Si vous avez écouté les fins des deux derniers épisodes de la balado, vous savez déjà que la rentrée de La Fille était la semaine dernière. Avant ça, elle voulait complètement nettoyer sa chambre, car elle suivra 4 cours « AP » (placement avancé) et n’aura pas beaucoup de temps pour le ménage.
Oui, elle voulait faire ça. Je n’y suis pour rien. Était-ce censé être si facile de vivre avec une ado ? Mais si vous cherchez une arrière-pensée, c’est arrivé en forme de me faire honte : « Si j’ai enfin fini de déballer les cartons et tout ranger, pas plus d’excuses chez toi, papy. » (Oui, elle connaît la différence entre « papa » et « papy ». Vraiment, si c’est le pire, je n’ai rien pour m’en plaindre.)
Alors moi aussi, j’étais très occupé par le nettoyage dans les coulisses. Je suis derrière elle, car j’ai beaucoup plus de trucs, mais l’important, c’est qu’il y avait une réunion du bureau de l’OCA hier soir, et pour la première fois depuis notre déménagement, j’étais assez confortable avec l’état de ma chambre (qui est aussi mon bureau) que je n’ai pas utilisé ma photo habituelle comme arrière-plan sur Zoom.
« Mais Justin », me dites-vous, « quelle photo ? » Celle-ci, évidemment :

Vous vous attendiez à autre chose ? (C’est le café Pierre Hermé, 126 Bd Saint-Germain, 75006. J’ai pris cette photo au début de la dernière journée de mon premier voyage.)
Quand on peut voir dans ma chambre, impossible d’éviter que l’on va voir mon lit. Dans mon ancien appartement, mon bureau était grosso modo en face du centre du lit ; dans le nouveau, on aperçoit juste un peu du bord. Alors — et je croyais que ce serait hyper-drôle, parce que jusqu’à ce mois, j’étais le seul homme du bureau — j’ai décidé de faire une farce avec mon plus vieil ami, qui vit avec moi depuis mes 4 ans. Je vous présente Crocker Spaniel :

Je sais, vous penser que je viens de faire une faute de frappe. L’espèce de chien s’appelle cocker spaniel, pas de « r », ou comme on dit en français, « Cocker anaglais ». (Pourquoi on ne dit pas « épagneul », la traduction habituelle de « spaniel », aucune idée.) Mais voici deux photos qui expliquent tout :


Celle-ci montrent les deux faces d’une plaque qu’il porte autour de son cou. La première dit « Crocket Spaniel » ; la deuxième est le logo d’une ancienne banque californienne, Crocker Bank (lien en anglais), racheté par le géant national Wells Fargo dans les années 80. Alors oui, Crocker était un cadeau de la banque quand on ouvrait un compte pour les enfants. Au fait, il avait anciennement une petite sœur, Crocker Spanielette, mais ça fait 30 ans que l’on ne sait pas ce qu’elle est devenue. (Je crois que mon frère l’a jetée, malheureusement.)
La farce, et je l’ai soigneusement testée avant le début de la réunion, c’était que Crocker était pleinement visible sur mon lit, mais bien en arrière-plan. Il fallait faire attention à ma chambre pour le remarquer. Puisque personne n’a rien dit, je suppose que c’est passé inaperçu.
Voici une dernière photo de lui pour le voir en entier :

« Alors Justin », me dites-vous, « vous voulez nous dire que vous dormez avec une peluche depuis tout ce temps ? » Ah non, pas du tout. En fait, il n’était même pas chez nous jusqu’en 2020, car ma mère m’avait interdit de le retirer de la maison de mes parents, au cas où mon frère aurait des enfants. (Super, maman, merci de l’interdire à votre petite-fille réelle en faveur d’un enfant théorique.) Mais cette année-là, au nom de commencer à vider ma chambre, elle m’a laissé le donner à La Fille.
Après un certain temps, elle m’a dit : « Nous nous en sommes parlés, et Crocker veut reprendre te veiller. » Alors il a pris une place à côté de mon bureau jusqu’au déménagement. Mais non, je ne dormais pas avec une peluche !
Ça dit, Crocker pose mon plus grand problème quant à déménager en France. Je veux qu’il soit présent pour la prochaine génération, les enfants de La Fille, et surtout qu’il ne soit pas jeté quelque part en France quand je partirai pour Saint-Sever. Je ne sais pas quoi faire avec lui quand La Fille sera à la fac.
Mais ça, c’est pour 2029. Pour l’instant, Crocker reste chez moi, et personne ne me connaît mieux.

















