Deux erreurs d’écoute

L’une des choses les plus difficiles quand on apprend une langue seule, c’est que l’on ne sait pas ce que l’on ne sait pas (pour emprunter une pensée à l’ancien secrétaire à la défense américain Donald Rumsfeld — lien en anglais). C’est souvent le cas que j’écoute Les Grosses Têtes le matin et quelque chose me laisse perplexe, mais parce que je ne sais pas ce que je viens d’écouter, je ne peux rien demander à personne. Aujourd’hui, c’est l’histoire de quelque chose qui m’a dérangé pendant des mois — puis un autre que j’ai tout de suite compris car assez de contexte a été fourni.

Je ne peux pas trouver exactement la bonne publicité, car il s’agit de la radio et YouTube n’est bon que pour la télé. Mais depuis des mois, il y a une chaîne écossaise, ou peut-être irlandaise, qui diffuse des publicités pendant les pauses publicitaires des Grosses Têtes. Elle vend tout genre de produit pour les animaux de compagnie. Je suis sûr que vous en avez entendu parler. C’est « MacCiseaux ». Voici l’une de leurs pubs de télévision :

Évidemment, je parle en fait de Maxi Zoo. Mais je ne pouvais pas l’entendre de cette façon. Il y a juste assez d’une pause entre les deux syllables dans la prononciation française de « Maxi » que je l’entends comme « MacCi », « Mac étant le gaélique pour « fils de ». Oui, c’était fortement bizarre que le père en question portait un nom français, mais sans avoir entendu parler de Maxi Zoo, je ne pouvais pas l’entendre de bonne façon. Ce qui m’a enfin sauvé, c’est que j’ai fait une recherche sur certains produits que M. Descarottes aurait utilisé, et le site faisait partie des résultats.

L’autre erreur est venue il y a deux jours. J’écoutais RTL plutôt tard dans ma voiture, et il y avait un replay des Grosses Têtes. Je ne connais pas la date de diffusion originale, alors désolé, mais pas de lien.

De toute façon, M. Ruquier a posé la question « Qui est le docteur Ankh Pym ? » Je n’avais aucune idée de qui il parlait jusqu’à ce que l’on dise « Un personnage de Marvel. » Il s’agissait donc de HANK Pym, le premier Ant-Man. Le français n’a pas la voyelle anglaise dans ce prénom, mais on prononce bien le « h » au début. Il me semble que tout ce temps, j’entendais des « h » au début de certains mots français où ils n’existent vraiment pas. Je me souviens bien d’entendre « Les Halles » pour la première fois dans le métro parisien et d’être surpris qu’il n’y ait pas de liaison. Après, je me suis convaincu qu’il y avait au moins un petit « h » là. Mais il n’y en a vraiment pas.

Mais sérieusement, que faites-vous pour ne pas confondre un super-héros de Marvel avec un symbole des pharaons ?

Ce sont deux ankhs en or, avec des hiéroglyphes inscrits partout
Deux ankhs du tombeau du pharaon Toutânkhamon, Photo par Matt Davies, Domaine public

11 réflexions au sujet de « Deux erreurs d’écoute »

  1. Avatar de AnagrysAnagrys

    Lu dans je ne sais quel livre parlant de linguistique : le -h “aspiré” (qui est tout aussi muet que le -h soufflé, mais n’autorise pas la liaison — l’appellation “soufflé” est de moi et vient juste s’opposer à l’aspiration) serait un héritage des langues franques. On le retrouve dans la hache, la huche, le haricot, mais pas dans l’hémisphère, l’hélicoptère ou l’hirondelle. Note : les deux premiers h muets viennent du grec, l’hirondelle viendrait du latin.
    Au nord, l’aspiration, pendant que le sud resterait silencieux ? Peut-être…

    Aimé par 3 personnes

    Répondre
    1. Avatar de AnagrysAnagrys

      En poussant un peu mes recherches, je réalise qu’on trouve d’ailleurs ce h aspiré dans une fameuse locution anglaise, puisque devise de la royauté britannique : « Honi soit qui mal y pense » 😁

      Aimé par 3 personnes

      Répondre
      1. Avatar de C'est en lisant...C'est en lisant...

        Ce participe passé de Honnir ( tu l’as écrit comme au XIIIème siècle sans le redoublement) me remémore un pataquès que j’aimais expliquer autrefois en m’exclamant « Oh! c’est honteux » comme si c’était « Oh! c’est T honteux » avec une liaison fausse puisque la honte commence aussi par h aspiré. On reconnaissait ceux de mon groupe de collègues à ce leitmotiv répété comme un cri de reconnaissance à tout propos.

        Aimé par 3 personnes

  2. Avatar de C'est en lisant...C'est en lisant...

    Quand l’âge et une relative surdité partielle surviennent… Combien d’agacements quotidiens deux vieux Français s’occasionnent en s’adressant à l’autre sans articuler correctement ! Et aucun n’a l’excuse d’une langue maternelle différente de l’interlocuteur !
    « Quoi? Mais pourquoi me parles-tu de cahiers? Y a longtemps que je n’en ai plus eu un seul en main! » « Je n’te parle pas de cahier mais de tes papiers qui traînent ! »

    Aimé par 3 personnes

    Répondre
    1. Avatar de Bernard BelBernard Bel

      Quand nous visionnons des séries ou des films récents en langue française, très souvent nous ne comprenons quasiment rien aux dialogues. Déjà, cette sale habitude (depuis l’enregistrement numérique) de les superposer à des bruits de fond (bistrot, usine, fête…). Mais aussi parce que les jeunes acteurs (et peut-être plus les actrices) n’articulent plus. J’ai vraiment l’impression que ces gens parlent une langue étrangère… Alors que les films plus anciens, aucun problème. Oui, je sais qu’avec l’âge on perçoit moins bien la coarticulation — mais encore faut-il qu’il y ait eu une articulation !

      Ce qui nous sauve, ce sont les films en langue étrangère, pour lesquels on peut se permettre d’afficher les sous-titres !

      Donc oui, « Maxi Zoo », j’aurais certainement compris « Mac ciseaux » !

      Aimé par 3 personnes

      Répondre
      1. Avatar de Bernard BelBernard Bel

        J’en ai peut-être déjà parlé ici, mais je me souviens d’un ami philosophe de plus de 90 ans qui était furieux contre les intervenantes d’une émission de philo sur France Culture. Elles parlaient de Platon. Pendant une heure il a entendu « la plage ailée » sans comprendre. En réalité c’était « l’attelage ailé » mais prononcé « l’at’lage ailé ». Or la coarticulation « t-l » n’existe pas en français, de sorte que son oreille traduisait « t-l » en « p-l » qui est plus fréquent.

        Les professionnel-le-s de radio, cinéma, théâtre, devraient apprendre à articuler entièrement les parties de mots où l’élision produit une coarticulation étrangère à la langue. Quand on écoute une émission sur Platon, on n’a pas forcément le souvenir immédiat du sujet qui va être abordé.

        Aimé par 4 personnes

      2. Avatar de C'est en lisant...C'est en lisant...

        Je viens d’hésiter, Bernard, en écrivant « commence par h aspiré » : n’aurais-je pas dû considérer « la lettre H » et mettre le participe accordé au féminin ? ( Vous êtes plus savant que moi en linguistique, c’est pourquoi je vous passe le bébé !)

        Aimé par 2 personnes

      3. Avatar de vanadze17vanadze17

        Bien d’accord avec ce qui a été dit plus haut. Les acteurs n’articulent pas toujours et les fonds sonores sont souvent trop forts et ne permettent pas une bonne compréhension. Et parfois aussi, le débit de paroles est très rapide…

        Effectivement, les films plus anciens sont beaucoup plus facilement audibles.

        Aimé par 3 personnes

      4. Avatar de Bernard BelBernard Bel

        « n’aurais-je pas dû considérer « la lettre H » et mettre le participe accordé au féminin ? « 

        Peut-être, oui. Mais en général on dit « le h aspiré » car on désigne plutôt le phonème que la lettre…

        Aimé par 3 personnes

  3. Ping : Saison 4, Épisode 33 — À la plage avec Monsieur et Madame | Un Coup de Foudre

Laisser un commentaire