Dimanche avec les Guermantes

Nous voilà, dans le troisième tome de la Recherche, « Le Côté de Guermantes », ou comme dit ma traduction en anglais « The Guermantes’ Way ». Voici le pavé :

The Guermantes Way en traduction anglaise, avec une photo de Proust assis.

Chaque tome est plus gros que celui d’avant : on est passés de 606 pages à 730, et maintenant à 818 pages. OMD. Si je croyais déjà que c’était une farce de la part de mon frère, ça ne fait rien pour changer mon avis !

Ça dit, on a les meilleures madeleines pour aller avec. Voici mes madeleines à la framboise et au chocolat. Vous aurez la recette mardi — ce sont 100 % à moi, et La Fille et moi sommes d’accord — ce sont une tuerie.

16 madeleines avec des pépites de chocolat et des morceaux de framboise partout. Elles sont arrangées en 4 rangs de 4 chacun, où la moitié ont la bosse en haut, et l'autre moitié, le côté coquillage.

Je ne suis pas avancé loin cette fois, car entre le bal de La Fille et mon propre événement, j’avais d’autres chats à fouetter. Mais pour vous, je ne pouvais pas tout plaquer.

Le pépiement matinal des oiseaux semblait insipide à Françoise.

Tout au début, on sait qui va jouer un rôle important dans ce tome.

Chaque parole des « bonnes » la faisait sursauter ; incommodée par tous leurs pas, elle s’interrogeait sur eux ; c’est que nous avions déménagé.

Ah, on a quelque chose en commun ! Moi aussi ! Cependant, il n’y a pas de domestiques chez moi.

Or, il est temps de dire que celle-ci — et nous étions venus y habiter parce que ma grand’mère ne se portant pas très bien, raison que nous nous étions gardés de lui donner, avait besoin d’un air plus pur — était un appartement qui dépendait de l’hôtel de Guermantes.

Ah, déménager chez une famille noble, ça nous n’avons pas en commun. J’ai tout genre de question en le lisant — pour une chose, j’avais l’impression que l’ancienne maison familiale à Combray était plutôt grande. Parle-t-on donc d’un appartement comme le mien, d’environ 100 mètres carrés ? Y a-t-il beaucoup d’autres colocataires ? Les Guermantes, ont-ils besoin de l’argent ?

Le narrateur ne va pas déranger Mme de Guermantes, non ? J’espère que non. Je me souviens que :

La mère du narrateur lui dit qu’il est obsédé par Mme de Guermantes — un fait inconnu à ceux qui ont lu les 240 premières pages — alors il faudra assister au mariage de la fille du docteur du village, car elle sera là.

Dimanche avec Mme de Guermantes

Ettttttttttttt… punaise :

Parfois, cachée au fond de son nom, la fée se transforme au gré de la vie de notre imagination qui la nourrit ; c’est ainsi que l’atmosphère où Mme de Guermantes existait en moi, après n’avoir été pendant des années que le reflet d’un verre de lanterne magique et d’un vitrail d’église, commençait à éteindre ses couleurs, quand des rêves tout autres l’imprégnèrent de l’écumeuse humidité des torrents.

Dites-donc, on vient de passer un tome entier sans parler de madame, car on avait entendu parler que Mme de Villeparisis était une cousine, et Saint-Loup et le baron de Charlus aussi, mais sûrement le mariage, il ne s’agissait pas d’une idée fixe, non ? Etttttttttt… non :

le nom de Guermantes ayant repris pour un instant après tant d’années le son, si différent de celui d’aujourd’hui, qu’il avait pour moi le jour du mariage de Mlle Percepied

Super. Au moins il ne s’agit pas d’une obsession malsaine depuis sa plus jeune enfance. Etttttttt :

Sans doute quelque forme se découpait à mes yeux en ce nom de Guermantes, quand ma nourrice… me berçait de cette vieille chanson : Gloire à la Marquise de Guermantes

Ah bon, alors il s’agit de cette obsession infantile et n’a rien à voir avec Balbec. Etttt :

Mais cette dernière demeure s’était elle-même évanouie quand nous étions venus habiter tout près de Mme de Villeparisis un des appartements voisins de celui de Mme de Guermantes dans une aile de son hôtel. 

Je suis tout perplexe pour l’instant. Mais on va reprendre ses obsessions la prochaine fois. Quoi, comme si cette histoire traite d’autre chose !

Une réflexion au sujet de « Dimanche avec les Guermantes »

  1. Avatar de C'est en lisant...C'est en lisant...

    Je ne dois pas être là seule à ne fréquenter ton club de lecture que… pour tes madeleines ! (Comme je rêverais d’être ta voisine de palier!)
    Fais attention car à force de lire les écrits d’un snob, tu vas attraper le défaut des nantis les plus pénibles : ils ne peuvent pas s’empêcher de glisser un mot concernant leur train de vie. C’est ce qui me fait fuir les fêtes de voisins car je me contrefiche de leur aisance et n’ai pas envie de batailler pour me montrer au moins à leur niveau (ma toute petite maison n’est pas beaucoup plus grande que ton bel appartement mais c’est un palais pour moi)! Il n’existe qu’un domaine dans lequel les duels verbaux me semblent valables, c’est la démonstration d’une grande culture la plus éclectique possible… car je crois qu’il n’est plus question de snobisme dans ce cas-là. Domaine dans lequel tu es un redoutable compétiteur !

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