Il y a des années, une nouvelle connaissance (à l’époque quand tout le monde était « une nouvelle connaissance ») m’a envoyé un clip d’un certain Fatal Bazooka, « J’aime trop ton boule ». J’ai dû passer un bon moment avec un dictionnaire, mais je crois que c’était la première fois où j’ai entendu le mot « mec ». On trouve très peu d’exemples de ce mot, ainsi que de « meuf » sur ce blog. (Pour ce que ça vaut, j’ai trouvé le nom de l’adversaire de Fatal, Chris Prolls, très amusant — ça marche en anglais.) Pour autant que j’aime la sonorité de la langue française, ces mots font mal aux oreilles. Au moins, aux miennes.
De toute façon, il y a des semaines, j’ai vu la blague suivante sur le site Quora :
Le mec : » Je veux que tu sois ma femme «
La Meuf : Tu as une maison ?
Le mec : » Non «
La meuf : Tu as une Mercedes ?
Le mec : » Non «
La meuf : Tu touches combien ?
Le mec : » Rien , mais…..
La meuf : Y a pas de mais……T’as rien et tu veux m’épouser ? Casse-toi chez ta mère !!!
Le mec : » J’ai pas une maison, j’ai une villa , j’ai pas une Mercedes j’ai une Ferrari et une Porsche, je ne touche rien car c’est moi le patron et maintenant va te faire foutre chez ton père «
Histoires drôles sur Quora
Vous ne la trouverez jamais sur la balado, car je la trouve insultante et pas particulièrement drôle. Le fait que la chute valide la règle de 6-6-6 n’améliore pas mon avis. Cependant, dans les commentaires, un utilisateur japonais a posé une question :

Comme j’ai cité du Trésor de la Langue française, on pense que ça vient peut-être d’une contraction de « mais que », et en quelque sorte, c’est devenu un nom. À vrai dire, je ne trouve pas cette explication très convaincante. Un autre utilisateur a proposé autre chose :
Alors mec, je penses ça vient du hollandais. Au bruxelle un petit homme se dit manken. Mais ça se dit mannkhienne. Si on retire le diminutif parce que les français simplifient, car ce n’est pas leur langue ça donne mannk. Mannk devient mennk qui devient mek, ou mec… Et chaque fois les hollandaise on fait forte impression au français. Aujourd’hui encore on a une expression « ta blonde » qui veut dire ta petite amie, ça vient de hollande car les hollandaises sont blondes. Manken, petit homme, mec en français.
Commentaire sur Quora
Je n’ai pas entendu cette histoire de blonde avant — et elle ne trouve aucun soutien dans le Trésor — mais c’est assez logique. Ça dit, cette histoire de mec n’est pas pire que « mais que ». J’ai quand même fait d’autres recherches, car il me dérange que ce mot n’a rien à voir avec le verlan ordinaire, où on inverse l’ordre des lettres. Ça m’a mené à Wiktionnaire, qui ajoute seulement que :
Le sens 2, attesté depuis 1848, est peut-être à rapprocher de l’argot mac, apocope de maquereau, prononcé \mæk\ (dans l’accent populaire parisien), puis \mɛk\.
Mec, Wiktionnaire
Alors, c’est quoi le sens 2 ? C’est juste « homme d’un couple ». En fait, des 5 sens proposés, 3 sont vraiment juste « homme ». Les 2 autres n’ont rien à voir. Cette recherche n’a donc mené nulle part.
Mais j’ai quand même appris quelque chose. Dans cette même entrée, on trouve :
mec \mɛk\masculin(pour une femme, on peut dire : meuf, feumeu, feum, meufeu, méquesse)
Ça fait mal aux oreilles (j’imagine que « feumeu » et « feum » viennent du même processus que « reubeu » et « beur »). Mais « méquesse », c’est hilarant !
Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine avec une histoire qui fera plaisir au capitaine Haddock.

Le rapprochement de « mec » avec « mac » (maquereau) me paraît le plus plausible. Dans un argot (très insultant) on entendant dire d’une femme qu’elle est « maquée », sous-entendu qu’elle a un « mac » et qu’elle se prostitue, mais cette expression dégradante s’est étendue au cas où une femme vit en couple — avec un « mec » ou un « mac ». C’est une expression violente du rapport de domination supposé dans tout couple hétéro. Si la femme est « maquée », fais attention à ne pas l’approcher car le mec/mac pourrait te tomber dessus !
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« on entend dire », pas « on entendant »…
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Avec une telle histoire, je suis étonné que l’on utilise mec dans la langue courante !
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Je pense que ce sont des jeunes qui emploient « mec » et « meuf »… dans les banlieues…
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Pas seulement, contrairement à l’idée reçue. Dans les quartiers bourgeois voir riches, ça n’hésite pas à l’utiliser, surtout chez les jeunes bien élevés…
Exemple vécu 😹
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l’expression a pour elle son ancienneté, qui lui a enlevé son côté subversif.
On a un exemple d’utilisation d’un mot dérivé chez Renaud, que je n’ai au passage entendu que chez lui, était-ce une adaptation pour la rime ?
« J’étais tranquille, j’étais peinard
Accoudé au comptoir
Le type est entré dans le bar
A commandé un café noir
Puis il m’a tapé sur l’épaule
Et m’a regardé d’un air drôle
T’as un blouson mecton
Il est pas bidon »
Cette chanson est tout de même vieille, vieille, vieille. Et si elle vous a pas plu… vous savez où y s’la met !
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Quel mic mac !
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Je peux me tromper, mais pour moi, parler de « blonde » pour désigner la copine serait plutôt une habitude québécoise — à moins que ça ne soit un argot régional, à ce titre je ne verrais pas trop le lien avec le hollandais. Après, en recherchant le mot « mec », je suis tombé sur une explication qui le ferait remonter à un patois des Ardennes, sur lequel on peut imaginer une influence du francique, qui est aussi à l’origine du hollandais. Voilà, hypothèse absolument pas scientifique ni étayée.
Les mots « mec » et « meuf » sont d’usage familier, si « reubeu », qui est le verlan de « beur », lui-même le verlan de « arabe » sont courants je n’ai jamais rencontré « meufeu » ou « méquesse ». Je suis d’accord avec vous, celui-ci est amusant… mais je doute d’avoir l’envie de beaucoup en jouer !
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Oui, je croyais aussi que « blonde » de cette façon était du vocabulaire québécois, mais vu que c’était un néerlandais qui le disait (ce que je n’ai pas mentionné, j’étais prêt à le croire !
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Voilà encore une question que je ne me suis jamais posée.
Je suis également très sceptique sur le « mais que ».
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Je pense que le mec à sa poule sur le trottoir. à l’école en 1956 et années suivantes nous étions entre mecs, pas de gonzesses ou meufs ce dernier terme n’existait pas .
Etre avec sa blonde être avec sa femme
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Quand tu parles de blonde, j’ai une vieille chanson militaire (dont, ironie du destin on a fait une comptine pour enfants) qui me revient en tête. Le titre original nous renvoie en Hollande, même si les Québécois la revendiquent comme appartenant à leur patrimoine traditionnel ! 😉
=> https://fr.wikipedia.org/wiki/Aupr%C3%A8s_de_ma_blonde
😉
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Auprès de ma blonde…
Oh souvenirs de bonnes rigolades !
« Ma blonde » était souvent utilisée par feu mon Ami Corto et moi-même.
Je l’utilise encore à l’oral.
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Ah oui, je me souviens bien de cette chanson…
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