Je découvre la Haute-Loire

On continue maintenant le Tour avec le 43, la Haute-Loire. Avec un tel nom c’est évidemment au nord de la Loire — c’est donc logique qu’on le trouve au sud. C’est le département le seizième moins peuplé de la France et les habitants se nomment les altiligériens.

Je sais déjà ce que je ferai pour notre dîner, car je l’ai appris directement de ma prof de cuisine à l’Alliance Française. La Haute-Loire, c’est la sienne ! Il faut que je fasse de bon travail pour lui faire plaisir, hein ?

Heureusement, ce sera facile ! On commence avec l’un des vrais joyaux de la France, Le Puy-En-Velay (3 étoiles Michelin). Il nous faut parler d’abord de la Cathédrale de Notre-Dame-du-Puy (3 étoiles). Du XIIe siècle, la cathédrale est pleine de trésors — ses portes en cèdre datent du même siècle que le bâtiment, il y a de nombreuses fresques et murales, et surtout il ne faut pas rater la statue de la « Vierge Noire », une copie en cèdre du XVIIe siècle d’une statue offerte à la ville par le Roi Saint-Louis. Il y a aussi deux autres sites religieux incontournables au Puy-en-Velay : la Chapelle Saint-Michel-d’Aiguilhe (2 étoiles), située au sommet d’un rocher volcanique, et le Rocher Corneille (3 étoiles) avec sa statue de Notre-Dame de France, « réalisée en fonte de fer à partir des 213 canons pris aux russes à Sébastopol ».

On n’est pas fini avec Le Puy ! Avant de partir, on visite le Musée Crozatier pour ses trésors comme La Vierge au manteau, la peinture sur toile la plus ancienne de l’art français, et une Berline du XVIIe siècle qui me rappelle celle de Don Salluste. Juste en dehors de la ville, on trouve les ruines de la Forteresse de Polignac. Le guide Michelin suggère qu’on le regarde de la route N 102, sans la visiter. N’écoutez pas toujours nos amis chez Michelin ! Voici les points d’intérêt selon les responsables — moi, j’aimerais tellement voir le donjon et la tour de la Géhenne. (C’est un lieu sûr — malgré le nom, mon ex n’y vit pas !)

Au sud-est du Puy-en-Velay, on trouve les volcans (inactifs) du Massif du Mézemc (3 étoiles). Un peu au sud du Mézenc, il y a une excellente opportunité pour faire de la randonnée à Gerbier de Jonc (2 étoiles), un autre pic de lave avec une vue panoramique (3 étoiles).

Au nord du Puy-en-Velay, on visite La Chaise-Dieu (2 étoiles), avec une abbaye exceptionnelle (2 étoiles) et ses trésors, dont une collection impressionnante de tapisseries flamandes (3 étoiles). À l’ouest de La Chaise-Dieu, on trouve une autre abbaye, sœur de celle de La Chaise-Dieu, à Lavaudieu (1 étoile). On est là pour son cloître et ses fresques du XIe siècle. On finit par visiter Brioude (1 étoile), à quelques kilomètres au nord, et sa Basilique Saint-Julien (2 étoiles), un site de pèlerinages.

Qui sont les personnages les plus connus de la Haute-Loire ? Pour moi, le plus célèbre est certainement Gilbert du Motier, déjà connu sur ce blog par son titre, le Marquis de La Fayette. La joueuse de tennis Marion Bartoli, est née au Puy, et l’un des Français les plus intéressants, Jean-Baptiste Courtol, y passait sa carrière comme chasseur de vipères. Émile Reynaud, inventeur du Thêatre optique — duquel on a parlé pendant l’exposition de cinéma ici — vivait au Puy-en-Velay. Le Baron Haussmann était sous-préfet à Yssingeaux.

Quoi manger en Haute-Loire ? Y a-t-il vraiment une question sur leur produit agricole le meilleur connu, les lentilles du Puy-en-Velay AOP ? Je me sens tout à coup un peu le docteur Seuss : « On peut les manger en terrine, on peut les manger en verrine ! Tu veux les manger à la glace ? Avec un renard en terrasse ? » (C’est d’un conte sur un autre aliment vert.) Ma poésie est également nulle en anglais, je vous rassure. En plats principaux, on y trouve le manoul, une version des tripoux d’Auvergne, et la pouteille, un ragoût de bœuf et de porc. En dessert, il y a la coupetade, un genre de pain perdu aux pruneaux, et le milliard aux cerises, très similaire au clafoutis. Pour l’apéro, il y a un digestif local, la verveine du Velay (disponible aux États-Unis, mais plus de 50 $ la bouteille). On y trouve aussi deux fromages locaux au lait de vache, le Velay et l’Artisou de Haute-Loire.

9 réflexions au sujet de « Je découvre la Haute-Loire »

  1. Bernard Bel

    A propos de la statue de Notre-dame de France, j’avais oublié qu’elle est une récupération de canons russes, c’est d’actualité ! 😉 Mais il y a une autre histoire derrière sa construction : le dessin de l’architecte a été mal interprété par le chef de chantier, car à cette époque les conventions de dessin industriel n’étaient pas encore bien arrêtées. (Aujourd’hui il y a une convention « européenne » et une « américaine » qui est à l’inverse.)

    Bref, la statue a été inversée, de sorte que la dame porte l’enfant du côté droit au lieu du côté gauche. (Ça aussi c’est d’actualité !) Mais l’histoire (ou la légende ?) dit qu’à l’inauguration, quand l’architecte a découvert cette erreur, il se serait jeté du sommet du rocher. En tout cas c’est ce que racontaient les gens de la famille de ma compagne qui a vécu au Puy.

    À la Chaise-Dieu il y a une « chambre d’écho » où l’on entend, dans un coin, les murmures des personnes dans le coin opposé. Elle servait à confesser les lépreux — qui forcément ont beaucoup péché !

    La Haute-Loire, nous y allons chaque année faire un peu de camping sauvage. Merveiileux accueil ! Nous passons surtout du temps à Langeac, très petite ville qui est en train de devenir très agréable car des jeunes s’y installent pour tenir une boulangerie, une galerie artistique etc. Nous y apprécions particulièrement le café-librairie Grenouille (https://cafe-grenouille.blogspot.com/), je fais de la publicité ! 😉

    Aimé par 1 personne

    Répondre
  2. Bernard Bel

    L’Artisou de Haute-Loire, c’est un fromagee dont la croûte est peuplée d’artisons, qui ne sont rien d’autre que des acariens qu’on peut examiner à la loupe. Ils mangent la croûte puis s’attaquent au fromage ! Typiquement le produit qu’il serait interdit d’importer aux USA comme une arme de destruction massive 🙂

    Aimé par 1 personne

    Répondre
      1. Bernard Bel

        C’est possible… Dans leur idée, les artisons « fabriquent » le fromage, ce qui n’est pas vrai : ils le mangent. D’ailleurs, sur le marché, beaucoup de producteurs proposent ce fromage « sans les artisons », ce qui rassure les touristes.

        Aimé par 1 personne

  3. Ping : Épisode 8 | Un Coup de Foudre

Répondre à Bernard Bel Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s