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La Boum de mes cauchemars

Ce soir, j’ai regardé La Boum. Quand j’entendais parler de ce film, j’avais du mal à comprendre à quoi le titre fait référence. Aux États-Unis, il y a une danse à la fin de l’année scolaire appelée « prom » (ce mot vient de promenade), mais ça a toujours lieu à l’école ou quelque part choisi par les profs. Je comprends maintenant qu’une boum est à la maison. Ça existe également aux États-Unis, mais pas dans mes souvenirs.

Pour moi, la meilleure chose dans ce film est Denise Grey. Elle me rappelle un peu Françoise Rosay dans un de mes films préférés, Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages. Elle est drôle et n’accepte jamais que quelqu’un lui fasse du mal.

Après l’avoir vu, j’ai fait une réservation à La Coupole, un resto dans le film. Au moins, il me semble intéressant. Mais je ne veux pas revoir celui-ci.

Le Cercle rouge

Je reviens ce soir aux films français avec le dernier de Bourvil, Le Cercle rouge. C’était DUR de ne rien regarder pendant deux semaines !

Ce film raconte l’histoire de deux criminels qui se rencontrent par hasard, quand l’un se cache dans la voiture de l’autre. Ils unissent leurs forces pour cambrioler une joaillerie, tandis que Bourvil, en tant que commissaire de police, les poursuit. C’est une histoire très compliquée, pleine de flash-back, et elle ne se déroule pas de façon linéaire. Il y a quelques parties du scénario qui disparaissent sans conclure, comme la relation entre le commissaire et l’un des criminels. Mais c’était quand même intéressant, et je profite toujours de Bourvil !

Sérénade au Texas

J’ai déjà regardé un film musical avec Louis de Funès, L’homme orchestre, alors pourquoi pas un avec Bourvil ? Personne ne me l’a pas recommandé, mais ce n’est plus si nécessaire — je découvre beaucoup de choses sans aide. Si mes connaissances ne connaissent pas ce film, ils ratent un film à la fois marrant et intéressant.

Dans le film, Bourvil joue un avocat qui aide un chanteur, joué par Luis Mariano, à prendre son héritage dans un village du Texas. En route, ils rencontrent une famille de comédiens qui veulent jouer un spectacle au même lieu. Avant que le spectacle puisse avoir lieu, ils devront arrêter des criminels qui font peur aux habitants.

Comme beaucoup de films musicaux, ne juge pas le scénario sur sa plausibilité. Il est impossible que les événements du film aient eu lieu. Par exemple, la famille voyage dans des wagons « Conestoga », un genre de véhicule au courant aux États-Unis des années 1750s aux 1870s. Mais ils ont aussi un phonographe à cylindre de cire, quelque chose que l’on ne pouvait pas acheter jusqu’à 1891 :

Et l’héritage de Gardel (le personnage de Mariano) est un gisement de pétrole — quelque chose qui n’a commencé au Texas qu’au XXe siècle (lien en anglais). Mais il y aussi des détails intéressants. Par exemple, le bar s’appelle « Last Chance Saloon » (Bar de Dernière Chance). C’est quelque chose d’historique ! C’était souvent le nom des bars à proximité des territoires où les ligues de tempérance avaient réussi à interdire l’alcool.

Il y a une fusillade où on découvre que ni Bourvil ni Mariano peut pas tirer un pistolet. C’est un moment beaucoup plus drôle que sérieux — regarde une petite vidéo où Bourvil perd son chapeau :

Il ne sait pas tenir un pistolet

À la fin, il y a une performance sous des lumières électriques — aussi impossible à l’époque, mais il faut ignorer ça et profiter du film :

Finalement, je vous conseille d’écouter la bande sonore. Luis Mariano est un excellent chanteur. Voici la chanson du titre :

Flic ou voyou

Ce soir, je suis revenu aux films de Belmondo avec « Flic ou voyou », un film très intéressant de 1979. Ce film est plein de stars — en plus de Belmondo, il y a Michel Galabru dans le rôle d’un policier beaucoup plus sérieux que l’Adjutant Gerber, et Marie Laforêt comme romaniste. Moins connue, il y a Julie Jézéquel dans le rôle de Charlotte, la fille de Commissaire Borowitz (Belmondo). Elle était excellente, et j’étais triste d’apprendre qu’elle n’a pas eu une meilleure carrière.

C’est un film typiquement Belmondo, mais très bien fait. Il est un peu « Dirty Harry » et il ignore les règles de poursuite des criminels. Cette fois, il ne gagne pas tous ses combats, et il y a un moment où il est accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis. Son personnage reste peut-être un peu trop parfait — ses complots marchent toujours bien, il tire mieux avec un pistolet que les méchants — mais comme Peur sur la ville, il y a une risque réelle qu’il perdra à la finale.

Mais regardez ces coupes de cheveux, et ces vêtements — c’est un film tellement années 70s !

Garou-Garou, Le passe-muraille

Avant de parler de mon film français de la semaine, je dois avouer quelque chose qui me fait honte. J’ai fait quelque chose de gênant ce week-end. J’ai regardé un film… en anglais ! Ben oui, c’était pour ma fille, mais c’est pas une bonne excuse. Nous avons regardé « Cruella », ou selon moi, Plan 9 de Savile Row. Franchement, le seul moment dont j’ai profité, c’était quand Cruella faisait semblant de parler français — et il s’est avéré que la personne qu’elle voulait tromper était francophone. Sinon, c’était tout nul, et m’a bien rappelé pourquoi je ne regarde plus rien en anglais. Ils n’ont plus d’idées.

Alors, Garou-Garou. De 1951, c’est un film impressionnant. Sans effets spéciaux numériques, ils vous donnent l’idée que Bourvil peut vraiment traverser les murs. En plus, ce film a un jeune Gérard Oury, avant qu’il est devenu réalisateur.

C’est Oury à droite.

Vraiment, j’avais du mal à comprendre comment on fait des choses comme ça. On ne voit pas de trous dans le mur !

La majorité du film n’a rien à voir avec « Garou-Garou ». C’est juste une réponse à la question : « Qu’est-ce que vous feriez si vous aviez ces pouvoirs ? »

Après une heure de bêtises, l’histoire commence à se dérouler. Il y a un cambrioleur, une femme appelée Susan — sérieusement, c’est pas juste mon avis sur ce nom — qui l’intéresse. Alors il crée l’identité de « Garou-Garou » pour l’impressionner — les hommes font toujours de vraies conneries pour ça — et il commence à cambrioler des banques. Dans le rôle de Garou-Garou, il est accro à dire à la police ce qu’il va faire.

Je ne comprenais pas exactement ce qui s’est passé à la fin. Elle part, mais je ne comprends pas pourquoi. J’avais encore du mal avec la langue.

Malgré mes problèmes de langue, je vous recommande ce film. C’est impressionnant qu’ils pouvaient faire ces effets sans ordinateurs. Et Bourvil joue dans un rôle intéressant, aussi diabolique que corniaud.

Week-end à Zuydcoote

Je viens de regarder le film peut-être le plus difficile à regarder de tous mes films jusqu’à maintenant. La langue, c’était difficile, et j’avais besoin fréquemment du Trésor de la Langue Français, parce que les mots n’existent ni dans mon dictionnaire ni dans Google Traduction. Mais c’est pas la vraie raison pourquoi ce film est si difficile.

Week-end à Zuydcoote n’est pas du tout une comédie. C’est un examen très sérieux de la Bataille de Dunkerque, et quelque chose de gravement déprimant. Il n’y a pas de héros dans ce film, juste de survivants. Ça me rappelle fortement le roman « Catch-22 » de Joseph Heller, mais pas si burlesque. C’est juste qu’en tous les deux, rien de bon ne se passe pour les personnages. Chaque fois qu’on pense qu’enfin, il y aura un moment de repos, il y a plus d’avions allemands, et quelqu’un d’autre finit par mourir.

Il y a un moment où deux soldats allemands se déguisent comme des religieuses, mais ce qui est un moment de comédie dans « Le Gendarme en Balade » n’est que de la lâcheté des allemands. Ils essaient de tirer sur des soldats français pendant qu’ils restent déguisés, mais les français les tuent.

Les soldats britanniques ne sont pas du tout des héros dans ce film, et il y a un moment que je suis sûr reflète les sentiments des Français vers les choix de l’armée britannique :

Richardson : « Cet embarquement pour nous, c’est une grande victoire stratégique. »

Maillat : Encore une ou deux victoires de ce genre-là, et vous allez finir tous en Norvège. 

Je doute que j’aie besoin de vous rappeler que Dunkerque n’était pas du tout un moment glorieux pour l’armée britannique. Pourtant ce film ne fait semblant que ce temps-là était une grande réussite pour les français. Maillat, le soldat joué par Belmondo, tue deux civils en train de violer son amie. Un autre soldat, joué par Pierre Mondy, parle de collaborer avec les allemands.

Des exemples des mots authentiques de l’époque : Belmondo appelle les allemands des fridolins. Une autre fois, un soldat se plaint de Maillat qu’il se baguenaude. Des soldats parlent d’un chandail au lieu d’un pull ou un sweat-shirt. Et un soldat n’a pas une blessure, mais une égratignure.

On trouve également de la musique de l’époque. Au début du film, on écoute une chanson intitulée J’attendrai, par une chanteuse appelée Rina Ketty. Cette chanson est sortie en 1938, et elle était populaire dans toute l’Europe.

Je ne m’attendais pas à regarder un film aussi lourd, si plein de tristesse. Mais je vous conseille fortement de le regarder. Ce que j’admire chez les films français c’est qu’ils parlent honnêtement de tous les côtés. On trouve rarement, même dans des parodies comme La 7e Compagnie, que les français ne font que se moquer ou critiquer les autres. Celui-ci parle franchement de Dunkerque et c’est une histoire puissante, qui mérite bien votre attention.

Je recharge

Mes amis de DHL vient de livrer un nouveau colis. Vous pouvez voir que j’avais envie de regarder plus de Bourvil !

Oui, notre cher Bourvil fait partie de chacun des films ici ! Il n’est pas toujours la star — ses rôles dans « Le Jour le plus long » et « Le cercle rouge » ne sont pas grands. Mais c’est aussi vrai que je l’adore, et je veux regarder tout ce que je peux trouver avec lui !

L’autre chose, c’est 3 CDs de Marie Laforêt. Après avoir écouté plusieurs de ses chansons grâce à l’Alliance Française, j’ai décidé que j’ai besoin de son « best of » dans ma collection.

Jour de Fête

Ce soir, j’ai regardé l’un des films les plus charmants de ma vie, « Jour de Fête ». C’est le premier film de Jacques Tati, et bien que le scénario ne soit pas trop cohérent, le village où le film a lieu, et les personnages, sont tous si mignons que vous ne vous en soucierez.

Le village s’appelle Sainte-Sévère, et c’est dans l’Indre. L’histoire de pourquoi M. Tati a choisi ce village pour tourner son film est tellement intéressant :

En juin 1947, les habitants de Sainte-Sévère eurent la surprise de Voir Jacques Tati débarquer avec techniciens, acteurs et matériel de tournage. Réfugié durant l’occupation dans une ferme de la région, il avait fait la promesse aux villageois de revenir un jour tourner, à Sainte-Sévère, son premier long métrage. 

Promesse tenue !

Historique — Maison de Jour de Fête

L’histoire lui-même est vraiment deux histoires liées par un événement en commun. La première histoire traite d’une fête foraine qui arrive dans le village de Sainte-Sévère. Tous les villageois veulent voir et aider pendant que la fête foraine s’installe. Un facteur, François, a diverses aventures avec les autres villageois et des membres de l’équipe de la fête foraine. Il est un peu « corniaud » et croit n’importe quoi que les autres lui disent.

Pendant que la fête a lieu, François regarde un film, dit un documentaire, intitulé « La Poste en Amérique ». Je dois vous dire, je crois que c’est toute une blague. Le film dit que les facteurs américains utilisent des hélicoptères et descendent par des cordes pour livrer le courrier. Il dit aussi qu’il y a un concours annuel à Oklahoma City pour choisir le plus sexy facteur. J’avoue, j’ai fait quelques recherches sur Internet dès que j’ai vu ça. Je n’ai rien trouvé.

Après François finit de regarder ce film, la deuxième histoire commence. Il décide qu’il doit être aussi rapide et aussi audacieux que les facteurs américains. C’est… pas sa meilleure décision.

Il y avait un moment si drôle que j’ai pris une petite vidéo pour vous montrer ce qui s’est passé :

François finit par avoir un accident à cause d’avoir tout fait trop vite. Il va, mais quelqu’un d’autre finit de livrer le courrier.

J’ai bien profité de ce film, mon premier de Jacques Tati. J’ai deux de plus — Mon Oncle et Les Vacances de M. Hulot — et il me semble que ce seront de bons moments.

Faites sauter la banque

Ce soir, j’ai continué avec les films de Louis de Funès par Faites sauter la banque. C’est pas du tout la première fois où je regarde un film sans sous-titres, mais j’ai eu beaucoup du mal à le comprendre. L’enregistrement sonore était bruyant, et beaucoup de monde parlaient très vite. Alors, je vais vous raconter ce que je crois s’est passé, et vous pourrez me dire ce qui s’est vraiment passé, après avoir terminé de rire.

Au début, Victor Garnier (de Funès) donne tout son argent au banquier Durand-Mareuil (Jean-Pierre Marielle), pour investir dans la Bourse. Ça va très mal, il perd l’argent, il décide donc de voler de l’argent à la banque. Garnier explique la situation à sa famille, et ils décident de cambrioler la banque ensemble.

Il veut mieux savoir creuser un tunnel, alors il parle avec le contremaître d’un chantier (Jean Lefebvre). Après ça, chaque fois où la famille essaie de creuser le tunnel, quelqu’un visite son magasin, alors ils ont besoin de beaucoup de temps pour finir. Une autre famille leur rend visite et les Garnier doivent les accueillir pour un dîner très bizarre. Les voisins croient que M. Garnier à tué sa femme, alors un policier lui rend visite, mais elle revient juste avant que le policier ne découvre le tunnel.

Finalement, le copain de leur fille les découvre en train de cambrioler la banque. Il ne veut pas perdre sa copine, alors il les aide à cacher la preuve. Le banquier, M. Durand-Mareuil, leur attrape, mais M. Garnier lui dit que les lingots d’or de sa banque sont tous faux. Alors, ils décident de se cacher les crimes, des autres et c’est la fin. Est-ce plus ou moins l’histoire ?

Pouic-Pouic

Ce soir, j’ai regardé Pouic-Pouic, un film de Louis de Funès peu avant ses plus grandes réussîtes. De 1963, il y avait une jeune Mireille Darc et aussi un jeune Christian Marin. Et quelque chose de très inhabituel pour un des films de Louis de Funès — un poulet !

Quand j’ai commencé à regarder des comédies françaises, il y avait des gens qui m’ont prévenu qu’en tant qu’américain, je ne comprendrais pas l’humour français. Après avoir vu maintenant 46 films depuis mon premier le 25 juin, je dirais plutôt qu’il y a un style comique français, qu’on ne retrouve pas dans tous ces films, mais qu’on ne retrouve que rarement dans les films d’autres pays. Je décrirais la différence comme ça :

Dans une comédie américaine, il y a souvent une grande histoire, mais il y a des sketches tout au long du film — il faut raconter une blague chaque 2-3 minutes. Dans une comédie française, le réalisateur est souvent content de passer la grande majorité du film à préparer l’échiquier, et les dernières minutes à jouer avec toutes les pièces. Ni « Rabbi Jacob » ni « La Grande Vadrouille » ne sont comme ça, mais voici des exemples : Oscar, Jo, L’aile ou la cuisse. Et Pouic-Pouic est une comédie bien française selon cette analyse.

On rencontre le poulet Pouic-Pouic peu après le début du film. Mais il disparaît pendant la plupart du film, puis tout à coup, il fait quelque chose d’important qui ruine le grand complot du film. Cette idée est connue sous le nom « Le Fusil de Tchekhov », d’après l’écrivain russe :

« Supprimez tout ce qui n’est pas pertinent dans l’histoire. Si dans le premier acte vous dites qu’il y a un fusil accroché au mur, alors il faut absolument qu’un coup de feu soit tiré avec au second ou au troisième acte. S’il n’est pas destiné à être utilisé, il n’a rien à faire là. »

Anton Tchekhov

Mais ça ne suffit pas d’avoir un « fusil de Tchekhov » pour avoir une comédie française. Il faut exister plusieurs histoires qui se terminent toutes dans la même scène à la fin, même s’il ne soit pas du tout clair comment ça marchera. Dans Pouic-Pouic, il y a trois histoires d’amour (ou au moins quelqu’un qui fait semblant d’être amoureux) et une histoire où de Funès doit convaincre un homme d’affaires d’acheter une concession pétrolière. Le film dure 90 minutes, et quand il ne restait que 10 minutes, je me demandais comment le film allait se terminer.

Bien que ça fasse déjà 54 ans depuis que le film est sorti, je ne vais pas dire comment le film termine. Mais je vais dire que c’est la sorte de film où, si vous aimez vraiment les films français, il faut que vous le regarde.