Je dois me plaindre de quelque chose. Je sais, encore un jour qui se termine par une voyelle, mais ça m’a coûté 20 minutes de remplir des formulaires sur un site web cette semaine, et il n’y a aucune excuse.
Il était une fois, j’étais utilisateur fanatique des portables de la marque BlackBerry. Si je pouvais toujours porter un BlackBerry 8800 — mis à jour — je le ferais pour le reste de mes jours sans plaintes. Et vous savez que ne pas avoir de plaintes, c’est mon compliment le plus enthousiaste !

Ce qui m’a fait changer des BlackBerry aux iPhone, c’était « pinch-to-zoom », pincer pour zoomer. C’était un miracle pour lire les sites web à l’époque, qui avaient souvent 3 ou 4 colonnes, et un aspect très rétréci vu sur des portables. Puis, les graphistes ont mal rangé le bordel.
Il faut dire que je compatis énormément avec les graphistes. Je ne connais aucun autre métier où tant de « clients » s’attendent à du travail « gratuit » en échange de « se faire connaître ». Peut-être que c’est différent en Europe, mais aux États-Unis, ils sont maltraités comme personne d’autre.
Mais en revanche, ils ont ruiné l’idée de « pincer pour zoomer » comme technologie d’assistance. Il y a environ15 ans, on a eu la pire idée de l’histoire des ordinateurs, la soi-disant conception réactive. C’est l’idée qu’une page ou une appli devrait changer sa mise en page selon la taille disponible — si vous avez jamais remarqué une page qui change d’aspect quand vous tournez votre portable, vous avez l’idée.
Je peux comprendre ça d’exactement un point de vue. Il y a certainement plus d’espace sur l’écran d’un ordinateur de bureau qu’un portable. Alors, ben, ayez des pages différentes pour ces deux cas. Mais plus j’affine, plus je trouve ce qui font les graphistes simplement hostile aux utilisateurs. Des exemples :
Voici l’accueil d’ESPN, le plus grand site de sports américains. Dans cette vue, je tiens le portable en mode portrait :

On est d’accord que les liens pour les gros titres sont en caractères gras, oui ? Super. Alors, je change en mode paysage et…

Tout à coup, les gros titres ne sont plus en caractères gras, la police est plus petite, et il y a des kilomètres d’espace blanc absolument inutiles, avec des barres qui ne servent à rien aux côtés. Heureusement, on peut toujours pincer pour zoomer, comme ça :

Mais, à quoi sert de réduire la taille du texte comme ça, dès que l’on a plus d’espace ? C’est complètement sans logique !
Au moins pincer pour zoomer marche dans cette situation. Voici le mode portrait du site web des écoles d’Anguille-sous-Roche (je choisis une partie sans données personnelles) :

Et si je le mets en mode paysage ?

Tout l’espace est gaspillé, avec des barres énormes aux côtés. Mais pire, si je pince les données, la page est à largeur fixe. Je ne peux pas ajuster la taille pour la lire plus facilement ! Et ça, je trouve impardonnable, car les graphistes ne devraient pas avoir un avis sur mes souhaits à cet égard. Si je veux agrandir la page, ça les offense comment ?
En fait, ils ont laissé un moyen pour tricher. Si je pince les parties de la page avec des données, la largeur fixe est imposée. Mais si je pince l’espace blanc, je peux agrandir la page :

Pourquoi pas agrandir la page comme ça si on change de mode ? On a évidemment fait l’effort pour montrer un conception différente selon la taille de l’écran — mais le résultat est complètement inutile. Tout cet espace blanc ne sert à rien du tout.
Encore plus stupide, avec certains de ces sites, ainsi que celui de l’hôpital où travaille mon médecin — si je remplis un formulaire, puis change de taille, la page se recharge et je perds mon travail ! Ça n’a aucun sens. C’est une sorte de vengeance bizarre de la part des graphistes : « tu nous as offensé en n’aimant pas notre œuvre telle qu’elle, alors il faut que nous te punissions ! » Comment ça ? C’est où la logique ?
Je ne comprends pas la fétiche pour l’espace blanc. Je ne sais pas si vous avez la même tradition dans les lycées et les facs français que l’on a aux États-Unis, de produire des livres dits « yearbooks ». Mon dictionnaire bilingue le rend « album de promotion », mais note que c’est un usage américain. Ces livres offrent des photos de tous élèves d’une école, par promotion, ainsi que des photos des clubs, des bals scolaires, etc. J’ai travaillé sur 6 livres de ce genre à travers mes 4 années lycéennes ainsi que les deux premières à la fac. Tout ça, c’était imprimé, et on a bel et bien appris la tradition depuis Gutenberg — on cherche toujours à réduire l’espace blanc, à ne pas gaspiller d’espace. Apparemment, des siècles de sagesse ne comptent pour rien face aux graphistes modernes, mais surtout quand il s’agit de rendre le texte plus lisible.

Dans les lycées à section internationale et les écoles d’ingénieurs, les yearbooks se réalisent pour faire moderne et… encombrent ensuite les placards des parents qui ignorent qui sont tous ces gens encadrant leurs enfants diplômés mais les conservent religieusement quand même ! J’en ai une collection au grenier et elle n’a pas été relue depuis longtemps !
Pour avoir réalisé moi-même une douzaine de livres-photos, je partage ton point de vue sur les espaces blancs à éliminer du produit fini pour rentabiliser l’espace coûteux.
Sinon en ce qui concerne les graphistes modernes… Je n’ai pas d’idée sur la question, devant depuis plus de quarante ans m’adapter sans cesse aux nouveaux usages informatiques qui font toujours de moi une dame totalement « vintage » et dépassée… Et il arrive je me réjouisse d’une nouvelle fonctionnalité juste au moment où j’apprends qu’elle n’a plus cours!
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Mes parents sont sûrement d’accord sur la place des yearbooks dans leurs placards !
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En ce qui me concerne leur place est néanmoins mise en scène comme un autel dédié à mon amour inconditionnel pour mes enfants dont je suis si fières et proche.
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Tellement fière que je viens de mettre un S à ce qualificatif!
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Dans les collèges et lycées français, ce sont les traditionnelles photos de classe que l’on achète tous les ans. Mais ce n’est pas obligatoire. Là aussi, tout le monde finit par oublier qui sont les élèves sur la photo, autours de nos chers enfants. Mais les photos s’entassent dans un tiroir, année après année.
Parfois, ce sont bien des années plus tard que ces photos ressortent des tiroirs pour servir de matière première sur le site « Copains d’avant« .
Si tu tapes « Copains d’avant » dans Google, tu verras plusieurs exemples de photos de classe dans la section « Images ». C’est vintage et nostalgique à souhait !
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En fait, j’ai croisé « Copains d’avant », euh, avant ! En recherchant l’élève française qui avait assisté à ma fac, j’ai trouvé le site. Mais je ne savais pas d’où venait les photos !
Il y a un site EXACTEMENT pareil aux États-Unis, Classmates.com. Mais ce dernier a une mauvaise réputation pour des spams, alors je ne le visite pas.
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J’ai repris un téléphone à touches, parce que je n’ai pas de téléphone fixe. Le GSM a pourri ce monde, ne plus répondre au téléphone est devenu criminel.
Moi aussi je rouspète.
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