L’attaque de mes cousins

Bonjour, tout le monde, c’est M. Descarottes à la parole. Le gros type est dans tous ses états en ce moment — comme d’hab — alors c’est à moi de vous amuser. Heureusement, quand on est rongeur, on a une grande famille — pas autant que les cafards, peut-être, mais assez — et il s’avère que mes cousins ont repris mon travail éternel de ne jamais le laisser tranquille.

M. Descarottes dans sa cage, regardant l'appareil photo de près, le nez contre les barres, la tête tournée légèrement à droite. Sa gamelle en métal est visible derrière lui.

Vous savez déjà qu’il ne peut plus aller nulle part, car sa voiture est en panne. Vu mon dernier trajet dans sa fichue bagnole — je ne suis pas revenu encore vivant, ça vous parle ? — je m’en fous absolument pour lui. Mais La Fille doit toujours aller au lycée alors je suppose que c’est important de régler le problème.

De toute façon, je sais qu’il n’a rien dit, mais la semaine dernière, il avait lavé sa voiture. Qu’est-ce qui est donc arrivé hier matin ? Il pleuvait, mais juste un peu ! Juste assez pour gaspiller l’argent qu’il avait dépensé ! Je vis pour ces moments. Ou plutôt… bah, vous savez.

Quand il est arrivé chez le concessionnaire, il a dû attendre 20 minutes avant que quelqu’un n’arrive enfin l’aider. Sous la pluie. Il a expliqué au conseiller ce qui s’est passé, puis le mec a ouvert le capot. Et c’est comme ça qu’il a découvert que mes cousins étaient occupés. Voilà !

C'est le couvercle qui couvre les cylindres du moteur. Des crottes sont visibles dans les fissures entre les cylindres.
Gros-plan de leur travail dans toute sa splendeur

Il a dit au gros, « Tu te soucies de ta voiture même un peu, toi ? Ce sont des crottes de rats ! »

HAHAHAHAHAHAHAHAHAHA !

Le gros, con qu’il est, a répondu, « Mais je te jure que ce n’était pas là quand j’ai ajouté de l’antigel hier ! » Comme s’il faisait la moindre attention ! Il n’a aucune idée !

On attend toujours l’explication de ce qui s’est passé. Il a fait appel au garagiste vers 15h30 pour prendre des nouvelles de son corbillard, et c’est ainsi qu’il a découvert qu’en fait, personne n’allait examiner le truc jusqu’à mardi. Il y en a trop, là. Alors, permettez-moi de râler brièvement de deux choses que je n’aime pas chez les concessionnaires, parce que se foutre de sa gueule, c’est réservé à moi et à La Fille !

D’abord, tout le monde aux États-Unis dit « Je serai bientôt à ta disposition » en voyant un client, et ce n’est presque jamais le cas que la première personne — ou la deuxième — qui le dit finira par vous aider. C’est un mensonge stupide car « quelqu’un » ne sonne pas assez personnel, et donner de fausses impressions de s’en soucier, de la fausse amitié, c’est la tâche la plus importante pour les états-uniens (vous savez qu’il déteste ce mot, hihihi). Franchement, s’il avait eu l’habitude de me dire pareil quand je couinait pour signaler l’heure de carottes, j’aurais été mort de faim bien avant le moment maudit. Ne le lui dites jamais, s’il vous plait, mais j’apprécie un peu qu’il ne m’ait jamais menti comme ça.

L’autre chose, c’est que tous les concessionnaires ne veulent plus que les clients s’attendent à parler à la même personne même pendant une seule visite. Quand il a fait son appel et a demandé à parler à Connardo (peut-être un pseudonyme), son conseiller, la standardiste lui a répondu que « un membre de l’équipe te rappellera ». (N’oubliez pas, tout « you » en anglais se traduit par « tu ». Je propose « tu-tous » pour le pluriel.) La Fille a besoin de la voiture d’ici mercredi ; à défaut, d’une voiture de location ! Quelqu’un doit prendre en charge la responsabilité de réparer ce truc.

Mais quand un mécanicien ouvre le capot demain et trouve le problème, j’espère sincèrement qu’il ne sera pas le cas que l’un de mes cousins en est responsable. Non parce que je me sentirais coupable ou honteux, rien comme ça. Non, c’est plutôt parce que l’antigel est bien toxique, et je ne veux pas penser qu’en plus de ses autres défauts, il ait empoisonné l’un de mes cousins !

Laisser un commentaire