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La Cuisine des mousquetaires et « une certaine idée de la France »

Aujourd’hui, on va parler d’une France différente, d’un temps au passé, même si pas si loin, mais je veux être clair — c’est pas pour le critiquer. Bien au contraire. En plus, il y a une certaine hypocrisie en disant que l’on désapprouve de la boucherie tandis que l’on mange des viandes, mais ce dont on va parler n’apparaîtrait pas à la télé de nos jours. Je parle, bien sûr, de la Cuisine des mousquetaires et l’animatrice Maïté.

J’ai rencontré Maïté à cause de mon groupe de nostalgiques des années 80s qui m’a lancé sur cette grande aventure. (Désolé, je sais que le grammaire de l’article lié pique les yeux.) Son émission, La Cuisine des mousquetaires, est l’une des émissions qui ont vraiment lancé la cuisine à la télé, avant Iron Chef, avant Gordon Ramsey, avant Philippe Etchebest.

La première fois où j’ai vu Maïté, elle a tué un canard sur scène :

Ce qui rend cet épisode un peu choquant n’est pas qu’elle nous montre une carcasse de canard où même qu’elle cuit le sang (bien que vous ne voyiez jamais une telle chose ici). Non, c’est plutôt la façon de parler sur le canard. En ouvrant le panier où le canard attend, Maïté dit à Micheline, son assistante « Regarde comme il est joli ! Il est beau, il est beau, il est magnifique ! ». Elle le met dans un appareil que je ne reconnais pas, inversé, puis dit à Micheline « Il ne souffre pas ; c’est impeccable ». On ne voit pas le moment exact, mais tout à coup, elle nous dit qu’elle saigne son canard, et il y a un bol de sang bien frais.

L’Obs nous montre un autre épisode en parlant de comment la cuisine a changé depuis son époque :

Elle parle directement à son anguille :

Ne bouge pas ma chérie, on va juste te heu… c’est rien, on va juste te tuer, te peler la peau, te découper en morceaux, t’éviscérer et te faire revenir des heures dans une marmite avec du vin rouge. C’est rien, ma chérie, c’est rien, ça passe…

Mais est-ce vraiment aussi choquant que ça ? Le chef américain Thomas Keller, le premier du pays avec deux restos trois fois étoilés, a écrit dans son premier livre de recettes (ma traduction) :

Un jour, j’ai demandé à mon fournisseur de lapins de me montrer comment tuer, écorcher et vider un lapin. Je ne l’avais jamais fait et il me semblait que si j’allais cuisiner des lapins, je devrais le connaître de l’état vivant, en passant par la tuerie et la boucherie, jusqu’au point de cuisiner. Le type est arrivé avec dix lapins vivants. Il en a cogné un sur la tête afin de le rendre inconscient, lui a tranché la gorge, l’a écorché — toute l’affaire. Puis il est parti.

Je sais pas ce à quoi je m’attendais…j’ai dû mal avec le premier. Il a hurlé. Les lapins hurlent, et celui-ci a hurlé fort. Puis il s’est cassé la jambe en essayant de s’échapper. C’était horrible.

The French Laundry Cookbook, p. 205

Il n’y a vraiment pas de différence entre ces deux. Maïté et le Chef Keller nous parle également d’un animal vivant qui finit par apparaître sur une assiette. C’est juste que nous — et j’en suis le premier — ne voulons pas le regarder.

Revenons à l’article de L’Obs. ils disent que « l’émission a bien mal vieilli ». Pourquoi ? Parce que « On y cuisinait avec les doigts, les proportions se mesuraient à l’œil, le respect de l’équilibre nutritionnel restait bien sagement au frigo, avec les légumes, qui ne sortaient qu’à de très rares occasions, et l’alcool était omniprésent. » Oh là là, c’était un problème si Mamie n’avait pas de Nutriscore ? Bien sûr, pour ma part je serais bien perdu sans ma balance.

Ils ont trouvé une académicienne, Virginie Spies de l’Université d’Avignon, pour élaborer l’argument : l’émission est « un miroir grossissant de la société » pour diffuser une cuisine à « base d’alcool, de gras et de viande » en service de « Une chaîne…qui parle de traditions et raconte une certaine idée de la France. L’émission de Maïté ne dit pas autre chose : elle met en avant des “valeurs françaises” et la nourriture des grands-parents ».

Mais qu’est-ce que l’on trouve ici chez Coup de Foudre ? Le poulet à la normande (Calvados et cidre), le bœuf bourguignon (vin rouge), les escalopes de saumon et des pêches au vin Monbazillac (vin blanc), le pastis gascon (Armagnac), et plein d’autres arrosés de l’alcool. Et alors ? Ne mettez pas de guillemets autour de ces valeurs !

J’ai commencé les recherches pour cette rédaction en pensant surtout aux moments choquants, la boucherie en direct. Mais Mme le professeur Spies a fini par éclairer mes pensées, bien que je sois sûr de façon inattendue. « Alcool, gras, viande », une certaine idée de la France — de laquelle j’ai pas honte, sauf qu’elle omet le sucre. (Aux États-Unis, on dit que nos valeurs sont « Maman, le baseball, et la tarte aux pommes », d’après une pub légendaire.) C’est pas Montaigne ici, mais ça suffit !

Des opportunités prises et ratées

D’abord, je vais vous dire tous d’aller lire l’excellente histoire de Thanksgiving chez Jours d’humeur. Si c’est pas tout vrai, ça devrait être le cas. Moi, je vais plutôt parler de la suite, Vendredi noir. Surtout celui-ci.

Selon le gouvernement Québécois, il ne faut pas dire « Vendredi noir » pour « Black Friday ». En fait, ils déconseillent les deux, en faveur de « Vendredi fou ». Les raisons sont très différentes, mais plutôt touchantes de leur façon. Quant à « Vendredi noir », ils disent :

Un jour noir est un jour malheureux, voire funeste, au cours duquel se produit un événement tragique pour un ensemble de personnes, par exemple les attentats du 11 septembre 2001. On a, notamment, nommé Jeudi noir le krach boursier du 24 octobre 1929, à l’origine de la Grande Dépression.

Je pense aux bousculades qui ont tué (lien en anglais) des chercheurs de bons marchés et je ne suis pas sûr qu’ils aient raison, mais ces jours-là sont finis. Il n’y a plus de promotions pour les 20 premiers acheteurs. Peut-être qu’un jour, personne ne se souviendra plus de cette bêtise culturelle.

Mais l’autre raison des Québécois est tout simplement qu’on va emprunter à l’anglais en marchant sur leurs cadavres, pour emprunter une métaphore anglaiseil faudra me passer sur le corps » est proche, mais manque du mot piquant) :

L’emprunt à l’anglais Black Friday, d’usage récent en français, n’est pas acceptable parce qu’il ne s’intègre pas au système linguistique du français.

Je n’arrive pas à comprendre quel emprunt serait acceptable, mais je suis pas offensé. C’est leur affaire, et en plus, bien que mes raisons ne soient pas les leurs, on partage le même but de ne pas entendre des anglicismes. (Vous ne comprendrez jamais l’horreur de « Is that OK? »/« Est-ce OK ? ». Comptez-vous chanceux.)

J’ai évité nos centres commerciaux aujourd’hui, parce qu’il reste quand même de grosses foules, et les « promotions » sont largement un escroc. Mais j’ai visité le meilleur magasin d’Orange County, myPanier, parce qu’ils ont eu une vraie promotion. -20 %, comme beaucoup de monde, mais sans avoir haussé les prix avant, comme cette blague de Martine :

Qu’est-ce que j’ai acheté ? Voilà :

Du chocolat pour ma fille, du beurre pour la pâtisserie, des Anis de Flavigny afin d’occuper mon docteur, du nougat de…Bretagne ? — on verra — et des pralines roses lyonnaises. Ça fera 11 départements de plus — peut-être 4 mois — avant d’arriver dans le Rhône. Mais ça fait un an entier depuis la dernière fois où les pralines roses y ont été en stock, et je n’allais pas rater mon opportunité. Vais-je les utiliser dans une recette ? Aucune idée, mais il sera moi qui prendrai cette décision, pas le manque d’un ingrédient. (Au fait, est-ce que je devrai écrire 2 articles, 69D et 69M ?)

([Menteur ! Dites-leur la vérité ! Ce sont pas l’intégrale de vos achats ! — M. Descarottes]) Bon, il dit la vérité. J’ai aussi acheté 4 barres du chocolat Ghirardelli, mon préféré pour les ganaches. ([Et ? ET ?]) Ç…ce…cela !

([C’est pas un produit français, garçon.]) C’est un souvenir d’enfance, c’est mon excuse.

De toute façon, j’ai récemment raté une autre opportunité, dont je doute qu’elle revienne. Je voulais tellement une affiche du concert d’Indochine à Paris, exactement comme sur ce T-shirt :

©️Indoshop

Mais j’attendais car leurs frais de livraison à l’étranger n’ont rien à voir avec le coût, étant 32 € tout court. Et je voulais aussi commander le T-shirt, mais ma taille (L, pas XL, merci) est en rupture de stock depuis le début. Je voulais acheter les deux en même temps au lieu de payer les frais deux fois. En attendant le T-shirt pendant des mois, la boutique ne vend plus l’affiche. Si on m’avait dit que je ne pouvais en choisir qu’un, il aurait été l’affiche. Oups.

Tout ça, c’est-à-dire prendre vos opportunités quand elles se présentent. Je vais me donner des claques pendant longtemps à cause de cette dernière !

Le dernier événement OCA de l’année

Ce soir, je suis allé avec mon groupe de cinéphiles de l’OCA pour voir…un film américain, She Said. Il arrivera bientôt en France sous le même nom, le 23 novembre. Je ne parlerai pas du film pour plusieurs raisons, parmi lesquelles : 1) ça traite de #BalanceTonPorc/#MeToo, et c’est bien hors de mes sujets, 2) c’est un œuvre qui essaye de vous faire oublier l’histoire du New York Times quant à exactement ce sujet, et 3) quand je suis avec l’OCA, je préfère penser à de bonnes choses.

On a dîné chez Macaroni Grill, une chaîne de restos italiens américains. C’était anciennement l’un de mes habituels, mais ça me rappelle quelqu’une, alors je n’y vais plus souvent. Mais pour certains, même si je ne savais pas pendant combien de temps ils vivaient ici, c’était la première fois. Et ça, c’était une expérience !

Dans ce resto, ils servent une miche de pain avant le dîner, avec de l’huile d’olive sur des assiettes pour partager. Le truc américain, c’est d’arracher le pain avec les mains et passer des bouts autour de la table. Absolument personne n’a fait ça. Nous étions une dizaine, alors il y avait peut-être 4 miches sur la table. Chacune a été tranchée avec un couteau. Je ne m’attendais pas du tout à ça, mais il a quand même fait chaud au cœur.

Un autre moment intéressant s’est arrivé à cause d’une jolie boulette à la part du resto. L’un d’entre nous n’a pas reçu sa salade bien après l’arrivée de tous les autres plats. Aux États-Unis, la coutume en ce cas est d’offrir un dessert gratuit. (Mais ne le demandez pas aux serveurs ; ça doit arriver volontairement.) On parle souvent de commander des desserts « pour la table » ici ; c’est-à-dire que tout le monde partage le même dessert avec des fourchettes différentes pour chacun. Moi, je n’aime pas ça, mais je l’ai refusé à cause d’avoir mangé des pâtes (300 sur le moniteur de glycémie ce soir — aïe ! Des salades ce week-end !). Sinon, le groupe entier a participé à ça. Est-ce que l’on fait la même chose en France qu’aux États-Unis, où était-ce un moment bien américanisé ?

Je m’asseyais aux côtés de quelques-uns que je ne connaissais pas avant. Naturellement, j’ai parlé du blog et du voyage fou plus tôt cette année pour voir Indochine. J’oublie souvent que tout le monde ne connaît pas forcément tout ce que j’écris ici. Alors, on a dû jouer L’Aventurier sur son portable pour un autre à la table.

Ils ont bien ri quand j’ai récité ma scène préférée du Gendarme se marie par cœur, au plein milieu du resto ! J’ai eu rien à boire sauf du thé, je vous jure, mais je suis prêt à faire de vraies bêtises en français pour amuser les autres.

Mais il y avait un moment spécial que je souhaite m’arriverait plus souvent. L’une de mes nouveaux amis m’a demandé ce que j’ai fait pour mon dîner corrézien. J’ai dû le vérifier, car il y a maintenant plus de 110 recettes dans le grand tableau du Tour. C’était la mique. À mon avis, c’était pas l’une des réussites du blog (en partie parce que je n’avais aucune idée à quoi elle devait ressemble). Mais elle m’a dit que c’était très rare de trouver quiconque ici qui connaisse tout court ce plat. De tels moments valident l’effort de connaître tout le pays.

Ça fera deux mois avant notre prochaine séance de film. Ils vont me manquer.

Le concours de popularité

Hier, pendant le dîner, ma fille m’a dit « Tu devrais me citer plus souvent sur ton blog, car « La fille » est le personnage le plus populaire. » (Elle m’a expliqué que « la fille » est son nom pour son personnage « inspiré de l’actualité », car les citations ne sont pas toujours exactes.) Je lui ai répondu, « Tu sais que je viens de te citer ? », ensuite je lui ai montré que je l’ai mentionné dans Les numéros chanceux.

Mais elle n’était pas satisfaite. Elle m’a dit, « Et si tu faisais un sondage, qui penses-tu gagnerait ? » Moi, sachant qui est le patron, j’ai répondu, « M. Descarottes, certainement. Mais je suis quand même prêt à tester ce propos, si tu veux. » Et elle le voulait.

Alors, voilà, le deuxième sondage du blog.

Le marché de Noël

J’allais poster mon dîner morbihannais aujourd’hui, mais après tout ce travail pour les macarons, j’ai décidé de partager plus sur l’événement. Vous allez peut-être rire — c’est pas Strasbourg ici !* — mais c’était aussi important pour certains que j’ai mentionnés ici avant.

*Vous attendiez-vous à Versailles ?

D’abord, ce que vous vouliez le plus voir — la preuve :

Hélas, les macarons en haut de la boîte où je les ai rangés ont eu un voyage un peu difficile. Alors, ce ne sont pas mes plus beaux. Au fait, j’ai une question que je ne voulais pas du tout demander au marché. Tous les sacs de pâtisseries fait maison ont été vendus pour 1 $. Il y a deux de mes macarons, d’accord ? J’ai acheté quelques autres, et…pourquoi valent les miens la moitié de ces autres macarons ?

Mais je dois ajouter le truc le plus décevant. J’ai toujours pas la moindre idée de l’avis des clients. J’espérais que quelqu’un ouvrirait leur achat sur place, mais hélas, non.

De toute façon, il y avait une vingtaine de vendeurs. Je veux commencer avec quelqu’un de spécial, ma prof de cuisine pendant mes deux premières années avec l’Alliance française. Elle a démissionné cet été à cause de problèmes avec son horaire, alors j’étais ravi de la voir. Voici ce qu’elle fait — je n’avais aucune idée !

Malheureusement, Karine n’a pas de site Internet, sinon, je vous donnerais un lien.

D’une part, j’étais heureux de voir une grande promotion d’Americannery, car je suis fan. D’autre part, ils sont en train de fermer leur magasin. Ils disent que c’est parce qu’ils déménagent, mais il n’y a pas de nouvelle adresse. On verra. Je vous rappelle que vous pouvez trouver leurs excellentes rillettes de poissons en France sous le nom de Groix et Nature.

On vendait de la confiture de lait, mais l’a proposée sous le nom espagnol de « dulce de leche ». Je vous rassure, en Californie du Sud, tout le monde la reconnaît sous ce dernier nom. Au fait, vous allez voir au moins deux desserts mexicains ici, mais pas trop vite. Et oui, je les connais déjà.

Il y avait un monsieur qui vendait des livres « rares et vieux », et je pensais tout à coup à certaines d’entre vous. J’ai presque — presque ! — acheté un guide à Paris des années 1920s. Il était en anglais, mais la vraie raison pour laquelle j’ai changé d’avis, c’était que l’on traite toute la France également ici. Bon, je mens — si certaines choses arriveront, mon dîner seinomarin sera spécial. Mais laissez tomber jusqu’en été prochain. Ce livre de Jules Verne m’a attiré, mais pas à 180 $.

Il y avait plusieurs vendeurs de bracelets et d’arts décoratifs pour la maison. Voici deux en même temps :

Finalement, il y avait une vendeuse de bougies fait maison. Je me demande si vous reconnaissez l’objet dans lequel les grandes bougies restent debout. Ne me dites pas que c’est un bloc de bois. Évidemment, mais pas seulement.

Alors, c’est ça notre petit marché de Noël. C’est Dieu Tout-puissant qui m’envoie des courriels de la SNCF pour me torturer avec des rêves de Strasbourg comme ceux-ci. (Le Diable m’enverrait plutôt des photos de mon ex s’y en profitant.) Pour l’instant, le nôtre doit suffire.

Un message aux abonnés arnaqueurs

Il y a deux nouveaux abonnés ici que je ne supporte pas. Du tout. L’un de vous fait la promotion de la traite d’êtres humains sur votre site. Si je me trompe, c’est autrement un escroc de visas. Je m’en fiche duquel. L’autre n’est peut-être pas la même personne, mais vous êtes apparus en même temps, et réapparus en même temps après que je vous avais supprimé tous les deux.

Vous n’êtes pas les bienvenus ici, à jamais. Je vous supprimerai autant de fois que vous réapparaissez. Ne laissez pas la porte vous frapper le cul en quittant ici. (Pour le reste de vous, voici votre expression idiomatique anglais du jour ; c’est une façon impolie de dire « Quittez ici le plus vite possible ».)

Les blagues AOP

C’est bien connu que les américains n’ont pas toujours suffisamment respecté les produits labellisés, surtout la champagne. Mais ce que vous ne saviez pas peut-être, c’est qu’il y a un genre de blague en anglais qui dépend de connaître exactement l’idée de terroir.

J’ai récemment vu celle-ci sur Twitter :

Source

Ça dit :

C’est seulement de l’inflation si elle vient de la région française d’Inflationé ; sinon, c’est juste de la pauvreté pétillante.

Bien sûr, il n’y a pas de région appelée « Inflationé », mais vous comprenez sûrement l’idée derrière la blague. C’est particulièrement les vins pétillants californiens qui ont inspiré ça chez nous.

Mais il me semble que ce genre de blague est devenu populaire avec le Covid. Du moins, c’était la première fois où j’en ai entendu parler.

Ça dit :

C’est seulement de la quarantaine si elle vient de la province française de la Quarante ; sinon, c’est juste de l’isolation pétillante.

Il y a même un article académique sur ce phénomène, mais je dois vous dire qu’ils n’ont pas les exemples les plus drôles. Mais ils ont prouvé au moins que cette blague existait avant la pandémie. Leur exemple le plus tôt :

Ça dit :

C’est seulement « Frankenstein » s’il a été créé dans la région française de Frankenstein ; sinon, c’est juste un monstre pétillant.

Malheureusement, il y a plein de monde qui ne comprennent pas la grammaire de la blague. Il faut absolument inventer une région française ; sinon, c’est juste de la raillerie pétillante.

Ça parle d’un phénomène récent dans l’actualité en anglais, dit en français « l’arrêt tranquille (ou silencieux) » :

C’est seulement de l’arrêt silencieux s’il vient de la région française de Champagne ; sinon, c’est juste des limites pétillantes.

Moi, j’aurais écrit quelque chose comme « s’il vient du village de Silence-en-Quittant ». Mais moi, j’ai l’habitude d’inventer des noms français pour toutes les villes autour de moi, comme ma propre Elbe-en-Irvine, ou Anguille-sous-Roche pour le village de quelqu’un d’autre.

Une de plus pour finir, pour nos temps économiques heureux :

C’est pas une récession à moins qu’elle vienne de la région française de Récession ; sinon, c’est juste de la misère pétillante.

Je crois que cette blague a du potentiel en français, car nous comprenons tous l’importance des origines protégées.

INAO

L’élection américaine

Ce soir, on va avoir notre élection de mi-mandat aux États-Unis. D’abord, je dois vous dire que c’est mon but d’éclairer ce que je vois en lisant la presse française, et comment c’est différent que ce que je lis à la maison — ce post n’est pas pour encourager une équipe ou l’autre. Internet ne manque pas de sites pour ça ; celui-ci n’en est pas un.

Mais d’abord, quelques mots sur le bon cadre pour regarder les États-Unis. Dans le système français, ou israélien, moins le cas dans le britannique, les partis viennent et partent, et ne font pas grande partie de l’identité de leurs votants. On peut dire « Je suis gaulliste », mais ça veut dire qu’on voterait pour quel parti exactement ? LR ? Renaissance ? DLF ? Même chose à gauche — la NUPES n’a pas fait disparaître les différences entre le PS, l’EELV, les Communistes, etc. De cette façon, vous avez évité le problème américain, où les partis sont devenus des tribus. Ça peut être très difficile à comprendre vraiment si vous n’avez jamais expérimenté un tel système.

Il était une fois, c’était pas la Grande Croisade. C’était très commun pour les membres des deux partis de se marier — les grands-parents de mon ex était un tel couple. En fait, les gérants des campagnes de George H.W. Bush et Bill Clinton se sont mariés (lien en anglais) dès que la présidentielle de 1992 a fini. Ce n’est plus du tout le cas. Ce que je veux vous faire comprendre, c’est que c’est l’attitude des deux côtés — l’autre côté n’a que des mensonges.

En ce qui suit, je suis sûr que vous pouvez trouver des exemples par ici et par là où je me trompe et une nouvelle est disponible quelque part. Mais on peut pas facilement trouver ce que l’on ne savait même pas existait. On pourrait être…surpris si on prend ses nouvelles des États-Unis du Monde. Ou du Figaro. (Essayez plutôt Le Gorafi.) Au fait, pour cet article, je me suis aussi abonné à Libération pour un mois.

Commençons avec quelque chose de surprenant. L’un des concours les plus proches est en Pennsylvanie, où M. John Fetterman, Démocrate, est face au Dr Mehmet Oz, Républicain. Dans Le Monde, Libération, ou bien Le Figaro, on peut lire que :

Offrant son soutien à John Fetterman, le candidat démocrate en sweat-shirt et aux avant-bras tatoués, Obama a attaqué son adversaire, le médecin médiatique Mehmet Oz, qu’il a présenté comme un charlatan digne des faux docteurs de l’époque de la conquête de l’Ouest.

Le Figaro

Mais je ne trouve pas trop de mentions de deux faits qui sont favorables pour le Dr Oz : il est en fait un chirurgien cardiaque à Columbia, une université classée parmi nos 20 meilleures (il vendait aussi des cachets inutiles à la télé), et M. Fetterman a eu un AVC en mai, où les effets restent visibles. Si vous prenez vos nouvelles de BFM, vous savez les deux ; de Libération, au moins l’AVC. Mais si vous prenez vos nouvelles du Monde, du Figaro, ou bien de CNEWS, vous n’en avez pas entendu parler. (Une fois, Le Monde a mentionné que le Dr Oz est en fait chirurgien, mais pas dans le contexte de l’attaque comme charlatan.) Pourquoi est-ce que c’est important ? Parce que sinon vous seriez très surpris à quel point ce concours a changé après le seul débat entre les deux, où tout le monde a pu voir les deux ensemble :

Source : RealClearPolitics

Ce prochain argument sera…sensible. Quant aux Républicains vous avez entendu plein de parler du 6 janvier 2021. Mais vous n’avez pas entendu parler que les Démocrates n’acceptent toujours pas les résultats des élections. Le Monde dit ça de l’Arizona et la Géorgie, qui fait penser que ces situations sont complètement différentes :

La bataille se joue entre la démocrate Katie Hobbs, l’actuelle secrétaire d’Etat, et la républicaine Kari Lake, une ancienne présentatrice qui affirme que l’élection de 2020 a été volée et qui s’est affichée aux côtés de figures du mouvement complotiste QAnon.

La course en Géorgie voit s’opposer la démocrate Stacey Abrams, une défenseuse du droit de vote, et le républicain Brian Kemp, l’actuel gouverneur de l’Etat.

Le Monde

Mais on ne trouve pas dans Le Monde que l’histoire de Mme Abrams est peut-être plus compliquée :

Paradoxalement, c’est après une défaite qu’elle a refusé de reconnaître que le mythe Stacey Abrams s’est forgé à l’automne 2018.

Le Figaro

Libération vous raconte que l’élection de 2018 en Géorgie a bien été volée. BFM ne le mentionne pas, ni CNEWS soit en 2020 soit maintenant. Mais le Washington Post, pas du tout un porte-parole des Républicains et qui rejette l’idée sans rendre jugement, a trouvé :

Abrams a joué les affirmations selon lesquelles l’élection avait été volée jusqu’à ce que de telles tactiques deviennent intenables pour quiconque prétend être un défenseur des normes et des valeurs démocratiques américaines.

Washington Post (traduit de l’anglais)

Des suggestions de complots et d’élections volées existent depuis longtemps. En 2004, il y avait une théorie que M. le Président Bush a triché dans l’Ohio. Même les conseillers de la campagne de M. Kerry l’a nié à l’époque. Mais des représentants Démocrates au Congrès ont voté pour refuser d’accepter l’élection, bien qu’il n’y ait pas eu des émeutes. Je ne vous dis pas quelle version à croire. Ce que je veux que vous compreniez, c’est que cette histoire est connue aux États-Unis et joue un rôle dans les pensées des deux côtés. Si vous regardez ces revendications comme des mythes fondateurs tribaux au lieu de justifier les différences, c’est plus facile à voir pourquoi les deux côtés ne s’entendent plus.

Je ne vais vous donner aucune prédiction de quoi arrivera. Ce n’est pas ce que je fais ici. Mon but était plutôt de vous montrer que l’on peut trouver des pépites dans la presse française, mais le tableau est plutôt loin d’être complet.

Le gâteau Sacré-Cauchemar

Je ne voulais pas salir la recette la plus longue du blog — désolé, mon cher Marjolaine, vous n’êtes plus que #2 — avec la vraie histoire. Mais maintenant, vous allez tout entendre. Ce post est ma punition pour avoir oublié ma leçon quant au papier sulfurisé et les choses chaudes. Mais j’espère sincèrement que vous apprendrez quelque chose d’utile de mes expériences.

Peut-être que vous, étant tous malins, avez remarqué que cette photo, avec mes choux tous juste sortis du four :

ne ressemble pas trop aux choux en haut du gâteau :

Ben, voilà, la triste vérité. Ces choux tous absolument parfaits étaient mon premier lot — et aucun n’a survécu pour prendre sa place sur le gâteau. Voici le lot qui a reçu cette honneur :

Moins beaux, ceux-ci, hein ? Et si je vous disais que ce lot était en fait le troisième ? Quelque chose n’est pas allé du tout, hein ?

Tout allait bien jusqu’au moment de tremper les choux dans le caramel. J’avais fait ma crème pâtissière, je l’avais divisée pour les choux et la crème Chiboust, et… j’ai mis une feuille de papier sulfurisé sur la plaque de cuisson pour laisser sécher les choux.

Sans faire attention, j’ai trempé chaque chou dans le caramel bien chaud, puis l’a mis sur ce papier. Et dès que j’avais fini, je me suis tout à coup rendu compte que j’avais fait une erreur catastrophique :

Chacun et tous de mes choux étaient collés au papier ! L’erreur était irréparable — tous efforts de les enlever du papier ont fini par gâcher les choux. J’ai dû donc tout refaire. Pas la base, mais tous les choux. Et puisqu’ils étaient déjà tous remplis de crème pâtissière… Ouaip. La crème aussi.

Mais comment est-il arrivé que j’ai du faire trois lots de choux ? La deuxième fois, j’ai mis la farine dans la liquide trop tôt en faisant la pâte, et elle était donc trop liquide. Les choux qui ont résulté étaient trop plats. Le goût était bon, mais ils étaient tous inutiles pour le gâteau.

Sommes-nous finis ? Hélas, non, mais la pire est derrière nous. J’aimerais vous dire que la crème Chiboust, n’étant que de la crème pâtissière et de la meringue italienne, est facile. Mais M. Chiboust l’a inventée en 1840 avant les robots, alors il faudrait savoir que la partie la plus compliquée ne dépendrait pas de fouetter les blancs.

En effet, il n’y aucune différence entre la crème Chiboust et les coques de macaron de Pierre Hermé — dans tous les deux, les chefs disent de commencer à fouetter les blancs en même temps qu’un sirop commence à bouillir. Mais la quantité de sirop pour cette recette est plus petite que celle des macarons, alors mon sirop a atteint la bonne température bien avant que les blancs ne soient prêts. Et la sirop a donc commencé à évaporer. À la fin, c’était pas grand-chose, mais après l’aventure des choux, je n’avais plus envie de vivre le Système D !

Quand je vous raconte de telles choses, c’est pas juste pour faire plaisir à mon ex ([Mais j’en profite, veuillez continuer ! — Elle ; Merci Google Translate ! — Aussi elle]). C’est pas pour vous décourager non plus. C’est très facile à trouver tous genres de pâtisseries parfaites sur Instagram ou n’importe où. C’est presque impossible de trouver des échecs, sauf dans des mèmes Internet. Mon but est de vous convaincre de ne pas abandonner, de ne pas dire que ce soit impossible. Si un type inconnu sur Internet peut apprendre à cuisiner à la française, tout le monde peut le faire !

Le pays inexistant

J’allais publier la prochaine Langue de Molière aujourd’hui, puis la recette du Saint-Honoré, mais une nouvelle m’énerve et la Langue de Molière est donc reportée à mercredi prochain. Je vais me sentir coupable comme à chaque fois où je me plains des Français, car vous êtes tous exactement pas de qui je parle. Mais à mon avis, c’est mieux d’évoquer ces sujets quand ils sont toujours des nouvelles.

Tout a commencé avec un Tweet d’un compte que je suis, Marlène Aviation. C’est écrit en anglais, et il parle de l’histoire de l’industrie de l’aviation française. Je recommande ce compte avec enthousiasme !Mais cette fois-ci, quelque chose ne va pas. C’est où « Listenbourg » ? Jamais entendu parler.

J’ai vite trouvé un article de 20 Minutes qui explique tout. Il s’avère qu’il y avait un Tweet avec une fausse carte de la péninsule ibérique pour embêter les Américains :

Oh, ha ha ha. Moi, je sais depuis la maternelle que la péninsule ibérique n’a pas de telle forme. J’avoue que plus que l’on va vers l’Est dans cette carte, plus que j’ai du mal à nommer les pays sans aide. Je peux vous dire sans difficulté quels sont le Portugal, l’Espagne, la France, le Royaume-Uni, l’Irlande, la Belgique, la Suisse, l’Italie, l’Autriche, la Pologne…après ça, sans légendes, j’ai des problèmes. Au moins, je pourrais vous dire quels sont les 3 pays Baltes, mais malgré le fait que j’ai un arrière-grand-parent Lituanien, je n’ai aucune idée quel est lequel. De toute façon…

Selon l’article de 20 Minutes, ça fait partie d’un jeu sur les réseaux sociaux :

Parmi les centaines de vidéos de ce type publiées sur les réseaux sociaux, une certaine catégorie rencontre un franc succès : les questions de géographies posées aux Américains. De nombreuses réponses sont totalement fausses, ce qui amuse beaucoup les Français. A la question, quelle est la capitale de l’Europe, certaines répondent la France.

Franchement, ils parlent d’un genre de vidéo tourné en anglais, par des anglophones, souvent américains. Voici des exemples : ici, ici, et ici. Mais quand les européens regardent de telles vidéos, ils manquent du contexte culturel. C’est quelque chose de haineux entre nous-mêmes, et on va retourner à ce sujet mardi matin avant l’élection. Bref, ces vidéos sont tournées pour se moquer d’une classe sociale en particulier, et c’est exactement cette attitude qui a créé la polarisation du pays. Disons pour l’instant que l’on ne trouve jamais de telles vidéos tournées à Détroit ou à l’Est de Los Angeles.

On peut maintenant trouver beaucoup de fausses institutions, un « ministère des affaires étrangères », « ministère d’économie », etc. J’ai du mal à comprendre si Mme Aubry fait partie de la blague, car elle plaisante apparemment sur ses propres croyances, et chez moi, on ne fait jamais ça :

Pour un instant, j’ai brièvement pensé à participer à ce jeu ! Je pensais à mettre une photo d’un cimetière américain sur Twitter pour dire quelque chose « N’oubliez pas les sacrifices qui nous avons fait pour les listenbourgois ». Mais j’ai finalement décidé de ne pas faire une telle chose. Je ne pourrais jamais me moquer de certaines choses. En plus, ceux vers lesquels j’aurais la plus envie de dire un tel commentaire ne sont vraiment pas des Français. On n’oublie jamais ses amis. Mais j’aimerais bien savoir combien des gens qui adorent ce jeu pourraient donner les bons noms pour tous les provinces canadiennes, peu importe les états américains. Encore plus drôle, les états mexicains. Après tout, c’est pas grand-chose de se souvenir de juste trois pays sur un continent entier.

Mais je préfère de ne pas finir avec quelque chose de triste, alors j’ai une autre carte, trouvé sur Twitter hier grâce à une connaissance très sympa :

Source originale

Comme j’ai partagé avec cette amie-là, il y avait une carte identique sur la couverture d’un magazine new-yorkais :

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