Le Bonaparte américain

Habituellement, quand on mélange deux choses comme ça, comme si j’avais dit « Regis Philbin est le Nagui américain », tout le monde comprend que ça ne veut pas dire littéralement que Regis Philbin est un parent de Nagui. C’est juste qu’ils font les mêmes choses. Mais cette fois, avec l’histoire de Charles Joseph Bonaparte, c’est littéral ! Je dois beaucoup de ce qui suit à cet article de l’Institut Naval des États-Unis.

Charles Bonaparte, domaine public

En 1803, le petit frère de Napoléon Bonaparte, Jérôme, s’est marié avec Elizabeth Patterson (surnommée « Betsy », comme d’habitude avec ce nom), une américaine. Napoléon n’a pas approuvé le mariage, et il a décrété que le mariage serait annulé. Elizabeth était déjà enceinte, et elle a donc accouché d’un fils à Londres, Jérôme-Napoléon Bonaparte, auquel elle a donné le surnom « Bo ».

Jérôme-Napoléon a grandi dans le Maryland, aux États-Unis, et il a obtenu un diplôme en droit de Harvard, mais il n’a jamais travaillé comme avocat. Il a eu deux fils, Jérôme-Napoléon II, colonel dans l’armée française sous Napoléon III, et Charles Joseph. Et la carrière de Charles Joseph est quelque chose d’incroyable, complètement à l’opposé du membre d’une famille royale qui habite aux États-Unis aujourd’hui. (Je parle de Harry l’Inutile, le fils du Prince Charles le Nul d’Angleterre.)

Jérôme Napoléon Bonaparte, auteur inconnu, Domaine public

En 1905, le Président Theodore Roosevelt a nommé son ami du dernier 15 ans, Charles Joseph, au poste de Secrétaire de la Marine, rôle qui est sous-secrétaire du Ministre de la Défense. On penserait que les journaux américains ne seraient pas trop heureux d’avoir le descendant d’un roi dans notre gouvernement, mais ce n’était pas le cas :

Following the announcement at the end of June, Harper’s Weekly sought the usual “French gestures and grimaces” to criticize but could find none in this portly second-generation American, elsewhere described as having “the cannon-ball head of a warrior, with room for two sets of brains,” and a signature that proudly swept a full six inches across the page.

Traduction :

Suite à l’annonce fin juin, Harper’s Weekly a cherché à critiquer les habituels «gestes et grimaces français» mais n’en a trouvé aucun chez ce corpulent américain de deuxième génération, décrit ailleurs comme ayant «la tête de boulet d’un guerrier, avec de la place pour deux ensembles de cerveaux », et une signature qui balayait fièrement six pouces sur la page.

The American Bonaparte

Charles Joseph a passé 13 mois au poste de Secrétaire de la Marine. Il n’y avait pas de guerres à l’époque, alors il n’a pas joué un rôle stratégique, mais il a fait partie d’un petit « scandale » quand il a suggéré dans un rapport qu’il n’y avait plus de raison pour garder le plus vieux navire de la Marine entière :

The vessel now at Charlestown [Massachusetts] is not the vessel with which Hull captured the Guerriere…To exhibit the Constitution, therefore, as the genuine ‘Old Ironsides,’ charging, as has been proposed, a fee for permission to inspect her, and using the amount thus earned to bear the expense of her preservation, would not only ill accord with the dignity of the Government, but would amount to obtaining money under false pretenses…If, for purely sentimental reasons, it be thought that this supposed veteran of our old wars is entitled to a warrior’s death, she might be used as a target for some of the ships in our North Atlantic fleet and sunk by their fire.

Traduction :

Le navire actuellement à Charlestown [Massachusetts] n’est pas le navire avec lequel Hull a capturé le Guerriere … Pour exposer la Constitution, par conséquent, en tant que véritable « Old Ironsides », facturant, comme cela a été proposé, des frais pour l’autorisation de l’inspecter , et utiliser le montant ainsi gagné pour supporter les frais de sa conservation, non seulement serait en désaccord avec la dignité du gouvernement, mais reviendrait à obtenir de l’argent sous de faux prétextes … Si, pour des raisons purement sentimentales, on pense ce prétendu vétéran de nos anciennes guerres a droit à la mort d’un guerrier, il pourrait être utilisé comme cible pour certains des navires de notre flotte de l’Atlantique Nord et coulé par leur feu.

The American Bonaparte

Cette suggestion… n’a pas été bien reçu par le public. En fait, le Président Roosevelt a choisi de faire exactement ce qu’il lui a conseillé de ne pas faire, de « facturer des frais pour l’autorisation de l’inspecter », et aujourd’hui, on peut toujours visiter le Musée USS Constitution.

USS Constitution Museum Collection, CC BY-NC-ND 4.0, Lien original

Après son tour comme Secrétaire de la Marine, le Président Roosevelt a nommé Charles Bonaparte a son plus prestigieux poste, Ministre de la Justice. Il a passé 2 ans dans ce rôle, où il a gagné le surnom « Charlie the Crook-chaser » ( « Charlie le chasseur d’escrocs » ) En 1907, M. Bonaparte a suggéré au Congrès qu’il faut exister une agence de détective sous le contrôle du Ministre de la Justice. Après l’échec d’une enquête sur une escroquerie par plusieurs fonctionnaires du gouvernement, en 1908, le président Roosevelt a donné au ministre Bonaparte le droit de créer cette nouvelle agence. Ce qu’il a créé s’appelle le «Bureau of Investigation». Vous le connaissez aujourd’hui sous le nom de FBI.

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