Cette semaine, Langue de Molière fait la rencontre avec Dimanche avec Marcel afin de nous amener enfin à une blague dans ma tête depuis des années. 5 années, pour préciser.
D’abord, revenons à un moment que j’ai mentionné dans Dimanche avec les de Stermaria, sans citer ces phrases exactes — juste la partie directement avant qui parlait des habitués de l’hôtel :
Ce petit groupe de l’hôtel de Balbec regardait d’un air méfiant chaque nouveau venu, et, ayant l’air de ne pas s’intéresser à lui, tous interrogeaient sur son compte leur ami le maître d’hôtel. Car c’était le même — Aimé — qui revenait tous les ans faire la saison et leur gardait leurs tables… [caractères en gras ajoutés — Justin]
À l’ombre des jeunes filles en fleurs
En anglais, on a emprunté « maître d’hôtel » au français il y a longtemps, mais de façon tronquée :

On n’utilise que très rarement le mot « hôtel » après l’apostrophe, et presque jamais l’accent circonflexe. Si vous cliquez le lien de la photo, vous verrez que le circonflexe n’apparaît dans aucun des 5 exemples. Mais l’important ici, c’est que je veux que vous voyiez que l’on dit « maitre d' » en anglais. Sachez aussi que la traduction de « maître », c’est « master ».
Sautons du coq à l’âne ; restez avec moi, et je promets que l’on reviendra sur le sujet original. Parmi mes jeux vidéo préférés de tous les temps se trouve le chef-d’œuvre de chez Capcom pour la NES, ainsi que l’arcade, Bionic Commando. Dans ce jeu, on joue dans la peau d’un soldat équipé d’un bras bionique qui « lui permet d’attraper diverses surfaces afin de se propulser ou de s’y laisser pendre » (merci, Wikipédia, j’allais avoir du mal à expliquer ça). Mais l’arcade et la NES ont une différence importante. Voici une statue du méchant à la fin de la version arcade :

Je ne sais pas vous, mais à mon avis, il ressemble le plus au chanteur Billy Gibbons de ZZ Top. C’est la barbe follement longue :

Mais le jeu de l’arcade est beaucoup plus court que le grand classique de la NES, et n’a pas d’histoire détaillée comme ce dernier. Pendant la grande majorité du jeu de la NES, on croit que le méchant est un certain Generalissimo Killt :
Mais juste avant la fin du jeu, il s’avère que le vrai méchant est en fait le chouchou de Hollywood, ressuscité juste à temps :

Ouais, c’est le leader allemand de la Seconde Guerre mondiale. Il dit « Tu m’as réveillé d’un long sommeil. Maintenant, je n’ai plus besoin de toi. » Au Japon des années 80, ça ne faisait pas polémique, et le jeu était connu sous le titre « Top Secret : La Résurrection d’Hitler ». Mais afin de le sortir en Amérique du Nord, Nintendo a insisté que le développeur doive enlever toute référence aux Nazis. Alors quand le generalissimo vous dit qu’il était en train de ressusciter le dictateur, il utilise un nom différent :

En particulier, il dit « Je viens d’éteindre le dispositif de résurrection. Master-D ne reviendra jamais. »
Et maintenant vous le voyez. Hitler est devenu « Master-D », alors une fois que j’ai appris un peu de français, j’ai enfin compris qu’il avait été renommé « maître d’hôtel ».
Si seulement il avait dit au joueur « Muskatnuss, Herr Müller ! » . Mais le jeune moi ne l’aurait pas compris.
Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine avec un billet pas mal.


❤
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👍✨
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Cette histoire de maître d’hôtel qui perd son hôtel en traversant la Manche est étrange. Je ne la connaissais pas. Merci pour cette découverte, Justin.
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