Municipales

Je dois avouer quelque chose. Ça fait presque 6 ans depuis le début (le 29 mars 2020), et je ne comprends toujours pas — du tout — les municipales françaises. Et ça, malgré le fait que je lis les actus comme tout le monde. J’ai l’impression qu’au moins une personne va me dire « nous non plus », mais je ne parle pas de tel ou tel résultat en particulier. Je veux dire simplement que je ne comprends pas comment s’organisent les gouvernements locaux. Peut-être que ce n’est pas la même chose partout et que j’ai mal compris ça. J’explique mon problème.

Aux États-Unis, pour chaque ville, peu importe la taille, on vote pour un candidat à la mairie puis un ou plusieurs candidats pour le conseil. Ce dernier dépend de si la ville se divise en circonscriptions ou pas — anciennement, Elbe-en-Irvine ne faisait pas ça, alors on votait pour un maximum de 3 candidats (typiquement, une douzaine se présentait à chaque élection, dont 5-6 qui n’étaient pas sérieux, mais voulaient juste se voir sur le bulletin de vote). Le top 3, peu importe le parti, seraient élus conseillers. En 2024, la ville a changé à un système de circonscriptions, alors on vote désormais pour un candidat pour maire, et un candidat pour conseiller dans sa circonscription. C’est assez simple ; si un parti ou l’autre a la majorité, il contrôle la ville (qui va le prendre cher peu importe le gagnant ; presque toute ville du pays dépense au-delà de ses revenus).

En théorie, je comprends l’idée des listes au niveau parlementaire. On nomme un certain nombre de candidats et on reçoit une certaine quantité de députés selon le pourcentage de scrutins. Si j’ai bien compris, la France n’utilise pas ce système au niveau de l’Assemblée nationale, et les candidats sont élus par circonscription. Un scrutin est un vote pour une personne. Mais le Sénat, c’est par liste, et un scrutin est un vote pour le nombre de sièges du département. Jusqu’ici, pas de problème.

Alors, les municipales. Naturellement, la seule qui reçoit même un peu d’attention aux États-Unis est celle de Paris, mais je ne lis pas les journaux américains pour mes infos ; plutôt Franceinfo et le site du Ministère de l’Intérieur. Et Franceinfo me dit que les listes de Mme Dati et M. Bournazel s’allient pour le 2e tour. OK, ça veut dire quoi ? Alors je lis les résultats sur le site du Ministère de l’Intérieur et ça dit :

Pour Paris 75056, il y a le Conseil de Paris avec 163 sièges et le Conseil communautaire avec 57.

Pas sûr que je comprenne la différence entre ces conseils, mais laissez tomber. Je lis les résultats du premier tour par liste et je vois :

Résultats du premier tour parisien par liste

Heureusement que j’ai assez lu pour savoir déjà que « LUG » veut dire « liste d’union à gauche », car ça veut dire tout autre chose en anglais (je le laisse aux bilingues). En cliquant sur la liste de M. Grégoire, je vois qu’il y a 163 candidats qualifiés pour le 2e tour pour 163 sièges au Conseil de Paris. Mais il y a 59 candidats qualifiés pour l’autre conseil, qui n’a que 57 sièges. Je rate quelque chose. Puis je clique sur la liste de Mme Dati. C’est pareil pour le Conseil de Paris, mais là où les premiers 59 noms ont été qualifiés pour le deuxième tour avant, ici on voit :

Capture d'écran d'une partie de la liste de Mme Dati

Il y a de nombreux tels trous dans la liste pour le Conseil communautaire. Il faut lire jusqu’à la 93e place pour compter 57 noms pour ce dernier, et il n’y en a que 57, pas 59 comme l’autre. Je ne comprends pas du tout ce qui se passe.

Puis j’ai lu sur le site de LCP : « Pourquoi la victoire de Rachida Dati dans le 7e dès le premier tour peut lui coûter cher ». Et si j’ai bien compris cette fois, c’est qu’elle a déjà gagné pour le conseil de son arrondissement, qui n’a apparemment rien à voir avec ces deux autres conseils. Pourquoi ce n’est pas aussi un problème pour M. Grégoire, je ne le comprends pas du tout non plus.

Mais peut-être que c’est juste que les plus grandes villes sont différentes ? Ce même article de LCP dit qu’il y avait une réforme pour Paris, Lyon et Marseille. Et franchement, il y a une ville qui m’intéresse plus que celles-ci :

Capture d'écran des statistiques pour Rouen 76540 -- il y a 55 sièges pour le conseil municipal et 28 pour le conseil communautaire.

Mais il y a deux conseils pour Rouen aussi ? Là-bas, la LUG (hihihi) a réussi le plus grand nombre de voix, et a 55 candidats pour le conseil municipal, mais 30 pour l’autre, qui n’a que 28 places. C’est pareil pour la LDVC. Ça n’a donc rien à voir avec la taille de Paris.

Tout ça a un côté pratique qui me fait peur. C’est trop tôt, mais je pense déjà à un certain examen civique. S’il y a des questions sur comment marche tout ça, je serai mort !

7 réflexions au sujet de « Municipales »

  1. Avatar de Bernard BelBernard Bel

    Oui, les grandes villes sont différentes, ainsi que les villages de moins de 1000 habitants. Dans les villages les règles sont simples, car on n’aime pas les choses compliquées !

    Il faut se rendre compte aussi qu’aux municipales on vote principalement pour des personnes et sur des enjeux locaux. Les fusions de listes au deuxième tour dépendent plus des relations amicales/inamicales entre candidats que de leur appartenance politique. C’est ce qui permet aux journalistes de blablater sans relâche sur les rapports entre PS et LFI, qui sont ici surtout des rapports entre personnes.

    J’ai demandé à ChatGPT d’expliquer ce qu’est un conseil intercommunautaire.

    Un Conseil communautaire, c’est l’assemblée d’une intercommunalité (EPCI).

    👉 Exemple autour de Paris :

    la Métropole du Grand Paris

    👉 Il regroupe :

    des représentants de plusieurs communes

    👉 Il gère des compétences partagées :

    développement économique

    transports

    aménagement du territoire

    environnement

    logement

    ➡️ C’est une structure au-dessus des communes, pour gérer ce qui dépasse une seule ville.

    Dans la majorité des communes (surtout petites) :

    ➡️ Les membres du Conseil communautaire sontdésignés parmi les conseillers municipaux

    👉 Donc :

    tu votes pour une liste municipale

    et ensuite certains élus deviennent aussi conseillers communautaires

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    1. Avatar de Justin BuschJustin Busch Auteur de l’article

      Ah, je crois que je comprends mieux ce qui est un conseil communautaire. Il y a de tels conseils ici, comme « SANDAG » (l’association de gouvernements de San Diego) qui réunit des personnes à travers plusieurs villes. C’est pourtant différent du gouvernement du comté de San Diego, qui serait égal au gouvernement départemental.

      Au fait, j’adopte « blablater », jamais entendu avant !

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  2. Avatar de AnagrysAnagrys

    De mémoire : scrutin de liste à la proportionnelle, le maire est élu par le conseil municipal, comme l’a dit Vanadze.
    Pour Paris, Lyon et Marseille, c’est particulier : de 1871 à 1977 il n’y avait pas de municipalité commune pour ces villes, juste des mairies d’arrondissements — la Commune de Paris avait été dissoute suite aux évènements de 1871. En 1977 on a ajouté un étage, je suppose pour mieux coordonner les politiques entre les arrondissements. J’avoue que pour ces villes précisément, je ne sais pas trop comment ça se passe. De même, comment sont désignées les personnes qui siègent aux agglomérations…? Je ne me suis pas encore posé la question…

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  3. Avatar de Agatheb2kAgatheb2k

    Chez moi, petit village en perte de vitesse, une seule liste (contre 3 en 2020) comportant 21 noms de candidats au Conseil Municipal et 7 de ces noms candidats, en plus, au Conseil Communautaire (il y a plusieurs de ces regroupements dans le département).

    Nous avons, au final, 19 conseillers municipaux, élus mais pas dans le même ordre que sur le bulletin initial, dont 5 conseillers aussi communautaires qui éliront le nouveau maire à leur première réunion en tant qu’élus, ce sera la tête de liste, sans surprise, puisque lui et la seconde sur le bulletin (parité oblige) ont conservé leur place. Le nombre de conseillers lui, est défini par le nombre d’habitants dans le village.

    Ce que je n’ai pas compris, c’est le changement de rang dans la liste des élus, parce que tout bulletin comportant des ratures ou des annotations était considéré comme nul.

    J’avais proposé, tôt le matin, mes petites mains à Mr le Maire sortant qui tenait le bureau de vote où j’ai été faire mon devoir, pour ouvrir les enveloppes, il avait décliné mon offre en disant que les petits nouveaux qu’il fallait former seraient assez nombreux ! Mais, quand je le faisais à Paris (j’adorais), les petites mains anonymes étaient renvoyées une fois les enveloppes ouvertes et les bulletins comptabilisés, la cuisine interne restait secrète ! 😉

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    1. Avatar de Agatheb2kAgatheb2k

      Je viens de comparer attentivement les 2 listes, l’ordre est bien resté identique, ce qui m’a fait douter c’est juste la différence entre les noms d’usage sur le bulletin et les noms véritablement enregistrés sur le site du ministère.

      En effet, les noms composés n’ont pas leurs rallonges mentionnées sur le bulletin (alors qu’elles sont officielles au ministère) et un autre est carrément différent, je ne sais pour quelle raison (divorce, re ou pas, mariage ?), parce que les 2 me sont inconnus ainsi qu’à d’autres anciens du village qui ne connaissent pas plus que moi les nouveaux arrivants (le dernier élu n’est arrivé qu’il y a même pas un an 1/2 !)

      Il n’y a donc pas eu de tour de passe-passe chez moi, juste les 2 derniers sur les listes qui n’ont pas été élus (les 2 derniers sur la liste communautaire étant bien élus en tant que municipaux car ils n’étaient pas les derniers sur la liste avec 21 noms). Pardon d’avoir embrouillé mon propos précédent par une question inutile !

      😉

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  4. Ping : Saison 5, Épisode 1 — Recommencer de zéro | Un Coup de Foudre

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