Attendez avec les commentaires, la faute du gros titre est le sujet de la Langue de Molière du jour !
De temps en temps, je peux me féliciter de ne jamais faire certaines erreurs, simplement car je ne les ai pas entendues. En voici une.
Le Figaro a posé la question ainsi :
Faut-il écrire «il n’est nul part» ou «il n’est nulle part» ? Les deux formules caracolent sur le papier. L’une d’elles est pourtant inexacte.
«Nul(le) part»: ne faites plus la faute !
Le problème, selon son autrice, Alice Develey,, c’est que le Français dans la rue, son nez dans son portable qui enseigne toutes les mauvaises leçons des réseaux sociaux, entend dans la tête un accord où il n’y en a pas. Des exemples offerts par Mme Develey :
«Un espèce de manteau», «belle armistice», «grandes pétales», «aphte douloureuse»…
Dans presque tous ces cas, c’est juste une question de se tromper de genre, où de penser qu’il y a un accord avec un objet en dehors de l’expression elle-même. Comme explique Madame Develey :
…l’expression «nulle part» a toujours été au féminin. Le mot «nul» est accordé au mot «part». Cela en fait une locution adverbiale. Elle est donc invariable.
J’ai du mal à voir comment on fait cette erreur par hasard, car j’ai appris « nulle part » comme une expression en soi. Je suppose que si j’avais grandi avec la langue, je pourrais penser que « nulle » devait accorder avec « il » dans, par exemple, la chanson de Mme Sanson. Cependant, ça me semble bizarre, parce que « de » établit que ce qui suit est sa propre expression, que « nul » va donc avec « part » ; ce n’est pas la même chose que « il est nul/elle est nulle ».
Mais ! J’ai dit qu’il y avait une exception ci-dessus, que l’une de ces erreurs n’était pas comme les autres (il y a une comptine en anglais sur ça, « Une de ces choses n’est pas comme les autres »). Et là, on peut justement s’en vouloir à de grands écrivains, au niveau du Panthéon.
« Un espèce de manteau » semble être une erreur où on accorde le genre de l’expression avec « manteau », car c’est une espèce. À l’origine, au XIIIe siècle, espèce venait du latin et était uniquement au féminin :
1. a) XIIe s. vraie espesse « signe, révélation (de Dieu) » (Alexis, ms. S, éd. Paris et Pannier, 1298), attest. isolée
Espèce, Trésor de la Langue française
Mais en fait, il était une fois, les aristocrates se distinguaient de tels que moi en utilisant « espèce » au masculin :
Puis, patatras au XVIIIe siècle! L’aristocrate décide d’employer le mot «espèce» au masculin pour signifier sa différence avec les roturiers, explique le linguiste Claude Duneton. C’est ainsi que le libertin Duclos put écrire en 1751: «L’espèce est l’opposé de l’homme de considération.»
Ces fautes d’inattention qu’on fait au quotidien
Mme Develey nous raconte que tout un défilé de grands écrivains l’ont adopté au masculin comme insulte :
Très apprécié pour son aspect péjoratif, l’espèce passe alors chez les écrivains. Voltaire écrit «un espèce de grand homme», Victo Hugo «un espèce de maure» et Claudel «et quant aux Arabes, tous ces espèces de prophètes à la manque». Non content d’être du mauvais genre, l’«espèce» est aussi de mauvais genre et s’emploie pour insulter. «Espèce d’abruti», «espèce de dindon»… Au vocatif, le mot dépossédé de masculin ou de féminin permet de rendre la femme et l’homme égaux devant l’injure.
Mais comment est-ce possible qu’elle ne mentionne pas le plus grand utilisateur d’espèce comme insulte ? Je parle du capitaine Haddock, naturellement ! Wikipédia garde une liste de toutes ses insultes, et tel est son usage que les éditeurs ont développé un code pour ça :
Lorsqu’une référence est précédée de e, le terme est précédé de « espèce(s) de » dans l’original. Lorsqu’elle est suivie de s, l’expression originale est au pluriel.
Exemple : ectoplasme | eOML.56B3s | Lire : « espèces d’ectoplasmes » (pour cette référence).
Vocabulaire du capitaine Haddock
Alors, pour cet exemple d’ectoplasme, on trouve :

On voit dans le tableau qu’il y a 15 exemples dans les albums de Tintin, et à 4 fois, il a dit « espèce d’ectoplasme ». Si c’est un peu difficile à suivre, ben, c’est aussi le cas pour notre cher capitaine.
Mais on voit en quoi le capitaine est trop malin pour l’Académie et ses immortels. Il n’y a jamais d’accord avec « espèce » dans cette construction, alors on ne sait pas si le capitaine fait des erreurs.
Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine avec le problème de traduire l’un des discours les plus fous jamais enregistrés en anglais.

J’écoute Véronique alors je ne suis plus ton cours Justin 😃 !
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Mais j’ai tout compris !
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Tintin et le capitaine Haddock sont excusables, ils nous viennent de Bruxelles, où vivait Hergé, le créateur de leurs personnages ! 😉
Je ne suis pas du tout sûre que la lecture des BD soit la cause des fautes d’accord qui te préoccupent ! Les raisons sont multiples et je laisse à d’autres le soin de t’apporter leurs lumières sur la question ! 😉
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Que de bavards peu réfléchis avant que d’être incultes ou de snobs à la recherche d’un dialecte élitiste composés de tics humoristiques copiés pour adopter une mode « de lanceurs de stupidités » qui n’ont jamais ouvert de dico !
Les gamins qui s’inventent un vocabulaire pour exclure les adultes de leur cercle de pairs n’agissent pas autrement… sans parler des individus malhonnêtes !
Ces jours-ci j’ai rencontré tant d’erreurs orthographiques dans les sous-titres télévisuels ( nous aimons bien baisser le son et suivre les sous-titres en même temps !) comme dans les notifications de mon fil d’actualité google que j’ai totalement « rendu mon tablier » de prof.
Que les autres parlent patawouet ou patois local ! Tant pis pour eux! L’essentiel étant que je persiste à traquer mes propres erreurs… car moi je ne veux être nulle nulle part… à en devenir neu neu !
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*composÉ, le dialecte!
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C’est pareil avec les sous-titres en anglais — absolument pleins d’erreurs !
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