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C’est pas le 1er, je balance tout !

L’une de mes colonnes préférées est celle de Light & Smell au début de chaque mois, où elle écrit de ses articles préférés ailleurs. J’aimerais adopter la même idée, dans l’esprit de vous partager des blogs peut-être inconnus chez vous. J’ai bien aimé la première fois où j’ai écrit quelque chose comme ça.

Au fait, je dois avouer que je ne suis pas complètement sûr du sens de « balancer » ici. La première fois où j’ai entendu le mot, c’était dans « #BalanceTonPorc », donc sens dénoncer. Mais je doute que ce soit le cas ici ([Oh, c’est absolument ça chez vous, sale râleur ! — M. Descarottes]). En anglais, « balance » veut dire peser ou osciller, ce dernier étant un sens français. Il y a aussi se débarrasser ou jeter. J’ai pas l’impression que notre amie veut jeter ses liens dans la poubelle. De toute façon :

Nouveaux à moi :

Les habituels :

Ai-je oublié quelqu’un ? Probablement, alors désolé. Mais vous le lecteur ne manquez plus de bonnes idées. Bonne lecture !

J’ai des fans !

J’allais vous écrire la recette des pralines de la Nouvelle-Orléans aujourd’hui. Ça devra attendre jusqu’à mercredi maintenant, car demain est consacré au Canard. Ce dernier week-end j’ai laissé un commentaire sur l’une de mes pages préférées de Facebook, Complots faciles pour briller en société. Ça a combiné deux de mes idées fixes, le foie gras (pour) et le mot états-unien (contre). Voilà le mème qui a tout lancé :

Source

D’abord, je ne me suis pas plaint de la blague sur le « gavage des enfants ». Cette photo n’est pas typique, mais c’est un fait que dans tous les 50 états, au moins 20 % des adultes sont obèses (dont 30 % des californiens, bande de gourmands), et environ 20 % des enfants partout dans le pays. (Liens en anglais.)

J’ai laissé un commentaire, et oui, je suis au courant de l’erreur. « Nous l’avons » ou « on l’a », pas les deux en même temps.

On aurait pensé que j’avais mis le feu à une usine de feux d’artifice. Il s’est avéré qu’il y avait trois genres d’idées fixes que j’ai mises en colère — les vegans, les « amoureux » des États-Unis ET un groupe complètement inattendu, les analphabètes. Vous êtes tous lettrés, alors je vais pas vous faire deviner.

Ils croyaient que j’ai blâmé « les états francophones » pour ce problème. Comme s’il y en a plusieurs ici, peu importe la Louisiane. Moi, je ne blâme pas habituellement les groupes pour des problèmes personnels, mais on est arrivés dans une vieille blague allemande des années 30s. (Je l’ai appris il y a 30 ans dans un livre d’histoire.)

Un vieux juif se promène dans la rue à Berlin quand il est agressé par un gang. Ils le cognent, il tombe, puis le leader lui demande : « Juif, qui est responsable de la guerre ? »

Le vieux répond : « Les juifs, et les cyclistes. »

Le leader est perplexe : « Mais pourquoi les cyclistes ? »

Et le vieux répond : « Pourquoi les juifs ? »

Vous imaginez que je plaisante. Hélas, non :

Aux États-Unis, la pire chose que l’on peut appeler quelqu’un est « raciste ». On risque de perdre tout si ça arrive. Alors, j’étais aussi malpoli que vous avez jamais vu de moi :

Double peine. Maintenant, ce monsieur est bien contrarié :

Mais pire, j’ai mis le feu partout. Il ne faut absolument pas être étranger et dire « apprenez à lire » aux autochtones. C’est pire qu’avoir dit « Le cheddar est mieux que le Comté » ou « J’adore le champagne californien ». Surtout après une faute de conjugaison, puis une d’orthographe ! Après cet échange, le déluge.

Il reste plus de 200 commentaires, après que plusieurs douzaines aient été supprimés. Mais encore une fois, impossible de dépasser la bienveillance des internautes — à ne pas confondre avec vous en général.

J’apprécie au moins que ce monsieur m’imaginait déjà là. De sa bouche aux oreilles du Bon Dieu, comme on dit :

J’apprécie sincèrement que l’une de ces deux a essayé de dire « faut pas lui traiter comme une piñata », mais peu importe — on a des sorcières à brûler !

Et il y avait ceux qui avaient des haches à moudre, comme on dirait en anglais (pensez à « compte à régler »). Voilà une canadienne qui a gentiment suivi un français qui s’était plaint du mot « américain ».

Voilà, c’est ça en bas — elle ne veut pas être prise pour une de nous. Croyez-moi, madame, j’ai pas envie d’être associé avec vous non plus. Pour être clair, je suis fier de mes connaissances canadiennes ; c’est juste celle-ci que je veux ignorer.

Ce n’est pas une plainte contre les Français en tant qu’un groupe. Il y a des gens pas faciles à vivre partout. C’est juste pas toujours des sucettes et des arcs-en-ciel.

Une traduction qui confonde

L’un de mes loisirs préférés, c’est troller ma fille en citant ses dessins animés préférés, mais en français. C’est trop facile avec Miraculous, où tous les prénoms sont trop évidents, mais je fais ce que je peux.

Peut-être que vous connaissez l’un des derniers bons efforts de Disney, Souvenirs de Gravity Falls. C’est une série très difficile à traduire parce qu’il y a plein de jeux de mots qui marchent seulement en anglais. On commence avec le nom — « Gravity Falls » est le nom d’un village, mais ça dit littéralement en anglais « La gravité tombe ». Ça ne marche pas du tout en français, mais vu le nombre de villages et de villes qui terminent par « Falls » en anglais (pensez aux cascades) — Niagara Falls, Seneca Falls, Sioux Falls — c’est une bonne blague en anglais.

Dans le dernier épisode de la série, Bill Cipher, dit Bill Crypto en français, chante quelques paroles d’une chanson qu’aucun enfant de nos jours connaîtrait C’est « We’ll Meet Again » par Vera Lynn, une chanteuse britannique de la SGM. Cette chanson a sorti en 1939. Wikipédia donne la traduction « Nous nous retrouverons ». De toute façon, voilà d’abord la version originale de la série :

Je traduirais ce qu’il chante comme ça, sans me soucier des rimes : « On se reverra, j’sais pas où, j’sais pas quand, mais je sais qu’on se reverra une journée ensoleillée ». Mais Disney a dû faire une version française qui marche avec la musique. Voici leur version :

Ici, Bill chante « On se reverra, dans un jour, dans un mois. Le soleil brillera, on se reverra. » D’accord, je préfère « on se reverra » pour le titre, mais cette traduction ne capture vraiment pas le sens de la chanson originale.

Vu que la chanson a une longue histoire, j’étais pas surpris de trouver un autre effort en français. Hugues Aufray a fait de meilleur travail que Disney :

Il chante : « On s’reverra, Dieu sait quand, Dieu sait où. Mais je sais qu’un jour viendra
On s’reverra ». Je trouve cette version encore plus fidèle aux paroles originales, mais ça ne rime pas de la façon qu’exige Disney.

Je n’ai pas de grande conclusion avec ce post. C’est juste un rappel qu’il y a certaines choses qui ne marchent que dans leurs langues originales. L’un de mes répliques préfères de La Cité de la Peur n’a absolument aucun sens en anglais :

Le commissaire demande « Je me trompe ? » Odile Deray lui répond : « Sur « qu’il y a ». C’est « qu’il y ait » ». J’adore ce moment, mais il n’y a aucun risque que je puisse expliquer ce moment à un anglophone, car le subjonctif n’a pas de sa propre conjugaison en anglais. C’est un peu la même chose avec Gravity Falls en français — je peux vous donner une bonne traduction, mais sans le jeu de mots, l’humour est malheureusement perdu.

Le chien qui n’a pas aboyé

Je veux m’adresser à un sujet lourd pour terminer mes réflexions autour de la moitié du Tour. Disons que s’il y a quelque chose vers laquelle je cours, il y a quelque chose d’autre que je fuis. J’espère que je éviterai la polémique en vous parlant de cette dernière.

Il y a une histoire de Sherlock Holmes, Silver Blaze (publiée en français sous le nom Flamme d’Argent), qui a donné lieu à l’un de nos dictons le plus populaires. La traduction d’eBooks Gratuits est assez bonne :

– Y a-t-il quelque autre point sur lequel vous désireriez attirer mon attention ?
– Sur l’incident curieux du chien pendant cette nuit-là.
– Le chien n’a rien fait cette nuit-là !
– C’est justement là ce qu’il y a de curieux.

eBooks Gratuits

Ce qui s’est passé, c’était que le chien était chien de garde mais n’a rien fait quand un cambrioleur était présent. Alors, on parle de « the dog that didn’t bark », le chien qui n’a pas aboyé, quand on s’attend à quelque chose mais il n’arrive pas.

Chien militaire américain, Photo par Josh Plueger, Domaine public

Alors, c’est quoi le chien qui n’a pas aboyé ici ? Vous le comprendrez assez vite. Voici une autre histoire, une nouvelle aux États-Unis il y a 4 ans. Une lycéenne a choisi d’apporter une robe chinoise, une qipao, au bal scolaire (on l’appelle « prom », de « promenade, » un mot anglais qui veut dire « promenade », rien à voir avec un bal. Attention aux faux amis !). Des centaines de milliers d’utilisateurs de Twitter l’a critiqué pour le péché de l’appropriation culturelle.

Et tout à coup, le chien a son nom. Je ne manque pas de gens qui ont des trucs gentils à me dire comme « J’espère que tu resteras aux États-Unis », « L’auteur est tombé en amour. Ça rend aveugle. », et le plus drôle, « Ce sont des desserts, pas de plats principaux. » Ce sont des réactions naturelles à ma personnalité bien charmante, je comprends. Mais personne ne m’a jamais dit — ni en France, ni aux États-Unis — que ce que je fais est de l’appropriation.

En quoi consiste les plaintes habituelles, au moins ici ? Vous comprenez très bien — je reçois parfois des commentaires très sympathiques — qu’il y a plein d’ingrédients indisponibles, que je dois souvent faire des substitutions. Ici, c’est un péché. Voici des liens à des articles qui disent qu’il faut écrire de longues rédactions pour expliquer le contexte culturel ou autrement indiquer que l’on a bien étudié si on veut faire un changement — ici, ici, et ici (tous en anglais).

Il y a aussi des scandales où des chefs ou des écrivains sont dénoncés pour avoir changé des ingrédients. Par exemple, le grand chef Stephanie Izard a été dénoncé pour avoir appelé un plat « bibimbap » (c’est coréen) qui avait la mauvaise quantité de riz dans sa photo par comparaison avec les recettes traditionnelles. Peu importe que le chef qui a lancé la plainte vendait un « bibimbap » dans son resto « coréen-polonais » fait avec des nouilles. Notre magazine Bon Appétit a dû ajouter une excuse à sa recette de « halo halo philippin » sert avec des ours gommeux au lieu de racine de taro.

Selon ces plaintes, je suis gros pécheur. Je devine des recettes qui ne sont pas publiées, comme les chichis frégis et les douceurs des Sucs. Je change des recettes comme le « king cake » de la Nouvelle-Orléans, pour les adapter aux goûts français.

Mais curieusement, la plus grande chaîne de restos philippins, Jolibee, vend des spaghettis aux hot-dogs, et je ne vois pas de rédaction pour expliquer que les italiens ne mangent jamais leurs pâtes de cette façon. Voici les vitrines d’une grande chaîne de pâtisserie taïwanaise, 85°C — il n’y a pas d’explication dans leur boutique ni sur leur site que presque tout est fait avec du soja au lieu de lait, mais c’est pas la bonne recette française :

Ces restos viennent de l’étranger, où leurs propriétaires font partie de la majorité. Mais pour être clair, je ne dis pas que ces restos étrangers doivent des excuses. Ils ont aussi adapté des recettes à leurs cultures. Je ne vous dis pas non plus tout ça pour suggérer que c’est toujours respectueux d’emprunter aux autres cultures. Ce que je dis, c’est qu’aux États-Unis, on commence avec la présomption de mauvaise foi, on lance des plaintes, et personne ne demande si la réaction est juste jusqu’à la fin.

Peut-être que je n’entends pas ces plaintes car je suis trop petit. Mais je ne crois pas que c’est la bonne explication, au moins quant à vous. Quand j’ai parlé de mes valeurs républicaines, j’ai dit que j’essaye de m’intégrer, et tant que c’est mon but, je crois qu’aucun Français ne me contredira. Ou presque. Je sais maintenant qu’il y a une telle idée qu’être « français de souche ». C’est le cas que ces gens-là ne s’inquiètent pas de moi, et je l’assume.

Quant à mes compatriotes, je ne sais pas. Les plus grandes plaintes sont souvent lancées par ceux qui ne font pas partie des communautés offensées. Quant aux expatriés et aux immigrants, j’en connais une qui croit que je suis bien fou, et elle ne veut plus jamais revenir en France, mais elle enseigne la langue aux anglophones. C’est pas mon affaire, juste à dire que je doute que ces plaintes viennent de la communauté francophone ici.

La deuxième moitié du Tour continuera d’exactement la même façon. Je serai toujours le premier à vous dire que le vin pétillant californien n’est pas de champagne. Mais si j’ai appris quelque chose pendant la première moitié, c’est que la France a les bras ouverts, et le RER fermé, également à tous ceux qui acceptent ses valeurs. Peu importe si j’utilise toujours le bon fromage. J’essaye quand même à trouver toujours les bons ingrédients et les bonnes recettes pas à cause de la peur qui me font mes compatriotes. C’est parce qu’ils sont à vous. C’est ça le Coup de Foudre.

Parlons en japonais

Je l’ai déjà mentionné quelques fois, mais je suis linguiste. C’est pas à dire traducteur professionnel — je travaille entièrement avec l’anglais — mais à l’université, j’ai dû apprendre une langue européenne et une asiatique. J’ai déjà parlé très bien l’espagnol, mais pendant deux ans, j’ai suivi des cours de japonais. En attendant le départ d’un invité non invité pour faire mon dîner marnais, je vais mettre la table pour quelque chose la semaine prochaine en vous parlant de mes expériences japonaises

Voici le t-shirt d’un camp d’été auquel j’ai assisté pour commencer à apprendre. Ne vous inquiétez pas, je traduirai tout :

Le titre dit « Top 10 de raisons pour étudier le japonais ». Ce qui suit est un bon exemple de ce que l’on appelle le « Japanglish », le franglais de l’Est.

Numéro 10 dit « Benkyō shitakunai » — « Je ne veux pas étudier ». Il n’y a pas de sujet — en japonais, il n’y a pas de personne pour les conjugaisons, seulement le temps. S’il n’y a pas de sujet, on parle de soi-même. Sinon, on dirait « (Nom) wa » pour indiquer qui fait le verbe.

Numéro 9 : « Final Fantasy ga dekiru » — « Être capable de jouer à Final Fantasy ». Le nom du jeu est écrit en katakana, un alphabète que l’on utilise grosso modo pour les mots empruntés aux langues étrangères.

Numéro 8 : « Nihonjin no kanojo ga dekiru » — « Être capable d’avoir une copine japonaise ». Aux États-Unis, tout le monde croit que c’est la seule et unique raison pour laquelle un homme étudie le japonais. Je dirais deux choses : 1) Ce cours est arrivé 3 ans après le lycée, où j’ai demandé de sortir deux fois avec la mémé japonaise sans succès. C’était donc trop tard. 2) Vu qu’il y a presque 2 fois plus de japonais que de français (124 M versus 68 M), si c’est vrai, je suis bien incapable de compter.

Numéro 7 : « Tako to tako no chigai wakaru ». Voici un exemple de la différence entre l’alphabète hiragana et le katakana. Le mot natif « tako » veut dire soit une pieuvre soit du poulpe ; l’autre est l’aliment mexicain. C’est-à-dire « J’oublie la différence entre du poulpe et un taco ». Ça vient de la fois où j’ai mis des sushis, dont de poulpe, dans le frigo, ils ont un peu gelés, et j’ai essayé de régler la situation avec un micro-ondes. N’y mettez jamais du poulpe. Il deviendra extrêmement chaud.

Numéro 6 : « Arubaito o shitakunai », ou « Je ne veux pas travailler ». Arubaito est un emprunt à l’allemand, le mot pour un boulot étant arbeit.

Numéro 5 : « Kurejito ga iru », c’est-à-dire « Avoir du crédit pour le cours ».

Numéro 4 : « Mada paati o shinaide kudasai », une traduction littérale d’une expression en anglais, « Don’t party just yet » (« Faites pas toujours la fête »). Ça vient du jeu vidéo Lylat Wars, où il est dit par ce personnage (la première chose dans la vidéo). Mes copains de classe et moi, nous jouions à ce jeu tous les jours. Encore une fois, « paati » est en katakana, au lieu d’utiliser un mot natif. Je ne sais même pas quel est le mot natif en japonais — c’est exactement comme week-end versus fin de semaine en français.

Numéro 3 : « Wakarimasen ». Ça veut dire « j’ai oublié ».

Numéro 2 : « Eigo no nyusuretaa o kaku no wa jikan mudadzukai » — « Perdre du temps en écrivant un bulletin en anglais ». En tant qu’élèves, nous étions obligés d’écrire un bulletin pour le camp (où on pouvait apprendre plusieurs langues).

Numéro 1 : « So that you can read this t-shirt! » — Ça veut dire « Pour que vous puissiez lire ce t-shirt ! ».

Peut-être que ça vous surprendra, mais je suis également « Justin » en japonais qu’en français. En tant qu’élève d’espagnol, j’ai dû prendre un nom espagnol — je réponds toujours à Diego. Mais en japonais, je suis ジャスティン. On écrirait ça en anglais comme Jyasutein, mais en fait, ils le prononce d’une façon plus proche à l’anglais que vous. (Vu que la prononciation en anglais fait partie de nombreuses blagues nulles, c’est pas une plainte sur la VF.)

Dans la tête, il me reste des traces de cette histoire. En fait, je n’appelle pas ma propre langue « English » dans mes pensées ; elle est « eigo ». Quand je trouve quelque chose d’intéressant, je me dis sous mon souffle « Omoshiroi, ne ? » (Ne chez les japonais marche plus ou moins comme n’est-ce pas.) Si je fais une grosse erreur, je me dis « Yoku dekimashita ! » (Bien fait !).

Malgré tout ça, je n’ai jamais essayé de m’intégrer dans cette société-là de même façon qu’ici. En partie, c’était trop tôt pour écrire un blog comme celui-ci — j’aurais dû écrire tous les logiciels moi-même. Mais aussi, si on n’est pas japonais soi-même, c’est presque impossible. On reste le gaijin (étranger) quoi que l’on fasse. Je ne trouve ce problème nulle part en français, et on parlera plus de pourquoi.

L’art de conserver

Grâce au groupe privé de France with Véro, j’ai appris que le truc peut-être le plus américain a été inventé par un français. Oui, la technologie des boîtes de conserve vient d’un ingénieur français, Nicolas Appert. (Vu que les fromages au lait cru n’existent presque nulle part aux États-Unis, peut-être que j’ai tort, et le truc le plus américain est plutôt la pasteurization. Même combat, on dirait.) Je suis ici largement le récit du lien de Wikipédia.

Bouteille de conserve de M. Appert, Photo par Jpbarbier, CC BY-SA 3.0

M. Appert est né à des parents aubergistes en 1749. Après douze ans de service en tant qu’officier de bouche pour deux nobles — un duc allemand, puis sa veuve française — il est devenu confiseur à Paris. Là, il s’intéressait à des méthodes de conserver les aliments pour de nombreuses raisons, dont éviter la gabelle, un impôt royal sur le sel. Son idée, l’appertisation, était de :

mettre dans des récipients rendus étanches à l’air, puis chauffés pour détruire les micro-organismes pathogènes

Bien sûr, étant développé avant les travaux de Louis Pasteur, personne ne savait pourquoi ce procédé marchait si bien. Tout le monde croyait toujours à la théorie de la génération spontanée, selon laquelle si on laisse reposer un aliment, des mouches et des moisissures apparaîtraient sans aide. C’était l’expérience de Pasteur avec la soupe dans la bouteille à col de cygne en 1861 qui allait enfin montrer qu’il y avait des organismes dans l’air tués par l’appertisation ou la pasteurisation.

Dès 1802, M. Appert opérait la première usine au monde pour fabriquer des conserves. Il faisait des tests sur les navires de la marine française, qui étaient des réussîtes, et il a finit par demander au gouvernement un prix pour ses efforts. Mais le gouvernement lui a offert un choix : soit recevoir un brevet soit un prix seulement s’il donne son invention à l’humanité. Comprenant que les brevets étaient inutiles à l’étranger à l’époque, il a judicieusement choisi le dernier. Alors en 1810, il a publié un livre « L’Art de conserver pendant plusieurs années toutes les substances animales et végétales ».

Malheureusement, comme ce qui arrive à beaucoup d’inventeurs (j’ai 3 brevets ; je sais de quoi je parle), son invention était facile à copier, et des britanniques — n’oubliez pas qu’ils étaient en guerre contre Napoléon à l’époque — ont vite inventé une nouvelle version avec des boîtes en fer-blanc au lieu de verre. Puis il a eu encore plus de chance quand la marine britannique, sous le vice-amiral Nelson, a coulé la grande majorité de ses clients. (Moi, j’étais grand fan de l’amiral Nelson depuis mon enfance, mais c’est facile de retourner la veste si besoin. 😉) Puis les britanniques ont envahi et ont détruit son usine.

Après la fin des Guerres Napoléoniennes, avec l’aide du gouvernement français, il s’est rétabli dans une nouvelle usine à Paris. Là, il faisait des recherches sur « les tablettes de jus de viande et de bouillons de légumes ». Ouais, en plus des boîtes de conserve, il a aussi inventé les cubes de bouillon.

C’est ici où les histoires de notre cuisine et la vôtre séparent vraiment. Les français ont bien réussi à convaincre le monde entier que personne n’utilise pas les boîtes de conserve ni les préparations non plus, que tout est fait maison. Par contre, tout le monde croit également que nous ne mangeons que des trucs en boîte. C’est un mensonge, je dis — en espérant que vous avez tous oublié que la seule recette détaillée pour une « salade » sur ce blog est élaborée complètement des boîtes et d’un sac — de chamallows !

Le dictionnaire franglais-français

Juste avant de partir en vacances, j’ai entendu parler d’un livre avec un titre intéressant. Malheureusement, j’ai déjà oublié , mais j’ai vite trouvé une copie d’occasion grâce à Amazon.fr. Vu qu’il a été expédié d’un vendeur en France par La Poste, au niveau de service le plus bas, je suis choqué qu’il soit arrivé en une semaine. Voilà :

Je peux vous dire que l’ancien propriétaire n’a guère utilisé le livre — l’état était presque parfait. J’avoue que je l’ai acheté sans vraiment connaître les contenus — avec un tel titre, j’espérais qu’il serait quelque chose de façon « Ciel ! Blake ! Sky ! Mortimer ! ». Mais c’est en fait un vrai dictionnaire. Je laisserai l’éditeur expliquer son propre projet :

Voici un aperçu des contenus :

J’ai des sentiments mitigés sur cet achat. D’un côté, vous savez que j’ai une tendance puriste. Mais ça vient de sentiments compliqués — un désir d’être accepté, une horreur des changements dans l’anglais pendant les dernières années, un manque d’amour pour mes voisins. D’autre côté, je vérifie toujours d’abord soit mon dictionnaire Oxford soit le Collins-Robert en ligne. Ce qui n’arrivera JAMAIS, c’est que je dise « Leur réponse n’est pas suffisamment français ; je réessayerai avec un dictionnaire plus paranoïaque ». Il me manque assez d’heures dans la journée pour de telles choses.

Il y a des cas où je sais que j’aimerais bien l’avis de quelqu’un comme l’auteur. Par exemple, « footing » me dérange depuis longtemps, et l’auteur est bien au courant de pourquoi (il ne veut pas dire son sens en français) :

Mais juste en haut, même page, on voit le problème avec ce livre — malgré ce qui a écrit l’auteur, il n’accepte même pas les emprunts bien établis comme « football ». Bonne chance de lire L’Équipe avec cette attitude !

Je ne sais pas toujours comment — ou combien — j’utiliserai ce livre. Mais je suis content qu’il existe — même si j’ai vraiment pas envie de vérifier des mots où je connais déjà le sens, j’apprécie son esprit.

Le magasin le plus intéressant au monde

Je suis rentré à la maison il y a deux jours, mais c’est juste maintenant que l’on finit notre récit de la Nouvelle-Orléans. Si vous y visitez un jour, il ne faut absolument pas que vous ratiez le magasin d’antiquités M.S. Rau. En général, je ne fais pas ce genre de truc, mais je sais déjà que vous serez d’accord qu’il n’y a rien au monde entier comme celui-ci.

On commence à l’extérieur, leur porte sur la Rue Royale (votre carte dira Royal Street, mais les panneaux sont bilingues). M.S. Rau existe depuis 1912, mais ce n’est pas du tout leur site original ; ils ont bien grandi. La Rue Royale est la maison de nombreux tels magasins, mais rien ne vaut la comparaison.

Il n’y a pas trop dans les vitrines, juste un aperçu de ce qui nous attend. Au fait, en anglais on utilise « soupçon » comme si c’était presque un synonyme d’aperçu pour les quantités, comme pincée.

M.S. Rau n’est pas une bijouterie, mais la moitié du rez-de-chaussée (on dirait 1er étage, alors attention si vous visitez) est consacré aux bijoux. Je ne suis pas expert en bijoux, alors on commencera avec des pièces effrayantes :

Vous la sentiez, bien sûr ? La terreur ? La dernière fois où j’ai acheté un collier de perles pour quelqu’un, quatre mois plus tard cette personne a kidnappé ma fille et a vidé la moitié de l’argent de nos comptes bancaires. (Je vous dirais la pire chose, mais vous ne me croiriez pas.) Les perles sont dangereuses !

Il y a plein d’autres pièces exceptionnelles, mais on ne regardera que trois de plus. D’abord une libellule en or avec 60 carats de diamants (985 000 $) :

Une broche en micromosaïque de 1850, un très bon marché à 19 850 $ :

Et une jolie collection de montres de poche :

On passe aux antiquités. D’abord un tour à bois, avec son placard d’outils, du XIXe siècle. Même si j’ai eu 188 500 $ pour un tel achat, je n’ai aucune compétence de ce genre.

Peut-être que vous aimez les violons, mais n’avez pas le temps pour apprendre à jouer ? Voilà une machine qui peut les jouer toute seule (248 500 $) :

Oh, vous préférez l’accordéon. Pas de problème, voici une machine belge des années 1920s pour ça (168 500 $) :

« Mais Justin », vous me dites, « tout ça est bien au-delà de votre remet. Où sont les trucs français ? » Bonne question ! Peut-être que vous avez entendu parler d’un certain sculpteur français, M. Auguste Bartholdi ? Voilà un de 12 exemples de son œuvre le plus célèbre, coulé en bronze de son modèle en plâtre que l’on peut trouver au Musée des arts et métiers à Paris. Si vous avez 1 250 000 $ sous le canapé, c’est à vous ! (Anne-Élisabeth Lemoine non inclus.)

Peut-être que vous préférez les empires aux démocraties. Pas de problème ! Voilà un portrait de Napoléon avant la Bataille de Moscou, par Joseph Franque, peint en 1812. Ça coûte 885 000 $ :

Hélas, toutes les bonnes choses ont leurs fins, dont l’Empire. Les anglais ont fait faire cette baignoire aux pieds pour l’exil de Napoléon sur Sainte-Hélène, jusqu’au moment où un député a décidé que les lauriers avaient trop l’air de victoire. Vous pouvez l’acheter pour 24 500 $ :

Peut-être que vous êtes comme moi et il n’y a jamais assez d’horloges. Voilà une horloge régulateur de Deshays à Paris du XIXe siècle (248 000 $) :

Aimeriez-vous une plus petite horloge française ? Voilà voilà, une horloge squelette du XVIIIe siècle (48 500 $) :

Mais vous n’allez sûrement pas laisser votre nouvelle horloge squelette rester sur une table aussi quotidienne ? Achetez un bureau plat avec des plaquettes de porcelaine de Sèvres pour l’afficher (78 500 $) :

Je ne suis pas un homme violent. Mais si je me fâchais vraiment sur les perles, j’aurais suggéré que l’on règle le différend avec ces jolis pistolets de duel français de 1830 (39 850 $) :

Désolé si je vous ai fait peur avec ce dernier commentaire. Calmez-vous en écoutant cette boîte à musique des Frères Mermod (128 000 $). Elle joue 6 chansons par cylindre et il y en a trois inclus. Pendant que la musique joue, 4 danseuses et un papillon mécanique dansent pour vous aussi.

On n’est pas finis — passons maintenant aux tableaux ! Voici L’Arc de Triomphe par André Brasilier (228 500 $).

Un dernier œuvre, le 14 juillet à Montmartre par Yvonne Canu (38 500 $). Si j’avais l’argent, il n’en serait pas de question car j’adore le style du pointillisme.

Mais j’ai commencé tout ce parler de la Nouvelle-Orléans avec du parler de pralines. Où sont-elles ? Voilà, les meilleures pralines de la ville, du New Orleans School of Cooking :

Bien sûr, j’en ai apporté une douzaine à la maison :

Miam :

Mais je ne suis pas aussi cruel que ça. Alors plus tard, je vais vous enseigner à préparer exactement ces pralines selon la recette de l’école. Et deux autres desserts de la ville aussi pour « lagniappe », comme on dit en français louisianais. (C’est-à-dire quelque chose en plus.)

La cathédrale Saint-Louis

Au milieu de Jackson Square, la place centrale du Quartier français à la Nouvelle-Orléans, on trouve la cathédrale Saint-Louis. Comme je vous ai dit, c’est la cathédrale la plus vieille de fonctionner (depuis 1794) jusqu’à nos jours aux États-Unis. Aujourd’hui, on va faire le tour de la cathédrale.

On commence par l’entrée, où on trouve un panneau avec les noms de famille des paroissiens au début. Je me demande si ça raconte une histoire d’une région française, car la majorité de mes connaissances vivent au nord de la France, et je ne connais personnellement personne avec aucun de ces noms. (Bon, mon ancienne physiothérapeute s’appelait LeVasseur, mais elle est née ici.) Il y a le joueur de hockey Patrice Bergeron et le chef Amaury Guichon, mais je doute que l’on se rencontre.

En entrant le narthex, il y a deux statues de saints. Peut-être que vous avez déjà deviné qui.

Oui, c’est Saint-Louis lui-même. Et à son côté, Sainte-Jeanne-d’Arc :

Notez bien la plaquette au-dessous de cette dernière statue — celle de Saint-Louis est en anglais.

En haut des statues, on trouve l’orgue :

Voici l’intérieur :

Il y a de nombreuses fresques au plafond, mais je vous en montrerai seulement une, sur le thème de l’Agnus Dei.

Maintenant, on va traverser le chemin de croix aux côtés. Remarquez la langue, s’il vous plaît.

Entre les étapes du chemin de croix, il y a des vitraux qui racontent la vie de Saint-Louis :

Aux côtés de l’autel, il y a deux petites chapelles, mais pas un vrai transept. À gauche, il y en a une consacrée à la Sainte-Vierge :

Il y a un petit panneau à droite. Je veux que vous le lisiez :

La chapelle à droite est consacrée à Saint-Joseph et l’Enfant Jésus. On peut la voir derrière le pupitre. (Corrigez-moi si j’ai utilisé le mauvais mot — j’ai l’impression que le truc en bois a un autre nom, mais j’ai utilisé le mot le plus proche à « pulpit » en anglais.)

Et voilà l’autel :

Demain, on visitera notre dernier endroit à la Nouvelle-Orléans. Je vous promets que ce sera une finale spectaculaire.

Les fantômes de la Nouvelle-Orléans

Plus tard aujourd’hui, le nombre de visiteurs ici dépassera le total pour toute l’année 2021. Je vous remercie. Nous sommes presque finis avec la Nouvelle-Orléans, mais je vous promets, il y aura plusieurs recettes pendant le mois prochain.

Dimanche, on a visité le cimetière « Saint-Louis No. 1 », établi en 1789. PAS D’EXCUSES — vous pouvez lire les inscriptions sur les pierres tombales. Vous remarquerez qu’après le XVIIIe siècle, les noms sur les pierres commencent à changer. La langue des inscriptions aussi. Voici l’entrée :

Mais d’abord, je vais vous expliquer les traditions uniques des enterrements locaux. Comme on trouverait dans les cimetières français, il y a beaucoup de tombes élaborées. Mais à la Nouvelle-Orléans, même quand les corps ne sont pas incinérés — et ça n’arrivait jamais chez les catholiques avant le XXe siècle — la météo garantit que ça arrivera assez vite. En fait, on peut garantir que les corps se décomposeront complètement après un été entier. À cause de ce fait, les habitants ont créé un système pour réutiliser les tombes. Voici la première que l’on voit en entrant :

Remarquez le tout petit trou en haut de l’inscription. C’est en fait un trou de serrure. Avec la clé, on peut enlever la pierre tombale, et on trouvera deux étagères derrière. Chacune peut tenir un cercueil. On met le nouveau décédé dans le cercueil en haut, et vide le cercueil en bas. Puis on met le squelette du cercueil en bas dans un sac et le pousse vers l’arrière. (On enlève le cercueil en bas après, et ne le réutilise plus.) Il tombera dans un trou sous la pierre tombale, le caveau. Avec ce système, une tombe peut accueillir des centaines de squelettes. Mais la loi insiste que le cercueil en haut y reste pour au moins un an plus un jour. Si un membre de la famille meurt avant la fin de cette période ? Voilà la solution :

Les murs du cimetière ont de nombreuses étagères qui peuvent accueillir d’autres cercueils ! La même règle concernant le temps s’applique. Alors, voilà des tombes intéressantes.

D’abord, celle de l’acteur Nicolas Cage. « Mais Justin, » vous me dites « il n’est pas encore mort ! » C’est juste pour sa carrière en ce moment. Non, mais sérieusement, c’est à lui car il n’est apparemment pas trop tôt pour planifier.

Celle-ci à côté de M. Cage a attiré mon attention. Rappelez-vous de ce que j’ai dit sur la langue à travers le temps. Les parents sont nés et décédés ; leurs enfants et leur gendre sont « born » et « died ».

La « reine du vaudou », Marie Laveau, y est enterrée. Selon notre guide, on n’a vraiment pas besoin de pouvoirs de divination quand on est coiffeuse et entend déjà tous les potins de la ville. Mais la réputation aide à vendre des bibelots « magiques ».

Il y a des tombes de sociétés funéraires, avec beaucoup d’étagères. Voilà celle des portugais :

Un panneau qui vous intéressera sûrement, qui parle d’un général français (à plus haute résolution si vous voulez la amplifier) :

Finalement, puisque c’est difficile d’être sûr qui est enterré où dans les murs, il y a de nombreux panneaux comme celui-ci, qui parle d’une certaine Suzanne Douvillier, née à Dole (dans le Jura), la première chorégraphe aux États-Unis — et réputée d’y être enterrée.

Plus tard, on a pris un tour du Quartier français avec des histoires de meurtres et de fantômes. Honnêtement, il ne faut pas croire à beaucoup de ces histoires, autant à cause du fait qu’ils changent à chaque fois qu’à cause d’être surnaturelles. Par exemple, on entendrait parler dans le Garden District d’une clôture en forme de maïs et de blé, censé être arrivé en 1859. Mais dans le Quartier français, on entendra parler du même genre de clôture, cette fois censé être arrivé en 1829. Voilà la version dans le Quartier français :

Mais je vous raconterai brièvement l’histoire de Delphine Lalaurie, la tueuse en série de la Nouvelle-Orléans. À l’âge de 13 ans, elle s’est mariée avec un espagnol, un M. Lopez, et ils sont partis en Espagne. Mais elle revient seule en tant que veuve à l’âge de 18 ans, son mari étant mort à Havana pendant le retour.

En 1808, elle s’est remariée avec Jean Blanque, un avocat. Ils ont eu 4 enfants en 8 ans, puis son époux est aussi mort.

En 1825, elle s’est mariée une troisième fois avec le Docteur Louis Lalaurie. Elle acheta une maison sur la Rue Royale, où elle vivait en 1834 quand il y avait un incendie pendant une fête chez elle. Jusqu’à ce moment, elle avait une très mauvaise réputation pour le mauvais traitement de ses esclaves — c’était toujours illégal de les fouetter en Louisiane, et 12 esclaves sont morts chez elle pendant cette période-là. Quand les pompiers sont entrés au deuxième étage de sa maison, ils ont trouvé 7 esclaves enfermés dans une chambre, tous très malades et gravement blessés.

Une foule a entendu parler des découvertes des pompiers et est arrivée pour lui rendre la justice façon frontière. Mais elle s’est échappée par bateau à Paris où elle est morte. Sa maison a été détruite par la foule, et une nouvelle maison a été construite sur le site en 1838. Elle existe toujours — voilà la photo suivante — et est réputée d’être hantée par les âmes des esclaves assassinés.