Archives de l’auteur : Justin Busch

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A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Les Craquantes

Aujourd’hui, j’ai quelque chose de complètement inattendu pour vous tous. Les deux lecteurs qui ont moins de 30 ans, vous n’aurez aucune idée de quoi je parle. Le reste d’entre vous vont me prendre pour un américain — non, encore plus que d’hab. Mais en vidant ma chambre chez mes parents récemment, j’ai trouvé quelque chose que j’avais égaré il y a des décennies.

Pendant les années 80, au-delà des Transformers et GI Joe, mon émission préférée à la télé était The Golden Girls, connue dans les pays francophones sous les noms Les Craquantes ou Carré de dames. À quel point c’était connu, je ne sais pas. J’ai horriblement du mal à trouver des clips en français, ce qui me dit que ce n’était pas la réussite énorme en France que c’était aux États-Unis. Et ça me rend perplexe, car les Français connaissent souvent des échecs aux États-Unis dont je ne m’en souviens pas du tout, comme Tonnerre mécanique ou Manimal. (On parle ici d’une émission qui a duré pendant 7 ans contre deux annulées pendant leur première année.)

Comment est-il arrivé qu’un garçon de 9 ans aimait une émission sur 3 dames âgées de 60 ans et une autre de 80 ans autant qu’une série sur des robots géants ? On parle de 4 actrices comiques de la télé qui étaient toutes bien-aimées du public avant le début de la série. Je ne les connaissais pas du tout de leurs séries des années 70, mais l’humour marchait d’une façon que même moi, je pouvais le comprendre.

Par exemple, une fois, les quatre sont dans un resto italien quand elles se rendent compte que les prix sont beaucoup plus chers qu’attendus. La plus vieille, Sophia, dit « Ne vous inquiétez pas, j’ai un vieux tour sicilien pour éviter les factures. » Elle verse du sel dans son vin puis appelle le serveur et commence à le gronder : « Dites-donc, est-on censé enlever les chaussettes avant d’écraser les raisins ? » Elles finissent par recevoir le dîner gratuitement !

Alors, pourquoi est-ce que je vous raconte tout ça ? J’ai un cousin, Steven Haft, qui travaillait en tant que producteur chez Disney à l’époque. Peut-être que vous avez entendu parler d’un film qu’il a produit avec un humoriste, un certain Robin Williams, Le cercle des poètes disparus ? (À ne pas oublier, les producteurs ne sont pas les réalisateurs, mais plutôt des hommes d’affaires.) Deux de ses associés sur le film étaient Paul Witt et Tony Thomas, aussi des producteurs des Craquantes. Alors un beau jour en 1988, cette photo avec les autographes des stars est arrivée chez moi :

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Mais ne me croyez pas complètement sur parole. Avec la photo, il y avait une lettre, adressée à mon père :

Je la traduis pour vous :

1er novembre, 1988

Bonjour Michael,

Diane (ma mère) me dit que les garçons sont de grands fans des « Craquantes ».

J’ai demandé à Paul Witt et Tony Thomas, mes amis qui produisent l’émission, obtenir ces photos signées personnellement.

J’espère qu’ils en profiteront.

Bisous à la famille, Steven

La papeterie dit « The Dead Poets Society » en bas, le titre en VO du film que j’ai mentionné avant. Quand on a un tel tube, on veut que tout le monde le sache !

Mon cousin et moi ne parlent que très rarement — il est de même âge que mes parents et habite sur la Côte Est. La relation est plutôt distante — on parle d’un cousin au troisième degré — mais oui, on se connaît. Peut-être qu’une autre fois, je vous raconterai plus d’histoires sur lui, car il est intéressant. Mais vu que j’ai enfin trouvé cette photo, j’ai la partager !

Je découvre la Guyane

On continue maintenant le Tour avec le 973, la Guyane. C’est le département le vingt-quatrième moins peuplé, et les habitants se nomment guyanais. C’est notre troisième séjour dans l’Outre-mer.

Comment est-ce que la Guyane est devenue une partie de la France ? L’histoire française trace ses origines jusqu’en 1503, mais la colonie n’a aucune importance jusqu’à la fondation de Cayenne en 1643. Pas comme les îles antillaises françaises, la Guyane n’a jamais séparé du pays depuis ce temps-là. Elle devient un département pour la première fois en 1797, puis colonie pénale, et est devenu définitivement département depuis la fin de la SGM.

Avant de continuer, il n’y a pas d’étoiles Michelin mentionnées dans cet article. Ce n’est pas du tout un commentaire sur la qualité de la Guyane — le Guide vert ne la visite pas. Michelin est une entreprise privée et a le droit de ne pas publier sur n’importe quel lieu s’ils ne veulent pas dépenser l’argent. Mais vu leur excellent travail sur les îles antillaises, je ne peux pas comprendre ce choix. Cet article ne pourrait pas exister sans le site du Comité du Tourisme. Pour ce que ça vaut, notre tour se concentre largement sur la côte, un choix nécessité par la disponibilité de photos.

On commence notre tour de la Guyane à la préfecture, Cayenne. Notre premier arrêt est le Musée Alexandre-Franconie, consacré aux cultures guyanaises. Les collections comprennent des objets historiques, des tableaux qui appartenaient au sénateur Victor Schœlcher (qui nous avons rencontré en Martinique), et de l’histoire naturelle. La Cathédrale Saint-Sauveur — c’est Un Coup de Foudre, il va y avoir une église dans chaque département — à été originalement construite dans les années 1820, mais le bâtiment moderne date d’un siècle plus tard, avec une orgue qui vient du Jura. Il faut visiter le Marché des fruits et légumes, le plus grand du département, pour des fruits cultivés nulle part ailleurs en France, tels que la grenadille (dite maracuja là-bas). Le Jardin botanique abrite, sur 3 hectares, des orchidées, des plantes carnivores, et la Maison de la vanille, une collection de nombreuses espèces de cette plante. Mais attention aux caïmans !

Au sud-est de Cayenne, on visite les Marais de Kaw à Régina, réserve naturelle pleine de faune telle que les caïmans, les iguanes, et les jacanas noirs, ainsi que de flore comme les jacinthes d’eau et des nénuphars. Puis on revient vers la côte pour visiter le Fort Diamant, les ruines d’un fort stratégique du milieu du XIXe siècle. Les plages de Rémire-Montjoly sont un bon endroit pour chercher les tortues du département. Juste à l’ouest de Cayenne, à Kourou, on passe par les Îles du Salut, trois îlots volcaniques à 11 km de la côte. L’île Royale abrite l’ancien bagne.

Aux alentours de Kourou, on visite le Centre spatial guyanais (CSG), la base de lancement de l’Agence spatiale européenne. En plus des lancements, on peut y visiter le Musée de l’Espace, avec des expositions sur les satellites et les opérationnels du CSG. Puis, on conduit presque 200 km à l’ouest à la ville de Saint-Laurent du Maroni. Ici on visite le Camp de la Transportation, ancien bagne originalement planifié pour les « ecclésiastiques non sermentés » pendant la Révolution, mais pas mis en service que jusqu’au temps de Louis Napoléon. On suit le fleuve Maroni vers l’intérieur, d’abord à Papaichton pour visiter les Abattis Cottica, de nombreux îlets au milieu du fleuve, entourés par des « arbres dépassant les 60 mètres de haut ». On finit au milieu du Parc amazonien, à Maripa-soula, une petite ville dans ce grand parc régional, qui nous permet la rencontre de nombreuses cultures — amérindiennes, brésiliennes, et surinamese, parmi d’autres.

Qui sont les personnages les plus connus de la Guyane ? Christiane Taubira, ancienne ministre de la Justice, est née à Cayenne, ainsi qu’Henri Salvador, musicien, Kevin Séraphin, joueur de basket, et Marc Barrat, réalisateur de 3 téléfilms de la série « Meurtres à ». Tariq Abdul-Wahad, né Olivier Saint-Jean, joueur de basket, est né à Maisons-Alfort. Alicia Aylies, 87e Miss France, a été d’abord élue Miss Guyane (mais est née en Martinique).

Que manger en Guyane ? Heureusement pour moi, le piment de Cayenne est en fait du Mexique, et la ville de Cayenne tire son nom d’une « caïenne », un genre de réchaud sur les bateaux. Alors que l’on y trouve des plats créoles des Antilles, la Guyane met en vedette de la cuisine amérindienne, souvent à base de manioc, et la cuisine bushinenguée, du Suriname, où on mange plein de légumes inconnus en Europe, tels que le sorossi et les feuilles de dachine (les racines sont connues chez moi sous le nom de taro). Il y a donc un colombo guyanais, comme notre dîner martiniquais, mais aussi le bami, des pâtes à la sauce soja importées par des immigrés indonésiens dans le Suriname, et le nassi, du riz cuit de même façon. Je ne ferai pas le fricassé d’iguane, peu importe vos demandes. En dessert, il y a les dizé milés, des beignets fourrés de « crène impériale » et les catalinas ou cucas, une pâtisserie à base de noix de coco et de farine de blé. Pour boire, il y a le rhum guyanais, dit tafia, ainsi que de nombreux jus à base des fruits locaux.

Oups

Hier, j’ai subi une dévitalisation pour la première — et j’espère la dernière — fois de ma vie. C’est une bonne chose que je n’ai pas dépensé le prix d’un billet d’avion pour voir Indochine, car entre ça et la couronne qui l’a suivi… l’argent pour une telle visite n’est plus là. Je ne suis pas dans le bon état pour finir mon billet sur la Guyane, et j’ai toujours du maaaaal à la joue et à la dent où la roulette a été passée, alors à cause du mauvais jugement qui va avec la douleur, j’écrirai sur mes regrets venant de la dernière soirée de tarot.

Caïn venant de tuer son frère Abel, de Henri Vidal, Jardins des Tuileries à Paris, France, Photo par Alex E. Proimos, CC BY 2.0

Pour être clair, je crois que je n’ai pas « brûlé mes ponts » comme on dit en anglais (c’est-à-dire mettre un terme à ses relations avec d’autres personnes, en général de façon dramatique). Mais si j’ai raison, c’est dû à ma différence culturelle préférée, que les Français sont beaucoup plus capables de vivre une différence d’avis. Je n’aurais jamais dit soit une chose soit l’autre en anglais à un groupe d’américains, surtout de californiens.

Je vous ai dit que vous connaissiez déjà l’un des deux secrets que je ne voulais pas révéler à ce groupe. Ce n’est pas la pire chose, c’est juste que je sais que personne au sein de l’OCA ne lit ce blog, alors je peux raconter mes mauvaises expériences ici, et je ne les mentionne jamais aux autres membres. Je parle en ce cas de « La Boulette ». J’espère que la raison sera assez évidente — je n’ai pas besoin de cafarder sur moi-même dans un groupe de connaissances en commun. Mais à l’instant, il me semblait que je n’avais pas de choix. J’explique.

Il y a très peu de personnes célibataires qui font partie de l’OCA. Soit on fait partie d’une jeune famille qui veut grandir ses enfants à l’étranger, soit on fait partie d’un vieux couple marié qui voulait prendre sa retraite ici. (Je ne vois surtout pas la logique de ce dernier groupe — les prix sont chers et la nourriture… — mais ça fait la plupart de mes connaissances.) Évidemment, des choses arrivent dans la vie — on divorce, quelqu’un meurt d’une maladie inattendue, etc. — mais en général, les gens qui sont là sont venus en couple.

Si j’ai tiré une leçon de La Boulette, c’était « défense de pécher dans cet étang ». J’ai rejoint l’OCA pour pratiquer la langue, et si j’offense qui que ce soit, je perdrai mon seul moyen d’interagir avec des natifs. Je sais que je n’ai même rien fait à cet égard, mais je dois rester au-dessus de tout soupçon. En revanche, en quelque sorte, tout le monde pense que c’était ma raison pour apprendre la langue ! Vous n’avez aucune idée de combien de monde m’ont demandé si c’était mon but. C’est souvent la deuxième ou troisième question que je reçois quand je raconte mon parcours à une nouvelle connaissance !

Dans ce cas, c’était un homme du groupe de tarot qui l’a évoqué. Devant une femme célibataire d’environ le même âge (je crois ; je ne demande jamais cette info !), pendant notre pause pour le dessert, il a suggéré que nous devions sortir ensemble parce que, et je le cite, « Pourquoi pas ? ».

Et oui, c’est assez logique ! On partage le tarot comme intérêt en commun, on se connaît depuis des années, elle ne coupe jamais mes desserts comme s’ils sont faits à base de choux de Bruxelles. C’est mieux que rien. Mais sans même un moment pour réfléchir, j’ai lancé « Jamais avec un membre de l’OCA ! » Puis j’ai expliqué que j’ai déjà évité le groupe de cinéphiles pendant six mois, car sur un malentendu, ça n’a pas du tout marché. (Je ne suis pas assez malin pour avoir dit ça au bon moment.) Au moins, je n’ai pas rendu le nom.

Je ne dis pas que j’allais faire autrement, mais j’imagine que ça n’aura rien fait du bien au cas où je changerais d’avis dans l’avenir.

L’autre chose, c’était que l’on s’est lancés dans une conversation sur la présidentielle de novembre. Je ne dirais jamais rien à d’autres américains sur le sujet. Mais dans ce groupe, j’ai partagé certaines des mêmes choses que vous avez entendues ici, mais encore plus fortement. Je n’ai pas envie de lancer dans une polémique ici, mais je vous préviens souvent que la bataille politique aux États-Unis est loin d’être le combat entre les bons et les méchants. Je n’oserais même pas dire autant en anglais.

Je dois vraiment me féliciter pour tout ça. Dans le cours d’une seule soirée, j’ai réussi à ouvrir la bouche sur deux choses dont j’essaye de les éviter à tout prix. Sans même avoir rien bu !

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

La mauvaise épitaphe

C’était un post dans un groupe privé sur Facebook qui m’a mis au courant qu’il y avait une erreur gravée sur la pierre tombale de la chanteuse Dalida. C’est un peu subtil, car tout est correct comme écrit :

Tombe de Dalida, Photo par Thomon, CC BY-SA 4.0

Vous l’avez vue ? C’est évident que la pierre a originalement dit « Dalida nous a quitté », puis a été corrigée en ajoutant un « s » dans l’espace entre « quitté » et « le ». Comme vous pouvez imaginer, le traitement de ce sujet sur Facebook était…moins que respectueux. Mais c’est Langue de Molière ici, et mon but n’est pas de me moquer de Dalida, mais de comprendre l’erreur, car celle-ci est un vrai casse-tête.

On dit que les participes après le verbe « avoir » n’accordent avec le complément d’objet direct (COD) que dans les cas où le COD a déjà été mentionné. Le Bescherelle montre ce point avec les exemples suivants :

J’ai invité des amis.

Tu les as invités pour la soirée.

Comment accorder un participe passé employé avec avoir ?

J’espère que l’on sera d’accord que je ne fais que rarement des erreurs de ce genre.

Il n’y a pas non plus de question si « nous » peut être placé avant un verbe sans accord. On dit sans problème :

Il nous a parlé.

Elle nous a frappé.

Il semblerait donc que « Dalida nous a quitté » ressemble à ces derniers exemples. J’espère que l’on sera d’accord que c’est au moins logique même si on finira par dire que c’est quand même faux.

Il y a de nombreux articles qui se traitent de cet exemple de « quitter ». On utilisera celui de Sandrine Campese du Projet Voltaire. Elle explique :

C’est la présence du pronom « nous » qui vient tout bouleverser ! Car ici « nous » répond à la question « qui ? » : « Il a quitté qui ? », « nous » ! « Nous » est donc complément d’objet direct (COD). Or, lorsque le participe passé est employé avec l’auxiliaire avoir mais que le COD est placé avant, le participe passé s’accorde en genre et en nombre avec le COD. Ici, « nous » est masculin pluriel (le masculin étant le genre retenu sans plus d’informations), d’où « quittés ». Si « nous » n’avait représenté que des femmes, on aurait écrit « il nous a quittées ».

Pourquoi écrit-on « Il nous a quittés » mais « Il nous a parlé » ?, Sandrine Campese

Madame Campese explique pourquoi ce n’est pas comme « Il nous a parlé » :

Dans le cas précédent, nous avons vu qu’il modifiait l’accord car il était COD (question « qui ? »). Quelle est sa fonction ici ? On pose la question « il a parlé à qui ? », « à nous » ! « Nous » est complément d’objet indirect (COI). Par conséquent, le participe passé parlé reste invariable.

Je comprends la différence entre un COD et un COI. Mais je ne suis pas complètement convaincu. On peut écrire :

Elle a quitté Sandrine et Bob.

On n’écrit pas « quittés » ici. Mais si on posait la question de Mme Campese, « Elle a quitté qui ? », on écrirait « Elle leur a quittés. » Encore une fois, je comprends la question d’ordre. Mais vous aurez remarqué ce qui n’apparaît pas sur la pierre tombale :

Dalida a quitté qui ?

En linguistique, on construit souvent de tels tests pour l’existence d’une structure. Il y a l’idée d’une « trace », un objet qui n’est pas dit à haute voix, mais qui bloque l’introduction d’un mot à sa place. On la démontre comme ça :

Je mange une pomme.

Qu’est-ce que je mange (trace) ? ✅

Qu’est-ce que je mange une pomme ? ❌

La première phrase montre que « mange » peut prendre un objet après. La deuxième montre l’idée de la trace, qui est là dès que l’objet bouge pour devenir une question. Si la trace n’était pas réelle, la troisième phrase aurait du sens, car on pourrait insérer un objet après le verbe, tout comme on a vu avec le premier exemple. Je suis bien satisfait que les traces sont réelles.

Mais ce jeu de traces et de tests, c’est ce qui fait un linguiste. La personne lambda ne pense pas comme ça ; pourtant, nous avons deux structures, apparemment identiques, qui ne peuvent pas être distinguées sauf par cette méthode. En tant que linguiste, je le comprends. En tant qu’être humain (tout autre chose), je ne l’aime pas.

Juste pour être sûr, la mienne va dire « Tout seul encore ? Mince ! »

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour écrire dans la vide mesure de mes moyens.

Bannière qui dit « C'est le 1er » avec des dessins de 3 desserts : bûche de Noël, religieuse, macaron à la framboise

C’est le 1er, version octobre 2024

Je continue de copier Light & Smell avec des listes de mes articles préférés au premier du mois. Ça vient d’Allez vous faire lire, mais je ne suis pas exactement ses règles.

Il me semble que Mathilde’s little things a supprimé son blog — il n’y a pas de tel message, mais des erreurs se produisent à chaque fois — mais elle reste très active sur Instagram. Les2olibrius a annoncé que son blog est en congés pour l’avenir prévisible, comme on dit en anglais.

Nouveaux à moi :

Rien, mais j’ai un tas à explorer grâce à Marie-Luce.

Les habituels :

Actif ailleurs :

Mathilde’s little things continue de poster sur Instagram, dont la cérémonie annuelle pour le 11 septembre à New York et sa visite à la Sphère de Las Vegas.

À encourager :

Rien de nouveau chez Sharmi’s Cakes, Filimages, Le site du Shifâ’, Planète Opalie, Je suis sur la route, Maman Lyonnaise, Un déjeuner en Provence, Bonheur des yeux et du palais, Carnets d’une plume, L’Atelier du Phoenix, La bibliothécaire, Planète Vegas, Grain de Sable, Bonheurs culinaires, et Le journal des Jum’s. Laissez-leur de gentils commentaires pour les encourager à reprendre !

Saison 3, Épisode 29 — Martine en Martinique

Avouez-le, vous ne vous attendiez pas à ce que je garde l’horaire de 3 départements en un mois. Moi non plus.

J’ai eu plusieurs conversations étonnantes à la soirée de tarot samedi. Je ne sais pas si j’en écrirai, mais c’était une soirée pas comme les autres. Je n’ai rien bu — sauf pour une fois très regrettée, je ne bois jamais rien à ces événements — pourtant on a réussi à me faire lâcher deux choses que j’avais gardées secrètes jusqu’à ce point. (Vous connaissez tous l’une des deux, la fameuse « Boulette ».) Et ça ne l’épuise pas !

Vous serez ravis, ou déçus, je ne sais pas lequel, de savoir que vous aurez du mal de vous débarrasser de moi pour au moins une autre année. Je viens de renouveler le domaine :

C’est si cher car je dois payer une agence européenne pour garder le domaine à mon nom. Mais pas comme aux États-Unis, où je suis en concurrence avec un chirurgien (qui travaille à quelques km de chez moi), un avocat, un musicien et un ingénieur pour les droits à mon nom — bon, notre nom — en France, je peux être moi-même. Dans plusieurs sens, vraiment.

Cette nouvelle date déjà d’un peu plus d’une semaine, mais je ne l’ai entendue que vendredi. SI JE L’AVAIS DITE COMME BLAGUE…tout le monde m’aurait dit « Arrêtez, Justin, c’est trop lourd, ça, et vous êtes un obsédé ! » POURTANT, c’est M. Donald Tusk, premier ministre de Pologne, qui a dit, « Si vous voyez des soldats allemands, s’il vous plaît, ne paniquez pas. Ils sont là pour aider. » Ne me croyez pas sur parole.

C’est M. le président Reagan qui a dit « Les 9 mots les plus effrayants dans la langue anglaise sont « Je suis du gouvernement et je suis ici pour aider » ». (Évidemment, je ne peux pas conserver le nombre de mots.) J’imagine que les mots les plus effrayants en polonais sont identiques, mais avec « allemand » après gouvernement. (Ou avant. On parle du polonais, pas du français. Je ne sais pas où ils mettent leurs adjectifs.)

En parlant de blagues, oui, il y en a une sur Martine dans cet épisode.

Je suis ravi de vous montrer les progrès de La Fille en français. Elle a du travail à faire quant aux conjugaisons, mais vous n’aurez aucun problème à comprendre ce qu’elle veut dire :

DQ est Dairy Queen (lien en français canadien), une chaîne de glaciers. Honnêtement, l’erreur m’impressionne — ça montre une connaissance des participes et de l’accord, même si mal utilisés. Au fait, gna-gna.

Notre blague traite de la mémoire. Les Bonnes Nouvelles traitent de la doyenne des vendangeurs. Nos articles sont :

Les gros-titres sont : Bien Entendu, Martine, et Gâté.

Sur le blog, il y a aussi Je suis de retour, le compter rendu par M. Descarottes de son intervention chirurgicale, Mon dîner martiniquais, le colombo de poulet et gratin de bananes, et Le Robinson, le gâteau de ce nom.

Si vous aimez cette balado, abonnez-vous sur AppleGoogle PlayAmazonSpotify, ou encore Deezer. J’apprécie aussi les notes et les avis laissés sur ces sites. Et le saviez-vous ? Vous pouvez laisser des commentaires audio sur Spotify for Podcasters, qui abrite la balado. Bonne écoute !

Le Robinson

Aujourd’hui, je vous présente mon dessert martiniquais, le Robinson. C’est un gâteau qui mélange une pâte sablée ou brisée, un appareil quatre-quart, et deux saveurs hyper-antillais, la confiture de coco et la confiture de goyave. Celui-ci a l’air maison, mais c’est du travail. Ça dit, mon groupe de tarot l’a a-do-ré !

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Allons le préparer !

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Itinéraire d’un enfant gâté

C’était la maîtresse du Chat voyageur qui m’avait conseillé ce film en lisant mon billet de la première moitié du Tour. Elle m’a dit que ce film avait quelque chose à voir avec le Val-d’Oise. J’avais donc planifié de regarder ce film juste après le bon « Je découvre » — oui, la note pour ça a passé 1 1/2 ans dans mon tableur avant que je ne le commande ! Puis La Fille était à la maison cette semaine-là, j’ai raté le moment, et alors nous voilà. C’est loin de la première fois où je planifie quelque chose pour le blog plus d’un an avant de le faire, et pas la dernière que vous allez voir cette année.

Je dois dire après tout ça que ce film ne se déroule pas du tout dans le Val-d’Oise, au moins, pas au-delà de l’aéroport CDG. Mais peut-être que c’est ça que notre amie voulait dire. La semaine prochaine, je vais avoir quelque chose de fou pour vous à cet égard. De toute façon, le film.

Ça fait belle lurette depuis la dernière apparition de Jean-Paul Belmondo ici, Les Tribulations d’un Chinois en Chine en juin 2023. Il me manque horriblement. Mais le Belmondo de ce film est plutôt différent de celui du passé — pas l’acteur tout sérieux de la Nouvelle Vague, mais plus mûr, plus réfléchi que dans Le Guignolo ou L’Homme de Rio. Je n’ai jamais vu un Belmondo exactement comme ceci, qui lui a gagné le César du meilleur acteur de 1989. C’est impressionniste et souvent difficile à suivre, presque deux films différents en première et deuxième moitié.

Au fait, mon disque n’avait des sous-titres qu’en anglais, alors je l’ai regardé sans leur aide. La mort avant l’anglais ici.

Le film commence avec une scène très déroutante, au pied de la colline de la Basilique du Sacré-Cœur, où se trouve un manège (toujours bizarre à mes yeux). Un enfant de trois ans est là, abandonné selon la lettre qui va avec lui :

L’enfant, Sam, se trouve vite au travail, dans un cirque à partir de ses 6 ans. Plusieurs scènes à des âges différents se déroulent en montage, sans mots. Ça donne l’impression d’une vie dure et malchanceuse :

Tout ça s’arrête à l’âge de 20 ans quand il tombe par hasard d’un trapèze et est blessé :

À plusieurs reprises pendant ce montage, on voit le visage d’un Sam beaucoup plus vieux, apparemment sur un bateau au milieu d’un orage :

Il devient clair que nous sommes en train de regarder ses souvenirs. Puis il est avec une femme, Victoria, apparemment sa fille, près des Chutes Victoria :

On quitte Sam pour un autre homme, Albert (dit Al), qui travaille pour une entreprise d’aspirateurs industriels, aussi dit Victoria. Albert laisse sa copine monter sur un aspirateur et se trouve viré :

On voit les bureaux de Victoria. Il est évidemment l’entreprise de Sam, qui n’a pas oublié ses racines dans le cirque :

On apprend enfin pourquoi Sam était dans un orage — il a simulé sa propre mort afin d’échapper à sa vie ennuyeuse, un peu façon « Un Chinois en Chine ». Il lit les nouvelles de sa disparition dans un numéro de Paris Match :

Le bureau accueille une messe en souvenir de lui :

Avec sa nouvelle liberté, Sam achète une fausse identité en tant qu’architecte belge (son manque d’accent belge le trahira plus tard). Il visite Papeete et San Francisco :

Mais en Afrique, Al croise son chemin et le reconnaît tout de suite. Il ne dit rien au début, mais commence à le surveiller :

Belmondo faisait toujours ses propres cascades. Mais vous ne pouvez jamais me payer assez pour rester debout aussi proche d’un vrai lion comme il fait ici :

C’est en ce moment qu’il remarque Al en train de lui prendre en photo. Il détruit le film, mais Al lui montre un journal en preuve qu’il sait la vérité :

C’est ici où le premier film, la partie hyper-artistique et impressionniste, se termine. Maintenant, on se lance dans une autre histoire beaucoup plus typiquement « Belmondo ». Sam décide de revenir en France avec Al, et l’aider de trouver un emploi chez Victoria, beaucoup mieux payé qu’avant, en échange de son aide pour faire certaines farces contre son ancien avocat et son fils, devenu PDG en son absence. Avec les conseils de Sam, Al gagne leur confiance :

Tous les jours, Al a des réunions avec Sam soit en personne soit par téléphone, pour apprendre que faire :

Après un an, Al a suffisamment gagné la confiance de Victoria la fille de Sam que les deux sortent ensemble. Sam exige qu’Al passe par une station-service où, déguisé comme pompiste, il peut voir sa fille. Elle soupçonne que c’est lui :

Plus tard, au dîner, c’est Victoria qui demande Al en mariage. Est-ce que j’hallucinais ?!? Ça arrive souvent dans ce sens en France ? Surtout à l’époque ?!?!?!?

Mais c’est ici où Al fait une erreur. Il fait des appels téléphoniques à Sam pour tout et quand il s’excuse de la table pour un appel, Victoria entend tout, ce qui l’amène enfin à son père.

C’est ici où j’arrête le récit afin de ne pas divulgâcher la fin. Mais c’est une histoire qui est en grande partie une mise à jour du livre de Job. Sam et Al, tous les deux, perdent tout pour des raisons différentes, et se retrouvent restaurés mieux qu’avant, même si pas de façon attendue.

Si je mettais à jour mon classement, ce film se retrouverait à une place entre 50e et 60e. C’est un bon film avec une structure qui le rend un peu difficile à suivre pendant la première moitié, et on doit vraiment se demander si la fin n’est pas un peu trop parfait. Mais n’oubliez pas que ce niveau s’appelait déjà « à revoir autant que possible ». Itinéraire d’un enfant gâté porte ma recommandation.

Mon dîner martiniquais

Il y a des fois où je vois un plat et me dis, « Ça y est ; les recherches sont terminées ». Cette fois, dès que j’ai vu le gratin de bananes, fait avec des plantains, j’ai su. Mais j’ai décidé qu’il m’a fallu avoir un plat principal plus solide, et après la Guadeloupe, il me restait pas mal de poudre à colombo. Alors, voici le colombo de poulet et gratin de bananes :

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Sérieusement, la poudre à colombo a réjoint le Panthéon de mes ingrédients préférés. Allons préparer notre dîner martiniquais !

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Je découvre la Martinique

On continue maintenant le Tour avec le 972, la Martinique. C’est le département le trente-cinquième moins peuplé, et les habitants se nomment martiniquais. C’est notre deuxième séjour dans l’Outre-mer.

Comment est-ce que la Martinique est devenue une partie de la France ? Christophe Colomb l’a visitée pour la première fois en 1502 au nom de l’Espagne, et tout comme la Guadeloupe, elle est devenue colonie française à partir de 1635, ce qui a fait fuir les Kalinagos indigènes en 1658. À partir du traité de Whitehall en 1794, la Martinique passe aux mains britanniques, jusqu’à son rattachement définitif à la France après les guerres napoléoniennes.

Comme en Guadeloupe, il y a plus d’endroits ici que ce que je ne peux faire rentrer dans mon format. On va largement sauter le Nord-Ouest de l’île, en partie car c’était difficile de trouver de bonnes photos, en partie à cause de triage. Je vous recommande fortement de consulter le site officiel du Comité de Tourisme.

On commence notre tour à Fort-de-France, la préfecture. Notre premier arrêt est absolument inattendu pour une île tropique — la Bibliothèque Schœlcher (2 étoiles Michelin), construit à Paris en 1887, puis démontée et expédiée en Martinique en 1893. Réputé comme le bâtiment le plus visité de l’île, on la visité pour sa structure des ateliers Eiffel et son mélange de styles architecturaux : égyptien, byzantin, et Art Nouveau. Pas loin, on visite le Marché couvert, le plus grand de l’île, avec tout genre d’épices, de liqueurs, et de souvenirs. Juste au nord de la ville, on trouve le Jardin de Balata (3 étoiles), avec une collection énorme de plantes tropiques et mondiales, situées autour d’une maison créole. Au centre de l’île, on fait de la randonnée sur la Trace des Jésuites (2 étoiles), au milieu de la forêt tropicale, qui offre des vues du volcan Pelée.

On arrive à la côte nord-est de l’île, à Sainte-Marie. Ici, on visite le Musée de la Banane (1 étoile), avec plus de 60 espèces de bananes dans ses jardins. Pas loin, il y a aussi le Musée du Rhum Saint-James (2 étoiles), mais on visitera un autre producteur. À 20 km au sud-est, on visite la Presqu’île de la Caravelle (2 étoiles) et sa Réserve naturelle (3 étoiles), 388 ha de savanes, de mangroves, et de falaises, ainsi que des plages et des hôtels. On continue le long de la côte, jusqu’au François. Là l’Habitation Clément (3 étoiles) nous attend, maison du plus grand producteur de rhum de l’île, avec des meubles du XIXe siècle, des souvenirs de son origine en tant que plantation de canne de sucre. La Baignoire de Joséphine (2 étoiles) fait partie d’une chaîne d’îlets sur la côte, et tire son nom d’une visite de l’impératrice.

Tout au sud-est de l’île, on arrive à Sainte-Anne et la Trace des Caps (3 étoiles), un sentier de 34 km aux bords de la mer qui relie beaucoup des plus belles plages de la Martinique. À l’ouest, l’Anse Figuier (1 étoile) est une autre belle plage qui abrite l’Écomusée de Martinique ; les eaux sont calmes et un bon choix pour faire du snorkeling. On revient vers l’ouest de l’île, toujours sur la côte du sud, pour visiter le Rocher du Diamant (1 étoile), un rocher de 175 mètres de hauteur au milieu de la baie. Notre dernier arrêt est la Savane des Esclaves (1 étoile), un village qui reconstruit la vie quotidienne des esclaves au XVIIIe siècle.

Qui sont les personnages les plus connus de la Martinique ? Karine Jean-Pierre, porte-parole du président Biden, est née à Fort-de-France, ainsi que Ronny Turiaf, champion de basket aux États-Unis, et Frantz Fanon, psychiatre et écrivain qui faisait des excuses pour la violence politique. Aimé Césaire, écrivain et homme politique, est né à Basse-Pointe. Actrice Darling Légitimus, qui dansait avec Joséphine Baker et était grand-mère de Pascal, est née à Carbet. Jacques de Chambly, qui nous a rencontrés au Québec, était gouverneur de la Martinique.

Que manger en Martinique ? Comme j’ai dit en parlant de la Guadeloupe, il est plus logique de parler d’une cuisine antillaise, car ces départements partagent beaucoup. Mais on est quand même loins d’épuiser cette cuisine ! En plats principaux, il y a le blaff de poissons, cuit dans une marinade de jus de citron et épices antillaises ; les dombrés aux crevettes, des boulettes de farine un peu comme les gnocchis ; le gratin de bananes jaunes, des plantains cuits avec du fromage Emmental et de la sauce béchamel ; et le poulet boucané, du poulet fumé dans le but de le conserver. En dessert, on y trouve le Robinson, un gâteau qui mélange une pâte brisée, des confitures, et une génoise ; l’amour caché, un gâteau très similaire au Robinson (la différence est principalement combien du gâteau est recouvert de pâte brisée) ; les beignets de bananes ; et le gâteau à l’ananas, mondialement connu dans sa forme renversée. Pour boire, il y a le ti-punch comme partout aux Antilles, et des rhums venant des 8 distilleries sur l’île.