Archives pour la catégorie Non classé

Bon 6e anniversaire au blog

Dans mon décor de campagne préféré de tout Donjons et Dragons, Ravenloft, il y avait un événement dit la Grande Conjonction où, avec assez de rituels immondes et coïncidences astrologiques, tout genre de chaos peut suivre, jusqu’au point où un créature attrapée dans le demi-plan de l’Effroi pourrait s’échapper et faire tout genre d’horreurs à l’univers. Telle est la situation aujourd’hui, avec l’anniversaire du blog, C’est le 1er et Dimanche avec Marcel en conflit et la balado à suivre. Puisque quelque chose doit perdre face à tout ça, Proust est annulé cette semaine (cris de joie viennent du Lot), la balado apparaîtra le 2, C’est pas le 1er le 3, puis Langue de Molière et le retour au quotidien.

L’année dernière, pour la première fois, j’ai raté le bon jour et l’anniversaire a apparu avec la balado. Mais il y a toujours des réflexions sur l’état du blog quand je fais ça (2021, 2022, 2023, 2024, 2025). L’année dernière, c’était un peu mélancolique, mais il y avait des réussites à fêter. Depuis ce temps-là… parlons-en.

2026 n’est pas allé comme attendu, pour dire le moins :

Les 14 derniers mois du traffic -- une grosse chute en décembre, de 7 000 vues à 5 000, suivi par un rebondissement en été à 8 000 vues le mois. Puis en septembre, une chute énorme jusqu'à 5 000 encore une fois -- et un tiers de ce qui reste est de faux traffic venant de la Chine.

Ce n’est pas seulement que ce blog est devenu invisible par rapport à l’été, c’est que la situation est beaucoup pire qu’il ne le semble. Il n’y avait que 4 vues venant de la Chine en avril, et 0 en mai — et plus de 1 700 en octobre. C’est de l’IA, ça, pas de vrais lecteurs. Le traffic venant des États-Unis, anciennement mon deuxième plus grand « marché », est tombé de 1 000 vues par mois à 200 ; même la Belgique est tombée de 350 vues à 83. Et je n’ai même pas raconté de blague belge depuis belle lurette !

J’ai grosso modo perdu espoir pour mon manuscrit. Ça fait des mois que je ne le regarde même pas. J’avais essayé de préparer un petit gâteau pour cet anniversaire, comme d’habitude au passé, et très tard dans la journée, trop tard pour un autre essai, il est sorti du four complètement ruiné. On va parler de la recette, dans le livre d’un chef très bien connu, et vous n’allez pas croire combien d’erreurs existent juste dans le premier paragraphe de cette recette dans son livre censé être « le pro des pros ». (Ce n’est pas Pierre Hermé.) C’est un peu étonnant. Mais si les maisons d’édition n’ont pas envie de travailler sur le texte d’une vraie célébrité, pas étonnant ce qui est arrivé au mien. (Il m’énerve toujours que M. l’ancien président Sarkozy est allé de prison à publication en 8 semaines. Rien à voir avec ce qu’il a peut-être fait. Tout à voir avec un si comprimé horaire.)

Y a-t-il toujours des réussites ici ? J’aimerais bien y croire. Les mirlitons de Rouen étaient une triomphe, à mon avis. Je crois que les madeleines pour les tomes de Proust (chocolat-framboise, citron-amande-anis) étaient bien accueillies, et pareil pour le Napolitain chocolat-framboise. Mais le gâteau que je viens de rater, il va me falloir recommencer de zéro. C’est un peu le symbole du déroulement de cette année.

Cependant, rien n’est aussi important que mon but pour la fin de 2028 (ou début 2029, car j’aimerais démissionner de mes rôles chez l’OCA à l’Assemblée générale si possible) — déménager en France. Je ne sais plus si ce sera même possible. Je ne suis pas pessimiste à cause de mes attentes pour la prochaine présidentielle, même si je doute que ça m’aide. Je suis pessimiste car je vois ce qui se passe dans les rues et je me demande vraiment s’il y aura du travail pour un étranger, même dans l’enseignement de l’anglais. Je soupçonne que les attitudes seront un peu dures là, et franchement, je ne blâme personne pour ça.

Avec tout ça, en trois semaines, l’anniversaire que je redoute depuis des années — mes 50 ans — arrivera. Je n’en ai pas hâte. On en parlera au bon moment.

Je vous dois tous mes excuses. Cette dernière année n’était pas la meilleure, ni sur ce blog, ni dans la vraie vie, mais comme je dis depuis le début, on continue. J’espère faire mieux dans l’avenir.

Dragon Ball Nice

Il y a deux semaines, on a parlé des lacunes et des erreurs dans la presse américaine sur les émeutes récentes. En parlant d’un certain Pierre, gérant d’un magasin Micromania à Nice, qui avait affronté les pilleurs, je l’ai appelé un héros. Je n’avais vraiment aucune idée à quel point il serait adopté par les « nerds » du monde, et pour être clair, je me compte parmi leur nombre.

Tout a commencé quand quelqu’un — je ne sais pas qui — a remarqué la ressemblance entre la façon de se tenir debout de Pierre et celle de Goku, le héros de la série de mangas et d’anime Dragon Ball, dont il y avait une affiche affichée sur la porte du magasin. D’abord, j’ai lu ça dans la presse française :

L’image des deux a vite fait le tour du monde :

Pierre, un homme barbu avec des cheveux longs et en surpoids, reste debout dans l'entrée de son magasin, à côté de la porte, où un dessin de Goku s'affiche.
Source

On la voit en espagnol :

On la voit en anglais :

Capture d'écran de la même photo de Pierre qu'avant, mais avec une légende en anglais.
Source

L’histoire a même atteint le Japon, où Masako Nozawa, la voix originale de Goku en japonais, une dame qui a déjà ses 90 ans, a dédicacé une figurine à Pierre.

Il faut dire que Pierre lui-même est un peu mal à l’aise avec l’attention. Dans cette interview, il essaye de remettre les manifs en vedette et assure qu’il n’est pas en colère, même après avoir pris un coup de pied dans le dos et ayant été la victime de cailloux jetés sur lui par la foule. Et je peux comprendre ça. Pour une chose, il y aura des procès à venir où il sera témoin. Autre chose : des gens ont lancé de fausses cagnottes pour se servir de sa réputation, et il ne veut pas que d’autres personnes soient victimes. Il a autorisé une cagnotte dans le but de minimiser les escroqueries, mais ne gardera rien pour lui-même :

Ce vendredi, une cagnotte ouverte par deux Niçois pour « aider le responsable Micromania Jean-Médecin Nice » a dépassé la barre des 27 000 euros de dons. La seule que Pierre a fini par accepter après avoir vu passer plusieurs fausses cagnottes en ligne.

Sur les conseils de l’enseigne, Pierre a annoncé des « axes d’utilisation » pour éviter les problèmes : « Si les gens veulent donner, ils donnent, mais je n’arrête pas de le dire : donnez aux autres. Mais si vous voulez me donner, j’en ferai ça : des cadeaux pour les gens avec qui je bosse, et s’il reste de l’argent, j’en profiterai, mais ce n’est pas pour le magasin. »

Midi Libre

Mais il n’est plus à lui si le reste d’entre nous le reconnaissent comme symbole. Les nerds du monde, nous reconnaissons les nôtres, et sans faire des commentaires sur son aspect, la situation qu’il a vécu, nous avons tous une histoire un peu similaire. Moi, j’ai pris des coups de poing d’une petite brute en 5e pendant des mois, un nommé Dan Lalanne (pas de confidentialité pour un tel). Un jour, j’en ai eu assez et je lui ai filé un coup de poing droit dans le visage. Le collège a puni qui ? Nous avons dû ramasser les déchets à la cantine — ensemble — pendant 3 jours, bien que les « adultes » n’aient rien fait face à mes plaintes. Je sais que chacun d’entre nous, nous avons regardé la photo de lui, prêt à défendre un magasin plein de jeux vidéo, et pourtant incapable de rendre aux agresseurs ce qu’ils méritaient, parce qu’il savait que la loi est conne, et nous nous sommes tous dit, « il se bat pour nous ». C’est pour ça que tous ces gens qui ne parlent pas la même langue en ont tous tiré la même conclusion.

Midi Libre se trompe gravement avec sa conclusion :

S’il y a toujours du monde devant la boutique, pas question de prendre la grosse tête. Pierre reste humble :« Je sais que ça s’arrêtera très vite, mais je trouve ça assez touchant, et puis si ça pouvait s’étendre à tous les commerçants… » En attendant que la notoriété passe, il garde les pieds sur terre : « Mes journées, c’est rangement, commissariat, tribunal, rangement. » Loin d’un héros de Dragon Ball.

Je me demande si l’autrice a vraiment regardé ou compris cette série. Goku est l’homme le plus puissant de son univers, mais il souffre, il prend plein de claques, et pourtant, il reste humble avec une âme d’enfant, un homme qui lutte seulement parce que les Freezer et les Cell refusent de foutre la paix à la Terre. Pierre n’a pas cherché ce titre, mais c’est exactement ça la raison pour laquelle il le mérite.

Occupez-vous de vos propres oignons, NFL !

J’ai complètement oublié de mentionner le spectacle gênant qui était le premier match de la NFL sur le sol français avec mon billet d’hier. Tant mieux pour moi ; j’allais simplement dire que malgré les liens faibles entre les Saints et la France (à cause de la Nouvelle-Orléans), je n’aurais jamais envoyé une si mauvaise équipe pour ce match. D’autre part, si je me souciais toujours de la NFL, j’aurais ajouté que vous étiez aussi chanceux de voir l’un des derniers matchs d’Aaron Rodgers, le quarterback des Steelers — par plusieurs mesures, il est le 3e meilleur joueur de tous les temps de son poste. Cependant, j’ai lu plusieurs tweets colériques sur tout autre chose hier, et j’ai dû sourire de façon mi-amère, mi-amusée, car vous veniez tous de découvrir exactement pourquoi la NFL peut aller en Enfer selon moi.

Football américain, photo par Washington Redskins, Domaine public

Je vous rappelle qu’anciennement, je prenais un certain plaisir en mentionnant les échecs des Los Angeles Chargers. Mais après un certain temps, il me semblait que ça n’intéressait vraiment personne. Il y a des fans de la NFL en France — voici un compte Twitter dédié aux New Orleans Saints — mais quand on lit les entrées sur Wikipédia liés au jeu, c’est clair que le vocabulaire reste si étranger que rien n’est traduit. Ça ne vaut pas la peine de l’expliquer.

Sans question, mon article préféré sur le match lui-même vient de 20 Minutes, même si je soupçonne que l’auteur a regardé autant de matchs de football américain que moi de rugby. Il a écrit d’Aaron Rodgers :

La chevauchée du vieillard Aaron Rodgers : A deux minutes de la fin du match, alors que les Steelers sont mis sous pression par la défense des Saints, Rodgers arrive à sortir de sa poche, prendre son déambulateur et parcourir la dizaine de yards nécessaires pour avoir trois nouvelles tentatives et enterrer La Nouvelle-Orléans. À bientôt 43 ans, ça tenait presque du miracle.

Hihihi, son déambulateur ! Je meurs ! En fait, M. Rodgers est l’un des meilleurs quarterbacks à jamais quand il s’agit de courir avec le ballon (sa responsabilité principale est de le lancer). Mais je ne lis pas la presse française pour ses analyses de ce sport. Et ce n’est pas pourquoi on parle du match maintenant.

J’entends souvent des européens : « Mais pourquoi chanter l’hymne national avant les matchs ? » Ça date du XIXe siècle avec le baseball ; que vous l’aimiez ou pas, ça fait partie du caractère national et ça ne changera pas. Cependant, il faudrait s’attendre à ce que ce soit fait de manière respectueuse. À partir de 2017, à cause d’un quarterback de merde, Colin Kaepernick (lien en français), beaucoup de joueurs — et de chanteurs — ont commencé à manquer de respect pendant l’hymne. Et la NFL supportait ça.

Ça nous amène à ce qui s’est passé au Stade de France avec La Marseillaise. La NFL a embauché une chanteuse canadienne pour l’hymne française, et elle a décidé de remplacer « qu’un sang impur » avec « qu’un sang uni ». Selon Le Parisien, ça a provoqué un débat parmi les internautes :

« La chanteuse canadienne Nina Tonji s’est cru autorisée à changer les paroles de la Marseillaise, car elle n’aime pas le mot impur » peste un usager. « Remplacer le sang impurdes ennemis par un sang uni ne veut strictement rien dire », souligne un deuxième. Un autre prend sa défense : « Je pense sincèrement que ce n’est pas un acte malveillant. Nina Tonji aime beaucoup la France », souligne un autre usager.

« Qu’un sang uni abreuve nos sillons » : la Marseillaise modifiée d’un mot au Stade de France fait polémique, Le Parisien

Le journal note aussi qu’il pourrait y avoir une amende pour ça :

Des internautes rappellent même le cadre légal. « Le fait, au cours d’une manifestation organisée ou réglementée par les autorités publiques, d’outrager publiquement l’hymne national ou le drapeau tricolore est puni de 7 500 euros d’amende », stipule l’article 433-5-1 du Code pénal. Le texte ne précisant pas si le changement d’un mot est considéré comme un outrage.

Mais qu’est-ce qu’elle voulait dire par ça ? Il me semble très évident que le « sang impur » parle des ennemis de la France, mais que la raison pour le dire « impur » est en raison d’être ennemi, pas à cause d’être de la mauvaise race. Madame Tonji, qui étudie actuellement à Paris — et si c’était à moi, aurait déjà son invitation à revenir au Canada en forme d’un OQTF — ne comprend pas ça. Un critique américain essaye de comprendre son sens souhaité, et pense qu’elle imagine que son changement veut dire que le sang sert comme un engrais, alors quelque chose de bien. Il ne compatis avec elle pour être clair — sa conclusion est que la NFL devrait mettre dans les contrats une exigence que les chanteurs ne changent pas les paroles. Mais son effort de montrer de la charité me semble inutile — après tout, pourquoi dire « aux armes » contre l’unité ?

Le vrai problème, selon moi, c’est que la NFL s’habitue depuis une décennie à faire tout sauf montrer du respect pendant les hymnes nationaux. Je vous rassure, ce n’est pas comme ça aux matchs de baseball. Je suis certainement d’accord avec la suggestion du critique américain — interdire les changements — mais tout ça part du fait que la NFL est complètement pourrie à cet égard même à la maison.

Le dernier soldat du Troisième Reich

Ça fait belle lurette sans une histoire de la Seconde Guerre mondiale ici, mais je viens d’entendre parler d’exactement le genre d’histoire que j’aime, alors c’est notre sujet du jour.

Vous avez probablement entendu parler de Hiro Onoda, souvent cru le dernier soldat japonais restant après la guerre, ayant refusé de se rendre jusqu’en 1974. En fait, et je ne le savais pas jusqu’au moment de faire ces recherches, il était le deuxième dernier — mais le dernier de nationalité japonaise. Le vrai dernier était Teruo Nakamura, trouvé en Indonésie plus tard qu’Onoda, aussi en 1974 — mais il n’a pas reçu le même accueil au Japon car il était en fait un aborigène taïwanais. (C’est pour des raisons pareilles que j’ai compris que je n’avais pas d’avenir au Japon.) Mais la question se pose : qui était son homologue allemand, le dernier à se rendre ? Et il s’avère que c’est une histoire bien américaine.

Georg Gärtner était un soldat dans le Deutsches Afrikakorps sous Erwin Rommel. Je ne dirais jamais qu’il y avait un Nazi à admirer, sauf peut-être von Stauffenberg, mais Rommel était un soldat, pas un criminel. Il était aussi l’inspiration de l’une des meilleures répliques du ciné américain quand le général Patton, dans le film qui porte son nom, cri : « Rommel, espèce de salaud magnifique, j’ai lu ton livre ! » En réalité, le général Patton ne l’a jamais dit, mais c’est le genre de chose qu’il aurait dit. De toute façon, cet article n’est sur ni Patton ni Rommel, mais je veux mettre l’accent sur le fait qu’un soldat qui servait sous Rommel n’était presque certainement pas un criminel de guerre.

Dennis Whiles, Photo par FaKK, Domaine public

Alors, M. Gärtner. Né en Basse-Silésie, le territoire qui passait anciennement entre l’Allemagne et la Pologne, à ses 19 ans en 1940, il a rejoint l’armée et a servi sous Rommel en Tunisie. Mais en 1943, il a été capturé par les britanniques — alors naturellement, il a fini comme prisonnière aux États-Unis jusqu’à la fin de la SGM.

Mais en 1945, il s’est rendu compte qu’il allait être renvoyé en Basse-Silésie. Et ça ne pourrait avoir que deux résultats catastrophiques : soit elle restait allemand, alors il serait à nouveau en Allemagne, soit c’est devenu communiste, et ça, c’était presque aussi nul.

Ils s’est donc échappé de son camp au Nouveau-Mexique pour jouer à La Vache et le Prisonnier. Mais dans ce film-là, en sautant entre les trains, Fernandel s’est renvoyé en Allemagne. M. Gärtner était chanceux d’une façon — aucun train n’allait vers un camp allemand — mais il avait quand même oublié qu’il y avait quelque chose de pire que la Pologne ou bien l’Allemagne :

La Californie.

C’est comme ça que M. Georg Gärtner s’est trouvé en Californie sans papiers en 1945. Heureusement pour lui, c’était le début de la longue affaire amoureuse entre le gouvernement et les sans-papiers, alors sous son nouveau nom en anglais de Kevin — non, je plaisante, il était soldat allemand, pas con — son nouveau nom de Dennis Whiles, il pouvait aider le regretté président Franklin Roosevelt dans sa quête de réussir où Hitler avait échoué : faire faillite les États-Unis. Oui, notre Dennis tout neuf a reçu une carte de Sécurité sociale. (Ça videra les coffres d’ici 2033 — lien en anglais.) Il a inventé une nouvelle histoire où il avait grandi dans un orphelinat, et si vous connaissiez bien le Midwest, surtout les états de Minnesota et de Wisconsin, un accent un peu allemand serait même logique à vos oreilles.

« Dennis Whiles » a épousé une américaine — pauvre con — en 1964, Jean Clarke (ici, c’est un prénom féminin, calmez-vous). Complètement par hasard, c’était la même année où l’armée avait abandonné sa recherche pour le trouver. Mais le FBI continuait de le considérer « Most Wanted », ce qui voulait dire que des affiches avec sa photo (de 1945) étaient dans tous les bureaux de poste du pays !

Après des années comme ouvrier du bâtiment et moniteur de ski en Californie du Nord, Dennis a déménagé à Hawaï avec Jean. Mais était mécontente car il ne voulait pas demander un passeport et elle voulait voyager. En 1984, elle était sur le point de demander un divorce, et Dennis lui a enfin dit la vérité. Les deux ont contacté un historien, Arnold Krammer, qui a écrit un livre avec Dennis/Georg, Le dernier soldat d’Hitler en Amérique. Au courant enfin de sa présence, mais considérant qu’il n’était pas dangereux, le gouvernement a décidé de laisser tout tomber et lui donner sa carte verte. Cependant, pour le spectacle, il « s’est rendu » officiellement sur le plateau du JT « The Today Show », toujours diffusé tous les matins. M. Whiles est décédé en 2013 dans le Colorado.

Contraint de vivre aux États-Unis sans voyager à l’étranger pendant plus d’une décennie, ça me rappelle quelqu’un… ([Je le savais, Justin est un soldat nazi ! — Mon ex])

OC Japan Fair

Ce week-end, La Fille et moi sommes allés à une foire annuelle qui a lieu dans le comté d’Orange (OC = « Orange County » en anglais) depuis 2007. J’étais au courant de son existence, mais c’était la première fois pour moi d’y assister. Je parle de l’OC Japan Fair, la Foire du Japon. C’est follement cher, mais je ne connais rien d’autre en dehors de Little Tokyo qui réunit tant de ces choses.

On commence par se faire cambrioler pour entrer le parking, 15 $ la voiture. Il n’y a pas de choix, car le champ de foire est loin de chez nous — et bonne chance avec les bus. On n’a pas acheté nos billets à l’avance, car c’était une idée de dernière minute, alors on a payé 36 $ pour nous deux. C’était donc 51 $ juste pour entrer.

Juste après l’entrée, il y a pas mal de kiosques qui vendent des goûters. Heureusement, on n’a rien acheté ici, car il y avait beaucoup plus à découvrir.

5 kiosques qui vendent de la cuisine japonaise

Je veux attirer votre attention aux sandoichi ; c’est-à-dire sandwichs, mais aussi souvent sucrés que salés. (J’omets le « t » du panneau, car c’est pour les anglophones — ça ne s’écrit pas comme ça normalement.) Oui, le truc gonflable qui semble être des fraises à la chantilly est exactement ce que vous pensez :

Kiosque dit "sandoitchi" avec un panneau rose. Ça montre une douzaine de sandwichs à la japonaise que l'on peut y commander.

Le poulet frit, ou comme disent les japonais, furaidochikin, exactement comme l’anglais « fried chicken » a un personnage d’anime pour faire de la pub :

C'est un kiosque dit "Shibuya Fried Chicken" avec une fille d'anime sur le panneau. Elle porte un t-shirt orange avec le n du kiosque.

Sur l’un des bâtiments permanents du champ de foire, il y avait une pancarte énorme pour l’événement :

Bâtiment nommé "OC Promenade". Il y a un grand panneau en blanc et rouge qui dit "OC Japan Fair" au premier étage, au-dessus de l'entrée.

On est entrés dans ce bâtiment, où se trouvait de nombreux vendeurs et quelques expositions. Pour commencer, ce maneki-neko, un chat qui apporte du bonheur, est une pub pour un dessin animé, Dandadan, inconnu pour moi :

Grande statue de chat blanc, éloigné sur le sol.

Vous vous souvenez de l’anime Blue Lock, sur le foot, dont j’ai parlé pendant nos vacances ? C’était là :

Deux silhouettes de joueurs de foot, autour d'un panneau avec le nom Blue Lock.

Il y avait un type qui vendait des modèles des robots Gundam, très chers (700 $ dans ce cas) :

Carton avec un modèle d'un robot géant de la série Gundam

Mais si vous voulez des Transformers exclusivement du Japon, vous êtes sur le bon endroit :

4 cartons de jouets des Transformers, dont l'écriture est largement en japonais.

Je sais que vous êtes tous fous de Goldorak, connu au Japon sous le nom Grendizer. Ce t-shirt vient d’une série par le même créateur, Go Nagai, dit Mazinger Z. Veuillez ne pas me demander pourquoi le texte est tout en espagnol. C’est en haute résolution, pas comme toutes les autres photos ici :

T-shirt avec le robot Mazinger coupé en deux pour montrer l'extérieur à moitié et le squelette à moitié. Il y a des textes pour expliquer ses fonctions partout.

Il y a une chaîne de pâtisseries japonaises, Beard Papa’s (littéralement « Chez Papa barbu »), qui vend principalement des choux à la crème. La plus proche est à Little Tokyo, mais nous ne sommes pas passés par là en été. Voilà :

Il y avait une exposition de tambours taiko, mais nous étions là au mauvais moment pour les entendre :

Plateau avec une douzaine de tambours taiko. Un public est assis devant, mais personne n'est sur le plateau.

Les kimono étaient partout, comme au Japon :

Des centaines de kimonos dans un kiosque dit Mita Kimono.

Puisqu’il y a beaucoup d’amoureux de chats qui suivent ce blog, je devais prendre cette photo ; c’est des chats à droite, des chiens à gauche, tous habillés comme des pains :

Deux sacs à main avec des chats et des chiens dessinés comme s'ils étaient des pains.

La Fille m’a pris en photo devant cette affiche de personnages bien connus de Disney et d’anime, tous en forme chibi ; c’est-à-dire avec des corps petits et de grosses têtes. Le vendeur derrière cette affiche les vendait en forme d’autocollants.

Moi dans une chemise polo noir et un jean bleu, devant une affiche rose pleine de personnages dans le style chibi.

Voici la partie à l’extérieur, trop grande pour tout voir en une photo :

Des douzaines de kiosques. Le ciel est bleu et très peu nuageux.

On est en Californie du Sud, alors c’est presque évident qu’il va y avoir des sushis en forme de tacos :

Panneau d'un kiosque dit "Sushi Taco". Ce sont des sushis avec de l'algue à la place des tortillas.

La Fille et moi avons décidé d’acheter des onigiri, boules de riz, à ce vendeur avec un nom qui est un calembour pourri en anglais. Ça dit « Rice to Meet You ». Rice, c’est riz en français. Quand on se présente, on dit souvent « Nice to Meet You », heureux de faire ta connaissance. « Nice » et « Rice » font le calembour. Je vous ai dit que c’était pourri.

Panneau de "Rice to meet you". Les onigiri sont des boules de riz en forme de triangle, recouvertes d'algue.

Voici nos onigiri. Pas beaucoup à manger pour 15 $ au total, mais oishii (délicieux) :

Deux onigiris dans une barquette en papier.

À côté, le même vendeur vendait des « corn dogs », des hot-dogs recouverts d’une pâte de maïs puis frits, à la coréenne. Je trouve la couleur bleue insupportable pour ça :

Panneau qui montre une dizaine de parfums de "corn dog". L'un d'entre eux est bleu.

Okonomiyaki, une sorte de crêpe fait avec des choux, de la mayonnaise et d’autres choses qui n’ont rien à voir avec les crêpes françaises, n’est pas pour moi. Mais c’est très authentique :

Affiche pour de l'okonomiyaki de Hiroshima avec une photo de plusieurs de ces crêpes japonaises.

Voici notre choix de dessert, quelque chose de hawaïen. Je ne pouvais pas le prendre en photo directement, car il faisait chaud et la glace commençait à se fondre tout de suite, mais les panneaux vous donneront l’idée :

C’est un cornet de glace en forme de « J », très grand et rempli avec de la glace à la vanille. Le cornet est fabriqué à base de miel. On n’a jamais rien vu comme ça, et c’était un vrai régal.

Dernière chose, on a vu cette chanteuse (inconnue pour moi) qui parlait entièrement en japonais — j’avais du mal à la comprendre — qui vient d’apparaître dans un film sur Netflix, « This is Ai ». J’ai enregistré un peu de ce qu’elle disait :

On a fini par dépenser environ 90 $ entre les billets, le parking la nourriture et les boissons (du thé glacé). Comme je vous ai dit, très cher pour ce que c’était. Mais après des mois depuis nos vacances, et vu le fait que le pays nous manque toujours, je dirais que ça valait absolument le coup.

On a tort sur Internet

Il y a un dicton en anglais : « Un mensonge peut voyager au bout du monde avant que la vérité ne puisse se mettre son pantalon. » Ou ses chaussures ; ce n’est pas bien établi. Veuillez ne pas me demander d’où vient cette métaphore bizarre, mais l’idée devrait être assez évident. Les fausses infos se diffusent beaucoup plus vite que les vraies.

Et depuis le 17, il y a une dame qui se fait connaître parmi les anglophones qu’elle le veuille ou pas. Commençons avec le clip en question sur un compte français :

Je ne suis pas sûr dans quelle ville ce clip a été tourné. Mais la dame rousse essaye d’empêcher une bande d’hommes en cagoules de piller une épicerie. Elle crie encore et encore, « Arrêtez ! » et « C’est pas la cause ». Un casseur un peu moins diabolique que les autres l’éloigne de la porte et lui dit : « Vous allez vous blesser. Ils pourront pas entendre raison. » Ce qui ne l’empêche pas de porter une cagoule et faire partie du saccage.

Mais qui est-elle ? Une manifestante ? Une employée ? Une citoyenne simplement sous le choc ? Je ne le sais pas — ce clip ne fournit pas de contexte. Entrent les je-sais-touts anglophones pour expliquer ce clip dont ils ne comprennent pas un mot :

Source

Celui-ci dit : « Nouvelles : Une femme en détresse est restreinte par des voyous gauchos et forcée de regarder la destruction de ses moyens de subsistence. La France est devenue l’Enfer sur Terre. »

C’est ridicule, ce dernier propos ; le pays entier n’est pas devenu Besançon. (Nan, mais sérieusement, regardez le clip lié ; rien à voir avec les actualités et tellement drôle.) Mais vous voyez la confiance avec laquelle cet internaute invente des faits qu’il ne connaît pas. Et c’est loin du pire.

Source

Ça dit : « Une Française libérale explique à ces envahisseurs islamistes africains qui pillent le magasin de sa famille qu’elle est de leur côté, qu’elle a voté pour leur venue et pour le désarmement de la police. Ils se sont moqués d’elle, ont volé toute sa marchandise et l’ont probablement violée. » (J’ai laissé Google faire cette traduction, mais c’est bon.)

Peut-il tirer ça du clip ? Non, pas du tout. Mais il y a des milliers de tweets pareils en anglais avec des réponses pareilles, qui disent souvent une expression argotique, « FAFO », ce qui veut dire « fuck around and find out » (foutre le bordel et découvrir les conséquences). Attention, c’est très vulgaire ; ne dites pas ça à une connaissance au travail. A-t-elle foutu le bordel ? Je ne le sais pas, pas à cause de ce clip. J’ai expliqué à quelques personnes, mais j’ai enfin décidé de suivre les conseils de ce dessin célèbre :

C'est un dessin de la BD en ligne XKCD. Un homme est assis devant un ordinateur de bureau. Il parle à quelqu'un hors scène. Le dialogue est traduit dans l'article.
Source, CC BY-NC 2.5

Ça dit : « Viens te coucher. — Je ne peux pas. C’est important. — Quoi ? — On a tort sur Internet. »

C’est de plus en plus l’esprit de ce qui se lit sur les réseaux en anglais : que les Français ont voté pour ça, et récoltent les fruits. Ça fait mal au cœur, mais je n’ai pas la plateforme pour l’expliquer à tout le monde — j’attends toujours que même une seule personne répond à mes traductions et explications !

Peut-être que vous avez entendu parler de Pierre, le héros niçois, qui a essayé d’empêcher le pillage d’un magasin Micromania ? Le compte Viségrad, dont on a parlé avant, a récolté plus de 5,2 millions de vues pour son partage du clip. Parmi les réponses :

Source

Ça dit : « C’est vraiment frustrant parce que le propriétaire du magasin aurait simplement pu financer de manière adéquate les écoles publiques, et rien de tout cela ne serait en train d’arriver. » (Traduction du site X)

Ou encore :

Source

Ça dit : « Ce mec est le propriétaire de magasin de jeux vidéo tout droit sorti d’un manuel. Dommage que ce ne soit pas un jeu vidéo. Prenez des flingues. »

Le manque de sympathie, c’est écœurant.

Mais je dirais que la perception de ce côté de l’Atlantique, c’est que la France officielle — le gouvernement et la presse — joue à Frank Drebin dans Y a-t-il un flux pour sauver la reine ?. La réplique en question : « Ça suffit ! Y’a rien à voir ! »

Et quand on n’entend pas de réponse, on croit aux infos non-vérifiées. En ce moment, il y a un clip de Paul Amar sur CNews qui circule partout sur les réseaux anglophones, qu’à Marseille, les émeutiers « avaient les adresses… de pas mal de commerçants juifs ». Des exemples se trouvent ici, ici et ici. Pourtant — et j’avoue, j’étais prêt à le croire — c’est le Crif local qui le nie. On ne trouve pas ça en anglais.

Encore une fois, les infos que l’on reçoit sur la France sont pleines d’erreurs, mais ce qui me dérange le plus, c’est qu’il y a un vide d’infos en ce moment, et les pires personnes sont ravies de le remplir.

Jour de chance

D’abord, j’ai une petite mise à jour sur la voisine charmante qui avait menacé de me blesser il y a des semaines. J’ai oublié mon portable dans ma voiture en rentrant hier soir et suis allé pour le retrouver. Madame était à l’extérieur du bâtiment hurlant de gros mots à la victime d’un coup de fil. Sans rien dire, j’ai lancé l’appli vidéo de mon portable et enregistre ce qu’elle disait en public alors que je marchais. J’ai gardé le portable à mon côté et ne l’a pas mis dans sa direction. Avec l’aide de Ferrite, le logiciel que j’utilise pour la balade, voici juste le son. Cet enregistrement ne dure qu’une douzaine de secondes, mais les bilingues profiteront bien de la tirade de la tarée :

Je ne vais pas offrir une transcription, car le genre de mots utilisés n’a jamais apparu sur ce blog, désolé. Mais disons qu’un mot répète à plusieurs fois trouve sa traduction dans le mot « unique », moins l’u, et il y a aussi un synonyme pour l’excrément d’un taureau.

Pensez-vous que j’ai assez de chance ici depuis le déménagement ? Permettez-moi de partager mon deuxième accident de voiture en 15 mois qui est la faute d’une autre personne ! Heureusement, personne n’a été blessé, mais la personne qui a percuté ma voiture n’aurait pas dû être dans ce pays. Voici des photos :

Il s’agit du pare-chocs arrière. À gauche, vous pouvez voir qu’il y a une pièce qui ne s’aligne plus avec l’autre. Plusieurs trous percés dans le métal sont visibles — je crois qu’il y a des poteaux qui rentrent dans les trous à l’intérieur. À droite, c’est un gros-plan de la seule partie qui est vraiment endommagé — le métal (je ne suis pas 100% sûr que ce ne soit pas de la plastique) autour d’un trou a une fissure et le poteau n’y rentrera plus. Il faudra qu’un mécanicien l’examine, mais je crois que c’est tout. Alors, qu’est-ce qui s’est passé ?

Malgré le fait que le parking de notre lycée était vide à 3/4 hier, beaucoup de parents insistent à traîner au milieu des rayons afin de s’en aller dès que leur petits anges arrivent, sans même avoir à sortir d’une place. J’ai dû attendre une telle personne pendant plusieurs minutes après l’arrivée de La Fille. Quand je l’ai vue enfin bouger, j’ai démarré ma voiture, passé la marche arrière — et j’ai été percuté par une voiture qui avait fait pareil de l’autre côté du rayon. J’avoue que c’est difficile à dire que c’est 100 % de sa faute, mais elle a dû se lancer beaucoup plus vite que moi, car je n’avais guère bougé de ma place, et nous étions également bloqués. Sa voiture avait plus de 20 ans et n’était pas équipée d’une caméra de recul — mais la mienne n’a même pas bipé, car tout s’est passé trop vite. C’est pour ça que je crois que c’était plus de sa faute.

Madame ne parlait pas un mot d’anglais, seulement l’espagnol. Elle allait s’en aller sans arrêter, mais je suis vite descendu de ma voiture et sa nièce a donc fait pareil pour me parler. Elle a dû traduire entre nous. On a échangé des infos d’assurance et l’autre personne est vite partie. C’était seulement après ça que j’ai regardé de proche sa carte d’assurance et me suis rendu compte que sa police avait atteint sa date limite — en juillet. En plus, la carte venait d’une entreprise dont je n’avais jamais entendu parler. J’ai fait des recherches sur Internet. Disons que c’est une entreprise classée « substandard » — on dirait littéralement « de mauvaise qualité », mais un terme légal dans ce cas pour classer les personnes assurées. Elles ne sont pas capables pour telle ou telle raison d’obtenir d’assurance normale. Des raisons comme « ne pas être sur le sol de façon autorisée ». C’était dans ma vie, il y a moins de 25 ans, quand les banques ont commencé à offrir des comptes à de telles personnes, et les autres services ont suivi.

Ma voiture a déjà 12 ans, et je ne compte pas la garder beaucoup plus longtemps après le départ de La Fille pour la fac, car j’espère déménager sur un autre continent. J’espère donc qu’il suffira pour remettre la pièce dans sa place avec tous les autres poteaux, et ne pas utiliser le trou avec une fissure dans ses bords. Mais il sera un mécanicien qui me le dira, pas moi.

La chose manquante

Une amie m’a récemment invité dans un groupe publique sur Facebook. Le nom sera un peu obscur, mais peut-être que vous pourrez deviner son but : Maison À Vendre – French Property for Sale. Oui, elle pense déjà — même avant moi — à la question de me trouver une maison.

Il y a une partie de moi qui ne le croit pas. J’ai abandonné l’idée d’acheter de l’immobilier à Elbe-en-Irvine il y a une décennie, car les prix explosaient. Il s’avère que j’aurais dû trouver un moyen, car tout coûte 2x ce qu’il coûtait à l’époque, ce qui semblait déjà trop gonflé. Mais c’est enfin une idée réaliste, au moins dans certains endroits. Saint-Tropez et le quartier de la Tour Eiffel ne se comptent pas parmi ce nombre.

Alors, mon amie a commencé par m’envoyer un lien vers une opportunité inattendue. C’était dans le mauvais endroit pour mes rêves, pas loin de Rocamadour en fait, mais je suis ouvert à toute idée en ce moment, non ? Malheureusement, j’ai déjà perdu le lien exact à la première maison — j’ai cherché quelques mots clés dont je me souviens ; peut-être que le post a été supprimé. Peu importe. Cette maison ne sera pas disponible en 2029, alors ça ne sert à rien de s’en soucier. Cependant, avec ça, j’ai commencé à lire d’autres annonces. Après un peu, il m’est arrivé à l’esprit que quelque chose n’était présent nulle part.

Regardez cette charmante maison haussmannienne en Charente. Il n’y a pas du tout assez d’espace dans la cuisine si la photo est la vérité, mais pour 240K €, qui pourrait dire non ?

Voici quelque chose de plutôt coûteux — 430K € — en Seine-et-Marne. Pas la bonne Seine-M, mais la salle à manger, c’est chic, non ?

Ça dit, qu’est-ce qu’il y a avec ces plafonds gravement en pente ? J’imagine que vivre dans une pyramide, c’est comme ça !

Salle de bain avec un plafond bien diagonal, qui semble venir juste au-dessus de la tête de quiconque utilise la toilette

Voici une maison aux alentours de Pézenas. Rien qu’en regardant l’extérieur, je la croirais à Corona del Mar, un quartier très chic à la plage ici dans le comté d’Orange, où toute telle maison coûte entre 5-10M $. Mais celle-ci n’est que 550K €. Je ne crois pas aux yeux :

Mais qu’elles soient nouvelles ou vieilles, il y a quelque chose que je n’ai pas vu jusqu’à ce point. Pourtant, je n’ai jamais vécu dans une maison ou un appartement sans au moins un de ces trucs dans chaque pièce qui n’est pas une salle de bain. Celui-ci se trouve directement au-dessus de mon lit :

Registre de clim ; c'est rectangulaire, avec une vingtaine de fentes

Vous le reconnaissez ? C’est un registre de climatisation. J’ai trouvé des preuves que de telles choses existent en France, mais après un bon moment sur les sites de Maison Energy et de Leroy Merlin, c’est bien évident que ce qui se vend en France est tellement différent qu’aux États-Unis, au point où je ne le reconnais pas du tout. Saint Willis-Carrier est apparemment inconnu en France. (C’est l’inventeur de la climatisation ; pour autant que je sache, l’Église ne l’a pas reconnu saint. Tant pis.)

Je ne vais pas mentir, je savais que c’était largement le cas, mais j’aurais deviné qu’il y aurait des registres dans environ 10-15 % des maisons quand même, surtout dans les nouvelles. Ça ne change rien pour moi, mais après cet été d’enfer, il me faudra me renseigner un peu sur quoi faire avant d’arriver !

Le lance-flammes de l’amour

Je sais que vous serez tous choqués quand je vous dirai que la presse américaine raconte des salades sur les lycées en France. Mais il y a quelque chose de nouveau cette fois — c’est un véritable buffet de crudités, car chaque journal et chaîne a son propre programme politique à suivre pour notre propre élection.

C'est un homme cagoulé, tout en noir, qui utilise un spray comme lance-flammes maison. La photo est taillée pour ne pas montrer la victime.
L’homme au lance-flammes, Capturé d’écran

Alors, pour le New York Times, les flammes ? Quelles flammes ? Il n’y a rien à voir sauf des manifs complètement paisibles, car des images de violence dans la rue, ça rappelle BLM, et si ça arrive, les Républicains gagneront. Voici une sélection de leurs gros-titres et images de couverture :

Pour les traduire, de gauche à droite et de haut en bas :

  • Des gens de tous âges rejoignent les manifs des élèves français, le mouvement grandit
  • Manifs des élèves s’étalent partout en France
  • Manifs des élèves deviennent nationales
  • Manifs s’étalent à travers la France, poussant des manifs des élèves

Toutes les photos semblent paisibles ; aucune flamme ne se voit.

Regardons maintenant l’histoire selon Fox News, où il n’y a que de la violence :

Encore une fois, je traduis les gros titres dans le même ordre :

  • Macron bafoue la liberté d’expression américaine alors que des émeutes saisissent la France — Internet le dénonce : « Gros con »
  • France en feu : Des centaines de milliers dans les rues pour exiger une réforme éducative
  • Will Cain : Les émeutes françaises sont la tempête parfaite de l’immigration en masse
  • Trump, Waltz relient les émeutes françaises à l’immigration en masse alors que des milliers sont arrêtés

Il y a des émeutiers ou des flammes dans chaque photo. Naturellement, ce n’est pas par hasard que les gros titres parlent de l’immigration ; ce sera un sujet important pendant notre législative à venir.

Je remarque que dans les fils d’actualité de mes amis sur Facebook, il y a plein d’alertes sur des rues fermées à cause de manifs, mais personne ne s’est plaint ni d’une incendie ni de violence dans sa ville. Ça dit, en général ils habitent ailleurs qu’à Paris ou à Marseille.

Certainement, la température des reportages sur les réseaux sociaux anglophones est plutôt chaude. Ce tweet vient d’un compte très populaire depuis la guerre en Ukraine, Viségrad 24, avec 2,1M d’abonnés :

Il me dérange que je trouve ce clip partout dans les comptes anglophones, mais seulement parmi ceux des inconnus en français. « Ils sont que dix, au nom d’Allah, on les tue ! » ne me semble pas une plainte sur l’état des bâtiments. Franchement, j’aimerais avoir de meilleures sources — il n’y a pas de contexte acceptable pour ce propos, mais il reste à savoir si la situation actuelle est le vrai contexte.

Il y un autre clip devenu très populaire sur les réseaux anglophones. Ici, j’offre la version du Telegraph de Londres, car son compte a presque 4M d’abonnés — tout le monde le connaît. Il s’agit du lance-flammes maison de Marseille :

Je ne vais pas cacher ma réaction initiale : que les gendarmes sortent les mitrailleuses ! Je trouve ce clip en particulier choquant, et comme j’ai dit chez Jours d’humeur, c’est le Détroit de Robocop devenu réel.

Je considère que j’ai appris une leçon importante en 2023, quand mon père pensait à annuler notre voyage à cause des émeutes. J’ai parlé à de nombreux gens, dont une amie gendarme, pour assurer que notre voyage se déroulerait en sécurité. Je suis certain qu’encore une fois, ces images d’un pays brûlant, sont loin d’être la vie quotidienne pour la grande majorité.

En même temps, si les reportages d’une apocalypse sont exagérés, c’est aussi le cas que l’image projetée par le New York Times est également fausse. Le bon nombre de lance-flammes fait maison, c’est zéro, et j’ai vu assez de sources en français pour être certain que c’est réel — et que le coupable a fait la connaissance des gendarmes. J’espère qu’il passera un bon séjour en prison. Mais mettons ce type de côté : quand le Times vend une version des actualités qui est évidemment fausse, pensez-vous que l’anglophone moyen s’inquiètera sur la question de si les reportages de violence sont exagérés ? J’ai déjà eu beaucoup d’échanges cette semaine avec des anglophones qui croient que « la France est perdue ». De la Californie, je ne vais convaincre personne autrement.

Pour ce que ça vaut, cette histoire ne change rien quant à mes buts. Je suis bien habitué à l’idée que les actualités françaises ne sont pas ce que l’on voit dans la presse anglophone. Mais croyez-moi, où je suis, c’est difficile de trouver la vérité.

The Parisian Gazette

Ceux qui sont ici depuis longtemps se souviennent certainement du blog Mathilde’s Little Things, écrit par une expatriée française qui habite à New York. En mai 2023, je l’ai décrit ainsi :

Mathilde’s little things est ma découverte préférée de l’année jusqu’ici. Elle est une nouvelle expatriée aux États-Unis, et écrit également sur des questions pratiques ainsi que la culture. C’est comme lire ce blog dans le sens opposé.

C’est pas le 1er, version mai 2023

Mathilde a fermé son blog original, mais je continue de mettre certains de ses posts sur Instagram en vedette dans C’est le 1er. Si au début, son but était d’expliquer les États-Unis aux Français, de nos jours, elle travaille plus sur expliquer la France aux Américains (alors que j’ai le culot d’expliquer la France aux Français). Ce n’est pas à dire que son compte est sans intérêt dans l’Hexagone — il y a toujours des découvertes telles que les cloîtres du Musée métropolitain d’art et comment faire sa propre charcuterie maison.

Cependant — surtout pour ceux qui lisent ce blog ailleurs que dans l’Hexagone, mais elle l’envoie partout au monde — je suis heureux d’annoncer le lancement de son bulletin mensuel en anglais, The Parisian Gazette. Chaque mois, Mathilde envoie un journal de quatre pages selon le format suivant : à la une, une lettre avec des réflexions sur la saison, sa vie d’expatriée ou d’autres histoires de vivre entre Paris et New York. Au milieu, deux pages d’articles très « Coup de Foudre » — des guides aux quartiers français, des recettes, et d’autres anecdotes culturelles. Sur la dernière page, il y a une grille de mots croisés ou autre puzzle lié au thème mensuel. Dans la même enveloppe, il y a deux autres choses, une carte postale dessinée par Mathilde ainsi qu’une autre carte avec une recette ou illustration.

La une de son premier numéro, avec le gros-titre "La Rentrée, The Parisian Way"

Je laisserai Mathilde donner son propre boniment, car on peut voir dans ce clip le niveau de qualité et d’attention qu’elle apporte à ce projet :

Pour info, je n’ai rien reçu pour cet article et Mathilde n’a rien lu avant sa publication. Je lui ai signalée que j’allais écrire sur son bulletin, mais c’était uniquement de mon idée. Je crois sincèrement qu’elle est une écrivaine intéressante et vu les contenus de son ancien blog et ses clips sur Instagram, je sais déjà que ce bulletin est de qualité.