La classe américaine

Ce soir, j’ai regardé ce qui est sans doute le film le plus bizarre de toute mon histoire francophone. C’est « La classe américaine », un pastiche (un mot anglais qui veut dire un pastiche) de beaucoup de films américains, coupés pour les transformer en quelque chose de nouveau, une parodie française de « Citizen Kane ». Ce film n’était pas disponible de mes sources habituelles, je l’ai donc regardé sur YouTube. En fait, des copies enregistrées par des fans et mises sur Internet sont la seule source pour ce film.

Je ne vais pas passer beaucoup de temps en décrivant l’intrigue. Pourquoi ? D’ailleurs le fait qu’il n’y ait pas de sous-titres — qui n’était vraiment pas un problème — le génie du film vient du fait qu’il n’y a vraiment pas d’intrigue. Il y a plutôt des jeux — de mots, des gags visuels, du plagiat intentionnel. Je dois le site cyclim.se (je ne plaisante pas) pour leur liste de films utilisés dans celui-ci.

Ce qui se passe est plus ou moins l’histoire de « Citizen Kane », mais cette fois, il traite d’un nouveau personnage, Georges Abitbol, et les journalistes viennent du film « Les Hommes du président ». M. Abitbol est « joué » par John Wayne, mais c’est lui dans une vingtaine d’autres films, avec des morceaux d’ici et là. On le rencontre au début en tant que capitaine d’un bateau.

Il discute avec un autre homme au sujet de la classe — il a-t-elle ou non ? Il semble qu’Abitbol meurt dans un accident, et ses derniers mots sont « Monde de merde » ; ça rappelle le célèbre « Rosebud » de Kane.

On passe au bureau du journal, où l’éditeur demande que ses journalistes découvrent le secret de cette citation-là.

C’est ici où on prend une pause pour qu’Orson Welles lui-même nous dise qu’il déteste le plagiat. Cette scène est empruntée à « Commencez la Révolution sans nous ». Franchement, je n’ai jamais vu ce film-là, et je pensais que cette scène est venue de quelque chose de gênant qu’il a fait dans les années 70s. Il est devenu porte-parole pour une cave californienne, Paul Masson, producteur du vrai pinard, et il était toujours ivre pendant le tournage de ses pubs. Voilà un exemple :

De toute façon, l’humour du film vient souvent du doublage ridicule. Ici, Charles Bronson, dans la peau d’un amérindien, crie « On va manger des CHIPS ! » Ce n’est pas du tout logique, mais c’est bien marrant !

D’autres fois, l’humour vient des jeux de mots. Cette scène vient de « L’Inconnu de Las Vegas », mais les répliques sont drôles.

Journaliste : Où est-ce que vous avez connu Georges ?

Homme 1 : Où j’ai connu Georges. C’est une excellente question. À la ferme.

Homme 2 : Quelle ferme ?

Homme 1: À la ferme ta gueule, toi con, espèce de crétin.

Je pensais que j’allais mourir de rire !

Parfois, je n’avais même pas la moins idée pourquoi quelque chose s’est passée, ailleurs d’être marrante.

Homme dans le resto mexicain : Un bon chili con carne, d’habitude <incompréhensible>. Je fais un régime à base de « wish » lorraine.

C’est juste pour faire la mauvaise prononciation, je crois.

Et beaucoup de parler de « la classe » :

Homme dans un resto, en parlant de Georges : « C’était l’homme le plus classe du monde, mais c’est tout. »

« J’aime les hommes qui ont la classe. »

Finalement, il s’avère qu’Abitbol n’est vraiment pas mort, et on apprend finalement ce qui voulait dire « Monde de merde ». C’était simplement que « le monde allait mal ». Il n’y avait rien de spécial derrière cette phrase !

Je vous conseille fortement de regarder « La Classe Américaine » si vous ne l’avez jamais vu. Ce n’est pas une classique du cinéma français. Mais c’est une expérience très intelligente et parfois vraiment drôle !

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