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Qu’est-il arrivé à San Francisco ?

Une nation ne se régénère que sur des monceaux de cadavres.

Louis Antoine de Saint-Just

Et si Saint-Just se trompait, et en fait, c’était sur des monceaux de fèces et de seringues ? Toute conversation autour de San Francisco doit partir d’un fait : jusqu’en 2015, la ville était assez propre et assez normale. Puis, tout est parti en vrille. Parlons d’abord de la chute.

Entre 2011 et 2014, j’ai voyagé de nombreuses fois à San Francisco pour mon boulot, dans beaucoup des mêmes quartiers que je vous ai montrés la semaine dernière, ainsi que le « Mission District », où j’avais de nombreuses réunions. J’étais assez content de la ville elle-même que j’étais de retour avec La Fille et mes parents pour des vacances en famille en 2015. Même cette année-là, tout semblait normal.

Mais en 2015, il y a eu un meurtre choquant. Un immigrant illégal, Juan Francisco Lopez-Sanchez, a tué une femme, Kate Steinle (lien en français), au milieu de l’Embarcadero, les quais entre le Ferry Building et Fisherman’s Wharf. Vous avez vu les photos aux deux liens — c’est un quartier très touristique. M. Lopez-Sanchez a été expulsé des États-Unis 5 fois avant ce meurtre. Si on le croit, il avait trouvé un pistolet sur le quai, jouait avec le truc, et a tiré complètement par hasard. Trois fois. Cependant, la vérité, c’est que le pistolet a été volé à un officier du Bureau de Land Management 4 jours plus tôt. Personne ne peut prouver que M. Lopez-Sanchez l’a volé lui-même, mais son histoire n’était pas crédible. Cependant, il était chanceux de façon importante — San Francisco est l’un de nombreuses soi-disant « villes sanctuaires » qui interdisent toute coopération avec le gouvernement fédéral, et le jury local a déclaré Lopez-Sanchez non-coupable de tout sauf la possession illégale du pistolet.

Un certain candidat à la présidentielle a adopté la cause de justice pour Mme Steinle comme un thème de sa campagne. C’était ainsi que Donald Trump a gagné en 2016. Je vois qu’un lecteur du Monde n’a rien entendu de l’importance de cet événement — pourtant, c’était mentionné dans de nombreux discours du candidat !

Capture d'écran du moteur de recherche du Monde entre la date du meurtre et la date de la présidentielle, avec aucun résultat pour le nom Steinle.

C’était avec ça que le reste du pays a commencé à se rendre compte qu’en général, San Francisco s’en fichait des citoyens, surtout des contribuables, au nom non seulement des immigrants illégaux, mais aussi des SDFs. Malgré le fait que le problème avait commencé à la fin des années 2010, c’était seulement après le meurtre que le problème de la merde est devenu connu. Voici une carte de tous les rapports reçus par la ville de fèces humains dans les rues entre 2011-2019 :

Source

Ça vient du magazine Forbes, consacré au commerce et aux bourses, et les données sont entièrement des rapports reçus par 311, le numéro de téléphone de la ville pour des problèmes qui ne sont pas d’urgences. C’est 132 000 rapports pendant une décennie, dans une ville de presque exactement la même superficie que Paris. Ce projet continuait de rassembler des données jusqu’en 2023 — vous pouvez examiner la carte ici.

En 2022, la Hoover Institution, une partie de Stanford University (juste au sud de San Francisco), a estimé que la ville dépensait environ 57 000 $ par SDF (lien en anglais). Pensez-vous qu’il coûterait autant que ça pour nettoyer les rues ? J’en doute. Le problème, c’est que l’argent est gaspillé de façon époustouflante : la ville paye des hôtels pour abriter une petite partie de la population SDF, et pire, puisque la ville refuse de punir les consommateurs de drogues illégales, une très petite partie de cette population (162 adultes, selon un compte) a coûté 113M $ pendant une période de 8 ans, juste pour des traitements médicaux. L’argent est là, mais sans efforts pour changer les comportements, il ne sert à rien.

Je vous ai parlé avant la présidentielle du problème de crime dans cette ville, et comment même les vitrines de ma ville sont toutes fermées à clé. C’était comme ça qu’en 2023, les propriétaires du centre commercial que je vous ai montré ont tout simplement décidé d’abandonner le centre, même avec un prêt de 566M $. Et les propriétaires du Hilton Union Square, l’autre grand hôtel près du Westin St. Francis, ont aussi rendu l’hôtel à la banque cette même année (liens en anglais).

Pourtant, les photos que je vous ai montrées étaient d’une ville vide, pas sale. Fin 2023, Gavin Newsom, l’ancien maire de San Francisco devenu gouverneur de Californie, a ordonné le nettoyage de San Francisco avant la visite de Xi Jinping (lien en anglais). Quoi que l’on pense de sa motivation, la chute semble avoir arrêté. La question reste : est-ce que l’on peut sauver San Francisco ? Sincèrement, je ne sais pas.

La Californie insolite

Je vous ai montré certaines parties de ce que l’on appelle « Central California », le centre de l’état, le jour de notre visite à UC Riverside, mais puisque ça faisait déjà 17h le temps que nous avions atteint Gilroy et les kiosques des agriculteurs étaient déjà largement fermés, je ne pouvais pas faire tout ce dont j’avais envie. En revenant de San Francisco le matin, c’était beaucoup plus facile à passer par de nombreux sites inconnus vers le nord de cette partie centrale. Il faut que j’ajoute que La Fille a raison — ce n’est pas le véritable nord de l’État, malgré l’usage commun. Il y an encore un autre 500 km de territoire très rural, et plein de forêts, entre San Francisco et notre voisin au nord, l’Oregon. Les malheureux de cette autre région ont une prison à sécurité maximale là, dans la ville avec le meilleur nom pour une telle installation, Susanville. ([Il essaye de vous passer un message en douce, les amis. — M. Descarottes])

Nous commençons dans une région qui est certainement inconnue pour vous, Morgan Hill. À environ 110 km au sud de San Francisco, c’est facile à sauter en roulant vers la grande ville. Mais ce serait une erreur ! Morgan Hill est la maison de nombreux producteurs de vin d’origine italienne, dont mon préféré, Guglielmo. Les rapports qualité-prix de cette région sont étonnants par rapport aux régions plus connues de Napa et Sonoma. Il faut ajouter que le climat n’est pas idéal comme au nord, avec des températures au-dessus de 33 °C en été et pas de brouillard. Cependant, ce ne sont pas de blagues pourries, comme les vins de Temecula, au nord-est de San Diego — la terre est bonne.

J’avais espéré acheter une bouteille de « Emile’s Heritage Red« , une valeur sûre à 9 $. Malheureusement, ça fait 16 ans depuis ma dernière visite et j’avais oublié que la boutique est fermée le mardi. « Mais Justin », vous me dites, « comment est-ce que vous connaissez ce petit producteur ? » Il y a deux décennies, je l’ai découvert avec mon ex pendant des vacances en Californie du Nord. Et non, ce fait n’a pas endommagé mon avis de Guglielmo — juste parce qu’une chose est devenue du vinaigre, ça ne dit rien sur l’autre.

Juste une quinzaine de kilomètres au sud de Morgan Hill se trouve Gilroy, la capitale de l’ail. Le Festival de l’Ail tous les juins est connu partout aux États-Unis, et l’odeur est si puissante que l’intérieur de votre voiture sentira l’ail même si les fenêtres restent fermées. Je ne plaisante même pas un peu. Pour vous donner une idée de ce que l’on trouve à Gilroy, nous sommes passés par Garlic World (Le Monde de l’Ail). C’est commercial, mais quand on est seul à un kiosque, on ressent la pression d’acheter quelque chose si on va prendre des photos.

Nous avons atteint Gilroy sur l’autoroute 101, mais 101 suit la côte par une route très lente, alors nous avons dû passer à l’autoroute 5, l’autoroute la plus importante pour relier toute la Côte Ouest. Et ça voulait dire rouler sur 152, une petite route montagneuse qui relie les deux au milieu de nulle part. Les touristes étrangers ne vont découvrir cette route que très rarement, car en général, il vaut mieux de suivre juste l’une des deux grandes autoroutes, selon vos envies.

Il n’y a qu’un arrêt majeur le long de la 152, celui de la boutique, aire d’autoroute et hôtel dit « Casa de Fruta » (Maison des fruits). C’est hyper-touristique, mais aussi un point de vente important pour les producteurs locaux — cette région est connue pour ses amandes, abricots, et cerises.

Je vous ai parlé très brièvement du producteur célèbre de bœuf, Harris Ranch, dans le billet sur Riverside lié en haut. Nous sommes passés par l’établissement, qui propose un hôtel, une boutique et un restaurant consacré aux steaks (on dit « steakhouse » en anglais). S’il y avait un Label Rouge américain, les deux producteurs de bœuf à l’Ouest qui mériteraient le label seraient celui-ci et Snake River Farms dans l’Idaho. (Il y aurait de nombreux tels producteurs dans le Midwest.) Au fait, j’ai l’impression que « bifteck d’aloyau » est un terme québécois pour ce que l’on appelle un « T-bone steak » dans ces photos ; je ne crois pas que les bouchers français coupent le bœuf de façon pareille.

Je ne pouvais pas prendre une bonne photo de l’extérieur pour une raison marrante : nous revenions de San Francisco avec un kilo de chocolat Ghirardelli, et j’insistais sur l’apporter dans les stations-service et les aires à chaque fois, afin qu’il ne fonde pas. Il faisait plus de 38 °C ce jour-là — il fait habituellement beaucoup plus chaud dans cette région que dans la mienne, car je suis au moins près de la côte.

Je veux vous montrer quelque chose que j’ai vu dans plusieurs aires d’autoroute, mais pas en France. Aux États-Unis, tout le monde a le droit d’utiliser une radio dite « citizens’ band » — Wikipédia me dit que ça existe en France, mais ie n’ai rien vu en passant par des aires d’autoroute. Ça permet de parler avec tout le monde sur les routes jusqu’à une distance d’environ 30 km. Les équipements sont en vente libre partout dans les relais routiers spécialisés (et j’ai une préférence de passer par celles-là pour leurs services).

Vitrine pleine d'équipement de citizen-band

La dernière chose que je veux vous montrer est où nous avons dîné à Bakersfield pendant notre retour. Bakersfield est une ville de 403 mille personnes, mais sans vrai centre-ville (les limites sont énormes — la superficie est environ 3x celle de Paris, 5x Strasbourg). La « cuisine » de la région est largement celle des chaînes de restos. Red Lobster (Homard rouge) est une chaîne spécialisée en poisson et en fruits de mer. C’est bien méprisé par les élites des côtes, un symbole du milieu du pays. Il y a beaucoup de choses frites là, et je serais le premier à dire que la qualité n’est que moyenne, mais le mépris est très mal placé.

Le pain là est d’un genre dit « baking powder biscuits », biscuits à la levure chimique. C’est une spécialité de notre Sud, et si la version chez Red Lobster est un peu trop salée, c’est aussi la raison principale pour laquelle la chaîne est renommée. Je n’y vais jamais à la maison car le resto le plus proche de chez moi est à 20 km, dans la ville de Garden Grove. Red Lobster ne pourrait jamais ouvrir à Irvine, parce que la haine classiste fermerait ses portes tout de suite. Mais même si c’est commercial, comme toutes les autres choses dans ce trajet c’est un aperçu de la vie quotidienne dans notre campagne, et j’accorde autant d’importance à tout ça qu’à nos grandes villes.

UC Berkeley

Je ne sais pas s’il y a une expression pareille en français, mais en anglais, on dit parfois « le grand-père de tous » pour exprimer que quelque chose est le plus vieux, l’original. Et quand on parle du système d’universités dites « l’Université de Californie » — l’Université de Californie à Berkeley est de loin la plus vieille, au point où elle se dit simplement « Cal » ou « L’Université de Californie », sans élaboration.

Avec cette histoire vient des particularités, à partir de : « Mais où est donc l’accueil pour les candidats ? » Ça se trouve au centre du stade, California Memorial Stadium :

Toutes les université de cette taille — plus de 40 000 élèves au total ! — ont de tels stades, et celui-ci peut accueillir plus de 52 000 personnes pour des matchs de football américain. C’est une grande entreprise pour les facs, le football, et un de ces quatre, il nous faudra en parler.

Mais pourquoi « Memorial » ? En souvenir de qui ? La réponse se trouve sur une plaque à l’extérieur du stade, qui dit « En souvenir des Californiens qui ont donné leur vie dans la Guerre mondiale 1914-1918. » Il faut comprendre que dans ce cas, Californiens ne veut dire que des diplômés de Berkeley. Je ne dis pas ça avec amertume ; il n’y a pas de sentiments impériaux là. C’est simplement que Berkeley existait depuis 50 ans déjà à l’époque, et UCLA était la seule autre université publique de l’État. C’est pourquoi UC Berkeley se dit « Cal » ou « Californie » comme si c’était la seule — pendant des décennies, c’était le cas.

Je n’ai pas beaucoup de photos de UC Berkeley elle-même. Nous étions épuisés à ce point. Mais remarquons quelques détails. L’école d’architecture est abritée dans un bâtiment de style brutaliste ; très européen, ça :

Il y a un campanile, la Tour Sather, qui fait 93,6 mètres de hauteur. On nous a dit que c’était le campanile le troisième plus haut du monde.

Le point fort de Berkeley n’est pas le campus en soi, mais la ville qui l’entoure. Elle a environ 150 ans, et est un mélange de nouveautés de monuments historiques. Vous vous sentirez très à l’aise là :

Berkeley est connue, parmi d’autres choses, pour être la maison d’Amoeba Music, un magasin de disques des années 90, spécialiste en vinyle. Malheureusement, les portes sont fermées le lundi, quand nous avons visité :

TOUT est fermé le lundi à Berkeley. La sœur de mon meilleur ami, elle-même avec un doctorat de Berkeley, m’avait conseillé de goûter cette pizzeria. C’était fermé, et tous ses voisins aussi :

Nous nous sommes retrouvés dans un petit « diner » du quartier avec une carte un peu partout — des burgers ainsi que des burritos. J’ai commandé l’un de ces derniers :

Après USC et UCLA, nous parlions d’un « tour des biscuiteries », alors nous avons trouvé une biscuiterie locale, CREAM, qui vend non seulement des cookies, mais aussi des sandwichs à la crème glacée fabriqués avec lesdits cookies. Je regrette de vous dire que CREAM a fini en troisième place — mais nous étions prêts à souffrir pour vous apporter cette info :

UC Berkeley est connue pour avoir plus de lauréats du prix Nobel que n’importe quelle autre fac du pays — 114 à ce point, profs et anciens élèves confondus — et 16 éléments du tableau périodique y ont été découverts. Alors on y trouve des rappels, comme ce panneau qui annonce que sa place de parking est réservée pour un lauréat (sans préciser qui) :

Demain, nous parlerons du retour à la maison — il y a eu plein d’arrêts insolites. Mais c’est assez pour les facs !

Le magasin Nintendo

Je dois avouer quelque chose de surprenant. Alors que j’étais au courant du fait que Nintendo allait ouvrir une boutique à San Francisco en mai dernier (lien en français, comme tous les liens suivants !), je ne savais pas qu’elle se trouverait dans notre hôtel ! En fait, je n’avais aucune idée jusqu’au moment où nous y sommes arrivés. Quel fan je suis !

Puisque nous devions partir lundi matin pour Berkeley, et nous sommes arrivés très tard samedi soir (vers 22h), nous avons dû y aller après notre balade autour de l’Embarcadero et de Ghirardelli Square. Et quand nous sommes arrivés devant la porte, la queue était énorme — presque toute la longueur de la façade de l’hôtel ! Heureusement, la queue bougeait vite et nous avons fini par la faire pendant seulement 15 minutes. Commençons donc par l’extérieur, où des personnages des séries Mario, Zelda et Splatoon se côtoient dans les fenêtres :

Une fois admis au paradis, la première chose que l’on voit est une statue de Mario. Il n’y a pas d’autre choix possible :

Il y a de nombreux produits dérivés de cette série, mais La Fille vous dira que j’ai pleuré à voire des boites de rangement en forme de bloc ? et de briques. Je suis trop vieux pour décorer ma chambre avec ces choses, alors je n’en ai pas acheté — mais j’y pensais :

Si je ne gardais toujours pas un peu d’espoir de trouver une partenaire, il y aurait un oreiller bloc ? sur mon canapé déjà. ([À sa place, j’en aurais donc acheté deux — M. Descarottes])

Ou peut-être une carapace de Koopa Troopa rouge :

La Fille a besoin de plus gros sacs à dos de nos jours, ou elle aurait un sac Bowser pour la rentrée :

J’adorais aussi les casquettes de baseball Mario :

Un de ces quatre, nous parlerons de mes deux peluches. Bowser les a failli rejoindre !

Je ne suis pas fan de la série Animal Crossing, mais il y a une statue des personnages les plus connus :

Il y a aussi de nombreux produits dérivés de la série Donkey Kong, dont ces tonneaux :

On peut aussi trouver des pulls avec le logo du magasin, mais je n’ai pas l’habitude de porter des pubs :

Puis on descend sous terre, pour trouver les séries un peu moins iconiques que Mario (les connaisseurs comprennent que Donkey Kong fait partie de Mario). Là, c’est Link de la série Zelda qui nous attend :

Les produits dérivés sont similaires à ceux de Mario — des oreillers, des t-shirts, des portefeuilles, etc. — mais en forme de Réceptacles de Cœur ou de Bouclier Hylien :

La série Pikmin — dont La Fille a fini le jeu Pikmin 4 en français pendant ses vacances d’hiver ! — est là, représentée par les petites plantes ambulantes dites Pikmin, ainsi que le monstre qui est la mascotte de la série, les Bulborbes. La trousse à crayons, avec son bulborbe affamé prêt à manger des pikmin, c’est hilarant !

Les Pikmin ont aussi leurs statues :

On penserait que le magasin serait à moitié consacré à la série Pokémon, qui gagne encore plus d’argent que Mario, mais heureusement, c’est loin de la vérité. Les Pokémon n’ont qu’un coin du sous-sol :

Si vous connaissez la série Kirby, son personnage éponyme s’y trouve aussi sur des t-shirts :

Malheureusement, j’étais déçu par le choix faible de produits dérivés de la série Metroid. J’aurais payé un t-shirt avec l’héroïne Samus Aran dans son armure, mais le seul disponible la montre en maquette filaire, ce qui donne l’impression d’une paire de seins, et je ne veux pas avoir des problèmes à cet égard. C’est dommage — pour autant que j’aime Mario et Zelda, j’ai l’impression que c’est Metroid le plus acceptable pour un homme d’âge moyen.

Je sais, vous êtes curieux de nos achats : un t-shirt Zelda pour La Fille, et un t-shirt Bowser pour moi. Cependant, ils restent emballés pour plus tard.

Après le magasin Nintendo, nous étions épuisés, et avons dîné chez McDo pour terminer la journée. Demain, je publierai C’est le 1er, puis on aura la visite de UC Berkeley, et on finira avec deux derniers billets : le retour et mes pensées sur ce qui est arrivé à San Francisco. (Dimanche avec Marcel reviendra la semaine prochaine.) Après tout, je termine chaque voyage en France avec mes plaintes — pensiez-vous que je serais moins sévère envers la Californie ?

Ghirardelli Square et les quartiers ethniques

On reprend notre séjour à San Francisco avec Ghirardelli Square. À moins que ce soit votre première visite chez Un Coup de Foudre, vous savez déjà que Ghirardelli est mon chocolat habituel quand j’ai besoin d’un chocolat noir de qualité sans payer Valrhona. C’est le chocolat californien depuis 1852, quand un immigré italien, Domenico Ghirardelli a ouvert ses portes à San Francisco avec 91 kg de fèves de cacao. Ça fait déjà 60 ans que les bâtiments que vous allez voir ne sont plus l’usine de Ghirardelli, mais c’est un endroit classé monument historique. La Fille et moi sommes pleinement d’accord : sauf peut-être Boudin, rien n’est plus important à l’histoire californienne.

Ghirardelli Square vu d'en bas -- le nom du commerce est en lettres géantes en haut du bâtiment
Ghirardelli Square vu d’en bas

« Square » en anglais se traduit par « carré » pour la forme géométrique, et « place » pour l’endroit. Mais en anglais, le double sens fait un calembour, parce qu’au-delà des tablettes pour la pâtisserie, le produit phare de la marque est une série de chocolats en forme de carrés, emballés individuellement. Puisque l’ancienne usine est si bien connue, c’est logique. Et quand on visite cet endroit, on peut commander des coupes glacées ainsi que toute la gamme Ghirardelli, dont des « squares » disponibles uniquement ici.

Malgré l’histoire, Ghirardelli s’adapte aux tendances, alors voici la nouvelle coupe glacée — façon Dubaï :

Pub avec une photo d'une coupe glacée à la pistache et au chocolat, comme le chocolat de Dubaï

Pas là la dernière fois, un trône pour se prendre en photo ([La folie des grandeurs ! Il se croit un roi ! — M. Descarottes]) :

Moi assis sur un trône en forme de coupe glacée devant la boutique

Comme tout à San Francisco, les prix sont montés en flèche : notre commande aurait coûté 24 $ il y a une décennie. Nous avons payé 40 $. Oui, pour deux coupes glacées et rien d’autre. Celle avec la fraise était à La Fille ; celle au caramel au beurre salé était le mien.

Deux coupes glacées

Ne le dites pas à La Fille, mais elle a commandé exactement la même coupe à ses 5 ans. J’ai la photo en preuve.

Il reste de vieilles machines, mais elles ne servent plus à rien :

Ancienne machine pour broyer les fèves

Dans la boutique, on peut acheter des sacs géants de Ghirardelli Squares : le panneau dit « 2 sacs achetés, le troisième offert ». Mais c’était trop pour nous.

Étagères pleines de sacs de chocolat

Quelque chose d’effrayant, c’est que la ville est infestée par des voitures « Waymo » de Google — des taxis sans voiture. Pendant notre balade, près de Ghirardelli Square, j’ai réussi à prendre des photos d’une Waymo arrêtée à un feu rouge. Il n’y a personne derrière la volante.

En marchant le long de l’avenue Colombus, on arrive dans le quartier de North Beach, le quartier italien. Aucune minorité est plus persécutée en Californie que les italiens : on détruit des statues de Colomb et l’État est unique en remplaçant son jour férié par un autre au nom du syndicaliste César Chavez (car les mexicains sont les descendants des amérindiens, tant mieux pour fomenter le désaccord entre ces groupes). Je m’identifie aux Italiens : vous lirez plus sur le couple Frank et Dotty DeVita dans mon livre, car Frank était décerné Chevalier de la Légion d’honneur. C’était sa femme Dotty qui a tout appris sur la cuisine italienne à ma mère, qui a grandi dans un quartier italien sans l’être. Pour moi, les quartiers dits « Little Italy » — la Petite Italie — sont chez moi partout aux États-Unis, que ce soit à San Diego, à New York City, ou à San Francisco.

Panneau qui dit en italien « Bienvenue dans la Peite Italie »
Bienvenue dans la Petite Italie

On peut passer par les épiceries et voir la fabrication des pâtes fraîches :

À chaque fois où je suis à San Francisco, je fais un pèlerinage chez Victoria Pastry Company, la pâtisserie avec les meilleurs cannolis de l’État. Mais après la coupe glacée chez Ghirardelli, c’était juste pour les prendre en photo afin de vous les montrer :

Entre Little Italy et notre hôtel se trouve Chinatown, le quartier chinois. J’ai pris quelques photos pour vous donner un goût de l’ambiance, ainsi que des pattes de poulets.

Je croyais que ce serait le dernier post sur la journée à San Francisco avant de passer à UC Berkeley, mais le magasin de Nintendo, notre dernier arrêt ce jour-là, mérite vraiment son propre post, j’ai tant de photos !

Fisherman’s Wharf

Hier, nous étions en fait à notre dernière fac, mais nous n’avons pas encore fini notre récit de San Francisco. Il faut ajouter qu’après avoir marché plus qu’un marathon depuis jeudi, je suis aussi rouge qu’un homard après cuisson.

Après le Ferry Building dimanche, nous sommes partis pour Fisherman’s Wharf (Le Quai des pêcheurs, selon Wikipédia), une distance de 2,6 km à pied. Le port de San Francisco se trouve le long de cette route, et est connu sous le nom de « The Embarcadero », un mot espagnol qui veut dire « lieu d’embarquement ».

En marchant le long de la route, on peut voir deux des joyaux architecturaux de la ville : la Tour Coit, le mémorial d’une citoyenne riche, Lillie Coit, qui voulait faire quelque chose pour embellir la ville, et la pyramide Transamerica, l’ancien quartier général du nommé compagnie d’assurance :

De l’Embarcadero, on peut voir l’île d’Alcatraz, le Château d’If américain, avec une prison anciennement utilisée pour les pires criminels — de nos jours, c’est un musée.

Île d'Alcatraz

Fisherman’s Wharf est l’endroit où de nombreuses familles de pêcheurs vendent leurs pêches dans des restos. Malheureusement, à cause du virus, plusieurs des noms les plus célèbres sont définitivement fermés : Alioto’s, celui d’une famille de gangsters dont un qui est devenu maire ; Fisherman’s Grotto ; Castagnola’s ; Tarantino’s. Anciennement, chaque resto avait un petit kiosque à emporter devant le bâtiment. Depuis Covid, les kiosques ne sont que des terrasses où il faut s’asseoir, et les prix sont montés en flèche en résultat. En 2013, on pouvait acheter la moitié d’un homard avec de petites crevettes pour 10 $ — le même plat coûte 37 $ maintenant.

Je vous parle parfois du pain levain Boudin, l’autre grand réussite de la Ruée vers l’Or de 1849 (les jeans Levi’s sont de loin la plus grande réussite). À l’époque, un immigré français, Isidore Boudin a fondé la maison, mais ça fait déjà un siècle que l’entreprise appartient à une famille d’origine italienne (qui sait quand même conserver l’héritage). Chez moi, Boudin est un resto rapide et boulangerie. À Fisherman’s Wharf, c’est un temple consacré au pain californien, avec un vrai resto très proche du style des autres sur Fisherman’s Wharf.

Notre dernier arrêt sur Fisherman’s Wharf est le Musée Mécanique — ce n’est pas ma traduction, c’est le nom sur l’enseigne ! C’est une salle d’arcade consacrée aux jeux mécaniques du début du XXe siècle, ainsi que les jeux vidéo des années 80. C’est le seul endroit où je peux trouver mes jeux préférés de l’époque Avant Nintendo : Moon Patrol et Spy Hunter. Il n’y aucun souvenir plus traumatisant pour mon pauvre père que la musique très répétitive de Moon Patrol, La seule qu’il peut toujours fredonner de cette époque !

Un trajet de 10 heures nous attend, alors je coupe notre récit ici. Demain, on reprend San Francisco.

San Francisco sans Maxime Le Forestier

Il n’y a pas d’épisode de la balado cette semaine ; je l’enregistre avec application, mais pas à ce niveau. Mais je vous raconterai notre jour à San Francisco. En deux parties, ou peut-être trois, car c’est longue.

Je sais qu’il y avait une chanson très populaire sur la ville en 1972, par M. Le Forestier. En fait, si on recherche l’adresse sur Google Maps, l’appli indique que c’est la maison de la chanson. Mais c’était dans la mauvaise direction, alors nous n’aurons rien à dire sur le sujet :

En anglais, c'est l'adresse, avec une note qui dit « la maison bleue de Maxime Le Forestier »
Capture d’écran de Google Maps

Sachez que nous avons marché comme rien d’autre hier. Vous pouvez voir que je n’ai pas quitté mon bureau lundi ni mardi cette semaine, pour faire autant de travail que possible :

Graphique qui montre le nombre de pas par jour : 24 360 pas dimanche !

D’abord, parlons de l’hôtel. Le Westin St. Francis existe depuis 1904, mais était anciennement indépendant. Il y a une petite salle qui sert en tant que musée de l’histoire de cet hôtel mythique. À gauche sont les machines pour laver les monnaies au début du XXe siècle, afin que rien ne salisse les gants blancs des clientes riches. Je ne plaisante même pas. À droite, des briques et des pubs de cette époque.

Le hall contient une horloge comtoise qui a plus d’un siècle, et le décor est joli :

Juste à côté de l’horloge, il y a un petit café avec de bonnes pâtisseries, avec des prix presque identiques à ceux de Moulin, près de chez moi. Le café a un thème italien, alors il y a de nombreuses affiches italiennes sur les murs :

Les vues même de notre chambre en arrière sont assez belles, et il y a une fresque qui raconte l’histoire de l’hôtel de façon humoristique dans le hall :

Demain, nous parlerons du Nintendo Store dans l’hôtel, le seul aux États-Unis en dehors du New York — et mes nombreuses plaintes. Ce n’est plus le Westin St. Francis de mes voyages avec ma grand-mère pendant les années 80, ni celui de mon dernier voyage pour les affaires en 2013. J’ai décidé que nous allions y séjourner avant de partir pour notre dernière fac car j’avais économisé le prix de deux billets d’avion (pour être clair, tous les hôtels de la semaine coûtaient ensemble le prix d’un billet sur Air France). Mais la chute de cette institution est honteuse, même si certaines choses sembleront tout un fromage sur rien. Disons qu’il y a des attentes qui vont avec un hôtel de première classe, et la gestion a tout raté à cet égard.

Je vous ai dit que l’hôtel était à Union Square, très proche du site d’un cambriolage choquant en pleine journée. J’essaye de toujours vous dire la vérité, et la vérité est que certaines choses étaient meilleures, et d’autres pires. Je dirais toujours que San Francisco est une ville en déclin, mais peut-être que le pire est en arrière-vue.

Voici Neiman-Marcus, le site du cambriolage.

Neiman-Marcus, vu de l'extérieur. Le coin du bâtiment est en verre.

Cette partie en verre au coin comprend la coupole, la plus belle de tous les magasins que j’ai jamais vus au-delà des Grands Magasins parisiens :

Vue de l'intérieur vers la coupole

Vous voulez la voir de plus proche que le rez-de-chaussée, je le sais. Votre souhait, ma commande :

Oui, il y a un resto là, The Rotunda. C’est merveilleux, mais nous y sommes arrivés après la fermeture (c’est seulement ouvert pour le déjeuner) — l’équipe m’a permis d’entrer pour prendre des photos. Afin que vous compreniez mieux quel genre de magasin est Neiman-Marcus, voici les vêtements vendus là — des créateurs, et rien d’autre :

Comprenez-vous maintenant pourquoi je m’en soucie de ce magasin, pourquoi c’est si personnel ? C’était anciennement un lieu de pèlerinage. Et maintenant je vais vous montrer la chute d’Union Square, le saccage de ce quartier.

Voici les concurrents autour de la place, Saks Fifth Avenue et Barney’s New York. Barney’s était la seule chaîne autorisée de vendre Goyard, le nec plus ultra de la maroquinerie française, aux États-Unis :

Oups, les enseignes ont été enlevées, et les deux sont définitivement fermés ! Je déteste quand ça arrive ! Il faut ajouter que Louis Vuitton reste sur la place :

Louis Vuitton au coin de la rue face à Neiman-Marcus

Ailleurs, un bâtiment dans ce quartier d’ultra-luxe est complètement vide sauf pour un magasin Ross au rez-de-chaussée. C’est quoi Ross ? Imaginez qu’Emmaüs n’acceptait pas de dons, mais était autrement pareil :

Ross, l'Emmaüs américain, mais pas à buts non-lucratifs

À côté d’Union Square se trouvait Westfield San Francisco. Je sais que vous avez Westfield en France, car l’entreprise gère Les Halles à Paris — c’est l’une des deux plus grandes chaînes de centres commerciales aux États-Unis. Westfield a rendu ce centre aux banquiers il y a deux ans. C’est plus qu’à moitié vide, et Bloomingdale’s, l’une des plus granées des grandes surfaces, a quitté le centre. À gauche, la chaîne de pharmacies Walgreens a quitté le centre, parce que… vous souvenez-vous des rasoirs derrière les vitrines fermées à clé chez moi ? À San Francisco, même ça ne suffisait pas, et vous voyez que ce quartier était riche.

Malgré toutes les fermetures, la ville est plus propre que l’on dit. Il y a plus de SDFs que dans mes photos, car j’évite de les faire honte, mais il n’y a pas de seringues dans les rues comme on disait. Voici le métro, dit BART : les voitures et les stations sont propres — mais vides. Et je ne veux pas dire car on est dimanche dans ces photos — il n’y a plus de commerces ni de distributeurs, même de sodas.

Mais je veux vous laisser avec un meilleur goût que ça. Notre premier arrêt après avoir quitté BART, c’était le Ferry Building. Rien à voir avec Jules ; on parle d’un bâtiment anciennement utilisé pour lancer les bateaux dits ferries. De nos jours, c’est un marché de producteurs.

Il y a des producteurs là comme vous ne croyez pas existent aux États-Unis. Voici une boulangerie :

Boulangerie et caissier

À côté, il y a une pâtisserie nommée Miette, car toutes les bonnes pâtisseries portent des noms français :

Il y a des producteurs d’huile d’olive et de champignons, même de poteries :

Mais le roi des rois, c’est le meilleur chocolatier californien, et à mon avis, du pays entier, Recchiuti. Oui, j’ai acheté des chocolats en cadeaux pour mes parents — et pour nous :

Pour vous donner une idée de ce que l’on trouve chez Recchiuti, une « Key Lime Apple », (pomme aux citrons verts) est une pomme tranchée par mandoline, aussi fine qu’une feuille de papier, marinée pendant des heures dans du jus des citrons verts de Floride dits « Key limes », les meilleurs du pays, puis trempée dans du chocolat noir. Elles sont vendues uniquement emballées, alors pas de photos, mais M. Recchiuti ne doit aucune excuse aux Pierre Marcolini et aux Robert Linxe du monde !

UC Riverside

Nous avons roulé plus de 820 km aujourd’hui, alors ce billet sera plutôt court. Avant de partir pour San Francisco, notre destination du soir, nous sommes allés à Riverside, à 110 km à l’est de Los Angeles pour voir une autre université publique, l’Université de Californie à Riverside. Suivant le nom commun ici, j’écrirai juste UCR.

UCR ne nous intéresse pas trop, si je suis honnête. Je vous ai dit plus tôt que c’est comme la Lozère avec plus de vaches et moins d’histoire. Mais cette fac a quand même un atout important : où UCLA n’accepte que 8 % des candidatures, UCR accepte 25 %, et avec une moyenne plus basse. Rien n’est garanti de nos jours — à mon époque, je savais que j’allais être accepté, rien qu’en cochant la case (il y a une candidature pour toutes les universités dites UC) — mais c’est un meilleur pari que nos autres.

L’architecture d’UCR n’a rien d’européen, à moins que vous soyez fan du style du Corbusier :

Bâtiment typiquement moderne en béton de UCR

Il y a 100 ans, le terrain était utilisé uniquement pour faire des recherches sur comment pousser les agrumes. Cette histoire est reconnue par une statue d’une orange :

Moi avec une sculpture d'une orange qui fait environ 1,5 m.

L’un des premiers bâtiments là était une grange, convertie en théâtre de nos jours :

L'ancienne grange

UCR abrite le bâtiment le deuxième plus haut de Riverside, un clocher de 49 m :

Clocher en béton

Ils nous ont dit que ce bâtiment, dit le HUB, est le centre de la vie sociale. Voici la vie sociale active — et pour être clair, en fait tous les campus du système UC offrent des cours pendant l’été :

"The HUB", un bâtiment avec de nombreux restos rapides, tous fermés

Un élément bien français, quelque chose que j’ai remarqué dans de nombreuses villes (Orléans, Veretz en Indre-et-Loir), mais rarement chez moi, c’est une sculpture du nom, dans ce cas de la fac :

Sculpture des lettres U, C et R, les initiales de la fac

La Fille a pris une photo de moi avec la mascotte de la fac, un castor :

Moi avec une sculpture d'un castor assis sur un banc

Il n’y a rien à voir à Riverside — c’est identique à Elbe-en-Irvine, n’étant qu’une collection de centres commerciaux avec toutes les mêmes chaînes. Alors nous sommes partis directement pour San Francisco, 650 km du trajet.

Nous sommes passés par de nombreuses aires d’autoroute très rurales comme celle-ci à Laval — je ne plaisante pas — une petite commune à Kern County au nord de LA. La commune est grosso modo juste l’aire d’autoroute et quelques hôtels.

Extérieur de l'aire d'autoroute

Vous aimez les Bibles dans nos hôtels ? Voici la table juste devant les caisses, avec des livres consacrés à la Bible — c’est ça la vraie culture paysanne, même si on ne verrait jamais pareil à LA ou bien Irvine.

Table avec de nombreux livres sur la Bible

Nous sommes passés par un petit marché à Bakersfield. Harris Ranch est le producteur célèbre de bœuf californien. Je ne pouvais rien acheter de frais ; sinon, j’aurais nettoyé les frigos dans cette photo :

4 frigos pleins de viande de bœuf

Aux alentours de Bakersfield se trouve une statue, Otis le Bouvillon. La Fille m’a pris en photo avec :

Moi avec une statue géante d'un bouvillon

Nous sommes passés par des centaines de fermes avant d’arriver à San Francisco, mais n’avons arrêté qu’une fois. Voici des photos de la ferme « Del Bosque » (espagnol pour Du Bois) :

Il était déjà 22h30 le temps que nous soyons enfin arrivés, alors ça suffit pour cette fois !

UCLA

Le tour des universités continue, cette fois à l’Université de Californie à Los Angeles. Selon le classement le plus connu aux États-Unis, celui du magazine US News and World Report (lien en français), c’est la meilleure université publique du pays, pas seulement en Californie. Et grâce au fait que c’est toujours moins cher d’aller aux universités publiques de son propre État, ça nous coûterait beaucoup moins cher que les universités publiques de l’Illinois ou au Texas, pour choisir deux des meilleurs systèmes.

Pour info, mon ex passait trois ans à UCLA pour son internat en médecine. Quand je vous parle de mon temps à LA, c’était pendant ces trois années-là. Ça ne m’influence pas trop ; le rapport qualité-prix est beaucoup plus important que mes trois années en enfer. Cependant, la probabilité d’être admis est encore plus faible qu’à USC : seulement 8 % des candidatures sont acceptées, et la moyenne au lycée pour les élèves admis est 3,95 sur 4,0. En fait, La Fille est là maintenant, mais il nous reste 2 1/2 ans de notes qui feront partie de sa candidature. Harvard était plus facile à entrer à mon époque (UCLA aussi ; ma candidature a été acceptée).

Mais on parlera plus du quartier, Westwood. La chute de ce que je connaissais est grave, mais ce quartier est beaucoup mieux que celui d’USC. De plus, UCLA est plus proche de Surfas, l’un de mes fournisseurs les plus importants ces dernières années. Nous y sommes allés avant de partir pour UCLA :

Enseigne de chez Surfas

Comme d’hab, il y avait de nombreux produits français — mais des chocs aussi :

Je suis parti avec une boîte de moutarde Fallot en graines, ma préférée de toute la France. Je ne pouvais pas acheter de produits frais, mais j’étais heureux de voir beaucoup de purées de Boiron. Cependant, le chocolat de Valrhona est monté en flèche. Quand j’ai fait mes macarons crème brûlée pour mon dîner parisien en 2023, le chocolat Dulcey coûtait 24 $/454 grammes (1 livre). C’est maintenant 32 $. Et l’Ivoire, anciennement aussi environ 24 $, coûte maintenant 40 $. Pour autant que j’aime les expatriés de l’OCA, ils peuvent désormais se débrouiller avec du chocolat Ghirardelli.

Alors, Westwood. Voici des photos de l’avenue Broxton, fermée aux voitures. C’est toujours joli, mais j’étais déçu de voir que presque tous les restos là sont maintenant asiatiques : anciennement, il y a de la diversité, avec du grec, une pizzeria, et du mexicain dans ces mêmes endroits :

Nous avons déjeuné dans une brasserie au bout de Broxton. C’était excellent, si plutôt cher, mais on ne verra jamais un établissement pareil dans le quartier d’USC :

Brasserie dans un vieux bâtiment

Autre chose que l’on ne verra jamais près d’USC, une bijouterie (là depuis des décennies) :

La bijouterie Sarah Leonard

Les bâtiments sont beaucoup plus beaux à Westwood, mais souvent pas plus occupés :

Vieux bâtiment en forme d'église avec un clocher

Autre chose pas comme Elbe-en-Irvine ? Les rasoirs ne sont pas derrière des vitrines fermées à clé. D’autres produits, oui, mais c’est mieux que chez moi :

Des produits pour se raser

Le tour des biscuiteries continue. Je vous ai montré Diddy Riese au passé. Insomnia, celle d’hier, est meilleure — mais les cookies chez Diddy Riese coûtent 1/4 ceux d’Insomnia :

Vous souvenez-vous de l’histoire de Stan’s Donuts et de son successeur, Primo’s ? Un a plus tard, il n’y a toujours rien là. Moins de SDFs dans la rue, mais la situation reste trop floue pour un nouveau commerce :

Alors, c’est Westwood. Maintenant, la fac. Ils font quelque chose que je déteste avant de commencer les réunions — même USC l’a laissé juste dans les documents imprimés. Ça s’appelle une « land acknowledgement » — et c’est l’une de nombreuses raisons pourquoi je ne m’intéresse pas à vivre au Canada, parce qu’ils sont pareils — selon les Québécois, une « reconnaissance foncière » (exemple). C’est de l’autoflagellation, selon laquelle nous sommes censés pleurer y vivre, et dire que la terre est vraiment aux amérindiens. Leurs descendants sont toujours vivants — si on dit ces choses sans rendre la terre, c’est de l’hypocrisie selon moi. Une autre fois, nous en parlerons plus.

Texte de la reconnaissance foncière en anglais

Une fois que c’est fini, il y a une présentation d’une demi-heure sur les statistiques de l’université, puis le tour. Pas comme USC, UCLA a été construite sur un terrain montagneux, et j’étais horriblement épuisé à la fin. Tout comme USC, l’architecture imite l’Europe :

UCLA prend souvent la place des universités de la Côte Est dans les films — nous sommes à 30 km de Hollywood, après tout. Alors, le logo de Harvard apparaît toujours sur un bâtiment utilisé dans le film La Revanche d’une blonde (l’un de mes préférés). C’est au centre de la photo :

Les bâtiments pour les sciences ne sont pas beaux ni de style européen, comme partout chez moi :

Un autre exemple d’une bibliothèque censée ressembler à un château :

Et voici un bâtiment — j’oublie ce qui est là-dedans — avec beaucoup d’erreurs faites exprès pour briser la symétrie. Peut-être que vous en trouverez plusieurs :

Finalement, je sais que ça fait longtemps depuis ma dernière apparition dans ces pages. Me voilà :

Photo de Justin avec un ours géant en peluche

USC

Hier, La Fille et moi étions à l’Université de Californie du Sud, comme dit Wikipédia en français. Je ne comprends pas pourquoi l’on ne dit pas « la Californie du Sud ». Mais je le connais sous le nom « University of Southern California », alors c’est « USC » que je vais écrire.

Et c’est important d’expliquer ce nom ; sinon, vous ne comprendrez la meilleure blague racontée sur cette fac par la concurrence à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA). USC est privée, tandis que UCLA est publique. Et c’est UCLA la plus prestigieuse. Alors ils disent de leurs rivaux que c’est la « University of Spoiled Children », l’Université d’enfants gâtés.

Par hasard, c’est aussi d’où j’ai mon master en linguistique, mais en fait, je ne pousse pas La Fille à y aller. C’est aussi la fac de mon ex-beau-père et ex-belle-sœur. Je ne suis pas fan, mais c’est bien réputé, et c’est assez pour moi.

Malheureusement, en partant de mon immeuble, nous étions les victimes d’un accident de voiture. Aux États-Unis, on peut tourner à droit aux feux rouges, sans attendre qu’ils deviennent verts. La femme qui roulait derrière moi n’a pas remarqué que j ‘ai arrêté de nouveau en voyant une autre voiture, et m’a percuté. Voici les dégâts :

Photo du pare-chocs endommagé de ma voiture

Il y a un risque que ça coûtera cher, car on parle d’un caméra derrière ce trou. Mais c’est son assurance qui devrait payer. On verra.

C’est vraiment cher d’aller à l’université d’enfants gâtés. Nous y avons déjeuné avant le tour, et ce sandwich de beurre d’arachide et de confiture de framboises m’a coûté 13 $ :

Photo du sandwich, emballé en plastique

L’université s’imagine les héritiers de la tradition romaine, alors voici le hall d’où notre tour a commencé :

Un accueil qui ressemble à l'intérieur du Panthéon à Rome

L’art public là manque quelque chose, à moins que vous soyez grand fan de cuillères :

Une sculpture moche en forme de cuillère à deux têtes

Mais c’est aussi l’université la plus liée à Hollywood. Peut-être que vous avez entendu de John Williams, le compositeur des bandes-sonores de Star Wars et d’Indiana Jones ? Voici qui a payé leur école de composition :

Bâtiment nommé pour John Williams

Et qui a dirigé les films d’Indiana Jones ? Pas surprenant de trouver son nom sur un autre bâtiment !

Bâtiment nommé pour Steven Spielberg

Aux États-Unis, les facs ont des équipes pour tous les sports : le football, le baseball, etc. USC a une longue histoire de réussites, et montre les trophées aux visiteurs :

Salle pleine de trophées

Parmi les trophées sont le Heisman, décerné au meilleur joueur de football chaque année. Ils se vantent avec fierté du trophée Heisman du meurtrier, O.J. Simpson, le Dupont de Ligonnès américain. Mon test pour la santé mentale est de demander aux autres américains si OJ a tué son ex et son copain. Si on dit non, on est fou.

Comme beaucoup d’universités à la Côte Ouest, USC aime faire semblant de croire qu’elle est européenne. Regardez ces bâtiments :

Celui à droit a été bâti il y a moins de 20 ans !

Mon vieux bâtiment pour la linguistique est toujours là :

Vieux bâtiment avec des salles de classe

L’université est dans un mauvais quartier. Après mes années là, ils ont acheté le centre commercial en face de la rue et la remplacé par de nouveaux bâtiments avec des boutiques ainsi que des dortoirs. Nous avons tester cette boulangerie consacrée uniquement aux cookies. Ils étaient excellents :

À l’hôtel, il y avait un accueil dans notre chambre qui a énervé La Fille. Faut payer la chambre toi-même, ma grande ! BWAHAHAHA !

La télé dit « Bienvenue, Justin »