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Deux pépites

J’ai passé tout le soir (le mot « soirée » ne s’applique pas chez moi, de peur que l’on ne me prenne pour quelqu’un qui fait la fête) en traduisant les recettes de mon livre. Je mens parfois dans tel ou tel post que « je ne regrette rien » ([HA ! Il y a même une statue officielle pour ses regrets au Jardin des Tuileries ! — M. Descarottes]), mais une chose que je regrette certainement, c’est de ne pas avoir gardé des mesures en unités nord-américaines au fil du Tour. Traduire tous les « grammes » et « millilitres » en « onces » et « tasses », c’est du boulot. Surtout car on mesure beaucoup de choses en volume, non en poids.

Je n’ai donc rien préparé. Heureusement pour moi, je garde toujours des pépites pour ces situations. En voici deux :

D’abord, le français a bien gâché ma compréhension de l’anglais. (Les bêtises de mes compatriotes aussi, mais laissez tomber. Ceci, c’est de votre faute.) Il y a une marque de pommes devenue très populaire pendant les 18 derniers mois. Vous verrez ce paquet exactement comme je le vois :

C'est un sac plié, qui semble dire "SMIC Crisp"

Que diable ? Quel cinglé a nommé un genre de pommes d’après le SMIC ? Mais je suis récemment passé par des cartons chez Costco qui expliquent mon erreur :

C'est un carton géant qui dit "COSMIC Crisp"

Ce n’est pas « SMIC », mais « COSMIC » ; c’est-à-dire « cosmique » (« crisp » se traduit par « croquant » ou « croustillant »). J’en ai assez de tous les nouvelles variétés de pommes avec des noms trop publicitaires : Honeycrisp (littéralement, Mielcroquant), SugarBee (SucreAbeille), et ainsi de suite. Balivernes ! Vendez-moi la pomme et je déciderai pour moi-même si je l’aime.

L’autre chose, c’est que je vous reconnais coupable de nous vendre de la malbouffe. Voici autre chose chez Costco :

« Mais Justin », me dites-vous, « Delici est une marque belge, rien à voir avec nous. » Pas si vite. Le carton dit en bon français à droite : « Made in France », exactement comme se trouvait anciennement sur le site de l’Élysée :

Ça dit en partie : « Boule à neige, mug en porcelaine, peluche ou marinière, encouragez le 100% made in France et « en même temps » participez à la sauvegarde du patrimoine de l’Élysée. »
Capture d’écran de l’Archive d’Internet

Mais le carton dit aussi : « Fabriqué en France ». Et que se trouve-t-il dans ces pots ? « S’mores soufflé », un dessert fait « à la crème de guimauve et aux miettes de Graham crackers », pour traduire l’inscription sur le carton. Disons que le premier ingrédient est hyper-artificiel, et quant aux Graham crackers, je ne les donnerais pas à manger aux prisonniers. Comme dit Wikipédia en français :

Le révérend presbytérien Sylvester Graham recommandait par ailleurs des aliments fades, non épicés et peu gras, comme remède aux « pulsions charnelles » qui éloignaient les hommes du Christ… Les biscuits Graham devaient ainsi participer à éloigner les jeunes des « périls de la débauche », comme la masturbation.

Biscuit Graham

Je n’aime pas les Speculoos, mais je mangerais une tonne de Biscoff avant une boîte de ces trucs. Tout ça pour dire : je note que Delici me mentionne pas ce produit sur sa liste de produits en français. Je crois donc que c’est produit juste pour le marché américain.

J’avoue, je pense parfois à acheter ce dernier truc. Au nom de critiquer un produit fabriqué en France et de soutenir l’économie française, vous comprenez. Mais je ne sais pas ce qui me fait le plus peur : que je ne l’aime pas — ou que je l’aime !

Assemblée Générale 2026

Je sais à quoi vous vous attendez le dimanche, mais je vous rappelle qu’il n’y avait que 35 numéros de Dimanche avec Marcel l’année dernière, malgré que le fait que ça a commencé début janvier. Vu l’importance de cet événement pour moi, vous pouvez attendre un peu — vous aurez Mar-cel-di d’ici deux jours. On va terminer ENFIN « À l’ombre jaune des jeunes filles en fleurs ». Samedi soir a vu l’Assemblée générale de l’OCA et des choses que j’ai hâte de raconter.

La journée n’est pas bien allée avant l’Assemblée. Je savais qu’il me faudrait environ 3 heures pour tout préparer. Mais La Fille m’avait demandé d’aller dans un centre commercial avec ses amies. Je ne savais pas que nous serions là pendant presque 4 heures ! Et j’avais pris un rendez-vous pour elle chez le coiffeur à 16h en plus. Heureusement que j’ai eu les deux heures les plus productives de ma vie en cuisine entre les deux.

J’ai choisi de faire de la ficelle picarde, connu aux amateurs du Tour comme Mon dîner axonais. Mais je voulais faire assez pour 16 personnes cette fois, pas 4 ou 8 comme dans la recette originale. Alors que mes crêpes cuisinait, j’ai coupé mes légumes — j’aurais été perdu sans l’appli Horloge de mon portable !

Alors, voici un aperçu de mes crêpes :

Mais c’est les légumes et le poulet qui étaient le vrai travail. J’ai acheté 6 échalotes, et couper et faire cuire le tout, c’était du travail :

Et si vous aimez ça, j’ai dû acheter 900 grammes de champignons de Paris — il m’a fallu 4 assiettes et deux poêles pour les couper, puis les faire cuire !

J’ai dû finir la tache après le rendez-vous chez le coiffeur. J’ai gardé les duxelles — le mélange de champignons et d’échalotes dans un gros saladier, et j’ai fait cuire le poulet en revenant à la maison :

Puis je pouvais augmenter les duxelles avec de la « sour cream », la version américaine de la crème fraiche :

Le saviez-vous ? On peut râper du fromage très vite dans un robot cuisinier, tant qu’il ne vous dérange pas d’avoir quelques gros morceaux à la fin, qui ne passent pas par le disque :

Avec ça, je suis finalement passé au montage :

En fait, j’ai mis les 5 dernières dans un deuxième plat rectangulaire, du Creuset.

Je sais, vous voulez voir la découpe. J’ai réussi à avoir mon propre plat :

Découpe de la ficelle picarde -- la crêpe, les duxelles et le poulet sont tous là

Mais voici toute l’assiette. Certains autres ont du talent ! Les lentilles étaient très similaire à notre recette de lentilles du Puy. C’est du coq au vin en haut à gauche — c’était super. La purée de pommes de terre au centre ? Une merveille.

Mais en haut de la photo, il y a un petit truc d’américain que vous ne reconnaissez certainement pas, à moins que vous n’étiez passé du temps aux États-Unis. C’est une amuse-bouche dite « pig in a blanket » (cochon sous sa couverture). J’ai pris deux photos de proche pour vous amuser :

C’est un petit hot-dog, emballé dans de la pâte brisée ou de la pâte feuilletée — cette fois, c’est la pâte brisée. Vous voyez ? On a bel et bien adapté des techniques bien françaises ! On dirait que c’est notre idée d’un saucisson brioché.

Maintenant, j’ai une surprise à partager. Nous avons eu un invité très spécial, M. Dimitri Demianenko, Consul-Adjoint à Los Angeles. D’habitude, je ne publie pas de photos de personnes, mais vu qu’il est fonctionnaire dans son rôle officiel ici, je crois que ça ne pose pas de problèmes :

Il nous a rappelé que cette année fait le 250e anniversaire des efforts de la France pour aider la Révolution américaine, ainsi que le 140e anniversaire de La Liberté éclairant le monde à New York. J’avais espéré lui parler, mais il me semblait que je n’aurais pas l’opportunité. Puis il a pris une photo avec le bureau, dont moi, et j’ai eu ma chance.

C’est ici où vous dites : « Mais c’est Justin à un événement social. Où sont les plaintes ? » Super, merci de me connaître si bien !

J’étais ravi de me présenter, mais dès qu’il a entendu mon accent, il a changé en anglais. J’ai du interrompre — je ne suis pas très malin, interrompant un fonctionnaire comme ça — pour dire « Pas besoin, je parle français. » Comme M. de Norpois avec le narrateur, il a posé des questions sur moi — voilà, c’est un peu Dimanche avec Marcel après tout. Il m’a demandé si je suis déjà allé en France. Alors maintenant le gouvernement est au courant de mon aller-retour pour voir Indochine ! Puis, il a posé la question, celle qui m’énerve la plus.

Dans mon livre j’ai écrit :

 Beaucoup de monde me demandent si je cherchais une relation amoureuse, ou si j’en avais déjà avec une Française. C’est quelque chose qui me met toujours mal à l’aise. J’avoue, c’est très inhabituel pour quelqu’un comme moi de rejoindre un tel groupe, sans liens déjà forgés ailleurs.

Alors oui, ça fait deux années de suite avec cette question. Dis-donc (il m’a tutoyé), si j’avais déjà un chemin vers un titre de séjour, penses-tu que je me soucierais de faire la connaissance d’un fonctionnaire ?

Ben, je plaisante. Grosso modo. Mais je l’ai surpris un peu en lui disant qu’à mon avis, les Français sont les gens les plus accueillants au monde. J’ai l’impression qu’il n’entend pas ça trop souvent des Américains !

Autre plainte ? C’était le mari allemand d’un membre assis à côté de moi. Soit il a lu ce blog, soit c’est juste comment se comportent ces gens !

Bon, une dernière chose. J’ai rencontré l’une des bénévoles qui m’a aidé à corriger le livre, quelqu’un qui a fait ça sans jamais me rencontrer. J’ai eu l’opportunité de la remercier. Peut-être que M. le consul ne l’entend pas souvent, mais c’est un bon rappel de pourquoi je dis ce que je dis sur la France !

Ici et là

Ce soir, je serai à l’Assemblée Générale de l’OCA, où à moins qu’il y ait une mauvaise surprise, je serai élu pour une autre année comme éditeur de La Dépêche, notre bulletin. Puisque la formule est toujours ce que l’on appelle un « potluck » en anglais — un mot inconnu pour mon dictionnaire bilingue — tout le monde, dont moi, doit apporter un plat salé pour le dîner. Les potlucks ne sont pas définis par les plats salés, seulement le fait que tout le monde est obligé d’apporter quelque chose. Pour ma part, je vais apprendre encore un autre plat du Tour, cette fois, de la ficelle picarde. Je n’ai appris qu’après la fin du Tour que ce plat ne date qu’au XXe siècle, et les années 50 en plus. Tant pis côté traditionnel, mais ça reste l’un de mes préférés.

Ça va coûter cher. 11 $ de viande, 10 $ de champignons, 5 $ pour le fromage, 5 $ pour la « sour cream » (l’ingrédient le plus proche de la crème fraîche ici, mais pas identique), 3 $ pour le lait, 3 $ pour les échalotes — à ne pas mentionner le lait et les œufs déjà sous la main. Et je sais qu’il y aura ceux qui n’apportent qu’une baguette de 5 $ de chez Ralphs. Mais je me sens hyper-sensible après l’accueil des brownies ces deux derniers mois, alors ça doit être franchouillard et du travail.

Passons aux Grosses Têtes d’hier. J’ai eu un bon 15 minutes en PLS entre une question et l’invité musical. D’abord, la question, qui commence à 1:13:20 au lien. Il s’agissait d’un ministre britannique du XIXe siècle, Robert Peel. J’ai commencé à écouter juste après le moment où M. Ruquier avait mentionné que l’on parlait d’un britannique, alors j’étais persuadé qu’il s’agissait d’un ministre français. Et j’avais certainement étudié M. Peel au lycée, mais puisque j’ai raté le début de la question, j’ai décidé qu’il devait être quelqu’un qui écrivait son nom de famille Pills, comme le chanteur Jacques Pills. M. Peel a donné son nom à quelque chose, la réponse cherchée par M. Ruquier. Si on m’avait posé la question en anglais, j’aurais tout de suite répondu : « La police de Londre, qui se surnomment les « bobbies », « Bobby » étant un surnom pour les Robert. » Mais puisque je me trompais du nom, je ne l’ai pas eu avant Franck Ferrand à 1:15:00.

Il s’est avéré que M. Ruquier voulait poser une question qui évoquerait l’anglais car l’invité portait un nom anglais. Enfin, de l’anglais à la sauce française, car je vous rassure, tout le monde réagirait au nom de même façon que moi ! Je parle de Lilly Wood and the Prick, qui ont été présentés à 1:15:40 au lien.

Lilly Wood and the Prick, Photo par Nicolas Esposito, CC BY 2.0

Comment puis-je expliquer le problème ? « Lilly Wood » pourrait bel et bien être le nom d’une femme américaine ou britannique. J’avais du mal à comprendre le dernier mot, car M. Ruquier le prononçait comme s’il s’écrivait « Preak », ce qui ne signifie rien. Mais j’ai recherché les paroles que j’ai entendues, et ça m’a amené à « prick ».

Ça peut vouloir dire piqûre, soit comme pour un vaccin soit venant d’une abeille. Mais c’est également de l’argot pour… euh… le sexe masculin. OMD, je n’arrive toujours pas à le croire !

Quant à la chanson, Swear (lien aux paroles), de leur nouvel album Christina, c’était pas mal comme musique — mais sa prononciation de l’anglais n’était pas très bien. J’ai entendu « the pressure’s on » (la pression se mit) comme « the precious oil » (l’huile précieuse), et « the wrong to your right » (le mal par rapport à ton bien) comme « the road to your right » (la rue à ta droite). J’ai écouté d’autres chansons plus tard, et j’en conclus qu’elle est plutôt douée quand elle utilise un accent américain, mais presque incompréhensible quand elle utilise un accent britannique. (J’approuve quand même son message, « Nous ne reviendrons jamais en Californie ».

Apres, il y avait une publicité pour Cdiscount que je regrette de ne pas avoir enregistré. On a dit quelque chose comme « c’est un air fryer, mais on le dit en français ». J’ai complètement raté le mot duquel ils parlaient ! J’aimerais tellement que les publicités fassent partie de la version podcast des émissions, car elles sont souvent intéressantes !

Dernière chose — je vous ai dit que j’ai repris Duolingo pour aider une amie. Hier, je crois que l’appli m’a trompé, mais je poserai la question. Voici une bonne réponse selon le hibou vert :

La phrase est « Heureusement que Maman n'a rien vu ! »

Je croyais qu’après une expression émotionnelle — je suis heureux/content/ennuyé que… — on utilisait le subjonctif. Mais c’est bien l’indicatif ici, après « heureusement que ». Duolingo utilise de l’IA pour créer tous les exemples de nos jours, alors je ne sais pas — est-ce correct ?

Regardez, je pose de telles questions, pourtant je me crois capable d’écrire un bulletin bimensuel en français. L’audace !

Les sons qui me manqueront

Je n’en parle pas souvent, mais je crois que vous savez tous qu’il n’y aucun son que j’aime autant que celui de la SNCF :

Je l’aime tant que je l’ai installé comme le son de mes SMS, et j’ai écrit un tutoriel sur comment l’installer sur les iPhones. Ça fait 3 ans depuis ce temps-là, et à ce point plus personne n’est surpris quand je reçois un texto aux événements de l’OCA, car tout le monde le sait — ce n’est pas un train, c’est Justin.

Gare Saint-Lazare par Claude Monet, Photo par Sailko, CC BY 3.0

Alors, j’étais tout sauf content d’entendre la nouvelle cette semaine que la SNCF abandonnerai ce son, d’ici mi-2026. Je l’ai probablement déjà entendu en live pour la dernière fois. Vous croyez probablement que je taquine, et c’est ma faute à moi pour avoir travaillé dur pour gagner la réputation, mais j’ai pleuré en regardant cette nouvelle :

Mais la nouvelle, c’est encore pire que ça. Le son des métros parisiens, les 5 notes à la guitare, disparaîtra en plus !

Ça fait mal au cœur — ce sont la bande-sonore de ma France !

Je suis bien d’accord avec le clip d’Instagram, qui disent que les critiques pensent que le nouvel son pour les deux ressemble à Windows XP. Voilà :

Et pour mettre mes cartes sur la table, j’étais un utilisateur d’OS/2 quand tout le monde adoptait Windows 95, et nous avions ceci :

Alors, mon problème n’a rien à voir avec le vibraphone ou le marimba. C’est entièrement car vous aviez les sons parfaits pour les transports… et je ne vais plus jamais les entendre aux gares.

D’accord, il y en a probablement pour me dire : « Et vous, Justin, vous vous souciez de nous, pour qui le son des années 90 nous manque ? » :

Ouais, c’est pas mal, mais à ces gens, je dirais : « Allez, écrivez votre propre blog pour vous en plaindre ! Cette plainte est la mienne ! »

J’ai au moins trouvé une ressource inestimable en préparant ce billet. C’est la chaîne YouTube Transports Sonores, avec à peu près 300 enregistrements. Vous pouvez y entendre des joyaux comme cette annonce du RATP pour le Réveillon du Nouvel An en 5 langues : français, anglais, espagnol, allemand et italien !

Alors, vous savez qui sera aussi déçu que moi ? L’ancien membre de Pink Floyd, David Gilmour, qui a fait une chanson du son de la SNCF. Ne me croyez pas sur parole ; voici un reportage sur le sujet :

Et le produit final (voici les paroles, avec traduction) :

Vous voyez ? Ce n’est pas juste moi qui adore ces sons !

Anaïs et Samantha

La plupart du temps, je suis ravi de ne plus être un utilisateur actif du site Quora. Mais de temps en temps, ses courriels me mènent toujours à des histoires intéressantes, et celle-ci est passionnante.

Selon le post que j’ai lu (lien en anglais), l’histoire a commencé en 2012, quand une élève à la fac, Anaïs Bordier, regardait des vidéos sur YouTube, quand elle s’est dit « L’américaine dans ce clip me ressemble parfaitement. » Alors, elle a vérifié la date de naissance de l’actrice, et quelle surprise — c’était la même que la sienne ! Et en plus, malgré le fait que l’une est américaine et l’autre est française, les deux sont nées à Busan en Corée du Sud.

Évidemment, il s’agit de deux filles adoptées par d’autres personnes. Mais quand on creuse un peu plus profondément, c’est absolument dingue que les deux se soient retrouvées.

Wikipedia nous dit que la vidéo en question s’appelle « High School Virgin » (Puceau lycéen), tourné par un utilisateur (inactif de nos jours) dit « Kevjumba ». Il n’était pas difficile de la trouver :

Le compte est pourtant un remplacement pour l’original, alors impossible de savoir combien de personnes l’a vu. Mais c’est certainement le clip d’un amateur, non une production professionnelle. Ça dit, selon Wikipedia en anglais, en mai 2008, il était dans le top 5 de créateurs sur YouTube — avec 187 milliers d’abonnés. On oublie que ce n’était que le début, et les chiffres n’étaient pas du tout comme maintenant. Mais ça suffisait certainement pour lui d’être en tête des listes et recommandé aux utilisateurs.

Et il s’avère qu’Anaïs était déjà capable en anglais. Son compte Instagram date jusqu’en avril 2012, et le deuxième post a une légende en anglais. Elle habitait à Londres à l’époque, car elle était là pour faire des études. En mai de cette même année, les deux se sont rencontrées en personne à Londres, et Wikipedia nous dit qu’elles avaient déjà appris que l’ADN correspondait parfaitement.

En 2015, il y avait un documentaire, Twinsters, tourné par le mari de Samantha,, qui est passé à la télé américaine — mais inaperçu pour moi car je n’ai jamais regardé la bonne chaîne. Ça fait 1 heure et demi et je n’ai pas tout regardé, mais les 5 premières minutes sont un truc de folie :

Les deux ont fait une visioconférence sur Skype, et rien qu’en regardant une capture d’écran, c’est bien évident — pour ce qui ça vaut, c’est Samantha à gauche et Anaïs à droite :

Capture d'écran des deux sœurs ; l'écran est divisé en deux. À gauche, Samantha est plus proche de la caméra , et son front est coupé en haut. À droite, Anaïs est plus loin, et on voit sa tête entière.
Capture d’écran de Twinsters

En regardant le début du documentaire, il s’avère que le sommaire sur Quora est un peu trompeur. En fait, c’était un ami d’Anaïs — aussi un Français bilingue — qui avait vu le clip, puis lui l’avait envoyé à cause des similarités.

Mais il m’étonne que les deux se soient rencontrées. Il n’y a aucune preuve que Samantha a jamais appris le français. Si Anaïs n’avait pas appris l’anglais, ne s’intéressait pas à s’expatrier à Londres, et n’avait pas d’autres amis bilingues, cette histoire n’arriverait pas. C’est toute une série de coïncidences incroyables !

Il y a un épilogue intéressant. 10 ans le premier documentaire, les deux ont tourné une suite de 30 minutes pour YouTube. Là, l’accent d’Anaïs a changé de façon dramatique. Dans le documentaire original, elle sonne très britannique, mais avec certains indices qui me disent qu’elle est francophone de naissance. Dans la suite, elle sonne presque américaine — il y a toujours des tics avec les voyelles, mais son accent me rappelle fortement les voix des asiatiques nés aux États-Unis à des parents immigrants. J’imagine que les deux ont beaucoup parlé pendant la décennie entre les deux !

Serpents et chutes

Connaissez-vous le jeu de société « Serpents et Échelles » ? Là, on essaye de monter de bas en haut en montant des échelles, mais si on tombe sur un serpent, on descend et on doit monter à nouveau. En Amérique du Nord, on dit plutôt « Chutes et échelles » (lien en français et anglais) ; il n’y a pas de serpents. Mais au moins dans le jeu, il y a des hauts et des bas.

Jeu de serpents et échelles, Photo par Herenow4u, Domaine public

Peut-être que vous avez remarqué deux choses ici pendant les derniers mois. Les posts sont publiés de plus en plus tard, et le taux d’erreurs d’orthographe monte en flèche. Les deux sont évidemment liés, mais la vérité derrière les deux est pire que vous ne la pensez. Je vais essayer de l’expliquer.

2025 n’est pas bien allé pour moi, mais ce que vous n’avez pas vu, c’est que dans les coulisses, tout s’effondre physiquement. Et ce n’est pas uniquement une question de ce qui est arrivé à mes genoux avec le déménagement. Franchement, ce n’est plus un problème. La vérité est que de plus en plus, je perds une bataille dont mes médecins s’en foutent.

En 2021, vers le temps de mon écriture sur l’Aube, mes intestins ont décidé de faire la grève. J’ai dû jeter presque tout de mes deux desserts champenois, parce que je n’osais plus manger. Un ami médecin est arrivé de m’empêcher de faire une vraie bêtise en me conseillant de boire du citrate de magnésium. C’est assez horrible que je ne veux pas le faire plus qu’une fois par semaine. Une coloscopie n’a rien trouvé — ce qui était une bonne nouvelle ainsi qu’une mauvaise nouvelle — alors le gastro-entérologue m’a prescrit un cachet qui coûtait 500 $ par mois à l’époque. Après quelques mois, la situation s’est un peu améliorée et je pouvais arrêter de prendre le cachet. Mais depuis ce temps-là, les toilettes sont le cauchemar pour moi.

Depuis, disons, mi-2025, je vis un cycle horrible entre la douleur aux jambes et problèmes intestinaux. À cause des maux d’intestins, je ne peux pas m’endormir jusqu’à 5 ou 6h du matin. Puis, à cause de la douleur aux jambes, je me réveille pas plus de 2 heures plus tard. Alors je vis avec presque aucun sommeil depuis des mois. Je travaille souvent à l’ordinateur pendant ces nuits très tard, mais je suis de moins en moins efficace. En même temps, il ne sert à rien d’éteindre la lumière, car je n’arrive pas quand même à m’endormir. Pas besoin de me suggérer tel ou tel laxatif ou remède populaire — je vous rassure, j’ai tout essayé.

Je ne vois pas comment cette situation va s’améliorer. La seule chose sur laquelle je peux compter, c’est qu’aucun médecin aux États-Unis ne va me prescrire d’opioïdes, car c’est la bonne ordonnance pour perdre son boulot. Mais tous les jours, c’est comme un jeu de serpents et échelles où il n’y a que des serpents. Ou des chutes vu où je suis. L’important, c’est que je n’ai aucune idée de comment arrêter le cycle et les médecins se sont révélés inutiles.

Cependant, j’aimerais vous rassurer sur une chose. Il n’y a pas de chance que je fasse quelque chose de stupide qui ferait plaisir à mon ex. Je suis beaucoup trop têtu pour ça.

Une pensée pour les iraniens

Désolé, mais Langue de Molière est reportée d’un jour, parce que je ne pouvais rien écrire ce soir. J’ai passé tout le temps consacré à l’écriture en lisant les nouvelles — et pour être clair, plus de spéculations que de vraies nouvelles — sur ce qui se passe en Iran.

Le Canard du jour exprime très bien l’ambiance noire du moment :

Le gros titre dit : « Révolte et répression : en Iran, l'histoire se répète. Khameini règne toujours en tirant ! »

Au fil des dernières années, vous avez peut-être remarqué qu’à chaque fois où je mentionne faire des allers-retours à Los Angeles pour faire des achats chez Surfas, je dis aussi « alors, j’ai passé par mon resto persan préféré, Shamshiri Grill ». Je vais simplement raconter deux histoires :

La première histoire, c’est que mon ex et moi avons découvert Shamshiri ensemble en 2005, juste après avoir déménagé à LA. Nous sommes tous les deux de grands fans de la cuisine. Mais un jour en 2006, nous avons lu qu’ils allaient fêter la « Journée de l’indépendance iranienne ». Nous y sommes donc rendus avec un esprit méfiant, mais nous devions en savoir plus — est-ce qu’ils étaient de grands fans des mollahs ? Et en fait, quand nous y sommes arrivés, il y avait des affiches géantes de Khomeini partout. Cependant, nous n’avons pas quitté le resto, et je reste client fidèle jusqu’à maintenant. Pourquoi ?

Parce que chacune des affiches était recouverte d’un cercle rouge barré en diagonale, le symbole aux États-Unis pour dire que quelque chose est interdit. Il y avait des drapeaux de l’époque avant 1979 partout. Nous nous avons regardé et j’ai dit, « Ça va, ce sont nos iraniens. »

L’autre histoire, ça vient de 2023. J’habitais très proche de l’université locale jusqu’en octobre dernier. L’université est entouré par un quartier iranien. Cependant, je ne vais jamais dans ses restos, parce que je savais déjà quel genre de personnes ils sont, avant ce qui s’est passé en octobre 2023.

Il y avait un grand défilé, d’environ 1 000 personnes qui est passé à côté de mon immeuble, car j’habitais à côté de la rue la plus importante d’Irvine, Jamboree. J’ai pris des photos, et je vais en partager deux. Ça permet d’identifier une intersection à moins de 500 mètres de mon ancien appartement, raison pour laquelle je ne les ai pas publiées le 23 octobre, le lendemain de l’événement.

Vous ne pouvez rien entendre — j’ai pris ces photos de ma voiture afin de ne pas engager avec la foule, alors pas de vidéo — mais les cris étaient tous « Mort à Israël » et « Mort aux Juifs ». Pourtant, ce ne sont pas d’arabes. Ce sont les iraniens qui habitent près de l’université. Je dirais que ce sont leurs iraniens, ceux qui soutiennent les mollahs.

Il y a parfois des manifs contre les mollahs ici à Irvine, bien avant les événements de la semaine dernière. Il n’y a jamais plus d’une quinzaine de personnes. Ils hissent leurs pancartes toujours au même endroit, devant le centre commercial de la rue Barranca.

Tout ça, c’est à dire que je m’intéresse à la communauté iranienne en Californie du Sud depuis longtemps, et j’ai une idée de qui est qui. Et mon vœu, c’est pour les iraniens à Los Angeles d’être plus contents que ceux qui étaient mes voisins ici.

La mésaventure mécanique

J’ai une plainte.

([C’est donc un jour qui se termine par une voyelle ; quoi de neuf ? — M. Descarottes])

Il y a deux ans — presque jour pour jour — je vous ai dit que ma voiture est tombée en panne dans un parking. Cependant, au moment de l’écriture, pendant que j’attendais le dépanneur, je ne savais pas encore quel était le problème. Je vais régler ça maintenant.

La voiture refusait de démarrer. Quand le dépanneur est arrivé, il m’a dit que parfois, on pouvait résoudre la situation en mettant la voiture au point mort. (Yikes, ce mot — on dit « neutral », neutre, en anglais.) Avec du recul, je peux ajouter deux choses : 1) il avait raison, et j’ai réussi à démarrer la voiture cette nuit-là en suivant son astuce, et 2) quand le mécanicien chez le concessionnaire a inspecté la voiture le lendemain, il n’a rien trouvé.

Depuis ce temps-là, j’ai ce problème peut-être toutes les six semaines. Mais le concessionnaire n’a jamais rien trouvé malgré 6 rendez-vous entre cette fois-là et hier. L’astuce du dépanneur continuait de suffire, alors je me disais « Ben, c’est juste ce qui arrive à tout. Comme le cadavre que vous portez partout ! » Cependant, le son du moteur dimanche après-midi ne ressemblait à rien d’avant, alors lundi matin, mon père m’a suivi au lycée, pour assurer que La Fille y arrive, puis à chez le concessionnaire pour un rendez-vous non-planifié.

Cette fois, le conseiller (? Je ne suis pas sûr de quel est le bon mot pour le type qui vous parle chez le concessionnaire, mais qui ne fait pas le travail lui-même.) devait avouer que le son venant de mon moteur était inquiétant. Puisque ma garantie prolongée reste valide, il m’a dit que ce serait probablement gratuit, mais qu’il ne savait rien, sauf que c’était presque certainement le démarreur. (J’espère que c’est le bon mot — je l’ai de Google Traduction, car mon dictionnaire bilingue est inutile dans ce domaine.)

J’ai loué une voiture de location, car j’allais devoir chercher La Fille avant que ma voiture ne soit prête. Mais au cas où, j’ai fait des recherches. La bonne pièce me coûterait environ 300 $ si je devais l’acheter (sans les frais d’installation).

C'est le "starter motor" fabriqué par GM ; je crois que ça se dit démarreur en français.
AC Delco Starter Motor

Très tard dans l’après-midi, j’ai reçu un appel téléphonique. C’était exactement la pièce soupçonnée, la garantie payerait tout (sauf l’assurance pour la voiture de location), et je devrais — on verra — avoir ma voiture plus tard aujourd’hui. Cependant, je suis mécontent. Pourquoi ?

Parce que j’ai un tas de rapports après chaque inspection qui disent « On a vérifié cette pièce et n’a rien trouvé. » Ces rapports ne valent rien. J’ai d’autres problèmes qui ne sont et ne seront pas réglés — par exemple, le régulateur de vitesse ne marche pas la moitié du temps — pour la même raison. C’est quoi la raison ?

C’est que le problème est purement mécanique, et il n’y a pas de codes dans l’ordinateur de la voiture. Et sans codes, la garantie ne paiera rien à moins que le problème soit complètement évident, comme hier. Les mécaniciens de nos jours ne savent absolument rien de comment diagnostiquer un problème ; tout ce qu’ils font, c’est brancher la voiture à un autre ordinateur, puis faire ce que l’ordinateur leur indique.

Je sais, je montre mon côté « cheval et calèche » en disant que je préférais fortement ma Thunderbird de 2002, avec un lecteur de disques et une vraie radio avec des boutons sur le tableau de bord, et son moteur qu’un mécanicien pouvait diagnostiquer lui-même. Ce truc tout informatisé est beaucoup de choses, mais une amélioration n’en est pas une !

Au fait, je me suis plaint de ça sur Facebook après être rentré, et Bernard m’a suggéré qu’en France, je pourrai avoir une 2CV. Honnêtement, ça ne me dérangerait pas, mais je croyais qu’il faisait une blague sur mon amour pour les films de de Funès — surtout puisque La Fille et moi avons regardé Le Gendarme de Saint-Tropez samedi soir — alors j’ai répondu que j’avais vraiment envie d’une DS, pensant à celle de Fantômas. Il m’a dit que ce sont les voitures des riches, et c’est comment j’ai appris qu’il y a toujours des Citroën DS. Je n’avais aucune idée ! À vraie dire, ce que j’ai vu sur ce site ne fait pas envie comme celle-ci :

Citroën DS 19 de 1963, Photo par FaceMePLS, CC BY 2.0

Vraiment, est-ce si impossible de produire une voiture qui n’est pas moche et peut être réparée ? Apparemment, oui !

Des achats chez myPanier en 2022 -- des pralines roses, une tablette de chocolat, une barre de nougat, deux paquets de beurre d' Isigny et une boîte d'Anis de Flavigny

La très mauvaise idée

Il y a deux mois, je vous ai dit que j’allais prendre en charge le « Guide Pratique » de l’OCA, un document qui explique aux expatriés comment faire aux États-Unis. Je suis ici maintenant pour vous dire que je suis un con, et que c’était une grave erreur.

Pour être hyper-clair, le guide est une merveilleuse idée. Je ne peux rien partager, parce que c’est réservé sur la partie du site web uniquement pour les abonnés, mais je crois que je peux le décrire. Il y a une douzaine de chapitres, qui couvrent de tels sujets comme : comment avoir son permis de conduire, le système d’éducation pour ses enfants et comment faire ses courses — dont où trouver des produits français en ligne. Je dois avouer que des 38 sites mentionnés dans cette dernière catégorie, je ne connaissais que 11 avant de me lancer. Environ une douzaine sont inutiles pour moi — je n’ai rien à foutre chez Yves Rocher — mais d’autres lacunes sont gênantes.

Par exemple, voici un site pour commander du foie gras élevé en France. Pas de produits canadiens comme ceux que j’ai achetés pour mon dîner rhodanien. Et un autre site qui vous vendra 190 d’Anis de Flavigny pour juste 35 $ !

Des achats chez myPanier en 2022 -- des pralines roses, une tablette de chocolat, une barre de nougat, deux paquets de beurre d' Isigny et une boîte d'Anis de Flavigny

Attendez, ce dernier, c’est horrible. Je payais 6 $ la boîte de 50 grammes chez myPanier. D’autre part, comme dit la Blague de la Semaine du 19 septembre 2022, « Madame, quand je n’en ai plus, moi aussi, je les vends pour 6 € ». On ne peut plus rien commander à myPanier, après tout.

Mais ce n’est pas le problème, ni l’erreur. Le problème, c’est que je ne savais pas avant d’accepter cette responsabilité, que l’ancienne éditrice utilisait M$ Publisher pour éditer ce document de 65 pages et presque 1 000 liens. Et ce logiciel n’existera plus après octobre de cette année.

« Ah, Justin », me dites-vous, « c’est pas grave du tout. Ce logiciel vient de M$, la même entreprise irresponsable de Word. Sûrement ils ont planifié exactement quoi faire, et ont sorti un outil pour convertir entre les deux formats sans soucis ! »

HAHAHAHAHAHAHAHA ! Ce que j’adore le plus chez les Français, c’est votre humour pince-sans-rire ! Oh, punaise, vous êtes sérieux, car il vous semble impossible que cette entreprise dise « Allez vous faire voir chez les grecs ! » à ses clients.

Pourtant, c’est exactement ce qui est arrivé. Ne me croyez pas sur parole, voici ce qui dit M$ sur ce sujet :

Remarque : Même si vous pouvez exporter une partie ou la totalité de votre composition dans Word, vous ne pouvez pas enregistrer la totalité de votre composition (texte, graphismes et mise en page) d’un document Word en une seule étape.

Enregistrer une composition en tant que document Word, Microsoft

C’est pire que ça : alors que l’on peut enregistrer le texte uniquement dans un document Word d’un coup, s’il y a des graphismes, ou si le texte contient une mise en page compliquée…

Copier et coller une page ou des objets sur une page

Enregistrer une page, deux pages en face à face ou des objets sur une page en tant que fichier image… Les utilisations possibles incluent un calendrier, une couverture de livre ou une composition qui inclut un tableau ou que vous n’avez pas besoin de modifier dans Word.

Super. Ce document contenait de nombreux graphismes, change entre 1 et 2 colonnes souvent, et contient une belle quantité de tableaux en plus.

Il y a des solutions tiers, comme ce convertisseur gratuit en ligne. J’ai aussi fait des expériences avec Canva, où j’ai essayé d’importer le fichier PDF qui est le produit final. Il suffit de dire qu’après 30 secondes avec les résultats de Canva, j’ai abandonné. Mais le convertisseur a donné des résultats moins que suffisants aussi. Par exemple, il pense que le pied de page est unique pour chaque page, et a donc créé quelque chose de différent pour chacun, bien que je veuille avoir juste les numéros de page et une note que c’est la propriété à l’OCA.

Alors, pendant des semaines, petit à petit, j’essaie de régler tous les problèmes du document converti, car il y avait des centaines au début. J’espère le terminer enfin ce week-end. Plus tard, je créerai un document tout neuf soit en Word soit en Canva, sans la mise en page originale, mais l’important en ce moment, c’est de sortir de notre dépendance à un logiciel qui va disparaître.

C’est la deuxième fois que je dois sauver mon association d’un tel choix. Heureusement pour eux, je suis bénévole, n’est-ce pas ?

Au fait, mes excuses pour l’anglicisme informatique ci-dessus. En anglais, on dit M$ pour Microsoft, mais je doute que ça se traduise en M€. Je ne connais pas l’humour de mes homologues français !

Le grand tour

Ça fait des mois où j’ai envie de vous montrer mes efforts de vivre à la française dans le nouvel appartement. Mais jusqu’à ce week-end, il restait trop de cartons partout. Cependant, le salon et la cuisine étaient enfin prêts, assez pour avoir des invités, et c’est presque tout ce que je voulais vous montrer. (Vous allez rire pour l’autre chose.)

Alors, je ne sais pas comment s’organisent les appartements typiques en France, mais en Californie, il y a une grande pièce qui sert également comme salle à manger et salon, et il n’y a pas de mur entre les deux. De plus en plus, c’est commun dans les maisons aussi — on appelle ça « open » (ouvert) plutôt qu’avouer que c’est juste une façon d’économiser sur les matériaux.

Dès que l’on entre, on voit le joyau de chez moi, l’affiche qui annonce « Bienvenue aux Français ». C’est l’affiche de Londres que j’ai acheté au Mémorial de Caen, et c’est directement en face de la porte d’entrée.

L'affiche a un gros-titre « À tous les Français », suivi du texte de l'appel du 18 juin 1940. La signature du général de Gaulle apparaît en bas. Le cadre est en bois d'érable.

Commençons quand même avec la salle à manger. On peut voir la table ronde avec un plateau en verre où chaque plat du blog a été photographié — je l’ai acheté en 2010, quand j’ai dû meubler mon propre appartement après 8 ans de vie conjugale. (Si je vous disais la vraie histoire sur les meubles partagés, vous m’appelleriez tous un gros menteur. Les lois californiennes en ce qui concerne le divorce permettent de sales tours.) Les 4 sièges viennent de la même époque. Pour accueillir 4 invités, j’ai emprunté un siège à mes parents. Les sets de table blancs viennent de la même époque aussi — quand La Fille avait ses 5 ans, je les ai remplacés avec des sets arc-en-ciel pour elle, mais j’ai gardé les originaux pour exactement de tels moments. Derrière la grande table ronde, il y a un petit table rectangulaire avec un plateau en verre. Anciennement, c’est où j’avais un aquarium. Mais j’avais déjà arrêté d’élever des poissons avant de commencer mes leçons de français — j’étais très doué et aussi très mauvais en tant qu’éleveur, et une autre fois, j’expliquerai de quoi je parle.

Les élèves d’IKEA remarqueront trois étagères « Kallax » dans la photo. Toutes datent depuis 2020 — j’avais besoin de plus d’espace pour ma bibliothèque de films et tous mes nouveaux outils de cuisine ! D’abord, examinons les deux à gauche — c’est le mur le plus long de la pièce, mais ces deux photos sont aussi à haute résolution, au cas où vous auriez envie de fouiller parmi mes disques et mes livres.

Bibliothèque en forme de cube, avec 4 étagères au total. Sur les 2 en haut, il n'y a que des DVDs et des Blu-Rays français, dont une vingtaine de films de Louis de Funès ainsi que des coffrets de Fantômas, de la 7e Compagnie, des Gendarmes de Saint-Tropez et de Belmondo. En bas, il y a des disques anglophones -- Father Brown de la BBC, Star Wars, le Seigneur des Anneaux, Indiana Jones et Matrix.
Bibliothèque à 4 étagères en forme de cube. En haut à gauche, une théière et des bouteilles d'eau ; à droite, des boites de pâtes, mes tapis en silicone et de gros sacs de sucre vanillé. En bas à gauche, des poches à douille ; en bas à droite, ma collection de livres de cuisine en français.

Vous avez sûrement remarqué qu’il y a quelque chose au-dessus de la première étagère. Voilà :

C’est un piège à fantômes des films « SOS Fantômes », qui sert en tant que seau à pop-corn. Il repose sur un petit tapis turc. Qui me l’a vendu ? Notre ami Mehmet. L’autre chose est un vieux calendrier que Disneyland a envoyé à ses abonnés il y a une décennie. Ça contient des affiches des attractions du parc, largement des années 60. Je peux le prendre en photos si vous en avez envie.

Voici l’autre étagère Kallax, bien stockée avec des outils de cuisine. La théière est du Creuset, ainsi que la poêle en fonte émaillée. En bas à droite, il y a une grosse boîte de bâtons de chocolat pour fabriquer des pains au chocolat.

Maintenant, j’ai la surprise des surprises pour la plupart d’entre vous (certains l’ont vue déjà). Au-dessus des deux premières étagères, il y a une affiche de Rabbi Jacob :

Affiche de la version restaurée 4K de Rabbi Jacob. Cadre en bois d'érable, avec un passe-partout vert de même couleur que le chewing-gum dans l'usine du film.

Et au-dessus de la table rectangulaire, de La Grande Vadrouille :

Affiche de la version restaurée 4K de La Grande Vadrouille, avec de Funès sur les épaules de Bourvil en premier plan, et  la Tour Eiffel en arrière plan. En haut, la légende dit : « Le film préféré des Français fête ses 50 ans ! ». Cadre en bois d'érable, passe-partout en bleu un peu plus foncé que le ciel derrière la Tour Eiffel.

J’ai commandé les deux à un magasin à Lyon, Loulou Affiche. Ce magasin porte ma recommandation la plus haute — les prix étaient raisonnables, et l’emballage était impeccable. Une amie lyonnaise qui connaissait le magasin a correctement deviné les contenus du colis rien qu’en voyant l’adresse.

Dans la cuisine, il y a un souvenir précieux :

Essuie-mains en vert clair avec un bord orange. Il y a un dessin du fromage Livarot cousu sur un côté.

C’est l’essuie-mains que j’ai reçu de la maîtresse de Flanel, le chat voyageur à la fin de notre rencontre à Lisieux.

Le four et la cuisinière sont efficaces, mais il y a un problème. Pouvez-vous le deviner ?

Cuisinière et four. Il y a une grosse cocotte du Creuset posée sur la cuisinière, et 4 bobines en fer pour chauffer les casseroles.

Les bobines en métal de la cuisinière réchauffent à chaque fois que le four se met en marche !

Je n’ai pas de plaintes sur les comptoirs. J’ai assez d’espace pour tout mon électroménager, et mon tapis en silicone pour étaler les pâtes rentre bien sur le comptoir en bas.

Alors, le salon. C’est le même téléviseur plasma et la même chaîne stéréo que j’utilise pour regarder tous mes films depuis le début . Les haut-parleurs viennent de l’entreprise californienne Revel, et ont été fabriqués ici. La caisse de basse vient d’une entreprise dite Hsu Research, encore plus près de chez moi.

Le canapé a presque autant d’années que La Fille. Les haut-parleurs aux côtés viennent aussi de chez Revel, mais ne sont pas encore branchés — je dois faire attention avec les fils.

Entre la télé et le canapé, il y a une table basse :

Table basse en bois de cerisier. Il y a un tissu au-dessus, et em bas, des boites pour des jeux vidéo.

Ah, quelque chose a attrapé votre œil, hein ? C’est un chemin de table du magasin niçois Tissus Toselli — mais je l’ai acheté chez Moulin. Ça m’a coûté 40 $. Je ne m’en plains pas.

Je gardais une chose pour la fin de ce tour, et nous voilà. Mes invités ont utilisé la salle de bain de La Fille. Voici ce qu’ils ont vu en y entrant :

C'est un rideau de douche avec Mario, Luigi et Toad, avec des blocs briques et ? en haut. un super champignon et des pièces à gauche, et un drapeau d'arrivée à droit.

Ouais, même si c’est une pièce que mes invités vont voir, je n’ai pas honte de signaler que c’est d’abord chez La Fille !