Et si je vous disais que nous avons choisi de passer une demi-journée dans un parc d’attractions ? Oui, la fin de notre seule journée entière à Kyoto s’est déroulée dans un parc consacré aux films japonais. Mais on est très loin d’Universal Studios Japan (pas vraiment — c’est à seulement 57 km). Uzumasa Kyoto Village (lien en anglais) est une expérience culturelle que j’ai soigneusement choisi pour être quelque chose d’unique, pas l’énième temple ou musée.
La chanson du jour, c’est « Œilvert » par Nobuo Uematsu :
Comme les films de cape et d’épée, les japonais ont un nom pour les films fictifs qui traitent de leur histoire, jidaigeki. Littéralement, ça veut dire « drame historique », mais c’est particulièrement un genre qui traite de l’époque avant 1868 et la restauration de Meiji, ce qui a mis un terme aux shoguns, samouraïs et ainsi de suite. Le quartier d’Uzumasa est la capitale des films jidaigeki, et le « village » est en fait un plateau de tournage en activité, où plus de 200 films sont tournés chaque année par son propriétaire, Toei Studios (Toei = Tokyo Eiga, eiga étant le mot pour « film »). Toei est aussi l’actionnaire principal de Toei Animation, connu pour Goldorak et Capitaine Flam, parmi des centaines de choses.
C’est pas Disneyland ici — quand on voit l’entrée, rien ne donne l’impression que c’est un parc d’attractions :


Mais juste après le guichet, les décorations donnent un indice que l’on n’est plus au Japon du XXIe siècle :

Voici la rue que l’on voit en quittant le bâtiment du guichet. C’est tout un village décoré pour ressembler à un du XVIe siècle :

Il y a des statues comme on a vu ailleurs, par exemple à Ninenzaka :

Notre premier arrêt a été un bâtiment de 3 étages pour voir un spectacle dit « Ninja Mission ». La description en anglais donne une fausse impression qu’il n’y a pas de mots — en fait, il y a des descriptions projetées sur un grand écran. Mais l’idée n’était pas difficile à suivre — il y avait un seigneur qui devait voyager entre deux royaumes, un méchant et 4 sbires ninjas qui essayaient de l’empêcher, et un ninja dit Hayate qui était là pour protéger le seigneur. Les cascades étaient très impressionnantes, avec des sautes de 7 ou 8 mètres par les ninjas, des combats à l’épée, et des effets pour donner l’impression que les ninjas pouvaient jeter des sorts. Les photos étant interdites, ma description doit suffire.
Dans le même bâtiment, il y a un musée consacré à deux séries de télé par Toei, Masked Rider Kamen (avec des héros qui portent des masques en forme d’insecte) et une autre que vous devriez reconnaître, Super Sentai, connue en France sous les titres Turbo Ranger et encore plus, Power Rangers. Je ne vais pas mentir, je ne connaissais pas du tout Masked Rider Kamen, et très peu Power Rangers, mais les costumes étaient impressionnantes.




Voici des « Super Sentai » à travers les années :



Il y avait des affiches des films liés à ces séries :

On pouvait aussi voir une collection de motos utilisées dans Kamen :


Vous ne verrez plus jamais une telle photo car j’ai peur des motos, mais on pouvait se prendre en photo à moto, alors je l’ai fait. La Fille et moi avons copié ce que l’on a vu des japonais dans la queue devant nous.

Il y avait aussi des affiches d’un dessin animé shojo — c’est-à-dire ciblant les filles — dit PreCure :

Dans cette rue, il y avait des restos rapides (le musée et le spectacle étaient dans le gros bâtiment en arrière-plan à droite) :

La Fille et moi voulions tester ce resto, Shuiro Maguro, consacré complètement au thon (maguro = thon) :

Voici la carte. Je suis complètement Seiryu… euh, sérieux. Il y a des nigiris et des sashimis, mais ce qui a attrapé mon œil, c’était le « thon frit et frites au goût de thon ».

Voici nos commandes ; La Fille a goûté la croquette de thon :


Les frites au goût de thon n’avaient rien de spécial (même si la promesse a été livrée), mais le thon frit a changé ma vie. Je ferai mon tout pour dupliquer cette recette. Je crois qu’il s’agit de la chapelure japonaise dit panko, alors je crois que je sais déjà quoi faire. Mais il faudra le tester avant d’en dire plus.
On a aussi visité Zarame, une spécialiste en barbe à papa. C’était super — notre commande était aux goûts de fraise et de cerise. Voici la carte, la salle, une version de son logo avec un personnage apparemment bien connu des films jidaigeki à la place de sa geisha habituelle, et La Fille avec la barbe à papa. Vous ne pouvez rien voir d’elle derrière tout ça !




Connaissez-vous la série d’anime de robots géants dit Neon Genesis Evangelion ? Il y a un robot de 4 étages là, et on peut le monter de l’intérieur en jouant à de petits jeux liés à l’histoire. Ne me demandez pas pourquoi je n’ai pas pris une photo de l’extérieur. Heureusement, ils m’ont pris en photo dans sa main, et si c’est un peu édité, c’est à base de la réalité :

On prend un « examen psychologique » pour voir si vous êtes prêt à être pilote. Il y avait un petit souci :


Le système a décidé que j’étais plus proche de ce personnage. Elle serait dégoûtée, j’en suis sûr :

Voici d’autres trucs que l’on rencontre dans la queue :




Au sommet, on se prend en photo dans le cockpit :

Près du robot, il y a une silhouette des personnages d’Evangeliom, et un distributeur de verrines d’après eux :


Il y a un magasin de ninjas, Shinobiya, et on peut payer pour tirer des shurikens. On reçoit un shuriken en caoutchouc comme souvenir :




La dernière rue du village contient plusieurs lieux de tournage :



Tout à la fin, juste avant la sortie, il y a une exposition spectaculaire sur l’histoire de jidaigeki à Uzumasa. Seulement la première partie est traduit en anglais (et pas d’autres langues là-bas), mais on apprend que ça fait 100 années depuis le début en 1925, et que c’était le développement des rails, ainsi qu’assez d’espace ouvert, qui y a attiré les studios — exactement comme à Hollywood.

Meme si on ne comprend pas le japonais, l’exposition d’accessoires de théâtre et de costumes vaut la peine. On sait que Star Wars est dérivé de La Forteresse cachée d’Akira Kurosawa, et quand on voit ce gusoku, on sait exactement d’où venait Dark Vador :

Deux clichés d’accessoires pour finir :


Il faut dire que beaucoup de choses sont traduits en anglais dans le parc, mais il n’y avait guère d’autres touristes non-japonais. L’équipe était accueillant, mais il n’y a eu nulle part ailleurs dans ce voyage où connaître même un peu de japonais a autant amélioré l’expérience. On en parlera.

Cet article m’a beaucoup plu!
Mon fils jouait autrefois avec ses figurines de Power Ranger.
Je regarde volontiers des séries ou films japonais d’inspiration historique.
Tu as l’air très martial, et surtout serein, dans ton fauteuil de cockpit !
Et la musique du jour est apaisante sans parler de cette illustration de cerisiers en fleurs qui s’accorde à mon inspiration bloguesque du jour.
Merci pour la promenade dépaysante !
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