Je ne peux pas vous mentir — j’ai passé des heures avec le livre aujourd’hui, et je n’avais rien planifié pour aujourd’hui. Mais je vais partager avec vous une pépite que j’ai appris en faisant des recherches, et j’espère que ça vous apportera un peu de joie en ces temps inquiétants.
J’écris sur les stéréotypes que les deux côtés ont de l’autre, les Français des Américains, et vice versa. J’ai recherché des données à cet égard. Aux États-Unis, le sondeur le plus vieux, et parmi les plus prestigieux, est Gallup. (Je dois mentionner que je reçois parfois de l’argent de chez Gallup à cause de faire partie de leurs sondages depuis 2010, et ça continuera dans l’avenir. Les sommes sont en général entre 1 et 5 dollars, jamais plus que 10. Je participe à la plupart des sondages gratuitement.)
Plusieurs fois par année, ils recherchent les réputations des pays étrangers chez les Américains. Voici un extrait de leur dernier sondage, de février 2025, dont je n’ai pas fait partie. De gauche à droite, les colonnes sont : nom de pays, pourcentage d’adultes avec des vues soit très positives soit largement positives, pourcentage de Démocrates avec ces vues, d’indépendants, et de Républicains, et finalement la différence entre les membres des deux parties.
Des 22 pays dans le sondage, la France arrive en 6e place derrière le Canada, le Japon, le Royaume-Uni, le Danemark, et l’Allemagne (voici un fichier avec tous les résultats). Les différences entre ce groupe ne sont pas graves — 77 % des Américains, dont 75 % des Républicains, 72 % des indépendants, et 87 % des Démocrates ont des vues positives de la France, et seulement 2-5 points vous séparent de l’Allemagne et du Danemark où l’erreur est +/- 4 % pour chaque mesure. J’ai souvent l’impression de nos jours que beaucoup de Français croient que la réputation du pays chez les Républicains est grosso modo celle de la Corée du Nord, et rien n’est plus loin de la vérité. Quoi qu’arrive dans les nouvelles, on vous aime.
Vous ne serez pas surpris à apprendre que mon message sera que la situation est meilleure que vous ne la pensez, même en reconnaissant certaines vérités. Certains thèmes à cet égard seront familiers — les Américains croient que Paris est toute la France, les Français croient que les Américains ne mangent que des burgers. D’autres thèmes seront nouveaux — mais pas de divulgâcheurs !
Pendant des années, l’un des plus grands mystères au centre commercial près de chez moi était « Qu’est-ce qui veut dire le « BCBG » dans le nom du magasin « BCBG Max Azria » ? » Vous n’avez absolument aucune idée de quoi je parle, parce que cette chaîne de boutiques de mode n’existe pas en France. Et moi, je ne sais pas de quoi je parle, mais c’est juste comme d’hab. Toutefois, il y a des semaines, j’ai quand même eu une réponse, même si ça posait plus de questions.
Alors, Max Azria était un créateur de mode d’origine tunisienne, qui vivait pendant quelques années en France avant de déménager à Los Angeles. Je ne pourrais rien dire à propos de ses vêtements, car je ne faisais pas attention à des boutiques uniquement pour les femmes. Je ne le cherchais pas, mais pendant un des jours où Instagram se foutait de ma gueule avec zéro vues pour une autre pâtisserie (rien pour les blondies), il m’a proposé ce clip d’INA, intitulé « 1989 : le look de la femme BCBG » :
C’était honnêtement juste les initiales qui suffisaient pour attirer mon attention, mais j’en ai tiré très peu au-delà des mots « bon chic bon genre ». On explique « C’est quelqu’un qui, quand elle rentre quelque part, elle se fait un petit peu remarquer, doucement. » Une autre dit que « c’est d’attirer un petit peu l’attention ». Une troisième ajoute que « On se contentera tout à fait d’accessoires Monoprix. » Pas vraiment éclaircissant, tout ça. On se fait aussi remarquer avec un jean plein de trous, mais je n’avais pas du tout l’impression en regardant le clip que l’on parlait de s’habiller comme un cochon.
Wikipédia m’a un peu aidé à cet égard, en me dirigeant vers un blog sur la mode, La Mesure de l’Excellence. Là, j’ai lu :
Pour le costume : « une veste de chasse huilée Barbour (je la possède toujours…) ; un pull Benetton, col rond, un jean Levi’s 501 ; des chemises en tissu oxford des marques Arrow et Façonnable ; une montre Baume & Mercier, ronde, extra plate et en or, ou piochée dans une grosse collection de montres Swatch ; un polo Lacoste ou Ralph Lauren, col toujours relevé…
Dites-donc : Levi’s, Façonnable, Lacoste et Ralph Lauren, hein ? Je jette un œil nerveusement en direction de mon placard, où se trouve une vingtaine de polos d’exactement deux marques : Ralph Lauren et Lacoste. Et où tous les jeans viennent soit du Temps des Cerises soit de chez Levi’s. C’est moi. On parle de moi.
Wikipédia élabore :
Pour les prénoms, un certain classicisme se retrouve : prénoms issus de la culture catholique, prénoms anciens, antiques ou d’autres composés.
Et moi, je me suis vanté au passé de trouver mon prénom dans les listes de la loi du 1er avril 1801, et j’ai choisi un prénom composé exprès pour mon poisson d’avril… En anglais, ça se dit « dorer le lys » (gilding the lily) — continuer à ajouter à quelque chose quand ça ne sert plus à rien. C’est bien établi.
Mais le son de l’expression, avec sa répétition de « bon », m’a rappelé une autre expression, les « bobos ». Wikipédia dit ce que je savais déjà, que l’usage moderne vient d’un journaliste américain, David Brooks :
Ce mot-valise a été popularisé par le journaliste américain David Brooks, dans son livre Bobos in Paradise: The New Upper Class and How They Got There, publié en 2000.
Je n’ai jamais lu le livre — mais j’ai lu l’article original qu’il avait écrit dans le magazine « The Weekly Standard » pour proposer l’idée avant d’écrire le livre. (Le magazine n’existe plus.) Je soupçonnais même à l’époque qu’il l’avait piqué des Français, sans crédit, et Wikipédia cite plusieurs exemples des XIXe et XXe siècles, dont « cette petite bourgeoise bohème et bon enfant » dans un roman de Guy de Maupassant. Brooks est le genre de personne qui connaîtrait une telle référence et aussi la cacherait.
Et de son tour, « bobo » fait aussi partie d’un titre qui me rend perplexe depuis longtemps, d’un morceau d’Alain Souchon. J’avais suivi un cours chez l’Alliance française sur lui, mais on n’avait pas discuté celui-ci. Lire les paroles ne m’avait pas aidé du tout. J’apprends enfin qu’il manque des mots ; il devait dire « Allô maman, j’ai un bobo » :
Au cours d’un séjour à la montagne, Alain Souchon, âgé de 27 ans, chute à ski, pris dans une avalanche. Son frère, guide de montagne, le rejoint alors et lui fait remarquer qu’il a « crié maman».
« Papy », commença La Fille, « quand j’aurai réussi l’examen pratique pour mon cours de biologie, tu me prépareras un autre dessert de Péla. » Vous aurez sûrement remarqué l’absence d’un point d’interrogation dans cette dernière phrase. Ce n’était pas une question. Samedi, elle a fait un 5/5 sur son examen pratique pour le test « Advanced Placement » (Placement avancé) en biologie, alors voici les blondies selon Péla.
Alors, qu’est-ce que l’on attend ? Allons les faire !
Cette semaine, notre titre est d’après le célèbre gâteau du jeu vidéo Portal, et la réplique qui va avec, « Le gâteau est un mensonge ». Ça relie très bien nos articles sur l’IA et les pistaches. Peut-être que certains se souviendront que j’ai décoré la forêt-noire pour le Haut-Rhin d’après ce gâteau.
J’ai eu tout un choc culturel hier grâce à un post de Billie sur Facebook où elle a évoqué un vieux post d’avant que je ne fasse sa connaissance. Il s’agissait d’un morceau, Lapitxuri, d’un disque intitulé « Bandas du Sud-Ouest ». Je savais de façon intellectuelle et abstraite que la tradition de musique dite « mariachi » au Mexique avait des racines françaises, mais pas comme ça. Il y a une piste sur ce disque intitulée Mexicali. Mexicali, c’est une ville juste à travers la frontière, pas loin de chez moi du tout. Pour y accéder, on croise la frontière de sa ville jumelle de mon côté, Calexico (vous comprenez sûrement la blague, mais c’est réel). Découvrir qu’il y a des Français qui connaissent même juste le nom, c’est comme découvrir qu’il y a des martiens qui sont de grands fans des Nuls. Comment est-ce qu’ils en ont entendu parler ? Je vais commander le disque. On aura beaucoup à discuter, c’est évident.
J’ai parfois l’impression que si je recevais exactement cette nouvelle sur les extra-terrestres, ce serait la partie sur leurs goûts qui me mettrait en PLS, pas leur existence.
J’ai regardé le film du jeu vidéo Minecraft avec La Fille. Je ne connais pas très bien les histoires qui se déroulent dans le jeu, et il me semble qu’il y en a quand même très peu, mais le film était hilarant. Les critiques américains le détestent, ce qui est aussi une recommandation très forte. Mais je ne sais pas si les blagues se traduisent vraiment en français — l’humour de Jack Black en particulier me semble très lié à des jeux de mots en anglais. Cependant, il y a d’autres blagues qui devraient très bien marcher. Par exemple, il y a un artefact dit « l’Orbe de domination ». Un personnage dit à un autre que c’est l’orbe le plus puissant qu’existe. L’autre dit que ça ressemble plutôt à un cube (tout est des cubes dans ce monde), et le premier reprend, « Ben, c’est l’orbe en forme de cube le plus puissant qu’existe ». On est très loin de Raymond Devos ici, mais c’est un film qui ne se prend pas au sérieux, et ça va pour le meilleur.
Dernière chose, Facebook commence à me gaver d’articles d’un magazine intitulé « Marie France ». Ils ont des titres ridicules comme « Mon petit ami me trompe avec sa femme, j’ai envie de tout lui révéler ». Je ne sais même pas quoi dire à une telle personne.
Notre blague se traite de secrets. Nos articles sont :
Les gros-titres sont Acronyme, Bib et Cacahuètes. Les Bonnes Nouvelles se traitent du dernier miracle de Lourdes — ne vous inquiétez pas, c’était juste une guérison miraculeuse, pas comme si quelqu’une acceptait une invitation au resto de ma part.
Il n’y a pas de Dimanche avec Marcel cette semaine. J’avais planifié quelque chose pour le changement de tomes, et je ne voulais pas dire quoi exactement, mais je viens de lire un article qui explique mon problème, alors je suppose que je vais un peu divulgâcher. Mais d’abord, revisitons la blague de la semaine pour le 19 septembre 2022 :
C’est une mamie qui entre dans la boulangerie de M. Martin et demande combien coûte une douzaine de croissants. « C’est 7 euros, madame », répond le boulanger. « Mais ça coûte un bras ! » exclame la vieille. « M. Durand les vend pour 6 € ! » « Bon, madame, allez les acheter de lui », dit-il. « Mais je ne peux pas. Il n’en a plus. » Et le boulanger lui répond « Madame, quand je n’en ai plus, moi aussi, je les vends pour 6 €. »
C’est une blague new-yorkaise que j’avais « francisée » — dans la version originale, il s’agissait plutôt de bagels, mais vous n’auriez pas su combien coûtent les bagels ici. Et si j’avais utilisé les prix typiques américains pour les croissants, on parlerait plutôt de 40 $ pour une douzaine ! (Et 48 $ s’il s’agissait de pains au chocolat !)
De toute façon, j’avais besoin de pistaches. Mais les seules pistaches disponibles autour de moi sont inutiles — déjà salées ou autrement adultérées avec des poudres pour leur donner des goûts de tout sauf des pistaches. (Ça, c’est la faute à une entreprise qui se dit Wonderful, mais est tout sauf ça — elle contrôle 60 % du marché américain — lien en anglais.) Le marché où je compte sur trouver des fruits de coque crus, décortiqués et en vrac n’en a pas depuis deux semaines déjà. Pourtant, le ticket sur le récipient vide indique qu’elles se vendent pour 17 $ la livre — environ 33 €/kg en ce moment. Quand je n’en ai pas, moi aussi, je les vends pour 33 €/kg.
Depuis quelques mois, les chocolatiers et les marques du monde entier se mettent donc à proposer leur version du fameux chocolat Dubaï. Sauf que cette tendance n’est pas sans conséquence.
L’explosion de la demande a entraîné une forte hausse du prix des pistaches. Le tarif est passé de 7,65 dollars la livre (soit environ 454 grammes) il y a un an à 10,30 dollars la livre aujourd’hui, explique au Financial Times Giles Hacking, négociant en fruits à coque chez CG Hacking.
Ce prix me semble quand même le prix de détail britannique, malgré étant cité en dollars — les sacs des pistaches « Wonderful » se vendent pour environ 8 $ la livre (environ 15,5 € le kg), avec des coques, à mon pas-super marché, Ralphs.
Je note, avec un certain malheur, que la marque Wonderful est aussi disponible chez Carrefour, où leurs pistaches se vendent pour environ 23 € le kg — une augmentation d’environ 50 % sur leur prix aux États-Unis. Ce qui n’est pas à dire que les autres pistaches disponibles chez Carrefour sont bon marché par rapport aux produits Lamentable — désolé, Wonderful. En ce moment, je vois toute une gamme entre 14 et 40 € le kg, mais si on ne veut pas de pistaches déjà salées, on paiera cher là, encore plus que chez moi.
Mais si cette histoire de chocolat de Dubaï n’était pas assez déjà, il s’avère que c’est aussi notre faute ! BFM continue :
D’autant qu’avant cet engouement pour le chocolat Dubaï, les stocks de pistaches s’amenuisaient déjà à cause d’une récolte décevante l’année dernière aux États-Unis, principal exportateur de ce fruit à coque.
Ai-je mentionné que cette entreprise Wonderful, c’est déjà le plus grand consommateur d’eau en Californie ? À votre place, je commencerais à chercher d’autres fruits à coque pour le futur proche. C’est certainement ce que je ferai avant ce prochain projet.
On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata avec la dernière des trois chanteuses qui rejoignirent Julien Clerc sur scène. Cette fois, on parle de Sandrine Kiberlain.
Sandrine Kiberlain, Photo par Georges Biard, CC BY-SA 4.0
Je dois avouer que je me trompai en faisant mes recherches. Elle apparaît sur plus de disques que Suzane ou Marie-Flore, mais est responsable de beaucoup moins de contenus — parfois juste un single ou des pistes d’une bande-sonore. Oups. Alors celui-ci sera plutôt bref, mais vu que pour elle, c’est plutôt un loisir qu’une carrière, ça va.
Sandrine Kiberlain naquit en 1968 à Boulogne-Billancourt, le même endroit que Véronique Sanson, France Rumilly et Zazie. Wikipédia indique qu’elle est le produit de l’histoire d’amour la deuxième moins probable : « Son père, expert-comptable et auteur de théâtre sous le pseudonyme de David Decca, a connu sa conjointe dans l’atelier de théâtre d’une école de commerce. » La combinaison de théâtre et école de commerce doit être plutôt rare, non ? ([Au cas où ce n’était pas clair, l’histoire la moins probable impliquerait le gros ! — M. Descarottes])
Il faut que j’ajoute que je vérifiai toute sa filmographie et ne vis jamais aucun de ses films. Pourtant, elle passe une quinzaine d’années à l’écran avant de sortir son premier enregistrement en 2000, quelques chansons de la bande-sonore du film Love Me, dont une en duo avec un type dont vous entendîtes peut-être parler, Johnny Hallyday :
Cette largement un effort de Johnny ; vous trouverez Mme Kiberlain notamment à 0:54 et 1:57. À ce point dans sa carrière, Johnny avait passé 4 décennies en étudiant la musique d’Elvis Presley, et savait la livrer. L’effort de Sandrine Kiberlain, en revanche, sent le karaoké. Les crédits suggèrent qu’elle chanta aussi un autre morceau seule, « Loving You », mais je n’arrivai pas à le trouver.
5 ans plus tard, elle retourne avec son premier album, « Manquait plus qu’ça ». Elle écrivit toutes les paroles, sauf pour un piste dont on parlera, mais la musique est à des collaborateurs. La chanson éponyme, quelle réussite ! Libérée de son manque de compétences en anglais, ici elle se montre sûre de soi, capable, et avec le choix d’accord, quelque chose du Moyen-Orient, même aventureuse. Bravo !
La Godiche est aussi merveilleuse. Vos condoléances montre qu’elle est à l’aise dans une tonalité mineure et une atmosphère sombre. Et si je vous disais que le refrain d’un autre morceau commence par « Je vais m’envoyer des fleurs » ? On penserait que c’est une chanson avec une attitude « Justin-chaque-février », mais juste quand je commençai à penser que je me trompai, elle lance « des roses que je ne t’enverrai pas ». Ouaip.
Malheureusement, personne ne lui conseilla de lâcher Girl, le seul morceau de l’album en anglais, une reprise des Beatles. Peut-être que vous pouvez en tirer du plaisir ; pour moi, c’est inécoutable. Autrement, j’adore cet album !
Son prochain, et à ce point dernier, album « Coupés bien nets et bien carrés » sort en 2007. Encore une fois, elle écrit les paroles et des collaborateurs font la musique. Cet album est un peu plus électrique que l’autre, avec plus d’effets de production, et je crois que ce ne lui sert pas pour le bien, mais elle reste très agréable. « La Chanteuse » me rappelle un peu « Intermittite aiguë » de Sandrine Mallick, et ça, c’est un haut compliment de ma part :
La chanson éponyme se traite d’une coupe de cheveux, et me rappelle un peu la musique de Blood, Sweat & Tears (surtout le choix d’instruments). « Perfect Day » me fit peur qu’elle soit une autre mésaventure en anglais, et elle l’est un peu — c’est en franglais — mais on réussit à lui expliquer le problème, car elle chante « Je t’ferais rire with my accent (avec mon accent) ». Je fondis, exactement comme vous vous seriez attendu. « Parlons plutôt de vous » est mélancolique à souhaits, mais je ne pus pas m’en arracher.
Son tout dernier enregistrement arriva en 2015, un duo avec Jean Rochefort d’une reprise de « Puisque vous partez en voyage » par Jacques Dutronc et Françoise Hardy. C’est charmant, mais monsieur pourrait être son père — même grand-père ! — et c’est plus une nouveauté qu’une partie importante de son œuvre.
Ben, en 2020, elle participa aussi à un projet intitulé « Vole », apparemment enregistré à la maison par une vingtaine de chanteurs en plein Confinement, mais franchement, je ne peux distinguer personne.
Que penser de Sandrine Kiberlain ? Elle n’a pas la puissance d’une Véronique Sanson ou une Jeanne Added, mais son articulation est parfaite — tant qu’elle évite l’anglais — et sa musique est bien choisie pour accompagner sa voix. Je la trouve beaucoup plus qu’agréable, et c’est dommage qu’elle n’ait pas de plus grand catalogue.
Ma note : J’achète l’intégrale — mais « j’oublie » d’ajouter les morceaux en anglais à mon portable.
Il y a deux mois, le Robb Report, un magazine américain consacré aux produits de luxe publia un article intitulé « Pourquoi les dîneurs — et les chefs — se détournent du Guide Michelin ». Je partageai des plaintes sur le Guide Vert au passé ici, notamment qu’il me semblait biaisé envers les grandes villes, mais à chaque fois de ma vie que je dînai dans un resto étoilé, j’étais d’accord avec le Guide Rouge. (On ne parle pas d’un gros chiffre, et jamais dans un resto 3 fois étoilé.)
L’auteur commence en racontant sa visite dans un resto 3 fois étoilé à Hong Kong, très décevant, avec du service où il dut même demander à un serveur de remplir son verre . L’horreur ! Non, mais sérieusement, je ne dois pas faire ça à mon resto italien hebdomadaire, où ils me connaissent et le thé glacé ne se vide jamais. Pas d’étoiles, là. Cependant, il y a des plaintes plus sérieuses que ça, genre « les attentes sont imprévisibles ». Daniel, le resto le mieux connu de Daniel Boulud, chef expatrié originalement du Rhône, perdit 2 étoiles pendant la décennie dernière, et personne ne le comprend. (Je dînai à deux de ses restos à Las Vegas, les deux définitivement fermés depuis longtemps. L’un était excellent, l’autre n’avait rien de spécial.) Récemment, le chef Marc Veyrat interdit le Guide Rouge de son nouveau resto à Megève, disant « Que ce soit clair : je ne veux pas être dans le Michelin ! Qu’ils ne se pointent pas ici ! »
Le Robb Report continue par citer un ancien employé du chef Boulud, qui se plainte « Si on est client régulier dans un resto haut de gamme, on entend parler de nouveaux restos de l’effectif… C’est vraiment comment ça marche. » Et un chef anonyme dit « J’ai retenu une étoile et subi la pression. Et j’ai perdu une étoile et la pression en plus. C’était égal pour mes affaires. »
Tout ça, c’est à dire que les normes sont en train de changer. Mais à quel point ? Hier, j’eus une conversation avec un ami qui vous rencontrâtes avant. Il me téléphona pour annoncer qu’à cause de la chute dans les bourses de LVMH, et le fait que la valorisation de Hermès dépassa celle de LVMH, évidemment les produits de Louis Vuitton sont nuls, et par exemple, un sac Birkin est évidemment plus prestigieux qu’un sac Neverfull. (Je vous rassure, ce sont deux mots dont il n’entendit jamais parler avant.) La seule raison pour laquelle il connaît le sac Neverfull, c’est qu’il avait lu un article sur le fait que Louis Vuitton a une usine au Texas, et qu’il y avait des problèmes là.
Il n’avait aucune idée de la taille des revenus de l’un par rapport à l’autre, et je dus lui expliquer qu’il y avait tout une gamme d’alcool chez LVMH qui n’existe pas chez Hermès. Mais peut-être qu’il découvrit quelque chose pour de mauvaises raisons (et il se dirait revendiqué même si ses raisons sont fausses si vous êtes d’accord). Le sac Neverfull est la mauvaise comparaison pour le Birkin, car les prix sont très différents. Mais la gamme chez Louis Vuitton est beaucoup plus grande que celle de Hermès. Alors peut-être que c’est mieux de faire la comparaison entre les marques. Je vous pose donc deux questions — et je lui prévint que cette foule n’est pas obsédé par le luxe : 1) À votre avis, quelle marque est plus prestigieuse, Louis Vuitton ou Hermès ?, et 2) Est-ce que les nouvelles récentes vous firent changer d’avis ?
Mais je vous dirai la même chose que je lui dis en essayant de lui expliquer qu’il ne devrait pas avoir des avis forts sur le sujet — là où je suis, les femmes qui veulent se montrer des connaisseuses ne portent ni l’une ni l’autre. Elles portent du Goyard.
Le week-end dernier, je fis un lot de macarons au chocolat afin de rester en forme (en tant que macaronnier ; évidemment, on ne parle pas de tour de taille en disant de telles choses). Avant de continuer, combien de monde aimeraient que je change du passé composé au passé simple comme en haut ? C’est l’histoire de mes derniers mois dans les coulisses, et franchement, c’est déroutant pour moi de passer de l’un à l’autre encore et encore. Mais la conjugaison n’est pas notre sujet aujourd’hui. C’est plutôt ce qui s’est passé quand j’ai posté les macarons sur Le Gram :
Si vous passez sur Instagram, vous entendrez la chanson que j’ai choisie pour aller avec, intitulée « Macarons », par une artiste inconnue pour moi, Jil Kommer. Au cas où vous n’utilisez jamais Instagram, voici le clip sur YouTube :
S’il vous semble que je choisis ces chansons par cherchant un mot puis fouillant dans les résultats jusqu’à ce que je trouve quelque chose d’inoffensif, ayez un bon point. Un bon point Schtroumpf à lunettes, mais un bon point quand même :
Mais peut-être que vous aurez remarqué quelque chose en haut à gauche dans le clip ? Un graphique qui dit « AI », ou comme on dirait, « IA » ? Les détails indiquent aussi que les droits appartiennent à un « Lars Kommer », pas une Jil, alors j’étais tout à coup curieux — existe-t-elle ?
Je vous mets les preuves, et à vous de décider. J’ai assez vite trouvé un site dit « Chillijil », écrit en anglais (un mauvais signe déjà) qui annonce « Bonjour, nous sommes Chillijil. Des artistes numériques, DJs et professionnels en IA suisses. Père et fille qui créent des chansons étonnantes, des vidéos, et des contenus numériques. » Ça me rappelle fortement la bretonne inexistante Anne Kerdi, de laquelle on a parlé plus tôt — c’est seulement son créateur mâle qui existe vraiment.
Puis j’ai trouvé ce clip, ce qui semble être une interview des deux. C’est dans une langue barbare que je ne comprends pas, l’allemand peut-être. Mais si j’ai bien compris les sous-titres au début, la fille n’a que 12 ans :
Cependant, est-ce que la vidéo est réelle ? Où est-ce de l’IA ? Après tout, quoi de mieux que créer des clip vraisemblables pour montrer vos capacités en IA ? La chanson liée en haut n’a qu’environ 200 vues en 9 mois — si ces deux existent et sont des créateurs professionnels, ça semblerait la catastrophe, non ? Et l’accent de la fille dans cette interview — pensez-vous qu’elle chanterait donc en français avec aucune trace d’un accent allemand ? En fait, je crois que ce sont probablement deux personnes réelles, mais une fois on met l’IA en jeu, il devient impossible à faire confiance aux preuves des yeux.
J’en ai assez de l’IA, alors pour restaurer ma foi qu’il reste des choses qu’elle ne peut pas empoisonner, j’ai demandé à Google Gemini : « Dessinez Mario sur Yoshi dans le style de Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard par Jacques-Louis David ». Il faut l’avouer, ça sent la phrase la plus Justin jamais écrite. Voici le résultat :
Et l’un des 5 tableaux originaux :
Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard, Domaine public
Pas mal, je dirais. Vu que Yoshi n’a pas de 4 pattes comme un cheval, mais deux bras comme un être humain, c’est probablement impossible pour un ordinateur de faire mieux pour la pose. La cape rouge est bien faite, et le champignon dans la main droite imite ce qui fait le Premier Consul. En plus, Mario et Yoshi ont un style très dessin animé, ce qui rappelle l’époque mi-années 90s. La Fille a bien aimé ceci.
J’ai aussi posé la même question à Grok, l’IA de Twitter. Les résultats sont horribles :
Grok a au moins dessiné le visage de Mario dans le style du film récent — ce qui parle très mal du respect pour les droits d’auteur chez Twitter — mais la vérité, c’est que l’on peut voir le tableau original et reconnaît que tous ces efforts sont très loins de ce que j’ai décrit, même si celui de Google est plutôt agréable. Je suis sûr que l’on pourrait mieux préciser certains détails, et les deux seraient plus impressionnants. Mais j’ai essayé cet exercice pour voir si les IA produiraient ce qui est dans ma tête, et je suis certain que vous êtes tous d’accord que rien n’est proche ici.
Maintenant, j’ai horriblement envie de voir un vrai tableau de cette idée, peint par un artiste de Nintendo. Cependant, il n’y a aucune question pour moi que ce serait la seule version qui valait la peine. Ces imitations fades générées par des ordinateurs ne m’intéressent pas trop, et la prochaine fois où je publie sur Instagram je serai sûr de ne pas répéter cette erreur.
Cette semaine, Langue de Molière fête la France pour quelque chose de complètement inattendu.
Vous avez sûrement entendu parler de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, la version humaine de la maladie des vaches folles. Quand cette horreur arrive, des protéines mal formées, les prions, détruisent les cerveaux des victimes. C’est moins connu qu’aux États-Unis, il y a une variante non-fatale, où je fais partie des 5 % de la population qui n’en souffre pas. Chez moi, c’est pas les prions qui détruisent les cerveaux, mais la mignonnerie. (Je me sens obligé de défendre ce mot ; je ne l’ai pas inventé, mais il ne se trouve ni dans mon correcteur ni mon dictionnaire bilingue. C’est pourtant le bon.)
La mignonnerie prend de nombreuses formes insidieuses. Il était une fois, on savait tous que les billets et les monnaies ne vont pas dans la même partie d’un portefeuille et les a donnés séparément, comme il faut — de nos jours, tout le monde met les monnaies en haut des billets comme des cons. Ou on met le couvercle et la paille au-dedans d’une tasse en papier. C’est dégoûtant pour la santé, mais c’est mig-noooooon. Ou tout le monde demande « Est-ce OK ? » (Je me rends compte que je parle de comportements américains ; c’est ma vie, hélas.) Mais la pire mignonnerie américaine est sans doute notre tendance à créer des noms ridicules pour tout, juste pour les acronymes, alors que les Français s’en fichent d’exactement ça.
C’est comme ça qu’il y a maintenant une loi proposée dans le Congrès américain (lien en anglais) en ce moment intitulée la loi « Boosting Innovation, Technology, and Competitiveness through Optimized Investment Nationwide Act ». Ce qui veut dire le titre n’est pas important. Lisez juste les lettres en majuscule. C’est la loi BITCOIN. N’imaginez pas que ça a récemment commencé. Après le 11 septembre, on a adopté une loi intitulé « Uniting and Strengthening America by Providing Appropriate Tools Required to Intercept and Obstruct Terrorism Act ». Ça ne vous parle pas ? Lisez les majuscules, c’est le USA PATRIOT Act.
Ce genre d’horreur se trouve partout. Le Sénat américain a un comité chargé de 4 tâches : Santé, Éducation, Travail et Pensions. En anglais, dans le même ordre, c’est Health, Education, Labor, et Pensions, ou HELP (lien en anglais). Qu’est-ce qui veut dire « help » ? Aide.
« Mais Justin », vous me dites « que diable ? C’est quoi le rapport avec Langue de Molière ? » Ah, merci de me le demander ! Il m’a fallu beaucoup de temps pour le reconnaître, mais ce n’est pas seulement le cas que le français ne joue pas à ce jeu, il me semble que vous êtes pleinement allergiques à l’idée !
Tout le monde sait qu’un Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes s’écrit EHPAD. Mais qu’est-ce qui veut dire « EHPAD » ? Rien. C’est juste les initiales. Aucune mignonnerie n’a été fabriquée pour l’occasion. Le titre auquel j’aspire le plus, OQTF, c’est Obligé de Quitter le Territoire Français et non pas quelque chose de farfelu juste pour pouvoir écrire EXIL ou VA-T-EN. Dans le Canard du jour, j’ai appris l’existence de quelque chose dite l’Union nationale patronale des prosthésistes dentaires, ou UNPPD. Si ce cauchemar existait aux États-Unis, ils auraient trouvé une façon de se dire TOOTH, ou en français, DENT.
J’admets que les noms des lois sont moins qu’informatifs, mais ça s’améliore avec du temps. « La loi du 11 germinal an XI », aussi connu sous le nom de la loi du 1er avril 1803, veut dire la loi qui a ordonné une liste de prénoms. « La loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d’association » n’explique pas trop, mais même si on dit juste « loi de 1901 », tout le monde sait que ça parle des associations à but non-lucratif. ([Comme son ancien start-up, on dirait. — M. Descarottes]) Plus récemment, on voit des titres très spécifiques, comme « Loi du 27 juillet 2023 visant à protéger les logements contre l’occupation illicite ». Si celle-ci était adoptée en Californie — bonne chance ! — elle serait la loi SQUATTEUR.
Je crains qu’en évoquant le sujet, je serai en quelque sorte responsable pour avoir apporté cette nullité aux Français. Alors, oubliez tout ça,
Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine au centre commercial.
Je me sens souvent déchiré entre deux mandats ici ; auto-donnés, pour être clair. D’une part, j’essaie de vous amuser tous les jours, et ça comprend des histoires de folie des États-Unis aux yeux français, la malbouffe et le comportement de beauf de beaucoup de mes con-citoyens — partout, non seulement là où la presse française dit que ça se trouve. D’autre part, je me sens obligé de jouer l’ambassadeur, de représenter mon pays à son meilleur. Après tout, en quelque sorte, il m’a produit. Mais hier, deux choses se sont arrivés qui illustrent pourquoi je suis devenu ce que je suis.
Peut-être que vous avez entendu parler que nous avons eu un joli tremblement de terre, un 5,2. C’était à Julian, un village dans le comté de San Diego, connu pour ses pommes et produits dérivés, le cidre et les tartes aux pommes.
Carte de Californie du Sud avec les tremblements ; je suis en haut à gauche, à côté de Santa Ana.
Je suis à 170 km de Julian de nos jours, mais croyez-moi, mon immeuble a bien tremblé. Au milieu du tremblement, j’ai reçu deux notifications sur mon portable :
Ça dit grosso modo « Tremblement de terre détecté : Laisse-toi tomber, couvre-toi, tiens, protège-toi. » (N’oubliez pas que selon moi, « you » se traduit seulement par « tu ».)
Une demi-heure plus tard, j’ai reçu une notification de RTL :
Je ne sais pas laquelle je trouve plus impressionnante — que l’on a maintenant un système d’alertes assez rapide que ça peut envoyer des textos pendant que le tremblement se déroule, où que les Français avaient déjà les nouvelles une demi-heure après, quand il était déjà 19h là. Comme j’ai dit à mon amie F, j’ai dit au portable, « Oui, je l’avais remarqué ! », mais sincèrement, c’est une réussite technique.
Mais comme d’hab, c’était seulement des Français qui se souciaient de moi après. Je n’attends plus rien de mes connaissances américaines, et ils ont livré à la hauteur de mes attentes. J’aimerais croire que la plupart ont fait le calcul « Vu la distance et la puissance, il a probablement juste vu un livre tomber par terre », ce qui n’est même pas faux. C’est quand même écœurant vu ce qu’ils ont l’énergie pour faire, comme partager des polémiques quotidiennement.
C’est le dîner qui m’a vraiment énervé. Je suis allé chez la Corner Bakery pour une salade et une boisson. Les prix montent en flèche ici depuis le Confinement. Mais j’étais quand même choqué d’entendre plus de 15 $ pour ma commande. J’ai lu le ticket après avoir quitté la caisse et suis revenu tout de suite, mécontent.
« Monsieur, tu m’as facturé pour une grande boisson quand j’en ai commandé une moyenne »
« Nan, t’as dit « large » (grand). »
« J’ai clairement dit « medium » (moyen) »
« Ben, il faudra annuler la commande et entrer tout de zéro. »
« Ça m’arrange très bien, allez. »
Je sais ce que vous pensez : « Justin, tout le monde fait des erreurs parfois. Lisez votre propre blog si vous êtes perplexe quant au sujet. » Mais il y a deux raisons pour lesquelles je ne le crois pas.
La première, c’est que depuis 20 ans déjà, c’est une technique commune pour augmenter les revenus aux restos rapides. J’ai écrit en 2018 une réponse sur Quora en anglais sur ma toute dernière visite à un ancien resto rapide préféré, après laquelle je l’ai boycotté pendant une décennie. Bref, j’ai commandé un burrito et une boisson de taille moyenne, et le caissier m’a répété une commande d’un burrito « enchilado style » (2 $ plus cher pour un burrito autrement de 8 $) avec une grande boisson (50 centimes de plus). J’ai arrêté le caissier et lui ai dit « Dis-donc, c’est très loin de ma commande, et tu le sais. Qu’est-ce qu’il y a ? » Il m’a répondu « Désolé, monsieur, nous sommes désormais obligés d’augmenter toutes les commandes. » Furieux, je lui ai dit, « Va te faire voir chez les grecs ! » Dans ma tête. Ce qui est sorti de ma bouche était plutôt « Puis je suis obligé de ne plus venir ici. »
Ça arrive partout de nos jours, au point où je ne peux plus boycotter les restos qui le font ; sinon, je devrais manger seulement à la maison. Vous n’êtes jamais un « cher client », ici, mais un cible.
Mais l’autre possibilité, c’est qu’il ne parlait pas très bien l’anglais, étant très visiblement originalement de notre voisin au sud. Vous ne trouverez guère des américains de naissance dans de tels postes en Californie. Cependant, « medium » et « large » ne sonnent pas du tout similaires, et il n’a quand même pas hésité à me dire que j’avais dit la mauvaise chose, pas qu’il n’avait pas compris.
Si on fait une erreur dont je suis le bénéficiaire, je la corrige à chaque fois. Mais ça veut dire que j’ai aussi des attentes, à commencer par « Ne m’arnaquez pas ». Honnêtement, je ne sais pas si ce comportement se trouve en France, mais je peux au moins dire qu’il ne m’y est jamais une fois arrivé — et ça malgré l’opportunité de profiter de mon accent pour me prendre pour un con.
J’ai très peu d’attentes si j’arrive à déménager en France. De meilleur fromage, des amis qui se soucieront de moi de temps en temps, et que les inconnus me vouvoieront. Et ça suffira.