Archives de l’auteur : Justin Busch

Avatar de Inconnu

A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Plein la Jodie

Je suis toujours en train de réviser mon manuscrit — j’ai passé 5 heures hier sur les trois pages intitulées « Le pèlerinage ». Il n’est pas difficile de découvrir de quoi je parle avec le moteur de recherche du blog, et je me sens généreux alors voilà et voilà, mais l’écriture de cette partie est très différente de ce que vous trouverez ici. Mais j’ai quand même une petite anecdote pour vous.

Depuis le début, à chaque fois qu’un Français veut me dire un renseignement sur une célébrité américaine, ce qu’il est certain que je n’ai jamais entendu avant, c’est toujours que Jodie Foster parle le français, et plutôt bien. Dites-donc, j’ai vu quelques films où elle joue dans tel ou tel rôle, mais ce n’est pas comme si elle est quelqu’un de célèbre. Vous savez, comme Claude Gensac ou Mireille Darc.

Alors, la semaine dernière, j’ai écrit le suivant sur Facebook, après avoir écouté Les Grosses Têtes :

Les Grosses Têtes viennent de jouer au jeu où un auditeur doit deviner des noms de célébrités à partir d’indices donnés par les invités. Valérie Mairesse l’a lancé avec « Je suis une actrice américaine mais bilingue en français » et c’était assez pour moi — je hurlais « Jodie Foster » à la radio avant qu’elle ne finisse.

ÇA ME GAVE ! Vous savez qu’il y a d’autres actrices américaines que Jodie Foster, non ? J’entends parler de ça TOUT LE TEMPS !

Vous le trouverez dans cet épisode mais je ne sais pas exactement où ; je suis trop paresseux pour le chercher. Mais vu quand je l’écoute, ça doit être dans la deuxième moitié.

Et le lendemain, Instagram m’a proposé ce clip d’une interview avec elle qui avait eu lieu sur le 20h de France TV — je ne savais pas qu’elle avait joué dans un film français, « Vie privée », et que ce film a été joué au Festival de Cannes.

Peut-être que vous vous souvenez de cette photo du Lycée français de Los Angeles, quand j’y suis allé pour voir Sebastian Marx :

Panneau qui annonce le Foyer Jodie Foster

Je ne savais pas jusqu’à cette semaine qu’elle avait assisté à ce lycée ! Je croyais que c’était juste à cause d’un don.

Alors, pour être clair, oui, je sais qui est Jodie Foster, et oui, je sais qu’elle parle français. Mais pour vous rappeler pourquoi cette info est inutile, voici une capture d’écran d’une conversation que j’ai eu avec un ami en 2022 :

Capture d'écran d'une conversation. Lui : « Ah si, quand c'est Jodie Foster qui parle français lol ». Moi : « Tu sais, j'ai de mauvaises nouvelles sur Jodie Foster ». Lui : « Comment ça ? » Moi : « Tu aimerais peut-être son accent, mais elle n'aime pas du tout les gars ! »

Vous pouvez donc imaginer exactement ce qui arrivera si un jour nous nous rencontrerons :

Moi : Tout ce que j’entends sur vous des Français, c’est que vous parlez leur langue.

Elle : Et je n’entends rien du tout sur vous. Allez-vous-en !

Au moins elle est vraiment douée, pas comme Bradley Cooper, où vous vous émerveillez qu’il connaît le mot « truc ». Sérieusement.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Le Justin se marie

Malheureusement, mon gros-titre est trompeur de façon importante. Je n’ai pas de bonnes nouvelles à cet égard, juste l’envie de faire du parallélisme avec l’un de mes films préférés, car ça évoque le bon sujet pour cette tranche de Langue de Molière. Mais pour évoquer un autre de mes films, voici la mairie du 13e arrondissement de Paris. « Pas mal, non ? C’est français. », comme disait Orson Welles dans La classe américaine, devant un château. (J’explique dans le livre pourquoi ça porte une signification sûrement inconnue aux réalisateurs, mais connue à mes lecteurs.) Et de son tour, l’adresse de la mairie est 1 Place d’Italie, ce qui se trouve dans les paroles des 7 Jours de Pékin d’Indochine. Il n’y a jamais de coïncidences, et tout se relie, chez Un Coup de Foudre !

Mairie du 13e arrondissement de Paris, un bâtiment de 3 étages dont le rez-de-chaussée, de style haussmannien.
Mairie du 13e arrondissement de Paris, Photo par LPLT, CC BY-SA 3.0

Alors, pourquoi s’intéresser à cette mairie ? Il y a des semaines, j’ai vu ce clip sur Instagram :

Il s’agit de l’expression « se marier à la mairie du 13e », une expression uniquement parisienne. Mais pourquoi est-ce qu’il y a quelque chose d’inhabituel si on s’y marie ? Est-ce à cause de la réputation malchanceuse du numéro 13 ?

En fait, rien à voir. Avant 1860, Paris ne comptait que 12 arrondissements, alors si on se mariait à une mairie inexistante, c’était à dire que l’on vivait dans une situation de concubinage, sans être marié. Cette année-là, Paris s’est agrandi, de 12 arrondissement jusqu’à 20, et selon l’ancien système de numérotation, allant du nord au sud et de l’ouest à l’est, ce qui est de nos jours le 16e aurait dû être le 13e. Pour mieux comprendre la situation, voici une carte avant 1860 : les 7e, 6e et 5e modernes étaient anciennement les 10e, 11e et 12e.

Carte qui montre l'ancien département de la Seine avec les 12 arrondissements originaux, un cercle en rouge qui montre les communes qui feraient partie de Paris à partir de 1860, ainsi que les communes qui feraient plus tard la Petite Couronne.
Carte de l’ancien département de la Seine avant 1860, Dessin par Gundan, CC BY-SA 4.0

Mais les bourgeois d’Auteuil et de Passy n’allaient jamais accepter devenir le 13e vu l’existence de cette réputation. Alors le baron Haussmann a proposé le numérotation moderne en forme d’escargot, ce qui donna le numéro 13 aux quartiers de la Gare et de la Maison-Blanche.

L’expression est donc tombée en désuétude depuis très longtemps, et il n’y a jamais eu un lien entre la mairie à la Place d’Italie et le concubinage. C’était plutôt comme d’autres expressions pour dire que quelque chose est de jamais vu, comme « quand les poules auront des dents » ou « quand on acceptera une invitation au resto de la part de Justin ».

Comme je vous ai dit, un gros-titre trompeur.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine avec une leçon sur l’importance de l’orthographe.

Les brookies de Péla

J’ai fait une erreur il y a une semaine. J’avais montré une photo des nouveaux brookies de Péla à La Fille, sans lui dire d’où ils sont venus, et elle m’a tout de suite répondu « Ce ne sont pas à toi. Mais félicite Péla pour moi ». Ne me croyez pas sur parole, c’est sur Instagram. Mais ça an mis l’idée dans sa tête, alors hier elle m’a dit « Je suis stressée par les examens, sauf en français où j’ai déjà 106 %. Alors tu sais quoi faire. » Après une crise cardiaque au supermarché, voici les résultats :

Sans plus tarder, allons les préparer ! (Oh, ça rime. Ce n’était pas planifié.)

Lire la suite

Saison 4, Épisode 10 — La figure de La Berma

Je vous ai mentionné que j’avais fait des kouign-amanns vendredi pour une soirée de l’OCA. La recette est exactement celle de mon dîner bretillien. Mais vu que mon sujet était tout autre chose, il n’y avait pas de photos. Réglons cette situation :

Il faut souvent avoir une machine pro pour obtenir ce genre de feuilletage, non ? Ces gens sont vraiment gâtés — Moulin ne fait pas mieux. En fait, Moulin n’en fait pas du tout, pour autant que je sache — si on veut des kouign-amanns à Elbe-en-Irvine, il faut m’en demander. Mais on peut les trouver dans le comté d’Orange — Rendez Vous Café les fait. Ils veulent 5 $ chacun — j’estime qu’il me coûte environ 8 $ pour faire une douzaine. C’est bon — et bon marché — de me connaître !

C’est ici où je vous rappelle que personne ne veut avoir ça à la maison. Je le sais car il y avait des photos dans mon ancien profil.

On est arrivés à la dernière semaine de l’année scolaire pour La Fille. Cet été, elle suivra un cours de chimie en ligne afin de se préparer pour un horaire encore plus brutal en automne. Et le saviez-vous ? En novembre, elle aura le droit à un permis d’apprenti conducteur. Je n’ai pas de problème avec ça. Je ne suis pas le seul parent non plus. On va bien s’amuser sur ce sujet, je crois.

Il y avait une conversation très difficile à la fin de la soirée vendredi. Il faudrait que je me taise, mais disons que quand on n’est pas là, on entend des potins derrière son dos. Je savais déjà que certains ne s’entendaient pas très bien avec la personne en question — quelqu’une que j’adore — mais j’ai entendu quelque chose que je ne répéterai pas, qui a réussi à me choquer. Je me sentais obligé de dire quelque chose pour défendre celle de laquelle je parle, autant pour être clair qu’il ne faut pas me prendre en confiance sur ce sujet qu’autre chose — même si je ne lui dirai rien, car ça ne servira à rien sauf la blesser. La réponse à ça m’a laissé bouche bée.

On m’a dit « Tu sais qu’elle est déjà mariée, oui ? » Comme si ce serait la seule raison pour laquelle je dirais de bonnes choses sur n’importe qui ! Mais pour être aussi clair que possible, même si je fais des blagues parfois où j’ai les yeux pour Mesdames Lemoine ou Mazoyer, aussi mariées, c’est seulement parce que je suis à 9 000 km et pas du tout sérieux. J’espère que je n’ai pas cultivé une réputation en quelque sorte à cet égard. Peut-être qu’il plaisantait, mais ne doutez jamais que ce n’est pas moi.

J’aime tellement quand mes loisirs deviennent lourds et pleins de drame ! Il n’y en a pas assez dans ma vie avec une lycéenne à la maison !

Suite à une demande, demain vous aurez droit à une autre recette de Péla. Après, on verra.

Notre blague se traite de la bière Guinness. Nos articles sont :

Les gros-titres sont Tronche et Parents. Les Bonnes Nouvelles se traitent d’un légionnaire héroïque.

Sur le blog, il y a aussi Le gâteau « Wiggler », le compte rendu d’un gâteau d’anniversaire, Un geste inattendu, sur une surprise de chez Cuisinart, Les macarons de La Fille et son amie, sur un projet des deux filles pour le lycée, et Les frites de Berto, sur un aliment de folie, le California burrito.

Si vous aimez cette balado, abonnez-vous sur AppleGoogle PlayAmazonSpotify, ou encore Deezer. J’apprécie aussi les notes et les avis laissés sur ces sites. Et le saviez-vous ? Vous pouvez laisser des commentaires audio sur Spotify for Podcasters, qui abrite la balado. Bonne écoute !

Assiette de madeleines à l'orange et au chocolat, avec un côté trempé dans du chocolat noir.

Dimanche avec la Berma

On reprend maintenant « À l’ombre des jeunes filles en fleurs ». Cette fois je n’ai avancé que de 30 pages. Mais quelles pages — ça fait des mois où j’ai envie de voir le melon du petit prétentieux dégonfler, et il reçoit enfin la fessée qu’il mérite !

On revient d’abord sur le fait que Swann et Odette se sont mariés, ce que M. de Norpois avait trouvé impossible la dernière fois. (Quoi, il n’avait pas lu « Du côté de chez Swann » ?) Proust décrit la situation de façon curieuse :

Presque tout le monde s’étonna de ce mariage, et cela même est étonnant…elle connaissait à fond ces traits du caractère que le reste du monde ignore ou ridiculise et dont seule une maîtresse, une sœur, possèdent l’image ressemblante et aimée.

La connaissance que seulement une maîtresse ou une sœur posséderaient, mais pas une épouse ? C’est sans doute un choix exprès. J’imagine que c’est un commentaire sur le mariage en tant qu’institution. Mais l’on n’y entre pas seulement pour de mauvaises raisons, Marcel.

Mais comme souvent, dès que je gronde Proust pour être trop cynique, il me dit que je ne le suis pas assez :

on peut dire que si Swann épousa Odette, ce fut pour la présenter elle et Gilberte… à la duchesse de Guermantes.

Le mariage n’est que pour garantir que sa fille peut être arriviste ? Il me faut croire que Proust fait ça juste pour me faire applaudir quand nous apprenons que :

On verra comment cette seule ambition mondaine qu’il avait souhaitée pour sa femme et sa fille fut justement celle dont la réalisation se trouva lui être interdite, et par un veto si absolu que Swann mourut sans supposer que la duchesse pourrait jamais les connaître. On verra aussi qu’au contraire la duchesse de Guermantes se lia avec Odette et Gilberte après la mort de Swann.

Est-ce une promesse ? Il va tuer ce type après m’avoir infligé 500 pages de ses hésitations ? Aww, Marcel, beaucoup sera pardonné — si seulement vous tiendrez cette promesse !

Tout à coup, on revient dans la réalité immédiate, où le narrateur est toujours au même dîner avec son père et M. de Norpois. Il se passe que le mari de la duchesse, lui-même comte de Paris, avait vu Odette dans une gare et :

quand par hasard la conversation amenait son nom, à de certains signes, imperceptibles si l’on veut, mais qui ne trompent pas, le Prince semblait donner assez volontiers à entendre que son impression était en somme loin d’avoir été défavorable.

Vraiment ! Loin d’être défavorable ? Est-ce qu’il y a juste une personne dans ce milieu qui dit ce qu’elle pense ? De façon claire ? Je demande trop, c’est ça ?

En fait, M. de Norpois est sur le point de se racheter dans mes yeux, avec un avis fort qui blessera la petite ordure. Vous souvenez-vous des angoisses du premier tome sur son héros, un écrivain nommé Bergotte ? Le narrateur demande à de Norpois sur Bergotte, et entend :

Bergotte est ce que j’appelle un joueur de flûte… Jamais on ne trouve dans ses ouvrages sans muscles ce qu’on pourrait nommer la charpente… Toutes ces chinoiseries de forme, toutes ces subtilités de mandarin déliquescent me semblent bien vaines.

Oh, M. de Norpois, comme je vous aime. Cependant, le meilleur est à venir. Le narrateur exprime l’espoir que de Norpois parlera de lui à Mme Swann, afin de donner un meilleur avis de lui à Gilberte (la fille des Swann), mais entre ses avis insuffisamment positif de la Berma (l’actrice qu’il est allé voir au théâtre) et trop positif de Bergotte :

Et je compris que cette commission, il ne la ferait jamais, qu’il pourrait voir Mme Swann quotidiennement pendant des années, sans pour cela lui parler une seule fois de moi.

HAHAHAHAHAHA !

M. de Norpois part, et le père du narrateur lui montre une critique dans le journal où il a lu que la représentation dont il n’avait pas profité était « l’occasion d’un triomphe comme elle en a rarement connu de plus éclatant au cours de sa prestigieuse carrière ». Il ne sait rien !

Équipe de cette info, tout à coup le narrateur changé d’avis sur la Berma, au point où :

Françoise me fit arrêter, au coin de la rue Royale, devant un étalage en plein vent où elle choisit, pour ses propres étrennes, des photographies de Pie IX et de Raspail, et où, pour ma part, j’en achetai une de la Berma. Les innombrables admirations qu’excitait l’artiste donnaient quelque chose d’un peu pauvre à ce visage unique qu’elle avait pour y répondre,

Je patientais pour ce moment. Pendant tout le premier tome, à chaque fois où le narrateur pleurnichait, quelqu’un avait hâte de le gâter. À chaque fois où nous avions dû subir ses avis, personne ne l’a contredit. Maintenant, la vie le gifle directement dans le visage pour son attitude, et franchement, je suis là pour ça.

Les frites de Berto

Je n’ai rien préparé pour aujourd’hui parce que j’ai assisté à la dernière soirée de jeux de plateau de l’OCA jusqu’en automne, et je ne voulais pas la rater. J’ai fait des kouign-amanns pour l’événement, et on m’a dit que c’était mon meilleur travail depuis qu’elle me connaît. C’était très gentil. Mais complètement par hasard, un ami américain m’a envoyé quelque chose liée à une anecdote qui se trouve dans le livre. Alors je vais la divulgâcher.

En vérifiant mes recherches pour le Pas-de-Calais, j’ai découvert qu’il y a quelque chose sur les cartes des friteries là qui me dérange. Apparemment, on peut acheter des burgers soit « seul » soit « américain ». Et c’est quoi « américain » dans ce contexte ? Ça veut dire que l’on met des frites directement dans le burger. Je ne vais pas dire que ça n’existe pas tout court aux États-Unis, car c’est un grand pays et on peut trouver toute bêtise imaginable quelque part. Mais disons que je ne connais nulle part pour commander une telle chose. J’allais écrire que c’était une autre parodie française de la « malbouffe » telle qu’elle existe dans vos têtes. Et rien n’est arrivé pour changer cet avis quant aux burgers. Mais il s’avère que la réalité, c’est encore pire.

Mon ami habite au Texas. Oui, vous en avez entendu parler avant. De toute façon, il m’a appelé pour me demander si je connaissais le « California burrito ». Dites-donc, j’habite en Californie du Sud toute ma vie — ça doit être de très mauvais karma — mais je n’ai jamais entendu parler de ce burrito. C’est apparemment un burrito — c’est-à-dire de la viande, du fromage et de la salsa emballés ensemble dans une tortilla — auquel on ajoute des frites. Dit autrement, c’est exactement ce que vous pensez que nous mangeons, sauf à partir de la cuisine mexicaine, pas les burgers. Voici un exemple :

California burrito coupé en deux, Photo par RightCowLeftCoast, CC BY-SA 4.0

Ne me dites pas que de tels trucs ne se trouveraient jamais en France. Ça ne rappelle fortement ce qui s’appelle un « French taco ». Je ne veux ni l’un ni l’autre. Mais on n’a toujours pas atteint la partie la plus gênante.

Pendant les années 80s, il y avait une explosion de restos rapides mexicains dans ma ville natale, San Diego qui avaient une propriété curieuse. Ils servaient tous grosso modo le même menu, et les noms se terminaient toujours par « -berto’s ». Ça a commencé avec Roberto’s et Alberto’s, mais il y avait aussi Adalberto’s, Aliberto’s, Humberto’s, Filberto’s, et ainsi de suite. Tout le monde, dont moi, voulait savoir pourquoi personne n’a lancé des processus pour défendre la marque originale.

Il s’avère, et je ne le savais pas jusqu’à hier, qu’ils étaient presque tous gérés par des membres de la même famille, dont le plus vieux était un certain Roberto Robledo. Il n’allait pas poursuivre ses cousins. Voici un clip du resto original, toujours ouvert.

Apparemment, Roberto’s n’a pas inventé le « California burrito » — mais la chaîne a fait plus que n’importe qui pour le rendre populaire. Enfin, parmi ceux qui le connaissent. Ça fait au moins 27 ans depuis la dernière fois où j’ai mangé chez n’importe quel Berto. Ces restos sont hyper-bas-de-gamme même parmi les restos rapides, et ne se trouvent pas dans de bons quartiers. Le plus proche de chez moi est à 80 km. Et apparemment ça date à mes années à la fac, loin des Berto’s de tout genre. C’est plutôt incroyable à mes yeux que je n’en ai jamais entendu p arler, mais ça appartient vraiment à tout autre monde, même si j’habitais dans le bon endroit.

Je ne sais plus quoi faire quant au Pas-de-Calais. Je trouve le « burger américain » largement un fruit de votre imagination — mais la réalité est pire ! Je ne veux pas aller trop loin de l’histoire dans le livre. Mais maintenant, vous savez autant que moi sur notre pire habitude culinaire.

Les macarons de La Fille et son amie

Je ne crois toujours pas que j’écris ce post. Vous allez me dire que j’ai triché, que c’est mon travail, au moins en partie, mais je vous jure que ce n’est pas le cas. Les photos qui suivent sont de deux lots de macarons, 30 au chocolat et 30 à la fraise, préparés par La Fille et son amie A (pas sa vraie initiale) chez nous hier après-midi. Je n’étais là que pour superviser les travaux et leur donner les recettes.

En haut : macarons au chocolat ; en bas : macarons à la fraise

C’est dingue, mais encore une fois, je suis bouche bée face au point auquel La Fille apprend vite. Allons mettre leurs efforts sous la loupe !

Lire la suite

Un geste inattendu

C’est souvent le cas que je n’ai rien de gentil à dire à propos de mes concitoyens, d’où mon orthographe habituelle avec un trait d’union. Toutefois, j’ai reçu une surprise extrêmement agréable cette semaine, et je ne veux pas oublier de la partager.

Vous savez déjà que mon robot multifonction est devenu mon robot sans-fonction ce week-end, pendant les préparations pour la fête d’anniversaire. À l’époque, je croyais que la faute était à la goulotte, qui utilise un contact en métal comme mécanisme de sécurité. Il s’avère que j’avais à moitié raison.

Je vous ai dit que mon robot avait 13 ans, ce qui est correct. Ce que je ne savais pas, c’était que ma mère avait acheté un robot de Cuisinart à la même époque, avec un bol un petit peu plus petit, mais avec les mêmes couvercle et goulotte. Alors je pouvais les emprunter et les tester avec mon robot. C’est comment j’ai découvert que le problème se trouvait dans le couvercle, et pas la goulotte.

J’étais énervé à découvrir que Cuisinart stocke toujours des pièces pour le sien, mais pas le mien. Mon robot était une édition limitée produite pour la chaîne Williams-Sonoma, la plus grande chaîne de boutiques de cuisine aux États-Unis, avec des prétentions haute de gamme. Cependant, les seules vraies différences entre mon robot et celui de ma mère étaient la taille du bol et la couleur de certaines pièces de garniture en plastique — gris pour le sien, noir pour le mien.

J’ai quand même fait un appel au service aux clients dans l’espoir que le site web aurait tort. Ce n’était pas le cas. Mais — et ici le mot « mais » n’est vraiment pas à la hauteur de ce rebondissement — l’opératrice m’a dit que si je payais le coût de remplacer le couvercle, 50 $, Cuisinart m’enverrait une nouvelle goulotte et bol pour aller avec, sans frais supplémentaires. Et ça, c’est deux pièces qui auraient coûté 80 $ de plus ! Ne me croyez pas sur parole ; voici le ticket :

Capture d'écran qui montre la facture de 50 $ pour le couvercle, ainsi que les deux autres pièces gratuites

À vrai dire, le garanti a atteint sa date limite il y a une décennie. Ils n’étaient obligés de faire rien de la sorte. Mais l’opératrice a reconnu ma déception à penser que j’aurais désormais un robot Frankenstein, avec des pièces qui n’allaient pas ensemble, et apparemment, les employés ont le droit de faire plaisir aux clients. Je reste bouche bée.

Et en plus ? Les 3 pièces ont été expédiées hier — et arriveront plus tard aujourd’hui. C’est au-delà de toute attente !

Je ne vous mentirai pas. J’avais jeté un œil en direction Magimix, la seule gamme fabriquée en France qui est disponible chez moi. Vu le déclin des produits Cuisinart — il n’y a rien d’aussi puissant que le mien dans leur gamme actuelle — ça aurait été le bienvenu si je devais vraiment remplacer mon robot. Disons que si je me retrouverai un jour dans un pays où la tension est de 240 V, ce sera certainement mon choix. Mais pour l’instant, c’est un plaisir — sincèrement — de vous dire que le bordel n’est toujours pas complètement en désordre chez moi !

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Go figure

Langue de Molière tourne souvent autour de faux amis, et il y a des semaines, j’ai eu un sacré malentendu à cet égard. Heureusement, j’avais le bon sens de le rechercher avant de poser des questions gênantes.

On revient encore une fois sur le blog Il Est Quelle Heure, devenu source inestimable pour cette série. En écrivant sur certaines mésaventures dans sa ville, elle a dit :

Ainsi, sur la même semaine j’ai marché dans une crotte de chien, j’ai pris des branchages de haie dans la figure et j’ai été confrontée à des (oui, pas UNE mais DES) voitures garées sur le passage piéton.

Civisme

J’ai lu « dans la figure » et ça m’a arrêté net. (Je crois que c’est la première fois où j’utilise « net » comme ça ; est-ce correct ?). « Figure » veut dire une poignée de choses en anglais, mais la seule dont il s’agit du corps humain, ça veut dire tout autre chose que le français.

En anglais, « figure » en tant que nom veut dire plus souvent des chiffres. Où le français dirait, par exemple « taux de chômage/inflation/etc », en anglais on dirait « the unemployment/inflation/etc. figure« . C’est plus informel que la traduction habituelle de taux, « rate », mais assez commun en soi. Il y a un verbe lié à ce sens, « to figure », réfléchir sur quelque chose où penser particulièrement à un problème de maths. C’est ça le sens de mon gros-titre, « Allez réfléchir ».

Il y a trois autres sens en tant que nom qui sont pareils entre le français et l’anglais. De mon dictionnaire bilingue :

Ça dit « personnalité, comme dans "les grandes figures de l'Histoire", schéma, comme dans "figure géométrique", et art, comme dans "figure équestre" ».

Il y a un sens complètement inconnu à moi en français, un jeu de cartes que le dictionnaire traduit comme « court card ». Je ne connais aucun jeu en anglais sous ce nom, mais je sui loin d’expert dans ce domaine. ([Plutôt comme tous les autres, poseur. — M. Descarottes])

Mais le premier sens dans la liste de mon dictionnaire bilingue venant du côté français, c’est mine. Visage. Tout autre partie anatomique par rapport à l’anglais. Vous voyez, le dictionnaire est un peu malhonnête venant du côté anglophone. Là, on trouve :

Ça donne ligne ou silhouette en français à la place de "figure" en anglais.

À lire cette entrée, on penserait que ça voulait dire la silhouette du corps entier, et que ça s’appliquait également aux hommes qu’aux femmes. Et ce n’est pas complètement faux. On pourrait dire d’un homme qu’il a « a slim figure », « une silhouette mince ». Mais là où le dictionnaire donne « avoir une silhouette sensationnelle » pour « to have a great figure », non, on ne dirait pas ça également. Le dictionnaire fait ici un détour autour de l’usage courant. Ça s’utilise seulement pour parler des femmes, et là, seulement du torse. De la poitrine, en particulier.

Et voilà, pourquoi je ne voulais pas demander à madame ce qui voulait dire cette phrase sans faire mes propres recherches.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine parce qu’il a enfin trouvé la bonne mairie pour son mariage. QUOI ? Il faudra faire attention !

Le gâteau « Wiggler »

Encore une fois, voici le gâteau Wiggler tel qu’il a été servi à notre fête d’anniversaire pour La Fille dimanche dernier :

Haute résolution en cliquant

Cette recette est largement composée de choses déjà faites ailleurs, alors je vous montrerai les photos de fabrication avec des commentaires sur quoi faire. Mais seulement la partie tout neuve est présentée comme une recette. Allons voir ce boulot lourd !

Lire la suite