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Un grand seigneur

Ce soir, j’ai regardé un film très inhabituel pour moi. Les acteurs sont tous très connus chez moi, mais le sujet…euh, j’ai eu besoin des dictionnaires. Je suis parfois souvent très naïf. Je parle d’un film appelé diversement « Un grand seigneur » ou « Les bons vivants ».

Il y a très actes séparés par des intertitres, et deux réalisateurs travailla sur ce film — Gilles Grangier et Georges Lautner. Les acteurs connus sont de Funès, Blier, Darc, Lefebvre, Dominque Davray (elle est forte, celle-là), Darry Cowl, Franck Villard, et Jean Carmet — quelle distribution !

Le premier acte, « La fermeture », traite de la fermeture d’un…immeuble. On est en 1946. Moi, étant con, ai vu toutes les jeunes filles qui y vivaient, et je pensais à une auberge de jeunesse :

Mais juste avant les avoir vues, on voit M. Charles (Blier) en train d’enlever une lanterne de la façade du bâtiment. Je n’avais aucune idée de ce qui voulait dire la lanterne. Puis, un docteur arrive pour soigner une fille enrhumée. On ne voit pas souvent des docteurs qui fument en travaillant et n’utilisent pas de stéthoscopes :

Marcel (Villard) arrive pour se plaindre des autorités, qui ferment les « maisons closes », carrément une espèce d’auberge où les « pensionnaires » (comme les filles s’appellent) ont le droit de s’habiller seulement en sous-vêtements. Je vous ai dit que je suis naïf. Mais après avoir vu ce panneau dans le salon…

…j’ai tout de suite su ! C’est une dortoir pour une université seulement pour les filles ! Bon, maintenant je plaisante. À ce point, c’est carrément pour le proxénétisme. À la fin du premier acte, toutes les pensionnaires se réunissent autour de la lanterne et on entend parler qu’elle appartient à une certaine Lucette.

On passe au deuxième acte. Voilà Lucette, qui le narrateur nous dit a maitrisé « le plus vieux métier du monde ». Elle est donc femme politique ?

Le narrateur ensuite nous parle d’un certain Baron Seychelles, qui va léguer sa succession à Lucette. Pensez à Anna Nicole Smith, peut-être.

Dans la maison du Baron, on rencontre Léonard (Lefebvre). N’étant pas docteur français, il utilise un stéthoscope pour son travail, ouvrir les portes des coffres-forts.

Léonard et son complice Paulo entendent des bruits, et sortent vite de la maison. Paulo apporte la lanterne de Lucette :

Les deux cambrioleurs laissent tomber beaucoup de trucs en s’échappant. C’est évidemment pas une réussite, parce que la prochaine scène déroule au tribunal :

Un vieux ami de Lucette est témoin ; c’est M. Charles. Il dit au juge que son métier est « marieur », qui fait rire les amies de Lucette.

Mais Marcel est aussi revenu, comme témoin pour le cambrioleur. S’il s’avère que Lucette est prostitue, personne ne la croira, et elle perdra plus que sa lanterne.

Mais elle séduit le juge, qui ne croit pas Marcel. À la fin du procès, on voit qu’elle va…mieux qu’avant. Merci, M. le Baron !

Finalement, le troisième acte. Dans une salle de judo, on rencontre enfin Léon (de Funès), agent d’assurance et adhérent du club de judo.

Dans la rue, il rencontre Héloïse, l’ancienne fille enrhumée du premier acte. Elle fuit d’un policier, pas surprenant vu son métier.

Dans sa maison, Héloïse raconte sa triste (et fausse) histoire. Après avoir tout écouté, Léon lui donne une chambre pour la nuit.

Le lendemain, on voit que Léon est obsédé par la santé. Il fait du sport, puis il apporte un truc que je ne reconnais pas du tout à la chambre d’Héloïse, qui est encore une fois enrhumée. C’est apparemment pour l’aider à respirer.

Léon lui demande de l’aider à un dîner ce soir-là, et tous ses invités sont obsédés par Héloïse.

Les hommes croient qu’elle travaille chez Léon, et suggèrent qu’il accueille un dîner mensuel. Héloïse invite une amie, Sophie, aussi ancienne « pensionnaire », et tout à coup, Léon a une vie domestique plutôt intéressante.

La police a des questions pour les collègues de Léon, mais c’est vachement le cas que Léon n’est pas devenu proxénète.

Mais après un incident avec l’ancien proxénète de Sophie, Léon finit par accueillir presque toutes ses amies.

Elles lui donnent un cadeau pour Noël.

C’est quoi donc le message du film ? Carrément, pour trouver le bonheur, il faut avoir une assez grande maison !

Le dîner de cons

Ce soir, j’ai testé France Channel avec un film, Le dîner de cons. Ce n’est pas un « Je critique » mais j’étais déçu à découvrir qu’on ne peut pas utiliser un AppleTV avec cette appli. J’ai donc dû regarder le film sur mon portable, quelque chose que je ne fais jamais. Je n’ai pas encore décidé si c’est assez pour annuler l’abonnement à la fin de l’essai. Mais on passe au film.

On commence avec un type qui tire des boomerangs dans un parc. Il accepte une invitation à dîner sur son portable, puis il est frappé par l’un de ces boomerangs. En même temps, un homme, Cordier, rencontre Pignon (Jacques Villeret) sur un train. Pignon est un type qui passe ses jours en faisant des modèles de célèbres monuments français des allumettes. Un obsédé de la France qui n’a plus d’autres loisirs et manque de cheveux en haut de la tête…connais-je quelqu’un comme ça ?

Après le rencontre, Cordier invite Pignon au même dîner que le type des boomerangs, donné par un éditeur, Brochant (Thierry Lhermitte). Il s’avère que c’est un « dîner de cons », où les vrais invités concourent pour voir qui peut trouver le plus gros con. Cordier est certain qu’il a trouvé « le champion du monde », l’obsède de la France. Pourquoi me sens-je si inquiète ? De toute façon, Christine, la femme de Brochant, déteste ce jeu et elle part.

Brochant s’est blessé pendant un match de golf et son médecin lui rend visite. Le médecin avoue qui jouait un tel jeu avec les moches au lieu des cons :

Après la sortie du médecin, Pignon arrive chez Brochant. Il manque de toute conscience de soi.

Brochant, qui est trop blessé pour marcher, dépend de son nouveau compagnon pour faire beaucoup de choses, dont faire des coups de fil. Pignon ajoute aux problèmes de Brochant en disant les mauvaises choses à Christine et la maîtresse de Brochant, mais il appelle à un collègue qui sait où est l’ancien copain de Christine. Avec la bonne adresse, peut-être que les deux peuvent tout régler. Mais le collègue de Pignon est contrôleur fiscal, et il découvre que Brochant trompe de ses impôts !

Vers la fin, Pignon parle au téléphone avec Christine, et il lui explique que Brochant a fait beaucoup de choses pour essayer de réparer leur relation. En ce moment-là, il semble qu’il ne soit pas un si grand con. Mais au dernier instant, il dit à Christine qu’il est à côté de Brochant, et elle finit par croire que c’était tout un mensonge. Le film finit donc au même endroit où l’intrigue avait commencé — avec la relation des Brochant en rupture.

J’ai beaucoup ri en regardant ce film, mais je demande encore si je connais ce M. Pignon de quelque part. ([C’est le miroir, toi con ! — M. Descarottes])

La jetée

Ce soir, j’ai regardé un court-métrage français, peut-être le plus vieux film dans la liste d’envies dans ma tête. Quand le film « L’Armée des 12 Singes » a sorti en 1996, j’ai lu qu’il avait été inspiré par « La Jetée ». Mais si vous connaissez l’intrigue de soit l’un soit l’autre, vous savez qu’ils traitent tous les deux d’un désastre qui tue beaucoup de la population mondiale, et que le dernier traite en particulier d’un virus. Alors, je n’avais vraiment pas trop envie de vous énerver tous avec celui-ci. La Jetée traite plutôt d’une guerre (peut-être nucléaire) — on a toute la chance de nos jours ! — alors bien que je ne sois pas fan d’avertissements de déclenchement, si vous préférez sauter ce post, je ne serai pas offensé. Mais je vous dis aussi que ce film, c’est historiquement important.

Bon, vous êtes encore là ? Si vous avez envie de le regarder gratuit, voilà un lien sur YouTube. Moi, j’ai payé pour le regarder sur iTunes, puis j’ai dit à un ami que je viens de le regarder, et il m’a dit que j’aurais pu économiser mon argent. Peu importe. Ça m’a coûté 3 $, environ 2,74 €. Je ferai de plus grosses erreurs que ça cette semaine !

De toute façon, ce film n’est rien de traditionnel. Au début, les titres nous disent que c’est plutôt un « photo-roman ». Presque tous les images ne bougent pas, mais il y a un récit. Les personnages n’ont pas de noms non plus.

On commence à l’aéroport d’Orly, connu chez moi pour être d’où viennent tous mes colis de la FNAC. Il y a un jeune garçon qui regarde les avions avec sa famille. (C’est comment vous savez que ce film est vieux.)

On entend que c’est l’histoire des souvenirs d’un homme et qu’il se souvient d’y avoir vu le visage d’une femme :

Le narrateur nous dit que c’était avant la guerre, où « Paris a explosé » :

Après, on voit l’homme. Il est prisonnier, et beaucoup des prisonniers sont les sujets d’un expérience bizarre, de les renvoyer à travers le temps. C’est pas du tout clair s’ils ne font que des rêves, où s’ils voyagent vraiment. Voilà l’homme et l’expérience :

Dans 12 Singes, c’est Bruce Willis qui joue le prisonnier, et il n’y a pas de question qu’il a vraiment traversé le temps. Pendant plusieurs essayes, l’homme voit de plus en plus de souvenirs de cette femme sans l’avoir parlé :

Ils se rencontrent enfin, et elle lui demande la signification de sa collier. C’est apparemment quelque chose à voir avec la guerre, mais il ne dit pas la vérité en ce moment.

Ils passent de plus en plus de temps ensemble et il se rend compte qu’elle doit être mort dans son temps. Ça le dérange, mais il a un souvenir d’avoir été content avec elle, alors ils continuent à se réunir.

On voit qu’ils visitent un musée plein d’animaux :

Puis les scientifiques envoient l’homme vers le futur. Il trouve un nouveau Paris, avec une carte presque impossible à lire :

Les gens du futur ressemblent fortement à quelque chose de plus moderne. Souvenez-vous de Matrix ? C’est bien évident que les réalisateurs ont regardé La Jetée — les gens du futur ont aussi des ports pour se brancher sur les ordinateurs. L’homme apprend beaucoup de choses et les gens du futur lui offrent l’opportunité d’y rester, mais il veut revenir dans le passé avec la femme. (C’est toujours l’histoire des hommes stupides.)

Mais quand l’homme revient dans le passé, il est encore une fois à l’aéroport d’Orly. Il voit la femme et commence à courir vers elle :

Puis il voit l’un des scientifiques du futur, et il se rend compte de ce qui arrive vraiment. Tous les prisonniers de ces expériences sont condamnés à mort.

Il s’avère que ses souvenirs en tant que garçon à l’aéroport — c’était le jeune lui regardant sa propre mort comme adulte.

12 Singes a plus ou moins la même fin, mais c’est pas les scientifiques qui tuent le prisonnier — c’est quelqu’un de complètement différent qui n’est pas dans le film original. Peu importe. Ça suffit de se rendre compte que ce film a carrément inspiré beaucoup plus de films que juste 12 Singes. On peut voir ses traces dans Total Recall, Blade Runner et plein d’autres. La Jetée n’est pas le film le plus agréable de notre liste, mais pour les fans de la science-fiction, il faut le regarder.

L’exposition de cinéma

Je vous ai promis un régal, et voilà — aujourd’hui on parlera d’une exposition au Musée d’Art du Comté de Los Angeles (appelé LACMA en anglais). Ça traite de l’histoire du cinéma à Paris de 1850 à 1907 ! Pour ce qui suit, les photos sont de plus haute résolution que normale pour ce blog. Alors, je vous invite à les cliquer pour les examiner de plus près.

Mais avant l’exposition, je déjeunai dans leur resto, Ray’s and Stark Bar, créé par un chef allemand, Joachim Splichal (maintenant à la retraite en France, mais pendant 40 ans aux États-Unis, l’un des meilleurs chefs du pays — et ses meilleurs restos étaient presque tous à la française). Le décor est très années 60s ! Remarquez la façon curieuse de trouver vos ustensiles — il y a un petit tiroir à chaque place. Les pâtes au homard étaient excellentes si un peu trop épicées, mais le pain perdu aux croissants n’était rien de spécial. Si cet article était une « Je critique », je dirais que c’est un « J’y retournerai », mais le rapport qualité prix n’est pas bon.

Avant de passer à l’exposition elle-même, je veux vous montrer un truc fameux à l’extérieur du musée. C’est une « mise en place » appelée « Urban Lights » (Lumières urbaines). Tout le monde qui habite à LA ou ses alentours a une photo de lui-même devant cet œuvre quelque part dans leurs profils de réseaux sociaux. Pas moi avant, mais maintenant, moi aussi (je ne le publierai qu’ici — à mon avis, je ressemble à un Conehead).

On arrive enfin dans l’exposition. « City of Cinema: Paris 1850–1907 » (Cité du cinéma : Paris 1850-1907). Peut-être que vous voudrez écouter la bande-sonore de l’exposition pendant que vous lisez. Et on commence avec le premier clip qu’on voit en entrant dans l’exposition, l’Exposition universelle de Paris de 1900, tourné par Gaumont :

Mais après ça, on rembobine l’horloge quelques décennies pour voir le Paris avant le cinéma. Voilà des tableaux de Mary Cassatt, Berthe Morisot et Gustave Caillebotte :

C’était l’âge des chemins de fer, où personne ne se plaignait de SNCF Connect. J’ai eu des larmes aux yeux parce que moi, je suis parti de Paris à Rouen à la Gare Saint-Lazare. Comme j’aurais aimé y revenir aujourd’hui !

Des affiches pour les performances d’une danseuse américaine, Loïe Fuller, aux Folies Bergère — avant le cinéma, tout le monde assistait aux théâtres :

Peut-être que vous avez entendu parler des colonnes Morris, et que Mme le Maire Hidalgo veut les supprimer de Paris. Voici une photo qui date de 1865 à 1870 (personne n’est sûre) quand elles étaient neuves :

Avenue de l’Observatoire, Charles Marville

Avant le cinéma, il y avait de nombreux trucs pour faire des illusions optiques :

Tout commença à changer avec l’Exposition universelle de 1889 :

Le dôme central de la Galerie des machines, L’Exposition universelle de 1889, Louis Béroud

Vous avez sûrement entendu parler du Musée Grévin. Cette affiche est d’une « exposition de l’exposition » :

Affiche pour le Musée Grévin (1890), Jules Chéret

Savez-vous quel monument a été construit pour cette exposition ? Si vous avez dit « La Dame de Fer », arrêtez de jouer au jeu vidéo Bloodmasque. (Mais dites-moi où vous trouvâtes une copie qui marche toujours.) Si vous avez dit « La Tour Eiffel », veuillez accepter un Bon Point ! La tour est vite devenue le sujet des artistes :

Après l’exposition, les inventions nécessaires pour le développement du cinéma commencèrent à apparaître. Voici une affiche pour la « Théâtre optique » d’Émile Reynaud en 1892 au Musée Grévin :

Affiche du Musée Grévin (1892), Jules Chéret

Et voilà, un clip de l’une de ces « pantomimes lumineuses » :

Un magicien, Georges Meliès, était propriétaire de la théâtre Robert-Houdin.

Meliès vit une démonstration des inventions des frétés Lumière en 1895, surtout la cinématographe :

Cinématographe Lumière de 1895

Meliès s’est rendu compte qu’il pouvait utiliser les mêmes techniques de la scène pour les films, alors il est devenu réalisateur. Ici, on le voit dans son studio à Montreuil en 1897 avec son équipe, en train de peintre un arrière-plam :

Meliès et son équipe, 1897

Voici l’un de ses efforts, Pygmalion et Galatea :

C’est peut-être d’après une nouvelle statue d’Auguste Rodin à l’époque sur le même thème :

Pygmalion et Galatea (1889), Auguste Rodin

C’est avec l’Exposition universelle de 1900 que les films deviennent un grand succès public, parce que l’Ecposition est tournée en même temps que des films jouent dans les salles de l’Exposition. Voilà un clip de l’Exposition, tourné par Gaumont :

C’était peut-être difficile pour les gens de l’époque d’imaginer ce qui arriverait dans l’avenir. Voici des dessins à propos de la vie en 2000, dessinés en 1899 :

Les cinémas remplaçaient vite les vielles théâtres. En 1906, on pourrait aller aux cinémas pour voir beaucoup de nouveaux films :

Et les cinémas eux-mêmes étaient de grands bâtiments :

On finit l’exposition avec un dernier clip de Pathé, aux Halles de Paris en 1913 :

Mais on n’est pas complètement fini. Après l’exposition, je suis allé dans le magasin du musée. Il y avait quelques livres sur la Tour Eiffel et la France de l’époque :

Le livre sur la Tour Eiffel est une reproduction de celui de Gustave Eiffel lui/-meme. L’autre coûte 200 $, et j’ai pris une photo pour que vous puissiez voir sa taille !

Un dernier renseignement. Il y avait un tableau célèbre dans ce musée. Rien à voir avec l’exposition, mais je voulais vous le montrer, avec une preuve que la photo est la mienne :

Cent mille dollars au soleil

Ce soir, j’ai regardé un autre film de Belmondo, « 100 000 dollars au soleil », signé Henri Verneuil (qui nous avons déjà rencontré avec Un singe en hiver, Peur sur la ville et Week-end à Zuydcoote), avec des dialogues d’Audiard. Je n’entendais pas parler du film avant de le trouver chez FNAC — ça suffisait d’avoir Belmondo. Cette fois-ci, j’ai regardé la bande-annonce sur le disque avant de commencer, et ça m’a donné des questions :

Ouais, je le vois.

Ah bon ? Je n’avais aucune idée. C’est peut-être Daniel et Valérie ici ?

Ohhhhh. Je me suis complètement trompé. Je vais en profiter !

Puis j’ai eu d’autres surprises ! C’est Gert Fröbe, connu chez moi pour Goldfinger et mon film préféré de tous les temps, Le troisième homme, qui joue aussi dans ce film. Et Lino Ventura, et Bernard Blier ! Quel casting !

On commence au Maroc. Le début n’a rien à voir avec ce qui suit, mais ça dit forcément, « On est au Maroc ».

Puis on fait la connaissance d’une entreprise de livraisons. Le patron, un Monsieur Castagliano (les gros, joué par Fröbe), peut travailler à Silicon Valley avec son attitude :

Chez le père Casta y a pas de chauffeurs et y a pas de patron. Y a une grande famille. Chez nous, jamais d’histoires, jamais de grèves…Quand un chauffeur veut un congé ou de l’augmentation, il vient me trouver, je l’écoute et je le vire. Avec les mirontons que j’emploie…

Je ne connaissais pas le mot « mirontons ». Mon dictionnaire dit que c’est en anglais « beef stew » (ragoût de bœuf). L’intention est assez claire. Je connais trop bien cette attitude — n’acceptez aucune position avec un patron qui parle de « être une famille » ici, surtout dans les entreprises de logiciels. Croyez-moi, je sais de quoi je parle. Mais peu importe en ce moment. L’homme à droit, Steiner, est censé être un chauffeur plus capable que les mirlontons. Il va quand même dans un bar pour faire la connaissance de ses nouveaux collègues.

Le lendemain, on voit qu’un camion part. Ça doit être Steiner. Mais quelques heures plus tard, on le voit chez Castagliano, à la recherche du camion. M. Casta n’est pas content.

Il s’avère que c’est l’un des mirontons, Rocco (Belmondo) qui l’a pris, et Steiner est viré. Il dit que Casta « aurait pu être poli, salope ». Casta donne un ordre à ses employés — sortez ce type !

Casta demande à Marec (Ventura) de poursuivre Rocco et le rattraper. Marec demande s’il existe d’assurance pour le camion et la cargaison. Casta dit oui, et que la cargaison n’est que du ciment, mais on sait déjà — il doit être des raisons pour ne pas vouloir porter plainte à la police.

Marec part et rencontre un type qui fait du stop. Il s’avère qu’il veut aussi trouver Rocco. C’est Steiner.

Marec va dans un bar où Rocco est déjà passé et demande des nouvelles de lui. Il apprend qu’il y a une femme avec lui, dit Pepa, mais les clients ne l’aime pas trop. (Ne vous inquiétez pas — je vous montre le sous-titre, mais je ne me plains pas. Cette fois. Après tout, ce mot est au féminin et je suis un homme. 😉)

Les patrons du bar se foutent de la gueule de Marec et Steiner, et ils finissent par détruire le bar. Mauvaise idée, les gars.

Plus tard, on revoit enfin Rocco et Pepa. Il s’avère que le complot est à elle — Rocco dit qu’elle lui a « amené une affaire de 100 000 dollars » (la première fois où nous entendons parler de ça). Mais Rocco veut dormir — on sait donc que ça aidera Marec à l’attraper.

Et c’est exactement ce qui se passe. Marec et Steiner font une pause quand ils voient Rocco les passer. Ils sautent dans leur camion, et la chasse commence.

Rocco est le meilleur chauffeur et fait s’écraser Marec. Mais leur camion n’est pas gravement abîmé, alors Marec et Steiner reprennent la chasse.

Mais autour d’un coin, Rocco s’arrête, et cette fois-ci, l’accident gâche suffisamment le camion de Marec. Rocco et Pepa s’échappent.

La chasse n’est pas encore fini, parce que dès que Rocco arrive au prochain village, une fuite empêche son camion et doit être réparé. Pendant ce temps-là, Steiner affronte Marec parce qu’il n’arrive plus à croire qu’ils prennent tous ces risques pour du ciment. Marec lui répond que c’est pas ses oignons, qu’il ne sait pas non plus qu’elle est la cargaison, et qu’il n’est plus important — il veut se venger de Rocco.

Un peu plus tard, un autre camion arrive et les amène au même village pour faire réparer leur camion. Le même mécanicien qui a aidé Rocco leur dit où va Rocco et la chasse reprend à nouveau.

Mais cette fois, Rocco a un plan pour tout finir. Pepa et lui tendent une piège — ils laissent le camion à côté de la route et attendent l’arrivée de Marec et Steiner sur une colline, avec une carabine :

Rocco les font prisonniers et après un déjeuner fou — où Rocco pointe son arme sur eux — il leur fait charger leur camion avec le chargement de son camion (qui est tombé en panne).

Rocco et Pepa conduisent à leur destination, à Moussorah. Marec et Steiner font du stop et les suivent.

À Moussorah, Marec trouve Rocco dans un club. Ils luttent à coups de poing, mais après qu’ils sont tombés dans une fontaine, Rocco dit la vérité à Marec — Pepa a volé le camion et la cargaison. Les deux s’excusent, et c’est la fin.

Ce film est plein d’argot — selon mon dictionnaire, j’ai cherché tous ces mots pendant le film : houblon, chouïa, mironton, cerceau, crac, semi-remorque, bringue, intendance, bahut, plumard, burlingue, faucher, bousiller, gronder, veinard, bretelle, borné, et fourguer. La moitié de ces mots disent « argot » ou « informel » dans leurs entrées. Sans sous-titres, j’aurais été bien perdu !

Touchez pas au grisbi

Ce soir j’ai fini regarder la trilogie Max le Menteur au mauvais ordre — j’ai commencé avec la fin, continué avec le milieu, et fini en regardant le début. C’est pas grand-chose parce que les suites ne gardent pas le personnage de Max. Mais il y a un sens dans lequel Touchez pas au grisbi est le plus important des trois, parce que c’est le début sur scène de Lino Ventura. Sans celui-ci, on n’aurait pas sa performance magnifique aux Tontons flingueurs.

Je dois vous avant de commencer — le disque est aussi mauvais que le film est bon. Les droits des deux autres appartiennent à Gaumont, qui fait presque toujours des versions restaurées magnifiques. Les droits de celui-ci appartiennent à Studiocanal, qui dépense presque jamais rien (La Grande Vadrouille étant la belle exception). Le son est beaucoup trop bas, et il n’y a rien sur le disque sauf le film lui-même. Pas d’extras, pas de sous-titres, pas de doublage. C’est malheureusement typique — j’allais toujours avoir du mal à comprendre ce film, mais Studiocanal n’a rien fait pour m’aider.

On commence à Montmartre. Même un con peut reconnaître cette rue :

Notre héros Max et son ami Riton dînent dans un resto avec leurs copines après avoir volé 50 millions de francs en or. Après le dîner, ils vont dans un club, mais pas le célèbre en haut.

L’une des danseuses au club, Josy est copine de Riton, mais elle le trompe avec Angelo, un autre gangster. Il s’avère que Riton a dit à Josy que lui et Max a volé l’or. Deux sbires d’Angelo suivent Max, mais il est trop malin, et les attrape dans un ascenseur.

Puis, Max amène Riton à un appartement secret où il a caché l’or dans une voiture. Angelo n’a aucune idée que l’or est là.

Max apporte l’or à un receleur, mais il s’avère qu’il sera difficile à échanger l’or pour de l’argent.

Pendant ce-temps, Angelo prétend à avoir un boulot pour Riton, mais le kidnappe dans une ambulance.

Max et son ami Pierrot kidnappent l’un des sbires d’Angelo, Fifi, mais il n’est pas trop utile. Puis Max a un coup de fil avec Angelo, et les deux passent un accord — l’or contre Riton.

On passe à la meilleure partie du film — l’échange, puis une poursuite en voiture. Angelo essaye d’avoir des sbires cachés tuent Max, Pierrot et Riton, mais les trois tuent les tueurs, puis poursuivent Angelo. Il y a plein de coups de balles — Riton est gravement blessé, mais Angelo meurt. Malheureusement pour Max et Riton, la voiture d’Angelo s’enflamme, et ils doivent partir sans l’or, qui sera retrouvé par la police.

Pendant un déjeuner avec son autre amante, Betty, Max apprend pendant un coup de fil avec Pierrot que Riton est meurt à cause de ses blessures. Max sait qu’il a de la chance, parce qu’il est encore vivant, mais il a presque tout perdu.

Je ne vais pas mentir, j’ai dû vérifier des détails sur Wikipédia pour tout comprendre. Ce film est plein d’argot, et le son n’est pas de bonne qualité quand même. Mais si vous aimez les films de gangsters, ça vaut fortement le coup pour les dernières vingt minutes. C’est un film bien historique, et aucun étudiant des films français ne peut le rater.

Taxi, roulotte et corrida

J’espérais que ce soir, je vous présenterais mon dîner indrien. Mais hélas, j’ai eu des problèmes avec le dessert. Bientôt, j’espère.

Alors, ce soir, je suis revenu aux films de Louis de Funès avec un signé André Hunebelle : Taxi, roulotte et corrida. Je crois que c’est la première fois où il a mis de Funès en vedette — les deux travailleraient ensemble plus tard dans la trilogie Fantômas.

Dans ce film, de Funès joue dans le rôle d’un chauffeur de taxi, Maurice. Il conduit comme un fou, et il a modifié son taxi pour atteindre une plus grande vitesse.

Sa famille et lui sont au point de partir en vacances avec une roulotte qui sera remorqué par le taxi. Et sa belle-famille va les accompagner. Au moins sa sœur, son beau-frère et sa nièce. Heureusement pas la cauche-mère (ce que j’appelle mon ancienne). Ils ont des mésaventures juste en connectant la roulotte.

Leurs vacances seront en Espagne ; la famille doit donc passer par la douane. À la station des douaniers, la famille rencontre Myriam, une voleuse, qui cache un diamant volé dans la veste de Maurice. Le fils de Maurice, Jacques, essaye de la draguer. Em fait, la famille cache aussi quelque chose des douaniers — du tabac.

Le taxi tombe en panne sur un pont, et la famille fait du camping pour la nuit.

Matin, il s’avère qu’il y a des vaches et des taureaux partout ! Je sais que vous connaissez bien ce fromage, alors vous comprenez aussi cette blague nulle. On parlera plus tard des crimes contre le bon goût des Fromageries Bel aux États-Unis. Je ne plaisante pas — trop.

Maurice fait des corridas pour se débarrasser des vaches.

Pendant ce temps-là, Myriam parle au téléphone avec son chef, Fred, qui lui menace si elle ne retrouve pas le diamant. Elle fait semblant d’avoir tombé en panne sur la route, et elle échange sa valise (en secret) avec Maurice.

Myriam revient chez sa bande organisée, une boîte de nuit appelée « La Corrida ». Il s’avère qu’elle a pris la mauvaise valise !

Mais avant qu’elle ne puisse chercher Maurice et sa famille, ils arrivent à La Corrida, à la recherche de leur valise. Les gangsters n’arrivent pas à retrouver le diamant, et la famille part pour prendre un tour de Grenade.

Deux des gangsters se déguisent comme cyclistes et essayent de chercher dans les poches de la veste de Maurice. Mais personne ne sait que le diamant est tombé dans un pot de tabac.

Les gangsters invitent la famille à revenir dans La Corrida, où ils essayent de prendre la veste pendant une danse de flamenco. Il y a une bagarre et la famille sort (le diamant n’ayant jamais été au-dedans de la boîte de nuit).

Finalement, les gangsters kidnappent Jacques. Il y a une poursuite en voiture, mais les gangsters laissent Jacques sur la route quand la police commence à les poursuivre.

Le pot de tabac tombe et brisé quand la police attrapent Maurice et sa famille, et ils finissent par être détenus.

Mais quelques mois plus tard, Maurice est revenu à son boulot comme chauffeur — et il raconte cette histoire à ses passagers. Les passagers, qui sont-ils ? Fred et Myriam ! Dès qu’ils reconnaissent Maurice, ils s’échappent, et c’est la fin.

OSS 117 n’a pas mérité ça

Ce soir, j’ai regardé le deuxième film d’OSS 117, Rio ne répond plus. Michel Hazanavicius est un réalisateur très talentueux, et ce film est encore mieux d’une point de vue technique, mais à mon avis, OSS 117 n’a pas mérité son traitement dans ce film. Je dois être un peu plus sérieux que d’habitude.

Je veux mentionner que j’ai eu quelque chose de spécial pour manger en regardant ce soir. C’est l’un des derniers souvenirs de mon voyage. La prochaine fois, je n’apporterai qu’une tenue afin de revenir avec plus de biscuits et de bonbons. J’ai mes priorités, et pas de lumière à tous les étages.

On commence à Gstaad, où notre héros divertit son public — toutes des chinoises, apparemment — dans un chalet de ski quand des hommes de main d’un certain Monsieur Lee attaquent. OSS 117 gagne la fusillade — et c’est bien ridicule — puis il séduit la princesse chinoise qui est là. Il dit une connerie :

OSS 117 : Méfiez de Monsieur Lee et des chinois en général d’ailleurs.

Princesse : Les sales rouges.

OSS 117 : Les sales jaunes.

Puis OSS 117 entend qu’il ira au Brésil pour acheter un microfilm d’un ancien Nazi, Von Zimmel, avec une liste de collaborateurs français. C’est immédiatement évident que son chef, Armand apparaîtra dans la liste à cause du dialogue, et j’ai écrit ça dans mes notes en ce moment-là :

OSS 117 : Le Général de Gaulle, a-t-il pas dit que toute la France a fait la résistance ?

Armand : Oui, il l’a dit.

Quand OSS 117 arrive au Brésil, on voit tout de suite pourquoi j’ai dit que film a une meilleure technique. Il adopte le style des films d’espionnage des années soixante. C’est un exemple de comment le réalisateur a bien étudié ses sources. On verra qu’il utilisera cette technique pour montrer le point de vue d’OSS 117 lui-même.

OSS 117 prend une décision stupide et il a failli être tué par un chinois qui veut se venger pour Gstaad.

Il est sauvé par un agent de la CIA, Bill, un anglophone. À moins que les paroles de Bill ne soient traduites en français, vous n’avez aucune idée à quel point il dit des obscénités. Moi, j’ai trouvé ce moment un peu trop.

OSS 117 essaye de livrer l’argent pour le microfilm, mais c’est une ambuscade.

Deux allemands, qui le sauvent des lutteurs masqués, l’appellent « double-un-sept » et il les corrige « cent-dix-sept ».

Ils lui présentent Dolorès, un agent secret du Mossad. On peut voir comment OSS 117 la regarde.

OSS 117 ne veut pas travailler avec elle :

OSS 117 : Chercher un Nazi avec des juifs ? Quelle lourde idée !

Allemands : Pourquoi ?

OSS 117 : Le Nazi les reconnaîtra par le nez…les oreilles, les doigts, les yeux.

Ouais, il dit des trucs racistes. Dans un hôtel, il y a une autre ambuscade, par des Nazis et des chinois, et il raconte assez des trucs insultants, jusqu’à ce que les quatre se tuent.

Après, OSS 117 et Dolorès cherchent Heinrich, le fils de leur cible. OSS 117 dit que Dolorès ne connaît pas les dictatures, en parlant du Brésil. Elle lui demande « Et comment vous appelez un pays qui a comme président un militaire avec les pleins pouvoirs, une police secrète, une seule chaîne de télévision et dont toute l’information est contrôlée par l’État ? » Il répond : « J’appelle ça la France, mademoiselle. Et pas n’importe laquelle. La France du Général de Gaulle. » C’est une critique amère, et on devrait croire que ça arriverait de la bouche d’un tel homme, qui ne croit même pas que les collabos existaient ?

Pendant qu’ils sont coincés dans une jungle, Hubert « s’excuse » à Dolorès pour ne pas avoir d’affaires sérieuses, puis il se plainte qu’elle n’aime pas les hommes, parce que sa religion interdit les saucisses. Elle lui demande de quoi il parle, et il répond que l’alcool est aussi interdit et les femmes sont voilées. Elle lui dit de ne pas confondre les juifs et les musulmans. Il se plainte que les juifs ont l’attitude « Je suis juif alors j’ai raison sur tout. » Elle répond que ses « analyses sur les juifs, sur les noirs, sur les femmes ; j’aimerais bien que vous les gardez pour vous à l’avenir » Franchement, il me semblait que ce moment n’était qu’une opportunité pour critiquer l’ancienne génération.

OSS 117 et Dolorès assistent à une fête des Nazis. Ils sont capturés, mais ils s’échappent après une autre fusillade aussi ridicule comme celle à Gstaad.

Il s’avère que Bill les a trahis aussi, pour donner l’asile à Von Zimmel. Ça rappelle les scientifiques comme Werner Von Braun après la Seconde Guerre mondiale.

Bill: J’ai l’impression que nous sommes amis seulement quand vous nous demandez de vous libérer.

OSS 117: Qu’est-ce que tu insinues ?

Bill: Oui, pardon. Vous vous êtes libérés tous seuls, ze French.

Je n’aimais pas non plus ce moment. Je ne nie pas que cette attitude existe chez les américains. Et ce film a sorti après la deuxième Guerre du Golfe. Je ne doute pas qu’il y avait des sentiments comme ça vers nous en France à l’époque. Mais il faut demander si ça aurait été le cas en 1967, l’époque du film. En fait, en 1966, le Général de Gaulle a écrit au président Johnson que la France propose de « cesser sa participation aux commandements « intégrés » et de ne plus mettre de forces à la disposition de l’OTAN ». C’est-à-dire que les sentiments des deux côtés auraient été compliqués à l’époque, et pas une question de « phobies ».

À cause d’être une comédie, le film finit par rendre OSS 117 un héros encore une fois — il arrête enfin le Nazi, la femme tombe amoureuse de lui, et il est même nommé à la Légion d’Honneur.

Il s’avère que son chef faisait partie de la liste de collabos, comme j’avais deviné (pas surprenant), et il dit une chose de plus qui est vraiment une critique : « Il faut que la France oublie » pour avancer (j’ai eu du mal à comprendre la fin de la phrase, mais l’intention était bien claire). On reviendra à cette connerie. J’ai des photos de mon voyage pour partager — et elles contredisent cette attitude.

À mon avis, le plus gros problème de ce film, c’est qu’il s’arrête souvent pour sermonner le public. Et en plus, qu’il ne respecte pas le caractère des personnages. Si Hubert est un si grand dinosaure, pourquoi est-ce qu’il appelle la France une dictature lui-même ? Pourquoi est-ce que les femmes tombent-elles amoureuses de lui ? Elles semblent être fortes et sûres d’elles, alors pas besoin de tolérer ses conneries. C’est donc bien réalisé, mais il veut trop souvent faire la polémique, de peur que le public rate son message.

Le héros que j’admire

Ça y est ; j’ai enfin trouvé le personnage français dont j’ai le plus envie d’imiter ! C’est Hubert Bonisseur de la Bath, qui se comporte exactement comme moi (pourtant, il est en meilleure forme). Dans « Le Caire, nid d’espions » il dit beaucoup de choses qui pourraient être des phrases sur ce blog ! Mais avant de parler du film, je vous dois mes excuses — je l’ai loué sur iTunes aux États-Unis, alors il y a des sous-titres en anglais.

On commence dans un avion à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Hubert (OSS 117) et son ami Jack volent des plans pour les fusées V-2 et tuent un colonel nazi.

Dix ans plus tard, on rencontre OSS 117 à Roma, où il vole une enveloppe à la Princesse Al Farouk, qui tombe amoureuse de lui. Leur conversation est marrante :

Princesse : Avant de partir, sale espion, fais-moi l’amour.

OSS 117 : Je ne crois pas, non.

Princesse : Pourquoi ?

OSS 117: Pas envie. Je n’ai pas aimé le truc sur les vaches.

Princesse : Je le retire.

Notre héros revient à Paris, où il reçoit ses ordres pour aller au Caire. À l’aéroport, il retrouve Larmina, le secrétaire de son ami Jack.

Au canal de Suez, il y a une scène culte. OSS 117 nous montre qu’il ne se soucie d’aucune culture en dehors de la France. Et on trouve combien de posts sur des autres cultures ici ? Exact.

OSS 117: Construire pareil ouvrage il y a quatre mille ans, il fallait être visionnaire.

Larmina : Le canal a été construit il y a seulement quatre-vingts six ans.

Puis OSS 117 et Larmina arrivent au bureau de la Société Cairote d’Élevage de Poulets, où Jack travaillait. Ils retrouvent Moeller, un concurrent allemand, et OSS 117 nous montre qu’il ignore n’importe quel indice, comme le mot « Kapov » écrit dans un paquet d’allumettes.

À son hôtel, OSS 117 est pris en embuscade par la princesse et son acolyte. Il est très doué en combat ! On voit un exemple de la pauvre qualité de la traduction — en français, OSS 117 dit qu’il a un « pistolet », et la traduction dit « revolver. » C’est en fait un semi-automatique.

Plus tard, il y a une autre mauvaise traduction du dialogue suivant :

Larmina : Mais ce sera surtout l’occasion de rencontrer le gratin Cairote.

OSS 117 : Et non pas le gratin de pommes de terre ! … Nan, parce que ça ressemble à carotte, Cairote. Le… le légume, puisque vous avez dit gratin… Gratin de pommes de terre… C’est, c’est une astuce…”

La traduction parle de beurre et de crème, pas de légumes. Je ne connaissais pas ce sens du mot gratin. En anglais, on dirait « la crème de la crème » — oui, avec des mots français. En tout cas, lui et moi, nous racontons des blagues de même qualité .

À la fête de laquelle ils parlaient, OSS 117 dit des choses insultantes à propos de l’Islam parce qu’elle ne boit pas d’alcool. Mais ensuite, Larmina lui donne, à mon avis, le plus grand compliment possible :

Plus tard, il est capturé par des militants islamistes qui essayent de le noyer.

Après s’être échappé, lui et Moeller se retrouvent et Moeller l’emmène dans une pyramide.

Il s’avère que Moeller est un ancien colonel Nazi, et il a des plaintes :

Moeller : C’est marrant que c’est les Nazis qui ont les mauvais rôles

Après qu’OSS 117 ait attrapé les Nazis, Larmina lui demande comment il a trouvé le bon bouton pour fermer la porte. Et il répond avec une réplique qui pourrait être le slogan de ce blog :

Larmina : Comment avez-vous fait ça ?

OSS 117 : Ma chère, quand on s’intéresse à une culture, on en apprend la langue.

(Peu importe que ça contredise son attitude d’avant.)

Au fait, j’étais bien curieux de sa montre — il s’est avéré que c’était une Tissot. Ça me surprend parce qu’à l’époque du film (1955), les Bréguet étaient toujours fabriquées en France (jusqu’en 1987). Un tel chauvin français n’aurait dû porter rien d’autre.

De toute façon, OSS 117 découvre que c’est en fait son ancien ami Jack qui est derrière toutes les intrigues du film. La princesse tue Jack, puis elle se bat contre Larmina. OSS 117 et Larmina finissent par détruire les armes qui étaient la raison pour la mission au début.

OSS 117 rentre en France, et déjeune avec son chef à propos de sa prochaine mission, en Iran.

Chef : Je vous envie, Hubert. L’Iran est un beau pays et je crois que les Occidentaux y sont fort appréciés.

OSS 117 : Vous savez, les Occidentaux sont appréciés partout à condition qu’ils y mettent un peu du leur.

Voyez-vous ? Comme on dit, « Qui se ressemble, s’assemble ». Pas surprenant que j’adore OSS 117 !

Le Magnifique

J’ai recommencé mes films dans le nouvel an avec l’un des meilleurs que j’ai vus — Le Magnifique, avec Jean-Paul Belmondo et Jacqueline Bisset. J’ai passé 4 heures pour regarder ce film, parce que j’ai fini par l’étudier comme presque rien d’autre. En tant que fan de James Bond, ce film mérité encore plus d’attention qu’Austin Powers ! (Le premier, pas les suites.) Je suis complètement sérieux.

Si on est un fan de James Bond — pas les parodies avec Daniel Craig, mais les vrais de Sean Connery à Pierce Brosnan — Austin Powers est un hommage de première qualité. Le film ne se prend pas du tout sérieusement, mais c’est carrément l’œuvre des élèves qui ont étudié de près tous les films Bond jusqu’en 1997. C’est une farce, mais aussi une lettre d’amour. Le Magnifique vient du même esprit. Si vous pouvez lire anglais et vous aimez ce qui suit, je recommande fortement la nouvelle « The Secret Life of Walter Mitty, » par James Thurber. (C’est apparemment disponible en traduction, mais un si haut prix pour une si courte œuvre !)

On commence au Mexique, dans un endroit qui pourrait être n’importe quelle « Vieille Ville » (on dirait « Old Town) du sud-ouest des États-Unis, celles qui ont un patrimoine mexicain du XVIIIe siècle. Vous devez comprendre que cette scène m’a fortement rappelé mon enfance, surtout à cause des musiciens, appelés « mariachis » :

L’intrigue commence avec un agent secret, Rodriguez, quand il entre dans une cabine téléphonique. Un hélicoptère enlevé la cabine. Ça m’arrivait aussi de temps en temps, et c’est pourquoi j’ai enfin acheté un portable.

Rodriguez meurt d’une façon ridicule — la cabine est tombé dans l’océan. On se serait attendu qu’il se noierait, mais des plongeurs l’attrapent, et le mettent dans une cage avec un requin, qui le mange. Ça rappelle fortement une scène du film « Opération Tonnerre », où des plongeurs récupèrent une bombe atomique sous l’océan.

Prochainement, on trouve Bob Saint-Clare (je suis les sous-titres pour son nom), l’héros, en train de se battre contre des méchants inconnus. Il reçoit des ordres pour aller au Mexique.

Au Mexique, il rencontre Tatiana, la « femme fatale » (une expression en anglais qui veut dire femme fatale) et ils partent en voiture. Ce qui se passe maintenant est un hommage à deux films de James Bond en même temps, « Goldfinger » et « Bons baisers de Russie » — c’est donc l’un des meilleurs moments dans n’importe quel film pour moi. Saint-Clare et Tatiana conduisent jusqu’en haut d’une colline pour tirer contre un ennemi, exactement comme Tilly Masterson dans Goldfinger. Et Saint-Clare utilise une valise qui déguise son fusil, avec les mêmes couleurs que la valise qui sert à la même chose dans Bons baisers de Russie. Voilà :

Au fait, on peut toujours acheter une copie exacte de la valise de James Bond chez Swaine Adeney Brigg, le fournisseur original du film. Ça coûte cher. (Swaine Adeney Brigg a également fabriqué le célèbre chapeau d’Indiana Jones, et les meilleurs parapluies de la planète.)

Comprenez-vous à quel point ce film est un trésor pour moi ?

Bob et Tatiana arrivent dans un hôtel à Acapulco, où son dent creuse avec une pilule de cyanure tue accidentellement des nageurs dans la piscine. Cette scène me rappelle l’hôtel Fontainebleau à Miami, dans Goldfinger.

Mais après une lutte sur une plage où on voit une femme de ménage qui passe l’aspirateur entre des guerriers, il s’avère que Bob Saint-Clare est un personnage fictif même dans le film :

Et que son auteur, un François Merlin, met des personnes qu’il rencontre dans la vraie vie dans ses contes. Comme j’aimerais faire ça avec certains !

L’histoire de Bob continue dans un pyramide qui ressemble fortement (à l’intérieur) le repaire du Docteur No dans « James Bond 007 contre Dr. No », où il rencontre Karpov, son ennemi.

Le fils de François interrompt l’histoire et finit par lui suggérer plus de sang, un conseil pris au pied de la lettre.

Un rencontre malchanceux avec un plombier par François devient la prochaine évasion pour Bob :

Sa voisine Christine, qui est son inspiration pour Tatiana, rencontre enfin François et lui emprunte des romans. François a des idées bizarres sur l’Alaska, mais peu importe.

Ensuite, cet agent américain est écrasé dans sa voiture, façon Goldfinger :

Mais la situation devient plutôt John le Carré, qui a fini par détester ses personnages et les détruire dans « Les Gens de Smiley », quand François et Christine se disputent. François décidé de rendre Bob malade et ridicule, puis le tuer.

Ils se réconcilient, et François pardonne Christine de l’avoir insulté. (François a apparemment oublié qu’il l’avait draguée. J’entends parler que les hommes ont de mauvaises mémoires.) Mais après il voit par la fenêtre une fête avec son éditeur. Charron, dans l’appartement de Christine, François décide encore une fois de se venger, cette fois-ci avec un combat où Tatiana tombe amoureuse de Karpov, puis Karpov et Bob se tombent amoureux ! Tatiana ne peut que regarder, choquée !

Mais à la fin, François découvre que Christine est en fait amoureux de lui, et les deux disent adieu à Charron. C’est peut-être la fin de Bob, mais pour le couple, on verra.

Comme je vous ai dit, j’ai étudié ce film ! J’ai lu sur Wikipédia qu’il y a d’autres sources, surtout OSS 117. Je peux louer les films OSS 117 chez iTunes (seulement ceux avec Jean Dujardin, donc sortis après Le Magnifique), alors ce sera notre prochaine série.