L’album de sa vie : Eddy Mitchell

Quand je vous ai parlé de mon dernier achat de la FNAC, Coucou Bonjour !, je n’ai pas mentionné qu’il y avait autre chose dans le colis. Il m’a fallu du temps pour tout écouter, car il y a presque 6 heures de musique sur les 5 disques de ce coffret, mais après 3 mois, j’ai enfin fini les 100 chansons de L’album de sa vie pour Eddy Mitchell (lien non-rémunéré vers la FNAC).

L’album de sa vie est en fait une série par Universal Music France ; il y a d’autres coffrets portant le même nom pour d’autres musiciens tels que Georges Brassens, Alain Bashung, Dalida, etc. Il y a souvent des versions plus courtes de 50 chansons et plus longues de 100, mais vu que l’on parle d’un type qui parle souvent de suivre « le chemin d’Eddy Mitchell » — j’entends parler qu’il y a un livre qui divise la France entre Eddy et Maïté — dois-je vraiment vous dire lequel j’ai acheté ? (Les 100, au cas où.) C’est la première fois où j’ai acheté un album de cette série — et à cause de DHL, la dernière — alors je ne peux pas faire la comparaison entre la qualité de ce coffret et les autres.

Ce que je peux vous dire pour commencer, c’est que le conditionnement, c’est de première classe. Voici la boîte :

Et le dos, avec sa liste de titres :

Il y a 5 disques, chacun dans sa propre housse en papier, ainsi qu’une brochure avec des notes de doublure. Malheureusement, cette dernière est juste la liste de crédits obligatoires pour les compositeurs et paroliers — un essai sur le contexte historique des contenus aurait été le bienvenu, même si les paroles étaient une attente irréaliste.

C’est souvent le cas que de telles collections sont remastérisées pour profiter d’avances dans les équipements, mais je ne pouvais rien trouver à cet égard. Ça dit, le niveau de bruits et de craquements ou clics est très bas dans les vieux enregistrements , même si certains ont toujours une qualité d’échos qui montre qu’il restait plus à savoir sur comment monter un studio.

L’ordre est juste chronologique par année de la sortie originale. Le Cimetière des éléphants, par exemple, apparaît sur le 3e et 5e disques, mais la première fois, c’est car on est en 1982, et la deuxième fois car Eddy a enregistré une reprise aux côtés de Véronique Sanson en 2018. (On y reviendra vers la fin.)

J’ai déjà beaucoup dit sur sa carrière pour le Projet 30 Ans de Taratata, alors ici je parlerai juste des pépites intéressantes que j’ai ratées la première fois.

Le premier disque traite largement de sa carrière des années 60, à commencer avec « Repose Beethoven » jusqu’à une version en live de « Be Bop A Lula ». C’est donc presque tout des reprises de musique américaine. Mais « L’épopée du rock », c’est original et puissant — Eddy ne manque de rien par rapport à « Twist and Shout » des Beatles, une bonne comparaison :

Je ne savais pas qu’en plus de « Eddy sois bon » (pas dans cette collection) il y avait aussi « Bye bye Johnny B. Good ». C’est trop de reprises de la même matière.

Le régal du deuxième disque est « Le parking maudit » de 1978. Si la musique rappelle une centaine de choses des années 60, c’est toujours à lui, et les paroles sont humoristiques, livrées avec un clin d’œil. J’adore :

« La Fille du motel » vaut aussi le coup, ainsi que « Pas de Boogie Woogie ». Il a tellement maîtrisé les formes américaines, mais ce sont à lui. Il a sa voix mature à ce point, et je la préfère fortement au premier disque.

Le troisième disque est peut-être mon préféré, même si « La dernière séance » est sur le deuxième. « Faut pas avoir le blues » est parfaite, une chanson qui aurait sa place dans n’importe quel bar à Chicago, la maison des blues :

« J’vous dérange ? » tire évidemment de l’inspiration de « Teddy Bear » d’Elvis, mais j’en ai profité énormément. « L’Idole chante au dessert » est purement un produit des années 80, et rappelle The Police, surtout « I’ll Be Watching You » avec la guitare. « Nashville ou Belleville » aurait pu être une chanson de Johnny Cash, une piste country avec une mélodie aussi simple que celle de « Folsom Prison Blues », mais avec des paroles émouvantes au maximum — j’ai pleuré à la fin. Si vous avez remarqué le point auquel je déteste Serge Gainsbourg, il sera très surprenant quand je vous dis que la piste que j’ai écoutée la plus à ce point est « Vieille Canaille », un duo avec les deux :

Le quatrième disque est presque aussi bon que le troisième. « Lèche-Botte Blues » est hilarante :

« Tell It Like It Is », un duo avec Aaron Neville, est vraiment au chanteur américain, mais Eddy tient bien sa place face à cette star. « Rio Grande » est à Eddy, et montre encore une fois qu’il est un maître du genre country. « J’aime pas les gens heureux » pourrait être mon générique avec 7 semaines restantes avant mon 50e. Cependant, j’étais amèrement déçu par « Ma Nouvelle-Orléans », en duo avec le pianiste de légende de cette ville, Dr. John. Enregistrée après l’ouragan Katrina, il fait des commentaires politiques à mon avis très mal placés. Je doute qu’Eddy sache qui étaient Mary Landrieu et Ray Nagin. Mais c’est ma seule plainte de ce genre au fil de 100 chansons.

Le dernier disque contient un meilleur hommage à la Nouvelle-Orléans, « Laisse le Bon Temps Rouler » :

« Les Vrais Héros » est la chanson parfaite pour notre époque de films de super-héros, un rappel qu’ils sont fictifs. Le disque se termine sur une série de duos avec d’autres stars telles que Véronique Sanson, Gregory Porter, Michel Jonasz et Christophe, tous tirés des deux albums dits La Même Tribu. Et c’est ça ma petite dernière plainte sur le coffret. Il n’y avait pas de problème de droits d’auteur avec ces deux albums, alors je ne sais pas comment la maison de disques aurait pu terminer ce coffret avec une chanson autre que « La Même Tribu », l’hommage ultime des plus grandes vedettes de la chanson française à Eddy. Elle n’est même pas sur le disque. Je trouve ça une erreur.

Pour le fan convaincu d’Eddy Mitchell, s’il n’a pas déjà une belle collection de ces chansons sur d’autres disques, ce coffret est un must. Mais même si on n’est pas aussi fan d’Eddy que ça — j’entends parler que ces gens existent — c’est une fenêtre ouverte sur toute la gamme de ses intérêts, qui sont impossibles à résumer en un ou même trois genres. Eddy Mitchell est un musicien par excellence, et si je n’aurai jamais l’opportunité de le voir en live, L’Album de Sa Vie est sans doute la deuxième meilleure option.

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