Archives de l’auteur : Justin Busch

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A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Le mystère du mauvais disque

Avant de me lancer dans le sujet évident du gros-titre, il faut que je partage avec vous exactement pourquoi ce sujet est si important pour moi. J’étais chez Miguel’s Jr pour le déjeuner hier, comme trop souvent. Je l’aime peut-être à moitié autant que la fréquence de mes visites le suggère — c’est le seul resto rapide de mon quartier qui offre une réduction pour une seule personne, et l’absence de discrimination anti-célibataire fait de moi un client fidèle. À ne pas dire Fidel. De toute façon

Comme dans tous les restos mexicains, d’habitude ils ne jouent que de la musique mexicaine. Alors, j’étais choqué d’entendre une chanson française chez Miguel’s. J’ai même tourné un petit clip pour le prouver !

Mais de toutes les chansons possibles, pourquoi Aya Nakamura ? C’est ma blague du 7 août 2023 devenue réalité ! (Non, je ne m’en souviens pas de toutes — mais celle-ci était spéciale.) C’est un bon exemple de l’importance de non seulement chercher de la musique française, mais la bonne musique. Sinon, on risque une vie d’Aya et de Jul. (Un jour, ce dernier intentera un procès contre moi — ce blog ne manque pas de blagues sur lui.)

Alors, j’ai reçu une enveloppe aujourd’hui, envoyée de Bayonne :

Photo de l'adresse de retour sur l'enveloppe

Ah, vous reconnaissez le nom Agorila ? C’est la maison de disques derrière Bandas du Sud-Ouest, mais qui a mis complètement le mauvais disque sur iTunes sous ce nom. Et pourquoi est-ce que je voulais avoir ce disque ? Parce que je suis devenu obsédé par sa ressemblance avec la musique des mariachis après la recommandation d’Il Est Quelle Heure. Bien sûr, il y a de bonnes raisons historiques derrière ça, et on en parlera plus une autre fois. Parlons maintenant des contenus de l’enveloppe.

Comme vous pouvez deviner, c’est le disque, afin que je puisse avoir la bonne musique :

Malheureusement, c’était une enveloppe insuffisamment matelassée, et vous pouvez voir que le boîtier CD est fissuré des deux côtés. Pas très impressionnant, ça, surtout pour un disque vendu tout neuf. Heureusement, le disque est arrivé en bon état.

Il n’y a pas beaucoup de notes de doublure dans le boîtier, mais voici ce qui se trouve là-dedans :

Alors, je vous ai dit qu’Apple m’a remboursé quand il s’est avéré que les pistes achetées sur iTunes venaient du mauvais disque. Mais, et je suis bien surpris par ça, ils n’ont pas supprimé l’enregistrement de ma bibliothèque iTunes. Je n’aurais pas objecté — j’ai reçu mon argent, pas besoin de me laisser garder l’achat. J’ai donc décidé de faire plus de recherches, pour voir si je pouvais découvrir le bon album derrière mon achat raté.

J’avais deux indices : 1) évidemment, l’album allait venir de la même maison d’édition, et 2) il s’agissait de chansons liées à l’équipe de rugby Aviron Bayonnais. C’était franchement pas grand-chose :

Capture d'écran du site de la maison de disques Agorila -- 16 résultats en recherchant « Aviron ».

Heureusement — et c’est ainsi que j’ai pu découvrir que le premier album était le mauvais — Agorila offre un lecteur avec des extraits sur presque toutes les pages des albums. Par exemple :

Lecteur pour l'album Kant'AB
Capture d’écran

En écoutant des extraits de cet album, Kant’AB, je me suis dit : « Ça semble être le bon, mais il y a beaucoup de compilations dans leur catalogue. J’ai besoin d’une liste complète de pistes pour être sûr. » Et Google m’a vite amené à la page de streaming d’Amazon Prime. Vous savez, le truc que je viens d’annuler la veille en me félicitant. Préparez-vous à rigoler. D’abord, voici une capture d’écran des pistes sur Amazon :

4 premières pistes de l'album Kant'AB sur Amazon, avec leurs durées.
Capture d’écran

Maintenant, une capture d’écran de ces mêmes 4 pistes dans ma bibliothèque iTunes — ce sont les fichiers qui étaient intitulés comme s’ils venaient de Bandas du Sud-Ouest, sans l’être, mais je n’ai pas pensé à prendre une capture d’écran jusqu’à ce que j’aie déjà fait les changements.

Capture d'écran des vieux fichiers sur iTunes -- ils ont exactement les mêmes durées que les fichiers de l'album sur Amazon, sauf dans un cas, différent d'une seconde.

Avez-vous remarqué quelque chose ? Peut-être que… la durée de toutes ces pistes est à une seconde près des mêmes pistes sur Amazon ? Ouaip. J’ai trouvé le bon disque.

Mais il y avait une piste de trop — 22 sur le disque, mais 23 dans la collection sur iTunes. Avec l’aide de l’appli Shazam, j’ai découvert que c’était la seule et unique piste vendue avec le bon titre, juste sur le mauvais album. Alors voici les résultats finaux sur mon portable :

Capture d'écran des 4 derniers albums ajoutés à ma bibliothèque iTunes, dont les 3 venant de chez Agorila mentionnés dans ce post.

Je ne vais pas acheter le reste de « Top Bandas » pour finir la collection. Mais j’ai maintenant deux albums entiers, et l’important, Bandas du Sud-Ouest, est là sans pertes, exactement comme je le préfère.

Saison 4, Épisode 25 — Blâmez pas La Poste

Je ne voulais pas sauter Dimanche avec Marcel encore une fois, mais samedi, j’étais en fait à un autre événement de l’OCA, le Grand Pique-nique de la Rentrée. Naturellement, j’ai préparé un dessert pour l’occasion — deux, en fait. Voilà :

Tarte aux fruits -- il y a deux anneaux de fraises à l'extérieur, suivis d'un anneau de mûres, et à l'intérieur, d'un anneau de framboises. La croûte a été cuite dans un moule flûté.

J’ai fait deux tartes car je suis extrêmement arrogant — je croyais que beaucoup de monde serait déçu s’ils ne pouvaient pas goûter le dessert de Justin. Mais j’ai oublié deux choses : 1) personne ne tranche les desserts aussi finement qu’un Français, et 2) les enfants ne mangent rien sans chocolat. Alors, tout le monde qui en voulait en a eu, et j’ai une tarte entière à la maison. Bon, j’avais. Quoi, comme si j’allais juste la laisser périmer ?

Vous pensez que je plaisante sur la première chose. Mais quand j’ai apporté une tarte tropézienne à une soirée de tarot, je vous jure que j’ai vu une invitée couper un bout de la même largeur que mon couteau !

On m’a demandé la recette. En fait, je n’en ai pas une. Quand on pâtisse assez, on apprend qu’il y a certaines choses que l’on a gratuitement, juste à cause d’avoir appris d’autres choses. Dans ce cas, c’est la moitié de la recette de pâte sucrée et une recette entière de crème pâtissière, telles qu’elles apparaissent dans l’annexe de mon livre. Quant aux fruits, c’est au choix. Alors, j’ai copié les deux dans un autre fichier, écrit des instructions pour le montage (légèrement différents de ce que je conseille dans le livre — pas besoin de laisser la crème reposer au frigo avant de la verser dans la croûte), et ça marche.

J’ai reçu un courriel ce week-end avec la pub suivante :

Capture d'écran avec le gros titre « La JLC Family revient sur TF1+ ».

La « JLC Family » donne des prénoms horribles à ses enfants : Chelsea, Cayden, London et Love Shine. Je peux divaguer pendant des heures sur les nombreux variants bizarres du prénom irlandais Aidan : Jaden, Braden et Caden pour commencer, à ne pas mentionner l’orthographe pathologique qui va souvent avec — Bradyn, Jaydyn, et j’en passe. Mais « Love Shine » (Amour brille) ? Désolé, mais là, il s’agit de la maltraitance aux enfants ! Puis j’ai lu dans Le Point qu’ils sont grosso modo les Kardashian français.

Connaissez-vous mon astuce la plus… euh… astucieuse ? Je ne commande guère à Amazon, alors chaque fois où j’y passe une commande, il m’offre un tarif réduit pour Prime. Je l’accepte, puis j’annule dès que je reçois mon colis. Puisque je ne fais rien d’autre — pas de musique, pas de films — je reçois un remboursement. J’aurais payé 6 $ en frais de livraison pour la rame de papier que j’y ai commandé, mais de cette façon, j’ai payé 1,99 $ pour un essai d’une semaine, j’ai reçu mon papier le lendemain, et j’ai fini par recevoir 1,07 $ au moment d’annulation. Voilà, le livraison le lendemain pour seulement 92 centimes.

Et en parlant de cette rame, voici une photo du livre imprimé, du côté pour voir la hauteur. Ça fait 3,2 cm ! Je l’aurai relié — j’espère que ce ne sera pas trop un problème, vu la taille inhabituelle — puis il partira enfin pour la France. Je ne ferai pas ça avec d’autres maisons.

Vue du livre imprimé -- c'est juste un tas de feuilles de papier vu sous cet angle.

Cette semaine, je vais enfin informer la gestion de mon immeuble que je le quitterai en octobre. Après 15 ans, c’est difficile, même si j’en ai marre de beaucoup de choses ici. Mais avec un nouvel appartement, je ferai quelque chose qui n’est pas arrivé depuis longtemps — avoir des invités pour le dîner. Il y a 5 couples dont je me sens obligé de les inviter depuis longtemps.

Notre blague traite des stylos. Nos articles sont :

Les gros-titres sont Cheveux et Attente. Il n’y a pas de Bonnes Nouvelles cette semaine.

Sur le blog, il y a aussi Renvoyé, le compte rendu d’une catastrophe, Deux meurtres qui changeront les États-Unis, sur les nouvelles de la semaine précédente, Ici et là, des nouvelles personnelles, et Le repas des bénévoles, sur un dîner pour les bénévoles de mon association.

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Assiette de madeleines à l'orange et au chocolat, avec un côté trempé dans du chocolat noir.

Dimanche avec La Poste

Avant de me lancer dans le prochain « Dimanche avec Marcel », il faut que je vous dise que je viens de découvrir que Proust dit beaucoup plus tard dans La Recherche :

Laissons les jolies femmes aux hommes sans imagination.

Ouest-France Citations

Ce « laissons » à l’impératif doit être le truc le plus drôle du livre entier. C’est comme si j’écrivais « Des hommes de bon jugement en affaires amoureuses, dont moi ». De toute façon, j’ai avancé de 25 pages.

La dernière fois, notre narrateur de génie vient de nous dire qu’il a décidé de quitter Gilberte à jamais, ce que je trouvais bête et impulsif. Naturellement, un paragraphe après la phrase où j’avais arrêté, il dit :

je revins… sentant que je ne pourrais retrouver la respiration qu’en rebroussant chemin, qu’en retournant sous un prétexte quelconque auprès de Gilberte. Mais elle se serait dit : « Encore lui ! Décidément je peux tout me permettre, il reviendra chaque fois d’autant plus docile qu’il m’aura quittée plus malheureux. »

Avec ça, c’est clair que Proust a découvert la friend zone un siècle avant que l’émission Friends l’a vulgarisée. Je peux donc presque comprendre son choix. Cependant, tous les chiots languissants d’amour du monde — dont moi — reviendraient quand même. Comment est-ce que Proust ne le sait pas ?

Puis, le narrateur nous mentionne :

les brouillons de lettres contradictoires que j’écrivis à Gilberte.

Faites pas ça, con. Ne me demandez pas pourquoi je le sais. Mais brûlez-les et oubliez cette idée le plus vite possible. Punaise, il va envoyer l’une de ces lettres, j’en suis sûr.

Je venais d’écrire à Gilberte une lettre où je laissais tonner ma fureur…. un instant après, le vent ayant tourné, c’était des phrases tendres que je lui adressais

Merde. Il suit des réflexions sur l’auto-illusion de quelqu’un qui galère à comprendre qu’il n’y a plus d’espoir pour sa relation, mais si j’ai bien compris, ça ne va pas l’épargner d’une erreur catastrophique. N’envoyez jamais de lettres dans une telle situation.

(Au cas où ce n’est pas clair, quelqu’un aurait dû m’arracher l’enveloppe.)

Dois-je vous dire qu’il essaye de la voir le lendemain ? Elle n’est pas là, et il s’avère que c’est même vrai, mais cette nouvelle donne lieu à des pages de fantasmes qu’en fait, avec un peu de distance, c’est elle qui jouera le chiot languissant et reviendra avec des excuses. Il commence à attendre tous les jours à une lettre de Gilberte, qui n’arrive jamais. Sûrement, c’est juste que La Poste l’a perdue, comme une autre carte postale plus récente dont je vous ai parlé. (Tout à coup, si vous n’aviez pas compris ce qui s’est passé, tout devrait être clair.)

Pour les femmes qui ne nous aiment pas, comme pour les « disparus », savoir qu’on n’a plus rien à espérer n’empêche pas de continuer à attendre. 

Quittez ma tête, Marcel. Je me demande toujours, au moins une fois par jour, ce que j’ai fait à quelqu’un à mes 17 ans pour qu’elle préfère ne pas aller au dernier bal scolaire qu’aller avec moi. Cette partie était dur à lire.

Mais il commence à faire quelque chose avec lequel je ne peux pas sympathiser. Plutôt que chercher Gilberte, il va chez les Swann pour voir sa mère. Ouais, Odette de Crécy elle-même. Sûrement j’hallucine. Quel garçon ferait pareil ?

L’une de ces visites est enfin récompensé, à un moment quand Mme Swann a aussi une autre invitée, Mme Bontemps :

« Je crois qu’elle vous a écrit pour que vous veniez la voir demain… »

« Non, je lui écrirai un mot ce soir. Du reste, Gilberte et moi nous ne pouvons plus nous voir », ajoutais-je, ayant l’air d’attribuer notre séparation à une cause mystérieuse…

« Vous savez qu’elle vous aime infiniment, me disait Mme Swann. Vraiment vous ne voulez pas demain ? »…

Je craignais qu’en me revoyant Gilberte pensât que mon indifférence de ces derniers temps avait été simulée et j’aimais mieux prolonger la séparation.

Voilà, un autre moment je-n’en-peux-plus. On lui propose exactement ce qu’il cherchait, et il préfère jouer à un jeu stupide.

Mais ce n’est pas sur Gilberte que nous finissons cette fois. Il se passe que pendant cette même visite, les Verdurin rentrent dans l’histoire, ce même couple qui avait apparemment renvoyé Charles Swann pendant le premier tome. Maintenant, puisqu’Odette a commencé à établir son propre salon, et reçoit ses propres invités, même Mme Verdurin ne peut pas résister à leur rendre visite :

Seul aussi d’ailleurs il était présenté par Odette, qui préférait que Mme Verdurin n’entendît pas de noms obscurs et, voyant plus d’un visage inconnu d’elle, pût se croire au milieu de notabilités aristocratiques, calcul qui réussissait si bien que le soir Mme Verdurin disait avec dégoût à son mari : « Charmant milieu ! Il y avait toute la fleur de la Réaction ! »

Que tous ces personnages jouent à des jeux stupides !

Le repas des bénévoles

J’ai passé une soirée intéressante hier. Ça fait un an et demi que je suis responsable du bulletin de l’OCA. Mais c’est la première fois où je me suis retrouvé en compagnie d’une vingtaine de personnes bénévoles de l’association pour dîner ensemble. Je n’ai pas pris de photos, parce qu’au-delà de la présidente à la table, personne ne l’a fait. J’ai quand même quelques remarques.

Table de desserts, Photo par John Mason, CC BY 2.0

Le dîner venait d’un resto libanais à Anaheim. C’était largement de la cuisine générique de la région : des kebabs de bœuf et de poulet, du riz, du taboulé. Je dois ajouter — les kebabs de bœuf étaient exceptionnels, les meilleurs que je connais au-delà du resto persan que je fréquente quand je vais à Los Angeles. Cependant, peut-être que vous êtes surpris d’apprendre que nous n’avons pas eu de français. Sans avoir vu la facture, je devinerais quand même que ça coûterait au moins deux fois ce repas. Le français ici est follement cher quand c’est disponible tout court, et à emporter, c’est presque introuvable.

Je ne voulais pas m’en plaindre, mais ils sont tous habitués à dîner beaucoup plus tard que moi. En partie, ça se prononce « diabète » — je ne veux jamais rien manger après 21h, afin de ne pas me réveiller à un taux de glycémie choquant. Mais la différence entre mes habitudes et les leurs est quand même énorme, alors je dois imaginer que c’est pareil pour la grande majorité d’entre vous. Nous nous sommes réunis à 18h30 et n’étions pas à table jusqu’à 20h. Je dîne pas plus tard que 18h tous les jours.

Comme pendant d’autres événements avec beaucoup de monde, j’ai galéré horriblement à cause du bruit. Avec plusieurs conversations autour de moi, c’était très difficile de me concentrer sur l’une d’entre elles. C’est pire pour moi en français qu’en anglais, de loin. On m’a posé des questions sur ça en partant ; il devait être très évident. Oups.

Quelque chose vers la fin m’a dérangé. Je ne sais pas s’il s’agit d’une différence culturelle ou juste les personnalités de certaines personnes. Je ne veux pas parler au nom des autres Américains, mais j’ai été élevé avec l’idée qu’à la fin d’un repas, si on est invité, on propose d’aider à débarrasser la table et à tout nettoyer. Il y avait 4 femmes qui faisaient ces tâches ; elles ont refusé. J’espère sincèrement que personne n’a eu l’idée que c’était une tâche réservée aux femmes. Il y a 60 ans, ça aurait été le cas aux États-Unis, mais ce n’était certainement pas une attente de ma part !

De toute façon, j’apprécie vraiment l’invitation. C’est toujours sympa d’être reconnu !

Ici et là

Alors, j’ai tout genre de faits divers qui s’accumulent ces deux dernières semaines.

J’étais déjà au courant que les horaires des chaînes de radio ont tendance à changer chaque rentrée, mais je suis toujours surpris par les nombreux changements chez RTL depuis le 25 août. Je n’ai l’habitude d’écouter RTL Soir que le mercredi, à cause de mon propre horaire — je ne l’écoute qu’en voiture, et c’est le seul jour où je suis en voiture au bon moment. Il m’a fallu une semaine de plus pour remarquer qu’Agnès Bonfillon et Yves Calvi n’étaient plus là, ayant été remplacés par Anne-Sophie Lapix, que je ne connaissais pas. En même temps, Faustine Bollaert anime une émission différente, « Un jour, une vie » à la place de « Héros », et Amandine Bégot n’est plus sur RTL Matin.

Autoradio, Photo par Vogler, CC BY-SA 4.0

Avec un peu de recherche, il s’est avéré un jeu de chaises musicales ; tous sauf M. Calvi restent au sein de RTL. Mais j’aimais bien le duo de Sotto et Bégot avec Laurent Gerra, et j’aimais bien RTL Soir tel que je l’avais connu. Malheureusement, Mme Bégot diffuse désormais sur RTL 3h du Matin, comme le midi français est connu chez moi, alors j’espère pour mon bien-être ne pas l’écouter en live. Peut-être en podcast de temps en temps. (J’ai fait une blague pareille dans mon livre, où l’émission du matin sur NRJ se disait « Manu dans le 21/1 ».) Quant au pauvre M. Calvi, il doit être bien épuisé d’entendre le nom Lapix ; c’est la deuxième fois où elle l’a chassé de sa place, l’ayant remplacé sur France 2 en 2014 selon Wikipédia.

J’avoue que je trouve Mme Lapix assez charmante dans son nouveau rôle, mais j’ai reçu un sacré surpris en testant « On refait le monde » plus tôt cette semaine, car elle l’anime aussi. Je me suis lancé sur RTL avec Les Grosses Têtes afin d’apprendre à écouter plusieurs personnes en même temps. Cette autre émission, c’est tout autre chose — je ne pouvais rien comprendre, avec 2 ou 3 personnes criant à la fois ! Ça ne vaut pas la peine, mais pour ce qu’il vaut, ce phénomène est si bien connu aux États-Unis sur nos émissions politiques, qu’il existe une expression péjorative, « shout shows » (spectacles de cris).

Ceux qui sont connectés à moi sur Facebook savent que depuis 3 jours, je galère à trouver une rame de papier A4 afin d’imprimer une copie de mon manuscrit pour envoyer à une maison d’édition qui insiste toujours sur papier. Évidemment, je ne m’attendais pas trop sérieusement à en trouver en magasin, mais quand Staples, la seule grande chaîne de fournitures de bureau restant aux États-Unis, m’a montré ce papier sur leur site, je croyais que c’était ma solution. Hier soir, après avoir pris mon argent sans plainte, ils m’ont envoyé un courriel pour dire « Haha, mais non. » Je suis fâché car le message contenait des suggestions « d’autres produits », tous du mauvais format. Si je voulais n’importe quel papier, j’en aurais acheté en magasin !

Il me coûtera 50 $ à envoyer le manuscrit en France. Ce prix permet une grosse enveloppe jusqu’à 4 livres — la mesure, pas le truc à lire — et 1/2 rame de 500 feuilles fait environ 2 livres. À ce prix, je ne l’enverrai de cette façon qu’à une maison d’édition, mais c’est une qui a publié d’autres livres dans le même esprit.

Revenons à la radio brièvement. La pire pub sur les ondes françaises appartient sans conteste à Volkswagen, pour la voiture Polo. Pour une chose, j’achèterais une Tesla avant une Volkswagen, et je déteste absolument tout chez Tesla (ainsi que blâme Musk pour la crise d’essence californienne). Mais la foule qui chante « Pololol » sur l’air de « Joyeux anniversaire »… j’écouterais de préférence une heure de Gaëtan Roussel plutôt que 5 minutes de cette pub en boucle !

Je finirai sur quelque chose de gentille que l’on a fait pour moi hier, sans espoir de récompense. Comme vous pouvez imaginer, j’étais de très mauvaise humeur. Je suis donc allé chez Pick Up Stix, mon resto rapide préféré pour le chinois ultra-américanisé (uniquement pour ce plat). D’habitude, je commande toujours une tasse pour soda (mais je ne bois que du thé glacé sans sucre). Ça coûte 3 $ en soi. Quand le caissier m’a dit que l’addition n’était que de 12 $, je lui ai dit qu’il avait sûrement oublié le soda. Il m’a répondu, « Nan, t’inquiète pas ». Pick Up Stix est pourtant l’un de seulement deux restos rapides qui n’exigent pas de pourboire quand on paye par carte, alors ça ne lui valait rien. C’était juste un geste sympa. Je l’apprécie énormément.

Deux meurtres qui changeront les États-Unis

Je voulais vous parler du colis à 50 $ que j’enverrai en France dès que mon papier A4 arrive. Je voulais vous parler de tous les changements chez RTL depuis fin août, et mon dernier coup de cœur, Anne-Sophie (je n’ai d’yeux que pour elle jusqu’au prochain Projet 30 Ans de Taratata — je suis en même temps la personne la plus fidèle et la moins fidèle que vous connaissez). Je voulais vous parler de la pub la plus énervante à la radio française (bon travail, Volkswagen, entreprise qui vient littéralement du leader allemand). Je voulais vous parler de la première chose gentille qu’un américain a faite pour moi en 2025. Mais je ne peux pas.

Assassinat du président Lincoln par Currier et Ives, Photo par Adam Cuerden, Domaine public

Parce que les cons ont décidé qu’ils n’ont pas travaillé assez dur pour faire sauter les États-Unis, mais ils ont enfin trouvé la solution. Bravo, les gars. L’incendie ne commencera pas demain, mais je vous rassure, nous avons maintenant deux martyrs politiques aux yeux d’un parti. On aurait pu survivre la création de la première, une inconnue, mais l’autre, c’est le pas trop loin.

Remontons le temps jusqu’au 22 août, à Charlotte, en Caroline du Nord. Un criminel, Decarlos Brown, arrêté 15 fois depuis 2007 (lien en anglais), reconnu coupable de 3 crimes (pas de délits), qui a passé 6 ans en prison, a poignardé une jeune réfugiée ukrainienne (lien en français), Iryna Zarutska. Pourquoi ? Parce qu’elle s’asseyait dans un métro avec le dos tourné, et ça suffisait, c’est pourquoi. Il y a une vidéo qui montre le tout, et c’est brutale. Avec les noms, vous pouvez la rechercher si vous en avez envie.

Pendant plus d’une semaine, ce meurtre n’est pas apparu dans la presse grand public ; seulement sur Twitter et des sites droitiers. Pour ces derniers, c’était typique des dangers de nos transports publics (femme brûlée vive à New York, homme poussé sur les rails) et quand certains essaient de se défendre, c’est seulement eux qui sont mise en examen. Mme la maire de Charlotte a même félicité les médias pour ne pas partager la vidéo. Mais cette semaine, la nouvelle est devenue un scandale national — il y a une perception forte que les médias ne parlent du meurtre car le meurtrier était noir, et ça évoquerait des statistiques inconfortables. Il y a une théorie légale aux États-Unis, reconnue par les tribunaux, « impact disparate » (lien en anglais) : si plus de personnes d’une race sont affectées par une loi qu’une autre race, puis la loi est raciste. Le résultat pervers de cette pensée est que si plus de personnes d’une race commettent un crime, punir ce crime est du racisme.

Iryna Zarutska, en tant que victime complètement innocente, est devenue le symbole de la folie de cette pensée. Mais elle était une inconnue. Ça nous amène aux nouvelles d’hier.

Un militant droitier, Charlie Kirk, a été assassiné pendant un discours à une université dans l’Utah. Une heure après la fusillade, quand il était toujours en vie à l’hôpital, des gauchistes ont commencé à fêter l’événement en public :

Capture d'écran d'un tweet : « En ce moment, dans le carrefour des rues 5e et Pine au centre-ville de Seattle. Militant gauchiste tient une pancarte qui dit "Charlie Kirk fusillé, super !" »
Source

Le tweet dit : « En ce moment, à l’intersection des rues 5e et Pine dans le centre-ville de Seattle. Militant gauchiste tient une pancarte qui dit « Charlie Kirk fusillé, super ! » L’extrême gauche a infecté cette ville » M. Kirk est mort environ une heure après la publication de ce tweet. Vous pouvez juger le caractère de la personne dans la photo pour vous-même.

Je sais que pour beaucoup de Français, la seule violence politique aux États-Unis est le 6 janvier 2021. Mais la seule personne qui est morte en résultat de ce jour-là était l’une des émeutières, fusillée par un policier. Depuis le 1er janvier 2024, on a : le meurtre d’un PDG d’une compagnie d’assurance par un militant gauchiste pour des raisons politiques, deux tentatives d’assassinat contre Donald Trump en tant que candidat (juillet, septembre), un attaque incendiaire contre le gouverneur juif de Pennsylvanie et sa famille par un militant pro-palestinien, les meurtres de deux employés de l’ambassade israélien pour la même raison, les meurtres d’une députée de l’assemblée du Minnesota et son mari par une personne nommée pour un poste par le gouverneur démocrate, Tim Walz (dans l’espoir du meurtrier qu’il allait éliminer des rivaux de Walz pour le sénat, lien en anglais).

Après le premier attentat contre M. Trump, je vous ai parlé d’autres tentatives d’assassinat pendant son premier mandat, contre des députés et juges républicains. Heureusement, ces autres tentatives ont toutes échoué, même si les cibles ont été blessées. Mais cette fois, c’est différent.

Charlie Kirk était un homme extrêmement populaire parmi son parti. Il m’est difficile d’identifier une personne exactement pareille en France ; imaginez si 20 % des Français trouvaient BHL agréable, et vous serez sur le bon chemin. Sans question, il était un partisan, mais il participait à de nombreux débats avec ses adversaires, en grande partie de façon civile. Voici son apparition sur le podcast de mon gouverneur, Gavin Newsom — beaucoup de monde croient que M. Newsom sera le candidat démocrate en 2028. Il n’avait rien de Hitler ; pourtant, on voyait des fêtes dans les médias et sur les réseaux sociaux — « c’était l’un de ses supporters », « la personne qui a motivé la mort de Charlie Kirk était Charlie Kirk » (liens en anglais). Même les députés démocrates (pas tous) ont crié « Non ! » quand une députée a demandé un moment de prière dans le Congrès.

Pour ce qu’il vaut, je fais confiance qu’il n’y aura pas de violence en réponse à ce meurtre. J’ai vu un commentaire caustique hier après-midi : « Je suis en colère mais ça ne me donne pas le droit de saccager Best Buy ». Ce ne sera pas le moment George Floyd de la droite. Mais on vient d’atteindre la limite.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Tout petit

Dans le Congrès des États-Unis, il y a une règle particulièrement malhonnête, dite « révise and extend » (réviser et étendre). Un député peut dire « Bla-bla-bla », puis « Je réserve le droit de réviser et étendre mon discours », et ça veut dire que les records officiels montreront n’importe quelle autre chose au lieu de ce qu’il a dit. La seule limite, c’est que cette règle ne s’applique qu’aux discours d’une minute (lien en anglais). Sinon, les archives seraient complètement falsifiées !

À son tour, Langue de Molière revisite parfois certains sujets, s’il y en a plus à dire. Mais je me sens comme si cette fois, je serai coupable de tout ce que je n’aime pas chez le Comgrès. Bon, pas la partie où les membres achètent des actions selon des infos non-publiques qu’ils apprennent en faisant leur boulot. Mais je vais quand même réviser et étendre mes commentaires sur l’accord de « tout ».

En relisant mon livre, j’avais écrit « tout autre personne », parce que j’avais suivi l’exemple de Mme Aurore Ponsonnet, repris ici :

Je ne sais pas vous, mais mon oreille ne se plaignait pas. Cependant, j’ai compris cette règle à dire que puisque « autre » est un adjectif indéfini, c’est un des « autres cas » comme elle le dit, alors « tout » serait invariable chaque fois.

Mais on m’a dit qu’en fait, j’avais tort, et c’était plutôt « toute autre personne ». Ça donne envie d’arracher les cheveux ! Qu’est-ce qui se passe ? Selon Projet Voltaire :

Si « tout » peut être ôté de la phrase, c’est qu’il s’agit de l’adverbe signifiant « entièrement ». Étant invariable, comme tout adverbe, il ne prend pas de « e », même devant un nom féminin.

C’est une tout autre histoire. (= C’est une autre histoire.)

« tout autre » ou « toute autre », Projet Voltaire

Cependant, et c’est ici où j’aurais une dent contre Mme Ponsonnet si c’était possible, selon le même article, elle a tort à dire que « tout » s’accorde seulement devant les cas au féminin ; c’est les indéfinis aussi :

Si, en revanche, « tout » ne peut être ôté de la phrase, il s’accorde. C’est un adjectif indéfini. On peut alors le remplacer par « n’importe quelle ».

Toute autre personne se serait réjouie. (= N’importe quelle autre personne se serait réjouie.)

Mais elle a dit que sans liaison, l’oreille n’est pas satisfait, et voici un cas où ce manque de liaison est obligatoire. En plus, personne ne va me convaincre que l’on fait ce test — « Puis-je ôter le « tout » ? » — en parlant. Il faut donc simplement s’en souvenir.

Une autre erreur du livre, du même genre ? On m’avait convaincu que « des » se transformait en « de » devant tout adjectif. Pourtant, j’ai écrit « Couper de petits rectangles » dans la recette de Canistrellis, et on m’a corrigé que c’était en fait « des petits rectangles ».

Vous faites la guerre contre mes cheveux, hein ? J’ai recherché cette question ; voici l’astuce de l’Office québécois de la langue française :

Lorsqu’il se trouve devant un nom précédé d’un adjectif, le déterminant indéfini pluriel des est généralement réduit à de (ou d’)…

Comme tu as de jolis cheveux !

Des devant un adjectif antéposé

Pas si longtemps avec les cheveux si vous continuez tous comme ça ! Mais ils continuent :

Toutefois, si l’adjectif et le nom forment un nom composé, le déterminant conserve la forme des

  • Des grands-pères
  • Des petits pois

Je ne suis pas si sûr si le changement était correct selon cette règle. Un « petit pois » est un genre de pois, différent d’un pois mange-tout. Un petit rectangle n’est pas un genre de rectangle — on pourrait couper la pâte à n’importe quelle taille.

L’Académie française est un peu ambiguë sur la question. Sans aborder la question de « noms composés », elle dit :

Quand le nom est précédé d’une épithète, au pluriel, des est ordinairement remplacé par de (de belles plages) dans la langue écrite et dans la langue parlée soignée. Mais des, qui n’est ni récent ni incorrect, se rencontre encore.

Avant le XVIIe siècle, on employait indifféremment de ou des…

Dire, Ne Pas Dire

Indifféremment, hein ? J’aime bien ce XVIe siècle avec son indifférence aux articles, son manque d’antibiotiques et de plomberie… euh, bon, peut-être que je préfère l’actualité après tout !

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour hisser le pavillon pirate.

Renvoyé

J’ai du mal à ne pas penser à la situation de samedi soir, mais « heureusement » (il n’y a pas assez de guillemets pour ça), j’ai pensé à une autre anecdote qui m’est arrivée il y a une décennie et qui bien expliqué la situation sans nommer personne. Évidemment, je change les noms.

Caïn venant de tuer son frère Abel, de Henri Vidal, Jardins des Tuileries à Paris, France, Photo par Alex E. Proimos, CC BY 2.0

Alors, il y a 12 ans, La Fille avait une copine de classe, Ghislaine, à la maternelle. Je voyais les parents, Marguerite et Gaston, souvent en cherchant nos enfants à la fin de la journée, mais nous n’habitions pas très proche, l’un des autres. Cependant, il y avait un niveau de familiarité, et plus les filles grandissaient, plus les deux devenaient amies.

Aux États-Unis, ce qui serait la dernière année à la maternelle en France se trouve typiquement à l’école primaire, l’année que nous appelons « kindergarten » : notre 1ère est le CP français. (À partir du 6e, la France compte à rebours, nous comptons par ordre croissant. Miam, je veux un croissant maintenant.) Alors, cette année de kindergarten était dans une école publique (la maternelle était privée), et les heures étaient bien plus courtes qu’avant.

Marguerite a proposé à plusieurs parents, non seulement moi et mon ex, d’embaucher une prof de yoga pour enseigner nos filles une fois par semaine chez elle et Gaston. Nous avons dit oui, et c’était une assez grande réussite que ça a duré jusqu’à la fin du CP, 2 ans au total.

Puisque je travaillais à la maison, tout comme Gaston — nous sommes bien avant le Covid — j’avais l’habitude de chercher La Fille à l’école, de l’amener à la maison, puis d’y rester jusqu’à la fin de la leçon avant de rentrer. Nous parlions pendant les leçons, et je dirais que nous sommes devenus amis. Nous avons commencé de planifier d’autres choses ensemble : des journées à Disneyland, jouer ensemble dans les parcs du quartier, aller au ciné, vous avez l’idée. Pour être clair, Gaston était là pour presque tout.

J’étais entraîneur pour les équipes de foot de La Fille pendant 4 ans, 6 fois de 8 saisons possibles. La première année a eu lieu pendant le kindergarten, et c’était une assez grande réussite que Marguerite est devenue bénévole pour m’aider en été 2016, ce que l’on appelle « team mom » ou « mère de l’équipe », responsable du goûter après les matchs. Mais cet été, il y avait un problème.

Il y avait déjà l’un de ces parents-là sur notre liste. Victor savait que sa fille, 6 ans, allait être une star pour notre équipe olympique, et devrait donc jouer attaquante vedette pendant tout le match. (Elle n’est pas sur ce chemin de nos jours, mais laissez tomber ; ce n’est pas du tout sa faute.) Notre ligue avait une règle — chaque fille devait reposer pendant un quart — et en plus, j’avais l’habitude de changer les postes chaque quart, afin que tout le monde puisse expérimenter tous les rôles.

Un jour, Victor n’était pas content parce que sa fille avait commencé le jeu sur la touche, puis je l’ai mis dans les buts pour le deuxième quart. À mi-temps, il m’a affronté, et étant plus grand et plus gros que moi, menacé de me frapper. Sa femme était gênée, et pour ma part, j’ai failli appeler la police. Après ça, Victor a commencé de me dénoncer aux parents pendant tous les autres matchs.

Je dois avouer que ce n’était pas ma meilleure saison non plus. Je souffrais de la diabète sans reconnaître que j’avais besoin de médicaments, que l’exercice ne suffisait plus, et j’avais très peu d’énergie. Ça faisait plusieurs années que je n’avais pas consulté de médecin, et la faute était bien à moi. Gaston voyait ça, et ne voulait plus que sa fille joue sur mon équipe, sans rien dire. Honnêtement, je ne suis pas offensé par cette décision. Mais il a fait tout autre chose.

En automne, quand les nouvelles listes sont sorties, j’étais bien surpris quand Ghislaine ne soit pas dans mon équipe. Marguerite était aussi surpris, parce que son nouvel entraîneur n’était rien d’autre que Victor. Elle m’a dit d’appeler le gérant de la ligue et demander ce qui s’est passé. Et le gérant m’a dit : « Je ne vois pas de problème. C’est écrit sur sa demande d’inscription que les parents veulent que Victor soit son entraîneur ! » J’ai appelé Marguerite pour lui dire ça.

Un jour plus tard, elle m’a appelé à nouveau, et je pouvais entendre les larmes à travers le coup de fil. Son mari avait fait la demande exprès, sans lui dire. Elle s’est excusée, mais j’ai compris le vrai message :

À l’avis de Gaston, j’étais trop proche de Marguerite, avec tout le temps passé dans sa maison, même s’il était là pour savoir que rien n’est jamais arrivé. Il n’était pas toujours là pour les rendez-vous dans les parcs, et je n’allais jamais le convaincre qu’ils étaient aussi innocents que ce qu’il voyait avec ses propres yeux. Il me disait de cette façon « Éloignez-vous de ma femme » (et rappelez que selon moi, « vous » n’existe pas en anglais !), et depuis ce jour-là, au-delà de quelques bonjours aux écoles, je ne leur parle plus.

C’est ça la raison pour laquelle je fais hyper-attention en tout ce que je fais envers les femmes : pourquoi les interviews de 5 Minutes Avec étaient sans vidéo, pourquoi je n’ai jamais envoyé une demande d’ajoute à une femme (sauf une fois, et je le regrette toujours), et ainsi de suite. Si toutes les lectrices du blog faisaient des comparaisons entre les courriels échangés entre moi et elles pour des raisons diverses, je suis bien satisfait qu’elles seraient toutes d’accord que je n’ai rien tenté, que je m’excuse parfois même de les avoir contactées.

Vous comprenez maintenant pourquoi j’étais en pleine panique quand une femme mariée a accepté mon offre de covoiturage sur le forum de l’OCA pour aller voir Arnaud Demanche ?

Quand j’ai des amies françaises, c’est parce qu’elles m’ont proposé l’amitié à chaque fois, qu’il s’agit des expatriées ou de celles en France. De mon point de vue, si un mari ou un petit ami veut lire tous les messages entre nous, soyez le bienvenu — il n’y a absolument rien de coquin, sauf une fois pour me taquiner, et ce n’est pas venu de moi. (Ça m’a tué, mais je suis fiable.) Je ne fais pas d’appels sans avoir d’abord écrit. Si j’écris une carte postale ou une lettre, c’est toujours adressée à toute la famille si je connais les noms. Et pourtant… et pourtant…

Samedi, un moment Gaston est quand même arrivé.

Saison 4, Épisode 24 — La guerre du participe passé

J’ai vu un article piquant dans Le Figaro cette semaine, une interview avec un professeur de l’Université de Strasbourg, Pierre Hartmann, à propos de son nouveau livre, une polémique sur la grammaire. Je ne pouvais pas tout lire, car je ne suis pas abonné, mais wouah — disons que si c’était à lui, il n’y aurait point de changements à la langue française. Je peux imaginer sa réaction au sujet de la balado cette semaine sans lire son livre.

J’apprécie quand même que la France reste un pays où on peut se soucier de la langue sans se faire prendre pour un cinglé. Au moins, non seulement pour cette raison.

Je n’ai rien d’utile à ajouter sur la vote de confiance à venir prochainement. Mais on m’a ordonné de vous dire que le gouvernement Descarottes n’aurait jamais annulé deux jours fériés. Au lieu de ça, il aurait fait adopter une loi selon laquelle tout le monde devait passer la journée à la ferme, á récolter des carottes. Hélas, vous avez choisi quelqu’un d’autre à l’époque, et maintenant, c’est trop tard.

Je regrette de vous dire que la NFL, la ligue professionnelle de football américain a repris ses activités ce week-end. Je vous ai dit l’année dernière que je n’allais plus suivre les pertes des Chargers dans cet espace, car ils avaient enfin embauché un bon entraîneur, et il y avait un risque qu’ils forment une bonne équipe. Cette équipe a commencé la nouvelle saison en battant les Chiefs, qui ont remporté le championnat trois fois au cours des six dernières saisons. Si vous ne comprenez pas pourquoi je hais cette équipe plus que les autres, commencez par ici.

Il y avait une conversation très bizarre à ma soirée de jeux où personne n’a eu la bonne réponse. En anglais, les petites portes utilisées par les chiens pour rentrer dans la maison sans ouvrir la porte pour les êtres humains s’appellent « dog doors », portes à chien. Cependant, le seul mot que l’on avait pour ça en français, c’était « chatière ». Pourtant, plusieurs personnes étaient certaines qu’il y avait un mot en français plus proche de l’anglais, qui fait reference aux chiens, sans le retrouver. Les seuls objets que j’ai pu trouver sur le site de Leroy Merlin s’appellaient « chatière ». Je vous pose donc la question, de s’il existe un mot autre que « chatière pour chien ». C’est un peu hilarant que les deux langues s’opposent sur le choix d’animal dans le nom.

Notre blague traite des inutiles au boulot. Nos articles sont :

Les gros-titres sont Accord et Frites. Les Bonnes Nouvelles traitent d’une opération de sauvetage en Savoie.

Sur le blog, il y a aussi C’est le 1er, version septembre 2025, ma revue mensuelle de mes blogs préférés, Ici et là, les nouvelles diverses du blog, Paillasson, mes recherches pour le truc nommé, et Rien, sur lequel on en parlera plus demain.

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Rien

Désolé, pas de Dimanche avec Marcel aujourd’hui, et rien d’autre non plus. J’ai eu une soirée de jeux pour la première fois en plusieurs mois avec l’OCA, et j’ai fait cette tarte à citron mal accueilli pour l’événement, mais ce n’est pas le problème :

Non, le problème est que quelque chose me dérange depuis trois semaines, je craignais que quelque chose n’aille pas avec une très chère amie, je lui ai enfin posé la question, et…

Disons qu’il ne faut pas poser les questions pour lesquelles vous n’êtes pas prêt à recevoir la réponse. J’ai essayé d’écrire quelque chose pour l’expliquer ici, mais il me semble que ce serait mieux si je me taisais.

Samedi était un jour très dur, c’est tout ce que je peux dire. Et cette situation ne va pas s’améliorer, alors j’ai le moral dans les chaussettes. Encore une fois, désolé.