Je découvre Cali

On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata avec un autre chanteur sur scène avec Pascal Obispo. Cette fois, il s’agit de Cali.

Cali à la Pause Guitare en 2015, Photo par Gyrostat, CC BY-SA 4.0

Je dois dire au début que je ne l’ai vraiment pas remarqué dans l’ensemble pour « Allumer le feu », mais il est revenu sur scène deux fois de plus — une fois en tant que soliste pour « Pour un flirt » de Michel Delpech, et une fois pour « Super Nana », un de 5 chanteurs derrière Michel Jonasz. Dans les gros groupes, il a un peu disparu, car sa voix n’a rien de spécial — mais j’étais sérieusement impressionné par son énergie et présence en tant que soliste. (Voici le clip officiel, mais ça n’a pas marché quand j’ai essayé de le vérifier.)

J’étais donc étonné d’apprendre que Cali, de son vrai nom Bruno Caliciuri, est né en 1968 — je l’avais pris pour un homme de 30 ans. (Je suis vraiment nul avec les âges des autres.) De son côté paternel, sa famille est italien et espagnol ; du côté maternel, italien et français. Il a grandi à Perpignan, l’un de 5 enfants, et a perdu sa mère à cancer à ses 6 ans, et son père à ses 16 ans. C’était donc une enfance très difficile.

Après son bac, il s’est lancé en tant que musicien dans des groupes locaux, Indy et Tom Scarlett (voici un clip). Ce dernier group a fait la première partie pour Dionysos et Bénabar, mais est autrement peu connu. Cependant, une diffusion de sa piste solo, « Tout va bien », sur France Inter suffit pour le gagner un contrat chez EMI. Écoutez-la si vous voulez, mais je dirais que rien n’allait bien en écoutant cette piste plutôt lourde :

Cependant, en tant qu’une piste de son premier album, L’Amour parfait, c’est une réussite — l’album s’écoule à 550 000 d’exemplaires, un album platine. « C’est quand le bonheur ? » est meilleure comme chanson, mais toujours avec des paroles déprimantes :

« Le grand jour » mérite une place dans un bar quelque part, alors que la chanson éponyme, « L’Amour parfait », euh… ai-je mentionné sa vie difficile ? Vu la popularité de cet album, la bonne comparaison est le roman Les Souffrances du jeune Werther, de Goethe. Mais pour autant que je sache, personne ne s’est tué à cause de cet album.

La suite, Menteur, sort en 2005, se vend à 330 000 exemplaires, juste après la baisse de la signification de platine, de 500 000 à 300 000. C’est donc toujours platine !

« Qui se soucie de moi ? », la première piste, est une chanson presque positive — jusqu’à ce que l’on l’entende chanter :

« Pauvre garçon » est plus « métal », et « Menteur » plus… baroque ? (Il y a un clavecin.) « Je te souhaite à mon pire ennemi » évoque exactement les sentiments promis par le titre.

Son troisième album, L’Espoir, sort en 2008 et est accueilli comme plus positif. Il est brièvement classé numéro 1 en France. « Je ne te reconnais plus », avec Olivia Ruiz, ne somme pas comme Cali d’avant, avec des samples comme dans le rap :

Ses paroles me laissent un peu perplexe : « tu écoutes le jazz juste pour être accepté ». Croyez-moi, j’ai toute une collection de jazz, mais aucune idée de quoi il parle ! « 1000 cœurs débout » a des paroles bien Cali, mais ne le sonne pas. J’apprécie tellement le sentiment du « Droit des pères », mais c’est plus un discours qu’une chanson. Je note que Cali a aidé la création d’une association, Les Papas = Les Mamans, qui travaille pour exactement le droit des pères de rester actifs dans la vie des enfants après un divorce, et vous savez que rien n’est plus important pour moi.

Son quatrième album, La vie est une truite arc-en-ciel qui nage dans mon cœur, est jugé « plus rock, moins engagé » par les critiques — qui ne l’aiment pas. Il ne se vend qu’à 80 000 exemplaires. Moi, j’aime bien « L’amour fou », moins d’un discours que beaucoup de sa musique d’avant :

Mais on veut engagé ? Il y a « Lettre au Ministre du saccage des familles et des jeunes existences dévastées ». Je ne plaisante pas. « Je regarde mes dix-sept ans » me rappelle un peu « A Pirate Looks at Forty » de Jimmy Buffett — pas la musique, mais le même thème mélancolique de vieillir.

Son cinquième album, Vernet-les-Bains, est un hommage à son village aux alentours de Perpignan. Télérama dit de cet album que c’est « comme quand on se réveille avec une gueule de bois ». Je ne sais pas — « Ce soir je te laisse partir » n’est pas plus déprimant que son œuvre du passé !

« La grotte des amoureux » a plus l’air « gueule de bois ».

L’âge d’or, sorti en 2015, n’a pas connu de succès même si les critiques l’aimaient. « La vie quoi ! » profite de techniques de production plus modernes que d’hab chez Cali. Je l’aime bien :

Je me demande s’il écoutait « Fields of Gold » de Sting juste avant d’écrire « Le grand chemin ». Je l’aime bien aussi.

Il y a deux albums de plus, sortis en 2016 et 2020, mais à vrai dire, j’ai assez entendu pour avoir mon avis. J’ai écouté juste « Annie Girardot », mais il n’y avait qu’une référence à l’un de ses films et je ne sais même pas lequel.

Que penser de Cali ? Il n’est pas un grand chanteur, mais je veux être gentil. Il n’a pas de voix particulièrement forte, sa musique est toujours compétente mais n’a que rarement des mélodies intéressantes, et ses textes font souvent envie de pleurer. Pourtant, je sais ce que j’ai vu sur le plateau de Taratata. J’ai l’impression que Cali est plus sympa sur scène que dans le studio. Si je n’ai pas particulièrement envie de l’ajouter à ma collection, j’aimerais toujours le voir en live si possible.

Ma note : J’irais au concert.

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