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Mon livre jamais utilisé

Peut-être le meilleur pâtissier français dont vous n’avez jamais entendu parler est François Payatd. Il vient de Nice, et il a été stagiaire à Paris, mais ça fait déjà 31 ans depuis qu’il est venu à New York. Toute sa carrière a déroulé aux États-Unis. Moi, je le connais grâce à son ancienne pâtisserie à Las Vegas. (Hélas, elle est disparue en 2017.) En tout cas, ce soir j’ai redécouvert l’un de ses livres, que j’ai acheté il y a des années, et gardé au cas où j’apprendrais à utiliser une poche à douille. Voilà :

Ce livre a été écrit en 1999, mais il y a des trucs au-dedans qui semblent venir d’un autre monde. Par exemple, il y a une douzaine de soupes à dessert dans le livre, et je sais qu’il était une fois, ce genre de dessert était très populaire. Il y en avait plusieurs dans mon livre de Pierre Hermé au même époque. Mais je n’ai vu aucune soupe comme ça nulle part en France ; ce n’est plus à la mode. Voilà sa soupe à la mangue :

Ma fille adore la mangue ; peut-être que l’on la goûtera.

Il y a des changements nécessaires à l’époque. Vous reconnaîtrez sûrement ce gâteau, mais M. Payatd nous dit d’utiliser de la crème liquide, pas de yaourt. En 1999, il n’était pas encore possible de trouver le bon yaourt aux États-Unis.

Il y a aussi des changements surprenants dans ce livre. Par exemple, sa recette de frangipane : du sucre, des amandes, du beurre, des œufs, de la farine. La vraie recette, selon beaucoup de sources, c’est la moitié cette crème et la moitié de la crème pâtissière.

C’est un livre un peu ambitieux pour le cuisinier à foyer :

Mais il s’avère que ce livre a rentré dans ma vie au bon moment. En trois semaines, j’aurai besoin d’un gâteau pour un événement spécial. J’ai trouvé exactement le bon gâteau dans ce livre. (Ce n’est pas celui en haut.) Vous saurez quand vous le verrez !

La Ligue Magnus

Mon amie rouennaise a posté une vidéo aujourd’hui pour son équipe locale de hockey, les Dragons de Rouen. Je ne connaissais ni l’équipe ni la ligue, j’ai donc fait des recherches. Ça m’intéresse parce que, malgré avoir grandi dans un désert, le hockey est mon deuxième sport préféré après le baseball. Mais j’ai aussi découvert quelque chose qui m’intéresse beaucoup plus que le sport !

Les arènes de hockey en France sont beaucoup plus petites que les nôtres. La plus grande arène est à Grenoble, et sa patinoire a une capacité de 4 208 spectateurs. Où j’ai grandi, à San Diego, il y a une équipe du deuxième niveau (il n’y a pas de rétrogradations aux États-Unis), et leur arène a une capacité de 14 600. Au plus haut niveau, les Ducks d’Anaheim jouent très proche de chez moi, et leur arène a une capacité de 17 174 pour le hockey, et plus de 18 000 pour les concerts.

Quand on assiste à un jeu de hockey en France, on voit d’abord des français qui jouent. Selon les règles, une équipe peut utiliser un maximum de dix joueurs étrangers, de vingt joueurs en total. Et en fait, environ 55 % sont nés en France — mais c’était 63 % en 2013. Par rapport, la Ligue « Nationale » des États-Unis et du Canada (c’est plutôt international, non ?), est 43 % canadien, 29 % européen, et 28 % américain, en jouant principalement aux États-Unis pour un trophée donné par un Britannique.

Mais ce n’est pas le fait qui m’intéresse le plus. C’est que les équipes restent où elles ont été fondées. J’ai cherché toutes les pages de la Ligue Magnus sur Wikipédia, mais je n’ai trouvé aucun exemple d’une équipe qui a déménagé. Je déteste l’équipe de football de mon enfance, et je ne regarde plus notre NFL, parce que cette équipe-là, les Chargers, ont déménagé de San Diego à Los Angeles. Il me semble que c’est quelque chose qui ne se passe pas en France. Je ne regarde pas non plus la NBA parce que deux équipes ont quitté ma ville.

Peut-être qu’il vous semble que c’est fou d’être si étonné par un fait quotidien comme ça. Mais j’avais des billets de saison pendant 17 ans pour les Chargers, et à la fin, il n’a sert à rien. Que pensez-vous — préférais-je soutenir une équipe loyale qui joue dans un petit stade, ou une équipe qui ne se soucie pas de ses fans ?

Pour la politesse française

Ça fait deux mois depuis que je suis revenu aux États-Unis. Vous savez déjà beaucoup de choses qui me manquent — mes amis, les sites, la pâtisserie, la musique. Mais il y a quelque chose de fou qui me manque horriblement. C’est le vouvoiement !

Quand j’étais jeune, la culture aux États-Unis n’était pas si différente que la France de maintenant. Peut-être que vous pensez que je plaisante. Mais je suis complètement sérieux. Quand on s’adressait à un inconnu, c’était toujours « Madame » ou « Monsieur ». Quand j’allais dans un magasin où j’étais connu, c’était « Monsieur Busch » (eh bien, « Mister »), jamais « Justin. » Et dès qu’ils apprennent votre prénom, les dialogues écrits par leurs gérants disent qu’ils doivent utiliser ce mot dans chaque phrase. « Tu payes comment, Justin ? Tu aimerais avoir une carte de crédit avec nous, Justin ? Bonne journée, Justin ! »

C’est la même chose quand on entre dans un magasin. Les caissiers doivent interrompre leurs clients pour crier soit « Hello! » soit « Thank you! » à ceux qui entrent ou partent. C’est impoli. Si vous êtes en train de parler avec un client, servez ce client-là, pas quelqu’un d’autre ! Et il n’y a jamais de contact visuel, surtout avec les clients qui partent. On crie vers leurs dos ici. Je n’ai jamais vu ça en France, et croyez-moi — je cherchait.

Une autre chose qui me manque, c’est l’absence d’un mauvais comportement si bizarre que je dois vous le montrer en vidéo, parce que vous ne le croiriez jamais si je vous l’explique seulement en texte. Quand on est dans un resto — pas un McDo, un vrai resto avec des serveurs — ils essayent de vous convaincre de commander des trucs en les disant leeeeeeeentement, Je n’enregistrais jamais un serveur pour ça — ils n’apparaîtraient pas volontairement — je vais donc le faire moi-même :

Quand je vous dis que l’absence de ce comportement est l’un de mes plus précieux souvenirs du voyage, je ne mens pas.

Un renseignement qui m’amuse beaucoup — en anglais on dit « you » pour tous les deux, « tu » et « vous ». Mais lequel mot français est l’ancêtre de « you » ? C’est « vous » ! La version ancienne de « tu » en anglais était « thou, » et on peut le trouver jusqu’au XVIIIe siècle. Alors nous, les gens les plus décontractés du monde, nous vouvoyons tout le temps !

Les mentions légales

Je déteste que je dois écrire ce post.

Plus tôt aujourd’hui, j’ai découvert par hasard que certaines de mes photos de cuisine sont sur Pinterest, avec de mauvaises traductions. Voici des exemples :

Tout ça est À MOI !
En anglais, on peut traduire « coup de foudre » comme « lightning, » « thunderbolt, » ou « love at first sight. » Ici, ce devrait être le dernier.

J’avoue qu’au début, je n’étais pas toujours propre en utilisant des photos qui venaient de Wikipedia. Je n’ai pas copié les crédits ni les licences. Un jour, j’ai vu que mon blog avait des références d’un site pour chercher des photos sans licence. Et j’ai tout à coup compris que j’ai dû régler mon comportement. Vous pouvez voir dans tous les « Je découvre » qu’il y a des liens pour TOUT. (Il reste quelques posts à régler.) Mais chacune des photos dans mes recettes sont à moi, et c’est le cas depuis le début.

Il faut donc que je crée une politique pour les droits d’auteur. Il semble que mon travail est à l’autre personne sur Pinterest, et ça, c’est absolument inacceptable pour moi.

Un ami m’a suggéré que je mets le nom du blog dans les photos. Il n’a pas tort — ce sera une jolie preuve qu’elles sont à moi. Mais je n’ai vraiment pas envie de mettre des graffitis sur mes photos.

Je suis donc curieux. Pour ceux qui sont aussi blogueurs, à quoi pensiez-vous en faisant vos propres règles ? Si vous n’avez pas de mentions légales sur votre site, pourquoi pas ? Je ne veux pas perdre beaucoup de temps sur ce sujet, j’aurai alors quelque chose en plusieurs jours. Mais je sais déjà une chose — toute reproduction sur Pinterest sera interdite.

Un message du propriétaire

Bonjour, les amis. J’espère que vous profitez bien des posts ici. Mais pendant que vous attendez le prochain dessert du gros con, moi, le vrai chef de son appartement, veux me présenter. Moi, je suis M. Descarottes, et je suis chargé de ses affaires.

Pensiez-vous qu’un seul homme peut manger tous ces légumes ? Non, et en fait, c’est à cause de moi qu’il n’achète jamais de grosses carottes. C’est parce que l’on partage les petites carottes qu’il achète dans des gros sacs. Quand il vous dit d’utiliser 1/2 d’un chou, qui mange l’autre moitié ? Exact.

Peut-être que vous ne l’avez pas deviné, mais c’est en fait aussi moi que lui a appris l’impératif, dont le subjonctif. Tous les jours, je lui donne des instructions :

  • Il faut me donner à manger.
  • Il faut que vous nettoyiez ma cage.
  • Il vous faut remplir ma bouteille.

Voyez-vous ? Mon français est parfait, mais d’habitude, je ne parle jamais sauf quand on est seuls ensemble. Sinon, il voudrait me mettre à la télévision pour gagner de l’argent, et c’est lui qui bosse pour moi, pas l’envers.

Moi et sa fille, nous l’avons complètement sous notre emprise.

Les Journées européennes du Patrimoine

La grande majorité de vous peuvent faire quelque chose ce week-end qui me rend jaloux — visiter des endroits historiques pour les Journées européennes du Patrimoine. Je ne connaissais pas cet événement jusqu’à cette année, mais on peut visiter beaucoup de lieux tout gratuit.

Le Ministère de la Culture propose des idées pour toutes les régions. Par exemple, si vous êtes en Île-de-France, ils suggèrent le Musée Camille Pissarro à Pontoise :

Si vous avez la chance d’être proche de Rouen (je pleure ; stupides souvenirs parfaits), visitez leur Cimetière Monumental :

Tombe d’Étienne Nétien, Photo par Totorvdr59, CC BY-SA 4.0

Si vous êtes dans les Hautes-Pyrénées, visitez le Pic du Midi pour leur Planétarium — c’est gratuit samedi !

Observatoire au Pic du Midi, Photo par Christophe Jacquet, CC BY-SA 2.5

« Mais Justin », vous me dites, « je suis à l’Outre-mer ». Le Ministère de la Culture ne vous a pas oublié ! Si vous êtes à la ville du Tampon en Réunion — pourquoi riez-vous ? — visitez La Chapelle de l’ex-Apeca pour voir les vitraux de Guy Lefèvre :

Photo par Hervé Douris, ©️ Guy Lefèvre

Ou si vous êtes à Mayotte, vous pouvez visiter les archives départementales.

Il y a beaucoup plus de choses à faire — voici la liste entière. Si vous faites quelque chose, laissez-moi un commentaire — je suis si jaloux de ne pas pouvoir visiter !

Un renseignement à propos de l’argent

Peut-être que vous vous souvenez d’une série appelée « L‘Homme qui valait très millards » ? Ce titre m’a toujours rendu confus, parce qu’en anglais, c’est « The Six Million-Dollar Man, » ou « L’Homme qui valait 6 millions de dollars ». Je ne l’ai jamais vue en français, mais j’aurais pensé que la quantité d’argent n’avais pas besoin d’être changé. En tout cas, aujourd’hui j’ai vu ce post dans l’un de mes groupes sur Facebook :

Je ne veux pas dire que j’ai été offensé, mais dès que j’ai vu ça, je pensais que c’était peut-être une différence de devise. En tout cas, ça a provoqué une conversation intéressante.

Un homme a répondu que c’était en centimes, ou anciens francs :

Un autre a demandé s’il s’est trompé de francs :

Alors j’ai fini par apprendre quelque chose de nouveau, ce qui veut dire « la brique » (d’argent) :

Pour comparaison, le premier film Fantômas avec de Funès est sorti en 1964, et une collier de diamants dans ce film-là à coûté 5.500.000 francs :

Le chèque ne dit que des francs, pas ancien ou nouveau, mais je penserais qu’en 1964, ça voulais dire nouveaux francs, parce que le changement avait été lieu en 1960. Et franchement, si ça voulait dire 55 000 nouveaux francs, il me semble que ça ne valait pas les efforts de Fantômas.

Mais en 1975, est-ce que l’on dirait toujours anciens francs ? Aucune idée. C’est pas difficile d’imaginer que toutes les prosthèses coûtent 600 fois un collier. Je sais, c’est pas grand-chose. Mais j’aimerais penser que nous ne vous avons pas fait une si grande arnaque !

Les américains médusés

Si vous suivez les réseaux sociaux, il semble que toute la France se moque d’un américain qui a découvert « La Pataterie ». Je ne connais pas cette chaîne, mais je comprends très bien l’attitude de ce monsieur. À votre place, je ne me serais pas moqué de lui.

Avant de voyager en France, je me suis dit, « Vous n’avez pas le droit de manger quoi que ce soit américain, monsieur. Vous êtes là pour vivre à la française ! » (Oui, je me vouvoie.) Je ne vous l’ai pas dit, mais j’ai fait une seule exception. À l’aéroport, juste avant de monter dans l’avion pour quitter le pays, j’ai acheté une boîte de macarons. Voilà :

Pensez-vous que je n’ai pris qu’une photo ? Non, j’ai dû aussi prendre une photo du resto lui-même !

En ce cas, c’était pour ma fille. Elle a 11 ans, et elle ADORE McDo aux États-Unis. Elle était en vacances avec sa mère pendant que j’étais en France (c’est pourquoi j’ai dû voyager cette semaine-là ou pas du tout). Je les ai donc gardé jusqu’à mon retour aux États-Unis. Je sais, c’est une mauvaise idée de garder des macarons pendant plusieurs jours, mais je n’avais pas de choix. En tout cas, nous sommes d’accord que les macarons de McDo sont rien de spécial. MAIS —

Pourquoi est-ce que nous étions tous curieux des macarons de McDo ? Parce que l’on n’a RIEN comme ça ici. En fait, il y a peu de choix en dessert chez McDo ici, alors quand nous avons vu leur menu français, c’était un monde tout neuf. Et franchement, il faut que j’ajoute qu’aux États-Unis, personne ne croit que les Français ne mangent qu’aux restos étoilés. Certains d’entre ceux qui ont répondu à ce monsieur n’étaient vraiment pas honnêtes à propos de ce sujet :

https://mobile.twitter.com/Oresias/status/1435242483106172929

Celui-ci est en anglais ; voici la traduction du Parisien :

« Sérieusement ? Vous venez visiter la France, patrie de la gastronomie, et le restaurant le plus étonnant que vous ayez trouvé est une chaîne ? Installé dans un bâtiment ressemblant à un entrepôt d’usine ? »

Article du Parisien

J’ai eu exactement la meme experience chez La Croissanterie à la Gare d’Austerlitz le jour où j’ai visité Orléans. Je n’ai rien dit à l’époque de peur d’être moqué comme ce monsieur. Mais voilà mes photos :

Je sais bien qu’il y a plein de meilleures boulangeries en France. Mais en tant que quelqu’un qui a pris des trains pendant dix ans pour aller au boulot, je peux vous dire qu’il n’y a RIEN à ce niveau de qualité dans nos gares. J’étais choqué que ce serait le cas n’importe où.

J’adore mes amis partout en France et en Belgique. Mais parfois quelqu’un ou l’autre qui n’a jamais visité les États-Unis me dit que tout le monde dans le Kansas ou le Nebraska est un gros con qui ne sait rien. C’est parce qu’ils ne connaissent que les stéréotypes. Je vous rassure que l’on ne manque pas de cons en Californie. Ce que j’essaie de vous expliquer, ce n’est pas que l’on ne sait rien. C’est un si grand plaisir de découvrir qu’à quelque part d’autre, il existe des choses différentes et meilleures, même dans la vie quotidienne.

Le bilan du premier quart

Après avoir fini la Drôme, nous avons fini un quart du Tour des Départements. Pour être clair, la fin du Tour ne sera pas la fin du blog — je sais déjà ce qui se passera prochainement, ou au moins ce que je voudrais faire. Mais à l’instant, je veux revoir le meilleur du blog jusqu’à ce moment. (Selon moi. Vous avez le droit de ne pas être d’accord.)

Selon Google, ce blog devrait être « Un coup de Couserans » — c’est LA source pour la croustade de Couserans, dans un plus haut rang que le site de l’office de tourisme de l’Ariège ! (C’est vrai soit en français soit en anglais.) C’est la même chose pour les monnaies de Chevagnes (de l’Allier).

À mon avis, ce sont parmi les meilleures recettes du blog — bien faites, et pas trop connues. Mais c’est à moi, pas les moteurs de recherche, de choisir les meilleurs du blog.

Où visiter : Les Alpes-Maritimes et l’Ardèche. Nice et Cannes, ou un département si beau, je vous ai conseillé de commencer là-bas avant de visiter son voisin !

Où habiter : Le Calvados ou la Côte-d’Or. On peut visiter n’importe où pour quelques jours, mais on doit manger tous les jours. Leurs deux dîners (Calvados, Côte-d’Or) ont reçu le plus d’attention pour une raison ! En plus, tous les deux sont pleins de choses qui sont importantes pour moi. Toute la Normandie aura un avantage injuste pendant la vie de ce blog ; le reste d’entre vous doit rester content que je n’aie pas d’yeux seulement pour Paris.

Meilleure soupe : La soupe de petit épeautre

Meilleure viande : Le bœuf bourguignon

Meilleur fruit de mer : Coquilles Saint-Jacques à la crème Chaource

Meilleur dessert : Le palet d’or de Valrhona

Meilleure salade : Je plaisante ! C’est comme dire « plus mieux », une erreur de grammaire ! (Non, mais sérieusement, il y aura des punitions salades ici.)

Meilleur film : Les aventures de Rabbi Jacob, mais je l’ai vu avant le blog. C’est donc Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages.

Meilleur moment de ma vie : J’arrive enfin en France

Meilleures surprises : La Drôme et l’Ariège. Je ne savais rien de tous les deux avant d’écrire ce blog. Je serais déçu si je ne pouvais pas voir toute la France, mais ces deux sont des priorités inattendues.

Pire surprise : Le trafic. Mes meilleures idées — comme la crème de marrons ou la Cinémathèque Française — viennent de vous les lecteurs. Je n’écrirai jamais pour l’argent, mais il me plairait beaucoup de recevoir des idées de lecteurs partout en France (dont les départements d’outre-mer). En général, ceux qui me trouvent par Google ou Quora ne reviennent pas. C’est bien évident que j’ai beaucoup de travail.

Ce que j’attends le plus : J’écrirai le prochain bilan après le 51, la Marne. Avant d’y arriver, il y aura certains départements où je les connais déjà un peu, comme la Gironde et le Loiret. Il y aura aussi Ille-et-Vilaine, le préféré d’un ami belge qui gère un groupe de fans sur Facebook. Mais quelle sera la prochaine Ariège, la surprise complètement inattendue ? Cette question reste la grande aventure !

Des mots décevants

L’un de mes loisirs est ramasser des exemples de toutes les conneries en anglais auxquelles j’avais espéré échapper — seulement pour découvrir qu’il est trop tard et elles existent en français maintenant. Il me semble que n’importe quel verbe anglais peut ajouter un « -er », et hop ! Nouveau verbe français ! Alors, quand j’ai vu cette image grâce à mon lecteur Bernard, c’était à la fois une mine d’or et quelque chose de choquant :

Source

Certains de ces mots sont aussi ridicules en anglais qu’en français, mais ils servent encore à quelque chose. Je vous rassure, « brainstormer » (juste « brainstorm » en anglais) est un cliché que l’on se moque fréquemment. Sinon, ça ne veut pas dire exactement « réfléchir ». C’est où on essaye de créer le plus d’idées possible en un minimum de temps, même si on sait déjà que certaines idées seront folles.

Des autres me rendent triste parce que je suis certain qu’il existe déjà de bons mots en français. « Overbooké » m’a failli fait pleurer, et « je suis fulltime » au lieu de « à temps plein », c’est une abomination ! Et peut-être que « c’est touchy » est le pire — le français ne manque pas du tout pour des mots qui décrivent quelqu’un ou quelque chose de difficile.

Le comédien Sebastian Marx, un new-yorkais qui habite à Paris, a fait une vidéo sur le même sujet (attention aux gros mots) :

Et un autre exemple qui est arrivé dans mes courriels :

ÊTES-VOUS SÉRIEUX ?

« Shopper » au lieu de « faire les magasins » est peut-être logique d’avoir une phrase courte. Mais est-ce vraiment à dire que le pays de Coco Chanel et Christian Dior n’a pas de mot pour signifier « quelques vêtements qui vont ensemble » ?

Mais on trouve cette tendance en dehors des entreprises. Par exemple, sur les sites de tourisme : « made in chez nous », « slow tourisme », « votre week-end slowlife », « booster votre activité » (pas augmenter ?), et plein d’autres. (Je sais que « slow » est bien emprunté pour beaucoup de choses, mais « lente » existe !) C’était plutôt drôle quand j’ai découvert que la Corrèze se moque de cette tendance avec « #zecorreze ». (La langue entre les dents, les amis !)

Il y a d’autres chats à fouetter, bien sûr. Mais j’entends parler que l’Académie française n’est pas trop active en ce moment, et Isabelle Balkany ne peut pas faire ça toute seule !