrichon. En produits locaux, on a déjà trouvé le crottin de Chavignol, le vin de Sancerre, et le sirop de Monin, mais il y a aussi les lentilles vertes et les truffes noires. On peut très bien manger dans le Cher !

Je découvre la Charente-Maritime

On continue maintenant avec le 17, la Charente-Maritime. C’est le département le quarantième plus peuplé, et les habitants s’appellent les charentais-maritimes.

La Charente-Maritime n’est pas du tout « Charente part deux ». Elle fait historiquement partie de la même région, mais elle est moins rurale, et la culture et le patrimoine sont plus influencés par la mer. Par exemple, à La Rochelle, on trouve beaucoup de phares et de tours fortifiées comme celle-ci, la Tour de la Lanterne (2 étoiles Michelin) :

Photo par Jebulon, Domaine public

La Rochelle est la plus grande ville de Charente-Maritime, mais il n’y a que 76 000 habitants. C’est l’un des ports les plus importants de l’Atlantique depuis le XIIe siècle, quand Guillaume X, duc d’Aquitaine, a construit un mur pour faire entourer le port. Un peu plus tard, Aliénor d’Aquitaine (dit « Eleanor » en anglais) épousée Henri II d’Aquitaine, qui est devenu roi d’Angleterre, et La Rochelle est devenue le lieu de commerce avec les Anglais. Aujourd’hui La Rochelle est plus important comme port de pêche et port de plaisance. En tout cas, je vous conseille fortement de visiter le Vieux Port (3 étoiles) :

Photo par Mister Brown, CC BY-SA 3.0

D’ailleurs du port, La Rochelle a une grande collection de musées : de l’histoire naturelle (2 étoiles), du Nouveau Monde (1 étoile), de la vie maritime (1 étoile), des automates, des Beaux-Arts, et du Bunker de La Rochelle pendant la Seconde Guerre Mondiale (1 étoile). Il y a aussi un célèbre aquarium (2 étoiles), mais à ma part, j’ai déjà assez de grands aquariums en Californie.

Mais la Charente-Maritime n’est pas du tout juste La Rochelle ! À Saintes, on trouve un centre historique magnifique avec la Cathédrale Saint-Pierre (0 étoiles — même le guide Michelin fait parfois des erreurs), et aux alentours, Rue de la Belle-au-Bois-Dormant, comme un conte de fées, on trouve le Château de la Roche-Courbon (2 étoiles — qu’est qu’il y a, Michelin ?). Pas trop loin de Saintes, à Rochefort, on trouve la Corderie Royale (2 étoiles) et son Quartier de l’Arsenal (aussi 2 étoiles), deux lieux où l’équipement de l’armée et la marine a été fabriqué. À Royan, le Guide Michelin vous dira qu’on doit voir l’Eglise Notre Dame de Royan, à laquelle ils donnent 3 étoiles. Je vous dirais que cette église est l’une des plus moches bâtiments du monde, et que vous devriez plutôt aller au Zoo de La Palmyre (aussi 3 étoiles).


Qui sont les personnes les plus connus du département ? Bien sûr, Aliénor d’Aquitaine, mais aussi l’explorateur Samuel de Champlain (qui a découvert le Québec), le peintre Wililiam Bouguereau, le philosophe Maurice Merleau-Ponty (qui je n’aime PAS DU TOUT, mais c’est bien connu parmi les philosophes), Joseph Guillotin — un médécin avec des idées bizarres sur les soins de santé, et peut-être le français le plus célèbre aux États-Unis après Napoleon, Armand Jean du Plessis de Richelieu, dit ici « Cardinal Richelieu ». (Je vous rassure, c’est à cause des Trois Mousquetaires, pas parce qu’on est de bons étudiants.)

Finalement, qu’est-ce qu’on mange en Charente-Maritime ? Il y a beaucoup de produits locaux. Ici, on trouve les huîtres Marennes-Oléron et les marais salants. Il y a aussi les moules de bouchot, un fromage appelé la jonchée d’aunis, et le melon charentais (un genre de cantaloup). Leurs plats sont plus ou moins les mêmes qu’en Charente, surtout les escargots de toutes sortes.

Je découvre la Charente

On continue maintenant le tour avec le 16, la Charente. C’est le département le trente-cinquième moins peuplé et les habitants se nomment charentais. C’est notre premier voyage dans la région de Nouvelle-Aquitaine.

Il n’y a aucune doute du produit le plus célèbre de la Charente — le beurre de Charentes-Poitou ! Quand j’ai vu la vidéo de Cook and Record pour faire des croissants pour la première fois, mon cœur s’est serré quand elle a dit qu’on avait besoin de ce beurre. J’ai trouvé quelques beurres aux États-Unis avec plus de gras, alors similaire, mais tous beaucoup plus durs. Juste avant d’écrire ce post, j’ai enfin trouvé un fournisseur pour ce beurre à 60 km de chez moi.

J’entends parler qu’il y a des gens qui sont plus amoureux de leur autre produit agricole, une boisson appelée cognac. Je plaisante, mais c’est vrai que je n’ai pas encore bu du cognac pendant toute ma vie. J’apprécierais vos suggestions — mais pas Louis XIII ! C’est trop cher !

La plus grande ville de Charente est Angoulême, avec 41 000 d’habitants. Il n’y a qu’une autre ville en Charente avec plus que 10 000, Cognac. L’histoire d’Angoulême commence il y a environ 14 000 ans, avec des êtres humains paléolithiques. Beaucoup plus tard, elle était une ville romaine, puis assiégé par le roi Clovis Ier en 508. Elle fait partie du territoire anglais pendant la Guerre de Cent Ans. Un renseignement intéressant — quand le navigateur italien Verrazano à découvert l’endroit qui est devenu New York, il l’a donné le nom Nouvelle-Angoulême. Dommage que le nom a changé — j’aurais aimé regarder «Le gendarme à Nouvelle-Angoulême» !

Il y a un lieu près d’Angoulême que j’aimerais beaucoup visiter — le foyer ancestral de la famille La Rochefoucauld. Bien sûr, c’est parce que j’admire tellement François VI, Duc de La Rochefoucauld — et il a passé la plupart de sa vie à Paris ! Mais c’est quand même un magnifique château, avec une histoire qui date au Xe siècle. Et leur bibliothèque a une copie originale de l’encyclopédie de Diderot et d’Alembert !

Photo par Jack ma, CC BY-SA 3.0.

Il y a plein d’autres beaux lieux pour visiter en Charente. À Angoulême, on trouve la Cathédrale Saint-Pierre (2 étoiles) du XIIe siècle, et beaucoup plus récemment, La Cité de la bande-dessinée (2 étoiles) — ne ratez pas leur collection INCROYABLE avec des planches originales de Tintin, de Popeye, de Batman… c’est fou ! Aubeterre-sur-Dronne est l’un des Plus Beaux Villages de France, et c’est plein d’artisans. Ne ratez pas leur église souterraine du VIIIe siècle ! (Aussi 2 étoiles.) À Charroux, on trouve une abbaye fondée par Charlemagne lui-même (1 étoile) pour garder une relique de la Vraie Croix. Et bien sûr, il faut visiter une maison de cognac, comme Martell ou Rémy Martin à Cognac. (Bien sûr, quand j’arriverai, je goûterai de Louis XIII !)

Qui sont les habitants le plus connus de Charente ? Nous avons déjà parlé du Duc de La Rochefoucauld, mais il y a aussi l’un des fondateurs de l’UE Jean Monnet, le Président de la République François Mitterand, le Saint patron des ingénieurs électriciens (pas vraiment, mais l’un des plus importants) Charles-Agustin Coulomb, l’actrice Anouk Aimée, et l’écrivain Paul Valéry.

Finalement, qu’est-ce qu’on mange en Charente ? Il y a beaucoup de produits locaux, comme l’esturgeon de Gensac (rien à voir avec mon actrice préférée), le fromage Manslois, les truffes de Jarnac, et la poule de Barbezieux. En plats principaux, il y a les tripes à l’angoumoise (euh…) et les cagouilles à la saintongeaise (un genre d’escargot ; j’ai déjà mangé), et en dessert, on trouve la cornuelle, un «biscuit triangulaire en pâte sablée constellé de grains d’anis roses et blancs» et la galette charentaise, «aromatisée avec la plante emblématique du marais poitevin : l’angélique confite». (Aucune idée où je trouverai l’angélique confite !)