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Je découvre Joe Dassin

On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata avec Joe Dassin. « Mais Justin », vous me dites, « vous avez été frappé à la tête par une boule de bowling ? Il est mort en 1980, et n’a pas apparu à la télé en 2023 ! » Oui, je sais, mais pour la première fois depuis le commencement du projet, on parle d’un artiste parce que sa musique a été jouée en reprise par quelqu’un d’autre pendant la diffusion, dans ce cas, Gaëtan Roussel, Matthias Malzieu et Sharleen Spiteri. J’avais dit au début que l’on allait faire exactement ça, en sautant tout artiste étranger. De cette façon, je peux ignorer Ed Sheeran, le résultat le plus important. Si c’est injuste envers Zucchero (qui j’aime bien) ou Mme Spiteri, tant pis.

Joe Dassin assis avec sa guitare
Joe Dassin, Photo par Agenzia Pitre, Domaine public

Vous avez sûrement remarqué que je n’ai pas répondu à la question de la boule de bowling.

Alors, Joe Dassin. Ici, on parle de l’artiste qui devrait être le plus « Coup de Foudre » de tous, parce qu’il était, en fait, américain, né à New York à 1938, et y habitant jusqu’à ses 12 ans. À cause de ça, j’ai dû absolument l’entendre parler anglais — voici une interview au Canada, tournée environ un an avant sa mort (selon les commentaires — la description ne mentionne rien) :

À vrai dire, il sonne presque exactement comme mon père, élevé juste au sud de New York, dans le New Jersey. (Les pauvres.) J’étais bouche bée, car même si je le savais avant, j’avais une impression qu’il devait acquérir un accent beaucoup plus français en y travaillant.

On appelle le fait que vous l’aimez quand même « l’espoir ».

Les Dassin se sont expatriés parce que son père était communiste (et franchement, vous ne devriez pas confondre le vôtres, qui se montraient des patriotes pendant la SGM, avec les nôtres, qui soutenaient les Allemands et ont donné nos secrets nucléaires à l’autre Joe, Staline). C’est donc comment Jules Dassin est devenu réalisateur en France, et après ses études universitaires, Joe est arrivé en France pour travailler sous lui.

En 1963, Joe Dassin rencontre Maryse Massiéra, une française avec des contacts chez CBS Records, qui lui aide à y obtenir un contrat. Entre 1964 et 1966, il sort 4 EPs (des disques vinyles avec 3-4 chansons), mais c’est seulement avec le quatrième où il sort enfin un single, Guantanamera. J’ai l’écouter, parce que je la connais très bien, cette chanson. Mais quelque chose ne va pas :

Je l’ai écoutée en me disant, « La mélodie est correcte, sa voix est agréable, mais les paroles sont toutes foutues. Qu’est-ce qu’il y a ? » Puis je me suis rendu compte — c’était en français. Il faut comprendre que je la connais depuis mon enfance, chantée à chaque fois par des mariachis ou autres chanteurs hispanophones, en espagnol. Peut-être que vous avez eu la même expérience en écoutant « My Way » de Frank Sinatra dont la musique vient de Claude François et sa « Comme d’habitude », mais les paroles sont en anglais (et n’ont rien à voir). En même temps, il épouse Mme Massiéra.

Son premier album en 1966, Joe Dassin à New York, comprend une sélection de chansons des 4 disques EP, notamment « Je change un peu de vent », ce que je connais en anglais sous le nom « Freight Train ». C’est déroutant pour moi, et un succès modeste pour lui.

1967 voit son premier vrai tube, « Les Dalton », qui traite du Far West (pourquoi Far, qui veut dire loin ? J’y habite.), premier single des Deux Mondes de Joe Dassin :

Je le trouve facile à comprendre, comme David Niven ou Tommy Duggan dans les films. Il me rappelle moi-même. Alors d’où les plaintes sur ma prononciation, hein ? (Je plaisante. Peut-être.)

À cette époque, il rate une opportunité en sortant un tube pour France Gall, Baby Shark, mais il l’intitulé en français, Bébé Requin, plutôt que la comptine qui a conquis le monde entier en 2017. (Sorti quand même en français plus tard.)

Pendant Les 30 Ans de Taratata, Vincent Delerm a chanté « Les Champs-Élysées ». Puis La Fille est revenue du lycée en la chantant aussi. Ça vient de son troisième album, dit Joe Dassin, mais surnommé pour cette chanson.

C’est… plus vite que ce que M. Delerm m’avait mené à croire. Mais tout ce dont j’ai vraiment besoin de savoir, c’est que toute l’arène chantait avec lui. Pas pour la première fois, je note que quand une arène pleine de Français sont d’accord et il ne s’agit pas de Jul, je fais attention. (Quand le livre sortira, je ne serai plus le bienvenu à Marseille, vu toutes mes blagues sur ce monsieur.)

Cet album nous donne aussi « Siffler sur la colline », la chanson jouée sur Taratata par les 3 artistes mentionnés au début.

Son quatrième album, en 1970, s’appelle aussi Joe Dassin, mais est connu aux fans d’après le plus grand tube d’y venir, La fleur aux dents :

C’est agréable, mais je commence à voir une formule répétitive : un tempo rapide, pas trop d’instruments (c’est pas les Beatles ici) et un refrain avec des « la la la » pour le public à chanter. En même temps, je commence à soupçonner que la réponse à la question de l’accent est qu’il est agréable si celui d’où il vient se considère beau. Ça expliquerait beaucoup de choses.

Personne ne va me convaincre que cet autre clip, « L’Amérique », du même album, est rien d’autre qu’une hallucination.

Son cinquième album s’appelle aussi Joe Dassin, mais est connu aux fans comme « Elle était oh », d’après son plus grand tube :

Je vous jure, j’avais écrit ce commentaire sur les « la la la » avant d’entendre celle-ci, qui commence avec « la da di la da di ». De toute façon, cette chanson est le seul tube de l’album, alors il change de direction.

Son sixième album s’appelle simplement Joe. Là, il retrouve du succès avec une chanson dite Taka takata — à ce point, les « la la la » sont le point. C’est une reprise d’un tube espagnol.

Ce n’est pas seulement moi qui s’ennuie de la formule. Ses deux prochains albums ne connaissent pas de grand succès, mais sa triomphe ultime arrivera prochainement, L’été indien, un single sorti tout seul, puis sur une nouvelle version de son huitième album.

Il ne quitte pas toutes ses habitudes — la moitié des paroles sont juste « Ba da da » (à mes oreilles) encore et encore. Mais c’est un « slow » avec des narrations, plus pensif que ses prédécesseurs.

Mais il ne connaîtra qu’un succès de plus, avec son dixième album en 1976, Le Jardin de Luxembourg, double disque d’or qui voit deux tubes, À toi et Le café des 3 colombes. Cet album est sorti la veille de ma naissance ; désolé, ce qui suit est probablement de ma faute en quelque sorte.

En 1977, il rencontre une jeune rouennaise, Christine Delvaux, et décide de l’épouser. D’habitude, je lui féliciterais pour ça. Mais comme j’ai mentionné avant, il était déjà marié à la femme qui a…euh… fait sa carrière. Les deux divorcent, et il épouse la rouennaise (encore une fois, un bon choix, c’est l’infidélité qui me dérange). Malheureusement, il a aussi vécu une vie de star, avec des drogues, et avait aussi des problèmes cardiaques depuis son adolescence. Début 1980, il y a un deuxième divorce, mais des mois plus tard, il est mort d’une crise cardiaque.

Que penser de Joe Dassin ? Il me semble que mes notes habituelles ne s’appliquent pas ici. D’une part, je trouve beaucoup de sa musique répétitive, et je ne peux que soupçonner qu’une partie de sa popularité vient d’être un bel étranger avec un accent intéressant. Si on veut dire que je suis jaloux que ce qui est pour moi une barrière soit pour lui un atout, je ne le contesterai pas. D’autre part, on trouve plusieurs classiques de la chanson française ici, et pour ça, tout le monde, apparemment même Maryse Massiéra, peut pardonner le reste.

Je découvre Dionysos

On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata avec le groupe qui jouait avec Louise Attaque, Dionysos. Les deux ont apparu en même temps pendant les années 90s, alors on s’attendrait à certaines similarités. Le groupe se fait remarquer pour écrire en anglais autant qu’en français — si on pensait que ça vaudrait quelque chose chez moi, on aurait tort. D’autre part, j’ai craqué pour Jeanne Added, alors on ne sait jamais. Mais je vous donnerai un divulgâcheur : je leur dénonce à la fin, pour des raisons politiques, alors si ça vous dérangerez, arrêtez ici.

Répétition de Dionysos et Louise Attaque sur le plateau de Taratata
Répétition de Dionysos et Louise Attaque sur le plateau de Taratata, Capture d’écran, ©️Banijay et France 2

Leur premier album, Happening Somgs, sort en 1996. Tous les titres sont en anglais, mais je vous préviens — des titres comme « No Sense Words Harmony », « Children of My Walk » et « Socks Tears » sont soit des fautes soit du n’importe quoi. J’ai essayé de commencer avec « Socks Tears » (Chaussettes Larmes) juste parce que le nom est si bizarre, mais ça n’existe pas sur Internet. J’ai réussi à trouver « Children of My Walk » (Les enfants de ma balade) :

Ça sonne comme si Nirvana avait un saxophone dans le groupe, avec toute la distorsion qui allait avec. Quant aux paroles, elles n’ont rien à voir avec le titre. On peut les lire avec une traduction ici. Je passe par-dessus du reste de cet album, parce que je trouve ce genre de chose prétentieux à go-go.

Leur prochain album, The Sun is Blue Like the Eggs in Winter, sort en 1998. Le titre veut dire « Le soleil est bleu comme des œufs en hiver » — ne me regardez pas comme ça, je n’ai rien bu ! Un single sort de celui-ci, « Ciel en sauce », ce qui veut dire… oups, c’est en français, vous le comprenez déjà. Ou pas. De toute façon :

La chanson commence une version sifflée d’une chanson américaine de Noël, « I’m Dreaming of a White Christmas », dont je vous ai parlé l’année dernière. Les paroles n’ont rien à voir avec ses contenus. Il suffit de citer une phrase « Tu vomissais des fleurs fanées ».

J’ai trouvé un clip de deux chansons jouées en live en 1999, Coccinelle (de leur troisième album, sorti cette année-là) et celle que je cherchais, « Frog = Electric Torch » (Grenouille = Lampe de poche — merci de ne plus me regarder comme ça, je ne suis que le messager !)

Le groupe ne manque pas d’énergie en live. Je suppose qu’il fallait être là.

Ça nous amène au troisième album, Haïku. Coccinelle était un single, mais aussi « 45 Tours » :

Enfin, quelque chose de presque normal ! Ça me rappelle les Red Hot Chili Peppers ou Stone Temple Pilots de 5 ans plus tôt, et ce n’étaient pas mes préférés, mais au moins je ne me sens plus comme j’écoute une blague pourrie. Les paroles ont même un peu de la poésie. (Je me sens horriblement mal placé à juger la poésie en dehors de l’anglais.) Mais ne vous inquiétez pas, « Asshole Car Orchestra » (Saligaud Voiture Orchestre) prouve qu’ils sont toujours…euh… Dionysos.

C’est leur quatrième album, Western sous la neige, qui donne le groupe son premier disque d’or et le plus grand tube de sa carrière, Song for Jedi. Cette chanson, enregistré dans du franglais le plus pur, a quelque chose de spécial. C’est nostalgique pour l’enfance, et de jouer dans la peau de nos héros. Je me souviens certainement de vouloir être Luke Skywalker, alors ça me parle comme rien d’autre dans leur discographie.

Honnêtement, « Don Diego 2000 » du même album est aussi pas mal. « Surfin » Frog » est une reprise plus énergétique de Grenouille = Lampe de poche, toujours en anglais afin que le public français ne comprenne pas à quel point c’est juste bizarre.

Leur cinquième album, Monsters in Love (Monstres amoureux) sort en 2005. Le premier single, « Tes lacets sont des fées », est l’un des clips les plus hallucinants que j’ai vus :

Les images ont très peu à voir avec les paroles, le clip racontant l’histoire d’une femme et une sorte d’oiseau-garou qui joue de la guitare, les deux étant avalés par un monstre de la taille d’un gratte-ciel. La musique est presque douce par rapport à leurs anciens pistes.

Mais ici tout part en vrille.

« Le retour de Bloody Betty » est une chanson assez violente, mais j’avoue que je n’ai rien compris. Puis j’ai lu les paroles. Je citerai un peu :

Happy death day to you Mister President
Crêve moi les trois d’un coup:
BenSadam, Laden, Bush
Sauve-nous petit allumette, frotte toi contre le ciel,
Eclaire nous
Où sommes-nous?
Sadam is et bush à bush

Le retour de Bloody Betty

C’est ici où j’arrête, malgré le fait qu’il reste 4 autres albums. Je considérais déjà la grande majorité de leur discographie une blague genre « Fontaine » de Marcel Duchamp, mais je ne me sens pas du tout obligé de soutenir ça. Je vous ai parlé avant du fait que les éditions et journaux américains le considèrent prestigieux et de l’art à publier des fantasmes de tuer les hommes politiques républicains, mais une acte de lèse-majesté de publier de tels fantasmes sur l’autre parti. Par ce chemin se trouve notre prochaine Guerre civile.

C’est dommage. J’aimais assez bien « Song for Jedi », mais j’ai supprimé une belle partie de ma collection de musique en 2020 parce que j’ai ma ligne rouge, et Dionysos l’a croisée autant que les autres.

Ma note : Zéro.

Je découvre Louise Attaque

On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata avec les deux groupes qui ont joué sur scène après le quatuor d’Eddy Mitchell. Cette fois, c’est Louise Attaque ; la prochaine fois sera Dionysos. Les deux ont été rejoint par Sharleen Spiteri du groupe écossais Texas (le Texas étant fortement lié à l’Écosse, évidemment), mais je vous rappelle que les étrangers ne font pas partie de projet écrit par…euh…laisser tomber. Cette fois, notre sujet est Louise Attaque, représenté sur scène par leur chanteur, M. Gaëtan Roussel. Il a toute une carrière soliste, mais j’écris seulement sur le groupe.

Louise Attaque, Photo par Kevin Decherf, CC BY-SA 2.0

Je dois avouer tout d’abord — M. Roussel est l’exception à ce que je dis parfois, que vous avez presque tous des voix d’anges. Je l’ai entendu pour la première fois quand j’ai regardé Taratata pour la première fois en 2020, et j’ai écrit à l’époque, « Gaëtan Roussel, Kimberose, et Lous and the Yakuza, je ne les aimais pas. » Une autre fois, j’ai écrit « On avance avec Hannibal Lecter…Je sais, c’est en fait M. Gaëtan Roussel. Mais vous le voyez maintenant aussi. » Le plus récemment, j’ai dit « Il est le cas, tellement, absolument le cas que je peux écouter n’importe quel Français pas nommé Gaëtan Roussel pendant toute la journée. (Il gratte les oreilles. J’ai essayé, j’ai vraiment essayé.) » Je ne l’ai pas mentionné à l’époque, mais cette dernière fois, je venais d’écouter une interview avec lui par Éric Jean-Jean sur RTL. J’ai vraiment essayé.

Mais c’est aussi le cas que des 4 chansons jouées par ce trio, c’est M. Roussel chantant « Song for a Jedi » (de Dionysos) que j’écoute la plus jusqu’à maintenant. Alors, je crois que je peux le traiter justement.

Louise Attaque a été fondé en 1994 à Paris, par M. Roussel, Arnaud Samuel, Robin Feix et Alexandre Margraff, après l’échec d’un autre groupe de Messrs Roussel et Feix.

On commence avec son premier album, intitulé aussi Louise Attaque, sorti en 1997. C’est l’un des plus grands réussites de l’histoire française, ayant vendu 2,8 millions d’exemplaires dans un pay où 100,000 en suffisait pour un disque d’or à l’époque. (C’est maintenant seulement 50 000.) Et de cet album, le plus grand tube est certainement Je t’emmène au vent :

Vu que M. Roussel a 23 ans de moins ici que ma première expérience de lui, je dirais que sa voix a bien changé depuis ce temps-là. Il me rappelle horriblement Gordon Gano du groupe américain Violent Femmes, et quelle coïncidence, devinez qui était co-producteur de l’album. Ouaip. M. Gano. J’aime bien le violoniste, M. Samuel, sur ce piste, mais je trouve le tout plutôt fatigant.

Il y a a deux autres gros tubes de l’album. « Léa », l’histoire d’une femme qui n’est pas terroriste — c’était très important, vu le nombre de fois où c’était répété dans les paroles — est plus agréable à mes oreilles que « Je t’emmène » :

« Ton invitation », bloqué aux États-Unis à cause des droits d’auteur (je l’ai écoutée avec mon logiciel VPN) est aussi plus agréable à écouter. Mais le clip est déroutant à souhaits, avec des scènes de violence domestique qui se transforment en « lucha libre », le catch mexicain.

Le prochain album du groupe, « Comme on a dit », gagne la Victoire d’album rock de l’année. J’aime assez bien la chanson du titre — encore une fois, c’est le violoniste qui a mon attention, et M. Roussel est moins en vue dans le mixage :

« Pour un oui pour un non » est encore une fois une chanson où j’aime très bien le travail de M. Samuel, et la musique en général reste agréable :

J’aime sincèrement le premier morceau de l’album, « Qu’est-ce qui nous tente ? » : positif, pas geignard du tout, même M. Roussel ne me dérange pas ici :

« À plus tard crocodile », leur troisième album, me semble une référence au tube de Bill Haley des années 50, surtout vu qu’il y a une chanson dite aussi « See you later alligator » sur l’album. Mais elle ne partage que le titre, et je la trouve simplement bizarre. « Depuis toujours », en revanche, classée 41e en France en tant que single, je trouve aussi agréable que « Qu’est-ce qui nous tente ? ».

Le groupe se sépare après cet album, et ne réunira que jusqu’en 2015 pour enregistrer leur quatrième album, Anomalie, qui gagnera aussi une Victoire de meilleur album l’année suivante. La chanson du titre sent l’angoisse adolescente bien que les membres du groupe ont tous leurs 40 ans à l’époque. C’est quand même pas mal :

On dirait pareil du morceau « Du grand banditisme », mais je ne pouvais même pas finir « Avec le temps ». Le changement de la voix de M. Roussel est en pleine vue ici, et je ne peux pas.

Ça nous amène au cinquième et plus récent album, Planète Terre, sorti en 2022. Le premier morceau de l’album, « Sortir de l’ordinaire », a encore du bon travail du violoniste. M. Roussel parle plutôt que chante, un peu comme Grand Corps Malade. « La Frousse » est vraiment pas mal, et il chuchote plutôt que chante :

La dernière chanson que j’ai écoutée de l’album, « Grazie », est pareil, sauf avec quelques paroles en italien.

Que dire de Louise Attaque ? Je soupçonne que M. Roussel partage mon avis que quelque chose d’horrible est arrivé à sa voix. Les techniques de production des 3 derniers albums ont tendance de cacher ce que je n’aime pas. Le violoniste est un point fort. Mais j’ai assez écouté de M. Roussel en live (au moins en direct, pas en personne) que je sais que je trouve sa voix insupportable. En même temps, on ne parle pas de la version musicale du troisième volet des Visiteurs. C’est plutôt les escargots de la musique française — je ne peux pas partager votre avis, mais ça ne baisse pas du tout mon affection. Pourtant, vu que le deuxième rang de notre échelle est « J’irais au concert si vous avez une place de trop », et ce n’est pas vrai…

Mon avis : Je change de chaîne, mais avec tristesse.

Je découvre Paul Personne

On reprend enfin le Projet 30 Ans de Taratata avec le dernier membre du quatuor qui a joué des chansons d’Eddy Mitchell, Paul Personne. J’avais déjà entendu parler de lui grâce à ce post de Juliette qui avait attiré mon attention. Mais je n’étais pas quand même préparé pour cette représentation-là, qui a garanti que je n’allais nulle part.

Photo de Paul Personne devant un micro, avec une guitare acoustique
Paul Personne, Photo par Georges Seguin, CC BY-SA 3.0

Paul Personne est né René-Paul Roux en 1949 à Argenteuil, ou comme dirait le reste du monde, Paris. Sa famille lui a acheté un accordéon, erreur catastrophique qui a failli priver le monde d’un excellent guitariste. Heureusement, il l’a rejeté et s’est mis à apprendre la batterie. Mais les années 70 ne voient pas de grand succès pour le jeune René-Paul, et il travaille en tant que mécanicien alors que 3 groupes de suite viennent et partent. Ici, on ne considère que sa carrière en tant que soliste, qui s’est lancée avec l’album « Paul Personne » en 1980. (Wikipédia insiste que l’album s’appelle « Faut que ça bouge », mais son site officiel donne son nom de scène. Je dirais que c’est lui l’expert sur soi-même.)

Qu’est-ce que l’on entend dans cette première chanson, titre de l’album ou non ? C’est le blues comme on l’aurait trouvé dans n’importe club à Chicago des années 60, mais en français. Tout comme le jeune Eddy Mitchell, sa carrière se lance sur des copies du style qui l’inspire. Mais c’est un bon début, et très agréable à écouter :

Un autre point fort, c’est « Je vis avec le blues », paradoxalement plus rock malgré le titre.

J’ai eu du mal à trouver les crédits pour son deuxième album, « Exclusif », mais sa bande a évidemment grandi, parce que là où tout était des guitares, de la batterie et un clavier, il y a maintenant une saxophone aussi. J’applaudis le choix, et non pas seulement car je suis aussi saxophoniste — « Comme un étranger » est plus intéressant, plus mélodique que son premier album.

Je ne pouvais pas trouver l’enregistrement original de « Ça va rouler », autre morceau du même album, mais la version en live liée ici montre que sa technique était déjà devenue plus compliqué, avec des arpèges partout.

Ses capacités en tant que guitariste continuent de s’améliorer avec son troisième album, « Barjoland », sorti en 1984. On peut toujours entendre des influences de la musique américaine des années 60, mais maintenant je dirais que l’on parle de The Ventures, un groupe renommé pour son talent musical.

Un point moins fort pour Paul Personne, c’est sa voix. Il a une voix très râpeuse, ce qui marche bien dans ses genres préférés, mais quand il a sorti 24/24, un album très années 80, il comptait sur sa voix comme son instrument principal. « Faut qu’j’me laisse aller » et « Frankie et Johnny » sont dures à écouter et je n’ai pas profité de cet album.

Il me semble que son équipe était d’accord. Après une pause de 4 années, en 1989, il sort « La chance », album qui montre une technique d’enregistrement pas vue avant chez lui : l’effet chorus, qui donne l’impression de plusieurs chanteurs, et a tendance de réduire les sonorités râpeuses. Écoutez sa voix sur la chanson du titre, et l’effet est bien clair :

« Comme à la maison », sorti en 1992, est un album très inhabituel — enregistré tout seul chez lui. Je l’aime moins — alors qu’il y a des chansons jouées de façon acoustique (Vagabondage) et électrique (Serenity Street), elles ont en commun le sens d’être ce que l’on entendrait d’un musicien (ou deux) au coin de la rue. Je suppose que c’est authentique aux racines des blues, mais c’est un vrai départ du reste de ses œuvres à ce point.

« Rêve sidéral d’un naïf idéal » est encore une fois un changement de direction. Cette fois, on le voit en mode « Steely Dan« , hyper-raffiné avec de nombreux musiciens pour l’accompagner. « Un Tax’Man pour l’Île au Trésor » aurait pu apparaître dans l’album Pretzel Logic. Mais pour moi, le grand régal de l’album est « Jet Set Boogie », du rock sur un tempo rapide, mais en même temps moins bruyant que ses premiers albums. Ça montre très clairement sa virtuosité à la guitare :

On saute plusieurs années jusqu’en 2000, à « Patchwork électrique », enregistré avec une collection énorme de collaborateurs, dont un rappeur pour la première fois (qui est là pour des effets « scratch », pas pour chanter). C’est plus du mélange de rock et de de blues que l’on attend chez lui à ce point, mais je note un changement dans la qualité de sa voix. De la chirurgie ? Des leçons ? Je ne sais pas, mais c’est beaucoup moins râpeuse. Je la trouve très agréable :

Il reste –incroyablement — une quinzaine d’autres albums après ça, mais beaucoup sont des concerts ou « best-of », alors on finira avec « Puzzle 14 », sorti en 2014. Regardez l’art de l’album dans ce clip de « Mainmise » — pour lui, c’est toujours 1970, si avec des techniques de production modernes, et honnêtement ? Je l’adore pour ça. Paul Personne a une vision très particulière de ce qu’il aime, il y reste fidèle, et au fil de sa carrière, il la fait de mieux en mieux.

C’est très facile à comprendre pourquoi Nagui l’a choisi pour accompagner Eddy Mitchell. Il est un peu plus jeune, sa carrière n’a vraiment pas commencé que presque 20 ans après Eddy, mais les deux sont « deux petits pois dans la même gousse », comme on dit en anglais. Je vous ai dit qu’Eddy Mitchell représente un de deux chemins vers la France, celui des bilingues et de la culture américanisée. Paul Personne joue absolument sur ce chemin. Mais il fait son travail avec tant de passion, tant de dévouement, que je ne peux que l’aimer pour ça.

Ma note : J’achète l’intégrale.

La musique de Noël américaine

C’est la veille de Noël, et pendant que j’écris, je n’ai toujours pas fini d’emballer les cadeaux dont on a parlé. J’ai eu une super idée pour une farce, mais vu que les centres commerciaux seront des zoos aujourd’hui, je ne la ferai probablement pas. Alors je vous la raconterai afin de ne pas la gaspiller complètement.

Vous savez déjà qu’il n’y a pas de vêtements dans la liste du Père Noël cette année. Il n’y en a jamais, car je me souviens du point auquel c’était décevant. En plus, qui veut s’habiller toute l’année comme si on était toujours hiver ? (Même en Californie on porte des manches longues en hiver. Pour aller avec notre short.) Cependant…et si j’allais chez Macy’s et demandais une boîte pour faire semblant que les contenus étaient des vêtements ?

Rudolphe le renne au nez rouge dans sa première apparition dans un dessin animé de 1948 par Max Fleischer
Rudolphe, le renne au nez rouge, Dessin animé de Max Fleischer, Domaine public

Revenons à nos Rudolphe. Si tout le monde a une plainte sur les américains, c’est… probablement que nous nous attendons à ce que le reste du monde parle l’anglais. Ou les guerres, mais nous faisons parfois du bon travail là, alors je vais m’en tenir à l’anglais. Mais si on a le droit à deux plaintes, pas mal de monde se plaindra que nous détournons toutes les autres cultures une fois ici. Nous ne respectons l’authenticité de rien. C’est pas les italiens qui ont mis de l’ananas sur les pizzas. (C’était un grec au Canada, mais tout le monde s’en prend à nous, car il l’a appelé « hawaïen ».) C’est pas les japonais qui ont mis de l’avocat dans les sushis. (Au moins, pas ceux au Japon.) C’est pas les chinois en Chine qui a cuisiné le poulet du général Tao.

C’est donc naturel que nos tubes pour Noël… ont été écrits par des juifs.

Non, pas la bêtise de Mme Carey. C’est du complotisme de blâmer les juifs pour tout comme ça. Dans ce cas, c’était Walter Afanasieff, un immigré russo-chinois-brésilien. Ça mérite tout autre genre de complotisme, je suppose. (Qui dit russe, dit forcément Poutine, après tout. On est nuancés comme ça.) Mais en fait, je suis complètement sérieux. Presque tous les classiques du pays, ceux qui ont le statut d’un Petit Papa Noël (voici ma version), sont les produits de compositeurs juifs. Par exemple :

D’exactement la même époque que Petit Papa Noël, « White Christmas » a été écrite en 1942 par Irving Berlin, pour un film intitulé Holiday Inn. M. Berlin, né Israel Isidore Beilin, était le grand géant de la chanson américaine pendant la première moitié du XXe siècle. Pourtant, la chanson ouvre avec « Je rêve d’un Noël blanc, comme ceux que je connaissais. »

« Walking in a Winter Wonderland », par compositeur Felix Bernard (lien en anglais) et parolier Richard Smith (idem), date de 1934, mais la version entendue la plus souvent dans nos centres commerciaux, est celle de 1946 par Perry Como. Celui raconte une balade romantique et imagine que le couple se marie devant un bonhomme de neige habillé comme un pasteur :

« It’s the Most Wonderful Time of the Year » (C’est le temps le plus merveilleux de l’année), tube de 1963 pour chanteur Andy Williams, était écrit par Edward Pola, né Sidney Edward Pollacsek, fils de deux immigrés juifs hongrois, et George Wyle, né Bernard Weissman (liens en anglais). Peut-être que vous vous souvenez que M. Descarottes a détourné cette chanson pour ses propres buts il y a des mois :

Mais sans doute le compositeur le plus étonnant de tout à cet égard est Johnny Marks, qui a écrit pas moins de 4 chansons iconiques de la saison, toutes des années 40 et 50, dont une que vous connaissez sans doute — « Rockin’ Around the Christmas Tree » (Rockin autour du sapin de Noël), « A Holly, Jolly Christmas » (Un Noël joyeux de houx — désolé, impossible de faire mieux avec ce jeu de mots anglais), « Silver and Gold » (Argent et Or) et…Le petit renne au nez rouge. Ouaip.

J’arrête ici, car je ne prétends pas à épuiser le sujet, mais en fait, il y a plein d’autres que je saute. Ce sont les produits d’une époque peu susceptible de se répéter aux États-Unis, mais qui reprend un des thèmes du blog, celui de s’intégrer à la société. Au-delà du mariage imaginaire mentionné en haut, il n’y a pas de contenus sectaires dans n’importe quelles paroles ici. Dans le contexte des États-Unis du mi-siècle, quiconque qui voulait réussir dans le monde du spectacle pouvait le faire sur talent, pas selon croyance ni couleur de peau, tant que l’on poursuivait un grand public. Quelle meilleure preuve de cela que parler des chansons de Noël juives ?

Tout ça pour ça

À mon avis, il n’y a que deux albums complètement parfaits que j’ai écoutés de ma vie : Moving Pictures, par Rush, et The No Comprendo, par Les Rita Mitsouko. Pourtant, j’étais prêt à laisser tout tomber et voler en France juste pour voir Indochine, alors évidemment il n’y a pas besoin que j’aime tout afin d’être fan. Cependant

Je m’inquiète pour cet album depuis longtemps. Très peu après ma découverte d’Indochine, le groupe a sorti une reprise de « 3e sexe » avec la personne qui s’appelle « Christine and the Queens » (malgré le fait de n’être qu’une seule personne). Je l’ai trouvée beaucoup trop électronique, une chanson moins à la recherche de l’Ombre jaune qu’à la recherche des fans d’un autre genre de musique. Puis Nico a sorti une chanson avec Moby, un musicien également connu pour sa production 100 % électronique. C’était donc très évident où sont allées ses pensées.

Le premier single de l’album est sorti il y a des mois, Le Chant des cygnes, et c’était exactement ce à quoi je m’attendais — une chanson qui venait presque complètement des synthétiseurs :

J’ai enfin reçu mon colis avec les disques (il y en a deux) vers midi hier, et je vous rassure, je suis allé directement vers mon ordinateur pour copier le tout à mon portable. Puis, j’ai commencé à écouter (avec mon casque tout français). Je ne vais pas en parler piste par piste, car ce serait ennuyeux.

Il y a deux gros problèmes avec cet album. Le premier problème, et le pire, est le point auquel il est homogène. Il y a de forts rythmes générés par des ordinateurs qui font la base de presque toutes les chansons. Au passé, il y aurait une chanson bruyante et à grande vitesse telle qu’Alice et June ou La sécheresse du Mékong, puis quelque chose de plus lent et pensif, Le lac ou J’ai demandé à la Lune. Babel Babel nous offre « Le garçon qui rêve », ainsi que « Seul au paradis », mais c’est autrement un album caféiné.

L’autre problème, et je sais que c’est juste l’époque, c’est que cet album frappe l’auditeur encore et encore sur la tête avec ses messages. Inutile de faire semblant qu’il n’y a pas de thèmes politiques le long de la carrière d’Indochine, mais…une de ces choses n’est pas comme les autres, dans « Tokyo Boy » :

Moi je suis amoureux d’une fille qui aime les filles
C’est comme passer Noël en famillе
Ça va très mal se passer
Comme dе croire et d’écouter Poutine

On aurait pu écrire une chanson très intéressante sur la première ligne — ça m’est arrivé au lycée — mais il y a plusieurs références à Poutine dans celle-ci, qui gâchent vraiment l’ambiance. Bon, je comprends, Nico, vous vouliez mépriser le gars — mais ça ne tient pas avec le reste. C’est quand même moins….affreux (je veux dire « creepy » en anglais)…que son hymne à Sanna Marin, ancienne première ministre de la Finlande, qui il imagine sur une croix en disant « ils ne te méritent pas ». Nico, elle a démissionné en 2023, à l’âge de 37 ans, et pris un boulot bien payant avec la fondation de Tony Blair. Elle n’est pas une martyre. La chanson n’est pas mal en tant que morceau, mais je me demande vraiment ce qu’il pensait.

Ce qui m’énerve le plus avec cet accent sur les rythmes électroniques, c’est que si on écoute tous les albums d’Indochine, Ludwig Dahlberg est de loin le batteur le plus talentueux de l’histoire du groupe. Il n’y avait même pas un batteur au début, juste une boîte à rythmes. Avec cet album, il est souvent réduit à garder le temps. Il n’y a pas de moment de virtuosité pour Boris Jardel et sa guitare tel que mon moment préféré d’Alice et June non plus.

Je sais qu’il est souvent le cas qu’un fan des vieilles œuvres d’un groupe n’aime pas les nouveautés. Mais dans mon cas, j’ai tout découvert en même temps. Dans leur concert à la Tour Montparnasse en ligne, 9/13 chansons venaient d’albums sortis après 2000, et je suis tombé amoureux du tout à la première écoute. Cet album manque les refrains de légende que l’on trouve le long de leur carrière — « Bob Morane contre tout chacal », « On se prend la main », « Quand je suis cerné, je rêve d’un été français ». Chacune de ces paroles comptent sur des mélodies mémorables, et bien que beaucoup soient agréables, je galère à identifier celle que je fredonnerai demain.

Mais je veux être clair. Il ne m’était pas important que cet album soit à la hauteur de 13, ou 3, ou L’Aventurier. C’est quand même meilleur que le dernier album de Rush (un de ces quatre, on en parlera, mais pas bientôt). J’ai déjà ce que j’appelle « la trinité » — Un Jour Dans Notre Vie, Un Été Français, et Nos Célébrations — et toute la raison du voyage fou était que je voulais, une fois de la vie, voir L’Aventurier joué dans un stade, pas un Zénith, en live. J’espérais que l’on aurait un album avec au moins un autre « La Vie Est Belle » ou « Black City Parade », mais ce n’était pas l’album que Nico voulait sortir.

On est de retour

Hier — et peut-être que vous en avez déjà entendu parler — Indochine était sur TMC, d’abord sur le plateau de Quotidien pour une interview avec Yann Barthès, puis pour un concert (enregistré plus tôt) de 10 chansons du nouvel album.

Je dois vous dire, même après 4 ans, je le trouve mignon, qu’à chaque fois où quel que ce soit arrive chez Indochine, plusieurs personnes en France m’envoient des messages pour me rappeler « Regarde cette chaîne/Commande ce disque/etc ». Sincèrement, vous êtes les meilleurs. Mais honnêtement, je le savais déjà.

Vous pouvez vous rassurer sur ce point, car notre gros-titre vient de quelque chose que Nico a dit pendant le concert en ligne du 20 juin 2020. En présentant « Song for a Dream », il a dit « We’re back. On est de retour. » Il n’y a aucune raison pour laquelle quiconque s’en souvienne, mais j’ai l’enregistrement sur mon portable, et je n’oublierai jamais rien de ce jour-là. Voici la preuve :

D’abord, Quotidien. Je ne l’ai jamais vu avant. Je pense que je ne la rajouterai pas à ma liste d’émissions préférées. Il n’y avait rien de mauvais quant à l’interview en soi. Mais bien que le « Kids Club » soit mignon, ce monsieur Yann Marguet ne sait pas du tout de quoi il parle en ce qui concerne les actualités chez moi, même s’il est humoriste, et moins je dis sur Mme Mazaurette, plus nous serons tous heureux. On est loin de C à vous, c’est certain.

Je vais prendre l’opportunité pour vous montrer le plus gros problème de vivre à 9 000 km. Non, au-delà du manque total de Carrefours et de francophones de mon âge. Voici un court extrait de ce qui se passe quand la connexion est bonne :

Et voici ce qui se passe entre 10-20 % du temps :

En fait, c’est bizarre, mais j’observe ce dernier presque seulement quand j’enregistre ce que je regarde. Je ne serais pas surpris à apprendre qu’il y avait quelque chose pour gâcher les enregistrements, mais si c’était vraiment le cas, ça devrait opérer à temps plein, n’est-ce pas ?

Quant au concert, j’ai des avis mitigés. Il vous surprendra, mais je n’aime pas toute la musique d’Indochine. Les albums Paradize et Le Baiser ne font pas grand-chose pour moi, et la moitié de « La République des Meteors » non plus. Je n’ai rien entendu qui m’ait stupéfié comme Nos Célébrations, ou Un Été français, ou Alice & June. Tout ça m’a frappé la première fois où je l’ai écouté. Cette fois, je me disais « Ça sonne comme plus de République ou Black City Parade. Pas mal, mais pas de tubes non plus. »

Peut-être que je changerai d’avis avec l’album entier. Je me suis réveillé hier à cette nouvelle :

Mais quand je l’ai vérifié chez DHL, j’ai dû demander ce qui veut dire « remettre » chez la FNAC :

En fait, tous les expéditeurs aux États-Unis font la même chose. Mais si vous avez vu « Princess Bride », vous saurez ce que je veux dire par « Tu emploies toujours ce mot. Je ne sais pas s’il veut dire ce que tu penses. » Pour ce qu’il vaut, en ce moment DHL me dit que mon colis est en Allemagne, pas loin d’un camp de la SGM (je l’ai vérifié ; Leipzig-Thekla). Super.

Alors, la dernière chose. À la fin du concert, Indochine a annoncé les dates du prochain tour. Il est possible que je puisse assister à certains, notamment Aix-en-Provence, Toulouse, ou Strasbourg. Quand je dis « assister », je pense à un voyage de 5 jours, pas un autre aller-retour de con, mais tout seul car ces dates sont pendant l’année scolaire. Pourtant, il me semble peu probable que ça arrive. Je m’attends à de grosses dépenses bientôt, et si le budget ne le permet pas, il faut que je l’accepte. Peut-être que j’essaierai d’acheter un billet pour une de ces dates et prendrai la décision plus tard.

Et honnêtement, je n’ai aucune envie d’y aller tout seul encore une fois. S’il s’avère que ce serait le seul problème, j’irais, mais j’ai déjà vécu le rêve de voir L’Aventurier dans un grand stade, le plus grand de tous. Si je retourne pour un autre concert, j’aimerais que ce soit aussi un rêve.

La magie de Sandrine Mallick

Je vous ai dit avant que depuis des mois, je mets de la musique dans tous mes posts sur Instagram, car personne ne les voit autrement. Mais j’essaie quand même d’utiliser uniquement de la musique française et en plus, liée à ce que je fais. C’est comment j’ai découvert Nicolas Moro — je cherchais les noms de villes en Vienne jusqu’à ce que j’aie trouvé quelque chose d’intéressant. Cette fois, nous sommes ici pour parler de l’artiste que j’ai découverte pour Seine-Saint-Denis, Sandrine Mallick. Voici le post, avec un extrait de la chanson dont je suis obsédé depuis une semaine, « Swing à La Villette » (il faut le voir sur Instagram pour écouter le clip) :

Vous êtes chanceux car j’ai passé toute la semaine jusqu’à hier en l’écoutant sur son site web, où il y a un lecteur avec quelques extraits :

Mais je viens de découvrir qu’elle est disponible sur VousTube :

Peu importe ; quand je veux qu’un morceau soit dans ma médiathèque, j’achète le disque afin que je puisse l’avoir à sa plus haute résolution. Il est arrivé hier aprèm :

En attendant, j’ai écouté rien que Swing à La Villette, dont toutes les 3 minutes dans ma voiture pendant l’aller-retour à San Diego le week-end dernier. Il n’y a aucun doute que je l’ai écouté plus de 100 fois à ce point. On va y revenir, mais d’abord qu’est-ce que c’est que cet album ?

Il s’agit d’un de seulement 2 albums sortis par Mme Mallick, celui-ci étant du jazz manouche. Au-delà la dernière piste, une reprise de Léo Ferré, elle a écrit toutes les paroles, et la musique est par l’accordéoniste Ludovic Beier. Publié par la maison de disques Frémeaux et Associés, les stocks sont épuisés, mais il reste disponible en version numérique, et il y a toujours des exemplaires chez la FNAC.

J’ai maintenant écouté tout l’album et je l’adore. Sandrine Mallick a la voix d’un ange. C’est vrai que je suis accro à vous tous, mais vous n’êtes pas tous égaux à cet égard non plus — j’ai mes préférés. Écoutez « Job alimentaire » — toujours cette élocution parfaite et un sens de l’humour en plus :

Un morceau de plus ? « Intermititte aiguë » est bien dans la tradition du jazz où le chanteur dit des choses en aparté au fur et à mesure de la progression de la chanson :

Je recommande tout cet album sans la moindre hésitation. Mais maintenant, vous allez m’aider avec quelque chose. Il n’y a aucune parole disponible nulle part, et bien que je puisse comprendre la grande majorité de « Swing à La Villette », il me reste quelques lacunes. Vous allez remplacer les points d’interrogation pour moi. J’ai écrit ce que j’entends, avec le temps des choses que j’ai ratées entre parenthèses. Où les ? sont entre parenthèse, je ne suis pas sûr que la phrase soit correct, mais j’ai quelque chose pour chaque mot :

J’avoue que ça ne va pas

J’ai des éclats de mascara

Autour des yeux et puis des blues

Plein les ??? (0:18-20)

J’ai tenté les cours de yoga

L’ayurveda ne ne m’aide pas

Toujours je me ? partout (0:26-27)

Je crois que j’ai les mers à bu (?) (0:29)

Je suis trop stressée beaucoup trop flippée

Je suis vraiment trop beaucoup trop parée

Je veux profiter de ce bel été

Pour me lâcher, m’abandonner

À mes envies devant (?) de minuit (0:42)

À La Villette que c’est beau la vie

C’est la fête, on est entr’amis

Une dînette en plein Paris

Je n’en peux plus d’être gênée

Par le planning et le boulet

Je veux te voir et te parler

En live en illimité 

Quitter les murs de mon quartier

Partager ton intimité

Mais ??? se cacher (1:07-1:08)

Tu es toujours un petit peu trop pressé

Je ne suis pas sûr non plus du refrain — est-ce « C’est la fête », comme j’ai écrit, ou « C’est le fait » ? Tout se répète plusieurs fois après ça,

En écrivant ce billet, je crois que je comprends finalement pourquoi je suis tombé si amoureux de cette chanson. Je tuerais pour que l’on me parle comme ça, et le voilà, en boucle. Sandrine Mallick est très convaincante !

Je découvre Thomas Dutronc

On continue le Projet 30 Ans de Taratata avec un des musiciens qui a apparu sur scène avec Eddy Mitchell, Thomas Dutronc. Ça fait deux mois depuis notre dernière entrée dans cette série, pas du tout attendu !

(Attention aux lecteurs hors France : j’ai dû utiliser un logiciel VPN pour regarder la majorité des clips en me faisant passer pour un résident de France — non, encore plus que d’hab. Il y a un risque qu’ils ne soient pas disponibles dans votre région sans de l’aide.)

Thomas Dutronc (à droite), Photo par
Benoît Derrier, CC BY-SA 2.0

Thomas Dutronc est à une couronne près d’être de la noblesse dans la musique française, étant le fils de deux légendes, Françoise Hardy et Jacques Dutronc. On penserait que ses parents auraient tout préparé pour lui, mais en fait, il n’a pas appris la guitare, son instrument principal, jusqu’à ses 18 ans, inspiré non pas par ses parents, mais par Django Reinhardt.

J’étais absolument fixé par sa voix pendant « La Dernière Séance » des 30 Ans de Taratata, alors j’avais plus hâte d’écrire ce billet que les délais ne suggéraient. C’est intéressant à noter que ses premiers pas dans « l’industrie » ont été en tant qu’écrivain pour son père avec « À part ça » en 1995. Il me semble q’il n’a pas joué ni chanté pour l’enregistrement. Pendant la décennie à suivre, il a écrit de la musique pour plusieurs films, dont Toutes les filles sont folles en 2003 (gagnant du prix de meilleur bande originale au Festival de Paris-Île de-France, et Les Enfants en 2005. Il a aussi joué sur des albums de sa mère, notamment 4 pistes de l’album Tant de belles choses en 2004. Si j’ai bien compris les crédits, c’est Thomas en tant que soliste sur la guitare électrique de 1:00-1:20 dans « La folie ordinaire » :

Mais c’est seulement en 2007 où un album enregistré sous son nom voit le jour, Comme une manouche sans guitare. C’est une réussite absolue — 425 000 exemplaires vendus, 2 fois nominé aux Victoires de la musique en 2008, et gagnant d’une Victoire en 2009 pour la chanson du titre. La voilà :

J’adore. Si les choix de production me semblent un peu bizarres — il y a trop d’échos pour sa voix — la mélodie est séduisante et son travail avec sa guitare est de première classe. Écoutez son solo à partir de 0:50 — fortement dans la tradition du jazz et à haut niveau technique. J’aime aussi « J’aime plus Paris », qui n’a pas d’effets bizarres pour sa voix, et tous les mêmes points forts :

Il suit cet album en 2011 avec Silence on tourne, on tourne en rond. Si c’est moins d’une réussite que son début, il vend quand même 185 000 exemplaires. C’est un album un peu plus électrique, à ne pas dire électronique (on ne parle pas de synthétiseurs), que son prédécesseur.

Je n’ai absolument aucune idée de ce qui se passe dans le clip pour « Turlututu », mais la musique reste très agréable :

Par rapport aux deux premiers albums, son Éternels, jusqu’à demain doit être considéré un échec, même s’il reste quand même un disque d’or de 55 000 exemplaires. « Croc madam », écrit pour lui par Matthieu Chedid, est simplement bizarre :

Chez les yé-yé, une reprise d’une chanson de Serge Gainsbourg, est bien fait — et oh là là, mais la batterie sonne en direct des années 60 — mais ça ne sonne pas comme le Thomas Dutronc des deux premiers albums. Mais je suis paradoxalement fier de lui pour celle-ci ; on en reparlera à la fin.

Même quand il sonne comme lui-même, avec son titre original « J’me fous de tout », il y a un manque de l’énergie des deux premiers albums. C’est agréable, mais l’expression « je t’emmerde » n’est pas censée être aussi agréable que ça !

En 2020, il sort Frenchy, un album de reprises de chansons françaises, souvent en duo ou en trio avec des collaborateurs inattendus. Voici Iggy Pop et Diana Krall — les deux autrement déjà dans ma collection — avec lui pour « C’est si bon » :

J’ai halluciné « La Vie en Rose » avec Billy Gibbons, non ? Le M. Gibbons de ZZ Top qui a chanté La Grange :

Sur le même album, il fait pour Daft Punk ce que Paul Anka a fait pour Nirvana :

Je ne peux pas mentir, j’ai le même sentiment ici qu’ailleurs — à mon avis, vous avez les plus belles voix au monde, mais je préfère vous écouter en français.

Son dernier album est en duo avec son père, Dutronc et Dutronc, sorti en 2022. Je dois avouer que je me trompe depuis 4 ans déjà — je croyais que « L’opportuniste » était à Indochine ! Ça m’apprendra à lire les crédits !

Je n’ai pas envie de critiquer cet album, qui a vendu seulement 50 000 exemplaires aussi. Quand on voit les deux ensemble, comme sur Taratata, il est évident qu’ils ont dû le faire en ce moment-là ou jamais — Dutronc père n’a pas âgé comme Eddy Mitchell.

Mais c’est ça la raison pour laquelle j’ai dit que j’étais fier de Thomas Dutronc pour « Chez les yé-yé ». S’il voulait être l’enfant de népotisme, il aurait enregistré un album en 1995 intitulé « Yé-yé moderne », en duo avec chacun de ses parents, une chanson en trio, le tout aurait vendu 1 million d’exemplaires, et vous n’auriez plus jamais entendu parler de lui. Il a fait son tout pour gagner sa propre place, dans un style très différent de ses parents, et il n’a pas revisité leurs carrières jusqu’au moment où il a vraiment eu la sienne. J’ai tout le respect au monde pour son parcours.

Que dire enfin ? Si je suis honnête, sa voix est plus plaisante que puissante, mais en tant que guitariste et auteur, il ne doit d’excuses à personne. J’ai profité énormément de cette expérience, j’irais à ses concerts avec plaisir, et si « je ne prendrais pas l’avion », je serais ravi de le retrouver pendant un voyage d’une semaine.

Ma note : J’achète l’intégrale.

La légende, M. Eddy Mitchell

On continue le Projet 30 Ans de Taratata avec un des deux articles pour lesquels j’ai conçu tout le projet. D’habitude, j’intitule ces articles de même façon que le Tour des Départements, mais ce titre est lié à l’expérience de le découvrir. Revenons sur le plateau de Taratata ce soir-là :

©️France TV/Air Productions

Écoutez les introductions des 4 chanteurs. Les trois premiers sont les bienvenus, mais l’approbation de la foule dès qu’elle reconnaît Eddy Mitchell est tout autre chose. En général, si 40 000 Français se montrent enthousiastes pour quelque chose, je fais attention. (Il y a des limites. Si Jul remplissait le Stade de France, je secouerais la tête.) Mais les 8 minutes qui ont suivi, elles étaient magiques, et j’ai eu des larmes aux yeux durant toute la représentation.

©️France TV/Air Productions

Ce que j’ai vu ce soir-là a dépassé l’interprétation de deux chansons. Il faut vraiment écouter M. Mitchell quand il présente les solistes. Il a du charisme. À Hollywood, on parle d’une certaine qualité de présence sur scène qui commande l’attention au public, « it » (ça, mais non pas le clown de M. Stephen King). Le magazine Cosmopolitan l’a défini comme ça :

That quality possessed by some which draws all others with its magnetic force.

Cette qualité possédée par certains qui attire tous les autres avec sa force magnétique. (Ma traduction)

It, Wikipedia en anglais

Seulement 3-4 personnes m’ont frappé avec « it » dans toute ma vie. Nicola Sirkis, absolument ; Geddy Lee, le chanteur de Rush ; l’actrice américaine Miki Yamashita, peut-être. Puis, Eddy Mitchell.

Passons à la musique. Eddy Mitchell, de son vrai nom Claude Moine, est né en 1942 à Paris. Jeune, il travaillait pour une agence de Crédit Lyonnais près du célèbre club Golf-Drouot (mentionné dans Les 7 Jours de Pékin). C’est là où il lance sa carrière de chanteur, avec un groupe dit Les Chaussettes noires. Il adopte son nom de scène d’après l’acteur Eddie Constantine, et l’idée que Mitchell sonne plus américain que Moine (quoi, il n’a jamais entendu parler de la capitale de l’Iowa ?) Et pourquoi avait-il besoin d’un tel nom ? Parce qu’à l’époque, en 1961, il chantait du rock américain traduit en français, tel qu’Eddy sois bon, traduction hyper-littérale de Johnny B. Goode par Chuck Berry :

Il serait impossible de passer par chacun de ses 39 albums de studio, peu importe ses 16 albums en live. J’ai essayé de sélectionner des chansons représentantes, mais à vous de me corriger.

Ses premières années en tant que soliste, 1961-64, voient la sortie de 3 albums de reprises de la musique d’artistes américains, les Gene Vincent et les Elvis du monde. Même avec son 4e album, Toute la ville en parle…Eddy est formidable, où il y a enfin plusieurs de ses propres textes, son plus grand tube est une reprise de Burt Bacharach :

En 1966, il sort enfin un album qui est largement de sa propre musique. Perspective 66. Voici un de ses singles de l’album, écrit par Eddy lui-même. En tant qu’anglophone qui a grandi avec les versions originales de ses albums précédents en boucle grâce à deux parents qui ne connaissaient que la radio nostalgique, je me sens quand même tout à l’aise avec celle-ci — il comprend très bien le style et n’a plus besoin de copier :

Fin 1966, Eddy Mitchell sort un des plus grands tubes de sa carrière, J’ai oublié de l’oublier. La représentation ici est de 2000, et montre exactement pourquoi je suis tombé amoureux de lui aussi vite — il n’a pas la voix la plus spectaculaire, mais il a de l’autorité :

Au début des années 70, on le retrouve pleinement dans le style de l’époque ; C’est facile, son tube de 1971 sonne comme une centaine d’autres choses, Soulful Strut avec des paroles. Je regrette de vous dire que « Le coup de foudre » ne m’en a pas donné un. Mais le meilleur est à venir.

En 1974, il sort Rocking in Nashville, selon Rolling Stone le 59e meilleur album de rock français, même si c’est largement des reprises de Chuck Berry. 1976 voit Sur la route de Memphis, ce que Rolling Stone met à la 18e place. Avec de telles chansons que Je suis parti de rien, celle du titre, et Je me fais mon Western, il adopte pleinement le style du genre country.

Je dois vous dire, cet album est en français, mais c’est peut-être la chose la plus américaine que j’aie entendu. Je n’ai pas parfaitement compris les paroles — j’ai toujours besoin de l’aide pour ça, même en anglais — mais je ne les ai pas cherchées. Pas besoin. Eddy, où étiez-vous toute ma vie ?

En 1977, il sort son plus grand tube, La dernière séance, ce qui deviendra le générique d’une émission à la télé pendant 17 ans. J’aime bien la version originale. Mais avec sa voix âgée, accompagnée par Personne, Bauer et Dutronc, cette chanson frappe avec le son de l’expérience, de la vraie nostalgie — et j’ai été fixé pendant le tout. Voici un extrait, ou vous pouvez tout regarder sur le site de Taratata à partir de 27:25.

Après son tour vers la télé, il continuait d’enregistrer de nouvelle musique. Happy Birthday Rock’n’Roll, de 1981, me rappelle énormément Old Time Rock & Roll de Bob Seger, Mais ce n’est pas du tout une reprise. Et je l’adore autant que son équivalent américain :

On va sauter par le reste pour conclure avec quelque chose d’extraordinaire, La même tribu, sorti en 2017. 17 artistes, dont Johnny, Laurent Voulzy, Pascal Obispo, les Dutronc, et Alain Souchon, l’ont rejoint pour une chanson qui est un résumé de sa carrière, et même de la chanson française pendant les 50 dernières années. Très peu de monde auraient pu attirer la participation de ce groupe de légendes.

Je vous ai dit avant qu’il y avait deux chemins que j’aurais pu suivi, celui des bilingues, la France qui est tellement influencée par le monde anglophone, ou un autre — j’hésite à dire plus pur — inaccessible aux étrangers sans se donner corps et âme au projet. Sur le premier chemin, on trouve Paris, Pierre Hermé, La classe américaine, et Johnny. Sur le deuxième, on trouve la Lozère, Maïté, Ni vu ni connu, et Georges Brassens. Eddy Mitchell est le symbole ultime du premier chemin — la langue est différente, mais j’y reconnais mon passé plus que nulle part ailleurs. Pourtant, quand il ne copie pas, sa musique escalade les hauteurs, et il commande tout le respect dû à une légende.

Ma note : JE PRENDS L’AVION ! (Au moins, je l’aurais fait s’il n’avait pas déjà pris sa retraite.)