Je découvre Superbus

On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata. Cette fois, c’est Superbus, représenté sur le plateau de Taratata par sa chanteuse, Jennifer Ayache, avec Pascal Obispo (le sujet de l’entrée précédente).

Le groupe Superbus sur scène. Le plateau est illuminé en vert, et il y a 5 projecteurs qui pointent tous à la chanteuse.
Superbus au Dôme de Marseille, Photo par Olarcadia, CC BY-SA 3.0

Selon Wikipédia, le nom a été choisi par Mme Ayache d’un dictionnaire de latin :

c’est le cognomen du dernier roi de Rome, qui signifie « orgueilleux », « fier », « superbe »

Superbus, Wikipédia

Cependant, Nagui l’a prononcé avec une pause entre « super » et « bus », de manière qu’il m’a fait penser que l’on parlait d’un bus très apprécié (pour des raisons inconnues).

Jennifer Ayache est la fille de Chantal Lauby, la célèbre actrice, et de Jean-Pierre Ayache, un inconnu, ce qui est particulièrement surprenant vu que sa mère faisait partie plutôt des Nuls. (Je serai ici toute la semaine, goûtez le veau.) À l’âge de 14 ans, sa mère l’a envoyé au Texas pour apprendre l’anglais (oups) et étudier la musique. En 1999 après son retour, à l’âge de 16 ans, elle a fondé Superbus avec le guitariste Michel Giovannetti.

En 2002, le groupe sort son premier album, Aéromusical, dont le premier single est « Tchi-Cum-Bah ». Le titre ne veut rien dire ; dans le clip, il sert dans le même rôle que des mots écrits sur les pages de BD des années 50 ou 60, pour donner des « effets sonores » à des bagarres :

C’est assez agréable. Les autres singles de l’album sont Superstar et Into the Groove, dont elle chante en anglais. Son accent est pas mal ; si je ne savais pas de qui il s’agissait, j’aurais cru la chanteuse américaine mais pas californienne. De toute façon, l’album s’écoule à 85 000 exemplaires — on disait un album d’argent à l’époque, mais de nos jours d’or.

Le deuxième album, Pop’n’Gum (anglais pour « soda et chewing-gum » ») sort en 2004. C’est moins bruyant que le premier album. Le premier single, « Sunshine » (lumière du soleil) est à moitié en anglais, à moitié en français, et 100 % mièvre — le refrain se traduit par « stp, bébé, dis-moi comment le soleil brille dans tes yeux » :

La chanson du titre semble avoir quelque chose à voir avec grandir (pas la pâtisserie à Kyoto), alors que son clip ressemble au film Monstres et Cie. « Radio Song », un autre single, continue l’habitude de passer de l’anglais en français, juste pour dire « nous sommes à la radio maintenant » en anglais. L’album se vend à 110 000 exemplaires, un vrai disque d’or. N’oubliez pas que ces musiciens ont 18 ans à ce point.

Wow, le troisième album, arrivé en 2006 et est enfin le grand succès avec 400 000 exemplaires vendus, ainsi que 5 singles sortis au fil d’un an et demi. Je le trouve pourtant plutôt mystérieux. Le morceau « Le Rock à Billy » est un calembour avec le mot « rockabilly », le genre d’Elvis Presley, mais la chanson parle d’un nommé Billy et ne sonne pas du tout comme Elvis :

« Travel the World » (Voyager autour du monde) est une chanson qui liste beaucoup de villes pour dire que le personnage de la chanson veut voyager avec vous. C’était nommé pour un NRJ Music Award comme chanson francophone de l’année, et franchement, je ne comprends pas du tout la raison pour ça.

Le quatrième album, Lova Lova est seulement la moitié du succès d’avant, mais 200 000 albums est toujours une réussite. Le titre parle d’une danseuse française qui travaillait sous le nom de scène Lova Moor dans des cabarets. C’est un grand changement de style, très électronique avec tout genre d’effet et moins de guitares :

Je préfère le dernier single de l’album, « Apprends-moi », mais à vrai dire, cet album n’est pas ma tasse de thé.

Le cinquième album, Sunset (Coucher du soleil) a été enregistré à Los Angeles en 2011 et est sorti en France début 2012. Sunset est le nom d’une rue très célèbre, surtout la partie qui traverse Hollywood. Il est possible que nous nous soyons croisés sans le savoir, car j’aimais parfois visiter ce quartier. (C’est où Arnaud Demanche a joué pendant sa visite.)

En fait, regardant le clip de « Smith’n’Wesson », dernier single de l’album (nommé pour un fabricant de pistolets), je sais que nous étions aux mêmes endroits, si pas en même temps. La colline de Hollywood est là, ainsi qu’une patinoire à roulettes que j’ai visitée pendant mes 3 ans de mort vivante à LA. (Ne soyez pas surpris ; on n’a qu’un choix dans ce quartier.)

Ce morceau est plus acoustique et mélodique que d’autres chansons de l’album, dont « All Alone ». Et ça, c’est un départ énorme pour Superbus.

Il y a deux albums de plus, mais j’arrêterai avec Sixtape (blague pourrie car c’est le 6e album, mais un calembour avec « sextape », des clips de l’acte sexuel censés être privés, mais évidemment sortis par des célébrités mineures qui espèrent trouver plus de notoriété, telles que Paris Hilton). J’arrête ici parce que selon de nombreuses sources, le groupe ne s’entendait plus, raison pour laquelle il fallait une décennie pour sortir un autre album. Sunset n’a pas connu de grand succès et leur travail après n’a presque rien vendu.

Le premier single de Sixtape, « Strong & Beautiful », sonne comme l’album précédent, mais sans les parties acoustiques :

« Jusqu’à la mer » est plus de la même chose. « Soul Sister » (Âme sœur) est une surprise agréable, un peu années 80.

Que penser de Superbus ? Le mot qui venait à l’esprit encore et encore était « agréable ». J’ai du mal à vous dire « Voilà, ceci est la partie que les fans chantent aux concerts ». Presque tout est facile à écouter, mais il n’y a pas de mélodies fortes et reconnaissables. Superbus est largement une véhiculé pour la voix de Mme Ayache et des clips bien tournés. J’ai l’impression qu’il y a des carrières solos qui les attendent, mais 20 ans ensemble est bien au-delà du groupe moyen.

Ma note : J’irais au concert si vous avez une place de trop.

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