J’ai passé tout le soir (le mot « soirée » ne s’applique pas chez moi, de peur que l’on ne me prenne pour quelqu’un qui fait la fête) en traduisant les recettes de mon livre. Je mens parfois dans tel ou tel post que « je ne regrette rien » ([HA ! Il y a même une statue officielle pour ses regrets au Jardin des Tuileries ! — M. Descarottes]), mais une chose que je regrette certainement, c’est de ne pas avoir gardé des mesures en unités nord-américaines au fil du Tour. Traduire tous les « grammes » et « millilitres » en « onces » et « tasses », c’est du boulot. Surtout car on mesure beaucoup de choses en volume, non en poids.
Je n’ai donc rien préparé. Heureusement pour moi, je garde toujours des pépites pour ces situations. En voici deux :
D’abord, le français a bien gâché ma compréhension de l’anglais. (Les bêtises de mes compatriotes aussi, mais laissez tomber. Ceci, c’est de votre faute.) Il y a une marque de pommes devenue très populaire pendant les 18 derniers mois. Vous verrez ce paquet exactement comme je le vois :

Que diable ? Quel cinglé a nommé un genre de pommes d’après le SMIC ? Mais je suis récemment passé par des cartons chez Costco qui expliquent mon erreur :

Ce n’est pas « SMIC », mais « COSMIC » ; c’est-à-dire « cosmique » (« crisp » se traduit par « croquant » ou « croustillant »). J’en ai assez de tous les nouvelles variétés de pommes avec des noms trop publicitaires : Honeycrisp (littéralement, Mielcroquant), SugarBee (SucreAbeille), et ainsi de suite. Balivernes ! Vendez-moi la pomme et je déciderai pour moi-même si je l’aime.
L’autre chose, c’est que je vous reconnais coupable de nous vendre de la malbouffe. Voici autre chose chez Costco :

« Mais Justin », me dites-vous, « Delici est une marque belge, rien à voir avec nous. » Pas si vite. Le carton dit en bon français à droite : « Made in France », exactement comme se trouvait anciennement sur le site de l’Élysée :

Mais le carton dit aussi : « Fabriqué en France ». Et que se trouve-t-il dans ces pots ? « S’mores soufflé », un dessert fait « à la crème de guimauve et aux miettes de Graham crackers », pour traduire l’inscription sur le carton. Disons que le premier ingrédient est hyper-artificiel, et quant aux Graham crackers, je ne les donnerais pas à manger aux prisonniers. Comme dit Wikipédia en français :
Le révérend presbytérien Sylvester Graham recommandait par ailleurs des aliments fades, non épicés et peu gras, comme remède aux « pulsions charnelles » qui éloignaient les hommes du Christ… Les biscuits Graham devaient ainsi participer à éloigner les jeunes des « périls de la débauche », comme la masturbation.
Biscuit Graham
Je n’aime pas les Speculoos, mais je mangerais une tonne de Biscoff avant une boîte de ces trucs. Tout ça pour dire : je note que Delici me mentionne pas ce produit sur sa liste de produits en français. Je crois donc que c’est produit juste pour le marché américain.
J’avoue, je pense parfois à acheter ce dernier truc. Au nom de critiquer un produit fabriqué en France et de soutenir l’économie française, vous comprenez. Mais je ne sais pas ce qui me fait le plus peur : que je ne l’aime pas — ou que je l’aime !

























































