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Le roi des chips

Vous avez aimé l’histoire de Don Luis del Aliso ? J’en ai une autre, grâce à un ami américain qui savait que ceci serait exactement mon genre de truc. Je dois beaucoup de ce qui suit aux recherches d’Alan Miller pour le Projet de Biographies de l’Iowa.

« Le plus grand tas de pommes de terre au monde », Carte postale par la société J.R. Simplot, Domaine public

Il était une fois, en 1777 pour préciser, à Franois, dans le Doubs, est né un certain Jean-Claude Simplot, fils de un agriculteur, Philippe, et sa femme, Jeanne-Baptiste Côme. À l’âge de 26 ans, à Besançon, Jean-Claude a épousé une nommée Françoise Colard, de Scey-en-Varais, de nos jours Scey-Maisières. Les deux ont eu 3 enfants ensemble, puis Jeanne-Baptiste est morte en 1813. Un an et demi plus tard, Jean-Claude s’est remarié, cette fois à Susanne Simon, 6 ans plus jeune que lui. Les deux ont eu 6 enfants ensemble — apparemment pas trop découragé par toutes les couches, notre Jean-Claude ! Mais au milieu de tous ces ébats, quelque chose de nul s’est passé.

Vous voyez, Jean-Claude était admirateur de Napoléon, et il a rejoint l’armée. Et le Doubs en particulier était plein de gens mécontents de ça après Waterloo. Alors, en 1816, Jean-Claude et Susanne ont quitté la France — sans les 3 enfants du premier mariage, le salopard ! — pour le comté d’Oswego, dans le New York, où il s’est renommé John (version anglaise de Jean). 5 des 6 enfants de John et Susanne sont nés à Oswego. Susanne est morte juste après la naissance du dernier enfant, alors en 1828 ou 1829, John s’est remarié encore une fois à une Américaine, Mercy Simons. Ça l’a vite tué, et John est mort en 1831, à l’âge de 54 ans — mais pas avant d’avoir un dixième enfant avec femme #3.

Vous souvenez-vous des 3 enfants abandonnés en France ? Ils ont suivi en 1820 sur un bateau venant du Havre. Après la mort de leur père, ils sont partis pour Dubuque, dans l’Iowa, où comme dit la seule chanson jamais écrite sur l’état, « au pique-nique commun, tu peux manger toute la nourriture — que tu as apportée toi-même ! » (Le compositeur, Meredith Willson, venait de l’Iowa — il savait de quoi il parlait.)

L’aîné, Henry Simplot, a eu 6 enfants avec sa femme, Susan LeClare (on peut imaginer d’où venait sa famille avec un tel nom), mais seulement 4 qui ont vécu jusqu’à l’âge adulte. Henry était marchand de graines et gérant d’un abattoir. Leur deuxième fils était Charles LeClare Simplot, lui-même marié deux fois à des nommées Mary.

L’arbre familial est énorme, alors j’en passe, mais l’un des fils de Charles LeClare Simplot se nommait aussi Charles. Et ce deuxième Charles a eu un enfant, John Richard Simplot, né à Dubuque, Iowa en 1908. En 1910, la famille déménage dans l’Idaho, loin à l’ouest. John Richard quitte l’école à jamais après la quatrième, suite à un argument avec son père. J.R., comme il est connu, devient agriculteur spécialisé en pommes de terre. En fait, il devient une si grande réussite que le temps que la Seconde Guerre mondiale se termine, il est devenu le plus grand fournisseur de pommes de terre aux États-Unis. Encore plus l’attend.

En 1967, il fait la connaissance d’un type de la Californie du Sud, un certain Ray Kroc, qui venait d’acheter une chaîne de restos rapides à deux frères, les McDonald. M. Kroc et M. Simplot ont trouvé un accord que la compagnie Simplot serait le fournisseur exclusif de frites surgelées pour McDonald’s aux États-Unis. Pensez-vous que ce contrat valait un petit quelque chose ?

Avec ses milliards, J.R. Simplot devenait investisseur en tout genre d’autre chose, dont une entreprise fondée dans l’Idaho, Micron, aujourd’hui l’un des 3 plus grands producteurs de mémoire informatique au monde. Comme l’une des choses faites avec les patates, on les dit « chips ». Et c’est ici où nos chemins croisent un peu.

En 1995, un jeune Justin lit que Nintendo va utiliser la mémoire d’une société nommée Rambus dans la Nintendo 64. C’est beaucoup plus vite que toute autre mémoire à l’époque. Il utilise son argent pour acheter quelques actions, ce qui paraît une idée de génie quand Intel annonce en 2000 que leur technologie sera désormais le standard. Mais le vieux J.R. Simplot dirige Micron à poursuivre Rambus afin de ne pas payer des redevances, et c’est sa détermination qui coûtera ce même Justin tout l’argent qu’il avait gagné en tant qu’actionnaire. Pour sa part, J.R. Simplot meurt en 2008 à l’âge de 99 ans avec 3,6 milliards de dollars, l’homme le quarante-neuvième plus riche au monde à l’époque. Avec une éducation de quatrième.

Un jour, il me faudra voyager dans le Doubs, trouver la pierre tombale de Pierre Simplot et remercier la famille pour sa contribution à mon bonheur !

Il y a de la haine

Je ne voulais pas particulièrement écrire ce post. Pour une chose, j’essaie de garder un ton léger ici. Autre chose, ce n’est pas mon but de faire la polémique souvent. Mais il y a deux jours, j’ai vu quelque chose d’assez dégoûtant que j’ai enfin quitté l’un de mes groupes préférés sur Facebook. Pour être clair, son nom est « Final Fantasy Memes, Jokes, and Other Fun Stuff » — « Des Mèmes, Des Blagues, et D’Autres Trucs marrants sur Final Fantasy ».

Il y a un an et demi, je vous ai raconté mon histoire d’être banni pendant 3 semaines de ce même groupe, parce que j’avais trouvé un post sur la mort du chanteur Liam Payne d’être de mauvais goût. Et selon les règles de ce groupe, être offensé est une infraction. Ne me croyez pas sur parole :

Capture d'écran des règles

La troisième règle dit :

Ne sois pas offensé (pas négociable). Si vous n’aimez pas le post d’un autre, puis ignore-le ou bloque-le. En plus, tu peux juste quitter le groupe.

La quatrième règle dit :

Infractions qui résultent en être banni. 1) Racisme. 2) Commentaires sexistes. 3) Anti-LGBTQ+. 4) Traquer un autre sur Facebook/Publier les infos personnelles d’un autre. 5) Bloquer les admins ou les modérateurs.

Heureusement pour l’admin bien-pensant, il n’a rien dit sur la religion. Après tout, il doit approuver chaque post, et celui-ci était évidemment important pour lui :

Mème qui montre le dos du personnage principal en parlant avec un joueur de blitzball, jeu fictif dans le jeu Final Fantasy X. Un autre personnage a son visage couvert par le drapeau israélien.

Il faut divulgâcher Final Fantasy X pour l’expliquer, mais ça fait 24 ans depuis sa sortie. Vous avez eu votre chance. Le type aux cheveux blonds, Tidus, est votre personnage principal. Il parle avec Wakka, le roux au bandeau bleu. Dans le jeu original, Wakka est croyant fervent de Yevon, le dieu du jeu. Cependant, il s’avère qu’en fait, Yevon est un magicien qui habite au cœur de Sin (Péché), un monstre géant qui terrorise le monde entier. Ici, Wakka a originalement dit « Yevon soit loué ». On l’a remplacé avec « Yahweh », le nom hébreu pour Dieu dans l’Ancien Testament. La légende en haut dit : « Le rebondissement de l’intrigue, c’est qu’ils vénèrent l’incarnation même du mal. » Au cas où ce ne serait pas clair, le drapeau israélien sur un autre croyant de Yevon indique exactement de qui il parle.

J’avais récemment vu cet autre post dans le même groupe :

Capture d'écran d'un mème avec une photo de Der Richter, un méchant de Final Famtasy X.

La légende dit : « A-t-on des astuces pour vaincre Der Richter ? J’ai du mal. » Il n’y a rien de haineux ici. Mais on a répondu :

Commentaire sur la photo précédente

Ça dit : « Paye l’homme juif. » Il parle d’un samouraï dit Yojimbo, un personnage qui prend votre argent pour faire ses attaques. Yojimbo est un personnage bien japonais ; cet utilisateur veut simplement appeler aux stéréotypes.

Je m’inquiétais que ce groupe devenait comme beaucoup d’autres groupes consacrés aux loisirs sur Facebook depuis le 7/10. Alors j’ai fait des recherches et j’étais bien déçu — c’était déjà ça. Dans ce mème, Wakka (qui déteste toute technologie comme n’importe quel croyant de Yevon) dit : « Les gens jouaient toute la journée et laissait les machines faire le travail. »

Photo des personnages Tidus et Wakka, expliquée dans l'article.

Rien de haineux en soi, mais un utilisateur avec un nom arabe a écrit au-dessous :

Capture d'écran d'un commentaire en anglais, traduit dans l'article

Ça dit : « Ouais mais cette fois on n’aura pas de Péché, on aura un Juif géant. » Évidemment, ça ne pose pas de problèmes dans ce groupe. Mais il y en a pire.

Voici un post d’un utilisateur turc (selon son profil), à partir d’un méchant de Final Fantasy VII . En haut, une directrice de Meta, l’entreprise derrière Facebook, est citée pour dire : « On a banni des contenus qui disent que les Sionistes gèrent le monde ou contrôlent les médias. » L’utilisateur a ajouté deux photos du président Shinra, un méchant, déguisé comme Rabbi Jacob. À gauche, il dit : « Comment ose-toi dire que l’on a le pouvoir de te faire taire ? » À droite, il dit : « Pour l’avoir dit, on utilisera nos pouvoirs pour te faire taire. » La légende en haut est une expression argotique pour « C’est comme ça. »

Capture d'écran avec un même avec une femme en haut et deux photos du président Shinra en bas, déguisé comme un juif religieux avec un chapeau noir et de longs cheveux bouclés.

Tout ça n’a rien à voir avec la guerre actuelle. Il s’agit de stéréotypes haineux sur l’argent et le contrôle des médias, ainsi que dire que les Juifs adorent le diable. Je n’ai rien dit — c’est contre les règles ! — mais je ne soutiens pas ça du tout.

En décembre, une chère amie française a partagé avec moi une page consacrée aux Légos. Oui, les jouets. Elle savait que l’on est de grands fans chez moi. À l’époque, ce groupe — avec plus de 5 millions d’abonnés — partageait quelques menorahs fabriqués de Legos pour Hanoukka. Encore une fois, une fête religieuse et rien à voir avec la guerre. Voici un exemple :

Menorah avec 9 "bougies" dans les couleurs de l'arc-en-ciel. La base est rouge.

La légende dit : « J’ai fait un menorah de Hanoukka en Légos. On peut lever et baisser les bougies pour la bonne nuit. » Il n’y a pas d’étoile, pas de bleu et blanc, rien d’Israël. Maia les commentaires sont plein de :

Capture d'écran de deux commentaires

Premier commentaire : Vous tous n’avez aucune honte.

Deuxième commentaire : Que diable est toute cette merde sioniste sur cette page de Légos, pourquoi tout à coup tu postes des trucs sionistes ? Les Légos ne devraient pas être politique ou religieux.

Je n’y ai pas resté.

Je partage tout ça pour que vous voyiez exactement ce qui est devenu presque chaque groupe ou page consacré aux loisirs en anglais — je pourrais facilement multiplier les exemples par des douzaines juste avec ceux que je connais. Encore une fois, tout ça n’a rien à voir avec « critiquer le gouvernement », jamais mentionné dans ces exemples. C’est de la haine pure et dure, et pas la bienvenue ici.

JO, mais pas celui-là

J’ai déjà publié ma critique du film nommé avec Louis de Funès et Claude Gensac en 2021, alors ce n’est pas ça de quoi je parle. (Veuillez ne pas cliquer à moins que vous n’aimiez vous moquer de mes fautes de grammaire.) Non, aujourd’hui, on parle d’un autre JO, les Jeux Olympiques.

Logo à 5 cercles des JO
Dessin par Denelson83, Domaine public

Je me souviens bien de 2024. Avant les JO, tout le parler était « Ce sera la catastrophe, la Seine est sale, ça coûte trop, bla-bla-bla. » Puis, « C’est pas aussi nul qu’attendu. », finissant par « Tout s’est bien passé exactement comme prévu, et on le savait tous. » Allez, maintenant c’est de notre tour. Les JO arrivent à Los Angeles en 2028. Au-delà des impôts écrasants, j’espère que ma petite histoire du jour marquera la fin de toute relation entre moi et l’un des deux événements qui m’énervent le plus au monde (l’autre, c’est la Coupe du Monde, aussi venant chez moi cette année).

Il y a des mois, un ami m’a fait enregistrer pour l’opportunité d’acheter des billets pour les JO. Voici la preuve que je l’ai fait :

Confirmé ! T'es abonné au Tirage pour les Billets JO.

Ça, c’était mi-janvier. Samedi, j’ai reçu une pareille notification pour me dire que ce serait mon tour lundi. Et voilà :

Ça dit que mon créneau serait entre 13h lundi et 13h mardi. Il s’est avéré que je n’ai eu besoin que de 10 minutes pour faire mes décisions.

J’étais loin d’être le premier — ça fait déjà une semaine que les billets sont en vente. Il y a une limite de 12 billets par personne, tous événements compris — sauf le foot. Pour des raisons que je ne comprends pas, on pouvait acheter 12 billets de foot ainsi que 12 autres. Mais on ne sait même pas quelles équipes joueront dans quels matchs !

De toute façon, sachez qu’en général, la catégorie la moins chère pour les billets est à 28 $. Voici les prix les plus bas pour 4 événements différents, de ce qui restait :

On peut payer 28 $ pour voir le premier tour du golf féminin, mais s’il y a un sport où je ne payerais pas pour le voir en personne peu importe les joueurs, c’est le golf — ils sont devant vous pour un coup, et c’est tout. Autrement, ça coûte presque 100 $ peu importe l’événement.

J’ai pris plusieurs captures d’écran pour vous montrer un événement en particulier, car les yeux sont sortis de ma tête, rien qu’en le regardant. Il s’agit du premier tour du badminton mixte :

Prix à partir de 204 $

Ouais, 204 $ le billet ! Voici les catégories de billet :

Désolé, mais ce n’est pas sérieux. Je ne suis pas si désespéré à dire que j’ai vu un match olympique que je payerais tout prix ! C’est le premier tour, et ce sont des inconnus absolus !

J’ai appelé mon ami en lisant le site web, et il était d’accord que ces prix étaient ridicules. Alors pas de JO pour moi, ce qui me convient assez bien. Après tout, je ne veux même pas que ces jeux aient lieu chez moi. On a certainement graissé les pattes à des dictateurs et leurs sbires juste pour avoir le droit d’accueillir les JO. Les « améliorations » des autoroutes étaient deja en cours il y a une décennie et ne seront pas prêtes, car c’est juste pour payer les syndicats (exactement comme notre train à zéro vitesse), pas pour améliorer l’état. Au moins il n’y aura pas beaucoup de nouveaux stades pour la Coupe du Monde ou les JO, ce qui aurait été insupportable.

Mais la pire chose, et je veux dire ça en toute sincérité, c’est que quand la presse internationale voit l’état de Californie — le prix d’essence 50 % plus élevé que le reste du pays, les prix de nourriture presque vénitiens. les fèces dans les rues, les ruines de l’incendie de l’année dernière où il n’y a toujours pas de travaux — elle va blâmer son croque-mitaine préféré, plutôt que le parti qui a contrôlé la Californie pendant 20 des 26 dernières années, dont les 16 dernières de suite. Le monde entier croira à leurs propos, car le fédéralisme américain est vraiment difficile à comprendre sans le vivre. Et rien ne changera.

Le meilleur film de tous les temps

La Fille est en vacances cette semaine, alors le 2, nous sommes allés au ciné pour regarder le nouveau film, Super Mario Galaxy, le film. Je vous ai déjà donné un avant-goût de ce que j’allais aimer chez ce film, mais il a quand même dépassé toutes mes attentes. Et n’oublions pas, ces films sont animés en France et génèrent des centaines de boulots français. Parlons-en plus.

Screenshot

J’espérais que le film aurait encore un pire accueil de la part des critiques que le premier, et je n’ai pas du tout été déçu. Il y a un site américain, Rotten Tomatoes (littéralement, Tomates pourries), qui crée des scores pour les films à base du pourcentage des critiques qui sont positives — ce qui a ses faiblesses, car un film peut avoir un score de 100 % où toutes les critiques sont 3/5, et ça donne sa propre fausse impression. Pour le premier film, les critiques l’ont détesté, mais la note du public a été beaucoup plus élevé. Voilà :

Le score des critiques est 59 % : celui du public est 95 %.
Capture d’écran

Moi, j’ai adoré ce film, le déclarant « Citizen Kane du Royaume Champignon ». À mon avis, le nouveau est encore meilleur. Les scores ?

Le score des critiques est 40 % : celui du public est 90 %.
Capture d’écran

Mon vœu a été bien exaucé, non ? Pourquoi est-ce que je voulais voir un plus bas score ? Parce que même avant de voir le film, j’ai déjà compris qu’il ne s’agissait pas des mérites du film, mais de leur hostilité envers certaines valeurs. Je faisais donc confiance que plus les critiques détestaient Super Mario Galaxy, plus j’aimerais ce film. J’avais raison.

Quelle est l’histoire de presque tout jeu Mario ? On — souvent, mais pas toujours Bowser — kidnappe une princesse — souvent, mais pas toujours Peach — et c’est à Mario et Luigi de la sauver. L’intéressant, c’est le monde qu’ils explorent sur le chemin, les ennemis qu’ils rencontrent, les bonus qu’ils trouvent. Ce que les critiques ne savent pas (ou oublient), c’est qu’à partir du deuxième volet, Peach est souvent un personnage jouable, et sa propre héroïne. Ce film explore ça, mais de façon qui énerve les critiques.

Au début du film, la princesse Rosalina est inconnue pour tous les autres personnages. Elle habite dans une sorte de station spatiale, et possède des pouvoirs magiques. Le fils de Bowser arrive pour la kidnapper, car il a besoin de ses pouvoirs pour ses propres buts. Rosalina arrive presque à gagner toute seule, mais ce n’est pas le moment « girlboss » qui souhaitent les critiques, parce que dans un moment de faiblesse où elle se soucie d’un Luma, les créatures qui vivent avec elle, Bowser Jr. réussit enfin à la capturer. Quand Peach apprend que c’est arrivé, elle quitte tout de suite son royaume pour essayer de la sauver toute seule. Peach se débrouille très bien, notamment face à Wart le crapaud et ses sbires (pour moi, un point fort, car il vient d’un jeu de mes 12 ans), mais il s’avère qu’elle a toujours besoin d’une équipe, et ça, c’est une faute impardonnable pour les critiques américains.

Mais il y en a encore pire à leurs yeux. Vous avez certainement remarqué que la relation entre moi et La Fille est truffé de commentaires piquants, que mademoiselle a du culot. Ce n’est pas par hasard. Depuis longtemps, je fais exprès des efforts pour cultiver un peu d’attitude chez elle, afin de l’aider à survivre chez sa mère et à ne craindre personne. Dit autrement, j’essaie de cultiver exactement la même relation entre nous qu’entre Bowser et Bowser Jr. C’est souvent remarqué par les joueurs, mais apparemment par aucun critique que Bowser est en fait un bon père, même s’il a des mœurs douteuses. Il se soucie sincèrement de son fils, essaie de cultiver de l’ambition et de bonnes habitudes, et fait l’éloge de son travail.

Alors, le point fort du film à mes yeux est la relation entre ces deux. Junior fait son tout pour sauver son père, prisonnier au Royaume Champignon depuis la fin du premier film, et il s’avère que tout qu’il a construit, c’est parce qu’il veut que son père soit fier de lui. Ils se souviennent ensemble de comment Bowser faisait des spectacles de marionnettes pour son fils pour lui enseigner comment être un bon méchant. Ça m’a rappelé des centaines d’heures de doubler des poupées de My Little Pony ou de Princesses Disney pour divertir La Fille. Mais un père qui n’est pas un clown, qui n’est pas humilié par tout le monde, c’est aussi impardonnable chez les critiques américains.

Je n’ai rien dit sur tous les personnages qui apparaissent dans ce film — il y a des hommages à une belle douzaine de jeux Mario, ainsi qu’aux Pikmin et à Star Fox. Pour un joueur expérimenté, ce sont un régal. Mais Super Mario Galaxy est le film que j’attends depuis le jour où j’ai changé une couche pour la première fois, l’hommage par excellence aux pères. Comme le premier film, nous le regarderons une deuxième fois au ciné.

Au fait, cette fois j’ai été prêt avec mon portable pour vous montrer une preuve que c’est presque un devoir patriotique français de le regarder. Voici un peu du générique :

Photo du générique du film, avec une trentaine de noms à l'écran, dont beaucoup qui sont uniquement français.

C’est flou, mais pensez-vous qu’il y a beaucoup de Jérémie, d’Élodie et de Clément aux États-Unis ? Bah non, ce film a été animé chez Illumination Paris !

La vérité est ailleurs

Je sais à quoi vous vous attendiez, mais j’ai hâte de partager un nouvel développement que je crois m’aidera tellement avec l’écriture de ce blog. Pendant des années, j’ai cru que je devais lire une diversité de sources pour comprendre la France — Le Canard, bien sûr, mais aussi Le Monde, Le Figaro, Ouest-France, Le Dauphiné libéré, BFM, Libé, et surtout le journal avec toutes les actualités les plus importantes, Le Journal du Centre. Mais il s’avère que je n’ai jamais eu besoin de tout ça — tout ce dont j’ai besoin, je peux le trouver dans un seul podcast. En en anglais en plus !

Je parle, bien sûr, de la plus grande experte américaine sur la France, Mme Candace Owens. À vrai dire, je n’ai jamais fait attention à elle pendant une belle décennie, parce qu’il n’y avait aucune preuve qu’elle savait de quoi elle parlait. ([Et vos qualifications pour écrire sur la France, quelles sont-elles ? — M. Descarottes]) Puis, quelque chose s’est passé pour attraper mon œil.

J’essaie d’être respectueux envers presque tous les hommes politiques français, car je dis souvent que je me considère un invité. Les habitués se souviendront peut-être que M. Darmanin fait exception à cette règle, car il m’a vraiment énervé avec son comportement en ce qui concerne le Stade de France. De toute façon, quand j’ai entendu parler que Mme Owens disait des trucs négatifs sur Mme Macron, dont l’idée qu’elle était en fait son frère, je me suis dit, « C’est bête ; elle a déjà eu des enfants. » Mais après, quelque chose m’a fait changer d’avis. Il s’est avéré qu’elle avait des sources françaises. Et la Cour d’appel de Paris a jugé ces sources non-coupables de diffamation ! Alors, Candace Owens doit savoir de quoi elle parle !

Puis, il y avait l’assassinat tragique de Charlie Kirk. Alors que des naïfs comme moi pensaient que le type qui l’avait avoué à sa famille, et qui avait envoyé des textos à son copain sur son plan, l’avait fait, c’était Candace seule qui a trouvé les vrais coupables. L’Égypte, l’Israël — et la France !

Tout a commencé en octobre 2025 quand madame était la seule à nous dire qu’en fait, l’armée égyptienne avait un avion qui suivait Charlie Kirk autour des États-Unis. Ce tweet dit qu’elle a reçu un tuyau sur un avion militaire égyptien parti de Provo, Utah le 10 septembre, le jour avant le meurtre, et que le directeur du FBI protège l’Égypte :

Capture d’écran

Puis, elle était la seule à découvrir que « nos ‘Égyptiens’ avaient séjourné à un hôtel dans l’Utah entre le 4 et le 13 septembre. Peu importe que leur avion était parti le 10 :

Capture d’écran

« Mais Justin », me dites-vous, « rien à voir avec la France ! » Attendez. Vous voyez, qui s’intéresse à l’empêcher de découvrir ce complot de l’Égypte à tuer Charlie Kirk ? Les Macron. Selon elle, « j’ai été contacté par un fonctionnaire de haut rang du gouvernement français… cette personne prétend que les Macron ont commandé et payé mon assassinat » :

Capture d’écran

Elle a donc des sources très bien placées dans le gouvernement français !

C’est ici qu’Israël entre dans notre histoire. Cette même personne lui a dit qu’une équipe du GIGN, qui comprend un israélien, a reçu les ordres. Mais en plus, « l’assassin de Charlie Kirk s’est entraîné avec le 13e brigade de la « légion française’ » :

Capture d’écran

Bien sûr, le GIGN a dit à 20 Minutes que c’était « ridicule », mais c’est ce à quoi on s’attendrait, n’est-ce pas ? Qui vais-je croire, une podcasteuse américaine qui ne parle pas français, ou le gouverne-ment ? Ouaip.

À ce point, je faisais déjà toute confiance à Mme Owens. Puis, elle a ajouté qu’il y avait aussi des franc-maçons dans le complot, ce qui implique une famille normande, les D’Isigny, ou comme vous les connaissez, les Disney. D’abord, elle explique :

Ces franc-maçons contrôlent le gouvernement français et ont fondé l’Amérique. Rien de ça n’est imaginaire. Ça date de plus d’un millénaire.

Sur ce point, le meurtre de Charlie Kirk était un meurtre rituel et des soldats de la Légion étrangère étaient sur le sol.

Capture d’écran

Mais les Disney ? Voilà :

Le complot de meurtre franc-maçon en France ce qui prouve, je disais la vérité sur les bérets bordeaux…

Le club « 33 » passe une mauvaise semaine

Capture d’écran

C’est quoi le club 33 ? Le 33e degré est le rang le plus haut dans la franc-maçonnerie. Et à presque chaque Disneyland autour du monde se trouve un resto très cher dont il faut être membre, le Club 33. Ben, il n’y en a pas un à Disneyland Paris, mais laissez tomber. Tous les meilleurs complotistes savent que Walt a choisi ce numéro car il était franc-maçon. Ils le nient, mais encore une fois, diraient-ils exactement ça, n’est-ce pas ?

Alors, c’est comme ça que je sais maintenant que je ne peux plus faire confiance à mes sources françaises. Mais ça va, car Candace Owens seule sait la vérité sur la France. Aux États-Unis, nous sachons.

Ô, j’ai oublié un dernier détail. Malheureusement, Candace ne le comprendra pas car elle ne parle pas français :

Photo d'un panneau de jumelage entre Poissons en Marne, et Avril en Meurthe-et-Moselle. Oui, ça existe vraiment.
Poisson d’Avril !, Photo par
René Hourdry
, CC BY-SA 4.0

Un sixième jour dans notre vie

C’est le 29 mars, ce que je considère mon « anniversaire français », parce que c’était la date de ma première leçon en 2020 (2021, 2022, 2023, 2024, 2025). Chaque fois, c’est le moment pour un peu de recul, de regarder autour de moi (lien vers une chanson de Rush) et voir où je suis dans ce projet.

Carrot cake d’une autre époque

Depuis le début, je dis encore et encore que mon plus grand rêve, au-delà de vivre en France, est simplement de m’intégrer, de ne pas être une petite célébrité comme pendant cette première année-là dans le groupe Génération 80s — « Regardez-moi ça ! C’est l’Américain ! » Mais qu’est-ce que ça veut dire vraiment ?

C’est certainement à dire que la France devait arrêter d’être Disneyland pour moi. Je crois que je n’arrêterai jamais de voir Carrefour comme une sorte de caverne d’Ali Baba — après des décennies de me sentir de plus en plus comme un extra-terrestre chez moi, l’idée qu’ailleurs dans le monde, il existe des marchés pour des gens comme moi, c’est un conte de fées. Mais mes relations avec les autres devaient devenir plus « normales », moins comme une visite au zoo (dans les deux sens, pour être clair). Où suis-je sur ce chemin ?

J’ai été très honnête en vous disant que j’espérais que devenir rédacteur du bulletin de l’OCA aiderait certaines personnes à se méfier moins de moi. En général, je crois que j’ai réussi ce but. Il n’y a plus personne qui exprime des doutes que j’en sois capable. Si ma relation avec la présidente a été tendue pendant la première année, à cause d’être exclu du bureau, tout va très bien maintenant. De sa propre façon, « Devrais-je rester ou devrais-je partir ? » a montré que je peux avoir des malentendus importants avec les Français autant qu’avec les Américains. Peut-être que c’est ironique de le dire, mais c’est aussi un signe que la vie devient de plus en plus « normale ».

Avoir enfin des invités francophones à la maison, c’était une étape importante à cet égard. C’est impossible d’exprimer vraiment à quel point être toujours l’invité, jamais l’hôte, me met mal à l’aise. Je ne vous ai pas dit qu’après toutes les préparations soigneuses, j’avais oublié d’avoir des serviettes ! (D’habitude, on utilise juste des essuie-touts en papier chez nous.) C’était gênant, mais peut-être aussi bon de voir que je pouvais faire une erreur sans que tout parte en vrille.

Alors, le projet de « normalisation » va assez bien. ([La dédiabolisation, pas autant. — M. Descarottes]) Mais peut-être que j’ai perdu un atout important en la cherchant. Si j’avais essayé de vendre l’image « Regardez, l’explorateur étranger, venu pour tourner des clips Insta pour réagir à notre cuisine et nos monuments ! », j’ai l’impression que mon manuscrit serait déjà mon livre publié. Je ne voulais pas vivre comme ça, mais ma bibliographie est plein de citations de personnes qui font leur vie en faisant exactement ça.

Tout ça dit, alors que j’ai toujours la matière pour une décennie de posts, je me sens de plus en plus inquiet pour le grand projet de déménagement. Il me semble que cette année, je dois vraiment me concentrer sur certaines questions : me faire embaucher, même si c’est toujours trop tôt ; faire des enquêtes sur un titre de séjour ; décider quoi faire avec tous les meubles et les biens d’une vie, car je ne peux pas tout envoyer. Hâte de voir la réaction de mes parents qui n’ont toujours aucune idée. Ils s’attendent à ce que je reste pour m’occuper d’eux à jamais alors que mon frère reste libre à vivre sa vie. On s’amusera bien fin 2028.

Mais toutes ces pensées ne seraient jamais venues à l’esprit si un jour en 2020, je n’avais pas ouvert Duolingo. Pour autant que je m’inquiète sur telle ou telle chose liée à ce chemin, il reste absolument dingue que j’y pense tout court.

Le portfolio et la peluche

Je vais vous raconter une histoire absolument ridicule qui s’est déroulée mardi soir, qui ne touche que très légèrement aux sujets de blog, dans ce cas l’apprentissage de français. Mais pour ceux qui l’aiment quand je cafarde sur moi-même, ce sera un bijou.

Remontons le temps jusqu’en septembre 2010. Après des négociations tendues entre nos avocats, j’avais 10 jours pour quitter la maison familiale et trouver un nouvel appartement. Je devais tout emballer le plus vite possible, et des cartons ont été remplis dans l’espoir qu’un jour, je me souviendrais de les examiner. Dans le chaos, je croyais que j’ai perdu la seule peluche que j’ai achetée adulte, un monstre de la série Final Fantasy dit Tomberry en français (c’est plutôt Tonberry en anglais).

Mardi, La Fille m’a dit « Papa, il faut que je trouve mes devoirs de français du début de l’année scolaire, car je dois assembler un portfolio pour montrer mes progrès. » Alors, c’est quoi le problème ? « Je ne sais pas ce que l’on en a fait ! » Oh, super.

On a passé une jolie heure en ouvrant chaque carton dans sa chambre ou les placards pour chercher les devoirs. On n’a rien trouvé… sauf pour le Tomberry disparu ! Ça fait presque 16 ans que l’on ne s’est pas vus !

Il est adorable, n’est-ce pas ? Il faut faire attention, car un Tomberry marche lentement, mais a l’attaque la plus puissante du jeu, « Everybody’s Grudge, » traduite dans les jeux comme « Rancune » — mais une traduction plus exacte serait « La Rancune de chacun/tous ». Plus le joueur tue des ennemis, plus cette attaque devient forte, car les dégâts sont calculés selon une formule qui comprend le nombre d’ennemis déjà tués. D’habitude, le temps que l’on rencontre un Tomberry, il peut tuer vos personnages en un seul coup.

Ça lui rend le monstre le plus terrifiant de ces jeux. Mais on s’en fout, car il est mignon ! (Et tout le monde pense que les hommes n’aiment pas Hello Kitty — nan, c’est juste que l’on cherche une Hello Kitty tueuse !)

Quant aux devoirs ? Il s’est avéré que La Fille les avait tous rendus fin décembre, alors nous ne les avions plus !

Français sans Fautes

Cette semaine, je teste une appli non seulement pour enseigner le français aux étrangers, mais à tous les Français de souche qui n’ont réussi qu’un 8/20 dans leur cours de langue. Ce n’est pas seulement mieux que Duolingo, mais comme on va voir, c’est une appli avec une ambiance extrêmement française. Je parle de Français sans Fautes.

« Mais Justin », me dites-vous, « selon vous, les applis ne sont vraiment pas utiles au-delà du niveau B2. Et vous étiez récemment de retour sur Duolingo, alors que se passe-t-il ? » Super, content de voir que vous êtes tous si attentifs ! Ce qui s’est passé, c’est d’abord que j’ai commencé à voir des pubs pour cette appli partout — mais je ne fais rien jamais à cause de pubs, exprès. Mais la semaine dernière, on a posé des questions sur cette appli dans mon groupe d’utilisateurs de Duolingo, et ça a piqué ma curiosité. Alors, je me suis abonné pour un essai gratuit de 7 jours. Il ne m’en a fallu que 2 pour tout essayer, et je suis très enthousiaste.

Commençons avec le début. Qui d’autre pour nous accompagner en explorant notre belle langue que Molière lui-même ? J’entends parler que l’on écrit une colonne hebdomadaire en son honneur. Mais il y a un problème :

Bienvenue !
Je suis Molière, mais on m'appelle aussi Momo. Je serai à tes côtés pour combattre les fautes les plus difficiles.

Momo ?!? Ça, c’est un Mohammed ou un Mamadou, pas l’auteur de L’Avare ! Mais à vrai dire, ce sera ma dernière plainte hormis le prix.

Il suit des questions pour établir qui est l’utilisateur. Je regrette un peu d’avoir donné mon âge, car selon les agences de publicités américaines, je mourrai en novembre (on considère que seulement ceux entre 18-49 comptent).

On peut choisir un surnom. Si je savais ce qui suivrait, je n’aurais pas choisi « Justin » :

Choisis ton nom (Par exemple, Victor Hugo)

Pour mes priorités, j’ai choisi « Maîtriser la grammaire », mais je n’étais pas d’accord avec la description proposée après, et j’ai dit « non ». Je crois que je suis mieux que ça !

Ils font des promesses aussi extravagantes que celles de Duolingo. 5 minutes par jour n’est pas assez, mais c’est la concurrence, je comprends.

Tes futurs résultats en seulement 5 minutes par jour : Les bases en place en quelques jours, Plus à l'aise en quelques semaines, Français fluide en quelques mois

Ça coûte cher; c’est moins par mois pour un abonnement annuel, mais il faut tout payer d’un coup :

On passe à ce qui rend l’appli hyper-française. Plutôt que construire des phrases en choisissant des mots comme Duolingo, il faut chercher les fautes. Seulement l’allemand contient le bon mot pour la joie du développeur derrière ce système. C’est brutalement efficace, et je me suis senti très idiot une fois éliminé.

Il y a un calendrier pour vous encourager à ne pas rater un jour qui apparaît après cet examen, exactement comme Duolingo :

C’est à ce point où on choisit enfin un avatar. Pas comme Duolingo, il n’y a que quelques choix, mais tous ont une signification. J’approuve — cette appli cible l’intégration culturelle autant que l’apprentissage, et si je crois que si ce blog a des fans pour une raison, c’est que j’insiste sur ce point sans arrière-pensée.

Sélection de 8 personnages : de Beauvoir, Brel, Camus, Dumas père, Hugo, Sand, Leïla Slimani et MC Solaar

Comme Duolingo, il y a des badges à gagner, encore une fois avec des significations réelles :

Mais attendez — c’est juste « chocolatine », et non « pain de chocolatine », n’est-ce pas ? Peu importe, ce sont des symboles importants, et il y a des explications utiles :

Quant aux symboles à côté des scores, ce sont des macarons, la « monnaie » de l’appli. Je me sens vu.

Il y a plein d’autres exercices que chercher les fautes. Voici la liste de défis pour connaître l’appli :

Jouer une partie classée, Valider une notion, Faire une partie révision, Faire une dictée, Écriture libre

On doit parfois donner des synonymes de mémoire. Ce n’est pas l’un de mes points forts :

Synonymes de sympa -- j'ai gagné 7 points pour en avoir donné 2, mais j'en ai raté 10 autres.

Les « notions » sont des explications de règles de grammaire. Voici un exemple :

J’ai fait une dictée. Mon score était pire qu’attendu :

L’écriture libre est un peu mieux allée :

J’ai fini par débloquer le képi du général :

Symbole du Général de Gaulle, le képi incarne la résistance, la grandeur et la parole ferme. Il évoque une figure historique à l'autorité incontestée.* Obtenir ce badge montre que tu avances avec audace et stratégie.

Ayant tout testé, c’était assez pour moi pour me forger mon avis. C’est un niveau bien au-delà de Duolingo, j’apprécie tellement les faits divers culturels et le manque de trucs trop mignons, et en plus, ce n’est pas du tout répétitif comme Duolingo non plus. Le système de chercher les fautes fait faire attention à l’utilisateur, et c’est en fait quelque chose où Duolingo est nul, car il ignore les majuscules ainsi que toute ponctuation sauf pour les apostrophes.

Je vais quand même l’annuler car avril se prononce « impôts » aux États-Unis, et j’aurai d’autres dépenses en plus. Duolingo n’a jamais eu un centime de moi, juste de l’attention aux pubs. Français sans Fautes est un meilleur produit pour l’élève sérieux, et le budget est la seule raison pour laquelle je ne garderai pas l’abonnement.

Deux adieux

Hier, Les Grosses Têtes ont diffusé un hommage à Isabelle Mergault. J’ai écouté pas mal de l’épisode, mais je ne vais pas écrire un long sommaire. Pour une chose, et ce n’est pas la première fois où je le dis, malgré le fait que ça fait 4 ans que j’écoute Les Grosses Têtes, je ne reconnais toujours personne avec certitude à part Laurent Ruquier. Sans images, je n’ai pas de contexte, et à vrai dire, je n’ai jamais pu distinguer Mme Mergault de Caroline Diamant quand les deux étaient sur le plateau ensemble. Alors, je peux dire qu’Isabelle Mergault a fait une partie importante de ma vie pendant ces 4 dernières années, mais j’ai du mal à préciser comment.

Collage de deux photos : Isabelle Mergault en 2019 et Lionel Jospin en 2014
Isabelle Mergault, Photo par Bernard Grychowski, CC BY-SA 4.0, Lionel Jospin, Photo par Édouard Hue, CC BY-SA 4.0

Ça dit, je recommanderai une pépite que RTL a préparé pour lui rendre hommage, ses 10 meilleures blagues. L’une d’entre elles apparaîtra dans le prochain épisode de la balado.

Mais l’autre adieu du jour, c’était l’ancien premier ministre, Lionel Jospin. On penserait que je ne le connaissais pas bien, car je dis parfois que nous ne connaissons que les présidents français aux États-Unjs, et tous les présidents avant M. Macron étaient François Mitterand. (Il y a une plus longue explication dans le livre — avec des preuves.) Ça dit, j’ai vu un clip que j’ai vraiment envie de le partager, un échange entre Messrs Jospin et Chirac pendant un débat en 1995 quand ils croyaient que les micros étaient éteints :

C’est un moment de vrai respect, même amitié, entre les deux. M. Jospin dit que pendant les meetings, c’est « l’agressivité tout le temps » et que l’on lui a dit, à propos de M. Chirac, que « tu vas le plier ». M. Chirac montre qu’il est d’accord, que c’est pareil de son côté, et que « ça, c’est les militants ». La vérité, peu importe ce qui s’est passé lors du débat, c’est que les deux ne se haïssaient pas.

Cet échange m’a rappelé le meilleur débat que j’ai jamais vu à la télé américaine, presque de la même époque. C’était en 2000, entre les deux candidats pour vice-président, Joe Lieberman pour les Démocrates et Dick Cheney pour les Républicains. Je suis sûr que vous êtes tous de grands fans de M. Cheney vu les années suivantes, mais je suis complètement sincère que pendant 90 minutes, ça a été un échange respectueux, sans insultes, avec de vraies idées et un manque de haine. Je n’ai jamais rien vu comme ça avant, et certainement pas après.

Disons que l’image de M. Chirac dans la presse américaine des années 2000 n’était pas la plus flatteuse. Pas dans le film français Mystère à Saint-Tropez, qui a reçu une très bonne note ici, non plus. Et je ne savais vraiment rien de M. Jospin, sauf qu’il était anciennement premier ministre, et ça, sous ce même Chirac ! Mais ce petit clip d’une minute parle très bien des deux. J’ai certainement une impression très positive de M. Jospin après l’avoir regardé.

Alors, si les nouvelles de ces derniers jours sont à regretter, quelle chance pour la France d’avoir connu Mme Mergault et M. Jospin !

Ici et là

C’était un jour bien sombre hier — Chuck Norris et Isabelle Mergault en même temps ? RTL a un hommage à Mme Mergault sur son site, et j’entends parler que l’épisode des Grosses Têtes pour lundi le 23 mars sera consacrée à elle en plus. À vrai dire, je ne connais pas son travail à part Les Grosses Têtes, mais j’ai l’impression qu’il me faudra améliorer cette situation.

Quant à Chuck Norris, je ne sais pas si les mêmes mèmes existent sur lui en français qu’en anglais, mais je ne les ai jamais vus. J’en ai trouvé, mais ils ne sont pas commun sur les réseaux sociaux pour moi. Je veux dire des trucs comme celui-ci :

C'est une photo de Chuck Norris avec un chapeau Stetson et la légende : « Chuck Norris ne fait pas le ménage -- il laisse 24h à la saleté pour sortir de chez lui. »
Source

Il n’y a pas de mèmes pareils en anglais pour Schwarzenegger ou Bronson ou les autres stars d’action de la même époque. On avait toujours l’impression qu’il était presque uniquement dur et fort.

J’ai fait une autre douzaine de mirlitons de Rouen pour La Fille hier soir. Mais elle s’est couchée avant qu’ils ne soient prêts. Dommage. Hâte d’entendre son avis !

J’aurais dû compter mes œufs avant de commencer — j’avais exactement la bonne quantité pour finir, et pas plus. Non, il n’y a pas encore de pénurie — sinon, j’aurais dit à La Fille qu’il fallait attendre son anniversaire pour les goûter.

J’adore tellement cette recette, et surtout cette technique de pâte feuilletée dans un moule, que je pense à d’autres garnitures.

C’est la fin de la saison des « Girl Scout Cookies » aux États-Unis cette semaine. Chaque année, les Girl Scouts — éclaireuses — vendent des biscuits partout dans le pays, 6 $ la boîte. C’est une industrie énorme qui récolte plus d’un milliard de dollars par année. Pendant 5 années, j’ai été responsable d’aider La Fille à vendre ces cookies — et ça ne me manque pas, car on compte sur des techniques comme supplier ses amis et sa famille d’en acheter. J’ai acheté deux boîtes cette année :

La boîte verte, « Thin Mints » (Menthes fines), est de loin la sorte la plus populaire, des biscuits au chocolat trempés dans du chocolat parfumé à la menthe. La boîte jaune. « Lemonades » (Limonades) sont des sablés avec un glaçage au citron. Quelque chose qui les rend amusants pour ce blog ? Les cookies sont produits par plusieurs biscuiteries industrielles à travers le pays — et pendant les années 80s, ils ont été fabriqués par Burry-LU, une filiale d’exactement l’entreprise à laquelle vous pensez.

Ce n’est pas drôle de penser que j’ai mangé plus de Girl Scout cookies de LU que de Chamonix, ou bien de Pim’s, pendant ma vie.

Il y a longtemps, j’ai écrit une Langue de Molière sur les petits noms. Hier, Duolingo m’a donné une leçon pleine de trucs que je connaissais déjà, même si je trouvais le dialogue amusant :

Mais cette histoire en a présenté un que je ne suis pas sûr existe vraiment :

On dit vraiment « petit canard en sucre » ? C’est pénible si oui !

D’autre part, vu les folles quantités de sucre dans ce post, qui suis-je pour m’en plaindre ?