J’essaye souvent à vous donner le goût de certaines expressions en anglais sans les écrire directement. On voit tout le temps « comme on dit en anglais » après quelque chose en français : « Il vient avec la territoire » ou « un budget de « lacet de chaussure » ». Évidemment, on n’utilise pas ces mots exacts. Ce sont des traductions de ma part. Mais des traductions exactes. On ne finira pas avec une situation de « Fabriqué en Dinde » au lieu de Turquie si on les remplace mot par mot avec un dictionnaire bilingue.
Puis, il y a des mots où je n’ai aucun espoir de vous expliquer ce que je veux dire. Cette fois, Langue de Molière parle de certaines de ces situations en détail, afin de vous faire comprendre à quel point c’est un enfer de ne pas être capable de partager ces choses. Du moins, sans assez d’explications pour gâcher toute et n’importe quelle blague !
(Je n’ai toujours pas de suite planifiée, mais j’ai l’impression que l’on va revenir sur ce sujet, d’où la « 1ère partie ».)
Commençons avec un calembour que j’ai vu sur les nouvelles du Nintendo Switch. L’article traitait de jeux vidéo où il fallait cuisiner (je vous rappelle le gâteau monstre de Zelda). Voici une capture d’écran avec une blague pourrie en anglais, mais qui n’a aucun sens en français :

Il y a un bouton qui dit « Lettuce turnip the heat. » Une traduction littérale serait « Laitue navet le chaleur ». Aucun sens. Mais il y a deux calembours de suite : « Lettuce » rime avec « let us », laisse-nous. « Turnip » rime avec « turn up », augmenter ou hausser. Laisse-nous augmenter le feu, donc. Mais dans le contexte de cuisine, deux calembours avec des noms de légumes est drôle — pourtant, aucune traduction en français ne peut sauver la blague.
Il y a une expression que l’on trouve de moins en moins de nos jours, mais très commun dans l’anglais américain du XXe siècle. On appelle quelque chose de passionnant — un concert, un discours, etc — « a barnburner ». C’est-à-dire littéralement quelque chose qui met le feu à une grange. DeepL offre un seul exemple canadien qui le traduit en tant que quelque chose de mauvais, « un discours incendiaire », mais ça le rate complètement. C’est un compliment ! Paul Gonsalves avec Duke Ellington au Festival de Jazz de Newport en 1956, c’est un barnburner, pas un discours de Hitler ! Mais impossible de le traduire de façon qui communique le sens original.
Prenons un exemple dans l’autre sens. Voici un méchant de la série Mario, connu en français sous le nom Maskass, ou au Québec. Maskache :

En anglais, ce méchant est connu sous le nom Shy Guy, Gars timide. Mask fait référence à sa masque, évidemment, mais « ass »… en anglais, ça ne signifie que « cul » et « âne ». En japonais, il s’appelle « Heiho », d’après les kanjis 歩兵, qui se prononcent « hohei » (les japonais ont leur propre version de verlan) et veulent dire « soldat qui marche ». J’ai lu une explication qui dit « fantassin » pour hohei, et je suppose que c’est d’où l’ass, mais aucun anglophone qui lit « Maskass » va le comprendre de cette façon. Il me dit quelque chose que cette explication ne vaut rien au Québec, vu qu’ils disent Maskache. Car trop de monde là-bas comprennent l’anglais, j’imagine.
Je continuerai de garder des exemples de mots dont la traduction exige que l’on fait tout un fromage. Pour l’instant, Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour terminer l’année avec de vraies nouvelles sur le « fake news ».

Alors cette expression ( « bamburner »)… C’est de la dynamite ! Ça décoiffe !
Comme le disait (presque car on entend « dynamique ») le skieur dOvomaltine :
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Moi aussi, j’entends « dynamique » !
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Parce que c’est la plaisanterie voulue par le génial publicitaire sur le fait que la barre énergétique dégustée par le sportif lui apporte plus de dynamique… Comme s’il était propulsé par une explosion de force due à de la dynamite 😆
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Le trouble d’être polyglotte, tout ne se traduit pas d’une langue à l’autre. J’ai ce problème aussi comme je pense fréquemment en anglais. Je trouve le mot ou la tournure parfaite en anglais et ne trouve pas un équivalent assez juste en français. Parfois, l’invers aussi arrive.
Incendiaire n’est pas toujours négatif, mais son utilisation au sens figuré souligne souvent une certaine subversité.
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