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Je découvre Sheila

On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata avec la chanteuse après Julie Zenatti, Sheila. Elle a chanté sa propre chanson sur le plateau, « Bang Bang ».

Sheila sur le plateau de l'émission 30 Ans de Taratata

Sheila est née Annie Yvonne Jeanne Gisèle Chancel en 1945 à Créteil. Ayant échoué des tentatives d’entrer l’Opéra national de Paris et la Maîtrise de Radio France pendant son adolescence, en 1960 elle entame une carrière de chanteuse avec un groupe amateur. Les Guitares Brothers. Ce groupe fait son début dans un casino breton, mais réussit enfin à passer une audition chez le Golf-Drouot. Là, le producteur Claude Carrère fait signer un contrat de 10 ans à ses parents, et lui donne le nom de scène « Sheila ». Carrère n’est pas un héros de cette histoire ; son plan d’affaires était de signer beaucoup de jeunes artistes pas chers et gagner les droits d’auteur — un modèle très commun dans ce secteur peu scrupuleux. Puisque elle a enregistré plus de 600 chansons, je me concentre sur sa carrière jusqu’au début des années 80.

Son premier tube est « L’école est finie » de 1963, écrit par Carrère et son partenaire commercial, Jacques Plait. C’est #1 en France ainsi qu’en Wallonie, une chanson très agréable et plein d’entrain.

D’autres singles — « Le Sifflet des copains » et « Papa t’es plus dans l’coup » suivent rapidement, et son premier album est une réussite. 1964 voit plus de singles à ce niveau, comme « Vous les copains, je ne vous oublierai jamais », une reprise de « Doo Wah Diddy Diddy », est un autre classé #1, et « Hello, petite fille », #5. Son deuxième album, Écoute ce disque, est encore un succès.

C’est ici où la tragédie frappe. Ce rythme de travail est épuisant : Sheila s’évanouit sur scène à l’âge de 18 ans et doit quitter les tournées pendant un an. Elle lâche pendant une interview avec France Dimanche que ses traitements pour l’anémie comprennent des hormones mâles et en conséquence, une rumeur la suivra pendant des décennies, qu’elle est en fait un homme. Même son accouchement en 1975 sera traité de faux pour cacher son sexe. Franchement, de toutes les choses que j’ai apprises en écrivant cette série, celle-ci est de loin la pire — elle n’a rien fait, et c’est injuste de façon qu’être méprisé pour infidélité (comme beaucoup de ces artistes) ne l’est pas.

Hors scène, Carrère hausse son rythme de travail dans le studio. 1965 voit 4 singles dans le top 10, dont le #1 « Le folklore américain ». J’aime très bien cette chanson avec son aire de cow-boy, même si à vrai dire, ça doit beaucoup plus à l’imagination française qu’à la musique américaine — ça ne me rappelle rien de mon côté de l’Atlantique :

1966 voit 3 tubes de plus, dont « L’heure de la sortie », qui s’écoule à plus de 300 000 exemplaires, et « Bang-bang », classé #2 et son choix pour Taratata. Le premier est très typique de Sheila. Le dernier est plus mélancolique que d’hab jusqu’à ce point, l’histoire d’un garçon avec qui la narratrice a grandi, le titre faisant référence au jeu de gendarmes et de voleurs.

1967 est aussi réussie que les années précédentes — « Adios amor », malgré le titre espagnol, est largement en français. C’est ce que vous les anglophones appelez un « slow », et atteint le #1 :

Avec plus de trois quarts d’un million d’albums vendus chaque année, il semble que Sheila est la reine de la chanson française. Mais on verra les premiers signes d’une chute. Son tube classé #1 de 1968, « Petite fille de français moyen » ne se vend qu’à 250 000 exemplaires, et n’a pas l’air d’un classique comme pas mal de ses autres jusqu’ici :

Apres 6 ans en haut des classements, Sheila n’aura rien dans les top 5 en 1969, « Arlequin » étant sa meilleure vente (#6, 200 000 exemplaires). 1970 est aussi une déception, même si « Reviens, je t’aime » atteint la 4e place. Franchement, c’est plus de la même chose et quelque chose doit changer.

1971 verra une sacrée rentrée. « Les Rois Mages » ne sera pas seulement #1 en France et en Wallonie, mais dans le top 10 en Espagne et en Argentine ! Ce n’est même pas un grand changement de style, mais de technique de production — avec ses effets de chorus, le son est hyper-moderne pour son époque.

En 1972, la tragédie frappera encore, mais lentement. Elle rencontre un chanteur nul et pas digne de son talent, Guy Bayle, dit Ringo. Les deux sortiront « Les gondoles à Venise » en duo en 1973, quand ils s’épouseront. Ce sera le dernier #1 pour Sheila en France (les Belges sont plus faciles). Ils vivront une histoire d’amour tendue jusqu’à leur divorce en 1979.

Même si Sheila n’aura plus jamais la première place, il y aura une dernière triomphe. Elle tournera vers le disco en 1975, quand « C’est le cœur » (une reprise de « Doctor’s Orders » en anglais) s’écoulera à 400 000 exemplaires, et « Quel tempérament de feu » à 500 000. La meilleure année de sa carrière suivra en 1977 avec plus de 1,6 millions de ventes, dont « Singin’ in the Rain », une reprise disco d’une chanson américaine, qui atteint le top 5 même en Suède :

Il faut que je ne mens pas. Cette chanson, dans sa version originale, était l’une de mes préférées jeune, au point où je l’ai même chantée dans un concours en primaire. Je trouve cette version disco horrible. Mais c’était l’époque, alors il faut lui pardonner.

En 1979, une collaboration avec Nile Rodgers — invité spécial pour ce Taratata de légende — donnera lieu au dernier single de sa carrière à dépasser 400 000 ventes, Spacer. Le clip sent bien Star Wars :

Son dernier tube de conséquence, Gloria, atteindra la 8e place et se vendra à 300 000 exemplaires en 1982, mais il n’est qu’une reprise — et traduction très fidèle — d’une chanson de même nom par Laura Branigan, chanteuse américaine. Après cette chanson, Sheila se rompra enfin avec Claude Carrère ; il y aura des procès entre eux, et elle considère qu’avec son influence, il a bien gâché sa carrière. Elle connaîtra encore plus de tragédie quand son deuxième mari souffrira deux crises AVC et son fils unique meurt d’une surdose de cocaïne.

Mais avec deux décennies de réussites sur la scène française, que penser de Sheila ? Elle n’a jamais eu l’habitude d’écrire ses propres chansons, alors c’est difficile de lui attribuer le même niveau de mérite qu’une Véronique Sanson ou bien une Zazie (Sheila a plus de talent vocal, mais c’est évident que Zazie a fait le maximum avec ses atouts). Pourtant, sa carrière des années 60 seule serait déjà assez pour l’assurer une place importante dans la chanson française, et même si les nouveautés des 30 dernières années n’ont rien de spécial, c’était bien évident en regardant Taratata qu’elle reste une artiste bien-aimée en live.

Ma note : j’irais au concert si vous avez une place de trop.

Manie Musicale

Je regrette de vous dire que ce billet fera mal aux oreilles, mais moi, j’ai souffert avant vous et je refuse de le faire seul !

Il y a une semaine, La Fille a commencé à me parler d’un concours annuel, Manie Musicale, comme si je devais le connaître. Je lui ai demandé si c’était comme les Victoires de la musique ou bien les NRJ Music Awards, mais elle ne les connaissait pas du tout. Il s’avère que dans un sens, Manie Musicale est beaucoup plus grande que ces autres concours plus connus en France. Pourtant, je soupçonne qu’il n’y a plus d’une lectrice habituelle qui la connaisse.

Vous voyez, Manie Musicale est un concours organisé par des profs de français dans 35 pays du monde pour faire connaître la musique française à leurs élèves. Et pas de classiques, car ce serait la même chose chaque année — il s’agit de nouveautés si obscures, la moitié des artistes n’ont même pas de pages sur Wikipédia !

Cependant, ce concours a une structure particulièrement américaine, un choix fait exprès. Heureusement pour vous, à moins que vous n’ayez vécu aux États-Unis, vous ne connaissez pas la tournée de basket de la NCAA, où les 64 universités qui payent le plus à leurs soi-disant « élèves » (qui s’en foutent de l’éducation ; ils sont là pour jouer au basket). Tout le pays sauf moi aime deviner qui sera le gagnant, quelque chose de très difficile — personne n’a jamais choisi tous les bons résultats. Voici le « bracket » de 2025 :

Ça montre le tournoi, 4 groupes de 16 équipes qui jouent dans des éliminatoires -- les gagnants des 4 groupes jouent dans 3 matchs pour couronner le champion national.
©️NCAA 2025

C’est un tournoi de 4 groupes de 16 — dans le premier tour, #1 jour un match contre #16, #2 contre #15 et ainsi de suite. On considère que c’est déjà très prestigieux de survivre jusqu’au groupe des 16 dernières équipes, les « Sweet Sixteen ». De toute façon, vous avez l’idée.

Manie Musicale fait pareil. Voici le « bracket » de 16 chansons :

©️Manie Musicale 2026

Tous lea jours, les élèves de la classe de La Fille écoutent deux de ces chansons, dans les paires montrées ici, puis votent pour leur préférée. Une fois qu’il y a 8 gagnants du premier tour, il y a un deuxième tour pour les réduire en 4 et ainsi de suite. Encore une fois, vous avez l’idée.

Ne me croyez sur parole, même après cette explication ; c’est les organisateurs qui font cette même comparaison dans une vidéo pour présenter le concours :

Mais quelle est cette musique ? Les chansons nommées pour les Victoires de la musique dans la catégorie « chanson originale » cette année étaient : « Fashion Designa » par Theodora, « Les filles, les meufs » par Marguerite, « Mauvais garçon » par Helena, « Soleil bleu » par Bleu Soleil et Luiza, et « Tant pis pour elle » par Charlotte Cardin. Luiza, qui je ne connais pas, est la seule artiste qui apparaît dans les deux listes, et non pour la même chanson.

Ces artistes sont largement inconnus. On a commencé avec « Extraordinaire » par un nommé Fredz. Monsieur est québécois et cette chanson vient d’atteindre la 24e place dans le classement québécois (uniquement de musique de la province) :

Au moins cette chanson a connu un classement ; son adversaire du premier tour, « Chapeau », par les Port-aux-Poutines, n’a pas fait ça — avec moins de mille abonnés à leur chaîne YouTube, la vraie question est comment ils font partie d’un tel concours :

La chaîne YouTube de la chanteuse Mahéva suggère qu’elle travaille en France, mais vous qui ne la connaît pas ? Purecharts, la référence pour ce sujet !

Résultats de rechercher Purecharts pour le nom Maheva ; il y en a 5, mais aucun n'est le bon
Capture d’écran

La Dépêche (le journal, pas mon bulletin) a écrit sur elle, mais Wikipédia ne la connaît pas non plus.

Je me suis trompé sur une chose. Il s’avère que l’Oli qui chante « Le musée imaginaire » est celui de Bigflo et Oli, alors il n’est pas du tout obscur. Soyez le bienvenu à chercher ce blog pour des articles sur le rap. Ouais, il n’y en a pas.

Boulevard des Airs existe depuis 2004 et est connu par Purecharts, mais pas son album de 2025 ni son single, « Je rentre à la maison » :

Billie du Page est apparemment une autre artiste québécoise, mais pas assez connue pour Wikipédia. Je ne suis pas arrivé à la trouver dans les classements québécois, mais avec 3 000 abonnés sur YouTube, il me semble que ce n’est pas une erreur de ma part.

Ni Purecharts ni Wikipédia connaît Lenaïg, qui me semble Tiktokeuse (est-ce un mot ?), mais avec 135 milliers d’abonnés sur YouTube, je peux au moins comprendre comment les profs derrière Manie Musicale l’ont trouvée. Son single « Aussi simple que toi » ne dérange pas, mais ne me fait pas avoir envie d’en écrire non plus.

Je finirai avec la seule artiste de Manie Musicale qui a connu un peu de succès chez les Victoires cette année. « Demain demain » de Luiza est vraiment pas mal, quelque chose des Caraïbes peut-être (ça semble au moins le lieu de tournage du clip) :

Mais vraiment, je dois demander, les profs, comment trouvent-ils ces artistes ? Est-ce que ça aidera à développer une vraie appréciation de la chanson française ?

Indochine à Paris

Avouez-le, en voyant le gros-titre, vous vous demandiez si j’étais sur un avion.

Hier, blogosth a publié un article sur la visite d’Indochine à Strasbourg pour l’Arena Tour. Alors que je suis évidemment si violet et vert de jalousie en même temps que je ressemble à un king cake de la Nouvelle-Orléans, je suis extrêmement reconnaissant qu’Oth m’a parlé dans ses commentaires de la diffusion dudit concert sur TMC. Heureusement que j’ai écrit « Mon guide à regarder la télé » avec toutes les infos nécessaires pour regarder les chaînes de TF1 aux États-Unis ! Alors, à 12h25, j’étais devant mon ordinateur pour regarder le concert. Malheureusement, un certain M. Kévin Drannoc (comme dit Il Est Quelle Heure) a réussi à gâcher mon aprèm en me distrayant pendant le concert . On en parlera demain. Pour l’instant, concentrons-nous sur le concert.

D’abord, voici un petit clip pour voir comment je le regardais ; c’est mon bureau, mais j’ai éteint la lumière afin de mieux voir l’écran. Je regrette que ces haut-parleurs ne fonctionnent en France, car ils sont vraiment parmi mes meilleurs équipements. J’ai tourné les clips qui suivent avec mon portable, car la leçon des 30 Ans de Taratata, c’est qu’enregistrer le streaming avec un VPN sur l’ordinateur ne marche pas très bien.

J’étais ravi de voir que Ludwig avait toujours toute sa batterie, car Babel Babel utilise beaucoup de batterie synthétisée :

Ludwig Dahlberg assis derrière la batterie, avec le logo TMC en haut à droite sur l'écran

Je dois — je n’aime pas faire ça — avouer que j’avais tort. Quand j’ai écouté Babel Babel, je vous ai dit qu’à mon avis, il n’y avait pas de refrain mémorable :

Chacune de ces paroles comptent sur des mélodies mémorables, et bien que beaucoup soient agréables, je galère à identifier celle que je fredonnerai demain.

Le bon refrain vient du Chant des cygnes, « Sois fort, plus fort encore ». Toute la foule la chante ensemble, presque autant que pour L’Aventurier ou Un été français.

Je trouve les images pour certaines choses inquiétantes, comme cette armée de singes avec des trompettes pour « La Belle et la Bête » :

Rang après rang de singes, chacun jouant une trompette (c'est de l'IA)

Quelque chose que j’aime chez Nico, qui est un modèle pour moi, c’est qu’il remercie souvent tous ceux qui rendent sa carrière possible — ici, il exprime sa reconnaissance pour être diffusé à la télé :

Oth m’avait écrit :

« Il n’y a guère besoin qu’il chante, car le public sait tout par cœur. » Cela s’est passé avec 3ème sexe, Nicola Sirkis a commencé la partie instrument au piano et a fait signe au public, waouh, je ne te dis pas l’impression que cela faisait !

Je suis raviraviRAVI d’avoir l’opportunité de voir ça pour moi-même, si seulement à travers l’écran. C’est ce que j’aime le plus chez les fans. J’ai essayé de me taire, mais vous pouvez m’entendre à 31 secondes. Oui, je pleure. J’aurais beaucoup donné pour être là. (Ou mieux, à Lyon, Rouen ou Strasbourg. Je suis prêt à voir plus du pays que Paris !)

Y a-t-il quelque chose que j’aime plus qu’Alice et June ? Seulement « La trinité » — Nos célébrations, Un été français et Un jour dans notre vie. Un jour, je dois écrire mon classement personnel du top 20 d’Indochine. Je ne pardonnerai jamais M. Drannoc pour son intervention ici.

Mais il faut finir avec ce qui reste pour moi la meilleure raison pour faire un aller-retour à travers l’Atlantique juste pour voir Indochine. Il y a toutes les autres chansons, puis il y a L’Aventurier. Il n’y rien qui réunit les fans comme celle-ci. Je suis heureux de l’avoir vue dans un stade plutôt qu’un Zénith ou même Accor Arena, car l’énergie d’une si grande foule n’a pas d’égale. Mais même avec moins de monde qu’au Stade de France, c’est facile de faire la comparaison avec les autres clips et reconnaître que même à la fin, c’est le moment auquel tout le monde s’attendait.

Je découvre Sylvie Vartan

On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata avec Sylvie Vartan, car Julie Zenatti avait chanté sa « La plus belle pour aller danser ». Les élèves les plus studieux du blog se souviendront que j’aime parfois laisser des références à cette chanson, même dans des recettes. Ça fait des mois depuis la dernière entrée dans cette série — j’espère la terminer avant les 35 Ans de Taratata !

Sylvie Vartan, Photo par
Eric Koch pour Anefo, Domaine public

Ceci est l’un des articles les plus difficiles à écrire du Projet, parce que selon Wikipédia, Mme Vartan a enregistré plus de 1 500 chansons en dix langues. Je ne garde pas de statistiques, mais je crois que le plus grand nombre de chansons que j’ai écoutées pour un artiste dans cette série est environ 70, pour Eddy Mitchell. Je me limite à ses œuvres en français et en anglais, et principalement à sa carrière des années 60 et 70.

Sylvie Vartan est née Силви Жорж Вартан en Bulgarie en 1944 — personne sauf Agathe ne sait lire ça, moi absolument compris. Pourtant, elle est aussi bulgare que moi ou vous — son père est arménien et sa mère est hongroise, mais les deux parents se retrouvaient en Bulgarie à cause de travail. Son père était là en tant qu’attaché de presse à l’ambassade française, et sa mère y est née à cause du travail de son père. C’est à Sofia où elle a son premier rôle d’actrice au ciné, à l’âge de 7 ans. Les critiques sont nulles, et la famille doit fuir en France. Non, je plaisante sur ça — la famille quitte la Bulgarie à cause de la vie sous l’emprise soviétique.

Sylvie fait son début en 1961 avec « La panne d’essence » en duo avec Frankie Jordan. C’est une chanson qui sent bien l’arnaque, avec des paroles qui suggèrent que le jeune couple qui est en panne d’essence l’est parce que le garçon du couple l’a planifié, si vous me suivez. Moi, je montrerai mon bloc à couteaux au premier garçon qui veut conduire La Fille quelque part. Il y a une quinzaine là-dedans, tous bien aiguisés.

C’est un tube, alors notre Sylvie fait ce qui lui semble bon et quitte le lycée deux mois avant de passer les examens pour son bac.

En 1962, elle sort son premier album, Sylvie. Ça marque le début d’une longue histoire d’adapter des chansons américaines au marché francophone. Parmi ses premiers tubes est « Moi je pense encore à toi », pas exactement une traduction de « Breaking Up Is Hard To Do » par Neil Sedaka, mais sur le même air :

Cette même année, Sylvie Vartan rencontre un certain Johnny Hallyday, qui l’invite de faire la première partie de son tour. Il est déjà évident que les deux sont en couple, même si le mariage n’aura lieu qu’en 1965.

En 1963, elle sort un autre album, intitulé Twiste et chante, un titre si évidemment une traduction du tube des Beatles que j’ai presque sauté écouter la piste phare. En automne de cette année, elle et Johnny enregistrent des albums à Nashville, aux États-Unis (malgré ayant un nom qui se termine par -ville ; je sais, c’est bizarre). Son album, À Nashville. La première piste, « Si je chante » est encore une autre reprise américaine, mais un nommé Charles Aznavour lui en écrit une autre, « La plus belle pour aller danser », originalement pour son rôle dans le film Cherchez l’idole :

En 1965, elle sort un album en anglais, Gift-wrapped from Paris (littéralement, Emballé en cadeau de Paris — toujours Paris, bande d’obsédés), un album de reprises sauf pour ce duo avec Johnny écrit en franglais :

Cet album est… une expérience bizarre. Ses voyelles sont bonnes, mais il n’y a pas de liaison en anglais. ‘My Boyfriend’s Back » et « I Heard Somebody Say » sont intéressantes, mais je n’ai pas envie d’acheter cet album.

On saute Il y a deux filles en moi de 1966 pour le plus intéressant 2’35 de bonheur de 1967. Je croyais le titre quelque chose de Gainsbourg, mais en fait, c’est plutôt doux, une chanson sur garder un enregistrement de son amour pour écouter quand l’autre est loin :

L’homme du duo n’est pas Johnny, mais Carlos, qui fait son début avec cette chanson.

1967 voit aussi l’album Comme un garçon, avec une piste phare classée #2 en France :

1968 voit une tragédie — Sylvie est percutée par une camionnette, qui tue son amie Mercedes Mendès et renvoie Sylvie à l’hôpital. Mais l’année voit aussi une réussite — l’album Sylvie Vartan est plus connu sous le nom La Maritza, d’après son tube de légende :

Comme les premiers mots me parlent : « La Maritza, c’est ma rivière, comme la Seine est la tienne ». Il y a un paragraphe sur exactement ça dans mon livre.

Et ce n’est même pas le plus grand tube par ventes de l’album — ce titre est remporté par Irrésistiblement, un autre #2 en France. Mais c’est « La Maritza » qui aura la plus d’importance au fil des décennies.

1970 voit un accident encore plus grave, avec Johnny au volant de la voiture. Sylvie doit aller à New York pour subir de nombreuses interventions chirurgicales. Elle passera la moitié de l’année à l’étranger et Johnny, lui, il rencontre une certaine Nanette Workman, chanteuse canadienne qui fera partie de son album de 1971, mais avec qui il poursuit une liaison. En 1972, le couple réconcilie, mais selon Johnny, ce sera la raison de leur divorce en 1980.

En 1973, Sylvie sort l’album J’ai un problème, avec deux duos avec Johnny, dont la piste phare. Quand Johnny chante « On récolte la vie que l’on sème », il faut le dire — il savait déjà.

1974 voit un retour au début des années 60, avec un autre album plein de reprises américaines traduites en français, Shang shang a lang. Il faut dire qui Sylvie apporte à la piste phare plus de talent vocal que les Bay City Rollers.

En 1976, elle sort Qu’est-ce qui fait pleurer les blondes ?, avec une piste phare beaucoup plus optimiste que le titre ne le suggère. Mais en 1977, elle revisite un autre tube des Bay City Rollers, ce qui lui vaut un classement #4 pour « Petit rainbow » :

On finira sur son premier tube des années 80, « Nicolas », adapté d’une chanson hongroise. Au fil de sa carrière jusqu’à ce point, il y avait souvent des orchestres derrière elle, typiques du « Mur de son » des années 60 et 70. Voici un morceau beaucoup plus personnel, avec moins de production. Des mois plus tard, elle sortira un autre album, Bienvenue Solitude, un clin d’œil vers une nouvelle vie sans Johnny — une vie qui sera, il faut ajouter, sa propre réussite, mais comme la carrière de Julien Clerc, devra autant au fait qu’elle était déjà une star qu’autre chose.

Que penser de Sylvie Vartan ? La comparaison avec Julien Clerc est exactement la bonne. C’est une carrière remplie de reprises de chansons étrangères, mais si je trouve ça un peu trop commercial, ça lui permettait le temps et les opportunités pour enregistrer une belle poignée des meilleurs exemples de la chanson française. C’est un monstre de la scène française, et si je dois ajouter qu’elle méritait mieux dans sa vie privée, il faut aussi dire que l’Histoire se souviendra d’elle pour ses contributions à la musique, pas à la presse populaire.

Ma note : J’achète l’intégrale.

J’ai eu envie de vous revoir

Les billets vont devenir plutôt courts jusqu’à mercredi prochain, car j’ai des choses à faire. Heureusement pour moi, hier héroïne du blog Véronique Sanson a décidé de faire quelque chose d’étonnant, et voilà, post sans effort.

En 2024, elle a embarqué sur un tour dit « Hasta Luego », ce qui m’inquiétait, parce que c’est de l’espagnol pour « À plus tard ». Je croyais que c’était donc son adieu, même si rien de la sorte n’a été annoncé.

Cependant, le 10, c’est-à-dire hier, elle a lancé une nouvelle tournée appelée « J’ai eu envie de vous revoir », et pour la fêter, elle a sorti une nouvelle chanson de même nom, sa premier single depuis « Et je l’appelle encore » en 2016. Le voilà :

J’ai du mal à transcrire toutes les paroles par oreille, mais j’ai au moins ça de la première moitié :

J’ai eu envie de vous revoir
<qqch>
Alors j’ai enfilé mes bottes
Pour venir vous retrouver
Et tout le monde, de ce qu’il reste
Je veux le partager
Avec le temps qui rit, qui laisse
De la <qqch> sur mon clavier
Et j’ai peur, si vous sachiez
Qu’avec le temps je vous oublie
Vous qu’aviez tant rempli ma vie
Je voulais vous dire… merci

Il y a une autre strophe de même taille, mais ça donne une assez bonne idée du thème. C’est impressionnant — sa voix est plus grave que pendant les années 70 ou 80, mais reste assez claire et pas du tout râpeuse. En tant que musique, ce n’est pas à la hauteur de sa « Drôle de vie », mais presque rien ne l’est.

C’est une note de remerciement en forme musicale, et j’imagine qu’elle ne planifie pas beaucoup d’autres nouveautés. Qui sait combien de temps reste dans sa carrière ? Pas moi, certainement. Mais de mon côté, je suis reconnaissant pour tout ce qu’elle m’a donné, surtout le vol magique vers la France pour la première fois, où j’écoutais « Drôle de vie » en boucle, et m’en foutais du fait que je portais une masque de taille enfant, trop serré, jusqu’à mon arrivée. C’était Véronique Sanson la bande-sonore de la meilleure semaine de ma vie, et pour ça, je voudrais lui dire merci.

Je découvre Julie Zenatti

On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata avec la chanteuse qui a suivi Cats on Trees, Julie Zenatti. S’il vous dérangeait ces dernières entrées que je n’étais pas très enthousiaste de mes sujets, cette fois, je vous rassure, vous allez finir par appeler le 17 ou le 114 à cause d’un excès d’enthousiasme !

Julie Zenatti sur Taratata, Capture d’écran, ©️Banijay

Julie Zenatti est née en 1981 à Paris, fille d’une famille italienne et juive algérienne. À ses 13 ans, un employé de la maison de disques EMI la découvre dans un karaoké, et lui fait signer son premier contrat. C’est ainsi qu’elle sort en 1995 son premier single, Il restera de toi :

Cependant, c’est trop de pression pour une si jeune fille — quoi, beaucoup de stars des années 60 se sont lancées à cet âge ! — et sa famille rompe le contrat pour qu’elle puisse aller au lycée. Ça ne l’empêche pas d’être considérée comme candidat pour représenter la France à l’Eurovision en 1996.

En 1997, elle joue dans le rôle de Fleur-de-Lys, dans la comédie musicale « Notre-Dane de Paris », qui connaît un si grand succès qu’elle quitte le lycée pour se consacrer à la musique. Avec un nouveau contrat chez Columbia, en 2000, elle sort son premier album, Fragile, un double disque d’or selon la vieille signification, 200 000 disques, pas les normes abaissées de nos jours. Parmi les singles de l’album se trouve « Si je m’en sors », ce qui montre qu’à ses 19 ans, elle est déjà un produit fini, sans jamais avoir assisté à un conservatoire :

Écoutez aussi « Why » ; son articulation est par-faite.

En 2002, elle sort son deuxième album, Dans les yeux d’un autre, pas aussi bien accueilli que le premier, même si toujours un disque d’or. Le plus grand tube de l’album est « La vie fait ce qu’elle veut », qui s’écoule à 42 000 exemplaires.

Vous savez quel était le plus grand tube de l’année aux États-Unis en même temps ? Freaking « How You Remind Me » de Nickelback, avec plus de 7 millions de ventes mondialement, dont 250 000 en France. Alors que vous aviez Julie Zenatti. Je n’ai même pas de mots. Allez, vous avez donc tous raté la chanson éponyme de l’album, avec l’une des rimes les plus parfaites de tous les temps.

Son prochain album, Comme vous…, sort en 2004. Avec de l’aide de J-J Goldman et Axel Bauer, cet album se vend à 200 000 exemplaires encore une fois. Le grand tube et unique single est « Je voudrais que tu me consoles ». À vos ordres, chérie.

C’est plus électrique que ses autres chansons à ce point, avec trop d’effets pour une voix qui n’a pas besoin de la tricherie à la sauce logiciel, mais très agréable quand même. « L’amour s’en fout » est plus de Julie comme on la connaissait avant ; « Rendez-moi le silence » aussi.

Après cet album, Julie Zenatti fait une pause pour doubler Barbie dans plusieurs films animés. Puis, la catastrophe. Son quatrième album, La Boîte de Pandore, sort en 2007 et ne se vend qu’à 30 000 exemplaires. Qu’est-ce qu’il y a, la France ? Avez-vous même écouté la première piste, « Je voudrais une chanson » ? Ne me répondez pas, je le sais déjà. Non. Et vous avez donc raté quelque chose de créatif et original, avec des cornemuses, des accordéons, même un gong. Écoutez et pleurez votre erreur :

Pire suivra. En 2010, son cinquième album, Plus de Diva, ne se vend qu’à 17 000 exemplaires, ce qui lui coûtera son contrat chez Columbia. C’est dommage ; « Comme une geisha » est plus bruyante que d’hab pour elle, mais je l’aime. « Sweden Syndrome », en revanche, est plus de Julie comme toute la France l’aimait, juste du piano et cette voix :

En 2015, elle est de retour sur Capitol Music avec Blanc, un album qui atteint brièvement la 13e place dans les classements, mais j’ai l’impression qu’il ne se vendait pas trop non plus. Le premier single de l’album est « D’où je viens ». Je l’adore, mais peut-être que le pays ne voulait pas être rappelé que « Je suis jolie, même démaquillée » :

Vous n’avez certainement pas entendu « Pars sans rien dire » et « Si tu veux savoir », et tant pis. Elle reste à la hauteur de son talent, et je peux l’écouter toute la journée.

En 2017, elle sort un album de reprises, « Méditerranéennes ». C’est difficile pour moi de dire quoi penser de cet album, car elle a choisi de travailler avec de nombreuses autres chanteurs et chanteuses, dont certaines que je ne peux pas distinguer d’elle. Je peux dire que « La Maritza » avec Élisa Tovati est bien faite, et que j’adore la guitare espagnole de « Adieu mon pays » avec Enrico Macias, et « L’Amoureuse de Casbah », avec 7 chanteuses au total, est une chanson bien arabe qui vaut bien l’écoute.

Ce dernier album marque la fin de son séjour chez Capitol, alors j’imagine que c’était encore un autre échec commercial. Son prochain album, Refaire danser les fleurs, sorti en 2021, est auto-édité et n’a même pas de page Wikipédia. Yikes. « Tout est plus pop » est un départ stylistique pour elle ; un commentaire sous le clip fait la comparaison avec France Gall, et je suis d’accord :

Cependant, la chanson éponyme est, encore une fois, Julie telle que tout le monde l’aimait au début.

Et c’est peut-être ça le problème. Elle a tout le talent d’une Véronique Sanson, mais pas les ventes. Mais pour autant que j’adore tout ce qu’elle fait, il n’y a ni un succès emblématique tel que « Chanson sur ma drôle de vie » ni une mélodie dont tout le monde a envie de la fredonner encore et encore.

En juin de cette année, Julie vient de sortir son dernier album, Le chemin, avec la maison Bayard Musique. Le premier clip, Païenne, a été tourné dans l’église parisienne Saint-Étienne-du-Mont, et elle s’est embarqué sur une série de concerts dans des églises. Je l’aime, mais vous le saviez déjà :

Que penser de Julie Zenatti ? Moi, j’adore sa voix comme seulement Véronique Sanson et Catherine Ringer avant, et peut-être Jeanne Added de plus. Et il y a eu un moment où il a semblé que la France serait d’accord. Mais quelque chose n’est pas bien allé du tout. Je pense au Temps d’Amour sur le plateau de Taratata où elle était sans conteste la chanteuse la plus douée du groupe, et je ne peux pas comprendre le fossé qui sépare mon avis de celui des Français.

Ma note : Épousez-moi, Julie ! Je vous apprécierez même si vos compatriotes ne le font pas. Et je cuisine ! Mais punaise, c’est qui ce Benjamin ?

Le mystère du mauvais disque

Avant de me lancer dans le sujet évident du gros-titre, il faut que je partage avec vous exactement pourquoi ce sujet est si important pour moi. J’étais chez Miguel’s Jr pour le déjeuner hier, comme trop souvent. Je l’aime peut-être à moitié autant que la fréquence de mes visites le suggère — c’est le seul resto rapide de mon quartier qui offre une réduction pour une seule personne, et l’absence de discrimination anti-célibataire fait de moi un client fidèle. À ne pas dire Fidel. De toute façon

Comme dans tous les restos mexicains, d’habitude ils ne jouent que de la musique mexicaine. Alors, j’étais choqué d’entendre une chanson française chez Miguel’s. J’ai même tourné un petit clip pour le prouver !

Mais de toutes les chansons possibles, pourquoi Aya Nakamura ? C’est ma blague du 7 août 2023 devenue réalité ! (Non, je ne m’en souviens pas de toutes — mais celle-ci était spéciale.) C’est un bon exemple de l’importance de non seulement chercher de la musique française, mais la bonne musique. Sinon, on risque une vie d’Aya et de Jul. (Un jour, ce dernier intentera un procès contre moi — ce blog ne manque pas de blagues sur lui.)

Alors, j’ai reçu une enveloppe aujourd’hui, envoyée de Bayonne :

Photo de l'adresse de retour sur l'enveloppe

Ah, vous reconnaissez le nom Agorila ? C’est la maison de disques derrière Bandas du Sud-Ouest, mais qui a mis complètement le mauvais disque sur iTunes sous ce nom. Et pourquoi est-ce que je voulais avoir ce disque ? Parce que je suis devenu obsédé par sa ressemblance avec la musique des mariachis après la recommandation d’Il Est Quelle Heure. Bien sûr, il y a de bonnes raisons historiques derrière ça, et on en parlera plus une autre fois. Parlons maintenant des contenus de l’enveloppe.

Comme vous pouvez deviner, c’est le disque, afin que je puisse avoir la bonne musique :

Malheureusement, c’était une enveloppe insuffisamment matelassée, et vous pouvez voir que le boîtier CD est fissuré des deux côtés. Pas très impressionnant, ça, surtout pour un disque vendu tout neuf. Heureusement, le disque est arrivé en bon état.

Il n’y a pas beaucoup de notes de doublure dans le boîtier, mais voici ce qui se trouve là-dedans :

Alors, je vous ai dit qu’Apple m’a remboursé quand il s’est avéré que les pistes achetées sur iTunes venaient du mauvais disque. Mais, et je suis bien surpris par ça, ils n’ont pas supprimé l’enregistrement de ma bibliothèque iTunes. Je n’aurais pas objecté — j’ai reçu mon argent, pas besoin de me laisser garder l’achat. J’ai donc décidé de faire plus de recherches, pour voir si je pouvais découvrir le bon album derrière mon achat raté.

J’avais deux indices : 1) évidemment, l’album allait venir de la même maison d’édition, et 2) il s’agissait de chansons liées à l’équipe de rugby Aviron Bayonnais. C’était franchement pas grand-chose :

Capture d'écran du site de la maison de disques Agorila -- 16 résultats en recherchant « Aviron ».

Heureusement — et c’est ainsi que j’ai pu découvrir que le premier album était le mauvais — Agorila offre un lecteur avec des extraits sur presque toutes les pages des albums. Par exemple :

Lecteur pour l'album Kant'AB
Capture d’écran

En écoutant des extraits de cet album, Kant’AB, je me suis dit : « Ça semble être le bon, mais il y a beaucoup de compilations dans leur catalogue. J’ai besoin d’une liste complète de pistes pour être sûr. » Et Google m’a vite amené à la page de streaming d’Amazon Prime. Vous savez, le truc que je viens d’annuler la veille en me félicitant. Préparez-vous à rigoler. D’abord, voici une capture d’écran des pistes sur Amazon :

4 premières pistes de l'album Kant'AB sur Amazon, avec leurs durées.
Capture d’écran

Maintenant, une capture d’écran de ces mêmes 4 pistes dans ma bibliothèque iTunes — ce sont les fichiers qui étaient intitulés comme s’ils venaient de Bandas du Sud-Ouest, sans l’être, mais je n’ai pas pensé à prendre une capture d’écran jusqu’à ce que j’aie déjà fait les changements.

Capture d'écran des vieux fichiers sur iTunes -- ils ont exactement les mêmes durées que les fichiers de l'album sur Amazon, sauf dans un cas, différent d'une seconde.

Avez-vous remarqué quelque chose ? Peut-être que… la durée de toutes ces pistes est à une seconde près des mêmes pistes sur Amazon ? Ouaip. J’ai trouvé le bon disque.

Mais il y avait une piste de trop — 22 sur le disque, mais 23 dans la collection sur iTunes. Avec l’aide de l’appli Shazam, j’ai découvert que c’était la seule et unique piste vendue avec le bon titre, juste sur le mauvais album. Alors voici les résultats finaux sur mon portable :

Capture d'écran des 4 derniers albums ajoutés à ma bibliothèque iTunes, dont les 3 venant de chez Agorila mentionnés dans ce post.

Je ne vais pas acheter le reste de « Top Bandas » pour finir la collection. Mais j’ai maintenant deux albums entiers, et l’important, Bandas du Sud-Ouest, est là sans pertes, exactement comme je le préfère.

Je découvre Cats on Trees

On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata avec Cats on Trees, qui a suivi Adrien Gallo sur le plateau. Le duo a chanté une chanson, Le Temps Est Bon, par une chanteuse québécoise, alors suivant mes règles pour le projet, je ne vais pas écrire sur cette autre artiste, car il s’agit uniquement de la chanson française dans son sens continental. Si je faisais autrement, j’aurais dû écrire sur Gwen Stefani déjà, et AC/DC plus tard. Alors, Cats on Trees.

Cats on Trees en concert, Photo par Gyrostat, CC BY-SA 4.0

Ce n’est pas la première fois où j’écris sur un artiste français qui travaille principalement en anglais — on a déjà parlé de Jain et de Jeanne Added, ainsi que de Marie-Flore. Mais c’est la première fois où il ne s’agit pas d’un soliste (à moins que vous insistiez sur le début de la carrière d’Adrien Gallo). Cats on Trees — Des chats sur des arbres en anglais — est un duo composé de chanteuse/pianiste Nina Goern et batteur Yohan Hennequin. Le duo se sont rencontrés à Toulouse, où ils jouaient aux mêmes instruments dans un groupe local dit Aeria Microcosme. Pour autant que je puisse découvrir, il me semble que le seul album de ce groupe-là est sorti en 2007 ; voici un clip, « Seule » :

C’est très ambiant, cette musique. Mais les deux ont déjà d’autres idées, et forment leur propre duo cette même année. En 2009, ils sortent un EP auto-édité de 7 chansons, Uli, et j’ai du mal à le décrire. Autre que le titre de ce clip, « Hallo Mrs. Jones » (Allô Mme Jones), tout est en allemand (selon Paroles.net) et je ne comprends rien :

Il n’y a rien de l’EP sur leur chaîne officielle, et je ne suis pas arrivé à trouver leurs autres chansons de l’époque. Cependant, ça leur vaut assez d’attention pour faire la première partie pour Benjamin Biolay en 2012.

En 2013, Cats on Trees sort un album éponyme, sans les titres du passé. Les critiques sont positives, et l’album se vend à 220 000 exemplaires et est nommé aux Victoires de la musique en 2014, dans la catégorie « Album révélation ». Qu’est-ce qu’il révèle ? Voici le premier single de l’album, « Sirens’ Call » (L’Appel des Sirènes) :

Je dois être honnête. J’ai eu une très mauvaise réaction à la voix de Nina Goern en français sur Taratata. Elle a une qualité que les britanniques appellent « fruity » (ça veut dire tout autre chose aux États-Unis ; ne l’utilisez jamais chez moi à moins que vous aimeriez voir une gendarmerie de l’intérieur). Littéralement « fruité », mon dictionnaire Oxford préfère le rendre par « timbré », mais avec des synonymes en anglais qui me laissent perplexe. Je ne sais vraiment pas quel est le bon mot en français ; je veux dire qu’il y a une certaine faiblesse. Même si le ton est correct, ça manque de qualité musicale, et le chanteur doit presque chuchoter, car la puissance n’est pas là. Fiona Apple est l’exemple parfait chez les anglophones. Une Véronique Sanson ou une Catherine Ringer ne mériteraient jamais cette description. (À noter ; ce n’est pas ma plainte sur Gaëtan Roussel.) Et ce n’est pas uniquement une question de prononciation en anglais (celle de Nina n’est pas bonne — un peu britannique, mais les voyelles sont toutes mauvaises) ; Sandrine Kiberlain n’est pas bonne en anglais, mais est absolument charmante en français.

Franchement, vous savez grosso modo déjà comment finit ce billet, mais elle est capable en tant que pianiste, et Yohan est assez bon à la batterie, alors voyons si la musique peut sauver la note finale. Alors quoi d’autre sur cet album ? Jimmy, une collaboration avec Calogero, est pas mal ; Tikiboy montre les compétences des deux en tant qu’instrumentistes ; Flowers a une mélodie agréable. J’ai dû arrêter Wichita dès que j’ai entendu sa prononciation du nom.

En 2016, Cats on Trees fait partie d’un album de reprises de Daniel Balavoine. Elle chante mieux en français qu’en anglais sur cette reprise de « Aimer est plus fort que d’être aimé » :

2018 voit leur deuxième album, Néon, un album un peu plus « disco » que le premier. Le premier single de l’album est « Keep on Dancing » :

Encore une fois, la musique est pas mal, mais… Nina prononce le mot « fun » comme si c’est « fen », un marais anglais. La voyelle ne vient pas de la même partie de la bouche. Je ne suis pas fan de l’accent de Jain, mais elle m’a conquis avec son enthousiasme. Et Sandrine Kiberlain fait des clins d’œil envers ses difficultés — j’ai fondu pour « Je te ferais rire with my accent. » Nina livre ses mauvaises prononciations en toute sincérité, et je ne profite vraiment pas de la critiquer. Mais elle a monté de petits couteaux sur un coton-tige et me poignarde dans le tympan encore et encore.

Sur le même album, l’autre single est Blue, qui pourrait être une tres bonne chanson en anglais dans les mains de Véronique Sanson, ou bien Jeanne Added. Mais encore une fois, j’ai dû l’arrêter sur les mots « I celebrate the day ». Tikiway revisite le personnage de Tikiboy à bon effet, et Birthday est aussi agréable en tant que musique, tant que vous ne comprenez pas l’anglais.

L’album le plus récent, Alie, est sorti en 2022. « Please Please Please » est apparu l’année précédente. J’oserais dire qu’elle a suivi un cours d’anglais pendant le Confinement ; les accents sont sur les bonnes syllabes, et croyez-moi, c’est une amélioration.

She Was a Girl pourrait trouver du succès aux États-Unis sur les chaînes « alternatives ». Mais je suis prêt à finir.

Que penser de Cats on Trees ? Les deux sont évidemment des musiciens talentueux, et à part l’effet réverbe, Nina n’utilise pas trop de logiciels sur sa voix. Je la félicite sincèrement pour ça. Il faut avouer que personne ne peut me rappeler Fiona Apple et réussir ici. Et comme Jeanne Added, ses textes en anglais sont logiques et ne contiennent pas de fautes. Mais où Jeanne Added et Véronique Sanson ont complètement maîtrisé l’anglais, Nina chante l’anglais pour les Français. Ou les Norvégiens — j’ai eu un moment où ça m’a semblé juste. Il m’est évident que son anglais s’est un peu amélioré. Cependant, Fiona Apple sait prononcer l’anglais, et Nina… est une bonne pianiste. Heureusement, la prochaine entrée de cette série est une chanteuse extraordinaire.

Ma note : Je change de chaîne.

Le BS de qualité militaire

Je sais, vous vous attendiez à Dimanche avec Marcel. Mais je suis d’humeur ultra-mauvaise après ce qui s’est passé hier après-midi.

Il y a des mois, j’ai suivi le conseil d’Il Est Quelle Heure d’écouter une piste, Lapitxuri, d’un album intitulé Bandas du Sud-Ouest. J’étais assez bluffé par les liens forts avec la musique mariachi de mon propre sud-ouest pour vouloir en savoir plus, mais je l’ai mis de côté. Vendredi, en me rendant compte que j’avais du crédit sur iTunes, j’ai décidé d’acheter l’album.

« Mais Justin », vous me dites, « vous dites tout le temps que vous insistez sur les disques originaux, afin d’avoir des enregistrements sans pertes. iTunes est tout sauf ça ! Où sont donc passés vos idéaux ? » Comme Groucho Marx est censé avoir dit (lien en anglais) : « Ce sont mes principes, et si vous ne les aimez pas… eh bien, j’en ai d’autres.» Le disque est sorti en 1999 et n’est disponible chez la FNAC que d’occasion, ce qui veut dire vendu par un tiers, ce qui veut dire pas allant à l’étranger. Aux États-Unis, le disque coûte au moins 25 $ sur Amazon, et Amazon.fr coûte 26 $ après le frais de livraison. À ces prix, un disque par de nombreux inconnus est tout à coup un peu moins important. Mais veuillez ne pas dire le mot « streaming » — sur la question d’être le proprietaire de ma musique, il n’y aura jamais de question.

Alors, j’ai acheté la collection sur iTunes, 9,99 $ pour le tout. La voilà dans ma bibliothèque :

Capture d'écran de ma bibliothèque iTunes

L’éditeur de WordPress n’aime pas les contenus embarqués venant d’iTunes, alors ce qui suit comprend des liens vers ce site-là, mais des contenus de YouTube autrement. Vous pouvez déjà voir que ce disque contient des morceaux en basque, ce que je ne vais jamais comprendre, et même le français de la région contient du patois que je ne vais pas comprendre non plus. Alors ce n’est pas facile pour moi de vérifier que les contenus sont les bons. Mais dès que j’ai entendu la piste dite « Mexicali », je me suis dit : « Quelque chose ne va pas du tout. » Voici le lien vers iTunes. Je vous ai dit à l’époque que Mexicali est une ville très proche de chez moi, juste de l’autre côté de la frontière mexicaine. Alors quand j’ai entendu quelque chose sur « Baiona », je l’ai testée avec l’appli Shazam. Et c’était en fait tout autre chanson, « La Pena Baiona » :

Par rapport, voici la bonne version quand on recherche le groupe nommé dans la capture d’écran :

Voici Lapitxuri tel qu’elle se trouve sur iTunes, et ce qui se trouve sur la chaîne YouTube de la maison de disques Agorila, responsable du disque :

Pas la même chose du tout ! Celle d’iTunes est une chorale d’hommes, et celle de YouTube est toute autre mélodie, sans voix, jouée par des instruments de cuivre.

7 de julio San Fermin est une chanson que j’ai apprise au lycée et connais jusqu’à maintenant par cœur. Voici le lien à iTunes. L’appli Shazam me dit que c’est en fait « Pottoka mendian » par un groupe dit Alaiak. Mais voici la version trouvée par Shazam quand je teste les extraits sur le site d’Agorila, la maison de disques :

C’est EXACTEMENT la chanson espagnole de ma jeunesse : « Uno de enero, dos de fevrero, tres de marzo, cuatro de abril… ». (Désolé, les espagnols ne savent pas qu’il faut mettre une apostrophe entre « de » et les voyelles.)

À ce point, vous devriez être convaincu, tout comme moi, que s’il y a une piste qui est la bonne dans les fichiers d’iTunes, c’est par hasard. On a bel et bien mal rangé le bordel, comme nous disons chez Un Coup de Foudre.

J’ai déjà écrit des notes aux services clients d’Apple et d’Agorila. Je m’intéresserai à voir si on se soucie de corriger les fichiers. Je pourrais même voir un refus de la part des deux, vu que tout client qui a déjà acheté cette collection compte sur les fichiers tels quels. Les changer maintenant, après au moins une décennie sur iTunes, peut-être plus, serait gênant.

Évidemment, je ne veux pas simplement les acheter chez Amazon sans preuves que ses fichiers sont les bons. Mais Amazon rend la tâche impossible sans être abonné déprimé… euh, je veux dire, de Prime. Plus précisément, je peux tester un ou deux fichiers selectionnés par hasard, mais après ça, la page joue d’autres choses qui n’ont rien à voir avec l’album, et je ne vais pas faire confiance à cette méthode.

Je préfère que les fichiers soient corrigés plutôt qu’avoir à nouveau mon argent, parce que je ne vais pas me rendre fou pour ça. J’ácheterai le disque plutôt que de perdre du temps avec les fichiers. Mais ô, comme ça fait mal au cœur de voir le prix en France contre le prix chez moi !

Pour finir sur une note plus amusante, j’ai tiré mon gros titre de l’une mes expressions préférées en anglais, « weapons-grade BS » (BS = un gros mot pour caca de taureau). Il s’avère que la traduction acceptée pour « weapons-grade » est « de qualité militaire ». Voici l’une de très peu de fois où je préfère l’anglais ; c’est plus concis. Mais en recherchant l’expression, j’ai trouvé un site satirique de première classe sur les affaires militaires, Caporal Stratégique. Il m’a eu avec ce gros titre : « Les services de protection des consommateurs utiliseront le terme « de qualité militaire » pour désigner tout matériel ou produit défectueux » ! J’ai travaillé pendant 8 ans dans le secteur de la défense, et croyez-moi, j’étais absolument prêt à le croire !

Je découvre Christophe

On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata avec Christophe, parce que notre dernière entrée, Adrien Gallo, a chanté l’une de ses chansons pendant le spectacle.

Christophe en 2014, Photo par Thesupermat, CC BY-SA 3.0

Daniel Bevilacqua est né en 1945, à Juvisy-sur-Orge, en Essonne. Sa famille est d’ascendance italienne, son arrière-grand-père étant venu pour établir un commerce en fumisterie. À ses 16 ans, il choisit le nom de scène Christophe d’après une médaille de saint Christophe, un cadeau de sa grand-mère. Naturellement, ce choix est suivi immédiatement par la fondation de son premier groupe, « Danny Baby et les Hooligans », dont le chanteur est censé être un nommé Danny, sauf que c’est désormais Christophe joué par un Danny. À vous de déchiffrer la logique.

Mais c’est en 1965, en tant que soliste, qu’il gagne enfin l’attention du public avec son premier single, le célèbre « Aline ». Il s’agit d’une ancienne petite amie, mais je me suis trompé la première fois où je l’ai écouté, en pensant qu’elle avait noyé. Si on fait plus attention, c’est juste un dessin dans le sable d’une plage qui disparaît dans la pluie.

Cette chanson pue son époque, ou plutôt plusieurs années plus tôt — faites la comparaison avec « Smoke Gets In Your Eyes » de The Platters, de 1959. À l’avis du chanteur Jacky Moulière, Aline pue encore plus sa chanson « La Romance », et il intente un procès pour plagiat à Christophe,, qui durera jusqu’à la fin des années 70, quand Christophe gagnera enfin. À mes oreilles, c’est moins le cas que pour George Harrison des Beatles et « My Sweet Lord« , mais à la place de M. Moulière, j’aurais fait pareil.

Néanmoins, avec ce tube dans la poche, en 1966 il sort un album, d’abord intitulé « Christophe », mais plus tard changé en « Aline ». Là, il a d’autres tubes, dont « Les marionnettes ». Ça suffit pour lui valoir une place aux côtés de Johnny, d’Eddy Mitchell et de Françoise Hardy dans la « photo du siècle », qui regroupe 46 stars de l’époque. Ça fait, il tourne son attention vers le marché italien, et sort une traduction de son album en 1967.

Puis, il ne sort pas de nouvelle musique jusqu’en 1972, avec un autre album intitulé Christophe. Cette fois, le grand tube est « Main dans la main », beaucoup trop sucré pour mes oreilles. Vous ne subirez de telles paroles que « Nous serons tous deux comme des amoureux, Nous serons si bien main dans la main » à mes mains, c’est certain.

Sur le même album se trouve aussi « Mal », sortie en 1971 en tant que single et qui a aussi connu un grand succès. C’est encore une autre chanson d’amour disparu : « Je me souviens, D’un prénom qui me fait mal, D’une robe, D’un soulier de premier bal ». Je me sens comme si je suis dans la présence d’un maître chanteur à minettes.

Mais il est sur le point de devenir tout autre chose. En 1973 sort l’album « Les paradis perdus », à ne pas confondre avec les pains perdus, complètement différent des premiers albums. Voici la piste éponyme :

C’est hallucinant d’écouter « Avec l’expression de mes sentiments distingués » fait avec des extraits de sa musique jusqu’à ce point, une piste qui cherche à mettre tout ça en vue arrière. Ce n’était pas un tube de l’album, mais j’aime très bien « Du pain et du laurier », une petite « tranche de la vie » qui n’a rien d’amoureux.

Son prochain album, « Les mots bleus », apparaît en 1974, avec des paroles presque entièrement à Jean-Michel Jarré, qui étonnera le monde avec Oxygène deux ans plus tard. C’est un peu d’un retour en arrière, avec plus d’amours perdus :

Il faudrait que je lui parle 
A tout prix 

Je lui dirai les mots bleus 
Les mots qu’on dit avec les yeux 
Parler me semble ridicule

Mais l’album n’est pas tout comme ça ; « Le Dernier des Bevilacqua » imagine un autre passé, où il a grandi en Italie. C’est très long, mais comme rien d’autre de son catalogue jusqu’à ce point. « Drôle de vie » est plus « Christophe à l’ancienne » quant aux contenus, mais la musique est beaucoup plus sombre que d’hab pour lui. Peut-être que j’aurai sa dernière phrase gravée sur ma pierre tombale : « Si j’ai raté ma sortie, C’est peut-être qu’après tout, je n’ai rien compris. »

1976 voit Samouraï, un album qui n’a pas cartonné. Il y a un hommage à John Lennon sur l’album, « Merci John d’être venu », mais je trouve l’album plutôt complaisant. Ah oui, il s’agissait d’un hommage à John Lennon !

1978 est l’occasion d’encore un autre album peu apprécié par le public, Le Beau Bizarre, mais les critiques l’adorent. Libération le classe parmi les 100 meilleurs albums de l’histoire de rock, en 89e place. Ce même classement met Rumours de Fleetwood Mac en 85e place et The No Comprendo en 52e ; pourtant, ce sont carrément parmi les 10 meilleurs. Qu’est-ce qu’il y a, Libé ? En tant que saxophoniste, je suis gravement déçu par le bas niveau de mon instrument sur la piste éponyme, ce qui gâche une chanson autrement intéressante. Nettoyez votre instrument, M. René Morisure !

En 1980, Christophe sort un album, Pas vu, pas pris, et ressort Aline en disque 45 tours. Le dernier se vend à plus d’un million de copies ; l’album passe sans remarque pour autant que je sache. C’est dommage — j’ai tellement bien aimé « Méchamment rock&roll » :

Nous allons finir avec son dernier grand succès, le single Succès fou, qui vend plus de 600 000 exemplaires en 1983. Wikipédia considère que la chanson « achève de le cataloguer comme chanteur pour midinettes ».

Je ne sais pas. La chanson en soi est très agréable, très années 80 avec sa boîte à rythmes. Et le saxophone est joué à haut niveau cette fois (je ne suis pas arrivé à trouver le nom du musicien). Mais c’est quoi le « succès fou » ?

Avec les filles j’ai un succès fou
Ouh…
Le charme, ça fait vraiment tout
Ouh…
Un p’tit clin d’œil pour un rendez-vous
Ouh…

Comme le chien d’Obélix, c’est son idéfix.

Après cette chanson, il sort quelques projets très personnels, et comme beaucoup d’artistes vers la fin de sa carrière, des albums en duo avec de plus jeunes artistes. Il y avait un dernier album original en 2016, Les vestiges du chaos, disque d’or à 60 000 exemplaires vendus, mais ce n’est pas le genre de chose qui rendait Christophe un immortel de la chanson française.

Que penser de Christophe ? Tout au long de cet article, je n’ai rien dit de ce que je pense de sa voix. Toujours très aiguë, plus il vieillissait, moins il réussissait à me convaincre. Je trouve qu’Aline est son meilleur travail, mais honnêtement, ça suffit pour assurer sa place dans le panthéon. Je l’aime le plus quand il tente des expériences au-delà de ses sujets habituels. J’envisage d’ajouter quelques pistes à ma collection, et si c’est surprenant qu’il ne s’agisse pas de ses tubes autre qu’Aline, ça montre qu’il y avait du talent de son côté, avec quelque chose pour tous.

Ma note : Je serais allé au concert si vous aviez une place de trop.