Archives pour la catégorie La première fois

Le magasin de Miraculous

Le meilleur émission à la télé pour les enfants préadolescents est sans doute Miraculous, une production 100% française et diffusée dans plus de 120 pays. Ma fille est grand fan depuis trois ans, et moi — disons que j’écoute quand elle le regarde. Il y a un personnage obsédé par le camembert, un épisode avec une galette des rois géante volante, un méchant qui est styliste de mode parisien — c’est presque un documentaire sur la vie quotidienne parisienne ! De toute façon, puisque l’année scolaire est terminée, nous sommes allés aujourd’hui à Santa Monica pour visiter le Zag Store, la boutique officielle de Zag Studios, la société qui produit Miraculous.

Malheureusement, je ne pouvais pas prendre des photos à l’intérieure, car il y avait une affiche sur l’entrée qui disait « Défense de prendre des photos. » (En fait, elle disait « No photos allowed , » mais vous comprenez.) Mais ce bâtiment était couvert d’affiches de l’émission, alors je vais les partager.

Je suis sûr que vous reconnaissez tous Chat Noir et Queen Bee (c’est comment vous savez qu’elle est vraiment méchante ; son surnom de super-héros est en anglais même en version française).

Si je pourrai emmener ma fille en France un jour, il faudra que l’on passe par le Lycée Carnot, réputé d’être le modèle pour le collège Françoise-Dupont de la série. Perso, je ne le vois pas, mais s’il existe la moindre ressemblance, ma fille la trouvera.

Puisque nous étions déjà à Los Angeles, nous sommes allés à Westwood, le site de l’Université de la Californie à Los Angeles, pour aller à une biscuiterie que je vous recommanderais si vous étiez là. « Diddy Riese » est là depuis 40 ans — je sais, c’est rien en comparaison avec des centaines de boulangeries en France — et c’est le meilleur rapport qualité prix à Los Angeles. Les biscuits sont tous des variétés traditionnelles américaines, mais malgré étant dans l’un des lieux les plus chers de Californie, rien ne coûte plus de 0,75 $ (environ 0,72 €). Commandez-en deux en forme de sandwich à la glace ; vous allez vous régaler.

Et à côté de Diddy Riese, vous allez trouver un panneau…inattendu :

Hélas, c’est pour fumer des narguilés.

Finalement, très proche à ces magasins, on trouve un petit rappel de la maison :

On a de meilleurs cafés à Los Angeles, mais Elysée est assez authentique. J’espère que vous avez profité de notre petit tour de Los Angeles. Après tout, quand ma fille s’est rendu compte de ce que tous ces endroits ont en commun, elle m’a dit « Tu ne m’y as pas amené pour moi, tu as fait ça pour tes lecteurs ! » Trop maline, celle-ci !

Le magazine « Marianne »

À l’aéroport, quand il ne me restait que quelques minutes avant de quitter la France (ça fait mal au cœur de le taper), j’ai décidé d’acheter un magazine de nouveau. Vu les gros-titres piquants dans cette photo, j’ai choisi Marianne.

Si je l’ai bien compris, il y a certains d’entre vous qui ont vu cette photo en disant « Oh punaise, il avait déjà une semaine difficile, et il l’a finie par lire QUOI ? » On dirait que les éditeurs ne sont pas de grands fans des États-Unis. Mais ça ne me dérange pas trop — leur attitude ne dépend évidemment pas de quel parti est au pouvoir, et je peux respecter ça. Qu’est-ce qu’ils ont dit ?

Tout d’abord, à la première page, en se plaignant qu’Élisabeth Borne n’existe pas (c’est-à-dire que l’autrice la considère comme fantoche de M. le Président Macron) :

Quant à se soustraire à l’impérialisme économique américain revigoré par la guerre, Emmanuel Macron fait ce qu’il peut mais manque d’alliés en Europe, seule condition pour s’opposer à l’imposition des normes anglo-saxonnes et à l’extraterritorialité du droit américain.

Cette analyse est plutôt loin du débat aux États-Unis, où on se plaint d’avoir dépensé 40 $ milliards pour les ukrainiens (lien en anglais) pendant qu’il reste une pénurie de formule bébé à la maison. Disons que ça pourrait avoir raison, mais je ne me sens pas trop le J6M moderne. (([Ne vous inquiétez pas. Vous restez le Dark Vador chez moi. L’empereur Palpatine en même temps. Au fait, pouvez-vous arroser mes plantes pendant mes vacances cette semaine ? — Mon ex]) Pour info, cette dernière chose s’est vraiment passée ce week-end, mais en anglais — or vous vous demandez pourquoi je ne veux parler qu’en français. Sans doute, elle ait raison, mais je suis plutôt Mordicus, je crois. Nous jouons du même instrument. (Pour mes lecteurs américains, c’est-à-dire Oscar le Grognard.)

J’ai franchement peur de même essayer d’analyser l’article suivant. C’est clairement écrit d’une façon très ironique, et je ne veux pas me tromper. Disons que c’est aussi sceptique des États-Unis que de l’OTAN.

Mais une fois au-delà de ces colonnes d’opinion, j’ai trouvé le reste du magazine plutôt agréable. Il y a 14 pages consacrées à une analyse du programme de la NUPES, et je l’ai trouvée plutôt prudente. Peut-être trop prudente, car la section du magazine intitulée « Ce que Marianne en pense » est pleine d’analyses genre « d’une part, d’autre part ». Quel changement après le début ! Même quand leurs gros-titres sont un peu dramatiques, comme « Qui met le feu à l’huile de tournesol ? », leurs conclusions ne sont pas complotistes — en ce cas, ils parlent des consommateurs qui augmentent leurs stocks, et des fermiers qui ont commencé à semer ces plantes.

La section appelée « Mieux vaut en rire ! » n’est aucun Canard enchaîné, mais ils essayent. Voilà l’un de leurs dessins ; malgré plusieurs articles sur les masques, je n’ai pas arrivé à comprendre leur avis sur ce sujet. Mais j’ai un peu ri.

La section appelé « Agora » offre de l’espace à des invités pour offrir des rédactions sur de nombreux sujets dont le pouvoir d’achat des fonctionnaires et l’art contemporain. Il m’a semblé qu’ils ont fait des efforts pour inclure une gamme d’opinions. Je n’ai rien à ajouter sur la section culturelle parce que les œuvres dont ils ont parlé ne me sont pas familières.

Wikipédia décrit Marianne comme ça : « Sa ligne éditoriale, souverainiste, antilibérale et laïque, emprunte à la fois à la gauche et à l’universalisme républicain. » Souverainiste est certainement le bon mot ; quant aux autres, je ne suis pas toujours sûr. Est-ce que j’achèterais le numéro actuel la prochaine fois que je suis là ? Certainement.

Mes mésaventures sur les sites de rencontres

J’ai dû cacher ce post jusqu’après le concert, de peur que vous deviniez que je n’allais vraiment pas en France (seulement) pour du nougat de Montélimar. (Je suis sage — il me reste toujours 9 des 10 barres.) Vous comprendrez bientôt. Mais d’abord, je voudrais juste vous rassurer qu’il s’agit d’une histoire d’anglophones.

Il y a de nombreux sites de rencontres aux États-Unis, mais moi, je ne garde qu’un seul compte. Ça fait cinq ans depuis la dernière fois où j’ai payé, alors je ne peux pas contacter personne sauf quand c’est parfois gratuit. Franchement, je ne sais pas pourquoi je le garde, Je n’ai jamais reçu qu’une réponse positive — ça fait déjà 9 ans depuis ce temps-là — et il y avait même une fois où une femme m’a envoyé une note pour me rejeter sans avoir été contactée. Elle était juste dégoûtée que moi, en tant que père célibataire, ait été si audacieux d’avoir même lu son profil. Et vous vous demandez pourquoi j’aime tellement ces gens et leur attitude. Mais je mis à jour le profil une ou deux fois par an. Et la dernière fois était il y a peut-être 9 mois. Voilà une capture d’écran de l’extrait pertinent :

Je le traduis :

Assez sur moi. Il n’y a rien que j’aimerais plus que trouver une expatriée, ou au moins quelqu’une qui s’y soit spécialisée à la fac, qui pourrait partager mes passions pour les films de Louis de Funès et de Bourvil et la musique d’Indochine et des Rita Mitsouko. Je planifie un voyage à Paris en mai 2022 pour voir Indochine en concert, et j’aimerais être accompagnée par quelqu’une également engagée à ne pas parler même un mot en anglais dès l’atterrissage. Est-ce qu’elle pourrait être vous ?

Et voilà des photos qui accompagnait ce texte (oui, il y en a aussi avec moi-même) Mais disons que ces photos n’attirent personne qui les reconnaît :

Mais je me demande après tout ça : est-ce que l’auteur de ce paragraphe cherche une anglophone monolingue qui ne connait rien à la culture française ?

On dirait : Oui, vachement.

Pour préciser, j’ai trouvé une expatriée une fois, et lui ai écrit une note quand c’était gratuit. En français, bien sûr — et non, sans des propositions indécentes. Je suis exactement le même ailleurs qu’ici. ([D’accord. C’est ça le problème. — M. Descarottes]) Son profil a disparu le lendemain. J’imagine qu’elle m’a bloqué. Elle a bien compris que je n’étais pas sincère car elle n’était pas analphabète ni monolingue.

Il y a un mois, j’ai reçu une note courte — en anglais — mais c’était plus long que « Bonjour », et à mon avis, c’est poli de répondre quand quelqu’un fait même un peu d’effort. Mais il n’y avait la moins chose dans son profil qui disait « Je partage vos intérêts » ; je lui ai donc répondu pour dire « Non, merci, je cherche une francophone, mais bonne chance ». Elle m’a répondu comme ça :

J’ai oublié de vous souhaiter bonne chance aussi.

Aussi vous devriez mentionner dans votre profil que vous ne cherchez qu’une fille qui connaît bien la culture française. Il n’est pas mentionné dans votre profil.

OMD. Non, mais sérieusement, OMD.

Une semaine avant le concert, j’ai enfin reçu une note en français. D’une façon, je l’admire. Il y a du courage derrière ces mots. Du courage façon « C’est quoi un Bescherelle ? Géronimo ! », mais du courage quand même.

Aïe aïe aïe ! À sa place, j’aurais au moins vérifié ce que j’ai écrit avec Google Traduction. J’admire l’effort et je lui ai donc répondu pour dire non. Disons qu’il n’y avait AUCUN intérêt pour ma part, à cause d’autres raisons.

Je viens de supprimer la référence au concert car c’est fini. Je devrais aussi supprimer mon compte, car c’est évidemment la mauvaise place pour trouver quelqu’une qui comprend l’anglais, peu importe le français !

Le baseball en français

Hier était le début de la nouvelle saison de baseball aux États-Unis. Je suis un compte Twitter en français qui parle de l’équipe de la NFL de la Nouvelle-Orléans. C’est pas à cause d’être fan, mais car à mon avis, s’il existe une équipe de football américain qu’on suit en français, elle doit sûrement être celle de la Nouvelle-Orléans. De toute façon, j’étais curieux de ce que je trouverais chez Le Monde ou Le Figaro. Encore Le Gorafi.

Rien, en fait. Ça m’a un peu surpris. Aux États-Unis, il y a plein de nouvelles du football européen, même de la Ligue 1, en anglais. J’aurais pensé que les journaux publieraient au moins des articles de l’AP, mais rien. Le seul article que je pouvais trouver sur Google Actualités était celui-ci intitulé « Le baseball ? Bof… », du Journal de Québec.

Et franchement, s’il y a un lieu qui a le droit de tourner le dos vers le baseball comme ça n’importe où en Amérique du Nord, c’est le Québec. Ils avaient une équipe, les Expos de Montréal, qui les a quittée pour devenir les Nationals de Washington. Les Expos étaient ma deuxième équipe préférée, après les Padres de San Diego, parce qu’ils avaient toujours les mêmes problèmes d’argent que la mienne, mais des joueurs excellents quand même. Vous ne connaissez pas les noms Andre Dawson ou Jeff Reardon, mais je vous rassure, ils étaient des stars. En 1994, j’espérais que les Expos — qui avaient une saison merveilleuse — gagneraient enfin le World Series, le championnat (il n’y avait aucun risque pour les Padres). Les joueurs ont fait la grève en août, le championnat a été annulé, et le connard auquel appartenait l’équipe l’a mise en faillite. Adieu, Youppi.

J’ai donc recherchait sur Twitter, où j’ai découvert cet article et ce Tweet :

https://platform.twitter.com/widgets.js

J’ai répondu que j’étais nouveau en français (pas exactement à ce point, mais pas assez d’espace pour l’expliquer en 280 caractères) et heureux de trouver des articles en français sur le baseball. Et tout à coup, j’ai des sources :

https://platform.twitter.com/widgets.js

Bien sûr, j’aimerais encore trouver des fans français. Mais les fans québécois sont une communauté avec laquelle je compatis, et je crois que l’on s’entendra très bien.

Je découvre les États-Unis

La France devient très ennuyeuse et je n’ai aucune idée pourquoi je me soucie d’un pays où personne ne connaît ni la root beer ni la vraie tarte aux pommes. C’est dingue. Alors, on va faire le tour des États-Unis.

C’est un mensonge que l’on manque des châteaux ou des églises impressionnantes ici. Voilà le Château de la Belle au Bois Dormant à Anaheim, le Château de Cendrillon à Orlando, l’Église Elvis-Presley et la Petite Chapelle Blanche à Las Vegas — où on peut se marier sans descendre de sa voiture, 24/7. ESSAYEZ DE FAIRE ÇA DANS N’IMPORTE QUELLE CATHÉDRALE FRANÇAISE !

Il y a même un château très proche de chez moi, le Château de Boomers-sur-Irvine (3 étoiles Guide de la Fille d’Un Coup de Foudre). Voilà ses murs de parapets, son domaine, et son musée de jeux vidéo :

Vous avez un Paris. C’est pas grand-chose. Nous avons 10. (Il y en a plus qui ne sont pas de vraies communes, mais je compte seulement ceux avec un maire.) Voilà l’itinéraire si vous avez envie de le suivre.

Ne ratez surtout pas le Paris de Texas pour sa Tour Eiffel au chapeau de vacher (nouveau vocabulaire québécois pour vous) :

Tour Eiffel à Paris, Photo par PLBthetoonist, CC BY-SA 4.0

Voilà, des fromages et de la charcuterie de nos régions, surtout de l’Illinois, chez Oscar Mayer :

Et les pâtisseries pour lesquelles on est si bien connus, dont les célèbres boîtes à gâteaux en poudre — ajoutez juste de l’eau et un œuf, et hop ! On est prêts !

Je vais conclure avec une recette traditionnelle de salade, l’ambroisie. J’ai grandi avec cette salade sans légumes, nommée pour le nectar des dieux grecs, qui est en fait plus traditionnelle que le Paris-Brest ou les macarons parisiens. Après tout, l’ambroisie date de 1867, le Paris-Brest de 1909, et les macarons parisiens de 1880.

Vos yeux ne vous trompez pas du tout. Ce sont en fait des petites guimauves et des cerises Marasquins sur une base de crème Chantilly. Je dois la grande majorité de cette recette à My Baking Addiction. Mais ne vous inquiétez pas — notre version est artisanale, avec de la Chantilly maison, pas le truc artificiel appelé Cool Whip (penser à Chantifix), et du yaourt Yoplait. Je veux être clair — ces photos sont 100 % authentiques, de ma cuisine, et je mangerai tout. Voilà nos ingrédients :

Les ingrédients de l’ambroisie :

  • 240 ml de crème liquide entière
  • 1 pot de yaourt à la vanille
  • 80 grammes de noix de coco râpée sucrée
  • 340 grammes de fruits au sirop mandarines
  • 340 grammes d’ananas au sirop en conserve (écrasé si possible, sinon en morceaux)
  • 150 grammes de mini marshmallows — aux goûts fruits en préférence
  • 55 grammes de noix de pécans, hachées
  • Des cerises Marasquins

Les instructions de l’ambroisie :

  1. Mettre le bol de votre robot pâtissier dans le congélateur pendant quelques minutes.
  1. Sortez le bol et y mettre la crème liquide. Monter en crème chantilly avec le fouet du robot.
  1. Mettre la crème chantilly dans un récipient. Ajouter le yaourt et mélanger avec une maryse.
  1. Égoutter l’ananas et les mandarines et les ajouter au récipient. Bien mélanger avec une maryse après chacun.
  1. Ajouter les noix de pécans et mélanger avec une maryse.
  1. Ajouter les noix de coco râpées sucrées et mélanger.
  1. Ajouter les guimauves et bien incorporer.
  1. Laisser reposer au frigo pendant une heure.
  2. Sortir l’ambroisie du frigo. Égoutter les cerises Marasquins et les déposer sur l’ambroisie. Prêt à servir !

Soyez sages, les enfants ou on fera prochainement une salade Watergate. Hm, ai-je oublié quelque chose ? Ah oui :

Poisson d’Avril !, Photo par
René Hourdry
, CC BY-SA 4.0

Boomers-sur-Irvine ! Ça fera longtemps avant que j’arrête de rire !

Le jour de triche

Je ne cache pas que je suis diabétique. Vous voyez beaucoup de desserts ici, mais en fait, ils sont la grande majorité de mes glucides. Je ne bois pas de soda ni (presque) de jus de fruits. Je n’achète que rarement mes vieux amis, les M&Ms. Je mange souvent des salades ([Je l’appelle la concurrence — M. Descarottes]). MAIS…

Tous les trois mois, comme tous les diabétiques, je dois prendre un test d’hémoglobine glyquée, qui mesure la moyenne des glucides pendant les derniers trois mois. C’est stressant. Comme beaucoup d’entre nous, plus que le test s’approche, plus que je suis sage. Et quand le jour du test arrive, après le prendre, on triche. (Pour être clair, pas tout le monde. Il y en a certains qui n’osent jamais faire ça à moins qu’ils veuillent risquer le coma.)

Ce matin, j’ai eu mon test. Il ne sera pas bon car mon fevrier était un désastre. Les deux autres mois, pas de problème, mais un mauvais mois peut tout ruiner. Mais rassurez-vous, j’étais très sage et faisais du sport tous les autres jours. Je gardais deux trucs pour fêter le test sanguin — et non, je n’avais pas l’intention de les manger complètement, juste les goûter :

C’est toujours dangereux d’aller chez myPanier, d’où viennent ces deux gourmandises. Mais j’ai de bonnes nouvelles pour mon toubib. Il s’avère que je n’aime pas du tout le nougat dur. Et ma fille m’a gentiment volé la moitié des cerises ! (Je comprends — elles sont bonnes !)

France Channel

Il s’avère que mon inscription à l’Orange County Accueil a déjà versé un dividende. Ce soir, dans leur groupe privé, ils ont posté un code pour un essai gratuit de France Channel, un nouveau service de streaming. Ça ne fonctionne qu’aux États-Unis, mais je doute que ça vous dérange car les contenus sont tous disponibles chez vous. Moi, je tuerais un certain avocat juste pour avoir Canal+ — est-ce que ça peut le sauver ?

L’interface utilisateur est plutôt curieux. La moitié des images et presque tous les menus et descriptions sont en anglais :

Mais l’audio est tout en français. Alors, il faut parler anglais pour utiliser l’appli — c’est logique vu où habitent les utilisateurs — mais ça ne sert à rien à moins que l’on parle couramment le français. Il y a de nombreux choix avec des sous-titres, dont beaucoup où France Channel devait les ajouter parce qu’ils n’étaient jamais diffusés à l’étranger. Mais en faisant ça, ils donnent de nouveaux titres. Par exemple, une version France Channel à gauche, et l’originale à droite :

La sélection n’est pas encore trop grande — j’estime qu’il y a environ 300 films et peut-être deux fois cette quantité d’épisodes d’émissions. Mais si je le garde, un an me coûterait moins qu’un colis typique de la FNAC. C’est pas mal, hein ?

Avouez-le, vous vous attendiez quelque chose de différent sur le lien de l’avocat !

L’Orange County Accueil

J’ai fait plein de belles découvertes grâce à mon chapitre de l’Alliance Française, dont myPanier et Moulin. Mais autant que j’adore l’AF, je ne m’intègre pas bien avec les autres élèves. Pour être clair, ce n’est la faute de personne — c’est juste que je suis (presque) le seul de mon âge. En général, il y a deux sortes de membres : des beaucoup plus jeunes qui veulent voyager, et des retraités qui veulent revivre des expériences d’avant. Il n’y a vraiment pas de gens d’âge moyen. De toute façon, je n’apprends rien en parlant avec des anglophones non plus. Et bien que je vous adore tous — sérieusement — je ne parle que rarement avec mes amis en live. Ça fait donc longtemps que j’ai envie de trouver une communauté plus locale.

Cette semaine, après avoir consulté avec l’une de mes profs (on va bientôt visiter son département natal ici), j’ai rejoint une nouvelle (à moi) organisation, Orange County Accueil. Selon eux :

Vous voyez déjà comment c’est différent que l’Alliance Française, dont presque tout leur site est en anglais. L’OCA, c’est pour les expatriés (et fait partie d’un réseau international d’Accueils). Et voilà, c’est la raison pour laquelle je voulais demander à ma prof si je pourrais vraiment faire ça. À ce point, j’ai déjà reçu leur bulletin bimensuel, et… il me semble que les seuls à ne pas être expatriés sont les époux des expatriés. On verra.

Alors, qu’est-ce que l’on peut faire avec cette organisation ? Selon le même bulletin, ce mois il y aura : une marche rapide, un « doggie-walkie » (leur expression, pas la mienne !), une randonnée dans la montagne, le pétanque (mais il faut apporter vos propres boules), des pique-nique en famille (mais il faut apporter des enfants francophones), des cafés-rencontres, et une soirée cinéma. C’est quand même un groupe très actif, j’espère donc que ce sera enfin ce que je cherche.

Les Grosses Têtes à la radio

Je ne suis pas con ([Menteur ! — M. Descarottes ]) et je sais ce qui se passe en Ukraine. Mais une connaissance m’a récemment dit que ce blog est rafraîchissant parce qu’il est optimiste. C’est une lourde responsabilité ! À mon avis, la meilleure chose que je puisse faire en ce moment est de continuer à vous livrer des pépites françaises. Mais permettez-moi une vieille blague soviétique.

C’est M. Abramovitch, un vieux à la retraite qui sort tous les matins dans son café préféré à Moscou pour une tasse et le journal officiel, la Pravda.

Un jour, il demande à la serveuse ses trucs habituels, et elle lui répond, « Désolé, mais le gouvernement est tombé, l’URSS n’existe plus et la Pravda n’est plus publiée. » M. Abramovitch part.

Le lendemain, il demande encore une fois son journal et la serveuse lui répond « Désolé, mais le gouvernement est tombé, l’URSS n’existe plus et la Pravda n’est plus publiée. »

Le troisième jour, il le répète, mais cette fois-ci la serveuse lui dit « Monsieur, je vous connais depuis des années. Vous n’êtes ni stupide ni sourd. Pourquoi me demandez-vous toujours une copie de Pravda ? »

Et M. Abramovitch lui répond « C’est vrai, je vous ai bien compris. Je sais. J’aime juste l’entendre. »

C’est plutôt impressionnant qu’ils passent toute la conversation en français ! (C’est mon côté OSS 117.)

De toute façon, aujourd’hui je n’en pouvais plus en écoutant Cauet à la radio (avec l’aide du streaming, bien sûr). Je l’adore, mais il jouait du rap et je l’écoute pour lui pas pour la musique. J’ai demandé à quelques amis s’ils pouvaient me recommander une chaîne sans musique, pour écouter parler. Et l’une d’entre eux m’a dit de télécharger l’appli RTL.

J’ai déjà écrit des Grosses Têtes, mais je n’avais aucune idée que c’était diffusé à la radio ! En fait, ça existe :

QUELLE CHANCE !

C’est un vrai défi, d’écouter 5-6 personnes qui vous ne reconnaissez pas, parlant en même temps de trucs que vous ne connaissez pas. En effet, exactement ce que je cherchais. Si c’était comme Jeopardy!, où je connais la moitié des bonnes réponses, j’essayerais de jouer au lieu d’écouter. Je partagerai quelques bons moments.

Il y avait une question sur un poète célèbre qui était actif pendant là Seconde Guerre Mondiale. Il y avait des suggestions, certaines meilleures que d’autres : Céline ou Théophile Gautier. La bonne réponse était Paul Valéry. Mais d’abord, une femme a répondu Jean-Jacques Rousseau, et ça a tout arrêté. L’animateur lui a demandé à quoi elle pensait, et elle a répondu ; « Il était célèbre et il était poète. »

Il y avait une question sur la doyenne de la France, une Sœur André (je ne la connaissais pas du tout). Ce clip n’est pas le bon, mais il vient du même esprit, au même sujet. L’animateur a mentionné que la personne était religieuse, et quelqu’un a répondu « Pieuse ou défroquée ? »

J’espère que vous me comprendrez quand je dis à quel point c’est un plaisir de trouver une émission humoristique où un philosophe connu peut être mentionné. Elle vient d’un vrai pays des merveilles.

Un détour musical

On fera un petit détour aujourd’hui. J’ai un rendez-vous chez l’anesthésiste demain — espèce de colonne vertébrale maudite ! — et je doute que je sois capable d’écrire. On verra. J’aimerais penser à quelque chose d’agréable, alors une petite histoire que j’adore. C’est du même esprit que ce blog.

Vous savez que j’aime chanter. Pendant dix ans, je faisais partie d’une chorale. En 2006, j’ai reçu un CD du directeur, avec l’enregistrement de l’une de mes parties. Mais il l’a enregistrée sur son ordinateur, alors le disque contenait du n’importe quoi pour ses données d’identité. Mon ordinateur a essayé de l’identifier quand même, et il m’a dit que le disque contenait une chanson par un groupe de rock polonaise, Elektryczne Gitary (Guitares électriques). Voilà le clip :

« Nie jestem soba » est polonais pour « je ne suis pas moi-même », mais à l’époque je ne le savais pas. Je savais juste que ce clip est l’une des choses les plus drôles que j’ai vues. J’ai donc dû trouver le disque. Et c’est là que notre histoire devient folle.

Il s’est avéré que la chanson est venue de la bande-sonore d’un film, appelée « Kiler-ow 2-och ». C’est-à-dire « Les deux tueurs », et c’est la suite d’une autre film, « Kiler » (Tueur). C’est un jeu de mots polonais — « killer » en anglais est « tueur », et « kiler » en polonais est la même chose — mais c’est aussi un nom de famille polonais ! L’intrigue des films, c’est qu’un certain Jurek Kiler, un conducteur de taxis, est pris pour un tueur par des gangsters. Il décide de pretender qu’il l’est vraiment, d’où vient la comédie.

D’abord, j’ai dû trouver le disque. En 2007, c’était pas facile — il n’y avait pas trop d’importations chez Amazon, et bonne chance si vous vouliez chercher des disques polonais à Los Angeles ! Mais après quelques mois de recherches, je l’ai trouvé au site d’une boutique dans le Wisconsin.

Je dois vous dire — bien que le disque vienne de 1999, c’est d’un style plutôt 1960s, sauf avec un accordéon ainsi qu’un saxophone, de la batterie, et des guitares. Et je l’adore. Le chanteur n’est pas trop doué — ou peut-être que la langue polonaise manque de quelque chose pour chanter — mais la musique, c’est parfait.

Mais après avoir tout écouté, je voulais — vous le saviez déjà — regarder le film. Et ça prendrait des efforts. J’ai passé deux ans en cherchant (pas tout le temps !), et j’ai enfin décidé que je le chercherais en polonais. Et hop ! Je l’ai trouvé dans le site d’un magasin en Pologne — une boîte avec tous les deux films, en fait. Et oui, je l’ai commandé en polonais. Je ne pouvais pas lire le site — mais en tant qu’informaticien, j’ai su lire le code source de la page et deviner où j’ai dû taper mon nom, ma carte de crédit, etc. Ne prenez pas ma parole. Voici mon ticket par courriel :

Mais peut-être que je suis menteur. Aux yeux francophones, ce courriel est plus de n’importe quoi. Alors, voilà les disques, toujours avec moi !

Heureusement pour moi, j’avais déjà un lecteur DVD que pouvait jouer des disques PAL, et il y avait des sous-titres en anglais. Je n’ai aucune idée si on peut les trouver en version française, mais ce sont deux films presque aussi hilarants que Rabbi Jacob ! En particulier, les stars, Cezary Pazura et Jerzy Stuhr, sont parmi les meilleurs comédiens que j’ai vus. Mais maintenant, vous comprenez — je n’ai jamais laissé les frontières m’empêcher !