Archives de l’auteur : Justin Busch

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A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

La pomme de Newton

Quand j’ai découvert le petit livre qui a changé la vie du blog, Le second degré n’est qu’une température,, j’ai mentionné qu’il y avait quelques expressions que je n’ai pas comprises. Parmi ces lacunes était un mot qui n’a pas apparu dans mon dictionnaire. Heureusement, l’auteur m’a gentiment corrigé :

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Avec ça, j’ai pu enfin découvrir qu’elle parlait de quelque chose qui me reste bien familière jusqu’à nos jours :

Apparue au XVIIe siècle, l’expression « tomber dans le panneau » est un terme familier qui signifie « tomber dans un piège ». Les « panneaux » font référence aux filets utilisés par les chasseurs au Moyen Age pour capturer leurs proies. A l’heure actuelle, il est courant d’utiliser cette expression pour indiquer qu’une personne s’est fait duper.

Tomber dans le panneau, Notre temps

Plus récemment, j’ai croisé une autre expression de « tomber », grâce à la star d’Instagram, Karine Dijoud :

Et là, je croyais que c’était les pommes qui tombaient ! C’est au moins ce que j’ai appris dans mon cours de physique :

Pourquoi cette pomme tombe-t-elle toujours perpendiculairement au sol, pensa-t-il en lui-même. Pourquoi ne tombe-t-elle pas de côté ou bien vers le haut, mais constamment vers le centre de la Terre ? Et si la matière attire ainsi la matière, cela doit être en proportion de sa quantité ; par conséquent, la pomme attire la Terre de la même façon que la Terre attire la pomme.

Isaac Newton, rapporté par William Stukeley

Mais il s’avère qu’en fait, on ne parle même pas de pommes. Comme l’explique Mme Dijoud, on disait anciennement « tomber dans les spasmes » pour « s’évanouir », ce qui est devenu « pâmes », et de là, « pommes ». Pourtant, comme l’aurait remarqué M. Newton, si la pomme tombe sur la tête, on va aussi s’évanouir.

Il y a d’autres façons de tomber. Les anglophones disent autant que les francophones « tomber dans les bras de Morphée » pour s’endormir. Cependant, en anglais c’est plutôt un état qu’une action, on dirait « être dans les bras de Morphée ».

On peut dire qu’il tombe des cordes plutôt qu’il pleut des cordes, mais les deux veulent dire exactement la même chose. Il y a encore une autre expression pour une forte pluie, qu’il tombe comme à Gravelotte. En ce cas, on parle d’une bataille de la guerre franco-allemande de 1870 à Gravelotte, dite aussi la bataille de Saint-Privat, d’après une colline. Les pertes humaines ont été énormes — 12 000 français contre 20 000 allemands. La pluie tombe donc comme les corps ce jour-là.

J’étais très intéressé à découvrir qu’il y avait aussi « tomber en rideau » pour tomber en panne. En ce cas, le rideau vient du théâtre, où un rideau descend quand le spectacle est fini. Encore une fois, on dit la même chose en anglais, mais sous la forme d’un état plutôt qu’une action — « it’s curtains for X » se traduit littéralement « c’est le rideau pour X ».

Avec ça, le rideau tombe sur ce billet. Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour mouiller le mauvais côté de la couverture.

Attentat

Mon tout premier souvenir est de l’attentat contre M. le président Reagan. Né vers la fin de 1976, je ne me souviens pas du tout du mandat de M. le président Carter, ni de la présidentielle de 1980. Mais je me souviens très bien de regarder la télé et entendre le nom John Hinckley Jr. Le pauvre con a dit plus tard qu’il l’a fait afin d’attirer l’attention de Jodie Foster, ce qui le rend la personne la plus malchanceuse de tous les temps. Mais à l’époque, s’il y avait du monde qui approuvait, les cons restaient silencieux.

Il y a une histoire amusante (lien en anglais) de ce jour-là. Quand M. Reagan était sur le point de subir une intervention chirurgicale, il a dit au chirurgien, « Dis-moi, s’il te plaît, que tu es un Républicain. » Et le chirurgien lui a répondu, « M. le président, aujourd’hui nous sommes tous des Républicains. » En fait, le chirurgien était un membre du parti Démocrate. Cependant, à l’époque, on pouvait toujours s’entendre, au moins pendant les pires moments. Pas plus.

Quand Hinckley est sorti de prison, il a établi un compte Twitter, et les réponses m’ont fait honte pour mon pays. Celle-ci était typique :

Source

Ça dit « Salut John bienvenue sur Twitter, ravi que tu sois ici. Grand fan de ton ancien travail !! » Imaginez si on avait dit une telle chose à quelqu’un qui avait essayé de tuer Obama. Il serait impossible que cette capture d’écran (que j’ai prise hier) existe, car Twitter aurait supprimé le tweet, et banni le compte. Mais ça s’est passé sans plainte.

Ce dont je veux parler maintenant, c’est que l’environnement de la violence politique aux États-Unis est bien autre que ce que vous ne pensez.

La presse américaine a fait son tout pour vous faire croire que Trump est Hitler. Voici la dernière couverture de The New Republic, magazine de gauche :

Source

Une récitation de la manif de Charlottesville jusqu’au 6 janvier 2021 ne vous dirait rien que vous n’avez pas déjà entendu. Mais une telle récitation manquerait des incitations de l’autre parti — et la violence qui a eu lieu.

En 2017, il y a eu une fusillade lancée par un militant du parti Démocrate contre les députés du parti Républicain. James Hodgkinson, le tireur, était anciennement bénévole de la campagne présidentielle (lien en anglais) du sénateur Bernie Sanders. À l’époque, c’était justifié, par — parmi d’autres — un éditeur pour Bloomberg, publication financière appartenant à l’ancien candidat Démocrate Michael Bloomberg, avec la suggestion qu’une loi proposée qui aurait réduit les bienfaits d’assurance sociale était aussi de la violence. C’est certainement le message que M. Hodgkinson a reçu du sénateur Sanders, qui a dit que les gens mourraient par des milliers (lien en anglais). En 2020, M. Sanders a fini en deuxième place du premier tour du parti Démocrate.

En 2020, le leader des Démocrates au Sénat, M. Chuck Schumer, se tenait devant le bâtiment de la Cour suprême en disant « Je veux te le dire Gorsuch. Je veux te le dire Kavanaugh. Vous avez récolté le tourbillon et vous payerez le prix. Vous ne saurez pas ce qui vous aurez frappé si vous procédez avec ces décisions horribles. » En juin 2022, un homme armé d’un pistolet a été arrêté (lien en anglais) devant la maison du juge Kavanaugh et a avoué à la police que c’était une tentative d’assassinat. Vous ne trouverez aucune mention de cet homme, Nicholas Roske, dans les archives du Monde. Ni Le Figaro. Ni Franceinfo.

Un autre problème, c’est que tous les candidats Républicains sont Hitler selon notre presse et leurs adversaires. En 1948, M. le président Truman a dit de Thomas Dewey (lien en anglais) qu’un victoire républicaine « apportera une menace fasciste à la liberté américaine ». En 1964, le journaliste Daniel Schorr, connu nationalement, a dit du sénateur Goldwater (lien en anglais) qu’il a donné une interview à Der Spiegel afin d’appeler à l’extrême-droite allemande. Une fois Goldwater a été sélectionné, le gouverneur de Californie a dit que « la puanteur du fascisme est dans les airs ». Plus récemment, M. le vice-président Biden a dit en 2012 que Mitt Romney, le candidat républicain, allait restaurer l’esclavage. En quelque sorte, on a évité l’esclavage ainsi que les centres d’extermination. Si vous pensez à répondre que cette fois est la bonne, sachez que Messrs Obama et Biden lui ont déjà souhaité bon rétablissement, ce qui serait bizarre s’ils le croyaient vraiment Hitler.

Le dernier problème, c’est qu’il est devenu légitime de publier des fantasmes d’assassiner les présidents républicains pendant les deux dernières décennies. En 2004, le romancier prestigieux Nicholson Baker a publié Checkpoint (paru en français sous le nom Contrecoup), un roman centré sur ses fantasmes de tuer George W. Bush, en ce moment-là le président. En 2006, un film britannique, La mort du président, a repris ce fantasme et est sorti aux États-Unis sans censure. En 2018, le New York Time a publié une nouvelle qui imaginait que le Service secret aiderait les russes à assassiner M. Trump. Les fous du pays voient l’approbation de nos médias.

Dans cet environnement, la question n’est pas si ce genre de rhétorique produira des tentatives. Je viens de vous donner deux exemples récents au-delà de la dernière. Le problème est que tout le monde condamne de tels propos seulement d’un côté. Anciennement, tout le monde condamnait les Hinckley du pays. Il nous faut recouvrir cet esprit.

Saison 3, Épisode 18 — On fait la Fête

Quel week-end, hein ? Connaissez-vous la malédiction (réputée ; lisez le 3e paragraphe au lien) chinoise « Puissiez-vous vivre une époque intéressante ? » On y habite, sûrement.

Cet épisode est plutôt court car je n’enregistre que rarement des articles qui comptent sur des photos, et jamais les recettes. Mais vu que j’ai eu un peu plus de temps, j’ai essayé quelque chose pour laquelle je suis bien connu en anglais, mais n’ai jamais fait en français — imiter les voix d’autres personnes. Mon Bourriquet en anglais est sans fautes et identique à celui de Jim Cummings, sa voix officielle, mais imiter Wahid Lamamra, c’est tout autre chose. J’ai fait mon meilleur ; à vous de me dire si j’ai réussi.

Avant que vous ne pensiez que j’ai le gros melon, Bourriquet, Mickey Mouse et Dingo ne sont pas de gros défis en anglais avec une voix comme la mienne. M. Cummings est un artiste qui fait des centaines de voix, la plupart desquelles je ne peux pas imiter du tout. Je ne suis que dilettante à cet égard.

Demain, je publierai, contre les conseils d’un ami américain, mes pensées sur l’attentat de ce week-end. Il y a de nombreux billets que je n’ai jamais publiés car je me suis dit, « Vous allez le regretter plus tard ». (N’oubliez pas que je n’ai pas le droit de me tutoyer — ma voix intérieure et moi ne nous entendons pas assez pour ça.) Mais il y a un cri de cœur au-dedans qui n’en peut plus.

J’ai reçu une surprise merveilleuse dimanche. C’était un colis venu de Light & Smell, avec un livre au-dedans :

Je ne sais pas si vous reconnaissez l’auteur, M. Frédéric Zégierman. Mais il est de loin la personne la plus citée sur ce blog ! Comment ça ? À chaque fois où j’écris un « Je découvre » sur un département, je commence mes recherches sur la nourriture sur le site Keldelice. Et toutes les entrées que je cite sur les spécialités locals sont écrites par lui. Il y a d’autres sources citées, pour être clair — des journaux, des offices de tourisme, etc. — mais il est mon point de départ dès le début.

J’espère publier « Je découvre l’Essonne » cette semaine, mais je galère toujours avec mon dîner terrifortain. Vu que vous avez du mal à sélectionner un nouveau premier ministre, je renouvelle mon offre de la semaine dernière. Mais je vous préviens, la seule loi dont j’ai envie d’adopter c’est celle des spécialités régionales — chaque ville de plus de 10 000 personnes sera obligée de reconnaître une spécialité locale et de la publier où c’est facile à trouver. De cette façon, le prochain blogueur à suivre mon programme n’aura pas autant de difficultés. J’ai mes priorités.

Notre blague traite des relations familiales. Nos articles sont :

Les gros-titres sont : Gadget et Bourriquet

Sur le blog, il y a aussi Ici et là, des faits divers récents, La pescajoune, notre dessert tarn-et-garonnais, Les cerises confites maison, notre recette pour faire des cerises confites soi-même sans alcool, et La Fête nationale à l’étranger, mon récit du pique-nique dans le Comté d’Orange pour la Fête nationale.

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La Fête nationale à l’étranger

Je ne peux que commencer par dire que l’on va parler sur les actualités américaines la semaine prochaine.

L’année dernière, le 13 juillet était un des meilleurs jours de ma vie ; j’étais aux alentours de Rouen pour la fête en famille avec mon amie. Cette année, j’étais au moins parmi des amis, mais à 9 000 km du bon pays. On fait ce que l’on peut.

D’abord, je dois vous raconter deux choses hilarantes. Afin de garder la confidentialité des événements, l’OCA ne publie jamais les endroits sur son site. Les adresses sont toujours envoyées par courriel à ceux qui ont réservé des places. Alors, quand j’ai reçu le courriel jeudi, avec les coordonnées du pique-nique, c’était où ?

En face de chez mon ex.

J’ai eu une petite crise cardiaque après ça, mais mes cerises étaient déjà en cours ! Alors absolument rien n’a changé avec mes plans. Mais ces plans étaient dingues.

Et l’autre chose ? Je tweete toujours tous mes articles, et juste après avoir publié les cerises, ça m’est arrivé :

On dirait que j’étais venu de jeter ma bouteille dans la mer ! Il m’étonne que je reste inconnu, pourtant un beau nombre de vrais journalistes me suivent.

Pour autant que j’aie su, il allait y avoir une cinquantaine de personnes, alors j’ai décidé que j’allais préparer un gâteau de même taille que mon Napolitain géant de l’année dernière. À cause du fait que c’est la bonne saison pour les cerises, j’ai tout de suite pensé à une forêt-noire.

Mais je ne voulais pas faire exactement la forêt-noire du Tour. Cette fois-là, j’ai suivi la recette de Cook&Record, et si je suis honnête, je n’étais pas complètement satisfait avec la génoise, l’ayant trouvée trop dense. J’ai donc décidé de la remplacer par celle de Gaston Lenôtre, mais avec de la poudre de cacao, pas nature comme au lien. Sans publier toutes les photos des étapes — car j’ai découvert qu’il ne faut pas arrêter pour prendre des photos si on veut réussir cette génoise, j’ai appris qu’il ne faut pas le suivre exactement. Lenôtre était un génie, et moi, je suis juste un type inconnu, mais il dit de battre ses œufs pendant 23 minutes, les 15 dernières à petite vitesse. Vous savez ce qui arrive pendant ces 15 minutes ? Les œufs perdent tout leur air ! Voici mes 3 couches de génoise, chacune préparée séparément — la première est plus plate et dense que les autres, pourtant aussi gonflée de mauvaise façon, car je ne l’avais pas compris :

Il m’a fallu environ 40 minutes pour réduire ces trois barres de chocolat en copeaux. Achetez vos copeaux de chocolat déjà faits, les enfants :

Et voici un aperçu du montage. Je regrette de vous dire qu’à cause d’une chantilly pas assez ferme, j’ai mis le gâteau au frigo après chaque étape, alors je n’étais pas seulement réveillé jusqu’à 3h du matin, je me suis réveillé à nouveau à 7h pour le finir :

Le montage final avec les copeaux, c’était le cauchemar. Vous remarquerez que la couche du fond n’est pas bien alignée avec les deux autres — elle a bougé pendant le montage et chaque effort de le régler a causé plus de problèmes. Alors, le produit final :

Évidemment, je ne peux pas publier des photos avec des gens — je n’ai pas le droit. Mais je peux vous dire que le gâteau — bien que je ne le trouve pas assez pro — a été bien accueilli :

On a joué à un jeu inconnu à moi avant, Mölkky, qui me rappelle un peu le pétanque et le jeu italien, le bocce — il faut jeter un bâton en bois contre ces piliers :

Mais la meilleure surprise n’est pas venue du pique-nique lui-même — mon amie m’a appelé par vidéo de Rouen pour partager les feux d’artifice ! J’étais prêt à pleurer — comme j’aurais aimé être là encore une fois !

On m’a dit au pique-nique que je suis trop exigeant avec moi-même, car j’ai avoué tout ce qui s’est passé pour préparer le gâteau (j’étais visiblement épuisé). Et c’est vrai. En même temps, j’ai sauté le pique-nique il y a deux ans car je me suis senti mal à l’aise à l’époque, et l’année dernière, j’étais évidemment ailleurs. (En tant que responsable du bulletin, je suis désormais obligé d’y aller pour prendre des photos et écrire un article.)

Mais je me sens toujours obligé de faire de tels efforts. On n’est pas au point où j’apporterais quelque chose achetée au supermarché. Le reste du monde a les bons passeports afin qu’il n’y ait pas de question qu’ils sont au bon endroit. Pour moi, c’est toujours une question d’être l’étranger, ce qui doit vous sembler bien bizarre vu où nous sommes. Mais c’est vrai et je cherche toujours la clé qui mettra un terme à ce sentiment.

Les cerises confites maison

Pour la Fête nationale, l’OCA accueille un pique-nique où tout le monde doit apporter soit un plat salé soit un dessert. Honnêtement, personne ne veut que je fasse un plat salé — je peux, bien sûr, mais j’ai une réputation pour les desserts. Et pour le pique-nique, avec une cinquantaine de personnes, j’ai dû faire quelque chose à grand format. J’ai donc décidé de revisiter ma forêt-noire, mais comme je vous ai dit à l’époque, il me fallait utiliser des cerises sucrées, pas fraîches.

Haute résolution en cliquant

Si myPanier était toujours ici, j’aurais acheté des cerises confites fabriquées ailleurs, comme pour mon dessert haut-saunois, mais nooooon. Si on veut que quelque chose soit fait, il faut la faire soi-même. Une amie m’a conseillé de choisir une recette sans alcool, car il y aurait des enfants au pique-nique, et c’est ce que j’ai fait.

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La pescajoune

Ça fait des mois où je vous dois toujours mon dessert tarn-et-garonnais. À l’époque, j’ai pris une décision de le revisiter plus tard afin de continuer le Tour, car je l’avais raté plusieurs fois. Avec des pommes pas utilisées pour ma tarte Tatin, j’ai décidé que c’était le bon moment. Voici la pescajoune :

Haute résolution en cliquant

Comme plus qu’un peu de desserts français, il s’agit d’une crêpe épaisse fruitée. Ce qui n’est jamais une mauvaise idée — mais j’ai du mal à tourner de telles choses. Allons la faire !

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Ici et là

J’ai une dizaine de brouillons en cours, mais je reste bloqué sur chacun, pour diverses raisons (pas la première fois !). Mais je ne veux absolument pas rompre la séquence de jours avec une publication — hier a fait 742 jours de suite — alors je vais vous donner des pépites qui ne valent pas leurs propres articles.

L’année dernière, j’ai fêté la Fête nationale avec la famille de mon amie rouennaise. Ce week-end, j’assisterai au pique-nique de l’OCA pour l’occasion. Et si je vous disais que j’ai commencé ma recette très tôt lundi matin, mais elle ne sera fini que jusqu’à vendredi soir ? (Ne vous en faites pas ! C’est une demi-heure de travail tous les jours, sauf pour le dernier.) Il y aura une soixantaine de personnes ; peut-être que la moitié me connaissent. Je me sens toujours obligé d’épater tout le monde.

En parlant de Rouen, j’ai été attristé par la nouvelle des dégâts au Gros Horloge.

Mes services de détective ont été demandé à nouveau :

Malgré étant gravement tenté par les détails, j’ai remarqué un lien pour me désabonner de leur liste, et j’espère que ça suffira.

Deux articles ont croisé mon écran cette semaine, qui ont un effet intéressant quand on les lit ensemble. D’abord, il y a l’histoire d’un homme Terrifortain — ouais, j’ai croisé celle-ci en recherchant mon menu pour Belfort, toujours un problème — qui s’est retrouvé élu maire d’un petit village en Espagne :

Tout commence en 2019, lorsqu’il rejoint la commune de Burgui, pour suivre sa compagne qui souhaite retourner vivre dans son village d’origine. Flavien Paget, ne parle pas un seul mot d’espagnol : « A Belfort, on fait plus allemand qu’espagnol »,s’amuse-t-il. [caractères gras en original]

C’était juste un jour après mon horoscope hebdomadaire de Furet dans Le Gorafi :

Source

Ça a marché pour Manuel Valls, n’est-ce pas ? J’aurais fait mes valises avec plaisir, mais hélas, aucun appel mardi soir.

Au fait, merci d’arrêter de vous plaindre que l’été est annulé en France cette année, comme j’entends encore et encore. Vous ne voulez pas avoir notre canicule :

Oui, j’ai pré-commandé le nouvel album d’Indochine. Les frais d’expédition me coûtent presqu’autant que le disque !

Si vous vous demandez pourquoi ne pas l’acheter sur iTunes vu que je vais tout copier dès que le disque arrive, c’est parce que TOUTE ma musique est sans perte. Ça prend de l’espace :

Pas mal de ça appartient à juste un groupe :

Je vous ai dit que La Fille est partie cette semaine pour un camp. La petite maline m’a envoyé un SMS :

Ça dit « Ceci est quelque chose dont je ne suis pas sûre si tu peux le faire ». Maline. Elle sait très bien que c’est un défi et que je ne peux pas le résister ! J’ai déjà trouvé la bonne recette pour le glaçage, et elle les aura dès qu’elle sera revenue.

Honnêtement, si c’est la pire chose qui arrive du côté de chez elle, je n’ai rien pour m’en plaindre.

Il y a une chance que plus tard ce mois, je serai à Paris pour juste un jour — encore. Mais si ça arrive, il n’y aura aucune opportunité de me retrouver avec personne, hélas. Je ne divulgue plus !

Je vous laisse avec la pensée qu’il pourrait toujours aller pire :

Source
Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Kif-kif bang bang

Il y a des mois, en me plaignant de l’inflation en flèche chez moi, j’ai reçu plusieurs commentaires avec des synonymes pour « pareil », tous pour dire que c’est la même chose en France que chez moi. Par exemple, il y avait ce commentaire de Juliette :

Chez nous c’est kif kif bourricot Justin !

Juliette

Et un autre de vanadze17 :

Mon cher Justin, nous « sommes à la même enseigne » !

vanadze17

En même temps, une amie sur Facebook qui m’avait lu là-bas a répondu que c’était « bonnet blanc et blanc bonnet ».

J’étais curieux des tout, ce qui m’a mené à un article par héros du blog Stéphane Bern, qui a expliqué les origines du premier, « kif kif bourricot », qui vient du Maghreb. « kif kif », tout seul, en arabe, veut dire « c’est pareil ». Rien à voir, apparemment, avec « kiffer », synonyme d’aimer, qui vient aussi de l’arabe. En plus, selon M. Bern, rien à voir non plus avec kif, une poudre mi-haschisch, mi-tabac.

Mais le bourricot ? M. Bern continue : « La présence du mot « bourricot » dans cette expression s’explique parce qu’en arabe on dit aussi « c’est pareil à l’âne ». » C’est donc une traduction, ce qui explique un peu le nom de l’ami de Winnie l’ourson, Bourriquet. J’ai déjà connu ce dernier car mon avocate m’a surnommé Eeyore, son nom en VO, il y a une quinzaine d’années. Et non pas à cause du fait que je peux imiter parfaitement sa voix, bien que ce soit le cas. (Une fois, j’ai réduite une employée de Disney aux larmes car elle a confirmé mon deuxième prénom en disant « E comme Eeyore », et j’ai donc répondu comme si j’étais lui.)

M. Bern n’explique pas l’origine des autres expressions, mais mentionne plusieurs similaires :

En Allemand on dit « c’est veste comme pantalon ». Pourtant rien ne ressemble moins à une veste qu’un pantalon… En italien on ne dit pas « c’est pareil » mais « si ce n’est pas de la soupe, c’est du pain trempé », ce qui met en appétit.

En roumain on dit « c’est pierre contre tête ou tête contre pierre », là effectivement on voit bien que c’est assez équivalent. Et si vous me permettez, je termine avec cette citation sportive : « Le tennis et le ping pong c’est pareil sauf que les joueurs sont sur la table » . Elle est de Coluche !

En anglais, on dit « Six d’un, une demi-douzaine de l’autre ».

Mais d’où « à la même enseigne » ? Selon L’Internaute, il faut remonter le temps jusqu’au XVIe siècle :

Au XVIe siècle, le terme  » enseigne  » désignait le nom commercial d’un lieu ou d’un artisan, notamment celui d’une auberge. Quand une personne s’arrêtait pour se restaurer ou se loger pour la nuit, il avait les mêmes conditions que son voisin, à moins d’aller dans une autre enseigne.

Être logé à la même enseigne

Cependant, ce ne serait pas Un Coup de Foudre sans une plainte. Et j’en ai une. Selon de nombreuses sources, on doit l’usage moderne à l’ancien candidat présidentiel communiste Jacques Duclos, lors de la campagne de 1969 :

Le 21 mai 1969, devan1 500 ouvriers des usines Renault de Boulogne-Billancourt, ce héros des deux guerres se présente comme le seul candidat de gauche capable de battre les « frères siamois » de la droite, Alain Poher et Georges Pompidou. Il échoue maisil tient les clés du second tour… Malgré les approches des centristes, il ne change pas d’avis et appelle à l’abstention avec cette célèbre formule : « les 2 P » Poher Pompidou sont comme blanc bonnet et bonnet blanc ».

La Dépêche

Cette histoire en soi n’est pas ma plainte. C’est que la grammaire dit autrement. Selon Wiktionnaire, on disait anciennement blanc bonnet pour une femme, mais que le terme est tombé dans la désuétude. Mais montrez-moi autre chose où on met une couleur devant un nom. On dit aux élèves :

La majorité des adjectifs sont placés après le nom, notamment les adjectifs qui indiquent la couleur, la forme, la religion et la nationalité. [caractères gras dans l’original]

TV5MONDE

Ou encore :

Les adjectifs de couleur sont toujours placés après le nom.

Lingolia

Chapeau noir ou noir chapeau — ce n’est pas seulement que ce n’est pas la même chose, mais que vous me diriez tous que l’un des deux est impossible !

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine afin de tomber.

Détective privé

Je vous ai récemment dit que l’adresse e-mail du blog est désormais une vraie adresse hébergée par le fournisseur de WordPress, non pas seulement le visage public de ma vraie adresse (connue à tous ceux qui m’ont écrit). Anciennement, beaucoup de pourriels n’ont jamais attiré mon attention, et certains messages légitimes non plus, car mon opérateur, Yahoo, a un biais contre la langue française et la traite d’indésirable. (J’imagine que c’est à cause du fait que le compte est largement en anglais, et même maintenant, la fréquence de courriels en français n’est que peut-être 2-3 % du total.)

Je n’ai toujours pas formé mon avis sur la qualité des filtres de Titan, le fournisseur derrière l’hébergement proposé par WordPress. Hier soir, Titan a laissé passer un courriel de quelqu’un qui me prend pour un détective privé. Je vais vous le partager. D’abord, l’exposé :

Où commencer ? Je sais que tout le monde utilise des portables pour lire ce site, mais même avec le lecteur on peut en tirer un indice sur où j’habite :

Ça dit expatrié ? Malheureusement, non. Watson, je soupçonne que ce type n’habite pas à Besançon ! Peut-on en apprendre plus sur l’auteur ? Hmmm

Que diable ? Watson, j’ai l’impression que cette personne n’a lu le site tout court ! D’autre part, avec ces pouvoirs de raisonnement, peut-être que je peux reconvertir en détective privé. Parlez-m’en plus, madame.

Un vol d’argent, vous dites ? En fait, j’ai un peu d’expérience avec ça. Une fois, dans une autre vie professionnelle — et je vous jure que ce n’est que la vérité — j’ai découvert une fraude d’une valeur de 500 000 $ à mon travail. Je ne peux pas en dire plus — j’ai quitté ce boulot sans accord de non-divulgation, mais disons qu’il n’y a pas de récompense pour être honnête. Plutôt l’inverse.

C’est comment il m’est arrivé que j’ai lancé mon propre « start-up », et de son tour, la faillite de cette entreprise est… le début d’une longue histoire qui se termine avec ma présence ici. Alors, le reste ?

Oh, comme j’ai des questions ! À commencer par « Non, mais sérieusement ? » On n’a pas besoin d’un détective privé pour lire ce site et découvrir que je ne le suis pas du tout. Je n’ai jamais proposé mon expérience avec la fraude fiscale en tant que compétence, car franchement, tout le monde la perçoit comme si je suis une sorte de traitre. « Ah, t’as cafardé sur tes collègues, c’est ça ? »

Honnêtement, je sais pas si ceci aurait dû trouver sa place dans le filtre. Je le trouve plutôt paresseux, mais en même temps, il n’y a pas de tentative de me voler mon argent ni mon identité. Alors, je n’arrive pas à décider. Mais je regrette de vous dire, quel que soit le cas, je ne vais pas payer les frais pour essayer les oreillers Derila :

Je n’ai pas besoin d’être Sherlock pour savoir que c’est un vrai pourriel !

(Photo de couverture : Plaque du Musée Sherlock-Holmes, Photo par Steve Daniels, CC BY-SA 2.0)

Saison 3, Épisode 17 — Allez les escrocs !

D’abord, je suis bien au courant du deuxième tour dimanche. Mais je dis souvent que j’essaie de me comporter comme un invité, et pour moi, ça veut dire d’éviter tout commentaire sur la politique.

Suite à notre article d’hier, je dois vous partager ce commentaire laissé dans le groupe privé de l’OCA dimanche matin — non, pas par moi :

Vous voyez sûrement que mes comptes rendus sont fiables, car je vous ai raconté la même histoire.

Au moins, je leur fais rire, non ?

Je remarque que le trafic ici est encore une fois en chute libre — -25 % pendant les deux dernières semaines. Pourtant, il me semble que les habituels sont tous passés par ici pendant ce temps. Si je vous ai énervé en quelque sorte, dites-moi ! D’autre part, il est fort probable que les bons destinataires pour ce message ne sont pas ici pour le lire.

J’ai fait une vidéo sur Instagram pour montrer les étapes de la tarte Tatin, avec une chanson de Lio, « La reine des pommes ». Je connaissais son nom, mais ne l’a jamais écoutée avant. J’ai choisi la chanson selon ma technique habituelle : chercher un mot lié à mon clip, puis choisir quelque chose de la liste où le mot est bien audible. Mais plus que je l’écoute, plus que j’ai l’impression qu’il y a une signification que je rate. Qu’est-ce que les pommes ont à voir avec cette histoire d’amour jaloux ?

Peu importe, il me faudra écrire « Je découvre Lio » un de ces quatre. J’ai une faiblesse pour de telles voix.

La Fille est partie cette semaine pour un camp, mais avec certaines personnes qui — comment dire ça de façon neutre ? — ne font pas partie de mon club de fans. De la nouvelle belle-famille de mon ex, en fait. Je n’ai pas objecté. Je dis ça, je dis rien.

Vu qu’elle n’est pas ici, je m’attends à vite finir mon dîner terrifortain. Si j’arrive à choisir un menu. Le Tour serait déjà fini il y a un an si je ne perdais autant de temps à choisir mes menus.

Notre blague traite du tarot. Nos articles sont :

Les gros-titres sont : Ficher Le Camp, Bureau, et Déception.

Sur le blog, il y a aussi C’est pas le 1er, version juillet 2024, ma revue mensuelle de mes blogs préférés, Le cake fondant au chocolat de Péla, notre dernière recette de notre cuisinière préférée, et Le 4 juillet à Tustin, mon récit de la fête nationale américaine dans une ville près de la la mienne.

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