Archives de l’auteur : Justin Busch

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A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Du n’importe quoi

C’est en faisant n’importe quoi, qu’on devient n’importe qui

Rémi Gaillard

Peut-être que vous avez remarqué que j’ai une grande faiblesse pour certaines expressions qui expriment un manque d’intérêt pour les détails. N’importe quoi, quel que soit, quoi que ce soit, etc. Malheureusement, c’est loin de dire que je les utilise correctement.

Il y a deux semaines, M. Descarottes a écrit « La règle est « Quel que dise Justin, il a tort ». — M. Descarottes ». La lectrice vanadze17 m’a corrigé que c’était en fait « Quoi que dise ». ([On penserait qu’elle m‘avait corrigé, mais mes fautes sont toutes à lui. — M. Descarottes]). Évidemment, la règle où que et quel deviennent quoi en tant qu’objet s’applique, et je l’ai ratée. Mais j’aurais juré que j’avais vu « quel que ce soit » (mettons de côté la réponse « en tant qu’erreur »), alors tout ça m’a envoyé direction Google.

J’étais ravi à découvrir, grâce au Figaro, qu’en quelque sorte, je ratais mes opportunités de faire tout autre erreur, à cause d’un mot que je ne connaissais pas. Il s’avère qu’il y en a qui écrivent « quoique soit », et ça, c’est complètement faux :

«Quoique je dise, ça ne va pas», «Tu peux nous demander ce que tu veux, quoi que ce soit», «Non pas qu’il y ait à lui reprocher quoique ce soit», écrivait encore ce 14 avril Médiapart. On le voit, les termes homophones «quoique» et «quoi que» sont partout et le couac est très vite arrivé quand il est question de les écrire. Quand faut-il en effet utiliser le premier mot plutôt que le second? Comment éviter l’impair?

«Quoique» ou «Quoi que» : ne faites plus la faute !, par Alice Develey

Il fait chaud au cœur d’apprendre que des écrivains professionnels peuvent faire une telle erreur. Pas à cause d’un désir tordu de les voir gênés, juste que ça veut dire qu’il me reste un peu d’espoir. Mais il faut avouer que je n’ai jamais écrit ça, car je ne savais pas que « quoique » était un couac un mot.

« Le Fig » me dit que c’est-à-dire « bien que » ou « encore que ». Ah, quelle pauvreté de vocabulaire de ma part ! On trouve « bien que » parsemé partout ici, mais jamais l’autre expression, également inconnue pour moi. C’est assez évident que l’on ne devrait pas confondre celles-ci avec quelque chose qui veut dire une collection de chose, mais Le Figaro précise quand même :

Concernant la locution «quoi que» les sages nous précisent qu’il est possible de la reconnaître à l’écrit en la remplaçant par «quelle que soit la chose que» ou «peu importe ce que». Exemple: «Quoi que tu fasses, ça ne va pas», comprenez «quelle que soit la chose que tu fasses, ça ne va pas».

Ici, j’aperçois enfin la source de toute ma perplexité. « Quelle que soit la chose que » est plutôt une grosse bouchée, mais on voit clairement que ça remet notre chose inconnue en position sujet ; dans « quoi que ce soit », « ce » est le sujet, alors notre « quel » redevient « quoi ». J’ai été donc aussi ravi d’apprendre qu’il y en a qui écrivent « quelque soit » ; encore une fois, il me reste un peu d’espoir. Tu quoque, comme disent les vieux anglophones. (C’est du latin pour « toi aussi ».)

Whatevs, comme disent les jeunes anglophones. (C’est la traduction plutôt exacte, si argotique, de « peu importe ».)

Au moins on a tous appris un peu de quoi que ce soit, n’est-ce pas ?

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine avec la dernière leçon de Dalida.

Je suis de retour

([M. Descarottes va bien, mais il a des choses à dire.])

Bonjour les amis, je vous ai manqué, je le sais ! Ne vous inquiétez pas, malgré le faible niveau de service aux clients chez le gros — c’est pas la FNAC ici — je ne vais nulle part.

Le gros m’a réveillé à 6h45 pour aller chez la vétérinaire. Ce serait hyper-énervant si les cobayes avaient l’habitude de dormir plus de 10 minutes à la fois, mais j’en ai quand même rälé. Quoi, je suis un cobaye qui parle français ! À quoi vous attendiez-vous exactement ?

Honnêtement, je ne me souviens pas trop de la suite. Ils m’ont laissé chez la vet à 7h45. La docteur Kumar est gentille et je la laisse me relever la première fois à chaque fois. Mais cette fois, elle m’a surpris avec une aiguille et après ça, je me suis endormi.

J’étais prêt à rentrer à partir de 15h30, mais c’est exactement le moment où la petite sort du lycée, alors j’ai dû patienter une demi-heure entière avant qu’ils ne me cherchent ! Pensez-vous que les Brockway accepteraient de tels délais ? Moi non plus.

La vet a donné au gros un sac en plastique de quelque chose de dégoûtant, de la nourriture Oxbow Critical Care. C’est grosso modo du foin en poudre qu’il faut mélanger avec de l’eau. À mes yeux, ça ressemble à un « dime bag » de marijuana (littéralement « sac à pièce de 10 centimes », mais en général un sac en plastique, rempli de drogues illégales, qui se vend pour 10 $). Comme j’aurais aimé qu’un policier le contrôle pendant le trajet — ça aurait été marrant !

Cependant — et je veux que vous pensiez désormais aux photos suivantes à chaque fois où le gros cuisine, hihihihi ! — il à dû préparer cette nourriture avec les mêmes ustensiles qu’il utilise pour tout autre chose ! Vous les reconnaîtrez de beaucoup d’autres recettes. En fait, j’insiste sur vous donner ma recette !

Les ingrédients de l’Oxbow Critical Care (1 cobaye) :

  • 1 cuillère à soupe de foin en poudre au goût d’anis
  • 2 cuillères à soupe d’eau froide, filtrée au frigo et non pas le bazar du robinet

Les instructions de l’Oxbow Critical Care :

  1. Dans une tasse utilisée pour tous les gâteaux des êtres humains, ajouter le foin en poudre.
  1. Y ajouter l’eau.
  1. Mélanger le tout avec une cuillère qu’un être humain va aussi mettre dans sa bouche. Laisser le cobaye rire follement.
  1. Verser le tout dans une seringue en plastique. Poursuivre votre cobaye préféré jusqu’à ce que vous soyez bien épuisé. BWAHAHAHAHAHA !

Saison 3, Épisode 28 — Une semaine en Guadeloupe

Je dois commencer avec la meilleure nouvelle du mois. J’ai enfin eu des nouvelles d’une amie qui avait « disparu des radars », comme on dit en anglais. Je comprends complètement avec ce qui s’est passé, mais il y a très peu de monde, n’importe où, qui me rendent plus heureux quand je vois son nom sur Facebook Messenger, alors je suis ravi qu’elle va.

M. Descarottes aura son intervention chirurgicale ce matin. Je suis en plein panique, et ça ne changera pas jusqu’au moment où la vétérinaire me dit qu’il va.

En parlant de panique, j’essaie de ne jamais rien dire de mauvais à propos de ma fille. Mais on est au milieu d’une crise d’adolescence ces derniers jours, un moment où les hormones règnent et tout va pour le pire dans sa tête. C’est normal, je le sais, mais en ce moment, il serait super d’avoir une femme à la maison, car tout ce que j’entends, c’est « tu es mon père, tu ne comprends pas être une fille ». J’ai entendu pire que ça sur ce sujet, mais je la pardonne, car ça vient des hormones et n’est pas un avis bien réfléchi.

Je pardonne moins les influenceuses qui reçoivent des mentions quand j’utilise leurs recettes et ne peuvent même pas me rendre une mention j’aime en retour. C’est loin de la première fois, hélas — les gros comptes sont souvent pas reconnaissants du tout.

Je viens d’apprendre que La Fille et moi — mais largement moi — avions mal traduit une réplique importante pendant les 4 dernières années. Depuis 8 ans déjà, nous citons tous les deux l’Empereur de Star Wars quand l’un d’entre nous réussite à énerver l’autre. En anglais, il soupire « Good » de façon très allongée quand quelque chose lui plaît. Nous avions cru que ça se traduisait « Bon ». On sait maintenant qu’il dit en fait « Bien ».

Je doute que j’écrive un billet entier sur ceci, mais iOS 18 a ruiné mon expérience d’écrire en français. Apparemment, des gens comme moi font du mal à leurs correcteurs (je suis sûr qu’écrire en anglais avec le clavier français gâche leurs statistiques). Ils ont donc créé cette nouvelle bêtise avec un milliard de voyelles inutiles et toutes mal placées, comme en bas :

Et pour aller avec, une saloperie d’apostrophe dans le nouveau clavier français, que je tape à chaque fois où je cherche le « l ». Mais en plus, ce clavier traite désormais tout mot anglais comme mal écrit, alors il ne faut absolument pas l’utiliser en écrivant en anglais, comme je faisais jusqu’ici.

Notre blague traite du temps. Les Bonnes Nouvelles traitent d’une découverte scientifique en Seine-Maritime. Nos articles sont :

Les gros-titres sont : Noix de Coco, D’Accord, et Paradis.

Sur le blog, il y a aussi Mon dîner guadeloupéen, le bokit et le flan coco, Sebastian Marx au Théâtre Raymond Kabbaz, ma soirée pour regarder ledit humoriste, et Voyage dans le temps, ma visite à San Diego pour revisiter le passé.

Si vous aimez cette balado, abonnez-vous sur AppleGoogle PlayAmazonSpotify, ou encore Deezer. J’apprécie aussi les notes et les avis laissés sur ces sites. Et le saviez-vous ? Vous pouvez laisser des commentaires audio sur Spotify for Podcasters, qui abrite la balado. Bonne écoute !

Voyage dans le temps

J’ai dû passer la journée à San Diego hier, suite à un ultimatum une demande de mes parents de vider mon ancienne chambre. On parlera plus tard sur certaines choses que j’y ai retrouvées. Mais La Fille y est allée avec moi, et pour la remercier, on a fait quelques choses que j’aimerais partager, des souvenirs de mon enfance.

D’abord, le trajet vers San Diego est toujours un cauchemar. Il y a une base militaire à côté de l’autoroute, Camp Pendleton, et malgré le fait qu’il n’y a aucun contrôle le long de ses bords, la vitesse descend à 20 km/h tout au long de cette partie du trajet. Le trafic ayant arrêté plusieurs fois, j’ai eu le temps de le prendre en photo :

Aimeriez-vous avoir un choc ? J’ai trouvé ma carte d’identité du lycée pendant ma 2e année (ça s’appelle « 10th grade » ici). J’avais 14 ans quand cette photo a été pris au début de l’année scolaire ; mon 15e anniversaire suivra 3 mois plus tard. J’avais toujours des cheveux, waaahhhh !

Pour le dîner, on est allés chez Filippi’s Pizza Grotto, la meilleure pizza de San Diego depuis 1950. De nos jours, c’est une chaîne avec une quinzaine de pizzerias (celle en bas ne date « que » de 1990). C’est pas cher, et même si le menu manque d’imagination, c’est un de mes souvenirs préférés.

Voici l’intérieur et la carte :

Sûrement vous voulez voir la pizza :

Je vous ai parlé avant d’Extraordinary Desserts, la meilleure pâtisserie de la Californie du Sud, non pas seulement San Diego. La pâtissière, Karen Krasne, a appris aux côtés de Gaston Lenôtre et Pierre Hermé eux-mêmes, et elle est pleinement à ce niveau. Un de ces quatre, il me faudra faire quelque chose de son livre pour vous. Vous vous demandez pourquoi j’aime les gâteaux compliqués ? Voilà :

On a mangé sur place. La Fille a commandé son gâteau « Truffe Framboise », et moi, j’ai eu le « Viking », un gâteau au chocolat avec des couches de crème brûlée et mousse au chocolat.

Malheureusement, le prix de parking est en flèche là. Anciennement, on pouvait se garer dans la rue. Ça coûtait 1 $/heure. Maintenant, il faut payer un parking, et ça coûte 20 $ pour jusqu’à 2-heures ! Mais avec un trajet de 260 km pour l’aller-retour, je ne voulais pas perdre l’opportunité de faire des choses pour remercier vraiment ma fille, sans qui ce boulot aurait été le pire.

Sebastian Marx au Théâtre Raymond Kabbaz

Ce soir, j’étais à Los Angeles pour quelque chose qui vous aurait surpris si je ne l’avais pas déjà mentionnée dans le gros-titre. Mais je vais quand même vous surprendre en bas. D’abord, mettons tout le monde à jour.

Quand j’ai commencé à apprendre le français en 2020, Facebook m’a suggéré des vidéos d’une humoriste, une certaine Swann Périssé, à partir de celle-ci (je garde des comptes rendus). Mais peu après, le réseau m’a présenté deux comédiens bilingues d’origine anglophone, Sebastian Marx et Paul Taylor. Rappelez que j’ai commencé le 29 mars ; on est seulement à deux mois après le début dans ce souvenir :

Lien à son post

Ceux qui lisent l’anglais me disent, « Justin, ce n’était pas le début ; c’est vous qui l’avez dit. Quelle était la vidéo pas tous publics ? » Ben, voici le bon lien. Honnêtement, il n’y a qu’un moment que je ne voulais pas qu’un fille de 10 ans voie — mais je ne voulais vraiment pas que ça arrive.

En 2021, je l’ai contacté dans l’espoir de voir son spectacle à Paris, mais son dernier spectacle a eu lieu le 18 juillet, et je n’y suis arrivé que le 21. Oups. Des jours plus tard, il m’a gravement déçu, car il est le genre d’expatrié américain qui dirait n’importe quoi sur le pays pour amuser les pires xénophobes. Si vous m’avez lu depuis un peu, vous savez que la chose qu’il ne faut pas mépriser autour de moi, c’est nos efforts pendant la SGM. Je suis prêt à écouter les critiques, mais les appeler inutiles, jamais. À ce point, j’ai arrêté de le suivre, en me disant que c’était quand même le bon temps de ne plus dépendre des bilingues.

Mais si vous avez lu un peu de ce blog, vous savez que je suis un nostalgique du premier rang. Alors quand j’ai entendu parler au spectacle de Philippine Delaire, qu’il passerait par Los Angeles, je l’ai noté sur le calendrier. Cependant, je me suis dit que je n’allais pas y aller tout seul. J’ai donc posté une annonce dans le groupe privé de l’OCA. Aucune réponse.

Il y a un mois, on m’a approché pendant une soirée pour me demander si j’avais déjà acheté un billet. Je lui ai dit non (la vérité), mais elle m’a dit qu’elle et son mari s’intéressait à faire du covoiturage si j’irais. C’était tout ce dont j’avais besoin d’entendre — j’ai tout de suite acheté un billet. Pour info, c’est un couple que je connais depuis deux ans déjà.

On est partis ensemble à 18h pour un spectacle qui a commencé à 20h. C’est comment on fait pour conduire 60 km quand on connaît le trafic californien. On a passé un bon moment en voiture — j’ai plein d’histoires dingues à raconter, et pour ma part, je suis toujours curieux à mieux comprendre pourquoi on quitterait volontairement la France. (Dans ce cas, il n’y a pas de tête empoêlée.)

Le spectacle a eu lieu au Théâtre Raymond Kabbaz, une partie du Lycée français de Los Angeles (les frais sont à couper le souffle). Il se passe que c’est exactement dans le quartier où je vivais, et je connais très bien l’adresse, même si je ne l’ai jamais visité.

Il y avait une petite collation servie avant le spectacle :

L’entrée s’appelle le « Foyer Jodie Foster ». Je la mentionne seulement car c’est l’américaine dont vous me parlez tous le plus dans vos courriels et messages privés. Je vous promets, je sais qu’elle parle français !

Je veux vous donner une meilleure vue du panneau au-dessus :

Voici la salle de spectacle :

Alors, le spectacle lui-même. Je pouvais tout comprendre — M. Marx a grosso modo le même accent que mes parents, tous étant nés au Nord-Est du pays. Il a duré deux heures, et il serait difficile de reconstruire ses blagues. Son humour reste plutôt « bleu » et pour les adultes.

À la fin, j’ai eu une opportunité pour prendre une photo ensemble avec. M. Marx. Je lui ai dit que j’avais appris le français en le regardant. Qu’est-ce qu’il m’a dit en réponse ? « Fallait pas faire ça ! »

Mon dîner guadeloupéen

Il y a des fois où il faut sauter d’un avion en hurlant « Geronimo » et en espérant que tout ira pour le mieux. Puis il y a des fois où on fait la même chose en cuisine — je n’avais aucune expérience de préparer la cuisine antillaise — et ça marche à merveille. Voici le bokit et le flan coco :

Ce dîner est l’une des grandes réussites du blog. Je l’adore et les deux recettes feront désormais partie de ma quotidienne. Allons le préparer !

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Je découvre la Guadeloupe

On continue maintenant le Tour avec le 971, la Guadeloupe. C’est le département le trente-huitième moins peuplé et les habitants se nomment guadeloupéens. C’est notre premier séjour dans l’Outre-mer, où chaque département est aussi sa propre région.

Comment est-ce que la Guadeloupe est devenue une partie de la France ? C’est Christophe Colomb qui a découvert l’île nommée Basse-Terre en 1493, pendant son deuxième voyage. Il l’a nommée « Santa María de Guadalupe de Extremadura », d’après un monastère en Espagne. En 1635, la Compagnie des Îles d’Amérique, fondée par le cardinal Richelieu, a établi la colonie française. Pendant les deux siècles à venir, la Guadeloupe passera entre les mains des britanniques et des suédois, mais sera définitivement rattachée à la France à partir du deuxième traité de Paris, la fin des guerres napoléoniennes.

Il y a cinq régions de la Guadeloupe : la Basse-Terre, la plus grande île de l’archipel ; la Grande-Terre, son voisin assez proche pour les connecter par deux autoroutes ; la Désirade, une île-commune de 1 500 personnes juste à l’est de la Grande-Terre ; la Marie-Galante, 3e plus grande île des Antilles françaises ; et Les Saintes, deux petites îles au sud de la Basse-Terre, avec des villages pêcheurs. Il y a beaucoup plus que ce que je peux couvrir ici ; consultez le site officiel de tourisme, mais pas ce lien nauséabond.

On commence sur la Basse-Terre, au Jardin botanique de Deshaies (3 étoiles Michelin), plein d’espèces locales — nénuphars, orchidées, flamants et perroquets, même des cactées (je me sens sur terre-bien-connue, tout à coup). La plage de Grande-Anse (2 étoiles) est le plus long de l’archipel et tout ce que vous imaginez des tropiques. Le Grand Cul-de-sac marin (2 étoiles) à Sainte-Rose est un parc naturel plein de forêts marécageuses et plus de 250 espèces de poissons, de coquillages et d’autres animaux protégés. À Pointe-Noire, on visite le Saut d’Acomat (1 étoile), une chute à la fin d’une belle randonnée.

Il faut absolument monter sur le volcan de La Soufrière (3 étoiles), plus haut sommet des Antilles, pour ses vues panoramiques. On finit sur la Basse-Terre devant les Chutes du Carbet (2 étoiles), 3 cascades exceptionnelles aux bouts de 3 sentiers plein de vues. L’autoroute N1 nous amène sur Grande-Terre et la ville de Pointe-à-Pitre. Ici, on visite le Marché Saint-Antoine (1 étoile), où on trouve tout genre d’épice et produits artisanaux. L’un de seulement deux musées de la visite, le Mémorial ACTe (2 étoiles) est consacré à l’histoire de l’esclavage.

On prend maintenant un bateau du port de Saint-François pour aller sur La Désirade, très petite île avec de nombreux trésors naturels. La plage de Beauséjour est notre point de départ pour découvrir la phare, les cactus « tête d’anglais », et les iguanes de l’île. Puis on prend un autre bateau pour visiter les Îles de la Petite-Terre (2 étoiles), joignables uniquement de Saint-François. L’îlet Terre-de-Bas est parsemé d’agaves et de reptiles ; une croisière autour du lagon en bateau au fond de verre permet aussi la découverte des tortues et des coraux.

Notre prochain arrêt est l’île de Marie-Galante. L’Habitation Murat (1 étoile), anciennement une plantation de canne de sucre, abrite l’écomusée des arts et traditions de l’île. La maison du maître abrite l’exposition en permanence, mais on peut aussi visiter les cuisines, les moulins, et la sucrerie. On va aussi faire une balade près de l’océan dans le village de Capesterre-de-Marie-Galante, peut-être en passant par le moulin Bézard, monument historique de l’industrie du sucre.

Nos derniers arrêts sont au sud de la Basse-Terre, sur l’île des Saintes dite Terre-de-Haut. Faut pas rater la plage Pain de Sucre (2 étoiles), avec un rocher de 52 mètres duquel on peut surveiller les sables et les vagues. On finit dans un autre monument historique, le Fort Napoléon (3 étoiles), où en plus d’expositions sur l’histoire des Saintes, il y a un jardin botaniques et les meilleures vues panoramiques de l’île.

Qui sont les personnages les plus connus de la Guadeloupe ? Le footballeur Lilian Thuram est né à Pointe-à-Pitre. Arthur Apatout, fondateur de La Compagnie créole, est aussi né à Pointe-à-Pitre alors que Guy Bevert, batteur du même groupe, est né à Basse-Terre. Le général Charles Bégin, grand-croix de la Légion d’honneur, est né à Marie-Galante. Le général révolutionnaire Claude Aubert est mort en service (le terme « pour la France » ne s’appliquait pas à l’époque) aux Îles Sous-le-Vent.

Que manger en Guadeloupe ? Il faut dire qu’il serait plus logique de parler d’une cuisine antillaise — certains plats et accompagnements se trouvent partout entre la Guadeloupe, la Martinique, et un peu la Guyane. Des sites de référence — Tatie Maryse, Je cuisine créole, Mamie Simone — partent de ce point de vue. C’est une cuisine qui tire des inspirations de la française, de l’indienne, de l’amérindienne, et de l’Afrique — je ne pourrai pas épuiser le sujet dans mon format.

Les ingrédients phares de cette cuisine sont le bois d’Inde (nom antillais du piment de Jamaïque), la poudre à Colombo, la goyave, la noix de coco, et la banane plantain. (C’est très similaire à la cuisine cubaine — j’adore !) Le piment antillais aussi, duquel je suis terrifié moins fan. En plats principaux, on y trouve le bokit, sandwich phare de Guadeloupe pour son pain frit, souvent garni de morue, de poulet ou de jambon ; le colombo, une sorte de curry antillais ; les accras, des beignets remplis de morue et de légumes ; la fricassée de lambi, un coquillage local ; et le bébélé, une soupe à base de tripes et de fruit à pain. En dessert, il y a le flan coco, un flan fabriqué avec soit du lait de coco soit de la noix de coco râpée ; le tourment d’amour, une tarte avec un fond de pâte brisée, garnie de confiture et d’une génoise ; la cassave, une galette à base de farine de manioc ; et le caca de bœuf, une pâtisserie de Marie-Galante en forme de vous-savez-quoi, avec un cœur de coco, et fait avec du sirop de batterie (faut cliquer pour en savoir plus !). Pour boire, il y a le ti-punch, trouvé partout aux Antilles, un cocktail à base de rhum blanc et de jus de citron vert, et huit marques de rhum fabriquées sur l’archipel.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Zaphod est juste un type, tu sais ?

Je ne sais pas combien d’entre vous sont fans de l’auteur britannique Douglas Adams et sa série « Le guide du voyageur galactique ». Pour une chose, l’humour des livres est si britannique qu’il n’a guère du sens pour d’autres sortes d’anglophones. Autre chose, ses jeux de mots comptent extrêmement sur une bonne compréhension de l’anglais, au point où je ne suis pas sûr si les livres sont vraiment traduisibles.

Pourtant, l’une des premières choses que je voulais savoir — et je n’ai toujours pas la réponse « officielle » — est comment se traduit une citation en particulier. Faire le bilan des livres est impossible, alors je dirai juste qu’il y a un homme à deux têtes, Zaphod, qui vole un vaisseau spatial, et son psychologue est interviewé à propos de lui. Le psychologue termine l’interview en disant « Zaphod’s just this guy, you know? » Je mets les mots qui m’intéressent en gras, mais ce n’est pas le cas dans l’original.

Duolingo m’a dit que « type » était la bonne traduction de « guy », avec des exemples comme « Un type m’a frappé dans la rue ». J’en ai donc tiré la traduction, « Zaphod est juste un type, tu sais ? » (Veuillez rappeler qu’à mon avis, « tu » est la seule et unique traduction de « you » en anglais, à moins que ce soit la reine Elizabeth II qui parle.) « Type » est aussi un mot en anglais, qui veut dire tout autre chose, et certainement pas cette signification. Il m’était donc difficile à adopter cet usage. Pourtant, je l’aime mieux que « mec » dans ce cas ; il me semble plus ce que dirait un britannique qui parle français.

J’étais donc étonné récemment à apprendre qu’en fait, « type » veut aussi dire beaucoup des mêmes choses qu’en anglais. Je cherchais le bon mot pour ce que l’on appelle en anglais « font » ou « typeface » — on dit habituellement « police de caractères » sur un ordinateur, mais je voulais l’objet physique pour les imprimer. Et ça, c’est apparemment « type ». Ce n’était pas complètement choquant en soi ; nous disons tous les deux « typographie » (juste avec un -y en anglais).

Mais c’est tellement pire que ça. C’est un synonyme de « sorte » ou « genre » :

Ouais, on utilise « type » exactement comme ça en anglais. Et il y a une version plus spécifique, pour un modèle ; il s’avère que ça existe aussi en français :

J’aurais dû savoir ça — certains avions de Breguet se nommaient « Type (nombre) ».

Mais on utilise aussi « type » pour dire des caractéristiques personnelles que l’on trouve attirant. Le français dit ça avec « type » en plus :

Les deux sont de si parfaits synonymes qu’il ne me reste qu’une question :

COMMENT EST-IL ARRIVÉ QUE VOUS DITES AUSSI UN MEC INCONNU AVEC CE MOT ?

Nan, mais sérieusement, cette signification ne tient pas du tout avec toutes les autres que la version française partage avec la version anglaise !

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine avec une belle dose de quoi que ce soit.

Une note sur l’Outre-mer

On arrive enfin dans les départements de l’Outre-mer. Si un américain est censé croire que la France n’est que le 76, on est particulièrement loin de la France de mes compatriotes. À propos de ça, quelques observations.

Carte de toutes les départements et collectivités, Graphique par Superbenjamin, CC BY-SA 4.0

Le temps que j’aie publié le premier post du blog, je savais deja que le Tour comprendrait l’Outre-mer. Cependant, j’ai eu quelques conversations avec des américains avant le lancement qui m’ont dit que je devrais gagner du temps et l’ignorer. C’est fou de penser à « gagner du temps » pour un travail de 4 ans, même si je pensais à 2 ans à l’époque. Cependant, ce que j’ai dit en réponse était « Ce serait comme écrire sur les États-Unis sans l’Alaska et Hawaï. Ridicule. » Et pour être clair, il ne m’est jamais venu dans l’esprit de faire autrement. Or, je dirais maintenant qu’il y a un sens où mon analogie était fausse.

Il ne m’est pas difficile de voir le point de vue d’un américain, pour qui la France et Paris sont à peu près la même chose. Toute l’idée du Tour part du propos qu’il me fallait découvrir tout le pays pour moi-même, afin de prouver que je ne suis pas « comme ça ». Il s’est avéré que le trajet valait le coup en soi, même si mes sentiments sur le but sont encore plus compliqués qu’au début. Mais je crois que je ne dis rien de choquant si j’ajoute que jusqu’en 2020, j’avais la tête pleine de châteaux, de Jeanne d’Arc et de rois et non pas des Caraïbes (Bob Morane a vite réglé ça). Que même la Corse n’était qu’un détail historique sur la naissance de Napoléon.

Mais la Guadeloupe, la Guyane, La Réunion — il y a un sens où ce ne sont pas les Hawaï français. J’avais l’impression que l’Outre-mer n’était pas très visible dans mes lectures ; j’ai donc fait une expérience. J’ai vérifié les 8 derniers numéros du Canard enchaîné, du 24 juillet jusqu’au 11 septembre. 4 des 8 ne mentionnent aucun département de l’Outre-mer. Celui du 14 août mentionne la Guadeloupe et La Réunion, mais seulement en tant que lieu de naissance d’un musicien et lieu de résidence d’un couple qui visitait pendant les JO. Deux numéros mentionnent seulement La Réunion, une fois dans chacun. Un numéro mentionne la Guyane et la Mayotte, une fois chacune. Ce n’est pas le cas aux États-Unis en ce qui concerne l’Alaska et Hawaï. Ce n’est pas à dire que les départements de l’Outre-mer sont moins valables, seulement que (par exemple), il est peu probable qu’il y ait un président de la République martiniquais ou mahorais comme on a eu un président hawaïen et un sénateur chargé du budget alaskain. Ils participent à l’Assemblée nationale, bien sûr, mais ça ne fait même pas deux décennies depuis la dernière fois où il y a eu des référendums sur l’autonomie (Guyane, Martinique). (Il reste une question de droits spéciaux pour les hawaïens autochtones — lien en anglais.)

Il y a d’autres différences, même si on n’a pas trop de raisons pour y penser quotidiennement. Les 5 départements de l’Outre-mer ne font pas partie de l’espace Schengen ; un visiteur européen va montrer son passeport en atterrissant, tout comme moi. Le traitement des langues régionales est très différent qu’aux États-Unis — il n’y a pas de langue officielle chez moi, et il n’y a pas officiellement d’autres langues officielles en France que le français. Mais les martiniquais ont adopté une loi pour reconnaître le créole de cette façon. Pour sa part, en Guyane, il y a une quarantaine de langues et environ 20 % des habitants font leur quotidienne en créole guyanais.

Pourtant, il y a des limites aux exceptions. J’ai fait des efforts pour découvrir si on pouvait passer un examen de permis de conduire dans une langue autre que le français — je n’arrive pas à trouver une preuve de ça, et je vous ai dit avant que je suis très admiratif à cet égard. Si on vérifie le site de France TV pour des chaînes spécialisées, celle dite « France 1 » est différente pour chaque département et territoire — et le reste sont les mêmes. « Meurtres à » a lieu uniquement en France, que ce soit à Lille ou sur la Basse-Terre. (Je m’attends à ce que l’intrigue reste exactement aussi prévisible. On appelle ça « l’égalité ».)

Je n’ai rien dit sur les collectivités à ce point. Évidemment, elles sont aussi la France, et je serais menteur si je disais que je les avais pris en compte quand le Tour a été conçu. Mais je considérerais qu’un Tour des États-Unis serait complet avec les 50 États et non pas le Porto Rico ou les Îles Mariannes du Nord. Rassurez-vous que j’ai des plans à cet égard. Ici, je me sens en territoire inconnu, de façon différente du Territoire de Belfort, mais je vous promets que dans la pleine mesure de mes moyens, les 5 départements de l’Outre-mer seront traités exactement comme tous les autres.

Saison 3, Épisode 27 — Mieux vaut en rire

Je suis content de vous dire que l’analgésique pour M. Descarottes a déjà commencé à améliorer sa qualité de vie. Il court beaucoup plus qu’avant pour m’éviter quand j’ouvre sa cage ces derniers jours. J’en suis ravi. C’est un niveau d’activité que je n’ai pas vu depuis longtemps. Qu’il se batte contre moi pendant des années à venir ! Euh…vous savez ce que je veux dire.

En parlant de bonne nouvelles, j’ai dit que j’allais tenter l’expérience des Bonnes Nouvelles françaises pendant un mois. Ça a fini la semaine dernière, mais il s’avère que j’aime les chercher. Alors ça continue. L’histoire cette fois est mignonne !

Je vous demande parfois de faire des choses, mais jamais pour moi-même. Hier, j’ai vu un post sur Instagram qui m’a brisé le cœur, d’amie du blog Audrey L., des Dédexpressions. (Rappelez notre interview.) Comme moi, elle ne publie pas pour l’argent. Mais ses dessins sont de plus en plus piratés sans attribution. C’est…pas bon pour le moral. (J’ai dû dire ça, on part pour la Guadeloupe cette semaine.) Il serait super de lui écrire des notes de soutien, soit sur Insta, soit sur son blog, soit sur sa chaîne YouTube.

Un humoriste de Twitter a remarqué que Mme Harris a subi autant d’interviews de notre presse que M. Trump a subi des tentatives d’assassinat. Avec la deuxième tentative dimanche, c’est malheureusement la vérité (un lecteur du Monde n’aurait aucune idée à quel point ce gros-titre chez eux est devenu un scandale aux É-U — cette interview reste sa seule diffusée nationalement). Je n’ai pas décidé si j’écrirai sur la présidentielle, mais si je le faisais, ce billet apparaîtrait fin octobre. Je vous rappelle un dicton américain : les avis sont comme les trous-du-cul, tout le monde en a un. C’est pour ça que j’essaie de râler sur des nouvelles personnelles plutôt que nationales.

Peut-être que vous avez entendu parler que la NFL est de retour. Je ne vais pas mentionner les Chargers dans cet espace comme l’année dernière, car…euh…ils ont enfin embauché un bon entraîneur et je crains que l’équipe connaisse du succès cette saison. Mon vœu pour toute la NFL reste que The Dark Knight Rises devienne un documentaire.

Au fait, je vous ai tous laissé ce que je croyais une blague de qualité dans mon post sur M. Descarottes ; or, personne n’a mordu à l’hameçon. Il y avait un lien sur les mots « je voudrais juste vous rassurer », vers le clip officiel d’Alice et June, au moment où Nico chante ces paroles. Personne ne l’a même cliqué ! Est-ce que vous êtes tous de si grands fans d’Indochine que tout le monde l’a reconnu ? Ou est-ce que vous vous doutiez tous que c’était une blague pourrie de ma part ?

Notre blague traite d’une bonne question. Les Bonnes Nouvelles traitent d’un biscuitier pas comme les autres. Nos articles sont :

Les gros-titres sont : Finlande, Facture, et Entraîneur.

Sur le blog, il y a aussi Mon dîner valdoisien, la penne au thon et julienne de courgettes et la crème caramel, Le projet de La Fille, son Paris en Legos, et J’abandonne, où je quitte à jamais mon dernier compte sur un site de rencontres américain.

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