Des achats chez myPanier en 2022 -- des pralines roses, une tablette de chocolat, une barre de nougat, deux paquets de beurre d' Isigny et une boîte d'Anis de Flavigny

La très mauvaise idée

Il y a deux mois, je vous ai dit que j’allais prendre en charge le « Guide Pratique » de l’OCA, un document qui explique aux expatriés comment faire aux États-Unis. Je suis ici maintenant pour vous dire que je suis un con, et que c’était une grave erreur.

Pour être hyper-clair, le guide est une merveilleuse idée. Je ne peux rien partager, parce que c’est réservé sur la partie du site web uniquement pour les abonnés, mais je crois que je peux le décrire. Il y a une douzaine de chapitres, qui couvrent de tels sujets comme : comment avoir son permis de conduire, le système d’éducation pour ses enfants et comment faire ses courses — dont où trouver des produits français en ligne. Je dois avouer que des 38 sites mentionnés dans cette dernière catégorie, je ne connaissais que 11 avant de me lancer. Environ une douzaine sont inutiles pour moi — je n’ai rien à foutre chez Yves Rocher — mais d’autres lacunes sont gênantes.

Par exemple, voici un site pour commander du foie gras élevé en France. Pas de produits canadiens comme ceux que j’ai achetés pour mon dîner rhodanien. Et un autre site qui vous vendra 190 d’Anis de Flavigny pour juste 35 $ !

Des achats chez myPanier en 2022 -- des pralines roses, une tablette de chocolat, une barre de nougat, deux paquets de beurre d' Isigny et une boîte d'Anis de Flavigny

Attendez, ce dernier, c’est horrible. Je payais 6 $ la boîte de 50 grammes chez myPanier. D’autre part, comme dit la Blague de la Semaine du 19 septembre 2022, « Madame, quand je n’en ai plus, moi aussi, je les vends pour 6 € ». On ne peut plus rien commander à myPanier, après tout.

Mais ce n’est pas le problème, ni l’erreur. Le problème, c’est que je ne savais pas avant d’accepter cette responsabilité, que l’ancienne éditrice utilisait M$ Publisher pour éditer ce document de 65 pages et presque 1 000 liens. Et ce logiciel n’existera plus après octobre de cette année.

« Ah, Justin », me dites-vous, « c’est pas grave du tout. Ce logiciel vient de M$, la même entreprise irresponsable de Word. Sûrement ils ont planifié exactement quoi faire, et ont sorti un outil pour convertir entre les deux formats sans soucis ! »

HAHAHAHAHAHAHAHA ! Ce que j’adore le plus chez les Français, c’est votre humour pince-sans-rire ! Oh, punaise, vous êtes sérieux, car il vous semble impossible que cette entreprise dise « Allez vous faire voir chez les grecs ! » à ses clients.

Pourtant, c’est exactement ce qui est arrivé. Ne me croyez pas sur parole, voici ce qui dit M$ sur ce sujet :

Remarque : Même si vous pouvez exporter une partie ou la totalité de votre composition dans Word, vous ne pouvez pas enregistrer la totalité de votre composition (texte, graphismes et mise en page) d’un document Word en une seule étape.

Enregistrer une composition en tant que document Word, Microsoft

C’est pire que ça : alors que l’on peut enregistrer le texte uniquement dans un document Word d’un coup, s’il y a des graphismes, ou si le texte contient une mise en page compliquée…

Copier et coller une page ou des objets sur une page

Enregistrer une page, deux pages en face à face ou des objets sur une page en tant que fichier image… Les utilisations possibles incluent un calendrier, une couverture de livre ou une composition qui inclut un tableau ou que vous n’avez pas besoin de modifier dans Word.

Super. Ce document contenait de nombreux graphismes, change entre 1 et 2 colonnes souvent, et contient une belle quantité de tableaux en plus.

Il y a des solutions tiers, comme ce convertisseur gratuit en ligne. J’ai aussi fait des expériences avec Canva, où j’ai essayé d’importer le fichier PDF qui est le produit final. Il suffit de dire qu’après 30 secondes avec les résultats de Canva, j’ai abandonné. Mais le convertisseur a donné des résultats moins que suffisants aussi. Par exemple, il pense que le pied de page est unique pour chaque page, et a donc créé quelque chose de différent pour chacun, bien que je veuille avoir juste les numéros de page et une note que c’est la propriété à l’OCA.

Alors, pendant des semaines, petit à petit, j’essaie de régler tous les problèmes du document converti, car il y avait des centaines au début. J’espère le terminer enfin ce week-end. Plus tard, je créerai un document tout neuf soit en Word soit en Canva, sans la mise en page originale, mais l’important en ce moment, c’est de sortir de notre dépendance à un logiciel qui va disparaître.

C’est la deuxième fois que je dois sauver mon association d’un tel choix. Heureusement pour eux, je suis bénévole, n’est-ce pas ?

Au fait, mes excuses pour l’anglicisme informatique ci-dessus. En anglais, on dit M$ pour Microsoft, mais je doute que ça se traduise en M€. Je ne connais pas l’humour de mes homologues français !

13 réflexions au sujet de « La très mauvaise idée »

  1. Avatar de Bernard BelBernard Bel

    Je compatis pleinement, ayant souvent été exposé à des problèmes de conversion ou de translittération de documents… Il me semble qu’il y a deux méthodes que vous n’avez pas essayées. La plus efficace serait de passer par le format RTF, et l’autre par HTML. Si Publisher exporte dans ces formats, la suite devrait être facile.

    Pour les textes j’utilise le format « docx » de Word, mais avec le logiciel TextMaker qui est une « antithèse » de MS-Word. TextMaker a lui aussi de nombreuses options de formats pour l’import-export.

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    1. Avatar de Justin BuschJustin Busch Auteur de l’article

      Je n’ai pas de Publisher, alors bien que l’ancienne responsable m’ait donné le fichier, je ne peux pas essayer ses fonctions à cet égard. Peut-être que j’aurais dû chercher un convertisseur HTML avant, mais j’ai presque fini le processus que j’ai entamé. Mais PLUS JAMAIS avec ces formats propriétaires ! Si on veut de mon aide avec un autre document, à lui de me le donner dans un format que je peux utiliser !

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      1. Avatar de Bernard BelBernard Bel

        Si l’ancienne responsable vous donnait le fichier au format RTF (qui existe dans toutes les applications Microsoft) vous pourriez l’importer intégralement en un seul clic… Par exemple dans la version gratuite de TextMaker si (comme moi) vous ne voulez pas de M$.

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  2. Avatar de AnagrysAnagrys

    C’est un grand classique chez Microsoft (on dit M$ aussi en France, quand on veut critiquer cette entreprise sur les réseaux), j’ai notamment, avec Word, le souvenir d’un format ouvert et publié… mais pas respecté par l’implémentation de référence — je parle du RTF et de son implémentation folklorique par Word. Si je me souviens bien, ça explique les réticences de bon nombre de militants à voir le format de Word reconnu en tant que standard par les organismes de normalisation. Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans… 😁

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    1. Avatar de Bernard BelBernard Bel

      J’ai toujours eu du succès avec RTF, mais je ne suis pas surpris qu’il y ait des problèmes avec certains documents… Donc je corrige ce que j’ai écrit à Justin : succès non garanti.

      Pour ce qui est de la reconnaissance de « doc » ou « docx » comme standard, ça n’a jamais été envisagé en archivage pérenne (long-term preservation au CINES). Ils nous obligeaient à tout convertir en open source (odt) mais même dans ce format ouvert et non-propriétaire il y avait des fichiers qui ne passaient pas la validation. Ce qui, au final, nous obligeait à utiliser PDF (dans certaines versions). Ça a peut-être changé, je parle d’il y a 15 ans.

      Le problème est que les éditeurs de logiciels bureautiques empilent de nouvelles fonctions qui rendent leurs formats de moins en moins exportables. 😦

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    2. Avatar de Justin BuschJustin Busch Auteur de l’article

      Je me souviens bien d’un slogan de Microsoft, « embrace, extend, extinguish » (adopter, agrandir, éteindre), une attitude hyper-cynique envers les formats ouverts. Le navigateur Internet Explorer était un très bon exemple : ils ont adopté HTML, puis ajouté une tonne de trucs qui ne marchaient qu’avec leur logiciel, et ça a tué Netscape — et dans ce cas de Word, WordPerfect aussi. Publisher est une relique de cette époque.

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  3. Avatar de Agatheb2kAgatheb2k

    M$ me va très bien Justin ! Je ne sais plus quel autre logiciel de chez eux, acheté en 2007, j’avais déjà dû supprimer sur la machine W10 (avant qu’elle ne soit mise hors réseau), parce que devenu obsolète ! Pour Publisher, je pourrai toujours continuer à l’utiliser et même réinstaller le logiciel supprimé quand j’aurai réinstallé le W7 d’origine sur ma vielle bécane ! 😉

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  4. Avatar de AngeliqueAngelique

    Hello.
    As tu essayé WPS ?
    Je n’utilise pas Word, j’ai un logiciel très pratique qui prend tous les formats. Mais c’est dans le store Windows 10.
    Canva est pratique mais limité et chiant. Après tu as des logiciels utilisés par les auteurs qui n’ont pas de version gratuite mais restent très abordables et surtout franchement polyvalents.
    Je t’avais envoyé un courrier pour la nouvelle année, l’as tu reçu ?
    Si oui c’est que j’ai ta bonne adresse et je peux t’envoyer toutes les informations.
    Il neige beaucoup aujourd’hui, je prends une journée chat/canapé/ordinateur 😉.
    Allez, courage, tu vas encore faire des miracles bénévoles.
    A plus tard.

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    1. Avatar de Justin BuschJustin Busch Auteur de l’article

      Bonjour, Angélique ! Non, je n’ai pas essayé WPS. J’ai reçu le fichier de l’ancienne responsable en format Publisher, alors j’ai dû chercher des convertisseurs moi-même. À ce point, j’ai fini 58 des 65 pages, au moins pour le premier essai, alors je ne cherche plus d’autres formats pour convertir l’original. Mais j’aimerai trouver une solution plus durable pour mon successeur, car l’OCA sait que je resterai dans mes postes jusqu’en janvier 2029, et pas plus. (Je veux être libre à déménager à ce point !)

      Je viens de t’envoyer une réponse à ton gentil message. Désolé, je l’avais vu, mais je voulais écrire une belle réponse et j’ai laissé tomber. Mes excuses ici comme dans ma réponse !

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