Quand j’ai découvert le petit livre qui a changé la vie du blog, Le second degré n’est qu’une température,, j’ai mentionné qu’il y avait quelques expressions que je n’ai pas comprises. Parmi ces lacunes était un mot qui n’a pas apparu dans mon dictionnaire. Heureusement, l’auteur m’a gentiment corrigé :

Avec ça, j’ai pu enfin découvrir qu’elle parlait de quelque chose qui me reste bien familière jusqu’à nos jours :
Apparue au XVIIe siècle, l’expression « tomber dans le panneau » est un terme familier qui signifie « tomber dans un piège ». Les « panneaux » font référence aux filets utilisés par les chasseurs au Moyen Age pour capturer leurs proies. A l’heure actuelle, il est courant d’utiliser cette expression pour indiquer qu’une personne s’est fait duper.
Tomber dans le panneau, Notre temps
Plus récemment, j’ai croisé une autre expression de « tomber », grâce à la star d’Instagram, Karine Dijoud :
Et là, je croyais que c’était les pommes qui tombaient ! C’est au moins ce que j’ai appris dans mon cours de physique :
Pourquoi cette pomme tombe-t-elle toujours perpendiculairement au sol, pensa-t-il en lui-même. Pourquoi ne tombe-t-elle pas de côté ou bien vers le haut, mais constamment vers le centre de la Terre ? Et si la matière attire ainsi la matière, cela doit être en proportion de sa quantité ; par conséquent, la pomme attire la Terre de la même façon que la Terre attire la pomme.
Isaac Newton, rapporté par William Stukeley
Mais il s’avère qu’en fait, on ne parle même pas de pommes. Comme l’explique Mme Dijoud, on disait anciennement « tomber dans les spasmes » pour « s’évanouir », ce qui est devenu « pâmes », et de là, « pommes ». Pourtant, comme l’aurait remarqué M. Newton, si la pomme tombe sur la tête, on va aussi s’évanouir.
Il y a d’autres façons de tomber. Les anglophones disent autant que les francophones « tomber dans les bras de Morphée » pour s’endormir. Cependant, en anglais c’est plutôt un état qu’une action, on dirait « être dans les bras de Morphée ».
On peut dire qu’il tombe des cordes plutôt qu’il pleut des cordes, mais les deux veulent dire exactement la même chose. Il y a encore une autre expression pour une forte pluie, qu’il tombe comme à Gravelotte. En ce cas, on parle d’une bataille de la guerre franco-allemande de 1870 à Gravelotte, dite aussi la bataille de Saint-Privat, d’après une colline. Les pertes humaines ont été énormes — 12 000 français contre 20 000 allemands. La pluie tombe donc comme les corps ce jour-là.
J’étais très intéressé à découvrir qu’il y avait aussi « tomber en rideau » pour tomber en panne. En ce cas, le rideau vient du théâtre, où un rideau descend quand le spectacle est fini. Encore une fois, on dit la même chose en anglais, mais sous la forme d’un état plutôt qu’une action — « it’s curtains for X » se traduit littéralement « c’est le rideau pour X ».
Avec ça, le rideau tombe sur ce billet. Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour mouiller le mauvais côté de la couverture.









































