En novembre, j’ai vu le mème suivant sur la page de Complots faciles :

Si vous ne connaissez pas la chanson « I Want to Break Free » par Queen, la voilà :
Perso, je préfère « Break Free » du jeu vidéo Super Mario Odyssey, mais ce n’est pas notre sujet.
Dans les commentaires, on a ajouté une photo avec un calembour, auquel j’ai dû répondre :

Je sais, je sais, vous cherchez tous vos claviers afin de me corriger, mais attendez un moment. Alors, dans l’anglais américain, on appelle ce genre de voiture « station wagon ». Mais au Royaume-Uni, et d’autres endroits qui ont tort, on dit plutôt « estate wagon » ou « shooting brake ». Dans ce cas, « shooting », tirer, vient de la chasse. Les voitures de ce genre s’appelaient anciennement « break de chasse » en France selon Wikipedia en…euh…anglais, alors ça ne devrait pas être une nouvelle choquante.
Mais le mème est correct : en anglais, « break » veut dire soit « casser » soit « briser ». « Le cœur brisé » se traduit par « a broken heart ». « Brake », par contre, veut dire « un frein » ou « freiner » (c’est le même mot en tant que nom et que verbe). Je n’ai jamais vu le mot tel qu’il est en français utilisé en anglais. Et il s’avère — je ne savais rien à cet égard — qu’à l’époque des voiture hippomobiles, la version originale était en fait « break ». Wikipédia — en français cette fois — l’explique :
Le terme français européen actuel vient, comme le nom des différents types de carrosseries automobiles, du nom d’un véhicule hippomobile : à l’origine, le break est une petite voiture destinée au dressage des chevaux (« to break » signifie dans le langage équestre « rompre », « dresser »).
Type de carrosserie
L’explication de l’anglais est correct — on dit toujours « break » en anglais pour dresser les chevaux.
J’ai aussi appris en recherchant ce mot qu’en anglais britannique, ils distinguent entre un « brake » et un « shooting brake » selon le nombre de portes — 5 pour le premier, 3 pour le dernier (le coffre étant considéré une porte). Quand on voyait ce mot dans les magazines américains consacrés aux voitures, c’était toujours juste « shooting brake ».
De toute façon, je ne suis pas le seul parmi mes amis à être fan de Complots faciles. C’était une chère amie qui a répondu à mon commentaire en haut :

Elle a répondu à ma question avec la pépite qui a rendu ce mot de la matière de Langue de Molière :

Selon elle, et l’article le dit vraiment, « break » est un faux anglicisme. Mais comme on a vu, c’est vrai seulement quant à l’anglais de nos jours — un britannique du XIXe siècle aurait certainement compris « break » d’exactement la même façon que le français de nos jours.
Et je mangerai mon brake — c’est-à-dire le frein de ma voiture — s’il s’avère qu’il y a deux tels exemples en français, où un anglicisme apparemment faux est en fait correct !
Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour boire un verre de champagne.



















