Dimanche avec une bombe géante

Pas de Proust cette semaine, parce que j’ai des nouvelles, et elles ne sont pas bonnes.

Vous savez tous que j’ai quitté Elbe-en-Irvine pour la ville voisine d’Anguille-sous-Roche (nommée d’après son habitante la plus célèbre, mon ex). Ça nous a amené plus proche d’une autre ville, Garden Grove (littéralement, Bosquet de Jardins — un nom hyper-ironique vu le manque de plantes vertes là-bas).

Nous sommes très, très malins en Californie, de façon que vous galérez à comprendre vraiment, alors dans un accès de génie, on a mis une fabrique aérospatiale au milieu d’un grand lotissement plein de milliers de maisons. Ne me croyez pas sur parole, voici une carte ; l’épingle rouge est où se trouve GKN Aerospace, une entreprise britannique qui trace ses racines au Pays de Galles, et à Fokker — oui, la même entreprise qui a fabriqué des avions pour la Luftwaffe pendant la Première Guerre mondiale. (Nous sommes tous en colère contre ces types en ce moment, alors je cherche des faits comme ça — et je m’en fous du fait que les Allemands ne disaient pas le mot « Luftwaffe » jusqu’en 1935.)

Connaissez-vous le produit chimique « méthacrylate de méthyle » ? Super, personne dans le Comté d’Orange non plus jusqu’à vendredi. Il s’avère que GKN fabrique des tonnes de ce produit au milieu de toutes ces maisons. C’est un produit qui peut exploser à partir de 100°. Celsius ? Ah non — Fahrenheit. Ça veut dire environ 37,8 °C.

Ce que l’on sait, c’est qu’il y a environ 26 000 litres de ce truc dans des réservoirs de stockage, et normalement, on garde une température d’environ 50 °F. Vendredi, on s’est rendu compte que la température avait augmenté jusqu’à 77 °F. À partir de ce moment, 40 000 personnes ont été évacuées. Ce chiffre continue d’augmenter, au fait. L’article est déjà dépassé par des événements, mais voici un sommaire en français par 20 Minutes.

Les pompiers arrosent les réservoirs avec de l’eau depuis vendredi soir — mais la température continue de hausser. Il faisait 90 °F dans les réservoirs samedi soir. On dirait que cette stratégie est un échec.

On nous dit que ça finira par un de deux résultats — soit une explosion géante, soit une fuite qui pourrait attendre chez moi.

Il est fort probable que je pars pour San Diego demain matin si rien ne change ce soir. Peut-être que j’aurais dû faire ça déjà. Ne vous inquiétez pas pour moi — ça cause des rougeurs et de la peau irritée, mais pas de cancer pour autant que l’on sache.

Franchement, je préférerais l’explosion. Tant pis pour les maisons, mais ça voudrait dire qu’il serait moins probable que l’on soit tous empoisonnés. Je n’ai vraiment pas envie de faire partie d’une expérience pour vérifier le lien entre ce produit et le cancer, d’accord ?

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