À la ferme

L’une de mes répliques préférées — bon, de nombreuses telles répliques — vient du film La classe américaine (c’est lié au bon moment) :

Dino — Où j’ai connu George ?
Dino — C’est une excellente question. À la ferme.
L’ami de Dino — La ferme ? Quelle ferme ?
Dino — Ah la ferme ta gueule toi, ducon, espèce de crétin.

Cyclim.se

Mais la langue française est pleine d’expressions qui viennent de la ferme et ses alentours. L’une des plus vieilles entrées dans mon fichier d’expressions est « Ça ne casse pas trois pattes à canard » un métaphore sans aucun vrai équivalent en anglais. Les Dédexpressions suggère que l’on peut dire « nothing to write home about » en anglais — c’est-à-dire « il ne vaut pas le coup d’écrire à la maison » — mais en anglais, il y a plusieurs expressions qui concernent les animaux pour dire l’inverse, quelque chose de spécial. On peut dire que « c’est les genoux de l’abeille » (« it’s the bee’s knees« ) ou « c’est les pyjamas du chat » (« it’s the cat’s pajamas« ), et en anglais, on peut les nier pour signifier « pas grand-chose ». De cette façon, on est dans la même grange.

Je parle parfois d’un village fictif, Anguille-sous-Roche, la maison de quelqu’un que je n’ose pas nommer. Évidemment, j’adore l’expression « il y a une anguille sous roche », quelque chose qui ne va pas. Les Dédexpressions suggère « something fishy » en anglais — on pourrait dire « quelque chose de poissonesque », pour inventer un mot. Mais encore une fois, il y a un meilleur équivalent animal en anglais, « a snake in the grass » ou « un serpent dans l’herbe ». C’est exactement la même idée.

Sautons du coq à l’âne. J’aime tellement les expressions sur les vaches, mais il ne faut pas appeler la collection une « vacherie », car ça veut dire plutôt quelque chose de méchant, même si c’est en fait l’origine du mot. (Une vacherie à la ferme, elle pue.) Mais je peux espérer que j’écris en français mieux qu’une vache espagnole, au moins à une vache près. Je m’ennuierai des vaches quand les cochons voleront ; oups, on parle d’abord en français ici. Ça devrait être « quand les poules auront des dents ». Mais en fait, on dit en anglais « les dents de la poule » (« hen’s teeth ») pour quelque chose d’impossible. Jamais comme un verbe ; c’est seulement un nom.

Je vous ai promis la dernière fois de parler de la ferme, alors je ne suis pas le cochon qui s’en dédit ! Mais on a oublié l’autre chose que l’on trouve à la ferme, les légumes. Langue de Molière vous reverra au jardin.

6 réflexions au sujet de « À la ferme »

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