Archives de l’auteur : Justin Busch

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A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Les erreurs les plus lamentables

J’ai appris beaucoup de choses ce week-end que je n’aiment pas du tout. Il y a des erreurs que j’ai faites des milliers de fois ici sans que personne ne les mentionne.

Statue où Caïn tient son visage dans sa main
Caïn venant de tuer son frère Abel, de Henri Vidal, Jardins des Tuileries à Paris, France, Photo par Alex E. Proimos, CC BY 2.0

En 2022, j’ai partagé sur Facebook un mème qui se moque de l’âge de M. Michel Drucker en ajoutant :

« Aux États-Unis, notre version de M. Drucker s'appelait Dick Clark. Il est mort depuis quelques ans, mais puisque la lumière des étoiles vient du passé, peut-être que l'on le reverra après tout. »

Ma chère amie Pascale m’a répondu que :

« Bien vu ! Au fait, Justin, on dit "des années." »

J’en ai tiré la mauvaise leçon. Depuis ce temps-là, j’écris chaque fois « des années », « des minutes », « des heures », etc. Mais beaucoup de mes bénévoles m’ont corrigé avec « quelques » au lieu de « des ». Voici un petit « best-of » du blog :

Il y a des années, quand j’ai entendu « Douliou Douliou Saint-Tropez » pour la première fois…

Don’t you Saint-Tropez

Il y a des années, avant cette aventure, une amie m’a dit quelque chose de très perspicace.

Mon t-shirt chef Dumas

Il y a des mois, j’ai lu un article sur France 3 Bretagne qui se traitait d’un cloître gothique breton. 

La Bretagne au Kansas

Si j’ai bien compris, j’aurais dû écrire « quelques » chaque fois.

Et parlons de « chaque fois ». D’habitude, j’écris « à chaque fois ». Mais j’ai lu encore et encore des corrections pour me dire d’éliminer les « à ». Puis j’ai découvert cette astuce de l’Académie française :

À chaque fois (que) est tout à fait correct, d’emploi plus rare et plus littéraire que chaque fois (que).

Dire, ne pas dire

Je ne sais pas s’il reste des lecteurs qui s’en souviennent, mais il y a longtemps, avant de rejoindre l’OCA, j’avais l’habitude d’écrire sans « ne », afin de pratiquer la langue comme je l’utiliserais à l’oral. J’ai reçu assez de plaintes pour arrêter ça, mais personne ne m’a jamais dit « n’écrivez pas « à » dans ce cas » ! Et maintenant tout le monde le fait !

Un de plus ? Voici l’erreur la plus gênante de tout le blog. Je viens d’apprendre que c’est « couper en dés », pas « couper en dès ». J’ai failli faire une crise cardiaque en apprenant ça. Voilà :

1/2 heure avant de commencer, sortir le beurre du frigo et le couper en dès afin de ramollir.

La tarte normande

Pendant ce temps, couper le Roquefort en petit dès.

Mon dîner val-de-marnais

Il y a des centaines d’exemples de cette erreur. Mais il faut remonter jusqu’à mon dîner rhodanien pour trouver un exemple de l’usage correct, et là, j’ai aussi écrit « Couper le paleron en dès ». En fait, il n’y a que 3 autres recettes sur tout le blog, toutes de l’époque où j’avais l’habitude de copier-coller des instructions, qui sont correctes à cet égard : Mon dîner manchois, Mon dîner cantalien, et Les chouquettes. Ouaip.

Ai-je mentionné que j’ai collé certains de ces « dès » dans les bulletins de l’OCA, et personne ne les a jamais remarqués non plus ? Gê-naaaaaaaaaaaant !

Le français n’a pas de bons mots pour exprimer le point auquel je suis gêné en ce moment. L’allemand en a probablement des centaines.

Saison 4, Épisode 16 — Le début de la fin (du livre)

Quel week-end, les amis ! J’ai sauté mon resto italien hebdomadaire vendredi afin de ne pas quitter mon ordinateur. Il m’a fallu plus de temps que prévu avec les corrections d’une lectrice qui a fait un sacré boulot — plus une réécriture qu’une correction. J’ai beaucoup appris en lisant ses propos, mais au nom de garder une voix dans le livre, il m’a fallu des heures pour décider quoi garder.

Mais samedi soir, j’ai accepté une invitation de mes parents de tester un nouveau resto mexicain pas loin d’ici, dont le propriétaire est l’acteur Mark Wahlberg. C’est seulement la deuxième fois de la vie du blog où je suis allé dans un resto car le propriétaire était célèbre — et l’autre fois, c’était pour M. Pokora. Très peu d’entre vous étaient ici pour ça, alors voici un lien au récit. À noter, c’était à Los Angeles, pas en France — ne me demandez pas comment il est arrivé qu’il s’est investi dans un tel projet. Je ne sais pas moi-même.

De toute façon, voici des photos du burrito et du « pain perdu à la mexicaine ». Les deux ont l’air bon, mais le goût et le rapport qualité-prix n’étaient pas à la hauteur des attentes.

Mais puisque nous étions là, nous sommes passés par Barnes & Noble, la seule chaîne de librairies restant aux États-Unis. On me dit parfois — et je viens de vous raconter une telle histoire la semaine dernière — que je devrais sortir une version anglaise de mon livre. Au-delà du fait que ce sera le livre le plus franchouillard du XXIe siècle, j’y ai pris une photo pour vous montrer le problème pratique :

Table recouverte de livres

Le panneau dit « Nouvelle fiction » alors ce n’est pas une comparaison directe, mais… il y a 58 livres différents sur cette table. Combien imaginez-vous sont écrits par des hommes ?

6. Ainsi que deux par des auteurs qui ont des noms étrangers qui ne me parlent pas. Mais ce problème est bien connu aux États-Unis depuis une décennie. Si j’avais des preuves d’une réussite ailleurs, le calcul changerait, mais lancer un livre destiné au grand public ici est une mauvaise idée de mon côté.

Certaines choses restent familières. En 2022, j’ai écrit un billet sur comment choisir les prénoms étrangers pour une œuvre de fiction, et pour vous montrer le niveau faible de nos auteurs, j’ai rassemblé des exemples de 4 romans récents qui se déroulaient en France. Je me souviens bien d’avoir remarqué — mais je ne suis pas sûr si j’ai publié mes pensées sur le sujet — que les « intrigues » étaient largement des citations des cartes :

« Jean-Kévin marchait rue des Cons. Puis il a tourné à droite, dans la rue des Bêtes. Avez-vous remarqué que tous ces noms sont en français ? Si exotique, cher lecteur ! Puis un camion a percuté Jean-Kévin, ce qu’il méritait car nommé Jean-Kévin. »

J’ai dû ajouter ça, car j’ai fait une promesse à Jours d’humeur à l’époque (c’est au lien en haut) que si j’écrivais une telle histoire, il y aurait un Jean-Kévin qui mourait « de façon aussi brutale que stupide ». Je tiens mes promesses. De toute façon, un livre sur la table en haut était comme ça, avec des mentions d’un Monoprix, un « Parc de Songeons » et une « Rue de Paris », ainsi que les mots « tabac », « crêperie » et « salon de thé » tous en italiques. Ça n’ajoute rien sauf l’air étranger. La photo du texte est à haute résolution pour vous amuser :

Notre blague se traite d’un chien malin — pour la deuxième semaine de suite. Nos articles sont :

Les gros-titres sont Switch et Bugs Bunny. Il n’y a pas de Bonnes Nouvelles — j’avais trop d’autres choses à faire

Sur le blog, il y a aussi C’est le 1er, version juillet 2025, ma revue mensuelle de mes blogs préférés, Ponctuation de Molière, sur certaines questions de ponctuation, Adieu à une amie du blog, où une amie de 3 ans a quitté tout présence en ligne, et Le choc culturel, plus tard que prévu, sur certaines expériences liées à la relecture du livre du blog.

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Assiette de madeleines à l'orange et au chocolat, avec un côté trempé dans du chocolat noir.

Dimanche avec Mme Bontemps

On reprend maintenant « À l’ombre des jeunes filles en fleurs ». Cette fois, j’ai avancé de 25 pages.

La vie arriviste continue d’être notre sujet :

Odette continuait à être la cocotte illettrée bien différente des bourgeois ferrés sur les moindres points de généalogie et qui trompent dans la lecture des anciens mémoires la soif des relations aristocratiques que la vie réelle ne leur fournit pas.

Je dois vous dire, il ne m’est jamais venu dans l’esprit de lire des anciens mémoires pour manque de relations aristocratiques. Pourtant, au-delà une autoproclamée « comtesse » qui vivait à San Diego en même temps que moi, je n’ai jamais côtoyé une telle personne. (J’ai recherché son prétendu titre ; elle aurait dû être portugaise, ce que je crois n’était pas le cas.)

Je me souviens de pourquoi Swann m’énerve :

[Swann] était écouté par Odette, habituellement sans intérêt, assez vite, avec impatience et quelquefois contredit avec sévérité.

Ça me rappelle quelqu’un qui je vois régulièrement dans des miroirs le matin. Et en parlant de choses familières, il faut ajouter qu’en expliquant la concurrence entre la bourgeoisie pour avoir des connaissances exclusives, Proust dit quelque chose d’horriblement américain :

Mais comme les nouveaux décorés qui, dès qu’ils le sont, voudraient voir se fermer aussitôt le robinet des croix

C’est une plainte extrêmement commune chez moi, surtout en parlant des « nouveaux riches » (c’est une expression anglaise pour dire « des gens qui viennent de devenir riches »).

Dans ce cas, il s’agit d’une dame, Mme Bontemps, une connaissance des Swann, qui se trouve particulièrement en concurrence avec les Cottard :

Or ce projet qui allait paraître en effet plaisant, dans le sens ancien du mot, aux Cottard, avait le don d’exaspérer Mme Bontemps. Elle avait été récemment présentée par les Swann à la duchesse de Vendôme et avait trouvé cela aussi agréable que naturel. En tirer gloire auprès des Cottard, en le leur racontant, n’avait pas été la partie la moins savoureuse de son plaisir.

Honnêtement, je trouve ça fatigant. Je ne connais pas la duchesse de Vendôme, mais sûrement elle peut connaître plus qu’une personne à la fois ?

Puis notre attention se porte ailleurs. Swann se souvient qu’il s’inquiète toujours sur la question de l’infidélité d’Odette avec Forcheville — quelque chose qui ne nous occupe pas depuis 400 pages ! Il se dit qu’il ne s’en soucie plus, pourtant :

Il continuait à tâcher d’apprendre ce qui ne l’intéressait plus, parce que son moi ancien, parvenu à l’extrême décrépitude, agissait encore machinalement, selon des préoccupations abolies au point que Swann ne réussissait même plus à se représenter cette angoisse, si forte pourtant autrefois qu’il ne pouvait se figurer alors qu’il s’en délivrât jamais et que seule la mort de celle qu’il aimait (la mort qui, comme le montrera plus loin, dans ce livre, une cruelle contre-épreuve, ne diminue en rien les souffrances de la jalousie) lui semblait capable d’aplanir pour lui la route, entièrement barrée, de sa vie.

Est-ce une promesse ? Ou cette mort, arrivera-t-elle dans un autre tome ? Je demande pour un ami, hihihihi.

Nous lâchons enfin toutes ces petites jalousies pour la vie sociale du narrateur avec Gilberte. En aparté, nous apprenons que :

Le nom de Noël était du reste inconnu à Mme Swann et à Gilberte qui l’avaient remplacé par celui de Christmas

Désolé, quoi ? Il n’y a pas d’anglophones impliqués dans cette affaire. D’où vient cette bêtise, Marcel ? Peut-être qu’il parle de l’acteur Noël Roquevert. Mais je le doute.

Il suit une dizaine de pages ou le narrateur rend visite aux Swann sans intérêt. Puis, tout à coup, au moins en version anglaise, on lit un mot qu’il ne faut même pas avouer savoir en anglais ; pourtant, il apparaît à plusieurs dans ce dialogue. Je ne vous donne que le début :

— Allons, Charles, ne vous moquez pas. — Mais je ne me moque nullement. Enfin, elle s’adresse à un de ces noirs : « Bonjour, négro ! »

Si j’ai dit — et je n’ose ni taper ni même lier — le mot de la traduction pour « négro », je ne serais pas seulement viré, mais je risquerais de perdre mon appartement. Autant je suis choqué que cette traduction publiée pendant les années 1990 l’utilise, autant je dois vous dire que ça aborde le sujet dont j’ai le moins envie de parler.

Où j’ai fini, heureusement on a quitté ce dialogue pour passer à la grande estime que Gilberte porte à son papa, Swann. En quelque sorte, elle est au courant de Mlle Vinteuil, qui nous n’avons pas vu depuis le milieu de « Du côté de chez Swann », et elle ne l’aime pas du tout. Ça me convient — je n’ai rien de gentil à dire sur Mlle Vinteuil non plus !

Ici et là

C’était le 4 juillet hier, alors tout le pays était en vacances, parti à la recherche de l’Ombre jaune de hot-dogs et de feux d’artifice. Moi, j’ai plutôt passé 15 heures devant mon ordinateur pour vous-savez-quoi. Et je ferai pareil samedi et dimanche ! Je n’ai donc pas grand-chose, mais quelques nouvelles :

Peut-être que vous vous souvenez de la farce que j’ai faite à La Fille à la sortie du jeu « Tears of the Kingdom » — après des mois d’efforts, j’ai réussi à réserver une copie de l’édition spéciale du jeu, mais je lui ai dit que j’avais échoué. Début juin, la Switch 2 est sortie. Cette fois, je n’ai pas eu besoin de mentir — les pré-commandes pour ce truc étaient encore pires que la queue virtuelle pour les billets d’Indochine ! Cependant, avec le bon compte Nintendo, j’ai eu le droit de faire une autre queue virtuelle chez Nintendo — il enverraient un courriel quand ce serait mon tour, puis j’aurais quelques heures pour effectuer l’achat ou perdre ma place.

Je suis ravi de vous dire que j’ai regardé mes courriels au bon moment. J’ai reçu ce courriel mercredi, qui dit « Bonnes nouvelles ! Nintendo Switch 2 plus Mario Kart t’attendent ! »

Bonnes nouvelles ! Nintendo Switch 2 plus Mario Kart t'attendent !
Capture d’écran

La Fille l’aura mardi. Elle ne sera pas ici jusqu’au lendemain de ce jour-là, mais je ne vais pas la « tester ». C’est à elle, et la vielle Switch deviendra la mienne.

Honnêtement, ce que vous ne saviez pas, c’est que je ne peux plus jouer aux jeux qui ont besoin de plus de 20 minutes à la fois. Les manettes font mal aux mains — sacré canal carpien ! Alors tout ce dont j’ai vraiment envie en ce qui concerne les consoles, c’est de jouer à de vieux trucs de Super Nintendo de temps en temps, exactement la raison pour laquelle nous avons le bon compte.

J’ai enfin réussi à trouver des pistaches décortiquées dans mon « pas super-marché », une semaine après ma date limite. Mais quelque chose de bizarre se passe :

À gauche, c’est 170 grammes de pistaches décortiquées salées pour 4,29 $. À droite, c’est 227 grammes de pistaches décortiquées non-salées — ce dont j’avais besoin ! — pour 9,99 $. Peut-être que quelqu’un de plus malin que moi peut expliquer pourquoi moins d’ingrédients coûte deux fois de plus, surtout venant de la même fausse marque (c’est la marque bio du supermarché).

J’ai reçu une notification absolument bizarre de Facebook il y a des jours :

Capture d'écran : « C'est le 2e anniversaire de la sortie de L'aventurier. Partagez la chanson pour fêter l'occasion. »

Nous avons parlé de « l’effet Mandela » avant, mais je crois que nous sommes tous d’accord que ça fait plutôt 43 ans, pas 2.

Je crois qu’au passé, je vous ai dit que je suis allé à un très petit lycée, qu’il n’avait que 66 élèves dans ma promotion. Je doute que j’aie mentionné que le temps que 2019 ait fini, nous n’étions que 60. C’est un groupe maudit. Jeudi, nous étions 59. Je ne sais pas exactement ce qui est arrivé, mais j’ai dit à un ami de la famille que s’ils en veulent pour les funérailles, je ferai une centaine de macarons. Mon copain de classe les a goûtés l’année dernière, et il les a adorés. C’est le moins que je puisse faire.

De toute façon, arrêtez de vous plaindre tous de la canicule. 35 degrés, ce n’est rien par rapport à Elbe-en-Irvine ! 66° chez moi !

Capture d'écran qui montre qu'il fait 66°, et fera jusqu'à 78° au pire -- mais ne montre pas qu'il s'agit de degrés Fahrenheit !

Je sais. Mais j’ai dû essayer !

Le choc culturel, plus tard que prévu

Vous alliez avoir tout autre article aujourd’hui, quelque chose d’attendu depuis longtemps. Cependant, j’essaie sincèrement de finir le livre cette semaine, pendant que La Fille n’est pas à la maison. Il me faudra 3 heures pour finir ledit article, et je ne les aurai pas jusqu’à ce que je finisse.

Statue où Caïn tient son visage dans sa main
Caïn venant de tuer son frère Abel, de Henri Vidal, Jardins des Tuileries à Paris, France, Photo par Alex E. Proimos, CC BY 2.0

D’abord, j’aimerais dire deux choses.

En premier, je suis toujours prêt à me blâmer pour tout. La Fille et moi avons même une chanson sur ce sujet, sur l’air d’une chanson des années 70. En anglais, le titre dit « Tout est beau », mais nous chantons plutôt « Tout est la faute à Justin » (croyez-moi, en anglais ça convient mieux aux paroles originales).

L’autre chose, la faute pour tout malentendu lié au livre est la mienne. Par exemple, il y a une métaphore que j’ai inventée ici en juin 2024 qui forme une partie importante du récit. Ça se trouve vers la fin de mon article sur Eddy Mitchell, et je l’ai adoptée partout — l’idée étant qu’il y a deux France, la moderne, symbolisée par Eddy Mitchell, et la traditionnelle, symbolisée par Maïté. J’aurais dû envoyer une copie de ce chapitre à chacun de mes bénévoles. Je regrette la confusion exprimée par chaque personne qui s’en est plainte. Je crois sincèrement que tout s’accorde très bien quand on lit le livre en entier, mais sans contexte, je comprends le problème.

J’ai passé du temps avec 2 retours hier soir, l’un reçu il y a deux semaines, pas d’un lecteur habituel, et l’autre, reçu très récemment. Jusqu’à ce point, je n’ai jamais expérimenté vraiment ce que j’appellerais un « choc culturel ». Des différences, bien sûr, mais un moment où je me suis dit « Est-ce que j’ai tout mal compris ? », jamais. Maintenant, ça fait deux, peut-être trois fois.

J’entends souvent des Français qui ont étudié aux États-Unis que notre système de notes est trop gentil, qu’une « A », la note la plus haute possible chez moi, ne vaut qu’un 15/20 en France. J’entends parfois que j’exprime plus de fierté envers La Fille que ce qui est normal en France, et que les parents américains ne sont pas assez stricts par rapport aux parents français.

Disons que je comprends maintenant. Je m’inquiète que mes propres habitudes me mènent à voir des choses qui ne sont vraiment pas là, et je ne cafarderai sur personne. Mais je dirai que le français est une langue très nuancée, alors des mots comme « rien » et « aucun », pour décrire le sens d’une phrase, frappent comme des masses. Chez moi, ces mots ne seraient pas utilisés à moins que le texte soit du vrai n’importe quoi. J’ai pourtant l’impression que ce n’est pas l’intention, mais je suis mal placé pour faire moi-même les distinctions.

Mais l’autre critique est venue de quelqu’une que je considère une chère amie, qui m’a dit « ton experience pourrait intéresser des américains plutôt que des français. Pourquoi ne pas l’écrire aussi en anglais ? » J’espère que j’ai mal compris. « Plutôt » se traduit toujours par « rather », ce qui veut dire « au lieu de », pas « ainsi que ». Alors la première phrase me semble dire que j’aurais dû écrire en anglais au lieu de français, et que le sujet n’intéresse pas les Français. Cependant, la deuxième phrase dit clairement « aussi », et il me semble que ça ne veut pas dire ce que je craignais. Je ne crois pas du tout que cette personne veuille me blesser, mais je galère sincèrement à lire la première phrase d’autre façon.

Un troisième lecteur m’a dit quelque chose que je ne comprends même pas. Il s’agit des césures. Apparemment, je devrais les faire à la main, car selon cette personne, à chaque fois où le logiciel ajoute une césure, il faut mettre un trait d’union à la fin d’une ligne, où le mot est coupé, puis un autre au début de la ligne suivant, où le mot se reprend. Pourtant, quand je lis Le Canard enchaîné ou des livres sur Kindle, je ne vois que des traits à la fin des lignes, comme ici :

Capture d’écran du Canard

J’ai passé une heure en recherchant comment faire ça automatiquement dans LibreOffice, mon logiciel de choix, sans succès. Est-ce que vous ajoutez vraiment les césures à la main ?

Je me demande donc en ce moment si je viens de perdre des mois d’efforts. Mon idée fixe la plus durable, c’est qu’en fait je suis très faible, et que vous êtes tous trop gentils avec moi. J’ai entendu de nombreux commentaires enthousiastes, mais l’un de mes thèmes, c’est exactement que tout ça me semble incroyable. Je m’attendais à une crise de confiance tôt ou tard, parce que je me connais. Mais je m’attendais à ce que ce soit fait maison !

Adieu à une amie du blog

J’ai le cœur brisé et cette fois, je dois me demander si c’était en partie de ma faute. Je vous dirai tout d’abord que personne n’est mort pour autant que je sache, mais c’est presque certainement une perte permanente.

Si vous êtes ici depuis longtemps, peut-être que vous vous souvenez d’un billet pour présenter deux connaissances sur Twitter en région strasbourgeoise, « Les bons œufs de Twitter ». Le gros-titre lui-même était un calembour sur les anciennes photos de profil sur ce site-là, qui étaient des œufs pour ceux qui ne se souciaient pas d’en prendre une, ainsi qu’une expression en anglais. Si vous n’avez pas envie de le lire, je connaissais les deux sous les noms d’Internet de Homer et ytrezaa.

Comme beaucoup de monde, les deux ont largement quitté Twitter pour Bluesky. Vu le manque de réponses sur les deux de nos jours, j’ai tendance de les visiter juste pour poster des liens vers mes articles. Mais à chaque fois où je visitais Bluesky, puisque je savais que ytrezaa avait l’habitude de poster le matin en France, je vérifierais si elle avait mis quelque chose là et lui donnerais une mention j’aime.

Hier je me suis rendu compte que ça faisait des semaines depuis la dernière fois où je l’avais vue. Plus de semaines que ce que j’ai imaginé. Alors j’ai vérifié mes réponses, et il me semblait que notre dernière conversation a impliqué une situation aux États-Unis qui l’avait contrariée :

Post sur Bluesky en réponse à un post supprimé, où j'ai expliqué pourquoi le gouvernement fédéral avait le droit de arrêter un maire qui est entré dans une prison sans autorisation.

Mais je sais que j’avais aimé quelques posts de son côté après, alors je ne crois pas qu’elle m’ait bloqué à cause de ça. C’était elle qui m’avait invité à Bluesky (quand c’était nécessaire) pour commencer :

Post sur Twitter pour annoncer que j'étais désormais sur Bluesky aussi, en remerciant ytrezaa pour l'invitation.
Capture d’écran

Cependant, il me semble qu’en fait, je ne suis pas bloqué. Elle a simplement supprimé ses comptes sur les deux sites.

J’espère que ce n’était pas quelque chose que j’ai dit — je me blâme toujours pour ces choses, mais la vérité, c’est que je n’ai pas d’infos à cet égard. Ce qui m’a fait rendre compte que quelque chose n’allait pas, c’était que nous nous sommes rencontrés à cause d’une autre connaissance commune, Steve Olson — et je viens de corriger la partie de mon livre qui raconte son histoire.

Je sais que rien ne dure pour toujours, et tout le monde nous quitte tôt ou tard. Et je sais que chacun a ses propres raisons. Mais l’année dernière a vu beaucoup de pertes — Pascale, M. Descarottes, et maintenant ytrezaa — et honnêtement, je n’en profite pas.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Ponctuation de Molière

J’avais planifié tout autre chose pour aujourd’hui, mais c’est la ruée vers la fin du livre, alors je vais poser plusieurs questions où mes bénévoles me semblent ne pas être d’accord, et Projet Voltaire ne suffit pas pour combler les écarts. Dans tous les cas, il s’agit de ponctuation.

Mais avant de continuer, vous souvenez-vous de la Langue de Molière où j’ai écrit sur l’accord de « tout » avec les noms ? Grâce aux corrections reçues, je sais maintenant que la « règle » citée dans ce billet-là n’est pas correcte — si « tout » peut être ôté, il n’y a pas d’accord, mais autrement, oui. Alors il n’y a rien à voir avec le genre ! Je vous jure…

Il y a plusieurs questions qui tournent autour des virgules. À votre avis, faut-il mettre une virgule après surtout dans cette phrase ?

Elle a plus de trente mille abonnés sur les réseaux sociaux, et surtout quand on parle d’Instagram, il y a des comptes beaucoup plus petits que le sien qui ignorent tout commentaire.

Et un truc pareil — faut-il mettre une virgule après « Ou » dans la première phrase ? Ou après « Mais » dans la deuxième ? Est-ce que ça change si ces mots se trouvent au milieu d’une phrase plutôt qu’au début ?

Ou pour prendre un autre exemple pour ce même blogueur américain

Mais comme peu de « youtubeurs »,

Voici une autre question sur les virgules. Selon vous, est-ce que l’on ne les mettent pas devant le dernier élément d’une liste ? Par exemple, est-ce que je devrais supprimer la virgule après Australie dans cette phrase ?


Mais après, on trouve aussi de nombreuses expressions parallèles en trois formes de l’anglais – telle qu’elle s’utilise au Royaume-Uni, en Australie, et aux États-Unis !

Et encore une autre sur les virgules — vous avez déjà vu cette phrase. Je suis bien convaincu que la bonne pratique au début d’une citation est de mettre un deux-points avant la citation, alors ça fait 5 ans que je me trompe. Mais quand la phrase continue APRÈS la citation, comme ici, devrais-je mettre la virgule ou pas ?


Si j’avais le moindre doute sur l’avis des jeunes Français sur l’importance du Débarquement et après (Busch, 2021d), les mots que l’on lit en entrant dans le musée : « Le 6 juin 1944, sur les plages de Normandie, plus de 10 000 jeunes soldats sont tombés pour notre liberté », ne laissent aucune question.

Et voici une question d’orthographe qui arrive encore et encore. Faut-il mettre un espace entre le nombre et le « h » dans une heure, tel que « 13 h » ? Ou est-ce « 13h » ? Je croyais toujours que c’était le dernier, mais on vient de me dire que je me trompe.

J’écris le « Jour J » à chaque fois pour parler du 6 juin 1944, mais deux personnes me disent que les Français écrivent de nos jours « D-Day ». Et oui, ça se trouve dans le livre qu’Audrey m’a envoyé en 2023. C’est bien connu que je fais des efforts extraordinaires pour éviter les anglicismes, mais dans ce cas, il me semble que je devrais suivre la pratique actuelle.

Il y a longtemps, on m’a dit que l’on n’écrit pas « les années 80’s », mais plutôt « les années 80s », ce qui est ma pratique pendant toute la vie du blog. Mais plusieurs personnes me disent maintenant qu’il faut écrire « les années 80 ». Je suis prêt à les remplacer tous, mais seulement une fois. Alors, quelle est la bonne forme ? Et est-ce différent si on ajoute le siécle : « les années 1980(s) » ?

Une question sur les noms des livres et des films ; j’ai l’habitude de les mettre entre guillemets : « Le Mur de l’Atlantique », « L’Appel d’Am-Heh ». Certains ont supprimé les guillemets ; d’autres les ont conservés. Quelle pratique devrais-je suivre ? Ou est-ce que les guillemets sont la mauvaise chose, et je devrais mettre les titres en italique ?

Désolé pour toutes les questions, mais il me semble que l’important, c’est de choisir des pratiques cohérentes, et les suivre partout. Au moins nous sommes au point où c’est ce qui me préoccupe, plutôt que les contenus eux-mêmes !

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine avec les contenus qui étaient censés être notre sujet du jour.

Bannière qui dit « C'est le 1er » avec des dessins de 3 desserts : bûche de Noël, religieuse, macaron à la framboise

C’est le 1er, version juillet 2025

Je continue de copier Light & Smell avec des listes de mes articles préférés au premier du mois. Ça vient d’Allez vous faire lire, mais je ne suis pas exactement ses règles.

La liste de « à encourager » explose. J’ai l’impression que c’est le temps de dire des « adieux », mais tout comme mon « cimetière d’applis perdues », j’ai du mal à le faire. Cependant, il rendrait cette tâche plus facile.

Dans de meilleures nouvelles, j’ai reçu une sacrée quantité de retours sur le livre hier. Il ne me reste qu’une page blanche. Et je suis particulièrement fier de mes solutions pour les autres qui me restaient il y a 3 semaines. Je crois que le manuscrit prendra sa forme finale le week-end prochain. Avec ça, j’aurai un cadeau pour chacun de mes bénévoles.

Bannière qui dit « C'est le 1er » avec des dessins de 3 desserts : bûche de Noël, religieuse, macaron à la framboise

Nouveaux à moi :

  • Toujours rien. Trois mois de suite comme ça, c’est choquant !

En vacances :

  • Il Est Quelle Heure sera de retour en septembre. Juillettiste et aoûtienne, apparemment. Qu’est-ce qui deviendra Langue de Molière ? (Ne vous inquiétez pas ; j’ai assez de notes pour 2 mois de billets.)

Les habituels :

Actif ailleurs :

Mathilde’s little things n’a rien publié ce mois, mais ne va nulle part.

À encourager :

Rien de nouveau chez Manonpatis, Le site du Shifâ’, Carnets d’une plume, Le Stylo sous la Gorge, Bonheur des yeux et du palais, Le journal des Jum’s, La lectrice en robe jaune, Les souris de Paris, La tête dans le panier, La triade littéraire de Velaris, L’autodidacte aux mille livres, Les Dédexpressions, Et si Facebook disparaissait?, Thriller Addict, Bessie’s Bazaar, Je suis sur la route, Maman Lyonnaise, L’Atelier du Phoenix, La bibliothécaire, Grain de Sable, et Bonheurs culinaires. Laissez-leur de gentils commentaires pour les encourager à reprendre !

Saison 4, Épisode 15 — Tout va aux chiens

Le gros-titre de l’épisode sera le sujet de Langue de Molière au futur. Alors s’il vous semble que j’ai trop littéralement traduit une expression américaine, vous avez raison, mais c’était fait exprès. Plusieurs parties de l’épisode se traient des chiens.

Dans le livre, il y a un chapitre intitulé « Apprenant en faisant », où j’écris sur les différences entre les attitudes américaines et françaises envers la cuisine. Sans divulgâcher tout le livre, disons qu’une différence importante est la tendance à mon côté de l’Atlantique pour déclarer le premier essai « assez bon », peu importe la réalité, et l’existence d’un niveau minimum tel que le CAP Pâtissier est inimaginable. Tout ça, c’est à dire que quand je débute une nouveauté tel que le flan de samedi soir, les Américains ne me diront jamais ce qu’ils en pensent vraiment. Les Français ont moins peur à cet égard. Je l’ai bien aimé, même très bien, mais on m’a dit que la pistache était trop lourde, que ce serait mieux seulement en tant que chocolat-cerise. Et vous savez quoi ?

Je l’assume. J’aime bien la combinaison des trois, et c’est un peu d’un spectacle côté technique, mais si les « clients » ne sont pas ravis, je veux le savoir ! Il se passe que La Fille est d’accord, mais elle n’aime pas la pistache, alors je mets sa vue de côté. Mais elle a aussi très bien aimé la partie chocolat-cerise (pas surprenant ; la forêt-noire est une passion ici), alors je sais que plus d’expériences à cet égard seront les bienvenues. On n’apprend qu’à partir de retours honnêtes, et c’est vraiment la leçon.

Non, mais sérieusement, le fait que tout le monde ici s’attend à des louanges pour leurs plats à la fois brûlés et trop mouillés, c’est quelque chose qui me rend fou.

J’ai vu une nouvelle choquante en cherchant les Bonnes Nouvelles alors je dois demander : je sais que le mariage est toujours à la mairie en France. Mais est-ce que les deux personnes doivent être également là en même temps ? Je demande pour un ami, comme disent les enfants.

Il faut que j’ajoute : vous allez adorer les Bonnes Nouvelles.

Je dois ajouter aussi : il s’est avéré ce week-end que deux personnes qui me connaissent bien avaient raté mon annonce sur Facebook pour chercher des bénévoles chez l’OCA. Et les deux avaient hâte d’offrir leur aide. Si vous voulez savoir pourquoi il fallait que je l’écrive, c’est parce que ça m’arrive encore et encore chez les Français, alors que… comment dire ça… si je devais faire la même chose en anglais, je connais quelqu’un qui m’aiderait. Et je veux dire vraiment une personne.

À propos de ce dernier, c’était un expatrié de l’OCA qui m’a dit samedi que je devrais essayer de sortir une version en anglais. Je ne sais pas, sincèrement. Les recettes sont hyper-authentiques, et je crois que la plupart d’Américains n’aimeraient pas la coupétade, ni la galette à suc’, ni la fouace, ni le Pithiviers fondant… vous voyez ? C’est un livre très loin de ce que l’on pense est français aux États-Unis. Et il y a des choses là qui ne sont pas grand-chose à nos yeux, moi et vous, mais qui seraient considérés trop avancés pour la plupart du monde ici — les vol-au-vents, les madeleines, la tourte à la chair de poire. C’est sans même considérer l’intérêt des chapitres sur des films complètement inconnus, Eddy Mitchell, le malentendu en Nièvre, etc. Peut-être qu’il vaudrait la peine de préparer 50 pages de traduction comme proposition, mais une version anglaise ne pourrait pas être une simple traduction, il me semble. Que pensez-vous ?

Notre blague se traite d’un chien malin. Nos articles sont :

Les gros-titres sont Tortue et Chien. Les Bonnes Nouvelles se traitent d’une révolution médicale.

Sur le blog, il y a aussi La Bretagne au Kansas, l’histoire d’un cloître breton très loin de la maison, Les progrès de La Fille, sur un dialogue par SMS, Je découvre Jacques Dutronc, la dernière entrée du Projet 30 Ans de Taratata, et Le flan au chocolat-cerise et aux pistaches, une recette originale du blog.

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Le flan au chocolat-cerise et aux pistaches

Il n’y a pas de Dimanche avec Marcel aujourd’hui parce que j’ai eu une soirée de tarot, et je voulais faire quelque chose de spectaculaire. Ai-je réussi ? Il y a un défaut gênant ici, mais autrement je vous laisse à décider.

D’abord, je dois vous dire que c’est la faute à Aurore, ma connaissance sur Instagram. Il y a une semaine, elle a publié une tarte aux fruits de folie. Nous ne sommes pas en concurrence — elle est plus douée que moi, point barre — mais à chaque fois où elle fait quelque chose comme ça, j’ai envie de hausser le niveau de pâtisserie chez moi. Et cette dernière fois est arrivée juste après mon expérience avec le flan aux deux goûts, inspiré par cette publication d’une pâtisserie lyonnaise. Mais j’ai ajouté une autre idée, inspirée par encore un autre flan de chez eux.

Flan entier, avec une couche de gelée aux cerises au-dessus

Il y a beaucoup de secrètes à dévoiler ici — alors le préparer !

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