Nous n’avons eu qu’une journée entière à Kyoto, mais nous avions planifié deux choses qui utiliseraient tout ce temps. Le matin, nous avons visité le château de Nijo. Permettez-moi de remonter le temps pour expliquer son importance.
Les empereurs n’étaient pas toujours les chefs de l’État. Du XIIe au XIXe siècle, des seigneurs dits daimyo — à peu près au niveau d’un duc européen — contrôlaient le pays, et le daimyo qui contrôlait l’armée se disait shogun — on dirait un prince, mais effectivement le vrai pouvoir. En 1603, TOKUGAWA Ieyasu a fini la tâche de son maître, ODA Nobunaga, de conquérir les autres daimyos, et a établi sa famille comme les chefs de l’État, ce qui dura pendant 265 ans. Ieyasu a fait déménager la capitale de Kyoto à Tokyo ; cependant, afin de démontrer son pouvoir, il a commandé la construction de Nijo, parce que si la famille impériale avait un palais à Kyoto, puis, sa famille devait en avoir un aussi. Nijo n’a été achevé que jusqu’en 1626, et Ieyasu est mort en 1616, mais pendant le shogunat Tokugawa, le château de Nijo a été un siège important du pouvoir.
La chanson du jour, c’est « Le château de Cornelia » par Nobuo Uematsu. Cette version a quelque chose de spécial :
Si on prend le métro jusqu’à Nijo-jo (le jo après le trait d’union veut dire « château »), c’est bien évident pourquoi vous êtes là, alors il y a une pancarte pour vous montrer la bonne (et unique) direction :

La Fille et moi avons bien ri de voir cette affiche avec son plus vieux ami, Tomasu to nakamatachi — désolé, Thomas et ses amis. Au fait, -tachi, c’est le pluriel en japonais. « Moi », c’est watashi ; « nous », c’est watashitachi.

À vrai dire, vu ce que vous voyez en montant l’escalier et atteignant la sortie, si vous ne savez que vous êtes devant le château, vous êtes un peu con :

Ben, j’ai croisé la rue pour prendre cette photo, mais c’était déjà visible. Il y avait un fossé juste au-dessous du mur en pierre, rempli d’eau si sale, si verte, je ne me croyais plus au Japon. Vraiment, l’état de l’eau était choquante vu le niveau de propriété de ce pays.
Après avoir payé son billet, juste à droite de la photo suivante, on entre par le portail Higashi Ote-mon (grand portail de l’est). Notez que le premier étage est en pierre, mais le deuxième en bois. Ça permet de détruire facilement le deuxième étage, ce qui a été fait pour une visite de l’empereur au XIXe siècle, car il ne faut absolument pas que n’importe qui regarde l’empereur d’en haut. Je suis 100 % sérieux.

Il y a un petit panneau temporaire juste devant l’entrée — vous pouvez l’apercevoir dans la dernière photo. Le voilà — il annoncé le 400e anniversaire de la visite de l’empereur Go-Mizuno :

Une fois à l’intérieur, on passe sous un deuxième portail, Kara-mon, pour atteindre le palais principal, Ninomaru-goten :

Voici un détail d’un dragon que l’on ne remarque qu’en marchant sous le portail :

Et voici l’entrée de Ninomaru-goten. Je ne peux pas vous montrer l’intérieur, car les photos sont interdites. Vous savez que c’est sérieux quand les japonais ne veulent pas prendre des photos ! Où la foule entre, il y a un espace où tout le monde doit enlever ses chaussures.

Dans la cour, il y a une grande cloche, pas plus utilisée. Il faut la frapper de l’extérieur ; les cloches japonaises n’ont pas de battant au-dedans.

Derrière le palais se trouve le jardin Ninomaru. Ce jardin est petit, mais digne d’un shogun :



J’ai trouvé la traduction française de ce panneau intéressante. « Prière de ne pas marcher sur la pelouse » au lieu de « Défense de » ou « Veuillez ». C’est un choix très japonais, il me semble.

On arrive au fossé intérieur. Ici, l’eau est bonne et il y a plein de koi :



Le pont nous amène au jardin et au palais dits Honmaru-goten. Le jardin est aussi beau que Ninomaru :


Le billet de la visite ne comprend pas le palais de Honmaru. On avait déjà passé presque 2 heures au château, alors on a décidé de sauter ce palais ( 1 000 ¥ de plus ; environ 6 €). Voici l’entrée :

Il y a les ruines d’un ancien donjon, Tenshukaku. On n’est pas monté par l’escalier :

Près de la fin, on passe par les Sept rochers de la Kamo, sept rochers choisis pour représenter la Kamo, la rivière locale. Voici 3 ; je n’ai pas compris jusqu’à plus tard.

On est maintenant dans le dernier jardin, Seiryu-en, construit en 1965. Seiryu est l’un des 4 animaux du ciel : Seiryu, le dragon bleu ; Genbu, la tortue noire ; Byak-ko, le tigre blanc ; et Suzaku, l’oiseau rouge. Vous sauriez ça si, comme moi, vous aviez joué à The Final Fantasy Legend. Ne me dites pas qu’il n’y a rien à apprendre des jeux vidéo !


Il y a un café, Sabo Maeda, au milieu de Seiryu-en :

Il vend des glaces pilées, parfaites pour des températures supérieur à 30 °C. La Fille en a commandé une à la mangue. C’était énorme.



Sabo Maeda a son propre petit jardin :


La dernière partie de Seiryu-en est construite dans un style européen :


On passe par un dernier portail avant de sortir, Kita Ote-mon (grand portail du nord) :

Juste à la sortie, un bon rappel que l’on toujours au Japon moderne — une machine à capsules !

Notre tour est presque fini. Il y aura deux jours de plus consacrés à Kyoto, un jour pour parler de la nourriture, peut-être un autre pour nos achats, la colonne traditionnelle après chacune de mes vacances, et un dernier billet pour mes réflexions.
