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Les correcteurs automatiques

Hier soir, j’ai saisi l’opportunité de l’année pour faire une farce contre La Fille. J’espère que vous en profiterez une fois expliquée. Il s’agit de la correction automatique. Mais avant ça, je veux parler de quelque chose qu’Apple a lancé avec iOS 26, ce que je sais a haussé le taux d’erreurs ici. (Je dirais que je suis quand même responsable pour la très grande majorité, pour être clair.) Je promets qu’il s’agit au moins du même sujet.

Il y a un an, je me suis plaint du clavier bilingue, censé être une amélioration par rapport à taper sur un clavier uniquement anglophone qui croyait que chaque mot français était une erreur. Je n’avais aucune idée de la vraie horreur à suivre.

Je remarque que c’est souvent le cas que si je tape sur le dernier rang, surtout les lettres «c, V, b, n, m », ça résulte en un espace plutôt que les bonnes lettres. C’est aussi le cas que si je tape la touche Maj, le clavier enregistre souvent un « Z » en même temps.

Il s’avère que ce n’est pas juste moi. Dans cette vidéo en anglais, un autre non-fan d’iOS 26 donne ses astuces pour désactiver certaines choses qui produisent ces problèmes. Par exemple, la saisie gestuelle, qui essaye de prédire ce que vous allez vouloir taper en glissant entre les touches. Problème : je l’ai déjà désactivé ! J’ai lu, mais ne peut plus trouver la référence, qu’en fait, Apple a eu l’idée d’ajuster les zones sur le clavier qui correspondent aux touches, pour accorder avec ses prédictions — ce qui ne marche pas très bien quand on utilise le même clavier pour deux langues différentes !

Alors, la farce. D’abord, je dois expliquer les erreurs d’un autre correcteur, celui de Google pour la saisie semi-automatique de vos recherches. Remontons le temps en 2023. Le meilleur jeu de tous les temps (à ce point), Tears of the Kingdom, vient de sortir. Peut-être que vous vous souvenez que j’ai fait un gâteau du jeu précédent, Breath of the Wild, pour fêter l’occasion. C’était une bonne recette, même si j’étais déçu par l’aspect.

L’important, c’est que personne ne va taper tout ça plusieurs fois dans le même document, dans un SMS, etc. Alors le premier jeu est largement connu parmi les fans par ses initiales, BOTW. Et le deuxième jeu est TOTK.

Dès que TOTK est sorti, les joueurs ont commencé à rechercher des soluces et des astuces. Mais les correcteurs étant basés sur les statistiques, TOTK semblait être une erreur. Alors, Google est devenu célèbre pour avoir proposé de nombreux autres mots en anglais comme remplacement : les noms York et Toto, et le mot total. Vous pouvez les voir tous dans cette capture d’écran des suggestions pour « does totk » à l’époque, tirée du site GameSpot :

Liste de 10 suggestions, dont Toto, total, York, TikTok, tork et Tokyo
Source

La Fille m’a récemment rappelé ça dans une conversation sur tout autre chose, pas important. C’était donc à nouveau dans la tête. Alors, quand j’ai reçu ce courriel de son lycée, un rappel de s’inscrire sur un site nommé « Total Registration » pour des examens de fin de l’année scolaire :

je lui ai envoyé une capture d’écran avec les message (en anglais) : « N’oublie pas de t’inscrire sur le site TOTK Registration. »

Voici l’échange :

D’abord, elle a répondu « Tu veux dire Total ? » Puis, elle a compris et a ajouté « Je te déteste ». Ce qui a bien mérité mes emojis riants ! Elle a fini par « Ces corrections-là datent d’il y a 3 ANS ! »

Ouais, mais elle les a toujours reconnues, non ?

Francemaxxing

Il y a des mois, l’homme le plus con aux États-Unis a visité la France. Je voulais en écrire à l’époque, mais je l’ai laissé tomber car à vrai dire, il est un peu notre baron de Charlus (mais hétéro), et je ne savais pas comment faire sans me sentir comme si j’avais sali le blog.

Je sais maintenant.

Des instagrammeurs européens — largement des expatriés, et non seulement des Français — sont en train de perdre la tête à cause d’une boulangerie new-yorkaise. Je laisserai Mme Charlotte Vautier vous présenter Rye (l’anglais pour seigle) :

J’ai beaucoup de problèmes avec ce clip. Elle veut un peu épater les paysans : regardez ces cons américains qui payent 60 $ pour une miche qui coûterait 7 € à la maison ! Soyons réalistes : la boulangerie la plus « froufrou » (on dit ça en anglais, j’espère que c’est pas trop loin de l’usage français — mon dictionnaire l’a, mais suggère qu’il s’agit de vêtements) de la Côte Ouest, c’est sans doute Tartine, de San Francisco et plus récemment, de Los Angeles. Et ses pains de taille similaire (environ 1,5 kg) ne coûtent que 15 $. Encore plus réaliste, je peux aller dans n’importe quel supermarché non-mexicain et acheter des pains de la La Brea Bakery pour 7 $ (c’est juste sur la Côte Ouest ; une expatriée à l’autre côté ne le connaîtrait pas). Ça ne pèse qu’un kg, mais vous avez l’idée — ceci n’a rien de typique.

(Pour être clair, je ne défends Rye pour rien. Ces filles font de meilleur travail en se moquant de la boulangerie.)

Miche de pain de seigle, Photo par HadynMD, CC BY-SA 4.0

Elle fait la comparaison avec Wonder Bread, un produit industriel que je connais mais n’ai jamais acheté ni mangé chez mes parents. Voici la liste d’ingrédients d’une baguette « sourdough » de La Brea :

Unbleached Enriched Flour (Wheat Flour, Malted Barley Flour, Niacin, Reduced Iron, Thiamine Mononitrate, Riboflavin, Folic Acid), Water, Sour Culture, Salt, White Degerminated Corn Meal, Wheat Germ

C’est à dire : farine avec quelques vitamines ajoutées, eau, levure boulangère, sel, farine de maïs, germe de blé. On est loin de la liste énorme de produits chimiques qu’elle mentionne.

Mais elle mentionne un mot, un néologisme vraiment, « Europemaxxing » — c’est-à-dire, vivre à l’européenne au maximum. Madame, je faisais ça avant que cette horreur ne soit inventée, mais je n’ai jamais créé un mot pour ça. Je vois qu’il y a même des Français dans l’Hexagone qui l’ont adopté, même si l’usage n’est pas exactement pareil. (J’adore que ce dernier lien vient d’une décoratrice d’intérieur dont le nom de famille est « Ranger ».)

Alors vous comprenez maintenant « maxxing », ce qui nous amène au con promis. Braden Peters, se surnommé « Clavicular », est surtout célèbre — je vous jure que c’est 100 % vrai — pour se frapper droit dans le visage avec un marteau, encore et encore, afin de briser et remodeler les joues. Le lien, c’est au Monde, pas besoin de me croire sur parole. Ça fait partie de ses efforts pour ce qu’il appelle « looksmaxxing », un effort d’améliorer son aspect. ([Moi, je suis prête à frapper Justin dans le visage avec un marteau s’il veut le tester. — Celle-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom])

M. Clavicular est aussi connu à cause de ce tweet sur lui :

Clavicular was mid jestergooning when a group of Foids came and spiked his Cortisol levels 😭

Is Ignoring the Foids while munting and mogging Moids more useful then SMV chadfishing in the club?
Source

Ça semble être écrit en anglais, mais la moitié de ces mots ne se trouvent dans aucun dictionnaire — c’est célèbre pour être du n’importe quoi le plus pur !

Alors, notre « looksmaxxeur » est arrivé en France pour Fashion Week (pourquoi ne dit-on pas « La Semaine de la Mode » ?), car il a été embauché comme mannequin, et il a décidé de draguer les parisiennes — pendant une séance de streaming.

C’est ici où je fais une pause pour remercier le Bon Dieu pour ne pas m’avoir fait aussi idiot que ça.

Ici, il dit à des filles assises devant un café qu’il est célèbre et l’une d’entre elles lui répond : « Profitez de Paris ». C’est-à-dire : sans nous.

Et ce n’était pas son seul échec ; ici, il essaie, « Hé, les filles » et quand elles l’ignorent, il répond, « Alors, pas d’anglais ? »

À son retour aux États-Unis, comme raconte Le Parisien, il s’est plaint : « Elles doivent être lesbiennes ». Je compatis juste un peu, ayant fait cette erreur une fois (peut-être deux). Mais non, il méritait tout le mépris qu’il a gagné.

À ce point, vous avez sûrement compris le vrai point : les gens qui parlent de « maxxing », ce sont les gens à éviter !

Les aveugles voyants

Avec toutes mes excuses à Il Est Quelle Heure au cas où mon gros titre la dérangerait, je n’ai qu’une courte note aujourd’hui — car je suis tout à coup hyper-sensible à la lumière depuis ce matin et ne peux guère regarder un écran (je soupçonne l’un de mes médicaments) — sur quelque chose qui me dérange de plus en plus.

Dame avec un bandeau qui couvre complètement les yeux et le front, Photo par Dale et Kim Schoonover, CC BY 3.0

Peut-être que vous vous souvenez de ce qui m’est arrivé sans voiture en août — je marchais partout et, encore et encore, les voitures ont failli me renverser. À cause de ça, j’ai modifié mes habitudes — plutôt que marcher de chez moi au centre commercial, je roule au centre, m’y gare, puis prends une balade sans croiser les rues, en faisant des tours autour d’un grand bâtiment.

Au moins, ça a bien réduit le nombre de fois où je vois les calandres des voitures de trop proche. Mais depuis ce temps-là, je suis devenu très au courant d’un autre phénomène.

Il me semble que je suis la seule personne qui a même un peu de connaissance de la situation autour de moi. On dit souvent que tout le monde ne regarde que son portable, et c’est certainement une partie du problème. Mais ça fait 7 semaines que je marche uniquement dans le centre commercial, et je suis convaincu que j’ai observé assez de monde pour en tirer une conclusion.

Personne, et je veux dire absolument personne, ne bouge pour m’éviter. Il y a des fois où ils ne regardent que le sol. Il y a des fois où ils restent debout sur un trottoir en parlant avec d’autres personnes et ne souhaitent pas bouger. Mais le plus souvent, ils ont la tête orientée dans la bonne direction, et c’est simplement soit qu’ils ne regardent pas autour d’eux, ou s’attendent à ce que je bouge.

Ce soir, une famille marchait sur le même trottoir que moi, mais dans l’autre sens. Leur fils a failli me bousculer, et je lui ai dit, « Excuse-toi ». Il n’a pas levé les yeux du sol même une fois, jusqu’au moment où j’ai dit quelque chose, mais il a répondu avec « Désolé ». Après, j’ai réfléchi que c’était la première fois de ces 7 semaines où on s’était reconnu coupable de ne pas faire attention.

Je ne sais pas vous, mais ce niveau de manque de connaissance n’arrive pas par hasard. Je suppose que pour tous, ne pas bouger ou indiquer même la moindre connaissance qu’il y a un autre sur le chemin, c’est une sorte de doigt d’honneur sans cesse, une façon de dire « Je suis le seul qui compte ». J’aurais aimé croire qu’il s’agissait juste des portables, mais on parle de centaines de personnes à ce point, et la plupart n’en a pas. On le fait exprès, et ce n’est pas pour le meilleur.

L’égout d’Internet

Il y a une vingtaine de références sur ce blog au site web Quora, ce que je suivais à partir de 2012 en tant que responsabilité professionnelle (c’était un peu un concurrent à l’époque), puis en tant qu’utilisateur. Pour ceux qui ne le connaissent pas, l’idée était (accent sur le caractère passé de ce propos) que des internautes pouvaient y poser des questions sur tout genre de sujet, et d’autres utilisateurs, bien informés, y répondraient. On mettait habituellement ses qualifications avec son nom d’utilisateur afin de montrer pourquoi on pouvait faire confiance à la réponse.

Égout romain en Allemagne, Photo par Raimond Spekking, CC BY-SA 4.0

J’ai arrêté d’y écrire en 2017 parce que c’était devenu un cloaque complètement sans normes de comportement (« Sois gentil, sois respectueux » était anciennement la première règle du site). Puis, j’y suis revenu brièvement en 2020 et 2021, également en français qu’en anglais, pour écrire sur mes expériences en tant qu’élève de français. La version en français était moins nulle qu’en anglais, mais de même façon qu’un accident en cuisine est moins nul que la catastrophe de Bhopal. C’était en partie des expériences malheureuses sur Quora en français qui m’a convaincu qu’il fallait lancer un blog pour m’exprimer — ici, la communauté de lecteurs est respectueuse et il n’y a pas de gens qui voient un article par hasard et décident de jouer au méchant juste pour s’amuser.

En même temps, Quora m’offrait parfois un microphone grand format, où je pouvais m’adresser à un public beaucoup plus grand qu’ici. Quand j’ai râlé sur un échange méchant sur ce site-là en 2023, c’était quelque chose qui m’est arrivé parce que 110 000 francophones avaient vu mon écriture dans un courriel :

Félicitations, nous avons mis votre réponse en vedette dans la Sélection Quora de plus de 110 000 personnes !

Malgré l’accueil plutôt positif pour certaines choses, je ne regrette pas que j’aie quitté le site. L’une des raisons principales, c’est que de temps en temps, on trouve une vieille réponse de ma part et m’écrit quelque chose de vraiment malpoli qui arrive dans mes courriels par surprise.

C’est ainsi que l’on a trouvé une veille réponse — écrit en 2021 — et en a profité pour me traiter de piñata. Voici ce que j’avais écrit :

Question : Est-il difficile de vivre aux États-Unis sans voiture ?

Réponse : Ça dépend. Où?

J'habite à Irvine en Californie. C'est impossible de vivre ici sans voiture. Il y a des transports publics, mais ceux ne visitent jamais la plupart des quartiers. L'école de ma fille est à 12 km de chez moi. Nous n'allons jamais marcher!

À New York City, c'est très courant de ne pas avoir de voiture. Presque tout le monde utilise le métro.

Au milieu du pays c'est aussi impossible de vivre sans voiture. Il y a beaucoup de fermes, et les villages sont souvent éloignés les uns des autres. On a besoin d'une voiture pour aller aux centres commerciales, aux restos, ou chez le médecin.
Capture d’écran

Vous voyez le moindre mot sur la France ? Quelque chose de grossier ? Moi non plus. Mais voici le commentaire du jour :

Reste aux USA et nous fait pas chier avec ton bouffon jaune. Dis à tes kon-citoyens qu'on ne veut plus des ricains. Est-ce clair ?

C'est suivi par une fausse photo de Trump et Pourine en train de s'embrasser.

Pour être clair, cette fausse photo n’est pas la seule dans son commentaire. Le type a mis 5 photos manipulées après son texte.

J’ai dit avant qu’environ 10 % des internautes inconnus se comportent comme ça sur Quora, et que le taux est acceptable, car c’est encore pire dans la vraie vie. J’essaie quand même de soigner les plaintes de ceux qui ont une dent contre tout Américain, car j’espère — follement — qu’il s’agit simplement de ne pas en connaître.

Votre méchanceté n'est en réponse à rien que j'ai dit. Il n'y a aucune critique de la France ici, et en plus, vous parlez à un type qui a écrit plus de 1,3 millions de mots sur le pays pendant les 7 dernières années. Veuillez découvrir mon Tour des Départements, où j'ai écrit quelque chose sur chacun, et peut-être que vous apprendrez à ne pas juger par les origines : (lien vers la page du Tour)

Je ne sais pas pourquoi je me fais perdre du temps comme ça. Il le justifie :

Les USA sont la PLAIE du monde. Comment tant de ricains ont pu voter pour un bouffon tel que "Trompe molle"?

Rien que ça, ce n'est pas de la méchanceté c'est de la LUCIDITÉ !! Que cela plaise ou pas (tant mieux!). Pays de merde !!

Et ce sentiment anti USA n'est seulement de moi ! La France entière et l'Europe en a assez de votre koku qui foit le monde à mal. D'où sort il toutes ses konneries et mensonges ? Il a un groupe spécial konneries mensonge dans sa maison jaune ???

Vous ne pouvez pas le voir, mais il devait revenir pour ajouter le dernier paragraphe. Seulement les deux premiers étaient dans la notification originale dans mes courriels.

Dois-je vous dire que je n’ai jamais une fois cherché l’écriture d’un Français en anglais pour lui dire « Restez en Europe » ? Ce serait malpoli. En plus, tel ou tel internaute ne parle pas pour son pays entier — et n’est pas responsable pour son gouvernement non plus. (Si l’internaute s’appelait Jean-Noël Barrot, ben, il parlerait pour le pays, mais je suis sûr qu’il n’est pas un troll sur Quora. Enfin, j’espère.)

Je ne veux pas que vous pensiez qu’il s’agit d’un problème uniquement français. En août, on a trouvé quelque chose que j’ai écrit en 2020 sur un rendez-vous catastrophique en 2013 (le seul de ma vie avec une femme qui n’était pas mon ex), et m’a laissé ce bijou :

Traduction dans l'article
Capture d’écran

Ça dit : « Est-il possible qu’elle plaisantait et que tu paniques comme un chat effrayé ? » On parle de quelqu’un qui a passé une heure en disant encore et encore qu’elle avait hâte d’adopter La Fille. C’était pourtant notre première rencontre !

Après un certain point, laisser des commentaires sous de vieux contenus, c’est plus du graffiti que du dialogue. Mais quand on nage dans l’égout d’Internet, c’est tout ce à quoi on peut s’attendre.

M. Descarottes trouve son verbe

Il n’y a pas assez de matière ici pour déclarer ce billet une Langue de Molière, mais cette semaine, j’ai trouvé ce qui aurait été sans doute le verbe préféré de M. Descarottes.

M. Descarottes à ses 2 ans, dans sa cage, la tête posée au-dessus d'une gamelle rouge pleine de croquettes et quelques petites carottes.

D’abord, je dois vous présenter l’un des comptes les plus marrants d’Instagram, Wakaka le lapin. L’humour est, disons, pas élevé — dans chaque clip, Wakaka, qui est un lapin en peluche, essaye de « cuisiner » un plat typique français, mais le rate en prenant le nom dans le mauvais sens. Il y a une dame qui réagit à ses bêtises, jamais nommée mais qui fait toujours mine exaspérée.

Par exemple, dans ce clip, il promet de vous montrer comment préparer une « tarte aux herbes de Provence », ce qu’il « réussit » en prenant un train de Paris jusqu’en province pour acheter ses herbes :

Oui, c’est une blague bien pourrie et presque tous ses clips sont à ce niveau. Mais il a récemment promis d’expliquer comment faire un « carrot cake ». Voilà :

Selon lui, il faut repérer une personne qui a un cake et attendre à un moment où elle ne fait pas attention. Puis — je cite — « tu carottes le cake ».

Naturellement, je devais vérifier mon dictionnaire Oxford :

C'est l'entrée pour carotter du dictionnaire Oxford. Le premier sens est « extorquer », en anglais, "cheat". L'autre sens est technologique, d'enlever un échantillon d'un rocher ou un glacier pour l'analyser.

C’est bien là, mais le sens donner est plus « extorquer » que « voler ». Dans les trois exemples, quelqu’un se fait tricher, pas exactement la même chose que ce qu’il fait dans le clip. Mais c’est assez proche vu son style.

Bien sûr, j’ai montré ce clip à La Fille. C’était exactement son sens de l’humour et si j’ai bien compris, sa classe fera la connaissance de Wakaka plus tard aujourd’hui.

Je regrette horriblement que je n’ai pas connu ce mot pendant la vie du pauvre M. Descarottes. Il aurait tellement profité des calembours qui allaient avec !

Les problèmes se multiplient

Ça fait 10 jours maintenant avec le nouveau portable, et je continue à découvrir les récompenses de ne pas avoir mes données les plus récentes. Voici des exemples :

J’ai un compte pour La Fille, et sans divulguer le nom de l’institution financière, disons que c’est quelque chose comme le Livret A. Je n’ai donc pas besoin de le vérifier tous les jours. Cependant, j’ai l’appli de la banque en question sur mon portable, et puisque j’avais laissé Apple générer un mot de passe, devinez ce qui s’est passé…

Ouaip.

Pas de problème, l’appli sera heureuse de me laisser réinitialiser le mot de passe tant que j’ai… nan, mais sérieusement… l’appareil sur lequel le compte a été établi, car ils y ont envoyé un message. Heureusement, ils pouvaient aussi envoyer un texto à mon numéro de téléphone, et ça a marché. Mais c’est ça la récompense de laisser Apple choisir mes mots de passe.

Je sais que j’avais environ 80 mots de passe sauvegardés par Apple avant. Certains ne sont pas du tout importants — le site web où j’ai commandé un t-shirt pour La Fille, mais dont c’est peu probable que j’y passe une autre commande, par exemple. Mais on est loin de atteindre la fin.

Ce samedi, nous sommes censés aller à Anaheim — je sais, ça a l’air alsacien, mais c’est malheureusement en Californie du Sud — pour voir un autre concert de Weird Al Yankovic. Hier, j’ai téléchargé les billets dans l’appli Cartes, car Ticketbâtard — désolé, Ticketmaster — n’accepte plus les billets imprimés, même si le code barre est identique. Ils ont le droit aux données de publicité de votre portable ! Je ne suis pas certain, mais je crois que je n’avais pas encore fait ça avec le vieux portable. J’ai reçu ce message charmant :

Capture d'écran d'une erreur, traduite dans l'article

Ça dit :

Passe désactivée

Cette passe est liée à un autre compte Apple. Consulte Ticketmaster pour résoudre ce problème.

Super. J’ai deux comptes Apple pour des raisons stupides, mais l’un d’entre eux ne s’utilise jamais. Je suis connecté aux deux en même temps, mais le compte primaire est le même maintenant que pendant les 20 dernières années. Je n’arrive donc même pas à comprendre de quoi ils parlent. Je vais appeler Ticketmaster plus tard aujourd’hui. Si ça peut être « résolu » par télécharger l’appli de Ticketmaster, je ne serai pas du tout amusé.

Moins grave, mais pas moins énervant, j’avais un vieux jeu de Sonic the Hedgehog sur mon portable, pas pour le jouer, mais pour utiliser les autocollants virtuels qui allaient avec dans mes conversations avec La Fille sur l’appli Messages. En quelque sorte, le portable a gracieusement installé les versions de janvier 2024 de toutes les applis — alors j’ai dû mettre 104 applis à jour APRÈS la restauration — mais celle-ci n’est plus disponible, alors les autocollants sont perdus.

Il y a une expression en anglais pour cette expérience, et j’aimerais bien savoir s’il y a un équivalent en français. On dit « the gift that keeps on giving », le cadeau qui continue de s’offrir. Parfois elle s’utilise de façon sincère : « Il m’a donné une plante de basilic ; c’est le cadeau qui continue de s’offrir car je ne dois plus acheter de basilic. » Mais plus souvent, il s’agit d’un mal qui refuse de vous quitter : « Apple a zappé 3 ans de mes données ; c’est le cadeau qui continue de s’offrir chaque fois où je visite un autre site web. » Vous avez l’idée — je serai heureux si je ne reçois plus jamais un autre tel cadeau !

Le con et son ‘phone

Sauf pour les accents, le mot « téléphone » est pareil en français qu’en anglais. Cependant, on dit habituellement juste « phone ». Permettez-moi cette abuse de la langue pour le jeu de mots ; vous allez voir à quel point je suis en train de me faire punir pour être con avec le mien.

Remontons le temps jusqu’au jour de la visite à Akihabara. La Fille est sortie de Yodobashi-Akiba, le magasin que l’on a visité, avec un merveilleux étui portefeuille pour son portable. J’étais jaloux, mais je croyais que j’étais à 7 mois de remplacer mon portable, alors il me semblait que je ne pouvais pas acheter un tel étui. Puis il m’est arrivé à l’esprit que si j’achetais un iPhone 17 Pro en terminant mon contrat actuel quelques mois à l’avance, je pourrais faire ça. Alors quand on a découvert un autre magasin de Yodobashi à Kyoto, c’était exactement ce que j’ai fait. Le voilà :

Vous pouvez voir clairement dans le gros-plan du carton que l’étiquette dit : « ヨドバシカメラl », Yodobashi Camera. Et le prix, 2710 ¥, ça fait environ 15,60 €. Bonne chance à trouver un étui pareil aux États-Unis pour moins de 42 € ! Je me considérais chanceux.

Je regrette tout. TELLEMENT.

Depuis mon premier BlackBerry, j’ai toujours sauvegardé mes données de portable sur mon ordinateur. Et je n’ai jamais eu de problème — jusqu’à cette fois.

Anciennement, je ne chiffrais pas mes sauvegardes. Pas besoin. Mon réseau à la maison est invisible à Internet, car le niveau de sécurité chez moi est fou (c’est pour ça que je refuse tout objet connecté, n’utilise pas Siri, et n’accepte pas les demandes d’applis de voir les appareils sur le réseau). Si on arrive quand même à trouver mon ordinateur, bonne chance pour trouver le bon mot de passe. Mais copier tous mes mots de passe à la main chaque fois où je remplace un portable, c’est chiant. Alors en 2025, j’ai accepté la demande d’Apple de cocher la case pour chiffrer les sauvegardes. Il n’y a jamais eu de problème — car je n’ai jamais essayé de restaurer mon portable — jusqu’à samedi matin, quand je suis rentré avec le nouveau iPhone. Ayant tout supprimé de l’ancien avant de le rendre à AT&T.

Apple insiste sur un mot de passe juste pour la sauvegarde. J’aurais juré que j’avais utilisé le même mot que pour iTunes (oui, je l’utilise toujours sur Windows). Apparemment, non. À ce point, j’ai essayé plus de 200 versions de divers mots de passe (je garde un fichier), mais rien n’a marché. La dernière sauvegarde qui marche vient de janvier 2024. Je l’ai donc utilisée — mais ça veut dire que j’ai perdu 2 1/2 ans de notes, de contacts, de données de santé, et de mots de passe.

En plus — car je suis chanceux et Apple est géré par des salopards — les données qui étaient sauvegardées sur iCloud ne sont pas disponibles. Pourquoi ? Parce que le portable insiste qu’il faut composer le code d’accès de l’ancien portable. Un code qui n’existe pas. Puisque c’est facile de perdre un portable, je ne le confie aucune donnée financière, et en conséquence, je n’utilise ni de code d’accès ni de FaceID. Pourtant, il y avait brièvement un code d’accès il y a des années quand j’ai dû subir un processus d’identification qui exigeait tous les méthodes de sécurité pour les données financières. Je soupçonné que c’est ça, mais je n’ai aucune idée du code. Alors iCloud ne marche plus pour moi non plus.

Grâce à cette connerie de premier cru de ma part, j’ai passé tout le week-end et une belle partie de lundi et mardi en essayant de recouvrir de ma propre stupidité. Je suis toujours le premier à dire « n’écrivez jamais vos mots de passe », car j’ai passé plusieurs années en tant que chef de sécurité pour un projet gouvernemental — mais à vrai dire, si vous n’allez pas utiliser une donnée qu’une fois tous les deux ou trois années, c’est acceptable.

Ai-je mentionné que le journal de mes cartouches pour l’imprimante, les prochains poissons d’avril, et toutes les Blagues de la Semaine et gros-titres de la balado faisaient parti de mes notes ? Oui, cette perte est une catastrophe.

Deux poids, deux mesures

Je vais vous dire exactement ce qui s’est passé dimanche soir chez moi. Je crains que ce qui suit soit mal accueilli, car le sujet de race aux États-Unis est souvent perçu à l’étranger comme si on est uniquement fous à cet égard. Mais lundi après-midi, j’ai passé 20 minutes avec un policier au téléphone, et il m’a dit d’appeler 911, le 17 américain, plutôt qu’attendre s’il y a un autre incident comme ce que je vais raconter.

La Dame Justice en marbre. Dans la main droite, une balance ; la gauche, une épée. Mais les yeux sont pleinement ouverts.
Statue de la Dame Justice, sans bandeau sur les yeux, devant le vieux Palais de Justice de Singapour, Photo par Kok Leng Yeo, CC BY 2.0

Je vous ai dit de nombreuses fois que je ne connais aucun de mes voisins depuis une décennie déjà. Et que j’ai essayé de me présenter aux nouveaux voisins après notre déménagement l’année dernière, ce qui a été très mal accueilli à l’époque. Ben, laissez tomber, ils ne veulent avoir rien à voir avec moi, je comprends le sous-entendu ([Les filles de votre lycée et fac auraient été bien surprises à l’entendre. — M. Descarottes])

Le problème des voisins de merde n’est pas unique à la Californie. Il y a une histoire très bien connue dans le pays, de Kitty Genovese, une new-yorkaise de 29 ans poignardée dans la rue. Beaucoup de monde a entendu ses cris mais personne ne voulait s’en renseigner ou appeler la police. Il y avait pourtant de nombreux témoins. J’ai toujours été horrifié par cette histoire, raison pour laquelle quand j’entends des cris, je cherche toujours la source, au cas où on aurait besoin d’une ambulance ou de la police.

Ce que j’ai entendu à partir de 20h45 dimanche soir, c’était très évidemment de la violence domestique. J’ai entendu une ou plusieurs femmes criant, et des bruits effrayants, comme une porte qui claque sans cesse. Pourtant, il m’a fallu 20 minutes pour décider de faire l’enquête, parce que je croyais qu’il s’agissait d’un film.

J’ai fait le tour de mon immeuble, un petit bâtiment de 16 appartements sur 2 étages, en forme d’un « L » majuscule. J’ai trouvé la source venant d’un appartement au rez-de-chaussée, le voisin d’à côté de celui directement au-dessous du mien. J’ai sorti mon portable pour enregistrer juste un peu de la bagarre, afin de servir comme preuve avant d’appeler la police, mais la lumière s’est allumée et j’ai arrêté après 2 secondes, afin de ne pas attirer l’attention des habitants.

En revenant à l’escalier pour monter à chez moi, j’ai vu un homme noir d’environ 20 ans, torse nu et sans chaussures, évidemment sorti du bon appartement. Il avait l’air épuisé. Je lui ai demandé s’il allait bien. Il ne voulait rien dire, et j’ai compris — moi étant blanc, il risquait d’énerver les autres s’il me parlait. Si vous croyez que j’exagère ou que c’est paranoïaque, attendez.

J’ai essayé autre chose : « Dis-donc, je ne veux pas me mêler dans tes affaires, mais si tu es en danger, je veux t’aider. » Je l’ai vu se détendre juste un peu, en pensant à quoi dire — mais ça a attiré l’attention des personnes dans l’appartement. Le père, la mère et leur fille (18-20 ans, je crois, mais je suis nul avec les âges), sont sortis, tous en criant fortement. Le père m’a dit : « On n’a pas besoin de « whitey » pour mettre son grain de sel dans nos affaires. » « Whitey », c’est une version insultante de « blanc » — je ne sais pas comment traduire ça exactement en français, mais il voulait me faire comprendre qu’il me détestait à cause de ma couleur. Je ne peux pas citer la mère exactement — elle hurlait, mais je crois que c’était juste de gros mots. Elle était trop agitée pour bien la comprendre.

Mais la fille, elle est montée l’escalier vers moi en disant : « I’m gonna fuck you up. » Google le rend : « Je vais te défoncer. » Ça sous-estime la violence de ses propos. Je lui ai répondu qu’elle n’allait pas faire ça, et je suis revenu dans mon appartement pendant que le père continuait d’hurler des insultes racistes.

J’ai fait appel à mon père, un avocat, qui m’a conseillé de ne pas appeler la police. Si une voiture est arrivée, les sirènes klaxonnant, les lumières bleues et rouges allumées, et quelque chose de mauvais est arrivé à cette famille, je serais le nouveau visage du racisme aux États-Unis — bien que tous les délits, même le crime d’assaut, aient été commis par la famille. C’est pour ça que j’ai essayé de faire un rapport au poste de police ce soir-même. Cependant, il s’est avéré qu’ils ne travaillaient pas le week-end, ni après 17h. Je ne le savais pas.

J’ai donc fait un appel téléphonique au numéro non urgent de la police lundi après-midi. J’ai quitté le lotissement pour le faire, afin que personne n’entende rien. Une heure plus tard, j’ai parlé avec un officier, ce qui a duré 20 minutes.

Il m’a posé la question de pourquoi j’avais attendu si je me sentais menacé. J’ai répondu avec le cas d’Amy Cooper (lien en anglais), une blanche qui promenait son chien — sans laisse, ce qui est un délit, mais rarement appliqué — dans Central Park à New York, qui a rencontré Christian Cooper (aucune relation), un homme noir qui était là pour observer les oiseaux. Il a menacé d’empoisonner le chien en l’offrant une croquette (c’est toujours pas clair si c’était vraiment empoisonné). Elle a fait appel à 911 pour dire que ce monsieur menaçait son chien.

Ce cas a eu lieu en mai 2020. Vous souvenez-vous d’un autre incident racial qui a eu lieu en même temps ? Bien que Mme Cooper ait décrit la situation honnêtement — et M. Cooper l’ait enregistrée — le procureur a porté plainte contre elle pour un faux rapport, plus tard classé sans suite. Elle a été virée par son employeur et a fini par quitter les États-Unis (elle était canadienne). Pour M. Cooper, la récompense pour avoir menacé de tuer le chien, c’était de recevoir un poste d’animateur sur une émission créée pour lui (lien en anglais), sur l’observation des oiseaux. Pour traiter M. Cooper de façon juste, il avait dit qu’elle ne devrait pas être poursuivie.

Il est absolument inacceptable de se comporter de la manière de mes voisins. Peu importe ce qui s’est passé chez eux — et n’oublions pas que je suis sorti en croyant qu’une femme était en train d’être battue, sans penser à race — je parlais à un inconnu en détresse devant mon immeuble. Il n’y avait pas d’excuse pour me menacer, point barré. Si j’avais hurlé un mot raciste, je vous écrirais de prison en ce moment, accusé d’un crime de haine. Ils le savent, je le sais, et le policier le savait aussi quand on a parlé. Et maintenant, ils savent qu’ils pouvaient commettre de l’assaut (ici : une menace de violence sans effet physique) sans conséquences. Pensez-vous que ça améliorera leur comportement ? Moi, non.

Lindsay, la cavalière de l’Apocalypse

Quelque chose d’horrifiant se passe en ce moment dans le Massachusetts et je crois que sa signification ne sera pas bien appréciée à l’étranger. Je parle du procès de Lindsay Clancy pour le meurtre de ses trois enfants. Elle est sur le point d’échapper à la culpabilité bien que ses propres avocats avouent qu’elle les a tués et la raison pour ça va déchirer les États-Unis.

Je dis parfois que mon test de santé mentale pour mes concitoyens, c’est de demander si O.J. Simpson est coupable d’avoir tué son ex-femme et son ami. Il était un ancien joueur de football américain, qui est tombé sur les deux pendant une balade à Brentwood, une banlieue de LA parmi les quartiers les plus riches de la ville. Quand la police l’a recherché, O.J. a pris la fuite, dans la poursuite la plus célèbre de ma vie, qui a duré presque 4 heures à la télé. Le sang des victimes se trouvait dans sa voiture, des empreintes identiques à celles de ses chaussures étaient à la scène du crime, il saignait d’une blessure d’un couteau — si vous ne croyez pas qu’il a poignardé les deux après avoir lu les preuves, vous êtes un imbecile ou un menteur. Je suis loin du seul qui pense ça.

On peut me dire « oui, mais je ne l’aurais pas reconnu responsable à cause des erreurs de la police dans l’enquête », et je dirai que cette personne n’est pas un imbecile. Mais si on me dit « non, il n’a pas poignardé les deux », puis je ne m’intéresserai plus jamais à quoi que ce soit venant de sa bouche. Il faut savoir qu’un jury composé de 8 femmes noires, un homme noir, 2 femmes blanches et un homme hispanique l’a reconnu non-coupable. O.J. était lui-même noir, et ses avocats ont transformé le procès en une question de couleur.

C’est ce qui se passe en ce moment avec Lindsay Clancy. Elle a étranglé ses 3 enfants, de 5 ans, 3 ans et 8 mois. Ses avocats en disent autant. Cependant, ils insistent qu’elle devrait être reconnue non-coupable à cause d’une psychose post-partum. Il y a un assez bon résumé des faits dans Madame Figaro.

Ce qui vous ne lirez pas dans ce journal, ni dans le seul article du Monde, qui se concentre sur la maladie mentale, c’est que les femmes du pays ont adopté Mme Clancy comme leur O.J. Il y a des manifs quotidiennes dans la rue devant la salle du tribunal (PBS, WBUR — liens en anglais). Sa famille a reçu plus d’un million de dons dans une cagnotte sur le site GoFundMe, de femmes qui insistent sur son innocence — pas besoin de me croire sur parole , c’est ce qui disent les donateurs dans les commentaires. Une supportrice de Mme Clancy vient d’être arrêtée pour harcèlement du jury (lien en anglais), pour les avoir pris en photo dans le parking du tribunal.

Pas comme M. Simpson, parmi les athlètes américains les plus célèbres du XXe siècle, Mme Clancy est une inconnue. Mais — encore une fois, contre les aveux de ses propres avocats — beaucoup d’Américaines insistent que c’était en fait son mari Patrick (lien en anglais) qui a tué les enfants, qu’elle n’est pas simplement non coupable à cause d’une maladie mentale, mais en fait innocente. Ça malgré le fait que l’on sait hors question que son mari n’était pas à la maison, qu’elle avait recherché comment étrangler une personne, et bien sûr, qu’elle avoue l’avoir fait physiquement.

Le jury délibère depuis une semaine déjà — et vu les aveux, c’est beaucoup de temps. Ils ont dit 3 fois maintenant au juge qu’il n’y a pas d’unanimité, ce qui annulera le procès si ce sera la décision finale. Et ils ont le choix de la reconnaître coupable d’homicide involontaire au lieu de meurtre, alors ce n’est probablement pas ça, mais que certains jurés insistent sur son innocence absolue. C’est ici où je mentionne que la majorité des jurés sont des femmes, et que plusieurs ont commencé à s’habiller en rose, le symbole choisi par ses manifestants.

J’ai essayé ici de vous donner les faits, mais ce procès est déjà devenu la suite de celui d’O.J. On croit à sa culpabilité ou pas selon son genre, tout comme on croyait à la culpabilité d’O.J. selon sa couleur. Mais pas comme dans le cas d’O.J., qui insistait jusqu’à la fin de sa vie qu’il cherchait « le vrai tueur », Lindsay Clancy avoue avoir tué ses enfants. Je vous laisse à décider quel est le message que l’on veut communiquer en clamant son innocence, en insistant que son mari l’a fait, mais on ne vit plus dans la même réalité, et ça, c’est inquiétant.

Histoire d’amour

Je vous ai promis quelque chose d’hilarant et énervant en même temps dans ma quête à remettre l’horaire des posts. Nous voilà.

Je vous ai parlé de ce compte, « L’eau songeante » il y a deux semaines, et qu’à partir du moment où j’ai commencé à la suivre, mon fil d’actualités ne contient rien d’autre que des influenceuses paraplégiques. Ça a commencé à ralentir un peu ce week-end, mais vraiment, je n’aurais jamais deviné qu’il y avait tant de telles influenceuses. De toute façon…

Malgré étant française, madame écrit uniquement en anglais. Je vais donc traduire des captures d’écran pour vous tous, en essayant de capturer le ton plutôt que la bonne grammaire française. Voici la source originale :

Alors, dans cette première capture, elle utilise un mot argotique qui n’a pas de traduction exacte, au moins pas dans un dictionnaire. Ça dit : « Les activités ‘ragebaiting’ de mon mari lui valaient une femme. »

Le verbe « bait » en anglais est soit « appâter » soit « taquiner », et les deux sens sont utiles ici. On pourrait dire « appâter pour faire enrager » et ce serait assez proche.

Elle continue : « Nous nous sommes rencontrés dans les commentaires de ce mème. » Le mème dit : « Pourquoi les chars français ont-ils des rétroviseurs ? — Je ne sais pas, pourquoi ? — Pour qu’ils puissent voir le champ de bataille. »

Nous sommes bien d’accord que je ne dirais jamais une telle chose, j’espère.

Elle continue : « Je suis Française. » On ne le saurait pas sans les emojis de drapeau et de baguette, je suppose.

« Et il est Américain. » Super l’emoji du canyon. Il doit être du sud-ouest comme moi.

« C’étaient ses premiers mots à moi » Il a écrit : « Pas vraiment me vantant de rien mon pote. Juste un autre Frenchie offensé. » Son choix du mot « buddy » suggère qu’il ne savait pas qu’elle était une femme.

« Voici ma réponse » Il y a un message après ça qui dit « Votre commentaire a été supprimé. Seulement vous pouvez voir ces infos. » Le commentaire : « Vous êtes si arrogant et n’avez aucune raison de l’être. Juste un autre être lambda qui se cache derrière un écran et aime se vanter de rien. Pathétique. »

J’ai du mal à comprendre pourquoi les deux commentaires n’ont pas reçu le même traitement !

C’est ici où l’histoire devient énervante :

« Nous voilà moins de deux mois plus tard. » La conversation dans Messenger : « Aussi wouah. Laisse-moi t’épouser déjà. — Je ne peux pas attendre. –Jamais cru que je trouverais mon âme sœur si vite. Mais savoir que l’on aura les 80 prochaines années ensemble fait rater un battement à mon cœur. »

J’aimerais bien savoir ce qui était la deuxième chose que chacun avait dite à l’autre.

Ceci dit : « Notre mariage 9 mois plus tard. »

Et pour finir, « Puis j’ai déménagé aux États-Unis pour être avec lui. »

Nan, mais sérieusement !

C’était trop. Je devais poser une question :

Moi : Attendez, QUOI ? Ça fait 6 ans que j'étudie le français, et même pas un rencard en résultat !

Elle : malheureusement c'est une méthode qui a peu de succès

Je n’ai pas de mots.