Nous venons de rentrer à notre hôtel à 23h50, alors je ne vais pas beaucoup écrire. Et bien que je sache que certains parmi vous connaissent Weird Al, je doute que ça fasse une grande partie des lecteurs.
D’abord, voici la salle de concert. J’imagine qu’il y avait entre 2 et 3 milliers de personnes là le temps que le concert commence :

Voici une vue plus proche de l’affiche sur l’écran :

Hélas, il y a eu une première partie. Je n’ai jamais entendu parler de « Puddles Pity Party », Puddles étant le nom d’un clown-homme orchestre. « Pity Party » est difficile à traduire. Littéralement ça veut dire « fête de pitié » ; le sens est plutôt quelqu’un qui ne va nulle part en ressentant beaucoup de tristesse — de façon péjorative. Ce type était horrible et 30 minutes de lui en était 29 de trop.


Malheureusement, beaucoup de stades et d’arènes aux États-Unis — tous qui sont des clients de Ticketbâtard, euh, Ticketmaster — ont une appli pour cafarder sur vos voisins. La femme assise devant La Fille était fâchée que nous nous plaignions du clown. La Fille pouvait donc voir sur son épaule que cette dame a écrit une note au service de sécurité pour exiger que nous soyons sortis de la salle. Je n’utilise pas de gros mots ici, mais cette fois, je fais exception. Connasse. Elle enregistrait le concert sur son portable, ce qui est interdit. Mous nous ne nous avons pas cafardé sur elle.
Puis, 50 minutes après le début officiel du spectacle, Weird Al est arrivé sur scène. Il est actif depuis 49 ans déjà, ayant sorti ses premières parodies à la fac. Sa carrière a duré beaucoup plus longtemps que celles de ses cibles parce qu’il est en fait talentueux, et ses détournements de la musique populaire sont souvent beaucoup plus intéressants que les œuvres originales.

Nous étions ravis qu’il ait joué notre chanson préférée, Party in the CIA (Fête chez la CIA), un détournement de Party in the USA de Miley Cyrus. Je sais déjà, qui ? La chanson originale a eu son moment en 2009. Personne ne l’écoute plus. Mais celle de Weird Al ? Un classique.
Il a gagné sa popularité dans les années 80s avec des parodies de Michael Jackson. « Wacko Jacko » était renommé pour « Bad » ; Weird Al l’a refaite comme « Fat » (Grosse). Même son costume est une parodie de l’original :

Vous souvenez-vous de « Blurred Lines », un coup étonnant en 2014 ? Weird Al l’a détourné pour devenir « Word Crimes » (Crimes de mots), une chanson sur la grammaire. C’est sans doute son effort le plus français, mais difficile à traduire. Il faut vraiment connaître l’anglais pour comprendre son humour, mais je vous rassure, un connaisseur de « Sans l’option Bescherelle », l’un de mes groupes préférés sur Facebook, comprendrait exactement le sens de la chanson.

Voici le clip, au cas où. C’est hilarant :
Un autre coup étonnant de 2005, « Ridin’ Dirty », est devenu « White & Nerdy » (Blanc et débile). C’est la chanson de tous les trop studieux. C’est-à-dire, La Fille et moi l’adorons.

À la fin des concerts aux États-Unis, si le public l’a aimé, ils crient un mot intraduisible pour dire qu’ils veulent en entendre plus : « Encore ». Peut-être qu’il y a un équivalent en français. Hihihihi. Alors, il est revenu sur scène pour chanter deux chansons qui prenaient Star Wars pour sujet, « La Saga commence », une parodie de « American Pie » de Don McLean, et « Yoda », une parodie de « Lola » par The Kinks. Comme d’hab, je préfère les versions de Weird Al.

Il y a très peu de monde qui travaillent aussi dur que Weird Al. Pendant un spectacle, il change de costume entre 40 et 50 fois. Cependant, ses blagues dépendent tellement de comprendre l’anglais, et c’est presque impossible de les rendre drôles en français. Peut-être qu’il me faudra faire l’effort quand même, car il reste l’une des personnes les plus drôles que je connaisse.









