On reprend maintenant « Le Côté de Guermantes ». Cette fois, j’ai avancé de 30 pages.
Quand nous avions quitté le livre la dernière fois, la grand-mère du narrateur était en train de mourir. Les Guermantes ont insisté sur faire un appel à un certain docteur Dieulafoy, qui arrive maintenant :
Le docteur Dieulafoy a pu en effet être un grand médecin, un professeur merveilleux ; à ces rôles divers où il excella, il en joignait un autre… qui était de venir constater l’agonie ou la mort.
Il excelle surtout à reconnaître l’évident :
Après avoir regardé ma grand’mère sans la fatiguer, et avec un excès de réserve qui était une politesse au médecin traitant, il dit à voix basse quelques mots à mon père… Mais déjà celui-ci avait détourné la tête, ne voulant pas importuner, et sortit de la plus belle façon du monde, en prenant simplement le cachet qu’on lui remit.
Finalement, après des douzaines de pages, la grand-mère n’est plus :
Françoise ne put résister à cette vue et éclata en sanglots. Me rappelant ce que le médecin avait dit, je voulus la faire sortir de la chambre. À ce moment, ma grand’mère ouvrit les yeux… Ma grand’mère était morte.
On passe maintenant au deuxième chapitre, intitule ainsi :
CHAPITRE DEUXIÈME
VISITE D’ALBERTINE. PERSPECTIVE D’UN RICHE MARIAGE POUR QUELQUES AMIS DE SAINT-LOUP. L’ESPRIT DES GUERMANTES DEVANT LA PRINCESSE DE PARME. ÉTRANGE VISITE À M. DE CHARLUS. JE COMPRENDS DE MOINS EN MOINS SON CARACTÈRE. LES SOULIERS ROUGES DE LA DUCHESSE.
Le narrateur décide de rendre visite encore une fois à Mme de Villeparisis :
je comptais ce soir même aller entendre une petite pièce qu’on jouait chez Mme de Villeparisis.
Un détail qui parle de l’époque :
Depuis le matin on avait allumé le nouveau calorifère à eau.
Êtes-vous prêts pour une surprise ?
Il me pesait d’autant plus d’être seul ce dimanche-là que j’avais fait porter le matin une lettre à Mlle de Stermaria.
Quoi ? Il avait quitté Balbec il y a un tome sans jamais lui parler ! Mais la raison est assez surprenante :
Robert de Saint-Loup, que sa mère avait réussi à faire rompre, après de douloureuses tentatives avortées, avec sa maîtresse, et qui depuis ce moment avait été envoyé au Maroc pour oublier celle qu’il n’aimait déjà plus depuis quelque temps… il avait rencontré à Tanger Mlle ou plutôt Mme de Stermaria, car elle avait divorcé après trois mois de mariage. Et Robert se souvenant de ce que je lui avais dit à Balbec avait demandé de ma part un rendez-vous à la jeune femme.
J’imagine que dans les coulisses, elle a dû faire quelque chose d’horrible à Saint-Loup pour mériter cette punition. Mais je ne comprends pas bien Saint-Loup, car :
La rupture de Saint-Loup avec Rachel lui était très vite devenue moins douloureuse, grâce au plaisir apaisant que lui apportaient les incessantes demandes d’argent de son amie.
Hein ? Le narrateur explique, mais je ne le trouve guère éclaircissant, que :
Aussi chaque demande est-elle accueillie avec la joie que produit une accalmie dans la souffrance du jaloux, et suivie immédiatement d’envois d’argent, car on veut qu’elle ne manque de rien, sauf d’amants…
Ça dit, ce n’est pas Mme de Stermaria qui rend visite au narrateur :
Tout d’un coup, sans que j’eusse entendu sonner, Françoise vint ouvrir la porte, introduisant Albertine qui entra souriante, silencieuse, replète, contenant dans la plénitude de son corps, préparés pour que je continuasse à les vivre, venus vers moi, les jours passés dans ce Balbec où je n’étais jamais retourné.
Notre génie des relations amoureuses nous dit que :
Certes, il est plus raisonnable de sacrifier sa vie aux femmes qu’aux timbres-poste, aux vieilles tabatières, même aux tableaux et aux statues. Seulement l’exemple des autres collections devrait nous avertir de changer, de n’avoir pas une seule femme, mais beaucoup.
Les vieilles habitudes d’instrumentaliser les autres reviennent vite :
Voulant et n’osant m’assurer si maintenant elle se laisserait embrasser, chaque fois qu’elle se levait pour partir, je lui demandais de rester encore… Certes je n’aimais nullement Albertine… il me faisait rêver à la fois de mêler à ma chair une matière différente et chaude, et d’attacher par quelque point à mon corps étendu un corps divergent…
Mais après une intrusion de Françoise, on entend :
Quand Françoise fut sortie de la chambre et Albertine rassise sur mon lit :
— Savez-vous ce dont j’ai peur, lui dis-je, c’est que si nous continuons comme cela, je ne puisse pas m’empêcher de vous embrasser.
— Ce serait un beau malheur.
Ah oui, est-ce que ça arrive enfin ?
— Si vraiment vous permettez que je vous embrasse, j’aimerais mieux remettre cela à plus tard et bien choisir mon moment. Seulement il ne faudrait pas que vous oubliiez alors que vous m’avez permis. Il me faut un « bon pour un baiser ».
C’est une façon de dire que « non ».

Ou… une preuve que la notion de « consentement » n’existe pas depuis hier seulement !
J’aimeAimé par 1 personne
❤
J’aimeJ’aime