Les frites de Berto

Je n’ai rien préparé pour aujourd’hui parce que j’ai assisté à la dernière soirée de jeux de plateau de l’OCA jusqu’en automne, et je ne voulais pas la rater. J’ai fait des kouign-amanns pour l’événement, et on m’a dit que c’était mon meilleur travail depuis qu’elle me connaît. C’était très gentil. Mais complètement par hasard, un ami américain m’a envoyé quelque chose liée à une anecdote qui se trouve dans le livre. Alors je vais la divulgâcher.

En vérifiant mes recherches pour le Pas-de-Calais, j’ai découvert qu’il y a quelque chose sur les cartes des friteries là qui me dérange. Apparemment, on peut acheter des burgers soit « seul » soit « américain ». Et c’est quoi « américain » dans ce contexte ? Ça veut dire que l’on met des frites directement dans le burger. Je ne vais pas dire que ça n’existe pas tout court aux États-Unis, car c’est un grand pays et on peut trouver toute bêtise imaginable quelque part. Mais disons que je ne connais nulle part pour commander une telle chose. J’allais écrire que c’était une autre parodie française de la « malbouffe » telle qu’elle existe dans vos têtes. Et rien n’est arrivé pour changer cet avis quant aux burgers. Mais il s’avère que la réalité, c’est encore pire.

Mon ami habite au Texas. Oui, vous en avez entendu parler avant. De toute façon, il m’a appelé pour me demander si je connaissais le « California burrito ». Dites-donc, j’habite en Californie du Sud toute ma vie — ça doit être de très mauvais karma — mais je n’ai jamais entendu parler de ce burrito. C’est apparemment un burrito — c’est-à-dire de la viande, du fromage et de la salsa emballés ensemble dans une tortilla — auquel on ajoute des frites. Dit autrement, c’est exactement ce que vous pensez que nous mangeons, sauf à partir de la cuisine mexicaine, pas les burgers. Voici un exemple :

California burrito coupé en deux, Photo par RightCowLeftCoast, CC BY-SA 4.0

Ne me dites pas que de tels trucs ne se trouveraient jamais en France. Ça ne rappelle fortement ce qui s’appelle un « French taco ». Je ne veux ni l’un ni l’autre. Mais on n’a toujours pas atteint la partie la plus gênante.

Pendant les années 80s, il y avait une explosion de restos rapides mexicains dans ma ville natale, San Diego qui avaient une propriété curieuse. Ils servaient tous grosso modo le même menu, et les noms se terminaient toujours par « -berto’s ». Ça a commencé avec Roberto’s et Alberto’s, mais il y avait aussi Adalberto’s, Aliberto’s, Humberto’s, Filberto’s, et ainsi de suite. Tout le monde, dont moi, voulait savoir pourquoi personne n’a lancé des processus pour défendre la marque originale.

Il s’avère, et je ne le savais pas jusqu’à hier, qu’ils étaient presque tous gérés par des membres de la même famille, dont le plus vieux était un certain Roberto Robledo. Il n’allait pas poursuivre ses cousins. Voici un clip du resto original, toujours ouvert.

Apparemment, Roberto’s n’a pas inventé le « California burrito » — mais la chaîne a fait plus que n’importe qui pour le rendre populaire. Enfin, parmi ceux qui le connaissent. Ça fait au moins 27 ans depuis la dernière fois où j’ai mangé chez n’importe quel Berto. Ces restos sont hyper-bas-de-gamme même parmi les restos rapides, et ne se trouvent pas dans de bons quartiers. Le plus proche de chez moi est à 80 km. Et apparemment ça date à mes années à la fac, loin des Berto’s de tout genre. C’est plutôt incroyable à mes yeux que je n’en ai jamais entendu p arler, mais ça appartient vraiment à tout autre monde, même si j’habitais dans le bon endroit.

Je ne sais plus quoi faire quant au Pas-de-Calais. Je trouve le « burger américain » largement un fruit de votre imagination — mais la réalité est pire ! Je ne veux pas aller trop loin de l’histoire dans le livre. Mais maintenant, vous savez autant que moi sur notre pire habitude culinaire.

Les macarons de La Fille et son amie

Je ne crois toujours pas que j’écris ce post. Vous allez me dire que j’ai triché, que c’est mon travail, au moins en partie, mais je vous jure que ce n’est pas le cas. Les photos qui suivent sont de deux lots de macarons, 30 au chocolat et 30 à la fraise, préparés par La Fille et son amie A (pas sa vraie initiale) chez nous hier après-midi. Je n’étais là que pour superviser les travaux et leur donner les recettes.

En haut : macarons au chocolat ; en bas : macarons à la fraise

C’est dingue, mais encore une fois, je suis bouche bée face au point auquel La Fille apprend vite. Allons mettre leurs efforts sous la loupe !

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Un geste inattendu

C’est souvent le cas que je n’ai rien de gentil à dire à propos de mes concitoyens, d’où mon orthographe habituelle avec un trait d’union. Toutefois, j’ai reçu une surprise extrêmement agréable cette semaine, et je ne veux pas oublier de la partager.

Vous savez déjà que mon robot multifonction est devenu mon robot sans-fonction ce week-end, pendant les préparations pour la fête d’anniversaire. À l’époque, je croyais que la faute était à la goulotte, qui utilise un contact en métal comme mécanisme de sécurité. Il s’avère que j’avais à moitié raison.

Je vous ai dit que mon robot avait 13 ans, ce qui est correct. Ce que je ne savais pas, c’était que ma mère avait acheté un robot de Cuisinart à la même époque, avec un bol un petit peu plus petit, mais avec les mêmes couvercle et goulotte. Alors je pouvais les emprunter et les tester avec mon robot. C’est comment j’ai découvert que le problème se trouvait dans le couvercle, et pas la goulotte.

J’étais énervé à découvrir que Cuisinart stocke toujours des pièces pour le sien, mais pas le mien. Mon robot était une édition limitée produite pour la chaîne Williams-Sonoma, la plus grande chaîne de boutiques de cuisine aux États-Unis, avec des prétentions haute de gamme. Cependant, les seules vraies différences entre mon robot et celui de ma mère étaient la taille du bol et la couleur de certaines pièces de garniture en plastique — gris pour le sien, noir pour le mien.

J’ai quand même fait un appel au service aux clients dans l’espoir que le site web aurait tort. Ce n’était pas le cas. Mais — et ici le mot « mais » n’est vraiment pas à la hauteur de ce rebondissement — l’opératrice m’a dit que si je payais le coût de remplacer le couvercle, 50 $, Cuisinart m’enverrait une nouvelle goulotte et bol pour aller avec, sans frais supplémentaires. Et ça, c’est deux pièces qui auraient coûté 80 $ de plus ! Ne me croyez pas sur parole ; voici le ticket :

Capture d'écran qui montre la facture de 50 $ pour le couvercle, ainsi que les deux autres pièces gratuites

À vrai dire, le garanti a atteint sa date limite il y a une décennie. Ils n’étaient obligés de faire rien de la sorte. Mais l’opératrice a reconnu ma déception à penser que j’aurais désormais un robot Frankenstein, avec des pièces qui n’allaient pas ensemble, et apparemment, les employés ont le droit de faire plaisir aux clients. Je reste bouche bée.

Et en plus ? Les 3 pièces ont été expédiées hier — et arriveront plus tard aujourd’hui. C’est au-delà de toute attente !

Je ne vous mentirai pas. J’avais jeté un œil en direction Magimix, la seule gamme fabriquée en France qui est disponible chez moi. Vu le déclin des produits Cuisinart — il n’y a rien d’aussi puissant que le mien dans leur gamme actuelle — ça aurait été le bienvenu si je devais vraiment remplacer mon robot. Disons que si je me retrouverai un jour dans un pays où la tension est de 240 V, ce sera certainement mon choix. Mais pour l’instant, c’est un plaisir — sincèrement — de vous dire que le bordel n’est toujours pas complètement en désordre chez moi !

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Go figure

Langue de Molière tourne souvent autour de faux amis, et il y a des semaines, j’ai eu un sacré malentendu à cet égard. Heureusement, j’avais le bon sens de le rechercher avant de poser des questions gênantes.

On revient encore une fois sur le blog Il Est Quelle Heure, devenu source inestimable pour cette série. En écrivant sur certaines mésaventures dans sa ville, elle a dit :

Ainsi, sur la même semaine j’ai marché dans une crotte de chien, j’ai pris des branchages de haie dans la figure et j’ai été confrontée à des (oui, pas UNE mais DES) voitures garées sur le passage piéton.

Civisme

J’ai lu « dans la figure » et ça m’a arrêté net. (Je crois que c’est la première fois où j’utilise « net » comme ça ; est-ce correct ?). « Figure » veut dire une poignée de choses en anglais, mais la seule dont il s’agit du corps humain, ça veut dire tout autre chose que le français.

En anglais, « figure » en tant que nom veut dire plus souvent des chiffres. Où le français dirait, par exemple « taux de chômage/inflation/etc », en anglais on dirait « the unemployment/inflation/etc. figure« . C’est plus informel que la traduction habituelle de taux, « rate », mais assez commun en soi. Il y a un verbe lié à ce sens, « to figure », réfléchir sur quelque chose où penser particulièrement à un problème de maths. C’est ça le sens de mon gros-titre, « Allez réfléchir ».

Il y a trois autres sens en tant que nom qui sont pareils entre le français et l’anglais. De mon dictionnaire bilingue :

Ça dit « personnalité, comme dans "les grandes figures de l'Histoire", schéma, comme dans "figure géométrique", et art, comme dans "figure équestre" ».

Il y a un sens complètement inconnu à moi en français, un jeu de cartes que le dictionnaire traduit comme « court card ». Je ne connais aucun jeu en anglais sous ce nom, mais je sui loin d’expert dans ce domaine. ([Plutôt comme tous les autres, poseur. — M. Descarottes])

Mais le premier sens dans la liste de mon dictionnaire bilingue venant du côté français, c’est mine. Visage. Tout autre partie anatomique par rapport à l’anglais. Vous voyez, le dictionnaire est un peu malhonnête venant du côté anglophone. Là, on trouve :

Ça donne ligne ou silhouette en français à la place de "figure" en anglais.

À lire cette entrée, on penserait que ça voulait dire la silhouette du corps entier, et que ça s’appliquait également aux hommes qu’aux femmes. Et ce n’est pas complètement faux. On pourrait dire d’un homme qu’il a « a slim figure », « une silhouette mince ». Mais là où le dictionnaire donne « avoir une silhouette sensationnelle » pour « to have a great figure », non, on ne dirait pas ça également. Le dictionnaire fait ici un détour autour de l’usage courant. Ça s’utilise seulement pour parler des femmes, et là, seulement du torse. De la poitrine, en particulier.

Et voilà, pourquoi je ne voulais pas demander à madame ce qui voulait dire cette phrase sans faire mes propres recherches.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine parce qu’il a enfin trouvé la bonne mairie pour son mariage. QUOI ? Il faudra faire attention !

Le gâteau « Wiggler »

Encore une fois, voici le gâteau Wiggler tel qu’il a été servi à notre fête d’anniversaire pour La Fille dimanche dernier :

Haute résolution en cliquant

Cette recette est largement composée de choses déjà faites ailleurs, alors je vous montrerai les photos de fabrication avec des commentaires sur quoi faire. Mais seulement la partie tout neuve est présentée comme une recette. Allons voir ce boulot lourd !

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Saison 4, Épisode 9 — La chenille avec Wiggler

Je suis épuisé après tout ce week-end en cuisine. Notre billet du lendemain sera une exploration du gâteau « Wiggler », ce que je juge un C+ selon le système américain de notes. Le biscuit glacé pour avoir la forme de la chenille fictive allait toujours avoir l’air enfant de 5 ans, car c’est la première fois de ma vie où j’ai tenté une telle décoration. Si j’avais réussi à avoir des bords plus propres — et j’étais déçu car j’ai utilisé du Rhodoïd, mais la mousse y a collé — le gâteau aurait valu un B selon moi. Heureusement, les ados l’ont adoré. Voici le produit final :

Gâteau Wiggler : un fond de biscuit chocolat-amande, avec deux couches de mousse au chocolat blanc et deux couches de génoise en haut. Il y a des sphères de crème Chantilly autour des bords en haut, et au centre, un biscuit en pâte sucrée est coupé en forme de chenille Wiggler, glacé en jaune, avec des pois oranges, un nez noir, une fleur blanche et verte sur la tête, et des chaussures violettes.

L’épisode du jour est plutôt court, parce que ce gâteau ainsi que les sacs cadeaux à emporter pour les invitées, étaient du travail. J’aurais pu m’épargner avec des madeleines sans chocolat, mais non, l’appel du m’as-tu-vu est trop fort.

Il me faudrait vous montrer un échantillon. Voici les deux choses ainsi que les sacs. Je n’ai pas acheté ces derniers pour l’événement — je les ai achetés il y a deux ans, et il me fallut 3 fêtes pour épuiser mon stock.

Je dois vous dire, il m’est vraiment intéressant de voir à quel point c’est facile à planifier une telle fête. Les filles passent 2 heures dans le jacuzzi en discutant je-ne-sais-pas-quoi, sortant seulement pour déjeuner et manger le gâteau d’anniversaire à la fin. On me disait que les ados, surtout les filles, étaient plus compliqués que ça. Je ne m’en plains pas. Je m’attendais à plus de soucis en élevant une fille de cet âge, c’est tout.

J’ai dû assister à une cérémonie vendredi, une sorte de palmarès pour les arts au lycée de La Fille. Elle a reçu un certificat, et j’aurais du mal à même expliquer pour quoi, mais elle était la seule dans sa fanfare à le recevoir. En quelque sorte, dans un lycée de 3000 élèves, il y avait plus de 600 prix à distribuer pendant 2 heures et demi. Parfois pour de vraies réussites, comme être sélectionné pour l’orchestre de l’état de Californie, parfois juste pour avoir montré son art dans un centre commercial local. Nous sommes un peu accros à donner des prix pour tout ici. Mon prix, c’était de m’asseoir à côté de la personne qui me déteste le plus au monde entier pendant tout l’événement. Je vis pour ces moments.

Je fouillais dans mes photos de mon premier voyage en France pour vérifier quelque chose pour le livre, et j’ai trouvé une photo à Schiphol pendant le retour, d’une boutique pleine de Toblerone, avec des parfums qui n’existent pas chez moi. Je l’ai envoyée à une amie qui adore Toblerone. Elle m’a répondu « Quelle coïncidence, je suis à Schiphol en ce moment ! »

Et en parlant du livre, j’ai vu ce clip d’une Praluline ce week-end. Le gâteau de Saint-Genix n’est pas complètement pareil, mais c’est très proche, et il me semble maintenant que je n’ai pas assez concassé les pralines roses. C’est la partie la plus drôle de fabriquer beaucoup de choses que l’on n’a jamais vu dans la vraie vie, peu importe goûté. Quel drôle de livre ce sera !

Notre blague se traite de l’oxygène. Nos articles sont :

Les gros-titres sont Tente et Sondage. Il n’y a pas de Bonnes Nouvelles ; j’étais trop épuisé pour faire des recherches.

Sur le blog, il y a aussi Les madeleines à l’orange et au chocolat, la nouvelle recette pour Dimanche avec Marcel, La mauvaise décision, sur un bouleversement dans le monde de baseball, L’école de la chenille, sur une école qui enseigne la danse nommée, et Robot Busch, 2012-2025, sur la mort de mon robot multifonction.

Si vous aimez cette balado, abonnez-vous sur AppleGoogle PlayAmazonSpotify, ou encore Deezer. J’apprécie aussi les notes et les avis laissés sur ces sites. Et le saviez-vous ? Vous pouvez laisser des commentaires audio sur Spotify for Podcasters, qui abrite la balado. Bonne écoute !

Robot Busch, 2012-2025

Il n’y a pas de Dimanche avec Marcel cette semaine parce que j’ai passé tout samedi en cuisine afin de préparer la fête d’anniversaire de La Fille aujourd’hui. J’ai fait 3 génoises (la première a brûlé alors j’ai dû la refaire), une autre couche d’un gâteau différent, de la mousse au chocolat blanc, 2 douzaines de macarons au chocolat, et un lot de madeleines à l’orange et au chocolat.

Puisque l’on l’a dit à La Fille hier, et nous savons tous qui est « on » en gras et en italique, je dois ajouter que je fais tout ça juste pour racheter son affection.

De toute façon, je fabriquais plus de macarons de la haine quand mon robot multifonction a décidé de démissionner en pleine opération. Pour ce qu’il vaut, je crois que ça n’a rien à voir avec le praliné, même si c’était le truc le plus stressant à jamais arriver au pauvre. D’abord, voici ce qui se passe ; c’est juste une courte vidéo qui montre qu’il s’allume mais ne fait rien :

Si vous avez l’habitude d’utiliser ce genre de robot, vous savez probablement que l’un des mécanismes de sécurité est de ne pas fonctionner si le bol est ouvert. Et comment est-ce que le robot s’il est ouvert ? Il y a un contact électrique dans une partie du couvercle qui doit être là pour terminer le circuit — si le circuit est ouvert, la moteur ne s’allumera pas. Et je crois que c’est ça le problème, parce que le robot fonctionnait au début, et je pouvais mélanger mes poudres pendant un instant (pas assez longtemps, malheureusement). Voici deux photos de la pièce que je crois fait le problème :

C’est la même chose aux deux côtés. Si j’ai raison, la partie en métal en haut est si usée que le circuit ne peut plus se terminer.

Encore une fois, si j’ai raison, je peux remplacer cette pièce pour 37 $. Mais le numéro de modèle pour mon robot n’apparaît pas dans la liste de robots pour lesquels Cuisinart stocke toujours un truc pareil. Je dois attendre lundi pour faire un appel chez Cuisinart et voir si c’est juste une question d’aspect, ou si le truc n’est vraiment pas compatible.

La pire chose, c’est que j’ai acheté ce truc en 2012 dans l’espoir de l’utiliser, mais il s’asseyait sur le comptoir pendant 8 ans sans jamais rien faire. C’était seulement avec le début de mes aventures françaises que j’ai commencé à l’utiliser. Tant pis pour moi. Mais c’est Cuisinart qui se fera avoir si je dois le remplacer — il n’y a aucun modèle dans sa gamme actuelle avec une si puissante moteur. Alors je me considérerai libre à acheter n’importe quelle marque et ne resterai pas un client fidèle. Dommage que Moulinex ne se vende pas aux États-Unis, n’est-ce pas ?

L’école de la chenille

Je vous ai dit pendant le dernier épisode de la balado que je travaille sur un gâteau décoré avec le personnage des jeux Mario dit « Wiggler ». Il est un chenille géant jaune avec une fleur sur la tête. Je très très occupé par ça, qui pourrait mieux marcher, mais en ce moment, inspiré par le gâteau, je vais partager une pépite que je n’ai jamais utilisé pendant le Tour. C’est l’histoire d’une école basée à Paris, dite la Chenille School Academy.

Juste pour vous donner un avant-goût, voici mon gabarit, fait sur l’ordinateur :

Dessin du personnage Wiggler, fait avec des formes géométriques dans un logiciel de dessin. Ici, il n'y a que des lignes noires sur une arrière-plan blanc.

Pourquoi « basée » ? Il n’y a pas d’adresse physique selon mes recherches, et le site web dit que c’est disponible « partout en France » si on réserve une séance. J’ai l’impression que ça veut dire que le prof, Vincent Piguet, qui se surnomme « La Pig », voyagera là où se trouve ses clients. Mais il propose quoi exactement ?

Selon les clips et son site, et je ne crois toujours pas que je l’écris, des cours de chenille synchronisée. La seule analogie que je puisse imaginer, c’est comme si quelqu’un aux États-Unis offrait des cours de danse à partir de la chanson de disco YMCA des années 70s. Il y avait certainement une danse unique qui va avec, et on la trouve toujours même aux fêtes des jeunes quand il y a un DJ présent.

Je vous dis tout le temps « ne ne croyez pas sur parole », car j’aime trop faire des farces, mais ce clip tiré de BFM par le compte de l’école montre exactement de quoi je parle :

On dirait que c’est un peu comme une séance d’aérobic, mais fait en équipe. Et c’est exactement son boniment : réserver une séance avec votre équipe au travail afin de faire une activité ensemble.

M. Piguet sait certainement faire de la pub. En 2023, et je crois c’est comment je l’ai trouvé, il a animé un effort pour faire la plus longue chenille au monde à Rouen, 3 940 personnes pendant l’Armada. Des mois plus tard, à la Grande Braderie de Lille, il mena une chenille encore plus grande, cette fois avec plus de 4 600 personnes.

Mener une foule dans une danse ridicule, c’est du travail sérieux !

La mauvaise décision

Quelque chose s’est passé cette semaine aux États-Unis qui m’a mis en colère. Ça n’a rien à voir avec la politique, et tout à voir avec la cupidité de nos sports professionnels. En particulier, le dernier où je me soucis de ce qui se passe, le baseball. Mais pour l’expliquer, il me faudra d’abord faire un détour dans un loisir lié à ce sport, collectionner des cartes de baseball.

Les cartes de baseball sont de petites cartes en carton avec une photo d’un joueur imprimée sur un côté, et les statistiques dudit joueur sur l’autre côté. En général, si on est chanceux de trouver une carte au début de la carrière d’un joueur, plus il réussit, plus la carte gagne en valeur. S’il finit dans le Hall of Fame (Temple de la renommée), tant mieux pour la valeur de la carte. S’il y a une erreur sur la carte, ça peut aussi augmenter sa valeur, surtout si elle a été vite corrigée et les cartes avec l’erreur sont rares. Pour être clair, ce n’est pas seulement la première année d’une carrière qui voit des cartes ; elles sont imprimées chaque année où un joueur continue à jouer. C’est juste qu’une fois un joueur devient connu, ses cartes valent plus dès le départ, alors c’est mieux de les collectionner avant que l’on ne connaisse la fin de sa carrière.

J’ai récemment retrouvé mon ancienne collection de chez mes parents (j’ai récupéré beaucoup de choses de chez eux l’année dernière, mais il me faudra du temps pour les partager). Avant d’arriver à ce qui m’a mis en colère, je vais vous montrer quelque chose où j’ai gagné. Pendant les années 80s, il y avait un joueur pour les Minnesota Twins, Kirby Puckett, qui semblait sur le point d’une carrière digne du Temple de la renommée. J’ai sa carte de 1986. Voici les deux côtés :

Cette carte vient de la 3e de ses 12 saisons — il y a 6 saisons de statistiques car 3 viennent de ses années dans les ligues mineures, avant d’atteindre le plus haut niveau. Il était l’un des meilleurs joueurs de la décennie suivante et a fini par être élu au Temple de la renommée. Cette carte est particulièrement valable — et je l’ai découverte cette année, pas avant, parce qu’il y a une erreur. Sa date de naissance est le 14 mars 1960, mais la carte dit 14 mars 1961. La carte correcte vaut environ 20 $ ; celle-ci vaut environ 100 $.

Il s’est avéré après sa retraite involontaire suite à un glaucome qu’il était un saligaud même selon les autres saligauds. Adultère en série, il frappa sa femme plusieurs fois avant de perdre sa vue. Mais ça n’avait rien à voir avec sa carrière sur le terrain, et si on bannissait tous les saligauds du Temple, il serait vide à trois quarts.

Souvent, on fait de mauvais paris. Je faisais des efforts de collectionner les cartes d’un joueur des Yankees de New York, Don Mattingly, qui semblait un bon candidat pour le Temple :

Mais il s’est fait blessé, sa carrière a échoué, et ces cartes ne valent qu’un ou deux dollars chacune. Ça arrive.

Ça nous amène à pourquoi je suis en colère. Voici une carte de 1986, d’un joueur nommé Pete Rose. C’était la dernière année de sa carrière de joueur, et il était déjà l’entraîneur en plus ; il continuait en tant qu’entraîneur de son équipe jusqu’en 1989. Il a le plus de coups sûrs de tous les temps. On penserait que cette carte vaudrait quelque chose, non ?

Mais non. En 1989, il a été banni à jamais car il pariait sur les matchs, en particulier sur ceux de son équipe — ce qu’il niait pendant 2 décennies malgré de nombreuses preuves. J’étais si en colère, si dégoûté, que j’ai arrêté de collectionner les cartes — celle-ci m’avait coûté chère à l’époque.

En 2012, j’ai croisé Pete Rose. À Las Vegas. Il était là pour signer des cartes de baseball. Je ne lui ai rien dit — pour une chose, il fallait payer 25 $ pour avoir le droit. Autre chose, la seule chose que j’aurais dit, ça aurait été qu’il avait brisé le cœur d’un garçon de 13 ans. Et je savais déjà qu’il s’en fichait.

Cette semaine, le merde inutile qui est le commissaire de baseball, Rob Manfred, vient d’annuler son interdiction (lien en français !), ainsi que celles de tous les joueurs jamais bannis, tant qu’ils sont morts. Officiellement, c’est parce qu’à son avis, l’interdiction est pour la vie, pas pour éternité (en fait, il avait été banni à jamais, pas pour la vie). Ça veut dire que tous ces joueurs rempliront désormais les conditions pour être élus au Temple. Ma carte augmentera en valeur. On penserait que je serais content de cette nouvelle, non ?

Absolument pas. La vérité, c’est que pendant la dernière décennie, toutes les ligues professionnelles du pays cherchent plus de liens avec l’industrie du jeu, afin de profiter des paris. C’est corrompu à souhaits, mais les bookmakers aimeraient bien que leur nouvel ami Rob arrête de les traiter comme des parias. Ce qu’il commence à faire avec cette décision.

Il y a 30 ans, Pete Rose m’a trahi, ainsi que tous les autres fans du baseball. Cette semaine, c’est le sport de baseball lui-même qui m’a trahi. Il s’est vendu aux bookmakers et je ne le pardonnerai jamais.

Ici et là

Je me sens si, si proche d’atteindre la fin de ce brouillon. Je garde une liste de toutes les pages qui ont besoin de plus d’attention de ma part. Aujourd’hui, il ne reste que 27, dans un fichier qui fait maintenant 262. Alors vous pouvez imaginer comment je passe mes soirs en ce moment. C’est pour ça que vous avez le droit à un autre pot-pourri, comme on dit en anglais, de tout ce qui flotte dans ma tête :

J’ai fait un sondage sur la page Facebook du blog pour demander combien de sources sont citées dans le livre. À ce point, je n’ai reçu que 4 réponses, mais ne m’en attends pas à plus, alors je vais vous montrer une capture d’écran, puis vous dire la vérité :

Capture d'écran du sondage. De 4 réponses, 1 choisit de 50 à 100, et 3 choisissent de 100 à 150.

Le consensus est évidemment entre 100 et 150. Vous avez tous tort — il y 210 en ce moment, dans une bibliographie qui fait 15 pages. J’ai changé le format de notes de bas de page en bibliographie parce que ça rend le texte beaucoup plus facile à lire, et aussi parce que le livre a son côté intellectuel, même si c’est moi qui l’écrit. Je pourrais ajouter une cinquantaine de plus si je citais tous les films et chansons de même façon que les articles, les vidéos et oui, même les posts d’Instagram. Peut-être que je devrais le faire ; mon but était principalement d’éviter toute accusation de plagiat.

Je crois que j’aurai quand même des conversations intéressantes avec des éditeurs sur le sujet de ce que je peux faire quant aux recettes. J’ai fait des enquêtes sur les droits d’auteur français à cet égard, raison pour laquelle toutes les instructions sont réécrites. Les instructions sont protégées sous la loi française ; les listes d’ingrédients ne le sont pas. Mais je suppose que tout le monde pourrait se plaindre que j’essaie de profiter de leurs noms. Je ne sais pas. Comme j’ai dit, les conversations seront intéressantes.

J’étais bien surpris à apprendre que « tout et n’importe quoi » a un sens péjoratif. On m’avait dit que c’était l’équivalent de l’anglais « anything and everything », ce qui est neutre mais exprime que l’on fait son tout. J’aurai besoin d’un remplacement, car je le dis ici assez souvent !

J’ai fait quelque chose pour le dîner il y a deux jours. Un ami expatrié d’origine bretonne m’a dit qu’il lui semblait de la viande haché dans une poêle ; une amie belge m’a dit que je l’avais tout raté. C’est quoi ce plat selon vous ?

Carbonade flamande, dont la moitié du pain d'épices a été réservé jusqu'à la fin.

J’ajouterai que mon amie belge ne sait même pas que je l’ai fait avec la dernière bouteille de cidre qui restait dans mon frigo, pas de la bière. J’ai adoré le résultat, même si ce n’était pas traditionnel !

J’ai reçu un courriel du Temps des Cerises il y a deux jours, et je me trompai en lisant le sujet. La Fête des Mères aux États-Unis était le 10, et le 10 au Mexique, alors j’avais oublié qu’elle n’est pas encore arrivée en France cette année. Je pensais que ça voulait dire « Vous avez raté la fête des mères alors profitez-en des soldes pour vous-même ».

La légende dit « Fête des Mères : -30% pour lui (me) faire plaisir !

Dernière chose : La Fille ne le sait toujours pas, mais la semaine prochaine, elle assistera à un autre événement de l’OCA.

Avec ça, je vous laisse à demain !