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Ici et là

C’était un jour bien sombre hier — Chuck Norris et Isabelle Mergault en même temps ? RTL a un hommage à Mme Mergault sur son site, et j’entends parler que l’épisode des Grosses Têtes pour lundi le 23 mars sera consacrée à elle en plus. À vrai dire, je ne connais pas son travail à part Les Grosses Têtes, mais j’ai l’impression qu’il me faudra améliorer cette situation.

Quant à Chuck Norris, je ne sais pas si les mêmes mèmes existent sur lui en français qu’en anglais, mais je ne les ai jamais vus. J’en ai trouvé, mais ils ne sont pas commun sur les réseaux sociaux pour moi. Je veux dire des trucs comme celui-ci :

C'est une photo de Chuck Norris avec un chapeau Stetson et la légende : « Chuck Norris ne fait pas le ménage -- il laisse 24h à la saleté pour sortir de chez lui. »
Source

Il n’y a pas de mèmes pareils en anglais pour Schwarzenegger ou Bronson ou les autres stars d’action de la même époque. On avait toujours l’impression qu’il était presque uniquement dur et fort.

J’ai fait une autre douzaine de mirlitons de Rouen pour La Fille hier soir. Mais elle s’est couchée avant qu’ils ne soient prêts. Dommage. Hâte d’entendre son avis !

J’aurais dû compter mes œufs avant de commencer — j’avais exactement la bonne quantité pour finir, et pas plus. Non, il n’y a pas encore de pénurie — sinon, j’aurais dit à La Fille qu’il fallait attendre son anniversaire pour les goûter.

J’adore tellement cette recette, et surtout cette technique de pâte feuilletée dans un moule, que je pense à d’autres garnitures.

C’est la fin de la saison des « Girl Scout Cookies » aux États-Unis cette semaine. Chaque année, les Girl Scouts — éclaireuses — vendent des biscuits partout dans le pays, 6 $ la boîte. C’est une industrie énorme qui récolte plus d’un milliard de dollars par année. Pendant 5 années, j’ai été responsable d’aider La Fille à vendre ces cookies — et ça ne me manque pas, car on compte sur des techniques comme supplier ses amis et sa famille d’en acheter. J’ai acheté deux boîtes cette année :

La boîte verte, « Thin Mints » (Menthes fines), est de loin la sorte la plus populaire, des biscuits au chocolat trempés dans du chocolat parfumé à la menthe. La boîte jaune. « Lemonades » (Limonades) sont des sablés avec un glaçage au citron. Quelque chose qui les rend amusants pour ce blog ? Les cookies sont produits par plusieurs biscuiteries industrielles à travers le pays — et pendant les années 80s, ils ont été fabriqués par Burry-LU, une filiale d’exactement l’entreprise à laquelle vous pensez.

Ce n’est pas drôle de penser que j’ai mangé plus de Girl Scout cookies de LU que de Chamonix, ou bien de Pim’s, pendant ma vie.

Il y a longtemps, j’ai écrit une Langue de Molière sur les petits noms. Hier, Duolingo m’a donné une leçon pleine de trucs que je connaissais déjà, même si je trouvais le dialogue amusant :

Mais cette histoire en a présenté un que je ne suis pas sûr existe vraiment :

On dit vraiment « petit canard en sucre » ? C’est pénible si oui !

D’autre part, vu les folles quantités de sucre dans ce post, qui suis-je pour m’en plaindre ?

L’enquête la plus française

Si je fais les choses correctement, la prochaine entrée dans le Projet 30 Ans de Taratata doit être consacrée à Françoise Hardy, car nos 6 derniers artistes se sont réunis sur le plateau pour « Le Temps de L’Amour ». Cependant, je faisais des recherches pour la prochaine collection, et c’est comment j’ai découvert l’enquête judiciaire la plus française de tous les temps. Il n’y a pas besoin de connaître les autres, tellement ce propos est évident.

Dessin libre interprétation de « Omar m’a tuer » par Olivier Hammam, CC BY-SA 3.0

C’était une recherche sur le chanteur Cali qui m’a mené à sa chanson « Amour m’a tuer » [sic], écrit exactement comme ici avec l’infinitif à la place du participe. De sa part, Cali avait tiré son inspiration d’un détail d’un meurtre horrifiant dans les Alpes-Maritimes, connu sous le nom « l’Affaire Omar Raddad ». Il s’agit d’un indice du genre qu’à vrai dire, je croyais existait uniquement dans les romans policiers.

La victime, Ghislaine Marchal, était la veuve riche d’un industriel, et propriétaire d’une villa dans la ville de Mougins. Ce que l’on sait de son dernier jour, c’est qu’elle a été censé déjeuner avec deux amis le 23 juin 1991, à 13h. Quand elle n’a pas apparu chez eux, ils ont fait des appels à 13h30. Sans réponse, ils attendent jusqu’à 18h pour se rendre à sa maison. Le lendemain, ils reviennent avec une autre amie, mais ne trouvent pas Ghislaine. C’est seulement la nuit du 24, où les gendarmes la trouvent, morte dans sa cave. Près du cadavre, on a écrit — avec du sang — « Omar m’a tuer », ce qui semblait faire référence au jardinier, M. Omar Raddad.

Il faut ajouter que l’on a fait des efforts pour cacher le corps. La porte de la cave a été verrouillée, avec un lit pliant et un tuyau en métal utilisés pour barrer la porte de l’intérieur. L’autopsie montre qu’elle a été tuée par « cinq coups violents à la tête, portés avec un chevron, ‘assénés pour tuer et non pour assommer’ » ainsi qu’une « une plaie en V à la gorge » et « dix plaies au thorax et à l’abdomen ». Malgré ces chiffres étonnants, il semblait qu’elle pouvait écrire, de son propre sang, « Omar m’a tuer » et ailleurs, « Omar m’a t ». Ces deux phrases ont été écrites sur une porte et le mur d’un couloir dans la cave — des tests génétiques montrent définitivement qu’il s’agit du sang de la victime.

Mais on est en France. Est-ce que la question est « Une femme si gravement blessée, pouvait-elle vraiment écrire ces choses elle-même avant de mourir ? » ou bien « Est-ce que le vrai meurtrier a fait ça pour porter des soupçons vers la mauvaise personne ? »

Non. Comme expliqué source fréquente du blog Sandrine Campese du Projet Voltaire, d’abord les enquêteurs croyaient que c’était impossible qu’une si bien éduquée femme puisse faire de telles erreurs :

La faute d’accord a été au cœur des interrogations des enquêteurs. D’abord, ils ont pensé qu’une femme aussi respectable que Mme Marchal n’avait pas pu commettre une telle erreur ! Puis, ils se sont rendu compte, en épluchant ses correspondances, qu’elle n’était pas à sa première entorse à la langue de Molière et qu’elle était même complètement fâchée avec les participes passés.

« Omar m’a tuer » : histoire d’une faute tristement célèbre

Il me semble qu’il y a de bonnes questions ainsi que des questions stupides à poser à cet égard. Parmi les bonnes, il y a notamment : est-ce que Mme Marchal a pu se déplacer assez loin pour écrire ces inscriptions là où elles ont été trouvées ? Il semble que les experts n’étaient pas bien informés avant d’en tirer leurs conclusions ; selon Wikipédia :

L’expert écrit que le scripteur « n’a pu se déplacer pour tracer la fin de son second message, puisque c’est là que l’on a retrouvé son cadavre ». On notera qu’il semble ignorer que le corps n’a pas été retrouvé devant cette porte.

Je n’exprime pas le moindre avis sur la coulabilité de M. Raddad — c’est un sujet bien compliqué. Mais je suis absolument étonné que l’accord soit une question sérieuse — si c’était à madame, il ne lui restait que quelques minutes pour l’écrire. Pense-t-on qu’elle se soucierait de trouver assez de sang pour faire de bons accents ? Ça, je trouve trop bête ! Remettre en cause si c’était son écriture tout court, ça me semble très logique. Mais oh là là, comme c’est français de se soucier de l’orthographe même au moment de la mort !

On a tué Un Coup de Foudre

Pendant les 4 dernières semaines, je déprime sévèrement à cause de ce qui arrive à ce blog sur Google. Je ne sais pas ce qui s’est passé, je ne sais pas s’il y a un moyen de le régler, mais c’est choquant et je ne le comprends pas du tout.

L’une des meilleures surprises de 2025, c’était la croissance des blagues de la semaine. Pas comme beaucoup de pages similaires, c’est mis à jour fréquemment (je vous regarde, Topito et Le Tribunal du Net). On peut voir que depuis juin dernier, c’était une vraie réussite :

Capture d'écran des statistiques de la page : de 658 vues en juin 2025 jusqu'à 1 581 en février 2026, avec plus de 1 000 vues chaque mois.

Mais quelque chose s’est passé le 17 février, et je ne sais pas quoi, mais les conséquences sont catastrophiques. Voici les 3 derniers mois ; la grande chute est le 17. Je ne sais pas pourquoi tout avait explosé juste avant ça, et le pic le rend difficile à voir, mais la nouvelle réalité est la moitié du traffic d’avant :

3 mois entre le 17 décembre et le 17 mars : d'un moyen de 80 clics par jour à un pic de 200, puis un mois entier de 40 clics par jour.

Une semaine après la chute, j’ai pris deux captures d’écran qui montrent de plus proche le problème. Voici les 4 dernières semaines à ce point — on penserait que tout allait bien :

Capture d'écran des statistiques du blog une semaine après la chute, pour les 28 derniers jours. 3,42 k clics, une croissance de 35 % -- mais la dernière semaine de ça avait vu presque rien.

Mais la vérité de cette semaine-là, c’était que tout à coup, Google avait dévalorisé la page, au point de supprimer presque tout son traffic — de 400 clics par semaine jusqu’à 30, une perte de plus de 90 % des visiteurs. Et c’est apparemment durable, parce que c’est pareil pour chaque semaine après.

7 derniers jours, une semaine après la chute -- une baisse de -192 % par rapport à la semaine précédente, avec 443 clics pour tout le blog, équivalent à une perte de plus de 50 % du traffic mensuel.

En novembre, j’avais remarqué les performances époustouflantes des blagues pour plusieurs mots clés, dont « blagues drôles à tomber par terre » :

Capture d'écran qui montre une place moyenne de 2,9 pour les résultats de « blagues drôles à tomber par terre ».

C’est beaucoup plus bas maintenant — il n’y a même plus de statistiques pour la semaine dernière, ni le mois dernier !

Capture d'écran pour les statistiques pour les mots clés « blague drôle à tomber par terre » -- le menu montre qu'il n'y a pas de données pour les 7 et 28 derniers jours, juste les 90 derniers.

Il m’a fallu 3 ans de travail sur cette page pour en faire une réussite de façon « organique », et tout a disparu en un jour, avec des effets qui continuent. Le traffic du site au-delà les blagues a aussi baissé lourdement :

Capture d'écran des 28 derniers jours : une chute de 67 % des clics au total

J’écris principalement pour les abonnés, par pour Google. Mais j’avais espéré utiliser la croissance du blog pour enfin reconnaître des résultats ailleurs, notamment avec des maisons d’édition, et c’est comme si les deux dernières années du blog ont tout à coup complètement disparu. C’est une catastrophe et comme j’ai dit au début, je ne comprends ni pourquoi ni quoi faire.

Municipales

Je dois avouer quelque chose. Ça fait presque 6 ans depuis le début (le 29 mars 2020), et je ne comprends toujours pas — du tout — les municipales françaises. Et ça, malgré le fait que je lis les actus comme tout le monde. J’ai l’impression qu’au moins une personne va me dire « nous non plus », mais je ne parle pas de tel ou tel résultat en particulier. Je veux dire simplement que je ne comprends pas comment s’organisent les gouvernements locaux. Peut-être que ce n’est pas la même chose partout et que j’ai mal compris ça. J’explique mon problème.

Aux États-Unis, pour chaque ville, peu importe la taille, on vote pour un candidat à la mairie puis un ou plusieurs candidats pour le conseil. Ce dernier dépend de si la ville se divise en circonscriptions ou pas — anciennement, Elbe-en-Irvine ne faisait pas ça, alors on votait pour un maximum de 3 candidats (typiquement, une douzaine se présentait à chaque élection, dont 5-6 qui n’étaient pas sérieux, mais voulaient juste se voir sur le bulletin de vote). Le top 3, peu importe le parti, seraient élus conseillers. En 2024, la ville a changé à un système de circonscriptions, alors on vote désormais pour un candidat pour maire, et un candidat pour conseiller dans sa circonscription. C’est assez simple ; si un parti ou l’autre a la majorité, il contrôle la ville (qui va le prendre cher peu importe le gagnant ; presque toute ville du pays dépense au-delà de ses revenus).

En théorie, je comprends l’idée des listes au niveau parlementaire. On nomme un certain nombre de candidats et on reçoit une certaine quantité de députés selon le pourcentage de scrutins. Si j’ai bien compris, la France n’utilise pas ce système au niveau de l’Assemblée nationale, et les candidats sont élus par circonscription. Un scrutin est un vote pour une personne. Mais le Sénat, c’est par liste, et un scrutin est un vote pour le nombre de sièges du département. Jusqu’ici, pas de problème.

Alors, les municipales. Naturellement, la seule qui reçoit même un peu d’attention aux États-Unis est celle de Paris, mais je ne lis pas les journaux américains pour mes infos ; plutôt Franceinfo et le site du Ministère de l’Intérieur. Et Franceinfo me dit que les listes de Mme Dati et M. Bournazel s’allient pour le 2e tour. OK, ça veut dire quoi ? Alors je lis les résultats sur le site du Ministère de l’Intérieur et ça dit :

Pour Paris 75056, il y a le Conseil de Paris avec 163 sièges et le Conseil communautaire avec 57.

Pas sûr que je comprenne la différence entre ces conseils, mais laissez tomber. Je lis les résultats du premier tour par liste et je vois :

Résultats du premier tour parisien par liste

Heureusement que j’ai assez lu pour savoir déjà que « LUG » veut dire « liste d’union à gauche », car ça veut dire tout autre chose en anglais (je le laisse aux bilingues). En cliquant sur la liste de M. Grégoire, je vois qu’il y a 163 candidats qualifiés pour le 2e tour pour 163 sièges au Conseil de Paris. Mais il y a 59 candidats qualifiés pour l’autre conseil, qui n’a que 57 sièges. Je rate quelque chose. Puis je clique sur la liste de Mme Dati. C’est pareil pour le Conseil de Paris, mais là où les premiers 59 noms ont été qualifiés pour le deuxième tour avant, ici on voit :

Capture d'écran d'une partie de la liste de Mme Dati

Il y a de nombreux tels trous dans la liste pour le Conseil communautaire. Il faut lire jusqu’à la 93e place pour compter 57 noms pour ce dernier, et il n’y en a que 57, pas 59 comme l’autre. Je ne comprends pas du tout ce qui se passe.

Puis j’ai lu sur le site de LCP : « Pourquoi la victoire de Rachida Dati dans le 7e dès le premier tour peut lui coûter cher ». Et si j’ai bien compris cette fois, c’est qu’elle a déjà gagné pour le conseil de son arrondissement, qui n’a apparemment rien à voir avec ces deux autres conseils. Pourquoi ce n’est pas aussi un problème pour M. Grégoire, je ne le comprends pas du tout non plus.

Mais peut-être que c’est juste que les plus grandes villes sont différentes ? Ce même article de LCP dit qu’il y avait une réforme pour Paris, Lyon et Marseille. Et franchement, il y a une ville qui m’intéresse plus que celles-ci :

Capture d'écran des statistiques pour Rouen 76540 -- il y a 55 sièges pour le conseil municipal et 28 pour le conseil communautaire.

Mais il y a deux conseils pour Rouen aussi ? Là-bas, la LUG (hihihi) a réussi le plus grand nombre de voix, et a 55 candidats pour le conseil municipal, mais 30 pour l’autre, qui n’a que 28 places. C’est pareil pour la LDVC. Ça n’a donc rien à voir avec la taille de Paris.

Tout ça a un côté pratique qui me fait peur. C’est trop tôt, mais je pense déjà à un certain examen civique. S’il y a des questions sur comment marche tout ça, je serai mort !

Jeu d’erreur d’identité

Hier, j’ai mentionné un exemple d’une fois où ce n’était pas évident aux membres d’un groupe pour les expatriés que je suis un imposteur. Pour être clair, si les règles d’un groupe disaient clairement qu’il fallait être un citoyen de tel ou tel pays pour le rejoindre, je ne l’essaierais pas — mais si elles ne disent que « Pas de promo gratuite ou spam », même si le groupe s’appelle « Les Français d’Orange County, CA », je ne vois pas de problème (ce post n’implique pas ce groupe). Cependant, il ne m’est jamais venu à l’esprit que je n’étais pas le seul — ni aux autres non plus !

C'est un champ de vignes, avec un bâtiment d'un étage dans le style espagnol (avec des tuiles rouges sur le toit) en arrière-plan à droite. Le ciel est bleu, il y a des nuages partout.
Vignoble de Temecula, Photo par Mamata.mulay, CC BY-SA 3.0

Il y a des mois, une femme habitant à Paris a rejoint l’un de mes groupes qui ciblait la Californie du Sud. Elle pensait à déménager dans le comté d’Orange pour le travail. Les Français de l’Hexagone font exactement ça tout le temps, et j’essaie d’être accueillant et répondre aux questions qu’ils posent dans ces groupes. Je ne veux pas donner son vrai nom, mais disons qu’elle avait un prénom assez commun en France, encore plus que Justin quand même. Pour commencer, elle a posé la question la plus fréquente dans ces groupes : c’est où le quartier francophone ici ? (Il n’y en a pas.) En tant que membre du bureau d’une association pour les expatriés, je considère que c’est toujours important à aider ceux que pourraient devenir des membres.

Puis-je ajouter quelque chose de très américain sur ce sujet ? Quand il s’agit d’une femme qui paraît être sur le point de déménager seule, il y a toujours beaucoup de réponses de la part des hommes pour dire « contacte-moi en MP ». Je fais toujours attention à donner un lien vers le site officiel de notre association et dire « Soyez la bienvenue à contacter soit moi soit n’importe quel membre de notre équipe. » Peut-être que la plupart de ces messages n’ont pas de programme secret, mais je veux toujours être au-dessus de tout reproche.

De toute façon, la grande majorité de ces gens ne posent plus de questions. On ne sait jamais s’ils viennent ou pas, mais je suis satisfait que je fais ce que je devrais. Mais cette fois, la semaine dernière, cette personne a été de retour avec une question très particulière : «Y-a-t-il des domaines viticoles à visiter en Californie du Sud et lesquelles, vers LA et Irvine CA? » Vous n’avez jamais entendu parler de ça de ma part, pour de bonnes raisins raisons. Comme j’ai tout de suite répondu, « Si vous aimez le goût du soufre, Temecula est à ne pas manquer. » La vallée de Temecula est la région locale pour faire du vin, et tout venant de là est complètement nul. Je ne servirais jamais un vin de Temecula, même pas comme farce.

La vérité, c’est que malgré notre histoire de Don Luis del Aliso, le sol ici est très mauvais pour le vin. C’est un désert, après tout. Il y a de bons vins à Santa Barbara, pas loin de Los Angeles, et ceux de Paso Robles, à 400 km au nord de chez moi, sont de même classe que ceux de Napa ou de Sonoma, les régions prestigieuses du nord de l’État. Mais les vins de LA, d’Orange, ou de San Diego ? Une blague pourrie. Je lui ai donné quelques conseils dans la région quand même, et ça a apparemment attiré son attention.

Vendredi matin, j’ai reçu un message privé inattendu. Étais-je dispo soit ce soir-là soit samedi matin ? Madame était ici pour ses activités professionnelles, et voulait aller dans un bar à vin avant de rentrer en France. La Fille était chez moi, alors je n’allais pas dire oui pour ça — comme ça a fait mal au cœur ! — mais j’ai offert de nous retrouver chez Moulin le lendemain pour le petit-déjeuner avant son départ. Pour des raisons pas importantes à l’histoire, rien n’est arrivé comme ça, mais on a fini par discuter pendant 20 minutes.

Ai-je mentionné que toutes nos conversations se sont déroulées en français ? Je ne sais pas quel a été enfin le bon indice, mais elle m’a enfin demandé, « Alors, vous êtes Américain ? » Je ne le nie jamais si on me pose la question ; c’est juste que je ne l’évoque pas. Et c’est comme ça que j’ai découvert que nous étions en fait deux Américains dans cette conversation.

On n’a pas changé en anglais.

L’attaque de Kévin

Hier, en parlant du concert d’Indochine sur TCM, j’ai mentionné qu’un certain Kévin Drannoc avait fait son tout pour gâcher l’expérience. Je dois le surnom à Il Est Quelle Heure — en anglais, on dirait « John Doe » pour un inconnu, mais ça manque de l’humour même pour nous. Cependant, ce type est quelqu’un qui mérite autant le nom Kévin pour son attitude que Drannoc pour son comportement.

Je vais vous raconter une histoire de l’année dernière, quelque chose que je n’ai pas mentionné à l’époque pour des raisons qui seront bien évidentes. Ce sera plutôt long. En général, on essaie de se présenter sous un jour flatteur en écrivant un blog, et ce sera tout sauf ça. Néanmoins, il faut que je mette la scène afin que vous compreniez ce qui s’est passé hier.

Pendant très, très longtemps, j’ai fait partie d’une association citoyenne dans le comté d’Orange. Je ne donnerai pas d’autres détails car ce post ne devrait pas être lié à elle d’aucune façon. Je ne suis pas 100 % certain d’avoir choisi la bonne traduction for « civic association » en anglais, mais je crois que c’est assez proche après des recherches. De toute façon, je vous ai parlé en juin dernier des émeutes à Los Angeles liées à ICE et à nos lois sur l’immigration. On est bien d’accord que c’était une époque tendue, non ?

Je crois que je ne dis rien de surprenant si je dis que je suis la sorte de personne qui est toujours pour l’ordre en premier. Alors, quoi que l’on pense de la mort de M. George Floyd, je ne soutenais pas du tout brûler les villes et cambrioler des magasins à son nom, d’accord ? C’est pareil avec la question de l’immigration. Il y a des gens qui suivent les agents d’ICE pour les prendre en photo, les suivre avec leurs portables, et les harceler dans leurs maisons (liens en anglais). C’est pour ces raisons que les agents d’ICE portent des masques maintenant — car leur sécurité est menacée par des militants. Je note que ces mêmes militants croient que les émeutiers depuis 2020 ont le droit de porter des masques, afin de ne pas être identifié et arrêté.

Je serai toujours le premier à dire « Faites vos manifs contre », mais jamais d’accord avec ceux qui croient que l’autodéfense leur donne le droit d’intervenir contre les agents du gouvernement dans la performance de leurs tâches. C’était ça le début de la Guerre de Sécession.

Alors, 2 semaines après la mort de Charlie Kirk, j’étais à une réunion de cette association quand le président — qui n’avait pas annoncé qu’il allait donner un discours sur l’immigration, qui n’était pas le sujet du groupe — s’est lancé dans un discours pour dénoncer le gouvernement fédéral, en soutien de l’autoproclamée « Résistance ». J’ajouterai que seulement une minorité n’était pas d’accord avec son choix de détourner la réunion parce que je sais que la grande majorité des membres sont d’accord avec le président. Mais il faut aussi savoir que c’était une association à but non-lucratif, donc censé se limiter sur des sujets politiques, dont ne pas donner son aval à un parti politique.

Quand le président a commencer à hurler en disant « Des hommes masqués enlèvent nos voisins ! », quelqu’un — je ne sais pas qui, il y avait plus de 500 personnes dans la salle — a eu assez et a crié « Honte à vous ! » Puis un deuxième, puis un troisième. C’était après 4 ou 5 personnes que moi aussi, je me suis levé et crié « Honte à vous », car j’ai compris que c’était la fin pour moi, que l’association s’est donnée complètement à la politique nationale, bien que ce ne soit pas du tout son but. J’ajouterai que de plus en plus, ce genre de manifestation pendant un discours est devenu commun aux États-Unis (voilà, voilà et voilà, tous en anglais — je pourrais ajouter des douzaines). Pas comme aux liens, il n’y avait pas de manif soutenue — chacun d’entre nous a enregistré sa désapprobation, puis a quitté la salle. En sortant, j’ai entendu le président dire au micro avec un air narquois, « Bon débarras ; on a une cinquantaine de nouveaux membres et pas besoin d’eux. »

En sortant, à l’extérieur du bâtiment, j’ai rencontré un type, jamais vu avant, venant en retard mais qui avait un peu entendu par les haut-parleurs à l’extérieur. Il a commencé à se disputer avec moi. J’ai été très clair que je considérais que le président avait franchi une limite ; monsieur a été très clair qu’à son avis, le président avait raison, alors peu importe, et c’était malpoli de ma part. Je ne suis pas hyper-fier de ce que j’ai fait, mais ce que le président a fait, c’était de donner l’aval de l’association à ceux qui harcèlent les agents du gouvernement (je savais déjà qu’il approuvait les émeutiers masqués — ce n’était pas une plainte contre les masques en général). J’ai parlé avec cet inconnu pendant 10 minutes, et suis parti, à ne jamais revenir. Je n’ai contacté personne depuis ce temps et je m’en fous. C’est comme quand j’ai quitté mon groupe de conversation française en 2022 — aux États-Unis, tout devient une question de politique, même quand il s’agit de tricoter. (Vous pensez que j’exagère. Vous avez tort.)

Tout ça pour dire que dans un groupe privé consacré à être les dernières personnes du pays qui ne veulent pas voir tout être déchiré par la politique, j’ai mentionné juste un peu de cette histoire — sans détails identifiants, j’ai dit que j’avais récemment quitté une association détournée par la politique. Et il s’est avéré que le type qui m’a rencontré en sortant en faisait partie. Il a décidé de cafarder sur moi, avec plusieurs fausses déclarations — j’étais le premier à crier, je hurlais sans cesse, je suis sorti de pas très lourds. J’ai reçu une notification de ça au milieu du concert d’Indochine.

Vous pouvez me dire « Ben, Justin, tout le monde a des souvenirs différents » — mais l’événement a été enregistré, et en plus, mon ex était là. Si je m’étais comporté de cette façon et il y avait un tel enregistrement, je n’aurais plus La Fille à la maison. Mais en plus, je n’avais rien dit qui permettait une identification de l’association ni du président. J’ai décidé que c’était le pas de trop loin, et je lui ai écrit un long commentaire public en réponse. Puis, je l’ai supprimé sans le poster, avec seulement une note pour dire « Vérifie Messenger ». Dans Messenger, je lui ai écrit une note pour dire, « Tu penses à me diffamer sans me connaître, mais il y a une vidéo. Tu peux supprimer ton commentaire, ou demain, je peux contacter l’association et on peut tous avoir une jolie conversation autour de la loi sur la diffamation. »

Des heures plus tard, il a remplacé son commentaire avec ses excuses. Je l’ai remercié sur Messenger, et après avoir vu qu’il l’a lu, l’ai bloqué. Les admins ont fermé le fil ; c’est définitivement derrière nous.

Je ne vous dis pas tout ça car je suis ravi de ce qui s’est passé. Ce n’était pas un moment fier pour moi en octobre, et je n’ai pas aimé hier non plus. Mais c’est un bon exemple de tout ce que j’essaie de vous expliquer sur les États-Unis. Ce type qui ne me connaît pas du tout a pris une opportunité pour me punir car il n’était pas d’accord avec moi. Si j’avais identifié les gens en question, ce serait autre chose. C’est ça, ainsi que le fait qu’il a témoigné de choses qu’il n’a pas vues, qui le rend bien un Kévin Drannoc.

Devrais-je rester ou devrais-je partir ?

Peut-être que vous connaissez la chanson « Should I Stay or Should I Go? » par The Clash (ma traduction du titre est notre gros-titre du jour). C’est un classique de la musique « punk », mais il me semble que c’est peut-être très peu connu en France, car à sa première sortie en 1982, il n’a même pas atteint les classements, et sa ressortie en 1991 ne valait que la 25e place. Ça dit, son titre est la question que je me pose depuis dimanche matin.

C'est une peinture japonaise qui montre un samouraï à torse nue, avec une épée devant son ventre. Il va se suicider car il a échoué quelque chose.
Détail de Guerrier sur le point de commettre seppuku par Kunikazu Utagawa, Domaine public

Mettons la scène. Alors que je fais mon appel pour les plaquettes en janvier ou février de chaque année, je fais des dons de sang entier au fil de l’année. Le dernier numéro de La Dépêche ayant été publié vendredi, je ne croyais pas qu’il y aurait un problème si j’ai fait un don samedi matin. Cependant, je ne savais pas qu’il y aurait une plainte. Gardez ça en tête.

Le bureau de l’OCA a une réunion tous les deux mois, pour planifier les activités des deux mois à venir. Tous les bénévoles doivent mettre leurs dates dans un tableur partagé en ligne, puis m’envoyer les textes de leurs annonces, en général avant le 20 du mois. C’est toujours mon but d’envoyer un brouillon au bureau pas plus tard que le 25 pour des corrections, et un ou deux jours plus tard, je publie. Tout s’est passé exactement comme je viens de décrire. Au moins, en théorie.

Mon premier numéro était celui de mai-juin en 2024, alors avec mars-avril de cette année, je viens de terminer 2 ans comme responsable. Pendant tout ce temps, certains bénévoles ne m’ont jamais une fois envoyé leurs annonces. Dans certains cas, ça ne me dérange… pas trop… parce que tout ce qui change est la date. D’autres personnes planifient quelque chose de nouveau à chaque fois, et dessiner des annonces pour eux fait mal à la tête. Mais même si ces personnes ne m’aident pas à savoir ce qu’elles veulent, elles doivent toujours envoyer quelque chose à la responsable du site web, pour la page pour s’inscrire à l’activité. En général, je peux emprunter le texte au site web.

C’est habituellement le cas que les pages pour le site web sont prêtes en même temps que je reçois les textes. C’est logique, car en général, les bénévoles veulent dire la même chose partout. Mais une personne impose des dates limites pour s’inscrire à ses événement beaucoup plus tôt que le reste du monde, car il s’agit d’activités culturelles où il faut acheter des billets à l’avance. Alors j’ai publié des annonces pour 2 de ses 3 événements en mars-avril dans le numéro novembre-décembre de 2025, car elle voulait fermer les inscriptions en décembre. De mon point de vue, La Dépêche est pour annoncer les événements auxquels on peut s’abonner, alors je ne voyais pas de raison pour les republier deux numéros plus tard.

Alors, réunissons enfin les deux fils. Comme j’ai dit, il y avait 3 événements appartenant à cette personne, mais je n’avais jamais annoncé le troisième. Mais samedi matin, après le don de sang, j’étais bien crevé — tout à fait normal — et je ne me suis pas rendu compte que cette personne m’avait envoyé une plainte que je n’avais pas annoncé ses événements (qui apparaissaient dans le calendrier, mais pas sur leurs propres pages). J’ai fait une sieste, puis je me suis mis à la tâche de préparer des dizé milé pour la soirée.

C’est comment je me suis réveillé dimanche matin à la découverte d’un courriel très malheureux envoyé à tout le bureau pour se plaindre de moi. Des heures plus tard, après l’avoir discuté avec la présidente, j’ai préparé un nouveau numéro, qui a été distribué lundi matin.

C’est ce courriel la raison pour laquelle je pense à démissionner. La bénévole en question est l’une des fondatrices de l’OCA. Je n’avais pas envie de l’énerver, mais en même temps, bien que je sois gêné au maximum, elle n’a jamais collaboré à la préparation des annonces pour ses événements. Je n’avais aucune idée qu’elle s’attendait à la publication d’événements auxquels personne ne pouvait s’inscrire. La faute est absolument à moi pour l’autre, mais me gronder devant tout le monde (surtout sans savoir que je n’étais pas disponible samedi),, ça me rend très mal à l’aise.

Je n’ai rien dit à ce point ici, mais en général, je ne reçois pas de réponses quand je demande de l’aide à la communauté. J’ai cherché leurs recettes de Noël l’année dernière ? Même pas une réponse. Je demande des recommandations pour mettre à jour le Guide Pratique ? On peut bien entendre les mouches. Je crois que c’est par paresse, rien à voir avec moi personnellement. Mais c’était déjà écœurant en tant que bénévole, et maintenant je suis pleinement humilié devant tous mes collègues. C’est déprimant.

Trop stressé

Je n’ai rien préparé pour aujourd’hui, car j’ai dû sortir le brouillon du prochain numéro du bulletin de l’OCA. Et juste quand j’allais finalement envoyer le fichier à la présidente, il y avait un nouveau courriel avec des changements de la dernière minute, envoyé une demi-heure plus tôt par la seule personne au monde entier pour qui je me soucierais de corriger le brouillon même à 0h30. Disons qu’elle a toujours des souhaits très particuliers, mais elle est aussi la seule personne qui me fournit tout ce dont j’ai besoin. Les autres comptent sur « Ah, toi, tu sais où trouver de l’art pour ma page ».

De toute façon, j’ai galéré plus que d’hab avec ce numéro. Pour une chose, je n’avais pas pensé aux recettes pour le numéro avant hier soir. Et je me suis dit « Ce sera pour le printemps, alors rien de lourd avec des kilos de pommes de terre et de pâté brisée, vous. » J’ai donc fini par choisir la salade lyonnaise du blog, toujours avec du lard, de l’huile d’olive et des œufs. C’est sain — pour Un Coup de Foudre. Et pour le dessert, le flan coco guadeloupéen — j’allais publier les dizé milé, mais impossible de faire rentrer toute la recette sur une page sans une police de caractères trop petite.

Mais j’ai eu une autre crise, et celle-ci, c’est de votre faute, à vous tous. Il y a un nouvel événement, donc une nouvelle page, géré par une certaine Séverine. Ou est-elle Severine ? Ou Sévérine ? Politologue indique qu’il y a 4 façons acceptées de l’écrire :

Moteur de recherche sur Politologue avec Severine, Séverine, Sévérine et même Sèverine !
Capture d’écran

L’annuaire en ligne de l’association a tendance à supprimer les accents, alors c’est inutile pour cette question. 20 Minutes constate :

Le Journal de MickeyLibérationL’Express et même Le Monde (pourtant réputé pour sa rigueur orthographique) écrivent « Etats-Unis ». En revanche, MarianneLe FigaroL’Humanité et Mediapart accentuent bien leurs majuscules. Quant à 20 Minutes… c’est au choix du rédacteur.

Les majuscules, prennent-elles un accent ?

Je ne savais pas que Le Journal de Mickey était une référence, mais comme ajoute 20 Minutes :

Certes, Le Monde est une référence, mais si Le Monde décidait de se jeter dans la Seine, en feriez-vous autant ?

Non, mais si Le Gorafi en faisait, vous me trouveriez sans doute flottant sous le Petit Pont. Alors veuillez régler les prénoms — un choix d’accents par nom suffira !

J’ai donc passé une belle demi-heure en cherchant une photo de cette personne portant une étiquette, mais sans succès.

Heureusement, ce n’est plus sur mon assiette, comme on dit en anglais, au moins jusqu’au moment où je reçois un tas de corrections. Et avec ça, c’est assez pour ce numéro du bulletin !

C’est qui, Toto ?

« Mais Justin », me dites-vous, « c’est quoi, cette espèce de question ? Tout le monde sait que c’est l’un des meilleurs groupes de rock des années 80. » C’est certainement ça, les amis, mais nous sommes sur un blog français — vérifiez l’adresse. « Euh, donc pas le chien de Dorothée non plus. » Bravo. Remontons le temps un instant.

C'est une photo du groupe Toto sur scène -- le nom est en arrière-plan -- à Middelkerke en Belgique
Toto le groupe en Belgique, Photo par Haggis MacHaggis, Domaine public

Hier, je faisais l’enquête sur La Catastrophe du Jour ©️, cette fois nommée, « Comment est-ce que le traffic des Blagues de La Semaine est en chute libre ? De 150 vues par jour à 5, quoi ? » Je ne plaisante pas, hélas :

Capture d'écran des 14 derniers jours de statistiques : après une semaine entière entre 150 et 200 vues par jour, le graphique montre une chute jusqu'à 5 pour les deux derniers jours.

Alors, j’ai vérifié la concurrence pour « blague drôle » sur Google, ce qui m’a mené aux suspects habituels comme Topito et Loisirs et Divertissements… mais aussi au Groupe Bel ? Là se trouve « 10 blagues de Toto courtes et drôles », dont :

La maîtresse dit à Toto :

« Tu es épicier. J’entre dans ton magasin et je choisis une salade à 1 euro, un kilo de carottes à 3 euros et trois litres de jus d’oranges à 4,50 euros. Combien je te dois ?

Toto réfléchit un moment et se met dans la peau de l’épicier,

– Ne vous en faites pas ma p’tite dame, vous me réglerez votre note demain ! »

Ha. Ha. Haaaaaaaaaaaaa. Je serais gêné de raconter ça comme blague hebdomadaire. Mais à vrai dire, je suis bien au courant depuis longtemps que ce petit est partout.

Parents.fr, évidemment pas l’une de mes sources, en a plein :

La mère de Toto lui dit un jour :
– Enfin, Toto, que dirais-tu si tu me voyais avec des mains aussi sales à table ?
– J’aurais la délicatesse de ne pas te le faire remarquer !

Même Le Journal de Mickey les raconte — j’aurais pensé que les noms changeraient en personnages de Disney, mais à ce niveau de qualité, pourquoi les mettre dans la bouche même de Dingo ?

Toto dit à son père :
– Papa, je suis prêt à parier que tu n’es pas capable d’écrire les yeux fermés !
– Bien sûr que si, je suis capable de le faire !
– Alors, ferme les yeux et signe-moi mon carnet de notes, pour voir.

Ouf.

Des tricheurs copient ces blagues sans honte pour le site Le Palais de Zelda, souvent en changeant notre Toto à « Moblino », un détournement d’une espèce de la série, les Moblins. Celle-ci est typique du niveau là-bas :

Un petit moblin vient voir la maîtresse en pleurant :
– Madaaaame ! Il y a Igor qui m’a frappé ! Et j’ai maleuh !
– Doucement, Moblino, répond la maîtresse. Où est-ce qu’il t’a frappé ?
Moblino tend le bras vers un coin de la cour :
– Là-baaas !

J’étais enfin assez curieux pour rechercher : C’est qui, ce petit rarement drôle ?

Il s’avère que ce nom pour un enfant qui raconte des bêtises remonte au XIXe siècle. Le Trésor de la langue française nous dit que c’était anciennement un surnom pas gentil pour les suisses allemands :

A. −Région. Allemand, Suisse allemand. « Le commissaire avait provisoirement renoncé en la présence de son gendre [un Suisse allemand] à toute plaisanterie sur les (…) Totos, têtes carrées, bouffeurs de choucroute (B. Vallotton, Potteratds Pierreh.1926). »

Étymol. et Hist. B. Début xxe s. « Allemand, Suisse allemand » (B. Valloton, loc. cit.). A prob. de Totor, formé par redoublement de la 2e syllabe du prénom Victor; ou bien de toto, toutou, répandu dans quelques. dialectes (notamment du Centre et du domaine fr.-prov.) aux sens de « niais, sot, nigaud, lourdaud », mot d’origine onomatopéique.

Mais ce n’est pas le sens des blagues, non ?

B. −Vieilli. [P. réf. à Toto, symbole de l’enfant et de l’élève un peu naïf mais astucieux] Il y en a plus qu’on ne croit, de collectionneurs et puis aussi pour donner un côté dolce vita, de cocos, de totos, de biquets, de minets (Arts loisirs, 12 avr. 1967, p. 58, col. 1).

On est bien d’accord que c’est lui, le Toto des blagues ? Selon l’étymologie :

Étymol. et Hist. A. 2. 1875 symbole de l’enfant ou de l’élève type (Le Journal amusant, 14 août, p. 2a ds Quem. DDL t. 17: les Totos d’aujourd’hui).

Ça y est, notre origine du XIXe siècle. Mais comme les poulets et les œufs, quel est le premier ? Dans l’étymologie, le Trésor nous avait dit :

B. Début xxe s. « Allemand, Suisse allemand »

et finit par en conclure :

B sans doute de A, avec infl. probable de teuton*.

Mais dans cette même étymologie, B et A sont les sens opposés que dans la signification, alors c’est-à-dire que l’enfant vient d’un nom péjoratif pour les allemands !

Traduction complète

Hier soir, j’ai enfin envoyé la version anglaise de mon manuscrit à mon premier bénévole qui va le lire. Pas comme en français, je ne considère pas que j’ai besoin de lecteurs pour critiquer la grammaire. J’ai une tâche différente pour ces gens — et peut-être que j’aurais dû poser la même question aux lecteurs français.

Sténotype Grandjean, Photo par Hannes Grobe, CC BY-SA 4.0

Je veux simplement savoir : Est-ce que ça vous intéresse ?

(Au fait, si vous êtes curieux, contactez-moi par courriel pour une copie.)

Honnêtement, à mon avis personnel, c’est le truc le plus franchouillard jamais produit par quelqu’un qui n’a jamais eu une carte d’identité française. Ceux qui ont vu le manuscrit complet savent que le cadre du livre est de suivre deux chemins, dits « d’Eddy Mitchell » et « de Maïté ». Comment vendre cette idée à des étrangers tout court, peu importe des Américains ? Je ne voulais même pas tenter ce projet il y a 6 mois, car je croyais que ça ne valait pas la peine. Mais le truc que j’entends encore et encore des expatriés, c’est « Il faut le traduire ! », et même si ma préférence reste de le voir en français, je veux surtout le voir imprimé.

Pour vous donner une idée du boulot, il y a 268 pages dans la version originale — mais 341 dans la version anglaise. Cette statistique est un peu trompeuse pour 2 raisons : 1) le format A4 est plus long que la « lettre » américaine, alors un certain nombre de pages ne contiennent que 4-5 lignes qui ne rentrent pas dans 1 page à l’américaine; et 2) j’ai fait moins d’un effort à couper les chapitres pour éviter ce phénomène. Je dirais quand même qu’il y a entre 30 et 40 pages de nouveaux contenus.

Est-ce que je devrais traduire ces nouveaux contenus en français ? La plupart, non. Voici un exemple :

Two ducks face each other on opposite sides of the title on the front page, and have a dialogue every week based on wordplay that depends very heavily on particularities of French. To give you a sense of it, “Le slogan des indépendantistes en Écosse : Le Royaume-Uni, tu l’aimes… ou tu le kilt !” – “The slogan of the Scottish independence movement: the UK, love it… or leave it!” (Editors of Le Canard enchaîné, 2021a). The humor here depends on a French rhyme. One of several verbs for “to leave” is “quitter,” which is distinguished in this case by being the leave you take from a relationship or a job, rather than from a restaurant. The conjugation of that verb normally would be “tu le quittes,” and quittes rhymes exactly with how they pronounce “kilt.” 

La première phrase explique qu’il y a deux canards qui parlent, l’un à l’autre, en haut de la une de chaque numéro du Canard enchaîné. Puis, je traduis une phrase du texte original, l’un des dialogues : « Le slogan des indépendantistes en Écosse : Le Royaume-Uni, tu l’aimes… ou tu le kilt ! » Après ça, il y a 3 phrases pour expliquer le rime entre « kilt » et « quittes », et pourquoi c’est drôle. J’imagine que la moitié de pays connaît les canards, et que personne n’a besoin d’une explication de l’humour.

Mais il y a certaines parties où je dirais que j’aurais dû peut-être faire moins d’un effort de garder exactement une page. En parlant de La Grande Vadrouille, j’explique que Louis de Funès a appris le métier de chef d’orchestre — je ne sais pas si tout le monde le sait en France, et ça donne une meilleure idée de pourquoi je trouve son interprétation si convaincante. Je penserai à quels changements seraient les bons.

Je peux au moins dire que j’ai trouvé toutes les erreurs dans les recettes (une vingtaine, même s’il n’y a pas autant que deux aussi gênantes que « j’ai oublié une ligne »). Toutes sont corrigées dans les fichiers en français pour le prochain tour.

Encore une fois, même si moins qu’en juin, je me retrouve épuisé à la fin du projet. C’est une tâche énorme, et je la comprends tellement mieux qu’avant. Mais pour autant que j’espère que le livre trouvera un public américain, je crois que vous comprenez tous ce que je veux dire que je préférerais de loin qu’il trouve d’abord un public français.