Je ne crois toujours pas que j’écris ce post. Vous allez me dire que j’ai triché, que c’est mon travail, au moins en partie, mais je vous jure que ce n’est pas le cas. Les photos qui suivent sont de deux lots de macarons, 30 au chocolat et 30 à la fraise, préparés par La Fille et son amie A (pas sa vraie initiale) chez nous hier après-midi. Je n’étais là que pour superviser les travaux et leur donner les recettes.
C’est dingue, mais encore une fois, je suis bouche bée face au point auquel La Fille apprend vite. Allons mettre leurs efforts sous la loupe !
C’est souvent le cas que je n’ai rien de gentil à dire à propos de mes concitoyens, d’où mon orthographe habituelle avec un trait d’union. Toutefois, j’ai reçu une surprise extrêmement agréable cette semaine, et je ne veux pas oublier de la partager.
Vous savez déjà que mon robot multifonction est devenu mon robot sans-fonction ce week-end, pendant les préparations pour la fête d’anniversaire. À l’époque, je croyais que la faute était à la goulotte, qui utilise un contact en métal comme mécanisme de sécurité. Il s’avère que j’avais à moitié raison.
Je vous ai dit que mon robot avait 13 ans, ce qui est correct. Ce que je ne savais pas, c’était que ma mère avait acheté un robot de Cuisinart à la même époque, avec un bol un petit peu plus petit, mais avec les mêmes couvercle et goulotte. Alors je pouvais les emprunter et les tester avec mon robot. C’est comment j’ai découvert que le problème se trouvait dans le couvercle, et pas la goulotte.
J’étais énervé à découvrir que Cuisinart stocke toujours des pièces pour le sien, mais pas le mien. Mon robot était une édition limitée produite pour la chaîne Williams-Sonoma, la plus grande chaîne de boutiques de cuisine aux États-Unis, avec des prétentions haute de gamme. Cependant, les seules vraies différences entre mon robot et celui de ma mère étaient la taille du bol et la couleur de certaines pièces de garniture en plastique — gris pour le sien, noir pour le mien.
J’ai quand même fait un appel au service aux clients dans l’espoir que le site web aurait tort. Ce n’était pas le cas. Mais — et ici le mot « mais » n’est vraiment pas à la hauteur de ce rebondissement — l’opératrice m’a dit que si je payais le coût de remplacer le couvercle, 50 $, Cuisinart m’enverrait une nouvelle goulotte et bol pour aller avec, sans frais supplémentaires. Et ça, c’est deux pièces qui auraient coûté 80 $ de plus ! Ne me croyez pas sur parole ; voici le ticket :
À vrai dire, le garanti a atteint sa date limite il y a une décennie. Ils n’étaient obligés de faire rien de la sorte. Mais l’opératrice a reconnu ma déception à penser que j’aurais désormais un robot Frankenstein, avec des pièces qui n’allaient pas ensemble, et apparemment, les employés ont le droit de faire plaisir aux clients. Je reste bouche bée.
Et en plus ? Les 3 pièces ont été expédiées hier — et arriveront plus tard aujourd’hui. C’est au-delà de toute attente !
Je ne vous mentirai pas. J’avais jeté un œil en direction Magimix, la seule gamme fabriquée en France qui est disponible chez moi. Vu le déclin des produits Cuisinart — il n’y a rien d’aussi puissant que le mien dans leur gamme actuelle — ça aurait été le bienvenu si je devais vraiment remplacer mon robot. Disons que si je me retrouverai un jour dans un pays où la tension est de 240 V, ce sera certainement mon choix. Mais pour l’instant, c’est un plaisir — sincèrement — de vous dire que le bordel n’est toujours pas complètement en désordre chez moi !
Il n’y a pas de Dimanche avec Marcel cette semaine parce que j’ai passé tout samedi en cuisine afin de préparer la fête d’anniversaire de La Fille aujourd’hui. J’ai fait 3 génoises (la première a brûlé alors j’ai dû la refaire), une autre couche d’un gâteau différent, de la mousse au chocolat blanc, 2 douzaines de macarons au chocolat, et un lot de madeleines à l’orange et au chocolat.
Puisque l’on l’a dit à La Fille hier, et nous savons tous qui est « on » en gras et en italique, je dois ajouter que je fais tout ça juste pour racheter son affection.
De toute façon, je fabriquais plus de macarons de la haine quand mon robot multifonction a décidé de démissionner en pleine opération. Pour ce qu’il vaut, je crois que ça n’a rien à voir avec le praliné, même si c’était le truc le plus stressant à jamais arriver au pauvre. D’abord, voici ce qui se passe ; c’est juste une courte vidéo qui montre qu’il s’allume mais ne fait rien :
Si vous avez l’habitude d’utiliser ce genre de robot, vous savez probablement que l’un des mécanismes de sécurité est de ne pas fonctionner si le bol est ouvert. Et comment est-ce que le robot s’il est ouvert ? Il y a un contact électrique dans une partie du couvercle qui doit être là pour terminer le circuit — si le circuit est ouvert, la moteur ne s’allumera pas. Et je crois que c’est ça le problème, parce que le robot fonctionnait au début, et je pouvais mélanger mes poudres pendant un instant (pas assez longtemps, malheureusement). Voici deux photos de la pièce que je crois fait le problème :
C’est la même chose aux deux côtés. Si j’ai raison, la partie en métal en haut est si usée que le circuit ne peut plus se terminer.
Encore une fois, si j’ai raison, je peux remplacer cette pièce pour 37 $. Mais le numéro de modèle pour mon robot n’apparaît pas dans la liste de robots pour lesquels Cuisinart stocke toujours un truc pareil. Je dois attendre lundi pour faire un appel chez Cuisinart et voir si c’est juste une question d’aspect, ou si le truc n’est vraiment pas compatible.
La pire chose, c’est que j’ai acheté ce truc en 2012 dans l’espoir de l’utiliser, mais il s’asseyait sur le comptoir pendant 8 ans sans jamais rien faire. C’était seulement avec le début de mes aventures françaises que j’ai commencé à l’utiliser. Tant pis pour moi. Mais c’est Cuisinart qui se fera avoir si je dois le remplacer — il n’y a aucun modèle dans sa gamme actuelle avec une si puissante moteur. Alors je me considérerai libre à acheter n’importe quelle marque et ne resterai pas un client fidèle. Dommage que Moulinex ne se vende pas aux États-Unis, n’est-ce pas ?
Je vous ai dit pendant le dernier épisode de la balado que je travaille sur un gâteau décoré avec le personnage des jeux Mario dit « Wiggler ». Il est un chenille géant jaune avec une fleur sur la tête. Je très très occupé par ça, qui pourrait mieux marcher, mais en ce moment, inspiré par le gâteau, je vais partager une pépite que je n’ai jamais utilisé pendant le Tour. C’est l’histoire d’une école basée à Paris, dite la Chenille School Academy.
Juste pour vous donner un avant-goût, voici mon gabarit, fait sur l’ordinateur :
Pourquoi « basée » ? Il n’y a pas d’adresse physique selon mes recherches, et le site web dit que c’est disponible « partout en France » si on réserve une séance. J’ai l’impression que ça veut dire que le prof, Vincent Piguet, qui se surnomme « La Pig », voyagera là où se trouve ses clients. Mais il propose quoi exactement ?
Selon les clips et son site, et je ne crois toujours pas que je l’écris, des cours de chenille synchronisée. La seule analogie que je puisse imaginer, c’est comme si quelqu’un aux États-Unis offrait des cours de danse à partir de la chanson de disco YMCA des années 70s. Il y avait certainement une danse unique qui va avec, et on la trouve toujours même aux fêtes des jeunes quand il y a un DJ présent.
Je vous dis tout le temps « ne ne croyez pas sur parole », car j’aime trop faire des farces, mais ce clip tiré de BFM par le compte de l’école montre exactement de quoi je parle :
On dirait que c’est un peu comme une séance d’aérobic, mais fait en équipe. Et c’est exactement son boniment : réserver une séance avec votre équipe au travail afin de faire une activité ensemble.
M. Piguet sait certainement faire de la pub. En 2023, et je crois c’est comment je l’ai trouvé, il a animé un effort pour faire la plus longue chenille au monde à Rouen, 3 940 personnes pendant l’Armada. Des mois plus tard, à la Grande Braderie de Lille, il mena une chenille encore plus grande, cette fois avec plus de 4 600 personnes.
Mener une foule dans une danse ridicule, c’est du travail sérieux !
Quelque chose s’est passé cette semaine aux États-Unis qui m’a mis en colère. Ça n’a rien à voir avec la politique, et tout à voir avec la cupidité de nos sports professionnels. En particulier, le dernier où je me soucis de ce qui se passe, le baseball. Mais pour l’expliquer, il me faudra d’abord faire un détour dans un loisir lié à ce sport, collectionner des cartes de baseball.
Les cartes de baseball sont de petites cartes en carton avec une photo d’un joueur imprimée sur un côté, et les statistiques dudit joueur sur l’autre côté. En général, si on est chanceux de trouver une carte au début de la carrière d’un joueur, plus il réussit, plus la carte gagne en valeur. S’il finit dans le Hall of Fame (Temple de la renommée), tant mieux pour la valeur de la carte. S’il y a une erreur sur la carte, ça peut aussi augmenter sa valeur, surtout si elle a été vite corrigée et les cartes avec l’erreur sont rares. Pour être clair, ce n’est pas seulement la première année d’une carrière qui voit des cartes ; elles sont imprimées chaque année où un joueur continue à jouer. C’est juste qu’une fois un joueur devient connu, ses cartes valent plus dès le départ, alors c’est mieux de les collectionner avant que l’on ne connaisse la fin de sa carrière.
J’ai récemment retrouvé mon ancienne collection de chez mes parents (j’ai récupéré beaucoup de choses de chez eux l’année dernière, mais il me faudra du temps pour les partager). Avant d’arriver à ce qui m’a mis en colère, je vais vous montrer quelque chose où j’ai gagné. Pendant les années 80s, il y avait un joueur pour les Minnesota Twins, Kirby Puckett, qui semblait sur le point d’une carrière digne du Temple de la renommée. J’ai sa carte de 1986. Voici les deux côtés :
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Cette carte vient de la 3e de ses 12 saisons — il y a 6 saisons de statistiques car 3 viennent de ses années dans les ligues mineures, avant d’atteindre le plus haut niveau. Il était l’un des meilleurs joueurs de la décennie suivante et a fini par être élu au Temple de la renommée. Cette carte est particulièrement valable — et je l’ai découverte cette année, pas avant, parce qu’il y a une erreur. Sa date de naissance est le 14 mars 1960, mais la carte dit 14 mars 1961. La carte correcte vaut environ 20 $ ; celle-ci vaut environ 100 $.
Il s’est avéré après sa retraite involontaire suite à un glaucome qu’il était un saligaud même selon les autres saligauds. Adultère en série, il frappa sa femme plusieurs fois avant de perdre sa vue. Mais ça n’avait rien à voir avec sa carrière sur le terrain, et si on bannissait tous les saligauds du Temple, il serait vide à trois quarts.
Souvent, on fait de mauvais paris. Je faisais des efforts de collectionner les cartes d’un joueur des Yankees de New York, Don Mattingly, qui semblait un bon candidat pour le Temple :
Mais il s’est fait blessé, sa carrière a échoué, et ces cartes ne valent qu’un ou deux dollars chacune. Ça arrive.
Ça nous amène à pourquoi je suis en colère. Voici une carte de 1986, d’un joueur nommé Pete Rose. C’était la dernière année de sa carrière de joueur, et il était déjà l’entraîneur en plus ; il continuait en tant qu’entraîneur de son équipe jusqu’en 1989. Il a le plus de coups sûrs de tous les temps. On penserait que cette carte vaudrait quelque chose, non ?
Mais non. En 1989, il a été banni à jamais car il pariait sur les matchs, en particulier sur ceux de son équipe — ce qu’il niait pendant 2 décennies malgré de nombreuses preuves. J’étais si en colère, si dégoûté, que j’ai arrêté de collectionner les cartes — celle-ci m’avait coûté chère à l’époque.
En 2012, j’ai croisé Pete Rose. À Las Vegas. Il était là pour signer des cartes de baseball. Je ne lui ai rien dit — pour une chose, il fallait payer 25 $ pour avoir le droit. Autre chose, la seule chose que j’aurais dit, ça aurait été qu’il avait brisé le cœur d’un garçon de 13 ans. Et je savais déjà qu’il s’en fichait.
Cette semaine, le merde inutile qui est le commissaire de baseball, Rob Manfred, vient d’annuler son interdiction (lien en français !), ainsi que celles de tous les joueurs jamais bannis, tant qu’ils sont morts. Officiellement, c’est parce qu’à son avis, l’interdiction est pour la vie, pas pour éternité (en fait, il avait été banni à jamais, pas pour la vie). Ça veut dire que tous ces joueurs rempliront désormais les conditions pour être élus au Temple. Ma carte augmentera en valeur. On penserait que je serais content de cette nouvelle, non ?
Absolument pas. La vérité, c’est que pendant la dernière décennie, toutes les ligues professionnelles du pays cherchent plus de liens avec l’industrie du jeu, afin de profiter des paris. C’est corrompu à souhaits, mais les bookmakers aimeraient bien que leur nouvel ami Rob arrête de les traiter comme des parias. Ce qu’il commence à faire avec cette décision.
Il y a 30 ans, Pete Rose m’a trahi, ainsi que tous les autres fans du baseball. Cette semaine, c’est le sport de baseball lui-même qui m’a trahi. Il s’est vendu aux bookmakers et je ne le pardonnerai jamais.
Malgré toutes les églises à apparaître dans ces pages, en général j’évite les sujets religieux. Mais vu les nouvelles d’hier et la certitude que Le Canard enchaîné aura un gros-titre qui se moque desdites nouvelles, il me semble que je ne peux pas laisser ce moment passer sans commentaire. Après tout, je ne croyais pas que La Fille verrait un Pape américain pendant sa vie, peu importe moi. Cependant, même si je me compte parmi les fidèles, je vous promets un billet bien Coup de Foudre.
Avant de me lancer dans les réactions américaines, puis-je mentionner ce que j’ai trouvé inattendu sur Twitter en français ? J’aurais cru que j’avais appris l’italien après tout avec ce niveau d’intêrét. Voici une capture d’écran :
Capture d’écran
Si M. Jours d’humeur lisait jamais Twitter… hihihi, je ne peux même pas finir cette pensée ! Mais pour lui, je dirai, revenons à nos moutons, ou plutôt leur berger :
Nous n’avons même pas atteint la fin de son « Urbi et Orbi », la bénédiction offerte uniquement par les Papes, et pour chacun, pour conclure sa première apparition en public, quand les blagues ont commencé. Par exemple, ce traitement par logiciel de la célèbre fumée blanche pour la donner des couleurs plus américaines, ainsi que remplacer les mouettes par des aigles chauves :
Le Babylon Bee (L’Abeille de Babylone), un journal satirique chrétien — pas comme le Canard, tous ses articles sont des blagues — a publié un article avec un gros-titre hilarant en anglais. Il me faudra l’expliquer :
Le gros-titre dit « Les catholiques recherchent désespérément le nouveau Pape sur Google pour voir s’il est catholique ». Je sais, vous vous dites « Ben, c’est évident ». Mais en fait, ça fait partie d’une famille d’expressions en anglais américain — je ne suis pas prêt à dire si un britannique les reconnaîtrait — pour dire que quelque chose est évident. « Est-ce que les ours chient dans les bois ? » est un exemple. « Est-ce que le Pape est catholique ? » est un autre. Parfois, nous pratiquons un genre de contrepèterie en les mélangeant — « Est-ce qu’un ours est catholique ? » Et oui, dans l’autre sens, mais vous êtes sur le mauvais blog pour lire ça écrit par son auteur.
Plus tard, le même site a publié un article avec une blague peut-être plus européen sur le même sujet :
Ça dit « Aigle tirant un fusil AR-15 sort du Vatican pour indiquer qu’un Pape américain a été choisi ». C’est bien nous, les fusils et les aigles.
Et je suis sûr que vous profiterez tous d’une blague que j’ai vue une centaine de fois hier, de nombreuses sources. Celle-ci n’est qu’une d’entre eux :
Ça dit « Un autre indice que les droits de douane de Trump fonctionnent… même le Pape est désormais fabriqué aux États-Unis. »
Je vous promets, c’est du second degré. Enfin, je pense.
Mais il vient en particulier de Chicago, une ville connue pour avoir deux équipes de baseball, une équipe de football américain avec des fans hyper-passionnés mais aucune réussite en 40 ans, le gouvernement local le plus corrompu du pays, et son propre genre de pizza. On parle de ça aussi :
Ça dit « La première directive du Pape sera de canoniser Mike Ditka. » M. Ditka était le entraîneur de la dernière équipe de Chicago à gagner le Super Bowl, en 1985. Je ne plaisantais pas !
Blagues à part, le cardinal Prevost n’était pas bien connu aux États-Unis, ayant passé presque toute sa carrière de prêtre à l’étranger. Alors personne ici ne sait à quoi s’attendre. Mais tout comme les Jeux Olympiques tous les 4 ans, quand le pays entier devient tout à coup expert en des sports que personne ne suit et a des avis forts sur des athlètes dont personne n’a jamais entendu parler, il n’y a pas de question que seulement les plus grincheux ne sont pas fiers de ce moment. Naturellement, d’ici la semaine prochaine, la moitié du pays aura du mal à se souvenir de son nom de naissance. Mais pour l’instant, nous disons (presque) tous, U-S-A ! U-S-A !
Voici une surprise. Le livre fait maintenant 261 pages, en partie parce qu’une amie m’a rappelé qu’en fait, il faut utiliser une taille A4 plutôt que la taille ordinaire américaine (plus large, moins longue). De cela, je dirais que 200 pages sont bel et bin prêtes. Mais je me bloque de les envoyer aux bénévoles, en partie parce que j’ai toujours peur de mon grammaire, mais aussi parce que je me sens comme si le début est « trop Justin », trop ringard. Je le mets donc dans toutes vos mains, et je serai curieux des retours. Ne soyez pas gentils ; soyez honnêtes. Dans le brouillon, ce qui suit s’intitule « Du Québec au Confinement ».
Dessin d’un homme assis à un secrétaire, du livre South by East: Notes of Travel in Southern Europe par G.F. Rodwell, Photo prise par Grufo, GNU GPL
Voici un livre sur la France. Naturellement, cela veut dire que notre histoire commence au Québec, et avant cela, sur Internet. On est 2019, où je naviguais sur YouTube quand il me recommanda une vidéo par une pianiste dont je n’entendis jamais parler. Elle s’appellait Laurence Manning, et elle était spécialiste en musique des jeux vidéo. Mais pas comme beaucoup de « youtubeurs », elle jouait à un très haut niveau car elle avait un doctorat de l’Université de Montréal. Or, je ne le savais toujours pas ; je savais juste que je n’entendis jamais personne qui jouait la musique de la série de jeux vidéo Castlevania comme cela. En effet, j’étais assez captivé par sa musique que je passai les trois heures suivantes en écoutant tout et n’importe quoi qu’elle avait sorti sur Internet.
Le lendemain, je commandai son album récemment sorti, « Game Music Piano Album ». À l’époque, Laurence se débrouillait de toutes ses affaires toute seule ; elle gérait donc chaque commande personnellement. Je reçus un courriel d’elle, me remerciant (en anglais) pour avoir acheté son album. C’était très gentil de sa part, mais la première coïncidence qui changerait ma vie était sur le point d’arriver. Quelques jours après ma commande, elle sortit une nouvelle vidéo de mon morceau préféré de la série Castlevania, « The Silence of the Daylight » (La silence de la lumière du jour). C’était magique. Je sortis tout de suite ma carte de crédit, et quelques minutes plus tard, je devins abonné.
Avec cet abonnement, Laurence m’invita à rejoindre son groupe privé de fans sur Facebook. Elle étant québécoise, ce groupe était à moitié plein de personnes qui la connaissaient au Québec. Laurence vit selon les meilleures idéales du Québec – toutes ses publications sont pleinement bilingues – mais le groupe parlait grosso modo en anglais. Je fis donc la connaissance de nombreuses personnes avec de tels prénoms que Yannick, Sébastien, et Yohan, mais ils écrivaient tous en anglais. Sur Facebook, quand même. Puis, le virus arriva.
Laurence commença à donner des concerts en ligne sur des services de streaming, tels que YouTube et Twitch. Et pendant qu’elle jouait, nous les fans pouvions nous parler les uns aux autres. C’est par là que je découvris que je ne pouvais pas complètement m’intégrer dans ce groupe après tout. Beaucoup de québécois se parlaient en français, et à Laurence aussi (elle lisait les commentaires pendant ses pauses). Je ne me fâchais pas à cause d’être exclu ; je voulais juste faire partie du club !
En même temps, un ami, un ancien copain de classe au lycée, avait commencé à apprendre d’autres langues avec Duolingo. Je me dis qu’avec tout ce temps, je pouvais aussi me lancer en français avec le hibou vert et son appli. Le 29 mars – ce que j’appelle mon anniversaire français — je suivis ma première leçon. Et c’est ici où notre histoire tourne vers la France.
Je suis linguiste et j’appris vite avec Duolingo, en y passant plusieurs heures par jour. Un mois après le début, je pouvais déjà suivre les conversations sur Twitch – mais pour être clair, ce n’était pas du tout difficile ! Ce genre de parler emploie un vocabulaire très limité, souvent répété, et poivré de plein d’émojis qui rendent la tâche facile. J’aurais pu arrêter à ce point, satisfait que j’avais réussi mon but de comprendre ce qui se passait pendant les concerts de Laurence. Mais j’avais de plus grands rêves.
Jeune, j’avais voulu apprendre le français. Cependant, je grandis à 50 km de la frontière mexicaine, et selon l’avis de mes parents, c’était l’espagnol qui me servirait dans la vie. J’ai de nombreux heureux souvenirs de mes profs d’espagnol et je ne veux pas du tout suggérer qu’ils étaient tous moins qu’excellents. Mais je me sentis pendant toute ma vie comme si j’avais raté ce que je voulais le plus, parler le français. En tant que linguiste, je croyais que j’avais raté la meilleure opportunité, en ne pas avoir commencé avant « l’âge critique » (disons environ 13 ans ; c’est un sujet plein de désaccord). Mais en 2020, moi voilà, apprenant le plus vite possible. Je demandai donc à mes amis québécois : qu’est-ce que je peux faire pour m’améliorer au-delà de Duolingo ?
L’un d’entre eux, Yohan, me suggéra de trouver un groupe francophone en ligne qui parlait des mêmes choses que j’aimais déjà. Et complètement par hasard – un autre heureux hasard ! – cette semaine-même, dans un groupe de fans de jeux vidéo, je vis une publicité pour une page de Facebook, Génération 80s. Ce jour-là, je m’abonnai à leur page et rejoignis leur groupe privé. Ce moment changea ma vie.
Génération 80s est un groupe de nostalgiques des années 80s. Ils parlent de beaucoup de choses que l’on connaît mutuellement, mais peut-être sous des noms différents. Je dis « Airwolf », vous dites « Supercopter ». Je dis « Spaceballs », vous dites « La folle histoire de l’espace ». Avec un peu d’effort, on peut se comprendre très bien en parlant de ces sujets. Mais ils parlaient aussi de nombreuses choses que je ne connaissais guère, ou pas du tout : Club Dorothée, Casimir, des acteurs appelés Louis de Funès et Bourvil, les biscuits LU.
Je passai les trois prochaines semaines presque complètement silencieux, de peur que je dise quelque chose de gênant. C’est l’une de mes compétences dans n’importe quelle langue ! Mais pendant ce temps-là, un autre heureux hasard : je trouvai une boîte de biscuits Chamonix dans une boulangerie locale. En les goûtant pour la première fois de ma vie, je me dis « Je comprends maintenant exactement de quoi ils parlent, et c’est enfin le temps de me présenter. » (D’accord, en anglais, je n’étais toujours pas prêt à dire tout cela en français – mais plus proche que vous ne l’imaginez.) J’écrivis un petit post, plein d’erreurs, et plusieurs heures plus tard, les admins appuyèrent sur le bouton qui me transformerait pour toujours.
Personne ne connut jamais un accueil aussi chaleureux dans la vie. Je ne sais toujours pas s’il y avait d’autres anglophones de naissance dans le groupe, mais tout le monde fut étonné d’y découvrir un américain. Je reçus des centaines de commentaires gentils, et pendant les prochains mois, des douzaines de demandes de parler sur Messenger. Après la toute première journée, je le sus : il me fallut 43 ans afin de rentrer pour la première fois de ma vie. C’était le début du Coup de Foudre.
Aujourd’hui est l’anniversaire de La Fille, ce qu’elle passera chez sa mère, car c’est de son tour. Ce n’est pas mon sujet, mais je ne veux pas le laisser tomber.
Cette semaine marque les « 100 jours » du nouveau mandat présidentiel ici, et à partir du 20 janvier, je pensais à écrire quelque chose sur le sujet, comme fait beaucoup de notre presse. J’avais largement décidé de ne pas faire ça, et je ne le fais pas ici, sauf pour une chose, parce qu’elle m’a frappé il y a deux jours.
Non, non, je ne pars pas pour les camps. ([Mais c’est ce qu’ils lui feraient dire. — M. Descarottes]) (Au fait, et sérieusement, il n’y en a pas, et il ferait du bien si tout le monde arrêtait de faire semblant que c’est l’Allemagne de 1941 ici.) C’est plutôt ce qui m’est arrivé à la pharmacie, un changement de coûts comme jamais de la vie — sauf pour les œufs l’année dernière.
Je prends plus de cachets que je n’aimerais l’avouer. Parmi les plus importants, c’est le Metformin, pour le diabète. Jusqu’en avril, je payais toujours 10 $ les 3 mois, comme dans le texto suivant de janvier :
C’était 10 $ pour 180 cachets de 1000 mg. Mais malgré le fait que mon ordonnance n’a pas changé, voici le nouveau prix :
Ouaip, 24 $ pour la même quantité, la même dose. Qu’est-ce qui a changé pour hausser le prix par 140 % ?
Ah oui, on a haussé les droits de douane contre la Chine jusqu’à 140 % (lien en anglais), et ces cachets viennent d’exactement ce pays. « Mais Justin », vous me dites, « selon votre lien les nouveaux droits de douane ne s’appliquent pas aux cachets ! » C’est vrai, les amis, c’est vrai. Mais toutes les chaînes de pharmacies ont haussé le prix de Metformin par au moins ce taux ce mois, et ça n’a rien à voir avec l’assurance. Bien sûr, je suis le bienvenu de payer 30 $ chez CVS, notre plus grande chaîne de pharmacies, si je suis mécontent de 24 $ chez Walmart. (Tout est toujours plus cher là.) Le problème, c’est que tout le monde croit que les exonérations ne dureront pas, et c’est pour ça que les prix de tout venant de Chine commencent à monter en flèche ici en ce moment. C’était comme ça que tous les supermarchés ont imposé l’impôt californien sur les sacs en plastique le lendemain de notre élection en 2016, où cette loi a été adopté, malgré le fait que la loi n’entrait pas en vigueur jusqu’en 2017.
J’ai l’impression que je vais vraiment profiter de la vie quotidienne pendant les mois à venir.
Langue de Molière est reportée jusqu’à demain ; j’avais déjà mon sujet, ce que j’annonce toujours à l’avance pour une bonne raison — c’est quelque chose que je ne veux pas chercher au dernier moment. Mais je suis en colère au point où je ne pouvais pas me concentrer. En colère contre quelqu’une, et en colère contre moi-même parce que je me blâme à chaque fois où cette inconnue blesse l’un ou l’une de mes proches.
Je ne suis pas censé donner des noms. Alors supposons que c’est juste une situation hypothétique.
Peut-être qu’un enfant de ma connaissance veut un chien depuis une décennie. Moi, ayant signé un contrat pour mon appartement où je n’ai pas le droit de garder ni un chien ni un chat à la maison, je ne pouvais jamais avoir un tel animal chez moi. C’est comment il est arrivé que M. Descarottes y habitait.
Alors, cet enfant demandait souvent à un autre parent, je ne sais pas qui, s’ils peuvent garder un chien. En général, la réponse était non, mais parfois, ils visitaient un refuge pour chiens pour penser à adopter un animal. Supposons aussi que cette autre personne avait un compagnon — appelons-le Gargamel, car je choisis ces noms par hasard. Ça n’a rien à voir surtout avec sa coupe de cheveux. Supposons que Gargamel voulait aussi un chien à la maison.
Supposons donc que cette famille est allée au refuge, a adopta un chien, a signé les papiers, est rentrée avec l’animal… et plusieurs heures plus tard, quelqu’une décide qu’elle ne veut pas de chien après tout, et que le chien sera renvoyé le lendemain matin.
Pensez-vous que l’enfant serait content ? Ouais, moi non plus. Mais peut-être que c’est de ma faute que l’enfant doit supporter tout ça.
Génie que je suis, j’ai refait mes madeleines hier soir, et le lot a collé au moule, cette fois sans l’aide de chocolat. Alors, plus tôt que planifié, je vous raconterai l’histoire de la plus grande bêtise que j’ai jamais faite avec une console de jeux vidéo.
Certains d’entre vous ont trouvé mon compte personnel sur Instagram, à ne pas confondre avec le compte du blog. C’est privé, mais seulement parce que je l’utilise pour gérer le compte de La Fille, et je suis responsable de garder sa confidentialité. Je le mentionne ici parce que le photo de profil là est VIEILLE, et vous pouvez y voir que je porte des lunettes, quelque chose que je ne fais pas depuis 2017. Je l’expliquerai, car c’est lié à notre bêtise. Mais voici la photo, pour que vous puissiez vous moquer du nerd :
Sur un tableau de Snellen, ma vision est en général fiable à un niveau de 20/40. Il y en a pire. Pendant des décennies, je portais des lunettes parce que ma mère insistait quand j’étais enfant. Mais j’ai réussi l’examen de permis de conduire sans lunettes il y a 20 ans, et quand les miennes se sont cassées pendant des vacances, j’ai dû m’habituer à ne pas les porter pendant une semaine. Après, j’ai abandonné, ayant toujours détesté mon aspect avec les lunettes. J’ai souffert pas mal de harcèlement à l’école à cause de ces trucs, c’est certain. Mais enfant, j’avais un problème sérieux, du strabisme grave, et après mon 2e année au lycée, mes parents ont décidé que j’allais avoir une intervention chirurgicale pour le corriger.
L’intervention a eu lieu le même jour que la sortie de la Super Nintendo aux États-Unis. Ma grand-mère maternelle a fait la queue pendant 6 heures ce jour-là pour assurer que je l’aurais plus tard — elle était la première personne d’en acheter une au magasin. Pour ma part, je n’aimerais jamais en savoir plus sur comment le chirurgien a atteint les muscles derrière les yeux pour les couper. Tout ce que je sais, c’est que je n’étais censé rien voir pendant plusieurs jours à suivre. Quand je suis rentré, c’était avec les yeux bien bandés et des ordres de ne pas les retirer jusqu’à ce que la douleur ait bien baissé.
Mais ma grand-mère avait laissé la Super Nintendo chez moi et il y avait le nouveau jeu Super Mario World là-dedans. Et s’il y avait une chose que je voulais plus qu’avoir mes yeux pour le reste de ma vie, c’était de jouer à ce jeu.
Le lendemain de la chirurgie, j’étais à la maison tout seul pendant des heures. Mon père était au travail et je ne suis pas sûr où soient allés ma mère et mon frère, mais je savais que j’allais avoir 4-5 heures à moi-měme, et personne ne verrait rien. Idéalement, dont moi, mais comme je vous dis parfois, je suis un peu intelligent et complètement sans sagesse.
Alors, j’ai ouvert la boîte avec un couteau X-acto pour couper le ruban adhésif de façon presque invisible. J’ai sorti les fils en notant quel sac en plastique contenait chacun, afin de tout remplacer exactement comme avant. J’ai branché la console à la télé, et j’ai joué au nouveau jeu Mario pendant une heure. À la fin, j’ai supprimé le fichier de sauvegarde. Puis, j’ai tout restauré exactement comme avant, et si on ne vérifiait pas le ruban qui scellait la boîte, personne ne découvrirait ce que j’ai fait. Et c’est exactement ce qui s’est passé.
CEPENDANT — vous saviez qu’il allait y avoir un « cependant »…
Il y avait une bonne raison pour laquelle j’étais censé éviter toute lumière. J’avais déjà un sacré mal de tête à cause de la chirurgie, mais une heure devant la télé a augmenté le niveau de douleur quelque part que je ne savais pas existait. J’ai fait de nombreuses bêtises pendant ma vie, et vous êtes les témoins de certaines, mais celle-ci dépasse toutes les autres. La pire partie, c’est que le médecin avait conseillé mes parents sur l’horaire de rétablissement, et j’avais bel et bien mal rangé le bordel pour ça. Heureusement, ils croyaient que je ne savais pas brancher la console, alors ils ne soupçonnaient rien. Mon frère, qui aurait certainement cafardé sur moi s’il avait découvert ce que j’avais fait, n’a jamais rien dit.
Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? Ouaip, c’est la même Super Nintendo. Elle fonctionne toujours, et reste toujours avec moi.