Hier, en parlant du concert d’Indochine sur TCM, j’ai mentionné qu’un certain Kévin Drannoc avait fait son tout pour gâcher l’expérience. Je dois le surnom à Il Est Quelle Heure — en anglais, on dirait « John Doe » pour un inconnu, mais ça manque de l’humour même pour nous. Cependant, ce type est quelqu’un qui mérite autant le nom Kévin pour son attitude que Drannoc pour son comportement.
Je vais vous raconter une histoire de l’année dernière, quelque chose que je n’ai pas mentionné à l’époque pour des raisons qui seront bien évidentes. Ce sera plutôt long. En général, on essaie de se présenter sous un jour flatteur en écrivant un blog, et ce sera tout sauf ça. Néanmoins, il faut que je mette la scène afin que vous compreniez ce qui s’est passé hier.
Pendant très, très longtemps, j’ai fait partie d’une association citoyenne dans le comté d’Orange. Je ne donnerai pas d’autres détails car ce post ne devrait pas être lié à elle d’aucune façon. Je ne suis pas 100 % certain d’avoir choisi la bonne traduction for « civic association » en anglais, mais je crois que c’est assez proche après des recherches. De toute façon, je vous ai parlé en juin dernier des émeutes à Los Angeles liées à ICE et à nos lois sur l’immigration. On est bien d’accord que c’était une époque tendue, non ?
Je crois que je ne dis rien de surprenant si je dis que je suis la sorte de personne qui est toujours pour l’ordre en premier. Alors, quoi que l’on pense de la mort de M. George Floyd, je ne soutenais pas du tout brûler les villes et cambrioler des magasins à son nom, d’accord ? C’est pareil avec la question de l’immigration. Il y a des gens qui suivent les agents d’ICE pour les prendre en photo, les suivre avec leurs portables, et les harceler dans leurs maisons (liens en anglais). C’est pour ces raisons que les agents d’ICE portent des masques maintenant — car leur sécurité est menacée par des militants. Je note que ces mêmes militants croient que les émeutiers depuis 2020 ont le droit de porter des masques, afin de ne pas être identifié et arrêté.
Je serai toujours le premier à dire « Faites vos manifs contre », mais jamais d’accord avec ceux qui croient que l’autodéfense leur donne le droit d’intervenir contre les agents du gouvernement dans la performance de leurs tâches. C’était ça le début de la Guerre de Sécession.
Alors, 2 semaines après la mort de Charlie Kirk, j’étais à une réunion de cette association quand le président — qui n’avait pas annoncé qu’il allait donner un discours sur l’immigration, qui n’était pas le sujet du groupe — s’est lancé dans un discours pour dénoncer le gouvernement fédéral, en soutien de l’autoproclamée « Résistance ». J’ajouterai que seulement une minorité n’était pas d’accord avec son choix de détourner la réunion parce que je sais que la grande majorité des membres sont d’accord avec le président. Mais il faut aussi savoir que c’était une association à but non-lucratif, donc censé se limiter sur des sujets politiques, dont ne pas donner son aval à un parti politique.
Quand le président a commencer à hurler en disant « Des hommes masqués enlèvent nos voisins ! », quelqu’un — je ne sais pas qui, il y avait plus de 500 personnes dans la salle — a eu assez et a crié « Honte à vous ! » Puis un deuxième, puis un troisième. C’était après 4 ou 5 personnes que moi aussi, je me suis levé et crié « Honte à vous », car j’ai compris que c’était la fin pour moi, que l’association s’est donnée complètement à la politique nationale, bien que ce ne soit pas du tout son but. J’ajouterai que de plus en plus, ce genre de manifestation pendant un discours est devenu commun aux États-Unis (voilà, voilà et voilà, tous en anglais — je pourrais ajouter des douzaines). Pas comme aux liens, il n’y avait pas de manif soutenue — chacun d’entre nous a enregistré notre désapprobation, puis a quitté la salle. En sortant, j’ai entendu le président dire au micro avec un air narquois, « Bon débarras ; on a une cinquantaine de nouveaux membres et pas besoin d’eux. »
En sortant, à l’extérieur du bâtiment, j’ai rencontré un type, jamais vu avant, venant en retard mais qui avait un peu entendu par les haut-parleurs à l’extérieur. Il a commencé à se disputer avec moi. J’ai été très clair que je considérais que le président avait franchi une limite ; monsieur a été très clair qu’à son avis, le président avait raison, alors peu importe, et c’était malpoli de ma part. Je ne suis pas hyper-fier de ce que j’ai fait, mais ce que le président a fait, c’était de donner l’aval de l’association à ceux qui harcèlent les agents du gouvernement (je savais déjà qu’il approuvait les émeutiers masqués — ce n’était pas une plainte contre les masques en général). J’ai parlé avec cet inconnu pendant 10 minutes, et suis parti, à ne jamais revenir. Je n’ai contacté personne depuis ce temps et je m’en fous. C’est comme quand j’ai quitté mon groupe de conversation française en 2022 — aux États-Unis, tout devient une question de politique, même quand il s’agit de tricoter. (Vous pensez que j’exagère. Vous avez tort.)
Tout ça pour dire que dans un groupe privé consacré à être les dernières personnes du pays qui ne veulent pas voir tout être déchiré par la politique, j’ai mentionné juste un peu de cette histoire — sans détails identifiants, j’ai dit que j’avais récemment quitté une association détournée par la politique. Et il s’est avéré que le type qui m’a rencontré en sortant en faisait partie. Il a décidé de cafarder sur moi, avec plusieurs fausses déclarations — j’étais le premier à crier, je hurlais sans cesse, je suis sorti de pas très lourds. J’ai reçu une notification de ça au milieu du concert d’Indochine.
Vous pouvez me dire « Ben, Justin, tout le monde a des souvenirs différents » — mais l’événement a été enregistré, et en plus, mon ex était là. Si je m’étais comporté de cette façon et il y avait un tel enregistrement, je n’aurais plus La Fille à la maison. Mais en plus, je n’avais rien dit qui permettait une identification de l’association ni du président. J’ai décidé que c’était le pas de trop loin, et je lui ai écrit un long commentaire public en réponse. Puis, je l’ai supprimé sans le poster, avec seulement une note pour dire « Vérifie Messenger ». Dans Messenger, je lui ai écrit une note pour dire, « Tu penses à me diffamer sans me connaître, mais il y a une vidéo. Tu peux supprimer ton commentaire, ou demain, je peux contacter l’association et on peut tous avoir une jolie conversation autour de la loi sur la diffamation. »
Des heures plus tard, il a remplacé son commentaire avec ses excuses. Je l’ai remercié sur Messenger, et après avoir vu qu’il l’a lu, l’ai bloqué. Les admins ont fermé le fil ; c’est définitivement derrière nous.
Je ne vous dis pas tout ça car je suis ravi de ce qui s’est passé. Ce n’était pas un moment fier pour moi en octobre, et je n’ai pas aimé hier non plus. Mais c’est un bon exemple de tout ce que j’essaie de vous expliquer sur les États-Unis. Ce type qui ne me connaît pas du tout a pris une opportunité pour me punir car il n’était pas d’accord avec moi. Si j’avais identifié les gens en question, ce serait autre chose. C’est ça, ainsi que le fait qu’il a témoigné de choses qu’il n’a pas vues, qui le rend bien un Kévin Drannoc.

Il est clair que le président de cette association a détourné la réunion vers une action politique. Le fait que la grande majorité des adhérents étaient d’accord avec lui ne l’autorisait pas à agir de la sorte. Dans une réunion politique, il n’est pas anormal que des gens minoritaires s’expriment avec indignation. Donc votre réaction était en phase avec l’événement.
Plus généralement, ça marque bien le clivage des opinions politiques, en Amérique comme ici, avec une libération de la violence (verbale et souvent physique). Il y a de nombreux points de clivage dans la société française, dans le prolongement des guerres au Moyen-Orient et en Ukraine. Et comme beaucoup de gens avalent de « l’information » sans prendre la peine de l’analyser, les raccourcis et les amalgames sont de plus en plus fréquents, y compris sur des médias « publics » et « indépendants »…
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Je dirais que la coutume américaine n’était pas comme ça, que les « gens minoritaires s’expriment avec indignation », jusqu’au mandat du président Obama. C’était un scandale quand un seul député a crié « Tu mens » pendant l’un de ses discours au Congress. Mais depuis ce temps, de plus en plus, on voit ça parmi les députés. C’est toujours le cas que l’on n’est pas censé faire ça dans un événement qui n’est pas une réunion politique — mais malheureusement, tout événement peut l’être de nos jours !
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La politique devrait être quelque-chose de noble, des échanges constructifs d’idées, une envie de servir le collectif pour le bien de tous, même si tout le monde n’a pas les mêmes idées pour y parvenir.
Au lieu de cela, c’est devenu un ring de boxe où tous les coups (bas) sont permis. Et on le constate dans beaucoup trop de pays.
Le mot « politique » est devenu péjoratif.
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Absolument d’accord avec tout ça !
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En marge du sujet, j’ai visionné ceci hier sur TF1 (en accès libre, pas en Prime)…
… cela devrait te mettre du baume au cœur ! 😉
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Agathe, tu as oublié le lien !!!
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😂
J’ai dit quelque part que le seul Kévin que je connais qui ne m’a jamais énervé, c’est l’acteur Kevin Costner !
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